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	<title>Archives des syndicalisme - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des syndicalisme - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>La Tunisie et le syndrome de la table rase</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 Aug 2025 08:09:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Ennahdha]]></category>
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		<category><![CDATA[syndicalisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment sortir de la dérive proche de la perdition que connait la Tunisie depuis la "révolution" de 2011 ?  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/24/la-tunisie-et-le-syndrome-de-la-table-rase/">La Tunisie et le syndrome de la table rase</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Plus qu’une panoplie de slogans identitaires et civilisationnels qui font du peuple tunisien un colonisé mental et mémoriel, la Tunisie a besoin de décoloniser son histoire et ses référentiels civilisationnels car une mémoire colonisée ou déformée par les anciens colons ne peut mener à une pensée libre, souveraine et émancipée de toute inféodation.</em></strong></p>



<p><strong>Elyes Kasri</strong> * &nbsp;</p>



<span id="more-17316159"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Elyes-Kasri.jpg" alt="" class="wp-image-352204"/></figure></div>


<p>De nombreux analystes tunisiens et étrangers imputent le bouillonnement et l’angoisse existentielle que vit le peuple tunisien à des séquelles d’une période révolutionnaire et à un prétendu détournement de ce moment historique de délivrance et de passage à la véritable démocratie, au bonheur et à la prospérité.</p>



<p>Imputer à Ennahdha et ses sbires de toute sorte ou au mouvement syndical et à la gauche ou au mouvement nationaliste arabe cette responsabilité historique pourrait à la limite recueillir certains arguments et éclairer certaines séquences de la dérive proche de la perdition que connait la Tunisie qui semble à la recherche d’une identité et de repères socio-culturels pour se positionner entre les nations et se fixer des balises pour toute construction future.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Table rase du passé</h2>



<p>Toutefois, il y a lieu d’admettre que la Tunisie vit depuis son indépendance le paradoxe existentiel d’un pays qui ne cesse de faire table rase de son passé tout en invoquant à chaque phase un narratif politiquement orienté du passé et des origines pour justifier des choix politiques momentanés.</p>



<p>Il faut reconnaître que la quête identitaire du peuple tunisien ne remonte pas à la phase bourguibienne mais fait partie de son ADN historique et de sa mémoire collective brouillée par des phases occultées et très souvent déformées, le plus souvent en mal et quelques fois enjolivées à l’excès à l’instar des péripéties des conquêtes arabe et ottomane.</p>



<p>Les apprentis sorciers de l’identité et de l’authenticité trouvent un écho favorable chez le peuple tunisien qui a été tout au long de son histoire, depuis la civilisation capsienne, l’ère punique et celles qui les ont suivies, victime d’un vol de son histoire et d’un viol de son identité et de sa mémoire collective de même que de ses territoires historiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Se réconcilier avec son histoire</h2>



<p>Si l’occident a pu entrer dans la modernité après le siècle des lumières et un long combat contre l’emprise de l’église et de la théologie sur la pensée, la société et l’Etat, assortie d’une révolution copernicienne, la Tunisie a besoin avant toute chose de se réconcilier avec son histoire, son identité et sa mémoire collective.</p>



<p>Cette réconciliation devra se faire par un recentrage et une décolonisation de l’histoire et une distanciation avec les mythes plantés par les historiens occidentaux et arabes et surtout en relativisant la part arabo-musulmane dont l&rsquo;épopée tunisienne mérite d’être démystifiée et mise dans un contexte adéquat pour éviter d’occulter et d’étouffer les autres pans de l’histoire et de l&rsquo;identité du peuple tunisien.</p>



<p>L’histoire et la culture du peuple tunisien sont plus riches qu’un appendice d’une histoire de peuples orientaux de plus en plus démystifiée et qui ne fait que nous reléguer dans un no man’s land historique et civilisationnel pour faire de la Tunisie une entité socio-politique non identifiée et rejetée, tacitement sinon dans la pratique, par le monde européen avec lequel nous partageons pourtant de grandes séquences de notre histoire, par le monde arabe dont nous faisons notre première référence civilisationnelle et identitaire et qui nous regarde avec une méfiance teintée de mépris et par l&rsquo;Afrique, notre continent auquel nous avons donné le nom et avec lequel le fossé se creuse de plus en plus rapidement surtout à la faveur de la crise migratoire et des réflexions et comportement qu’elle a pu susciter.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Décoloniser la conscience collective</h2>



<p>Plus qu’une panoplie de slogans identitaires et civilisationnels qui font du peuple tunisien un colonisé mental et mémoriel, la Tunisie a besoin de décoloniser son histoire et ses référentiels civilisationnels car une mémoire colonisée ou déformée par les anciens colons ne peut mener à une pensée libre, souveraine et émancipée de toute inféodation.</p>



<p>L’avenir de la Tunisie ne pourra se concevoir en termes positifs et optimistes que par un changement de paradigme identitaire et une décolonisation de son histoire et de sa conscience collective.</p>



<p>* <em>Ancien ambassadeur.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/24/la-tunisie-et-le-syndrome-de-la-table-rase/">La Tunisie et le syndrome de la table rase</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie &#124; Kaïs Saïed vent debout contre les dirigeants de l’UGTT</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/09/tunisie-kais-saied-vent-debout-contre-les-dirigeants-de-lugtt/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 Aug 2025 07:59:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Farhat Hached]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Ali El-Hammi]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Galbi]]></category>
		<category><![CDATA[Sarah Zaafrani Zenzeri]]></category>
		<category><![CDATA[syndicalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Tahar Haddad]]></category>
		<category><![CDATA[UGTT]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le président Kaïs Saïed charge les dirigeants de l'UGTT et les accuse de mensonge et d'hypocrisie. . </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/09/tunisie-kais-saied-vent-debout-contre-les-dirigeants-de-lugtt/">Tunisie | Kaïs Saïed vent debout contre les dirigeants de l’UGTT</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Evoquant, de manière allusive et indirecte, ce qui a été présenté comme une <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/08/tentative-dintrusion-au-siege-de-lugtt-appel-a-louverture-dune-enquete/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">attaque </a>menée par un groupe d’individus, avant-hier, jeudi 7 août 2025, contre le siège de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), le président Kaïs Saïed a déclaré que des dossiers doivent être ouverts car le peuple exige qu’on lui rende des comptes, de manière équitable, afin qu’il puisse récupérer l’argent qu’on lui a spolié, ajoutant que des efforts sont en cours pour trouver une solution nationale dans tous les domaines, et pour bâtir un nouvel édifice qui ne s’effondrera pas, malgré les coups de pioche des corrompus. <a href="https://www.facebook.com/Presidence.tn/videos/742180635394747/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Vidéo</a>.</em></strong></p>



<span id="more-17182556"></span>



<p>Le chef de l&rsquo;Etat a ajouté, en recevant hier vendredi au palais de Carthage la cheffe du gouvernement Sarah Zaafrani Zenzeri, que de nombreux dirigeants syndicaux se sont sacrifiés, comme le leader Tahar Haddad, qui savait distinguer entre la fausse et la vraie légitimité laquelle signifie que la loi en général, quelle qu’elle soit, exprime la volonté de la majorité.</p>



<p>Dans ce contexte, le Président de la République a cité les paroles de Farhat Hached et Tahar Haddad, des pionniers du syndicalisme tunisien, auxquels il semble s’identifier : <em>«Nous poursuivrons ce combat avec détermination et une volonté inébranlable. Que les menteurs mentent, car nous passerons à côté de leur fatuité, jusqu&rsquo;à ce que l&rsquo;aube de la certitude pointe, et nous apparaîtrons tels que nous sommes, justes, honnêtes et dévoués au service de l’humanité, tourmentée par les mains des colonisateurs.»</em></p>



<p>Au début de la réunion, le chef de l&rsquo;État a cité un article publié dans le journal <em>Echaâb</em>, organe de l’UGTT, sous le titre <em>«Le Carnaval»</em>, écrit par le journaliste Mohamed Galbi le 13 janvier 1978 où le chroniqueur disait : <em>«J’ai du mal à croire à toute cette hypocrisie, et j’ai du mal à croire que certains ne savent toujours pas encore que le peuple s’est réveillé. Ces gens ne se rendent-ils pas compte que le peuple n’ignore plus les moindres détails?»</em></p>



<p>Le chef de l’Etat a également souligné que la survenue récemment d’un certain nombre de faits n&rsquo;est pas du tout une coïncidence, comme la destruction d’une partie d’un canal de distribution d&rsquo;eau vendredi matin, imputant ainsi, quoique de manière allusive, certains dysfonctionnements des services publics à des actes de sabotage menés par des opposants à son régime, et plus précisément, à des responsables syndicaux, puisqu’il a continué à donner en exemple les fondateurs du syndicalisme tunisien dans les années 1920-1930, comme Mohamed Ali El-Hammi qui, lui, tenait ses réunions à la rue Al-Jazira et à la rue  de la Commission, au centre-ville de Tunis, et non pas dans des hôtels, des restaurants de luxe et des banquets, a cru devoir rappeler le président, dans une critique limpide des dirigeants actuels de l’UGTT.</p>



<p><em>«Le peuple sait très bien tout cela et il a rendez-vous avec l&rsquo;histoire. Il est déterminé à aller de l’avant », </em>a souligné Saïed, en ajoutant : <em>«Nous resterons fermes, résolus et honnêtes. Et quiconque violerait la loi ne bénéficierait d’aucune immunité. La loi s’applique à tous, et nous ne pouvons permettre à quiconque d’attaquer le peuple tunisien»</em>, a lancé le chef de l’Etat, et ses menaces sont clairement adressées aux opposants et notamment aux dirigeants syndicaux.</p>



<p>Saïed a poursuivi en affirmant qu’un peuple doté de cette conscience, de cette détermination et de cette volonté brisera tous les complots et toutes les tentatives de semer le doute dans ses rangs.</p>



<p>Doit-on s’attendre à ce que ces charges contre la direction syndicale soient suivies de mesures de représailles contre certains dirigeants de l’UGTT ou ne s’agit-il là que d’avertissements qui, en cas d’aggravation des mouvements sociaux, comme la récente grève de trois jours des employés du transport public, pourraient aboutir à de telles mesures ?</p>



<p><em>Wait and see…   </em></p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Uj0PvKn1xM"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/08/le-crldht-solidaire-avec-lugtt-ciblee-par-une-tentative-dagression/">Le CRLDHT solidaire avec l’UGTT, ciblée par une tentative d’agression</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le CRLDHT solidaire avec l’UGTT, ciblée par une tentative d’agression » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/08/le-crldht-solidaire-avec-lugtt-ciblee-par-une-tentative-dagression/embed/#?secret=6ecAcxogCK#?secret=Uj0PvKn1xM" data-secret="Uj0PvKn1xM" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="has-text-align-right"><strong> </strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/09/tunisie-kais-saied-vent-debout-contre-les-dirigeants-de-lugtt/">Tunisie | Kaïs Saïed vent debout contre les dirigeants de l’UGTT</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Le CRLDHT solidaire avec l’UGTT, ciblée par une tentative d’agression</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Aug 2025 06:37:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[CRLDHT]]></category>
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		<category><![CDATA[UGTT]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le CRLDHT exprime «sa plus vive indignation et sa solidarité pleine et entière» avec l’UGTT, dont le siège a été attaqué par des groupes anonymes. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/08/le-crldht-solidaire-avec-lugtt-ciblee-par-une-tentative-dagression/">Le CRLDHT solidaire avec l’UGTT, ciblée par une tentative d’agression</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans le communiqué reproduit ci-dessous, le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT), une Ong tunisienne basée en France, exprime «sa plus vive indignation et sa solidarité pleine et entière» avec l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), qui a été la cible hier, jeudi 7 août 2025, d’«une attaque inacceptable contre son siège central à Tunis.»</em></strong></p>



<span id="more-17168563"></span>



<p>Des groupes anonymes et organisés ont tenté de pénétrer par la force dans les locaux de l’UGTT à la place Mohamed Ali, brandissant des slogans haineux et hostiles à l’action syndicale, appelant même à la dissolution de la centrale. Ces scènes, d’une extrême gravité, rappellent les agressions orchestrées contre l’UGTT en décembre 2012, menées à l’époque par les milices dites de <em>«protection de la révolution»</em>.</p>



<p>Ces faits ne surviennent pas par hasard : ils s’inscrivent dans un climat de répression généralisée, de criminalisation des mouvements sociaux et de l’action civique et d’étouffement méthodique de toutes les formes de contestation. L’attaque a été rendue possible par la levée soudaine des barrages de sécurité aux abords de la place, ce qui soulève de sérieuses interrogations sur le rôle des autorités.</p>



<p>La veille, Kaïs Saïed – en réaction à la grève de 3 jours dans le secteur des transports les 30, 31 juillet et 1<sup>er</sup> août – avait publiquement accusé les syndicalistes de <em>«trahison»</em>, instillant un discours de haine et de désignation qui légitime les attaques physiques contre les institutions représentatives des travailleuses et travailleurs.</p>



<p>Dans le même temps, le gouvernement a suspendu unilatéralement l’ensemble des négociations sociales, rompant les cadres légitimes du dialogue et accentuant la polarisation. Cette séquence ne peut être interprétée autrement que comme une tentative de réduire au silence l’un des derniers contre-pouvoirs du pays.</p>



<p>L’agression survient aussi à un moment particulièrement opportun pour ses instigateurs : en plein été, alors que de nombreux militants sont en congé, que l’attention médiatique est réduite, et que l’organisation elle-même traverse une crise interne avec des désaccords profonds sur sa gouvernance. Mais aucune division, aucun découragement, aucun conflit interne ne saurait justifier l’inaction, le silence ou l’abandon. Ce qui est en jeu dépasse l’état momentané de l’UGTT : c’est l’existence même d’un syndicalisme libre et combatif en Tunisie qui est visée.</p>



<p>Nous saluons la vigilance, la maîtrise et la dignité des syndicalistes et salarié·es qui ont tenu bon face à la provocation. Leur mobilisation pacifique pour défendre leur organisation mérite le respect et le soutien.</p>



<p>Nous condamnons avec la plus grande fermeté :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>cette tentative d’agression préméditée et grave,</li>



<li>le discours présidentiel haineux et menaçant,</li>



<li>la défaillance — voire la complicité — des forces de sécurité,</li>



<li>la stratégie gouvernementale de confrontation, de rupture du dialogue, et de désignation de boucs émissaires.</li>
</ul>



<p>Nous appelons :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>à l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire indépendante,</li>



<li>à la reprise immédiate du dialogue social dans le respect de l’autonomie syndicale,</li>



<li>à une mobilisation large des forces syndicales, associatives et démocratiques en Tunisie et au-delà pour défendre le droit syndical.</li>
</ul>



<p>Nous rappelons que l’UGTT, malgré les tensions, les déviations et les débats internes, reste une structure centrale dans la reconstruction démocratique du pays. Elle doit pouvoir jouer pleinement son rôle pour défendre les droits des salariés, rétablir un climat de libertés et exiger, avec force, la libération de tous les prisonniers politiques et détenus d’opinion.</p>



<p>Le syndicalisme n’est pas un délit. La critique sociale n’est pas une trahison.<br>L’UGTT n’est pas seule.</p>



<p>Solidarité avec l’UGTT.<br>Non à la violence politique.<br>Oui à la liberté syndicale, au dialogue et à la justice sociale.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Paris, le 7 août 2025</em></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’UGTT doit accomplir sa propre révolution pour ne pas disparaître</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2019/11/24/lugtt-doit-accomplir-sa-propre-revolution-pour-ne-pas-disparaitre/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 Nov 2019 09:16:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[syndicalisme]]></category>
		<category><![CDATA[UGTT]]></category>
		<category><![CDATA[Union générale tunisienne du travail]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Par sa véhémence revendicative, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a fait beaucoup de mal à la Tunisie au cours des huit dernières années, contribuant à la crise où notre pays se morfond actuellement. Nous sommes à l’aube d’une nouvelle époque et le syndicalisme à l’ancienne doit se réformer et changer de logiciel, sinon il...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/11/24/lugtt-doit-accomplir-sa-propre-revolution-pour-ne-pas-disparaitre/">L’UGTT doit accomplir sa propre révolution pour ne pas disparaître</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2015/08/Grève-UGTT.jpg" alt="" class="wp-image-9648"/></figure>



<p><strong><em> Par sa véhémence revendicative, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a fait beaucoup de mal à la Tunisie au cours des huit dernières années, contribuant à la crise où notre pays se morfond actuellement.  Nous sommes à l’aube d’une nouvelle époque et le syndicalisme à l’ancienne doit se réformer et changer de logiciel, sinon il disparaîtra. </em></strong></p>



<p> Par <strong>Chedly Mamoghli</strong> *</p>



<span id="more-258252"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/06/Chedly-Mamoghli.jpg" alt="" class="wp-image-158631"/></figure></div>



<p> L’UGTT doit, d’abord et avant tout, procéder à une opération de nettoyage en son sein. Un profond nettoyage. La centrale syndicale doit se débarrasser de sa caste syndicaliste embourgeoisée et corrompue qui la prend en otage. Mais le degré de pourriture est tel et l’ampleur des dégâts est telle que cette opération s’apparentera plus à une opération de purification qu’à une opération de nettoyage. L’UGTT doit se purifier comme les Hindous se purifient dans le Gange.</p>



<p> L’UGTT doit impérativement se remettre en question et formater son logiciel. Elle doit rompre définitivement avec le syndicalisme idéologique, contestataire et violent du siècle passé et épouser son époque en adoptant un syndicalisme du compromis, du dialogue et de la proposition. Les dirigeants syndicaux doivent renoncer définitivement au discours arrogant et agressif basé sur le chantage et l’intimidation. Car, comme dit l’adage tunisien, <em>«Ettbourib ma 3andou win iwassil»</em> (Il ne sert à rien de jouer  les gros bras)</p>



<p> L’UGTT doit travailler sur ces deux axes et, ce faisant, accomplir sa révolution et avoir une place importante parmi les corps intermédiaires sinon elle sera le vestige d’un vieux monde dépassé et révolu. La lame de fond concerne tout le système et pas seulement un seul de ses maillons à savoir les partis politiques. Nous sommes à l’aube d’une nouvelle époque. Celui qui veut survivre d’une époque à une autre et ne pas disparaître doit s’adapter.</p>



<p><em>* Juriste. </em></p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis : </em></h3>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="moMV4Co6Cn"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/01/01/ce-que-la-crise-economique-en-tunisie-doit-a-lugtt/">Ce que la crise économique en Tunisie doit à l’UGTT</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Ce que la crise économique en Tunisie doit à l’UGTT » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/01/01/ce-que-la-crise-economique-en-tunisie-doit-a-lugtt/embed/#?secret=zMsNRTrv5i#?secret=moMV4Co6Cn" data-secret="moMV4Co6Cn" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<figure class="wp-block-embed-wordpress wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Pwm1lIPiqO"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/11/14/idiots-utiles-de-nabil-karoui-mabrouk-alikom-qalb-ennahdha/">Idiots utiles de Nabil Karoui, Mabrouk alikom Qalb Ennahdha !</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Idiots utiles de Nabil Karoui, Mabrouk alikom Qalb Ennahdha ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/11/14/idiots-utiles-de-nabil-karoui-mabrouk-alikom-qalb-ennahdha/embed/#?secret=x6gUDiIPVV#?secret=Pwm1lIPiqO" data-secret="Pwm1lIPiqO" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<figure class="wp-block-embed-wordpress wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ENAK95r4zq"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/09/09/presidentielle-medias-et-affairisme-pourquoi-loulayidd-sami-fehri-saffole-t-il/">Présidentielle, médias et affairisme : Pourquoi «Loulayidd Sami Fehri» s’affole-t-il ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Présidentielle, médias et affairisme : Pourquoi «Loulayidd Sami Fehri» s’affole-t-il ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/09/09/presidentielle-medias-et-affairisme-pourquoi-loulayidd-sami-fehri-saffole-t-il/embed/#?secret=8h7GrUFsBS#?secret=ENAK95r4zq" data-secret="ENAK95r4zq" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/11/24/lugtt-doit-accomplir-sa-propre-revolution-pour-ne-pas-disparaitre/">L’UGTT doit accomplir sa propre révolution pour ne pas disparaître</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Tunisie : L’UGTT est bien partie&#8230; pour devenir un vrai parti</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2018/11/24/tunisie-lugtt-est-bien-partie-pour-devenir-un-vrai-parti/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Nov 2018 11:20:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Noureddine Taboubi]]></category>
		<category><![CDATA[syndicalisme]]></category>
		<category><![CDATA[UGTT]]></category>
		<category><![CDATA[Union générale tunisienne du travail]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Profitant de la faiblesse et des dissensions des partis de la place, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), notre vaillante centrale syndicale au passé glorieux qu’il est inutile de rappeler ici, semble faire sa mue pour se transformer en un partenaire politique de premier plan voire même en un parti incontournable. Par Tarak Arfaoui *...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/11/24/tunisie-lugtt-est-bien-partie-pour-devenir-un-vrai-parti/">Tunisie : L’UGTT est bien partie&#8230; pour devenir un vrai parti</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-128567" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/12/UGTT-Noureddine-Taboubi.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p><em><strong>Profitant de la faiblesse et des dissensions des partis de la place, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), notre vaillante centrale syndicale au passé glorieux qu’il est inutile de rappeler ici, semble faire sa mue pour se transformer en un partenaire politique de premier plan voire même en un parti incontournable.</strong> </em></p>
<p>Par <strong>Tarak Arfaoui</strong> *</p>
<p><span id="more-185477"></span></p>
<p>Jouant dans la cour purement politique en procédant à un syndicalisme de façade, se mêlant avec le folklore des partis, s’acoquinant avec les uns dénigrant les autres, s’arrogeant tous les droits de regard dans les orientations politiques du gouvernement et même un droit de veto dans les nominations gouvernementales, l’UGTT, au vu des événements qui ont secoué le pays ces dernières années et dont elle était la principale instigatrice, est devenue de fait un véritable parti politique.</p>
<h3>Le génie tunisien a créé le «syndico partitisme»</h3>
<p>Sans vouloir heurter la fibre syndicaliste des ses valeureux militants, il faut bien se résoudre à constater que la centrale a bel et bien enterré le vrai combat syndical qui est vital pour le pays mais malheureusement cantonné à des demandes matérielles exclusives.</p>
<p>Le génie tunisien a créé le <em>«syndico partitisme»</em>. L’UGTT n’a actuellement rien à envier à un parti politique fort de la démocratie de ses institutions de sa commission administrative dirigeante qui est de facto un bureau politique, de ses militants de ses idéologues et comme dans tous les partis de ses tauliers et de ses opportunistes.</p>
<p>Les événements récents me permettent d’affirmer sans hésitation que le timing de ses manifestations est purement politique. Son cheval de bataille, son seul slogan est l’augmentation des salaires des 650.000 fonctionnaires.</p>
<p>Je n’ai pas entendu ses responsables défendre la cause des 650.000 chômeurs qui n’ont jamais touché un seul salaire de leur vie et dont une grande frange est formée par des diplômés. Ils n’ont présenté aucune solution pour faire infléchir la courbe du chômage. Aucun programme économique digne de ce nom pour résoudre la crise financière du pays.</p>
<p>Pas un mot sur les devoirs essentiels des travailleurs qui est pour la centrale un sujet tabou dont on ne parle jamais. Pas un mot sur la productivité désastreuse du travailleur tunisien. Pas un mot sur l&rsquo;absentéisme majeur qui gangrène la fonction publique. Pas un mot sur le train de vie royal de ses apparatchiks , encore un sujet tabou qui fâche, qui circulent avec une protection sécuritaire rapprochée en voitures de luxe avec chauffeur, carburant et assurances gratuites, voyagent à l’étranger aux frais de la princesse et profitent de passe-droits de toutes sortes.</p>
<h3>Le Parti UGTT mènera le bal</h3>
<p>Le fond de commerce de l’UGTT est le pauvre travailleur tenu au bout de la laisse par des revendications uniquement matérielles et constituant le réservoir inépuisable de <em>«l’action militante syndicale»</em>.</p>
<p>Son secrétaire général, Noureddine Taboubi, un illustre universitaire bardé de diplômes, grand expert en macro économie, PIB et taux de croissance, l’a bien expliqué, sans aucune hypocrisie, dans un récent discours, le Parti UGTT mènera bel et bien toutes les batailles électorales prochaines pour diriger effectivement le pays en plaçant ses pions.</p>
<p>En attendant, vive la grève !</p>
<p><em>* Médecin de libre pratique. </em></p>
<p><em><strong>Articles du même auteur dans Kapitalis : </strong></em></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ZXit9RkXCV"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/10/18/nidaa-bienvenue-au-nouveau-petit-copain-du-fils-de-son-pere/">Nidaa : Bienvenue au nouveau petit copain du fils de son père</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Nidaa : Bienvenue au nouveau petit copain du fils de son père » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/10/18/nidaa-bienvenue-au-nouveau-petit-copain-du-fils-de-son-pere/embed/#?secret=nI2HwrOe5p#?secret=ZXit9RkXCV" data-secret="ZXit9RkXCV" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="GHB2n8HW12"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/10/05/en-tunisie-les-terroristes-sont-aussi-sur-les-routes/">En Tunisie, les terroristes sont aussi sur les routes</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« En Tunisie, les terroristes sont aussi sur les routes » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/10/05/en-tunisie-les-terroristes-sont-aussi-sur-les-routes/embed/#?secret=aZf2KmSscO#?secret=GHB2n8HW12" data-secret="GHB2n8HW12" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="NZHqdsDzjV"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/09/28/alerte-meteo-en-tunisie-le-calme-plat-a-la-wataniya/">Alerte météo en Tunisie : Le calme plat à la Wataniya</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Alerte météo en Tunisie : Le calme plat à la Wataniya » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/09/28/alerte-meteo-en-tunisie-le-calme-plat-a-la-wataniya/embed/#?secret=u1MgKr8g9A#?secret=NZHqdsDzjV" data-secret="NZHqdsDzjV" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/11/24/tunisie-lugtt-est-bien-partie-pour-devenir-un-vrai-parti/">Tunisie : L’UGTT est bien partie&#8230; pour devenir un vrai parti</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La Tunisie face au coup d’Etat permanent de l’UGTT</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2018/09/05/la-tunisie-face-au-coup-detat-permanent-de-lugtt/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Sep 2018 11:42:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ben Ali]]></category>
		<category><![CDATA[Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Nidaa Tounes]]></category>
		<category><![CDATA[syndicalisme]]></category>
		<category><![CDATA[UGTT]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>De g. à d., Mongi Harbaoui, Ridha Charfeddine, Hafedh Caid Essebsi, Noureddine Taboubi, Néji Jalloul et Bouali Mbarki. L’avènement de la démocratie en Tunisie pose au syndicalisme incarné par l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) une série de questions appelées à prendre une acuité grandissante, surtout après l’ingérence flagrante de la centrale dans les rapports...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/09/05/la-tunisie-face-au-coup-detat-permanent-de-lugtt/">La Tunisie face au coup d’Etat permanent de l’UGTT</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-172482" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/09/UGTT-Nidaa.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>De g. à d., Mongi Harbaoui, Ridha Charfeddine, Hafedh Caid Essebsi, Noureddine Taboubi, Néji Jalloul et Bouali Mbarki.</em></p>
<p><em><strong>L’avènement de la démocratie en Tunisie pose au syndicalisme incarné par l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) une série de questions appelées à prendre une acuité grandissante, surtout après l’ingérence flagrante de la centrale dans les rapports de force politiques et dans les affaires de l’Etat.</strong></em></p>
<p>Par <strong>Yassine Essid</strong></p>
<p><span id="more-172481"></span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-118739 alignleft" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/10/Yassine-Essid.jpg" alt="" width="200" height="250" />À l’heure de la déferlante d’images, certaines photos, comme celle illustrant cet article, nous mettent face au vide. De cette frustration naît un besoin de penser, de compléter, d’imaginer, d’interpréter. Sur celle-ci on y voit bien les corps, les visages, les postures, les accoutrements, mais elle dit autre chose que la simple restitution objective du réel. Elle raconte d’abord ce qu’elle veut bien raconter : la démocratie n’embauche que des tambours ramollis.</p>
<h3>UGTT-Nida Tounes : une fatale connivence contre Chahed</h3>
<p>À l’extrême gauche, apparaît l’ex-porte-parole de Nidaa Tounes, tenant une pile de documents comme pour nous prouver que tout cela ce ne sont pas des ragots; <em>«qu’il existe un dossier».</em></p>
<p>Si l’on passe par-dessus son voisin, qui serait bien mieux en salopette de travail, on se retrouve face à celui qu’on n’a jamais pu s’empêcher d’imaginer l’homme qu’il avait été sous celui qu’il était devenu. Vêtu d’une veste ample, le pantalon en tire-bouchon, la cravate mal ajustée; des vêtements pour lesquels son corps ne peut que s’adapter. Il se trouve que son souci est ailleurs, car il est concentré sur la solennité de l’événement : UGTT/Nidaa Tounes même combat !</p>
<p>À sa droite, un homme usé, sans énergie, qui s’efforce de se montrer réjoui sans trop y parvenir. Malgré ses responsabilités, il est habillé à la limite de la vêture, c’est-à-dire, à la limite de ce qui semble définir un vêtement : la portabilité, le confort, l’aisance.</p>
<p>Vient ensuite une vieille connaissance, surtout pour les dirigeants de l’UGTT qui avaient tout fait pour le déloger de son poste de ministre de l’Education.</p>
<p>D’ailleurs on le trouve ici bien mal à l’aise, crispé, l’air mortifié, ravalant sa rancune. Engoncé dans un costume étriqué de petit fonctionnaire tatillon, il a le dos voûté, les mains jointes comme pour cacher une anxiété. Il semble impatient de rompre le rang au plus vite pour oublier cette fatale connivence.</p>
<p>Enfin, le dernier, l’air ravi, cherche à nous avertir qu’il est bien présent, qu’il est là, qu’il prend de la place et supporte bien son rang de subalterne.</p>
<p>Entre Nidaa Tounes et l’UGTT, c’est de nouveau la joie de vivre, le triomphe proche, l’unité indéfectible, une glorification à peu de frais principalement contre Youssef Chahed !</p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-160597" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/06/UGTT-Nidaa-Tounes.jpg" alt="" width="500" height="304" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Les dirigeants de Nidaa reçus par le SG de l&rsquo;UGTT : les liens incestueux entre syndicalisme et politique.</em></p>
<h3>UGTT : une dérive belliciste, opportuniste et antilibérale</h3>
<p>Depuis ses prémices, le syndicalisme tunisien a traversé quatre grands âges. Chaque épisode dessine ses traits en relation avec les régimes politiques en place. L’actuelle équipée, incarnée par une UGTT engagée dans une longue phase de dérive belliciste, autoritaire, opportuniste et antilibérale risque, s’il venait qu’elle persista, de la conduire immanquablement à sa perte non sans de graves dégâts pour l’avenir du pays.</p>
<p>Acteur important du mouvement national, le syndicat a payé le prix de sa lutte anticoloniale par l’assassinat de son secrétaire général, Farhat Hached, en 1952, un important dirigeant du mouvement de libération.</p>
<p>Au lendemain de l’indépendance, les fonctions élémentaires du syndicalisme, celles de relais ou d’organisateur de la pratique revendicative, sont assurées a minima et à peine tolérées par les pouvoirs autoritaires de Bourguiba et du Néo-Destour, le parti unique dont la centrale syndicale était devenue l’une des composantes. Mais l’omnipotence du Néo-Destour, devenu entre-temps Parti socialiste destourien (PSD) et l’absence d’une opposition politique en feront, pour un certain temps, le refuge de contestation et de confrontation avec le régime mais qui finiront par l’affaiblir.</p>
<p>Les qualités de contre-pouvoir de l’UGTT s’étant avérées limitées, elle essaya bon gré mal gré d’aller vers une nouvelle forme d’intégration approfondie au fonctionnement de l’État social et à la régulation des rapports de production. C’était sans compter avec Ben Ali qui en fit un appendice du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), s’alignant autant sur les positions officielles que sur celles de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica).</p>
<h3>De la collaboration contrainte à la molle opposition</h3>
<p>Servi par l’arsenal répressif, le régime de Ben Ali, tout à sa volonté d’éliminer les contestations, se protégeait contre les structures collectives. Outre le durcissement de la pénalisation de l’acte gréviste, le régime installe partout un dispositif de cellules du parti, les plaçant en situation d’étouffer à leur guise les corps intermédiaires et les éventuels contre-pouvoirs. Une logique où la «question sociale» va de pair avec la stabilité politique qui conditionne à son tour les conditions d’une croissance économique.</p>
<p>L’absence d’industrialisation qui grossit généralement ailleurs les rangs du monde ouvrier et rend plus prégnante la question sociale, a toujours manqué à l’UGTT, réduisant d’autant ses capacités d’action et de regroupement revendicatif qui ne permet pas l’institutionnalisation du syndicalisme. Commencée par Bourguiba, son successeur prolongera cette tendance de fond qui perdure dès lors que la croissance économique se maintient.</p>
<p>Malgré tout l’UGTT soutiendra en 2004 la candidature de Ben Ali pour un quatrième mandat. Mais dès 2006, suite à l’érosion des salaires et leurs effets sur les budgets des ménages, la remise en cause de l’intervention de la caisse compensation et la marchandisation de certains services jadis gratuits, l’UGTT commence à se montrer un peu plus combative contestant des décisions politiques, organisant des grèves dans certains secteurs.</p>
<h3>Quel rôle pour le syndicalisme dans une démocratie naissante ?</h3>
<p>À la suite du départ de Ben Ali, trois syndicalistes réputés doctrinaires de l’UGTT participeront au premier gouvernement, mais démissionnent aussitôt en réaction aux tentatives de restauration et de retour des figures du passé. Elle s’opposera plus tard aux islamistes et leurs milices et gagne la sympathie des adversaires d’Ennahdha au pouvoir.</p>
<p>Après le départ de la Troïka, l’ancienne coalition conduite par le parti islamiste, l’UGTT s’impose comme l’une des composantes du quartet du Dialogue national et participe à ce titre à la tenue des élections présidentielles et législatives, fin 2015, ainsi qu’à la ratification de la nouvelle Constitution.</p>
<p>Collaborateurs sans réserve ni mesure avec le régime de Ben Ali, les dirigeants de l’UGTT étaient ainsi passés d’un bond de leur infime condition de pions à la soumission peu avouable, jusque dans les sphères suprêmes de l’Etat en tant qu’éminents interlocuteurs, dans une trajectoire politique de l’inconsistance et de l’ambiguïté au point de finir par se parler à eux-mêmes.<br />
L’incohérence règne plus que jamais, simplement sur une autre échelle, démesurée cette fois.</p>
<p>L’UGTT profite après Ben Ali d’une série de traditions qui inspirent encore quelques unes de ses principales caractéristiques, mais aussi des méandres tortueux et maladroits de la construction d’une démocratie à bien des égards fragile et incomplète.</p>
<p>La chute du régime libère les corps intermédiaires entre l’individu et l’État, favorise la résurgence de structures susceptibles de défendre des groupes et des intérêts spécifiques. Entre l’individu et la puissance publique, entre l’intérêt particulier et l’intérêt général, s’interposent cette fois en toute autorité les partenaires sociaux, UGTT et Utica. Il est permis alors d’inspirer aux citoyens un intérêt intermédiaire, de les mêler à la chose publique, d’encourager toute volonté de regroupements professionnels à caractère revendicatif.</p>
<p>Citoyens d’un même Etat ou profession, ouvriers et chômeurs peuvent former des règlements sur leurs prétendus intérêts communs. Dans ce cadre, il paraît parfaitement naturel que s’instaurent des tensions : les employeurs veulent faire fructifier le principe de la libre entreprise, désormais solidement établi; de son côté, l’univers laborieux ne peut que rechercher les modalités susceptibles de lui permettre d’obtenir le meilleur contrat possible.</p>
<p>Au départ, l’intervention syndicale dans les rapports sociaux se renforce au sein de l’entreprise dans l’indifférence de l’appareil d’État. Le patronat se résigne malaisément à accepter la contestation permanente, délocalise ou se résout à discuter avec les militants ouvriers pour mettre un terme aux grèves, menées de plus en plus fréquemment par l’UGTT.</p>
<h3>Le syndicalisme au pouvoir et les pouvoirs de l’État</h3>
<p>Pour sa part, le pouvoir politique se trouve dépassé et son champ d’intervention se réduit comme peau de chagrin : agents d’entreprises privées et publiques et fonctionnaires entrent dès lors dans des grèves intempestives. Quant aux employés non titularisés, ils revendiquent le statut de travailleurs stables et protégés tels que les fonctionnaires.</p>
<p>La reconnaissance officielle pleine et entière de l’exercice du droit syndical dans l’espace public intervient pour l’essentiel dans les moments d’effervescence sociale marqués par la naissance d’une nouvelle République.</p>
<p>En l’espace de quatre années, l’UGTT se voit affublée de ses titres de noblesse institutionnelle qui la place en situation de disposer d’une légitimité sans précédent, mais renforcent en revanche la tension entre son essence contestataire et sa fonction de régulation des conditions de production, plus largement, de la physionomie inégalitaire de la société jusqu’à la légitimité du pouvoir en place.</p>
<p>De partenaire elle devient alors faiseur de rois, s’engage dans des marchandages pour participer aux gouvernements, nomme des syndicalistes comme ministres et pose le départ du Premier ministre comme condition non négociable à toute avancée dans le processus de paix sociale. Enfin, elle dénie à Youssef Chahed toute liberté de procéder à des ajustements au sein de son propre cabinet. Mieux, favoritisme, cooptation et népotisme dans l’administration des affaires publiques ne posent plus de problèmes de conscience aux dirigeants de l’UGTT.</p>
<p>Le récent limogeage du ministre de l’Energie, un homme dont la compétence est loin d’être avérée, serait un fait coupable et par conséquent contesté au nom de sa proche parenté avec un membre du bureau de la Centrale !</p>
<p>De manière profonde, l’avènement de la démocratie pose aujourd’hui au syndicalisme une série de questions appelées à prendre une acuité grandissante. Comment concilier la défense des droits des travailleurs à travers un corpus de valeurs que le syndicalisme s’est fixé par tradition à lui-même et qui est de plus en plus inadapté au progrès avec les effets de la globalisation des échanges, les délocalisations, le déficit budgétaire, l’endettement, les tendances consuméristes, la fuite des diplômés, l’effritement de la condition salariale, la précarisation de l’emploi, le chômage durable, les droits et les protections sociales désormais vulnérables que seule l’économie de croissance et le consensus social rendraient réversibles?</p>
<p>Dans un tel contexte, quel rapport doit entretenir le syndicalisme au pouvoir, à l’État? Quel projet de société? Et d’ailleurs, l’UGTT en a-t-elle un?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/09/05/la-tunisie-face-au-coup-detat-permanent-de-lugtt/">La Tunisie face au coup d’Etat permanent de l’UGTT</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Syndicalisme : L’UGTT, les enseignants et l’argent de la grève</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2018/05/15/syndicalisme-lugtt-les-enseignants-et-largent-de-la-greve/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 May 2018 07:53:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[enseignants]]></category>
		<category><![CDATA[grève]]></category>
		<category><![CDATA[Lassaâd Yaâcoubi]]></category>
		<category><![CDATA[salaires]]></category>
		<category><![CDATA[syndicalisme]]></category>
		<category><![CDATA[UGTT]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Lassaad Yaacoubi et ses camarades auraient dû prévoir la ponction sur les salaires.  Les dirigeants syndicaux s’opposent au prélèvement des jours de grève sur le salaire des enseignants. C’est pourtant dans l’ordre des choses, car si le gouvernement ne le fait pas, autant dire que toute la Tunisie se mettrait volontiers en grève et ce,...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/05/15/syndicalisme-lugtt-les-enseignants-et-largent-de-la-greve/">Syndicalisme : L’UGTT, les enseignants et l’argent de la grève</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-85276" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/03/UGTT-Enseignants-du-secondaire.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Lassaad Yaacoubi et ses camarades auraient dû prévoir la ponction sur les salaires. </em></p>
<p><em><strong>Les dirigeants syndicaux s’opposent au prélèvement des jours de grève sur le salaire des enseignants. C’est pourtant dans l’ordre des choses, car si le gouvernement ne le fait pas, autant dire que toute la Tunisie se mettrait volontiers en grève et ce, sans aucun scrupule.</strong> </em></p>
<p>Par <strong>Wael Mejrissi</strong></p>
<p><span id="more-154153"></span></p>
<p>Le gouvernement n’en démord pas. Il est déterminé à faire payer aux enseignants leur grève qui a coûté presque deux semaines de cours aux élèves du secondaire. L’Union générale tunisienne du travail (UGTT), la centrale syndicale, par la voix de son secrétaire général adjoint, a estimé cette décision injuste la qualifiant de vengeance.</p>
<h3>La sanction de la fiche de paie</h3>
<p>Un terme fort peu censé pour habiller une situation des plus ordinaires qui soit. Si la grève était tout à fait légitime de par le manque de moyens et de reconnaissance dont souffrent les enseignants, il n’en demeure pas moins que les jours non travaillés doivent, selon toute logique, être ponctionnés sur les fiches de paie à venir ou alors on ne comprend plus rien à la grève.</p>
<p>La grève est la cessation du travail qu’on accepte comme un sacrifice pour faire avancer une cause en laquelle on croit. Or, si faire grève protégeait d’une perte sur salaire, autant dire que toute la Tunisie se mettrait volontiers en grève et ce, sans aucun scrupule.</p>
<p>Faire grève sans perdre de l’argent serait pour le moins étrange et surtout vécu comme une injustice par la population qui lirait une telle situation comme un privilège. Or, le corps enseignant n’étant pas privilégié et loin de là, il doit donc se conformer à la loi et à son application. Le béaba pour une profession qui se veut exemplaire sous tous rapports et qui s’érige comme faisant partie de l’élite intellectuelle du pays.</p>
<h3>Où est passé Lassaad Yaâcoubi ?</h3>
<p>S’il y a des griefs à exprimer, ils doivent l’être à l’encontre de Lassaad Yaacoubi, le tonitruant secrétaire général du Syndicat de l’enseignement secondaire, qui a emmené dans son sillage toute une profession animée par l’espérance de voir le métier d’enseignant enfin valorisé. Une espérance vaine qui s’est heurté à un mur à la vitesse du son et dont la convalescence est partie pour durer.</p>
<p>D’ailleurs, M. Yaâcoubi est bien caché dans son terrier depuis la fin de la grève comme s’il avait compris le ressentiment immense de la corporation à son encontre. S’il y a une responsabilité à chercher, elle est du côté de ce personnage qui s’est voulu charismatique mais dont l’histoire a montré qu’il avait plus l’envergure d’un monstre en papier que d’un vrai leader.</p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="kRIzhZr1cM"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/04/22/tunisie-deduction-de-6-jours-des-salaires-des-enseignants-grevistes/">Tunisie: Déduction de 6 jours des salaires des enseignants grévistes</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie: Déduction de 6 jours des salaires des enseignants grévistes » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/04/22/tunisie-deduction-de-6-jours-des-salaires-des-enseignants-grevistes/embed/#?secret=UjvMGJCMFU#?secret=kRIzhZr1cM" data-secret="kRIzhZr1cM" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="gONeHGrNXw"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/04/23/tunisie-crise-de-leducation-nationale-demain-le-pire-pour-tous/">Tunisie-Crise de l’éducation nationale : Demain, le pire pour tous !</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie-Crise de l’éducation nationale : Demain, le pire pour tous ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/04/23/tunisie-crise-de-leducation-nationale-demain-le-pire-pour-tous/embed/#?secret=fTj8hfyxFN#?secret=gONeHGrNXw" data-secret="gONeHGrNXw" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="K47OZvd6QI"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/04/17/greve-des-enseignants-des-parents-deleves-lancent-un-cri-de-detresse/">Grève des enseignants : Des parents d&rsquo;élèves lancent un cri de détresse</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Grève des enseignants : Des parents d&rsquo;élèves lancent un cri de détresse » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/04/17/greve-des-enseignants-des-parents-deleves-lancent-un-cri-de-detresse/embed/#?secret=cLBlh2yiKe#?secret=K47OZvd6QI" data-secret="K47OZvd6QI" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
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			</item>
		<item>
		<title>SNCFT : Encore un sabotage pour une privatisation !</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2018/01/23/sncft-encore-un-sabotage-pour-une-privatisation/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Jan 2018 09:37:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[privatisation]]></category>
		<category><![CDATA[SNCFT]]></category>
		<category><![CDATA[Société nationale des chemins de fer tunisiens]]></category>
		<category><![CDATA[syndicalisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les sabotages se multiplient à la SNCFT. Est-ce pour aggraver ses difficultés en vue d’accélérer sa privatisation souhaitée par le grand capital ? Par Farhat Othman Pour faire couler cette société publique, tous les prétextes sont bons. La dernière invoquée est l’arrestation d’un cheminot ayant été la cause d’un récent accident. Dans l’œil du cyclone...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-108604" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/08/Train-SNCFT.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p><em><strong>Les sabotages se multiplient à la SNCFT. Est-ce pour aggraver ses difficultés en vue d’accélérer sa privatisation souhaitée par le grand capital ?</strong> </em></p>
<p>Par <strong>Farhat Othman</strong></p>
<p><span id="more-134546"></span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-80097 alignleft" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/01/Farhat-Othman.jpg" alt="" width="200" height="150" />Pour faire couler cette société publique, tous les prétextes sont bons. La dernière invoquée est l’arrestation d’un cheminot ayant été la cause d’un récent accident.</p>
<h3>Dans l’œil du cyclone capitaliste ?</h3>
<p>Ce qui aggrave la situation est le fait que les convoitises capitalistes sur la société, de plus en plus voraces, s’allient aux intentions malignes de certaines parties dont le but est d’envenimer la situation de crise de l’État à travers son économie.</p>
<p>Politiquement, c’est disposer d’un bel atout que d’avoir l’opportunité d’apparaître le sauveur du pays quand rien n’y marche plus, notamment ses services publics. Aussi, ce n’est plus le seul capital qui est en cause, mais ses complices dans la politique politicienne sans lesquels il serait sans nulle force dans un pays pauvre.</p>
<p>Pour cela, plus que jamais, nous estimons que le salut de la Tunisie ne peut être assuré qu’en articulant l’État tunisien à un système de droit qui marche et dont les standards juridiques pourraient alors s’appliquer par la force de la loi en une Tunisie où personne ne respecte la loi qui est, de plus, illégitime étant injuste. Et pour cela nous le répétons ici : il n’y a de solution à la crise de la Tunisie que dans l’adhésion au plus vite à l’Union européenne (UE).</p>
<p>La situation à la Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT) a atteint aujourd’hui un point de non-retour dans les menées entendant faire chuter au plus vite ce service public dans l’escarcelle du secteur privé. Car il ne fait plus de doutes que cela relève d’une stratégie non seulement bien arrêtée, mais aussi rendement menée par les différents protagonistes venant d’horizons divers, aussi bien national qu’international, politique qu’économique, social qu’idéologique.</p>
<p>Tous ont un point commun, même si leurs intérêts peuvent diverger pour les détails : le service du grand capital financier international. Pour la Tunisie, cela se traduit par la privatisation des entreprises du service public, hier encore la fierté du pays.</p>
<p>Tout porte à croire que l’on cherche à commencer par le chemin de fer où les retards ne suffisent plus; il importe de détourner les clients du train. Pour cela, tous les moyens sont bons du moment qu’ils ont un label syndical puisque le syndicalisme dans notre pays n’est plus ce qu’il était</p>
<h3>Le jouet d&rsquo;une mascarade syndicale</h3>
<p>Voici une bonne illustration de ce qui précède : ce qui est arrivé ce lundi pour le train devant quitter Sfax pour rallier Tunis à 13h20. S’il est finalement parti à 16h20, c’est bien après une comédie quasi burlesque si elle n’était pas dramatique pour la société et ses fidèles clients.</p>
<p>On a commencé par annoncer un retard, différant le départ à 14H dans l’attente de l’arrivée du train, parti de Tunis à 8H25 et qui devait faire l’aller-retour. Celui-ci étant arrivé à 13h30 avec le retard devenu habituel de plus d’une heure, on fait savoir aux voyageurs qu’il ne partira pas dans l’immédiat et qu’on ne sait pas s’il doit partir ou non et surtout pas quand. Libre donc aux voyageurs de se faire rembourser! Et voilà le tour joué : ainsi fait-on perdre à la société de précieux clients.</p>
<p>Pour une telle visée, peu importait au syndicat le prétexte invoqué pour justifier cette entreprise de véritable sabotage. Car lorsque le train a fini par partir, il ne restait qu’une poignée de voyageurs fidèles au service public au grand dam de certains agents de la société qu’on voyait surveiller le nombre de qui restait comme s’ils espéraient ne plus en voir aucun dans la gare, annuler purement et simplement le voyage et mieux perdre la société. Déjà, la perte pour la journée était énorme, non seulement du fait des billets remboursés, mais aussi en termes de carburant gaspillé, puisque la voiture motrice est restée en marche tout le temps de l’arrêt forcé, soit plus de deux heures et demie. Peu importait la perte ainsi occasionnée pour la société; n’était-ce pas le but recherché?</p>
<p>Jusqu’à quand donc doit-on encore tolérer une telle situation à la SNCFT, le sabotage éhonté d’un service public qu’on veut privatiser? Comment l’UGTT de Fathat Hached permet-elle ce vrai crime au vu des intérêts légitimes de la patrie attachée à ses services publics, dont ce fleuron qu’est le chemin de fer public? N’a-elle pas souvent réitéré son attachement aux services publics du pays?</p>
<p>S’agit-il de simples paroles sans nul fondement ? Ou la centrale syndicale serait-elle en train d’être dépassée par ses troupes dont certaines versent, de plus en plus, dans ce relèverait de tout, sauf d’un syndicalisme responsable. Or, son esprit a toujours été dans le pays de construire et non de détruire. Du moins ainsi que nous l’a légué Hached dont on viole ainsi et la mémoire et l’héritage.</p>
<p><em>* Ancien diplomate, écrivain. </em></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="h7E5tKby6G"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/21/berd-pret-de-464-mdt-pour-la-sncft/">Berd : Prêt de 464 MDT pour la SNCFT</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Berd : Prêt de 464 MDT pour la SNCFT » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/21/berd-pret-de-464-mdt-pour-la-sncft/embed/#?secret=M4ORzI1aKD#?secret=h7E5tKby6G" data-secret="h7E5tKby6G" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="gGio1mywAM"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/05/la-sncft-porte-plainte-contre-des-saboteurs/">La SNCFT porte plainte contre des saboteurs</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La SNCFT porte plainte contre des saboteurs » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/05/la-sncft-porte-plainte-contre-des-saboteurs/embed/#?secret=MG1D24nBZT#?secret=gGio1mywAM" data-secret="gGio1mywAM" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="0Dr3onTe2g"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/08/01/sncft-climatisation-defectueuse-dans-un-train-suppose-climatise/">SNCFT : Climatisation défectueuse dans un train supposé climatisé</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« SNCFT : Climatisation défectueuse dans un train supposé climatisé » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2017/08/01/sncft-climatisation-defectueuse-dans-un-train-suppose-climatise/embed/#?secret=wFmkBJPFps#?secret=0Dr3onTe2g" data-secret="0Dr3onTe2g" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/01/23/sncft-encore-un-sabotage-pour-une-privatisation/">SNCFT : Encore un sabotage pour une privatisation !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Bloc-notes: Hached, réveille-toi, le syndicalisme tunisien est en danger !</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2017/02/19/bloc-notes-hached-reveille-toi-le-syndicalisme-tunisien-est-en-danger/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Feb 2017 08:35:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Farhat Hached]]></category>
		<category><![CDATA[syndicalisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Que dirait Hached s&#8217;il voyait à quel niveau s&#8217;est abaissé le syndicalisme en Tunisie ? Il ne se retournerait pas dans sa tombe; il reviendrait remettre de l’ordre dans sa maison. Par Farhat Othman * Faut-il le rappeler? Le syndicalisme dérive du mot latin syndicus qui veut dire «avocat et représentant d’une ville». Or, cela...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/02/19/bloc-notes-hached-reveille-toi-le-syndicalisme-tunisien-est-en-danger/">Bloc-notes: Hached, réveille-toi, le syndicalisme tunisien est en danger !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-83684 aligncenter" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/02/Farhat-Hached-syndicalisme.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p><em><strong>Que dirait Hached s&rsquo;il voyait à quel niveau s&rsquo;est abaissé le syndicalisme en Tunisie ? Il ne se retournerait pas dans sa tombe; il reviendrait remettre de l’ordre dans sa maison.</strong></em></p>
<p>Par <strong>Farhat Othman</strong> *</p>
<p><span id="more-83683"></span></p>
<p>Faut-il le rappeler? Le syndicalisme dérive du mot latin syndicus qui veut dire <em>«avocat et représentant d’une ville»</em>. Or, cela suppose que l’avocat est cette personne qui défend une cause, une idée, qui intercède pour une autre personne. On sait bien que cela n’est plus nécessairement le cas quand on défend moins les valeurs humanistes que les intérêts. Ne parle-t-on pas de syndicat du crime?</p>
<p>Le syndicalisme, en Tunisie, encore nourri de l’esprit de Farhat Hached, fondateur de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), n’en est pas encore là; mais il est sur la pente qui y mène si l’on ne se décide pas à revitaliser l’héritage de notre éminent syndicaliste en mettant le holà à toutes les dérives auxquelles l’on assiste au nom d’un syndicalisme dévergondé.</p>
<p><strong>Honneur et déshonneur du syndicalisme</strong></p>
<p>Quand on voit ce que vient de faire le syndicat des imams pour bâillonner la libre création au nom d’une lecture antéislamique de leur foi, on ne peut que crier: <a href="http://www.kapitalis.com/anbaa-tounes/2017/02/17/نقابة-الأئمة-تهدد-إدارة-المسرح-الوطني/">ce n’est pas du syndicalisme, mais de la bigoterie</a> !</p>
<p>Quand on voit ce que font les syndicats de l’enseignement qui, quel que soit le reproche que l’on peut adresser à leur ministre, ne peuvent agir comme ils le font, on ne peut que se récrier : ce n’est pas du syndicalisme, mais du charlatanisme !</p>
<p>Quand on voit le syndicat supposé perpétuer l’œuvre de Hached apporter son soutien à cette réclamation nulle et non avenue consistant à exiger le remplacement d’un ministre par un autre, flagrante immixtion dans la gestion politique du pays, on ne peut que se récrier de nouveau : ce n’est pas le syndicalisme de Hached, mais de l’anarchosyndicalisme !</p>
<p>Bien pis ! C’est de l’antisyndicalisme, tout sauf cette association au noble but de défendre les droits et les intérêts des travailleurs auprès du patronat ou des employeurs contre l’administration publique.</p>
<p>Sur une pente dangereuse, le syndicalisme en Tunisie est en train de perdre son honneur; il dévie de l’action pour le bien le plus large, l’intérêt du plus grand nombre, versant dans une sorte de syndicalisme de combat, mais pas pour l’honneur et les valeurs, plutôt pour le déshonneur de l’esprit syndical.</p>
<p>Certes, on a connu dans le monde ce qu’on appelle anarchosyndicalisme et syndicalisme révolutionnaire ou antiétatiste; cela ne correspond ni à l’histoire ni à l’âme du syndicalisme tunisien. Pour ce mauvais ersatz de syndicalisme, les affaires du pays, économiques particulièrement, doivent être placées sous le contrôle direct des travailleurs, et donc gérées par les syndicats. D’ailleurs, un tel faux syndicalisme est apparu lorsque des anarchistes sont entrés massivement dans le mouvement syndical de certains pays.</p>
<p>Serait-ce le cas du futur syndical en Tunisie, les anarchistes étant remplacés par les islamistes, intégristes ou crypto-intégristes ? On y est presque si l’on ne se décide d’urgence, de part et d’autre, à y mettre le holà !</p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-81319" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/01/Lassaad-Yakoubi-et-Neji-Jalloul.jpg" alt="Lassaad Yakoubi et Neji Jalloul " width="500" height="304" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Lassaad Yaakoubi, secrétaire général du syndicat de l&rsquo;enseignement secondaire, croit être habilité à exiger le limogeage du ministre de l&rsquo;Education Neji Jalloul. Le syndicalisme tunisien marche sur sa tête!</em></p>
<p><strong>Crise identitaire du syndicalisme</strong></p>
<p>Il se passe pour le syndicalisme en Tunisie ce qu’on a déjà vu pour la science ou le rationalisme. Au nom du cartésianisme, on verse dans le cartésisme et au non de la science, on ne fait que du scientisme. En politique, cela revient à faire de la politicaillerie, la «<em>boulitique</em>» selon l’expression populaire. C’est le cas du syndicalisme tunisien désormais qui n’a plus rien du vrai combat syndicaliste; il était un <em>«saint-dicalisme»</em>, si j’ose cette orthographe, et il est devenu un <em>«vicieux-dicalisme»</em> tant il cultive le machiavélisme.</p>
<p>Cela ne serait que puéril si l’action syndicale n’était devenue qu’incertaine quant à ses valeurs du fait de ses prétentions taxinomiques aux relents idéologiques sans l’humilité de la prise en compte des réalités du pays et du réel du peuple. Or, la situation actuelle augure d’un repli axiologique particulièrement pénible à supporter pour les travailleurs et les vrais syndicalistes qui ne peuvent ni ne doivent se résoudre à accepter une telle défiguration de l’héritage de Hached, muant au mieux en une sorte de syndicalisme d’affaires d’inspiration américaine.</p>
<p>Il est vrai, l’influence d’outre-Atlantique est grande sur le syndicalisme tunisien, j’en avais déjà fait l’archéologie(1); mais cela ne doit pas augmenter la crise identitaire actuelle affectant le monde du travail soumis à une terrible dictature, non seulement du capitalisme sauvage, mais aussi d’un islamisme violant la religion; c’est ce que je qualifie de capitalislamisme sauvage.</p>
<p>Des voix justes ont déjà sonné le tocsin d’alarme, dénonçant un syndicalisme corporatiste qui n’a pour but que de déstabiliser le pays dans l’espoir de mettre la main sur toute rente possible, celle du pouvoir en premier.</p>
<p>Or, le vrai syndicalisme en Tunisie, dès Mohamed Ali El-Hammi jusqu’à celui qu’incarne Hached, est certes teinté de politique, mais patriotique; il reste d’abord un syndicalisme d’action et de contestation sociale, assumant sa dimension politique en une farouche volonté de lutte, mais uniquement en vue d’imposer une plus grande justice, dans tous les domaines, notamment en termes juridiques.</p>
<p>Que font les syndicats actuels et la puissante centrale héritière de l’oeuvre de Hached ? Absolument rien de nature à contribuer à la réconciliation de la politique et du syndicalisme avec la société, car on dresse les uns contre les autres. On le voit bien dans le domaine de l’enseignement où l’on réclame la tête du ministre le plus populaire du gouvernement, notamment auprès des élèves et de leurs parents. Quelle plus grande preuve de faillite syndicale !</p>
<p>Il est temps qu’on arrête de ne vouloir que jouer au petit chef au nom d’un syndicalisme de combat qui n’est plus que celui de l’intrigue et des intérêts mesquins. Le vrai syndicalisme révolutionnaire, celui de Hached, est d’abord éthique et éthiquement saint, le «<em>saint-dicalisme</em>» déjà évoqué. C’est donc bien plus un syndicalisme de proposition que seulement de contestation stérile. Et ce sont des propositions crédibles, honnêtes et éthiques, non pas dogmatiques et obscurantistes.</p>
<p>Il faut bien que perdure en Tunisie le syndicalisme de contestation, mais sans négliger à la base l’âme tunisienne, en étant donc syndicalisme de proposition et de construction, non de destruction. Nullement ce type de syndicalisme social libéral d’accompagnement des projets patronaux et désormais religieux, plutôt d’accompagnement des exigences populaires dans tous les domaines, surtout en termes de droits et de libertés, y compris dans les domaines les plus sensibles.</p>
<p>C’est cela le syndicalisme de Hached que violent les menées actuelles de maximalistes crispés et vindicatifs prenant en otage les intérêts du plus grand nombre, n’ayant rien du syndicalisme militant désintéressé, faisant sombrer le mouvement syndical tout entier dans un syndicalisme d’affaires capitalislamiste.</p>
<p>Il est temps que les syndicalistes sincères se réveillent de leur léthargie et osent agir enfin pour sortir leur mouvement de sa crise identitaire actuelle qui dénature l’oeuvre de Hached, tournant le dos au patriotisme qui a été, chez lui, d’abord un activisme réformiste. Car au nom d’un illusoire syndicalisme démocratique indépendant, on ne fait que rendre chimère le rêve parfaitement réalisable en notre pays depuis le coup du peuple tunisien, d’un syndicalisme créateur d’une Tunisie nouvelle, tel celui qui a permis le recouvrement de l’indépendance nationale.</p>
<p><em>* Ancien diplomate et écrivain, auteur de ‘‘L’Exception Tunisie’’ (éd. Arabesques, Tunis, 2017).</em></p>
<p><em><strong>Note : </strong></em></p>
<p><a href="http://goo.gl/T0BcZd"><em>1- cf. Archéologie du rôle du mouvement syndical dans la lutte politique en Tunisie (en arabe).</em></a></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/02/19/bloc-notes-hached-reveille-toi-le-syndicalisme-tunisien-est-en-danger/">Bloc-notes: Hached, réveille-toi, le syndicalisme tunisien est en danger !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Anniversaire: Tahar Haddad, intellectuel rebelle et subversif</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Dec 2015 08:20:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[syndicalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Tahar Haddad]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie vient de célébrer le 80e anniversaire de la mort de Tahar Haddad. Une occasion pour revisiter l&#8217;oeuvre de ce réformiste qui a marqué des générations de Tunisiens. Par Ali Mosbah «C’est la liberté qui fonde l’ordre. Si  celui-ci en vient à s’affaiblir, il est du devoir de la liberté de le détruire pour...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-19688 aligncenter" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2015/10/Femmes-de-Nidaa-Tounes.jpg" alt="Femmes-de-Nidaa-Tounes" width="626" height="380" /></p>
<p><em><strong>La Tunisie vient de célébrer le 80e anniversaire de la mort de Tahar Haddad. Une occasion pour revisiter l&rsquo;oeuvre de ce réformiste qui a marqué des générations de Tunisiens.</strong></em></p>
<p>Par<strong> Ali Mosbah</strong></p>
<p><span id="more-30016"></span></p>
<p><em>«C’est la liberté qui fonde l’ordre. Si  celui-ci en vient à s’affaiblir, il est du devoir de la liberté de le détruire pour garantir sa propre pérennité»</em>, écrivait Tahar Haddad dans ses ‘‘Khawâtir’’ (Pensées).</p>
<p>Revenir aujourd’hui sur l’entreprise de réforme moderniste dont cet intellectuel tunisien fut le pionnier est pour nous une occasion de marquer une halte sur un moment privilégié de subversion et d’outrecuidance contre l’ordre d’une société, où les idées de Renaissance (Nahdha) et de Lumière ont commencé à se frayer un chemin difficile parmi les élites tunisiennes, dès le début du XXe siècle.</p>
<p>Cette difficulté provient des obstacles et des pesanteurs sociologiques accumulées durant des siècles de décadence, face aux  tentatives de conciliation d’une tradition profondément enracinée dans les esprits et une modernité encore balbutiante, mais affleurant tel un désir confus, prudent mais surtout réfractaire à s’enfoncer loin sur la voie de l’accomplissement et de la plénitude.</p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-30019" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2015/12/Kheireddine-Pacha.jpg" alt="Kheireddine-Pacha" width="500" height="700" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Kheireddine.</em></p>
<p><strong>Sur les pas des pionniers du réformisme</strong></p>
<p>Quand Mohamed Ali revint de Berlin en 1924, ramenant dans ses bagages un projet de réforme économique et sociale, quarante ans se sont écoulées depuis l’instauration du protectorat français; un demi-siècle depuis les premières tentatives réformistes de Kheireddine, voire trois quarts de siècle, pour peu qu’on considère que leur véritable mise en œuvre datait de la déclaration d’Ahd Al-Amân et de l’instauration du «<em>régime constitutionnel»</em> dit de Tanzimat.</p>
<p>(&#8230;) Le mouvement de Jeunes Tunisiens (Harakat Al-Chabâb Al-Tûnisi) qui a atteint l’apogée de son rayonnement durant les vingt premières années du XXe siècle, donnait des signes d’épuisement. Ses animateurs sont dispersés sous les coups de la répression ou de l’exil forcé. Le caractère élitiste de ce mouvement et le confinement de ses activités aux clubs intellectuels de la capitale expliquaient l’absence de tout impact sur la société et, par voie de conséquence, de tout soutien populaire, seul capable de lui fournir la protection et l’immunité nécessaires pour résister aux vagues répressives des autorités coloniales.</p>
<p>Tahar Haddad faisait partie de cette jeunesse intellectuelle enthousiaste, mais tourmentée et insatisfaite. Il se dépensait en activités diverses. Il était non seulement un inamovible pilier de conférences, des réunions et des polémiques sur les colonnes des journaux, mais membre actif également des «<em>entreprises</em>» de développement social et culturel (l’équivalent des associations de la société civile de nos jours) et des organismes de bienfaisance musulmans dont le rôle était d’accueillir et d’assurer l’éducation des jeunes déshérités. Il fut aussi membre fondateur du Parti libéral constitutionnaliste et bras droit de son chef Abdelazîz Thâalbi.</p>
<p>Jeune activiste lettré, diplômé de la Grande mosquée, Haddad était quelque peu perplexe. Il avait conscience que son action, bien que riche et multiforme, ne lui procurait, tout compte fait, qu’un sentiment de frustration. Il était perpétuellement aimanté par d’autres horizons, d’autres moyens d’action, plus porteurs et efficaces. En clair, il voulait quitter le cocon élitaire dans lequel il se mouvait jusqu’alors. Il avait depuis toujours accordé un intérêt particulier au vécu des petites gens, à la culture du peuple, en essayant chaque fois d’en dégager, pour ensuite analyser et comprendre, la part de morale désuète et des croyances rétrogrades. Pour donner corps à ses projets, il lança en 1922  l’Association de lutte contre l’hérésie et les pratiques abusives (Jam‘iat muqâwamat al-bida‘ wa-l-’isrâf) dont l’objectif est de contribuer au changement de mentalités, façonnées en profondeur par des traditions sociales et religieuses obsolètes.</p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-30020" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2015/12/Aboulkacem-Chebbi.jpg" alt="Aboulkacem-Chebbi" width="500" height="350" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Aboulkacem Chebbi.</em></p>
<p>Vers la même époque vivait en Tunisie un autre jeune, Aboulkacem Chebbi, de nature anxieuse lui aussi. Chebbi était un jeune solitaire et rétif à toute norme ancienne ; il n’hésitait pas à appeler à la nécessité de renverser violemment l’ordre ancien pour construire sur ses décombres un monde nouveau. Il ne s’embarrassait pas de faire usage de la provocation pour exalter l’esprit de révolte contre le passéisme. Il répudiait le mimétisme, le repli sur soi et l’enfermement farouche dans le passé. Il réussit à déstabiliser les lettrés, les bien-pensants et les<em> «les éduqués»</em> de son temps, y compris ceux qui lui étaient les plus proches voire même ses admirateurs. Il appela à l’occasion de sa célèbre conférence sur <em>«l’imagination poétique chez les Arabes»</em> – devenue l’acte fondateur et véritable manifeste de la modernité littéraire et poétique tunisienne – non seulement à la révolte contre les moules anciennes mais aussi contre les mécanismes, les représentations mentales et les visions imaginaires arabes surannés.</p>
<p>Cette jeunesse avait une conscience aiguë des hésitations du mouvement réformiste, trop timorée à leurs yeux et enclin au marchandage et conciliabules. Leurs aspirations au renouveau les poussaient à entreprendre des nouvelles aventures, radicales, audacieuses et offensives, fascinés qu’ils étaient par la dispersion et la frilosité de cet ordre régnant. Ils ne craignaient ni l’affrontement ni les tensions qu’ils pouvaient engendrer.</p>
<p>Ce fut dans ce contexte favorable au changement, mais nécessitant un nouveau type d’intervention sociale et d’investissement de nouveaux domaines d’action, à savoir le champ social cristallisait à lui tout seul toutes les contradictions, que prendra forme l’expérience de Mohamed Ali Hammi.</p>
<p><strong>L’enseignement de Mohamed Ali Hammi</strong></p>
<p>De retour de Berlin, les valises bourrées d’idées nouvelles mais quelque peu étranges pour l’écrasante majorité des Tunisiens, Mohamed Ali Hammi ne fut pas long à déserter les réunions des lettrés, leurs clubs et leurs polémiques. Il était persuadé que c’est d’autre chose, encore méconnue de l’élite, que la société avait réellement besoin. Quand il fit connaitre ses intentions de lancer son projet de fondation des mutuelles et d’organismes de solidarité sociale et économique, destinés aux travailleurs, il apparût pour la plupart comme s’il «<em>débarquait</em>» d’une autre planète.</p>
<p>Mais Haddad fut le premier à avoir pris la pleine mesure de l’importance de ces propositions et assura immédiatement Hammi de son appui. Il fut à ses côtés durant toute les étapes de la préparation, à la concrétisation en passant par l’élaboration des Taâwuniyâat (sociétés mutualistes), considérées par tous comme une aventure incertaine et sans lendemain. Les uns s’en sont lavés les mains, les autres l’ont combattu avec acharnement.</p>
<p>Quand cette expérience syndicale prit fin et ses animateurs dispersés aux quatre vents : Mohamed Ali banni de sa patrie et la plupart des membres internés, Tahar Haddad s’est affairé à la rédaction de l’ouvrage devenu emblématique : ‘<em>‘Al-Ummâl al-Tûnisiyyûn wa Dhuhûr al-Haraka al-Naqâbîyya’’</em> (Les Travailleurs tunisiens et la naissance du mouvement syndical) où il consigna les différents stades de la gestation et des vicissitudes du syndicalisme tunisien. Dans sa préface théorique, d’une lucidité audacieuse, il émit ses énoncés critiques contre les idées qui dominaient au sein de la mouvance réformiste traditionnelle, proposant d’examiner les questions socio-économiques par l’exploration des nouveaux champs de lutte, laissés en friche jusqu’alors par les élites.</p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-30017" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2015/12/Tahar-Haddad2.jpg" alt="Tahar-Haddad" width="500" height="500" /></p>
<p style="text-align: center;"><em> Tahar Haddad.</em></p>
<p>Historiquement Tahar Haddad fut sans conteste le premier penseur et homme d’action à abandonner les formes classiques du combat politique en usage dans les associations élitistes aux revendications superficielles, pour proposer l’action directe sur les structures et le comportement des diverses catégories de la société tunisienne.</p>
<p>L’un des premiers moments de rupture accomplie par Haddad fut son appel à mettre fin aux sempiternelles récriminations contre la domination coloniale et la propension à expliquer notre retard, notre décadence et notre misère par les conséquences de sa politique. Il souligna que la racine du mal est à rechercher dans la société elle-même, sans l’intervention sur celle-ci et l’introduction des réformes nécessaires au cœur même de ses structures, il n’y aurait point de salut.</p>
<p>Tahar Haddad a passé en revue, les uns après les autres, en le soumettant à une analyse rigoureuse, les changements survenus à l’échelle des modes de production. Constatant l’effritement des industries artisanales et leur affaiblissement vertigineux face à la concurrence des produits industriels, il écrit : <em>«L’invasion de la Tunisie par le grand capital français, la production accrue et l’ouverture du pays à l’implantation des industries européennes ont provoqué d’une façon générale la chute d’une partie non négligeable de l’artisanat tunisien et menacent d’entraîner sa destruction totale. Le capitalisme français poursuit avec un grand succès cet objectif.»</em></p>
<p>L’auteur ne dresse pas le constat de cette situation dans l’intention unique d’exprimer des regrets, comme le faisaient de temps à autre certains secteurs de la société, ni pour rejeter, non plus, en une vaine tentative de défense aveugle de la production locale, les mutations en cours. L’impression qu’il donne est celle cependant de la satisfaction face à ces progrès qu’il savait inéluctables; il impute notre retard, non pas au colonialisme, mais aux facteurs endogènes et aux acteurs économiques locaux, incapables, selon lui, d’impulser le développement indispensable des moyens de production, pour jeter les bases d’une économie fiable et compétitive, critique que Haddad exprime sans ambigüités en ces termes : <em>«Les patrons des ces petites manufactures (artisanales), détenteurs de leurs propres capitaux, n’ont pas réussi à affaiblir l’influence provoquée par la circulation des produits industriels étrangers. Quoi qu’il en soit  ceci ne leur sera possible qu’a la condition de mettre en commun leurs maigres ressources financières et les investir collectivement de manière à accroître et à améliorer la production conformément aux attentes toujours renouvelées du pays…»</em></p>
<p>Haddad replace ici correctement cette question (des responsabilités) dans son contexte historique. Désormais, il ne s’agira plus seulement d’agression étrangère contre l’intégrité territoriale et économique du pays, comme certains ne cessaient de le clamer sur tous les tons (un débat toujours actuel), mais d’affrontement entres forces, (<em>«taghâlib bayna quwwât»</em>) selon sa propre terminologie, ou la victoire est bien évidemment toujours du côté du système qui s’adapte le mieux aux besoins et aux exigences de son temps.</p>
<p>L’auteur fait endosser, en toute conscience et avec une grande liberté d’esprit, la responsabilité  de notre état de fait, à l’impéritie du facteur interne et à son impuissance à accompagner l’évolution du mouvement de l’histoire : <em>«Sa large distribution (la marchandise étrangère) ainsi que sa forte demande par les consommateurs s’explique par la réponse satisfaisante qu’elle procure à leurs besoins, ce qui est loin d’être le cas pour notre production locale.»</em></p>
<p>En exprimant ses opinions de penseur averti du social, au fait des rouages du fonctionnement des réalités économiques, sociales et culturelles, de leur articulation et interaction avec la vie quotidienne des individus, Tahar Haddad évite, dans ses réponses à ses détracteurs, de tomber dans le piège de l’argumentation intempestive et subjective. Il répond avec sang froid aux jérémiades des savants et des <em>«shuyûkh</em>» (s) contre la présence étrangère responsable à leurs yeux de tous nos maux, en démolissant, un par un, leur arguments et en rejetant leurs accusations au nom de la nécessité absolue de respect de la liberté d’autrui dans l’exercice de ses choix, de ses préférences, de ses besoins et de son droit à aspirer au meilleur :<em> «D’après eux, les gens doivent se contenter dans leur choix et désirs, uniquement de ce qu’ils leur offrent comme marchandises, inchangées, de facture médiocre et non susceptible d’amélioration ou d’évolution; ils n’ont pas conscience qu’il s’agit-là d’une forme d’assujettissement  des âmes et d’entrave à leur aspiration. Des âmes façonnées en permanence par des impressions nées des perceptions visuelles et auditives en renouvellement constant, qui changent avec le temps, et suscitent des nouveaux besoins relevant naturellement du domaine du possible»</em>.</p>
<p>Cette position tranchée met à nu l’arrière-fond mental réactionnaire dominant, qui se dissimule derrière le masque anticolonialiste hostile à tout ce qui est étranger aux seules fins de s’exonérer de toute responsabilité et de couvrir leurs (ses détracteurs) incapacité historique à entreprendre le moindre changement en s’obstinant à bloquer, en vain, la marche vers le progrès.</p>
<p>Loin d’être une exaltation des-bienfaits-du-colonialisme, contre lequel il ne cessait du reste de se battre dans les rangs du parti libéral constitutionnaliste, l’attitude de Haddad dénote, bien au contraire, d’une maîtrise parfaite de la connaissance des réalités du pays; parce qu’il était mû par la volonté de transcender cet état de chose, qu’il s’efforça de bousculer le facteur subjectif dans l’espoir d’impulser une  nouvelle dynamique interne de développement.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-4841 aligncenter" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2015/06/Bourguiba-et-les-femmes.jpg" alt="Bourguiba-et-les-femmes" width="500" height="350" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Bourguiba continuateur de la pensée réformiste de Haddad.</em></p>
<p><strong>Aux sources du syndicalisme européen </strong></p>
<p>Les marchandises et les produits manufacturés n’étaient pas les seuls à envahir le marché local dans le sillage de la pénétration colonialiste (comme ce fut le cas au milieu du 19e siècle). L’arrivée des colons a généré lui aussi l’afflux des capitaux qui contribuaient en même temps aussi bien à la création des nouveaux noyaux économiques qu’à la mise sur pied des structures de fonctionnement totalement inédites dans le contexte d’un pays attardé et soumis, en bouleversant profondément l’économie traditionnelle déjà en crise, si ce n’est, dans les meilleurs des cas, sinistrée.</p>
<p>Même si ces nouvelles transformations furent à l’origine de l’oppression nationale et de l’exploitation, sur une vaste échelle, de la force de travail, entraînant au passage la paupérisation des larges couches populaires d’artisans et des paysans chassés de leur terre, elles n’en en pas moins introduit une nouvelle dynamique à l’échelle de la production, de la gestion du marché et des relations du travail, participant ainsi de la répartition de la force de travail selon des nouvelles règlementations.</p>
<p>On procéda à l’édification d’une infrastructure, basée principalement sur l’exploitation minière (fer, phosphates, plomb), sur la construction des certaines unités industrielles, sur la modernisation du secteur des transports grâce à la construction des voies ferrées, sur la réhabilitation des ports, la mécanisation de l’agriculture et sur enfin l’instauration du système du salariat.</p>
<p>A côté de ces transformations, intervenait également un élément d’importance capitale, à savoir le mixité sur le lieu de travail entre ouvriers autochtones, d’anciens paysans déclassés dans leur immense majorité, et ouvriers européens originaires de la Métropole, de l’Italie, de la Sicile ou de Malte. C’est grâce à ce métissage, si le terme est adéquat, que s’instaurera un nouveau modèle culturel charriant des nouveaux types de comportements et des rapports d’échange en totale opposition avec le mode de vie traditionnel. C’est de ce vécu quotidien partagé d’un prolétariat cosmopolite, que se réalisera le saut qualitatif sur le plan de la conscience de soi du travailleur tunisien et de son statut en tant qu’individu digne de droit et apte à formuler des revendications spécifiques, dès lors qu’il occupe une place dans le processus de production, et dès lors que sa force de travail, dotée d’une valeur reconnue, lui permet d’y jouer un rôle non négligeable.</p>
<p>Les ouvriers tunisiens ont beaucoup appris en effet des expériences de luttes revendicatives de leurs camarades européens. De même, ils ont très vite assimilé les valeurs répandues au sein du monde ouvrier. Leur adhésion aux campagnes de lutte est allée crescendo, à partir des années 1904-1906 notamment, c’est-à-dire après la constitution à Paris de l’Association Internationale de Travailleurs en 1900. Ils adhérèrent en grand nombre aux syndicats fondés dés 1905, mais ne commencèrent à en déserter les rangs que quand ils se rendirent compte qu’ils étaient victimes des traitements inéquitables en raison de la politique de division entretenue par les patrons, entre ouvriers tunisiens et français, dont ces derniers s’accommodaient du reste fort bien, omettant le plus souvent de tenir compte de leurs revendications spécifiques, comme celles portant  sur l’égalité des salaires.</p>
<p>Or, la graine semée de cette nouvelle conscience ne cessera malgré tout de germer, au point que des ouvriers tunisiens n’ont pas hésité à lancer d’une manière autonome des mots d’ordres de grèves. Certains sont allés plus loin en fondant des syndicats comme celui des cheminots  (Al-’Ittifâq Al-Widâdi Li‘ Amalat Al-Sikak Al-Hadîdîyya), alors que d’autres poursuivaient le même combat de l’intérieur des syndicats français.</p>
<p>Le degré d’approfondissement de cette nouvelle conscience chez des nombreux ouvriers, notamment chez ceux qui sont devenus, l’expérience aidant, des cadres syndicalistes chevronnés, est palpable par l’intérêt qu’ils portaient à l’amélioration de leur niveau culturel, à leurs efforts autodidactes pour maîtriser l’expression dans les deux langues (l’arabe et le français) et à la recherche d’information sur la situation nationale et internationale, au moyen de la lecture régulière de la presse, comme l’a noté Tahar Haddad dans les biographies qu’il a consacrées à ces pionniers du syndicalisme tunisien.</p>
<p>C’est dans ce contexte riche en promesses et en développement, caractérisé par le bouleversement des structures économiques, sociales et psychologiques dans le pays, par l’extension de la pauvreté et de la misère dans les catégories sociales inférieures, par le refus obstiné des colons et des patrons de respecter leurs droits et de satisfaire les revendications légitimes des travailleurs tunisiens et par l’émergence et le raffermissement d’une conscience ouvrière, qu’intervint l’initiative de Mohamed Ali Hâmmî et son projet de changement. Les deux hommes qui ont mené ensemble cette aventure sociale, la première du genre, ont agit dans le sens de canalisation de cette conscience qui fermentait au sein d’une classe ouvrière en gestation, pour s’en servir comme outil de transformation sociale, réelle et massive sur le terrain.</p>
<p>Pendant son séjour en Allemagne, Mohamed Ali assimila l’expérience de l’évolution des sociétés européennes, l’importance de la création d’institutions économiques modernes et les avantages de l’accumulation capitaliste. Il put, alors qu’il suivait de très près la montée en puissance des mouvements sociaux et révolutionnaires (à Berlin), constater de visu l’efficacité du combat revendicatif et ses effets positifs sur la condition ouvrière. Et même s’il n’a laissé aucun document écrit à ce sujet, tout indique qu’il éprouva une sympathie réelle pour les idées socialistes répandues à l’époque dans les pays industrialisés.</p>
<p>Dans son ouvrage, notamment dans sa préface, Tahar Haddad nous fournit quelques indications sur les principes et les fondements qui inspirèrent leurs idées et actions. Il condensa dans son analyse introductive, une description de l’ensemble des lois qui ont présidé à l’évolution des sociétés humaines depuis les temps les plus reculés, passant par la révolution contre l’institution ecclésiastique et le féodalisme, jusqu’à la naissance des régimes démocratiques fondés sur les principes de droit et de liberté. Il a mis tout particulièrement l’accent sur les mécanismes de développement des sociétés industrielles européennes, sur l’émergence des nouveaux antagonismes sociaux et leur corollaire d’organisations politiques et syndicales nées en réaction à l’exploitation de la classe ouvrière par le capitalisme :<em> «A la tête de ce mouvement qui ne cesse d’emporter succès après succès, écrit-il, des hommes, des savants totalement dévoués à la cause de l’humanité, mènent inlassablement des recherches sur l’histoire de l’homme, sur le droit naturel, sur la vie, sur le socialisme et sur le meilleur système capable de réaliser le bonheur du genre humain. Ces recherches qui embrassèrent des siècles et des générations entières de l’histoire humaine aboutirent en fin de compte à la rédaction d’un ouvrage sur le socialisme en Europe, dans lequel son auteur, le professeur allemand Karl Marx, décrit l’aboutissement des rêves de l’humanité et les principes qui reposent sur le rôle moteur de l’avant-garde dévouée et prodigue des travailleurs».</em></p>
<p>Comme on peut le constater, Tahar Haddad, tout diplômé de la Vénérable Université qu’il était, a non seulement adopté ces idées progressistes, mais s’employait à les appliquer avec enthousiasme, lui qui a bien compris l’inanité de l’action associative ou journalistique en raison même de leur nature élitiste.</p>
<p>Les deux hommes tombèrent d’accord sur une vision commune et une lecture très proche de la réalité et de la nature d’intervention qu’elle exige. Issus tous d’eux  d’un milieu social humble, natifs d’une bourgade du sud Al-Hâmma, leurs personnalités étaient assez proches. Deux intellectuels d’un type nouveau, qui ne provenaient ni des couches supérieures de la société, ni de la cour des beys turcs, ni des cercles qui leurs sont proches, et ce pourquoi ils n’accordèrent aucun intérêt aux clubs intellectuels et aux salons fréquentés par les aristocrates et les hauts fonctionnaires. Ils ont choisi d’imprimer à leur projet de réformes une nouvelle orientation : l’action directe sur le plan social, car «<em>la Tunisie, comme la décrite Haddad, a besoin d’une reforme sociale plus que tout autre chose».</em></p>
<p>Mohamed Ali et Haddad vont finir par renvoyer aux calendes grecques les méthodes de travail élitistes en œuvre depuis le milieu du 19e siècle, des tentatives de Khair-Eddine, au mouvement des Jeunes tunisiens, en passant par le Parti des réformes et le Parti libéral constitutionnaliste, dont la caractéristique commune est d’impulser des réformes par le haut.</p>
<p>Au départ, leur projet a consisté à lancer l’idée de création de sociétés coopératives mutualistes pour les travailleurs exclusivement financées et gérées à leur profit par les travailleurs eux-mêmes. En plus de leur vocation de solidarité sociale, ces coopératives seront appelées à se transformer en noyaux d’entreprises commerciales et économiques pour préparer le terrain à la création d’entreprises et d’institutions modernes capables de soutenir une concurrence contre l’hégémonie de  l’infrastructure coloniale.</p>
<p>Ce choix fut le fruit, souligne Haddad, de l’examen approfondi de la situation des associations financières et de bienfaisance en Tunisie. Après avoir analysé les causes de leur échec, du, d’après lui, à leur éloignement de la réalité et au fait que<em> «l’écrasante majorité de leurs adhérents est constituée elle-même d’actionnaires, plus quelques clients pour faire écouler leurs marchandises.»</em></p>
<p>Dans un discours lu à l’occasion de l’assemblée générale constitutive tenue le 29 juin 1924, l’auteur a résumé sa pensée en ces termes : <em>«Tout projet qui s’appuie uniquement sur les seuls efforts des ses promoteurs, et omet de mettre à contribution l&rsquo;effort de la base formée par la masse des adhérents qui en font partie et le portent en eux avec dévouement et efficacité, est voué fatalement à l’échec et à la banqueroute.»</em></p>
<p>En dehors des services économiques et de la constitution des capitaux, les objectifs que le programme général des sociétés mutualistes s’est fixé se répartissent de la façon suivante :</p>
<p>&#8211; Former les gens à la connaissance des rouages économiques en diffusant les principes d’une culture économique de base; enseigner les règles des transactions modernes, leur histoire et leurs bénéfices sur le plan matériel.</p>
<p>&#8211; Œuvrer de sorte d’éduquer le public et réhabiliter ses moyens de production pour qu’il apprenne à gérer lui-même ses projets.</p>
<p>&#8211; Encourager l’enseignement général et aider à multiplier la création des projets des mutuelles.<br />
Même si les évènements avaient pris une tournure différente et plutôt inattendue (grève des dockers du port de Tunis), contraignant les animateurs de différer la fondation des coopératives mutualistes pour se consacrer exclusivement à la tâche de constitution des syndicats ouvriers indépendants, dont la nécessité, eu égard à l’évolution de la situation sociale, devenait de plus en plus pressante. Leur projet, loin d’avoir été abandonné, devint pour ainsi dire, la pierre angulaire du futur programme de la Confédération générale des travailleurs tunisiens (Jâm‘iat ‘Ûmûm Al-‘Amala Al-Tûnisiyyîn) en ce sens qu’ils considéraient l’action syndicale comme l’axe essentiel de l’objectif qu’ils s’étaient fixé d’atteindre (lancement d’une nouvelle dynamique au sein de la société impulsée uniquement par ses forces propres), laquelle action contribuera à préparer les conditions préalables à l’unité des structures syndicales, plus aptes a accueillir ce genre de projets coopératifs.</p>
<p><strong>Des pionniers de la lutte sociale en Tunisie</strong></p>
<p>Les deux hommes défendaient une vision philosophique révolutionnaire de l’homme, de sa valeur intrinsèque et de la place qui lui revient dans la société. Leur entreprise prétend réorganiser les rapports que l’individu entretient avec lui-même et avec son environnement, tout en tenant compte des ses conditions matérielles, du degré de sa conscience, du rôle qu’il rempli et du sentiment de l’estime de soi, en tant  que stimulus susceptible de l’inciter à aspirer à un monde meilleur.</p>
<p>Pour atteindre leurs objectifs, les deux animateurs vont s’atteler à la tâche de nouer en les multipliant, les contacts directs avec le peuple, en organisant avec les ouvriers, individuellement ou collectivement, réunions sur réunions. Mohamed Ali, écrit Haddad <em>«s’invite là où il y a des gens, dans les cafés populaires comme dans les cafés de luxe, il fréquente les fondouks, il stationne sur les trottoirs quand il n’y a plus ou peu de circulation, dès qu’il y a une idée à lancer, une opinion à écouter, une information à glaner, il faisait tout pour faire la connaissance des gens, s’asseoir, bavarder et se mettre d’accord avec chaque habitant de la Régence».</em></p>
<p>La méthode du grand pionnier de la lutte sociale en Tunisie n’est pas motivée, loin s’en faut, par l’idolâtrie opportuniste des masses ; elle n’est pas non plus l’expression d’une attitude romantique et rêveuse, elle est au contraire la traduction fidèle d’un souci d’enseigner d’apprendre à la fois.</p>
<p>Intuitif, Mohamed Ali avait non seulement la fibre de l’anthropologue de terrain, mais un sens inné aussi de l’efficacité de travail pédagogique. Il écoutait patiemment, observait, enregistrait, analysait, structurait rapidement sa pensée, et passait ensuite à l’argumentation, à la clarification, à l’agitation et pour finir à l’exaltation de l’urgence du changement.</p>
<p>Grâce à cette démarche, intégrée dans une catégorie binaire construite sur l’écoute anthropologique et l’intervention pédagogique; de source de résignation et d’humiliation, la dégradation de la condition ouvrière et la misère matérielle vécues jusqu’alors comme une fatalité du destin, se convertit, par leur intériorisation et acceptation consciente, en aspiration et en désir de dépassement et de changement.</p>
<p>En un temps record (six mois à peine), Mohamed Ali a réussi à rassembler autour de lui un grand nombre de travailleurs au sein de structures parfaitement rodées, fonctionnant d’une manière rationnelle, avancée et disciplinée.</p>
<p>Cette expérience, aperçue au départ comme une aventure hasardeuse, a connu un franc succès, en réussissant le pari de canaliser la violence spontanée et anarchique par l’organisation, la structuration, la responsabilisation au moyen de l’apprentissage concret du droit de vote, de la présentation de candidature, de la présence et de la prise de parole dans les réunions publiques.</p>
<p>De cette effervescence, quasiment prérévolutionnaire, surgiront des militants loquaces, des cadres compétents dans des domaines aussi divers que l’organisation ou l’encadrement, dont personne auparavant ne soupçonnait l’existence au sein de cette masse obscure habituée aux travaux les plus vils.</p>
<p>Cette entreprise a pu rompre les amarres avec la vision archaïque et réformiste, fondée sur le vieux concept d’hiérarchisation sociale et sur un  système pyramidal creux, séparé par un abîme profond au sommet duquel se trouvent les notables, les hauts fonctionnaires, les clercs, les savants théologiens et à la base, les sujets (al-ra‘iyya) et la masse plébéienne.</p>
<p>L’œuvre de Haddad et de Mohamed Ali Hâmmî a comblé ce vide immense en faisant des plus démunis formant le bas de l’échelle sociale, un facteur vivant et déterminant, participant pleinement au processus de transformation du système établi.</p>
<p><strong>La sphère intellectuelle scindée en deux camps</strong></p>
<p>Nous n’exagérons en rien en disant qu’en son temps, ce projet eut l’effet d’une véritable révolution copernicienne, d’une secousse tellurique qui retourna de fond en comble l’ordre ancien, bouleversa en profondeur les rapports sociaux et dégagea un nouveau centre de gravité au sein de la société tunisienne qui a pesé, pèse et pèsera longtemps encore de tout son poids sur le cours de l’histoire du pays.</p>
<p>Quelques six années plus tard (1930) un démarche analogue conduira Haddad à la rédaction de son second ouvrage <em>‘‘Imra’atunâ Fi-Sharî‘a Wal-Mûjtama’’</em> (La condition de la femme dans la législation musulmane et la société) qui avait soulevé un véritable tollé, divisant la sphère intellectuelle en deux camps antagoniques.</p>
<p>D’un côté les partisans de l’émancipation et du renouveau qui soutenaient Haddad, appelant de leurs vœux la reconnaissance des droits et du rôle de la femme dans le développement social; de l’autre, les conservateurs et mandarins de la Grande Mosquée qui vouèrent l’auteur aux gémonies, célébrèrent un autodafé de l’ouvrage, exercèrent les pires pressions pour le censurer et poussèrent l’ignominie jusqu&rsquo;à l’empêcher de briguer un poste dans la magistrature  et de le frapper d’interdiction ses droits civiques.</p>
<p>Haddad ne s’attendait pas en réalité à une réaction compréhensive de la part des vieux turbans. Fort de son expérience et averti, grâce à se rapports tendus en permanence, avec le milieu zaytounien, il était persuadé que son ouvrage allait lui attirer les foudres des jurisconsultes et le précipiter dans un affrontement ouvert avec eux. S’il accepta de bonne grâce ce pari et les conséquences qui en découlaient, c’est parce qu’il pariait sur l’avenir. Il savait, dans son for intérieur, que l’histoire (convaincu qu’il était de l’inéluctabilité de ses lois) allait lui donner raison et fera triompher à court ou à long terme ses idées. Il avait une foi si inébranlable dans le renouveau et la nouveauté qu’il n’est guère aisé de trouver article, texte ou réflexion écrite de sa main, qui ne mentionne ou l’un ou l’autre terme. Ce fut cela sa grande mission.</p>
<p>Quoi qu’il en soit, Haddad a construit une œuvre admirable. Son ouvrage a marqué la séquence décisive de la rupture entre l’ancien et le moderne, creusant entre eux un fossé dont la profondeur ne sera jamais plus comblée. Depuis les années 1930, deux camps distincts, séparés et irrémédiablement irréconciliables se faisaient face et s’affrontaient sans la moindre possibilité de trêve.</p>
<p>Haddad provoqua ce moment de rupture définitive et audacieuse à l’issue de laquelle une nouvelle ère de dissidence et de renouveau s’est ouverte s’étendant avec les années à biens d’autres domaines.</p>
<p>Relire Haddad n’a pas pour unique fin d’honorer sa mémoire en célébrant son œuvre comme un monument national, iconique et figé (élégante manière, soit dit en passant, de le condamner à l’oubli et à la mort, pis à la trivialisation), lui qui n’eut de cesse sa vie durant de se battre contre les dogmes.</p>
<p>Trouver dans les idées de Haddad, devenues des évidences pour nous, qui cueillons aujourd’hui les fruits de son combat et de ses souffrances, quelque chose qui nous stimule et nous émeut est certes chose difficile. Qui parmi nous vibre aujourd’hui, à l’instar des jeunes partisans de Haddad dans les années trente, au discours exhortant au respect de la femme en tant que composante essentielle de la société et en tant qu’être digne des droits à l’égal de l’homme? N’est-ce pas une manière d’enfoncer des portes ouvertes? Les idées ne s’en trouvent phagocytées que si on les traite comme des formules incantatoires ou on les agite comme des talismans, sans lien ni avec la réalité ni avec le contexte historique qui les avait vu naître, c’est-à-dire avec l’instant même de la fulgurance de leur éclat initial.</p>
<p>Nous lisons et nous relisons Haddad – comme nous le faisons pour tout penseur novateur et tourmenté, afin de raviver la flamme du moment intense, subversif, provocateur. Nous relisons son œuvre parce qu’elle se refuse avec horreur au repos éternel des morts sur les ruines «<em>des grandes réalisations»</em>, et parce qu’elle célèbre l’instant de césure, de dissidence qui ouvre la longue route vers la modernité.</p>
<p>Nous lisons l’œuvre de Haddad comme l’illustration magnifique de la création intellectuelle d’avant-garde, du saut dans l’inconnu, qui explore les voies ignorées, rien que pour accomplir un petit pas en avant, misant chaque fois sur le futur, toujours et toujours.</p>
<p style="text-align: right;"><em>Traduit de l’arabe par <strong>Abdelatif Ben Salem</strong></em></p>
<p><em>* Romancier et essayiste.</em></p>
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