Justice, médecine et éthique en Tunisie : les deux doigts de la honte !

Mon problème aujourd’hui, c’est qu’on se permet encore en Tunisie de mettre deux doigts dans l’anus d’une femme ou d’un homme ou dans le vagin d’une femme pour voir s’il y a eu un rapport sexuel consenti. Évidemment, vous avez compris que je ne parle pas de viol, et je ne parle pas d’enfants.

Par Dr Kaissar Sassi *

En 2022, en Tunisie, on demande à une femme d’écarter les cuisses et avec une loupe on regarde ses parties génitales. Le monde parle de crypto, d’IA, d’énergie renouvelable, de conquête spatiale, et on parle dans notre pays de type d’hymen.

Deuxième point, je vous rappelle que le Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom) a condamné ces pratiques depuis 2017. Le Cnom insiste sur le consentement nécessaire à la réalisation de ces examens que je trouve personnellement non éthiques. Le Cnom exige le respect de la dignité des patients même s’il s’agit d’une expertise par réquisition.

Troisième point, personnel celui-la, je fais du journalisme de santé depuis des années et je dénonce non pas sur Facebook mais dans des journaux reconnus en Tunisie. J’ai critiqué le Cnom, les gouvernements, les autorités et j’ai à mon actif plus de 25 articles, témoignages et interviews. Donc ne vous inquiétez pas pour moi, je ne suis pas un expert en journalisme mais je me débrouille un peu et j’ai une petite expérience, modeste, mais qui me permet d’écrire sur tous les sujets liés à la santé.

Enfin, et j’ai trop hésité avant de mettre ce dernier argument : dans la religion musulmane, source de cette législation, il est interdit de dénoncer un acte sexuel hors mariage sauf s’il y a 4 témoins qui ont vu une pénétration en cours. Pas moins de 4 personnes ! car la religion cherche à protéger de la diffamation et à respecter la dignité de l’être humain.

A bon entendeur.

* Anesthésiste-réanimateur.

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