Conférence à Beit Al-Hikma : le biomimétisme au cœur des innovations durables

L’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts, Beït Al-Hikma a organisé, le mardi 6 février 2024, une conférence autour du «biomimétisme au cœur des innovations inspirées et durables». (Illustration : au centre et à droite, Amel Hamza Chaffaï et Hafedh Abdelmalek).

La conférence a été donnée au Palais de l’Académie, sis à Carthage-Hannibal, par l’universitaire et membre de l’Académie Pre Amel Hamza Chaffaï (Université de Sfax), biologiste, spécialiste de l’environnement et de l’éco-toxicologie marine, en présence du directeur Département des Sciences de l’Académie, le Pr Hafedh Abdelmalek, et d’un public initié à la thématique.

Le biomimétisme, littéralement : imitation du vivant, consiste à s’inspirer des solutions de sélection naturelle adoptées par l’évolution, pour en transposer les principes et les processus en matière d’ingénierie humaine. La démarche vise à privilégier des «choix» éprouvés par la nature, dans le cadre d’un développement durable en meilleure harmonie avec l’environnement et soutenable sur le long terme.

Forgé par l’universitaire américain Otto Schmitt, le terme «biomimetics» peut donc se résumer en quelques mots par le transfert de modèles et mécanismes biologiques vers la technologie.

Ce concept, apparu dans les années 1990 et largement utilisé dans les centres de recherches spécialisés, commence timidement à se répandre au niveau des entreprises. Au-delà de la dimension «bio-inspiration», le biomimétisme doit surtout s’inscrire dans la durabilité.

Le fameux peintre toscan Léonard de Vinci affirmait déjà au 16e siècle : «Va prendre tes leçons dans la nature, c’est là qu’est notre futur». C’est ainsi qu’il s’inspira des ailes d’oiseaux et de chauves-souris pour créer son célèbre ornithoptère, un aéronef dont la sustentation est assurée par des battements d’ailes suivant le principe bionique du vol des oiseaux.

De nos jours, en Asie, actuellement, le premier produit, inspiré de l’effet lotus autonettoyant (connu depuis plus de 2 000 ans), est la peinture autonettoyante pour les façades, commercialisée en 1999. Environ 50 000 bâtiments de par le monde ont été enduits de revêtements-Lotus. La conférencière n’a pas tari d’exemples montrant comment le biomimétisme écosystémique s’inspire des relations entre les espèces animales et végétales, ramenant l’espèce humaine à son interdépendance avec le reste de la biosphère. Une interdépendance qui appuie davantage l’exigence incontournable d’œuvrer pour un système durable qui préserve l’environnement et la pérennité des interactions entre les différentes espèces vivantes.  

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