La musique tunisienne perd l’une de ses icônes : Mohamed Garfi

Le compositeur, chef d’orchestre et musicologue tunisien Mohamed Garfi s’est éteint ce dimanche 13 septembre 2026, à l’âge de 78 ans, au terme d’un riche parcours artistique et créatif de plusieurs décennies, durant lequel il a contribué à enrichir la musique tunisienne et arabe.

Né à Tunis en 1948, le défunt est considéré comme l’un des musiciens tunisiens les plus novateurs, ayant opté dès ses débuts pour une démarche fondée sur la recherche et l’innovation.

Mohamed Garfi a entamé sa carrière musicale en 1969 en tant qu’altiste au sein de l’Orchestre symphonique tunisien. Il a ensuite fondé le «Groupe 71» et a par la suite dirigé la Troupe musicale de la ville de Tunis. Il a collaboré avec le poète Abdelhamid Khraief ainsi qu’avec les interprètes Thameur Abdeljaouad, Aziza Bouteraâ et Ahmed Zarrouk. Il a également travaillé avec le metteur en scène Béchir Drissi — son ami et collègue — sur plusieurs œuvres théâtrales et opérettes dont il a assuré la conception et la mise en scène.

Le regretté Mohamed Garfi a contribué, en tant que compositeur et chef d’orchestre, à de nombreuses œuvres pour le théâtre, le cinéma et la télévision ; il a également collaboré avec les frères Rahbani, Marcel Khalifé, Julia Boutros et Ali El Haggar dans le cadre des ‘‘Voix de la liberté’’.

Après avoir quitté la Troupe de musique de la ville de Tunis, qu’il avait marquée de son empreinte, il a présenté le spectacle ‘‘Zakharef Arabiya’’ (Arabesques) lors de plusieurs festivals. Sa dernière œuvre fut le spectacle ‘‘Min Qa’ al-Khabiya’’ (Du fond de la jarre), qui a inauguré le Festival international de Carthage le 19 juillet 2025.

Le défunt a mis en musique des poèmes de grands poètes, parmi lesquels Mahmoud Darwish, Aboul-Qacem Chebbi, Ahmed Fouad Nagm, Saïd Aql, Mansour Rahbani, Abdelhamid Khraief, Manaouar Smadeh et Souilmi Boujemaa.

Sa dernière œuvre, ‘‘Min Qa’ al-Khabiya’’ (Du fond de la jarre), a inauguré le Festival de Carthage le 19 juillet 2025.

Outre son parcours artistique, Mohamed Garfi a laissé derrière lui plusieurs ouvrages et études consacrés à la musique, notamment «Les formes instrumentales dans la musique classique en Tunisie» (1996), «Pages de musique universelle» (1997) et «Le théâtre musical arabe» (2009), ainsi qu’une traduction d’un ouvrage d’Antonin Lafage sur la musique arabe (2006).

Avec la disparition de Mohamed Garfi, la scène culturelle et artistique tunisienne perd un artiste novateur, compositeur et chef d’orchestre qui a contribué à enrichir le paysage musical et théâtral, tant en Tunisie que dans le monde arabe, et a laissé une empreinte marquante dans la mémoire artistique nationale.

I. B.

Donnez votre avis

Votre adresse email ne sera pas publique.

error: Contenu protégé !!