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	<title>Archives des Abdelfattah Al Sissi - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Abdelfattah Al Sissi - Kapitalis</title>
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		<title>Après dix années de tempête, Erdogan au Caire (vidéo)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Feb 2024 06:42:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Réchauffement des relations entre Le Caire et Ankara après plus d’une décennie de violentes turbulences. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/15/apres-dix-annees-de-tempete-erdogan-au-caire-video/">Après dix années de tempête, Erdogan au Caire (vidéo)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Il n’y a ni amitié éternelle ni animosité permanente entre les États, la fameuse formule trouve tout son sens dans le réchauffement des relations entre Le Caire et Ankara après plus d’une décennie de violentes turbulences. Cet épisode illustre que les tendances lourdes de la géopolitique finissent toujours par prendre le dessus sur les contingences politiciennes.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-11622070"></span>



<p>Mercredi 14 février 2024, le président turc Recep Tayyip Erdogan est arrivé au Caire en compagnie de son épouse Emine pour ouvrir une nouvelle page entre l’Égypte et la Turquie. </p>



<p>Ce n’était pas un orage d’été passager qui aura secoué les relations entre les deux puissances régionales du Moyen-Orient et de la Méditerranée suite à l’éviction du pouvoir de Mohamed Morsi, le 30 juin 2013, par l&rsquo;armée égyptienne et la forte mobilisation populaire qui voulait en finir avec la <em>«Gamaa»</em> (la Confrérie), terme par lequel les Égyptiens désignent les Frères Musulmans. Non, ce fut bien plus qu’un orage, une tempête. Onze ans de crise qui ont plombé les relations égypto-turques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Onze années de tempête</h2>



<p>À l’époque, Erdogan avait adopté une position favorable à Morsi critiquant d’une manière acerbe les mesures prises par l’armée égyptienne et par Abdelfatah Al-Sissi et il avait accueilli dans son pays un certain nombre de dirigeants de l’opposition égyptienne et des Frères musulmans qui avait fui l’Égypte. Beaucoup de chaînes de télévision de la confrérie islamiste diffusaient, également, depuis Istanbul.</p>



<p>La question des Frères Musulmans a empoisonné les relations entre les deux pays mais les différends ne s’arrêtaient pas là. Le Caire et Ankara ont adopté des politiques différentes concernant le dossier libyen. Quand la Turquie soutenait le pouvoir de Faïz Sarraj puis Abdulhamid Dabaiba à Tripoli, l’Égypte appuyait et soutenait le maréchal Khalifa Haftar à Benghazi. Les différends sur le gaz dans la Méditerranée orientale étaient également une autre pomme de discorde entre les deux pays.</p>



<p>Après onze années de tempête, les deux États se sont résolus à inaugurer une nouvelle ère. Les deux présidents s’étaient rencontrés pour la première fois en marge de la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde de football en novembre 2022 à Doha, d’ailleurs le Qatar a joué un rôle de facilitateur de la reprise des relations entre les deux pays.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="wfGSvjpN2k"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/13/sale-temps-pour-les-islamistes-erdogan-se-rapproche-de-legypte-dal-sissi/">Sale temps pour les islamistes : Erdogan se rapproche de l’Égypte d’Al-Sissi</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Sale temps pour les islamistes : Erdogan se rapproche de l’Égypte d’Al-Sissi » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/13/sale-temps-pour-les-islamistes-erdogan-se-rapproche-de-legypte-dal-sissi/embed/#?secret=YRv9hX7kDe#?secret=wfGSvjpN2k" data-secret="wfGSvjpN2k" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ensuite, l’Égypte a fait un geste qui a été apprécié pour sa délicatesse début 2023. Au lendemain du violent séisme qui avait frappé le sud de la Turquie en février 2023, le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukri s’était rendu à Adana pour exprimer la solidarité de l’Égypte avec le peuple turc. Suite à cela, Erdogan avait dépêché son ministre des Affaires étrangères de l’époque Mevlut Cavusoglu au mois de mars 2023 au Caire et le processus de normalisation s’est enclenché, c’est ainsi qu’en juillet 2023, l’Égypte et la Turquie ont nommé des ambassadeurs dans leurs pays respectifs (le niveau de représentation depuis la crise de 2013 était celui de chargé d’affaires) pour aboutir ensuite à la visite du président turc au Caire.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une nouvelle page entre les deux pays</h2>



<p><em>«Une nouvelle page dans les relations entre les deux pays»</em>, c’est par ces mots que le président égyptien a souhaité la bienvenue à son homologue turc. De nombreux dossiers épineux étaient sur la table du sommet égypto-turc au premier rang desquels la discussion sur les efforts de cessez-le-feu dans la bande de Gaza, la crise de l’aide humanitaire et le dossier libyen.</p>



<p>Al-Sissi a déclaré lors de la conférence de presse en compagnie d’Erdogan: <em>«Je voudrais tout d’abord souhaiter la bienvenue à Son Excellence le président turc Recep Tayyip Erdogan pour sa première visite en Égypte depuis plus de dix ans afin que nous puissions inaugurer ensemble une nouvelle page entre nos deux pays d’une manière qui enrichit notre relation bilatérale et la met sur la bonne voie»</em>. Il a par ailleurs souligné la fierté et l’appréciation de l’Égypte pour les relations historiques avec la Turquie et le patrimoine civilisationnel et culturel communs entre les deux pays. Il a poursuivi en mettant en exergue l’importance du rapprochement entre les deux pays: <em>«Il existe un intérêt à renforcer la coordination conjointe entre l’Égypte et la Turquie et à tirer parti de la position des deux pays en tant que centres de gravité dans la région d’une manière qui contribue à instaurer la paix, à établir la stabilité et à fournir un environnement propice pour parvenir à la prospérité et au bien-être alors que les deux pays sont confrontés à de nombreux défis communs tels que la menace du terrorisme et les défis économiques et sociaux que nous impose la réalité turbulente de la région.»</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Les lourdes tendances de la géopolitique</h2>



<p>Le président égyptien a ajouté: <em>«J’exprime notre fierté du niveau de coopération existant entre l’Égypte et la Turquie pour l’accès rapide de la plus grande quantité possible d&rsquo;aide humanitaire à la population dans la bande de Gaza en tenant compte que les autorités israéliennes restreignent l’entrée de cette aide ce qui fait que les camions d’aide entrent à un rythme lent sans commune mesure avec les besoins de la population de la Bande de Gaza.»</em> Il a affirmé également qu’il était d’accord avec le président Erdogan lors des discussions sur la nécessité d’un cessez-le-feu immédiat dans la bande de Gaza et de parvenir au calme en Cisjordanie.</p>



<p>Pour sa part, le président turc a exprimé sa joie de visiter de nouveau l’Égypte après douze ans, en disant : <em>«Je remercie le président Al-Sissi pour le bon accueil. Nous partageons une histoire commune avec l’Egypte qui remonte à plus de 1 000 ans»</em>. Et d’ajouter: <em>«Nous voulons élever le niveau de nos relations sur la voie appropriée»</em>.</p>



<p>Erdogan a indiqué que ce qui se passe à Gaza a dominé la réunion avec Al-Sissi et a déclaré que le gouvernement Netanyahu poursuivait sa politique de meurtres, de massacres et d’occupation malgré les réactions mondiales, expliquant que l’acheminement de l’aide à Gaza est une priorité absolue car la Turquie a envoyé plus de 31000 tonnes d’aide. Il a exprimé son appréciation pour le soutien des autorités égyptiennes à cet égard et a également exprimé ses remerciements au Croissant-Rouge égyptien, au ministère égyptien de la Santé et à toutes les parties égyptiennes dans ce dossier notant qu’en plus de l’aide humanitaire, plus de 700 Palestiniens blessés et leurs accompagnateurs ont été transférés en Turquie tandis qu’Ankara cherche à construire un hôpital de campagne à Gaza et espère que l’Égypte aidera à sa construction bientôt.</p>



<p>Erdogan a fait une annonce importante quant à l’impulsion qui veut être donné par les deux pays à leur relation bilatérale: <em>«Nous avons élevé le niveau de coopération entre les deux pays. Nous attendons la visite du président Al-Sissi à Ankara pour tenir la première réunion du Conseil de coopération stratégique de haut niveau. Cela marquera une nouvelle étape dans notre relation. Nous nous sommes fixés pour objectif d’atteindre le plus rapidement possible le volume des échanges commerciaux à 15 milliards de dollars»</em>. Il a souligné que le volume des investissements turcs en Égypte a augmenté d’environ 3 milliards. Il est à signaler qu’à l’occasion de cette visite, les deux parties ont signé l’accord qui vise à créer ce Conseil de coopération stratégique de haut niveau. Erdogan a invité Al-Sissi à Ankara pour le mois d’avril prochain et à cette occasion se tiendra la première réunion de ce Conseil de coopération.</p>



<p>Concernant le dossier libyen, Al-Sissi a déclaré que la nécessité de consultations entre les deux pays à ce sujet a été soulignée afin de contribuer à la tenue des élections présidentielles et législatives.</p>



<p>Le rapprochement acté, la réconciliation scellée et la dynamique lancée entre les deux puissances régionales dans un contexte multi-crise ne peut qu’être bénéfique pour le Moyen-Orient et le bassin méditerranéen.</p>



<p>Les tendances lourdes de la géopolitique ont fini par prendre le dessus sur les contingences politiciennes et les divergences idéologiques et cela rejaillira aussi bien sur les dossiers bilatéraux que sur ceux ayant trait à l’ensemble de la région qui a plus que jamais besoin d’apaisement.</p>



<p><strong><em>Vidéo de la conférence de presse d’Al-Sissi et Erdogan.</em></strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="مؤتمر صحفي للرئيس السيسي و نظيره التركي رجب طيب أردوغان بقصر الاتحادية (تغطية كاملة)" width="1160" height="653" src="https://www.youtube.com/embed/F9y_4RkNGPw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/15/apres-dix-annees-de-tempete-erdogan-au-caire-video/">Après dix années de tempête, Erdogan au Caire (vidéo)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Al-Sissi entre les problèmes intérieurs de l’Egypte et la gestion du dossier de Gaza</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/12/al-sissi-entre-les-problemes-interieurs-de-legypte-et-la-gestion-du-dossier-de-gaza/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Dec 2023 12:22:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Abdelfattah Al-Sissi est pris en tenailles entre les problèmes intérieurs de l’Égypte et le dossier de la guerre d’Israël contre Gaza,</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/12/al-sissi-entre-les-problemes-interieurs-de-legypte-et-la-gestion-du-dossier-de-gaza/">Al-Sissi entre les problèmes intérieurs de l’Egypte et la gestion du dossier de Gaza</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>En route pour un troisième mandat, le président Abdelfattah Al-Sissi est pris en tenailles entre les problèmes intérieurs de l’Égypte et le dossier de la guerre d’Israël contre Gaza, qui est un défi pour la sécurité nationale égyptienne, mais aussi un levier pour manœuvrer sur le plan régional et international.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Zvi Bar&rsquo;el</strong></p>



<span id="more-10892022"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Zvi-Barel.jpg" alt="" class="wp-image-10729138" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Zvi-Barel.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Zvi-Barel-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Zvi-Barel-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p><em>«Nous sommes tous avec vous»</em>, dit le slogan au bas des banderoles de propagande accrochées aux lampadaires du Caire. <em>«Avec vous»</em>, c’est-à-dire avec le président Abdelfattah Al-Sissi, qui s’est présenté dimanche [10 décembre 2023] pour un troisième mandat jusqu’en 2030, avec possibilité de prolongation. «<em>Nous tous»</em>. C’est une autre question, car jusqu’à présent, on ne sait pas combien de citoyens parmi les 67 millions de personnes ayant le droit de vote prendront la peine d’aller aux urnes, et combien d’entre eux voteront pour l’actuel président.</p>



<p>Pour éviter de trop réfléchir, lors de ces élections de trois jours, trois hommes politiques sans réelle position ni soutien de poids s’affrontent. Le résultat est connu à l’avance, comme lors des élections précédentes de 2014 et 2018, au cours desquels le président a obtenu 90% des voix. Le seul candidat sérieux qui veut rivaliser avec Sissi ne parvient pas à attirer de nombreux partisans, seulement 14 000 personnes, car la loi exige la signature de 25 000 personnes, et c’est après une série de harcèlements menés par les services de l’État qu’il a décidé de retirer sa candidature.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Egypte a besoin d’argent</h2>



<p>Les élections actuelles, prévues pour mars 2024, ont été avancées pour permettre à Sissi d’accélérer plusieurs réformes vitales, que le Fonds monétaire international (FMI) a recommandé la mise en œuvre, afin que l’Égypte puisse recevoir les prochaines tranches du prêt de 3 milliards de dollars approuvé par le FMI et gelé après le premier versement, en raison de la procrastination du régime dans la mise en œuvre des réformes.</p>



<p>Le Fonds demande le flottement de la livre égyptienne, la privatisation des entreprises publiques et la réduction de la part de l’armée dans l’économie égyptienne (selon les estimations, l’armée contrôle la moitié de l’économie du pays).</p>



<p>L’Égypte, embourbée dans l’une des crises économiques les plus graves depuis des années, a besoin d’argent immédiatement. Cette année, elle devra payer environ 29 milliards de dollars sur sa dette extérieure totale, qui s’élève à 165 milliards de dollars, alors que l’excédent de devises fortes atteint 35 milliards de dollars.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="K6giEG82Q5"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/29/quelle-formule-reunira-legypte-et-israel-a-gaza-apres-le-hamas/">Quelle formule réunira l’Égypte et Israël à Gaza…  «après le Hamas» ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Quelle formule réunira l’Égypte et Israël à Gaza…  «après le Hamas» ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/29/quelle-formule-reunira-legypte-et-israel-a-gaza-apres-le-hamas/embed/#?secret=uTPQYvy4A6#?secret=K6giEG82Q5" data-secret="K6giEG82Q5" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ce n’est pas la seule crise&nbsp;: le taux de chômage en Égypte est de 17%; l’inflation est d’environ 40% et 60% de la population, qui compte au total 105 millions de personnes, vit autour du seuil de pauvreté; les nouveaux investissements ralentissent et le tourisme, dont les revenus constituent 10% du produit national brut, se réveille après la pandémie de coronavirus, mais il semble que la guerre à Gaza va maintenant l’affecter à nouveau et briser les prévisions sur les revenus de l’État.</p>



<p>En 2016, le président a décidé de laisser flotter le prix de la livre égyptienne, qui a depuis perdu près de la moitié de sa valeur. Tout nouveau flottement de la livre réduirait sa valeur officielle de 30 livres pour un dollar, et son prix sur le marché noir à 45 livres pour un dollar. Il s’agit d’une décision qui entraînera nécessairement une nouvelle hausse importante des prix déjà élevés des biens de consommation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’armée n’est pas prête à lâcher prise</h2>



<p>L’autre étape, à savoir la privatisation des entreprises publiques et la réduction de la part de l’armée dans l’économie, pourrait conduire le président sur une trajectoire de collision avec l’armée, qui a clairement déclaré à plusieurs reprises qu’elle ne permettrait pas que sa position soit affectée. Le marché civil est l’une des principales sources de revenus de l’armée non soumis aux contrôles de l’Etat et comprend des centaines de projets gouvernementaux de production et de construction, des privilèges d’importation de consommables et la propriété des communications, des hôpitaux et des écoles. Bref, chaque branche ou entreprise apporte de l’argent dans ses caisses.</p>



<p>L’armée, qui bénéficie d’une exonération d’impôts, de taxes et d’impôt sur le revenu, ne permet pas une concurrence loyale, et de nombreuses entreprises privées ont été contraintes de coopérer avec elle, si elles voulaient survivre économiquement. En fait, Sissi s’est engagé à plusieurs reprises à privatiser les entreprises publiques, mais les entrepreneurs et hommes d’affaires, locaux et étrangers, se sont une fois de plus retrouvés noyés dans un bourbier bureaucratique qui ne leur permet pas d’acheter des propriétés gouvernementales.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Egypte intercède auprès du Hamas</h2>



<p>A cette crise économique s’ajoute aujourd’hui la guerre à Gaza, qui semble entre-temps aider Sissi à consolider sa position politique et économique. Par exemple, le FMI a accepté de discuter d’une augmentation du montant du prêt qu’il accordera à l’Égypte, de 3 à 5 milliards de dollars. L’Union européenne (UE) a également tendu la main en parlant d’une aide d’un montant de 8 à 9 milliards de dollars sous la forme d’une exonération partielle ou d’une prolongation de la durée de la dette égyptienne, en plus d’un ambitieux plan d’investissement dans le pays.</p>



<p>L’Égypte, en tant que pays médiateur pour la libération des otages israéliens, a reçu les éloges de l’administration américaine. Le ton dur et les vives critiques adressées au président pour violation des droits de l’homme en Égypte sont restés presque totalement silencieux. Reste désormais à savoir si l’administration américaine débloquera les 85 millions de dollars gelés dans le cadre des sanctions imposées par Washington au Caire en raison de la politique répressive menée par Sissi. <em>«Nous n’autoriserons plus de chèques en blanc au dictateur bien-aimé de Trump»</em>, a promis Biden pendant la campagne électorale. La guerre à Gaza a également fait de Sissi un <em>«dictateur bien-aimé»</em> pour Biden. En plus de servir de médiateur dans l’accord d’échange des otages et de ses relations étroites avec les dirigeants du Hamas à Gaza, les services de Sissi sont chargés d’absorber et d’acheminer l’aide humanitaire dans la bande. Les avions humanitaires atterrissent à l’aéroport d’Al-Arish, de là ils sont examinés au terminal de Nitsana, et de là ils retournent au terminal de Rafah avant d’être amenés dans la bande de Gaza. Il s’agit d’un processus coordonné directement entre l’Égypte et Israël. Selon des sources israéliennes, cette coordination se déroule bien.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="wOJw4hFtb0"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/18/sissi-rejette-le-plan-israelien-de-deplacement-des-palestiniens-en-egypte/">Sissi rejette le plan israélien de déplacement des Palestiniens en Egypte</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Sissi rejette le plan israélien de déplacement des Palestiniens en Egypte » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/18/sissi-rejette-le-plan-israelien-de-deplacement-des-palestiniens-en-egypte/embed/#?secret=Jdp6owVaiz#?secret=wOJw4hFtb0" data-secret="wOJw4hFtb0" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>D’un autre côté, Sissi s’est retrouvé dans une bataille intense contre les intentions d’Israël de tenter de pousser des centaines de milliers de Gazaouis vers le territoire égyptien. Israël ne pense pas que ce soit une bonne solution, du moins temporairement. Des discussions ont eu lieu à ce sujet entre Sissi, Biden, le secrétaire d’État américain et d’autres parties américaines de haut rang, en vue d’une solution, mais Sissi leur a tous opposé son refus (…) L’Égypte a également clairement indiqué que le problème n’était pas économique, puisqu’elle accueille environ 9 millions de réfugiés du Moyen-Orient et d’Afrique, mais plutôt une menace pour la sécurité nationale de l’Égypte.</p>



<p>Le ministre égyptien des Affaires étrangères, qui s’est rendu à Washington ce week-end au sein d’une délégation de ministres arabes des Affaires étrangères souhaitant mettre en œuvre un cessez-le-feu dans la bande de Gaza, a déclaré que l’Égypte avait déjà perdu environ 3 500 soldats dans la lutte contre le terrorisme dans le Sinaï. La dernière chose que souhaite l’Égypte, c’est d’établir un <em>«Hamas Land»</em> sur son territoire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Louvoiement et résilience</h2>



<p>Sissi est conscient qu’il s’agit d’une phase qui ne sera pas temporaire. Il n’y a aucun endroit où ces réfugiés peuvent retourner, même après la fin de la guerre. Des centaines de milliers de bâtiments et de maisons détruits par les bombardements et la destruction des infrastructures nécessiteront des années de reconstruction avant que les réfugiés puissent même penser à rentrer chez eux. Le président égyptien voit des millions de réfugiés syriens et des centaines de milliers de réfugiés irakiens qui se trouvent toujours hors de leur pays, même s’ils disposent pour la plupart d’un endroit où retourner.</p>



<p>La <em>«fermeté»</em> de Sissi face aux pressions israéliennes et américaines bénéficie d’un large soutien de la part de l’opinion publique égyptienne, même à une période où la plupart des Égyptiens font preuve de solidarité avec les habitants de Gaza. Ce public fait la distinction entre la catastrophe humanitaire qui s’est développée à Gaza et la colère contre le Hamas, qui en Égypte est toujours considéré comme faisant partie du mouvement des Frères musulmans, classé comme organisation terroriste. Il sera intéressant de voir comment la guerre affectera la participation électorale. Ce pourcentage indique, plus que n’importe quel sondage, les sentiments de l’Égypte concernant la politique suivie par Al-Sissi pendant la guerre.</p>



<p>Al-Sissi doit également façonner sa politique pour la question du <em>«lendemain»</em>, à laquelle l’Égypte sera un participant actif. Jusqu’à présent, une seule proposition a été avancée selon laquelle l’État palestinien qui sera formé devrait être démilitarisé, mais elle évite systématiquement de préciser qui dirigera Gaza et comment il sera dirigé.</p>



<p>Dans une rencontre vendredi avec le  think tank américain Atlantic Council, le ministre égyptien des Affaires étrangères a été interrogé sur <em>«le lendemain»</em> et il a répondu :<em> «En ce qui nous concerne, ce n’est pas le moment approprié pour discuter de la question du lendemain. Le plus important maintenant est de se concentrer sur le moment présent et non sur ce qui va se passer. Nous ne savons pas quelle sera la situation à Gaza ou dans la région après la fin des affrontements. Il est donc important de mettre un terme aux affrontements, et nous aborderons ensuite la question de la stratégie qui doit être développée entre toutes les parties pour jeter les bases d’une situation meilleure.»</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="17PdpjLBVT"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/21/tempete-de-dettes-dans-la-region-mena-legypte-et-la-tunisie-sont-elles-les-prochains-liban/">Tempête de dettes dans la région Mena : l’Égypte et la Tunisie sont-elles les prochains Liban ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tempête de dettes dans la région Mena : l’Égypte et la Tunisie sont-elles les prochains Liban ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/21/tempete-de-dettes-dans-la-region-mena-legypte-et-la-tunisie-sont-elles-les-prochains-liban/embed/#?secret=TqK03E7M4Y#?secret=17PdpjLBVT" data-secret="17PdpjLBVT" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Personne ne peut exécuter un virage aussi incroyable que le ministre égyptien des Affaires étrangères. Mais on ne peut pas lui en vouloir. D’une part, l’Égypte sera obligée de s’intégrer dans le tissu politico-militaire qui sera décidé par les États-Unis et Israël afin de préserver ses intérêts sécuritaires et de garantir que la bande de Gaza ne constitue pas une menace pour elle. D’un autre côté, l’Égypte a clairement indiqué au fil des décennies et pendant la guerre qu’elle n’entendait pas assumer la responsabilité de la gestion de ladite bande, même dans le cadre d’une force multinationale. Bien entendu, elle souhaite participer à la reconstruction. Il ne fait aucun doute que l’Égypte proposera d’accueillir une conférence internationale pour discuter d’une solution politique, mais pour l’instant, elle ne retient pas son souffle à ce sujet.<em></em></p>



<p>À l’heure actuelle, Al-Sissi a un pays à diriger, un pays embourbé dans de nombreux problèmes qui lui sont propres. Gaza sous le Hamas a donné à Al-Sissi des avantages économiques et politiques, et maintenant elle est devenue une menace dont l’élimination a plus à voir avec Israël et les États-Unis qu’avec l’Égypte. Il s’agit d’une situation nouvelle pour le président égyptien, et il ne peut pas commencer à mesurer ses pas dès maintenant.</p>



<p><strong><em>Source </em></strong>:<em> ‘‘Haaretz’’</em> du 11 décembre 2023.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/12/al-sissi-entre-les-problemes-interieurs-de-legypte-et-la-gestion-du-dossier-de-gaza/">Al-Sissi entre les problèmes intérieurs de l’Egypte et la gestion du dossier de Gaza</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Comment l&#8217;endettement marginalise l’Égypte et la Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/15/comment-lendettement-marginalise-legypte-et-la-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Sep 2023 12:11:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelfattah Al Sissi]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[dette extérieure]]></category>
		<category><![CDATA[Egypte]]></category>
		<category><![CDATA[Émirats arabes unis]]></category>
		<category><![CDATA[FMI]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que l’Égypte et la Tunisie luttent pour la stabilité, leur périphérisation croissante les entraîne dans un cercle vicieux.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/15/comment-lendettement-marginalise-legypte-et-la-tunisie/">Comment l&rsquo;endettement marginalise l’Égypte et la Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La dépendance de l’Égypte et de la Tunisie à l’égard des financements extérieurs les a conduites à devenir périphériques dans l’économie mondiale et dans la géopolitique du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Amr Adly</strong> &amp; <strong>Hamza Meddeb</strong></p>



<span id="more-9797338"></span>



<p>Des niveaux d’endettement élevés et des stratégies de sauvetage changeantes remodèlent le paysage géopolitique du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Les pays exportateurs d’hydrocarbures gagnent en importance face aux pays très endettés que sont l’Égypte, la Jordanie, le Liban et la Tunisie. Cela exacerbe la marginalisation économique des pays à revenu faible et intermédiaire, les obligeant à s’aligner géopolitiquement sur des bailleurs de fonds ambitieux et riches en ressources, dont les sphères d’influence qui se chevauchent ou s’entrechoquent fragmentent la région.</p>



<p>Parmi les pays endettés, l’Égypte et la Tunisie ont été confrontées à des défis similaires, malgré leurs trajectoires politiques et économiques divergentes depuis 2011. Tous deux s’efforcent d’obtenir un soutien financier extérieur, après avoir souffert des chocs successifs des prix alimentaires et énergétiques ainsi que de la hausse des taux d’intérêt.</p>



<p>Après des années d’austérité, l’Égypte, premier importateur mondial de blé, est aux prises avec les chocs générés par la guerre entre la Russie et l’Ukraine. La Tunisie, quant à elle, est confrontée à une situation budgétaire qui ne cesse de se détériorer et à une dette publique à peine soutenable.</p>



<p>Depuis la pandémie de Covid-19, les vulnérabilités structurelles à long terme des deux pays ont été exacerbées par des conditions économiques mondiales défavorables. Le déclin des investissements directs étrangers dû au long ralentissement de l’économie mondiale, la contraction du commerce mondial et des secteurs lucratifs du tourisme égyptien et tunisien, ainsi que la flambée des prix des produits alimentaires et de l’énergie ont tous aggravé les déficits et les besoins financiers.</p>



<p>L’Égypte a conclu un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) en décembre 2022 qui a permis d’éviter une catastrophe après une sortie massive de dette à court terme, mais elle compte toujours principalement sur la générosité des États du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Pourtant, les pays du CCG restent réticents à soutenir l’Égypte, compte tenu de ses importants besoins financiers.</p>



<p>En Tunisie, le président Kaïs Saïed a isolé la Tunisie de ses sponsors occidentaux, même s’il a inversé le processus de démocratisation du pays qui a duré dix ans après avoir organisé un coup d’État en juillet 2021. Son régime autoritaire populiste s’est principalement appuyé sur le maigre soutien financier fourni par l’Algérie voisine. De la même manière que l’Égypte a été contrainte de s’aligner sur les États du Golfe en raison de ses besoins financiers, la Tunisie a dû faire de même avec l’Algérie, rompant avec son approche plus indépendante du passé.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="MvIYVoXetc"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/09/tunisie-maroc-il-est-temps-pour-faire-fondre-la-glace/">Tunisie &#8211; Maroc : il est temps de faire fondre la glace !</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie &#8211; Maroc : il est temps de faire fondre la glace ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/09/tunisie-maroc-il-est-temps-pour-faire-fondre-la-glace/embed/#?secret=tj9QZCautA#?secret=MvIYVoXetc" data-secret="MvIYVoXetc" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Cette dépendance chronique à l’égard des financements extérieurs a créé un processus de périphérisation (ou marginalisation) à deux niveaux pour l’Égypte et la Tunisie. Tous deux sont devenus périphériques dans l’économie mondiale, de sorte que leurs politiques économiques sont désormais principalement définies par la nécessité d’obtenir des financements extérieurs et d’accepter les préférences de leurs créanciers pour combler des déficits de financement toujours plus grands. Dans le même temps, leur dépendance à l’égard des pays exportateurs d’hydrocarbures reflète également leur périphérisation en termes de géopolitique au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, sapant ainsi l’autonomie de longue date de l’Égypte et de la Tunisie en matière de politique étrangère.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Trajectoires de dépendance aux financements étrangers</h2>



<p>Depuis 2013, l’Égypte et la Tunisie sont devenues beaucoup plus dépendantes des ressources financières étrangères en raison des chocs alimentaires, énergétiques et des taux d’intérêt. Cette année-là, la Tunisie a adopté son premier programme du FMI après le soulèvement de 2011, tandis que l’Égypte comptait sur les dépôts à long terme et les prêts à faible taux d’intérêt des États du CCG pour stabiliser son économie. La Tunisie a de nouveau accepté un programme du FMI en 2016, tout comme l’Égypte. Ces mesures étaient cruciales pour permettre aux deux pays d’accéder aux marchés financiers internationaux.</p>



<p>Pourtant, ces programmes ont exposé l’Égypte et la Tunisie aux conditionnalités imposées par les institutions financières internationales, les rendant plus vulnérables aux chocs extérieurs, en particulier aux variations des taux d’intérêt sur le dollar américain. En Égypte, ces chocs exercent de nouvelles pressions sur le régime du président Abdel-Fattah Al-Sissi, augmentant ainsi les risques de tensions sociales, tandis qu’en Tunisie, ils continuent de saper sérieusement la capacité de Saïed à consolider son leadership autoritaire.</p>



<p>Les problèmes économiques de l’Égypte remontent à la période qui a suivi le soulèvement de 2011 et à l’instabilité qui a suivi. L’insécurité alimentaire et les importants déficits du compte courant et du commerce ont convergé pour accroître la dépendance du pays à l’égard des financements étrangers, augmentant ainsi l’encours de sa dette extérieure et le fardeau du service de la dette. Depuis la finalisation de l’accord avec le FMI fin 2016, le gouvernement égyptien a poursuivi un programme néolibéral qui comprenait une forte dévaluation de la livre égyptienne, entraînant une hausse des taux d’inflation. Le programme du FMI a également imposé des mesures d’austérité sévères, parmi lesquelles la réduction des subventions, la réduction des services publics et l’élargissement de la fiscalité indirecte. Le régime Sissi a adopté des mesures répressives contre l’opposition politique et les groupes de la société civile pour mettre en œuvre une austérité impopulaire.</p>



<p>L’amélioration relative des indicateurs macroéconomiques était nécessaire pour attirer des investissements de portefeuille à court terme dans la dette extérieure égyptienne, dont l’échéance est souvent inférieure à un an.</p>



<p>En effet, la part de la dette à court terme dans les réserves de change de l’Égypte a triplé, passant d’une moyenne de 11,86% en 2000-2010 à 29% en 2011-2021. Cela est dû aux taux d’intérêt réels très élevés suite à l’accord du FMI de 2016, ainsi qu’à la capacité réduite de l’Égypte à attirer des investissements directs étrangers, qui ont tendance à se concentrer sur le long terme.</p>



<p>Initialement, la dette à court terme était constituée de dépôts des banques centrales du CCG auprès de la banque centrale égyptienne. Toutefois, à partir de 2017, ces flux ont été progressivement remplacés par des flux à court terme provenant de fonds d’actions internationales. Pourtant, cela a exposé davantage l’Égypte aux aléas des marchés financiers mondiaux. Cela reflète également la détérioration des conditions d’emprunt pour les économies périphériques du Sud, qui ont dû lutter pour attirer des financements à court terme en l’absence d’investissements à long terme.</p>



<p>En Tunisie, la situation était quelque peu différente. Après le soulèvement populaire de 2010-2011, le pays a reçu d’importants afflux de capitaux de toutes sortes : prêts à faible taux d’intérêt, dépôts à la banque centrale tunisienne, prêts garantis par les États-Unis et aide macrofinancière de l’Union européenne, entre autres. Celles-ci ont aidé le pays à faire face à la forte baisse des investissements directs étrangers et à l’effondrement du tourisme après les attentats terroristes de 2015 et 2016.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="J1Q0GpvAhL"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/11/tunisie-algerie-de-bonnes-clotures-font-de-bons-voisins/">Tunisie-Algérie : de bonnes clôtures font de bons voisins</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie-Algérie : de bonnes clôtures font de bons voisins » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/11/tunisie-algerie-de-bonnes-clotures-font-de-bons-voisins/embed/#?secret=UfDIl701Mt#?secret=J1Q0GpvAhL" data-secret="J1Q0GpvAhL" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>À l’époque, la Tunisie bénéficiait d’une rente démocratique – un financement motivé par le processus de démocratisation du pays. Cependant, comme les décideurs tunisiens étaient convaincus que les partenaires internationaux continueraient à soutenir la démocratie tunisienne quoi qu’il arrive, ils n’étaient pas incités à se conformer aux conditions des institutions financières internationales. Au lieu de mettre en œuvre des réformes visant à réduire le fardeau de la dette de la Tunisie, les élites dirigeantes se sont donc appuyées sur les afflux de capitaux pour gagner du temps et éviter un ajustement économique indispensable.</p>



<p>La détérioration de la situation budgétaire du pays a contraint le gouvernement à négocier l’accord avec le FMI en 2016. Parmi les exigences du FMI figuraient la réduction de la masse salariale et des subventions du secteur public et la mise en œuvre d’une réforme fiscale.</p>



<p>Toutefois, l’incapacité des dirigeants politiques à concilier des intérêts économiques et sectoriels contradictoires a rendu difficile l’adoption de réformes et la réduction de la dette publique. Constatant que son programme n’avançait pas, le FMI a décidé en 2019 de suspendre le décaissement des tranches de prêt, signalant un changement d’attitude de la part de l’institution alors que la situation économique de la Tunisie devenait extrêmement fragile.</p>



<p>Au niveau national, l’échec des gouvernements tunisiens à parvenir à un compromis sur le partage des charges a encouragé les acteurs locaux – syndicats, élites économiques et entreprises – à redoubler d’exigences.</p>



<p>La Tunisie a fini par payer le prix du retard des réformes après l’apparition de la pandémie de Covid-19. L’impact sur l’activité économique a conduit à un taux de croissance négatif de 8,6% en termes de PIB réel en 2020, soit la plus forte baisse enregistrée depuis l’indépendance en 1956. Alors que la Tunisie tentait de se remettre de ce choc, le début de la guerre en Ukraine en février 2022 n’a fait qu’aggraver ses déséquilibres fiscaux. La dette publique a considérablement augmenté, passant de 47,7% du PIB en 2012 à 88% en 2022. Le pourcentage de la dette à court terme dans la dette extérieure de la Tunisie a augmenté de 21,7% en 2011 à 32,4% en 2021. La part de la dette à court terme en tant que pourcentage des réserves totales a également augmenté de façon spectaculaire, passant de 51% en 2011 à 152,5% en 2021.</p>



<p>Face à cette aggravation de la situation, la Tunisie a cherché un nouvel accord avec le FMI. En octobre 2022, elle a signé un accord au niveau des services avec l’organisation, qui attend l’approbation du conseil d’administration du FMI.</p>



<p>Le coup d’État de Saïed, son manque d’engagement en faveur des réformes et les promesses non tenues de la Tunisie au cours de la décennie précédente ont conduit le FMI à continuer d’exiger des mesures qui montreraient la volonté du président de se lancer dans un programme de réformes difficile sur quatre ans (2023-2027). Cependant, le contraire s’est produit en avril 2023, lorsque Saïed a rejeté les conditions du FMI, les qualifiant de <em>«diktats»</em>. Cela a fait perdre encore plus de terrain aux obligations tunisiennes sur les marchés internationaux, nuisant encore davantage à la notation de crédit du pays et menaçant la viabilité de sa dette. Au niveau le plus bas, l’UE sera tout simplement incapable de débloquer davantage de fonds, compte tenu de ses réglementations internes.</p>



<p>L’incapacité de la Tunisie à couvrir ses besoins de dépenses et à obtenir un soutien financier international important a commencé à poser des problèmes pour garantir les importations essentielles. En 2022, les produits de base comme le sucre, l’huile végétale, le riz, le café et le lait ont commencé à disparaître des supermarchés. Il n’est pas surprenant que, alors que la Tunisie et l’Égypte étaient confrontées à des difficultés de financement, les deux pays se soient trouvés confrontés à des dilemmes affectant leurs approches politiques régionales.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le financement extérieur et ses implications</h2>



<p>En cherchant à répondre à leurs besoins financiers, l’Égypte et la Tunisie ont dû réviser leurs perspectives de politique étrangère et s’aligner sur les pays qui les ont aidés à les financer ou qui sont en mesure de le faire. Pour l’Égypte, cela l’a rapprochée des positions politiques des États du CCG, contrairement à son rôle antérieur de pays qui définissait les orientations politiques majeures du monde arabe. La Tunisie n’a reçu qu’un soutien significatif de la part de l’Algérie et a abandonné sa politique traditionnelle de compromis dans les affaires nord-africaines. Ces changements ont alimenté un processus de périphérisation régionale de deux pays qui avaient auparavant joué un rôle d’avant-garde dans l’histoire arabe postcoloniale.</p>



<p>Les faiblesses économiques de l’Égypte au cours de la dernière décennie ont obligé le pays à avoir besoin de manière récurrente du soutien financier de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis (EAU). Les deux États du Golfe ont cherché à stabiliser la situation pour des raisons politiques et géostratégiques : freiner la vague de soulèvements arabes, déloger les islamistes du pouvoir et maintenir l’Égypte dans leurs sphères d’influence.</p>



<p>Le Qatar a également joué un rôle croissant. Après des années de relations tendues, au cours desquelles l’Égypte s’est jointe à l’Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et à Bahreïn pour imposer des sanctions au Qatar, le Caire et Doha ont entamé un rapprochement diplomatique et économique en 2022, qui a facilité le retour des investissements qataris en Égypte.</p>



<p>Pourtant, aujourd’hui, l’attitude des pays du Golfe à l’égard de l’Égypte a changé. L’accent n’est plus uniquement mis sur des considérations politiques et sécuritaires. Les investisseurs du CCG recherchent plutôt de meilleurs retours sur investissement en prenant le contrôle d’actifs publics, certains ayant une valeur stratégique, comme les ports maritimes et les services publics. En parallèle, l’économie égyptienne suscite de plus en plus d’inquiétudes. Étant donné que l’Égypte est devenue dépendante de plans de sauvetage plus fréquents et plus importants, les gouvernements du Golfe ont développé un intérêt pour les politiques macroéconomiques égyptiennes. Historiquement, l’Égypte a utilisé ses liens étroits avec le CCG comme substitut au financement du FMI. Cette période semble révolue. En décembre 2022, le FMI a accepté de <em>«catalyser»</em> les financements destinés à l’Égypte en provenance des pays du CCG, ce qui était une première. En outre, conformément aux conditions du FMI, les pays du Golfe poussent l’Égypte à réduire l’implication de l’armée égyptienne dans l’économie et à être plus transparente sur les finances des entreprises publiques.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="A5jvFvt4pl"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/25/la-tunisie-legypte-et-lepreuve-de-la-privatisation/">La Tunisie, l&rsquo;Egypte et l&rsquo;épreuve de la privatisation</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie, l&rsquo;Egypte et l&rsquo;épreuve de la privatisation » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/25/la-tunisie-legypte-et-lepreuve-de-la-privatisation/embed/#?secret=9zYF4pIEjk#?secret=A5jvFvt4pl" data-secret="A5jvFvt4pl" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>La Tunisie est également dans une impasse. Après une décennie de soutien financier et d’accès à l’argent facile, le pays se retrouve coincé sous le gouvernement Saïed. Le président a isolé la Tunisie sans aucun plan de secours.</p>



<p>Selon l’accord des services de 2022, le FMI a accepté de fournir à la Tunisie 1,9 milliard de dollars. Cependant, l’organisation s’attend à ce que d’autres États comblent le déficit de financement. Alors que l’Arabie saoudite, le Koweït et les Émirats arabes unis étaient initialement susceptibles de le faire, ils ont finalement laissé cette tâche aux pays européens.</p>



<p>L’échec du gouvernement tunisien à mobiliser des fonds montre que Saïed manque cruellement de ressources financières pour consolider son régime et gérer les tensions sociales. Au lieu de cela, le président a gagné du temps, légitimant l’opinion internationale selon laquelle il n’a pas la volonté, ou est incapable, de s’attaquer aux problèmes fiscaux et économiques de la Tunisie.</p>



<p>Les propos racistes de Saïed contre les <em>«migrants d’Afrique subsaharienne»</em> en février 2023 n’ont fait qu’empirer les choses.</p>



<p>Le rejet par Saïed des récentes conditions du FMI reposait, premièrement, sur la conviction qu’elles représentent une violation de la souveraineté tunisienne. Le président estime que les Tunisiens doivent compter sur eux-mêmes pour résoudre leur crise économique, qu’il considère comme une conséquence des actions d’une élite corrompue. Son style paranoïaque a généré une méfiance à l’égard des principaux partenaires, notamment des institutions financières internationales. Cette méfiance est partagée par les États-Unis et les pays européens, qui craignent de voir la rhétorique antioccidentale de Saïed conduire à un changement dans les affiliations politiques et économiques de la Tunisie, que le président a laissé entendre qu’il reconsidérait sa décision.</p>



<p>Une deuxième raison pour laquelle Saïed a rejeté les conditions du FMI était sa peur des protestations populaires. La manière unilatérale du président de reconstruire le système politique tunisien et de gérer les affaires publiques l’a éloigné de nombreux acteurs sociaux. Son incapacité à rassembler une large coalition sociale mine la légitimité du nouveau système politique, rendant Saïed dépendant des services de sécurité pour compenser son manque de soutien populaire. Son rejet des corps intermédiaires entre l’État et la société l’a mis en conflit avec la plupart des partis politiques, des syndicats et des corporations professionnelles. Cela augmente le risque de protestations si la situation économique se détériore davantage, mais aussi si la Tunisie met en œuvre les stipulations impopulaires de l’accord du FMI.</p>



<p>Compte tenu de son isolement, la Tunisie a dû compter exclusivement sur le soutien financier de l’Algérie. Cela s’est concrétisé par des prêts, des dépôts et des livraisons de gaz à des prix préférentiels. Depuis la prise de pouvoir de Saïed, les prêts et dépôts algériens auprès de la Banque centrale de Tunisie se sont élevés à 800 millions de dollars. Cependant, le prix à payer a été l’alignement croissant de la Tunisie sur l’Algérie dans son conflit avec le Maroc.</p>



<p>Historiquement, la Tunisie avait maintenu une position de neutralité entre les pays rivaux. Cela n’est plus possible car Tunis est devenue financièrement dépendante d’Alger. Le point d’inflexion s’est produit lorsque Saïed a reçu officiellement les dirigeants du Front Polisario à Tunis en septembre 2022, montrant que la Tunisie penchait pour la position algérienne dans le conflit du Sahara occidental. Le Polisario, soutenu par l’Algérie, cherche à obtenir l’indépendance du Sahara occidental vis-à-vis du Maroc, et cet épisode a déclenché une crise diplomatique ouverte entre Tunis et Rabat, les deux pays ayant rappelé leurs ambassadeurs.</p>



<p>Compte tenu de ses vulnérabilités financières, la Tunisie est sur le point de faire défaut sur sa dette. La détérioration de ses relations avec les institutions financières internationales, l’absence de soutien financier de la part des pays du Golfe ou des pays européens et son incapacité à accéder aux marchés financiers internationaux aggravent sérieusement les problèmes d’endettement du pays.</p>



<p>La Tunisie joue un rôle limité dans les priorités politiques, économiques et sécuritaires des États du Golfe, c’est pourquoi les pays du CCG se sont abstenus de lui fournir des fonds. La Chine, que les partisans de Saïed considèrent comme une alternative potentielle, n’est pas intervenue et évitera probablement les problèmes de la Tunisie. Tout cela renforce la périphérisation du pays, qui n’a fait que renforcer son impasse économique et politique.</p>



<p>La périphérisation de l’Égypte par rapport à ses sponsors du CCG a commencé il y a des années et semble s’accélérer. En 2017, l’Égypte a cédé à l’Arabie saoudite deux îles inhabitées mais d’importance stratégique de la mer Rouge – Tiran et Sanafir. Cela a provoqué une opposition publique en Égypte. Riyad avait plusieurs raisons de reprendre les îles, notamment son affirmation selon laquelle elles appartenaient à l’origine au royaume avant qu’elles ne soient cédées à l’Égypte en 1950 pour éviter une prise de contrôle israélienne. Cependant, cette décision a été présentée en Égypte comme une capitulation d’un territoire souverain en échange d’une aide financière saoudienne. Cette interprétation était justifiable dans la mesure où l’Égypte n’aurait probablement pas restitué les îles si elle n’avait pas été financièrement dépendante de l’Arabie saoudite.</p>



<p>L’Égypte a également perdu son importance géostratégique en tant qu’intermédiaire potentiel entre le monde arabe et Israël. Ce rôle a été la pierre angulaire des relations de l’Égypte avec les États-Unis après le traité de paix avec Israël en 1979.</p>



<p>Aujourd’hui, cependant, grâce aux soi-disant accords d’Abraham, deux États du CCG – les Émirats arabes unis et Bahreïn – entretiennent des relations diplomatiques avec Israël, tout comme le Maroc et le Soudan, brisant le monopole égyptien et jordanien. C’est peut-être la raison pour laquelle l’Égypte a accueilli les accords d’Abraham avec des réserves implicites, en se concentrant sur la nécessité pour Israël de conclure un accord avec les Palestiniens, et pas seulement avec les États arabes.</p>



<p>Cependant, dans un contexte de crise économique en Égypte au début de 2022 et de recours urgent au financement du CCG, le ministre des Affaires étrangères du pays a assisté au sommet du Néguev organisé par Israël en mars, auquel participaient des États arabes ayant signé des accords de paix avec Israël. Cela indique que l’Égypte restera active dans le processus de normalisation arabe avec Israël, dans lequel un État leader du CCG, à savoir les Émirats arabes unis, a joué un rôle majeur, même s’il a éclipsé le statut régional de l’Égypte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">En guise de conclusion &nbsp;</h2>



<p>Alors que l’Égypte et la Tunisie luttent pour la stabilité, leur périphérisation croissante les entraîne dans un cercle vicieux. Plus leurs problèmes économiques s’accumulent, plus leurs besoins financiers augmenteront et plus leur dépendance géopolitique à l’égard des bailleurs de fonds régionaux sera profonde. Le problème est que leur marginalisation géopolitique les prive de marge de manœuvre alors qu’ils deviennent de moins en moins pertinents dans un contexte géopolitique régional et mondial en évolution.</p>



<p>Alors que le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord connaissent de profondes transformations, l’Égypte et la Tunisie ont été laissées de côté lorsqu’il s’agit de déterminer les résultats. L’Égypte était absente de la réconciliation saoudo-iranienne, tandis qu’en mai 2022, le président algérien a proposé de jouer un rôle dans la résolution de la crise politique intérieure tunisienne, comme si les dirigeants tunisiens n’étaient pas en mesure de le faire eux-mêmes. Une fois la périphérisation installée, l’inverser peut s’avérer très difficile.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Traduit de l&rsquo;anglais. </em></p>



<p><strong><em>Source</em></strong> : <a href="https://carnegie-mec.org/2023/05/17/how-rising-debt-has-increased-egypt-s-and-tunisia-s-geopolitical-peripheralization-pub-89781">Malcolm H. Kerr Carnegie Middle East Center.</a></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/15/comment-lendettement-marginalise-legypte-et-la-tunisie/">Comment l&rsquo;endettement marginalise l’Égypte et la Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
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		<title>Tunisie-Egypte : L’autre façon de faire de la diplomatie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 May 2021 08:45:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Parmi les rares visites du président Kais Saïed à l’étranger, celle au Caire a soulevé plusieurs controverses. Oscillant entre des admirations sans réserve et des condamnations sommaires, ces controverses incitent à réfléchir au contexte, implications et objectifs de cette visite. Les réactions injustement condamnatoires ou exagérément admiratives se sont succédé sans pour autant donner justifier...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/04/Saied-Al-Sissi-2.jpg" alt="" class="wp-image-345425"/><figcaption><em>Kaïs Saïed &#8211; Abdelfattah Al-Sissi : les intérêts tuniso-égyptiens bien compris. </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Parmi les rares visites du président Kais Saïed à l’étranger, celle au Caire a soulevé plusieurs controverses. Oscillant entre des admirations sans réserve et des condamnations sommaires, ces controverses incitent à réfléchir au contexte, implications et objectifs de cette visite. Les réactions injustement condamnatoires ou exagérément admiratives se sont succédé sans pour autant donner justifier de telles positions extrêmes. Il serait donc important de procéder à une évaluation sereine aux significations et aux potentielles répercussions de cette visite d’Etat.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Maître Taoufik Ouanes </strong>*</p>



<span id="more-347632"></span>



<p>Réduire cette visite à une volonté de coordination sécuritaire anti-islamiste entre la Tunisie et l’Egypte ne peut qu’émaner d’une volonté de dénigrement malsain. Superficiellement et à première vue, il est étonnant de noter que, dans les deux pays, cette position soit prise à la fois par les islamistes et les anti-islamistes. Pour les islamistes, cette visite ne vise que des objectifs de coopération entre les services renseignements des deux Etats afin d’intensifier la répression des citoyens d’obédience islamiste. Pour beaucoup de ceux qui prétendent un certain progressisme cette visite n’est autre qu’une expression d’un opportunisme réactionnaire qui met en scène deux chefs d’Etat, l’un est autoritaire, l’autre démagogue.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Islamisme politique et gauchisme dogmatique</h3>



<p>De telles évaluations du sommet entre Kaïs Saïed et Abdelfattah Al Sissi illustrent les a priori de deux idéologies quand bien même antinomiques peuvent aboutir aux mêmes conclusions; à savoir l’islamisme politique et le gauchisme dogmatique.</p>



<p>Rien que de ce fait, cette double position condamnatoire de cette visite ne peut que perdre de sa crédibilité.</p>



<p>À l’opposé, l’encensement inconditionnel et préalable de cette visite appelle à une analyse de ses tenants et de ses aboutissants et une évaluation minutieuse de ses répercussions, de son suivi et de sa mise en œuvre.</p>



<p>Certes, les questions du terrorisme et de l’islamisme politique demeurent des soucis communs pour la Tunisie et l’Egypte. Cependant, ces deux éléments sont insuffisants pour comprendre les relations entre les deux pays surtout dans le contexte politique et stratégique régional. Indéniablement, ce contexte connait, depuis quelques semaines, une significative mutation.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’évolution du dossier libyen en point de mire</h3>



<p>Pour faire court, l’élection de Joe Biden à la présidence américaine constitue le repère dans le temps de cette mutation. Son impact s’est très rapidement fait sentir, en premier lieu sur le dossier Libyen. Pour des raisons géographiques, humaines et économiques évidentes, ni la Tunisie ni l’Egypte ne peuvent ignorer la récente évolution de la situation en Libye.</p>



<p>Quoiqu’encore fragile les changements intervenus en Libye pourraient connaître une accélération positive d’ici la fin de cette année. Tous deux limitrophes de la Libye, la Tunisie et l’Egypte se devaient donc naturellement se consulter sur leurs intérêts respectifs dans ce pays.</p>



<p>Contrairement à ce qu’était la situation auparavant, ces intérêts doivent éviter de retomber dans la concurrence effrénée et sérieusement réfléchir dans une perspective de complémentarité. Ceci est d’autant plus nécessaire que plusieurs autres intérêts et d’autres intervenants (Turquie, Russie, Qatar, France, Italie et bien d’autres) se bousculent au portillon des ressources en hydrocarbures et des projets de reconstruction de la Libye.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Relecture nouvelle de la situation géopolitique régionale</h3>



<p>Par ailleurs, les relations géopolitiques dans le monde arabe sont en train d’être impactées par une évidente baisse du soutien des Etats-Unis au Prince héritier de l’Arabie Saoudite, entre autres dans sa guerre absurde et cafouilleuse au Yémen ou son impunité dans l’affaire Khashoggi.</p>



<p>Sentant l’évolution de la position américaine, Mohamed Ben Salmane a œuvré pour mettre fin au conflit avec le Qatar et cherche à se dégager du bourbier militaire du Yémen offrant même un cessez-le feu que les Houthis se sont payé le luxe de décliner. Encore plus significatif, il commence depuis quelques jours à citer l’embrouille avec l’Iran en indiquant qu’il pourrait faire la paix et améliorer les relations avec ce pays. Il est également important de noter que la vague d’empressement de certains pays arabes à «normaliser» leurs relations avec Israël connaît une véritable sourdine.</p>



<p>Tous ces changements successifs et rapides poussent à une relecture nouvelle de la situation géopolitique régionale.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’importante question des eaux du Nil</h3>



<p>Dans cette perspective et même si c’est encore en état de prémisses, l’Egypte semble procéder à une réadaptation de sa stratégie politique. Cette réadaptation semble aller beaucoup au-delà des relations économiques et financières de l’Egypte, surtout avec les pays du Golfe. La première cause nationale de l’Egypte qu’elle n’a de cesse de défendre depuis plus d’une décennie concerne la gestion et la répartition distribution et des eaux du Nil, nerf de la vie depuis des millénaires.</p>



<p>Découvrant le royaume des pharaons, le voyageur grec Hérodote, écrivit il y a 2500 ans que <em>«L’Égypte est un don du Nil»</em>, il en demeure toujours ainsi. Pour l’Egypte, les eaux du Nil est une question vitale. Les 100 millions d’Égyptiens reçoivent du Nil 90% de leurs ressources en eau.</p>



<p>Tout comme pour tous les cours d’eaux dans le monde, un contrôle ou une réduction, par un ou plusieurs pays de l’amont, pourrait avoir de graves conséquences pour les pays en aval. Il en est ainsi pour l’Egypte et le Soudan s’agissant des eaux du Nil.</p>



<p>C’est pour cela que la communauté internationale a conclu sous l’égide de l’Onu la <em>«Convention sur le droit relatif aux utilisations des cours d’eau internationaux à des fins autres que la navigation»</em> entrée en vigueur le 17 août 2014. Cette convention contient des principes généraux sur l’utilisation et la répartition équitables et raisonnables des eaux auxquels sont tenus les Etats limitrophes des cours d’eaux et de leurs confluents. Ces critères<em> «équitable et raisonnable»</em> doivent être évalués en fonction de différents facteurs pertinents tels que la géographie, les besoins économiques et sociaux, la population, la conservation et protection des eaux, etc. Cette convention contient une obligation à la charge des Etats de coopérer et d’échanger les données et les informations.</p>



<p>À la marge de tous ces principes et profitant de l’effervescence révolutionnaire en Egypte en 2011, l’Ethiopie a commencé à construire le gigantesque barrage de la «Renaissance» sur le bras éthiopien du Nil bleu. Le chantier a été mené <em>«tambour battant» </em>avec les encouragements et le soutien d’Israël et un financement substantiel de la Chine. Toutes les tentatives pour mettre sur pied un système conventionnel entre les Etats concernés pour limiter ou gérer les conséquences de l’édification de ce barrage (surtout sur le Soudan et l’Egypte) n’ont pas abouti.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’eau du Nil est une légitime cause pour l’Egypte</h3>



<p>Ce barrage est devenu donc du domaine du<em> «fait accompli»</em> faisant de sa prochaine mise en fonction et surtout ses phases de remplissage, un danger imminent pour l’Egypte. Ce danger est double. Le premier danger est que le barrage ait été érigé sur un terrain en pente qui accuse une inclinaison géographique suffisamment dangereuse pour qu’en cas d’accident ou de rupture, les conséquences humaines, économiques et écologiques sur les pays en aval (Soudan et Egypte) pourraient être cataclysmiques. L’autre danger, moins spectaculaire mais également dévastateur, c’est que toute réduction substantielle de la quantité d’eau du Nil pour l’Egypte sera dramatique pour le climat, l’énergie hydraulique et surtout l’agriculture vivrière de l’Egypte. Ceci est d’autant plus vrai que du fait de la construction du barrage éthiopien, une grande partie du limon (ensemble de particules de terre mêlées de débris organiques extrêmement fertilisant) se déposera au fond du barrage. Toute la vallée du Nil en Egypte sera ainsi privée d’une grande partie cet important fertilisant naturel.</p>



<p>Il ressort de tout ce qui précède que l’Egypte a une véritable et légitime cause à défendre. Cette cause revêt clairement un caractère de sécurité nationale car son enjeu concerne la survie même du plus large spectre de la population égyptienne en plus d’un important secteur de son économie. C’est pour cela que l’Egypte l’a placé en priorité de son agenda politique de ces dernières années. L’Egypte vient d’entamer une grande action diplomatique internationale avec l’objectif d’amener les Etats concernés et surtout l’Ethiopie à adopter une position de coopération positive et en conformité avec les principes du droit international et de l’équité entre pays limitrophes du Nil.</p>



<p>La Tunisie est actuellement membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies et pourrait, en cette qualité, jouer un rôle important dans la promotion des justes revendications égyptiennes. Ceci qui explique dans une très large mesure l’invitation adressée au président tunisien pour une visite d’Etat au Caire.</p>



<p>Le déroulement et les résultats de cette visite ont démontré que son moment fort a été l’expression, au plus haut niveau, de la solidarité de la Tunisie avec l’Egypte sur ce dossier. Certes, la coordination sécuritaire est un domaine usuel des relations interétatiques. Mais une telle coordination se réalise en général au niveau technique et d’une manière plutôt discrète. Il n’est ni utile ni usuel de recourir au formalisme et au protocole des visites d’Etat pour une telle fin.</p>



<p>Procédure exceptionnelle dans les pratiques des relations internationales, les visites d’Etat ne se justifient que pour les plus grands enjeux. Vouloir décrire la visite du président Saïed sous la vision réductrice de l’aspect sécuritaire relève ou bien d’une ignorance des modalités des relations entre Etats ou bien alors d’une volonté de dénigrement mal intentionnée.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Bourguiba-Nasser.jpg" alt="" class="wp-image-347633" width="500"/><figcaption><em>Nasser &#8211; Bourguiba  une entente fondée sur les intérêts des deux pays malgré une divergence idéologue entre les deux hommes. </em></figcaption></figure></div>



<h3 class="wp-block-heading">Nouvelle ère pour la diplomatie arabe </h3>



<p>Depuis presqu’un siècle, les relations interarabes se sont malheureusement inscrites dans le registre de l’antagonisme idéologique et les conflits politiques. Les manifestations publiques de ces relations ont souvent tourné au show creux et futile et quelques fois dangereux. Ce n’est qu’à de rares occasions que la diplomatie entre les Etats arabes, aussi bien bilatérales que multilatérales, n’a obéi que rarement à la logique des impératifs de la solidarité réelle et de défense efficiente des intérêts vitaux communs ou respectifs. Le seul exemple (ou presque) qui nous vient à l’esprit est le soutien franc et fort du Président Nasser à la Tunisie contre la France dans la crise de Bizerte (1960-1963).</p>



<p>À l’époque, tout opposait Bourguiba et Nasser; l’idéologie, les alliances internationales et les méthodes de gouvernement. Sans états d’âme, Nasser avait alors, publiquement et sincèrement, soutenu la Tunisie car, pensait-il, et à juste titre, il s’agissait d’une question de décolonisation et de souveraineté nationale de la Tunisie. Toutes les considérations de concurrence de leadership ou d’antagonisme idéologique se sont alors littéralement évanouies.</p>



<p>Avec de très rares exceptions, la diplomatie interarabe se résumait à provoquer des conflits pour, par la suite, prétendre vouloir les résoudre. En réalité, cette pratique diplomatique a presque toujours visé et souvent abouti à se liguer les uns contre les autres. Trop de moyens indignes ont été utilisés; le clientélisme politique, idéologique, militaire ou financier dégénérait quelques fois en menaces et même en guerres. Le concept de solidarité dont ne cessent de se gargariser les dirigeant arabes n’était au fond qu’un leurre pour leurs peuples.</p>



<p>Il est grand temps que cette diplomatie soit profondément refondée pour incarner une véritable vision de solidarité moderne et loyale. Bien comprise, cette nouvelle façon de faire la diplomatie interarabe créera certainement d’importants espaces appropriés pour promouvoir les intérêts aussi bien individuels que collectifs des Etats arabes.</p>



<p>C’est sous cet angle et en excluant toute interprétation tendancieuse ou étroite que la visite du président tunisien en Egypte doit être comprise et évaluée.</p>



<p>* <em>Ancien diplomate à l’Onu, avocat aux barreaux de Tunis et de Genève.</em></p>



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