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	<title>Archives des béchir ben yahmed - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des béchir ben yahmed - Kapitalis</title>
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		<title>Média : Afif Ben Yedder reçoit le prix AMLS pour sa carrière</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 May 2024 05:53:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MEDIA]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Tunisien Afif Ben Yedder a reçu un prix pour l’ensemble de sa carrière, lors du Sommet panafricain des leaders des médias. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/11/media-afif-ben-yedder-recoit-le-prix-amls-pour-sa-carriere/">Média : Afif Ben Yedder reçoit le prix AMLS pour sa carrière</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le fondateur, éditeur et rédacteur en chef d’IC Publications, le Tunisien Afif Ben Yedder, a reçu un prix pour l’ensemble de sa carrière, lors du Sommet panafricain des leaders des médias (8-10 mai 2024, à Nairobi, Kenya), annonce le groupe IC Publications dans un communiqué publié à Londres, le 9 mai 2024.</em></strong></p>



<span id="more-12778258"></span>



<p>Afif Ben Yedder, lauréat du prix AllAfrica Media Leaders Summit (AMLS) de cette année pour l’ensemble de sa carrière, est un géant pionnier dans le monde de l’édition panafricaine. Au début des années 1960, avec son ami et collègue <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/03/il-y-a-deux-ans-mourait-bechir-ben-yahmed-lafricain-capital/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Béchir Ben Yahmed</a>, décédé en 2022, il a pris la décision, alors extraordinaire, de créer des périodiques panafricains à une époque où l’aube de l’indépendance se levait à peine pour la plupart des pays africains.</p>



<p><em>«Nous devons nous efforcer d’obtenir le meilleur et ne pas être freinés par la tyrannie des faibles attentes. L’Afrique est riche et pleine de ressources et nous devons lutter contre les forces internes et externes qui entravent le progrès»</em>, dit-il</p>



<p>L’ensemble des publications qui ont vu le jour ont innové dans le monde de l’édition et, au fil des décennies, ont servi de modèle à une multitude d’autres titres et médias centrés sur l’Afrique.</p>



<p><em>«Nous voulions produire des publications internationales de très grande qualité en français et en anglais, en choisissant l’exemple des meilleurs magazines au monde, pour raconter l’histoire de l’Afrique du point de vue de l’Afrique»</em>, se souvient-il.</p>



<p>En 1974, Afif Ben Yedder s’est lancé sur le marché anglophone en créant IC Publications, un groupe de presse international basé à Londres et à Paris. Ses titres phares, <em>New African</em>, <em>African Business</em> et plus tard <em>African Banker</em>, ont placé la barre très haut en matière de qualité journalistique. <em>«Nous avons eu la chance de pouvoir compter sur un grand nombre de journalistes et de rédacteurs en chef exceptionnels»</em>, relate-t-il.</p>



<p>La profondeur et l’ampleur de l’analyse politique, économique et sociale des magazines, l’éventail des activités couvertes et les entretiens exclusifs avec les personnalités qui façonnent la nouvelle Afrique ont fait de ces publications des incontournables, non seulement en Afrique, mais aussi dans les cercles décisionnels mondiaux et dans le monde universitaire.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/05/Omar-Ben-Yedder-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-12778484" style="width:800px" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/05/Omar-Ben-Yedder-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/05/Omar-Ben-Yedder-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/05/Omar-Ben-Yedder-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/05/Omar-Ben-Yedder-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/05/Omar-Ben-Yedder-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/05/Omar-Ben-Yedder-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/05/Omar-Ben-Yedder.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>C’est Omar Ben Yedder, qui dirige le groupe aux côtés de son père, qui reçut le prix en son nom et prononça, à l’occasion, un discours de remerciement.  </em></figcaption></figure></div>


<p>Afif Ben Yedder est né et a grandi à Tunis, la capitale de la Tunisie. Il a fréquenté ce qui était reconnu comme la meilleure école du pays, le Collège Sadiki, où un environnement bilingue (arabe et français) s’est développé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Dans l’intérêt de l’Afrique</h2>



<p>Après avoir obtenu son baccalauréat, il s’est rendu à Paris pour étudier à HEC, la célèbre école de commerce française. Plus tard, en 1969, il a complété ses ambitions académiques en participant au Program for Management Development de la Harvard Business School.</p>



<p>Alors qu’il étudiait à HEC Paris, il était déjà engagé dans le panafricanisme et, après avoir obtenu son diplôme en 1963, il a ouvert les bureaux parisiens du magazine pionnier <em>Jeune Afrique</em>, fondé par Béchir Ben Yahmed. Il en est le directeur général jusqu’en 1971, date à laquelle il s’installe à Londres pour lancer <em>Africa magazine</em>, une publication sœur de <em>Jeune Afrique</em> en anglais.</p>



<p>Au fil des décennies, le groupe a diversifié ses activités. Il dispose d’un département événementiel et d’un service de relations avec les médias. Il conseille également les institutions africaines et internationales sur les questions de communication stratégique en Afrique. IC Events organise des conférences, des ateliers et des cérémonies panafricaines, dont les prestigieux <em>Trophées African Banker</em>.</p>



<p>Le contenu éditorial et l’orientation du groupe ont toujours été axés sur l’évolution du continent dans tous les domaines, en recherchant activement et en défendant le meilleur tout en ne ménageant pas ses efforts lorsqu’une critique constructive s’impose.</p>



<p><em>«Nous nous efforçons également de fournir aux Africains une plateforme leur permettant d’exprimer leurs opinions et d’élaborer un programme africain. Nous avons également entrepris d’amplifier la voix d’un continent souvent marginalisé, ainsi que de mettre en valeur et de célébrer la diversité et les cultures vibrantes du continent africain»</em>, explique-t-il.</p>



<p>Afif Ben Yedder a toujours donné à ses équipes toute latitude pour s’exprimer et faire preuve de créativité. Cependant, on reconnaît aussi en lui sa rigueur, insistant sur le respect des délais et de la précision, ainsi que sur la responsabilité financière. <em>«Mes principes directeurs sont l’authenticité, l’intégrité et le fait de placer les intérêts de l’Afrique au centre de tout notre travail»</em>, dit-il.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Combattre les stéréotypes</h2>



<p>Anver Versi, qui travaille pour le groupe depuis le début des années 1980 et qui a occupé la charge de rédacteur en chef de chacun des titres, à un moment ou à un autre, et qui est actuellement rédacteur en chef d’<em>African Banker</em>, résume le rôle d’Afif Ben Yedder en tant qu’éditeur : <em>«Afif a pris son rôle d’éditeur très au sérieux. Il ne s’agissait jamais pour lui d’un projet de vanité. Il a toujours insisté sur le fait que nous étions une entreprise et que le lecteur passait avant tout. Sans lecteurs, pas d’annonceurs, pas de publication. Nous devions offrir un bon rapport qualité-prix. Les lecteurs devaient apprécier le contenu et être informés. L’écriture et la conception devaient être de première classe, à chaque fois. Il était toujours la personne la plus active du bureau et vous obteniez une réponse et une décision immédiates, quelle que soit l’heure à laquelle vous l’appeliez pour lui faire part de votre problème.»</em></p>



<p>Afif Ben Yedder a également été salué pour son sens des affaires exceptionnel dans un domaine considéré comme l’un des plus difficiles et des plus complexes. <em>«Mon conseil aux entreprises de médias africaines est de se concentrer sur la durabilité. Au cours de ma vie, j’ai vu de nombreuses marques de médias se lancer et échouer à cause d’un manque d’intérêt pour la durabilité. C’est un message important à faire passer aux futurs propriétaires de médias»</em>, explique-t-il</p>



<p>Parce qu’il a grandi dans l’Afrique de l’après-indépendance et qu’il est conscient des défis et du potentiel du continent, les idéaux panafricains de Kwame Nkrumah et Habib Bourguiba ont profondément influencé la vision du monde d’Afif Ben Yedder et continuent de l’animer, aujourd’hui encore. Il a toujours été un fervent défenseur du génie africain et s’est battu contre les stéréotypes négatifs de l’Afrique qui subsiste malheureusement dans certains milieux.</p>



<p>Un jour, alors qu’un célèbre auteur africain se moquait des dirigeants africains et suscitait des rires, il s’est levé et a prononcé un discours passionné sur le fait que, face à des défis similaires, peu de dirigeants mondiaux auraient été en mesure de s’attaquer aux problèmes du continent comme l’ont fait bon nombre de nos dirigeants. Il a été ovationné.</p>



<p>Au cours de sa carrière, Afif Ben Yedder a rencontré pratiquement tous les dirigeants politiques et économiques africains, ainsi que les grands artistes du continent. Il a toujours eu l’heureux don de se faire des amis instantanés parmi eux. Il l’a reconnu un jour en expliquant que c’était facile car <em>«ils m’intéressent toujours beaucoup et c’est toujours un plaisir de rencontrer quelqu’un qui travaille pour l’amélioration du continent»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Afrique que nous voulons</h2>



<p>Grâce à ses publications, il a profondément influencé le cours intellectuel du continent et a eu un impact positif sur de nombreuses vies sur le continent et au-delà. Son succès en tant qu’éditeur, après avoir traversé des périodes extrêmement difficiles avec un courage et une détermination incroyables, est en soi un exemple qui montre que si le rêve est suffisamment fort, il se réalisera.</p>



<p>Les revers ne l’ont jamais découragé. Ses mots d’ordre sont la persistance, la résilience et l’audace, et ce sont des traits de caractère qu’il s’efforce d’inculquer à ceux qui l’entourent et à la communauté africaine. <em>«Nous devons nous efforcer d’obtenir le meilleur et ne pas être freinés par la tyrannie des faibles attentes. L’Afrique est riche et pleine de ressources et nous devons lutter contre les forces internes et externes qui entravent le progrès»</em>, considère-t-il.</p>



<p>Après avoir parcouru le monde, lorsqu’il repense à sa carrière, l’aspect le plus gratifiant du travail en Afrique est sans doute de voir et de vivre l’humanité et la beauté intérieure incomparables de notre merveilleux continent.</p>



<p>L’année dernière, il a célébré 60 années d’aventure, de tempête et parfois d’exaltation dans le monde des affaires. Il a menacé de prendre sa retraite il y a plus de dix ans, mais l’encre des imprimeurs qui coule dans ses veines et le sentiment qu’il reste encore beaucoup à faire ne lui ont pas vraiment permis de s’éloigner des deux amours de sa vie : la presse et l’Afrique.</p>



<p>Le rêve d’Afif Ben Yedder a toujours été celui d’une Afrique renaissante, vivant en paix avec elle-même et avec les autres et éliminant peu à peu tous les défis hérités pour émerger comme une force majeure pour le bien dans notre monde troublé. Il n’a jamais dévié de ce rêve et, année après année, il doit se réjouir du fait que le continent se rapproche de plus en plus de l’<em>«Afrique que nous voulons»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center">L’avenir appartient à l’Afrique</h2>



<p><strong><em>Nous reproduisons ci-dessous le discours d’acceptation d’Afif Ben Yedder qu’il avait fait parvenir par vidéo.</em></strong></p>



<p>Bonjour à tous,</p>



<p>Lorsque j’ai appris que le AllAfrica Media Leaders Summit avait décidé de me décerner un prix pour l’ensemble de ma carrière, j’ai été à la fois surpris, ravi et honoré.</p>



<p>C’est généralement nous, les éditeurs, qui remettons d’habitude les prix à des personnalités brillantes et célèbres.</p>



<p>Malgré le mythe des magnats des médias tout-puissants la plupart d’entre nous travaillent souvent de manière ingrate dans les coulisses, veillant à ce que les délais soient respectés, à ce que les équipes soient satisfaites et à ce que les factures soient payées.</p>



<p>Notre rôle est de rechercher, d’employer et d’entretenir les talents créatifs africains – les écrivains, les analystes, les critiques, les concepteurs, les artistes, les dessinateurs – et de les réunir avec les rédacteurs en chef, les secrétaires de rédaction, les correcteurs et les imprimeurs afin que le meilleur de la pensée africaine parvienne aussi loin que possible dans tous les coins de notre continent bien-aimé.</p>



<p>Certains d’entre vous se souviennent peut-être de l’époque coloniale où la liberté et le développement n’existaient pas pour les Africains.</p>



<p>La plupart de nos réflexions ont été faites pour nous par les maîtres coloniaux. Notre histoire a été racontée par des écrivains coloniaux. Notre monde a été décrit par des penseurs coloniaux.</p>



<p>Tout progrès humain est le résultat de l’exploitation d’idées nouvelles. Nos idées n’ont pratiquement jamais reçu l’oxygène de la vie par le biais d’une publication destinée aux masses.</p>



<p>Avec les indépendances des années soixante, le temps était venu de changer le statu quo et de donner une voix panafricaine à notre continent.</p>



<p>Il était indispensable de reprendre notre propre récit et de raconter nos propres histoires avec nos propres mots.</p>



<p>C’est ce que j’ai essayé de faire toute ma vie avec l’aide de deux générations d’excellents professionnels, non seulement les meilleurs journalistes, mais aussi les meilleurs dans tous les départements de la presse : publicité, marketing, ventes, production ou comptabilité…. Et c’est toujours un travail en cours avec la merveilleuse floraison de talents journalistiques et professionnels africains et les rivières d’idées et de concepts qui ont coulé depuis.</p>



<p>La lutte pour savoir qui doit raconter l’histoire de l’Afrique se poursuit, et je crois que nous sommes en train de gagner.</p>



<p>Des organisations telles qu’AllAfrica, dirigée par mon jeune frère Mahtar – dont la société a organisé ce merveilleux événement – remportent victoire sur victoire.</p>



<p>Mon propre groupe, IC Publications, aujourd’hui entre les mains expertes de mon fils Omar, s’oriente vers de nouveaux horizons à la lumière des énormes progrès technologiques qui bouleversent le monde des médias.</p>



<p>Les nouvelles technologies nous ont fourni des outils encore plus puissants pour générer et traiter des idées et des concepts. Les jeunes générations, à qui nous passons maintenant le relais, ont encore beaucoup de choses à nous apprendre.</p>



<p>Alors que je termine ce discours, je suis frappé par la coïncidence que mon pays d’origine, la Tunisie, était connu sous le nom d’Africa dans l’Antiquité et a donné son nom au continent.</p>



<p>Il n’est donc pas étonnant que j’aime l’Afrique, que je sois fier d’être Africain et de toutes les réalisations de ce grand continent au cours des 60 dernières années.</p>



<p>Je suis convaincu que l’avenir appartient à l’Afrique.</p>



<p>Il y a seulement 40 ans, la Chine et l’Orient étaient considérés comme des pays pauvres ayant désespérément besoin d’aide ; aujourd’hui, ils sont le moteur de l’économie mondiale.</p>



<p>En comparaison, l’Afrique dispose de beaucoup plus de ressources humaines et naturelles et l’élan de l’histoire est de notre côté – alors oui, ce siècle nous appartient.</p>



<p>Certains disent qu’il y a beaucoup de différentes Afriques. Je ne suis pas du tout d’accord. Il n’y a qu’une seule Afrique et nous sommes tous des Africains, quelles que soient nos races, nos langues, nos religions ou nos nationalités. Partout où je vais en Afrique, je suis heureux et chez moi.</p>



<p>N’oubliez pas que notre espèce humaine est née en Afrique avant de se répandre sur toute la planète. Au fond, tout le monde a donc une origine africaine.</p>



<p>En acceptant ce prix, je remercie tous les membres d’IC Publications, anciens et actuels, qui ont contribué à l’édification de notre groupe de presse. Ce prix leur revient à tous</p>



<p>Un dernier mot de gratitude va à l’amour de ma vie, Emena, qui m’accompagne depuis plus de 60 ans.</p>



<p>Que Dieu vous bénisse tous et merci.</p>



<p><strong><em>Discours d&rsquo;acceptation sur Youtube.</em></strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="&quot;The future belongs to Africa&quot; - Afif Ben Yedder" width="1160" height="653" src="https://www.youtube.com/embed/i9RAnoGNufA?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/11/media-afif-ben-yedder-recoit-le-prix-amls-pour-sa-carriere/">Média : Afif Ben Yedder reçoit le prix AMLS pour sa carrière</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le 1er mai à Tunis : festival de la diversité par la photo, le débat et l’engagement citoyen</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/04/le-1re-mai-a-tunis-festival-de-la-diversite-par-la-photo-le-debat-et-lengagement-citoyen/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 May 2023 05:41:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[béchir ben yahmed]]></category>
		<category><![CDATA[Bechir Khraief]]></category>
		<category><![CDATA[Cité de la Culture]]></category>
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		<category><![CDATA[Franz Fanon]]></category>
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		<category><![CDATA[Ons Jabeur]]></category>
		<category><![CDATA[Université de Manouba]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La diversité tunisienne présentée dans une série d'événements culturels à la Cité de la culture de Tunis. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/04/le-1re-mai-a-tunis-festival-de-la-diversite-par-la-photo-le-debat-et-lengagement-citoyen/">Le 1er mai à Tunis : festival de la diversité par la photo, le débat et l’engagement citoyen</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le vernissage de l’exposition photographique «Une diversité tunisienne» a constitué l’évènement culturel marquant de la semaine du 1<sup>er</sup> mai à la Cité de la Culture de Tunis.</em></strong> <strong><em>Bien que cet évènement fût quelque peu gâché par l’affaire de la censure à la Foire du livre de Tunis, il n’en reste pas moins l’évènement heureux du printemps des arts.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Imen Bahri</strong></p>



<span id="more-7742344"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Imen-Bahri.jpg" alt="" class="wp-image-7742365" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Imen-Bahri.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Imen-Bahri-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Imen-Bahri-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Occupant tout l’espace de la Galerie Hamadi Essid de la Cinémathèque, le groupe des<em> Artistes réunis</em> du Laboratoire du patrimoine de l’Université de Manouba nous a offert une fresque de la diversité tunisienne qui s’étale sur plus de 25 siècles d’histoire et sur tous les coins et recoins d’un territoire qui a été marqué des mains de l’homme depuis des millénaires.</p>



<p>Les photographes ont cherché en premier à saisir les traits des figures et visages de notre beauté féminine pour en faire un des plus beaux tableaux de l’exposition : «<em>Les belles de Tunis</em>» est un poster qui compose des portraits de jeunes tunisiennes aussi belles l’une que l’autre dans cette nuance de couleurs et de regards.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="600" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Belles-de-Tunis.jpg" alt="" class="wp-image-7742475" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Belles-de-Tunis.jpg 600w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Belles-de-Tunis-300x300.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Belles-de-Tunis-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Belles-de-Tunis-120x120.jpg 120w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Belles-de-Tunis-360x360.jpg 360w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Belles-de-Tunis-580x580.jpg 580w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure></div>


<p>A l’entrée de l’exposition, deux grands portraits nous accueillent&nbsp;: l’idole de la nation Ons Jabeur à côté de la jeune artiste chanteuse, star montante, Khaoula Tawes; deux jeunes dames qui illustrent le charme attractif de cette nouvelle génération de femmes aussi belles que combattives.</p>



<p>A mesure qu’on avance, on est pris dans la complexité de cette diversité qui interpelle aussi bien l’histoire, les lieux, les métiers et les arts.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Hommage à Béchir Ben Yahmed</h2>



<p>Deux posters constituent aussi des moments forts de l’expo : celui dédié à feu Béchir Ben Yahmed, fondateur de <em>Jeune Afrique</em> décédé en 2021, l’homme est montré dans son environnement professionnel et protocolaire avec les grands du monde, de Bourguiba dont il était le premier secrétaire d’Etat à l’information dès l’indépendance et jusqu’aux chefs d’États moderne d’Afrique et du monde.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="600" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Bechir-Ben-Yahmed-1.jpg" alt="" class="wp-image-7742479" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Bechir-Ben-Yahmed-1.jpg 600w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Bechir-Ben-Yahmed-1-300x300.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Bechir-Ben-Yahmed-1-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Bechir-Ben-Yahmed-1-120x120.jpg 120w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Bechir-Ben-Yahmed-1-360x360.jpg 360w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Bechir-Ben-Yahmed-1-580x580.jpg 580w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure></div>


<p>Notre ami, Ridha Kéfi, ancien collaborateur de Béchir Ben Yahmed à <em>Jeune Afrique,</em> lui a rendu, en ce jour du 1<sup>er</sup> mai, un vibrant hommage, évoquant avec les présents des moments forts de la vie de l’homme, qui fut le plus jeune parmi les dirigeants politiques de la Tunisie indépendante; mais éveillé de façon précoce aux risques de ce métier, lui préféra l’indépendance et l’aventure médiatique en lançant <em>Jeune Afrique</em> à Rome puis à Paris, ville de la liberté. Cette longue marche du journaliste qui dura plus de soixante ans avec lui et qui continue après lui est la chose la plus précieuse que BBY légua à tout un continent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et à Édouard Glissant</h2>



<p>Un autre poster est dédié à la mémoire de l’écrivain Édouard Glissant, philosophe de la créolisation du monde et fondateur de l’Institut du Tout-Monde. En 2009, le philosophe fut invité à Tozeur pour présider un colloque international sur le monde arabe et l’esclavage, et c’est là qu’il a pu mesurer à quel point les élites arabes, même universitaires, étaient confortablement installées dans une attitude de <em>«déni»</em> total, un déni nourri par tant de préjugés et de mythes dont le plus répandu est celui du <em>«bon maître et du bon esclave»</em>.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="600" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Edouard-Glissant.jpg" alt="" class="wp-image-7742483" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Edouard-Glissant.jpg 600w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Edouard-Glissant-300x300.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Edouard-Glissant-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Edouard-Glissant-120x120.jpg 120w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Edouard-Glissant-360x360.jpg 360w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Edouard-Glissant-580x580.jpg 580w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure></div>


<p>Édouard Glissant, en collaboration avec deux historiens tunisiens, prend l’initiative de rédiger l’appel de Tozeur, appelant le monde arabe à reconnaitre le crime de l’esclavage comme une ignominie, à l’enseigner et à se remémorer cet épisode chaque fois que c’est nécessaire.</p>



<p>La déclaration est exposée pour témoigner de cette heureuse rencontre entre le philosophe et le Djérid.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le sacré dans tous ses états</h2>



<p>Le thème du sacré dans la diversité de ses expressions a constitué cet autre moment fort de l’exposition. Le sacré en fête à travers la <em>Ghriba </em>de Djerba où la <em>Banga</em> de Nefta; les lieux sacrés, les vieux cultes qui perdurent encore montrant que les croyances les plus anciennes peuvent resurgir dans le paysage derrière un mur de pierre ou dans un arbre qui affiche des lambeaux de tissus votifs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Figures et scènes des arts</h2>



<p>Musique chants et peinture sont les invités aussi de cette exposition à travers les anciennes et nouvelles figures de ces arts dans la diversité de leurs créations.</p>



<p>De Habiba Msika à Oulaya, et de Ali Riahi à Zied Gharsa, les chants et rythmes profonds sont présents.</p>



<p>Mais le théâtre aussi, avec des scènes de l’épopée théâtrale tunisienne qui dure depuis plus d’un siècle et qui montre que cet art qui a fait la Tunisie culturelle ne cesse de se renouveler et de développer ses ressources.</p>



<p>La force de l’image est de pouvoir, à travers scènes et figures, exprimer des émotions et orienter le regard vers le beau. Plus que les mots ou le verbe ou même le son, la photographie, dans sa mise en scène, est dans ce moment de l’instantané une émotion forte captée et diffusée.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="600" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Figures-de-la-scene-tunisienne.jpg" alt="" class="wp-image-7742494" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Figures-de-la-scene-tunisienne.jpg 600w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Figures-de-la-scene-tunisienne-300x300.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Figures-de-la-scene-tunisienne-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Figures-de-la-scene-tunisienne-120x120.jpg 120w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Figures-de-la-scene-tunisienne-360x360.jpg 360w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Figures-de-la-scene-tunisienne-580x580.jpg 580w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure></div>


<p>Le colloque international <em>«Racisme et antiracisme en Tunisie et dans le monde, à travers l’histoire»</em> a constitué l’autre moment fort de la journée&nbsp;: des historiens, politologues et anthropologues ont invité à leurs débats les penseurs qui ont le plus contribué à la décolonisation et au combat contre les formes de racisme en Afrique et dans le monde&nbsp;: J.-P. Sartre, Franz Fanon, Edourd Glissant, et Albert Memmi.</p>



<p>Les questions du vivre ensemble, des conditions du migrant, errant et rejeté, les thèmes de la critique artistique des formes de la ségrégation soulevés à l’occasion d’un roman traduit&nbsp;<em>Barg Ellil</em> de feu Béchir Khraief.</p>



<p>Un film qui raconte les déboires des Subsahariens en Tunisie et la polémique violente, soulevée à l’occasion, et pour bien finir un jeune artiste noir africain qui chante du <em>Slam</em> «<em>A qui la faute, aux résidents ou aux migrants</em>…»</p>



<p>Une journée bien pleine, artistique, scientifique et humaine. Une journée citoyenne aussi, puisque les présents ont été invités à signer une <em>«Pétition de l’association Beyti sur les conditions des migrants subsahariens en Tunisie»</em>. Une lecture du texte et des revendications de ces exclus dont la plus urgente est celle d’une régularisation immédiate de leur statut. Cela fait de la journée aussi, une journée d’initiative citoyenne.</p>



<p>Le film de la soirée <em>The last of us</em> de Alaeddine Slim est tombé à pic pour clôturer une soirée mémorable, la soirée de réconciliation avec Mamma Africa, un festival de la diversité.</p>



<p>* <em>Artiste photographe, commissaire de l’exposition.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/04/le-1re-mai-a-tunis-festival-de-la-diversite-par-la-photo-le-debat-et-lengagement-citoyen/">Le 1er mai à Tunis : festival de la diversité par la photo, le débat et l’engagement citoyen</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Tahar Ben Ammar, le combattant subtil de l’indépendance de la Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/20/tahar-ben-ammar-le-combattant-subtil-de-lindependance-de-la-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Nov 2022 07:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Chedly Ben Ammar]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
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		<category><![CDATA[Néo-Destour]]></category>
		<category><![CDATA[Salah Ben Youssef]]></category>
		<category><![CDATA[Tahar Ben Ammar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour sur le destin d'un homme, Tahar Ben Ammar, l'un des principaux architectes de l'indépendance de la Tunisie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/20/tahar-ben-ammar-le-combattant-subtil-de-lindependance-de-la-tunisie/">Tahar Ben Ammar, le combattant subtil de l’indépendance de la Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>En 1969, après le désastre des coopératives, Habib Bourguiba en larmes trouva utile de tirer Tahar Ben Ammar de sa retraite pour le décorer. Geste bien tardif, quand on sait l’humiliation que le Combattant suprême fit subir au Combattant subtil, dont l’unique tort fut, aux yeux de son rival, d’avoir signé l’accord de l’indépendance, le 20 mars 1956, à Paris.   </em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia </strong>*</p>



<span id="more-5063360"></span>



<p>Si Tahar Ben Ammar (1889-1985) n’avait pas existé, il aurait fallu l’inventer. Président de la Chambre d’Agriculture, du groupe tunisien au sein du Grand Conseil, membre du Conseil consultatif pour l&rsquo;Afrique du Nord, président du Front National, ami du Prince Fayçal d’Arabie, de l’Agha Khan, Edgar Faure, François Mitterrand, Richard Nixon, le Sultan Mohamed V du Maroc au bénéfice de qui&nbsp;il intercéda&nbsp;afin d’en obtenir le retour d’exil, ses références et son carnet d’adresses ont de quoi impressionner. Il avait ce don rare de susciter des amitiés, et de les conserver.</p>



<p>Architecte de l’autonomie interne puis de l&rsquo;indépendance de la Tunisie, c’est lui qui en tant que chef du gouvernement de la régence avait conduit des négociations dures sans concessions avec la partie française, avec en toile de fond l’hostilité du lobby colonial français, la rivalité entre Habib Bourguiba et Salah Ben Youssef, et les manœuvres du palais beylical et de la résidence générale française.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le porte-parole de la Tunisie en France</h2>



<p>Tahar Ben Ammar, dès 1921, avait été le porte-parole de la Tunisie en France en faveur d’une Constitution ouvrant la voie vers la reconnaissance ultérieure de la souveraineté nationale en accord avec&nbsp;la déclaration du président américaine&nbsp;Wilson.</p>



<p>Il avait été en 1920 l’un des membres fondateurs du Parti libéral constitutionnel (Destour) présidé par Abdelaziz Thaalbi et s’en était retiré pour garder sa marge de manœuvre. D’une manière générale, et lors du cheminement vers l’indépendance, il avait été en symbiose avec Habib Bourguiba.</p>



<p>L’auteur du livre laisse penser que son père jouissait d’une large marge de manœuvre, sinon d’une liberté totale, et qu’en général, il informait plus qu’il ne consultait le président du parti Néo-Destour, qui quoique souvent en détention ou en résidence surveillée, détenait la réalité du pouvoir au sein du mouvement national tunisien.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="7nHAp8yyOl"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/09/ahmed-rahmouni-le-conjure-rescape-des-trefonds-de-la-memoire/">Ahmed Rahmouni, le conjuré rescapé des tréfonds de la mémoire</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Ahmed Rahmouni, le conjuré rescapé des tréfonds de la mémoire » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/09/ahmed-rahmouni-le-conjure-rescape-des-trefonds-de-la-memoire/embed/#?secret=pWRlU8WbHB#?secret=7nHAp8yyOl" data-secret="7nHAp8yyOl" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ainsi contre Salah Ben Youssef, Tahar Ben Ammar, adepte de la réalisation des objectifs par étapes, se situa toujours fort logiquement dans le camp de Habib Bourguiba et il se prêta même à la manœuvre (c’en était bien une!) qui poussa le secrétaire général du Néo-Destour déchu à s’enfuir en Libye en janvier 1956. Cela mit fin à la guerre civile qui menaçait d’emporter le pays.</p>



<p>Malgré cela et après les accords de l’indépendance, il tenta de le convaincre de revenir, estimant que la principale pomme de discorde entre les deux hommes&nbsp;avait disparu. Mais c’était méconnaître l’hostilité implacable qui désormais séparait irrémédiablement les deux têtes du Néo-Destour. Et quand Bourguiba prit entre ses mains les rênes du pays, personne n’imaginait la suite, avec l’emprisonnement&nbsp;en 1958 de Tahar Ben Ammar et de son épouse pour une histoire scabreuse montée de toutes pièces, d’un recel de bijoux et d’argent appartenant à la famille du Bey.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Combattant Suprême et&nbsp;le Combattant Subtil</h2>



<p>En refusant de s’insérer dans les basses manœuvres dont le but était de justifier l’abolition du Beylicat devant le souverain marocain, Tahar Ben Ammar s’exposa ainsi à la vindicte de Bourguiba dont le caractère ombrageux et la rancune n&rsquo;ont pas peu contribué à l’instauration de son pouvoir personnel et son emprise sur le parti.</p>



<p>Ainsi parmi tous les membres du Néo-Destour qui comptaient, seuls Bechir Ben Yahmed et Mohamed Masmoudi osèrent critiquer l’injustice flagrante, au risque d’en subir des conséquences durables. Et les maquisards qui se souvenaient comment il leur avait fait parvenir des cargaisons d’armes lors de la lutte armée et qui se proposaient de protester pour le soutenir furent priés de garder leur calme, de préserver la paix civile, et de le laisser se défendre seul.&nbsp;</p>



<p>En fin de compte, Tahar Ben Ammar&nbsp;a subi&nbsp;un redressement fiscal, auquel cas les services du ministère des Finances&nbsp;eussent dû suffire pour faire l’économie d’un mauvais procès conduit par une justice d’exception, et&nbsp;cinq mois d’emprisonnement avec son épouse pour les soi-disant besoins de l’enquête, mais cette affaire marqua sa fin politique, et Bourguiba eut ainsi le champ libre pour remodeler l’Histoire et les mémoires à son image.</p>



<p>Jalousie? Orgueil? Accuser un fin politique comme le chef du Néo-Destour de mégalomanie ne suffirait pas à convaincre. Le plus probable est que le Combattant Suprême craignît&nbsp;le Combattant Subtil, en raison de l’étendue de ses relations françaises et internationales, de son influence, son rayonnement à l’intérieur même du pays, sa forte personnalité.</p>



<p>Lors du procès, si on peut qualifier ainsi la mascarade dont il fit l’objet, Tahar Ben Ammar fut questionné à propos d’un document obtenu par le résident général dont Habib Bourguiba&nbsp;était le détenteur, de Mohamed Salah Mzali, et du projet de réforme limitée du résident général Voizard, soutenu par le Bey et/ou son fils Chedli,&nbsp;avec un gouvernement et un parlement tunisiens incluant <em>«de jure»</em> des Français. Ce projet avait visiblement déboussolé un militant aussi chevronné que Hédi Nouira, au point de le&nbsp;pousser à démissionner des instances dirigeantes du Néo-Destour. Or, Voizard aurait été, tout comme Mzali, franc-maçon, selon l’auteur du livre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Nationalisme ombrageux et nationalisme apaisé</h2>



<p>Sans doute,&nbsp;lors du procès, voulait-on insinuer que Tahar Ben Ammar le fût également, mais il s’est toujours opposé aux menées du résident général visant à empêcher l’émergence&nbsp; d’institutions tunisiennes homogènes, c’est- à dire réservées&nbsp;aux seuls Tunisiens de souche. Quelle souche? Il compta de nombreux juifs tunisiens parmi ses amis et collaborateurs et il ne faut pas oublier ses contacts avec Elie Cohen Hadria ou André Duran Angliviel, le rôle déterminant que joua un homme comme l’avocat Albert Bessis omniprésent lors des négociations avec la France, ni les liens tissés avec Lucie Faure, l’épouse d’Edgar, qui avait trouvé refuge à Nabeul durant l’occupation allemande de la France et qui lui ouvrit souvent les colonnes de sa revue <em>La nef</em>.&nbsp; Il n’en fut pas pour autant un cosmopolite, son engagement en faveur de l’indépendance totale du pays fut immanent, jamais contredit par les faits ou les évènements.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="munpA20jxm"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/09/28/tahar-ben-ammar-une-biographie-subjective/">Tahar Ben Ammar : Une biographie subjective</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tahar Ben Ammar : Une biographie subjective » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2017/09/28/tahar-ben-ammar-une-biographie-subjective/embed/#?secret=f07glUBmsn#?secret=munpA20jxm" data-secret="munpA20jxm" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ainsi,&nbsp;face au nationalisme ombrageux et au réformisme radical de Bourguiba, d’expression populiste, Tahar Ben Ammar représentait le nationalisme apaisé et le réformisme modéré des milieux d’affaires et des grands propriétaires terriens entretenant des relations cordiales avec le capitalisme étranger, qui se serait volontiers accommodé d’une monarchie parlementaire de type britannique, sinon on peut le supposer&nbsp;proche du modèle marocain. Bref, il constituait une alternative politique crédible, et cela, un régime nationaliste autoritaire tirant sa légitimité de l’adhésion des masses ne pouvait pas le tolérer.</p>



<p>En 1969, après le désastre des coopératives, un Bourguiba en larmes trouva utile de le tirer de sa retraite pour le décorer. Néanmoins, on se posera toujours la question de savoir comment le fils d’un agriculteur et éleveur aisé ayant quitté le lycée Carnot avant le baccalauréat pour diriger les affaires de sa famille, aura pu maîtriser de cette manière la langue de Molière ainsi que les subtilités de la politique nationale et internationale, et sera vu ouvrir toutes les portes, y compris celles du président américain Wilson en 1921, au point de devenir l’interlocuteur indispensable lors des négociations pour l’indépendance de son pays. Il y a là un mystère qui n’altère en rien le charme et la grandeur du personnage trente sept ans après sa mort.&nbsp;</p>



<p><em>* Médecin de libre pratique. </em></p>



<p><strong><em>‘‘Tahar Ben Ammar, le combat d’un homme, le destin d’une nation’’ (en arabe), par Chedly Ben Ammar, Tunis, 2015.</em></strong></p>
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		<title>Jeune Afrique et Israël : La chute d&#8217;un tabou de 65 ans</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/12/29/jeune-afrique-et-israel-la-chute-dun-tabou-de-65-ans/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Dec 2021 10:41:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La ligne éditoriale du magazine Jeune Afrique est-elle en train de changer depuis le décès, le 3 mai 2021, de Béchir Ben Yahmed, son fondateur et principal dirigeant pendant plus de soixante ans ? On pourrait être tenté de le penser après la publication, dans le dernier numéro du magazine hebdomadaire parisien (N° 3108 &#8211;...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/12/JA-Israel-1.jpg" alt="" class="wp-image-375153"/></figure></div>



<p><strong><em>La ligne éditoriale du magazine Jeune Afrique est-elle en train de changer depuis le décès<strong><em>, le 3 mai 2021</em></strong></em></strong>,<strong><em> de <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2021/05/03/in-memoriam-bechir-ben-yahmed-celebre-et-meconnu/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Béchir Ben Yahmed</a>, son fondateur et principal dirigeant pendant plus de soixante ans ? On pourrait être tenté de le penser après la publication, dans le dernier numéro du magazine hebdomadaire parisien (N° 3108 &#8211; janvier 2022), d&rsquo;un dossier spécial intitulé « Israël &#8211; Afrique&nbsp;: session de rattrapage » avec de la publicité israélienne&#8230; C&rsquo;est en tout cas un tabou, vieux de 65 ans, qui vient de tomber&#8230;</em></strong></p>



<p>Par<strong> Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-375149"></span>



<p>Comme il n&rsquo;y a eu aucun mot officiel de la part de la direction actuelle pour justifier ou du moins expliquer ce radical changement de cap qui, dans la vie d&rsquo;un journal, a une très forte signification et pourrait même avoir d&rsquo;importantes répercussions sur ses relations futures avec son lectorat, on peut lire dans cette omission une certaine gêne vis-à-vis non seulement de ce lectorat, mais aussi de l&rsquo;histoire du magazine, de son image et de ses engagements tels que définis et défendus par son fondateur, feu BBY, qui, de son vivant, n&rsquo;a jamais voulu de dossier avec publicité venant de deux pays : l&rsquo;Afrique du Sud du temps de l&rsquo;apartheid et Israël au temps des colonies palestiniennes. Et on ne sait pas ce qu&rsquo;il aurait pu penser, là-haut, d&rsquo;un tel changement de cap initié par ses successeurs.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/12/JA-Israel-2.jpg" alt="" class="wp-image-375154" width="500"/></figure></div>



<h2 class="wp-block-heading">Les temps changent</h2>



<p>Bien entendu, les temps changent&#8230; Et les lecteurs ont constaté que le dossier défend bec et ongle&nbsp;la <em>«nouvelle coopération»</em> entre Israël et l&rsquo;Afrique, alors que, rappelons-le, le prochain sommet de l&rsquo;Union africaine (UA) va remettre sur le tapis – et cette fois avec vote – l&rsquo;admission d&rsquo;Israël comme Etat observateur au sein de l&rsquo;organisation panafricaine.</p>



<p><em>«Cette tentative est la 3e, après 2013, 2016 et 2021. Mais cette fois, la stratégie va changer : la décision sera soumise à un vote à la majorité, où Israël dispose de 46 voix sur 55. Ce vote permettra de passer outre l&rsquo;opposition farouche de 9 pays, dont l&rsquo;Algérie, la Tunisie, la Libye et l&rsquo;Afrique du Sud. Le Maroc qui soutient cette méthode – qui avait servi à l&rsquo;admission de la RASD en 1982 – va batailler pour»</em>, fait remarquer à ce propos un fin observateur des affaires africaines. En rappelant que&nbsp;<em>«pour JA comme pour le Maroc, l&rsquo;UA compte 54 pays membres, et non 55 (avec la RASD).»</em></p>



<p>La nouvelle équipe de JA prend donc acte des changements géopolitiques survenus dans le monde et des évolutions en cours dans le continent africain, non seulement pour accompagner ces évolutions ou les expliquer, mais pour les anticiper et même les préparer et les accélérer, y compris son ouverture progressive sur les nouvelles puissances médianes ou régionales comme Israël, la Turquie ou la Chine. Dans ce dossier, l’Afrique est même qualifiée de <em>«nouvelle terre promise»</em> pour les Israéliens…</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les lecteurs avaient droit à une explication </h2>



<p>Le fait que plusieurs pays arabes, notamment dans le Golfe, ont récemment noué des relations diplomatiques, sécuritaires et économiques avec Israël semble aussi avoir pesé dans le changement de cap éditorial de JA. </p>



<p>Le fait surtout que le Maroc ait renoué ses relations avec Israël a sans doute également joué dans la décision de JA, qui entretient des relations historiques avec ce pays, lesquelles ont évolué très positivement avec l&rsquo;avènement du roi Mohammed VI, évolution concrétisée par la reconnaissance désormais officielle par JA de l&rsquo;appartenance du Sahara au Royaume chérifien. </p>



<p>Cela se comprend, certes. Mais une explication en direction du lectorat du magazine n&rsquo;aurait pas été superflue, comme l&rsquo;aurait peut-être dit BBY.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Article lié : </em></h4>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="3oo6a5bdLJ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/03/in-memoriam-bechir-ben-yahmed-celebre-et-meconnu/">In memoriam : Béchir Ben Yahmed, célèbre et méconnu</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« In memoriam : Béchir Ben Yahmed, célèbre et méconnu » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/03/in-memoriam-bechir-ben-yahmed-celebre-et-meconnu/embed/#?secret=YUNY0AH8ht#?secret=3oo6a5bdLJ" data-secret="3oo6a5bdLJ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/12/29/jeune-afrique-et-israel-la-chute-dun-tabou-de-65-ans/">Jeune Afrique et Israël : La chute d&rsquo;un tabou de 65 ans</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>La Tunisie saura-t-elle honorer dignement la mémoire de Béchir Ben Yahmed ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 May 2021 10:39:30 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[béchir ben yahmed]]></category>
		<category><![CDATA[Fawzia Zouari]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Romancière, essayiste et chroniqueuse à ‘‘Jeune Afrique’’ depuis le milieu des années 1990, Fawzia Zouari a réagi à chaud hier, lundi 3 mai 2021, à l’annonce du décès du fondateur du magazine parisien, par un post Facebook que nous reproduisons ci-dessous et qui témoigne d’une grande amitié pour celui que ses collaborateurs appellent affectueusement BBY,...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/04/la-tunisie-saura-t-elle-honorer-dignement-la-memoire-de-bechir-ben-yahmed/">La Tunisie saura-t-elle honorer dignement la mémoire de Béchir Ben Yahmed ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Bechir-Ben-Yahmed-Habib-Bourguiba.jpg" alt="" class="wp-image-347834"/><figcaption><br><em>Rencontre à l’Hôtel Plaza New York, 22 Novembre 1956. À droite Allala Laouiti, Baccar Ayachi, Habib Bourguiba, Simone Ayachi, Habib Bourguiba Jr. À gauche Mustapha Abdessalem, Azzouz Mathari, Béchir Ben Yahmed (Ph. Fondation Habib Bourguiba).</em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Romancière, essayiste et chroniqueuse à ‘‘Jeune Afrique’’ depuis le milieu des années 1990, Fawzia Zouari a réagi à chaud hier, lundi 3 mai 2021, à l’annonce du décès du fondateur du magazine parisien, par un post Facebook que nous reproduisons ci-dessous et qui témoigne d’une grande amitié pour celui que ses collaborateurs appellent affectueusement BBY, une amitié faite d’un mélange de gratitude, de respect et d’affection.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Fawzia Zouari</strong></p>



<span id="more-347832"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/05/Fawzia-Zouari.jpg" alt="" class="wp-image-298661"/></figure></div>



<p>Il y a des personnes qu’on croit éternelles. Et elles s’en vont. Béchir Ben Yahmed en fait partie. Jamais je n’aurais cru qu’il mourrait un jour. Notre dernière réunion de la rédaction remonte à quelques semaines. Il était là, vif et alerte, de corps et d’esprit. Il tenait la barre de la même main de maître, décidant de tout avec le même mordant et la même exigence.</p>



<p>Plus qu’un patron, c’était un ami, un père, un mentor pour moi. C’est dire si je ne me sens pas professionnellement orpheline. Je me sens orpheline tout court.</p>



<p>Je l’ai côtoyé pendant près d&rsquo;un quart de siècle. Brillant, sévère, direct, une discipline sans faille. Tout le monde le craignait, mais il nous fascinait tous. On finissait par aimer ses ordres, ses colères, ses provocations.</p>



<p>Je me souviens du jour où je suis entrée pour la première fois dans son bureau. Il m’avait posé un ultimatum. C’était l’IMA ou<em> ‘‘Jeune Afrique’’.</em> Je brûlais les vaisseaux et il m’engageait.</p>



<p>Des années dans la «piscine» à apprendre le métier de journaliste dont je n’avais aucune idée. Et je me noyais souvent. Et je pleurais aussi, lorsqu’il jetait mes papiers dans la poubelle ou me disait que je n’étais pas faite pour ce métier. Certaines fois, quand j’en avais assez, j’allais le voir et demandais un répit. Je quittais le journal pendant des mois puis je revenais. Sa porte était toujours ouverte. Je recommençais. Il ne me complimentait pas pour autant. Il ne faisait pas de compliments. Le jour où il vous dit<em> «Votre papier est publiable» </em>vous pouvez être sûr que vous venez d’écrire le meilleur texte de votre carrière. Le jour où il vous appelle par votre prénom, vous pouvez considérer que c’est un bon jour.</p>



<p>Me concernant, quelque chose me faisait penser que, au fond, il m’aimait bien. Qu’il avait compris que j’étais du genre à ne pas mettre sous cloche. Que je pouvais partir et revenir dans la cage à ma guise. Que j’étais «incontrôlable» selon ses termes, mais loyale et honnête.</p>



<p>En réalité, derrière la façade de tyran, il y avait l’homme. Son cœur gros comme ça. Sa tendresse enfouie. Lorsque vous tombez, BBY vous relève. Il l’a fait avec des journalistes éprouvés par les aléas de la vie, le chômage ou la maladie. Il l’a fait lorsque Malek Chebel est venu le voir quelques mois avant de décéder d’une grave maladie.<em> «J’ai encore des choses à dire, lui avait confié l’islamologue, et je n’ai pas la force de le faire». </em>BBY avait tout mis en branle pour que Malek puisse réaliser son vœu d’écrire ses dernières pensées. Il m’avait alors chargée de faire ce travail qu’il avait publié à ses frais.</p>



<p>L’écrivaine et la journaliste que je suis lui doivent beaucoup. La Tunisienne aussi. Notre pays doit être fier d’avoir engendré un tel homme. Car il ne naît pas tous les jours un Ben Yahmed dans le monde. Nous attendons de voir, justement, comment la Tunisie, fût-elle aux prises avec des difficultés en tous genres, saura honorer dignement sa mémoire.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Article lié :</em></h4>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="vM7fP8LSA6"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/03/in-memoriam-bechir-ben-yahmed-celebre-et-meconnu/">In memoriam : Béchir Ben Yahmed, célèbre et méconnu</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« In memoriam : Béchir Ben Yahmed, célèbre et méconnu » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/03/in-memoriam-bechir-ben-yahmed-celebre-et-meconnu/embed/#?secret=cMctl6p0Qz#?secret=vM7fP8LSA6" data-secret="vM7fP8LSA6" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles de la même auteure dans Kapitalis : </em></h4>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="IU897A1MD0"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/27/monsieur-erdogan-qui-vous-a-demande-de-parler-en-mon-nom/">Monsieur Erdogan, qui vous a demandé de parler en mon nom ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Monsieur Erdogan, qui vous a demandé de parler en mon nom ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/27/monsieur-erdogan-qui-vous-a-demande-de-parler-en-mon-nom/embed/#?secret=hYnUQxXhk6#?secret=IU897A1MD0" data-secret="IU897A1MD0" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="NE67sPjnug"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/06/15/les-tunisiens-de-letranger-payeront-ils-la-jizya/">Les Tunisiens de l’étranger payeront-ils la jizya ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les Tunisiens de l’étranger payeront-ils la jizya ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/06/15/les-tunisiens-de-letranger-payeront-ils-la-jizya/embed/#?secret=iOeAfNpfz3#?secret=NE67sPjnug" data-secret="NE67sPjnug" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="fy41mcEYqb"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/05/12/abir-moussi-est-le-seul-mec-de-la-tunisie/">Abir Moussi est le seul «mec» de la Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Abir Moussi est le seul «mec» de la Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/05/12/abir-moussi-est-le-seul-mec-de-la-tunisie/embed/#?secret=3OY6Qvkpt4#?secret=fy41mcEYqb" data-secret="fy41mcEYqb" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/04/la-tunisie-saura-t-elle-honorer-dignement-la-memoire-de-bechir-ben-yahmed/">La Tunisie saura-t-elle honorer dignement la mémoire de Béchir Ben Yahmed ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>In memoriam : Béchir Ben Yahmed, célèbre et méconnu</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 May 2021 13:26:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[MEDIA]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[François Soudan]]></category>
		<category><![CDATA[Jeune Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Ben Smail]]></category>
		<category><![CDATA[Mongi Slim]]></category>
		<category><![CDATA[Zyad Limam]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Béchir Ben Yahmed, directeur fondateur de Jeune Afrique, un grand journaliste et un fin analyste des affaires du monde, vient de nous quitter ce matin, lundi 3 mai 2021, dans un hôpital parisien. Il avait 93 ans. Sa mort intervient le jour de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/03/in-memoriam-bechir-ben-yahmed-celebre-et-meconnu/">In memoriam : Béchir Ben Yahmed, célèbre et méconnu</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Bechir-Ben-Yahmed.jpg" alt="" class="wp-image-347733"/><figcaption><em>Ph. Bruno Lévy</em>.</figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Béchir Ben Yahmed, directeur fondateur de Jeune Afrique, un grand journaliste et un fin analyste des affaires du monde, vient de nous quitter ce matin, lundi 3 mai 2021, dans un hôpital parisien. Il avait 93 ans. Sa mort intervient le jour de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse et cette coïncidence est très symbolique de son parcours et de ses combats. En cette douloureuse circonstance, je voudrai partager ce modeste témoignage sur un homme, qui a beaucoup compté dans mon parcours professionnel et humain.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Ridha Kéfi</strong></p>



<span id="more-347740"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/03/Ridha-Kefi.jpg" alt="" class="wp-image-203122"/></figure></div>



<p>J’ai eu la chance de connaître de près Feu Mohamed Ben Smail, fondateur de Cérès éditions, qui a édité certains de mes livres et c’est grâce à lui que j’ai eu la chance de connaître Béchir Ben Yahmed, son ami de toujours, et de travailler sous sa direction rigoureuse et éclairée.</p>



<p>Avant de connaître de près les deux hommes, qui, dans les années 1970-1980 étaient déjà au faîte de la notoriété, j’étais jeune écrivain et journaliste débutant et ils étaient pour moi des maîtres, des modèles sinon même des idoles.</p>



<p>J’ai dit que c’est Si Mohamed qui m’a recommandé à Si Béchir. C’était en 1994. Souhayer Belhassen et Sophie Bessis qui ont longtemps couvert la Tunisie pour<em> ‘‘Jeune Afrique’’ </em>étaient parties. Le magazine avait besoin de quelqu’un pour remplir le vide laissé à Tunis et Tunis comptait beaucoup pour le magazine.</p>



<p>À l’époque, j’étais rédacteur en chef adjoint du journal<em> ‘‘Le Temps’’</em> et j’avais maille à partir avec Abdelwaheb Abdallah, le chien de garde de Ben Ali, qui a exigé de la direction de Dar Assabah et a même obtenu que je n’écrive plus d’éditoriaux ou de chroniques. J’étais frustré et Si Mohamed était mon confident. C’est ainsi que sa recommandation m’a ouvert les portes de <em>‘‘Jeune Afrique’’.</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Ma première rencontre avec BBY</h3>



<p>Je me souviendrais toujours de ma première rencontre avec Béchir Ben Yahmed, dans son bureau de la rue d’Auteuil, dans le 16e arrondissement parisien. J’allais passer douze ans dans cette maison, les plus belles années de ma vie de journaliste.</p>



<p>On dit que la première impression est toujours la bonne et le premier quart d’heure que j’ai passé avec BBY, comme l’appellent tous ses journalistes, a été décisif. L’homme m’a paru exactement à l’image qu’on a de lui : rigoureux, concis et précis dans ses questions, attentif aux moindres hésitations, à l’affût de tout signe qui lui permettrait de confirmer une première appréciation. J’étais immédiatement recruté, car il avait beaucoup d’amis à Tunis et il s’était informé. J’apprendrai plus tard qu’il ne s’est pas contenté de jeter un coup d’œil à mon CV ou à la sélection d’articles que je lui avais envoyée, il m’avait demandé une lettre manuscrite et avait fait réaliser mon analyse graphologique. L’une de ses trois secrétaires me le montrera, plusieurs années plus tard.</p>



<p>C’est un aspect qui m’a surpris de la part de cet homme rationaliste, dialecticien, féru de science et de technologie. Il faisait alors faire des études graphologiques des collaborateurs qu’il allait recruter. Mais pas seulement. Il le faisait aussi, parfois, avec certains de ses invités ou même des dirigeants politiques dont il parvenait à avoir un texte manuscrit : c’est un élément d’appréciation supplémentaire pour appréhender les hommes, leurs qualités, leurs défauts, ou leurs destins. Et pour un journaliste ce sont des informations importantes à connaître pour mieux apprécier les hommes et leurs actions.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ni trop près ni trop loin des hommes politiques</h3>



<p>Pour revenir aux débuts de Si Béchir dans la politique et dans la presse, je dirai qu’il a eu la chance inouïe de se retrouver à Paris, étudiant dans une école du commerce, au milieu des années 1950, à un moment où les dirigeants Tunisiens négociaient l’indépendance. C’est ainsi qu’il a côtoyé les Habib Bourguiba, Tahar Ben Ammar, Mongi Slim et d’autres. Il a été pour ainsi dire aux premières loges, car il n’était jamais loin de la salle où se passaient les négociations tuniso-françaises. Et transmettait souvent à Bourguiba des détails importants sur les points d’achoppement des discussions. Il avait même, m’a-t-on appris, fait le chauffeur pour Bourguiba. C’est donc tout naturellement qu’au lendemain de l’indépendance, il s’est retrouvé membre d’un gouvernement formé en majorité de jeunes.</p>



<p>Cependant, si BBY était fasciné par la politique, il n’a jamais été ce qu’on peut appeler un politicien. Il était un bon chef d’équipe et un bon chef d’orchestre, qui aimait diriger des hommes et des femmes pour les aider à tirer le meilleur d’eux-mêmes, mais il n’avait pas l’âme ni la vocation d’un leader. Il ne se voyait pas faire un discours ou haranguer une foule de gens lors d’un meeting populaire. D’ailleurs, il prit rapidement ses distances vis-à-vis de la politique politicienne et trouva sa voie dans l’information et la presse. Il sera donc un médiateur, un homme d’observation et d’analyse, ni trop près ni trop loin de la politique.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un difficile exercice d’équilibriste </h3>



<p>En fondant <em>‘‘L’Action’’</em>, qui deviendra<em> ‘‘Afrique Action’’</em> puis<em> ‘‘Jeune Afrique’’</em>, Si Béchir a creusé son sillon, définitivement. Il a compris aussi qu’en restant en Tunisie, il n’aura pas la distance critique nécessaire pour faire son travail en toute indépendance, mais en partant pour Rome, où il passera deux ans, puis à Paris où il s’installera définitivement, il a gardé des liens très forts avec les autorités tunisiennes. Ces dernières l’aideront d’ailleurs beaucoup dans son entreprise et cette aide se poursuivra pratiquement sans interruption jusqu’à récemment, et je peux personnellement en témoigner.</p>



<p>D’ailleurs, les positions de <em>‘‘Jeune Afrique’’</em> par rapport à ce qui se passe en Tunisie n’ont jamais été bien comprises : souvent critiquées par les différents acteurs, le pouvoir comme l’opposition. Cet exercice d’équilibriste est très difficile, mais Si Béchir a toujours su se maintenir sur une ligne de crête, avec les risques que l’on imagine.</p>



<p>Soucieux de son indépendance mais sans jamais rompre avec les acteurs politiques, à l’écoute de ces derniers et attentif à leurs doléances mais sans jamais se soumettre à leurs diktats, BBY et<em> ‘‘Jeune Afrique’’ </em>sont, à cet égard, un modèle du genre. D’ailleurs, je me souviens d’une boutade que je vais raconter de mémoire: un jour, un journaliste a trouvé que la ligne de <em>‘‘Jeune Afrique’’</em> changeait souvent au gré des événements (par exemple, complètement pro-Saddam lorsque ce dernier a occupé le Koweït, en 1991, puis fortement hostile à ce dernier, au moment de l’occupation américaine de l’Irak, en 2003). Au journaliste qui reprochait à <em>‘‘JA’’</em> de ne pas avoir une ligne claire, BBY a répondu avec un sourire goguenard : <em>«Beaucoup de journaux sont parus après ‘‘JA’’. Ils avaient une ligne claire et même rigide. Certains ont disparu, mais ‘‘JA’’ est toujours là.»</em></p>



<p>Il faut comprendre cette réponse par rapport à la personnalité de BBY : cet homme de grande culture, curieux de tout, dont le plus grand plaisir demeure la lecture (il a d’ailleurs peu de distraction, même en vacances, il passe sa journée à lire et à s’informer), était le contraire d’un idéologue.</p>



<p>C’était un homme réaliste et pragmatique, il ne se gênait pas de changer d’idée ou de position pour peu qu’on réussit à le convaincre. D’ailleurs, et c’est tout à son honneur, il faisait lire souvent ses éditoriaux avant leur parution par certains rédacteurs en chef, chacun selon sa spécialisation, et souvent (j’en ai fait personnellement l’expérience), il prenait en considération leurs remarques et parfois même leurs critiques. Et cet exercice, il y soumettait aussi tous ses collaborateurs, car nous passions tous la moitié de notre temps à lire et à annoter nos articles les uns les autres. Nous nous corrigions. Et c’est le journal qui y gagne en clarté et en précision. Et ce sont, bien sûr, les lecteurs qui en sont, au final, les vrais gagnants.</p>



<p>C’est grâce à cette rigueur que <em>‘‘Jeune Afrique’’ </em>a assuré sa pérennité. D’ailleurs, des collègues français me disaient que la maison de BBY a une bonne réputation dans milieu de la presse en France en tant qu’école de journalisme. Beaucoup de jeunes journalistes y viennent parfois pour parfaire leur formation avant d’aller faire carrière dans les grands magazines de l’Hexagone. C’est une sorte de passage obligé. D’ailleurs, beaucoup de grands journalistes français ont fait leurs premières armes à la rue d’Auteuil.</p>



<p>Je pourrais dire encore plein de choses sur BBY et égrener des souvenirs, mais il suffit de dire qu’il était un homme exceptionnel, célèbre mais méconnu, car très discret et plus soucieux d’apprendre, de comprendre, de s’exprimer et de contribuer à la réflexion sur l’état du monde que de s’épancher sur sa propre personne. </p>



<p>En cette douloureuse circonstance, mes pensées vont pour son épouse (et compagnon de route) Danielle et ses enfants (et disciples) : Amir et Marwane, qui prit la direction de la rédaction en 2007, poursuivant avec la même rigoureuse abnégation l’œuvre de son père. Mais aussi pour Zyad Limam, François Soudan et tous les autres que la mort de BBY laissera aussi orphelins.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/03/in-memoriam-bechir-ben-yahmed-celebre-et-meconnu/">In memoriam : Béchir Ben Yahmed, célèbre et méconnu</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Décès de Béchir Ben Yahmed fondateur de Jeune Afrique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 May 2021 12:43:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le journaliste franco-tunisien et fondateur du groupe panafricain Jeune Afrique, Béchir Ben Yahmed, est décédé à l&#8217;aube de lundi 3 mai 2021, à l&#8217;âge de 93 ans. Grande figure de la presse internationale, Béchir Ben Yahmed, natif de Djerba, qui est diplômé en Hautes études Commerciales (HEC Paris), a fondé en 1960, « Afrique Action », devenu...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Bechir-Ben-Yahmed.jpg" alt="" class="wp-image-347733"/></figure></div>



<p><strong><em>Le journaliste franco-tunisien et fondateur du groupe panafricain Jeune Afrique, Béchir Ben Yahmed, est décédé à l&rsquo;aube de lundi 3 mai 2021, à l&rsquo;âge de 93 ans.</em></strong></p>



<span id="more-347721"></span>



<p>Grande figure de la presse internationale, Béchir Ben Yahmed, natif de Djerba, qui est diplômé en Hautes études Commerciales (HEC Paris), a fondé en 1960, « Afrique Action », devenu Jeune Afrique en 1961, et dont il a gardé la direction de la rédaction jusqu&rsquo;en 2007, date à laquelle François Soudan lui succède.</p>



<p>Béchir Ben Yahmed a également fondé les Éditions du Jaguar, puis enn 2006, il crée La Revue dont il est le directeur et le rédacteur en chef.</p>



<p>Le géant du journalisme, qui a porté l&rsquo;Afrique dans son cœur, a tiré sa révérence, à Paris, à l&rsquo;aube de la Journée mondiale de la liberté de la Presse.</p>



<p>En cette douloureuse circonstance, l&rsquo;équipe de Kapitalis présente ses condoléances les plus attristées à la famille du défunt, ses proches, amis et à ses collaborateurs.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Y. N.</strong></p>
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		<item>
		<title>Boubaker Sghaïer : «Ahmed Safi Saïd voulait écrire Le livre d&#8217;or de Ben Ali»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Apr 2021 07:23:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[MEDIA]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Safi Saïd]]></category>
		<category><![CDATA[ATCE]]></category>
		<category><![CDATA[Attessia TV]]></category>
		<category><![CDATA[béchir ben yahmed]]></category>
		<category><![CDATA[Boubaker Sghaïer]]></category>
		<category><![CDATA[Hamida Naanaa]]></category>
		<category><![CDATA[Samir El-Wafi]]></category>
		<category><![CDATA[Zine El Abidine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la soirée du dimanche 4 avril 2021, le journaliste et député Ahmed Safi Saïd, qui aime être affublé de titre de «moufakker al-kabir» (grand penseur) que lui servent généreusement des animateurs complaisants, était l’invité de l’un d’eux, son ami Samir El-Wafi, sur Attessia TV. Interrogé sur sa propagande mielleuse pour Zine El Abidine Ben...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/04/Safi-Said-Ben-Ali.jpg" alt="" class="wp-image-344295"/><figcaption><em>Ben Ali à Safi Saïd : «Non, merci!».</em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Dans la soirée du dimanche 4 avril 2021, le journaliste et député Ahmed Safi Saïd, qui aime être affublé de titre de «moufakker al-kabir» (grand penseur) que lui servent généreusement des animateurs complaisants, était l’invité de l’un d’eux, son ami Samir El-Wafi, sur Attessia TV. Interrogé sur sa propagande mielleuse pour Zine El Abidine Ben Ali dans ‘‘Al-Moulahedh’’ en 2008, Saïd a prétendu qu’il l’a fait sur la demande insistante de Boubaker Sghaïer, le directeur de cet hebdomadaire, pour que celui-ci ne soit pas fermé par les autorités. Cela est, bien entendu, comme souvent avec le «moufakker al kébir», totalement faux. Petit rappel pour les amnésiques…</em></strong></p>



<p>Par <strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-344293"></span>



<p>Cette affirmation est d’autant plus fausse qu’il n’a jamais été question, et à aucun moment, de fermeture d’<em>‘‘Al-Moulahedh’’</em>, un instrument de propagande au service du Palais de Carthage, mais également, le principal concerné, Boubaker Sghaïer, dément catégoriquement celui qu’il accuse de mensonge et fait d’autres révélations fracassantes sur le passé peu reluisant du <em>«moufakker al-kabir»</em>…</p>



<p><em>«Ahmed Safi Saïd ment comme il respire»</em> est le titre de la publication Facebook de Boubaker Sghaïer, jadis journaliste à la solde de Abdelwahab Abdallah, ancien ministre conseiller du président Ben Ali, et aujourd&rsquo;hui très proche de l’homme d’affaires franco-tunisien Mohamed Ayachi Ajroudi et dirige sa chaîne Al-Janoubia.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/08/Safi-Said-Al-Moulahedh.jpg" alt="" class="wp-image-310715"/><figcaption><em>La fameuse couverture d&rsquo;Al-Moulahedh qu</em>e<em> Safi Saïd voudrait faire oublier.</em></figcaption></figure></div>



<h3 class="wp-block-heading">Le «moufakker al-kabir» voulait écrire ‘‘Le livre d’or de Ben Ali’’</h3>



<p>Ce dernier réfute catégoriquement les propos d’Ahmed Safi Saïd qui prétend avoir été élogieux à l’égard du défunt président Ben Ali sur sa demande insistante pour que son journal ne soit pas interdit par les autorités de l’époque. Saïd, qui ne manque pas de culot, se présente ainsi dans la posture du bienfaiteur, qui a mouillé la chemise et s’est mouillé au passage pour sauver Boubaker Sghaïer.</p>



<p>Ce dernier écrit sur son poste Facebook: <em>«L’entretien avec Al-Moulahedh a été fait à la demande d’Ahmed Safi Saïd lui-même quand il voulait se rapprocher du défunt président Zine El Abidine Ben Ali»</em>, ce qui ne nous étonne guère de la part du<em> «moufakker al-kabir»</em>! Jadis courtisan de Yasser Arafat, Mouammar Kadhafi et de Saddam Husseïn, et qui s’est spécialisé dans la rédaction d’ouvrages (sonnants et trébuchants) à la gloire des dictateurs, qu’est-ce qui l’aurait empêché d’en écrire un à la gloire de Ben Ali, qui n’est ni meilleur ni pire que les autres, car comme le dit Aristote <em>«Qui peut le plus peut le moins».</em></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/04/Post-de-Boubaker-Sghaier.jpg" alt="" class="wp-image-344296" width="500"/><figcaption><em>Le post Facebook de Boubaker Sghaier.</em></figcaption></figure></div>



<p>Boubaker Sghaïer poursuit et là, c’est la cerise sur le gâteau: <em>«Cependant, ce qui est le plus grave et c’est un secret qui est révélé pour la première fois c’est qu’Ahmed Safi Saïd a préparé un projet pour rédiger ‘‘Le livre d’or de Ben Ali’’ et qui devait être édité à Beyrouth mais quand l’idée a été présentée à Ben Ali ce dernier a refusé qu’un livre qui lui soit consacré soit écrit par Ahmed Safi Saïd»</em>, car en homme de renseignement, il était bien renseigné sur les accointances et les pratiques du<em> «moufakker al-kabir»</em>, auquel il refusait d’accorder la moindre caution en louant ses services, sachant pertinemment qu’il ne manquerait pas, rusé qu’il est, de la monnayer. Il faut dire aussi que Ben Ali, tout dictateur qu’il était, avait une plus haute idée de lui-même, préférant financer, via l’Agence tunisienne de communication extérieure (ATCE) de triste mémoire, des ouvrages à sa gloire écrits par des auteurs européens, et, à l’époque, les mercenaires de la plume ne manquaient pas.</p>



<h3 class="wp-block-heading">«Le président Ben Ali est un leader honnête», témoignait Ahmed Safi Saïd</h3>



<p>Bref, celui qui depuis plus d’une décennie campe, au regard des ignorants et des naïfs, le rôle de héros révolutionnaire et de <em>«abqari zamanou»</em> (génie de son temps), pour utiliser son langage levantin, se pliait en quatre pour devenir le prince de la propagande internationale (et pas seulement locale) de Ben Ali ! Et aujourd’hui, alors que son nom apparaît dans les sondages d’opinion pour la présidentielle, il fait tout pour devenir président lui-même ! Un ancien propagandiste de Ben Ali président de la Tunisie ? Décidément, on aurait tout vu, et Ahmed Safi Saïd ne nous étonnera jamais assez avec son culot monstre !</p>



<p>Boubaker Sghaïer écrit dans le même poste Facebook: <em>«Je révélerai beaucoup, surtout ce que m’a dit, sur Ahmed Safi Saïd, Hamida Naanaa, la correspondante à Paris d’‘‘Assafir’’ </em>(journal libanais jadis financé par Yasser Arafat dans lequel écrivait aussi Ahmed Safi Saïd, Ndlr). <em>Et je parlerai des secrets qui m’ont été rapportés par Béchir Ben Yahmed et le projet de la version arabe de ‘‘Jeune Afrique’’»,</em> projet mort-né entre BBY et Safi Saïd.</p>



<p>On rappellera ici au passage que Hamida Naanaa faisait partie de l’orchestre des thuriféraires de Ben Ali et émargeait, elle aussi, sur l’ATCE.</p>



<p>Dans le fameux numéro d’<em>‘‘Al-Moulahedh’’ </em>(n° 792 du 9 au 16 juillet 2008) dont le souvenir rattrape aujourd’hui le sulfureux Ahmed Safi Saïd, ce dernier déclarait notamment: <em>«Le président Zine Al Abidine Ben Ali est un leader honnête, un homme qui sert son pays honnêtement et sérieusement et qui est ouvert à tous les Tunisiens.»</em></p>



<p>Quel bel homme ce Ahmed Safi Saïd! Et surtout quelle belle âme!</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Ec0Am2oWiy"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/08/05/de-quel-droit-mespionne-t-on-se-demande-safi-said/">«De quel droit m’espionne-t-on ?», se demande Safi Saïd</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «De quel droit m’espionne-t-on ?», se demande Safi Saïd » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/08/05/de-quel-droit-mespionne-t-on-se-demande-safi-said/embed/#?secret=UZ4KXGOtkV#?secret=Ec0Am2oWiy" data-secret="Ec0Am2oWiy" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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		<item>
		<title>Tunisie est un désert politique depuis 1955</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2020/07/27/tunisie-est-un-desert-politique-depuis-1955/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jul 2020 14:39:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[béchir ben yahmed]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Hedi Nouira]]></category>
		<category><![CDATA[Mansour Moalla]]></category>
		<category><![CDATA[Radhia Haddad]]></category>
		<category><![CDATA[Salah Ben Youssef]]></category>
		<category><![CDATA[Serge Guetta]]></category>
		<category><![CDATA[Zine El Abidine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chez la majorité de l’élite tunisienne, il a toujours existé une confusion entre l’Etat, l’administration, la république et même la patrie… Un champ sémantique «confusionnel» élaboré explicitement par «le pouvoir personnel» d’Habib Bourguiba et de Zine El Abidine Ben Ali… et même par Béji Caïd Essebsi… La raison de cette situation inique est simple :...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/07/27/tunisie-est-un-desert-politique-depuis-1955/">Tunisie est un désert politique depuis 1955</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2016/11/Bourguiba-et-Ben-Ali-2.jpg" alt="" class="wp-image-71244"/><figcaption><em>Ces deux hommes ont empêché l&rsquo;éclosion de véritables vocations  politique en Tunisie. </em></figcaption></figure>



<p><strong><em>Chez la majorité de l’élite tunisienne, il a toujours existé une confusion entre l’Etat, l’administration, la république et même la patrie… Un champ sémantique «confusionnel» élaboré explicitement par «le pouvoir personnel» d’Habib Bourguiba et de Zine El Abidine Ben Ali… et même par Béji Caïd Essebsi… La raison de cette situation inique est simple : personne ne devrait faire de la politique sauf le chef. Et cela a laissé des traces dans la société tunisienne, où la vie politique, malgré l’habillage vaguement démocratique, est d’une décevante pauvreté.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Helal Jelali</strong> *</p>



<span id="more-309591"></span>



<p>Au lendemain de l’indépendance, Bourguiba ne voulait ni de Premier ministre, ni même de ministre, des secrétaires d’État, c’est déjà suffisant, disait-il. Le <em>«Combattant Suprême»</em> considérait les secrétaires d’Etat et plus tard les ministres comme des hauts fonctionnaires de son cabinet présidentiel ou souvent comme de simples <em>«collaborateurs»</em>…</p>



<p>La politique était son domaine réservé… Feu Radhia Haddad, ancienne présidente de l’Union nationale des femmes tunisiennes (UNFT) déclarait que Bourguiba ne supportait jamais une opinion contraire à la sienne. Ben Ali n’a pas fait mieux… Inimaginable, les deux dernières années de son règne, il avait même interdit à tout fonctionnaire de rencontrer un étranger même à titre privé sans autorisation préalable du ministère de l’Intérieur… Hallucinant encore, cette mesure concernait aussi les hauts fonctionnaires retraités. Au sein des différents gouvernements, le débats et les échanges étaient totalement absents… Cette absence de débat politique avait mis la haute administration devant le fait accompli : gérer le pays par des directives présidentielles et exécuter des textes de loi adoptés par le parlement sans avoir les moyens financiers pour les<em> «décliner»</em>…</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les partis n’étaient que des chambres d’allégeance au chef suprême</h3>



<p>Quant aux partis politiques comme le Néo- Destour (sous Bourguiba) ou le RCD (sous Ben Ali), ils n’étaient que des chambres d’allégeance où les luttes des clans permettaient au chef de l’Etat de choisir ses hommes et ses femmes. Une basse-cour bien décrite par Gustave Flaubert dans<em> ‘‘Madame Bovary’’ </em>qui méprisait les personnalités politiques de la IIIe République.</p>



<p>Nous pouvons donc constater que de 1956 à 2011, la République a été celle de la haute administration et qu’il n’y pas eu d’orientation politique claire en dehors de discours de flagornerie pour maintenir une propagande désuète… En plus, Bourguiba et son équipe n’avaient aucune culture économique. Après l’indépendance, il avait adopté le programme économique de L’UGTT – au menu du congrès du Néo-Destour de Sfax de 1955 : étatisation et collectivisme –. Tout ceci pour que les dirigeants de la centrale syndicale n’aillent pas renforcer le camp de son ennemi juré Salah Ben Youssef. On cite souvent l’ancien Premier ministre Hédi Nouira comme grand économiste, grande erreur, à la fondation de Banque centrale de Tunisie (BCT). C’était le jeune énarque de Paris, Mansour Moalla, qui dirigeait l’institution monétaire. Quant à la première banque du pays, c’était Serge Guetta, natif de Gabès, qui avait préparé le projet avant de passer à la Banque mondiale. Pour la petite histoire, sans lui, Béchir Ben Yahmed n’aurait pas pu lancer<em> ‘‘Jeune Afrique’’</em>.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les droits humains et les libertés publiques ne suffisent pas pour construire un projet politique</h3>



<p>À partir de 2011, ce sont les défenseurs des droits de l’homme, persécutés par Ben Ali, qui animeront les débats politiques… Mais, comme les partis politiques étaient interdits sous Ben Ali, leur seul projet était la consolidation des droits humains… Point de programme social, économique ou culturel… Mais on ne peut bâtir un projet politique juste avec le volet des droits de l’homme… les droits humains et les libertés publiques sont un fondement essentiel dans le processus démocratique, mais ils ne peuvent nullement être suffisants pour construire un projet démocratique!</p>



<p>Encore une fois, la haute fonction publique se trouve aux premières loges pour gérer le pays sans boussole politique… Ce que l’élite et certains médias refusent de comprendre, les meilleurs diplômes du monde ne pourraient faire d’un homme une personnalité politique quand la fibre est absente… L’ancien ministre français de l’Economie et Premier ministre de François Mitterrand, Pierre Bérégovoy, était un ancien métallurgiste sans le baccalauréat… Juste avec un baccalauréat , Alain de Pouzilhac à hissé l’agence de publicité Havas au premier rang mondial et c’était lui qui lancera, plus tard France Médias Monde avec France 24, RFI, et Monte Carlo Doualiya…</p>



<p>La pépinière des hommes politiques, ce sont d’abord les partis, les syndicats, la vie associative et surtout le travail sur le terrain… Ce ne sont pas les universités qui initient cette vocation… Ce ne sont pas non plus les colloques dans les hôtels 5 étoiles et certaines Ong ou think-tanks, qui sont en fait des sièges de lobbys aux desseins parfois obscurs…</p>



<p>Combien de députés dans l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) connaissent le nombre des patients, d&rsquo;élèves, de personnes âgées sans ressources, d’unités manufacturières, ou les chiffres exactes de la production agricole de leur propre région… Très, très peu… La majorité des partis politiques créés après 2011 ressemblent plus à des officines et parfois même à des épiceries…</p>



<p>Revenons à nos antiques savants: la politique, c’est la chose publique et non pas un plan comptable…</p>



<p>* <em>Ancien rédacteur en chef dans une radio internationale.</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Articles du même auteur dans Kapitalis : </h3>



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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/07/27/tunisie-est-un-desert-politique-depuis-1955/">Tunisie est un désert politique depuis 1955</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Béchir Ben Yahmed : Rached Ghannouchi et les islamistes Tunisiens représentent un «échec programmé»</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2019/11/20/bechir-ben-yahmed-rached-ghannouchi-et-les-islamistes-tunisiens-representent-un-echec-programme/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Cherif Benyounes]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Nov 2019 11:04:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[béchir ben yahmed]]></category>
		<category><![CDATA[Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[Jeune Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saied]]></category>
		<category><![CDATA[Rached Ghannouchi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans un éditorial de Jeune Afrique, paru, hier, 19 novembre 2019, Béchir Ben Yahmed, fondateur du journal, a présenté son analyse de la situation politique en Tunisie, dont la gouvernance s&#8217;apprête à connaître un nouveau quinquennat sous l&#8217;emprise des islamistes d&#8217;Ennahdha et, notamment, de leur leader emblématique et ô combien controversé, Rached Ghannouchi&#8230; Le pronostic du...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/11/20/bechir-ben-yahmed-rached-ghannouchi-et-les-islamistes-tunisiens-representent-un-echec-programme/">Béchir Ben Yahmed : Rached Ghannouchi et les islamistes Tunisiens représentent un «échec programmé»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/11/Rached-Ghannouchi-Bechir-Ben-Yahmed.jpg" alt="" class="wp-image-257143"/></figure>



<p><strong><em>Dans un <a href="https://www.jeuneafrique.com/mag/857457/politique/edito-tunisie-rached-ghannouchi-le-mauvais-choix/">éditorial de Jeune Afrique</a>, paru, hier, 19 novembre 2019, Béchir Ben Yahmed, fondateur du journal, a présenté son analyse de la situation politique en Tunisie, dont la gouvernance s&rsquo;apprête à connaître un nouveau</em></strong> <em><strong>quinquennat </strong></em><strong><em>sous l&#8217;emprise des islamistes d&rsquo;Ennahdha et, notamment, de leur leader emblématique et ô combien controversé, Rached Ghannouchi&#8230;</em></strong> <strong><em>Le pronostic du célèbre éditorialiste est sans appel : avec les islamistes, la Tunisie va reculer d&rsquo;un siècle. </em></strong></p>



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<p>Rached Ghannouchi est, désormais, «<em>au coeur du pouvoir</em>», rappelle Béchir Ben Yahmed, du fait de son élection en tant que président de l&rsquo;Assemblée des représentants du peuple (ARP) pour la prochaine législature (2019 &#8211; 2024). Même s&rsquo;il prenait le soin de ne pas prendre de responsabilité dans l&rsquo;Etat, le président d&rsquo;Ennahdha, est, en vérité, et de fait, depuis la révolution, au centre du pouvoir en Tunisie. </p>



<p>Tenant à mettre l&rsquo;accent sur l&rsquo;une des facettes les plus révélatrices du personnage, bien qu&rsquo;anecdotique, Béchir Ben Yahmed rappelle que Rached Ghannouchi refuse de s&rsquo;exprimer dans une autre langue que l&rsquo;arabe. Ce qui en dit long sur son manque de flexibilité et du sens de l&rsquo;évolution, à l&rsquo;image de son idéologie (l&rsquo;islam politique), profondément réactionnaire&#8230;</p>



<p>«<em>Il refuse de s’exprimer dans une autre langue que l’arabe, qu’il maîtrise d’ailleurs moyennement. Bien que réfugié à Londres pendant près de vingt ans, il ne parle même pas couramment l’anglais. Ses compatriotes ont appris à utiliser le français pour communiquer avec l’extérieur, mais lui s’y refuse</em>», a écrit le président du groupe Jeune Afrique.</p>



<p>Mais cette <em>«arriération»</em> ne concerne pas seulement la forme, selon M. Ben Yahmed, et va influer sur tout le pays : «<em>En se donnant un Rached Ghannouchi comme président de l’Assemblée, la Tunisie a régressé d’un siècle; elle est devenue ou risque de devenir comme l’un de ces pays du Moyen-Orient dont nous observons jour après jour l’arriération et qui perdent leur temps en interminables querelles moyenâgeuses.</em>»  </p>



<p>Au-delà de cette régression, le journaliste reproche aux islamistes Tunisiens d&rsquo;être LES responsables de l&rsquo;échec du pays, sur les divers plans, à cause d&rsquo;une gouvernance désastreuse durant les années de l&rsquo;après-révolution, que ce soit par leur manque de compétence ou d&rsquo;intégrité.</p>



<p> «<em>Les islamistes tunisiens et&nbsp;leur formation Ennahdha&nbsp;ont montré tout au long des neuf dernières années qu’ils manquaient d’hommes d’État capables de gouverner un pays moderne. N’ont-ils pas inconsidérément augmenté les effectifs de la fonction publique et parapublique en recrutant des dizaines de milliers de fonctionnaires, plombant l’administration et déséquilibrant le budget de l’État ? N’ont-ils pas doublé l’endettement du pays, le portant à un niveau insoutenable ? N’ont-ils pas favorisé l’inflation et le chômage, le terrorisme et la corruption ?</em>», a-t-il déploré.</p>



<p>Plus grave encore, Béchir Ben Yahmed accuse nos «<em>frères musulmans</em>» de Tunisie d&rsquo;avoir «<em>inféodé la Tunisie aux caprices et à l’ambition d’un Recep Tayyip Erdogan, qui rêve de refaire de la Turquie un empire.</em>»   </p>



<p>Et il pointe, également, du doigt la passivité des autres composantes du paysage politique tunisien et leur acceptation complice de la situation et du nouvel <em>«échec programmé»</em>&#8230;</p>



<p>«<em>Ceux qui souffrent de l’immixtion turque dans les affaires tunisiennes et qui ont le pouvoir d’identifier les modalités scabreuses de cette ingérence doivent en informer la justice de leur pays</em> [&#8230;] <em>Mais l’Assemblée nouvellement élue semble avoir décidé, par commodité, d’emprunter le chemin opposé. Comme celle qui l’a précédée, elle essaiera de gouverner avec Ennahdha, peut-être même sous sa direction. Tout se passe, hélas, comme si on reprenait les mêmes pour refaire les mêmes erreurs et mener le pays aux mêmes échecs</em>», a-t-il regretté.</p>



<p>M. Ben Yahmed souligne finalement que le renouveau, sur le plan politique tunisien, s&rsquo;est matérialisé en l&rsquo;élection de Kaïs Saïed, en tant que président de la République. Toutefois &#8211; notamment au vu des limites de ses prérogatives &#8211; cela ne sera pas suffisant, estime-t-il : «<em>Il me paraît inconcevable que les élections législatives n’apportent aucun changement, qu’on réédite le quinquennat précédent et que le seul vrai changement se limite à celui d’un nouveau président</em>.»</p>



<p>Né le 2 avril 1928 à Djerba, Béchir Ben Yahmed est un journaliste franco-tunisien, longtemps directeur de publication de <em>« Jeune Afrique »</em>. Homme d&rsquo;affaires actif dans la presse africaine, il est également auteur de chroniques et l&rsquo;actuel directeur de publication du mensuel <em>« La Revue ».</em></p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Cherif Ben Younès</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/11/20/bechir-ben-yahmed-rached-ghannouchi-et-les-islamistes-tunisiens-representent-un-echec-programme/">Béchir Ben Yahmed : Rached Ghannouchi et les islamistes Tunisiens représentent un «échec programmé»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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