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	<title>Archives des christianisme - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des christianisme - Kapitalis</title>
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		<title>Deux conceptions du christianisme s’affrontent aux États-Unis</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Oct 2025 11:46:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Aux Etats-Unis, ce n’est plus le christianisme qui façonne la politique mais la politique qui remodèle le christianisme.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/04/deux-conceptions-du-christianisme-saffrontent-aux-etats-unis/">Deux conceptions du christianisme s’affrontent aux États-Unis</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La cérémonie commémorative dédiée à la mémoire de l’influenceur trumpiste Charlie Kirk continue d’alimenter les analyses sur la situation qui prévaut aux États-Unis. Elle n’est pas uniquement révélatrice des évolutions que traverse le mouvement Maga comme nous l’avons vu dans un <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/26/jesus-remplace-trump-comme-figure-de-proue-du-mouvement-maga/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">précédent article</a> mais elle en dit long sur la crise qui secoue le christianisme aujourd’hui en Amérique avec des conséquences politiques déterminantes.</em></strong></p>



<p><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-17602675"></span>



<p>Deux conceptions contradictoires s’affrontent aussi bien sur la forme que sur le fond. Quand l’une prône la modestie et l’humilité, l’autre adopte un discours arrogant, condescendant et violent. Quand l’une fait l’éloge de la fraternité et de la tolérance, l’autre est dans une logique clivante et agressive.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des directions opposées</h2>



<p>Déjà, il y a quelques mois et bien avant la cérémonie à la mémoire de Kirk, un autre épisode a montré cette division. Lors du décès du pape jésuite François, grand défenseur des populations vulnérables surtout des migrants et farouche tiers-mondiste, il a été fortement critiqué parfois par des propos très déplacés par beaucoup des adeptes américains d’une conception du christianisme aux antipodes de celle du défunt souverain pontife.&nbsp;</p>



<p>Dans une analyse parue dans le <a href="https://www.washingtonpost.com/opinions/2025/09/29/charlie-kirk-christianity-conservatives-trump/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Washington Post</a>, Shadi Hamid évoque la profonde division théologique et politique au sein du christianisme américain qui s’était surtout manifestée lors de la cérémonie commémorative de l’activiste conservateur Charlie Kirk, assassiné alors qu’il discutait avec des étudiants de l’Université d’Utah Valley, le 10 septembre, mais au-delà de cet événement, il met le doigt sur une crise qui secoue le christianisme où certains vont même jusqu’à s’en prendre à la morale chrétienne qu’ils considèrent comme relevant de la naïveté.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une division religieuse</h2>



<p>Selon l’auteur, cette division révèle deux visions du christianisme qui orientent la politique américaine dans des directions opposées. L’une, ancrée dans une foi qui prône le pardon et l’amour des adversaires et l’autre qui instrumentalise la religion pour le conflit politique.</p>



<p>Ironiquement, cette division religieuse ne s’est pas produite au sein de l’Église mais plutôt dans un stade de football américain en Arizona où la cérémonie commémorative avait eu lieu.&nbsp;</p>



<p>Hamid souligne que le moment le plus poignant de la cérémonie s’est produit lorsqu’Erica Kirk, la veuve du militant défunt, a annoncé à la foule –composée notamment du président Donald Trump et du vice-président J.-D. Vance– qu’elle pardonnait au meurtrier de son mari sauf que Trump a rejeté catégoriquement cette approche de pardon dès son entrée en scène, déclarant: <em>«Je déteste mes adversaires et je ne souhaite pas leur bien»</em>.&nbsp;</p>



<p>Hamid, également professeur-chercheur en études islamiques au Fuller Theological Seminary de Pasadena, en Californie, commente ce conflit de croyances, affirmant qu’il ne s’agit pas simplement d’un désaccord de stratégie politique mais plutôt d’une confrontation avec l’une des questions les plus profondes de la théologie chrétienne : un croyant peut-il <em>«tendre l’autre joue»</em> et rester efficace sur la scène politique démocratique ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un combat plus vaste</h2>



<p>L’auteur note que la cérémonie commémorative est devenue le microcosme d’un combat plus vaste. D’un côté, il existe une version du christianisme qui prône l’humilité, le sacrifice et l’amour de l’ennemi. De l’autre, il existe un christianisme qui considère les opposants politiques comme des forces démoniaques à vaincre et non à convertir. Il affirme que c’est cette dernière version qu’a adoptée Trump et qui a été défendue par d’autres intervenants lors de la cérémonie.</p>



<p>Selon le <em>WP</em>, des intervenants tels que l’animateur de podcast Jack Posobiec et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth ont présenté l’assassinat de Kirk comme un élément d’une bataille cosmique entre le bien et le mal.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Prosélytisme et militarisme</h2>



<p>Hegseth a également partagé une vidéo promotionnelle pour le ministère de la Guerre (anciennement le ministère de la Défense) combinant la prière du Christ à des images de soldats américains, de chars et de bombardiers furtifs, symbolisant clairement la convergence de la foi avec le nationalisme et le militarisme.</p>



<p>Du point de vue d’Hamid, ce clivage théologique reflète une crise plus profonde : de nombreux chrétiens pro-Trump ont rejeté les enseignements de Jésus sur le pardon et l’amour de l’ennemi, les jugeant totalement dénués de pertinence politique. Ce fossé religieux entre le message de pardon d’Erica Kirk et les fantasmes de guerre sans fin de Hegseth est plus profond qu’on ne le pense.</p>



<p>Russell Moore, ancien haut responsable baptiste du Sud et farouche critique de Trump, cite des fidèles accusant les pasteurs qui citent Jésus-Christ de tendre l’autre joue de promouvoir des doctrines <em>«obsolètes»</em>. Ils demandent :<em> «D’où viennent ces idées libérales?»</em>&nbsp;</p>



<p>Le théologien et prédicateur Greg Boyd, a déclaré: <em>«Dès que les chrétiens ont accédé au pouvoir politique, ils ont commencé à persécuter, voire à tuer, les non-chrétiens»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Rejet de la morale de Jésus</h2>



<p>Comme toute autre religion, le christianisme a été façonné par sa propre histoire politique. Ce qui reste frappant, cependant, selon l’auteur, c’est que certains cercles chrétiens américains rejettent ouvertement la morale de Jésus, la jugeant politiquement naïve.</p>



<p>Hamid estime que ce rejet devrait inquiéter quiconque qui a critiqué l’islam pour son imbrication politique. Le christianisme américain est aujourd’hui confronté à sa propre version d’une crise de théologie politique : comment une tradition religieuse centrée sur les notions de sacrifice, d’humilité et d’amour de l’ennemi peut-elle faire face à un monde politique américain de plus en plus chaotique et violent.</p>



<p>Pour expliquer ces changements dans la vision religieuse des Américains, l’auteur rappelle les événements historiques qui ont radicalement changé la relation du christianisme avec le pouvoir d’État et la violence après que l’empereur Constantin l’a adopté dans les années 30 du III<sup>e</sup> siècle après J.-C.</p>



<p>Ces dynamiques refont surface aujourd’hui, alors que certains secteurs du christianisme américain se plient aux impératifs de la politique.</p>



<p>James Wood, professeur de religion et de théologie à l’Université Redeemer au Canada, soutient que les enseignements de Jésus ne sont pas incompatibles avec le recours à la force par l’État pour dissuader le mal, établissant une distinction entre la moralité individuelle et le rôle de l’État.</p>



<p>Cependant, les deux camps affirment s’appuyer sur la Bible. La version chrétienne, qui prône l’amour de l’ennemi, tire son autorité des Évangiles, tandis que l’autre, qui prône le <em>«combat spirituel»</em>, s’appuie sur les épîtres de Saint Paul et l’Apocalypse, qui dépeint Jésus revenant avec une épée à la tête des armées célestes.</p>



<p>Hamid estime que la cérémonie commémorative dédiée à Charlie Kirk a marqué un profond changement. Selon lui, ce n’est plus le christianisme qui façonne la politique mais la politique qui le remodèle. Il affirme que la démocratie américaine se trouve confrontée à un paradoxe difficile. Deux versions du christianisme, prétendant toutes deux posséder la vérité divine, luttent pour coexister dans un même espace politique.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="hM47xQQvpU"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/26/jesus-remplace-trump-comme-figure-de-proue-du-mouvement-maga/">Jésus remplace Trump comme figure de proue du mouvement Maga</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Jésus remplace Trump comme figure de proue du mouvement Maga » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/26/jesus-remplace-trump-comme-figure-de-proue-du-mouvement-maga/embed/#?secret=IbkuUc9a0m#?secret=hM47xQQvpU" data-secret="hM47xQQvpU" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/04/deux-conceptions-du-christianisme-saffrontent-aux-etats-unis/">Deux conceptions du christianisme s’affrontent aux États-Unis</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Jésus remplace Trump comme figure de proue du mouvement Maga</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/26/jesus-remplace-trump-comme-figure-de-proue-du-mouvement-maga/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Sep 2025 09:07:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le mouvement Maga, fer de lance des campagnes électorales de Donald Trump, semble évoluer et se projette dans l’avenir. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/26/jesus-remplace-trump-comme-figure-de-proue-du-mouvement-maga/">Jésus remplace Trump comme figure de proue du mouvement Maga</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le mouvement Maga (Make America Great Again), fer de lance des campagnes électorales du président américain Donald Trump, semble évoluer et se projette dans l’avenir. Il s’est mué de fan club de Trump en un mouvement politique avec pour colonne vertébrale le nationalisme chrétien. Donald Trump s’efface peu à peu au profit de Jésus qui semble devenir la nouvelle figure de proue des sympathisants Maga.</em></strong></p>



<p><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-17549941"></span>



<p>Dans une tribune publiée par le journal électronique américain <a href="https://www.thedailybeast.com/the-maga-movement-is-gearing-up-to-dump-donald-trump-heres-his-replacement/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Daily Beast</a>, l’auteur et homme de médias David Rothkopf a exploré une évolution remarquable au sein du mouvement Maga en l’occurrence, le déclin progressif du rôle du président Donald Trump au profit d’une vision plus explicite fondée sur le nationalisme chrétien et l’extrémisme religieux.</p>



<p>L’auteur estime que ce tournant a été incarné par la cérémonie commémorative du défunt activiste Charlie Kirk qui s’est tenue dimanche dernier dans un stade de l’Arizona.</p>



<p>Bien que la cérémonie ait été officiellement consacrée à la mémoire de Kirk, assassiné le 10 septembre lors d’un événement à l’Université de la Vallée de l’Utah, elle s’est avérée être le rassemblement le plus important des dirigeants du mouvement depuis l’investiture de Trump.</p>



<p>Pour la première fois, Donald Trump n’était pas au centre de l’attention. En fait, il semblait presque hors de propos, en décalage avec le ton et l’accent clairement mis sur l’avenir de la droite dans la politique américaine.</p>



<p>Outre la présence dominante de Kirk, les voix les plus marquantes lors de l’événement étaient celles de sa veuve, Erica Kirk, et du vice-président J. D. Vance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Jésus comme symbole fédérateur</h2>



<p>Le discours d’Erica Kirk fut le moment le plus émouvant de l’événement. Elle pardonna publiquement au meurtrier de son mari mais elle en profita également pour dépeindre l’avenir du mouvement en utilisant des termes explicitement religieux.</p>



<p>Le discours de Vance fut le plus marquant parmi les hauts responsables de l’administration Trump qui prirent la parole. Rothkopf pense que cela s’explique par le fait qu’il était le plus proche de Kirk et aussi le plus proche du discours d’Erica.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Trump-Maga-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-17549969" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Trump-Maga-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Trump-Maga-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Trump-Maga-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Trump-Maga-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Trump-Maga-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Trump-Maga-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Trump-Maga.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>


<p>Contrairement à Trump, qui s’exprimait en politicien traditionnel, les discours d’Erika et de Vance ressemblaient davantage à ceux de télévangélistes, exprimant clairement le message: l’avenir du mouvement Maga réside dans le nationalisme chrétien, dont Jésus, et non Trump, deviendrait le symbole fédérateur.</p>



<p>Rothkopf reconnaît que ce changement peut à première vue apparaître comme une évolution positive, passant d’une figure dominée par <em>«la corruption et le vice»</em> comme Trump à un modèle idéal fondé sur la vertu.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Influence des mouvements évangéliques</h2>



<p>Il estime que ce changement reflète la trajectoire naturelle de la droite américaine qui s’appuie désormais sur des mouvements évangéliques de plus en plus influents auprès des politiciens, juges et analystes républicains, comme le dominionisme, qui considère que l’Amérique est une nation chrétienne et doit être dirigée par des dirigeants chrétiens selon les principes chrétiens.</p>



<p>Toutefois, il prévient également que ce changement comporte de sérieux risques, le premier étant que tous les Américains ne sont pas chrétiens, ni même religieux, et que l’un des principes fondateurs des États-Unis est la séparation de l’Église et de l’État.</p>



<p>L’auteur ajoute que l’histoire du télévangélisme américain est marquée par la corruption et que de nombreux chefs religieux ont déjà considéré Trump comme un<em> «instrument du pouvoir divin»</em>, une figure quasi religieuse à part entière, révélant ainsi de profondes contradictions.</p>



<div class="wp-block-group is-nowrap is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-ad2f72ca wp-block-group-is-layout-flex">
<h2 class="wp-block-heading">Christianisme, charlatanisme et escroquer</h2>
</div>



<p>Rothkopf estime que sans douter un seul instant de la sincérité des convictions de nombre des personnes présentes à la commémoration de Kirk, ou de celles qui adhèrent au christianisme sous ses multiples formes, force est de constater la présence de charlatanisme et d’escroquerie chez d’éminents dirigeants religieux qui reprennent les approches et les abus de Trump lui-même. Par conséquent, il semble que l’Amérique est sur le point de remplacer un type d’escroquerie hypocrite par un autre.</p>



<p>Il rappelle qu’il est difficile de nier que le désir de nombreux participants à la commémoration est de reformuler les objectifs de la droite non pas en termes de mérites politiques mais en termes qui, au-delà de leur rhétorique de tolérance et de liberté d’expression, définissent leurs adversaires comme mauvais ou en disgrâce auprès des puissances célestes. Certains, comme le conseiller de Trump, Stephen Miller, par exemple, ont été explicites à cet égard.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/J-D-Vance-Maga-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-17549970" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/J-D-Vance-Maga-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/J-D-Vance-Maga-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/J-D-Vance-Maga-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/J-D-Vance-Maga-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/J-D-Vance-Maga-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/J-D-Vance-Maga-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/J-D-Vance-Maga.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>


<p>Rothkopf considère qu’une telle approche laisse présager la transformation de l’Amérique, d’un pays politiquement divisé en un pays religieusement divisé, avertissant que donner un nouveau visage au mouvement Maga, même s’il s’agit du visage de Jésus lui-même, ne le purifiera pas d’autres défauts tels que le racisme ou la misogynie.</p>



<p>Ainsi, même si les noms des protagonistes et certains de leurs discours changent, l’essence du mouvement Maga, elle, ne changera pas. S’approprier le langage de Jésus ou de la Bible ne sanctifiera pas non plus ceux qui nourrissent la haine ou la cupidité.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/26/jesus-remplace-trump-comme-figure-de-proue-du-mouvement-maga/">Jésus remplace Trump comme figure de proue du mouvement Maga</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’islam progresse et va devenir la première religion mondiale</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/19/lislam-progresse-et-va-devenir-la-premiere-religion-mondiale/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Jun 2025 06:47:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Benjamin Netanyahu]]></category>
		<category><![CDATA[christianisme]]></category>
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		<category><![CDATA[Narendra Modi]]></category>
		<category><![CDATA[Pew Research Center]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Grâce à une démographie plus dynamique, l’islam progresse et va devenir la première religion du monde dans quelques années.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/19/lislam-progresse-et-va-devenir-la-premiere-religion-mondiale/">L’islam progresse et va devenir la première religion mondiale</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Mauvaise nouvelle pour Donald Trump, Narendra Modi ou encore Benjamin Netanyahu&nbsp;: l’islam progresse et va devenir la première religion du monde dans quelques années et ils n’y pourront rien. La démographie en a décidé ainsi. Les islamophobes peuvent continuer à hurler au loup, ça ne changera rien. Une étude intitulée ‘‘Le paysage religieux mondial’’ passe au peigne fin les dynamiques et les tendances religieuses.&nbsp;</em></strong></p>



<p><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-16807467"></span>



<p>Une enquête d’Angie Orellana Hernandez publiée par le <a href="https://www.washingtonpost.com/world/2025/06/09/islam-christianity-global-population-pew-survey/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Washington Post</a> consacrée aux religions dans le monde indique que même si le christianisme est la première religion du monde en 2020, sa croissance n’a pas suivi celle de la population mondiale. Pour sa part, l’islam est considéré comme l’une des religions connaissant la croissance la plus rapide au monde. </p>



<p>Le <em>WP</em> cite une<a href="https://www.pewresearch.org/short-reads/2025/06/10/islam-was-the-worlds-fastest-growing-religion-from-2010-to-2020/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> enquête </a>menée par le Pew Research Center qui révèle que le nombre de musulmans a augmenté au cours de la dernière décennie, entre 2010 et 2020, plus que toutes les autres religions réunies.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les musulmans font plus d’enfants</h2>



<p>L’étude publiée par le centre intitulée ‘<em>‘Le paysage religieux mondial’’</em> attribue la croissance de l’islam à la croissance démographique et estime que l’évolution de la population musulmane mondiale n’a quasiment aucun lien avec la conversion ou l’abandon de l’islam. L’étude souligne que les musulmans font plus d’enfants et sont en moyenne plus jeunes que les adeptes de toute autre grande religion.&nbsp;</p>



<p>L’étude ajoute: <em>«Sur la base des données de la période 2015-2020, nous estimons qu’une femme musulmane aura en moyenne 2,9 enfants au cours de sa vie contre 2,2 enfants par femme non musulmane»</em>.</p>



<p>L’étude, qui examine l’évolution de la composition religieuse mondiale entre 2010 et 2020 conclut que bien que le christianisme demeure la religion la plus répandue de par le monde, avec 2,3 milliards de fidèles, l’écart entre les adeptes de l’islam et ceux du christianisme continue de se réduire. Selon l’étude, le nombre de chrétiens dans le monde a diminué d’environ 1,8% depuis 2010.</p>



<p>L’augmentation de la population musulmane mondiale s’est principalement concentrée dans les pays à majorité musulmane. L’islam a connu la plus forte croissance par rapport aux autres religions au Kazakhstan, au Bénin et au Liban tandis que le pourcentage de musulmans a diminué à Oman et en Tanzanie.</p>



<p>Le pourcentage de personnes sans appartenance religieuse a également fortement augmenté aux États-Unis, augmentant de 97% depuis 2010. La majorité des personnes sans appartenance religieuse vivent en Chine où 1,3 milliard de personnes n’ont aucune appartenance religieuse.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le christianisme recule de 5% dans 40 pays</h2>



<p>L’analyse de Pew révèle que les chrétiens constituent toujours une majorité dans 60% des pays et territoires étudiés. Cependant, le christianisme a reculé d’au moins 5% dans 40 pays tandis qu’il a connu une hausse significative dans un seul. Pew attribue une partie de ce déclin à l’abandon du christianisme, mesurant le nombre d’adultes ayant changé de religion pour une autre que celle de leur enfance.</p>



<p>Entre 2010 et 2020, pour chaque adulte converti au christianisme, trois l’ont quitté. Pour les personnes sans appartenance religieuse, c’est l’inverse: pour chaque adulte qui a cessé d’être sans appartenance religieuse, trois autres sont devenus sans appartenance religieuse.</p>



<p>Le bouddhisme et l’hindouisme ont également vu plus d’adultes quitter leur religion que d’adultes y adhérer.</p>



<p>L’islam est la seule religion où le nombre d’adultes adhérant à la religion est supérieur à celui des adultes qui la quittent.</p>



<p>L’islam est la deuxième religion au monde avec deux milliards de fidèles soit près d’un quart de la population mondiale. Le nombre de ses adeptes a augmenté d’environ 350 millions depuis 2010 soit trois fois plus que celui du christianisme et plus que toutes les autres religions réunies.</p>



<p>On compte également près de deux milliards de personnes sans appartenance religieuse soit une augmentation de 270 millions depuis 2010. Elles constituent le seul groupe, hormis l’islam, dont la part de la population mondiale progresse par rapport aux autres religions.  </p>



<p>L’hindouisme, troisième religion au monde, avec 1,2 milliard de fidèles, a augmenté de 126 millions. Cependant, sa proportion est restée inchangée. Le nombre de fidèles d’autres confessions, comme le sikhisme et le bahaïsme, a également augmenté pour atteindre environ 200 millions soit 2,2% de la population mondiale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La proportion des juifs est de 0,2% de la population mondiale</h2>



<p>Le nombre d’adeptes du judaïsme a augmenté d’environ un million mais la proportion des juifs est restée à environ 0,2% de la population mondiale.</p>



<p>Le bouddhisme est la seule grande religion dont le nombre d’adeptes a diminué en une décennie de 18,6 millions. Leur proportion est passée d’environ 5% à 4% de la population mondiale.</p>



<p><em>«Il est remarquable que ce changement radical se soit produit en seulement dix ans»</em>, a déclaré Conrad Hackett du Pew Center, auteur principal de l’étude. Il a ajouté: <em>«Durant cette période, les nombres de musulmans et de chrétiens ont convergé. La croissance des musulmans a été plus rapide que celle de toute autre grande religion. Parmi les jeunes, pour chaque personne dans le monde qui se convertit au christianisme, trois ont été élevés dans la foi chrétienne avant de l’abandonner»</em>.</p>



<p>Selon l’étude, la plus grande proportion de chrétiens –environ 31%– se trouve en Afrique subsaharienne. Auparavant, l’Europe abritait le plus grand nombre de chrétiens au monde. Hackett déclare : <em>«Cela résulte de taux de fécondité élevés, d’une population jeune et d’une croissance rapide en Afrique subsaharienne, combinés au vieillissement, à la baisse des taux de fécondité et à la désunion religieuse en Europe»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Augmentation des personnes se déclarant non religieuses</h2>



<p>L’auteur indique par ailleurs que les chercheurs avaient précédemment prédit une diminution de la population sans appartenance religieuse en raison du vieillissement et de la diminution du nombre d’enfants. Cependant, il expliqué que l’abandon de la religion, en particulier du christianisme, a entraîné une augmentation du nombre de personnes se déclarant non religieuses.</p>



<p><em>«On entend parfois des rumeurs de renouveau religieux et la religion peut certainement se développer dans certaines régions mais dans cette étude minutieuse que nous avons menée sur une période de dix ans, la tendance générale est à l’abandon de la religion dans de nombreux endroits»</em>, constate Hackett.</p>



<p>En se basant sur les tendances de conversion religieuse et les différences d’âge et de fécondité, Hackett estime que la tendance à la convergence entre chrétiens et musulmans se poursuit, l’islam devant devenir la première religion du monde dans les années à venir. Il indique que la prochaine étape du travail du Pew Center consistera à réaliser des projections démographiques pour fournir de nouvelles estimations du moment exact où les deux religions vont converger.</p>



<p><a href="https://www.pewresearch.org/religion/2025/06/09/how-the-global-religious-landscape-changed-from-2010-to-2020/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lire l&rsquo;étude de Pew en anglais </a></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/19/lislam-progresse-et-va-devenir-la-premiere-religion-mondiale/">L’islam progresse et va devenir la première religion mondiale</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>‘‘Julien l’Apostat’’ &#124; Le dernier Romain, contre la fable de l’Europe (judéo) chrétienne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Apr 2025 07:50:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Arabes musulmans]]></category>
		<category><![CDATA[christianisme]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[hellénisme]]></category>
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		<category><![CDATA[Julien l’Apostat]]></category>
		<category><![CDATA[paganisme]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Rome]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'hypothétique européanité judéo-chrétienne n’est qu’une fable dangereuse, dont le seul objectif est d'exclure les musulmans du legs helléniste.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/27/julien-lapostat-le-dernier-romain-contre-la-fable-de-leurope-judeo-chretienne/">‘‘Julien l’Apostat’’ | Le dernier Romain, contre la fable de l’Europe (judéo) chrétienne</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La soi-disant légitimité politique actuelle issue du christianisme de l’empire romain et qui se résume dans la démocratie, dont se targuent les théoriciens d’une hypothétique européanité judéo-chrétienne, n’est qu’une fable dangereuse, quand elle sert à en exclure, parmi les héritiers de l’hellénisme, ceux qui ne leur siéent&nbsp;pas, les musulmans.&nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;</em></strong></p>



<p><strong>&nbsp;Dr Mounir Hanablia</strong></p>



<span id="more-16300795"></span>



<p>&nbsp;Lorsqu’on aborde l’Histoire romaine, on croit communément que le paganisme a cédé la place au christianisme d’un trait de plume selon une logique de l’Histoire, celle du progrès et des martyrs chrétiens. Outre que cette conviction n’a pour la soutenir que la conversion supposée de l’empereur Constantin sur son lit de mort à la foi des Nazaréens, une obscure secte née en Galilée en Palestine et rejetée par les juifs, elle laisse de côté le processus par le biais duquel les païens ont été supplantés dans le gouvernement de l’Empire, et surtout la raison qui en a poussé les classes supérieures à devenir chrétiennes et à rejeter leur religion d’origine.</p>



<p>C’est d’autant plus remarquable que les chrétiens n’ont en rien rénové&nbsp;la culture et l’éducation grecques d’essence païenne dispensées à tous les jeunes gens de bonne famille destinés à occuper les principales fonctions au service de l’Empire, en particulier les mathématiques, la rhétorique, la philosophie, mais aussi l’Histoire, parfois la physique ou la médecine, auxquelles le pragmatisme romain a ajouté&nbsp;le droit.</p>



<p>Ainsi les chrétiens et les païens se sont abreuvés aux mêmes sources, qu’on a nommé hellénisme,&nbsp;et cela n’explique nullement l’acuité de l’antagonisme qui les a opposés. Plus que cela, cette éducation issue d’Aristote et de Platon, après la quasi-extinction du paganisme, a constitué l’essence de la culture européenne dispensée dans les églises&nbsp;au Moyen-âge et jusqu’à la Renaissance en Europe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Devenu <em>«apostat»</em> pour avoir quitté la foi chrétienne</h2>



<p>A un moment, on a reconnu aux Arabes musulmans le mérite de l’avoir conservée et transmise, pour dire que leur mission s’étant terminée, ils pouvaient quitter la scène de l’Histoire, et nier ainsi qu’ils eussent&nbsp;constitué une part essentielle de l’hellénisme. N’est pas européen qui veut !</p>



<p>A contrario, si on considère que cette évolution à sens unique vers la christianisation n’a pas été démentie par les faits, l’Empereur Romain Julien qui a vécu au IV<sup>e</sup> siècle de l’Ère Universelle, devenu <em>«l’apostat»</em> pour avoir quitté la foi chrétienne, constitue l’exemple typique, d’autres diront l’exception, d’une restauration du paganisme, prouvant que les choses n’ont pas été aussi limpides qu’on veuille bien l’avancer.</p>



<p>Il faut déjà considérer que l’épithète qui lui a été accolée, celle d’apostat,&nbsp;est un indice de toute la rancune que les écrivains&nbsp;ultérieurs au service d’un empire devenu irrémédiablement chrétien, ont déversée sur lui, qui prétendait éliminer le christianisme, ou à tout le moins, le séparer de l’Etat, afin de rétablir la religion des origines qui a fait la grandeur de Rome. Et cette religion a un nom, le culte du Soleil, symbole en réalité de la grandeur et du génie romain.</p>



<p>Car il ne faut pas s’y tromper, l’empereur Julien était en réalité un philosophe adepte de l’école néo-platonicienne pour qui, schématiquement, il existait trois états du soleil, celui source de toute chose qu’on ne se représente pas, celui qu’on se représente par la pensée, et celui qu’on perçoit. C’est une philosophie étrangement évocatrice des doctrines en provenance de l’Inde sur les trois états de la conscience: le sommeil, le rêve, et l’éveil, ou les trois états du Savoir: la méditation, la pensée, et l’expérience,&nbsp;ou bien encore les trois divinités: le créateur, le conservateur, le destructeur.</p>



<p>Sur le plan du rite religieux tout ceci se traduisait par des rites sacrificiels sanglants dont les victimes étaient des animaux, le culte le plus typique étant celui de Mithra, le dieu taureau représentant le soleil dont la naissance était justement le 25 décembre, le jour que l’Eglise Romaine choisirait pour célébrer la naissance du Christ, marquant ainsi l’importance des emprunts faits au paganisme par un christianisme opportuniste et dénué de scrupules.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mensonge, hypocrisie et opportunisme  </h2>



<p>C’est justement ce que l’empereur Julien reprochait à ses adversaires, leur manque de moralité, et leur opportunisme, en étant prêts à abjurer la foi de leurs ancêtres afin de satisfaire leurs ambitions du moment. Pour tout dire, il les considérait comme des menteurs et leur foi, en un Dieu se sacrifiant pour le salut de ses adeptes, comme une baliverne d’autant plus inacceptable que sa mort sur la croix comme un criminel était infamante, et que sa résurrection supposée relevait de la fable.</p>



<p>Plus que tout, cette foi avait été récusée par ceux-là mêmes parmi qui elle était née, le peuple juif.&nbsp;On pourrait y ajouter combien les polémiques entre les différentes écoles chrétiennes sur ce que l’on a nommé la christologie mettait en cause la crédibilité d’une religion dont les adeptes ne s’accordaient pas sur la nature de leur Dieu et n’hésitaient pas à s’entretuer ou à s’excommunier à cause de cela.</p>



<p>Il convient d’autant mieux de le souligner,&nbsp;que l’Empereur Constance, cousin et prédécesseur de Julien, était un disciple d’Arius, pour qui le Père avait la prééminence par rapport au Fils, et cela en faisait donc un hérétique aux yeux de&nbsp; l’orthodoxie. C’est ce même Constance qui avait exterminé la famille de Julien afin d’asseoir son pouvoir. Il l’avait épargné ainsi que son frère Gallus parce que considérant qu’ils n’étaient pas dangereux vu leur jeune âge, éloignés en étant surveillés serait&nbsp;suffisant.</p>



<p>Mais le destin serait inexorable. Dépourvu de descendance mâle et instigateur d’un régime policier, Constance n’allait rien trouver de mieux pour faire face aux révoltes des légions romaines faisant face aux Germains sur le Rhin, que de faire de Gallus son successeur, une responsabilité dont le jeune homme ne ferait pas bon usage au point de fournir le prétexte adéquat aux courtisans pour réclamer et obtenir son élimination. Gallus éliminé, Constance allait faire appel à l’instigation de son épouse Eusebia à Julien, considéré comme un rêveur inoffensif qui toute sa vie ne s’était occupé que de lecture.</p>



<p>Il semble que pour des motifs de succession Eusebia ait néanmoins joué un rôle dans la mort du nouveau-né que Julien avait eu avec son épouse. Envoyé&nbsp;sur le Rhin, il ferait&nbsp;d’abord son apprentissage militaire en tant que simple accompagnant. Les circonstances allaient cependant le soumettre à des épreuves dont il se sortirait brillamment face aux Germains en acquérant le prestige militaire suffisant pour constituer aux yeux de l’Empereur une menace dont il n’aurait de cesse de se débarrasser. Celui-ci déciderait donc de le priver d’une bonne partie de l’armée du Rhin, composée essentiellement de Gaulois, en en envoyant les soldats se battre sur l’Euphrate contre les Perses. L’annonce de cette décision provoquerait un soulèvement&nbsp;des soldats concernés, qui n’ayant aucune envie de s’éloigner de leurs familles et de leurs fiefs, proclameraient empereur Julien. Contre son gré ainsi qu’il le dirait? Qu’importe !</p>



<p>L’armée du Rhin se dirigerait vers l’Est vers Constantinople et franchissait le Danube afin de combattre celle de l’Empereur Constance. Bien avant la bataille, celui-ci décéderait, sans qu’on n’en connaisse la raison; il avait pris soin de faire de son adversaire son successeur, prouvant que sa mort n’avait pas été aussi subite.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&#8217;empereur qui rétablit le paganisme  </h2>



<p>Julien devenait ainsi empereur, et il pouvait donc désormais professer ouvertement le paganisme que jusque-là il avait adopté secrètement. Parmi ses décisions, la plus significative de son idéalisme serait la constitution d’un corps de prêtres consacrés au rite païen sans aucun doute sur le modèle de l’Eglise chrétienne et qui serait astreint à la vertu. Car si la vertu se pratique, elle ne s’administre pas. La plus contestable serait l’élimination des chrétiens de tous les postes d’enseignement, que même ses amis philosophes païens contesteraient comme contraire à la compétence qui devrait primer. La plus étrange serait la reconstruction du Temple de Jérusalem et sa restitution au culte juif, il voulait s’assurer le concours des juifs sans doute afin de faire pièce à la propagande des chrétiens. En fait, cette reconstruction n’aurait jamais lieu. Les auteurs chrétiens prétendraient&nbsp;après la mort&nbsp; de ce sioniste avant l’heure, que des phénomènes divins, nuées tombées du ciel, tremblement&nbsp;de terre, l’ont empêchée, et on doit évidemment tenir leurs témoignages pour ce qu’ils valent, issus de propagandistes zélés.</p>



<p>Mais il n’y eut finalement qu’un seul affrontement sérieux&nbsp;à Ephèse au temple de Daphné, dont l’oracle aurait été réduit au silence par la présence d’un cimetière de la foi rivale&nbsp; en face du temple païen, et qui aboutirait à la fermeture d’une Église, et à l’interdiction faite aux chrétiens d’enterrer leurs morts et de se rendre aux cimetières autrement que dans l’obscurité de la nuit.</p>



<p>C’est plutôt maigre pour parler d’une persécution généralisée comparable à celles qui avaient eu lieu sous Decius&nbsp;ou Dioclétien. Néanmoins, l’issue fatale allait se profiler avec la décision d’attaquer l’empire Perse Sassanide et d’occuper sa capitale Ctésiphon, près de l’actuelle Bagdad. Sous l’autorité de Shapour, iI était au fait de sa puissance. Pourquoi donc l’empereur Julien a-t-il pris une décision aussi hardie? Sans doute cela procédait-il des augures qu’il consultait régulièrement et dont il s’était convaincu qu’il aurait un destin comparable à celui d’Alexandre le Grand. Afin de le dire, les augures ne furent plus aussi favorables dès lors que la campagne s’engagea. Pour ne pas tout rejeter sur les Dieux,&nbsp; les conseillers incompétents dont il s’était entouré n’y avaient non plus pas été étrangers.&nbsp;En fait, chargé de sa bibliothèque, ce fut le destin tragique d’Achille, le héros d’Homère, son auteur préféré, qu’il rencontra.</p>



<p>Les armées romaines bien soutenues par une flottille de combat suivent le cours de l’Euphrate et arrivent presque sans encombre sous les murailles de la capitale perse après avoir pris pied sur la rive gauche du Tigre par une manœuvre&nbsp;audacieuse, pour se rendre compte de son caractère défensif inexpugnable. Le reste de l’armée romaine accompagnée des contingents du roi d’Arménie n’est pas au rendez-vous. Comme à Carrhes quelques siècles auparavant, les Arméniens ont fait défection. L’empereur décide alors de faire retraite avant l’arrivée du gros de l’armée perse. La cavalerie ennemie ne cesse de harceler les légions en évitant le corps à corps. Au cours d’un engagement, Julien est mortellement blessé au foie par un javelot.</p>



<p>D’aucuns diront qu’il s’agissait d’un trait romain, pour ne pas dire chrétien. Les Perses&nbsp; avaient en effet commémoré par des écrits et des sculptures&nbsp;les récits de la capture de l’empereur Valérien à Edesse et la mort de Gordien à Ctésiphon, qui auraient déjà dû engager à plus de prudence. Ils demeureront étrangement silencieux sur celle de Julien, suggérant ainsi n’avoir pris aucune part à sa mort, et donnant&nbsp;subséquemment quelque crédit à la thèse de la trahison.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le rétablissement du christianisme </h2>



<p>Les Romains, encerclés, s’en tireront pour sauver leur armée, en rétrocédant toute la Haute Mésopotamie ainsi que l’Arménie à leurs ennemis. Ce ne sera pas cher payé. Mais la conséquence la plus dramatique de cette défaite et de la disparition précoce de l’Apostat sera l’élimination définitive du paganisme dans l’Etat romain. Naturellement elle se fera progressivement sur une vingtaine d’années par une série de mesures qui éloigneront&nbsp;d’abord du pouvoir les collaborateurs les plus proches de l’ancien&nbsp;empereur,&nbsp; rétabliront les professeurs dans l’enseignement, restitueront les biens confisqués, et pour finir interdiront le paganisme en en fermant l’enseignement et les lieux du culte.</p>



<p>A&nbsp; Alexandrie les choses prendront une tournure dramatique avec l’assassinat dans des émeutes et des affrontements intercommunautaires de la prêtresse péripatéticienne Hypatie. Le fanatisme chrétien pourra dès lors donner sa pleine mesure sans restriction avec&nbsp;le plein appui de l’autorité impériale,&nbsp;et d’abord contre les églises autres que celles reconnues.</p>



<p>Au terme de cette Histoire à rebours&nbsp;rétablissant Mithra Hélios, aux dépens de Jésus-Christ, un constat s’impose. Ce que l’on a fini par nommer christianisme se situe en droite ligne de la tradition philosophique païenne gréco-romaine. C’est simplement dans les manifestations publiques que la nouvelle foi constitue une rupture par rapport à l’ordre ancien en supprimant les cruautés érigées en spectacle. Les combats de gladiateurs n’ont plus leur place dans le nouvel État chrétien, pas plus que les sacrifices sanglants dans l’exercice du rite. La prière et la lecture des textes sacrés remplacent désormais les offrandes. L’eucharistie, qui symbolise la consommation de la chair et du sang du nouveau Dieu, se substitue aux hécatombes et aux holocaustes. Le fidèle acquiert ainsi une place plus importante dans le culte. De spectateur il devient acteur.</p>



<p>C’est désormais le crépuscule annoncé du prêtre, que plus tard l’islam mènera à son terme en supprimant le clergé. Cependant sur le plan politique,&nbsp;l’autorité de droit divin, le Roi prêtre (il n’y a qu’à lire le Roi d’Assyrie implorant son Dieu) et l’idéal du pouvoir juste (traditions perse et indienne) ne sont que la perpétuation d’idées issues du paganisme. Simplement au César Dieu païen s’est substitué le César légitimé en tant que serviteur du nouveau Dieu chrétien. La nature du nouvel État romain n’a donc pas changé. Il est simplement moins prodigue du sang versé (en public), à l’exception de la guerre,&nbsp;où l’extension de l’empire romain devient un devoir dû au (nouveau) Dieu,&nbsp;tout comme il était dû à l’ancien, celui du Soleil.</p>



<p>Le Djihad a donc de qui tenir, il substituera simplement à l’Empire Romain, celui des Arabes. On comprend dès lors la frénésie des dévots chrétiens saccageant les bas-reliefs des temples égyptiens en voulant dissimuler toute ressemblance avec la croix, ou bien incendiant la bibliothèque d’Alexandrie, en en attribuant la responsabilité, quelques siècles plus tard, aux musulmans. Une quelconque similitude entre la mort de Horus et sa résurrection,&nbsp;symbolisant l’éternel triomphe de la vie,&nbsp;et celles du Christ, devait&nbsp;à leurs yeux, être masquée à tout prix.</p>



<p>Eu égard à cela, le combat d’arrière-garde de l’empereur Julien était voué à l’échec simplement parce que les Romains étaient fatigués de guerroyer et voulaient se trouver des raisons de devenir pacifistes afin de jouir de leurs conquêtes. Néanmoins, en les examinant de près, on ne peut nullement considérer comme illégitimes les raisons qui l’y ont poussé. D’autant que, il aura démontré bien avant l’heure, que la soi-disant légitimité politique actuelle issue du christianisme de l’empire romain et qui se résume dans la démocratie, dont se targuent les théoriciens d’une hypothétique européanité judéo-chrétienne, n’est qu’une fable dangereuse, quand elle sert à en exclure parmi les héritiers de l’hellénisme, ceux qui ne leur siéent pas, les musulmans.      </p>



<p><em>* Médecin de libre pratique.</em> </p>



<p><strong><em>‘‘Julien dit l&rsquo;Apostat’’ de Lucien Jerphagnon, préface de Paul Veyne éditions Tallandier, Paris,  19 novembre 2020, 357 pages</em></strong>.</p>



<p></p>
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		<title>‘‘L’invention de Dieu’’: de l’orage aux armées d’Israël</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/17/linvention-de-dieu-de-lorage-aux-armees-disrael/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 Nov 2024 07:39:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Rien dans l’Histoire ne confère un quelconque droit exclusif à un supposé peuple juif sur une quelconque terre ancestrale.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Rien dans l’Histoire ne confère un quelconque droit exclusif à un supposé peuple juif sur une quelconque terre ancestrale. Israël était une configuration de tribus locales identique aux autres, le temple de Jérusalem un parmi tant d’autres consacrés aux dieux, et le Judaïsme une religion élaborée par une minorité d’exilés de retour dans les fourgons d’une armée étrangère.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia </strong>*</p>



<span id="more-14642022"></span>



<p>Comment est né le monothéisme que nous connaissons? Selon l’auteur de ce livre se référant au récit biblique et aux découvertes archéologiques, à partir de la croyance par Israël en un Dieu qui avait la particularité de ne pas porter de nom, et qu’on appelait <em>«Ô, il est»,&nbsp; «ياهو» «Yahvé».</em> Mais qu’était Israël à l’origine? Une confédération de tribus locales que rien ne distinguait&nbsp;des autres peuples de Canaan, en dehors d’une origine commune, et qui ont adopté le nom de la tribu peut être la plus puissante comme&nbsp;plus tard la Gaule se nommerait France par référence aux Francs qui l’avaient conquise, ou bien l’Angleterre aux Angles. Mais à l’origine ce Dieu qui n’avait pas de nom était celui de l’orage et du tonnerre, et il était vénéré par les peuples sémites vivant&nbsp; dans les terres semi désertiques à l’est du Jourdain, dans la partie de l’Arabie riveraine du bras de mer la séparant de la péninsule du Sinaï, et qu’on appelait Médian, et dans le Sud du désert du Néguev.</p>



<h2 class="wp-block-heading">A partir d’un obscur dieu du tonnerre</h2>



<p>Or ce Dieu qu’on vénérait par des autels, et des stèles en pierre, était souvent associé à une épouse nommée Asherah, l’Ashtart de Babylone, qui représentait la fertilité.</p>



<p>Néanmoins le culte de Yahvé, ce dieu de l’orage et du tonnerre adoré sur les montagnes, s’était propagé jusqu’au royaume sud de Judah dont la ville la plus importante était Jérusalem où il était représenté par le Soleil, et au Royaume nord d’Israël dont la capitale était Samarie, où on lui prêtait l’image du taureau, celui de Baal Melqart (Moloch) le dieu Phénicien.</p>



<p>Judah et Israël étaient souvent en guerre, mais finalement Israël et sa capitale Samarie furent conquis par l’Assyrie, et la population dispersée dans l’empire Assyrien vers environ 722 avant l’ère universelle (AEU), elle fut repeuplée par des Araméens et des Arabes, peuples polythéistes, qui y introduisirent les cultes de leurs dieux, ou bien adoptèrent les dieux cananéens&nbsp;locaux, à l’instar d’El.</p>



<p>Les habitants de Samarie allaient dès lors être tenus en forte suspicion par ceux de Judah, dont la capitale Jérusalem sous l’impulsion de deux rois, Ezechias&nbsp;et Josias, passa du polythéisme au culte d’un seul Dieu, dont la maison était le temple de Jérusalem.</p>



<p>En réalité et à l’origine, le temple de Jérusalem abritait plusieurs dieux, dont la déesse Asherah, mais finalement sous l’impulsion du roi Josias, un seul culte et une seule statue y furent tolérés, ceux de Yahvé, le dieu soleil, peut être dans un souci de se démarquer des royaumes voisins, d’Egypte et de Mésopotamie.</p>



<p>Yahvé était devenu le Dieu national du Royaume de Judah, un dieu anthropomorphe auquel on sacrifiait des animaux, et parfois des êtres humains.</p>



<p>En 582 AEU, Judah était envahi par Babylone et sa population déportée en Mésopotamie. La statue de Yahvé fut probablement emmenée par les vainqueurs comme butin et objet de triomphe, selon les coutumes de l’époque.</p>



<p>Contrairement aux Assyriens, les Babyloniens permirent aux populations déportées de Judah, en général l’élite cultivée et les prêtres, de se regrouper dans leur exil, et de prospérer. Dès lors deux préoccupations principales devaient les guider : préserver l’identité de leur communauté à Babylone, ville cosmopolite et polythéiste; expliquer la défaite et la dispersion de la population, autrement dit l’abandon par Yahvé du royaume qu’il était censé protéger.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="eAlUHRoU2T"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/24/la-treizieme-tribu-des-juifs-pas-tres-semites/">‘‘La treizième tribu’’ : des Juifs pas très sémites</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘La treizième tribu’’ : des Juifs pas très sémites » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/24/la-treizieme-tribu-des-juifs-pas-tres-semites/embed/#?secret=ZqVHpMRE8r#?secret=eAlUHRoU2T" data-secret="eAlUHRoU2T" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Environ 80 années plus tard, Cyrus roi de Perse détruisait le royaume de Babylone et permettait aux différents peuples captifs de regagner leurs pays. C’est ainsi qu’Esdras&nbsp;et Noemiah, deux judéens, se retrouvaient à la tête de Judah pour le compte du Roi de Perse, et pour justifier le pouvoir des immigrés de retour, réécrivaient&nbsp;une histoire édulcorée du peuple d’Israël, faisant la part belle à l’enseignement de Moise,&nbsp;appelé Pentateuque.</p>



<p>La restauration du Temple de Yahvé à Jérusalem fut parachevée mais aucune statue n’y fut désormais tolérée; seuls le récit de l’épopée d’Israël et l’enseignement de Moïse, diététique et éthique, regroupés sous le nom de Torah dans des rouleaux écrits, seraient dès lors vénérés en tant que parole du Dieu qui n’a ni nom et ni images.</p>



<p>C’est ainsi que naquit la religion juive que nous connaissons, à partir d’un obscur dieu du tonnerre et de l’orage de régions semi désertiques et marginales situées entre l’Egypte, et le Croissant fertile. Par la volonté de quelques rois il devint celui des armées, et selon ses fidèles&nbsp;le protecteur du peuple qu’il avait élu auquel il n’imposait les épreuves que pour mieux en raffermir la foi, et qu’il n’abandonnait jamais.</p>



<p>Dès&nbsp;lors qu’il disposait ainsi de la parole divine qu’il pouvait écouter et lire à n’importe quel endroit où qu’il se trouvât, ce peuple n’avait plus besoin de territoire, de souveraineté politique, pour le protéger de l’anéantissement et de la disparition. Qui plus est le judaïsme allait faire florès grâce au Christianisme et à l’Islam, qui s’en réclameraient.</p>



<p>Par les temps troubles que nous vivons, il est dès lors nécessaire d’affiner certains concepts. Les tribus d’Israël ne furent en réalité dès le XIIe siècle AEU qu’un conglomérat de tribus locales que rien ne distinguait de toutes autres et qui portaient le nom d’un dieu local Cananéen, El. Une partie de ces tribus, Judah, en conquérant Jérusalem&nbsp;adoptèrent un dieu étranger, Yahvé, qui était celui de leur maison royale. L’autre partie, Israël, s’attacha plus aux dieux locaux traditionnels du Proche-Orient, Baal, Melqart, El, Asherat.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="PHG1zKVm3F"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/29/la-religion-juive-et-sa-position-envers-les-non-juifs-de-lextermination-des-palestiniens-a-gaza/">‘‘La religion juive et sa position envers les non-juifs’’: de l’extermination des Palestiniens à Gaza</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘La religion juive et sa position envers les non-juifs’’: de l’extermination des Palestiniens à Gaza » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/29/la-religion-juive-et-sa-position-envers-les-non-juifs-de-lextermination-des-palestiniens-a-gaza/embed/#?secret=KqnRRyLEI1#?secret=PHG1zKVm3F" data-secret="PHG1zKVm3F" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>En fin de compte, les exilés de Judah, de retour après la déportation à Babylone, et opérant pour le compte du Roi de Perse, autrement dit une minorité, s’installèrent à Jérusalem, écrivirent selon toute probabilité une histoire religieuse justifiant leur récente prise de pouvoir politique et excluant autant les opposants qualifiés de faux prophètes, que les rois. Ils allaient dès lors s’appeler juifs et leur religion serait le judaïsme que&nbsp;nous connaissons actuellement. Mais le Judaïsme n’allait entrer dans le cours de l’Histoire qu’avec la conquête du pays de Canaan par les Macédoniens, la tentative des conquérants de helléniser les habitants, en introduisant des statues dans le Temple et en supprimant la circoncision, et la résistance de ces derniers contre l’occupant, lors de la révolte des Macchabées, le respect des règles du judaïsme relevant dès lors de la préservation de l’identité nationale. Mais surtout c’est la traduction de la Bible en langue grecque à Alexandrie sous les Ptolémée, une langue étrangère, qui allait impulser au judaïsme un destin international.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vents de l’Histoire et aléas des légendes</h2>



<p>Est-ce que cela confère un quelconque droit exclusif à un supposé peuple juif sur une quelconque terre ancestrale? Yahvé ne fut à l’origine qu’un dieu local marginal, Israël une configuration de tribus locales identique aux autres, le temple de Jérusalem un parmi tant d’autres consacrés aux dieux, comme celui de Betel, ou celui du mont Garizim jusqu’à nos jours haut lieu du culte des Samaritains, et le Judaïsme fut une religion élaborée par une minorité d’exilés de retour dans les fourgons d’une armée étrangère.</p>



<p>C’est uniquement durant près de 130 ans, pendant le règne des Macchabées, que la population de Canaan fut de force convertie au judaïsme, avant de voir finalement le pays occupé par les Romains. Cela ne confère évidemment aucun droit historique particulier relativement aux autres peuples, dont une grande partie furent amenés par les Assyriens, en particulier les Arabes au VIIIe siècle AEU.</p>



<p>Il est donc faux de dire que les Arabes ne furent que des colonisateurs venus du désert avec les armées de l’Islam. La réalité est que ce que nous nommons actuellement Palestine ne fut que très rarement, contrairement aux prétentions sionistes, un territoire exclusivement juif, et le seul Etat juif qui y fut bâti ne dura pas plus de 130 ans, le temps de la colonisation française en Algérie. Les Juifs n’y furent jamais qu’une minorité comme toutes les autres livrée aux vents de l’Histoire, aux aléas des légendes, et qui justement réussirent à survivre grâce au texte sacré, sans souveraineté politique. Leurs droits sur un territoire ne sauraient à cause de cela surpasser ceux légitimes d’une quelconque autre communauté.</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.  </em></p>



<p><strong><em>‘‘L’Invention de Dieu’’, de Thomas Römer, éd. Seuil, Paris 2014, &nbsp;</em></strong><strong><em>352&nbsp;pages.</em></strong><strong><em></em></strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="m7Jb0fGots"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2016/08/24/la-femme-bete-noire-des-religions-la-femme-dans-le-judaisme-26/">La femme bête noire des religions : La femme dans le judaïsme (2/6)</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La femme bête noire des religions : La femme dans le judaïsme (2/6) » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2016/08/24/la-femme-bete-noire-des-religions-la-femme-dans-le-judaisme-26/embed/#?secret=NpzARrt53D#?secret=m7Jb0fGots" data-secret="m7Jb0fGots" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>‘‘Le saint empire romain germanique’’: des principautés germaniques à l’idée européenne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Aug 2024 07:05:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’idée européenne a germé depuis la transformation des principautés germaniques en Etat unitaire au cœur du Vieux continent. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/08/04/le-saint-empire-romain-germanique-des-principautes-germaniques-a-lidee-europeenne/">‘‘Le saint empire romain germanique’’: des principautés germaniques à l’idée européenne</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’idée européenne a germé depuis la transformation des principautés germaniques en Etat unitaire au cœur du Vieux continent, et ce malgré les oppositions entre Latins et Germains, catholiques et protestants, etc. Ce fut un long processus de maturation.  Dans quelle mesure les Etats arabo-musulmans, Turquie et Iran compris, pourraient-ils dépasser leurs antagonismes culturels et historiques actuels pour constituer un  seul bloc doté d’un grand poids politique et économique ?    </em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia  </strong></p>



<span id="more-13696088"></span>



<p>Comment les Germains en sont-ils arrivés à créer un empire Romain? En réalité, les choses n’ont pas manqué de complexité. Après les invasions barbares du V<sup>e</sup>&nbsp;siècle de l’ère universelle, et la destruction de l’empire romain d’Occident, la conversion de Clovis, roi des Francs, au Christianisme, sans doute dans le but de s’assurer à la tête du royaume des Francs de la légitimité romaine sous l’égide du pape, assura la survie de l’Eglise catholique en Europe occidentale.</p>



<p>Néanmoins l’invasion des Lombards, un autre peuple germanique païen, en Italie, inquiéta suffisamment le Pape pour le conduire à demander la protection de Charlemagne. Les Lombards ayant été écrasés et soumis par ce dernier, le Pape saisit toute l’utilité de l’importance du Royaume Franc non seulement pour pacifier la totalité des peuples de Germanie en les convertissant au christianisme, mais aussi empêcher toute invasion ou toute entreprise politique en Italie qui pourrait menacer le territoire de Saint Pierre, autrement dit la Papauté.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Supériorité du latin sur le germain</h2>



<p>C’est ainsi que Charlemagne fut sacré Empereur par le Pape, mais son intérêt fut bien plus d’être le Roi des Germains. Bien évidemment, la question du bien-fondé de l’autorité du Pape pour introniser les empereurs finirait par se poser, d’autant qu’un célèbre <em>«faux en écriture»</em> qualifié de <em>«Donation de Constantin»</em> d’après le premier empereur romain chrétien, lui conférerait la légitimité dont il se réclamerait pour instaurer la supériorité du spirituel sur le temporel, autrement dit du latin sur le germain, de plus en plus nommé ainsi en référence à sa langue, celle dite du peuple.</p>



<p>Cependant, l’Empire de Charlemagne ne lui survécut pas, partagé entre ses enfants, puis au bénéfice d’étrangers à la famille carolingienne,&nbsp;formant à l’ouest la France, et à l’est cet ensemble de multiples principautés germaniques d’abord qualifiées de Francie orientale qui seraient liées dans un cadre politique demeuré lâche grâce au jeu des&nbsp;Papes, des Évêques et des Princes allemands (Welfen, Staufen), qu’on appellerait Saint Empire Romain Germanique (Serg), et qui ne se transformerait, mise à part la parenthèse du règne de Frédéric&nbsp;II l’unifiant au Royaume Normand de Sicile et du sud de l’Italie, que rarement en un véritable Empire avec un seul Etat unitaire.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="dvLCH4PvB5"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/29/letat-bourguignon-un-precurseur-premature-de-lunion-europeenne/">‘‘L’Etat bourguignon’’ : un précurseur prématuré de l’Union européenne</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘L’Etat bourguignon’’ : un précurseur prématuré de l’Union européenne » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/29/letat-bourguignon-un-precurseur-premature-de-lunion-europeenne/embed/#?secret=gZDP6L2E10#?secret=dvLCH4PvB5" data-secret="dvLCH4PvB5" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Il faut dire que la papauté avait démontré son refus intraitable d’une unification politique entre l’empire germanique et l’Italie. Il faudrait pour s’en rapprocher arriver à l’époque de Charles Quint et de Philippe II;&nbsp;mais les deux ailes des Habsbourg, l’Espagnole et l’Autrichienne, garderaient, en Allemagne, des politiques tout à fait indépendantes. Certes ! Les Habsbourg n’en deviendraient pas moins les ennemis irréductibles du Royaume de France, un autre Etat dont la constante diplomatique et militaire fut d’empêcher toute réunification des Etats allemands ou italiens.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">La religion comme vecteur de division</h2>



<p>Il est intéressant de noter que les empereurs du Serg, d’abord nommés par les Papes&nbsp; jusqu’à la querelle des investitures du XI<sup>e</sup>-XII<sup>e</sup>&nbsp;siècles, cette guerre entre la papauté et l’empire dont l’objet était la domination sur les églises&nbsp;et la nomination des prélats et des prêtres, ces empereurs&nbsp;furent à partir du XIV<sup>e</sup> siècle, époque de Louis de Bavière, soumis à un processus électoral par un ensemble de sept grands électeurs (archevêques de Spire, Cologne, Worms, Mayence,&nbsp;électeurs du Brandebourg, de Saxe, de Bohême), excluant toute intervention de Rome.</p>



<p>Il faut noter dans cet ensemble disparate la présence à priori incongrue du Roi de Bohême, un royaume Slave parmi les&nbsp;États germaniques, que seule la présence d’une dynastie allemande (les Luxemburg)&nbsp;à sa tête, permettait. Cependant les Luxemburg, particulièrement le Roi Charles IV, allaient grâce à la Bulle d’Or, instaurer un cadre institutionnel, en particulier électoral, au Serg qui persisterait&nbsp;jusqu’à la conquête des États allemands par Napoléon Bonaparte.</p>



<p>Il n’en demeure pas moins que malgré leur multiplicité, les principautés allemandes depuis les plus petites jusqu’aux plus grandes, en acceptant la Diète, ce parlement des États siégeant&nbsp;à&nbsp; Francfort, cohabiteraient&nbsp;dans un cadre politique commun, certes plutôt informel, sur lequel&nbsp;l’empereur n’exercerait&nbsp;aucune autorité véritable.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="MgE5Mh8YHG"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/17/nicolas-i-aux-sources-de-lhostilite-occidentale-envers-la-russie/">‘‘Nicolas I’’ : aux sources de l’hostilité occidentale envers la Russie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Nicolas I’’ : aux sources de l’hostilité occidentale envers la Russie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/17/nicolas-i-aux-sources-de-lhostilite-occidentale-envers-la-russie/embed/#?secret=lN8edodIPf#?secret=MgE5Mh8YHG" data-secret="MgE5Mh8YHG" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Mais il n’y a pas eu que les princes et les évêques pour détenir le pouvoir en Allemagne. Les villes avaient acquis une importance de plus en plus considérable en tant que productrices des richesses grâce aux multiples activités qu’elles abritaient, et certaines en formant des ligues, telles la Ligue Hanséatique, avaient étendu leurs activités commerciales au nord jusqu’à Novgorod en Russie et au sud jusqu’à Venise. Et naturellement ces villes étaient le siège de guildes de marchands où les banquiers avaient acquis une influence considérable.</p>



<p>De cet ensemble disparate de principautés de tailles différentes et d’intérêts divergents, le patriotisme allemand allait faire en 1870, sous l’égide de la Prusse, une colonie germanique établie sur le territoire polonais il ne faut pas l’oublier, un seul Etat, qualifié de Reich, dont le plus considérable des Etats allemands, l’Autriche, serait paradoxalement exclu, et son attachement au catholicisme romain n’y aura pas été étranger, tant les principautés du nord auront adopté le protestantisme.</p>



<p>En plus des oppositions politiques, dont un exemple fut la création de la Ligue Lombarde&nbsp; encouragée par la papauté et la guerre l’ayant opposé à l’Empereur Frédéric&nbsp;Barberousse au XIII<sup>e</sup> siècle, le facteur religieux depuis la querelle des investitures avait dès le départ opposé les Latins aux Germains, empêchant toute possibilité de fusion entre les deux races. Les Germains avaient bien accepté le cadre institutionnel légué par l’Empire Romain, mais pas au point d’y perdre leur âme ni de subordonner leur volonté politique à Rome.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un si long processus d’unification</h2>



<p>Il reste la question qui évidemment se pose aujourd’hui relativement à la construction de l’Europe Unie, et dans quelle mesure le passé du Serg y&nbsp;aura ou non contribué. Il faut d’autant plus en être conscient que l’un des arguments pour exclure la Turquie avait justement porté sur l’antagonisme historique. Certes, mais on peut tout aussi bien rétorquer que les guerres contre les Turcs auront été&nbsp;difficilement plus cruelles que celles ayant opposé les Européens lors de celles dites de Trente ans, de Cent ans, ou même celles que les Anglais avaient qualifiées de Trois cents ans.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Hyins4J0ml"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/25/la-guerre-de-cent-ans-la-france-un-fait-divers-de-lhistoire/">‘‘La guerre de cent ans’’ : La France, un fait divers de l’Histoire</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘La guerre de cent ans’’ : La France, un fait divers de l’Histoire » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/25/la-guerre-de-cent-ans-la-france-un-fait-divers-de-lhistoire/embed/#?secret=D9G06NFiD4#?secret=Hyins4J0ml" data-secret="Hyins4J0ml" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Quant à savoir si, malgré l’antagonisme historique, le Serg peut constituer une référence pour une éventuelle unification des États arabes, on ne peut l’exclure au moins comme source d’inspiration, malgré la part inévitable de hasard. Il ne faut en effet nullement ignorer l’impulsion décisive attribuée à l’idée paneuropéenne par la Révolution Française ou les guerres napoléoniennes,&nbsp;ou bien par la politique naïve de Napoléon III au XIX<sup>e</sup> siècle en faveur de l’unification allemande ou italienne.</p>



<p>Toujours est-il que chaque fois qu’un Etat arabe a fait mine de se muer en Prusse, et on pense à l’Egypte du Khédive&nbsp;Muhammad Ali qui avait menacé d’abattre l’Empire Ottoman en décomposition, plus qu’à celle de Nasser ou à l’Irak de Saddam, il a été impitoyablement abattu. Il reste à savoir dans quelle mesure l’Iran serait susceptible d’activer cette unification, même si l’intérêt de l’État iranien n’est pas forcément d’avoir face à lui des États arabes unis&#8230; sous l’égide d’Israël.&nbsp; &nbsp;</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.</em></p>



<p><strong><em>‘‘Le Saint Empire romain germanique : d’Otton le Grand à Charles Quint’’ de Francis Rapp, éd. du Seuil, collection Points, Paris 20 juin 2003, 384 pages.</em></strong></p>
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		<item>
		<title>Conférence à Beït Al-Hikma : «Science, religion et société aujourd’hui»  </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/30/conference-a-beit-al-hikma-science-religion-et-societe-aujourdhui/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Apr 2024 07:55:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Beït Al-Hikma]]></category>
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		<category><![CDATA[Taieb El Hadhri]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Si l’Histoire montre que la raison a été du côté de l’islam et le fanatisme du côté du christianisme, comment alors expliquer la décadence de l’un et l’épanouissement de l’autre ?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts, Beït Al-Hikma a organisé, le samedi 27 avril 2024, au Palais de l’Académie, sis à Carthage-Hannibal, une conférence sur le thème&nbsp;: «Science, religion et société aujourd’hui».</em></strong></p>



<span id="more-12646842"></span>



<p>La conférence a été donnée par Pre Faouzia Charfi, physicienne et professeure émérite à l’Université de Tunis, et membre de l’Académie, auteur de l&rsquo;ouvrage <em>« La science voilée. Science et islam » </em>(éd. Odile Jacob), et le Pr Taieb El Hadhri y a assuré la présentation.</p>



<p>D’emblée, Pre Charfi a évoqué la relation conflictuelle entre le religieux et le scientifique qui se pose, aujourd’hui, de manière plus importante eu égard à l’amplification que les réseaux sociaux donnent à certains courants qui sont, selon l’intervenante, de véritables menaces contre la science. Elle remonte au 5<sup>e</sup>&nbsp;siècle pour rappeler les persécutions, à travers l’histoire, dont ont été victimes les scientifiques à cause des dogmes.</p>



<p>Hypatie d’Alexandrie, tuée par des fanatiques chrétiens en 415. Des siècles plus tard, Giordano Bruno est condamné pour hérésie par l’Eglise et brûlé vif à Rome en 1600 ou encore Galilée qui est jugé par le Saint Office en 1633.</p>



<p>On oppose à cette histoire de la persécution des scientifiques par l’Eglise chrétienne, en pays d’islam, aucun scientifique n’a été attaqué, et qu’au contraire, comme le proclamait le réformateur du 19<sup>e</sup>&nbsp;siècle Mohamed Abdou&nbsp;: il n’y pas de contradiction entre l’islam et la science; le hadith ayant encouragé la quête de la science&nbsp;: <em>«Allez chercher la science (‘el-iîlm) jusqu’en Chine»</em>.</p>



<p>Bien que Pre Charfi concède que l’interprétation du mot <em>«iîlm»</em> est une question à débattre et elle cite, dans ce contexte, Mohamed Arkoun&nbsp;:&nbsp;<em>«</em>iîlm<em> désigne le type spécifique de ‘science’, c’est-à-dire de connaissance, liée à la révélation de la parole de Dieu […] Par contraste avec la version pluralisée des sciences, le </em>iîlm<em> est une science ou une connaissance unique, qui englobe tout […] et surplombe tout»</em>.</p>



<p>Alors si l’Histoire montre que la raison a été du côté de l’islam et le fanatisme du côté du christianisme, comment alors expliquer la décadence de l’un et l’épanouissement de l’autre&nbsp;? La force de l’Occident est-elle fondée sur la raison et la liberté&nbsp;? Pre Charfi a tenté de donner des éléments de réponse à cette question en se basant, entre autres, sur le concordisme entre texte religieux et démarche scientifique.</p>
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		<title>‘‘Africa quasi Roma’’: Quand les Berbères en perdaient leur latin</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Jul 2023 07:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est bien sous l’égide musulmane que l’expression politique des aspirations berbères s’est parachevée, en particulier avec les empires Almoravide et Almohade.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/02/africa-quasi-roma-quand-les-berberes-en-perdaient-leur-latin/">‘‘Africa quasi Roma’’: Quand les Berbères en perdaient leur latin</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’âme historique berbère, si tant est qu’il puisse en exister une, dont se réclament certains Maghrébins, y compris Tunisiens, on peut la caractériser par la frustration et le sentiment d’injustice, issus d’ambitions politiques légitimes (nationales?) jamais réalisées sous les Puniques ou les Romains. Et en dépit de l’antagonisme arabo-berbère, qui s’était exacerbé en Andalousie, c’est pourtant bien sous l’égide musulmane que l’expression politique des aspirations berbères s’est parachevée, en particulier avec les empires Almoravide et Almohade.</em></strong> <em>(Illustration : Saint-Augustin par Philippe de Champagne, détail).</em></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-8637926"></span>



<p>Après mille ans de présence, il ne reste plus rien de la présence romaine en Afrique, si ce n’est des ruines, celles-là même d’ailleurs que l’on retrouve en France, en Grande-Bretagne, en Espagne, et naturellement, en Italie et dans les Balkans.</p>



<p>Le forum, le capitole, les thermes, le théâtre, les castellum et les remparts… Rome a reproduit à l&rsquo;infini son modèle partout où elle dominait, et dont l’armée, les institutions politiques, la cité, la religion, la hiérarchie sociale, l’exploitation agricole et le contrôle des communications terrestres et maritimes&nbsp;assuraient&nbsp;la pérennisation.</p>



<p>Certes ! Mais qu’y a t il eu de spécifiquement autochtone dans cette latinité imposée aux peuples qui habitaient la rive sud de la Méditerranée depuis la cyrénaïque jusqu’à la Tingitane?</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’enjeu de la romanisation</h2>



<p>L’occupation romaine y avait débuté par un génocide de proportion colossale, la destruction totale de Carthage et le massacre de sa population, un acte d’autant plus odieux qu’il fut prémédité par le Sénat romain.</p>



<p>La culture punique a survécu semble-t-il dans les villes qui s’étaient ralliées aux envahisseurs pour éviter la destruction, jusque dans les bourgs reculés et les campagnes de Numidie et de Maurétanie.</p>



<p>Le fond culturel profond punique ne fut donc pas entamé et persista après l’adoption du christianisme par l’empire, ce que reconnaît Saint Augustin (Augustin d’Hippone). Simplement il ne trouva plus d’expression dans la sphère publique, mis à part les pratiques funéraires et quelques inscriptions épigraphiques.</p>



<p>Tout cela a donné lieu à une société dont les élites locales, les notables, jouaient par obligation et intérêt, d’autres diront duplicité, le jeu de la romanisation, tout en réservant l’expression de leur culture profonde à leur domaine intime. Mais en quoi la culture punique, elle-même importée, pouvait-elle intégrer l’âme berbère, au point d’en constituer une référence identitaire, même de substitution, face à la latinité triomphante?</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="jdbFw8IIPk"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/18/locean-atlantique-musulman-le-rendez-vous-manque/">‘‘L’océan Atlantique musulman’’ : le rendez-vous manqué</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘L’océan Atlantique musulman’’ : le rendez-vous manqué » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/18/locean-atlantique-musulman-le-rendez-vous-manque/embed/#?secret=zenhmeU7Ff#?secret=jdbFw8IIPk" data-secret="jdbFw8IIPk" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>En fait, les institutions romaines n’ont fait bien souvent que reproduire en les faisant évoluer celles préexistantes, et mis à part l’institutionnalisation de la langue il n’y eut donc pas de véritable rupture entre la cité punique et la latine.</p>



<p>D’autre part, l’âme punique sémitique&nbsp;trouva dans le culte du Saturne africain la substitution qui satisfaisait sa fascination révérencieuse du sacré. Mais qu’en a-t-il été de l’autochtone véritable, celui que l’on nomme Libyen ou Berbère, dans tout cela?</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’âme historique berbère</h2>



<p>Doublement aliéné et dénué d’expression littéraire, l’autochtone ne pouvait qu’adopter les langages, les organisations et les cultures conquérantes, ou bien les dominantes comme le grec, langue des échanges internationaux parlée à la cour de Cirta, et pour préserver son âme un hénothéisme dénué de spéculation philosophique lui laissant toute latitude d’observer et de s&rsquo;adapter.</p>



<p>Ainsi l’histoire de la latinité fut-elle celle des colons de l’empire et de ceux parmi les autochtones qui réussirent&nbsp;à s’insérer dans l’ordre établi et qui finirent parfois par se révolter.</p>



<p>Pourquoi en fin de compte, la latinité a-t-elle fini par disparaître en Afrique du Nord?</p>



<p>En Europe, les peuples germaniques conquérants, les Wisigoths, les Francs, les Lombards et les Saxons, n’ont eu&nbsp;d’autre opportunité que de reproduire le modèle politique des Romains dans la recherche d’une légitimité, avec la collaboration décisive de l’église romaine catholique. Les royaumes ainsi créés, embryons des futurs Etats nationaux, ont&nbsp;diffusé directement&nbsp;par le langage, ou indirectement par le christianisme, la culture latine.</p>



<p>En Afrique, la seule tentative d’instaurer un royaume germanique, celle des Vandales, a fini par échouer, parce qu’ils n’avaient pas réussi à&nbsp;y intégrer les chefs berbères, sans lesquels toute domination n’aurait été qu’illusoire.</p>



<p>Mis&nbsp;à part le siècle et demi qui suivit la conquête, Rome puis Byzance ne permirent pas l’instauration d’Etats Garamante, Gétule, ou Musulame, parce que le blé et l’huile africains représentaient un enjeu économique trop&nbsp;important pour être laissés à la discrétion d’Etats alliés ou clients. C’était bien mal récompenser des alliés qui avaient activement participé aux guerres civiles que Rome avait menées sur leur propre territoire au prix de multiples dévastations.</p>



<p>On peut caractériser l’âme historique berbère si tant est qu’il puisse en exister une, par la frustration et le sentiment d’injustice, issus d’ambitions politiques légitimes (nationales?) jamais réalisées sous les Puniques ou les Romains. Et en dépit de l’antagonisme arabo-berbère qui s’était exacerbé en Andalousie, c’est pourtant bien sous l’égide musulmane que l’expression politique des aspirations berbères s’est parachevée, en particulier avec les empires Almoravide et Almohade. Ceux qui se trouvent aujourd’hui dans l’opportunité de brandir une identité politique berbère de substitution feraient bien de s’en souvenir.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="w18KymzEgs"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/22/la-chute-du-califat-de-cordoue-lautre-grande-discorde-de-lislam/">‘‘La chute du califat de Cordoue’’: l’autre grande discorde de l’islam</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘La chute du califat de Cordoue’’: l’autre grande discorde de l’islam » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/22/la-chute-du-califat-de-cordoue-lautre-grande-discorde-de-lislam/embed/#?secret=400D1lZv9o#?secret=w18KymzEgs" data-secret="w18KymzEgs" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Il reste la survivance de l’être punique latin, prétentieux, avide d’honneurs, prêt à tous les compromis, sinon les compromissions, pour réaliser ses objectifs. Il a eu beau être chrétien, il n’en est pas moins devenu schismatique en étant donatiste, et même terroriste avec les circoncellions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’obligation d’obéir</h2>



<p>Néanmoins, c’est bien Augustin d&rsquo;Hippone, le roi du compromis, encore lui, qui fort des épîtres de Paul de Tarse, a fait obligation à l’esclave d’obéir à son maître et a rendu licite la participation au culte (désormais civil) de César dès lors que celui-ci fût devenu chrétien.</p>



<p>Aujourd’hui, le peuple, le nôtre, préfère un système autoritaire à une démocratie de notables, et si ces derniers font étalage de richesse dans un océan de misère, et jouent quelquefois les évergètes afin de masquer des ambitions politiques (Qalb Tounès), si le plus grand nombre de terroristes contemporains proviennent de nos contrées, cela a aussi pour origine l’esprit collectif qui depuis les âges les plus reculés, et bien avant l’arrivée de l’islam, se manifeste dans notre façon d’être qui nous avait valu d’être taxés de perfidie par nos tourmenteurs.&nbsp;</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.</em></p>



<p><strong><em>‘‘Africa, quasi Roma&nbsp;: 256 av. J.-C.-711 apr. J.-C.’’, de Jean-Marie Lassere, éditions CNRS, Paris 2015, 786 Pages.</em></strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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		<title> »De Rome à la Mecque’’: le dialogue islamo-chrétien; un coup d’épée dans l’au-delà</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Jun 2023 06:37:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Vatican]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les Etats musulmans ne veulent pas séculariser leurs sociétés, non pas parce que cela s’oppose aux préceptes de l’islam, mais parce qu’ils veulent maintenir un statuquo favorable aux factions les plus avantagées par l’ordre établi.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Pour autant que les musulmans ne disposent plus depuis l’abolition du califat d’un représentant légitime et reconnu, les contacts établis par le monde islamique avec le Vatican, au-delà des préjugés religieux et des calculs politiques des uns et des autres, ne seraient finalement que des coups d’épée dans l’eau.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-8321052"></span>



<p>Ce livre écrit par un journaliste allemand attaché au Vatican est complexe,&nbsp;parfois fastidieux. Il traite des échanges d’idées engagés par les plus hautes autorités de l’église catholique avec des représentants de l’islam avant 2010. Ce faisant, le point de vue exprimé reflète généralement beaucoup plus celui du Vatican que de ses interlocuteurs, exception faite lors des polémiques déclenchées par le pape Bénédict XII, dont le caractère prémédité&nbsp;n’est pas douteux, et des réactions suscitées par ses propos dans le monde musulman.</p>



<p>Evidemment, on ne peut perdre de vue le fait que cette polémique là se soit déroulée au plus fort de la guerre mondiale contre le terrorisme. Que l’assassinat d’une&nbsp; religieuse chrétienne de 70 ans connue pour son dévouement dans un hôpital en Somalie en eût été la conséquence directe ne doit pas occulter le massacre des chrétiens d’Irak et de Syrie par les milices de l’Etat Islamique armées et soutenues par la Turquie, un pays membre de l’Otan, ni la responsabilité américaine en tant que puissance occupante de l’Irak dans l’émergence du terrorisme dans ce pays, ainsi que les affrontements sectaires qui s’y sont déroulés.</p>



<p>Cela, l’auteur évite de le dire, sans doute du fait du souci du pape d’établir des relations cordiales entre le Saint-Siège et la Turquie, concrétisées par son séjour officiel dans ce pays, ainsi que sa visite à Sainte-Sophie et à la mosquée bleue d’Istanbul.</p>



<p>D’autre part, le Saint Siège a posé d’emblée comme préalable ne souffrant aucune remise en question son absence d’implication dans les politiques des pays occidentaux, en particulier au Moyen-Orient.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Modus vivendi entre deux grandes religions rivales</h2>



<p>Il est donc légitime de penser que dans la recherche d’un modus vivendi entre deux grandes religions historiquement rivales, si tant est que cela constitue bien l’objectif des discussions, l’une des parties pose comme préalable implicite son caractère pacifique dans son appropriation du texte des Evangiles et oriente la discussion vers la condamnation de la violence et de la contrainte religieuse, autrement dit, en en accusant l’autre partie.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="yvuwvv0oLK"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/14/les-langues-du-paradis-la-philologie-ou-lorient-entre-mythe-et-mystification/">‘‘Les langues du paradis’’: la philologie, ou l’Orient entre mythe et mystification</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Les langues du paradis’’: la philologie, ou l’Orient entre mythe et mystification » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/14/les-langues-du-paradis-la-philologie-ou-lorient-entre-mythe-et-mystification/embed/#?secret=wy1YSWXzfR#?secret=yvuwvv0oLK" data-secret="yvuwvv0oLK" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Cela est apparu patent dans la conversion donquichottesque et médiatisée d’un musulman au christianisme, ou le discours de Regensburg reprenant les propos du Basileus Manuel Comnène lorsque le prophète Mohamed a été accusé d’opportunisme relativement au verset sur l’absence de contrainte et de plagiat en religion sans rien apporter de nouveau, et l’islam d’user de l&rsquo;épée pour imposer ses préceptes en violation de la liberté accordée par Dieu.</p>



<p>La légitimité du prophète Mohamed n’étant susceptible d’aucune remise en question par les musulmans, tout autant que celle éventuelle de la trinité par les chrétiens (encore des préalables !), cela a entraîné une réponse argumentée et pertinente, mais le ton était ainsi donné sur le sens des échanges entre une partie accusatrice, et une autre sur la défensive, contrainte de réfuter.</p>



<p>Absence d’implication politique ou pas, le pape Benedicte XII ne s’est nullement placé en porte-à-faux relativement aux préoccupations qui prévalaient à cette époque, quand la crainte des attentats terroristes était omniprésente et que l’opinion publique&nbsp; occidentale exigeait d’être rassurée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La garantie de la liberté du culte en terre d’islam</h2>



<p>Depuis le concile Vatican II des années 60 qui avait engagé les chrétiens catholiques&nbsp;à rechercher et respecter la part de Dieu dans tout être humain et dans toute religion, l’heure n’était plus à la communion avec les musulmans. La construction d’une mosquée à Rome largement financée par l’Arabie&nbsp;Saoudite était désormais avancée comme étant la preuve que les catholiques avaient rempli leur part de contrat et qu’ils attendaient une contrepartie des pays musulmans. Laquelle? La liberté de croyance, de conscience, de blasphème même, le droit pour les chrétiens de construire des églises et d’enseigner leur foi en terre d’islam, la protection des minorités chrétiennes et l’égalité politique avec la majorité.</p>



<p>En fait, la demande de l’église catholique se rapportait&nbsp;désormais à l’instauration d’Etats séculiers&nbsp;agnostiques&nbsp;garantissant une liberté du culte équivalente à celle dont jouissent les musulmans en Occident.</p>



<p>Ainsi, au nom de la conformité entre la foi et l’esprit, l’avènement d’une société laïque et pluraliste en terre d’islam était devenu la raison d’être des échanges interreligieux pour l’église catholique. Plusieurs remarques restent à faire sur cette évolution vers la sortie du religieux&nbsp;et l’instauration d’une religion civile.</p>



<p>Pour le pape, une démocratie libérale agnostique constitue la quintessence du christianisme, puisqu’elle assure la liberté et la dignité de l’être humain. En fait, on a même prétendu&nbsp;que c’est là que le Christ avait rencontré Spinoza. Mais est-il raisonnable pour autant de la demander en tant que contrepartie de droits concédés aux musulmans en Occident?</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’extension au plan religieux de la mondialisation</h2>



<p>En France, par exemple, la mosquée de Paris n’a pas été une concession mais la reconnaissance du rôle déterminant joué par les combattants coloniaux du Maghreb dans les batailles de la Somme et du Chemin des Dames. Et à Londres ou à Moscou c’est l’empire qui a rendu l’édification de mosquées inévitables,&nbsp;et en Allemagne, ce furent les travailleurs turcs dont avait besoin l’industrie. Le cas romain n’est donc qu’une exception. Néanmoins, l’argument pour autant qu’il soit faible ne vaut que par sa volonté de contrainte, tout autant d’ailleurs que la confusion paradoxale entre politique et religieux, du moins dans le cas français. Or l’instauration de la démocratie libérale dans le monde musulman, c’est aussi le programme que s’étaient fixé les promoteurs de la guerre antiterroriste américaine, inspirés par les néoconservateurs, ainsi que&#8230; le dissident soviétique Nathan Chtcharansky. La <em>pax&nbsp;islamochristiana</em>&nbsp;n’en serait que la poursuite, par d’autres moyens, ainsi que l’extension au plan religieux de la mondialisation, où la sphère religieuse deviendrait une question absolument personnelle dans un monde technocratique régi par des algorithmes et des lois.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="An8BGQpnGf"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/23/la-france-en-terre-dislam-jamais-laique-parfois-chretienne-toujours-opportuniste/">‘‘La France en terre d’islam’’ : jamais laïque, parfois chrétienne, toujours opportuniste</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘La France en terre d’islam’’ : jamais laïque, parfois chrétienne, toujours opportuniste » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/23/la-france-en-terre-dislam-jamais-laique-parfois-chretienne-toujours-opportuniste/embed/#?secret=5aMtHPR7tX#?secret=An8BGQpnGf" data-secret="An8BGQpnGf" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Il est patent que les normes imposées par l’Organisation internationale du commerce, le Fonds monétaire international, la Banque mondiale, les agences de notation internationales, ou naturellement les guerres, ont bien plus d’impact sur la sécularisation des musulmans; tout autant qu’en avait eu en son temps la colonisation. Mais le fait est là: cette organisation issue d’un autre âge que constitue le Vatican, la plus ancienne multinationale du monde, sous l’égide d’un pape allemand, n’est plus ni apôtre, ni témoin de la parole de l’Evangile qu’&rsquo;elle prétend promouvoir, même si on&nbsp; peut la créditer de son refus de la guerre pour convaincre de la nécessité de réformes radicales chez ses ex-adversaires dont elle veut faire des partenaires.</p>



<p>On peut supputer sur les raisons qui poussent ces derniers à poursuivre ces contacts. Un partenariat islamo-chrétien serait un argument de bien plus de poids pour prévenir la judaïsation débridée de la ville de Jérusalem. Évidemment, la volonté égoïste des régimes politiques arabes de se débarrasser de cette image de barbares qu’ils véhiculent parfois à juste titre dans la presse occidentale n’y est pas non plus étrangère. Des relations établies avec le Vatican sont en ce sens précieuses, mais l’achat de clubs de football prestigieux tels que Manchester City ou le PSG par les magnats du Golfe ou l’organisation du Mondial de football au Qatar sont bien plus spectaculaires. On ne peut qu’interpréter en ce sens la visite qu’en son temps avait accomplie le Roi Abdallah d’Arabie Saoudite au Saint-Siège.</p>



<p>Quant à la Turquie,&nbsp;il fut un temps où elle considérait ces relations comme le cheval de Troie de l’accès à l’Europe. En réalité, les Etats musulmans, y compris la Turquie, ne veulent pas séculariser leurs sociétés, non pas parce que cela s’oppose aux préceptes de l’islam, mais parce qu’ils veulent maintenir un statuquo qui est favorable aux factions économiquement et politiquement les plus avantagées par l’ordre établi.</p>



<p>Il y avait eu en son temps un pape polonais qui avait prié dans un stade marocain et visité l’université de la mosquée Al-Azhar au Caire, pour communier avec l’islam. Il y a eu un pape allemand qui sous prétexte de s’opposer au terrorisme voulait instaurer une norme de conduite aux musulmans respectant les spécificités culturelles de l’Europe, autrement dit prévenant les conversions massives des populations européennes à l’islam. Le pape argentin actuel semble vouloir plus agir dans les coulisses, ou bien n’a plus comme principale priorité les relations avec l’islam. Il faut dire que le contexte ne s’y prête pas réellement. Il n’en demeure pas moins que, Spinoza ou pas, seule une sécularisation véritable&nbsp;assurera la prospérité et la dignité des populations à même d’empêcher la migration massive des jeunes et des élites des pays musulmans vers les Etats de droit des pays occidentaux,&nbsp;ainsi que le massacre de la traversée de la Méditerranée sur des embarcations précaires.</p>



<p>Tout compte fait, pour autant que les musulmans ne disposent plus depuis l’abolition du califat d’un représentant légitime et reconnu, ces contacts établis avec le Vatican ne s’apparentent finalement qu’à des coups d&rsquo;épée dans l’eau.</p>



<p><em>* Médecin de libre pratique. </em></p>



<p>‘‘<em><strong>Zwischen Rom und Mekka’’, de &nbsp;Heinz-Joachim Fischer, éd. Bertelsmann, C., München,&nbsp;2009.</strong></em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="JaAjq27jtZ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/27/europe-et-islam-les-origines-dun-antagonisme-perenne/">Europe et islam : les origines d&rsquo;un antagonisme pérenne</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Europe et islam : les origines d&rsquo;un antagonisme pérenne » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/27/europe-et-islam-les-origines-dun-antagonisme-perenne/embed/#?secret=y3kUOJdrWX#?secret=JaAjq27jtZ" data-secret="JaAjq27jtZ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>‘‘Les langues du paradis’’: la philologie, ou l’Orient entre mythe et mystification</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 May 2023 07:18:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’attentat de la Ghriba est-il un acte criminel ou terroriste? </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/14/les-langues-du-paradis-la-philologie-ou-lorient-entre-mythe-et-mystification/">‘‘Les langues du paradis’’: la philologie, ou l’Orient entre mythe et mystification</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Est-ce un hasard si les multiples tueries qui frappent régulièrement les écoles aux États-Unis d’Amérique ne sont jamais qualifiées de terroristes ? Les mots tout autant que les actes ont des conséquences.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-7933064"></span>



<p>L’<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/10/tunisie-le-terrorisme-frappe-au-plus-mauvais-moment/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">attentat de la Ghriba</a> est-il un acte criminel ou terroriste? La réponse dépend évidemment d’un ordre <em>«normal»</em> des choses fondé sur les mots et les idées, et qui ne va pas de soi. C’est une construction qui a été élaborée au Moyen-âge et consolidée aux siècles des lumières au nom de la sacro-sainte science.</p>



<p>Le débat a en réalité commencé avec la question de la place attribuée au langage dans l’élaboration du corpus sacré, la bible, ou autrement dit de la langue parlée par Dieu.</p>



<p>En effet il devenait&nbsp;inacceptable pour l’Occident, maître du monde, de reconnaître une quelconque dette à un peuple étranger et apatride. Fallait-il reconnaître que les (gentils) indo- européens (aryens) victorieux et conquérants étaient&nbsp;ainsi redevables envers les (douteux) sémites de leur conscience historique?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le christianisme occidental dominant</h2>



<p>Les premiers se sont bien approprié leur livre sacré, en prenant&nbsp;fait et cause pour la dissidence dans une querelle intestine théologico-politique. Pour cela, et en dépit de l’Église, ou sans elle,&nbsp;ils ont dû se forger les paradigmes nécessaires démontrant d’une manière <em>«scientifique»</em> une finalité historique téléologique, celle du christianisme occidental dominant, guidant, humanisant, les<em> «races»</em> du monde dans sa quête du retour à l’âge d’or d’une humanité&nbsp;unie autour d’une seule langue. Il fallait justifier que l’hébreu ne fût pas la langue de la création ni celle utilisée dans le jardin de l’Eden (le Paradis).</p>



<p>On a parlé ainsi de textes dénués de ponctuations, de voyelles, dans l’hébreu de la Bible, pour en prouver les ajouts ultérieurs, et en éliminer ainsi le caractère originel mais on a omis de dire que l’alphabet latin était phénicien, donc sémitique. </p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="pVyv5KwlBj"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/04/before-orthodoxy-la-construction-de-la-verite-en-islam/">«Before Orthodoxy» : la construction de la vérité, en islam</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «Before Orthodoxy» : la construction de la vérité, en islam » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/04/before-orthodoxy-la-construction-de-la-verite-en-islam/embed/#?secret=DLYwNfPzud#?secret=pVyv5KwlBj" data-secret="pVyv5KwlBj" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Les nouveaux outils conceptuels ainsi élaborés&nbsp;prénommés philologie, paléontologie linguistique, anthropologie&nbsp;culturelle, ont finalement permis de séparer et de catégoriser les langages avec leurs champs d’action les plus accessibles, les religions;&nbsp;sans oublier le plus important, les peuples.</p>



<p>Il n’est peut être pas aussi paradoxal que dans une Europe des Lumières qui se détachait du religieux, l’émergence de la nation et du colonialisme ait en fait inspiré une telle démarche. Que les maîtres d’œuvre en eussent été de manière souvent dissemblable, de Richard Simon l’aventurier du texte sacré primitif inaltéré jusqu’à Goldziher en passant par&nbsp;Renan, Max Muller, Gross, d’éminentes figures des milieux académiques occidentaux, n’importe que dans la mesure où la démarche scientifique même reconnue peut s’avérer dans le champ des sciences sociales, surmonter difficilement l’épreuve de la critique.</p>



<p>Entre le prêtre défroqué Renan révolté par ce qu’il découvrait en Orient dans les années 1860 au point de vouer l’islam aux gémonies, et le juif de descendance rabbinique Goldziher qui réhabilitait sa propre communauté grâce à ses études <em>«équilibrées»</em> sur l’islam, les conclusions ne pouvaient être les mêmes. Ceci démontre combien dans de telles études, l’apport personnel peut être déterminant, et le cheminement de la recherche aboutir à des culs de sac parfois coûteux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’opposition sémitiques-aryens vole en éclats</h2>



<p>Ainsi l’introduction dans le débat par Renan de la notion de race linguistique, culturelle, religieuse, eût même été loufoque sans ses inévitables implications. Son obstination à opposer une culture sémitique par essence stagnante et stérile parce que dénuée de mythes à une autre aryenne féconde riche en mythes est contredite par les réalités;&nbsp;les Assyriens et les Babyloniens parmi tous les sémites furent les polythéistes les plus avérés, mais quand le Roi Assurbanipal rendait un culte à son Dieu, ses prières s’apparentaient à celles d’un musulman.</p>



<p>Quant au polythéisme matrice de l’esprit scientifique permettant d’appréhender simultanément plusieurs réalités, ou plusieurs aspects d’une même réalité, chose que le monothéisme ne permettrait pas, rien ne le démontre. Au contraire, les mathématiques constituent par excellence la science où l’infini se rapproche le plus du néant, justement par le biais de l’unité.</p>



<p>Mais abstraction faite de l’objectivité de Goldziher, pour qui les civilisations s’entrecroisent et empruntent les unes aux autres, à l’ère de l’impérialisme si les juifs ont été finalement intégrés aux Aryens (Disraeli, Crémieux) et la <em>«race de l’islam»</em> confinée au statut de sujet, c’est en Allemagne, cette nation dénuée de colonies à la mesure de ses ambitions et militairement battue, que le concept de l’Aryen <em>«libéré»</em> de sa part éthique juive, le christianisme, a fait florès, avec les conséquences que l’on sait. Un grand opéra de Richard Wagner, <em>Siegfried</em>, l’illustre.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="5mvRwaWo5M"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/27/europe-et-islam-les-origines-dun-antagonisme-perenne/">Europe et islam : les origines d&rsquo;un antagonisme pérenne</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Europe et islam : les origines d&rsquo;un antagonisme pérenne » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/27/europe-et-islam-les-origines-dun-antagonisme-perenne/embed/#?secret=98brPDX2H1#?secret=5mvRwaWo5M" data-secret="5mvRwaWo5M" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Mais une autre question est le discours emprunté dans la guerre contre le terrorisme depuis 2001, et face à l’immigration illégale. Ce sont les thèses de Renan&nbsp;que l’on a évidemment ressorties des oubliettes, en taisant qu’elles fussent siennes, et en omettant ses jugements sur les races; au nom de l’exactitude <em>«scientifique»</em>, il a suffi&nbsp;de lire<em> «islam»</em> au lieu de <em>«sémite»</em>. Et on a invité les musulmans à déconstruire leurs textes sacrés en les soumettant à la <em>«raison scientifique»</em>, autrement dit à la philologie et la paléontologie linguistique,&nbsp;confrontées&nbsp;éventuellement aux découvertes archéologiques.</p>



<p>L’archéologie est justement le domaine de recherche par excellence auquel les Nazis ont conféré ses techniques actuelles. Elle a aussi servi à justifier leurs conquêtes au nom d’un ancien berceau&nbsp;arien&nbsp;en Europe et elle n’est donc pas neutre.</p>



<p>Par ailleurs, c’est une chose que de déterminer l’origine des mots et des versets utilisés dans le Coran qui&nbsp;peut effectivement être très utile dans la compréhension du passé. Mais si le but est d’en démontrer l’origine biblique celle-ci y a toujours été clamée,&nbsp;et sa confirmation n’apporterait&nbsp;rien au débat, qui en l’occurrence semble être toujours de prouver une supposée supériorité du christianisme arien occidental.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La puissance est une affaire d’organisation</h2>



<p>Le plus dommageable est évidemment de faire ainsi passer toute critique objective du texte coranique pour une entreprise partisane contre l’islam; pour le plus grand bonheur des rigoristes alliés à ceux pour qui il demeure ataviquement contre tout progrès. Mais peut-on vraiment tenir rigueur à de nombreux musulmans de penser&nbsp;que la <em>«science»</em> qu&rsquo;on leur prescrit soit dans une large mesure partisane, et pas seulement pour prouver que l’Arabe ne soit pas la langue du paradis?</p>



<p>Mis à part cela, on se demande effectivement quel bénéfice pourrait encore&nbsp;tirer de la philologie un orientalisme&nbsp;anachronique alors que Chinois et Indiens (dans une large mesure des dravidiens culturellement aryanisés)&nbsp;sont en train de prouver que la puissance n’est pas un monopole occidental mais une affaire d’organisation.</p>



<p>Pour conclure, ce n’est nullement un hasard si les multiples tueries qui frappent régulièrement les écoles aux États-Unis d’Amérique ne sont jamais qualifiées de terroristes. Les mots tout autant que les actes ont des conséquences.</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.</em></p>



<p><strong><em>‘‘Les langues du paradis’’, essai de </em></strong><strong><em>Maurice Olender, éditions Seuil, 293 pages, Paris </em></strong><strong><em>1989</em></strong><strong><em>.</em></strong></p>
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