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	<title>Archives des Hichem Méchichi - Kapitalis</title>
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	<title>Archives des Hichem Méchichi - Kapitalis</title>
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		<title>Tunisie : une constitution «fi bilad ettararanni»</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Feb 2021 08:17:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Hichem Méchichi ne devrait pas succomber aux pressions qui le poussent à faire des concessions sur ses propres pouvoirs, surtout que Kaïs Saïed ne serait ni à sa première ni à sa dernière tentative de blocage institutionnel, tellement il trouve le costume constitutionnel qu’il porte trop serré pour ses ambitions. Ce n’est pas parce que...</p>
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<p><strong><em>Hichem Méchichi ne devrait pas succomber aux pressions qui le poussent à faire des concessions sur ses propres pouvoirs, surtout que Kaïs Saïed ne serait ni à sa première ni à sa dernière tentative de blocage institutionnel, tellement il trouve le costume constitutionnel qu’il porte trop serré pour ses ambitions. Ce n’est pas parce que Kaïs Saïed est en conflit avec Rached Ghannuchi, le chef islamiste président de l’ARP, qu’on doive tout lui tolérer.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Mounir Chebil </strong>*</p>



<span id="more-336452"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/08/Mounir-Chebil-2.jpg" alt="" class="wp-image-312661"/></figure></div>



<p>Le chef du gouvernement, Hichem Méchichi, a entrepris un remaniement ministériel portant sur 11 ministres. Tard dans la soirée du 26 janvier 2021, l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a émis un vote de confiance aux nouveaux ministres avec une large majorité de 147 voix. Suivant l’article 89 de la constitution, le président de la république devait procéder à leur nomination après qu’ils aient prêté devant lui le serment suivant :<em> «Je jure par Dieu Tout-Puissant d’œuvrer avec dévouement pour le bien de la Tunisie, de respecter sa constitution et ses lois, de veiller à ses intérêts et de lui être loyal.»</em></p>



<p>Dans ce domaine, le président de la république Kaïs Saïed ne peut refuser cette nomination étant donné qu’il y est astreint puisqu’il ne dispose en la matière que d’une compétence liée. (Voir, Mounir Chébil, <em><a href="http://kapitalis.com/tunisie/2021/02/11/hichem-mechichi-doit-assumer-ses-choix-jusquau-bout/" target="_blank" aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" rel="noreferrer noopener">«Hichem Méchichi doit assumer ses choix jusqu’au bout»</a></em>, in Kapitalis du 11 février 2021). Or, le président a opposé un niet catégorique à l’organisation de la cérémonie de prestation de serment et de nomination, laissant le chef de gouvernement dans l’expectative, et les nouveaux ministres dans l’antichambre de leurs ministères, provoquant ainsi un blocage institutionnel grave en pleine période de crise économique et sanitaire. Pourtant, en tant que chef d’Etat, Kaïs Saïed se devait de veiller à la continuité et à l‘unité de l’Etat comme cela lui est intimé par l’article 72 de la constitution.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un imbroglio kafkaïen</h3>



<p>Alors que tous attendaient un déblocage de cet imbroglio kafkaïen, le 11 février 2011, le président de la république a choisi de se réunir avec les chefs des groupes parlementaires tout en prenant le soin d’ignorer le groupe du Parti destourien libre (PDL), entre autres. Devant les parlementaires présents, il a martelé un discours en langue de bois pour leur rappeler qu’il était lui la constitution et la seule autorité actuelle qui dispose du pouvoir de son interprétation. Ainsi, tous doivent-il se plier à ses diatribes. Il est le seul président de la république, il n’est ni facteur, ni la servante devant porter Ibn El Qarah (Méchichi) <em>«zaqafouna»</em> (à califourchon sur le dos) aux portes du paradis, avait-il dit auparavant. Devant les parlementaires, il reprend la formule historique de Tarak Ibn Ziad lors de la conquête d’Espagne :<em> «La mer est derrière vous et l’ennemi et au devant vous»</em>, en l’ajustant à la situation comme suit : <em>«La constitution est derrière vous et le peuple est devant vous et je fais partie du peuple.»</em>, un langage guerrier de la part d’un président qui devait assurer la paix et l’unité du pays. Je ne serais pas surpris si au cours d’un autre conflit institutionnel, il nous vanterait les vertus de <em>«zahm ennaam»</em>(1).</p>



<p>L’enseignant constitutionnaliste, le président interprète de la constitution était à court d’arguments juridiques pour justifier son refus. D’abord, il prétend que la constitution était muette quant à la procédure de la prestation de serment et de nomination par ses soins quand il s’agit d’un simple remaniement ministériel. L’article 89 ne traite de cette procédure que suite à la constitution d’un gouvernement consécutif à des élections législatives. Le professeur en droit constitutionnel a oublié le principe juridique du parallélisme des formes, car il ne serait pas logique juridiquement qu’il y ait dans un même gouvernement des ministres ayant prêté serment et d’autres non. La désinvolture avec laquelle il traite de la constitution traduit son aversion pour le régime qu’elle consacre et sa volonté pour le changer radicalement et lui substituer son modèle de la démocratie participative ou de proximité et où il serait roi.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un sophisme dégradant</h3>



<p>Les ténors constitutionnalistes et administrativistes n’étaient pas plus éloquents que leur confrère Kaïs Saïed. Invités par le chef de gouvernement, le même jour du 11 février 2021 pour qu’ils l’éclairent, du point de vue de droit et du droit constitutionnel particulièrement, sur le refus du président, ils concluent que le problème est politique et doit recevoir une solution politique, selon le communiqué officiel relatif à cette réunion. Au lieu de donner un avis juridique qui éclairerait le citoyen et qui ferait cas d’école méritant d’être enseigné aux étudiants en droit, ils s’illustraient par un sophisme dégradant, oubliant que les citoyens attendaient qu’ils lui disent qui des deux têtes de l’exécutif a enfreint les termes de la constitution avant de prendre position sur un pan politique.</p>



<p>Le propre du juriste quand il est confronté à une problématique juridique, c’est de privilégier en premier l’approche juridique avant de s’étendre sur d’autres approches. C’était ce que certains des invités du chef du gouvernement nous ont enseignés à la faculté de droit de Tunis et gare à l’étudiant qui s’écartait de cette démarche.</p>



<p>En parallèle à cette initiative, le chef de gouvernement a sollicité l’avis du Tribunal administratif qui a prononcé son incompétence en la matière restant fidèle à sa jurisprudence relative aux actes de gouvernement. Certains ont déploré cette position. Ils oubliaient que si ce tribunal était traversé par les passions et les interférences politiques, il s’en serait fini des intérêts de l’Etat doté de la puissance publique ainsi que ceux des citoyens qui doivent être protégés du diktat de l’administration portée parfois par une interprétation abusive de la notion de prérogatives de puissance publique. Par ailleurs, on a demandé la démission du chef du gouvernement comme s’il était dans le tort.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un fâcheux précédent</h3>



<p>Or, la compétence en matière de remaniement ministériel est du ressort de ce dernier et de l’assemblée législative. Tout renoncement à une quelconque compétence consacrée par le texte constitutionnel créerait un fâcheux précédent qui ne ferait que compliquer encore plus l’application de la constitution indépendamment de la position qu’on tiendrait à son égard. La question qui se pose : et si le président refusait de nommer un gouvernement constitué suite à des élections législatives, faudrait-il succomber au caprice présidentiel et entrer dans une redistribution des cartes à l’infini?</p>



<p>Hichem Méchichi ne devrait pas succomber aux pressions qui le poussent à faire des concessions sur ses propres pouvoirs, surtout que Kaïs Saïed ne serait ni à sa première ni à sa dernière tentative de blocage institutionnel, tellement il trouve le costume constitutionnel qu’il porte trop serré pour ses ambitions. Ce n’est pas parce que Kaïs Saïed est en conflit avec Rached Ghannouchi, le chef islamiste président de l’ARP, qu’on doive tout lui tolérer.</p>



<p>Non seulement la constitution du 26 janvier 2014 est un labyrinthe inextricable, mais en plus, elle a été noyée, en ces jours, dans la marmite de la <em>«mouloukhia»</em> (2) du film <em>‘‘Fi bilad ettararanni’’</em> (3) de Férid Boughedir.</p>



<p><em>* Ancien haut cadre de l&rsquo;administration publique. </em></p>



<p><strong><em>Notes :</em></strong><em><br>1- Le fion de l’autruche, remède miracle vendu par les charlatans dans les souks hebdomadaires, des décennies auparavant.<br>2- Un plat tunisien à base d’une plante qui donne une sorte de sauce noirâtre.</em> <em>3- Une République bananière</em>.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis :</em></h4>



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			</item>
		<item>
		<title>Hichem Mechichi doit assumer ses choix jusqu’au bout</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Feb 2021 07:33:36 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Kaïs Saied]]></category>
		<category><![CDATA[tribunal administratif]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Onze ministres, nommés par le chef de gouvernement Hichem Mechichi et adoubés par l’Assemblée des représentants du peuple ARP), sont, depuis le 27 janvier 2012, dans l’antichambre de leurs ministères en attente d’entrer dans leurs bureaux. Le président de la république Kaïs Saïed refuse de leur en remettre les clés. La question qui se pose...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/11/hichem-mechichi-doit-assumer-ses-choix-jusquau-bout/">Hichem Mechichi doit assumer ses choix jusqu’au bout</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Hichem-Mechichi-prestation-de-serment.jpg" alt="" class="wp-image-335818"/></figure>



<p><strong><em>Onze ministres, nommés par le chef de gouvernement Hichem Mechichi et adoubés par l’Assemblée des représentants du peuple ARP), sont, depuis le 27 janvier 2012, dans l’antichambre de leurs ministères en attente d’entrer dans leurs bureaux. Le président de la république Kaïs Saïed refuse de leur en remettre les clés. La question qui se pose est la suivante : dispose-t-il réellement de ces clés ?</em></strong></p>



<p>Par <strong>Mounir Chebil</strong> *</p>



<span id="more-335817"></span>



<p>En effet, tard dans la nuit du 26 janvier, l’ARP a approuvé le remaniement partiel proposé par le chef du gouvernement avec plus que les 109 voix requises. Seulement, le président de la république refuse qu’ils prêtent serment devant lui et de procéder à leur nomination officielle pour qu’ils puissent entrer dans leurs fonctions. En motivation de sa décision, il a soulevé le prétexte que des présomptions de corruption et de conflits d’intérêts pèsent sur quatre membres de la nouvelle équipe gouvernementale. Mais est-il en droit d’agir de la sorte et de provoquer un blocage institutionnel ?</p>



<p>La réponse à cette question ne méritait pas tant de polémiques juridiques, politiques et médiatiques. La Constitution tunisienne de janvier 2014 est claire sur la question de la nomination des ministres ayant obtenu la confiance des députés par le président de la république et celle de la prestation de serment par ces derniers.</p>



<p>L’article 98 énonce qu’après le vote de confiance au gouvernement par la majorité des députés, <em>«le président de la république procède sans délai à la nomination du chef du gouvernement et de ses membres. Le chef du gouvernement et les membres du gouvernement prêtent, devant le président de la république, le serment suivant…»</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Tollé autour d’un caprice présidentiel</h3>



<p>Il ressort de la lettre de ce texte que le président est tenu de procéder à la nomination des ministres ayant reçu la confiance des parlementaires. Il ne peut se détourner de cette obligation. Dans ce domaine, sa compétence n’est pas discrétionnaire. Il dispose d’une compétence liée. Le texte n’a pas recouru au verbe pouvoir pour donner au président de la république la possibilité de refuser de se plier à cette injonction. La compétence du choix des ministres, à l’exception de ceux de la défense et des affaires étrangères, relève du chef de gouvernement. Celle d’accepter ou de refuser l’équipe gouvernementale est attribuée à l’ARP par le vote de confiance.</p>



<p>En considération du principe de séparation des pouvoir, le parlement ne peut cumuler les deux compétences, celle de désigner les ministres et celle de les nommer. Donc, le président de la république, en tant que chef de l’Etat, doit nommer les ministres ayant obtenu la confiance des parlementaires qui bénéficient de la légitimité populaire de par son élection au suffrage universel, sans délai,<em> «fawran»</em> selon le texte arabe, c’est-à-dire immédiatement. Ainsi, la nomination des nouveaux ministres ne devrait-elle pas dépasser la journée du 27 janvier étant donné que le vote de confiance à été au soir de la journée du 26. C’est là toute la signification du terme <em>«fawran»</em> qui est tout à fait différent de la notion du délai raisonnable comme le soutiennent certains commentateurs. Ce terme doit en principe couper court à tout le tollé fait autour du caprice présidentiel.</p>



<p>La nomination et la cérémonie de la prestation de serment ne seraient qu’une procédure devant donner, tout au plus, à l’investiture des ministres, un caractère officiel et solennel par égard à la notoriété du président de la république qui est de surcroît élu au suffrage universel. Aux termes de l’article 72 de la constitution tunisienne de janvier 2014, il est le chef de l’Etat et le symbole de son unité. Ainsi, doit-il en cette qualité bénéficier de la considération et des honneurs qui lui sont dus. La nomination des ministres entre dans ses compétences honorifiques. Elle serait plus une accréditation d’une décision prise par une autorité autre que lui.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le président se doit d’agir positivement</h3>



<p>En conclusion, le président de la république ne peut refuser la nomination d’un ministre ayant au préalable reçu la confiance des députés. Même s’il y a une certaine imprécision du texte en cette matière, il ne doit pas provoquer les blocages institutionnels. Il se doit d’agir positivement, puisque suivant cet article, il garantit la continuité de l’Etat. Ce principe ne doit pas souffrir de blocages surtout s’ils étaient abusifs.</p>



<p>Par ailleurs, le président veille au respect de la constitution qui a conféré à l’ARP de désigner les membres du gouvernement par un vote de confiance. Et c’est à cette ARP, en principe, de les révoquer par un vote de défiance, étant donné que les ministres sont responsables de leur gestion devant cette dernière et non devant le président de la république.</p>



<p>Devant la persistance du président de refuser la nomination des nouveaux ministres, le chef du gouvernement peut-il passer outre ce refus et ordonner l’entrée en exercice des nouveaux ministres ?</p>



<p>En principe, si la Cour constitutionnelle était constituée, ce litige entre le chef du gouvernement et le président de la république aurait été déféré devant elle pour trancher. Devant l’absence de cette cour et l’intransigeance du président de la république, le chef de gouvernement est dans l’impossibilité d’obtenir la nomination des ses ministres. Or, il demeure responsable de sa gestion devant le parlement, chose qu’il ne peut théoriquement assurer avec des ministres sortants dont les pouvoirs sont réduits aux affaires courantes d’une part, et qu’il est tenu de veiller à la continuité du service public qui, au-delà des affaires courantes, s’étend aux tâches de programmation, de planification et d’investissement, d’autre part.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le Tribunal administratif n’est pas habilité à légiférer</h3>



<p>Devant cette impossibilité, le chef de gouvernement peut procéder au remaniement ministériel et ordonner la prise de fonction des nouveaux ministres. Certains ont soutenu que les actes des nouveaux ministres pouvaient faire l’objet de recours pour excès de pouvoir devant le Tribunal administratif étant donné l’illégalité de l’acte du chef du gouvernement par lequel il les a investis dans leurs fonctions après le refus du président de procéder à leur nomination. Pour prendre les termes de René Chapus, on remarque :<em> «Ordinairement, un acte contraire aux normes qu’il devait respecter est, sans plus, illégal (ou synonymement, irrégulier ou entaché d’excès de pouvoir). Et il est frappé d’inexistence juridique du fait de son annulation, si elle est prononcée, qui l’envoie au néant, et emporte l’inexistence des mesures que l’administration prendrait relativement à lui </em>(1).»</p>



<p>Seulement rien qu’au niveau de la recevabilité, le Tribunal administratif s’est déclaré incompétent pour trancher ce genre de litige. Car, les actes administratifs susceptibles de recours pour excès de pouvoir sont les actes unilatéraux des autorités administratives ayant le caractère exécutoire et faisant grief. Néanmoins, la jurisprudence administrative tunisienne s’est alignée sur une doctrine et une jurisprudence administrative française constante qui ont soutenu que les décisions administratives sont deux types :</p>



<ul class="wp-block-list"><li>les actes administratifs ayant trait à l’organisation et le fonctionnement de l’administration et ses rapports avec les usagers, «les actes du président de la république, du Premier ministre ou des autorités en dépendant pris sous le régime de puissance publique.</li><li>les actes de gouvernement que sont les actes du pouvoir exécutif concernant ses rapports avec le parlement ou d’autres autorités constitutionnelles et étrangères.</li></ul>



<p>Le Conseil d’Etat français a confirmé à plusieurs reprises cette position : <em>«le président de la république a mis en application l’art. 16 de la constitution du 4 octobre 1958, que cette décision présente le caractère d’un acte de gouvernement dont il n’appartient ni au Conseil d’Etat ni d’apprécier la légalité, ni de contrôler la durée».</em> Dans le commentaire de cet arrêt on peut lire :<em> «Mais certains de ses pouvoirs (les pouvoirs du président) intéressant les rapports du parlement et du gouvernement et, à ce titre, leur exercice n’est évidemment pas susceptible d’être critiqué devant le juge</em> (2)».</p>



<p>Le Tribunal administratif tunisien s’est aligné sur le conseil d’Etat français en déclarant :<em> «Le recours pour excès de pouvoir n’est recevable que si l’acte attaqué a une nature administrative, unilatérale, faisant grief et ayant des effets sur les situations juridiques dominantes. Ce qui implique l’exclusion du contrôle juridictionnel , les actes et les comportements de l’administration qui sortent du cadre de sa fonction administrative mais entrent dans le cadre des actes de gouvernement que l’administration exerce conformément à la constitution et à ses principes, comme les actes en rapport avec le pouvoir législatif, ou les pays étrangers et les organisations internationales, les actes relatifs la dissolution du parlement et à l’appel à des élections anticipées et l’appel à référendum</em>» (3).</p>



<h3 class="wp-block-heading">Méchichi a les mains libres</h3>



<p>Partant de cette jurisprudence, on peut soutenir que ni le refus du président, ni l’acte du chef du gouvernement par lequel il investit les nouveaux ministres dans leurs fonctions en outre passant le refus du président des les nommer, ne sont susceptible de recours pour excès de pouvoir ni par voie d’action ni par voie d’exception. Ces recours sont irrecevables par le Tribunal administratif.</p>



<p>Indépendamment de la question au fond, on est en présence d’actes de gouvernement, de portée politique, puisque d’une part ils mettent en rapport les deux autorités de l’exécutif, dans le cadre d’un exécutif bicéphale, et par ricochet le président avec l’ARP et d’autre part, avec les ministres en tant qu’autorité politique faisant partie du pouvoir exécutif. Par conséquent, le chef du gouvernement Hichem Méchichi a les mains libres et doit assumer ses choix et d’en répondre devant l’Assemblée des représentants du peuple.</p>



<p><em>* Haut fonctionnaire à la retraite.</em> </p>



<p><strong><em>Notes:</em></strong><br><em>1- René Chapus, ‘‘Droit administratif général’’, T1, 9e édition, Montchrestein – Delta, 1995 p 890 et 891 n°1033.<br>2- C.E., 2 mars 1962, ‘‘Les grands arrêts de la jurisprudence administrative’’, Sirey, 2 octobre 1984, pages 501 et 504. Voir aussi, C.E., 2 novembre 1951, JCP, 195é, 2, 681O, note Vedel, rapporté par Georges Vedel, ‘‘Droit administratif’’, Presse universitaire de France, page 116.<br>3- Première instance, Tribunal administratif, affaire Ben Sédrine/Premier ministre, n°26757, 15 juillet 2008, jurisprudence du Tribunal administratif de l’année 2008, Groupement Latrach avec la collaboration du Tribunal administratif, Tunis 2010, p. 151.</em></p>



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		<item>
		<title>Mechichi, un chef de gouvernement avec rang de chaouch au service des islamistes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Feb 2021 08:28:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[crise économique]]></category>
		<category><![CDATA[Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[Hichem Méchichi]]></category>
		<category><![CDATA[instabilité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
		<category><![CDATA[Rached Ghannouchi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Techniquement en faillite budgétaire, l’État tunisien subit le comeback des chaouchs : ces fonctionnaires larbins aux ordres de commanditaires politiques et qui se trouvent subitement avec plein pouvoir. Hichem Méchichi, le 4e chef de gouvernement depuis 12 mois, est fonctionnaire sans feuille de route, un bureaucrate de la vieille école, jamais élu, est devenu de...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/09/mechichi-ghannouchi.jpg" alt="" class="wp-image-314480"/><figcaption><em>Le majordome prend ses instructions auprès de son maître. </em></figcaption></figure>



<p><strong><em>Techniquement en faillite budgétaire, l’État tunisien subit le comeback des chaouchs : ces fonctionnaires larbins aux ordres de commanditaires politiques et qui se trouvent subitement avec plein pouvoir. Hichem Méchichi, le 4e chef de gouvernement depuis 12 mois, est fonctionnaire sans feuille de route, un bureaucrate de la vieille école, jamais élu, est devenu de facto Premier ministre avec rang de chaouch auprès de</em></strong><em><strong> Rached Ghannouchi,</strong></em><strong><em> le chef du parti religieux en Tunisie. Pour sortir l’économie de son impasse, pour sauver la révolte du Jasmin, la Tunisie a besoin de leaders transformateurs et pas de chaouchs majordomes. Décryptage…</em></strong></p>



<p>Par <strong>Moktar Lamari</strong>, Ph.D.</p>



<span id="more-335280"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" width="200"/></figure></div>



<p>Remaniement ministériel improductif, mais pas seulement! Un remaniement bloqué pour soupçon de corruption et qui rend le cabinet ministériel complètement inopérant. C’est le même Hichem Méchichi qui, par avidité de pouvoir, a fait muer son gouvernement censé être technocratique, vers un gouvernement ni-ni : ni technocratique, ni partisan.</p>



<p>En cause, un plan malsain : sortir certains ministres qui ne font pas l’affaire des partis religieux dominants au parlement et dont les affaires pénales et criminelles sont sulfureuses et se multiplient à vue d’œil.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un booster de la crise actuelle</h3>



<p>Quelle mouche l’a piqué? Méchichi, ce quadragénaire néophyte en politique s’est aplati et s’est mis à la solde de ces pouvoirs religieux, pour notamment désigner de nouveaux ministres au sein des départements de l’Intérieur et de la Justice. Pas difficile à comprendre, la manœuvre est pour bâillonner et pour réprimer les voix dissonantes et pour protéger le pouvoir des religieux et islamistes au pouvoir.</p>



<p>Une manigance? Certainement et pour cause : il est plus facile de changer de gouvernements et de ministres que de changer de politiques publiques. C’est plus facile de remuer des slogans et de gesticuler avec des promesses tenues par des novices en politique, que d’élaborer des bilans rigoureux, que de concevoir des réformes crédibles avec des objectifs et instruments dédiés.</p>



<p>Les changements de gouvernement et les remaniements de ministres et PDG en Tunisie post-2011 constituent un écran de fumée pour placer les «copains» à des postes clefs et détourner les regards de la paupérisation du pays, avec le retour exponentiel de l’analphabétisme et des maladies d’antan.</p>



<p>Dans ces interminables remaniements ministériels, les divers cérémonies et protocoles pervers au sein du parlement, constituent une occasion en or pour mettre en scène plusieurs députés girouettes et sans vision économique structurée, et qui adorent discutailler, pinailler et gesticuler… sans se rendre compte que leurs discussions sont stériles et insensées pour le commun des mortels en Tunisie.</p>



<p>Lors de ces toxiques débats au parlement, on parle de tout sauf des véritables enjeux: programmes d’actions, évaluation des résultats, détermination des objectifs, consensus sur les urgences, modalités de financements et autres éléments clefs requis pour mettre en œuvre des politiques quicréent la richesse et qui mettent de l’argent frais dans la poche des citoyens.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un négationniste du marasme économique actuel</h3>



<p>Mechichi ne semble pas comprendre que l’économie n’aime pas l’instabilité politique. Il n’a probablement pas la compétence requise pour comprendre l’ampleur des problèmes économiques vécus par les Tunisiennes et les Tunisiens.</p>



<p>Sept indicateurs résument les impacts économiques de ces incessants remaniements ministériels. Le revenu per capita a chuté de 34% entre 2011 et 2021 ($US constant). Pendant la même décennie, le dinar a perdu 45% de sa valeur face aux devises fortes, la dette publique a triplé, passant de 39% du PIB à 112% (État et sociétés publiques).</p>



<p>L’investissement a été divisé par trois, passant de 26% du PIB en 2008, à 8% du PIB en 2020. Face au gonflement de la taille de l’État et de la bureaucratie, consommateurs, investisseurs et opérateurs économiques se réfugient dans le marché informel (45% des employés recensés).</p>



<p>L’indice de la production industrielle a perdu plus 25% en 10 ans, sacrifiant les niches productives ayant une plus forte valeur ajoutée et ayant longtemps permis de renflouer la balance commerciale.</p>



<p>La pauvreté avance au lieu de reculer, l’analphabétisme augmente de façon exponentielle avec presque 150.000 jeunes (15% de ceux en âge de scolarisation) qui décrochent de l’école annuellement. Les élites claquent la porte, annuellement plus de 900 médecins et plus de 2000 ingénieurs et universitaires quittent le pays.</p>



<p>Étant perçus comme un partage du gâteau, les remaniements ministériels enveniment les conflits et alimentent la discorde entre les élites et entre les partis politiques. Ces discordes débouchent souvent sur des violences et des contestations dans la rue. Plus de 800 contestations publiques recensées, rien que pour 2020 (2 à 3 par jour). Et si rien n’est fait, de telles contestations entre partis politiques, entre clans et entre <em>«tribus» </em>peuvent amener la Tunisie, et très prochainement vers une guerre civile, comme en Libye voisine, comme en Syrie, comme au Yémen, comme au Mali, etc.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un majordome et pas plus !</h3>



<p>Ce chef de gouvernement cumule les pouvoirs d’un ministre de l’Intérieur (par intérim) et les pouvoirs du chef de gouvernement ne fait rien pour apaiser le climat politique, pire il envoie sa police répressive bastonner les manifestations des mécontents et des manifestants qui demander justice pour les meurtres de démocrates assassinés en Tunisie post-2011. Des meurtres attribués au parti religieux intégriste.</p>



<p>Méchichi ne se rend pas compte que la crise économique a besoin de politiques de réformes et de leadership transformationnel et d’une loyauté au peuple et pas aux lobbies et groupes de pression.</p>



<p>Il met de l’huile sur le feu des contestations, ajoutant plus d’instabilité gouvernementale et plus de chaos politique lié ne favorisent pas l’émergence d’une économie prospère! Un contexte qui ne fait rien pour créer un climat de confiance et d’apaisement propices pour les investissements et la productivité. L’instabilité gouvernementale actuelle attise le feu de l’inefficacité économique.</p>



<p>Peut-il comprendre que l’instabilité gouvernementale actuelle imprime une incertitude sur les politiques économiques (fiscales, monétaires, sécuritaires, etc.), nourrissant les anticipations négatives des agents économiques averses aux risques, et poussant les investisseurs à retarder sine die leurs décisions créatrices d’emplois. Et ce méfait se manifeste par la fuite des capitaux et par la désertion des cerveaux vers des pays plus stables politiquement, ralentissant ainsi la croissance économique. Plus de 2.900 personnes hautement qualifiées quittent le pays annuellement. Les investisseurs expatrient l’équivalent de 5% du PIB pour les investir ailleurs dans le monde, notamment en France, au Canada.</p>



<p>La jeunesse tunisienne est désenchantée et furieuse contre ces chefs de gouvernement créés ex-nihilo par ces partis politiques immatures et qui se dopent par une dette toxique et improductive.</p>



<p>Qui l’aurait cru, 10 ans après la Révolte du Jasmin, la Tunisie se trouve prise en otage par ce genre de chefs de gouvernements prêts à tout pour se maintenir au pouvoir. Un comeback, des chaouchs : ces majordomes sans programme, sans vision… rien d’autre que la soumission aveugle à des pouvoirs tacites et souvent peu patriotes. La Tunisie a besoin de leaders transformationnels pour créer de la prospérité et du bien-être collectif.</p>



<p>La Tunisie mérite mieux et elle grouille de compétences capables d’assumer le leadership requis pour relever les défis économiques et politiques du pays.</p>



<p><em>* Universitaire au Canada.</em></p>



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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie, un «génocide» en direct</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Feb 2021 12:36:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Covid-19]]></category>
		<category><![CDATA[Hichem Méchichi]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Mounir Chebil]]></category>
		<category><![CDATA[Rached Ghannouchi]]></category>
		<category><![CDATA[vaccins]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Tant que les commanditaires des terroristes siègent au parlement et propagent leur idéologie à travers les médias, tant que les milices islamistes d’Al-Karama se pavanent dans les coulisses de l’Assemblée, tant que les égorgeurs de Daech sont en villégiature dans les prisons, en attendant la prochaine amnistie générale, tant que les zazous «droits-de-l’hommistes» se font...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/01/coronavirus-enterrement.jpg" alt="" class="wp-image-331377"/></figure>



<p><strong><em>Tant que les commanditaires des terroristes siègent au parlement et propagent leur idéologie à travers les médias, tant que les milices islamistes d’Al-Karama se pavanent dans les coulisses de l’Assemblée, tant que les égorgeurs de Daech sont en villégiature dans les prisons, en attendant la prochaine amnistie générale, tant que les zazous «droits-de-l’hommistes» se font défenseurs des enfants prodiges de retour de Syrie, tant que le droit à la vie est bafoué par les bras cassés du gouvernement et de l’administration, le génocide par Covid-19 interposé continuera à faire des ravages en Tunisie.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Mounir Chebil</strong> *</p>



<span id="more-335057"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/08/Mounir-Chebil-2.jpg" alt="" class="wp-image-312661"/></figure></div>



<p>Onze millions d’habitants en Tunisie, c’est trop de bouches à nourrir. Surtout dans un contexte d’instabilité politique, de crise économique et d’agitation sociale. Alors, faut-il faire pression sur la démographie ? Nos gouvernants actuels n’ont pas les moyens d’engager des programmes pour diminuer de moitié la population du pays, comme le conseillerait Malthus. Une solution aussi radicale pourrait leur coûter les fauteuils douillets.</p>



<p>En 10 ans, 12 gouvernements, plus de 460 ministres et secrétaires d’Etat, 627 députés, sans compter les attachés de cabinets et les conseillers machin chouette, se sont succédé au pouvoir, coûtant aux contribuables les yeux de la tête. Ils sont issus de plus de 200 partis politiques, garnissant la scène démocratique tunisienne, qui se sont unis pour désespérer ce peuple, l’appauvrir et l’affamer.</p>



<p>Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, les Tunisiens ont résisté. Ils y étaient habitués depuis des siècles. Mais ils commencent à se révolter et leurs affameurs à trembler sérieusement. Et voilà que la pandémie de la Covid-19 a pointé son nez. Elle fauche entre 0 et 100 personnes par jour. On dénombre déjà 6.500 morts, sans compter ceux qui sont décédés de la Covid-19 chez eux, sans que leurs proches n’en soient conscients, et n’ont donc pas été comptabilisés par les statistiques officielles. Il faudrait donc compter 25% de décès supplémentaires, disent les spécialistes. Le nombre de décès par la Covid-19 représenterait de 11 à 12% du nombre global des décès, se situant autour de 70.000 par an, un pourcentage énorme, qui plus est appelé à être plus élevé car les décès par la Covid-19 sont appelés à augmenter d’une manière exponentielle.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des responsables ou des criminels ?</h3>



<p>Les affameurs se sont donc métamorphosés en criminels. Ils ont accueilli, à bras ouverts, la Covid 19, leur sauveur providentiel. Ils étaient même prévenants, en lui préparant le terrain pour qu’il les débarrasse du plus grand nombre de Tunisiens possible, surtout les retraités qui coûtent cher aux caisses de sécurité sociale. En 10 ans, ils ont détruit le système de santé. Les hôpitaux, devenus déjà des mouroirs, ne sont pas, actuellement, en mesure de prendre en charge convenablement les malades de la Covid-19. Par manque de moyens, le corps sanitaire est déjà contraint de faire le choix macabre entre qui soigner et qui laisser mourir.</p>



<p>Nous vivons un génocide presque cyniquement planifié. Au cours de la première moitié de 2020, plusieurs milliards de dinars, en crédit et en dons, ont renfloué les caisses de l’Etat à l’effet de faire face à la pandémie qui était alors maîtrisable. Tout cet argent s’est évaporé. Les responsables n’ont même pas pris la précaution d’inscrire à temps la Tunisie sur les listes d’attente pour l’acquisition des vaccins, alors qu’ils savaient tous que ces vaccins seraient prêts à vente dès la fin de 2020. Le coût des vaccins ainsi que celui de la logistique qu’ils nécessitent ne sont même pas provisionnés dans le budget de 2021. Comme si on voulait laisser la Covid-19<em> «s’occuper»</em> des Tunisiens. Dans ce contexte, une seule prouesse est à mettre à l’actif de nos politiques : ils ont réussi à faire classer la Tunisie parmi les pays ayant le taux le plus élevé de morts par la Covid-19, par rapport au nombre d’habitants, et le second en Afrique, après l’Afrique du Sud.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les vaccins entre fausses promesses et mensonges</h3>



<p>Alors que de nombreux pays ont déjà commencé la vaccination à grande échelle, notre gouvernement nous gave de fausses promesses voire de mensonges. La Tunisie va recevoir début février une première livraison de 350.000 vaccins en dons de l’OMS. Puis, on nous annonce qu’un accord est conclu avec la société pharmaceutique américaine Pfizer, et ce, pour recevoir, dans le plus bref délai, deux millions de doses du vaccin Pfizer-BioNTech. Ce <em>«bref délai»</em>, c’est quand à peu près? Au deuxième trimestre 2021, affirme-t-on. Et voilà que le ministre des Affaires étrangères, comme dans une sorte de <em>«politique des restes»</em>, pour paraphraser le titre de la célèbre pièce d’Arthur Adamov, annonce que la Tunisie pourrait recevoir une partie des vaccins achetés par l’Algérie. Il s’ensuit des contacts avec la Russie et la Chine, dont les vaccins sont plus accessibles financièrement. Doit-on s’en féliciter ?</p>



<p>Enfin, on nous apprend que le gouvernement tunisien a signé avec différents laboratoires pharmaceutiques et la Covax, initiative de l’OMS pour distribuer équitablement 2 milliards de doses de vaccins d’ici la fin 2021, pour recevoir une première commande 10 millions de doses qui seront livrées progressivement. Les premières doses de vaccin sont attendues pour ce mois de février. Mais un retard ne sera pas surprenant au regard des difficultés rencontrées par les laboratoires pour honorer les commandes déjà payées rubis sur ongle.</p>



<p>L’objectif étant, dit-on, de commencer à vacciner 5 millions de citoyens, soit près de 50% de la population, selon les plans du ministère de la Santé, au moins 12.000 personnes seront vaccinées par jour, à partir du troisième semestre de cette année. Et nous sommes tenus de croire à ces balivernes !</p>



<p>Le 31 janvier, aux informations de 20 heures sur la chaîne nationale Watania 1, le ministre de la Santé a annoncé que l’OMS fournira à la Tunisie 94.000 doses avant la fin de ce mois de février et que d’autres quantités suivront au fur et à mesure. Combien et quand ? Il ne faut pas insister. Selon lui, il y a aussi un accord avec une firme anglaise pour la production sous licence de son vaccin en Tunisie : <em>«Istanna ya djaja hatta yjik el kamh min Baja»</em>, dit le proverbe tunisien.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un génocide par Covid-19 interposé</h3>



<p>Pendant que cet écheveau de dates, de délais, de nombres de doses, de fournisseurs, de déclarations aussi imprécises que contradictoires les unes que les autres grossit, des Tunisiens continuent de mourir, au grand «soulagement» des caisses de sécurité sociale, souffrant de déficits astronomiques, sachant que le méchant virus fauche davantage les personnes de plus de 60 ans, celles qui coûtent le plus à ces caisses (pensions de retraite, assurance maladie…).</p>



<p>En attendant, Hichem Méchichi, tout en étant content d’avoir gardé (jusque-là) son poste de chef de gouvernement, grâce à son protecteur Rached Ghannouchi, le gourou de ses Frères musulmans, pourrait se frotter les mains. Et pour cause, avec les milliers de morts supplémentaires de la Covid-19, il aurait moins de problèmes pour clôturer le budget 2021. Avec une année 2022 encore plus performante en nombre de décès par la Covid-19, il pourrait même ambitionner de réaliser le défi de l’équilibre budgétaire, sans trop se fatiguer à chercher des solutions économiques que, du reste, il sera incapable de trouver et encore moins d’implémenter.</p>



<p>Mechichi est d’autant plus tranquille que les partis sont en guerre pour un meilleur positionnement sur l’échiquier politique et que l’opinion publique et les médias sont tenus en haleine par le cirque parlementaire et la guéguerre opposant Rached Ghannouchi à Kaïs Saïed. Les combats de coq, les empoignades et les engueulades au sein de l’hémicycle, maintenant à coup de haut-parleurs, ainsi que les commérages <em>«politichiens»</em> sont devenus le sport favori des Tunisiens dans ces olympiades de la décadence.</p>



<p>Le président de la république, dans sa bulle constitutionnelle, œuvre pour le blocage institutionnel et le pourrissement du climat politique afin de tout chambarder et mettre en route son projet conseilliste de démocratie participative. Démocrates libéraux et militants de gauche militent pour la révolution permanente, attisant les agitations sociales en espérant les instrumentaliser. Les voilà aujourd’hui à appeler, au nom des droits de l’homme, à la libération des casseurs arrêtés en flagrant délit de vols et de saccages des biens publics et privés, lors des agitations sociales de ces derniers jours. Comble du ridicule, le <em>«génocide» </em>en cours, par Covid-19 interposée, n’est même pas dans l’ordre du jour des défenseurs des droits de l’homme et de toute la classe politique, sans exception, alors que la crise sanitaire aurait dû être au centre de tous les débats. La plupart de nos partis ont les yeux rivés sur les sondages d’opinion et se félicitent des points gagnés à coup de démagogie et de scandales.</p>



<p>Tant que les commanditaires des terroristes siègent au parlement et propagent leur idéologie à travers les médias, tant que les milices islamistes d’Al-Karama se pavanent dans les coulisses de l’Assemblée, tant que les égorgeurs de Daech sont en villégiature dans les prisons, en attendant une prochaine amnistie générale, tant que les zazous <em>«droits-de-l’hommistes»</em> se font défenseurs des enfants prodiges revenant de la Syrie, tant que le droit à la vie est bafoué par les bras cassés du gouvernement et de l’administration, ce génocide par Covid-19 interposé continuera à faire des ravages.</p>



<p><em>* Ancien fonctionnaire à la retraite.</em></p>



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		<title>Des réponses à apporter au mouvement social actuel en Tunisie</title>
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		<pubDate>Sat, 23 Jan 2021 08:36:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[Hichem Méchichi]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Ghariani]]></category>
		<category><![CDATA[mouvement social]]></category>
		<category><![CDATA[Rached Ghannouchi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dix ans après la révolution, des jeunes – dont la plupart n’ont pas connu la dictature de Ben Ali, ni participé aux soulèvements qui l’ont fait fuir et ont conduit à la chute de son régime; ils avaient moins de 10 ans, entre 4 et 8 ans – se soulèvent à leur tour avec les...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/01/Sousse-manifestation.jpg" alt="" class="wp-image-332840"/></figure>



<p><strong><em>Dix ans après la révolution, des jeunes – dont la plupart n’ont pas connu la dictature de Ben Ali, ni participé aux soulèvements qui l’ont fait fuir et ont conduit à la chute de son régime; ils avaient moins de 10 ans, entre 4 et 8 ans – se soulèvent à leur tour avec les mêmes revendications, la même rage, pour les mêmes causes qui n’ont fait que s’aggraver : plus de chômage, plus de précarité, plus de marginalisation, plus d’inégalités, plus d’injustice, plus de désenchantement et de désespoir quant à l’avenir…</em></strong></p>



<p>Par <strong>Mohamed Chérif Ferjani </strong>*</p>



<span id="more-333180"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/10/Mohamed-Cherif-Ferjani.jpg" alt="" class="wp-image-321363"/></figure></div>



<p>Certains s’entêtent à imputer cela à la révolution elle-même en l’accusant d’être à l’origine de l’aggravation de la situation économique, sociale et politique, à la dégradation des services publics d’éducation, de santé, de transports… allant jusqu’à cultiver la nostalgie du <em>«bon vieux temps»</em> de Ben Ali et Bourguiba.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les tares d’un système corrompu et inéquitable</h3>



<p>D’autres, tout en se réclamant de la révolution, sans y avoir participé et sans rien faire pour réaliser ses objectifs, font preuve d’un <em>«révolutionnisme»</em> qui cache très mal leur attachement à sauver l’essentiel du système de Ben Ali dont ils ont hérité pour en aggraver toutes les tares :</p>



<ul class="wp-block-list"><li>les politiques néolibérales imposées par la Banque Mondiale et le FMI dès le début des années 1980, poursuivies sous le règne de Ben Ali et à l’origine des crises économiques et sociales conduisant à la révolution de 2010-2011, sont restées le seul horizon des politiques de tous les gouvernements qui se sont succédé depuis dix ans, avec moins de moyens, plus d’incompétence, et sans capacité ou volonté d’imaginer des voies pour en sortir ;</li><li>la corruption est la chose qui s’est le plus démocratisée au point de gangrener toute la société; son rapport au pouvoir s’est inversée : elle en était l’émanation et sous son contrôle, aujourd’hui, c’est elle qui en détermine la constitution et lui impose sa loi;</li><li>le chômage en général, et celui des jeunes en particulier, continue à évoluer en sens inverse de tous les indicateurs économiques, atteignant des proportions de plus en plus inquiétantes;</li><li>la précarisation des conditions de vie n’épargne aucune couche sociale hormis ceux qui profitent de la corruption et de leur proximité avec les partis au pouvoir, et plus particulièrement avec les islamistes qui sont la seule force qui se retrouve, avec plus ou moins d’influence, dans toutes les coalitions gouvernementales depuis octobre 2011;</li><li>les inégalités sociales et entre les régions se sont creusées et deviennent de plus en plus insupportables;</li><li>la dégradation des services publics s’est accélérée au point qu’ils ne sont plus capables d’assumer le minimum de leurs missions, laissant la place à des acteurs privés guidés par l’appât des profits les plus importants dans les temps les plus courts, ou par l’objectif de remettre en question les acquis modernes de la société que ce soit en termes de droits ou en termes de sécularisation et d’autonomisation par rapport au conservatisme religieux et aux structures de domination traditionnelle;</li><li>des institutions de l’Etat, comme la justice, la police, et l’armée, les douanes, les différentes administrations, infiltrées par les islamistes et les lobbys de la corruption, n’arrivent plus remplir leurs fonctions, notamment pour garantir la sécurité du pays et de la population contre les menaces du terrorisme et des réseaux du crime organisé;</li><li>le système politique est bloqué par une <em>«partitocratie»</em> d’autant plus impuissante qu’aucun parti n’arrive à échapper aux jeux d’alliances sans foi ni loi et qui n’ont pour enjeux que de se maintenir le plus longtemps au pouvoir pour continuer à s’enrichir indûment, échapper à la justice, se protéger et protéger les siens et ses amis des poursuites qu’impose leur implication dans des malversations et des crimes de toutes sortes.</li></ul>



<h3 class="wp-block-heading">Ces rapaces qui ont récupéré la révolution</h3>



<p>Faut-il pour autant regretter la révolution et la fin de dictature de Ben Ali ? Certainement pas ! Le problème n’est pas la révolution contre cette dictature mais le non accomplissement des objectifs de cette révolution qui a chassé Ben Ali et son entourage, sans réussir à détruire les fondements de son système.</p>



<p>Le plus grand acquis de cette révolution ce sont les libertés arrachées avant que les rapaces qui ont récupéré la révolution, sans y avoir participé, n’accèdent au pouvoir pour la détourner de ses objectifs et sauver ce qu’ils peuvent du système, en le détournant à leurs profits, que ce soit pour remettre en cause les acquis modernes de la Tunisie et réaliser leur projet théocratique, ou simplement pour faire fortune et s’emparer de tous les pouvoirs au nom du peuple et de Dieu.</p>



<p>Pire, il suffit que les hommes de Ben Ali fassent allégeance aux nouveaux maîtres pour qu’on leur pardonne tout et qu’on les réhabilite pour profiter de leur expérience dans les manœuvres et les techniques de domination. Ainsi, le dernier secrétaire général du parti de Ben Ali, Mohamed Ghariani, fut appelé, au grand dam de nombreux dirigeants islamistes qui ont claqué la porte de leur mouvement, aux fonctions de conseiller du chef d’Ennahdha et président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Rached Ghannouchi.<br></p>



<h3 class="wp-block-heading">Répression, langue de bois et discours démagogiques</h3>



<p>Lorsque les jeunes et les populations des quartiers et des régions victimes des injustices, des inégalités, de l’oubli et du mépris des héritiers de Ben Ali, osent manifester leur colère, comme ils peuvent, avec les moyens et la culture dont ils disposent, on leur oppose les mêmes réponses : la répression, certes, faute de moyens, moins violente que celle de la police de Ben Ali, l’appel aux milices islamistes pour soutenir les force de l’ordre comme le faisaient les milices du RCD et celles du parti de Bourguiba, la même langue de bois des discours démagogiques où le<em> «je vous ai compris de Ben Ali»</em> est mimé par <em>«j’ai de la compréhension pour vos revendications» </em>de Méchichi, le louvoiement, etc.</p>



<p>L’un des acquis de la révolution est que la population ne se laisse plus intimider et tient tête aux pouvoirs, quels qu’ils soient et quelle que soit leur idéologie; la force de l’insoumission a remplacé<em> «la force de l’obéissance».</em></p>



<p>J’espère que les jeunes d’aujourd’hui et les acteurs des actuels soulèvements sauront préserver leur mouvement des tentatives de récupération et/ou détournement de leurs objectifs. Pour cela, ils doivent occuper la place qui leur revient dans les instances qui auront à décider des réponses à leurs revendications. Il est évident que les représentations en place, à quelque niveau que ce soit, et en premier lieu l’Assemblée qui ne représente que les intérêts des lobbys et des puissances dont dépendent les principaux groupes qui la dominent, ne peuvent apporter des solutions à leurs problèmes et aux problèmes du pays. S’il y a un véritable dialogue national, ils doivent l’investir pour éviter qu’il ne soit une nouvelle occasion de sauver le système et ceux qui en tirent les ficelles et pour faire adopter les mesures économiques et sociales urgentes qu’exigent la situation à l’origine du mouvement social actuel. Ils doivent y occuper la place qui leur revient pour que ce soit l’occasion de refonder le contrat social dans le sens de répondre aux aspirations sociales et démocratiques qui ont porté la révolution de 2010-2011, de réviser la constitution pour au moins mettre fin au système hybride qui paralyse le pays et les autres incohérences, de modifier la loi électorale sans revenir à la majorité absolue à deux tours, de mettre en place la Cour Constitutionnelle, de tirer les conséquences qui s’imposent judiciairement du rapport de la Cours des comptes concernant les dernières élections, etc.</p>



<p>Ce sont là les des objectifs à atteindre dans les plus brefs délais, avant l’organisation de nouvelles élections.</p>



<p><em>* Professeur honoraire de l’Université Lyon2, président du Haut conseil scientifique de Timbuktu Institute, <a aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://timbuktu-institute.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">African Center for Peace Studies</a>. </em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ZXXctr5dxE"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/06/10/les-chaos-libyen-et-ses-consequences-sur-ses-voisins-immediats/">Les chaos libyen et ses conséquences sur ses voisins immédiats</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les chaos libyen et ses conséquences sur ses voisins immédiats » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/06/10/les-chaos-libyen-et-ses-consequences-sur-ses-voisins-immediats/embed/#?secret=qlVyN9ji6x#?secret=ZXXctr5dxE" data-secret="ZXXctr5dxE" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>À El-Kamour, Méchichi seul devant son destin</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Sep 2020 13:27:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Habib Essid]]></category>
		<category><![CDATA[Hichem Méchichi]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Tataouine]]></category>
		<category><![CDATA[Youssef Chahed]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À El-Kamour, des voyous défient l’Etat. Ils arrêtent la production de pétrole, et toutes les activités qui y sont liées. Des hors-la-loi y font la loi. En apparence, ils veulent devenir maîtres sur ce champ pétrolier pour infléchir l’Etat à leur volonté. En underground, ils aspirent à faire du gouvernorat de Tataouine une principauté ouverte...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/09/Hichem-Mechichi-El-Kamour.jpg" alt="" class="wp-image-318443"/></figure>



<p><strong><em>À El-Kamour, des voyous défient l’Etat. Ils arrêtent la production de pétrole, et toutes les activités qui y sont liées. Des hors-la-loi y font la loi. En apparence, ils veulent devenir maîtres sur ce champ pétrolier pour infléchir l’Etat à leur volonté. En underground, ils aspirent à faire du gouvernorat de Tataouine une principauté ouverte aux contrebandiers ainsi qu’aux miliciens de l’Etat islamique (Daech), déployés dans la Libye voisine.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Mounir Chebil</strong> *</p>



<span id="more-318442"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/08/Mounir-Chebil-2.jpg" alt="" class="wp-image-312661"/></figure></div>



<p>Ces voyous ne pouvaient être si arrogants s’ils n’étaient pas, dès le départ, soutenus par plus voyous qu’eux. En effet, depuis le gouvernement de Habib Essid, 2015 et 2016, Ennahdha, le CPR, le Front populaire, des parlementaires populistes et des personnalités politiques mues par un sentiment régionaliste primaire, ainsi que des zazous des droits de l’Homme et des mignons démocrates, les avaient instrumentalisés comme ils l’ont fait avec d’autres mouvements <em>«contestataires»</em>, dans le but de destituer le gouvernement Essid honni dès son investiture, démystifier l’Etat et semer le chaos en faveur duquel ils comptaient faire main basse sur le pouvoir. C’était la campagne <em>«Winou el-bitroul»</em> (Où est le pétrole). Ils avaient dopé ces voyous par un discours populiste sur un fond de régionalisme criminel. Ces voyous s’étaient sentis plus forts après les accords alchimiques de 2017 que l’ancien chef de gouvernement Youssef Chahed avait fait signer avec eux par des représentants de l’Etat.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des mouvements contestataires financés par les contrebandiers</h3>



<p>Depuis le début, les mouvements contestataires à Tataouine, en plus des soutiens politiques de l’intérieur et de l’extérieur, étaient financés par les contrebandiers de la région qui soudoyaient les meneurs. Ils leur fournissaient en plus toute la logistique nécessaire à leurs campements installés à perpétuelle demeure aux abords du champ pétrolier d’El-Kamour. Des <em>«chômeurs»</em> ne pouvaient se permettre un sit-in cinq étoiles, des D-Max 4 X 4 flambant neufs et du mazout à volonté…</p>



<p>Rien ne plaide en faveur de ces voyous. Pourtant beaucoup les défendent comme étant des protestataires pacifistes, porteurs de revendications légitimes. Est-ce que le sabotage des richesses nationales, la prise en otage de tout un peuple, et les véhémences séparatistes seraient légitimes ? Faut-il légitimer ces maux que nous supportons depuis la révolution de janvier 2011 et qui ont ébranlé les structures de l’Etat ?</p>



<p>Je ne mets nullement en doute la volonté et l’efficacité des forces sécuritaires et armées pour sécuriser la zone. Elles ont démontré avec panache leur capacité à faire face au terrorisme et au crime organisé. Elles l’ont payé du sang de leurs agents. Je suis convaincu qu’elles supportent mal d’avoir les mains liées et de voir l’autorité de l’Etat foulée dans la poussière. Seulement, les acteurs politiques au pouvoir ou qui dominent le paysage politique depuis le cataclysme de janvier 2011, refusent de les laisser jouer pleinement leur rôle. Ces acteurs ont, depuis janvier 2011, œuvré pour l’effondrement de l’Etat et le règne du chaos, d’autant plus qu’ils n’étaient pas porteurs d’un nouveau projet sociétal, sauf le cas des islamistes qui militent pour l’islamisation du pays indépendamment de la question nationale et des exigences de développement.</p>



<p>En effet, les pseudo-révolutionnaires s’étaient engagés d’une manière consciente ou inconsciente dans la stratégie américano-européenne visant à faire régner l’apocalypse dans les pays arabes dans le but de redessiner la carte de la région, suivant la thèse du <em>«chaos créatif»</em> développée par les néoconservateurs américains qui nous ont accablés par ce <em>«printemps arabe»</em> aux couleurs automnales.</p>



<p>Partant de cette tragi-comédie, même si l’Etat donnait un salaire à tous les chômeurs de la région et consacrait tout son budget pour son développement, les meneurs du sit-in El-Kamour trouveraient des prétextes pour perpétuer leurs contestations. Car, les commanditaires cherchent à étendre leur contrôle sur toute la région de Tataouine. Les barons de la contrebande de la région veulent gambader librement. Les esclaves qui travaillent pour eux préfèrent l’agent facile de transporteurs des marchandises de la contrebande et du marché noir. Les Daéchiens infiltrés dans la rébellion sont aux aguets pour instaurer leur émirat. Les eunuques, islamistes et autres, de Sinan Pacha veulent lui livrer le sud tunisien, pour, entre autres, l’utiliser comme base arrière en soutien à sa guerre en Libye. Ils lui ouvriraient les champs pétroliers contre des subsides. La filiale tunisienne de la secte des Frères musulmans demeure la composante essentielle de cette manœuvre. Elle a été mandatée pour veiller au «chaos créatif».</p>



<h3 class="wp-block-heading">Leur mouvement El-Kamour n’est pas revendicatif mais insurrectionnel</h3>



<p>Le chef de gouvernement Hichem Mechichi n’a pas compris que les voyous ne fléchissent que devant plus forts qu’eux. Pour eux, le dialogue est une faiblesse à exploiter pour plus de surenchères. Leur mouvement n’est pas revendicatif mais insurrectionnel.</p>



<p>Les champs de pétrole de Tataouine se situent sur le territoire tunisien qui appartient à tous les Tunisiens. Ils ont été, au début, financés en totalité ou en partie, par l’Etat, que ce soit pour sa prospection que pour son extraction. L’investissement initial vient en totalité ou en partie de l’argent de tous les contribuables et de l’épargne nationale. Donc, tous les Tunisiens ont droit à leur part de cette richesse nationale.</p>



<p>L’eau potable de Tataouine est acheminée de régions dont certaines des populations n’en disposent pas, même à proximité du lieu où ils habitent. L’électricité est également acheminée de régions qui en manquent. Des centaines de milliers d’ouvrières agricoles dont les enfants souffrent de malnutrition produisent la nourriture pour la population de Tataouine qui ne produit presque rien…</p>



<p>Tataouine est dépendante, en tout, des autres régions de la Tunisie, même du pain quotidien. Pourtant, elle a profité du chaos né de la révolution de 2011 par la prolifération de la contrebande même celle des armes. Alors, et si les populations dont dépend la vie des gens de Tataouine, tout en étant demeurées plus pauvres qu’eux, décidaient de faire un embargo pour étouffer cette région, et que l’Etat fermait les champs pétroliers de Tataouine tout en imposant un blocus sur toute la région, les voyous d’El-Kamour se trouveraient isolés et rejetés par la population de Tataouine même.</p>



<p>Ici, ce serait un non-sens que je m’adresse à Kaïs Saïed, qui a lancé le slogan populiste du <em>«pouvoir au peuple»,</em> pour lui demander de mâter les Daéchiens d’El-Kamour. Donc, je dis à Hichem Méchichi, avant d’aller à Tataouine, de dénoncer, sans détours, le crime des voyous d’El-Kamour vis-à-vis des Tunisiens. Ces derniers doivent prendre conscience que ces voyous ont l’intention de les condamner à la misère en spoliant leurs richesses et en vendant une partie du pays au plus offrant. Il faut une mobilisation nationale contre ces énergumènes. Le peuple et les forces vives seront derrière le chef du gouvernement et cautionneront toutes les décisions qu’il prendrait à leur encontre.</p>



<p><em>* Analyste politique. </em></p>



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		<title>Terrorisme en Tunisie : La main invisible des « Fréristes »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Sep 2020 12:13:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Sousse]]></category>
		<category><![CDATA[terrorisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il suffit de remonter à 2011 et d’analyser les circonstances politiques ayant entouré les attentats terroristes pour confirmer le lien entre la branche politique et la branche militaire de la section tunisienne des Frères musulmans. En effet, chaque fois que la secte «frériste» tunisienne veut mettre la pression sur l’Etat ou se sent menacée ou...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/09/Mohamed-Amine-et-Ahmed-Gueddes.jpg" alt="" class="wp-image-317161"/><figcaption><em>Ahmed et Mohamed Amine Gueddes, deux des trois auteurs de l&rsquo;attentat. </em></figcaption></figure>



<p><strong><em>Il suffit de remonter à 2011 et d’analyser les circonstances politiques ayant entouré les attentats terroristes pour confirmer le lien entre la branche politique et la branche militaire de la section tunisienne des Frères musulmans. En effet, chaque fois que la secte «frériste» tunisienne veut mettre la pression sur l’Etat ou se sent menacée ou essuie un échec politique, le terrorisme se déchaîne comme par enchantement.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Mounir Chebil</strong> *</p>



<span id="more-317160"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/08/Mounir-Chebil-2.jpg" alt="" class="wp-image-312661"/></figure></div>



<p>Dimanche 6 septembre 2020, à 6h30 du matin, une action terroriste est perpétrée, à moins de 10 Km de la ville de Sousse, contre une brigade des agents de la garde nationale affectée à la sécurité du rond point sur la GP1, au niveau de la bretelle desservant la ville d’Akouda, vers l’ouest, et celle reliant cette route nationale à la station touristique d’El-Kantaoui, vers l’est. Les faits ayant été largement repris par tous les médias, il serait opportun de sonder les dessous de cet attentat terroriste avec lequel les islamistes ont accueilli le gouvernement de Hichem Méchichi.</p>



<p>Cet attentat coïncide avec la célébration du 64e anniversaire de la Garde nationale et l’investiture du premier gouvernement, depuis la «Troïka», la coalition conduite par le parti islamiste Ennahdha, ne comprenant pas de ministres nahdhaouis à part un sous-marin, nommé au poste de ministre de la Justice. Ces constatations font penser que les exécutants de cet attentat ne seraient pas le fait de loups solitaires islamistes qui agissent au gré de leurs prédispositions propres et des possibilités qui leur sont offertes. Ils feraient, plutôt, partie d’une cellule terroriste dormante reliée à une organisation islamiste structurée et hiérarchisée.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un attentat bien organisé et au timing bien étudié</h3>



<p>Les membres de cette cellule d’Akouda ont certainement subi un lavage du cerveau et ont été préparés mentalement et psychologiquement pour commettre de tels actes à la première demande. Le propre des cellules dormantes, c’est qu’elles doivent rester en mobilisation permanente et n’entrent en action que suite à un ordre qui leur parvient le plus souvent par des intermédiaires liés à la haute hiérarchie de la nébuleuse islamiste, agissant toujours dans l’ombre. Ces éléments sont gavés par la théorie du jihad dans la pure forme kharijite et wahhabite et telle qu’adoptée par la suite par la secte des Frères musulmans.</p>



<p>Les frères Gueddes, auteurs de l’attentat, auraient été embrigadés et entraînés depuis assez longtemps, menant une vie discrète pour ne pas être soupçonnés ni d’extrémisme religieux ni de connivences suspectes. Des révélations ont montré qu’ils n’étaient pas inconnus des milieux nahdhaouis. Le père de ces deux frères serait un cadre local d’Ennahdha, ce qui expliquerait la présence de Yamina Zoghlami au mariage de l’un de ses fils. Le troisième terroriste est originaire du gouvernorat de Siliana et travaillait par intermittence à Akouda. Il pourrait bien être en contact avec des milieux terroristes nahdhaouis implantés dans ce gouvernorat ou celui de Kasserine, vivier du terrorisme tunisien. Donc, le troisième auteur de l’attentat aurait été affecté pour l’embrigadement et l’encadrement de jeunes appelés à s’engager dans le jihad. Il serait aussi l’agent de liaison qui aurait passé le mot d’ordre pour l&rsquo;exécution de l’attentat d’Akouda, qu’il aurait lui-même reçu de ses chefs directs qui l’auraient eux aussi reçu d’instances qui leur sont supérieurs… L’enquête aurait révélé qu’il avait essayé de recruter un takfiriste de sa région pour participer à l’attentat d’Akouda.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/09/Ridha-Gueddes.jpg" alt="" class="wp-image-317163" width="500"/><figcaption><em>Ridha Gueddes, le père des deux terroristes, était (ou est) membre d&rsquo;Ennahdha.</em></figcaption></figure></div>



<h3 class="wp-block-heading">Les branches politique et militaire travaillent en vase communiquant</h3>



<p>Depuis sa création en Egypte en 1928, l&rsquo;organisation des Frères musulmans comprend deux branches principales. D’une part, il y a la branche politique qui agit dans la légalité ou la semi clandestinité exploitant les voies institutionnelles pour le changement politique. D’autre part, il y a une aile militaire agissant toujours dans la plus grande clandestinité, et dont la mission est de préparer, en parallèle, les changements politiques par la force ou, le cas échéant, de semer la terreur terroriste pour peser sur les rapports de forces en faveur des islamistes.</p>



<p>La branche politique a une poigné d’agents de liaisons maintenant les rapports avec la branche militaire, supervisée par le chef du mouvement, seul ou en collaboration avec un cercle très restreint d’hommes de confiance. À cet effet, la branche armée des Frères musulmans agit généralement en fonction des agendas de l’aile politique, seule ou parfois en coordination avec d’autres groupes terroristes avec lesquels elle est en liaison selon la particularité de l’opération à accomplir. Car, les Frères musulmans et les groupes jihadistes autonomes travaillent en vase communiquant étant donné leur unité idéologique. Leurs divergences se situent au niveau des tactiques à suivre. Les jihadiste ne croient qu’à l’action violente contre ceux qu’ils qualifient d’impies, pour imposer le règne de la charia.</p>



<p>Dans l’organisation des Frères musulmans, l’action terroriste ne s’accomplit pas sans que le chef de l’organisation, seul ou en collaboration avec son petit cercle intime, ne donne son accord d’une manière explicite ou implicite ou par messages codés, ou par des signes qui paraissent anodins, mais qui sont significatifs pour les initiés. Les détails sont du ressort des sections chargées de la planification et de l&rsquo;exécution de l’action terroriste.</p>



<p>Ce sont, donc, des membres de la haute hiérarchie «fréristes» qui planifient les actions de la branche armée, choisissent le timing et le lieu de l’exécution. L’action à entreprendre doit être symbolique, et porter des signaux destinés à l’opinion publique et aux acteurs politiques. Ceux qui commettent le crime sont de simples exécutants qui peuvent ne rien savoir sur les tenants et les aboutissants de l’opération sauf que leur «martyre» leur ouvrirait la porte du paradis et du charme des houris.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les symboles et les buts visés par la nébuleuse islamiste</h3>



<p>Pour ce qui est des symboles, le lieu d’El-Kantoui est symbolique pour son importance sur le plan économique et touristique. Il est symbolique aussi, car, il a connu déjà des frappes terroristes en 1987. C’étaient des hauts dignitaires actuels des frères musulmans tunisiens qui les ont commis. Le 26 juin 2015, un attentat terroriste contre l’hôtel Marhaba à El-Kantaoui a fait 39 morts et autant de blessés parmi les touristes. Le tourisme tunisien ne s’en est pas relevé depuis. C’était le but recherché par le parti «frériste» dont le but est de semer le chaos en Tunisie, tant qu’il n’est pas arrivé à monopoliser le pouvoir.</p>



<p>Autre symbole, la célébration du 64e anniversaire de la Garde nationale qui n’a pas laissé de répit aux terroristes. Elle est arrivée à les étouffer après avoir mis hors d’état de nuire des centaines d’entre eux, détruits leurs caches d’armes et leurs cellules.</p>



<p>Pour le timing, à part le fait que l’attentat était commis le jour de la célébration du 64e anniversaire de la Garde nationale, il a coïncidé avec l’investiture du gouvernement Mechichi qui n’était pas du goût de Rached Ghannouchi, le gourou de la section tunisienne des Frères musulmans. Ce gouvernement représente un grand défi pour le parti «frériste» d’Ennahdha qui se trouve écarté du gouvernement. Le lien entre la résolution de la crise gouvernementale après la démission d’Elyes Fakhfakh et cet acte terroriste est clair. Il est venu pour marquer le mécontentement des islamistes et pour lancer des menaces au gouvernement Mechichi de perpétuation de nouveaux actes terroristes qui le fragiliseraient s’il ne se soumettait pas à leur diktat.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des coïncidences, dites-vous, ou lien de cause à effet ?</h3>



<p>Habib Essid était investi le 6 février 2015 en tant que chef d’un gouvernement honni par Ennahdha, et le 10 février, un attentat terroriste a été perpétré. Dans la nuit du 17 février, une attaque contre une patrouille de la Garde nationale a fait 4 morts parmi ses agents. Les fleurs de bienvenue aux couleurs du sang sont au bout des couteaux, des canons des kalachnikovs et des mèches des bâtons de dynamite.</p>



<p>Quarante-huit heures tout au plus, après l’attentat d’Akouda, le chef de gouvernement Hichem Mechichi est menacé en coulisse par le parti <em>«frériste»</em> d’Ennahdha et ses deux ouistitis, Qalb Tounes et Al-Karama, ses alliés de fortune, par la dissolution de son gouvernement s’il n’opérait pas un remaniement ministériel à leur mesure dans un délai de trois mois. S’il résistait, les enfants qui rappelaient Rached Ghannouchi sa jeunesse, les jeunes sportifs du mont Chaambi d’Ali Larayed, les 100.000 kamikazes de Noureddine Bhiri, pourraient bien péter le feu avec la même ardeur que du temps du court mandat de Habib Essid, pour épicer les manœuvres parlementaires visant la destitution de Hichem Méchichi.</p>



<p>Ce dernier semble d’ailleurs avoir bien saisi le message, puiqu’aussitôt après il a esquissé un rapprochement avec Ennahdha et son satellite Qalb Tounes. Ceci explique cela. Difficile de ne pas mettre un lien entre la menace et le virage à 180 degré du chef de gouvernement.</p>



<p>Il suffit de remonter à 2011 pour confirmer le lien entre la branche politique et la branche militaire de la section tunisienne des Frères musulmans. En effet, chaque fois que la secte «frériste» tunisienne veut mettre la pression ou se sent menacée ou essuie un échec sur la scène politique, le terrorisme se déchaîne comme par enchantement. Car, si pour arriver au règne de la charia, le sourire de Dracula ne pouvait tromper ses victimes, et que le marteau et la massue trouvaient des résistances, alors ce serait au chalumeau et aux explosifs que les Frères musulmans feraient appel. Le dossier de la section secrète du parti d’Ennahdha est sur le bureau du président de la république Kaïs Saïed. Nous attendons.</p>
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		<title>Pour l’intérêt de qui cherche-t-on à enterrer l’affaire de la BFT ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Sep 2020 14:55:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[ABCI]]></category>
		<category><![CDATA[Assemblée des représentants du peuple]]></category>
		<category><![CDATA[Badreddine Gammoudi]]></category>
		<category><![CDATA[Banque centrale de Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Banque franco-tunisienne]]></category>
		<category><![CDATA[Cirdi]]></category>
		<category><![CDATA[Hichem Méchichi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le président de la commission de la réforme administrative à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Badreddine Gammoudi, a confirmé ce mercredi 9 septembre 2020, sur les ondes de Shems FM, que les membres de ladite commission vont voir le chef du gouvernement Hichem Méchichi afin qu’il intervienne pour les aider à obtenir, auprès de...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2016/06/BFT-siege-Ban.jpg" alt="" class="wp-image-53007"/></figure>



<p><strong><em>Le président de la commission de la réforme administrative à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Badreddine Gammoudi, a confirmé ce mercredi 9 septembre 2020, sur les ondes de Shems FM, que les membres de ladite commission vont voir le chef du gouvernement Hichem Méchichi afin qu’il intervienne pour les aider à obtenir, auprès de la Banque centrale de Tunisie (BCT), la liste des individus endettés envers la Banque franco-tunisienne (BFT).</em></strong></p>



<p>Par <strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-315653"></span>



<p>Cette affaire, opposant le fonds d’investissements ABCI, basé aux Pays-Bas, à l’Etat tunisien remonte, rappelons-le, au milieu des années 1980, et continue de traîner en longueur, alors que le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (Cirdi), saisi par la partie adverse, a déjà rendu, en juillet 2017, une décision condamnant la Tunisie.</p>



<p>Cette affaire a été causée par la mauvaise gestion de la BFT, dont la quasi-faillite a été causée par beaucoup d’hommes d’affaires ayant reçu des prêts et ne les ont pas rendus et ce sont eux qui soudoient aujourd’hui les hauts responsables de l’Etat et les dirigeants des partis pour éviter l’aboutissement à une solution qui les obligerait à payer les sommes dues à ladite banque. </p>



<p>De toute façon, cette solution, si solution il y aura, risque, d’être trop coûteuse pour la Tunisie, en argent mais aussi en termes d’image auprès des investisseurs étrangers, lesquels ne se bousculent plus au portillon. Et pour cause&#8230; </p>



<p>Gammoudi a déclaré lors de son intervention téléphonique sur Shems FM que lui et ses collègues voulaient obtenir la liste de hommes d&rsquo;affaires redevables de grosses sommes d&rsquo;argent à la BFT dépassant 250.000 DT (en principal et intérêts) pour essayer d&rsquo;avoir une idée sur le montant global de ces dettes, ajoutant qu’ils avaient écrit à la Banque centrale depuis un certain temps pour l’obtenir, mais jusqu’à présent, ils n’ont pas reçu de réponse. Jusqu’à quand cette affaire va rester le secret le mieux gardé de la république des copains et des coquins, les copains et les coquins changent, mais cette affaire reste ?</p>



<p>Le député a reconnu, par ailleurs, que la lutte contre la corruption en Tunisie nécessite une volonté politique, espérant que le gouvernement actuel fournira tous les mécanismes pour cela, ajoutant, avec la même ingénuité, que les membres de sa commission ne pouvaient pas présenter le rapport final dans ce dossier tant qu’ils n’ont pas reçu de réaction de la BCT.</p>



<p>Parions que cet appel, comme tous ceux qui l’ont précédé, à propos de ce même sujet, restera sans écho…</p>
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		<title>Rached Ghannouchi, à quand la retraite ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Aug 2020 12:57:24 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Rached Ghannouchi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au terme de neuf ans de pouvoir et de neuf ans d’échecs cuisants ayant mis la Tunisie à genou et fait douter les Tunisiens des vertus même de la démocratie et souhaiter une dictature qui les fasse renouer avec la prospérité perdue, le président du parti islamiste Ennahdha, Rached Ghannouchi, serait plus inspiré de prendre...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/08/24/rached-ghannouchi-a-quand-la-retraite/">Rached Ghannouchi, à quand la retraite ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/06/rached-ghannouchi-ARP.jpg" alt="" class="wp-image-302087"/></figure>



<p><strong><em>Au terme de neuf ans de pouvoir et de neuf ans d’échecs cuisants ayant mis la Tunisie à genou et fait douter les Tunisiens des vertus même de la démocratie et souhaiter une dictature qui les fasse renouer avec la prospérité perdue, le président du parti islamiste Ennahdha, Rached Ghannouchi, serait plus inspiré de prendre une paisible retraite de grand-père.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Mounir Chebil </strong>*</p>



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<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/08/Mounir-Chebil-2.jpg" alt="" class="wp-image-312661"/></figure></div>



<p>L’Angleterre l’a couvé et gâté. Hilary Clinton a fait un coup d’Etat pour lui baliser le chemin du pouvoir. Tous les pays occidentaux ont pris le relais pour le porter au sacre. Le Qatar lui a ouvert une ligne de dons aux fonds intarissables. Quand la Tunisie était frappée par la sécheresse, les nuages qataris inondaient de dollars le temple bleu du quartier de Monplaisir, quartier de Tunis où se trouve le siège central du parti islamiste Ennahdha. Les caisses de l’Etat ne lui étaient pas impénétrables. Des fidèles lui versaient la zakat. La Turquie se démène pour le sacrer gouverneur de son département d’Ifriqiya. Erdogan a même mis de gentils coupeurs de gorges à sa disposition. Il a conquis la Libye pour les lui envoyer en secours. Des eunuques de gauche comme de droite se sont fait la guerre pour le servir, espérant l’honneur d’avoir une place sur ses genoux noueux. Il a ses bureaux dans les coins les plus reculés du pays avec toute la logistique indispensable : argent, militants professionnels, voitures, bus, téléphones, ordinateurs… Ses partisans ont partout distribué des aides de toutes sortes pour les humains et les animaux. Les médias ont été achetés. Pas un plateau télévisé ne se fait sans au moins un Nahdhaoui pour défendre le gourou ou un mercenaire qui s’ingénue pour être plus royaliste que le roi. Pas un journal n’ait publié sans contenir des pages consacrées au gourou et à sa secte islamiste. Les réseaux sociaux sont infestés par des armées mobilisées pour la propagande islamiste ou le lynchage des adversaires. Le pays est mis à feu et à sang pour intimider la population.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Quel gâchis pour la Tunisie et quelle désillusion pour ses sponsors !</h3>



<p>La planète entière s’est mobilisée pour Rached Ghannouchi et sa secte. Au lieu du pouvoir pour imposer sa charia, il en est arrivé, en ce mois d’août 2020, non pas à postuler la magistrature mais, à miauler, comme le chat qui demande les restes d’un poisson, et ce, pour préserver son poste de président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) et pour quémander un portefeuille ministériel pour l’un de ses fidèles dans le gouvernement Méchichi en cours de constitution. Quel gâchis, et quelle désillusion pour ses sponsors. Dans un autre contexte, Jacques Prévert avait dit: <em>«Que de barricades pour six malheureuses sardines.»</em></p>



<p>Bourguiba demeure dans le cœur des Tunisiens. Son âme qui continue à planer sur la Tunisie a étouffé le gourou. Le centenaire Béji Caïd Essebsi (Bajbouj), ce renard dans la carapace d’un rhinocéros, est venu lui casser l’échine alors qu’il était dans la plénitude de sa force. Les braves ont neutralisé ses jeunes zélés qui lui rappelaient sa jeunesse. C’est là le miracle tunisien: ni guerres civiles ni coup d&rsquo;Etat. Ce sont là les pièces maîtresses dont a disposé Kaïs Saïed pour faire son échec et mat devant un adversaire dont le bluff sur les tables de poker ne lui a pas servi sur le tablier du jeu d’échecs.</p>



<p>Après un échec si cuisant, un Japonais choisit le hara-kiri. Mon éducation ne me permet ni de souhaiter la mort ou la maladie ou la misère à aucun être humain. Alors, je souhaite à <em>«tonton Rchouda»</em>, une retraite paisible d’un grand-père cajolé et une sincère réconciliation avec Dieu auquel il a tourné le dos depuis belles lurettes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Panser les plaies d’un chaos islamiste de neuf ans</h3>



<p>Mais, que Ghannouchi accepte la retraite ou non, le Tunisien saura panser ses plaies d’un chaos islamiste de neuf ans. Il est berbère, il ne casse pas. Il plie, puis, se relève avec plus de force. <em>«Eddawam younkeb errakham»</em> (<em>«La durée brise le marbre»</em>). Celui qui a laissé ce dicton en héritage, ne permettra à personne de le déranger dans sa tombe. D’ailleurs, la malédiction est tombée sur ceux qui se sont aventurés dans cette voie. Monsieur Kaïs Saïed, à bon entendeur salut.</p>



<p><em>* Analyste politique.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="aeYwMFCSgn"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/08/19/sigma-conseil-un-sondage-qui-souffle-le-chaud-et-le-froid/">Sigma Conseil, un sondage qui souffle le chaud et le froid</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Sigma Conseil, un sondage qui souffle le chaud et le froid » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/08/19/sigma-conseil-un-sondage-qui-souffle-le-chaud-et-le-froid/embed/#?secret=vbh3FEY7qv#?secret=aeYwMFCSgn" data-secret="aeYwMFCSgn" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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