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	<title>Archives des judaïsme - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des judaïsme - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>‘‘L’invention de Dieu’’: de l’orage aux armées d’Israël</title>
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		<pubDate>Sun, 17 Nov 2024 07:39:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Rien dans l’Histoire ne confère un quelconque droit exclusif à un supposé peuple juif sur une quelconque terre ancestrale.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/17/linvention-de-dieu-de-lorage-aux-armees-disrael/">‘‘L’invention de Dieu’’: de l’orage aux armées d’Israël</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Rien dans l’Histoire ne confère un quelconque droit exclusif à un supposé peuple juif sur une quelconque terre ancestrale. Israël était une configuration de tribus locales identique aux autres, le temple de Jérusalem un parmi tant d’autres consacrés aux dieux, et le Judaïsme une religion élaborée par une minorité d’exilés de retour dans les fourgons d’une armée étrangère.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia </strong>*</p>



<span id="more-14642022"></span>



<p>Comment est né le monothéisme que nous connaissons? Selon l’auteur de ce livre se référant au récit biblique et aux découvertes archéologiques, à partir de la croyance par Israël en un Dieu qui avait la particularité de ne pas porter de nom, et qu’on appelait <em>«Ô, il est»,&nbsp; «ياهو» «Yahvé».</em> Mais qu’était Israël à l’origine? Une confédération de tribus locales que rien ne distinguait&nbsp;des autres peuples de Canaan, en dehors d’une origine commune, et qui ont adopté le nom de la tribu peut être la plus puissante comme&nbsp;plus tard la Gaule se nommerait France par référence aux Francs qui l’avaient conquise, ou bien l’Angleterre aux Angles. Mais à l’origine ce Dieu qui n’avait pas de nom était celui de l’orage et du tonnerre, et il était vénéré par les peuples sémites vivant&nbsp; dans les terres semi désertiques à l’est du Jourdain, dans la partie de l’Arabie riveraine du bras de mer la séparant de la péninsule du Sinaï, et qu’on appelait Médian, et dans le Sud du désert du Néguev.</p>



<h2 class="wp-block-heading">A partir d’un obscur dieu du tonnerre</h2>



<p>Or ce Dieu qu’on vénérait par des autels, et des stèles en pierre, était souvent associé à une épouse nommée Asherah, l’Ashtart de Babylone, qui représentait la fertilité.</p>



<p>Néanmoins le culte de Yahvé, ce dieu de l’orage et du tonnerre adoré sur les montagnes, s’était propagé jusqu’au royaume sud de Judah dont la ville la plus importante était Jérusalem où il était représenté par le Soleil, et au Royaume nord d’Israël dont la capitale était Samarie, où on lui prêtait l’image du taureau, celui de Baal Melqart (Moloch) le dieu Phénicien.</p>



<p>Judah et Israël étaient souvent en guerre, mais finalement Israël et sa capitale Samarie furent conquis par l’Assyrie, et la population dispersée dans l’empire Assyrien vers environ 722 avant l’ère universelle (AEU), elle fut repeuplée par des Araméens et des Arabes, peuples polythéistes, qui y introduisirent les cultes de leurs dieux, ou bien adoptèrent les dieux cananéens&nbsp;locaux, à l’instar d’El.</p>



<p>Les habitants de Samarie allaient dès lors être tenus en forte suspicion par ceux de Judah, dont la capitale Jérusalem sous l’impulsion de deux rois, Ezechias&nbsp;et Josias, passa du polythéisme au culte d’un seul Dieu, dont la maison était le temple de Jérusalem.</p>



<p>En réalité et à l’origine, le temple de Jérusalem abritait plusieurs dieux, dont la déesse Asherah, mais finalement sous l’impulsion du roi Josias, un seul culte et une seule statue y furent tolérés, ceux de Yahvé, le dieu soleil, peut être dans un souci de se démarquer des royaumes voisins, d’Egypte et de Mésopotamie.</p>



<p>Yahvé était devenu le Dieu national du Royaume de Judah, un dieu anthropomorphe auquel on sacrifiait des animaux, et parfois des êtres humains.</p>



<p>En 582 AEU, Judah était envahi par Babylone et sa population déportée en Mésopotamie. La statue de Yahvé fut probablement emmenée par les vainqueurs comme butin et objet de triomphe, selon les coutumes de l’époque.</p>



<p>Contrairement aux Assyriens, les Babyloniens permirent aux populations déportées de Judah, en général l’élite cultivée et les prêtres, de se regrouper dans leur exil, et de prospérer. Dès lors deux préoccupations principales devaient les guider : préserver l’identité de leur communauté à Babylone, ville cosmopolite et polythéiste; expliquer la défaite et la dispersion de la population, autrement dit l’abandon par Yahvé du royaume qu’il était censé protéger.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="eAlUHRoU2T"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/24/la-treizieme-tribu-des-juifs-pas-tres-semites/">‘‘La treizième tribu’’ : des Juifs pas très sémites</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘La treizième tribu’’ : des Juifs pas très sémites » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/24/la-treizieme-tribu-des-juifs-pas-tres-semites/embed/#?secret=ZqVHpMRE8r#?secret=eAlUHRoU2T" data-secret="eAlUHRoU2T" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Environ 80 années plus tard, Cyrus roi de Perse détruisait le royaume de Babylone et permettait aux différents peuples captifs de regagner leurs pays. C’est ainsi qu’Esdras&nbsp;et Noemiah, deux judéens, se retrouvaient à la tête de Judah pour le compte du Roi de Perse, et pour justifier le pouvoir des immigrés de retour, réécrivaient&nbsp;une histoire édulcorée du peuple d’Israël, faisant la part belle à l’enseignement de Moise,&nbsp;appelé Pentateuque.</p>



<p>La restauration du Temple de Yahvé à Jérusalem fut parachevée mais aucune statue n’y fut désormais tolérée; seuls le récit de l’épopée d’Israël et l’enseignement de Moïse, diététique et éthique, regroupés sous le nom de Torah dans des rouleaux écrits, seraient dès lors vénérés en tant que parole du Dieu qui n’a ni nom et ni images.</p>



<p>C’est ainsi que naquit la religion juive que nous connaissons, à partir d’un obscur dieu du tonnerre et de l’orage de régions semi désertiques et marginales situées entre l’Egypte, et le Croissant fertile. Par la volonté de quelques rois il devint celui des armées, et selon ses fidèles&nbsp;le protecteur du peuple qu’il avait élu auquel il n’imposait les épreuves que pour mieux en raffermir la foi, et qu’il n’abandonnait jamais.</p>



<p>Dès&nbsp;lors qu’il disposait ainsi de la parole divine qu’il pouvait écouter et lire à n’importe quel endroit où qu’il se trouvât, ce peuple n’avait plus besoin de territoire, de souveraineté politique, pour le protéger de l’anéantissement et de la disparition. Qui plus est le judaïsme allait faire florès grâce au Christianisme et à l’Islam, qui s’en réclameraient.</p>



<p>Par les temps troubles que nous vivons, il est dès lors nécessaire d’affiner certains concepts. Les tribus d’Israël ne furent en réalité dès le XIIe siècle AEU qu’un conglomérat de tribus locales que rien ne distinguait de toutes autres et qui portaient le nom d’un dieu local Cananéen, El. Une partie de ces tribus, Judah, en conquérant Jérusalem&nbsp;adoptèrent un dieu étranger, Yahvé, qui était celui de leur maison royale. L’autre partie, Israël, s’attacha plus aux dieux locaux traditionnels du Proche-Orient, Baal, Melqart, El, Asherat.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="PHG1zKVm3F"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/29/la-religion-juive-et-sa-position-envers-les-non-juifs-de-lextermination-des-palestiniens-a-gaza/">‘‘La religion juive et sa position envers les non-juifs’’: de l’extermination des Palestiniens à Gaza</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘La religion juive et sa position envers les non-juifs’’: de l’extermination des Palestiniens à Gaza » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/29/la-religion-juive-et-sa-position-envers-les-non-juifs-de-lextermination-des-palestiniens-a-gaza/embed/#?secret=KqnRRyLEI1#?secret=PHG1zKVm3F" data-secret="PHG1zKVm3F" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>En fin de compte, les exilés de Judah, de retour après la déportation à Babylone, et opérant pour le compte du Roi de Perse, autrement dit une minorité, s’installèrent à Jérusalem, écrivirent selon toute probabilité une histoire religieuse justifiant leur récente prise de pouvoir politique et excluant autant les opposants qualifiés de faux prophètes, que les rois. Ils allaient dès lors s’appeler juifs et leur religion serait le judaïsme que&nbsp;nous connaissons actuellement. Mais le Judaïsme n’allait entrer dans le cours de l’Histoire qu’avec la conquête du pays de Canaan par les Macédoniens, la tentative des conquérants de helléniser les habitants, en introduisant des statues dans le Temple et en supprimant la circoncision, et la résistance de ces derniers contre l’occupant, lors de la révolte des Macchabées, le respect des règles du judaïsme relevant dès lors de la préservation de l’identité nationale. Mais surtout c’est la traduction de la Bible en langue grecque à Alexandrie sous les Ptolémée, une langue étrangère, qui allait impulser au judaïsme un destin international.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vents de l’Histoire et aléas des légendes</h2>



<p>Est-ce que cela confère un quelconque droit exclusif à un supposé peuple juif sur une quelconque terre ancestrale? Yahvé ne fut à l’origine qu’un dieu local marginal, Israël une configuration de tribus locales identique aux autres, le temple de Jérusalem un parmi tant d’autres consacrés aux dieux, comme celui de Betel, ou celui du mont Garizim jusqu’à nos jours haut lieu du culte des Samaritains, et le Judaïsme fut une religion élaborée par une minorité d’exilés de retour dans les fourgons d’une armée étrangère.</p>



<p>C’est uniquement durant près de 130 ans, pendant le règne des Macchabées, que la population de Canaan fut de force convertie au judaïsme, avant de voir finalement le pays occupé par les Romains. Cela ne confère évidemment aucun droit historique particulier relativement aux autres peuples, dont une grande partie furent amenés par les Assyriens, en particulier les Arabes au VIIIe siècle AEU.</p>



<p>Il est donc faux de dire que les Arabes ne furent que des colonisateurs venus du désert avec les armées de l’Islam. La réalité est que ce que nous nommons actuellement Palestine ne fut que très rarement, contrairement aux prétentions sionistes, un territoire exclusivement juif, et le seul Etat juif qui y fut bâti ne dura pas plus de 130 ans, le temps de la colonisation française en Algérie. Les Juifs n’y furent jamais qu’une minorité comme toutes les autres livrée aux vents de l’Histoire, aux aléas des légendes, et qui justement réussirent à survivre grâce au texte sacré, sans souveraineté politique. Leurs droits sur un territoire ne sauraient à cause de cela surpasser ceux légitimes d’une quelconque autre communauté.</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.  </em></p>



<p><strong><em>‘‘L’Invention de Dieu’’, de Thomas Römer, éd. Seuil, Paris 2014, &nbsp;</em></strong><strong><em>352&nbsp;pages.</em></strong><strong><em></em></strong></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="m7Jb0fGots"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2016/08/24/la-femme-bete-noire-des-religions-la-femme-dans-le-judaisme-26/">La femme bête noire des religions : La femme dans le judaïsme (2/6)</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La femme bête noire des religions : La femme dans le judaïsme (2/6) » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2016/08/24/la-femme-bete-noire-des-religions-la-femme-dans-le-judaisme-26/embed/#?secret=NpzARrt53D#?secret=m7Jb0fGots" data-secret="m7Jb0fGots" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/17/linvention-de-dieu-de-lorage-aux-armees-disrael/">‘‘L’invention de Dieu’’: de l’orage aux armées d’Israël</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>‘‘La religion juive et sa position envers les non-juifs’’: de l’extermination des Palestiniens à Gaza</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/29/la-religion-juive-et-sa-position-envers-les-non-juifs-de-lextermination-des-palestiniens-a-gaza/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Oct 2023 07:10:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le régime et les pratiques coloniales de l’Etat Israélien entretiennent la guerre et empêchent la reconnaissance des droits du peuple palestinien ainsi que le respect de la légalité internationale. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/29/la-religion-juive-et-sa-position-envers-les-non-juifs-de-lextermination-des-palestiniens-a-gaza/">‘‘La religion juive et sa position envers les non-juifs’’: de l’extermination des Palestiniens à Gaza</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Et si le régime et les pratiques coloniales de l’Etat Israélien, qui entretiennent la guerre et empêchent la reconnaissance des droits du peuple palestinien ainsi que le respect de la légalité internationale, ont pour origine l’idéologie ségrégationniste qui est largement diffusée dans sa population grâce à l’enseignement dans sa version la plus sectaire et obscurantiste d’une religion juive censée être à l’origine des préceptes moraux universels.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-10306692"></span>



<p>Ce livre de l’universitaire israélien <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Isra%C3%ABl_Shahak" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Israël Shahak</a>, juif d’origine polonaise, antisioniste militant pour la défense des droits des Palestiniens, honni en Israël et qui a lui-même été accusé d’antisionisme et de haine de soi, sort de l’ordinaire parce qu’il traite de sujets tabous dans son pays et ailleurs, en particulier dans le monde occidental. On découvre ainsi que les préceptes éthiques et moraux universels attribués à l’enseignement de Moïse n’en constituent nullement le fondement.</p>



<p>En réalité, le cœur&nbsp;du judaïsme est composé de l’enseignement et des élucubrations de rabbins à travers les âges et que l’on connaît sous le nom de Talmud. Sa substance en est la supériorité innée du juif, et sa manifestation est constituée par des pratiques ségrégationnistes.</p>



<p>Deux principaux commentateurs se distinguent : le médecin et philosophe Ibn Maimoun&nbsp;le Cordouan, connu sous le nom de Maimonides, contemporain au XIIe siècle de Salah Eddin El Ayoubi et de Abou Yacoub&nbsp;Youssef l’Almohade, auteur de la <em>Mishna Torah</em>; et Yossef Karo, qui au XVIe siècle, écrivit le <em>Choulhan Ha Roukh</em>.</p>



<p>On ne peut évidemment développer d’une manière exhaustive leurs idées. On se bornera à en évoquer quelques passages : un médecin juif ne doit pas traiter un patient non-juif durant le Sabbat, sauf si son abstention peut être dommageable pour sa communauté. Dans ce cas, il doit se faire rémunérer. Il en est de même pour la sage-femme.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>«Le meilleur des goyim, tuez-le !»</em></h2>



<p>Concernant la vie humaine, elle est sacrée et l’homicide constitue l’un des péchés capitaux&#8230; quand la victime est juive. Quand elle ne l’est pas ce n’est qu’une erreur pardonnable. Si le meurtre d’un non juif est une faute, l’abstention n’en est pas une; par exemple si un non juif tombe dans un puit et qu&rsquo;un juif passe à proximité, il n&rsquo;y a aucune obligation pour lui de lui apporter une échelle pour l&rsquo;en sortir&#8230; sauf si évidemment il peut en résulter un dommage pour sa communauté.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="2bPdU43I43"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/16/la-solution-finale-a-gaza-ou-le-retour-de-spartacus/">La solution finale à Gaza, ou le retour de Spartacus</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La solution finale à Gaza, ou le retour de Spartacus » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/16/la-solution-finale-a-gaza-ou-le-retour-de-spartacus/embed/#?secret=c6diaWPIz1#?secret=2bPdU43I43" data-secret="2bPdU43I43" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>On comprend mieux dès lors la mansuétude dont bénéficient les soldats israéliens dans les territoires occupés. En 1956 à Kafr Kassem, un soldat assassina cinquante Palestiniens. Il finit par être relâché après quelques semaines de détention, et au début des années 70, il devint même une personnalité importante de l’agence juive.</p>



<p>Un échange de correspondance entre le Rabbin Shimon Weiss et un soldat israélien demeure à cet égard significatif: le Rabbin y rappelle une maxime du Talmud&nbsp;: <em>«Le meilleur des goyim </em>(non-juif, Ndlr)<em>, tuez-le ! Le meilleur des serpents, écrasez-lui la tête.»</em> Et il explique&nbsp;qu’il est du devoir en temps de guerre de tout soldat juif de tuer tout non-juif qui pourrait constituer une menace pour la vie des juifs, c’est-à-dire que lui seul&nbsp;jugerait menaçant; le soldat en conclut qu’il est dès lors pour lui licite de tirer sur les vieillards, les femmes et les enfants palestiniens, même si en agissant ainsi il désobéit aux ordres.</p>



<p>Dès&nbsp;lors, les actuels bombardements israéliens contre la ville de Gaza prennent un tout autre relief. Le gouvernement israélien semble ainsi adopter une politique non pas issue du droit International, celle de se défendre, mais du Talmud, celle d’exterminer d’une manière préventive les populations civiles qui pourraient abriter des résistants.</p>



<p>L’hostilité des Israéliens vis-à-vis des Palestiniens n’est par ailleurs pas uniquement dictée par le Talmud, ni par les aléas d’un conflit colonial. Elle est en réalité inscrite dans la mémoire des juifs Ashkénaze originaires de Pologne et d’Ukraine qui, employés au XVIIe siècle par les seigneurs polonais en tant que contremaîtres, métayers, et percepteurs d’impôts, nourrissaient un profond mépris pour tous les paysans sur lesquels ils exerçaient leur autorité, et leurs descendants en Israël l’ont transposé sur les Palestiniens. Ce sont d’ailleurs ces paysans-là qui lors des révoltes de Bogdan Chmielnicki et de Pougatchev, avaient massacré les juifs dans de véritables pogromes, mais cela n’avait été&nbsp;le résultat que de la position socioéconomique que ces derniers occupaient dans l’exploitation dont ils étaient les victimes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La supposée hostilité universelle contre les juifs</h2>



<p>Ceci renvoie évidemment à la supposée hostilité universelle contre les juifs dont les sionistes se servent pour justifier l’établissement d’un foyer national juif. En réalité, dans l’Europe chrétienne, ils furent toujours protégés par les Rois et les Seigneurs qu’ils servaient. Et lorsqu’on dit protéger, cela concerne les rabbins qui exerçaient une autorité sur leur communauté, souvent un véritable droit de vie ou de mort, avec la caution de l’Etat. Les rabbins maintinrent leurs ouailles dans un état épouvantable de misère et d’ignorance, en leur interdisant de fréquenter les écoles publiques. Ils leur interdirent les livres des pays dans lesquels ils vivaient, ou l’apprentissage des langues, et les seuls ouvrages qu’ils lisaient en hébreu quand ils avaient appris à lire étaient des commentaires de la Torah ou du Talmud. Les contrevenants étaient punis, soit par des taxes, dont l’État ou le seigneur récupérait une partie, soit par des châtiments corporels qui pouvaient aller jusqu’à la mort dans le cas d’hérésie.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Ge4lVSzXJ8"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/23/guerre-de-gaza-petits-et-gros-mensonges/">Guerre de Gaza : petits et gros mensonges</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Guerre de Gaza : petits et gros mensonges » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/23/guerre-de-gaza-petits-et-gros-mensonges/embed/#?secret=DhExEJSskq#?secret=Ge4lVSzXJ8" data-secret="Ge4lVSzXJ8" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Au XIVe siècle le Roi de Castille Pierre le Cruel permit ainsi aux chefs de ses communautés juives de constituer une véritable inquisition chargée de surveiller leurs ouailles, et qui servit certainement de modèle à celle que les rois catholiques établiraient&nbsp;plus tard. Mais ce fut toujours lorsque les privilèges des puissants et des nobles étaient menacés ou remis en question par l’ascension sociale des classes inférieures, et l’émergence du sentiment nationaliste et des revendications égalitaires, que les juifs furent particulièrement menacés en Europe. Et il faut reconnaître qu’ils auraient pourtant eu de bonnes raisons de susciter l’hostilité des chrétiens, puisqu’ils ne manquaient jamais, dans leurs imprécations contre Jésus, de souhaiter la disparition de son nom et l’annihilation de son souvenir.</p>



<p>Néanmoins les rabbins considèrent toujours les chrétiens comme des polythéistes, ce qui, compte tenu d’un rituel célébrant par une partie au moins des fidèles, ceux qu’on qualifie de Hassidiques, l’accouplement d’êtres chimériques, ne laisse pas d’étonner. S’ils interdisent désormais de les tuer, c’est uniquement parce qu’ils ne veulent pas susciter leur hostilité, alors qu’Israël a besoin d’eux.</p>



<p>Les actes antichrétiens ne sont cependant pas rares, et il y a environ un mois des missionnaires chrétiens à Jérusalem ont été entourés par des enfants juifs les conspuant, et une procession portant la croix a fait l’objet de crachats de la part de certains religieux.</p>



<p>En 1980, plusieurs exemplaires du Nouveau Testament furent publiquement brûlés. Mais l’hostilité fondamentale des textes envers les non-juifs est toujours soigneusement dissimulée, et si les expressions les plus scandaleuses de l’Ancien Testament sont aujourd’hui publiées en Israël dans les versions en Hébreu, ou bien exprimées en Araméen, une langue disparue que peu de juifs comprennent, elles sont connues du public israélien, en étant soigneusement édulcorées dans les versions en langues étrangères, soit par des traductions inexactes, ou bien en&nbsp;conférant aux mots laissés tels quels un sens qui n’est pas le leur à l’origine en Hébreu. Ainsi en est-il du mot <em>Kashite</em>, qui désigne en réalité les Noirs, et pas de la meilleure manière qui soit. Mais naturellement une conspiration générale du silence empêche ces réalités là d’être diffusées, et tous ceux qui en font état sont accusés soit d’antisémitisme, soit de haine&nbsp;de soi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’antisémitisme ou l’invention d’une supposée race juive</h2>



<p>Il serait trop fastidieux d’énumérer ici toutes les manifestations de la ségrégation rituelle, autant dans la pratique de l’intérêt que dans les relations sexuelles. Il faut rappeler que c’est au XIXe siècle depuis Napoléon Bonaparte que les juifs ont commencé à s’émanciper de l’obscurantisme de leurs rabbins en acquérant en Europe la pleine citoyenneté. Et c’est depuis lors que l’antisémitisme a commencé à se développer avec l’invention d’une notion, celle d’une supposée race juive. Cela n’a pas empêché&nbsp;plusieurs parmi eux de vivre en bonne entente avec les courants les plus conservateurs et les plus xénophobes de la société.</p>



<p>Ainsi Martin Buber, le célèbre penseur qui prônait un sionisme spirituel, et critiquait le nazisme, n’en admirait pas moins la promotion de la pureté raciale qui correspondait exactement à l’idéal du Talmud, celui de la séparation des juifs et des non-juifs. Et les sionistes se sont toujours entendus avec les antisémites parce qu’il&nbsp;était de leur intérêt de pousser les juifs à l’émigration.</p>



<p>Il n’y a donc rien d’étonnant si aujourd’hui lors de la guerre de Gaza, les supporters d’Israël soient en Europe Occidentale, et en Inde, les franges les plus racistes et les plus exclusives de la société, et si Israël veut faire passer le combat du peuple palestinien comme une manifestation du jihad mondial, contre l’ensemble des nations.</p>



<p>Il est important de rappeler aujourd’hui que les musulmans et les juifs ont souvent vécu en bonne intelligence, parce que les régimes politiques musulmans, en particulier l’empire Ottoman, furent minoritaires, autoritaires et répressifs, et que les juifs y remplirent tout comme en Europe une fonction socio-économique particulière au bénéfice des pouvoirs en place.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="1t0hOC8M4e"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/01/golda-meir-un-premier-ministre-colonialiste-responsable-dune-guerre/">‘‘Golda Meir’’ : un premier ministre colonialiste responsable d’une guerre</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Golda Meir’’ : un premier ministre colonialiste responsable d’une guerre » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/01/golda-meir-un-premier-ministre-colonialiste-responsable-dune-guerre/embed/#?secret=TLJ4itVMQr#?secret=1t0hOC8M4e" data-secret="1t0hOC8M4e" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Il n’est pas opportun de jeter l’opprobre sur l’ensemble des fidèles d’une religion à cause de la présence dans ses rangs de fanatiques haineux et sectaires capables d’influer sur la politique d’un Etat, ou de préceptes épouvantables remontant à la nuit des temps et qui continuent d’être enseignés dans des écoles obscurantistes comme c’est le cas aujourd’hui aussi bien en Israël&nbsp;qu’au Pakistan. Les sionistes ont même réussi à reporter contre les musulmans en Occident tous les reproches et les préjugés dont&nbsp; les juifs étaient jadis les victimes parmi la populace européenne. Mais si quelques-uns parmi eux prient effectivement des créatures démoniaques, on ne peut nier qu’un grand nombre de fidèles partagent les mêmes valeurs morales et prient le même Dieu que les chrétiens et les musulmans; ou plus simplement n’éprouvent pas le besoin d’y croire.&nbsp;</p>



<p>Néanmoins on ne peut plus ignorer que le régime et les pratiques coloniales de l’Etat Israélien qui entretiennent la guerre et empêchent la reconnaissance des droits du peuple palestinien ainsi que le respect de la légalité internationale, ont pour origine l’idéologie ségrégationniste qui est largement diffusée dans sa population grâce à l’enseignement dans sa version la plus sectaire et obscurantiste d’une religion censée être à l’origine des préceptes moraux universels.</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique</em>. </p>



<p><strong><em>‘‘La religion juive et sa position envers les non- juifs’’ de Israël Shahak, traduit à l&rsquo;arabe par Hassen Khidr, 182 pages, 22 mai 2017.</em></strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/29/la-religion-juive-et-sa-position-envers-les-non-juifs-de-lextermination-des-palestiniens-a-gaza/">‘‘La religion juive et sa position envers les non-juifs’’: de l’extermination des Palestiniens à Gaza</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>‘‘Les langues du paradis’’: la philologie, ou l’Orient entre mythe et mystification</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/14/les-langues-du-paradis-la-philologie-ou-lorient-entre-mythe-et-mystification/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 May 2023 07:18:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Aryens]]></category>
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		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
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		<category><![CDATA[monothéisme]]></category>
		<category><![CDATA[notion de race]]></category>
		<category><![CDATA[occident]]></category>
		<category><![CDATA[Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Sémitiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’attentat de la Ghriba est-il un acte criminel ou terroriste? </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/14/les-langues-du-paradis-la-philologie-ou-lorient-entre-mythe-et-mystification/">‘‘Les langues du paradis’’: la philologie, ou l’Orient entre mythe et mystification</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Est-ce un hasard si les multiples tueries qui frappent régulièrement les écoles aux États-Unis d’Amérique ne sont jamais qualifiées de terroristes ? Les mots tout autant que les actes ont des conséquences.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-7933064"></span>



<p>L’<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/10/tunisie-le-terrorisme-frappe-au-plus-mauvais-moment/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">attentat de la Ghriba</a> est-il un acte criminel ou terroriste? La réponse dépend évidemment d’un ordre <em>«normal»</em> des choses fondé sur les mots et les idées, et qui ne va pas de soi. C’est une construction qui a été élaborée au Moyen-âge et consolidée aux siècles des lumières au nom de la sacro-sainte science.</p>



<p>Le débat a en réalité commencé avec la question de la place attribuée au langage dans l’élaboration du corpus sacré, la bible, ou autrement dit de la langue parlée par Dieu.</p>



<p>En effet il devenait&nbsp;inacceptable pour l’Occident, maître du monde, de reconnaître une quelconque dette à un peuple étranger et apatride. Fallait-il reconnaître que les (gentils) indo- européens (aryens) victorieux et conquérants étaient&nbsp;ainsi redevables envers les (douteux) sémites de leur conscience historique?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le christianisme occidental dominant</h2>



<p>Les premiers se sont bien approprié leur livre sacré, en prenant&nbsp;fait et cause pour la dissidence dans une querelle intestine théologico-politique. Pour cela, et en dépit de l’Église, ou sans elle,&nbsp;ils ont dû se forger les paradigmes nécessaires démontrant d’une manière <em>«scientifique»</em> une finalité historique téléologique, celle du christianisme occidental dominant, guidant, humanisant, les<em> «races»</em> du monde dans sa quête du retour à l’âge d’or d’une humanité&nbsp;unie autour d’une seule langue. Il fallait justifier que l’hébreu ne fût pas la langue de la création ni celle utilisée dans le jardin de l’Eden (le Paradis).</p>



<p>On a parlé ainsi de textes dénués de ponctuations, de voyelles, dans l’hébreu de la Bible, pour en prouver les ajouts ultérieurs, et en éliminer ainsi le caractère originel mais on a omis de dire que l’alphabet latin était phénicien, donc sémitique. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="pVyv5KwlBj"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/04/before-orthodoxy-la-construction-de-la-verite-en-islam/">«Before Orthodoxy» : la construction de la vérité, en islam</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «Before Orthodoxy» : la construction de la vérité, en islam » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/04/before-orthodoxy-la-construction-de-la-verite-en-islam/embed/#?secret=DLYwNfPzud#?secret=pVyv5KwlBj" data-secret="pVyv5KwlBj" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Les nouveaux outils conceptuels ainsi élaborés&nbsp;prénommés philologie, paléontologie linguistique, anthropologie&nbsp;culturelle, ont finalement permis de séparer et de catégoriser les langages avec leurs champs d’action les plus accessibles, les religions;&nbsp;sans oublier le plus important, les peuples.</p>



<p>Il n’est peut être pas aussi paradoxal que dans une Europe des Lumières qui se détachait du religieux, l’émergence de la nation et du colonialisme ait en fait inspiré une telle démarche. Que les maîtres d’œuvre en eussent été de manière souvent dissemblable, de Richard Simon l’aventurier du texte sacré primitif inaltéré jusqu’à Goldziher en passant par&nbsp;Renan, Max Muller, Gross, d’éminentes figures des milieux académiques occidentaux, n’importe que dans la mesure où la démarche scientifique même reconnue peut s’avérer dans le champ des sciences sociales, surmonter difficilement l’épreuve de la critique.</p>



<p>Entre le prêtre défroqué Renan révolté par ce qu’il découvrait en Orient dans les années 1860 au point de vouer l’islam aux gémonies, et le juif de descendance rabbinique Goldziher qui réhabilitait sa propre communauté grâce à ses études <em>«équilibrées»</em> sur l’islam, les conclusions ne pouvaient être les mêmes. Ceci démontre combien dans de telles études, l’apport personnel peut être déterminant, et le cheminement de la recherche aboutir à des culs de sac parfois coûteux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’opposition sémitiques-aryens vole en éclats</h2>



<p>Ainsi l’introduction dans le débat par Renan de la notion de race linguistique, culturelle, religieuse, eût même été loufoque sans ses inévitables implications. Son obstination à opposer une culture sémitique par essence stagnante et stérile parce que dénuée de mythes à une autre aryenne féconde riche en mythes est contredite par les réalités;&nbsp;les Assyriens et les Babyloniens parmi tous les sémites furent les polythéistes les plus avérés, mais quand le Roi Assurbanipal rendait un culte à son Dieu, ses prières s’apparentaient à celles d’un musulman.</p>



<p>Quant au polythéisme matrice de l’esprit scientifique permettant d’appréhender simultanément plusieurs réalités, ou plusieurs aspects d’une même réalité, chose que le monothéisme ne permettrait pas, rien ne le démontre. Au contraire, les mathématiques constituent par excellence la science où l’infini se rapproche le plus du néant, justement par le biais de l’unité.</p>



<p>Mais abstraction faite de l’objectivité de Goldziher, pour qui les civilisations s’entrecroisent et empruntent les unes aux autres, à l’ère de l’impérialisme si les juifs ont été finalement intégrés aux Aryens (Disraeli, Crémieux) et la <em>«race de l’islam»</em> confinée au statut de sujet, c’est en Allemagne, cette nation dénuée de colonies à la mesure de ses ambitions et militairement battue, que le concept de l’Aryen <em>«libéré»</em> de sa part éthique juive, le christianisme, a fait florès, avec les conséquences que l’on sait. Un grand opéra de Richard Wagner, <em>Siegfried</em>, l’illustre.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="5mvRwaWo5M"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/27/europe-et-islam-les-origines-dun-antagonisme-perenne/">Europe et islam : les origines d&rsquo;un antagonisme pérenne</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Europe et islam : les origines d&rsquo;un antagonisme pérenne » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/27/europe-et-islam-les-origines-dun-antagonisme-perenne/embed/#?secret=98brPDX2H1#?secret=5mvRwaWo5M" data-secret="5mvRwaWo5M" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Mais une autre question est le discours emprunté dans la guerre contre le terrorisme depuis 2001, et face à l’immigration illégale. Ce sont les thèses de Renan&nbsp;que l’on a évidemment ressorties des oubliettes, en taisant qu’elles fussent siennes, et en omettant ses jugements sur les races; au nom de l’exactitude <em>«scientifique»</em>, il a suffi&nbsp;de lire<em> «islam»</em> au lieu de <em>«sémite»</em>. Et on a invité les musulmans à déconstruire leurs textes sacrés en les soumettant à la <em>«raison scientifique»</em>, autrement dit à la philologie et la paléontologie linguistique,&nbsp;confrontées&nbsp;éventuellement aux découvertes archéologiques.</p>



<p>L’archéologie est justement le domaine de recherche par excellence auquel les Nazis ont conféré ses techniques actuelles. Elle a aussi servi à justifier leurs conquêtes au nom d’un ancien berceau&nbsp;arien&nbsp;en Europe et elle n’est donc pas neutre.</p>



<p>Par ailleurs, c’est une chose que de déterminer l’origine des mots et des versets utilisés dans le Coran qui&nbsp;peut effectivement être très utile dans la compréhension du passé. Mais si le but est d’en démontrer l’origine biblique celle-ci y a toujours été clamée,&nbsp;et sa confirmation n’apporterait&nbsp;rien au débat, qui en l’occurrence semble être toujours de prouver une supposée supériorité du christianisme arien occidental.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La puissance est une affaire d’organisation</h2>



<p>Le plus dommageable est évidemment de faire ainsi passer toute critique objective du texte coranique pour une entreprise partisane contre l’islam; pour le plus grand bonheur des rigoristes alliés à ceux pour qui il demeure ataviquement contre tout progrès. Mais peut-on vraiment tenir rigueur à de nombreux musulmans de penser&nbsp;que la <em>«science»</em> qu&rsquo;on leur prescrit soit dans une large mesure partisane, et pas seulement pour prouver que l’Arabe ne soit pas la langue du paradis?</p>



<p>Mis à part cela, on se demande effectivement quel bénéfice pourrait encore&nbsp;tirer de la philologie un orientalisme&nbsp;anachronique alors que Chinois et Indiens (dans une large mesure des dravidiens culturellement aryanisés)&nbsp;sont en train de prouver que la puissance n’est pas un monopole occidental mais une affaire d’organisation.</p>



<p>Pour conclure, ce n’est nullement un hasard si les multiples tueries qui frappent régulièrement les écoles aux États-Unis d’Amérique ne sont jamais qualifiées de terroristes. Les mots tout autant que les actes ont des conséquences.</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.</em></p>



<p><strong><em>‘‘Les langues du paradis’’, essai de </em></strong><strong><em>Maurice Olender, éditions Seuil, 293 pages, Paris </em></strong><strong><em>1989</em></strong><strong><em>.</em></strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/14/les-langues-du-paradis-la-philologie-ou-lorient-entre-mythe-et-mystification/">‘‘Les langues du paradis’’: la philologie, ou l’Orient entre mythe et mystification</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le Coran : de la Mecque à Jérusalem, un «digest» pas plus apocryphe que la Bible</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Jan 2023 07:49:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
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		<category><![CDATA[la Mecque]]></category>
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		<category><![CDATA[Moïse]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’Occident triomphant et dominateur rejette l'Islam, si proche par des valeurs et ses symboles, dans une inquiétante étrangeté et un antagonisme radical. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/08/le-coran-de-la-mecque-a-jerusalem-un-digest-pas-plus-apocryphe-que-la-bible/">Le Coran : de la Mecque à Jérusalem, un «digest» pas plus apocryphe que la Bible</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Par rapport à l’Occident triomphant, le fantasme qu’il surnomme Islam procède de l’inquiétante étrangeté, si proche par ses valeurs et ses symboles, mais que l’Histoire et l’Orientalisme, mais aussi la politique, situent sur le plan de l’antagonisme radical et de l&rsquo;absolue étrangeté. </strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia </strong></p>



<span id="more-6001345"></span>



<p>Il n’est pas aisé de parler objectivement du livre sacré de sa propre communauté dont les enseignements, les citations et les symboles ont influencé sa propre enfance, sa scolarité, et structurent par l’adhésion ou le rejet sa vie d’adulte. </p>



<p>Des versets tels que <em>«quand l’enterrée est interrogée, au nom de quel péché est elle tuée»</em>, outre leur puissance et leur esthétique lyrique évocatrices du jour du jugement, meublent l’âme et constituent une source inépuisable d’inspiration condamnant l’infanticide et le féminicide. </p>



<p>Néanmoins, à une époque où le fait scientifique impose des vérités qui ne peuvent plus être ignorées, comme par exemple celle du temps pris par la création de l’univers, la pertinence de certaines convictions s’en trouve inévitablement remise en question, mais la religion constitue néanmoins un puissant marqueur identitaire&#8230; qu’il faut traîner comme un boulet lorsqu’on se situe dans le bas de la hiérarchie des races et des cultures établie par la colonisation en son temps et réactivée depuis le 11 Septembre 2001, et ce sentiment est d’autant plus pénible qu’il s’insère dans des faits, ceux de processus de domination économique, stratégique et de rapports de forces à l’échelle mondiale dont l’objectif est de diviser pour régner. </p>



<p>Autrement dit, si on oublie qui on est, d’autres se chargent de nous le rappeler. Et l’aire définie comme arabo-musulmane par le langage dominant mais aussi dominé, pas pour les mêmes raisons, se trouve soumise à une telle logique, celle de la confrontation et du morcellement, à laquelle pour reprendre les paradigmes du Choc des Civilisations, l’aire Confucéenne et l’aire Hindoue ont échappé au moment où elles se sont vu reconnaître leurs réalités politiques. </p>



<p>Or par rapport à l’Occident triomphant, le fantasme, comment le qualifier autrement, qu’il surnomme Islam, procède de l’inquiétante étrangeté, si proche par ses valeurs et ses symboles, mais que l’Histoire et l’Orientalisme situent sur le plan de l’antagonisme radical. </p>



<h2 class="wp-block-heading">La divergence fondamentale</h2>



<p>Il est dès lors inévitable d’examiner le Coran, le cœur de ce radical étrange, afin de déterminer à quel niveau des convictions occidentales, c’est-à-dire de la Bible, puisque celle-ci en structure bel et bien la laïcité et la démocratie, se situe l’origine de ce qu’on ne peut qualifier que de divergence fondamentale. Et le fait qu’en réalité le Coran exhorte ses fidèles à croire aux Prophètes qui ont précédé et aux Livres qu’ils ont apportés, tout en prétendant les corriger des falsifications et des altérations qui y ont été apportées, constitue une autre raison importante de le lire à la lueur de la Bible, pour comprendre comment et en quoi le texte sacré d’origine a été modifié, par qui, et pour quelles raisons, et s’il y a quelque espoir de le reconstituer. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="5KB4dPNmOq"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/01/le-nouveau-testament-de-la-religion-damour-au-commerce-du-salut-des-ames/">Le Nouveau Testament : de la religion d’amour au commerce du salut des âmes</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le Nouveau Testament : de la religion d’amour au commerce du salut des âmes » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/01/le-nouveau-testament-de-la-religion-damour-au-commerce-du-salut-des-ames/embed/#?secret=0Pc1Om15Or#?secret=5KB4dPNmOq" data-secret="5KB4dPNmOq" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>La lecture comparée de la Bible devient dès lors une nécessité à laquelle les musulmans de l’époque contemporaine évitent généralement de souscrire (par exemple Ibn Hazm en Andalousie au XIe siècle, qui était également hébraïsant, ne partageait pas cette inhibition), puisque selon eux il s’agit d’un <em>«faux» </em>livre sacré que le leur prétend corriger. </p>



<p>Mais les musulmans ont depuis longtemps et pour la plupart perdu le sens prophétique, disparu avec l’habitude de lire, hormis une minorité, ceux qui se situent dans un cadre universitaire académique où la domination de la pensée occidentale est un dogme, et où paradoxalement l’esprit critique n’est pas la vertu cardinale. </p>



<p>Pourtant cette lecture comparée éclaire le Coran d’une lueur surprenante, celle justement de la confirmation de plusieurs de ses thèses centrales, qui jette à tout le moins le trouble chez un esprit occidental et l’oblige au minimum à une relecture critique du texte, ou bien le contraint à la mauvaise foi la plus évidente.  </p>



<p>Ainsi en est il de la plus importante de ces thèses, l’apostolat de Mohamed, défini dans les Évangiles comme le Paraclet, le Consolateur, par lequel Dieu s’exprime, et dans le Deutéronome, par le prophète issu des frères d’Israël semblable à Moïse auquel Dieu a mis ses paroles dans sa bouche et qui ne dit que ce qu’il lui commande. </p>



<p>Pourtant c’est là le cœur du problème: les juifs et plus encore les chrétiens, refusent absolument d’admettre les conséquences de leurs propres écritures, à savoir la validité de la mission prophétique de Mohamed en regard des critères qui y sont définis, qu’ils qualifient de <em>«faux prophète»,</em> mais cette appellation exclusive, même si elle est péjorative, ne résout pas leur problème, parce que procédant d’un concept issu de la Bible, elle est en réalité intégrative, et cela définit le noyau de l’inquiétante étrangeté qui définit l’Islam aux yeux des Occidentaux. </p>



<p>La prétention à supplanter Israël, l’ancien (juif) et le nouveau (chrétien), dans l’Alliance avec le divin, procède d’une remise à jour d’une alliance bien plus ancienne, celle établie en amont avec Abraham, que l’Ancien Testament ne peut nullement contester. </p>



<p>Avec le Nouveau Testament les choses sont différentes puisque les Évangiles (plus précisément celui de Matthieu) sont des témoignages et non pas des écrits divins qui évoquent un Jésus Fils de Dieu animé du Saint Esprit qui est mort sur la Croix puis ressuscité pour racheter l’humanité de ses péchés par la grâce divine. </p>



<p>Cette thèse trinitaire est en opposition avec celle du Coran qui après avoir confirmé la naissance miraculeuse issue de la Vierge Marie, dont il prend la défense, définit Jésus fils de Marie comme un prophète saint consolidé par la Saint Esprit qui n’a pas été crucifié, mais qui a été <em>«ascensionné»</em>, et quant à la crucifixion, <em>«ainsi leur en a-t-il semblé»</em>, il ne se serait agi que d’une illusion. </p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;opposition radicale</h2>



<p>Il y a ainsi une opposition radicale entre les Évangiles et la thèse soutenue par le Coran sur la nature du Messie, mais comme l’Eglise depuis le troisième siècle se bat pour définir par ses différents conciles les textes et les points de vue conformes à la <em>«foi véritable»</em> de la doctrine trinitaire, en éliminant tout ce qu’elle définit comme apocryphe, le Christianisme apparaît de plus en plus comme sa création, et ceci ne contribue pas peu à la contestation, et aux querelles .</p>



<p>L’apparition au VIIe siècle de l’Islam est perçue au départ par les chrétiens comme celle d’une nouvelle hérésie issue d’Arius, l’évêque d’Alexandrie dont le point de vue sur les natures différentes du christ et de la vierge Marie avait été condamné par les différents conciles de l’Eglise. </p>



<p>Le Coran s’oppose donc au Judaïsme rabbinique en reprenant les thèses des Prophètes de l’Ancien Testament (Samuel, Isaïe, Jérémie) sur les péchés des enfants d’Israël et leur violation de l’Alliance, à la notable différence que la conséquence en est leur déchéance et la consécration d’une nouvelle alliance élargie aux non juifs, et en cela il est parfaitement en accord avec les écrits de Paul dans le Nouveau Testament. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="CzCXO5KyiM"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/25/lancien-testament-israel-contre-les-incirconcis-aux-origines-de-la-guerre-sainte/">L’Ancien Testament: Israël contre les incirconcis; aux origines de la guerre sainte</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’Ancien Testament: Israël contre les incirconcis; aux origines de la guerre sainte » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/25/lancien-testament-israel-contre-les-incirconcis-aux-origines-de-la-guerre-sainte/embed/#?secret=Yyr7qr9FEV#?secret=CzCXO5KyiM" data-secret="CzCXO5KyiM" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Néanmoins, le Coran se situe en opposition avec les différentes Églises chrétiennes qui toutes s’accordent sur la nature divine du Christ, et il s’accorde avec les thèses soutenues par ceux parmi les juifs qui ayant cru à la fonction prophétique du Messie, excluent sa nature divine et ne croient pas à sa résurrection. </p>



<p>La polémique engagée contre les juifs et les chrétiens est un thème central du Coran qui dans le contexte de l’Arabie de l’époque a de quoi étonner mais ne doit pas faire oublier son opposition fondamentale à l’idolâtrie, identique en cela au monothéisme intransigeant de Moïse. </p>



<p>Le Coran a été révélé en effet dans un contexte d’opposition militaire non seulement aux Juifs de Médine, mais surtout aux Arabes de la Mecque, leurs alliés, dont le polythéisme consacre la position politique et commerciale importante, et la cité est un centre de pèlerinage visité par les représentants des différentes tribus, parfois venus des lointaines régions de l’Arabie. </p>



<p>La confrontation avec le polythéisme mais aussi l’ordre mercantile qui en est issu, vont donc constituer un thème central du Coran et se manifester par des versets traitant de différents thèmes: eschatologie, guerre, louanges, éthique, commandements, rites. </p>



<p>Les versets du Coran sont souvent comparables dans leur teneur, plus rarement leur style, aux écrits de l’Ancien Testament, particulièrement le livre d’Isaïe, mais aussi le Deutéronome, les Psaumes, parfois au Nouveau Testament avec les écrits de Paul ou même l’apocalypse de Jean , avec un usage fréquent de l’anathème, et de l’imprécation qui n’est pas sans rappeler les Livres des Prophètes Samuel ou Jérémie. </p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;appel d&rsquo;Abraham </h2>



<p>Ce sont donc là des écrits qui ne sont pas apocryphes. Néanmoins le Coran prend toujours la défense des Prophètes souvent accusés (par les scribes) dans l’Ancien Testament, des pires méfaits, et cela le situe bien dans la contestation contre le Rabbinat, héritier de la légitimité des prêtres du Temple de Jérusalem, qui a introduit dans le Judaïsme par le biais du Talmud des pratiques issues du polythéisme originaire du royaume d’Israël, comme la divination, la sorcellerie, la cartomancie, ou le culte rendu à d’autres dieux ou déesses (Baal, Ashira, Chekhina), toutes des pratiques formellement interdites par la Loi de Moïse. </p>



<p>Les scribes dans le Coran ne sont pas nommés en tant que tels, ils sont évoqués comme ceux qui écrivent le Livre de leurs propres mains et disent qu’il est de Dieu, ou bien ceux qui l’écrivent pour acheter un vil prix, et cela accrédite la thèse de la falsification du texte de la Bible. </p>



<p>Deux faits sont à signaler: le premier est  la désignation du Messie en tant que Issa qui ne correspond nullement à Jésus ou Yehoshua, mais plutôt à Isaïe, et ceci constitue une énigme; le second est celui de la limitation (par rapport à la Loi de Moïse) des interdits alimentaires, au sang, aux cadavres d’animaux, à ce qui a été consacré à d’autres dieux, et au porc, les trois premiers interdits étant ceux dont le respect a été exigé par les judéo-chrétiens de Jérusalem des païens qui se convertissent à la foi du Christ pour les dispenser de la circoncision. </p>



<p>Les païens s’étaient vu adjoindre une autre exigence, la chasteté, qui n’ayant rien d’une contrainte alimentaire, est probablement une modification issue ultérieurement des scribes de l’Eglise qui n’avaient pas estimé raisonnable l’interdiction du porc, soit pour des raisons pratiques, soit pour supprimer tout interdit évocateur de Loi de Moïse dont Paul de Tarse avait décrété l’abolition. </p>



<p>La caractéristique du Coran est que les différents sujets abordés (louanges, guerres, lois, eschatologie) sont intriqués dans les Sourates, dont seuls quelques versets définissent les thèmes principaux. Mais puisque la raison d’être du Coran se trouve dans un rappel, celui du jugement après la mort et d’une félicité éternelle que seuls ceux qui croient en la prophétie de Mohamed et se conforment à son enseignement atteignent, son caractère répétitif devient compréhensible. </p>



<p>Quelques-uns des rites sont doués d’un sens symbolique fort : la prière est une offrande, mais depuis la destruction du Temple de Jérusalem par les Romains, les sacrifices d’animaux ne sont plus prescrits, les juifs prient en récitant les écritures, et les chrétiens en psalmodiant des prières. </p>



<p>Le jeûne tout comme les lois de la guerre dans le Coran sont ceux auxquels ont été astreints <em>«ceux qui ont précédé»</em>, autrement dit, dans le texte, les anciens Hébreux, ceux de Moïse, Josué, David. </p>



<p>La seule innovation véritable par rapport à la Bible se situe dans la promotion de la Mecque qui supplante Jérusalem en tant qu’orientation pour les prières, et lieu saint pour l’accomplissement du pèlerinage, et ce alors même que l’enceinte de la Kaaba, la maison de Dieu construite par Abraham, est encore le siège d’un culte païen idolâtre, qui disparaîtra avec le triomphe de l’Islam, tout comme cela avait été le cas avec la conquête de Jérusalem par David. </p>



<p>Le Hajj consacre véritablement le caractère prophétique mondial de l’Islam : Abraham a lancé son appel à l’humanité dans le désert vide de toute présence afin qu’elle accomplisse le pèlerinage et à l’époque contemporaine, plus de deux millions de personnes venues des quatre coins du monde y répondent chaque année afin de répéter la grande scène du jugement dernier. </p>



<p>La promotion de la Mecque a des conséquences importantes, l’eschatologie musulmane n’est plus fondamentalement liée à Jérusalem, contrairement aux juive et chrétienne qui lui demeurent étroitement liées; Jérusalem n’est plus que lieu du Masjid Aqsa, destination du voyage nocturne à partir duquel Mohamed est monté aux cieux sur le <em>Bouraq</em>, mais en ce sens, le voyage vers la ville sainte en rêve n’était pas rares chez les prophètes hébreux exilés à Babylone. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Un ordre nouveau</h2>



<p>Alors que pour les Juifs, le Jour du Jugement consacre le rétablissement d’Israël et la destruction des nations ennemies, pour les chrétiens, il s’agit de l’accès à la vie éternelle par la foi en Jésus-Christ et l’avènement de la Jérusalem céleste. En Islam, le Jour du Jugement acquiert un sens physique véritable presque palpable, dont le Coran se fait l’écho tout au long de ses sourates, où chacun rend compte de ses actes devant le tribunal de Dieu, avec la promesse répétée d’une rétribution pour les bons, le paradis éternel, et d’un châtiment pour les mauvais qui ont emprunté la voie de Satan, l’enfer éternel. </p>



<p>Évidemment, les bons sont ceux qui croient en la véracité de la prophétie de Mohamed le sceau des prophètes, celui qui clôt le cycle prophétique, et qui mettent leurs actes en conformité avec les commandements du Coran… qui globalement ne sont autres que ceux, éthiques, de Moïse. </p>



<p>La comparaison entre Mohamed et Moïse s’impose, ce sont tous deux des opposants, des émigrants, des chefs de guerre, des législateurs, et les promoteurs d’un ordre nouveau. Et leur Dieu est le même, celui qui entre autres voue par interdit ses ennemis dans la guerre, ceux qui adorent d’autres dieux. Et tous deux n’ont laissé comme traces de leurs passages que deux corpus considérés comme sacrés. Tous deux se sont vu succéder par des institutions étrangères à l’éthique qu’ils ont prônée: le Temple de Jérusalem pour les uns, et le Califat avec ses clercs  pour les autres, qui a abouti à la Fitna et au schisme, mais il en a été de même avec le Christ et l’Eglise, et la liberté de contester l’ordre établi à l’origine du Judaïsme, du Christianisme, et de l’Islam, a finalement été remplacée par un conformisme se basant sur des accusations d’impiété telles que celle d’hérésie chez les chrétiens, de minime chez les juifs, ou de <em>zandaqa</em> et <em>kofr</em> chez les musulmans. </p>



<p>Si encore on tient rigueur à ces derniers de leur croyance en un jour de la résurrection réelle, pour expliquer leur supposée propension au terrorisme, un phénomène lié aux conjonctures politiques et stratégiques du XXIe siècle dont <em>«on»</em> veut leur faire porter la responsabilité au niveau scripturaire, il n’est qu’à se rendre en Egypte, à Louqsor, à la vallée des Rois, et observer les magnifiques fresques murales qui tapissent les parois de ses tombeaux montrant la pesée des actions du mort sur une balance, à la plume près. </p>



<p>Cela étant, on  réalise  que le Jour du Jugement, c’est une très vieille histoire, dont la négation a d’ailleurs constitué le thème central de la première hérésie religieuse à fondement historique, celle du Pharaon Akhenaton, que d’aucuns (Freud) suspectent d’avoir été l’initiateur de Moïse. </p>



<p>Eu égard à ce précédent égyptien, l’hérésie est donc plutôt ce qui nie la résurrection. Si donc il existe une différence fondamentale entre la Bible et le Coran, c’est la croyance en la réalité <em>«physique»</em> de la résurrection des morts, du Jugement, du Paradis et de l’Enfer, qui la définit. </p>



<p>Cela dit, que les musulmans se soient détournés du temps du prophète Mohamed de Jérusalem au profit de la Mecque n’implique nullement qu’ils aient renoncé aux droits que leur confèrent l’Histoire (en y respectant pendant quatorze siècles les lieux saints des différentes confessions), leur foi issue d’Abraham, les lois internationales, et la présence de leurs lieux saints, sur la ville dont les Israéliens ont fait leur capitale et dont le nationalisme palestinien a fait le symbole de sa lutte pour ses droits nationaux. </p>



<p>En réalité, les accords dits d’Abraham n’ont démontré qu’une chose, l’obstination des gouvernements américain et israélien à exclure de la grande tradition d’Abraham, les musulmans&#8230; tout comme s’était évertuée à le faire pendant des siècles l’Eglise de Rome, avec comme conséquence qu’au XXIe siècle à l’ère du triomphe de la pensée positive et du développement sans précédent de la science, de la technologie, et de l’informatique, victime d’un racisme qui ne se dissimule pas la Turquie se voit refuser l’entrée de l’Europe <em>«parce qu’elle n’en partage pas les valeurs»</em>. </p>



<p>Aujourd’hui les juifs zélotes au pouvoir en Israël (soutenus par des chrétiens protestants anglicans, évangélistes et presbytériens, et même par l’Eglise Catholique depuis Benoît XVI) qui ne respectent pas plus ces mêmes valeurs que l’actuel Etat turc quand jouant sur la carte du nationalisme il transforme l’Église de Sainte Sophie en mosquée, prétendent revendiquer l’occupation du mont des mosquées pour y bâtir un nouveau temple de Salomon qui consacrerait Jérusalem en tant que capitale du monde et annoncerait le Jour du Jugement, mais apparemment ils ne situent plus le sens véritable de la Bible; sinon ils comprendraient qu’à trop vouloir détruire des murailles, ils n’abattent pour autant pas l’Histoire ou le Droit, ni ne s’ouvrent les portes du ciel. </p>



<p>Il y a quelques années, en 2006 exactement, Condoleeza Rice, alors secrétaire d’Etat du président américain Georges Bush, en visite à Beyrouth en pleine guerre sous un déluge de bombes et de destructions frappant la capitale libanaise, avait comparé cela aux douleurs de l’enfantement d’un nouveau Moyen Orient. Elle n’aurait pas pu mieux dire. En effet, cette comparaison est issue de la Bible et évoque les souffrances des juifs dispersés, et elle a été reprise par les premiers chrétiens afin de justifier leurs persécutions annonçant l’avènement du royaume des cieux et de la Jérusalem céleste.</p>



<p>Mme Rice annonçait ainsi à des musulmans un nouveau Moyen Orient ayant Jérusalem pour capitale. Il faut donc comprendre que dans un monde qui s’éloigne de plus en plus de l’éthique des religions monothéistes dans la gestion de son quotidien, la symbolique du sacré demeure un référent extrêmement puissant, même et surtout dans le champ politique. C’est peut être le destin du Coran de constituer à Jérusalem l’ultime pierre d’achoppement sur laquelle viennent se briser les dominations les plus puissantes qui promeuvent la raison mercantile et écrasent l’être humain.</p>



<p><em>* Médecin de libre pratique. </em> </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/08/le-coran-de-la-mecque-a-jerusalem-un-digest-pas-plus-apocryphe-que-la-bible/">Le Coran : de la Mecque à Jérusalem, un «digest» pas plus apocryphe que la Bible</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Le Nouveau Testament : de la religion d’amour au commerce du salut des âmes</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Jan 2023 07:19:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Jésus-Christ était un réformiste qui voulait rompre avec l’ordre ancien, celui dominé par la tradition juive et les prêtres du temple,</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/01/le-nouveau-testament-de-la-religion-damour-au-commerce-du-salut-des-ames/">Le Nouveau Testament : de la religion d’amour au commerce du salut des âmes</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Jésus-Christ était un réformiste qui voulait rompre avec l’ordre ancien, celui dominé par la tradition juive et les prêtres du temple, du moins jusqu’à un certain point, et il n’a pas hésité pour ce faire à donner sa vie.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-5894020"></span>



<p>L’<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/25/lancien-testament-israel-contre-les-incirconcis-aux-origines-de-la-guerre-sainte/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ancien Testament</a> conte les aventures des prophètes et de leurs familles depuis la Création du Monde (environ 5700 avant l’ère universelle selon le calendrier hébraïque) jusqu’à Abraham, dont le pacte avec Yahvé constitue le point de départ des pérégrinations des enfants d’Israël jusqu’à la destruction du Temple de Jérusalem, à leur déportation, puis à leur retour et à sa reconstruction.</p>



<p>Le Nouveau Testament relate la vie et la mort du Messie appelé en grec Christ, selon les Évangiles dits synoptiques parce que presque identiques des écrits&nbsp; transmis à partir des témoignages de deux de ses apôtres, Matthieu,&nbsp;et Jean, et deux leurs disciples, Marc et Luc. Ils comprennent également des écrits de Saül de Tarse, plus connu chez les chrétiens sous&nbsp;le nom de Paul.</p>



<p>Ces témoignages sont sélectifs puisque seuls ceux qui ont été jugés conformes au Saint Esprit, par l’Église Chrétienne, ont été jugés dignes de figurer dans le texte canonique; les autres ont été éliminés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le terreau de la foi chrétienne</h2>



<p>Le Nouveau Testament constitue le terreau de la foi chrétienne et il demeure nécessaire de comprendre en quoi il diffère de l’Ancien, afin de savoir si le christianisme constitue au moment de son apparition une religion véritablement nouvelle, ou s’il s’agit d’un développement collatéral du judaïsme ainsi que tendent actuellement à le laisser penser nombre de théologiens juifs et chrétiens, pour des raisons essentiellement politiques.</p>



<p>Dès le départ, le changement d’ambiance est radical entre les deux livres. Dieu se met en retrait et c’est désormais le Messie qui agit et qui parle, et en même temps, Satan dont on n’entendait presque jamais parler dans l’Ancien Testament, passe au premier plan, intervenant dans des évènements clés du récit, qui est peuplé de démons qu’il faut exorciser, et les références au jour du jugement sont fréquentes.</p>



<p>Mais le commentaire allégorique du Messie relativement&nbsp; au non respect du jeûne imposé par la religion de Moïse donne déjà le ton; il y est dit qu’on ne peut pas faire du vin nouveau avec du vieux, et qu’on ne peut pas rapiécer un tissu usé par du neuf. Autrement dit, on ne peut pas apporter un enseignement nouveau en usant&nbsp;de normes anciennes.&nbsp;</p>



<p>Néanmoins beaucoup de citations issues de l’Ancien Testament, particulièrement le livre du prophète Esaïe,&nbsp;prétendent justifier l’enseignement du Messie. Mais pour être considérés comme identiques, les Évangiles n’en comportent pas moins de sérieuses différences. Ainsi en est-il de la naissance (fantastique) du Messie et de l’hommage des rois mages, de la mission du prophète Jean Le Baptiste, de la foule haineuse selon Marc réclamant la mort qui se dit prête à ce que le sang du Messie rejaillisse sur sa tête et celle de ses enfants, et plus sérieusement de la qualification fondamentale, que seul Mathieu encore rapporte, de Simon en tant que rocher (Pierre) sur laquelle reposera l’Église dont les choix lieront dans cette vie-ci, et dans l’au-delà.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Messie face à ses contradicteurs</h2>



<p>D’autre part, malgré le caractère spectaculaire des miracles qu’il opère, le Messie se révèle généralement soucieux de faire respecter une certaine discrétion, sans grand succès d’ailleurs, et c’est uniquement dans l’Evangile de Jean que cette préoccupation n’apparaît pas.</p>



<p>Mis à part cela, les faits dont le théâtre se situe généralement en Galilée sont rapportés de façon répétitive : sermons aux foules de plus en plus nombreuses avec usage de paraboles, transfiguration, miracles répétés avec guérisons d’aveugles, de sourds, de lépreux, d’épileptiques, ressuscitation de morts, exorcismes de toutes sortes dont l’un aboutit au saut d’un troupeau de porcs dans un ravin, et qui confirme qu’en Galilée, au moins, tout le monde n’était pas juif.</p>



<p>Les sermons sont émaillés de questions pernicieuses posées par les pharisiens, qui sont des juifs observants, et par les sadducéens, les prêtres du Temple de Jérusalem qui, pas si curieusement que cela, ne croient pas à la résurrection des morts. Leur but est de démontrer que le Messie n’observe pas la Loi de Moïse et menace l’ordre romain. Et dans les deux cas, il est passible de mort. En réalité, les prêtres du Temple craignent une révolte de la population juive contre Rome, conduite par ce personnage sur lequel ils n’ont aucune prise, qui en mettant fin à l’ordre établi, abolirait leurs privilèges.</p>



<p>Mais, c’est le récit de Jean qui se révèle le plus complet relativement à la teneur de la controverse opposant le Messie à ses contradicteurs. Celui-ci prétendant parler en tant que fils de Dieu, relativise l’importance du Shabbat et donc de la l’observance de la Loi juive, et n’hésite pas à traiter avec des personnes jugées impures telles que la prostituée qui le parfume, ou la samaritaine dont il boit l’eau, rompant ainsi un autre interdit. Il sauve une femme adultère qui devait selon la Loi être lapidée, aucun membre de l’assistance ne prétendant ne jamais avoir péché, et lui pardonne. Il résume la loi de Moïse par un verset&nbsp; du Deutéronome : aime Dieu de toutes tes forces, de tout ton cœur,&nbsp;de toute ton âme, et aime ton prochain comme toi-même. Enfin, et c’est sans doute cela qui pèsera lourd, il affirme que l’alliance avec Dieu est ouverte à tous les humains et n’est plus l’apanage du seul Israël.</p>



<h2 class="wp-block-heading">«<em>Je suis venu apporter non la paix mais l’épée»</em></h2>



<p>C’est alors que le Messie est arrêté en pleine nuit, loin de la&nbsp;foule de ses partisans, pour être interrogé par le Grand Prêtre qui, face à ses réponses provocatrices relativement à la prétention d’être le roi des juifs, l’inculpe&nbsp;de blasphème, et il est alors agressé, presque lynché, par les serviteurs du Temple.</p>



<p>Puis les récits divergent; Luc prétend qu’il a été adressé au roi Hérode qui par dérision le fait revêtir d’un habit somptueux avant d’être dirigé vers le gouverneur Romain Ponce Pilate avec l’accusation de rébellion&nbsp;contre Rome, celui-ci ayant seul le pouvoir de prononcer la peine de mort par crucifixion. Le gouverneur, après l’avoir interrogé, n’est pas convaincu de sa culpabilité mais il se soumet aux injonctions de la foule travaillée par les agents du Temple réclamant l’exécution.</p>



<p>Finalement, Jésus est crucifié et son corps est enterré dans une grotte par un fidèle qui en a obtenu la restitution par les Romains. Trois jours après, des femmes de son entourage venues se recueillir trouvent la grotte ouverte et une ou deux personnes d’allure étrange, des&nbsp;anges,&nbsp;leur affirment qu’il est vivant. Et le soir, le Messie réapparaît devant ses fidèles réunis, leur parle et même mange&nbsp;avec eux. Il réapparaîtra au moins deux autres fois selon l’Evangile de Jean avant de disparaître.</p>



<p>Tout ceci avait été annoncé aux disciples, l’arrestation, le jugement, la crucifixion, et la résurrection, mais le fait est là, seuls ses disciples ont témoigné de sa résurrection. Et ordre leur a été donné d’en répandre la parole, forts de l’appui du Saint Esprit, mais aussi celui futur du Paraclet dont la venue était annoncée et attendue.</p>



<p>Qui est le Paraclet, le Consolateur ? Celui au travers duquel le verbe de Dieu est prononcé, et qui sans doute réhabilite en la défendant la mémoire du Messie, accusé par les autorités du Temple d’être un fou, un démon, et dont la mère a eu la réputation ternie en tant que Vierge par une campagne de diffamation.</p>



<p>Le prophète Mohamed aura ainsi beau jeu de réciter le Coran, la parole de Dieu, et de prendre la défense du Messie et de la Vierge&nbsp;Marie.</p>



<p>Dans ce drame, les grands absents sont évidemment la majorité des apôtres, ceux qui n’ont pas trahi. Juda l’Iscariote est accusé d’avoir livré son maître au Temple, par cupidité, ou par jalousie, ou sous l’emprise du Diable, et Pierre de le renier trois fois avant que le coq ne chante. Quant aux autres, ils n’ont rien fait pour s’opposer au cours des choses, ne serait-ce que verbalement. Et la foule si nombreuse de leurs partisans n’a pas été rameutée pour libérer leur Maître. Le lendemain, c’en est une autre, criant sa haine et réclamant&nbsp;la mort, qui scellera le destin de l’homme qui se disait fils de Dieu.</p>



<p>Mais prétendre que le Messie fut un pacifiste ne serait pas conforme à la réalité. Ainsi ne dit il pas: «<em>Je suis venu apporter non la paix mais l’épée»</em> ? Ne dit-il pas alors que sa famille vient lui rendre visite : <em>«Je n’ai pas de famille; ma famille, ce sont ceux qui entendent ce que je dis et en prennent acte»</em>. Et n’a-t-il pas dit: <em>«Je suis venu mettre la division entre un homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle fille et sa belle mère»</em>?</p>



<p>Il était donc un réformiste qui voulait rompre avec l’ordre ancien, celui dominé par la tradition juive et les prêtres du temple, du moins jusqu’à un certain point, et il n’a pas hésité pour ce faire à donner sa vie.</p>



<p>Fait notable, s’il a condamné le divorce, il n’a jamais dénoncé la polygamie, ni d’ailleurs l’esclavage, et il a même prôné le respect de l’inégalité des salaires.&nbsp; Mais une fois le Messie disparu, l’opération du Saint Esprit commence. Paul de Tarse, un juif ancien persécuteur des chrétiens et converti à la suite d’une vision, diffuse la parole chez les incirconcis grecs. Lui qui prétend qu’avec le Messie il n’y a plus ni juifs, ni grecs, ni circoncis, ni incirconcis, ni maîtres, ni esclaves, ni hommes, ni femmes, n’hésite pas à reprendre le point de vue de Sarah, la femme d’Abraham, selon lequel Ismaël, le fils de son mari, et son aîné, n’héritait pas parce qu’il était né d’une esclave, Agar.</p>



<p>En reprenant un thème juif qu’il ne reconnaît pas,&nbsp;Paul inspire ainsi la position de rejet radicale des chrétiens vis-à-vis du futur islam (qui persiste à ce jour), au moment même où citant l’exemple de Melchisedek consacrant Abraham, il reconnait&nbsp; la légitimité de la mission prophétique née en dehors du cadre juif, ce qui en plus de son caractère exalté, lui vaut partout où il va des procès intentés par la communauté juive, et même des tentatives d’assassinat. Pourtant c’est bien l’avènement de la Jérusalem céleste au Jour du Jugement, certes sans le Temple, qu’il prêche.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La Multinationale du Salut</h2>



<p>Une autre des curiosités de Paul&nbsp;est la question des interdits alimentaires que la communauté de Jérusalem veut imposer aux païens&nbsp;devenus chrétiens : le sang, les cadavres d’animaux, les animaux sacrifiés sur des autels consacrés à d’autres dieux, et la chasteté.</p>



<p>L’intrus dans les interdits alimentaires, c’est évidemment la chasteté. Quand on constate qu’il s’agit des mêmes interdits, le porc en moins, repris plus tard par l’islam, on peut supposer qu’une main furtive, celle des scribes chrétiens, se soit une nouvelle fois manifestée, pour modifier les Ecritures dans un sens déterminé, et qu’à l’origine, il s’agissait bien d’interdire la consommation de porc chez les nouveaux convertis chrétiens non juifs, conformément à ce qu’enseigne la Loi de Moïse.</p>



<p>Apparemment, qu’on eût dispensé les nouveaux convertis de circoncision n’avait pas été jugé suffisant. Quant à Simon Pierre, le rocher, il meurt à Rome, crucifié la tête en&nbsp;bas.</p>



<p>Après la destruction du Temple de Jérusalem par les Romains en 70 de l’ère universelle, son fac similé voit le jour, une Multinationale du Salut qui à Rome,&nbsp; Alexandrie, Antioche, et Carthage, va exercer une emprise sur les esprits en décidant ce qu’il est licite de croire de ce qui ne l’est pas, et dont le pouvoir sera démultiplié lorsque les empereurs romains embrasseront&nbsp;la foi chrétienne. Elle&nbsp; se nommera Eglise, et ses adversaires la qualifieront parfois de Grande Prostituée.</p>



<p>Ainsi la grande révolte contre le Temple de Jérusalem au nom de la liberté d’interprétation des Ecritures  par l’Homme, menée par le Messie, a-t-elle été conduite vers une voie de garage, en donnant naissance à une structure plus répressive disposant de l’appui et des ressources de l’Empire Romain. Tout était à refaire. L’heure du Paraclet avait sonné.    </p>



<p>* <em>Médecin de pratique libre.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="7sE9GD2je7"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/25/lancien-testament-israel-contre-les-incirconcis-aux-origines-de-la-guerre-sainte/">L’Ancien Testament: Israël contre les incirconcis; aux origines de la guerre sainte</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’Ancien Testament: Israël contre les incirconcis; aux origines de la guerre sainte » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/25/lancien-testament-israel-contre-les-incirconcis-aux-origines-de-la-guerre-sainte/embed/#?secret=hZjeUvNAkF#?secret=7sE9GD2je7" data-secret="7sE9GD2je7" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>L’Ancien Testament: Israël contre les incirconcis; aux origines de la guerre sainte</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Dec 2022 07:57:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
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		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le jihad est il une création de l’islam ou plutôt du judaïsme qui lui est bien antérieur ?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le jihad est il une création de l’islam et un témoin de sa propension irrépressible à la violence? On ne peut répondre à cette question sans comparer les textes sacrés judéo chrétiens, à ceux musulmans.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia </strong>*</p>



<span id="more-5814650"></span>



<p>Mohamed avait respecté les vies et les biens quand, à la tête de son armée, il était entré dans la Mecque, la cité idolâtre qui l’avait combattu pendant dix ans souvent avec succès. Josué avait,&nbsp;en pénétrant dans Jéricho après un tremblement de terre, exterminé toute la population et seule une prostituée avait été épargnée, et cet acte n’était pas demeuré isolé lors de la conquête de la terre promise.</p>



<p>Pourtant il est indéniable que le sang ait occupé&nbsp;une place centrale dans la doctrine monothéiste dans son ensemble, en tant qu’attribut sacré. La Bible évoque dès le départ un Dieu,Yahvé, anthropomorphe digne des récits grecs ou hindous. Il a créé le monde en six jours, ainsi que le confirme le Coran, qui a omis de dire qu’il s’était reposé le septième. En créant la lumière, il en a apprécié les effets. C’est déjà admettre qu’à l’instar de l’homme, il se fatigue, et qu’il n’évalue pas à l’avance les effets de sa création. Mais dès la création de l’être humain, à son image, ainsi qu’il est précisé, il décide que ce dernier a la primauté dans l’univers, qu’il est son représentant, ou mieux encore, son substitut, avant même qu’il n’ait été expulsé de l’Eden.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’apanage du sang</h2>



<p>Dans le même temps, Dieu décrète l’apanage du sang à son profit et c’est une décision importante car elle interdit à l’être humain de le faire couler en dehors des conditions qui lui auront été spécifiées. Autrement dit, elle institutionnalise et codifie&nbsp;le Sacrifice. Ce faisant, la vie tant humaine qu’animale, devient&nbsp;d’emblée sacrée. Mais le jardin de l’Eden est mis à la disposition de l’Homme, Adam, et parce qu’il s’y ennuie, la femme est créée à partir de l’une de ses côtes. Pourquoi côte ? Peut-être justement parce qu’il s’agit d’un os, qu’il ne contient pas de sang, et que l’homme disposant de 24 côtes, il pourrait tout aussi bien avoir à sa disposition autant de&nbsp; femmes, et c’est peut être là une justification de la polygamie que la bible ne condamne jamais.</p>



<p>Mais voilà, la femme d’Adam est <em>«séduite»</em> (?) par le serpent, elle convainc son mari d’enfreindre l’interdit, et tous deux goûtent le fruit de l’arbre interdit, celui de la Connaissance, et tous deux ont aussitôt conscience de leur nudité, et acquièrent ainsi le sens moral, qu’ils ne possédaient pas en désobéissant. Et ils sont chassés du paradis, non pas parce qu’ils ont désobéi, mais parce que Dieu ne veut pas qu’ils goûtent à l’arbre de Vie, qui en leur faisant acquérir l’immortalité, ferait d’eux ses égaux.</p>



<p>Cependant, le sens moral va être mis à rude épreuve. Cain&nbsp;tue son frère Abel sans autre raison que la jalousie, et les fils de Dieu (on apprend ainsi qu’il en possède) s’unissent aux filles des humains et les géants qui en naissent emplissent le monde de corruption et de mal. Dieu décrète alors le déluge et anéantit la création, ne sauvant parmi les humains et les animaux que ceux qui s’étaient réfugiés sur l’Arche de Noé, ce bateau de bois insubmersible qui, après 14 mois de pérégrinations, accoste sur le mont Ararat.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La séparation des groupes humains</h2>



<p>Mais voilà on apprend que les humains en ces temps-là vivaient plusieurs siècles et que Noé avait plus de neuf cents ans. Mais la surprise ne s’arrête pas là. Noé, tout homme de Dieu qu’il soit, s’enivre&nbsp;un jour, expose&nbsp;ses parties intimes et s’endort. Deux de ses fils le couvrent de leurs manteaux mais à son réveil, apprenant ce qui s’est passé, il déverse on ne sait pour quelle raison son courroux sur Canaan, un enfant de son fils Cham qu’il maudit et&nbsp;condamne à être l’esclave des esclaves&nbsp;de ses frères. Or Cham est noir, ainsi que tous les spécialistes de la Bible (en hébreu) le savent, et souvent le dissimulent.</p>



<p>Le sort des Cananéens est alors d’emblée scellé, ils deviendront les esclaves des enfants d’Israël auxquels ils seront&nbsp;condamnés à ne jamais se mêler. Ainsi est née la séparation institutionnalisée dans la Bible entre les groupes humains. Mais voilà qu’Abram, cet habitant monothéiste d’Ur, en Irak, émigre un jour sur une injonction divine transmise par un songe, en terre de Canaan. Il épouse Saraï, une très belle femme, mais n’en a pas d’enfants. A la suite d’une famine il émigre en Egypte mais recommande&nbsp;à sa femme de prétendre qu’il n’est que son frère. Celle-ci est alors enlevée par un seigneur égyptien ignorant qu’elle était mariée, mais Dieu intervient et le tourmente en rêve, et il est obligé de la restituer à son époux.</p>



<p>Ce récit ne reflète que le peu d’estime en lequel le narrateur dans la Bible (le scribe) tient les prophètes d’une manière générale. Abram, qui deviendra Abraham&nbsp;(le père de la matrice), se révèle selon cette version un menteur, un dissimulateur, qui n’a aucun sens de l’honneur, au point d’être prêt à sacrifier sa propre épouse. Malgré cela, Dieu lui apparaît en personne à l’âge de 99 ans, alors que son fils Ismaël avait 13 ans, et conclut avec lui l’alliance, celle de faire croître&nbsp;sa postérité et de lui accorder le pays tantôt situé entre l’Euphrate et le Nil, tantôt sur les terres des peuples de Canaan. Et la circoncision vient sceller cette alliance.</p>



<p>Pourquoi cet honneur? Parce qu’Abraham a obéi à l’ordre de sacrifier son aîné Ismaël. Mais au moment de l’exécution, un bélier lui a été substitué. Cependant l’écrivain de la Bible, avec qui il faut aussi compter, sans doute un prêtre lévite, intervenant&nbsp;dans le récit, attribue cet honneur au second fils d’Abraham, Isaac, alors que, ainsi qu’il en est souvent fait mention, seuls les aînés sont consacrés de droit à Dieu dans la littérature biblique.</p>



<p>Ceci fournit évidemment des renseignements précieux sur la personnalité du narrateur de la Bible, sur ses intentions ainsi que les motifs purement idéologiques sous-tendant son récit, celui d’attribuer l’exclusivité de la légitimité de l’alliance à Isaac et à ses enfants, qui deviendront les enfants d’Israël. Mais l’entreprise de démolition des prophètes directement ou à travers leurs familles ne s’arrête pas là. Loth, qui avait fui les homosexuels des villes de Sodome et Gomorrhe, détruites par une tempête de feu et de soufre, est accusé d’avoir eu des rapports incestueux avec ses filles, certes à son corps défendant. Isaac s’est rendu chez les Philistins mais une nouvelle fois, la dissimulation de la qualité de mari qui semble être devenue une tradition dans la famille lui a valu l’enlèvement de sa femme Rebecca par le roi, et une fois encore, c’est l’intervention divine qui lui a permis de retrouver son épouse. Cela ne l’a pas empêché de réussir dans les affaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le rôle du sacrifice</h2>



<p>Jacob (Israël) est accusé d’avoir subtilisé (acheté) le droit d’aînesse&nbsp;à son frère Esaü, puis d’avoir obtenu la bénédiction de son père au prix d’une véritable escroquerie. Il est également accusé de s’être indûment enrichi aux dépens de son beau-père grâce à une sélection (génétique) des bêtes de son troupeau, mais lui-même&nbsp;avait été victime d’une escroquerie, lors de la nuit des noces, on lui avait substitué son épouse Rachel par sa sœur&nbsp;Léa. Ses fils (Juda) massacrent les habitants de la ville de Sichem qui pourtant avaient accepté de se faire circoncire, parce que l’une des&nbsp;sœurs, Dina, avait été enlevée par l’un des habitants de la ville qui avait déclaré vouloir l’épouser. Puis Joseph est abandonné par ses frères dans un puits et il est vendu comme esclave à l’un des officiers du Pharaon.</p>



<p>Dans tout le récit c’est uniquement Joseph qui paraît avoir eu la rectitude et la probité morales qui siéent&nbsp;aux prophètes, du moins aux yeux du scribe et compte tenu de ses intentions. Mais c’est avec le prophète Moïse (auquel Dieu s’est révélé sous le nom d’Eternel), sa confrontation avec Pharaon, et l’exode dans le désert, que l’armature politique, administrative, juridique, et militaire de l’Etat Hébreu se construit, et son pivot est bien évidemment l’Arche de l’Alliance à l’intérieur du Tabernacle, où officient&nbsp;en grande pompe les Lévites, autrement dit les sacrificateurs, qui jouent aussi le rôle d’une autorité de santé publique et d’hygiène.</p>



<p>Entre holocaustes, offrandes, libations, actions de grâce, actions propitiatoires, consécrations, purifications, expiation, culpabilité, le sacrifice joue un rôle économique important et occasionne un transfert des richesses incessant dont la caste sacerdotale bénéficie en officiant aux cérémonies.</p>



<p>En réalité les Lévites constituent l’armature politico-administrative de la théocratie créée par Moïse, et même parfois, sa police politique; quand il s’agit de liquider les adorateurs du Veau d’Or, ce sont eux qui se chargent de la besogne.</p>



<p>Le plus inattendu est quand même, en plein désert du Sinaï, le luxe étalé dans le tabernacle et le cérémonial véritablement royal méticuleusement préparé avec force détails qui y prévaut. On a du mal à penser que Dieu qui avait interdit toute représentation, sculpture, image, humaine&nbsp;ou animale, ait exigé de Moïse une œuvre d’orfèvre telle que deux chérubins (anges) en or se faisant face et deux trompettes en argent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’inégalité des sexes</h2>



<p>Le second sujet d’étonnement en dehors des richesses en possession des Hébreux dans le désert après la sortie d’Egypte est la taille du cheptel qui permet quotidiennement des holocaustes de grande ampleur. Comment faisaient-ils pour le nourrir en plein désert ? Et comment 600.000 personnes se nourrissaient-elles en dehors des miracles de la manne et des fontaines jaillissant des rochers?&nbsp;Et cela s’accompagne d’un code civil et pénal consacrant l’inégalité entre les homme et les femmes, structuré et centré autour des contraintes de la purification et de la sanctification, où la peine de mort frappe les meurtriers, ceux qui ne sacrifient pas chez les prêtres, qui ne célèbrent pas le Shabbath, ainsi que les homosexuels, les zoophiles, les auteurs d’adultères, et d’incestes.</p>



<p>Le régime libéral accordé aux esclaves qui avaient la possibilité d’être libérés après sept années de service et qui ne devaient pas être maltraités, doit cependant être noté; les Hébreux se souvenaient&nbsp;qu’ils avaient été esclaves chez les Égyptiens, chose que les sionistes semblent aujourd’hui avoir oubliée. Mais tout ceci suscite des résistances de plus en plus vives parmi le peuple, excédé par les pérégrinations sans fin dans le désert (40 ans) et qui ne semble pas prêt de vouloir combattre les peuples de la Terre Promise.</p>



<p>Les Hébreux sont vindicatifs face à l’autorité de Moïse et son frère Aaron, promu au rang de Grand Sacrificateur, et les massacres de rebelles ne sont pas rares, avec évidemment la sanctification divine. Aussi quand ils arrivent au Moab, en bordure de la terre de Canaan, ils n’hésitent pas à entretenir des relations illicites avec les femmes et les filles idolâtres, et à sacrifier aux idoles, des crimes punis de mort dans la législation de Moïse, imposant une épuration de grande ampleur parmi les contrevenants aux lois empêchant le peuple saint de se mêler aux idolâtres. Mais très vite ils se heurtent militairement aux peuples de l’Est du Jourdain qui refusent de leur céder le passage vers la Terre Promise, et ces derniers sont&nbsp; alors <em>«voués par interdit»</em> au Dieu éternel d’Israël, c’est-à-dire qu’ils sont massacrés, seules les filles vierges qui n’ont pas connu d’hommes sont épargnées, et pour cause, elles seront les épouses des guerriers <em>«saints»</em>. Leurs terres, leur bétail, leurs biens sont saisis, et une part en est accordée aux Lévites, les prêtres, qui eux ne combattent pas et sont voués aux charges sacrificielles ainsi qu’à l’entretien du tabernacle sacré.</p>



<p>Le modèle de l’extermination</p>



<p>Ainsi qu’il est dit, si les peuples conquis ne sont pas chassés, ils demeureront comme une épine dans les yeux et un fouet&nbsp;dans les côtes des enfants d’Israël. C’est ce modèle, celui de l’extermination et de la ségrégation, qui prévaudra&nbsp;lors de la conquête du Canaan, et la ville de Jéricho&nbsp;en constitue le célèbre exemple. Il sera plus tard une source d’inspiration aux puissances coloniales chrétiennes et aux sionistes.</p>



<p>On aura beau dire des conquêtes arabo-musulmanes, elles n’ont jamais donné lieu à des massacres de civils, à des déplacements de populations modifiant le caractère ethnique des pays, et à la ségrégation, entre conquérants et conquis.</p>



<p>Quant aux enlèvements de femmes par droit de conquête ou plus largement des lois divines, les Arabo-musulmans avaient évidemment de qui tenir, et il suffit d’avoir la patience de lire la Bible pour le réaliser. Mais la rupture véritable par rapport au Coran, outre les insinuations et les accusations malveillantes contre les prophètes, c’est l’absence totale de toute préoccupation relative à une vie après la mort, au paradis ou à l’enfer. S’il se préoccupe de l’au-delà, le scribe narrateur de la Bible ne le dit pas.</p>



<p>Mais qui est le scribe de la Bible ?&nbsp;Sans doute pas un Egyptien, dont la religion fait la part belle à l’au-delà, mais une personne très au fait des lois des pays de la région, dont celui disposant d’une tradition juridique depuis celles de Hammourabi est sans aucun doute Babylone.</p>



<p>Quant à l’hostilité manifeste&nbsp; aux prophètes, elle ne refléterait que celle de l’establishment politico-administratif contre tout tribun populaire d’opposition. Et cet establishment depuis la mort de Josué, le conquérant de Canaan, s’est étoffé, au point d’englober désormais des juges dont certains deviennent prophètes au gré des circonstances. Et il faut dire que depuis la conquête de Canaan, l’Etat unitaire nomade de Moïse regroupé autour du tabernacle s’est mué en une confédération lâche de tribus se répartissant le territoire et englobant les différents peuples autochtones qui n’ont pas été exterminés par les envahisseurs, et ils sont nombreux. Et beaucoup d’Hébreux se sont fondus dans les populations locales idolâtres et en ont adopté les cultes et les coutumes, transgressant ainsi les règles strictes de séparation instaurées depuis le temps de Moïse.</p>



<p>Un état de guerre larvé s’est ainsi instauré avec les Philistins, les Ammonites, les Moabites, les Amalécites, les Madianites, de plus en plus menaçants, et la voix du divin s’est de nouveau faite entendre par l’intermédiaire des Juges pour mobiliser les Hébreux contre les ennemis. Ainsi en a-t-il été de la juge Deborah, pourtant une femme à laquelle la religion n’accorde pas les mêmes droits que les hommes, et Abimalek qui s’était proclamé Roi à Sichem, déclenchant une véritable guerre civile qui lui fut fatale.</p>



<p>Mais le récit biblique a toujours tendance à mettre en exergue le rôle néfaste des femmes, à l’instar de Dalila qui trahit le juge Samson, ou la concubine du Lévite&nbsp;qui fut décapitée par son mari après avoir été violée par des membres de la tribu de Benjamin. Accusée d’être responsable de l’assassinat, cette tribu hébreue est d’abord exterminée, et ses survivants ne peuvent la reconstituer qu’en enlevant des jeunes filles d’une autre ville, Silo.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un nouvel acteur, le peuple</h2>



<p>Ainsi l’époque des Juges met en lumière la nécessité pour les Hébreux de disposer d’une autorité centralisatrice susceptible de les unir politiquement et religieusement face à leurs adversaires internes et externes; autrement dit un Roi. Et c’est le juge Samuel, pourtant un prophète, qui est obligé de tenir compte de la décision d’un nouvel acteur, le peuple, d’avoir à sa tête un roi, contre la volonté de Dieu. Quant au choix de ce roi, c’est toujours au juge prophète qu’il est attribué, et Samuel nomme Saül, qu’il soumet à l’onction (par de l’huile), et cette cérémonie de l’onction sera pratiquée par les rois chrétiens. Ainsi la volonté du peuple est respectée mais seulement dans une certaine mesure.</p>



<p>Cependant&nbsp;la volonté populaire n’est quand même pas ignorée; c’est elle qui décide de ne pas punir Jonathan qui avait pourtant enfreint la Loi en mangeant, le jour où l’ensemble de l’armée avait fait vœu de jeûner.</p>



<p>L’Etat Hébreu marque déjà de son empreinte les futures institutions politiques occidentales, dont la légitimité populaire constitue une part essentielle; il marque même les choix de leurs symboles; la fleur de Lys des rois de France en sera empruntée.</p>



<p>Cependant c’est avec le roi David et la conquête de Jérusalem que l’Etat Hébreu s’accomplit pleinement, et quoique David soit l’aimé de Dieu, sa décision d’effectuer le dénombrement de la population est attribuée à Satan, qui jusque-là ne s’était pas manifesté, sans doute parce qu’elle déplait aux sacrificateurs, qui se sentent désormais menacés de devoir rendre des comptes sur leurs activités. Et Salomon construit le Temple, la maison de Dieu, en réduisant 150.000 <em>«étrangers»</em>, probablement aux travaux forcés, dans les carrières de pierres et le transport. L’intérieur du temple est revêtu de bois de cèdre du Liban, et d’or.</p>



<p>Ainsi avec cet étalage de luxe et la présence de sculptures représentant des créatures ailées (les chérubins), le Temple apparaît il plus proche d’un lieu de culte Grec, Romain, Mésopotamien, ou Perse, que du dépouillement monothéiste d’un Dieu sans représentation humaine ni animale, qui ordonne à son peuple de prêter et de ne jamais emprunter. Mais on n’en est pas à un paradoxe près…</p>



<h2 class="wp-block-heading">Fonction prophétique et volonté royale</h2>



<p>Le Roi David, lui même prophète, est accusé d’enlever la femme d’Uri, et d’envoyer son mari au combat dans une mission de sacrifice où celui-ci se fait tuer, et sa fille Tamar est victime d’un viol commis par son propre frère Amnon. Salomon épouse des princesses idolâtres, dont une Egyptienne, auxquelles dans un esprit de tolérance il accorde le droit de pratiquer leurs propres cultes, en dépit de l’interdiction formelle de la religion de Moïse. Après la mort de Salomon le Royaume Hébreu se scinde en deux Etats: Juda au sud, constitué d’une seule tribu&nbsp;et qui donnera son nom aux juifs, de religion mosaïque, et Israël au nord dont les habitants sont les israélites et dont les rois adoptent les religions idolâtres des peuples voisins et vénèrent les veaux d’or, les dieux Baal et Astarté. Cela s’accompagne d’atrocités dans les familles royales, telles celles commises par Jéhu nommé roi et couronné par la volonté du prophète Elisée, de guerres incessantes entre les deux royaumes, de guerres contre les voisins, ou bien encore contre les puissances régionales, Egypte, Assyrie, Babylone, peuples de Syrie, et même Ethiopiens.</p>



<p>Naturellement, dans de telles conditions la fonction prophétique, souvent en opposition avec la volonté royale, prend une importance cruciale, et certaines femmes, telles Hulda, y acquièrent reconnaissance et autorité. Certaines prophéties attirent l’attention, telle celle de Michée, annonçant qu’un esprit du mensonge se charge d’induire en erreur 400 prophètes, afin de provoquer la mort du Roi Achab, qui encourt le courroux de Dieu. Le Roi Joas fait assassiner le prophète Zacharie qui dénonçait certains de ses manquements.</p>



<p>Néanmoins, les relations entre le Roi et les autorités du Temple, les sacrificateurs, deviennent parfois difficiles, et le Roi Osias est empêché de sacrifier&nbsp;des animaux lui-même dans le saint des saints parce que&nbsp;les grands prêtres s’y opposent.</p>



<p>Ainsi&nbsp;se dessinent les futurs conflits dans la chrétienté entre le divin et le séculier dans ce que l’on nommera la querelle des investitures qui opposera l’Eglise et l’Empereur, et conduira à la séparation des pouvoirs. Mais les prémisses du christianisme apparaissent déjà lorsque les règles strictes de la pureté ne sont pas imposées par le Roi Ezéchias lors d’un sacrifice public dans le Temple.</p>



<p>Finalement le dernier Roi de Juda Sédécias,&nbsp;est pris, aveuglé après avoir vu ses enfants égorgés, et il est déporté à Babylone avec 10.000 de ses compatriotes. Et après le retour d’exil, ordonné par le Roi de Perse Cyrus qui inspirera peut-être plus tard Lord Balfour, Esdras le scribe et Néhémie le gouverneur, des sionistes avant l’heure, créent un dominion sous le protectorat d’une grande puissance, la Perse, reconstruisent le Temple de Jérusalem et imposent des règles strictes de séparation sexuelle, entre les immigrés de retour de Babylone&nbsp;et les gens du pays; tout ceci s’effectue désormais sans l’habituelle consultation de la divinité par le biais des prophètes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un communautarisme juif agressif</h2>



<p>L’épisode de la Reine Esther marque l’apparition d’un communautarisme juif agressif qui se manifeste depuis lors chaque année à la fête du Pourim.&nbsp;</p>



<p>Quant à l’histoire de Job, elle donne lieu à des spéculations d’ordre philosophique sur le sens de la destinée humaine dignes de la pensée grecque d’Alexandrie. Mais c’est à partir des&nbsp;Psaumes qu’on commence à percevoir une éthique qui jusque-là était à l’arrière-plan de l’enseignement de Moïse, la croyance en un jour du jugement dont on n’avait pas entendu parler, et une ferveur dans l’adoration du divin, qui dépasse le cérémonial sacrificiel. On y évoque les notions morales jusque là inconnues de droiture, de probité, de correction, de piété, mais son objet est centré autour du retour à Jérusalem, et bien qu’une grande partie en soit attribuée au Roi David il est probable que sa rédaction, au moins en partie, soit postérieure au premier exil; une imprécation contre Babylone&nbsp;afin que ses enfants aient les crânes fracassés, rappelle qu’en dépit des envolées lyriques, les comptes n’ont pas encore été remis à zéro.</p>



<p>Dans les proverbes, ce sont des conseils qui sont énoncés dans les relations avec le prochain qui font partie de la sagesse et de la bienséance, avec une hostilité marquée pour les femmes <em>«étrangères»</em>; l’heure est plus que jamais à la ségrégation, en particulier sexuelle.</p>



<p>Enfin, l’Ecclésiaste représente le point de vue sur la vie d’un adepte du stoïcisme, et cela laisse en deviner une origine ou une influence grecque. Le livre d’Esaïe rempli d’imprécations contre Babylone, l’Assyrie, Moab, Ammon, Edom, et même tous les peuples chez qui les juifs sont dispersés (une justification à l’antisémitisme), annonce le prochain divorce entre le sacrifice rituel et la vertu inspirée par la foi, et le jour du Jugement transparaît, même s’il ne s’agit encore que de la prise et de la destruction de Jérusalem, ou bien la revanche d’Israël sur les nations écrasées dans la vallée de Josaphat.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La rédemption et le retour à Sion</h2>



<p>Quant au livre de Jérémie, il préfigure véritablement les thèses du Coran; il étale tous les péchés des juifs, leurs manquements à la Loi, des sacrifices de leurs enfants sur les autels des idoles empruntées aux peuples voisins, jusqu’aux meurtres des prophètes (Zacharie, Uri) en passant par les faux prophètes, et les destructions des livres sacrés. Mais tout cela tourne autour de la rédemption et de la promesse&nbsp;du retour à Sion après 70 années d’exil à Babylone. L’ombre du Messie se profile, <em>«un homme à la parole douce qui n’élève pas la voix»</em> selon le texte, un rameau de Juda, celui qui, il faut le deviner, ramènera le peuple élu à Jérusalem, et ce n’est là nullement le messie chrétien ni l’envoyé de Dieu musulman. Jérémie pour dire la vérité est accusé de collaboration avec les envahisseurs babyloniens; c’est encore là une occasion de porter un mauvais coup à la fonction prophétique.</p>



<p>Le livre d’Ezéchiel commence par la vision d’une créature effrayante d’airain et de feu, instrument de la punition divine qui est la mort; elle se poursuit par un anathème contre les faux prophètes, les <em>«nations»</em> qui adorent les idoles, les incirconcis de chair mais aussi de cœur, des imprécations contre Jérusalem et Samarie, qualifiées de prostituées pour s’adonner au culte des idoles.</p>



<p>Samarie? En effet, jusqu’à ce jour, les Samaritains ne reconnaissent pas l’autorité de Jérusalem, leur lieu de culte se situe à Sichem, et non pas à Jérusalem, et les juifs ne les aiment pas.</p>



<p>Ezéchiel&nbsp; le prophète fait&nbsp;par ailleurs l’apologie de la rectitude, de la droiture, et de l’éthique, et conclut par une autre vision, celle du Temple de Jérusalem reconstruit dans lequel officient les Lévites, mais sans les Prophètes, dont visiblement les services ne sont plus requis.</p>



<p>Ainsi, le culte des Hébreux, d’abord éthique rédigé sur les tables de la Loi détruites ou perdues de Moïse, s’est il mué en cérémonies de sacrifices dans le tabernacle transporté par les Lévites de place en place, jusqu’à son installation définitive dans le Temple de Jérusalem qui devient ainsi la résidence de l’Eternel, ainsi qu’il se prénomme. Et quand le Temple est détruit et pillé, c’est Jérusalem qui devient elle-même l’objet de l’adoration des exilés affermie par l’espoir du retour.</p>



<p>Les textes attribués aux prophètes varient-ils&nbsp; entre&nbsp;malédictions et punitions contre ceux qui violent l’alliance, et promesses de leur pardon par un Yahvé doté de sentiments propres à l’être humain, surprenants pour une divinité, tel celui du repentir.</p>



<p>La main du scribe de la Bible, assénant un coup fatal à la légitimité des prophètes, n’est pas étrangère à leur occultation finale.&nbsp;Durant l’exil, la prophétie évolue&nbsp;:&nbsp;elle est désormais porteuse de visions oniriques de créatures terrifiantes; elle évoque un jour du jugement des nations, une fin des temps; elle insiste sur la piété et la rectitude; et elle convainc une autorité étrangère à priori hostile dont elle obtient la collaboration.</p>



<p>Après le retour d’exil et la reconstruction du Temple on a désormais besoin d’administrateurs, de juges et de prêtres, et les prophètes ont moins d’utilité dans l’établissement de la vérité, et la contestation de l’ordre établi, d’autant que la collaboration de l’autorité politique est acquise.</p>



<p>L’accusation de l’altération des textes sacrés, proférée par les musulmans contre les scribes juifs a ainsi sans aucun doute ce qui la justifie. Qui a écrit la Bible? On ne peut pas prétendre que l’Ancien Testament se soit préoccupé avant tout d’éthique et de considérations morales. Les récits du déluge, du jardin d’Eden, et de la tour de Babel sont empruntés à la littérature mésopotamienne. Ceux de l’exil en Egypte et en Mésopotamie sont dénués de preuves matérielles pour les confirmer. Le faste décrit dans le Temple est celui d’un grand empire, et les cérémonies des sacrifices peuvent être gréco-romaines ou mésopotamiennes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des enjeux idéologiques et politiques</h2>



<p>Les dates admises par les spécialistes pour sa rédaction vont du VIIIe&nbsp;au IIIe&nbsp;siècle avant l’ère universelle, mais évidemment, les enjeux idéologiques et politiques entourant le sujet imposent la prudence. Les nombreux faux manuscrits de la mer Morte sont là pour le rappeler.</p>



<p>Les exégètes de la Bible ne sont ni chinois ou hindous, ni musulmans, mais judéo-chrétiens, et c’est tout dire. Il semble s’agir d’un texte remanié au fur et à mesure&nbsp;des évènements.</p>



<p>Pourquoi les scribes, sans doute issus des prêtres sacrificateurs de Yahvé, ont-ils fait œuvre de <em>«mémoire»</em> depuis l’antiquité en compilant et en remaniant un texte selon les besoins du moment avec une vision très particulière où eux seuls se permettent de porter des accusations et des jugements sur les prophètes et les rois, tout en rendant intelligibles les intentions divines?</p>



<p>Les prétentions politiques du clergé d’un temple au nom de son autorité religieuse et de la nature particulière de sa foi (monothéiste et indifférente à l’au-delà) sont des motifs plausibles, mais insuffisants; les juifs de la diaspora (Alexandrie, Antioche, Rome) étaient en effet bien plus nombreux que ceux demeurés sur le territoire de Canaan, qui n’ont jamais constitué la majorité de la population; ils n’y furent jamais qu’une communauté parmi d’autres.</p>



<p>En réalité, on a l’impression par la rédaction d’un livre qu’il s’agit d’obtenir la reconnaissance de régimes juridiques particuliers auprès de la puissance occupante du moment, et durant l’antiquité, les gréco-romains étaient bien ceux qui étaient les plus soucieux de lecture, de connaissance, de culture, et les plus ouverts à la discussion. Il y a bien eu la Bible d’Alexandrie traduite en grecque, et les Romains ont fini par reconnaître aux juifs des privilèges, comme être dispensés du culte de César, faire le Shabbat, respecter leurs règles culinaires, pratiquer leur culte, partout où ils se trouvent.</p>



<p>Sans l’occupation grecque puis romaine de la Palestine, on peut légitimement se demander s’il y eût eu une Bible, et conséquemment, un Coran. Néanmoins l’un des effets, inattendu pour les rédacteurs de la Bible, a été la perpétuation de la contestation de l’autorité du Temple de Jérusalem, d’essence prophétique, appelée messianisme, qui a finalement, contre le texte sacré, abouti au christianisme, ou au nom de la restauration du texte dans sa lecture originelle, à l’islam.&nbsp;</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/25/lancien-testament-israel-contre-les-incirconcis-aux-origines-de-la-guerre-sainte/">L’Ancien Testament: Israël contre les incirconcis; aux origines de la guerre sainte</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Ces charlatans cathodiques bigots du chiffre d’or !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 May 2020 11:24:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[bigoterie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une vidéo circule régulièrement parmi les islamistes, et tous les ans particulièrement à l’occasion du mois de ramadan, mois des charlatans cathodiques, pour impressionner le croyant et «courtiser» le mécréant afin de le ramener sur le droit chemin; faisant appel à des «scientifiques» et à des «mathématiciens» pour marquer les esprits faibles… en jonglant avec...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/05/Carrelages.jpg" alt="" class="wp-image-297194"/></figure>



<p><strong><em>Une <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.facebook.com/belhouari.hicham/videos/10219193878090051/" target="_blank">vidéo</a> circule régulièrement parmi les islamistes, et tous les ans particulièrement à l’occasion du mois de ramadan, mois des charlatans cathodiques, pour impressionner le croyant et «courtiser» le mécréant afin de le ramener sur le droit chemin; faisant appel à des «scientifiques» et à des «mathématiciens» pour marquer les esprits faibles… en jonglant avec les chiffres pour expliquer que rien n’est produit du hasard, que tout obéit à des formules mathématiques, preuve de l’existence d&rsquo;un dieu !</em></strong></p>



<p>Par <strong>Rachid Barnat</strong></p>



<span id="more-297192"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/08/Rachid-Barnat.jpg" alt="" class="wp-image-109886"/></figure></div>



<p>Depuis les pharaons et les amérindiens de l’île de Pâques, jusqu’aux 3 religions monothéistes (judaïsme, christianisme, islam), l’homme a toujours cherché à justifier sa religion et <a rel="noreferrer noopener" href="https://latroisiemerepubliquetunisienne.blogspot.com/2013/10/la-religion-creation-divine-ou-creation.html" target="_blank">prouver l’existence de son dieu !</a> </p>



<p>Les <em>«religieux»</em> ont tenté d’expliquer le monde par des formules mathématiques, plus logiques donc plus rationnelles, pour saisir le mystère de la création, donner un sens à leur religion et, par conséquence, fournir des preuves de l’existence de leurs dieux !</p>



<h3 class="wp-block-heading">Impressionner le croyant pour mieux le dominer</h3>



<p>Les juifs recourent à la kabbale pour affirmer par les chiffres que le monde obéit à un créateur; puisqu’on a pu démontrer que le nom <a rel="noreferrer noopener" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/YHWH" target="_blank">Yhwh</a>, miracle des chiffres, est pile au milieu du texte de la Torah avec le même nombre de lettres avant depuis le début du texte, qu’après, jusqu’à la fin du texte !<br>Les chrétiens ont trouvé le <a rel="noreferrer noopener" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nombre_d'or" target="_blank">nombre d&rsquo;or</a> et la <a rel="noreferrer noopener" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Suite_de_Fibonacci" target="_blank">suite de Fibonacci</a> reprise par Blaise Pascal pour expliquer par les chiffres la logique de la création qui obéit à un plan divin mais surtout pour expliquer le beau qui obéit à des règles que perçoit inconsciemment l&rsquo;œil de l&rsquo;homme.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/05/Chiffre.jpg" alt="" class="wp-image-297193"/><figcaption><em>La somme des diagonales ascendantes du triangle de Pascal forme la suite de Fibonacci.</em></figcaption></figure></div>



<p>Et les musulmans, pas en reste, ont repris ces «travaux» pour dire que la Kaaba obéit à une règle préétablie par Allah pour y ériger sa maison; puisque son emplacement obéit aux règles découvertes par les juifs et les chrétiens ….</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les bigots du chiffre d’or et leurs abrutis</h3>



<p>En réalité, l’esprit humain, qui apprécie la beauté, s’est rendu compte qu’elle est le produit d’équilibres et de proportions harmonieuses, obéissant à des chiffres donc reproductibles que les artistes peintres et sculpteurs ont adoptés pour magnifier leurs œuvres !Mais cela justifie-t-il pour autant toutes ces religions ? D’autant que chacune revendique «sa» vérité et «son» dieu comme étant l’unique créateur à l’exclusion des autres religions et de leurs dieux.</p>



<p>Toutes ces religions ont cru avoir raison. Certaines ont cru devoir faire la guerre aux autres et revendiquer l’élimination physique de ceux qui n’adhéreraient pas à leur foi ni à leur croyance. Ce qui est le cas des islamistes, dont le <a rel="noreferrer noopener" href="http://latroisiemerepubliquetunisienne.blogspot.com/2012/07/le-wahhabisme-systeme-politique.html" target="_blank">wahhabisme</a> ne tolère aucune autre croyance !</p>



<p>Si le croyant est si sensible à ces démonstrations du beau, pourquoi n’en appliquerait-il pas les règles dans sa vie quotidienne ? Et pour commencer, lors de la construction de sa propre maison?</p>



<p>Comment expliquer toute l’anarchie en matière de construction immobilière et la <a rel="noreferrer noopener" href="https://latroisiemerepubliquetunisienne.blogspot.com/2017/06/le-bonheur-comme-uvre-dart.html" target="_blank">vilenie de tant de quartiers défigurés</a> par ces constructions anarchiques dans les pays musulmans ? Sans goût, aux couleurs horribles, n’obéissant à aucune<em> «règle du beau»</em> et n’ayant souvent même pas un plan d’architecture élémentaire ?!</p>



<p>Et cela, alors que leurs aïeux avec moins de moyens, <a rel="noreferrer noopener" href="https://latroisiemerepubliquetunisienne.blogspot.com/2014/06/au-secours-jerba-se-meurt.html" target="_blank">construisaient souvent plus sobrement</a> et plus esthétiquement * ? Comment expliquer que des <a rel="noreferrer noopener" href="https://latroisiemerepubliquetunisienne.blogspot.com/2019/09/raf-raf-beau-raf-raf-quont-ils-fait-de_19.html" target="_blank">sites naturellement beaux</a> ** deviennent un cloaque pour constructions anarchiques ?</p>



<p>Alors, au lieu de croire tous les charlatans pour justifier dieu, qu’ils appliquent les chiffres d’or à leurs demeures pour embellir leur quartier, leur ville et par-delà, leur pays ! Ils honoreront ainsi encore mieux Allah qu’ils disent beau, aimant le beau; plutôt que de s’abrutir dans une bigoterie stérile ou de croire aux chiffres magiques que leur assènent ces charlatans !</p>



<p>Les pharaons avec leurs calculs astronomiques ont permis l’érection de pyramides et de temples gigantesques, grâce auxquels ils ont «apprivoisé» le soleil, jusqu’à calculer avec précision l’arrivée d’un rayon du soleil lors des équinoxes d’été et d’hiver, pour éclairer, une fois l’an, un dieu ou déesse au fin fond d’un temple. Cette volonté d’impressionner le croyant par le savoir vise à mieux le dominer!</p>



<p><a href="https://latroisiemerepubliquetunisienne.blogspot.com/2020/05/esoterisme-et-religions_1.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Blog de l’auteur. </strong></a></p>



<p><em>* Djerba, Sidi Bou Said …<br>** Raf Raf …</em></p>
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		<item>
		<title>Kasserine : Saisie de manuscrits à valeur archéologique en hébreu,  introduits illégalement de Libye</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Jul 2019 16:25:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[hebreu]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La brigade de recherches et d’investigations relevant de la garde nationale a saisi hier, mardi 30 juillet 2019, 6 manuscrits en hébreu. Les 2 trafiquants d&#8217;objets archéologiques les ont illégalement importés de Libye. Les 2 individus ont été interceptés à Thala (Kasserine) où ils comptaient revendre cette pièce archéologique qui a finalement été transmise à...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/07/31/kasserine-saisie-de-manuscrits-a-valeur-archeologique-en-hebreu-introduits-illegalement-de-libye/">Kasserine : Saisie de manuscrits à valeur archéologique en hébreu,  introduits illégalement de Libye</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/07/Kasserine-manuscrits-hebreu.jpg" alt="" class="wp-image-229903"/></figure>



<p><strong><em>La brigade de recherches et d’investigations relevant de la garde nationale a saisi hier, mardi 30 juillet 2019, 6 manuscrits en hébreu. Les 2 trafiquants d&rsquo;objets </em></strong><strong><em>archéologiques</em></strong> <strong><em>les ont illégalement importés de Libye.</em></strong></p>



<span id="more-229897"></span>



<p>Les 2 individus ont été interceptés à Thala (Kasserine) où ils comptaient revendre cette pièce archéologique qui a finalement été transmise à l&rsquo;Institut national du patrimoine (INP), qui le remettra à l&rsquo;institution libyenne où il a été volé.</p>



<p>Le ministère public a ordonné la mise en détention des deux suspects et de poursuivre l&rsquo;enquête pour mettre la main sur d&rsquo;éventuels complices.</p>



<p style="text-align:right"><strong>Y. N.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/07/31/kasserine-saisie-de-manuscrits-a-valeur-archeologique-en-hebreu-introduits-illegalement-de-libye/">Kasserine : Saisie de manuscrits à valeur archéologique en hébreu,  introduits illégalement de Libye</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Ben Arous : Saisie d’un manuscrit archéologique en hébreu (photos)</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2019/04/04/ben-arous-saisie-dun-manuscrit-archeologique-en-hebreu-photos/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Apr 2019 17:24:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[archéologie]]></category>
		<category><![CDATA[Ben Arous]]></category>
		<category><![CDATA[hebreu]]></category>
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		<category><![CDATA[trafic]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un manuscrit en hébreu, finement ciselé de fils d&#8217;or, a été saisi aujourd’hui, jeudi 4 avril 2019, par les agents de la garde nationale de Ben Arous, qui a arrêté 4 individus pour trafic d’objets archéologiques. Le ministère public a ordonné la mise en détention des suspects, âgés de 32 à 67 ans, et l’enquête...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/04/04/ben-arous-saisie-dun-manuscrit-archeologique-en-hebreu-photos/">Ben Arous : Saisie d’un manuscrit archéologique en hébreu (photos)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-205105" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/04/mansucrit-hébreu.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p><em><strong>Un manuscrit en hébreu, finement ciselé de fils d&rsquo;or, a été saisi aujourd’hui, jeudi 4 avril 2019, par les agents de la garde nationale de Ben Arous, qui a arrêté 4 individus pour trafic d’objets archéologiques.</strong></em><span id="more-205101"></span></p>
<p>Le ministère public a ordonné la mise en détention des suspects, âgés de 32 à 67 ans, et l’enquête se poursuit, indique le colonel Houssemeddine Jebabli, porte-parole de la garde nationale.</p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-205106" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/04/Mansucrit-étoile-David.jpg" alt="" width="500" height="304" /></p>
<p>Le manuscrit saisi contient 18 pages dont 17 ciselées de fil d’or et une écrite à l’encre noire, ajoute la même source.</p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-205107" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/04/BA-livre-hebreu.jpg" alt="" width="500" height="304" /></p>
<p>Selon les premiers éléments de l&rsquo;enquête le manuscrit provient de la Libye et les trafiquants comptaient la revendre à quelque collectionneurs.</p>
<p>Le ministère public a ordonné la remise de la saisie à l&rsquo;Institut national du patrimoine (INP).</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Y. N.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/04/04/ben-arous-saisie-dun-manuscrit-archeologique-en-hebreu-photos/">Ben Arous : Saisie d’un manuscrit archéologique en hébreu (photos)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Patrimoine: Vers la création d&#8217;un musée du judaïsme tunisien</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2018/06/12/patrimoine-vers-la-creation-dun-musee-du-judaisme-tunisien/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[emna benabdallah]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Jun 2018 11:02:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Bardo]]></category>
		<category><![CDATA[judaïsme]]></category>
		<category><![CDATA[juifs]]></category>
		<category><![CDATA[musée]]></category>
		<category><![CDATA[Selma Elloumi Rekik]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Youssef Chahed et Salma Elloumi-Rekik au pèlerinage de la Ghriba 2018. Des juifs français d&#8217;origine tunisienne œuvrent pour la création d&#8217;un musée à Tunis pour mettre en valeur le patrimoine culturel des juifs tunisiens. Cette initiative a été lancée par les membres de l’Association internationale pour la sauvegarde du patrimoine culturel des juifs de Tunisie (AISPCJT) suite...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/06/12/patrimoine-vers-la-creation-dun-musee-du-judaisme-tunisien/">Patrimoine: Vers la création d&rsquo;un musée du judaïsme tunisien</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-152139" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/05/Chahed-Elloumi-Ghriba-2018.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Youssef Chahed et Salma Elloumi-Rekik au pèlerinage de la Ghriba 2018.</em></p>
<p><em><b>Des juifs français d&rsquo;origine tunisienne œuvrent pour la création d&rsquo;un musée à Tunis pour mettre en valeur le patrimoine culturel des juifs tunisiens.</b></em><span id="more-159154"></span></p>
<p>Cette initiative a été lancée par les membres de l’Association internationale pour la sauvegarde du patrimoine culturel des juifs de Tunisie (AISPCJT) suite à une rencontre tenue, l&rsquo;année dernière, avec Selma Elloumi-Rekik, ministre du Tourisme et de l&rsquo;Artisanat.</p>
<p>Le but de ce projet est de faire découvrir aux touristes, aux juifs et aux musulmans tunisiens et étrangers, le patrimoine culturel judaïque dont regorge la Tunisie, où le judaïsme s&rsquo;est implanté depuis plus de 2000 ans. Cette longue histoire des juifs tunisiens n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas relatée dans les manuels scolaires tunisiens. d&rsquo;où l&rsquo;intérêt de ce projet de musée.</p>
<p>«<em>Nous travaillons depuis juillet dernier mais n’avons pas encore tranché la question de la forme concrète que prendra le musée. Il pourrait s’agir d’un département dédié au patrimoine juif au sein d’un musée national, comme celui du Bardo</em>», a expliqué la présidente de cette association, Lucette Valensi, historienne de son état, au journal français « <a href="https://www.la-croix.com/Religion/Judaisme/juifs-Tunisie-veulent-valoriser-leur-patrimoine-2018-06-12-1200946389"><em>La Croix »</em></a>, aujourd&rsquo;hui, mardi 12 juin 2018.</p>
<p>Les juifs français d&rsquo;origine tunisienne se réuniront ce soir, à 17 heures, au Musée d&rsquo;art et d&rsquo;histoire du judaïsme (MAHJ), à Paris, pour discuter des derniers développements de ce projet.</p>
<p>«<em>Il ne s’agit pas encore d’apporter des objets ou des documents, mais de fiches indiquant leur nature et leur provenance, et d&rsquo;une photographie</em>», précise l&rsquo;invitation envoyée au journal français.</p>
<p>Notons qu&rsquo;à l&rsquo;heure actuelle, le Maroc est le seul pays de l&rsquo;Afrique du Nord à avoir mis en place un musée consacré au judaïsme. En 1997, le roi Mohammed VI avait inauguré ce musée situé au quartier casablancais de l&rsquo;Oasis.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>E. B. A.</strong></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="u74eqxKVvv"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2016/05/28/pour-un-musee-du-patrimoine-judaique-tunisien/">Pour un musée du patrimoine judaïque tunisien</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Pour un musée du patrimoine judaïque tunisien » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2016/05/28/pour-un-musee-du-patrimoine-judaique-tunisien/embed/#?secret=U3tESnGdi0#?secret=u74eqxKVvv" data-secret="u74eqxKVvv" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="pBg7pyebtX"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/29/tunisie-commemoration-de-la-rafle-des-juifs-de-tunis-en-1942/">Tunisie : Commémoration de la rafle des juifs de Tunis en 1942</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Commémoration de la rafle des juifs de Tunis en 1942 » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/29/tunisie-commemoration-de-la-rafle-des-juifs-de-tunis-en-1942/embed/#?secret=sbQaN81wQw#?secret=pBg7pyebtX" data-secret="pBg7pyebtX" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/06/12/patrimoine-vers-la-creation-dun-musee-du-judaisme-tunisien/">Patrimoine: Vers la création d&rsquo;un musée du judaïsme tunisien</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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