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	<title>Archives des libéralisme - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des libéralisme - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>La génération Z est-elle moins chanceuse que celle des baby-boomers ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/22/la-generation-z-est-elle-moins-chanceuse-que-celle-des-baby-boomers/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Nov 2025 09:49:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quelle Tunisie et quel monde la génération des Baby-boomers, née autour des années 1950, lègue-t-elle à la génération Z actuelle ?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/22/la-generation-z-est-elle-moins-chanceuse-que-celle-des-baby-boomers/">La génération Z est-elle moins chanceuse que celle des baby-boomers ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le cycle de la vie est tel que </em></strong><strong><em>chaque génération hérite des rêves et des désillusions de la précédente et chaque génération doit bâtir sur les ruines de la précédente. Quelle Tunisie et quel monde la génération de l’auteur, née autour des années 1950, lègue-t-elle à la génération Z actuelle&nbsp;?</em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p><strong>Sadok Zerelli </strong>*</p>



<span id="more-17957706"></span>



<p>Quand on atteint un certain âge, pour ne pas dire un âge certain, on a beaucoup de temps pour se poser des questions d’ordre métaphysique auxquelles on n’aurait jamais pensé quand on avait 30 ou même 50 ans, telles que&nbsp;: d’où je viens ? où je vais&nbsp;? qu’ai-je fais de ma vie&nbsp;? aurais-je pu mieux faire&nbsp;? etc.</p>



<p>Parmi les questions qui me trottent quelquefois dans la tête figure la suivante&nbsp;: <em>si j’avais le choix, aurais-je préféré être né en 1950 et faire partie de ma génération qu’on appelle les «baby-boomers» ou aurais-je préféré être né un demi-siècle plus tard soit vers l’an 2000 et faire partie de ce qu’on appelle la génération «Z» (et non pas Zut comme disait notre Président&nbsp;!)&nbsp;?</em><em></em></p>



<p>Sachant que chaque génération a son lot de défis, de rêves et de désillusions, je partage ci-dessous quelques réflexions que m’inspirent cette question, qui ne prétendent nullement être objectives (chacun ou chacune aura sa réponse en fonction de son vécu) ni faire le tour d’un tel sujet qui se situe sur la frontière entre la sociologie, la philosophe et la psychologie sociale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La génération des <em>«baby-boomers» </em></h2>



<p>Ma génération née autour de 1950, qu’on appelle les <em>«baby-boomers»</em> par référence au boom démographique qui a suivi la fin de la deuxième guerre mondiale, aujourd’hui à la retraite ou proches de l’être, a eu la chance de vivre dans un monde en pleine expansion, un monde qui croyait encore au progrès, à l’ascension sociale, à un avenir toujours meilleur.</p>



<p>Nous avons largement bénéficié de la rencontre des idées de deux hommes qui ont joué des rôles-clés dans la réussite nos vie, l’économiste anglais John Maynard Keynes et le président Habib Bourguiba.</p>



<p>Le premier, dans un célèbre ouvrage publié en 1936 (<em>Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie)</em> a révolutionné la pensée économique en préconisant, contrairement à l’école néo-classique dominante à l’époque, l’intervention de l’Etat pour corriger les distorsions du marché par le recours à des investissements publics massifs, quitte à les financer par le recours au déficit budgétaire, et la redistribution de revenus grâce à une fiscalité progressive.</p>



<p>Ses idées ont été appliquée avec succès dans tous les pays occidentaux et se sont traduites par ce qu’on appelle encore aujourd’hui avec nostalgies, les «<em>trente glorieuses</em>», soit une trentaine d’années (environ de 1950 au début des années 1980, soit jusqu’à l’arrivée au pouvoir du duo conservateur Thatcher/Reagan respectivement en GB et aux USA qui ont mis fin à cette politique économique et l’ont remplacée par la mondialisation) durant lesquelles ces pays ont connu une croissance économique continue, le plein emploi et une amélioration significative des niveaux de vie et du bien-être général.</p>



<p>Le président Bourguiba, comme beaucoup de leaders de l’époque, a aussi mis en œuvre, probablement sans en connaître l’auteur, les idées keynésiennes de relance de l’activité économique par le lancement de grands travaux d’infrastructures et de la création de pôles de développement régionaux (raffinerie de pétrole à Bizerte, aciérie à Menzel Bourguiba, usine de cellulose à Kasserine, sucrerie à Béja, etc.) et de redistribution des revenus en faveur des classes sociales à faibles revenus qui ont, comme Keynes l’explique<em>, une propension marginale à consommer </em>beaucoup plus élevée que celle des riches, ce qui engendre selon la théorie keynésienne un «<em>effet multiplicateur</em>» des investissements plus grand, une croissance économique plus élevée et un chômage plus faible.</p>



<p>Toujours est-il que pour nous, les enfants de cette génération issus pour la plupart de familles pauvres et nombreuses, cette politique s’est traduite par une scolarité gratuite, des fournitures scolaires souvent gratuites aussi et quelquefois même une prise en charge totale par l’Etat dans les internats des lycées, ainsi que des bourses pour effectuer des études universitaires.</p>



<p>Mais c’est l’avènement de l’indépendance en 1956, grâce à Bourguiba, qui a été le plus bénéfique pour ma génération. En effet, le départ massif des Français qui s’en est suivi a laissé un tel vide dans les administrations et les entreprises qu’il suffisait d’avoir le moindre diplôme pour être recruté et faire une longue carrière.</p>



<p>C’est ainsi que personnellement et à titre d’exemple, avec une simple maîtrise en sciences économiques obtenue en 1972, j’avais le choix entre intégrer la BCT, l’UBCI ou l’ex-ministère du Plan, pour décider finalement de n’accepter aucune offre d’emploi et partir en France pour effectuer des études de troisième cycle et surtout en profiter pour découvrir le monde.</p>



<p>Il faut dire qu’à cette époque, il n’y avait ni visa Schengen, ni risque de VIH-Sida, ni attentats terroristes et qu’à cause du plein emploi régnant partout en Europe, il était très facile de trouver des jobs d’étudiants tels que réceptionniste dans un hôtel ou veilleur de nuit dans une station-service pour survivre sans avoir besoin d’une bourse de l’Etat ou de recevoir de l’argent de sa famille.</p>



<p>Bref, ma génération a passé sa jeunesse dans un monde qui se relevait, un monde où tout semblait à faire, à découvrir, à conquérir.</p>



<p>C’était le temps des luttes contre le colonialisme et l’impérialisme, de l’émancipation des peuples et l’égalité entre les femmes et les hommes, de la révolution sexuelle… C’était le temps où le progrès technologique signifiait d’abord confort, santé, mobilité. Ainsi, ma génération a connu la télévision triomphante, l’arrivée de l’électroménager, la conquête spatiale, les débuts de l’informatique, puis du numérique.</p>



<p>Sur le plan professionnel, nos études ouvraient sur des métiers stables, un salaire régulier, une retraite garantie. Même ceux qui, à l’époque, vivaient modestement pouvaient espérer mieux pour leurs enfants.</p>



<p>Certes, ma génération n’a pas vécu dans un paradis. Nous avons affronté des crises, telle que la crise pétrolière des années 1973, des révolutions sociales telles que la «<em>la révolte du pain</em>» en 1984, des procès politiques pour les plus politiquement engagés contre la monopolisation du pouvoir par Bourguiba.</p>



<p>Le progrès n’a pas tout réglé. Mais il a permis d’espérer, de construire, d’essayer. Les carrières étaient longues, souvent monotones, mais elles existaient. Le chômage n&rsquo;était pas une épée permanente. Les retraites étaient solides. La société, même imparfaite, offrait une structure, un socle, un espace vital pour construire une vie familiale.</p>



<p>La génération Z</p>



<p>La génération Z est celle qui est née entre le début des années 1990, début du phénomène de la mondialisation, et les années 2010, plus exactement avant l’avènement de la crise de 2008, souvent appelée «<em>crise des surprimes</em>», dans un monde dominé sur le plan de la pensée économique par les idées néo-libérales de l’économiste monétariste américain Milton Friedman, conseiller économique de Ronald Reagan.</p>



<p>Cette crise était la plus grave depuis celle de 1929 et s’est traduite par la faillite de plusieurs grandes banques internationales, l’effondrement de la croissance économique mondiale et l’explosion du chômage <em>(pour un aperçu sur l’histoire de la pensée économique, voir mon article publié dans Kapitalis intitulé : </em><strong><em><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/18/quel-modele-de-developpement-economique-pour-la-tunisie-de-kais-saied/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Quel modèle de développement économique pour la Tunisie de Kais Saïd ?</a>).</em></strong></p>



<p>A cause des conséquences de cette crise, la génération Z a grandi, étudié et travaille — ou cherche à le faire — dans un contexte de fragmentation constante. L’information est partout, mais la cohérence nulle part. L’avenir est au bout des doigts, mais instable comme une connexion Wifi.<strong><em></em></strong></p>



<p>La révolution numérique lui offre certes une liberté quasi illimitée — mais avec une solitude accrue, un culte de la performance, une exposition permanente au regard social. Le prix de la liberté, c’est souvent le doute et l’épuisement.<strong><em></em></strong></p>



<p>Cette génération a moins de sécurité matérielle, mais plus de conscience critique et de libertés individuelles (identité, genre, expression, mobilité).<strong><em></em></strong></p>



<p>Elle vit dans la crise perpétuelle : climatique, économique, politique, sanitaire. Elle doit jongler entre des diplômes de plus en plus exigeants et un marché du travail de plus en plus précaire. Elle hérite d’un monde en surchauffe, fracturé, endetté. Un monde qu’elle doit «<em>réparer</em>» alors même qu’elle cherche à «<em>se réaliser</em>».<strong><em></em></strong></p>



<p>Ce que nous avons bâti matériellement, ils le questionnent. Ce que nous avons sécurisé socialement, ils le vivent comme fragile. Ce que nous avons cru durable, ils le voient en ruine. <strong><em></em></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le mea-culpa de ma génération</h2>



<p>Bien que n’ayant jamais occupé poste de responsabilité dans une administration ou une entreprise quelconque, ayant eu une carrière d’enseignant universitaire suivie par celle de consultant international, je me dois de présenter au nom de toute ma génération un mea-culpa pour toutes les erreurs de décisions commises que la génération Z doit réparer ou en payer le prix.<strong><em></em></strong></p>



<p>Nous avons souvent confondu le «<em>mieux vivre</em>» avec le «<em>plus avoir</em>» et nous avons trop souvent vécu sous le masque des apparences. C’était à qui construisait la plus belle villa à El Menzah ou à Hammamet, roulait dans la plus belle voiture, portait les vêtements les plus chics, etc.<strong><em></em></strong></p>



<p>Nous avons cru que la croissance économique pouvait tout résoudre et nous avons confondu confort et bonheur, technologie et sagesse.<strong><em></em></strong></p>



<p>Nous avons bâti une société de fausse abondance sans voir qu’elle consommait les maigres ressources du pays et détruisait l’environnement. <strong><em></em></strong></p>



<p>Nous laissons des mers et des plages polluées, comme à Gabès, Sfax etc., des forêts détruites, un climat déréglé, et des inégalités régionales et sociales plus profondes qu’avant.<strong><em></em></strong></p>



<p>Nous devons l’humilité d’admettre que notre modèle de développement n’était pas durable.<strong><em></em></strong></p>



<p>Sur le plan politique, ma génération a volé votre révolution de 2011, en a confisqué les fruits et vous laisse un système où le manque de liberté n’a d’égal que l’incertitude de l’avenir. <strong><em></em></strong></p>



<p>Et maintenant, vous, la génération Z, devez avancer dans un univers sans repères fixes et réparer les dégâts que nous avons causés à notre chère Tunisie par notre aveuglement, notre égoïsme sans limites et notre soif de consommation et de monopole du pouvoir.<strong><em></em></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le mot de la fin</h2>



<p>Ma génération a connu la montée en puissance du monde matériel, la génération Z vit l’épuisement du modèle. Ma génération a bâti, la génération Z doit réparer. <strong><em></em></strong></p>



<p>Si j’ai un conseil à donner à la génération Z je dirai ceci&nbsp;: ne rejetez pas tout ce que nous avons été et prenez ce qu’il y a eu de bon – la solidarité, la curiosité, l’ambition – et transformez-le.<strong><em></em></strong></p>



<p>Vous êtes la génération du doute, mais aussi celle de la vérité, le miroir de nos erreurs, mais aussi peut être la promesse de notre rédemption.<strong><em></em></strong></p>



<p>Chaque génération hérite des rêves et des désillusions de la précédente et chaque génération doit bâtir sur les ruines de la précédente, a<em>insi va le monde&nbsp;!</em><strong><em></em></strong></p>



<p>* <em>Economiste universitaire et consultant international.</em> </p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="tCtUEXvfGb"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/04/le-crepuscule-des-vieux/">Le crépuscule des vieux</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le crépuscule des vieux » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/04/le-crepuscule-des-vieux/embed/#?secret=BRCmDGBFG2#?secret=tCtUEXvfGb" data-secret="tCtUEXvfGb" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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			</item>
		<item>
		<title>‘‘Alexandre II’’ : le tsar victime de ses réformes, ou l’échec du libéralisme russe</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/06/alexandre-ii-le-tsar-victime-de-ses-reformes-ou-lechec-du-liberalisme-russe/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 06 Oct 2024 07:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Curieuse l’histoire du Tsar réformateur Alexandre II qui abolit le servage en 1861 et meurt assassiné en 1881 par les terroristes, pour avoir promulgué la Constitution.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/06/alexandre-ii-le-tsar-victime-de-ses-reformes-ou-lechec-du-liberalisme-russe/">‘‘Alexandre II’’ : le tsar victime de ses réformes, ou l’échec du libéralisme russe</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Pourquoi le libéralisme ne s&rsquo;est pas implanté en Russie? Y a-t-il une quelconque âme russe essentiellement orthodoxe schismatique, paysanne et rurale, réfractaire à la constitution d’une bourgeoisie industrielle et financière nécessaire à la modernisation et la démocratisation du pays? Question épineuse entre toutes qui continue d&rsquo;être posée.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia </strong>*</p>



<span id="more-14126054"></span>



<p>Curieuse l’histoire du Tsar réformateur Alexandre II qui abolit le servage en 1861 et meurt assassiné en 1881 par les terroristes, pour avoir promulgué la Constitution.</p>



<p>Victime de cinq attentats auxquels&nbsp;il échappe par le plus grand des hasards, c’est le sixième qui a raison de lui.</p>



<p>Cet acharnement s’explique paradoxalement par la promulgation imminente d’une nouvelle Constitution libérale sur le modèle européen qui fait entrer la Russie dans le concert des grandes nations de l’époque.</p>



<p>Les terroristes veulent un changement politique radical, mais imposé par une révolution, et craignent que les réformes ne la fassent avorter.</p>



<p>Le Tsar pense sauver le pouvoir absolu et la dynastie par ces concessions politiques qui demeurent pour les durs de la Cour des faveurs révocables. Mais dans ce jeu de dupes, les terroristes ont toujours un temps d’avance, ils frappent quand et où ils veulent sans que la police tsariste puisse les en empêcher.</p>



<p>Une bombe de forte puissance fait même sauter un pan de l’étage du palais,&nbsp;et manque sa cible. La police tsariste fait preuve d’une étonnante incurie. Elle arrête des conjurés mais est incapable d’en obtenir les renseignements valables nécessaires à la mise en échec des attentats, et plus grave, elle ne prend pas les mesures nécessaires à la protection du Tsar.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les ennemis sont partout &nbsp;</h2>



<p>Ainsi une maison qui sert de centre opérationnel et qui se situe près du parcours de la promenade dominicale du souverain est elle visitée après une dénonciation, mais sans être fermée, et ses occupants ne sont pas&nbsp;appréhendés. La lecture de l&rsquo;ouvrage suggère ainsi une complicité de la Sécurité, le troisième bureau.</p>



<p>Les ennemis ne se situeraient ainsi pas uniquement chez les terroristes mais aussi chez les conservateurs que les réformes&nbsp;lèsent, et même sans doute dans la propre famille impériale que l’ascension d’une maîtresse au rang d’épouse après le décès de l’impératrice indispose et menace.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="P76535QrhK"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/17/nicolas-i-aux-sources-de-lhostilite-occidentale-envers-la-russie/">‘‘Nicolas I’’ : aux sources de l’hostilité occidentale envers la Russie</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Nicolas I’’ : aux sources de l’hostilité occidentale envers la Russie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/17/nicolas-i-aux-sources-de-lhostilite-occidentale-envers-la-russie/embed/#?secret=dYgnZRhvz7#?secret=P76535QrhK" data-secret="P76535QrhK" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Néanmoins, aucune preuve ne donne un semblant de consistance à cette thèse, celle de forces occultes situées dans l’entourage impérial et manipulant les terroristes pour arriver à leurs fins. Mais l’incurie de la police, et&nbsp;l’incapacité du Tsar à en faire un outil efficace après la cascade d’attentats qui l’ont frappé, suggèrent également qu’après vingt années de réformes, le régime devenait de plus en plus isolé, au point de ne plus compter sur les forces censées le protéger.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le paradoxe des réformes</h2>



<p>C’est là le paradoxe des réformes imposées par le haut quand elles prétendent moderniser. Il vient un moment où les forces que l’éducation réveille ne se satisfont plus du régime politique auquel elles doivent leur prise de conscience et leur existence.</p>



<p>Pourtant, il serait difficile de qualifier le régime d’Alexandre II d&rsquo;absolutiste, comparativement à ceux de son père Nicolas I, et de Pierre le Grand.</p>



<p>D’autre part, sur le plan international, après la désastreuse guerre de Crimée, la Russie reprend son rang de grande puissance, d’abord en écrasant la grande révolte polonaise de 1863, et cela ne lui vaut pas en Occident que des amis, ensuite en annexant le Caucase, et surtout le Turkestan, au risque de déclencher un conflit armé avec l’Angleterre, menacée dans ses colonies indiennes. C’est surtout son intervention dans les Balkans et la guerre contre l’empire ottoman qui lui permet d’imposer l’indépendance des provinces danubiennes en 1878, malgré la volonté des puissances européennes de ne pas lui y laisser le champ libre.</p>



<p>A la mort d’Alexandre II, son fils Alexandre III récuse le projet constitutionnel de son défunt père. La Russie se referme, les libertés sont abolies, seul le progrès économique est à l’ordre du jour. Ce n’est qu’en 1905 que le pouvoir prend conscience de la pérennisation du problème politique.</p>



<p>L’opposition, issue de l’intelligentsia éduquée dans l’université réformée, selon les normes occidentales, voulue par Alexandre II, qui était supposée fournir les cadres nécessaires à la libéralisation du régime, est bien celle d’où émanent ses propres meurtriers.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une âme russe réfractaire au libéralisme ?</h2>



<p>Pourquoi le libéralisme ne s&rsquo;est pas implanté en Russie? Y a-t-il une quelconque âme russe essentiellement orthodoxe schismatique, paysanne et rurale, réfractaire à la constitution d’une bourgeoisie industrielle et financière nécessaire à la modernisation et la démocratisation du pays? Question épineuse entre toutes qui continue d’être posée.</p>



<p>En fait, les terroristes ont réussi à abattre le Tsar, mais ils ont fondamentalement&nbsp;échoué, son&nbsp;régime lui ayant survécu. Il s’est avéré au moment de sa chute que cet ordre-là lors&nbsp;ne pouvait pas se libéraliser.</p>



<p>Pourtant les luttes contre l’absolutisme ont été aussi âpres en Russie qu’ailleurs. Néanmoins, en Angleterre un compromis entre la noblesse du sang, renforcée par la noblesse du mérite (la bourgeoisie), et le Roi, a finalement pu être trouvé après des luttes interminables pour le pouvoir. En France, la bourgeoisie, la noblesse du mérite, s’est débarrassée de la populace qui avait abattu la noblesse du sang et fondé la république.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="gLpR56YmUz"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/22/les-slaves-aux-sources-du-conflit-entre-la-russie-et-l-occident/">«Les Slaves» : aux sources du conflit entre la Russie et l&rsquo; Occident</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «Les Slaves» : aux sources du conflit entre la Russie et l&rsquo; Occident » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/22/les-slaves-aux-sources-du-conflit-entre-la-russie-et-l-occident/embed/#?secret=yjDH1wh65R#?secret=gLpR56YmUz" data-secret="gLpR56YmUz" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>En Russie rien&nbsp;de tel ne s’est produit. Les luttes entre la noblesse et le Tsar se sont toujours terminées par le triomphe de ce dernier, et la noblesse du mérite (armée et fonctionnaires) s’est constamment alignée sur celle du sang. L’autocratie était si bien implantée dans les esprits que les soulèvements paysans menaçant l’Etat ont acquis un caractère légitimiste en étant conduits par des faussaires se prétendant être le vrai Tsar privé de son autorité légitime.</p>



<p>Il a fallu la première guerre mondiale et ses horreurs, ainsi que ses défaites, pour abattre irrémédiablement l’ensemble de l’édifice tsariste.&nbsp;</p>



<p>En 1917, face au libéral Kerenski, Lénine se souviendra de l’échec des soulèvements paysans et des attentats terroristes, en rejetant le nihilisme de Nechaev, l’anarchisme de Bakounine, le populisme, et en suivant les traces de Tkatchev, pour qui seule une organisation adéquate pouvait créer un ordre nouveau; le marxisme n’aura été qu’un slogan pour donner le change avec l’internationalisme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Autoritarisme et dirigisme étatique</h2>



<p>En réalité l’apparition d’un État policier, fonctionnant sous l’autorité d&rsquo;un seul parti omniprésent disposant de tous les pouvoirs et se substituant au Tsar, n’aura été que la conséquence des aléas d’une Histoire avant tout russe. Gorbatchev en fut le fossoyeur mais ses velléités libérales, si elles ont eu raison du parti, n’ont pas entamé la nature autoritaire du pouvoir.</p>



<p>C’est Poutine qui a repris les rênes de l’Etat avec les mêmes moyens autoritaires et le même dirigisme étatique, qui soustrait ce pays immense aux convoitises du marché global,&nbsp;et l’apparition d’une classe économique parasite, les oligarques, monopolisant toutes les richesses mais avec l’assentiment de l’Etat et à son service, n’a été qu’une réincarnation de cette noblesse qui accaparait les terres en s’alliant avec le Tsar.</p>



<p>Cette étrangeté russe par rapport aux autres pays européens explique largement l’actuelle guerre en Ukraine, dont l’enjeu principal est la libéralisation de la Russie sous l’autorité du marché global. Mais si l’on s’en réfère à l’histoire, ce pays tout comme la Chine n’a jamais été ni libéral ni démocrate. C’est dire combien l’Occident peut être assujetti à des chimères.</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.</em></p>



<p><strong><em>‘‘Alexandre II&nbsp;: le printemps de la Russie’’&nbsp;de Hélène Carrère d’Encausse, éd.</em></strong><strong><em>&nbsp;Fayard, Paris, :&nbsp;17 mars 2010.</em></strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/06/alexandre-ii-le-tsar-victime-de-ses-reformes-ou-lechec-du-liberalisme-russe/">‘‘Alexandre II’’ : le tsar victime de ses réformes, ou l’échec du libéralisme russe</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Pourquoi l’Occident se trompe-t-il si souvent sur la Tunisie ?</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Jan 2024 10:36:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pourquoi les Occidentaux n’ont-ils pas compris que la contre-révolution a commencé immédiatement après que les «révolutions» tunisienne et égyptienne ont renversé Ben Ali et Moubarak ?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/29/pourquoi-loccident-se-trompe-t-il-si-souvent-sur-la-tunisie/">Pourquoi l’Occident se trompe-t-il si souvent sur la Tunisie ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Nous présentons ci-dessous la traduction française du texte intégral de la conférence consacrée à la Tunisie que l’auteur a donnée le 5 octobre 2023 à la salle du conseil, au Kings’s College, Londres.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Francis Ghilès</strong> *</p>



<span id="more-11442142"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/11/Francis-Guiles.jpg" alt="" class="wp-image-370196"/></figure></div>


<p>Après que la révolte de 2011 ait forcé Ben Ali à quitter le pouvoir, de nombreux observateurs occidentaux se sont trompés, en pensant que la Tunisie réussirait à construire la démocratie alors que ses voisins arabes allaient échouer. Ils s’étaient également trompés sur la qualité de la gestion économique du pays avant 2011. Il leur a fallu de nombreuses années pour qu’ils se rendent compte de leurs erreurs à propos de la Tunisie.</p>



<p>Les gouvernements occidentaux ont une longue tradition d »appui des dictateurs arabes. La dureté de leurs critiques à l’égard du président Kaïs Saïed pourrait être le résultat du fait qu’ils se sont trompés deux fois depuis 2000 à propos de ce petit pays ouvert.</p>



<p>En ce qui concerne les voisins de la Tunisie, l’histoire récente indique que les observateurs occidentaux ont souvent mal compris la Libye (2011), l’Algérie (2019 et milieu des années 90) et le Maroc.</p>



<p>Le thème de cette conférence est l’Afrique du Nord, mais les leçons à tirer d’une évaluation erronée de la Tunisie sont susceptibles de s’étendre à l’ensemble de la région du Moyen-Orient.</p>



<p><em>«Nous avons juré de défendre la Constitution»</em>, a lancé Samira Chaouachi, vice-présidente du Parlement tunisien.<em> «Nous avons juré de défendre la patrie»</em>, lui a rétorqué le jeune soldat. Cet échange devant les portes verrouillées du Parlement aux premières heures du 26 juillet 2021 résume le paradoxe de la Tunisie, pays longtemps considéré comme l’unique réussite du Printemps arabe. La décision prise quelques heures plus tôt par le président Kaïs Saïed de limoger son gouvernement et de suspendre le parlement avait mis en colère son président et la vice-présidente islamistes, qui cherchaient à pénétrer dans le bâtiment, désormais gardé par des troupes armées.</p>



<p>Le geste de Saïed a surpris de nombreux diplomates étrangers qui n’avaient pas évalué correctement la situation. Les Tunisiens furent moins surpris et des milliers de personnes envahirent les rues des villes et villages pour exprimer leur soulagement face à ce qu’ils considèrent comme la sanction d’un gouvernement corrompu et d’une classe politique incompétente. La liesse à l’échelle nationale soulève cependant la question de savoir comment les gens purent mettre la main sur des feux d’artifice dans un délai aussi court.</p>



<p>Le 17 avril 2023, Rached Ghannouchi, leader suprême d’Ennahdha depuis sa création dans les années 1980, a été arrêté. Douze ans après son retour triomphal à Tunis le 20 janvier 2011, la boucle de l’histoire est bouclée. La contre-révolution n’est pas encore parvenue à son terme mais plutôt que de donner naissance à une nouvelle génération de dirigeants politiques, la révolte de 2011 <em>«a ramené les élites marginalisées de l’ère Ben Ali»</em> (Stevenson, 2022). Le Général Zine El Abidine Ben Ali, évincé en 2011, dirigeait la Tunisie depuis 24 ans. La contre-révolution en Tunisie a mis plus de temps à surgir que tout autre pays arabe mais il est trop tôt pour faire le deuil des soulèvements qui, en deux vagues – en 2011 et 2019 – ont déferlé sur la plupart des pays arabophones du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA).</p>



<p>Un processus révolutionnaire à long terme est à l’œuvre dans la région. Les gouvernements occidentaux, en particulier en Europe, se font des illusions s’ils pensent pouvoir compter sur des hommes forts pour assurer la stabilité des pays de la rive sud de la Méditerranée. Un changement politique et économique radical est nécessaire, ce qui est, par définition même, imprévisible. L’inégalité sociale et le sous-emploi des ressources humaines continuent de générer d’énormes frustrations sociales que les jeunes ne supporteront pas. Les dirigeants de l’Union Européenne (UE) sont obsédés par les vagues des immigrants du sud et la montée du populisme qu’ils alimentent en Europe mais restent dans le déni quant aux causes sous-jacentes de ce phénomène. Ils ont fait une tentative audacieuse de penser stratégiquement il y a 28 ans lorsqu’ils ont lancé le Processus de Barcelone en 1995, qui a été autant victime de circonstances extérieures (l’assassinat du Premier ministre israélien Yitzhak Rabin et les attentats du 11 septembre) que de son manque d’ambition économique.</p>



<p>Pourquoi l’UE et les États-Unis d’Amérique (É.-U.) n’ont-ils pas compris que la contre-révolution a commencé immédiatement après que les <em>«révolutions» </em>tunisienne et égyptienne ont renversé Ben Ali et Moubarak ? Pourquoi n’ont-ils pas compris que, après avoir échoué dans un premier temps à lancer des projets audacieux de réformes dans la gestion de l’appareil de sécurité, de l’économie, de la classe politique et du commerce, notamment en Tunisie, les dirigeants politiques et syndicaux conduisaient le pays dans une impasse ? </p>



<p>La réponse réside avant tout et surtout dans la nature même de l’État dans la région. En 2011, il était clair pour les observateurs chevronnés que le cadre de politique économique libéral favorisé par l’Occident – ​​ce qu’on appelle le Consensus de Washington – n’a pas réussi à produire les résultats économiques espérés. Entre cette date et 2019, date à laquelle Kaïs Saïed a été élu président, il suffisait aux observateurs expérimentés de regarder les chiffres économiques qui clignotaient en rouge.</p>



<p>Aujourd’hui, le Consensus de Washington est mort, mais le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale (BM) et l’UE réviseraient-ils leurs prescriptions politiques qui, pour avoir une chance de réussir, doivent reposer sur la reconstruction de l’État, en utilisant l’investissement public comme un outil clé et en luttant contre la corruption produite par le capitalisme de copinage ?</p>



<p>Ce n’est pas parce que ces pays respectent l’État de droit qu’une partie des centaines de milliards de dollars de capitaux privés qui ont fui à l’étranger reviendront en Afrique du Nord (Ghilès et Snaije, 2022). Mais l’État tunisien n’a pas été en mesure d’arrêter la fuite des capitaux, pour la plupart de manière illégale. Cela soulève la question de savoir pourquoi, tout en reconnaissant qu’ils s’étaient trompés, les gouvernements tunisiens successifs, le FMI et les gouvernements occidentaux sont-ils revenus à la même recette qui s’était révélée trompeuse au départ.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Occident comprend mal les révoltes arabes : le cas de la Tunisie</h2>



<p>Les révoltes arabes ont suscité l’incrédulité de la plupart des hommes politiques et des groupes de réflexion occidentaux. Cela était surprenant, car les rapports successifs du PNUD sur le développement humain dans les pays arabes (2003, 2005 et 2009) avaient montré la montée en flèche du taux de chômage en Afrique du Nord et la tendance à la baisse du ratio global de formation brute de capital par rapport au PIB au cours du quart de siècle précédent, soulignant <em>«l’échec des élites arabes à investir au niveau local ou régional</em> [ce qui]<em> constitue le plus grand obstacle à des niveaux de croissance économique durables»</em> (Bush, 2012). Un an plus tard, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, déclarait : <em>«Laissez-moi être franche : nous n’accordions pas suffisamment d’attention à la manière dont les fruits de la croissance économique étaient partagés»</em> (Lagarde, 2011).</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="vEWxa7dTcE"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/08/en-tunisie-la-peripherie-prend-une-revanche-historique/">En Tunisie, la périphérie prend une revanche historique</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« En Tunisie, la périphérie prend une revanche historique » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/08/en-tunisie-la-peripherie-prend-une-revanche-historique/embed/#?secret=LUzPd5cZ4v#?secret=vEWxa7dTcE" data-secret="vEWxa7dTcE" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>En 2014, la BM a publié un rapport reconnaissant qu’elle s’était trompée sur la Tunisie d’avant 2011 (Ghilès, 2014 et 2015). Une telle humilité était inhabituelle, voire sans précédent, et soulève la question suivante : pourquoi les dirigeants politiques et les experts occidentaux se trompent-ils si souvent sur la Tunisie ?</p>



<p>Au-delà du PNUD, certains observateurs ont vu juste. Comme le professeur Gilbert Achcar, dont <em>«l’exploration radicale du soulèvement arabe»</em>, comme il le décrit dans son livre ‘‘<em>Le Peuple Veut’’</em> (éd. Actes Sud, 2013), se distingue par son refus de faire preuve de retenue lorsqu’il remet en question la doxa libérale dominante. Ce livre, dont la version anglaise a été récemment rééditée avec une nouvelle introduction, devrait être une lecture obligatoire pour les diplomates et les experts en sécurité – une espèce en prolifération en Occident lorsqu’il s’agit du Moyen-Orient. La compréhension par l’auteur du contexte historique et des règles qui dictent l’aide occidentale aux pays du Sud offre au lecteur les clés pour comprendre une région qui ne doit pas être condamnée au despotisme et à la corruption.</p>



<p>À mesure que les révoltes se propageaient, l’incrédulité dans les capitales occidentales céda bientôt la place à l’enthousiasme. C’était de courte durée. Alors que les dirigeants affrontaient le désir de changement avec une force brutale, en Égypte, en Libye, à Bahreïn, au Yémen et en Syrie, les révoltes ont dégénéré en bains de sang. Les puissants groupes d’intérêt concernés, notamment les forces de sécurité, fortement soutenus de l’extérieur – par les pays du Golfe en particulier – n’étaient pas d’humeur à autoriser des réformes susceptibles de bouleverser le statu quo. D’autres pays, comme le Qatar, cherchaient à renverser complètement le statu quo en faveur de leurs protégés islamistes.</p>



<p>Les acteurs étrangers <em>«amis»</em> n’ont pas eu le temps d’influencer sérieusement le cours des événements en Tunisie, un pays de moindre importance stratégique pour les grands acteurs internationaux que l’Égypte ou la Syrie. Bien entendu, le fait que la Tunisie ait été le premier pays arabe à se révolter pourrait expliquer l’absence d’ingérence extérieure. Les événements se sont déroulés sans violence excessive. Mais l’utilisation même de l’expression <em>«Révolution de Jasmin»</em> traduit un malentendu. Aucune révolution n’a eu lieu en Tunisie en janvier 2011. Une violente révolte a contraint l’Etat profond à prendre ses distances avec le chef de l’Etat et le contraint à partir pour sauvegarder ses privilèges.</p>



<p>Cela explique pourquoi il n’y a pas eu de redistribution des richesses ou du pouvoir entre les classes sociales ou les régions.</p>



<p>Une des conséquences flagrantes de l’intervention occidentale, avalisée par les Etats-Unis, doit être soulignée. Il est choquant pour l’observateur de constater que les stratèges américains, français et anglais ne se poseront jamais la question de ce qui arriverait si un petit groupe d’islamistes très bien organisé et armé (que les Américains pensaient naïvement avoir <em>«réhabilité»</em> pendant les dernières années de Kadhafi) feraient face à la grande majorité des Libyens qui n’étaient pas Islamistes, une majorité qui était jeune et sans emploi, et n’avait aucune expérience politique. </p>



<p>Le point critique a été l’attaque du 11 septembre 2012 contre la mission consulaire américaine à Benghazi, qui a poussé les États-Unis hors de Libye et a transformé l’Est de la Libye en arrière-garde pour Al-Qaïda et l’Etat islamique (EI), car les deux groupes ont commencé à quitter la Syrie à peu près au moment où les Russes et les Américains sont arrivés et où le général Haftar a pris le pouvoir à Benghazi en 2014. Cela a accéléré l’exportation du terrorisme et des réfugiés vers l’Europe, tout en déstabilisant davantage une grande partie de l’Afrique du Nord et du Sahel (Chorin, 2022). Cela incluait bien sûr la Tunisie, dont beaucoup de djihadistes ont été formés dans des camps libyens proches de la frontière libyo-tunisienne.</p>



<p>En Tunisie, les amis politiques des principaux partis politiques se sont vu proposer des emplois dans une fonction publique extrêmement gonflée, qui n’existaient souvent que sur le papier, mais pour lesquels ils étaient payés. Le résultat fut une destruction de l’efficacité de la fonction publique et une augmentation considérable de la masse salariale. L’inévitable augmentation de la dette du pays a évincé les investissements publics dans la santé, l’éducation et les infrastructures. Les présidents et les gouvernements allaient et venaient, chacun empruntant de l’argent du FMI, de la BM et de la Banque européenne d’investissement (BEI). Ils ont tous fit semblant d’accepter les conditions attachées à ces prêts mais n’ont jamais eu la moindre intention de les mettre en œuvre. Le FMI et l’UE ont continué à prêcher un évangile de libéralisme et fait semblant de croire que des réformes étaient en cours. Pourquoi était-il si facile de se tromper une seconde fois alors que la prescription et le pied qui traîne sur le terrain étaient les mêmes ?</p>



<p>Dans le même temps, les investissements privés – tant nationaux qu’étrangers – ont diminué. Des secteurs clés tels que les phosphates et les engrais ont vu leur production s’effondrer tandis que le tourisme a été victime du terrorisme et de la pandémie de Covid. L’arrière-pays le plus pauvre, où commencent toutes les révoltes en Tunisie, a continué à être exploité par la côte plus riche, tout en fournissant la majeure partie de l’eau, du blé et des phosphates dont le pays avait besoin.</p>



<p>Pour les élites occidentales, la démocratie <em>«est une si belle idée qu’elle semble être en dehors de la réalité. L’élite américaine définit les pays qui réussissent dans le monde en développement comme ceux qui organisent des élections et ceux qui échouent comme ceux qui n’y parviennent pas. Ce n’est ni logique, ni une croyance ancrée dans l’histoire ou même la science politique. C’est de la pure idéologie. Et une idéologie missionnaire en plus. Regardez l’échec du Printemps arabe ! Bien entendu, les habitants des pays en développement veulent la démocratie, mais cela ne signifie pas qu’elle apportera automatiquement de bons résultats face à une grande pauvreté, aux clivages ethniques et sectaires, etc. La démocratie a fonctionné dans des pays comme la Corée et Taiwan parce qu’elle est apparue après l’industrialisation et la création des classes moyennes»</em> (Robert D. Kaplan, 2023). Cette industrialisation a pu se faire sous occupation étrangère. Les élites européennes et américaines se sont fait illusion quand, après 2011, elles se sont convaincues que des élections libres et équitables laissaient présager un avenir radieux pour la Tunisie.</p>



<p>Les jeunes Tunisiens ont exprimé leur désaccord, et moins de gens ont voté lors des élections successives, beaucoup ne prenant même pas la peine de s’inscrire. Les mouvements islamistes n’ont jamais montré le moindre intérêt à relever les défis d’une économie moderne et Ennahdha n’a pas fait exception.</p>



<p>Les élites tunisiennes, qui sont bien éduquées, n’ont pas pu se mettre d’accord sur un projet de réforme économique. Ils ont laissé tomber leur pays. Douze ans après la chute de Ben Ali, Kaïs Saïed fait revenir les élites marginalisées de cette période, notamment au sein des forces de sécurité. Ghannouchi, le puissant leader d’Ennahdha qui <em>«se comportait comme un chef de tribu»</em>, dirigeait le parti islamiste <em>«comme l’organisation clandestine qu’elle avait été dans les années 1990»</em> (Stevenson, 2022). Il a fini en prison, incapable de convaincre l’armée, qui s’est solidarisée avec Saïed, qui <em>«défendait la patrie»</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="jznF5NwzYE"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/03/26/dans-lassemblee-nationale-tunisienne-le-poisson-pourrit-par-la-tete/">Dans l’Assemblée nationale tunisienne, «le poisson pourrit par la tête»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Dans l’Assemblée nationale tunisienne, «le poisson pourrit par la tête» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/03/26/dans-lassemblee-nationale-tunisienne-le-poisson-pourrit-par-la-tete/embed/#?secret=otdmLnzLUh#?secret=jznF5NwzYE" data-secret="jznF5NwzYE" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Des observateurs chevronnés ont noté très tôt que <em>«le soulèvement arabe… a atteint son apogée le 11 février, le jour où le président Hosni Moubarak a été contraint de démissionner. C’était paisible, local, spontané et apparemment unifié. La théorie de Lénine postulait qu’une révolution victorieuse, il fallait un parti politique structuré et discipliné, une direction solide et un programme clair.</em><em> </em><em>La révolution égyptienne, comme son précurseur tunisien et contrairement à la révolution iranienne de 1979, ne possédait ni organisation, ni leader identifiable, ni programme sans ambiguïté»</em> (Agha et Malley, 2011). Alors que les manifestations devenaient violentes dans de nombreux pays, les divisions sont apparues et les anciens partis politiques et élites économiques se sont battus pour le pouvoir, <em>«laissant de nombreux manifestants avec le sentiment que l’histoire qu’ils faisaient il n’y a pas si longtemps leur échappe désormais» </em>(Ibid.).</p>



<p>Ceux qui ont mené la révolte en Tunisie n’avaient ni les moyens ni le temps de s’organiser eux-mêmes, ce qui a permis aux forces établies de détourner leur programme et de bloquer le changement. Ainsi, Lénine avait raison après tout, en affirmant qu’<em>«une contre-révolution </em>(ne pouvait pas) <em>être menée de l’extérieur. Cela s’est produit en Algérie dans les années 1990 et rien ne dit que cela ne se reproduira pas.»</em> (Ghilès, 2011/2012). Très peu de chercheurs étaient prêts à faire pénitence comme la BM a eu le courage de le faire (Wallaert et al., 2011).</p>



<p>Certains universitaires ont qualifié la Tunisie d’<em>«exception arabe»</em>. Le <em>Washington Post</em> s’est réjoui en affirmant que la Tunisie était <em>«le seul pays à avoir donné naissance à une véritable démocratie»</em> alors que le<em> Financial Times</em> s’est demandé : <em>«Pourquoi l’expérience du Printemps arabe en Tunisie a-t-elle réussi alors que d’autres ont échoué ?»</em></p>



<p>L’illusion est devenue une caractéristique largement répandue dans de nombreuses attitudes occidentales, comme c’était le cas avant 2011. Avant cette date, la BM et les observateurs occidentaux faisaient l’éloge des performances économiques du pays. Après la chute de Ben Ali, ils ont vanté sa réussite en tant que démocratie. Il est plus facile de comprendre, dans un tel contexte, pourquoi les dirigeants européens n’ont pas réussi à penser stratégiquement la Tunisie.</p>



<p><strong>La nature de l’État en Afrique du Nord entrave les réformes</strong></p>



<p>Les analystes occidentaux de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient projettent trop souvent leur propre vision du monde sur des pays dont l’histoire est différente. Les outils sémantiques de pensée économique moderne étaient le résultat d’une remise en question de l’État et des relations internationales qui remonte au18<sup>e</sup> siècle. Plus précisément, en ce qui concerne le rôle de l’État dans l’économie, ils remontent à John Maynard Keynes (1883-1946), qui a affiné les arguments sur la signification du développement économique, le rôle du commerce international, l’objectif de la finance et la redistribution de la richesse. L’intense débat intellectuel et politique autour de ses idées, qui ont joué un rôle si important dans la vie politique occidentale depuis la fin de la Première Guerre mondiale, n’a pas d’équivalent dans la région MENA. Cela est dû en partie au fait que la diplomatie des canonnières et le colonialisme ont interrompu les débats qui se déroulaient dans le sud, notamment en Tunisie. Lors de l’indépendance, les nouveaux régimes ont compris que l’État devait être exploité pour créer une économie nationale, quelle que soit sa relation ou sa dissociation avec le Nord. En Algérie, l’État devait être réinventé après 132 ans de dure domination coloniale. Cela contribue à expliquer pourquoi l’Occident interprète souvent mal les comportements des États modernes du Moyen-Orient. Les dirigeants se concentrent rarement sur l’augmentation de la richesse du pays mais plutôt sur leur maintien au pouvoir, notamment en contrôlant les nouveaux membres de l’élite, le makhzen.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="DRznZxJZg0"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/07/09/tunisie-economie-a-la-derive-et-bluff-des-politiques/">Tunisie : Economie à la dérive et bluff des politiques</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Economie à la dérive et bluff des politiques » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/07/09/tunisie-economie-a-la-derive-et-bluff-des-politiques/embed/#?secret=RtOHm1cgbO#?secret=DRznZxJZg0" data-secret="DRznZxJZg0" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>À partir des années 1980, le FMI et la BM se sont conformés à un ensemble de principes idéologiques connu sous le nom de Consensus de Washington : l’État devrait être réduit pour laisser place aux investissements privés. Cette doxa néolibérale était déjà en échec en Tunisie au tournant du siècle, mais cela n’a pas empêché la BM de présenter la Tunisie comme un pays modèle de bonne gouvernance économique à suivre en Afrique et au Moyen-Orient (Institut de la Méditerranée, 2000). L’UE a chanté sur le même cantique.</p>



<p>Le Maroc semble avoir accompli davantage en termes économiques que ses voisins, mais la concentration du pouvoir au sommet, un taux d’analphabétisme élevé et une pauvreté généralisée suggèrent que tout ne va pas bien (Nejib Akesbi). L’ironie ultime est que le pays à la traîne d’antan, le Maroc, semble avoir réalisé bien plus en termes économiques que ses voisins – malgré le taux élevé d’analphabétisme, les niveaux élevés de dette extérieure, la dépendance à l’égard des puissances étrangères, la pauvreté persistante et l’énorme accumulation de richesses au sommet suggèrent que le succès à long terme est loin d’être garanti.</p>



<p>La région Mena possède d’importantes ressources en hydrocarbures et <em>«comprend davantage d’États extrêmement dépendants de ces ressources que toute autre partie du monde. Cela conduit à son tour certains États à bénéficier, pour des raisons stratégiques et de sécurité, de rentes tirées des recettes d’hydrocarbures des États plus riches ou encouragés par l’empressement des puissances étrangères à maintenir un système d’hégémonie régional dont la motivation principale est étroitement liée aux ressources de la région.»</em> (Achcar, 2023&nbsp;: xi). Que cette région comprend de nombreux États patrimoniaux <em>«où toute séparation entre les familles dirigeantes et les institutions gouvernementales est simplement une mesure de politesse»</em> (Ibid) aggrave le problème. S’attendre à des pays où la famille régnante considère le gouvernement en tant que propriété privée et les forces de sécurité d’élite en tant que garde privée pour utiliser les outils que Keynes a passé sa vie à construire conduisent à des conclusions absurdes et à des prescriptions politiques inefficaces.</p>



<p>Malgré son émancipation des femmes et son attitude tolérante envers les étrangers, la richesse économique de la Tunisie est étroitement contrôlée par quelques familles dont l’emprise est renforcée par un système corporatiste. Ce qui leur permet de contrôler virtuellement l’État. Loin d’apporter de nouvelles idées et de contribuer à la création d’un large parti de gauche après 2011, le puissant syndicat UGTT s’est réjoui de voir les partis politiques gonfler le nombre de salariés de l’État (augmentant au passage le nombre de ses adhérents), ce qui a conduit à la faillite du pays. Ses dirigeants ont choisi de se comporter en fossoyeurs de réformes plutôt que de promouvoir un débat ouvert à leur sujet. Durant son règne, Zine El Abidine Ben Ali a géré l’économie, imposant des gains toujours plus élevés à sa famille, mais il ne l’a jamais réformée (Ghilès et Woertz, 2018). Il n’était pas très instruit en matière économique.</p>



<p>Concernant le Maroc, lorsque le roi Hassan II a lancé des réformes en 1993, il a créé un groupe de réflexion, le G14, qui a réuni les plus brillants économistes et entrepreneurs du pays. Ils ont soutenu du bout des lèvres le Consensus de Washington, mais ont élaboré des politiques conformes à ce qu’ils considéraient comme des intérêts stratégiques du Maroc. Lorsque ses conseillers lui ont présenté le projet de réforme économique en 1988, le président algérien Chadli Bendjedid a compris que leurs propositions constituaient <em>«une révolution»</em>.</p>



<p>Le groupe réformiste dirigé par le chef du gouvernement Mouloud Hamrouche (1989-1991) <em>«ne visait pas la ‘libéralisation’ économique comme compris dans l’orthodoxie de la théorie néolibérale de la ‘transition depuis le socialisme’. D’une part, leur problème n’était pas l’engagement théorique du pays en faveur du socialisme, devenu de toute façon de plus en plus vide de sens depuis 1976, mais la réalité de son État capitaliste dysfonctionnel» </em>(McDougall, 2017). Comme leurs homologues marocains quelques années plus tard, les idées développées dans le projet de réforme (les Cahiers de la Réforme) entre 1986 et 1988 étaient locales et pilotées par un économiste, Hadj Nacer, devenu par la suite gouverneur de la Banque centrale d’Algérie de 1989 à 1992.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Occident changerait-il un jour son scénario néolibéral ?</h2>



<p>Dans la première édition de son livre, Achcar (2013&nbsp;: 65) se demandait pourquoi les experts occidentaux<em> «n’osaient même pas suggérer que les pétrodollars arabes soient massivement redirigés vers des investissements créateurs d’emplois dans la région, à la manière du Plan Marshal ?»</em> Les institutions internationales<em> «ne peuvent aller jusqu’à suggérer que les monarchies pétrolières cessent d’investir leurs capitaux dans les économies occidentales, notamment aux États-Unis, et les transfèrent plutôt vers les gouvernements arabes, sur le modèle de l’aide que les États-Unis ont apportée à leurs alliés européens de 1948 à 1951»</em> (Ibid). Il s’agit là d’une tournure peu probable des événements, car les banques occidentales perdraient d’énormes opportunités de gagner de l’argent et les monarchies du Golfe avaient une grande influence à Paris, Londres et Washington.</p>



<p>Pendant ce temps, les capitaux continuent de fuir la région vers le refuge des banques et des entreprises occidentales – l’Afrique du Nord à elle seule possède des centaines de milliards d’argent<em> «privé»</em> dans les banques étrangères (Ghilès et Snaije, 2022). Les jeunes élites fuient désormais elles aussi, au bénéfice immédiat du Golfe, du Canada, de la France et de ses voisins, mais au détriment de la stabilité à long terme en Méditerranée. En Afrique du Nord, la <em>«guerre froide»</em> entre l’Algérie et le Maroc explique pourquoi les flux commerciaux et d’investissement entre les trois pays sont minimes. Cette situation est d’autant plus absurde que le pétrole, le gaz, le soufre et l’ammoniac algériens pourraient, en tandem avec les phosphates marocains, générer de nombreux emplois et d’importantes exportations. Si le projet Beni Atir en Algérie démarre, le pays ne sera plus dépendant de son voisin occidental. Les tensions entre les deux ont fait le jeu de l’Occident pendant des décennies, mais la pression des nouveaux immigrants en Europe alimente les partis populistes et le risque de conflits nationaux dans des pays comme l’Italie et la France.</p>



<p>Une autre ironie du scénario néolibéral est que la Chine et la Turquie augmentent leurs liens commerciaux avec l’Afrique du Nord (après l’Italie, la Chine est la deuxième source des importations pour la Tunisie et la Turquie est quatrième) mais pas leurs investissements. Dans les trois pays d’Afrique du Nord, les capitaux privés occidentaux continuent de jouer un rôle clé.</p>



<p>L’UE et les États-Unis découvrent également, à leur grande consternation, que les dirigeants nord-africains, comme ailleurs dans les pays du Sud, ne partagent pas leur vision de la guerre en Ukraine. Ils notent que l’Occident considère ses problèmes comme les problèmes du monde, mais ils ne sont pas d’accord. Le monde multipolaire dans lequel nous nous trouvons rend familier le vieux tiers-mondisme algérien. Les élites des trois pays se méfient de l’ancienne puissance coloniale et expriment publiquement comme jamais auparavant leurs critiques du comportement français passé et présent.</p>



<p>Plus tôt, l’Europe se rendra compte que les pays au-delà de ses rives méridionales méritent une politique ambitieuse, un nouveau processus de Barcelone plus audacieux, mieux ce sera. Plus tôt ils comprendront que l’islamisme n’est pas la tendance naturelle de la région, comme beaucoup, notamment les États-Unis et le Royaume-Uni, étaient enclins à le faire après 2011, et abandonneront leur orientalisme de quatre sous, mieux ce sera.</p>



<p>Sortir de l’état patrimonial ou néo-patrimonial présente un défi historique pour la région MENA et pour l’Europe. Comme sa réaction timide au renversement du président égyptien Morsi, un an après son élection lors d’élections libres en juillet de l’année 2012 l’a montré, l’Occident ne semble jamais attacher autant d’importance aux élections. La réaction des États-Unis face au mépris de Kaïs Saïed pour les règles fondamentales de la démocratie suggère que les attitudes occidentales n’ont pas changé. Jusqu’à ce que cet Occident accepte qu’une refonte complète de l’État patrimonial ou néo-patrimonial est une condition préalable à une croissance plus rapide, à une plus grande inclusion sociale et donc à une stabilité à long terme en Tunisie et dans la région MENA au sens large. La Commission européenne devra accepter que ses interminables notes d’analyse visant à <em>«améliorer»</em> ses politiques de voisinage ressemblent à un ravalement de façade. </p>



<p>* <em>Visiting Fellow, Kings College, University of London.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/29/pourquoi-loccident-se-trompe-t-il-si-souvent-sur-la-tunisie/">Pourquoi l’Occident se trompe-t-il si souvent sur la Tunisie ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Tunisie : pour que la crise n’accable pas davantage les classes moyennes  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Jul 2022 06:32:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[classes moyennes]]></category>
		<category><![CDATA[crise économique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des réajustements doivent être mis en œuvre en urgence en Tunisie non pas vers plus de libéralisme effréné, mais vers une meilleure distribution des fruits de la croissance.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/07/tunisie-pour-que-la-crise-naccable-pas-davantage-les-classes-moyennes/">Tunisie : pour que la crise n’accable pas davantage les classes moyennes  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans la crise économique sévissant actuellement en Tunisie, non seulement la minorité aisée continue de capter une part croissante de la richesse nationale, mais ce sont les classes moyennes qui se trouvent condamnées par ce système inégalitaire à subir les conséquences de la crise économique mondiale. Cette situation explosive nécessite des réajustements urgents.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Amine Ben Gamra</strong> *</p>



<span id="more-2025258"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/04/Amine-Ben-Gamra-1.jpg" alt="" class="wp-image-387692"/></figure></div>


<p>Nous traversons indéniablement en Tunisie une période inattendue: une économie marquée par une pandémie sans précédent et des tensions géopolitiques nées notamment par la crise de l’énergie provoquée par la guerre en Ukraine. Une crise venant s’ajouter à une autre, ravageant des vies humaines, ralentissant la croissance et poussant l’inflation à la hausse.</p>



<p>En fait, la hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie pèse lourdement sur le budget des ménages dans le monde entier. Le durcissement des conditions financières accentue les pressions sur les pays, les entreprises et les familles très endettés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Réduction de la masse salariale dans un contexte d’inflation galopante</h2>



<p>Dans cette situation, la Tunisie se trouve devant un dilemme inattendu: la réduction du volume de la masse salariale est la pierre angulaire dans ses négociations avec le Fonds monétaire international (FMI), qui considère cette masse salariale parmi les plus élevées au monde par rapport au produit intérieur brut du pays et espère la voir réduite pour permettre le rétablissement de l’équilibre des finances publiques.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="hfbOjZv7bz"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/30/tunisie-la-relance-economique-pour-eviter-la-fracture-sociale/">Tunisie : la relance économique pour éviter la fracture sociale</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : la relance économique pour éviter la fracture sociale » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/30/tunisie-la-relance-economique-pour-eviter-la-fracture-sociale/embed/#?secret=ubQZNnlJ5w#?secret=hfbOjZv7bz" data-secret="hfbOjZv7bz" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Dans le secteur privé et avec des entreprises dirigées dans l’intérêt exclusif des actionnaires, le problème se présente autrement. Le système libéral en place conduit à toujours plus de profits aux actionnaires, au détriment des salariés, et à des risques de plus en plus supportés par les travailleurs, mais sans la rémunération qui va avec. Ces risques sont l’inflation galopante, la hausse des prix, la baisse du pouvoir d’achat, le chômage, etc.</p>



<p>Résultat des courses&nbsp;: on est en train d’assister à l’avènement d’une génération de salariés pauvres qui ne pourront plus acheter une voiture personnelle ni, à plus forte raison, une maison. Cette classe moyenne paupérisée n’aura jamais les moyens de s’assurer contre les risques de l’existence. Elle ne fera que survivre au jour le jour, sans espoir et sans perspective. Et c’est dramatique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pour une meilleure distribution des fruits de la croissance</h2>



<p>Le pire dans tout cela, c’est que l’économie continue d’être dominée, avec la complicité active de l’Etat, par un réseau serré de familles influentes dont le pouvoir économique s’étend des villes de la côte relativement prospères à l’arrière-pays pauvre et déshérité. Si l’on y ajoute la croissance rapide du secteur informel, qui ne paie pas d’impôts et ne participe donc pas à l’effort national en termes de financement des services publics (éducation, santé, transport…), le résultat est sans surprise : la classe moyenne continue de se rétrécir comme peau de chagrin laissant peu à peu la place à une classe pauvre de plus en plus importante et qui ne fait que survivre !</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="xPBq3apNAe"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/01/03/avenue-bourguiba-un-creuset-de-la-crise-economique-en-tunisie/">Avenue Bourguiba, un creuset de la crise économique en Tunisie!</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Avenue Bourguiba, un creuset de la crise économique en Tunisie! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/01/03/avenue-bourguiba-un-creuset-de-la-crise-economique-en-tunisie/embed/#?secret=Ls9OGTbWmE#?secret=xPBq3apNAe" data-secret="xPBq3apNAe" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Non seulement la minorité aisée continue de capter une part croissante de la richesse créée, mais ce sont les classes moyennes qui sont condamnées par ce système inégalitaire à subir de plein fouet la détérioration de la situation économique dans le pays et dans le monde.</p>



<p>Inutile d’ajouter en conclusion que des réajustements doivent être mis en œuvre en urgence non pas vers plus de libéralisme effréné, comme le préconisent les réformes prévues par le gouvernement dans le cadre de ses négociations avec le FMI, mais vers une meilleure distribution des fruits de la croissance, surtout quand celle-ci est faible, comme c&rsquo;est le cas aujourd&rsquo;hui.   </p>



<p>* <em>Expert comptable, commissaire aux comptes, membre de l&rsquo;Ordre des experts comptable de Tunisie.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/07/tunisie-pour-que-la-crise-naccable-pas-davantage-les-classes-moyennes/">Tunisie : pour que la crise n’accable pas davantage les classes moyennes  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Mohamed Cherif Ferjani au Maghreb-Orient des Livres à Paris</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 May 2022 07:35:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[éditions Nirvana]]></category>
		<category><![CDATA[Hôtel de ville de Paris]]></category>
		<category><![CDATA[libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Maghreb-Orient des livres]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Cherif Ferjani]]></category>
		<category><![CDATA[révolution conservatrice]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le chercheur et écrivain tunisien Mohamed Cherif Ferjani s&#8217;apprête à participer à la 28e édition de la manifestation littéraire Maghreb-Orient des livres, organisé à l&#8217;Hôtel de Ville de Paris, les 13, 14 et 15 mai 2022. Professeur honoraire de l&#8217;Université Lyon2, président du haut conseil scientifique de Timbuktu Institute (African Center for Peace Studies), auteur...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/10/mohamed-cherif-ferjani-au-maghreb-orient-des-livres-a-paris/">Mohamed Cherif Ferjani au Maghreb-Orient des Livres à Paris</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le chercheur et écrivain tunisien Mohamed Cherif Ferjani s&rsquo;apprête à participer à la 28e édition de la manifestation littéraire Maghreb-Orient des livres, organisé à l&rsquo;Hôtel de Ville de Paris, les 13, 14 et 15 mai 2022.</em></strong></p>



<span id="more-477493"></span>



<p>Professeur honoraire de l&rsquo;Université Lyon2, président du haut conseil scientifique de Timbuktu Institute (African Center for Peace Studies), auteur de nombreux essais sur des thématiques politico-historiques, dont les lecteurs de Kapitalis apprécient les fréquentes analyses sur la situation en Tunisie et dans le monde, Mohamed-Cherif Ferjani participera aux activités du salon et présentera son dernier livre <em>«Libéralisme et révolution conservatrice»</em>, paru aux éditions Nirvana à Tunis), le samedi 14 mai, de 15h30 à 16h30 (Hôtel de ville de Paris, 3 rue de Lobau &#8211; Paris 4e &#8211; métro : Hôtel de ville, Ligne 1).</p>



<p>Nous en reproduisons ci-dessous ces bonnes feuilles&#8230;</p>



<p>La lutte contre le néolibéralisme et contre la révolution conservatrice passe, entre autres, par le développement, au niveau international comme au niveau de chaque pays, de solidarités supérieures à celles qu’offrent les appartenances et les liens de sang, de terroir, de religion, de langue, d’origine, etc.</p>



<p>La promotion d’un lien social sur la base de telles solidarités, est irremplaçable du point de vue d’un humanisme universel soucieux de libérer les individus du carcan des solidarités mécaniques qui s’imposent à eux comme des fatalités. Elle exige des pouvoirs publics une plus grande implication dans les domaines socio-économiques, à travers le développement de services garantissant à toutes les populations &#8211; quelles qu’en soient les origines, les fidélités et les attaches culturelles &#8211; des droits qui les libèrent du poids des traditions et des hiérarchies séculaires de leur communauté.</p>



<p>Pour cela, les services publics ne doivent pas être réduits à des services minimums destinés à réduire les risques d’explosions sociales et à <em>«soulager les peines»</em> des exclus de l’économie de marché. Ils doivent viser à faire profiter le plus grand nombre des bienfaits des progrès scientifiques et techniques dans les domaines de l’éducation comme dans ceux de la santé, du travail, des transports, des loisirs, du logement, etc.</p>



<p>De tels services sont le meilleur moyen pour prévenir les crispations identitaires, combattre la xénophobie et barrer la route aux marchands d’illusions qui jouent sur les frustrations et les peurs pour dresser les populations les unes contre les autres au nom des idéologies de haine et d’exclusion. L’un des ressorts de ces idéologies était et reste l’opposition entre les cultures. Il est important, à ce sujet, de rompre avec les conceptions essentialistes qui présentent les cultures comme des blocs monolithiques, figés, irréductibles, irrémédiablement opposés et dressant fatalement leurs adeptes les uns contre les autres. Sans nier l’incidence des cultures sur les comportements humains, il ne faut pas oublier que ce sont les humains qui produisent, font évoluer et donnent du sens à leurs cultures.</p>



<p>Par ailleurs, dans toutes les cultures, il y a des côtés et des courants progressistes, humanistes, rationnels, favorables à la justice, à l’égalité et à la liberté, et d’autres qui sont réactionnaires, inhumains, obscurantistes, au service de l’injustice, des discriminations et de la soumission aux traditions et aux hiérarchies de toutes sortes. Agir pour consolider la démocratie partout dans le monde &#8211; là où elle existe et montre des signes d’épuisement qui profitent à ses fossoyeurs, et là où les populations qui en sont privées y aspirent -, passe par des combats pour la défendre, la développer, en renouvelant sans cesse ses contenus et ses formes et en essayant d’y gagner et d’en faire profiter le plus grand nombre possible.</p>



<p>Pour cela, il est important de mettre en valeur tout ce qui peut, dans toutes les cultures, servir d’ancrage et de support à l’enracinement et à la promotion des valeurs humanistes et démocratiques qui ne sont pas l’apanage exclusif de telle ou telle culture, de <em>«l’Occident»</em> ou d’ailleurs.</p>



<p>Partout, la défense et la promotion de la justice sociale et de l’égalité, doivent aller de pair avec la défense de la liberté et des droits égaux pour tou(te)s. Nous n’avons pas à sacrifier l’égalité au nom de la liberté, ni la liberté au nom de la justice sociale et de l’égalité ; car, comme le dit G. Soulier, <em>«…les inégalités sociales détruisent le principe de droits égaux pour tous, mais il faut justement se prévaloir de ce principe pour combattre les inégalités sociales»</em>. Cela exige un contrat social où l’humain, réconcilié avec la nature, sera <em>«la mesure de tout»</em>.</p>



<p>Le <em>«contrat naturel»</em> auquel appela Michel Serres, depuis 1990, comme complément nécessaire au renouvellement du contrat social usé par les politiques néolibérales, est plus que jamais nécessaire, pour mettre fin aux <em>«blessures de l’homme coupé de l’univers</em>» et aux <em>«gémissements de la nature exploitée par l’homme»</em>, selon l’expression de Richard Bergeron.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/10/mohamed-cherif-ferjani-au-maghreb-orient-des-livres-a-paris/">Mohamed Cherif Ferjani au Maghreb-Orient des Livres à Paris</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>«Genius devil» : L&#8217; Amérique, de la démocratie à la ploutocratie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/20/genius-devil-l-amerique-de-la-democratie-a-la-ploutocratie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Feb 2022 07:48:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[École de Chicago]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Fond monétaire international]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe des 7]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quand le Groupe des 7, ainsi que des partis politiques locaux, jugent incompatible avec la démocratie la mise sous tutelle par l’Etat, en Tunisie, d&#8217;une corporation judiciaire appliquant «de facto» les normes de l&#8217;École de Chicago au service des milieux d’affaires locaux et internationaux, le mieux est de ne pas prendre leurs certitudes… pour argent...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/20/genius-devil-l-amerique-de-la-democratie-a-la-ploutocratie/">«Genius devil» : L&rsquo; Amérique, de la démocratie à la ploutocratie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/02/Liberalisme.jpg" alt="" class="wp-image-381361"/></figure></div>



<p><strong><em>Quand le Groupe des 7, ainsi que des partis politiques locaux, jugent incompatible avec la démocratie la mise sous tutelle par l’Etat, en Tunisie, d&rsquo;une corporation judiciaire appliquant «de facto» les normes de l&rsquo;École de Chicago au service des milieux d’affaires locaux et internationaux, le mieux est de ne pas prendre leurs certitudes… pour argent comptant. Les leçons tirées de l&rsquo;histoire même du libéralisme américain le dictent&#8230;</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-381360"></span>



<p>La déréglementation du marché et la financiarisation de l’économie sont elles intrinsèques à la démocratie ? Après le capitalisme sans entraves concomitant à l’industrialisation des Etats-Unis, et la crise économique de 1929, l’Etat fédéral a mis la bride sur l’investissement en imposant une réglementation garantissant une concurrence loyale entre les sociétés, interdisant la constitution de groupes économiques exclusifs (trusts) et encadrant les risques d’effondrement des sociétés et la ruine des investisseurs, du fait de la spéculation boursière.</p>



<p>Avec la reconnaissance des droits syndicaux des ouvriers, une nouvelle ère est née, qualifiée de New Deal, caractérisée par une distribution plus équitable des richesses, et une taxation conséquente du capital et des revenus. Dans un contexte caractérisé par le danger de la révolution mondiale, il s’agissait de donner des avantages susceptibles de contrecarrer l’adhésion au communisme de totalité ou d’une partie de la classe ouvrière.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Liberté d’entreprendre et rôle de l&rsquo;Etat</h2>



<p>Et puis il y a eu les années 60, l’ère de la contestation, des droits civiques, de la libération des femmes et des groupuscules gauchistes violents. Avec la guerre du Vietnam, les scandales liés à l’espionnage de la population, le choc pétrolier, l’inflation, la récession économique, le Watergate, certains (les Libertariens) pensaient que le gouvernement devenait un outil inutile, coûteux, gaspillant l’argent du contribuable, et même dangereux , dont il fallait se débarrasser. Le président Nixon projetait de consolider les acquis sociaux&nbsp; par la généralisation de l’assurance maladie, mais il démissionna finalement.</p>



<p>C’est dans ce contexte trouble qu’en 1972 les dirigeants de quelques unes des plus grandes sociétés (IBM, Général Electric, AT&amp;T) constituaient ce qu’on a appelé le Business Roundtable, pour étudier les mesures nécessaires susceptibles d’augmenter et de garantir leurs bénéfices en limitant l’interférence des pouvoirs publics dans les affaires, l’autre objectif étant de remettre en question les pouvoirs des syndicats, jugés menaçants.</p>



<p>Quelques années auparavant, Milton Friedman, un professeur d’économie de l’université de Chicago, était devenu célèbre en soutenant que l’Etat ne devait pas intervenir dans le marché, celui-ci s’autorégulant. Il fut soutenu en cela par Lewis Powell, un avocat, qui devait devenir juge de la Cour Suprême, dans un article intitulé <em>‘‘Attaque contre la libre entreprise américaine</em>’’ , pour qui la seule raison d’être du marché était d’assurer des bénéfices.</p>



<p>Des comités de réflexion furent créés (American Enterprise Institute, Hoover Foundation) dans le but de diffuser cette vision «<em>anti New Deal»</em> de l’économie, et une action de lobbying entreprise auprès des représentants et des sénateurs, afin de les convaincre. Mais l’action ne se limita pas au seul domaine économique. Le domaine légal, jugé crucial, fut investi. L’avocat Robert Borke, celui du massacre du samedi soir lors du Watergate, qui fut le professeur de Bill et Hillary Clinton, remit en question toutes les décisions de la Cour Suprême adaptant la Constitution à l’évolution de la société, par une relecture de ses articles dans le contexte d’origine. Cela fut appelé <em>«originalisme»</em>. En accord de quoi, la seule liberté garantie par la Constitution serait celle d’entreprendre et d’accroître ses bénéfices, moyennant des prix de vente raisonnables. Et la Federalist Society de laquelle émergèrent plusieurs juges de la Cour Suprême contribua d’une manière décisive à la diffusion de l&rsquo;<em>«l’originalisme»</em> dans la pratique juridique américaine. Le Wall Street Journal devint une tribune habituelle de ce courant libertarien. L’école de Chicago, dite Law and Economics, avait par le biais de Ronald Coase, publié un article essentiel, <em>‘‘Le problème du coût social’’</em>. La Law and Economics prétendait établir des normes en rapport avec les retombées économiques issues de l’application du droit. Grâce au généreux donateur Charles Koch, une figure éminente du pétrole, les universités les plus prestigieuses créèrent des départements spécialisés dans cette discipline.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’accroissement non entravé de la richesse</h2>



<p>A la fin des années 70, le cadre académique, juridique, médiatique, économique et relationnel était donc en place pour la réalisation des objectifs politiques du Business Round Table, l’accroissement non entravé de la richesse pour les plus grandes fortunes, le démantèlement des syndicats, et la suppression des acquis sociaux. Mais c’est avec l’arrivée de Ronald Reagan au pouvoir dans les années 80 que le programme fut mis réellement en pratique aux plus hauts échelons de l’Etat, avec une baisse importante des impôts sur les revenus, et le licenciement des grévistes du contrôle aérien.</p>



<p>En 1995 la fraction la plus riche (608 personnes) détenait la moitié de la richesse nationale. En 2015 cette part s’élevait à 86%.</p>



<p>Avec l’accession de Donald Trump à la présidence en 2016, les impôts sur les revenus étaient réduits à 21%. Durant la même période, la progression des salaires était plus que modeste alors que les prix grimpaient, les assurances maladie privées et les études étant toujours plus coûteuses.</p>



<p>En réalité, les lois anti trust étant réinterprétées dans un sens favorable aux milieux d’affaires, la formation d’oligopoles s’accompagnait d’un renchérissement des prix dont le consommateur payait en fin de compte la facture. Et la création éventuelle de travail induite par la plus value incluait essentiellement les pays avec des mains d’œuvre à faible coût. Mais la crise des subprimes en 2008 révélait les pratiques d’une économie spéculative usant du Leverage Buy Out pour réaliser des bénéfices importants réinvestis en bourse, au prix d’un endettement toujours considérable, du démantèlement d’entreprises productives et de la ruine de fonds d’investissement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Secteur privé et préservation de l’intérêt général</h2>



<p>Le président Obama n’eut pas le courage de rétablir la réglementation du New Deal alors qu’il en avait l’opportunité. Et en 2020, la crise du Covid mettait en exergue, ou plutôt confirmait l’impuissance du secteur privé de l’économie à assumer les contraintes liées à la préservation de l’intérêt général.</p>



<p>Comparativement à l’économie des pays scandinaves où malgré des charges sociales considérables, la croissance dépasse les 3%, celle des Etats-Unis plafonne dans la tranche des 2%, en grande partie grâce au boom de la production pétrolière et gazière. Et dans le classement GINI sur l’inégalité des richesses, ce pays se situe dans la tranche de l’Indonésie et du Congo, et derrière le Maroc et le Mexique.</p>



<p>La réalité a donc prévalu; le sur-enrichissement des uns avec l’appauvrissement de tous les autres n’a entraîné ni la croissance économique promise, ni assuré les besoins les plus urgents de la population, ni encore moins avec l’avènement des robots, garanti du travail au plus grand nombre, ou protégé l&rsquo;environnement.</p>



<p>Avec le New Deal depuis le début des années 30, la démocratie américaine s’était préservée contre les excès du capitalisme débridé. C’est en démantelant cette réglementation, grâce à un travail de diffusion des idées par le biais des pouvoirs d’influence académiques et médiatiques, qu’on ne peut qualifier que de propagande, ainsi que par la levée de toute restriction juridique sur les subventions des campagnes électorales législative et présidentielle, que sous l’impulsion du Business Round Table, la Law and Economics s’est propagée aux plus hauts sommets de l’Etat américain, pour en devenir la norme, chez les Républicains comme les Démocrates, ainsi que d’ailleurs aux salons feutrés du Fond monétaire international (FMI), et de la Banque Mondiale (BM). Et quand le Groupe des 7, ainsi que des partis politiques locaux, jugent incompatible avec la démocratie la mise sous tutelle par l’Etat tunisien d&rsquo;une corporation judiciaire appliquant <em>«de facto»</em> les normes de l&rsquo;École de Chicago au service des milieux d’affaires locaux et internationaux, le mieux est de ne pas prendre leurs certitudes… pour argent comptant.</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique. </em></p>



<p><em><strong>*  »Evil Geniuses: The Unmaking of America: A Recent History », essai de Kurt Andersen, éd. Hardcover, 2020.</strong></em></p>



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		<title>Retour du protectionnisme : priorités et opportunités pour la Tunisie</title>
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		<pubDate>Thu, 23 Apr 2020 08:28:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Covid-19]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La crise Covid-19 a démontré l’échec de la mondialisation libérale et le retour en force du protectionnisme. Les pays se sont refermés sur eux-mêmes afin de doter l’Etat des moyens pour affronter la crise et protéger les entreprises nationales. Et si cette crise était une opportunité pour relancer l’économie en Tunisie ? Par Atef Hannachi...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/04/Economie-Tunisie.jpg" alt="" class="wp-image-293224"/></figure>



<p><strong><em>La crise Covid-19 a démontré l’échec de la mondialisation libérale et le retour en force du protectionnisme. Les pays se sont refermés sur eux-mêmes afin de doter l’Etat des moyens pour affronter la crise et protéger les entreprises nationales. Et si cette crise était une opportunité pour relancer l’économie en Tunisie ?</em></strong></p>



<p>Par <strong>Atef Hannachi</strong> *</p>



<span id="more-295642"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/02/Atef-Hannachi.jpg" alt="" class="wp-image-200261"/></figure></div>



<p>La Tunisie, on le sait, a une économie ouverte sur l’extérieur où l’exportation a une grande importance en termes d’emploi et de recettes en devises. De même, les sociétés qui opèrent sur le marché local ont un besoin important d’approvisionnement extérieur pour fonctionner et livrer sur leurs clients.</p>



<p>Le schéma suivant présente la composition du PIB tunisien par secteur d’activité :</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/04/Tableau-1-2.jpg" alt="" class="wp-image-295643"/></figure></div>



<p>Ce schéma démontre qu’aucun secteur économique n’est épargné par la crise actuelle, à part l’agriculture, les industries agro-alimentaires et les services financiers.</p>



<p>Les entreprises, et par conséquent l’Etat, vont se trouver affaiblis par le manque de ressources.</p>



<p>La répartition des exportations tunisiennes est détaillée dans le tableau suivant :</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/04/Tableau-2-1.jpg" alt="" class="wp-image-295644"/></figure></div>



<p>La répartition des destinations des exportations tunisiennes par pays se détaille comme suit :</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/04/Tableau-3.jpg" alt="" class="wp-image-295645"/></figure>



<p>La réparation des importations tunisiennes par secteur se détaille comme suit :</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/04/Tableau-4.jpg" alt="" class="wp-image-295646"/></figure>



<p>Par conséquent, l’actuelle crise de protectionnisme dans le monde va provoquer les conséquences suivantes :</p>



<ul class="wp-block-list"><li>réduire les chiffres d’affaires des sociétés d’export, mettre en difficulté les sociétés totalement exportatrices et aggraver la situation de la balance des payements;</li><li>réduire les revenus des entreprises publiques de produits minéraux vu la diminution de la demande mondiale et le ralentissement de la croissance mondiale;</li><li>réduire les flux des IDE.</li></ul>



<p>Ainsi, la barrière mise par le modèle libéral à l’intervention de l’Etat est levée. La théorie deKeynes développée après la crise de 1929 revient en force et l’intervention de l’Etat devient une nécessité pour investir et restructurer les activités économiques.</p>



<p>Dans ce contexte, l’Etat doit utiliser tous les moyens disponibles pour faire face à la crise. Ses priorités seront les suivantes:</p>



<ol class="wp-block-list" type="1"><li>réduire le taux d’intérêt directeur afin d’inciter à investir;</li><li>permettre aux banques de financer les investissements de l’Etat, en adaptant les normes comptables IPSAS pour les comptes des entités publiques;</li><li>aider les entités industrielles opérant sur le marché européen à commercialiser leur produit sur le marché local par l’élimination des barrières à l’entrée, la réduction des coûts de douane et la révision des lois relatives à la franchise;</li><li>promouvoir les investissements intérieurs afin qu’ils complètent les chaînes de valeur locales et réduire les importations;</li><li>promouvoir les produits d’origine tunisienne par l’augmentation des droits de douane sur les produits similaires importés;</li><li>revoir les taux d’imposition en matière de TVA tout en gardant l’équilibre des ressources fiscales afin d’inciter la consommation locale;</li><li>inciter l’Etat à lancer des investissements de restructuration et d’infrastructure avec la formule partenariat publique-privé;</li><li>permettre à l’Etat d’investir dans les dérivés des produits minéraux, vue la diminution de la demande mondiale des produits brut.</li></ol>



<p><em>* Expert Comptable.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/04/23/retour-du-protectionnisme-priorites-et-opportunites-pour-la-tunisie/">Retour du protectionnisme : priorités et opportunités pour la Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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