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	<title>Archives des Palestine - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Palestine - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>L’ancien chef du Mossad Tamir Pardo a «honte d’être juif»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 May 2026 07:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce qui menace réellement l’existence d’Israël : les colons juifs violents qui sèment la terreur en Cisjordanie et les autorités israéliennes qui les laissent faire.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/04/lancien-chef-du-mossad-tamir-pardo-a-honte-detre-juif/">L’ancien chef du Mossad Tamir Pardo a «honte d’être juif»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Tamir Pardo, qui a consacré sa carrière de directeur du Mossad à contrer les capacités nucléaires de l’Iran, met aujourd’hui en garde contre ce qui menace réellement l’existence d’Israël : les colons juifs violents qui sèment la terreur en Cisjordanie et les autorités israéliennes qui les laissent faire.</em></strong></p>



<p><strong>Allison Kaplan Sommer</strong></p>



<span id="more-18725547"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Allison-Kaplan-Sommer.jpg" alt="" class="wp-image-18725609" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Allison-Kaplan-Sommer.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Allison-Kaplan-Sommer-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Allison-Kaplan-Sommer-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>L’ancien chef du Mossad, Tamir Pardo, ne correspond guère au profil d’un gauchiste radical qui comparerait le comportement d’Israël à celui des nazis allemands et déclarerait avoir <em>«honte d’être juif»</em>.</p>



<p>Vétéran de l’unité d’élite Sayeret Matkal de l’armée israélienne, il a participé à l’opération d’Entebbe aux côtés du frère défunt du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Yoni, avant de rejoindre l’agence nationale de renseignement, où il a gravi les échelons pour finalement devenir son chef de 2011 à 2016. Durant cette période, il s’est concentré sur la mission de Netanyahu visant à contrer les capacités nucléaires de l’Iran. Sous la direction de Pardo, plusieurs scientifiques de haut rang à Téhéran ont été ciblés et tués – vraisemblablement par l’agence qu’il dirigeait.</p>



<p>Depuis son départ du Mossad, il est effectivement devenu un critique virulent du premier ministre qu’il a servi, particulièrement en ce qui concerne la question palestinienne, avertissant à maintes reprises dans des entretiens publics que la plus grande menace existentielle pour Israël ne réside pas à Téhéran, mais dans son incapacité à résoudre la question palestinienne.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Israël, un État d’apartheid</h2>



<p>Il y a trois ans, le mois précédant le 7 octobre, il a déclaré sans ambages qu’Israël est un État d’apartheid. Il a également signé une pétition pendant la guerre de Gaza appelant à un cessez-le-feu et a été cité qualifiant le conflit d’<em>«inutile»</em> et de <em>«perte de temps et de vies humaines»</em>.</p>



<p>Pardo a poussé sa rhétorique un cran plus loin cette semaine.</p>



<p>L’ancien chef du Mossad a été filmé en Cisjordanie pour une émission d’information télévisée sur la chaîne 13 [israélienne], visitant des villages ciblés par des colons violents d’extrême droite, au sein d’un groupe d’anciennes hautes figures militaires – parmi lesquelles les anciens généraux et hommes politiques Amram Mitzna et Matan Vilnai. Le groupe s’est entretenu avec des victimes des provocations, invasions et violences quotidiennes des <em>«jeunes </em>[colons ]<em> des collines»</em> (Noar HaGva’ot/hilltop youth), basés dans des avant-postes illégaux voisins, alors qu’ils harcèlent systématiquement les villageois palestiniens – les terrorisant au point qu’ils n’osent pas envoyer leurs enfants à l’école – dans le but déclaré de rendre la vie si intolérable qu’ils se déplacent volontairement.</p>



<p>Des dizaines de communautés palestiniennes ont été chassées à la suite de ces campagnes, au cours desquelles des Palestiniens ont été tués à plusieurs reprises dans des attaques violentes, avec une intervention minimale des forces de l’ordre et de l’armée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les graines du prochain 7 octobre</h2>



<p>Pardo est resté impassible en écoutant un berger palestinien raconter comment il avait été pris en embuscade et battu par des colons la nuit, son pantalon retiré et ses jambes – et ses parties génitales – attachées avec des serre-câbles. Toutes les personnalités militaires du groupe ont condamné ce comportement hors-la-loi devant les caméras, mais les paroles de Pardo ont été de loin les plus cinglantes.</p>



<p><em>«Ma mère est une survivante de l’Holocauste»</em>, a déclaré Pardo. Et d’ajouter&nbsp;: <em>«Ce que j’ai vu ici aujourd’hui m’a rappelé des événements survenus au cours du siècle dernier dans un pays très développé – les mêmes phénomènes dirigés là-bas contre les Juifs. Et j’ai honte d’être juif aujourd’hui ici.»</em></p>



<p>Les autorités, a-t-il souligné, <em>«savent ce qui se passe ici et choisissent de l’ignorer»</em>. En agissant ainsi – et en soutenant les colons violents à la fois politiquement et financièrement – il a déclaré que le gouvernement israélien <em>«plante les graines du prochain 7 octobre»</em>.</p>



<p>L’homme qui a consacré sa carrière à combattre ce qu’il croyait à l’époque être le plus grand danger pour son pays met aujourd’hui en garde contre ce qui menace réellement son existence.</p>



<p>Peut-être que si davantage d’Israéliens faisaient la tournée édifiante accessible à Pardo et à d’autres généraux de haut rang, eux aussi seraient convaincus que la plus grande <em>«menace existentielle»</em> d’Israël ne se trouve pas à Téhéran, mais dans les gangs violents de leur propre arrière-cour – et, lors des prochaines élections, voteraient pour retirer le pouvoir à ceux qui les soutiennent aux plus hauts échelons du gouvernement actuel.</p>



<p><strong>Source</strong>&nbsp;<em>:&nbsp;<strong><a href="https://www.haaretz.com/israel-news/haaretz-today/2026-04-28/ty-article/.highlight/what-made-an-ex-mossad-chief-say-hes-ashamed-to-be-a-jew/0000019d-d4c6-d95a-afbd-f5ce8e160000" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Haaretz</a>. Traduit par&nbsp;<a href="https://tlaxcala-int.blogspot.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Tlaxcala</a></strong></em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/04/lancien-chef-du-mossad-tamir-pardo-a-honte-detre-juif/">L’ancien chef du Mossad Tamir Pardo a «honte d’être juif»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Albanese à Tunis &#124; «Pas de neutralité face à Gaza»</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/01/albanese-a-tunis-pas-de-neutralite-face-a-gaza/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 May 2026 07:28:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Salon du livre de Tunis]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«Etre aux côtés de la Palestine, c'est défendre l’humanité commune», a déclaré Francesca Albanese à la Foire du livre de Tunis. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/01/albanese-a-tunis-pas-de-neutralite-face-a-gaza/">Albanese à Tunis | «Pas de neutralité face à Gaza»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La Palestine : une question de droit, mais aussi un test moral pour la conscience internationale. Tel était le thème central de la rencontre, le 29 avril 2026, avec Francesca Albanese au 40<sup>e</sup> Salon international du livre de Tunis, au parc des expositions de Kram.</em></strong></p>



<span id="more-18717036"></span>



<p>La juriste italienne, Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, y a présenté son nouvel ouvrage, <em>‘‘Quand le monde dort Récits, voix et blessures de la Palestine’’</em>, publié en Tunisie aux éditions Cérès.</p>



<p>Depuis Tunis, Mme Albanese a déclaré qu’<em>«être aux côtés de la Palestine»</em> signifie défendre <em>«l’humanité commune»</em> et, dans un passage encore plus clair de son discours, qu’<em>«il n’y a pas de neutralité face au génocide»</em>.</p>



<p>Dans ce livre, écrit en partie en Tunisie, où Albanese a déclaré avoir vécu à plusieurs reprises, l’auteure recueille les voix et les témoignages de femmes, d’hommes et d’enfants palestiniens marqués par la guerre, l’exil et la perte. C’est un récit choral où les mots deviennent des <em>«actes de résistance»</em>.</p>



<p>La présence d’Albanese s’inscrit dans le cadre d’une foire qui, cette année, a accordé une large place à la Palestine, non seulement à travers le débat politique et culturel sur Gaza, mais aussi grâce au catalogue éditorial, aux traductions et à la participation d’auteurs arabes et internationaux. </p>



<p>Parmi les autres invités de la 40<sup>e</sup> édition figuraient également le poète et romancier palestinien Ibrahim Nasrallah, le romancier algérien Saïd Khatibi et l’écrivaine égyptienne Reem Bassiouney.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/01/albanese-a-tunis-pas-de-neutralite-face-a-gaza/">Albanese à Tunis | «Pas de neutralité face à Gaza»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Palestine &#124; Les responsabilités du silence</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/28/palestine-les-responsabilites-du-silence/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Apr 2026 09:53:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Benjamin Netanyahu]]></category>
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		<category><![CDATA[nettoyage ethnique]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nommer la tragédie en Palestine ne suffit plus : il faut désormais en désigner les auteurs et les complices. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/28/palestine-les-responsabilites-du-silence/">Palestine | Les responsabilités du silence</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>À Gaza, la catastrophe humanitaire a cessé d’être un événement : elle est devenue une condition. Mais à mesure que les faits s’accumulent, une autre réalité s’impose — celle des choix politiques, des fidélités obstinées et des silences organisés. Nommer la tragédie ne suffit plus : il faut désormais en désigner les auteurs et les complices.</em></strong><strong></strong></p>



<p><strong>Dr Moez Ben Khemis</strong> *</p>



<span id="more-18701995"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Moez-BEN-KHEMIS.jpg" alt="" class="wp-image-7354931" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Moez-BEN-KHEMIS.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Moez-BEN-KHEMIS-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Moez-BEN-KHEMIS-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>À Gaza, la réalité ne se discute plus : elle accable. Plus de 72 000 morts, 170 000 blessés — et, dans cette masse indistincte de chiffres, des vies fauchées, des enfances anéanties, des lignées effacées. Ce ne sont pas seulement des individus qui disparaissent, mais les contours mêmes d’une société que l’on voit, jour après jour, se défaire.</p>



<p>Le territoire, lui, est livré à une entreprise de démolition systématique. Hôpitaux rendus muets, écoles ouvertes comme des plaies, réseaux vitaux pulvérisés : rien de ce qui permettait encore de tenir ne semble devoir subsister. L’eau manque, les soins s’éteignent, la famine s’installe. Et la population, presque tout entière déplacée, erre dans l’étroitesse d’un espace clos, condamnée à fuir l&rsquo;ombre de la mort sans jamais pouvoir s’échapper.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le droit à l’épreuve de sa propre faiblesse</h2>



<p>Face à cela, les mises en garde abondent — et s’épuisent. Organisations internationales, juristes, observateurs : tous documentent, tous alertent, tous concluent à des violations répétées du droit international humanitaire.</p>



<p>Les mots se durcissent : génocide, nettoyage ethnique. Ils ne sont plus seulement brandis, mais examinés, pesés, discutés devant les juridictions internationales. Les Nations unies avertissent, elles aussi. Mais à mesure que le langage se fait plus grave, son effet semble s’émousser : le droit est invoqué, rarement appliqué.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La constance des soutiens, l’inertie des puissances</h2>



<p>Car ce qui se joue ici ne tient pas seulement aux faits, mais aux volontés qui les encadrent — ou les tolèrent. Aux États-Unis, Joe Biden puis Donald Trump maintiennent un appui constant, scellé par les livraisons d’armes et protégé par le veto diplomatique.</p>



<p>Au Royaume-Uni, Rishi Sunak ainsi que son successeur prolongent cette ligne. En France, Emmanuel Macron nuance, ajuste, appelle — mais ne rompt pas. Le langage varie, la politique demeure.</p>



<p>Et sur le terrain, le gouvernement de Benjamin Netanyahu poursuit son offensive, comme affranchi de toute contrainte autre que la sienne propre.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="538" data-id="18702051" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Gaza-Pluies-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-18702051" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Gaza-Pluies-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Gaza-Pluies-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Gaza-Pluies-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Gaza-Pluies-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Gaza-Pluies-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Gaza-Pluies-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Gaza-Pluies.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" data-id="18702034" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Famine-Gaza-3-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-18702034" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Famine-Gaza-3-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Famine-Gaza-3-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Famine-Gaza-3-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Famine-Gaza-3-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Famine-Gaza-3-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Famine-Gaza-3-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Famine-Gaza-3.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</figure>



<h2 class="wp-block-heading">L’ombre portée d’une conflagration</h2>



<p>Déjà, le conflit déborde. Au sud du Liban, les affrontements étendent la zone de fracture. Les victimes s’ajoutent aux victimes, les exils aux exils.</p>



<p>Ce qui se dessinait comme une guerre circonscrite menace désormais de devenir un foyer d’embrasement régional. L’histoire, ici, ne progresse pas : elle s’étend.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le silence fragmenté du monde arabe</h2>



<p>Face à cela, une autre réalité s’impose : celle d’un monde arabe politiquement en retrait. Les condamnations existent, mais elles restent sans prise.</p>



<p>Les divisions internes, les calculs stratégiques, les équilibres fragiles — tout concourt à contenir la parole dans les limites du déclaratif. L’indignation circule ; l’action, elle, se dérobe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’euphémisme comme dernier refuge</h2>



<p>Reste le langage. Et avec lui, une forme plus insidieuse de déni. Parler de <em>«conflit»</em>, de <em>«riposte»</em>, d’<em>«affrontements»</em>, c’est parfois déjà atténuer. C’est substituer à la dissymétrie des faits une symétrie de façade.</p>



<p>Or nommer, c’est trancher. C’est reconnaître la nature d’une réalité. À l’inverse, euphémiser revient à l’envelopper, à l’adoucir — et, ce faisant, à la rendre plus acceptable qu’elle ne devrait jamais l’être.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’ordre international au révélateur</h2>



<p>Ce qui se joue dépasse désormais Gaza. C’est l’ordre international lui-même qui se trouve exposé — dans ses principes comme dans ses contradictions.</p>



<p>Pourquoi certaines violations appellent-elles des sanctions immédiates, quand d’autres s’accommodent de protestations sans effet ? Pourquoi l’urgence est-elle, selon les cas, si variable ?</p>



<p>À ces écarts répond un sentiment grandissant : celui d’un droit inégal, d’une justice sélective, d’un univers normatif à géométrie variable.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Nommer, enfin, les responsabilités</h2>



<p>Car il faut en venir là. Non plus seulement aux faits, mais à ce qui les rend possibles. Les décisions politiques, les vetos, les soutiens militaires, les prudences calculées, les silences entretenus : tout cela ne constitue pas un décor, mais une mécanique.</p>



<p>L’histoire, toujours, élargit le cercle des responsabilités. Elle ne s’arrête pas à ceux qui agissent ; elle inclut ceux qui permettent.</p>



<p>À Gaza, rien ne manque pour comprendre : les faits sont établis, les alertes lancées, les institutions saisies.</p>



<p>Ce qui manque encore, c’est autre chose — une décision, une rupture, un acte.</p>



<p>Et une question demeure, nue, irréductible :<br>que feront, concrètement, ceux qui ont le pouvoir d’agir ?</p>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center">Quelques statistiques officielles :</h2>



<p><strong>Hôpitaux </strong>(et structures de santé)&nbsp;:</p>



<p>Gaza comptait environ&nbsp;36 hôpitaux&nbsp;avant la guerre. Fin 2024–2025, la majorité ont été endommagés ou détruits&nbsp;; seuls&nbsp;14 à 17 restaient partiellement fonctionnels.&nbsp;</p>



<p>Plus de&nbsp;650 attaques contre des structures de santé&nbsp;ont été recensées&nbsp;</p>



<p>En clair : le système hospitalier est&nbsp;quasi anéanti, plus que simplement <em>«touché»</em>.</p>



<p><strong>Écoles et universités&nbsp;:</strong></p>



<p>Environ&nbsp;778 écoles sur 815 (≈ 95 %) endommagées ou détruites. Plus de&nbsp;90 % des bâtiments scolaires touchés. Des centaines d’établissements sont&nbsp;totalement hors service Cela correspond à&nbsp;l’effondrement quasi total du système éducatif.</p>



<p><strong>Mosquées</strong> (et lieux religieux)</p>



<p>Environ&nbsp;823 mosquées détruites&nbsp;selon certaines évaluations. De nombreux autres lieux religieux (églises, sites historiques) également endommagés.&nbsp;Une part majeure du patrimoine religieux a été&nbsp;rasée ou gravement touchée.</p>



<p><strong>Infrastructures&nbsp;:</strong></p>



<p>80 à 90 % des bâtiments de Gaza endommagés ou détruits. Plus de 102 000 bâtiments totalement détruits. 85 % des réseaux d’eau et d’assainissement hors service. 62 % des routes détruites. 80 % des infrastructures globales en ruines&nbsp;</p>



<p>On parle ici d’une destruction&nbsp;systémique.</p>
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		<title>L’Unesco est tenue de préserver le patrimoine palestinien</title>
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		<pubDate>Sun, 19 Apr 2026 08:06:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après la destruction de Gaza par Israël, la crainte est de voir le nettoyage ethnique doublé par un nettoyage culturel dans toute la Palestine. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Depuis plus de deux ans, la priorité absolue à Gaza est certainement à accorder à la protection des vies et à l’aide humanitaire. En Cisjordanie, exclue du dernier plan de paix américain, l’opposition à l’extension de la colonisation israélienne, illégale et de plus en plus vexatoire et meurtrière, est aussi une urgence. Mais l’attachement indéfectible des Palestiniens à leur terre fait penser inévitablement à la situation critique dans laquelle se trouve leur patrimoine, composante fondamentale de leur identité.</em></strong></p>



<p><strong>Houcine Jaïdi</strong> *</p>



<span id="more-18655482"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/06/Houcine-Jaidi.jpg" alt="" class="wp-image-16815517" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/06/Houcine-Jaidi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/06/Houcine-Jaidi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/06/Houcine-Jaidi-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>La célébration de la Journée internationale des monuments et des sites (Jims), le 18 avril, sous l’égide de l’Unesco, invite à s’arrêter à l’attitude de l’organisation internationale envers le patrimoine palestinien dans ses composantes archéologique et monumentale.</p>



<p>Cette mise au point, qui se justifie d’abord par l’état de fait imposé par la colonisation israélienne, dont les racines remontent aux premiers temps de l’Unesco, s’impose aussi au vu des atteintes graves qui sont en rapport avec les ravages subis par les monuments et les sites, depuis plus de deux ans, dans la bande de Gaza et les menaces enregistrées en Cisjordanie. Elle trouve également un fondement dans le thème choisi pour la Jims de cette année&nbsp;:<em> «Patrimoine vivant et interventions d’urgence»</em>.</p>



<p>Dans une acception très large, le Conseil international des monuments et des sites (Icomos), qui préside à la célébration de la Jims, considère que le patrimoine vivant <em>«englobe toutes les dimensions du patrimoine culturel – matériel, immatériel – et naturel».</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Un patrimoine constamment en péril</h2>



<p>Sur une proposition de la Jordanie, la vieille ville Jérusalem/Al-Qods et ses remparts ont été classés au patrimoine mondial de l’Unesco, en 1981, très peu de temps après qu’Israël ait proclamé la ville <em>«comme capitale éternelle et indivisible»</em>, en juin 1980. Le royaume hachémite avait agi en vertu de la tutelle qu’il assurait sur les monuments religieux de la Cisjordanie qui était encore considérée comme territoire jordanien occupé, avant que la tutelle soit assumée par l’État palestinien en 1988.</p>



<p>L’une des motivations principales de la demande d’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco résidait dans les travaux archéologiques invasifs et illégaux entrepris par les Israéliens à la recherche de <em>«preuves»</em> justifiant leur colonisation.</p>



<p>Cet usage politique, très souvent collé à l’archéologie, notamment en contexte colonial, n’a échappé ni aux autorités jordaniennes, ni aux Palestiniens qui étaient les premiers à dénoncer les abus de l’occupant. En 1982, la vieille ville d’Al-Qods a été classée sur la Liste du patrimoine mondial en péril, statut qu’elle n’a toujours pas quitté.</p>



<p>Bien que l’annexion de Jérusalem-Est ait été immédiatement condamnée par la communauté internationale, la vieille ville a gardé auprès de l’Unesco un statut en suspens, unique en son genre dans la nomenclature de l’organisation internationale. Cette dernière, qui classe les biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial par pays, mentionne Jérusalem à l’endroit qu’elle occupe dans l’ordre alphabétique des pays avec la mention <em>‘’Jérusalem (site proposée par la Jordanie)’’</em>.</p>



<p>Depuis des décennies, le Conseil du patrimoine mondial, qui statue en matière de classement, réaffirme invariablement qu’il <em>«décide que le statut de la Vieille ville de Jérusalem et ses remparts concernant la Liste du patrimoine mondial reste inchangé»</em>. Le blocage de la situation est évidemment imputable à la situation coloniale que l’Unesco n’a pas vocation à résoudre. Mais force est de constater que les conséquences sont lourdes pour des composantes essentielles du patrimoine de la ville.</p>



<p>Après avoir ratifié la Convention du patrimoine mondial le 8 décembre 2011, l’État palestinien a multiplié, dès 2012, les demandes d’inscription de sites et de monuments sur la Liste du Patrimoine mondial. Cette démarche a abouti, à intervalles assez réguliers, au classement de cinq biens culturels dont certains constituent des jalons majeurs de l’histoire universelle : Lieu de naissance de Jésus&nbsp;: l’église de la Nativité et la route du pèlerinage, Bethléem (2012) &#8211; Palestine&nbsp;: terre des oliviers et des vignes &#8211; Paysage culturel du sud de Jérusalem, Battir (2014) &#8211; La vieille ville d’Hébron/Al-Khalil), (2017) &#8211; L’ancienne Jéricho (Ariha) / Tell es-Sultan (2023) &#8211; Monastère de saint Hilarion / Tell Umm Amer (2024). Mis à part Tell es-Sultan, tous les biens ont été inscrits simultanément sur la Liste du Patrimoine mondial et sur la Liste du patrimoine en péril. Seule l’église de la Nativité a quitté la Liste du patrimoine en péril en 2019 après avoir été restaurée.</p>



<p>Ainsi, en comptant Al-Qods, sur un total de 6 biens palestiniens, 5 ont été inscrits simultanément sur la Liste du patrimoine mondial et sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Ce dernier statut n’a été quitté que par un seul bien, il y a 7 ans, après y avoir été maintenu pendant 7 ans.</p>



<p>L’Unesco peut-elle se permettre de continuer à décider, in extremis, du statut international des ensembles urbains, des monuments et des sites palestiniens, afin de les sauver du péril lié tantôt aux destructions et aux tentatives d’accaparement israéliennes, tantôt causé par la vétusté et les aménagements préjudiciables&nbsp;?</p>



<p>Certes, l’organisation mondiale et ses structures spécialisées dans la gestion du patrimoine mondial ont des règles de fonctionnement strictes avec des décisions préparées par les experts puis soumises au vote. Mais la fragilité extrême du précieux patrimoine palestinien dont la valeur universelle est connue et reconnue, qui découle directement ou indirectement de la situation coloniale aggravée par l’état de guerre récurrent, ne mériterait-elle pas plus d’attention et de volontarisme&nbsp;?</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/JIMS-2026-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-18655502" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/JIMS-2026-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/JIMS-2026-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/JIMS-2026-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/JIMS-2026-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/JIMS-2026-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/JIMS-2026-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/JIMS-2026.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">La voix peu audible de l’Unesco </h2>



<p>En matière de patrimoine, l’Unesco est le premier porte-parole de la communauté internationale. Il y a une douzaine d’années, la directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova a condamné, avec les termes les plus fermes, les sévices de Daech contre le patrimoine et ceux qui en avaient la charge en Syrie et en Irak, particulièrement sur le site de Palmyre/Tadmor et dans la vielle ville de Mossoul. Cette ville irakienne a pu, grâce au soutien technique et financier de l’Unesco, retrouver, en&nbsp;2025, une grande partie de l’éclat de ses monuments emblématiques.</p>



<p>Les communiqués officiels de l’Unesco, consignés sur son site officiel, ne font état, entre octobre 2023 et le cessez-le-feu d’octobre 2025, d’aucune condamnation des attaques israéliennes contre les sites et les monuments de Gaza.</p>



<p>Au cours des deux ans d’apocalypse vécue par la Bande de Gaza, le seul acte notable de l’Unesco en faveur du patrimoine de Gaza est l’inscription en urgence du monastère de saint Hilarion, en juillet 2024, à la fois sur la Liste du Patrimoine mondial et sur la Liste du Patrimoine mondial en péril.</p>



<p>Il a fallu attendre le début du mois de mars 2026, soit plusieurs mois après l’instauration du cessez-le-feu à Gaza et une fois que l’agression israélo-américaine de l’Iran a commencé, pour voir l’Unesco publier une déclaration où, partant des informations qui faisaient état de dégâts occasionnés à des monuments iraniens par les bombardements israéliens, affirme qu’elle <em>«continue à suivre de près la situation du patrimoine culturel dans le pays et dans l’ensemble de la région, afin d’assurer sa protection»</em>.</p>



<p>Au cours du même mois, L’Icomos a relayé l’Unesco dans deux communiqués dont le dernier (26 mars 2026) citait nommément des dégâts <em>«vérifiés»</em> en Iran (Téhéran et à Ispahan), en Israël (Tel-Aviv) et faisait état d’<em>«incidents signalés dans et autour de la vieille ville de Jérusalem et de ses remparts»</em>.</p>



<p>Mise à part la décision en faveur du site du monastère de saint Hilarion, classé en 2024 sur la Liste du Patrimoine mondial alors que la guerre faisait rage à Gaza, le mutisme de l’Unesco était d’autant plus surprenant que, malgré l’interdiction quasi généralisée de l’entrée des journalistes dans la bande de Gaza, des voix tout à fait crédibles ont alerté sur ce que subissait le patrimoine palestinien. Citons, entre autres, plusieurs chroniques signées dans le journal <em>Le Monde</em> par le Professeur Jean-Pierre Filiu qui a passé un mois à Gaza au cours de l’hiver&nbsp;2024-2025. Dans sa chronique du 24 août 2024, l’universitaire français déplorait le fait que <em>«en détruisant Rafah, l’armée israélienne tente d’effacer une histoire plurimillénaire».</em></p>



<p>Par ailleurs, un reportage publié, photos à l’appui, en date du 30 novembre 2025 dans le même journal français fait état d’abus extrêmement graves subis par le patrimoine archéologique palestinien.</p>



<p>Le reporter, Samuel Forey fait état d’une tentative de<em> «réquisition»</em> d’un grand nombre d’objets archéologiques, provenant de divers sites de Gaza dont le monastère de saint Hilarion, par un haut responsable de l’Autorité des antiquités d’Israël, au mois de janvier 2024.</p>



<p>Entre autres trésors archéologiques, il y avait, dans le dépôt lorgné par les Israéliens, le produit de 30 ans de fouilles entreprises par l’École biblique et archéologique française de Jérusalem (Ebaf) en collaboration avec les archéologues palestiniens. Ébruitée, la tentative de vol a échoué grâce surtout à l’intervention de la diplomatie française. Mais plus tard, le précieux contenu du dépôt a dû être évacué dans la hâte&nbsp;: le 10 septembre 2025, en quelques heures, l’évacuation a été faite en utilisant une charrette, avant que le local ne soit bombardé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des initiatives salutaires à la portée de l’Unesco</h2>



<p>Un appel solennel de l’Unesco en faveur des sites (culturels, naturels ou mixtes) et des monuments de la Palestine, classés sur la Liste du patrimoine ou sur la Liste indicative serait un geste fort qui mettrait à la fois le gouvernement israélien et l’ensemble des États parties de l’organisation mondiale devant leurs responsabilités.</p>



<p>La réussite de l’initiative permettrait aussi de donner une dimension culturelle à la reconstruction promise à Gaza et briderait l’agressivité des colons de la Cisjordanie. Son échec mettrait encore plus à nue la réalité du colonialisme israélien qui, au génocide de Gaza, à l’épuration ethnique en Cisjordanie et à l’apartheid désormais inscrit dans la loi, ajoute de plus en plus sa détermination à pulvériser le patrimoine matériel palestinien quand il n’arrive pas à le détourner pour construire son propre récit de l’histoire des territoires occupés.</p>



<p>Dans l’histoire de l’Unesco, les appels solennels à la préservation des monuments et des sites ont même précédé l’adoption de la Convention du patrimoine mondial par la 17<sup>e</sup> Conférence générale de l’Uneso, le 16 novembre 1972.</p>



<p>Alors que de lourdes menaces multiformes pesaient sur le site de Carthage, l’intervention de l’Unesco, suite à une demande officielle de la Tunisie, a été décisive. L’appel lancé par René Maheu, le Directeur général de l’Unesco, le&nbsp;19 juin 1972, de la colline de Byrsa, à la communauté internationale, a eu un écho considérable et immédiat. De nombreux pays d’Europe et d’Amérique du Nord ont répondu à l’appel en déléguant des équipes scientifiques de premier rang qu’elles ont financées. Les fruits de ces interventions qui se sont étendues sur près de deux décennies ont été salutaires pour le site de l’ancienne métropole méditerranéenne&nbsp;: fouilles, restaurations, sauvegarde et mise en valeur des vestiges, publications scientifiques… L’inscription du site sur la Liste du Patrimoine mondial, en 1979, a rehaussé son prestige tout en consolidant sa protection.</p>



<p>L’actuel Directeur général de l’Unesco, Khaled El-Enany a été élu, à la Conférence générale de l’Unesco du 6 novembre dernier, par une très grande majorité de pays parties, qui a frôlé l’unanimité. Ce quasi plébiscite ne peut pas être le simple produit du lobbying diplomatique. Il traduit une confiance en un homme de science doublé d’un ancien gestionnaire des affaires du patrimoine de son pays, l’Égypte. Autant d’atouts confortent le poids de l’organisation qu’il dirige et devrait l’encourager à user de son autorité qui est morale avant tout.</p>



<p>Dans un Moyen-Orient sens dessus dessous et où les armes parlent plus que jamais, une voix qui viendrait rappeler, haut et fort, la sacralité du patrimoine mondial (ou non) et la primauté du droit international, constituera une lueur d’espoir dans le chaos qui ne cesse de se généraliser. Elle pourrait même faire bouger des lignes importantes.</p>



<p>L’obstruction israélienne a moins de chance que jamais d’entraver le volontarisme de l’Unesco. Malgré le black-out journalistique quasi-hermétique, ce qui s’est passé et se passe à Gaza et en Cisjordanie depuis deux ans et demi, a remué beaucoup de consciences&nbsp;en Occident, et même en Israël et aux États-Unis d’Amérique. On ne compte plus les mesures étatiques visant la restriction de la coopération avec Israël, les enquêtes de journalistes, les opinions exprimées par les experts et les personnalités politiques. L’isolement d’Israël, qui ne peut plus compter que sur un seul État allié lui-même décrié pour plus d’une raison, est une réalité désormais établie.</p>



<p>L’Unesco, dont le Conseil mondial du Patrimoine fonctionne selon les&nbsp;règles et les codes de la haute diplomatie, a tout intérêt à exploiter le virage attentif à la cause palestinienne et aller de l’avant en faveur d’un patrimoine en contexte colonial ravageur.</p>



<p>Contrairement aux États-Unis d’Amérique qui ont programmé une deuxième fois leur retrait de l’Unesco, Israël ne quittera pas l’organisation internationale où elle tient à défendre ses intérêts. Il sera donc obligé de se soumettre à toute décision prise par une majorité nette.</p>



<p>Dans l’attente de l’appel solennel de la Direction générale de l’Onu et de sa mise en pratique, dans les différentes instances en charge du patrimoine, deux mesures devraient être prises sans délai.</p>



<p>&#8211; Une convocation, en session extraordinaire, du Comité pour la protection des biens en cas de conflit armé. Les résolutions de ce Comité accordent selon les termes de l’Unesco <em>«le plus haut niveau d’immunité contre les attaques et les utilisations à des fins militaires»</em>, ce qui ouvrirait <em>«la possibilité de poursuites»</em>, tout en assurant l’assistance technique et financière de l’organisation internationale.</p>



<p>Cette modalité d’urgence a été utilisée au tout début de ce mois d’avril pour le Liban alors qu’il subissait une effroyable agression israélienne qui, en plus des massacres, a porté atteinte ou menacé de très près une quarantaine de biens culturels. Dans un contexte où les menaces pesant sur le patrimoine palestinien étaient moins lourdes, le Centre mondial du patrimoine (WHC) n’a-t-il pas organisé, en collaboration avec le Centre régional arabe du patrimoine (ARW – WH), le 23 novembre 2020 (en pleine crise du Covid), une réunion en ligne sur <em>«Le patrimoine mondial en péril dans la région des Etats arabes. Les processus et les actions»</em>&nbsp;? &nbsp;&nbsp;</p>



<p>&#8211; Programmer pour la prochaine session du Comité du Patrimoine mondial qui se tiendra du 19 au 29 juillet prochain à Busan, en République de Corée, le traitement prioritaire des dossiers des 12 biens culturels ou naturels palestiniens déjà inscrits officiellement sur la Liste indicative du patrimoine mondial. Ces biens dont 10 sont situés en Cisjordanie et&nbsp;2 dans la Bande de Gaza ont été proposés par l’État palestinien en 2012 (8 biens), 2013 (2 biens), 2015 (1 bien) et 2020 (1 bien).</p>



<p>La diligence de l’Unesco gagnerait à s’appliquer également aux 12 nouvelles propositions d’inscription sur la Liste indicative, annoncées au début de l’année en cours par les autorités palestiniennes et dont le nombre reflète l’état de panique face aux menaces de destruction ou d’accaparement que fait peser la colonisation israélienne.</p>



<p>Parallèlement au désastre de la Bande de gaza, la grande crainte, pour la Cisjordanie occupée par Israël depuis près de 60 ans, est de voir le nettoyage ethnique doublé par un nettoyage culturel qui servirait d’argument supplémentaire pour l’annexion pure et simple.</p>



<p><em>* Historien.</em></p>
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		<title>Moëz Majed sur les pas de Lorand Gaspar &#124; Le poète et son double</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 Mar 2026 12:25:54 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Moëz Majed]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=18561915</guid>

					<description><![CDATA[<p>Moëz Majed est poète. Il vient de publier son premier roman... à la recherche d'un autre poète : Lorand Gaspar : une quête de soi en l'autre.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/31/moez-majed-sur-les-pas-de-lorand-gaspar-le-poete-et-son-double/">Moëz Majed sur les pas de Lorand Gaspar | Le poète et son double</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Moëz Majed est poète. Il vient de publier son premier roman. Quoi de plus naturel&nbsp;? La plupart des poètes s’essayent aussi au roman&nbsp;et vice et versa. C’est toute la magie de l’écriture littéraire qui déplace sans cesse les frontières entre les genres pour en faire des vases communiquant. Et l’art romanesque, on le sait, est le plus ouvert au mélange des genres, au métissage des formes, à l’interférence des styles et au dialogue des idées. Et ce premier roman de Moëz Majed nous en offre une belle illustration.</em></strong></p>



<p><strong>Ridha Kefi</strong></p>



<span id="more-18561915"></span>



<p>En effet, le titre, <em>‘‘Lorand Gaspar vient de mourir’’</em> (édition Hykeyet, Tunis 2026, 169 pages), annonce la couleur&nbsp;: c’est un roman sinon sur la poésie du moins sur un poète, et pas des moindres, l’un des plus secrets du 20<sup>e</sup> siècle et qui a marqué des générations de poètes, en France, où il occupe une place de choix parmi ses pairs, mais aussi en Palestine et en Tunisie, où il a aussi vécu et pratiqué la médecine (il était chirurgien) pendant de longues années.</p>



<p>Pour avoir moi-même connu Lorand Gaspar * – il avait publié mes premiers poèmes dans la revue <em>Alif</em> qu’il avait fondée et dirigée aux Editions Cérès à Tunis au début des années 1980 –, pour avoir aussi connu sa compagne, elle-même médecin et poète, Jaqueline Daoud, et son fils aîné – né d’un premier mariage – François Gaspar alias François Abu Salem, fondateur du célèbre théâtre Al Hakawati à Jérusalem… Pour cette raison, à la fois subjective et objective – car je voulais en savoir davantage sur cet homme qui m’a beaucoup marqué, ainsi que ceux de ma génération –, il va sans dire que le titre de ce premier roman de Moëz Majed m’a d’emblée interpellé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une quête de soi en l&rsquo;autre </h2>



<p>S’agit-il d’une biographie romancée du célèbre poète qui est resté assez méconnu voire mystérieux, même pour ceux qui l’ont côtoyé de très près ?</p>



<p>La réponse va venir au fil des pages : il est certes question dans ce roman de Lorand Gaspar, mais pas seulement, car le récit de la vie du poète français d’origine hongroise est comme un fil rouge qui relie les différents éléments de la narration et tisse comme un tapis persan avec pleins de lettres, de mots, de personnages, de paysages, d’objets et d’atmosphères qui, mis les uns à côté des autres, tentent de dire ce qu’est l’art poétique, ce que veut dire être poète et comment le devient-on, dans la proximité des êtres, des objets et des mots pour dire les sensations qu&rsquo;ils nous inspirent.</p>



<p>Le récit de la vie de Lorand Gaspar et l’approche&nbsp; de son œuvre deviennent, au fils des pages, une sorte de quête spirituelle de l’auteur qui s’interroge sur son propre cheminement dans le sillage de poètes qu’il a connus et qui ont contribué à sa formation&nbsp;littéraire et philosophique. Il y a d’abord son père, bien sûr, Jaâfar Majed, d’un de piliers de la poésie tunisienne de la seconde moitié du 20<sup>e</sup> siècle, dont il a reçu les premiers enseignements. Il y a ensuite Ali Louati qui, le premier lui a parlé de Lorand Gaspar, Saint-John Perse, René Char ou autres Yves Bonnefoy, le mettant sur la voie d’une écriture poétique libérée des carcans esthétiques dominants, et des nombreux poètes qu’il a rencontrés par la suite aux quatre coins du monde, lors de ses pérégrinations poétiques, de la Turquie à la Colombie, de Kairouan à Paris…</p>



<p>Dans la dédicace qu’il m’a aimablement faite, Moëz Majed a joliment écrit : <em>«Il semble que ce texte soit une quête de soi en l’autre et de l’autre en soi»</em>. Tout est dit : <em>‘‘Lorand Gaspar vient de mourir’’</em> est une autobiographie déguisée en biographie, le poète tunisien s’identifiant à son aîné franco-hongrois, qu’il avait juste entraperçu, un instant furtif, attablé à un café à Sidi Bu Saïd, au milieu des années 1990, mais pour lequel il gardera une sorte de vénération poétique et spirituelle.</p>



<p><em>* J’ai aussi traduit en arabe avec son aide des poèmes de son recueil ‘‘Sol absolu’’. Le livre est paru sous le titre de ‘‘Ardh al-motlaq’’ aux éditions Annawras, à Tunis, en 1988, avec des photos en noir et blanc prises par le poète dans le désert de Palestine.</em></p>
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		<title>Déclaration de la Tunisie à l’occasion du 50e anniversaire de la Journée de la Terre</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/30/declaration-de-la-tunisie-a-loccasion-du-50e-anniversaire-de-la-journee-de-la-terre/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Mar 2026 22:35:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Al-Qods]]></category>
		<category><![CDATA[journée de la terre]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[peuple palestinien]]></category>
		<category><![CDATA[sioniste]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie commémore aujourd’hui, le 30 mars 2026, le cinquantième anniversaire de la Journée de la Terre, qui constitue un symbole national impérissable et une étape honorable dont le peuple palestinien tire les valeurs de résilience dans la poursuite de son combat continu pour défendre la terre et les lieux saints contre l’arrogance de l’entité...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/30/declaration-de-la-tunisie-a-loccasion-du-50e-anniversaire-de-la-journee-de-la-terre/">Déclaration de la Tunisie à l’occasion du 50e anniversaire de la Journée de la Terre</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La Tunisie commémore aujourd’hui, le 30 mars 2026, le cinquantième anniversaire de la Journée de la Terre, qui constitue un symbole national impérissable et une étape honorable dont le peuple palestinien tire les valeurs de résilience dans la poursuite de son combat continu pour défendre la terre et les lieux saints contre l’arrogance de l’entité <strong><em>sioniste</em></strong> agressive, ses crimes, ses projets d’éradication, et sa persistance dans les tentatives de déplacement forcé, de confiscation des terres et de leur expropriation, ainsi que d’effacement des caractéristiques d&rsquo;Al-Qods et de sa judaïsation.</em></strong></p>



<span id="more-18555199"></span>



<p>En commémorant cet anniversaire, nous exprimons notre profonde préoccupation face à la poursuite des violations par l’entité occupante de l’accord de cessez-le-feu dans la Bande de Gaza, ainsi qu’au resserrement de l’étau sur ses habitants par la fermeture des points de passage, l’interdiction de l’entrée de l’aide humanitaire et les restrictions imposées à la circulation des personnes, ce qui a aggravé la catastrophe humanitaire que subissent les habitants du territoire.</p>



<p>La célébration de ce cinquantième anniversaire coïncide également avec la poursuite par les autorités de l’entité occupante de leurs politiques d’annexion et l’adoption de plans d’enregistrement des terres palestiniennes en Cisjordanie occupée au nom de l’État de l’entité, dans le but d’élargir l’implantation des colonies et de créer un nouveau fait accompli visant à imposer sa prétendue souveraineté sur le territoire palestinien occupé, en violation flagrante de toutes les lois et conventions internationales pertinentes.</p>



<p>Aujourd’hui, la Tunisie rend hommage à la résistance héroïque du fier peuple palestinien, qui affronte seul l’arrogance et la tyrannie de l’entité occupante ainsi que la brutalité de son arsenal militaire, dans un silence suspect et honteux de la communauté internationale, écrivant ainsi une nouvelle épopée historique dans sa lutte continue pour recouvrer ses terres usurpées et restaurer ses droits historiques légitimes.</p>



<p>À cette occasion, la Tunisie réaffirme son soutien inconditionnel au peuple palestinien frère dans la défense de son droit inaliénable et imprescriptible, et confirme sa position constante en faveur des frères palestiniens dans leur droit à l’autodétermination et dans leur lutte pour la récupération pleine et entière de leurs droits historiques légitimes, ainsi que pour l’établissement de leur État sur l’ensemble du territoire palestinien, avec Al-Qods Al-Charif pour capitale.</p>



<p class="has-text-align-right"> <strong>Communiqué</strong> <strong>MAE</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/30/declaration-de-la-tunisie-a-loccasion-du-50e-anniversaire-de-la-journee-de-la-terre/">Déclaration de la Tunisie à l’occasion du 50e anniversaire de la Journée de la Terre</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Vague de solidarité après la condamnation de Ghassen Ben Khelifa à 2 ans de prison</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/30/vague-de-solidarite-apres-la-condamnation-de-ghassen-ben-khelifa-a-2-ans-de-prison/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Mar 2026 19:42:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Coordination d'action commune pour la Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Ghassen Ben Khelifa]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[prison]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le journaliste Ghassen Ben Khelifa a été condamné à deux ans de prison ferme par le tribunal de première instance de Tunis. Une peine dénoncée par plusieurs associations et organisations. Dans un communiqué publié, ce lundi suite à ce verdict prononcé vendredi 27 mars 2026, la Coordination d&#8217;action commune pour la Palestine a qualifié cette...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/30/vague-de-solidarite-apres-la-condamnation-de-ghassen-ben-khelifa-a-2-ans-de-prison/">Vague de solidarité après la condamnation de Ghassen Ben Khelifa à 2 ans de prison</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le journaliste Ghassen Ben Khelifa a été condamné à deux ans de prison ferme par le tribunal de première instance de Tunis. Une peine dénoncée par plusieurs associations et organisations.</em></strong></p>



<span id="more-18552187"></span>



<p>Dans un communiqué publié, ce lundi suite à ce verdict prononcé vendredi 27 mars 2026, la Coordination d&rsquo;action commune pour la Palestine a qualifié cette décision d&rsquo;« <em>injuste</em> », estimant que ce jugement s&rsquo;inscrit dans un « <em>contexte méthodique visant à liquider le mouvement de soutien populaire à la cause palestinienne en Tunisie </em>».</p>



<p>La Coordination accusent même les autorités tunisiennes de mener une offensive contre les figures de proue du militantisme pro-palestinien : « <em>Après avoir pris pour cible les leaders de la Flottille Soumoud, le pouvoir présente le camarade Ghassan Ben Khalifa comme un nouveau sacrifice</em>», lit-on dans le communiqué</p>



<p>La Coordination d&rsquo;action commune pour la Palestine a réitéré sa condamnation ferme de ce verdict et a exprimé sa détermination à poursuivre son combat, tout en appelant à la fin des poursuites judiciaires contre ses membres et réaffirme, une nouvelle fois, son soutien total à la résistance palestinienne.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Y. N.</strong></p>
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		<item>
		<title>Traitement déséquilibré de la guerre au Moyen-Orient par les médias français</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/29/traitement-desequilibre-de-la-guerre-au-moyen-orient-par-les-medias-francais/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Mar 2026 10:37:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MEDIA]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Liban]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La couverture médiatique de la guerre au Moyen-Orient par les grands médias français jugée «défaillante, lacunaire, déséquilibrée». </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/29/traitement-desequilibre-de-la-guerre-au-moyen-orient-par-les-medias-francais/">Traitement déséquilibré de la guerre au Moyen-Orient par les médias français</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans la déclaration que nous publions ci-dessous, une soixantaine de journalistes indépendants exerçant en France dénoncent la couverture médiatique de la guerre au Moyen-Orient par les grands médias français, qu’ils qualifient de «défaillante, lacunaire, déséquilibrée et, trop souvent, complaisante envers certains récits officiels», notamment américains et israéliens.   </em></strong></p>



<span id="more-18537527"></span>



<p>Nous sommes journalistes, reporters, photojournalistes pigistes et de médias indépendants, exerçant en France et à l’international.</p>



<p>Depuis les attaques conjointes lancées par les États-Unis et Israël sur l’Iran, ainsi que la guerre enclenchée au Liban depuis le 2 mars, nous assistons, indignés, à une couverture médiatique défaillante, lacunaire, déséquilibrée et, trop souvent, complaisante envers certains récits officiels. Une défaillance qui ne date pas d’hier et qui s’inscrit dans une longue histoire de conflits perpétuels, notamment au Liban Sud, dans les territoires palestiniens occupés et à Gaza, où le traitement médiatique reste systématiquement le même&nbsp;: simpliste, orienté et répétitif, donnant l’impression d’un <em>«nouveau»</em> conflit à chaque escalade alors qu’il s’agit en réalité d’une continuité tragique ignorée ou minimisée.</p>



<p>Nous demandons qu’à une guerre asymétrique ne soit pas apposé un traitement médiatique asymétrique.</p>



<p>Sans essentialiser l’ensemble des médias, force est de constater que trop de journaux, de magazines, de chaînes de télévision et de radios produisent une lecture partielle de cette actualité pourtant majeure, aux conséquences humaines, politiques et géopolitiques considérables.</p>



<p>Nous ne comprenons pas les choix éditoriaux concernant les invité·es convié·es à commenter ces événements. Trop souvent, les plateaux sont occupés par des intervenant·es insuffisamment qualifié·es pour analyser des situations d’une telle complexité. Couvrir ces conflits exige pourtant une connaissance fine du terrain, une maîtrise des contextes historiques et une capacité à mobiliser des analyses géopolitiques rigoureuses.</p>



<p>Nous dénonçons également un manque criant de pluralisme. Les prises de parole de représentants israéliens sont fréquentes, parfois hégémoniques, alors même que le chef du gouvernement fait l’objet d’un mandat d’arrêt international.</p>



<p>Dans le même temps, les représentants politiques des autres parties impliquées sont marginalisés, disqualifiés ou absents des grands espaces de débat.</p>



<p>Cette asymétrie dans l’accès à la parole contribue à orienter la perception du public et à appauvrir la compréhension du conflit.</p>



<p>Nous condamnons fermement les commentaires de plateau qui, sous couvert d’analyse, relèvent trop souvent de prises de position approximatives ou idéologiques. Ils participent à une déshumanisation des victimes, réduisant les morts iraniens, libanais et palestiniens à des données chiffrées, déconnectées de toute réalité humaine, sociale et historique.</p>



<p>Nous souhaitons également attirer l’attention sur les usages sémantiques profondément différenciés selon les parties concernées. Là où certains <em>«meurent»</em>, d’autres sont <em>«tués»</em>, voire <em>«assassinés»</em>. Là où certaines opérations sont présentées comme des <em>«frappes préventives»</em>, d’autres sont immédiatement qualifiées d’<em>«attaques»</em>.</p>



<p>Ces choix lexicaux ne sont pas neutres&nbsp;: ils hiérarchisent implicitement les vies et orientent la lecture morale des événements.</p>



<p>De la même manière, le recours au terme <em>«évacuation»</em> pour désigner des déplacements massifs de populations civiles mérite d’être interrogé. Lorsqu’ils sont contraints, organisés sous la menace ou dans un contexte de bombardements, ces déplacements relèvent, en droit international humanitaire, de transferts forcés, voire de déportations.</p>



<p>L’article 49 de la Quatrième Convention de Genève interdit explicitement <em>«les transferts forcés individuels ou massifs, ainsi que les déportations de personnes protégées hors du territoire occupé»</em>, sauf impératif absolu de sécurité, une exception strictement encadrée et dont l’interprétation ne saurait être extensible à des politiques de déplacement généralisé.</p>



<p>Nous nous indignons de voir certaines informations émanant des autorités américaines ou israéliennes reprises sans distance critique, parfois en temps réel, tandis que des faits documentés concernant des violations du droit international imputables à ces mêmes acteurs sont systématiquement relativisés, minimisés ou entourés de doutes excessifs. Cette asymétrie dans le traitement de la preuve fragilise la crédibilité du travail journalistique.</p>



<p>Nous sommes également préoccupés par la multiplication de chroniqueurs et chroniqueuses présents non pas pour établir des faits, mais pour exprimer des positions idéologiques. Ce glissement brouille la frontière entre information et opinion, au risque de transformer certains espaces médiatiques en chambres d’écho ou en instruments de légitimation politique.</p>



<p>En ce sens, nous appelons nos consœurs et confrères exerçant dans les rédactions télévisées, radiophoniques et de presse écrite à large audience à se montrer à la hauteur de leurs responsabilités. Leur engagement est encadré par des principes clairs, notamment ceux énoncés dans la charte de Munich&nbsp;: recherche de la vérité, vérification des faits, indépendance vis-à-vis des pouvoirs politiques et économiques, refus de la manipulation.</p>



<p>Nous les appelons à sortir de l’écueil de l’autocensure, qu’elle soit imposée, intériorisée ou structurelle, qui conduit trop souvent à tordre, simplifier ou édulcorer l’information. En agissant ainsi, c’est le droit fondamental des citoyennes et des citoyens à une information libre, complète et honnête qui est compromis.</p>



<p>Informer, ce n’est pas relayer. Informer, ce n’est pas hiérarchiser les vies. Informer, ce n’est pas choisir ses mots au service d’un récit dominant.</p>



<p>Informer, c’est donner à comprendre, avec rigueur, honnêteté et courage.</p>



<p>Aujourd’hui plus que jamais, face à des conflits d’une gravité extrême, notre responsabilité collective est engagée.</p>



<p><strong><em>Source</em></strong>  : <a href="https://www.acrimed.org/Nous-journalistes-pigistes-et-de-medias">Acrimed</a>. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/29/traitement-desequilibre-de-la-guerre-au-moyen-orient-par-les-medias-francais/">Traitement déséquilibré de la guerre au Moyen-Orient par les médias français</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Habermas «dégringole-t-il des hauteurs de la morale»[1] ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/17/habermas-degringole-t-il-des-hauteurs-de-la-morale1/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Mar 2026 06:34:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[génocide]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Jürgen Habermas]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Ridha Chennoufi]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=18481759</guid>

					<description><![CDATA[<p>Habermas doit être enseigné comme tout autre penseur malgré les reproches qu'on puisse faire à ses positions sur la question israé&#038;lo-palestinienne.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/17/habermas-degringole-t-il-des-hauteurs-de-la-morale1/">Habermas «dégringole-t-il des hauteurs de la morale»[1] ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le 14 novembre 2023, des professeurs de philosophie tunisiens furent consternés par le texte titré «Principe de Solidarité&nbsp;: Une prise de position» (PDS)<a id="_ftnref2" href="#_ftn2">[2]</a>, signé par Jürgen Habermas et trois autres professeurs. Le choc était d’autant plus fort qu’ils venaient d’apprendre, le même jour, que le nombre de palestinien-es tué-es par l’armée et les colons israéliens avait déjà atteint les 1000 victimes. La réaction des professeurs de philosophie fut que, signataire de cette prise de position (PDS), Habermas ne méritait plus d’être une référence crédible et ne pouvait même plus être enseigné. L’objectif de ce texte, intentionnellement tardif, bien qu&rsquo;écrit avant la mort du philosophe le 14 mars 2026, est de répondre à ce «PDS», qui fut tellement troublant pour quiconque suit l&rsquo;actualité du conflit israélo-palestinien. </em></strong></p>



<p><strong>Ridha Chennoufi</strong> *</p>



<span id="more-18481759"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Ridha-Chennoufi-2.jpg" alt="" class="wp-image-18481852" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Ridha-Chennoufi-2.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Ridha-Chennoufi-2-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Ridha-Chennoufi-2-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p> j’ai jugé qu’il serait plus sage de savoir comment Habermas pourrait réagir à la riposte de l’armée israélienne, qui ne pouvait être, comme à l’accoutumée, que disproportionnée. Ce qui fut attesté dès le 17 octobre 2023 par le bombardement de l’hôpital Ahli Arab à Gaza qui fit des centaines de morts. Maintenant que nous passons à l’année 2026, une riposte sous forme de commentaire à <em>«Principe de Solidarité»</em> (PDS) est tout à fait concevable.</p>



<p><strong>1-</strong> <strong>Le texte intégral de «Principe de Solidarité&nbsp;: Une prise de position&nbsp;», signé par Habermas et trois autres professeurs, publié le 13 Novembre 2023, affirme ceci</strong>&nbsp;:</p>



<p><em>«Le massacre perpétré par le Hamas, avec l’intention déclarée d’anéantir toute vie juive, a provoqué une riposte israélienne. La manière dont cette riposte, justifiée par principe, est menée fait l’objet de vifs débats ; les principes de proportionnalité, la nécessité d’éviter les pertes civiles et la perspective d’une paix future devant guider cette riposte. Cependant, malgré toute la préoccupation suscitée par le sort du peuple palestinien, le jugement est totalement faussé lorsque les actions israéliennes sont qualifiées d’intentions génocidaires.</em></p>



<p><em>En particulier, les actions d’Israël ne justifient en aucun cas les réactions antisémites, surtout pas en Allemagne. Il est intolérable que des Juifs en Allemagne soient à nouveau victimes de menaces contre leur vie et doivent craindre des violences physiques dans les rues. L’identité démocratique de la République fédérale, fondée sur l’obligation de respecter la dignité humaine, est liée à une culture politique pour laquelle, à la lumière des crimes de masse de l’époque nazie, la vie juive et le droit d’Israël à exister sont des éléments centraux, particulièrement dignes de protection. Cet engagement est fondamental pour notre coexistence politique. Les droits fondamentaux à la liberté et à l’intégrité physique, ainsi qu’à la protection contre la diffamation raciste, sont indivisibles et s’appliquent à tous sans distinction. Ceux qui, dans notre pays, ont cultivé des sentiments et des convictions antisémites sous divers prétextes et qui voient aujourd’hui une occasion propice de les exprimer sans vergogne doivent également s’y conformer».&nbsp;</em></p>



<p>Comme on peut le constater, l’intention de Habermas est de soutenir indéfectiblement l’État israélien et de condamner le Hamas (les Palestiniens), ainsi que tous ceux qui en Allemagne ou ailleurs critiquent la riposte du gouvernement israélien. Pour un lecteur impartial, une telle approche reproduisant le schéma ami-ennemi ne peut être qu’injuste. Pour éviter ce schéma, je vais commenter les phrases qui me semblent essentielles en les mettant dans leur contexte.</p>



<p><strong>2) Commentaire de quelques phrases choisies</strong></p>



<p>A<em>) La première phrase</em>&nbsp;: <em>«Le massacre perpétré par le Hamas … est l’œuvre des antisémites»</em>.</p>



<p>Cette phrase n’est certainement pas l’œuvre de Habermas, mais probablement celle de ses cosignataires qui semblent croire que seuls les juifs sont sémites. Ce faisant, ils se sont permis de balayer d’un revers de main la définition du mot sémite (subst. et adj.) donnée par l’orientaliste juif Moritz Steinschneider (1816-1907) depuis le 19e siècle, et plus tard, par l’Académie française selon laquelle le mot sémite désigne «les populations originaires du Proche et du Moyen-Orient, dont le principal caractère commun est l’usage d’une langue appartenant à la famille des langues sémitiques. Les peuples sémites, qui regroupaient notamment dans l’Antiquité les Assyriens, les Araméens, les Cananéens, les Hébreux, les Moabites, les Phéniciens, <em>désignent aujourd’hui les Juifs et les Arabes</em>».<a id="_ftnref3" href="#_ftn3">[3]</a> Donc, les Arabes qui ont une interprétation extrémiste de l’Islam peuvent être anti-juifs, mais jamais antisémitismes, de même que les juifs peuvent être islamophobes, mais jamais antisémites. Tout porte à croire que les trois cosignataires ont préféré suivre le journaliste australien David Ewan Marr qui a réussi à propager l’idée selon laquelle seuls les juifs sont sémites tandis que tous ceux qui les critiquent, même s’ils sont israéliens, sont antisémites&nbsp;!</p>



<p>Ceci étant dit, il est vrai que Hannah Arendt a défini l’antisémitisme comme étant une idéologie raciale, apparu sous le régime nazi. Mais, cela n’a rien à voir avec le conflit israélo-palestinien qui est avant tout politique et colonial.&nbsp;</p>



<p>B) <em>La deuxième phrase</em>&nbsp;: <em>«Le massacre perpétré par le Hamas, avec l’intention déclarée d&rsquo;anéantir toute vie juive…».</em></p>



<p>Voici une phrase que Habermas utilise souvent. En effet, lors d’un entretien avec Giovanna Borradori, par exemple, cette dernière a posé à Habermas la question&nbsp;suivante : <em>«qu’entendez-vous au juste par terrorisme&nbsp;?</em><a href="#_ftn4" id="_ftnref4"><em><strong>[4]</strong></em></a><em>»</em>. <em>«Le terrorisme des Palestiniens, a-t-il dit,&nbsp;reste un peu un terrorisme à l’ancienne. Ici, il s’agit de tuer, d’assassiner&nbsp;; le but est d’annihiler de manière aveugle des ennemis, femmes et enfants compris»</em> En d’autres termes, selon Habermas, la forme spécifiquement palestinienne du terrorisme est la barbarie et l’inhumanité.<a href="#_ftn5" id="_ftnref5">[5]</a> Pour comprendre cette phrase, il convient de savoir comment Habermas l’a utilisée en 2015.&nbsp;</p>



<p>Suite aux attentats du 13 Novembre 2015 en France, Habermas&nbsp; avait repris la même phrase&nbsp;:&nbsp; <em>«Nous pouvons considérer cesbarbares comme des ennemis, et nous devons lutter contre eux, inconditionnellement ; mais, si nous voulons vaincre cette barbarie sur le long terme, nous ne devons pas nous leurrer quant à ses raisons, qui sont complexes»</em>.<a href="#_ftn6" id="_ftnref6">[6]</a> Habermas n’utilise pas le mot&nbsp; <em>«barbare»</em> selon le sens que lui donnaient les Grecs, à savoir l’autre ou l’Etranger, mais de Lemkin, pour lequel l’acte barbare comme l’acte de vandalisme relèvent du génocide.&nbsp;</p>



<p>Habermas utilise le terme de <em>«barbarie»</em> le 13 novembre 2015 et le 7 octobre 2023. Toutefois, le 13 septembre 2015, il avait insisté pour que la riposte soit toujours mesurée et il avait surtout pris soin de rappeler que le terrorisme est le produit de la colonisation de cette région du Proche-Orient par les puissances occidentales et déclaré que cet esprit colonial perdure encore jusqu’à aujourd’hui, donnant l’exemple de <em>«l’intervention américaine en Irak (2003) décidée par George W. Bush, qui a bafoué les règles du droit international»</em>.</p>



<p>En effet, dit-il, <em>«un regard rétrospectif sur le 11-Septembre 2001 ne peut que nous conduire à constater, comme nombre de nos amis américains, que la ‘‘guerre à la terreur’’ de Bush, Cheney et Rumsfeld a abîmé la constitution politique et mentale de la société américaine. Le Patriot Act adopté à l’époque par le Congrès, encore en vigueur aujourd’hui, porte atteinte aux droits fondamentaux des citoyens, et touche à la substance même de la Constitution américaine»</em>.</p>



<p>De plus, <em>«l’extension fatale de la notion de combattant ennemi, qui a légitimé Guantanamo</em><a href="#_ftn7" id="_ftnref7"><em><strong>[7]</strong></em></a><em> et d’autres crimes»</em><a href="#_ftn8" id="_ftnref8">[8]</a> enlève aussi toute crédibilité à cette Constitution. Il termine l’interview par cette phrase&nbsp;:&nbsp;<em>«La réaction irréfléchie aux attentats du 11-Septembre&#8230; explique en bonne part la propagation d’une mentalité incarnée aujourd’hui par une personnalité aussi innommable que Donald Trump, candidat aux primaires républicaines&#8230; Ne pouvons-nous pas, comme les Norvégiens en 2011, après l’effroyable attentat commis sur l’île d’Utoya, résister au premier réflexe du repli sur soi face à l’inconnu incompréhensible et de l’agression contre l’‘‘ennemi intérieur’’»</em>.<a href="#_ftn9" id="_ftnref9">[9]</a></p>



<p>Le lecteur de cette prise de position de 1915 ne peut que reconnaître la noblesse morale de son auteur et c’est sur elle que nous devons continuer à commenter la prise de position (PDS) du 13 novembre 2023 même si nous prenons le risque d’être surpris que les deux déclarations s’opposent en certains points importants&nbsp;:</p>



<p>a) Avec son <em>«Principe de Solidarité»</em> (PDS), Habermas semble ignorer complètement l’histoire du conflit israélo-palestinien. Lorsqu’il affirme que <em>«le massacre perpétré par le Hamas»</em> a pour seule <em>«intention d’anéantirtoute vie juive»</em>, il ne fait que donner raison à Horkheimer d’avoir affirmé en 1958, après la lecture de son habilitation, que Habermas n’avait aucun sens de l’histoire (<em>«Historisch ahnunsgslos»</em>)<a href="#_ftn10" id="_ftnref10">[10]</a>&nbsp;: «Les normes que Habermas tire du ‘‘jeune Marx’’, qu’il oppose au Marx plus âgé, doivent être fort maigres. D’abord parce que la période d’avant mars (Vormärz) était celle des slogans et des programmes, et surtout parce que l’œuvre de Marx n’a perdu de sa substance que durant ses années londoniennes<strong>.</strong> Ensuite, parce que ce Monsieur Habermas dialecticien, sous prétexte de critique immanente, adhère en réalité lui-même aux normes de (Vormärz) et se voit donc contraint d’ignorer presque tout ce qui relie les écrits de cette époque à la première moitié du XXe siècle, c’est-à-dire, avant tout, ce qui constitue leur essence même.&nbsp; L’affirmation répétée par Habermas de la révolution comme essence innée de la philosophie semble historiquement dénuée de toute compréhension.<a href="#_ftn11" id="_ftnref11">[11]</a> En effet, dans sa déclaration du 13 Novembre, Habermas avait aussi ignoré qu’avant l’attaque du Hamas, l’État d’Israël avait commis des massacres à l’encontre des Palestiniens dont par exemple 1) Le massacre de Deir Yassin&nbsp; (village à l’ouest de Jérusalem) perpétré par 120 terroristes de l’Irgoun et du Lehi, qui a fait 254 morts palestiniens (1948), 2) Le massacre de Tantoura, perpétré par la brigade israélienne Alexandroni, qui a fait selon l’historien israélien Teddy Katz entre 200 et 250 morts palestiniens, 3) Le massacre de Sabra et Chatila (commis (1982) par les milices chrétiennes phalangistes, alliées d’Israël, à l’encontre des Palestiniens.</p>



<p>Il est important et rassurant que des Israéliens ont donné une lecture sereine et surtout juste et objective du conflit israélo-palestinien. Le 16 novembre 2023, José Brunner<a href="#_ftn12" id="_ftnref12"><strong>[12]</strong></a><strong> </strong>a donné une interview au cours de laquelle il a déclaré&nbsp;:<em>«Les tendances antidémocratiques de la société israélienne sont largement imputables aux années d’occupation. Certains estimaient que la situation du pays sous Netanyahu était indissociable de celle des territoires occupés. À ce moment-là, nous étions moins préoccupés par la politique d’occupation en tant que telle que par le fait que l’évolution autoritaire, qui s’est manifestée dans la réforme judiciaire, découlait de l’occupation.»</em><a href="#_ftn13" id="_ftnref13">[13]</a> C’est dire à quel point Habermas et ses compagnons se sont lourdement trompés en jugeant l’attaque du Hamas sans toute contextualisation historique.</p>



<p>Pour José Brunner <em>«le coup de force juridico-politique d’un gouvernement antidémocratique et colonisateur<strong>, </strong>surtout le fait que le totalitarisme colonial est la source du totalitarisme intérieur»</em>.</p>



<p>Habermas et ses compagnons ont fait preuve de déni en affirmant que la riposte israélienne est justifiée puisqu’elle tient compte des principes de proportionnalité alors que ces principes ont toujours été bafouées par l’armée israélienne. Brunner, lui, l’a reconnu: <em>«La stratégie d’Israël a toujours consisté à contrer toute vulnérabilité par une force militaire écrasante en cas d’attaque. C’est encore le cas aujourd’hui : l’attentat terroriste du Hamas est suivi de bombardements massifs qui font un très grand nombre de victimes civiles.»</em><strong>&nbsp; </strong>Cet extrait montre bien la différence entre ceux qui savent de quoi ils parlent, les Israéliens respectables, et ceux qui veulent être plus royalistes que le roi.</p>



<p>b) Avant <em>«Principe de Solidarité»</em>, Habermas s’était opposé farouchement à la politique belliqueuse et immorale de l’innommable Donald Trump. Depuis sa prise de position du 7 Octobre 2023 jusqu’à aujourd’hui, il soutient farouchement Benjamin Netanyahu qui applique à la lettre la politique autoritaire, belliqueuse et colonialiste de Donald Trump. Le lien fusionnel entre Trump et Netanyahu apparaît avec éclat dans le projet grotesque et exécrable <em>«Gaza&nbsp;: Reconstitution, Economic Acceleration and Transformation Trust</em>» qui propose une relocalisation <em>«volontaire»</em> temporaire ou permanente des plus de 2 millions d’habitants de Gaza, soit vers d&rsquo;autres pays comme la Libye, l’Éthiopie, le Soudan du Sud, l’Indonésie ou le Somaliland !</p>



<p>&nbsp;C<em>) La troisième phrase</em>&nbsp;: <em>«…à la lumière des crimes de masse de l’époque nazie, la vie juive et le droit d’Israël à exister sont des éléments centraux, particulièrement dignes de protection»</em>.</p>



<p>Ici, Habermas ressasse une phrase culte que tous les chanceliers allemands qui ont succédé à Konrad Adenauer ont utilisée à chaque fois qu’Israël s’est trouvé en conflit avec lesPalestiniens.</p>



<p>Par exemple<strong>, </strong>le 12 novembre 2023, c’est-à-dire la veille de la publication de <em>«Principe de Solidarité»</em>, le Chancelier Olaf Scholz déclare&nbsp;: «<em>la sécurité d’Israël relève pour l’Allemagne de la raison d’Éta</em>t». De fait, cela veut dire que l’Allemagne doit s’unir avec Israël pour mettre fin à l’attaque du Hamas. A priori, aider un allié lorsqu’il subit une injustice est un acte acceptable, voire louable, à condition toutefois que cette aide soit conforme au droit international et ne se transforme pas en une autre injustice dont serait victime l’agresseur. Malheureusement, Habermas, à travers <em>«PDS»</em>, s’est approprié la phrase de Scholz&nbsp;: <em>«la seule place pour l’Allemagne </em>en ce moment<em>, est d’être aux côtés d’Israël»</em>. Cette affirmation perd toute crédibilité parce que tout le monde sait que l’État israélien a non seulement gagné toutes les guerres contre les pays arabes, mais colonisé des territoires palestiniens, grâce aux États-Unis, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France. Tous ces États savent qu’avec leur soutien ils rendent obsolète le plan de partage de la Palestine de 1947 et œuvrent à l’établissement du Grand Israël.</p>



<p>La <em>«raison d’Etat»</em> n&rsquo;est pas autre chose que <em>«l’état d’exception»</em> selon Carl Schmitt. Les deux appellations désignent la décision prise par l’autorité politique suprême lorsqu’elle juge que l’État est face à un danger imminant et ordonne aux forces armées et à tous les citoyens d’utiliser tous les moyens pour vaincre l’ennemi présumé. La raison d’Etat, comme l’état d’exception, ne tient compte ni du droit national ni du droit international, ni de la morale. Tous les deux ne peuvent être que bannis par toute personne saine d’esprit et juste, qu’elle soit arabe, israélienne ou allemande.&nbsp;</p>



<p>Ce qui est malheureux, c’est que l’Allemagne agit actuellement contre son intérêt et contre la déclaration de l’Onu de 1948, contre les pays arabes qui ont accepté la normalisation avec Israël et prouvé par conséquent qu’ils ne sont pas contre l’existence d’Israël mais contre le refus de l’Allemagne de l’existence d’un État palestinien.</p>



<p>Ce qui est déplorable, c’est que Madame Annalena Baerbock, la ministre allemande des Affaires étrangères, ose déclarer au parlement fédéral allemand : <em>«Si les terroristes du Hamas se retranchent derrière des personnes, derrière des écoles […], des lieux civils peuvent également perdre leur statut de protection, car les terroristes les utilisent comme bouclier.»</em> <a href="#_ftn14" id="_ftnref14">[14]</a> Madame la ministre n’a fait que reprendre l’ordre d’extermination officiel de l’innommable général Von Trotha (Namibie 2 octobre 1904)&nbsp;:&nbsp;« <em>Le peuple herero doit […] quitter le territoire. Si le peuple ne s’exécute pas, je l’y forcerai en utilisant le Groot-Rohr (canon). À l’intérieur des frontières allemandes, chaque Herero</em> [souligné par CD]<em> avec ou sans arme, avec ou sans bétail, sera fusillé. Je n’accepterai plus désormais les femmes et les enfants, je les renverrai à leur peuple ou les ferai abattre. Voici ma déclaration au peuple herero.</em>»<a href="#_ftn15" id="_ftnref15">[15]</a></p>



<p>Les hommes et femmes politiques devraient avoir honte de tenir ce discours qui ne sert ni Israël, ni encore moins l’État allemand.<a href="#_ftn16" id="_ftnref16">[16]</a></p>



<p>Au sujet de la raison d’État, Isabel Ruck a écrit : <em>«</em><em>Le service scientifique du Bundestag avait ainsi déjà émis des réserves dans un rapport de vingt-trois pages sur l’utilisation de cet argument. On peut y lire que 1) ‘‘la raison d’État est […] une catégorie a-juridique, un concept opposé au droit’’&nbsp;; 2) ‘‘dans la tradition de pensée libérale et de droit naturel, l’idée de raison d’État s’oppose à l’idée de droit et d’État de droit’’&nbsp;;3)‘‘l’Allemagne veut néanmoins incarner et défendre cette idée’’»</em>.<a href="#_ftn17" id="_ftnref17">[17]</a>&nbsp;Et on ose encore s’accrocher religieusement à ce culte de la <em>«déraison d’État»</em>&nbsp;!</p>



<p>Quant au lien entre raison d’État et moralité, nous savons tous qu’en politique les intérêt matériels et économiques dépassent de loin le droit et la morale.</p>



<p>C’est ainsi que Konrad Adenauer, qui revint sur l’avènement des relations germano-israéliennes lors d’une allocution télévisée prononcée le 4 janvier 1966, expliqua qu’il avait «essayé de réaliser la réconciliation avec les juifs à cause de l’injustice qu’ils avaient subie et parce qu’ilssont une force dans le monde».<a href="#_ftn18" id="_ftnref18">[18]</a></p>



<p>Lorsque nous relisons ces propos d’Adenauer, nous comprenons mieux leur importance, puisque, comme par hasard, du 5 au 10 juin 1967, l’État d’Israël a montré à quel point <em>«les juifs sont une force dans le monde»</em>&nbsp;: en 6 jour, Israël a réussi à occuper le Sinaï, le plateau du Golan, la Cisjordanie et la Bande de Gaza.</p>



<p>Mais, pour être juste et précis, la vraie force d’Israël repose sur les États-Unis, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France.</p>



<p>En effet, et pour ne prendre qu’un exemple, je rappelle que suite à la guerre des Six jours (1967), Moshe Dayan, s’adressant à des étudiants, avait déclaré&nbsp;: <em>«Nous avons conféré à notre État une expansion telle que ses frontières actuelles s’étendent d’El-Kantara l’Egyptienne à Al-Kounaytirah la Syrienne. Votre tâche à vous, la génération montante,</em> <em>sera de défendre ces frontières et les repousser encore plus loin</em>» <a href="#_ftn19" id="_ftnref19">[19]</a> . Mais Moshe Dayan aurait dû leur dire que cet exploit était impossible sans le soutien de ses alliés. Lors de la guerre du 6 octobre 1973, ce soutien a été crucial, car Israël a été battu par l’Egypte, mais sauvée surtout par les États-Unis. Dans son ouvrage <em>‘‘A la recherche d’une identité</em>’’, le président Anouar El-Sadate relate les&nbsp; évènements qui l’ont conduit à accepter le cessez-le-feu bien qu’il était victorieux et capable de continuer la guerre.<a href="#_ftn20" id="_ftnref20">[20]</a> Son allié, Leonid Brejnev, dirigeant de l’URSS de 1964 à 1982, le pressait d’accepter le cessez-le-feu dès les premiers jours, alors qu’il venait de réussir à prendre le dessus sur l’armée israélienne<a href="#_ftn21" id="_ftnref21">[21]</a>, allant jusqu’à prier le président de la Yougoslavie de le convaincre de se plier à cette injonction. Mais dès qu’il récupéra les territoires qui ont été conquis en 1967 par Israël et constaté que <em>«les Américains participaient aux combats en approvisionnant Israël en armes complètement nouvelles qui avaient seulement fait l’objet d’essais»</em>, il accepta le cessez-le-feu.</p>



<p>D) <em>La quatrième phrase</em>&nbsp;: <em>«…malgré toute la préoccupation suscitée par le sort du peuple palestinien, le jugement est totalement faussé lorsque les actions israéliennes sont qualifiées d’intentions génocidaires».</em></p>



<p>Voici la phrase que Habermas n’aurait pas dû accepter et cela pour une raison très simple&nbsp;:</p>



<p>a) Dès la formation du mouvement sioniste, la grande partie de ses membres, voulait <em>«reprendre le grand Israël»</em> sauf ceux qui étaient pour un État binational ou pour la solution des deux États. Le grand Israël devait se réaliser par étapes, c’est-à-dire en occupant le plus possible de territoires à chaque fois que l’État israélien est attaqué. C’est pourquoi, pour Netannyahu et ses consorts toutes les attaques visant Israël étaient <em>«les biens-venues»</em>.</p>



<p>De plus, Habermas aurait dû prévoir que la riposte d’Israël <em>pouvait</em> aboutir à un génocide et par conséquent, ne pas soutenir indéfectiblement une seule partie et devenir aux yeux des professeurs de philosophie tunisiens pratiquement le seul philosophe <em>garant d’un génocide</em> possible. Face à ce jugement, une question se pose&nbsp;:&nbsp;</p>



<p>Pour quelles raisons Habermas, du 13 octobre 2023 jusqu’à sa mort, est-il resté attaché à son <em>«Principe de Solidarité»</em> alors que des instances juridiques internationales ont affirmé qu’Israël est bien en train de perpétrer un génocide&nbsp;? Pour répondre à cette question, il est utile de rappeler que certains Allemands, y compris Habermas, ont du mal à admettre qu’ils sont capables de commettre une <em>«barbarie»</em> telle que le génocide.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>b) Habermas et la tardive reconnaissance des génocides commis par l’Allemagne coloniale.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>L’Allemagne a réussi à se présenter aux Allemands, dont bien évidemment Habermas, comme l’État qui a commis un seul génocide contre les Juifs allemands (41-45), mais qui n’a jamais commis des actes&nbsp; génocidaires dans ses colonies africaines.<a href="#_ftn22" id="_ftnref22">[22]</a> Ce n’est qu’en 2021 que l’État allemand a reconnu pour la première fois avoir commis un génocide contre les Hereros et les Nama&nbsp;: <em>«Nous qualifierons maintenant officiellement ces événements pour ce qu’ils sont du point de vue d’aujourd’hui : un génocide»</em>, a déclaré le ministre des Affaires étrangères allemand, Heiko Maas, dans un communiqué.<a href="#_ftn23" id="_ftnref23">[23]</a>Les colons allemands avaient tué des dizaines de milliers d’Herero et de Nama dans des massacres commis entre 1904 et 1908, considérés par de nombreux historiens comme <em>«le premier génocide du XXe siècle.»</em><a href="#_ftn24" id="_ftnref24">[24]</a></p>



<p><strong>3) Habermas face à la question du génocide, entre reconnaissance et non reconnaissance.</strong></p>



<p>Le 27 Juillet 2021, le journaliste du <em>Frankfurter Rundschau</em>, Harry Nutt, a publié un texte intitulé<em>«Antony.&nbsp;Dirk Moses, Attaque contre le caractère unique de l’Holocauste.»</em>&nbsp;</p>



<p>Dans cet article, l’historien affirme, contrairement à Habermas,&nbsp;que l’idée de la <em>singularité</em> de l’holocauste n’est pas fondée sur des bases solides parce qu’elle est <em>«une sorte de catéchisme»</em> qu’<em>«il est temps d’abandonner… une idéologie d’État qui impose un langage codé»</em>.<a href="#_ftn25" id="_ftnref25">[25]</a></p>



<p>Pour Antony Dirk Moses cette idéologie a permis de faire en sorte que les massacres destructeurs commis par les Allemands dans leurs anciennes colonies soient à jamais effacés. Or, pour lui, il suffit de déconstruire cette idéologie pour prouver qu’il existe bien une analogie entre les anciens massacres et l’Holocauste. Alors que pour Habermas, l’holocauste est un fait transhistorique qu’on ne peut comparer à d’autres génocides, pour Antony Dirk Moses une telle affirmation est insensée, car l’holocauste n’est qu’une reproduction à une plus grande échelle du génocide commis par les Allemands en Namibie.&nbsp;</p>



<p>Le16 septembre 2021, Habermas donne un entretien au <em>Neue Zürcher Zeitung</em> (Gazette zurichoise) dans lequel il répond à plusieurs questions dont certaines nous intéressent particulièrement parce qu’elles montrent à quel point il a révisé ses anciennes croyances. <a href="#_ftn26" id="_ftnref26">[26]</a> A la question <em>«</em><em>Est-il permis de comparer l’extermination des Juifs par les nationaux-socialistes à d’autres faits historiques?»</em>, Habermas affirme cette fois qu’il est possible de comparer certains faits historiques anciens avec d’autres qui sont actuels. Mais, a-t-il renoncé clairement à la phrase culte <em>«la sécurité d’Israël est une raison d’État»</em> ainsi qu’à son attachement à l’idée du caractère unique du génocide commis par les Nazis&nbsp;? Rien n’est moins sûr&nbsp;! Ce qui est sûr, c’est qu’il est resté jusqu’à sa mort attaché à sa déclaration du 13 novembre 2023 refusant de répondre à un journaliste qui lui a demandé de s’exprimer sur la manière dont l’État israélien mène la guerre contre les palestiniens.</p>



<p>a) Le caractère génocidaire de la riposte israélienne.</p>



<p>La convention pour la prévention et la répression du crime de génocide du 9 décembre 1948, article 2,&nbsp;définit le génocide comme étant <em>«un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national , ethnique , racial ou religieux, comme tel&nbsp;: a) meurtre de membres du groupe&nbsp;; b) atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe&nbsp;; C) soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entrainer sa destruction physique totale ou partielle&nbsp;; d) mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe&nbsp;; e) transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe.»</em></p>



<p>b) Procédure engagée par l’Afrique du Sud contre l’État d’Israël le 29 décembre 2023</p>



<p>Un mois et demi seulement après <em>«Principe de Solidarité»</em>, l’Affrique du Sud a engagé une procédure contre l’État d’Israël auprès de la Cour internationale de justice, au titre de la Convention contre le génocide à l’égard des Palestiniens de la bande de Gaza et <em>«de longues années d’apartheid»</em>, tout en <em>«demandant initialement à la Cour de rendre une mesure conservatoire de protection»</em>.</p>



<p>Le 26 janvier 2024 la CIJ rend une décision au titre de la convention contre le génocide ordonnant à Israël d’empêcher tout éventuel acte génocidaire.&nbsp; Mais la cour déclare qu’<em>«au moins certains des actes et omissions dont l’Afrique du Sud allègue qu’ils ont été commis par Israël à Gaza semblent pouvoir relever des dispositions de la Convention sur le génocide»</em><a href="#_ftn27" id="_ftnref27">[27]</a></p>



<p>Suite à cette décision et comme toujours, le gouvernement israélien a accusé la CIJ d’être antisémite. Mais qu’elle a été la position de Habermas, du 13 octobre 2023 jusqu’à sa mort&nbsp;?</p>



<p>Nous savons qu’il a affirmé dans <strong><em>«</em></strong><em>Principe de Solidarité»</em> que «<em>malgré toute la préoccupation suscitée par le sort du peuple palestinien, le jugement est totalement faussé lorsque les actions israéliennes sont qualifiées d’intentions génocidaires».</em> Pourtant, Le 22 novembre 2023, 207 professeur-es de philosophie, dont Nancy Fraser et Judith Butler, signent une pétition dans laquelle ils&nbsp;:&nbsp;</p>



<p>&#8211; <em>«lancent un appel à tous les professeur-es de philosophie où qu’ils se trouvent à se joindre à eux pour condamner le massacre en cours à Gaza, et soutenir le peuple palestinien, dans sa lutte contre le système d’apartheid et la colonisation du territoire reconnu par l’0NU en 1948»</em><a href="#_ftn28" id="_ftnref28">[28]</a>;</p>



<p><em>&#8211; «présentent les actes commis par Israël qui&nbsp;prouvent qu’un génocide a commencé et risque de prendre une dimension catastrophique»</em>. <a href="#_ftn29" id="_ftnref29">[29]</a>&nbsp;</p>



<p>Le1<sup>er</sup>Janvier 2025, l’ONG <em>Al-Haq</em> affirme que <em>«les violences génocidaires perpétrées par Israël contre les Palestiniens à Gaza continuent de s’intensifier»</em>, que <em>«depuis la toute première semaine de son génocide, Israël a méthodiquement vidé de vastes étendues de la bande de Gaza de ses habitants en émettant illégalement des ordres d’évacuation»</em>, que <em>«plus de 90 % de la population de Gaza a été déplacée de force de ses foyers et abris temporaires, la plupart à de nombreuses reprises, vers de prétendues ‘‘zones de sécurité’’, qui sont en réalité, conçues intentionnellement pour anéantir toute vie qui y trouve refuge.»</em> L’ONG ajoute&nbsp;: <em>«Israël prétend agir conformément à ses obligations légales alors qu’en réalité, il fournit une preuve supplémentaire de son intention génocidaire, puisqu’il utilise ces mesures pour commettre et contribuer à des actes de génocide, notamment des meurtres, des atteintes graves à l&rsquo;intégrité physique et mentale, et la création de conditions destinées à détruire les Palestiniens de Gaza.»</em><a href="#_ftn30" id="_ftnref30">[30]</a></p>



<p>Le 27 Octobre 2025, <em>Amnesty International</em> affirme&nbsp;: <em>«Plus d’un mois après l’annonce d’un cessez-le-feu et la libération de tous les otages israéliens en vie, les autorités israéliennes continuent de commettre un génocide contre les Palestinien·ne·s dans la bande de Gaza occupée en continuant de soumettre délibérément ces personnes à des conditions de vie destinées à provoquer leur anéantissement physique, sans montrer aucun signe de changement dans leurs intentions.»</em><a href="#_ftn31" id="_ftnref31">[31]</a>&nbsp;<em>«Le cessez-le-feu risque de créer l’illusion dangereuse d’un retour à la normale pour les gens qui vivent à Gaza. Si les autorités et les forces israéliennes ont réduit l’ampleur de leurs attaques et autorisé l’entrée d’une aide humanitaire limitée à Gaza, le monde ne doit toutefois pas se laisser berner. Le génocide perpétré par Israël n’a pas pris fin», </em>a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale de l’ONG.<a href="#_ftn32" id="_ftnref32">[32]</a></p>



<p>Malgré les positions prises par ces institutions, Habermas est resté indifférent, et lorsqu’un journaliste lui a demandé ce qu’il pensait de la manière dont l’État israélien continuait de mener une guerre contre le Hamas, il a évité de répondre en arguant qu’il ne lui revient pas de juger la politique de l’État israélien.</p>



<p>Une telle attitude suffit pour juger qu’il a pris une position qui va à l’encontre de sa philosophie et qui donne raison à ceux qui n’osent plus le considérer comme le philosophe garant de la morale.</p>



<p>Il reste toutefois évident que du point de vue de la déontologie professionnelle, les professeur-es de philosophie doivent encourager les étudiants à lire tous les philosophes&nbsp;: Habermas doit être enseigné comme doivent l’être Heidegger et Carl Schmitt, entre autres, auxquels des reproches du même genre peuvent être adressés.</p>



<p><em>* Professeur de philosophie &#8211; Université de Tunis. </em></p>



<p><strong>Notes :</strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p>[1] Habermas, <a href="http://www.leforum.de/artman/publish/article_78.shtml" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Bestialité et humanité-Une guerre à la frontière du droit et de la morale</a>, Forum franco-allemand 2000, &nbsp;</p>



<p>[2] Grundsätze der Solidarität. Eine Stellungnahme, Forschungszentrums für Normative Orgnungen der Goethte-Universität Frankfurt, 13 Novembre, 2023&nbsp;</p>



<p>[3] Dictionnaire de l’Académie française,&nbsp;9<sup>e</sup>&nbsp;édition&nbsp;(actuelle)</p>



<p>[4] Le «&nbsp;concept&nbsp;» du 11 Septembre, Dialogues à New York, octobre-décembre 2001, avec Giovanna Borradori&nbsp;: Derrida-Habermas, p. 65</p>



<p>[5] Rafael Lemkin utilise les termes barbarie et vandalisme comme étant des actes génocidaires.</p>



<p>[6] Jürgen Habermas, Le djihadisme, une forme moderne de réaction au déracinement, propos recueillis par Nicolas Weill (Journal Le Monde, publié 19 Novembre 2015.&nbsp;</p>



<p>[7] Le camp de Guantanamo de 2001 est situé à Cuba sur une base militaire américaine, justifié par le président George W. Bush afin de fonder juridiquement la décision de refuser de soumettre les détenus au système judiciaire fédéral américain, prenant appui sur l&rsquo;extraterritorialité de la base. Wikipédia</p>



<p>[8] Jürgen Habermas, Le djihadisme, une forme moderne de réaction au déracinement.</p>



<p>[9] <em>Idem</em></p>



<p>[10] Max Horkheimer, Der dialektische Herr Habermas<strong>, </strong>lettre à Theodor W. Adorno, 27 Septembre 1958</p>



<p><a href="#_ftnref11" id="_ftn11"></a>&nbsp;[11] Idem.&nbsp;&nbsp;</p>



<p><a href="#_ftnref12" id="_ftn12">[12]</a> José Brunner est professeur émérite à la faculté de droit Buchmann et à l&rsquo;Institut Cohen d&rsquo;histoire et de philosophie des sciences de l&rsquo;université de Tel Aviv.</p>



<p><a href="#_ftnref13" id="_ftn13">[13]</a> » Institut für Sozialforschung , Interview mit José Brunner : « Les deux camps nourrissent une peur existentielle légitime. »</p>



<p>[14] Extrait du <a href="https://www.bundesregierung.de/breg-de/service/newsletter-und-abos/bulletin/rede-der-bundesministerin-des-auswaertigen-annalena-baerbock–2314632" target="_blank" rel="noreferrer noopener">discours </a>de la ministre Annalena Baerbock devant le Bundestag, 10 octobre 2024.</p>



<p>[15] Extrait de Wikipédia « Génocide des Héroros er Namas » .</p>



<p>[16] Madame la ministre des affaires étrangères Annalena Baerbock, actuellement, présidente de l’Assemblée générale des Nations-Unies.</p>



<p>[17] &nbsp;Isabel Ruck, La raison d’État a-t-elle toujours raison ? Le cas de l’Allemagne face à la guerre contre Gaza, note 13 29/10/2024.&nbsp; elle renvoie à une note 13 de son article : »« Entstehung, Wandel und Entwicklung des Staatsräsons-Begriff in Deutschland », <a href="https://www.bundestag.de/resource/blob/984994/b6599ace70df398d643cc9e584d29caf/WD-1-024-23-pdf.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Deutscher Bundestag Wissenschaftlicher Dienst</a>, novembre 2023..</p>



<p>[18] Charlotte Restif, Allemagne, Palestine : la diplomatie impossible ? L’influence israélienne sur la politique étrangère allemande au Proche-Orient, Deutsch Kron, 1973 : 4.</p>



<p>[19] Anouar El-Sadate, A la recherche d’une identité, Histoire de ma vie, 1978.</p>



<p>[20] Quelques jours après le déclanchement de la guerre « Kissinger a déclaré à Golda Meir&nbsp;: «&nbsp;Vous avez perdu la guerre, il faut vous y résoudre&nbsp;» Anouar El-Sadate P. 370</p>



<p>[21] <em>Idem</em></p>



<p>[22] Christine de Gemeaux, <a href="https://doi.org/10.4000/allemagne.3521" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Une politique mémorielle allemande sélective face aux anciennes colonies d’Afrique</a>, p. 41-53. </p>



<p>[23] Colonialisme : l’Allemagne reconnaît avoir commis «un génocide» en Namibie, Le Monde Afrique le 28 mai 202</p>



<p>[24] <em>Idem</em></p>



<p>[25] A. Dirck Moses&nbsp;: Attaque contre le caractère unique ou singulier de l’Holocauste, publié le 27 juillet 2021 par Harry Nutt&nbsp;&nbsp; Frankfurter Rundschau</p>



<p>[26] Et maintenant ? L’Holocauste est unique. Mais peut-être pas tout à fait ? – Jürgen Habermas intervient dans le débat sur la culture mémorielle allemande. (Thomas Ribi).</p>



<p>[27] Wikipédia Afrique du Sud c. Israël (convention contre le génocide) note 17</p>



<p>[28] Réponse à « Principes de solidarité. Une prise de position&nbsp;», Dignité pour tous, 22 novembre 2023.</p>



<p>[29] Idem.</p>



<p>[30] Al-Haq publie un nouveau rapport intitulé « Comment dissimuler un génocide : le rôle des ordres d’évacuation et des zones de sécurité dans la campagne génocidaire israélienne à Gaza » 1er janvier 2025.</p>



<p>[31] Titre de l&rsquo;article de Amnesty Israël et Territoire palestinien occupé. Le génocide des Palestinien·ne·s commis par Israël à Gaza se poursuit sans relâche malgré le cessez-le-feu.</p>



<p>[32] <em>idem</em>.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/17/habermas-degringole-t-il-des-hauteurs-de-la-morale1/">Habermas «dégringole-t-il des hauteurs de la morale»[1] ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Tunisie &#124; Arrestation de Wael Naouar et Jawaher Chenna</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Mar 2026 13:02:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[flottille Soumoud]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Wael Nouar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le comité de la Flottille tunisienne Soumoud exige la libération immédiate de deux de ses initiateurs, Wael Naouar et Jawaher Chenna. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/06/tunisie-arrestation-de-wael-naouar-et-jawaher-chenna/">Tunisie | Arrestation de Wael Naouar et Jawaher Chenna</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le comité de la Flottille tunisienne propalestinienne Soumoud a annoncé l’arrestation de deux de ses initiateurs, Wael Naouar et Jawaher Chenna, et a exigé leur libération immédiate, rapporte <a href="https://diwanfm.net/news/%D9%88%D8%B7%D9%86%D9%8A%D8%A9/%D9%87%D9%8A%D8%A6%D8%A9-%22%D8%A3%D8%B3%D8%B7%D9%88%D9%84-%D8%A7%D9%84%D8%B5%D9%85%D9%88%D8%AF%22-%D8%AA%D8%B9%D9%84%D9%86-%D8%A5%D9%8A%D9%82%D8%A7%D9%81-%D9%88%D8%A7%D8%A6%D9%84-%D9%86%D9%88%D8%A7%D8%B1-%D9%88%D8%AC%D9%88%D8%A7%D9%87%D8%B1-%D8%B4%D9%86%D8%A9" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Diwan FM</a>.</em></strong></p>



<span id="more-18443095"></span>



<p>Dans un communiqué publié ce vendredi 6 mars 2026, le comité a affirmé que ces arrestations s’inscrivaient dans le cadre d&rsquo;un harcèlement et d’une persécution sécuritaires visant les organisateurs de la flottille et le mouvement propalestinien en Tunisie.</p>



<p>Le comité a tenu les autorités compétentes pleinement responsables de la sécurité des détenus et a appelé ses sympathisants à se rassembler immédiatement pour manifester et exiger leur libération.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B. </strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/06/tunisie-arrestation-de-wael-naouar-et-jawaher-chenna/">Tunisie | Arrestation de Wael Naouar et Jawaher Chenna</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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