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	<title>Archives des parti communiste tunisien - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des parti communiste tunisien - Kapitalis</title>
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		<title>Noureddine Bouarrouj, la mémoire effacée du communisme tunisien</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Sep 2026 07:25:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Se souvenir de Noureddine Bouarrouj, c’est reprendre une question que l’histoire officielle du Parti communiste tunisien a préféré ne pas poser.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/10/noureddine-bouarrouj-la-memoire-effacee-du-communisme-tunisien/">Noureddine Bouarrouj, la mémoire effacée du communisme tunisien</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Cet article est un acte de mémoire. Il paraît à l’occasion du trente-quatrième anniversaire de la mort de Noureddine Bouarrouj, comme un hommage et un devoir de mémoire. Mais rendre justice à sa pensée impose aussi d’interroger la manière dont elle a été effacée : car cet effacement n’est pas un simple oubli. Il est le produit d’une gestion du parti centrée sur une personne et sur un appareil, qui a fini par réduire la mémoire collective de la gauche tunisienne à un récit de personnes et de divisions. Se souvenir de Bouarrouj, c’est donc aussi reprendre une question que l’histoire officielle du parti a préféré ne pas poser : pourquoi le Parti communiste tunisien n’a-t-il pas de mémoire collective ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelhamid Larguèche *</strong></p>



<span id="more-19609853"></span>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire du communisme tunisien s’est longtemps écrite autour d’un nom, celui de Mohamed Harmel, présenté comme l’homme qui sauva le Parti communiste tunisien (PCT) de la clandestinité, de la répression, puis de l’effondrement du communisme international. Ce récit n’est pas faux. Il est seulement incomplet, et son incomplétude a un coût : elle a occulté une autre histoire, plus discrète, celle des intellectuels que la gestion centralisée et personnelle du parti a progressivement marginalisés, et au premier rang desquels figure Noureddine Bouarrouj.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un récit d’appareil, une mémoire de personnes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le coût va plus loin que la mise à l’écart d’un homme ou d’un groupe. À force de faire reposer sa légitimité sur la figure d’un seul dirigeant et sur la préservation de l’appareil, le parti a fini par transformer sa propre histoire en un récit de personnes : celui d’un sauveur et de ceux qu’il aurait, volontairement ou non, écartés. Les témoignages de ses camarades le rappellent avec amertume : jusqu’à aujourd’hui, certains sont irrités par la seule évocation des noms de Noureddine Bouarrouj, Ali Mtimet ou Bechir El Fani, comme si leurs rôles dans l’édification du parti, y compris dans les moments les plus difficiles de la clandestinité, devaient rester volontairement tus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une mémoire collective réduite à un récit de personnages et de rivalités n’est plus une mémoire collective : elle devient un instrument de gestion interne, qui a servi à trancher des désaccords intellectuels par des mises à l’écart plutôt qu’à les faire vivre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Se souvenir de Bouarrouj, trente-quatre ans après sa disparition, ce n’est donc pas instruire le procès d’un homme. C’est reconnaître qu’un pan entier de la pensée marxiste tunisienne, l’un des plus originaux, est resté mal connu, non par accident, mais parce que le parti qui aurait dû le porter a préféré, à un moment déterminant de son histoire, la cohésion de l’appareil à l’ouverture doctrinale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un itinéraire de militant et de passeur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Bouarrouj n’était pas un doctrinaire. Militant de la clandestinité, puis exilé pendant une quinzaine d’années, il revient en Tunisie et devient l’un des artisans les plus actifs de la recherche d’unité entre communistes tunisiens. Autour de lui se constitue le <em>«groupe de Tunis»</em>, parfois appelé <em>«groupe de Kléber»</em>, qui réunit notamment Taoufik Baccar, Salah Garmadi, Habib Attia, Hamadi Ben Rachid, Bechir El Fani et Ali Mtimet, rejoints plus tard par Sahbi Denguezli, Bechir Ben Brahim, Jamil Hayder et Mondher Belhaj Ali. Ce cercle anime de multiples rencontres avec des intellectuels et des artistes tunisiens, et fonde, dans son sillage, le Syndicat de l’enseignement supérieur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa contribution la plus significative touche à la question nationale elle-même. Les témoignages de ses camarades rappellent le rôle qu’il a joué, avec plusieurs <em>«communistes patriotes»</em>, lors du sixième congrès du PCT, au moment où le parti procède à une autocritique de sa position antérieure à l’égard du mouvement national. Cette inflexion rouvrait la possibilité de penser le socialisme à partir de l’histoire tunisienne elle-même, plutôt qu’à partir d’une doctrine importée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le septième congrès prolonge cette ligne : le groupe de Tunis s’y rapproche de personnalités destouriennes de gauche, puis des réformateurs autour d’Ahmed Ben Salah, dont il défend un soutien critique aux réformes de structures des années 1960. Cette même exigence unitaire le conduira, en janvier 1978, à soutenir la légitimité de la direction de l’UGTT face à une lecture plus sectaire du conflit syndical.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or c’est précisément l’élan issu de ce septième congrès, et la légalité interne qu’il avait établie, qu’un huitième congrès viendra rompre, au début de l’année 1981, ainsi que l’attestent les témoignages de ses camarades : réuni en dehors de toute règle démocratique et sans le pluralisme qu’appelaient les discussions d’unification alors en cours, ce congrès n’a pas seulement clos une tentative de reconstruction du parti, il a substitué à la légalité collective issue du septième congrès la décision d’un cercle restreint. Cette rupture, qui n’a rien d’un simple épisode d’appareil, scelle pour plusieurs années la fin des espoirs de réunification des communistes tunisiens, et prive le mouvement d’une génération de militants qui portaient une lecture nationale et non dogmatique du marxisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est cette capacité à faire dialoguer le marxisme avec l’histoire, la culture et les aspirations nationales, plutôt qu’à l’imposer contre elles, qui constitue l’apport le plus durable de Bouarrouj à l’histoire intellectuelle de la gauche tunisienne, et c’est elle que la logique d’appareil a fini par sacrifier.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une pensée de la modernité critique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est cependant dans les entretiens recueillis par Hédi Dhoukar que se révèle le mieux l’ampleur de cette pensée, longtemps confinée à la mémoire orale de ses proches. Bouarrouj y développe une réflexion sur la modernité qui dépasse de loin les débats de son parti. Pour lui, la modernité n’est pas un état donné une fois pour toutes que l’on rattraperait en suivant un modèle occidental : elle est un processus en action, que chaque société doit s’approprier à partir de ses propres attentes plutôt que subir de l’extérieur. Il critique aussi bien le mimétisme des élites modernisatrices, prêtes à adopter les formes de la modernité occidentale sans en garder l’esprit critique, que le repli conservateur qui invoque des valeurs anciennes pour se dispenser de tout changement réel. Entre ces deux impasses, il défend l’idée d’une modernité critique, à construire, et non à imiter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette même exigence critique traverse sa réflexion sur les rapports entre islam et marxisme, l’une des dimensions les plus singulières de sa pensée. Contrairement à une partie de la critique marxiste de son temps, qu’il juge fondée sur une connaissance superficielle des sources islamiques elles-mêmes, Bouarrouj insiste sur la nécessité d’aborder l’islam à partir de son histoire propre plutôt qu’à travers les orientalistes ou les vulgates militantes. Il retient notamment, dans son dialogue avec l’itinéraire de Roger Garaudy, l’idée que l’islam refuse de séparer le savoir de la sagesse, la foi de l’engagement politique, et vise l’unité de la personne plutôt que son morcellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette rigueur, il la met également au service d’une lecture du rapport entre religion et pouvoir dans le monde arabo-musulman qui doit beaucoup à Ibn Khaldoun. Interrogeant la question de savoir si c’est l’islam qui a servi les Arabes ou l’inverse, il rappelle la thèse khaldounienne selon laquelle l’islam s’est mis au service de l’<em>açabiyya</em> arabe, l’esprit de corps qui soude un groupe, et l’illustre par le rapprochement inattendu qu’il opère entre la sécularisation kémaliste et le rigorisme wahhabite : deux réponses opposées à une même ambition, celle de reconstituer la force d’un peuple à partir de ses propres ressources. Il porte d’ailleurs un regard tout aussi critique sur les tentatives savantes de relire l’islam à la lumière des sciences modernes, comme celle de Mohamed Arkoun, qu’il juge pertinentes dans leur principe mais limitées par leur détachement de la société islamique réelle. C’est cette même exigence, refuser autant le dogmatisme militant que la relecture savante coupée du terrain, qui caractérise sa démarche intellectuelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Harmel, la gestion personnelle et le prix de la mémoire collective</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Que Mohamed Harmel ait maintenu un appareil quand d’autres formations disparurent purement et simplement est un fait. Mais ce fait n’épuise pas la question posée par le sort de Bouarrouj et de ses camarades, et il ne saurait servir à euphémiser ce qui s’est joué au début de 1981 : la survie du parti ne s’est pas seulement décidée face à la répression extérieure, elle s’est aussi décidée dans le choix, interne celui-là, de trancher par un congrès sans démocratie ni pluralité une tentative de reconstruction et de réunification qui engageait pourtant l’avenir intellectuel du mouvement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est cette décision, gestion personnelle et centralisée d’un moment où le parti pouvait encore s’élargir, qu’il faut regarder en face plutôt que de la dissoudre dans le seul récit de la survie de l’appareil. Car cette survie eut un prix, et ce prix fut payé par les intellectuels du parti.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous une direction de plus en plus personnalisée, l’organisation devint progressivement une fin en soi. La discipline remplaça le débat. La fidélité à l’appareil l’emporta sur la créativité intellectuelle. Le centralisme démocratique, qui aurait dû demeurer un instrument de discussion, se transforma en mécanisme de sélection : les désaccords théoriques y devinrent des problèmes disciplinaires, les débats politiques des questions de loyauté, l’autonomie intellectuelle un objet de suspicion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bouarrouj fut le premier sacrifié de cette logique, mais non le seul. Autour de lui, le linguiste Salah Garmadi, le critique Taoufik Baccar et d’autres militants refusant de confondre unité et unanimisme s’éloignèrent ou furent marginalisés, notamment à l’approche du congrès des <em>«novateurs»</em> de 1993.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le coût le plus durable de cette gestion, cependant, ne se mesure pas seulement en noms écartés ou en intellectuels marginalisés. Il se mesure dans la manière dont l’histoire même du parti a fini par s’écrire : non comme le récit collectif d’une pensée en discussion, mais comme un récit de personnes, de fidélités et de ruptures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une mémoire de parti qui se raconte à travers ses dirigeants et ses scissions, plutôt qu’à travers les idées qui s’y sont affrontées, cesse d’être une mémoire intellectuelle : elle devient une mémoire de gestion, transmise par ceux qui ont tenu l’appareil, aux dépens de ceux qui portaient la pensée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ainsi qu’un patrimoine critique réel, sur le marxisme, la modernité et l’islam, a pu rester confiné à la mémoire orale de quelques camarades, quand l’histoire officielle du mouvement ne retenait que les noms de ses dirigeants successifs et le récit de ses querelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le moment le plus révélateur de cette responsabilité se situe à la fin des années 1980, lorsque les transformations du monde communiste ouvraient une fenêtre réelle pour repenser les doctrines, les méthodes et les rapports entre le parti et la société. Bouarrouj incarnait précisément cette possibilité de rénovation, non comme abandon du communisme mais comme son renouvellement. La direction choisit une autre voie : celle de la cohésion de l’appareil contre l’ouverture doctrinale. Ce choix permit sans doute au parti de traverser la crise. Il lui interdit d’en sortir porteur d’une capacité d’invention retrouvée, et d’une mémoire collective faite d’autre chose que de fidélités personnelles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le dernier geste d’un homme de rigueur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le trait le plus émouvant de cet itinéraire intellectuel se situe dans ses derniers mois. Rattrapé par la maladie, quelques mois avant sa mort, Bouarrouj éprouve le besoin de livrer, depuis son lit d’hôpital, un bilan critique de l’effondrement de l’Union soviétique, acté en décembre 1991. Dicté en quelques jours, sans autre appui que sa mémoire, ce texte se distingue par sa rigueur et son absence de tout calcul institutionnel : il ne cherche ni à réhabiliter ni à justifier l’expérience soviétique, mais à en comprendre les échecs, notamment dans l’incapacité de ses dirigeants à penser correctement les rapports entre peuples dominants et dominés, entre le Nord et le Sud, entre l’Occident et l’Orient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce geste, celui d’un homme qui choisit de consacrer ses dernières forces à un exercice de vérité intellectuelle plutôt qu’à la défense d’un camp, résume à lui seul ce que fut sa démarche tout au long de sa vie : rester fidèle à l’exigence critique, y compris quand elle dérange son propre camp. C’est cette même exigence, précisément, que la gestion personnelle et centralisée du parti n’a jamais su accueillir en son sein tant qu’elle relevait de vivants plutôt que d’un testament.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi le PCT n’a-t-il pas de mémoire collective</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette fragmentation de la mémoire de la gauche n’est pas un phénomène isolé dans l’histoire politique tunisienne postcoloniale. On en retrouve un écho, sous une forme différente, dans le sort réservé à l’expérience économique des années 1960 portée par Ahmed Ben Salah, ce même projet que Bouarrouj et ses camarades avaient soutenu de façon critique : là aussi, un projet ambitieux fut interrompu avant d’avoir pu tirer pleinement les leçons de ses propres contradictions. Mais le cas du PCT pose une question plus précise, et qu’il faut poser directement : pourquoi un parti qui s’est voulu, pendant des décennies, le dépositaire d’une pensée critique n’a-t-il pas de mémoire collective, faite d’idées débattues et transmises, mais seulement une mémoire de personnes, de fidélités et de scissions ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse tient à trois mécanismes que cet article a tenté de mettre au jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’abord, une gestion centralisée qui a fait reposer la légitimité du parti sur un homme et sur la préservation de l’appareil, plutôt que sur les débats qui le traversaient : ce que l’organisation a gagné en cohésion, elle l’a perdu en capacité à garder trace de ses désaccords autrement que comme des trahisons ou des ruptures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, l’absence de démocratie et de pluralité au moment où elle aurait le plus compté, celle qui a permis au huitième congrès de 1981 de trancher unilatéralement une tentative de reconstruction et de réunification, substituant la décision d’un cercle restreint à la légalité collective issue du septième congrès.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, la transmission elle-même : faute d’avoir été assumée par le parti, la pensée de Bouarrouj, comme celle de plusieurs de ses camarades, n’a survécu que dans la mémoire orale de quelques proches et dans des entretiens comme ceux recueillis par Hédi Dhoukar, jamais dans une histoire écrite et débattue du mouvement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un parti qui ne transmet de son passé que les noms de ses dirigeants et le récit de ses ruptures n’a pas de mémoire collective : il a une mémoire de gestion, entretenue par ceux qui ont tenu l’appareil, et une mémoire militante, maintenue en marge par ceux qui en ont été écartés. Ces deux mémoires, celle de Harmel et celle de Bouarrouj, ne se sont jamais réconciliées parce que la première n’a jamais eu besoin de rendre compte à la seconde. C’est cette tension, plus que tout désaccord doctrinal, qui explique l’absence d’une mémoire collective au sens plein du terme : une mémoire qui appartiendrait au parti tout entier, débats compris, et non aux seuls vainqueurs de ses congrès.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces questions concernent moins le passé du communisme tunisien que l’avenir de toute gauche, et de tout mouvement politique, qui voudrait échapper à la même logique : celle où la gestion de l’appareil, aussi nécessaire soit-elle un temps, finit par se substituer à la vie intellectuelle et à la mémoire qu’elle était censée protéger.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Rendre à Bouarrouj sa place, et au parti sa mémoire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Trente-quatre ans après sa mort, ce devoir de mémoire n’a rien perdu de son actualité. Les nouvelles générations qui s’interrogent sur la possibilité d’un marxisme enraciné dans l’histoire et la culture arabo-musulmanes, sur les impasses du mimétisme modernisateur, ou sur les conditions d’une pensée critique fidèle à elle-même jusqu’au bout, trouveront dans l’itinéraire de Noureddine Bouarrouj bien plus qu’un épisode de l’histoire de la gauche tunisienne : une pensée qui mérite, pour elle-même, d’être enfin connue. Mais elles y trouveront aussi, si elles savent la lire, un avertissement : aucun patrimoine intellectuel ne résiste longtemps à une mémoire organisée autour des seules personnes qui l’ont gouverné.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire retiendra sans doute que Mohamed Harmel fut celui qui maintint le PCT en vie. Elle doit aussi retenir qu’une gestion à ce point personnalisée et centralisée de cette survie a fini par priver le parti non seulement de ses intellectuels les plus originaux, mais de la capacité même à se souvenir de sa propre histoire autrement qu’à travers le récit de ses hommes et de ses ruptures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet article doit beaucoup, dans ce qu’il tente de restituer de cette pensée, au livre que Hédi Dhoukar a consacré à Noureddine Bouarrouj**. Fruit d’un travail d’écoute et de transcription mené avec une grande rigueur documentaire, cet ouvrage constitue à ce jour la source la plus riche et la plus fidèle pour accéder à la profondeur et à l’originalité d’une pensée que l’histoire officielle de la gauche tunisienne a trop longtemps laissée dans l’ombre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Post-scriptum : une histoire à écrire à plusieurs voix</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis sa mise en circulation, cet article suscite déjà, de l’aveu de ses premiers lecteurs, le débat qu’il appelait sans doute de ses vœux. Plusieurs anciens camarades, acteurs ou témoins directs de cette histoire, m’ont fait part de leurs réactions, et je tiens à leur en exprimer ma sincère gratitude : leurs remarques me confortent dans l’idée que cette histoire reste à écrire, non à partir d’une mémoire unique, mais à partir de mémoires plurielles, de témoignages et de documents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je voudrais préciser un point qui me paraît essentiel. Mon propos n’était pas de réduire l’histoire du PCT à une querelle entre Harmel et Bouarrouj, encore moins de construire un procès rétrospectif de Mohamed Harmel. Je reconnais pleinement le rôle historique qu’il a joué dans la préservation et la continuité du parti dans des conditions extrêmement difficiles. Mais reconnaître ce rôle ne doit pas empêcher d’interroger, en parallèle, ce que cette gestion de la continuité a pu produire comme marginalisation d’autres expériences et d’autres pensées. C’est précisément cette tension qui m’intéresse. Bouarrouj n’est pas, à mes yeux, simplement <em>«l’adversaire de Harmel»</em> : il représente une possibilité intellectuelle et politique du communisme tunisien, un marxisme plus attentif à l’histoire nationale, à la culture et à la question de la modernité, dont je pense que nous n’avons pas suffisamment conservé la trace.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je prends aussi très au sérieux une remarque touchant ma propre position dans cette histoire. Je n’ai jamais prétendu être un observateur extérieur : j’ai moi-même appartenu à cette génération, et j’en ai partagé les espoirs, les engagements, et aussi les ambiguïtés. Si mon texte a pu, par endroits, donner une autre impression, c’est un point que je dois mieux expliciter. Cette implication ne me paraît cependant pas invalider la nécessité, avec le recul, de questionner ce que nous avons vécu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur un dernier point, je rejoins pleinement mes interlocuteurs : nos souvenirs, aussi sincères soient-ils, ne suffisent pas à eux seuls à établir la vérité historique. C’est précisément pourquoi je souhaite que ce texte soit reçu non comme une conclusion, mais comme une invitation à confronter nos mémoires aux documents et aux témoignages disponibles. Je ne cherche ni à réhabiliter Bouarrouj contre Harmel, ni Harmel contre Bouarrouj, mais à comprendre pourquoi, dans notre mémoire de la gauche tunisienne, certaines idées, certains débats et certains acteurs ont été moins transmis que d’autres. C’est peut-être là, au fond, la seule manière de rendre justice à tous : faire enfin de notre histoire commune une histoire plurielle, où les désaccords cessent d’être des raisons d’effacer les uns ou les autres, pour devenir une partie constitutive de notre mémoire collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À tous ceux qui ont pris le temps de réagir, avec la rigueur et la fidélité de ceux qui ont vécu cette histoire de l’intérieur, j’adresse toute mon amitié et mon respect.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Historien.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>** Le livre que Hédi Dhoukar a consacré à Noureddine Bouarrouj, cité à plusieurs reprises dans cet article, est actuellement en cours d’édition sous le titre ‘‘Noureddine Bouarrouj, Pensées sur son temps’’.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/10/noureddine-bouarrouj-la-memoire-effacee-du-communisme-tunisien/">Noureddine Bouarrouj, la mémoire effacée du communisme tunisien</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Histoire &#124; Un siècle de présence de Lénine en Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/21/histoire-un-siecle-de-presence-de-lenine-en-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jan 2026 06:35:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis sa mort, en janvier en 1924, jusqu’à nos jours, Lénine est resté présent dans l’espace public en Tunisie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/21/histoire-un-siecle-de-presence-de-lenine-en-tunisie/">Histoire | Un siècle de présence de Lénine en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Nous reproduisons ci-dessous la contribution de l’historien universitaire Habib Kazdaghli à l’ouvrage collectif intitulé ‘‘L’héritage auquel nous ne renonçons pas’’ (pp. 134-136), publié en anglais, aux éditions Hjalmar Jorge &amp; Patrick Anderson, Daraja Press, 2024. Et ce en marge de la 102<sup>e</sup> anniversaire de la mort de Lénine (21 janvier 1924)</em></strong>. <em>(Ph. Couverture de l&rsquo;ouvrage / La rue Lénine aujourd&rsquo;hui à Tunis investie par le street art). </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Habib Kazdaghli</strong></p>



<span id="more-18247230"></span>


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<figure class="alignleft size-large is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Habib-Kazdaghli-1-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-7537208" style="width:300px" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Habib-Kazdaghli-1-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Habib-Kazdaghli-1-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Habib-Kazdaghli-1-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Habib-Kazdaghli-1-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Habib-Kazdaghli-1-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Habib-Kazdaghli-1-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Habib-Kazdaghli-1.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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<p class="wp-block-paragraph">Le nom de Lénine fut pendant toute une période très populaire en Tunisie, non par adhésion idéologique – même si une frange des élites en Tunisie avait soutenu la révolution bolchevique et s’était ralliée aux idées de Lénine en créant, dès mars 1921, le premier noyau communiste, mais surtout par le fait, que, pendant longtemps, le siège de la Fédération tunisienne de football (FTF) s’est trouvé… dans la <em>«rue Lénine»</em>, en plein centre de Tunis. Le siège de la Fédération était le lieu d’une activité incessante&nbsp;: point de ralliement habituel des responsables des clubs de ce sport, très populaire dans l’ensemble du pays, qui s’y rendaient pour régler des affaires administratives relatives à la gestion de leurs clubs ou pour tenir des réunions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le siège de la Fédération avait également servi, par moments, comme point de vente des billets d’entrée aux stades pour certains matches importants. C’étaient donc des dizaines de milliers de Tunisiens qui se rendaient rue Lénine pour acheter leurs billets&nbsp;! En indiquant l’adresse de la Fédération de football, les annonces de ces ventes dans les médias participaient à rendre encore plus familière l’utilisation du nom de Lénine.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais d’où vient l’affectation du nom de Lénine à une rue de Tunis ? Cela a toute une histoire, avec sa symbolique et ses raisons politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est Habib Bourguiba (1903-2000), premier président de la Tunisie indépendante, qui en a pris la décision, au début des années 60 du siècle dernier. Et il avait éprouvé le besoin de justifier publiquement ce choix, inattendu, il est vrai, de la part du Président connu pour sa proximité des Etats-Unis. Se comparant aux grands hommes du XX<sup>e</sup> siècle, il déclare que c’est une manière de rendre hommage à ce leader hors-pair qui a consacré sa vie, tout comme lui, à lutter pour assurer à son pays le meilleur destin qui lui semblait possible, et, qu’il ne lui appartenait point de <em>«contester à aucun peuple le droit d’installer chez lui un régime communiste, si tel est son désir. Mais nous, nous n’en voulons pas pour nous- mêmes».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il reste cependant, que les militants communistes de Tunisie furent les premiers à vulgariser le nom de Lénine et le rôle qu’il a joué, ainsi que son pays et à montrer combien sa vie et ses idées pouvaient avoir un sens pour la Tunisie, qui était à l’époque sous le joug de la colonisation française.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au milieu des années quatre-vingt du siècle dernier, alors que j’étais en pleine préparation de ma thèse de doctorat sur l’histoire du Parti communiste tunisien, lorsque j’avais annoncé à un vieux militant communiste, Léon Zana,&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; mon intention de me rendre à Moscou pour consulter des archives, il me demanda avec insistance de bien vérifier si le tapis de Kairouan qui fut offert à Lénine à l’occasion du IV<sup>e</sup> Congrès de l’Internationale communiste,&nbsp; en décembre 1922, par Tahar Boudemgha (jeune postier et premier militant communiste&nbsp; tunisien à se rendre à un congrès de l’IC) comme cadeau de la Tunisie, était bien exposé au Musée de la Révolution d’Octobre 1917.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors de ma visite, je n’ai pas eu la chance de &nbsp;&nbsp;retrouver de traces de ce tapis, malgré mes demandes répétées aux responsables du musée. Le vieux communiste, me précisait que, de son temps, on racontait que suite à l’intervention du délégué tunisien, marquée notamment par une critique sévère de ce qu’il avait qualifié de <em>«pseudo-communistes de la section de Sidi Bel Abbès»</em> (Algérie, alors sous colonisation française), Lénine lui exprima son estime en lui offrant son manteau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Durant des années, les dates de la naissance et de la mort de Lénine, ont été célébrés par les journaux communistes en Tunisie. A chacune de ces commémorations, les photos de Lénine ornaient les <em>«Unes»</em> des divers journaux qui se sont succédé : L’<em>Avenir social, L’Avenir de la Tunisie</em>, <em>Liberté</em>, <em>La Voix du peuple, L’ami du peuple, Espoir, Attariq Al jadid (Voie nouvelle), </em>etc&#8230; A titre d’exemple le journal communiste <em>Liberté</em> du 22 au 28 avril 1955, titrait dans sa <em>Une</em> «Il y a 85 ans naissait Lénine», et écrit notamment&nbsp;: <em>«Cet anniversaire est cher au cœur de tous ceux qui luttent pour meilleur libéré de l’exploitation et de l’oppression, un monde vraiment libre et pacifique»</em>. A la fin de l’article l’auteur rappelle que même si <em>«Lénine est mort depuis trente et un ans, le Léninisme est plus vivant que jamais. Il vit dans une moitié de l’Humanité, libérée à jamais de l’impérialisme»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La tradition de commémorer la naissance de Lénine va se poursuivre après l’indépendance de Tunisie intervenue en mars 1956. C’est ainsi qu<em>’Espoir</em>, journal clandestin des étudiants communistes tunisiens (le P.C.T fut interdit en janvier 1963), publie, en avril 1970, un numéro spécial consacré au centenaire de la naissance de Lénine où la majorité des articles étaient revenus sur son œuvre, son parcours et à ses mérites non seulement pour la Russie mais aussi pour la Tunisie. Il est notamment précisé que <em>«l’héritage théorique de Lénine, d’une richesse et d’une valeur inestimable, constitue un guide précieux et une source inépuisable d’inspiration pour tous ceux qui œuvrent pour les intérêts de leur peuple, pour toute révolution nationale et démocratique ou sociale. Les forces progressistes tunisiennes et en premier lieu les communistes, s’associent avec ardeur et enthousiasme à cette célébration»</em>. L’article n’oublie pas de regretter que cette commémoration ne puisse pas se faire avec grand éclat en Tunisie en raison du contexte anti-démocratique qui prévaut dans le pays puisque <em>«les forces progressistes ont été systématiquement privées de toute possibilité légale pour s’exprimer, à la suite de l’interdiction du Parti communiste tunisien et des journaux de gauche»</em>. Et à l’auteur d’ajouter&nbsp;: <em>«Malgré ces conditions, nous apportons notre contribution à la célébration du centenaire du grand Lénine»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques années après son retour à la légalité, le PCT se transforma, en 1993, en un parti plus large, le Mouvement Ettajdid (Renovation), qui ne fit plus de référence au léninisme dans ses statuts. Le nouveau parti a, cependant, continué à célébrer régulièrement l’anniversaire de Lénine dans son journal, <em>Attariq al Jadid</em> (<em>Voie nouvelle</em>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres partis, appartenant à la gauche <em>«radicale»</em>, ont continué, par contre, à se référer au léninisme, tant dans sur le plan idéologique que sur le plan organisationnel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au lendemain de la révolution tunisienne de 2011, certains de ces partis, assimilant sans doute cette révolution à <em>«la révolution bourgeoise»</em> de février 1917 en Russie et s’inspirant du fameux mot d&rsquo;ordre de Lénine&nbsp;: <em>«Tout le pouvoir aux Soviets»</em>, ont appelé à l’accélération et à la radicalisation de la révolution, ainsi qu’à l’abolition de la constitution. Ils étaient convaincus qu’ils obtiendraient la majorité dans une future assemblée constituante. Malheureusement, les élections qui eurent lieu en 2011 placèrent largement en tête le mouvement islamiste <em>Ennahdha</em>. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dernièrement et en particulier, depuis l’automne 2019, date de l’accession de monsieur Kaïs Saïed à la présidence de la République, le nom de Lénine est revenu sur la scène médiatique d’une manière inattendue. En effet, monsieur Ridha Chiheb Mekki, surnommé depuis qu’il était étudiant, <em>«Ridha Lénine»</em>, apparaît brusquement sur la scène politique comme étant un grand ami du candidat Saïed aux élections et comme membre de sa campagne électorale. <em>«Ridha Lénine»</em> fait désormais partie du cercle rapproché de Kais Saïed, devenu Président.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis sa mort, en janvier en 1924, jusqu’à nos jours, Lénine est resté présent dans l’espace public en Tunisie, faisant ainsi, une véritable traversée du siècle.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/21/histoire-un-siecle-de-presence-de-lenine-en-tunisie/">Histoire | Un siècle de présence de Lénine en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Hichem Skik ou la modération comme arme de lutte</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Nov 2025 10:58:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Mestiri]]></category>
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		<category><![CDATA[Hichem Skik]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Harmel]]></category>
		<category><![CDATA[parti communiste tunisien]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Hichem Skik s’est toujours inscrit dans la tradition de «soutien critique» au pouvoir pour faire avancer la démocratie et le progrès. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/18/hichem-skik-ou-la-moderation-comme-arme-de-lutte/">Hichem Skik ou la modération comme arme de lutte</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans son livre ‘‘Écrits pour la liberté et le progrès’’, publié par les éditions Nirvana en 2025, Hichem Skik rassemble ses articles publiés en français dans le journal Attarik Al Jadid entre 2001 et 2014, date de la disparition de ce journal d’opposition, porte-parole du Parti communiste tunisien (PCT), et de ses différentes évolutions et ouvertures (Mouvement Ettajdid, Parti Al Massar).</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mehdi Jendoubi</strong> *</p>



<span id="more-17936787"></span>



<p class="wp-block-paragraph">De fait c’est le tome 2 d’un livre publié en 2021 par le même auteur et chez la même maison d’édition sous le titre <em>‘‘Kitaabaat ala attarik’’</em> (كتابات على الطريق), qui rassemble l’essentiel des articles d’opinion publiés en arabe dans le même journal, entre 1981, année de sa création, et 2014.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec ces deux ouvrages, Hichem Skik nous offre ses écrits journalistiques complets, soit 80 articles en arabe et 50 en français. Si cette pratique est bien ancrée en littérature, dans le journalisme, cette tradition est loin d’être assise en Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ses mémoires intitulées <em>‘‘Al-massira wal-massar’’</em> (le parcours et voie), publiées en 2022 en arabe aux éditions Dissonances, Ahmed Nejib Chebbi rapporte qu’à son arrivée à Paris en 1964, alors jeune étudiant, il a entendu parler d’un club d’étudiants communistes animé par un certain Hichem Skik. Ce témoignage m’est revenu à l’esprit en écoutant ce dernier, en 2024, lors d’une séance de lancement d’un des livres publiés dans la collection <em>Mountada Ettajdid</em> aux éditions Nirvana, dirigée par lui-même. Entre les deux dates, soixante années se sont écoulées, que d’eau a coulé sous les ponts&nbsp;! Mais le militant politique est toujours fidèle au poste, celui d’un implacable agitateur d’idées.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une tradition de prise de parole publique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Hichem Skik perpétue une tradition bien connue chez les élites tunisiennes depuis le début du vingtième siècle, où le journalisme d’opinion est investi par les militants de toutes obédiences, et transformé en terrain de combat et en arme de lutte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La liste serait longue à établir depuis les journaux&nbsp;<em>Ezzohra</em> (1890-1959), <em>Le Tunisien</em> (1907-1912), <em>L’Action tunisienne</em> (1932-1988), dans sa phase militante avant l’indépendance, <em>Er-Raï</em> (1978 -1987), <em>El Mawqef </em>(1984-2011), et bien d’autres titres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons plus que jamais besoin de rappeler cette soif de prise de parole publique qui a toujours animé nos élites, et au-delà les expériences personnelles de personnalités très différentes et même souvent opposées, dans des contextes historiques variés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut saisir le message fondamental, transmis comme une flamme éclairante, de génération en génération. Ceux qui détiennent le pouvoir, et l’imposent parfois par la force, ne peuvent pas avoir le monopole de la parole publique. Les idées ne peuvent pas être mises en prison, même si les personnes qui les portent peuvent être, elles, aux arrêts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si cela était valable avec des journaux papier qu’on pouvait facilement suspendre, que dire aujourd’hui avec les multiples outils de communication qu’offre le 21<sup>e</sup> siècle. Les idées ne peuvent être combattues que par des idées, une évidence certes, mais elle mériterait d’être rappelée aux oublieux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">D’une génération à une autre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le militant nationaliste Tahar Sfar, dans son <em>‘‘Journal d’un exilé. Zarzis 1935’’</em>, publié aux éditions Bouslama en 1960, a bien saisi ce fil d’Ariane entre des générations qui parfois s’ignorent ou s’opposent et se critiquent les unes les autres, mais contribuent toutes à une œuvre historique commune qui les dépasse&nbsp;:&nbsp;«<em>Bach Hamba, Thaâlbi, M’hamed Ali, Habib Bourguiba et tous ceux de leurs groupes, ne nous apparaissent-ils pas dans cette échelle ascensionnelle, comme autant de points de repères qui en marquent les sinuosités et en décèlent le progrès constant.(…) Et ainsi dans le chemin de la vie, semé d’obstacles et de fossés, o</em><em>ù</em><em> les culbutes sont inévitables et nécessaires, o</em><em>ù</em><em> les retours en arrière sont parfois utiles, et les haltes fécondes, toutes les générations doivent tendre la main en un rang ininterrompu et compact&nbsp;; et c’est cela qui donne la foi, le courage et la voie d’œuvrer. Sentir qu’on est soutenu et épaulé par les générations qui ont précédé, que les morts sont présents et vivent dans notre activité, qu’ils agissent avec nous au travers de nous, (…) c’est cela et rien que cela qui fait grand le travail humain, qui console de l’effort et de la peine, qui fait supporter le sacrifice et la privation et qui, en un mot, donne tout son prix et son plein sens </em><em>à</em><em> l’évolution, qui partout s’accomplit et nulle part ne s’achève</em>&nbsp;» (pages 18-20) .</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est aussi de ce message transgénérationnel que Hichem Skik est acteur et témoin, à travers ses écrits journalistiques, mais aussi à travers la collection qu’il dirige <em>‘‘Montada Ettajdid</em>’’ riche de 11 titres, qui vise à faire connaître le&nbsp;«<em>patrimoine de la pensée de la gauche tunisienne et internationale et de le diffuser dans la société et en particulier auprès des jeunes</em>». Nous pouvons ne pas partager ses priorités, mais comment ne pas être saisi par sa forte conviction, par sa constance et par l’intelligence investie dans cette œuvre de vie !</p>



<h2 class="wp-block-heading">La main tendue de Bourguiba en 1981</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut être disciple d’Elyssa, pour voir se dessiner un État dans une peau de bœuf selon la légende populaire. L’art de voir grand, quand tout semble petit, étroit et désespérant. L’œuvre journalistique de Hichem Skik, comme celle de ses compagnons de lutte, bien au-delà de son propre parti, est pétrie d’histoire et de rapports de forces, arrachée mot par mot et phrase par phrase à la vigilance d’une censure que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître, eux qui ont entendu des journalistes traiter le président de la république après la révolution de&nbsp;<em>«Tartour»</em> (<em>«Tartempion»</em>), sans être inquiétés. Avant 2011 des carrières et des vies ont été brisées pour moins que ça&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut remonter aux années charnières de la fin de années 1970 et le début des années 1980, pour trouver les clés d’une nouvelle grammaire politique, dans laquelle s’inscrivent les <em>‘‘Écrits pour la liberté et le progrès’’</em>, de Hichem Skik.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pouvoir personnel de Bourguiba, servi par un charisme indiscutable, par son rôle dominant dans la lutte nationale et par une vision réformiste de l’État et de la société, concrétisée dès les premières années de l’indépendance, encaisse échecs et défis&nbsp;: l’échec d’une politique économique résumée abusivement par le terme collectivisation, le fort courant <em>«indépendantiste»</em> au sein de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), la centrale syndicale, qui débouchera sur la crise du&nbsp;<em>«Jeudi noir»</em> du 26 janvier 1978, qui voit s’effondrer la politique de <em>«dialogue social»</em> conçue par le premier ministre Hédi Nouira, l’attaque de Gafsa en 1980 menée par de jeunes tunisiens mobilisés et armés par la Libye et l’Algérie, ci-devant sœurs et voisines, une jeunesse de plus en plus en rupture avec le pouvoir et dont l’élite politisée est séduite par les idées de l’<em>«extrême gauche»</em> et de l’<em>«islamisme politique»</em>, et une forte contestation estudiantine, et la maladie du président.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Affaibli, Bourguiba tend la main aux opposants et ouvre une nouvelle période politico-médiatique, qui fera l’objet de plusieurs études universitaires. Abdelkrim Hizaoui a étudié en profondeur le volet médiatique dans sa thèse intitulée <em>‘‘Le pluralisme de la presse en Tunisie, 1982’’</em>). Larbi Chouikha a qualifié cette période d’<em>«embellie»</em> causée par la faiblesse du régime soucieux de renouveler sa légitimité, qu’il a analysé brillamment dans son ouvrage récent <em>‘‘Médias tunisiens. Le long chemin de l’émancipation (1956-2023)’’</em>, publié par Nirvana éditions en 2024.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La modération comme arme de lutte</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les leaders du mouvement démocratique tunisien (Ahmed Mestiri, Ahmed Nejib Chebbi, Mohamed Harmel et d’autres), qui acceptent la main tendue de Bourguiba, jouent gros. Comment ne pas <em>«perdre son âme»</em> et une crédibilité chèrement acquise, parfois au prix de l’exil et de la prison, en faisant des compromis que d’autres considèrent comme une <em>«compromission»</em>, de fait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’<em>«opposition de décor»</em> est une accusation à laquelle les plus vaillants opposants doivent alors faire face, et cela est d’autant plus dur à assumer que la confusion est facile à faire entre hommes politiques visionnaires qui feront de la modération et du compromis, même en cas de flagrant déséquilibre des forces, un choix politique réaliste et éthique – la politique étant l’art du possible – et qui n’hésiteront pas à accepter, conjoncturellement, d’assumer des responsabilités quand ils le jugent utile; et une armada d’ambitieux <em>«fatigués de militantisme»</em>, qui n’hésitent pas à marchander un poste au <em>«prix du marcher»</em>. Faire la part des choses, dans ce cas, n’est pas aisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Hichem Skik s’inscrit dans la tradition du PCT, qui a forgé le concept de <em>«soutien critique»</em> pour résumer sa position vis-à-vis de la politique conçue par le leader syndicaliste Ahmed Ben Salah, appelé par Bourguiba, dès le début des années soixante, à jouer un rôle très important au sommet de l’État et du Parti destourien au pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sans reprendre cette expression de manière explicite, elle est de fait mise en pratique entre les années 1980/2010, aussi bien sous Bourguiba, que sous Ben Ali. La <em>«modération»</em> est subtilement détournée en arme de combat. L’espace étroit et incertain permis par le pouvoir, qui fonctionne selon la logique incertaine des sables mouvants, sera donc le terrain de jeu imposé de l’action politique qui a généré les écrits journalistiques de Hichem Skik, qui est en charge au sein du bureau politique de son parti, de l’animation du journal <em>Attariq Al Jadid</em>, autorisé à paraître avec la levée d’interdiction du PCT en 1981, soit deux décennies après son interdiction en 1963.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Mettre en mots la politique de son parti»</em>, s’exprimer à titre personnel quand l’actualité le permettait, motiver des collaborateurs non partisans à publier dans le journal du parti, relire et faire rectifier le tir des critiques de ses collaborateurs, faire vivre un journal avec très peu de moyens financiers (y compris en tenant compte des subsides que l’État pouvait fournir à quelques journaux) et surtout éviter de tomber sous le coup d’une interdiction à paraître (car continuer à exister est une performance en soi), ont constitué pour de longues années une des multiples facettes de la vie politique de Hichem Skik.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Résister par les mots</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au fil des textes de ce corpus des 130 <em>‘‘Écrits pour la liberté et le progrès’’</em>, réédités pour la partie en arabe en 2021 et pour la partie en français en 2025, une pensée politique, née sous la pression de l’action se dessine, qui fera l’objet les prochaines années de longues études et recherches pour tous ceux qui s’intéresseront à l’histoire de la pensée politique en action, en Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien servie par les subtilités stylistiques d’un spécialiste de littérature, doublé d’un chercheur en linguistique et par un militant qui n’a jamais rompu avec son parti depuis sa première adhésion en 1963 «<em>en réaction </em><em>à</em><em> l’interdiction du parti</em>», comme cela a été le choix de bien d’autres intellectuels, même s’il reconnaît être passé par «<em>une longue éclipse, motivée par mon désaccord avec la ligne du parti, particulièrement timide avec le régime dans les années 1990</em>», comme il l’écrit dans l’introduction de son livre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les thèmes et les analyses qui y sont abordés sont certes importants, mais plus encore c’est cet art d’arracher par la pensée, le droit d’exister politiquement, quand tout ou presque, joue contre vous et que toute personne <em>«sensée»</em> est tentée de s’installer confortablement dans un fauteuil face à la télévision. Résister par des mots peut déstabiliser ton adversaire. Belle leçon que nous donne Hichem Skik.</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Universitaire. </em></p>
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		<title>« Le magicien de la lumière nous quitte : Un dernier tour à la Bennys… » (SIRP)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Aug 2025 21:52:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Bennys]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma tunisien]]></category>
		<category><![CDATA[justice sociale]]></category>
		<category><![CDATA[parti communiste tunisien]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est avec une profonde tristesse que nous apprenons le décès d&#8217;Ahmed Bennys, figure emblématique du cinéma tunisien surnommé « le magicien de la lumière ». Né le 16 mars 1937, ce directeur de la photographie exceptionnel laisse derrière lui un héritage artistique inestimable. Ahmed Bennys a marqué le cinéma tunisien par sa maîtrise exceptionnelle de l&#8217;art de...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/20/le-magicien-de-la-lumiere-nous-quitte-un-dernier-tour-a-la-bennys-sirp/">« Le magicien de la lumière nous quitte : Un dernier tour à la Bennys… » (SIRP)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>C&rsquo;est avec une profonde tristesse que nous apprenons le décès d&rsquo;Ahmed Bennys, figure emblématique du cinéma tunisien surnommé « le magicien de la lumière ». Né le 16 mars 1937, ce directeur de la photographie exceptionnel laisse derrière lui un héritage artistique inestimable.</strong></em></p>



<span id="more-17295895"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Ahmed Bennys a marqué le cinéma tunisien par sa maîtrise exceptionnelle de l&rsquo;art de l&rsquo;éclairage. Réalisateur du film d&rsquo;animation « <em>Mohammadia</em> » (1974), Tanit de Bronze au Festival de Carthage, il a également signé la photographie d&rsquo;œuvres majeures comme « <em>Les Zazous de la vague</em> » (1992), « <em>Le Sultan de la Médina</em> » (1992) et le documentaire <em>« Frantz Fanon. Peau noire, Masque blanc</em> » (1996). Au-delà du cinéma, Ahmed Bennys s&rsquo;est illustré comme un maître incontesté de la mise en lumière du patrimoine historique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a révélé la beauté de sites prestigieux : le musée du Bardo, le théâtre d&rsquo;El Djem, Damous Karrita à Carthage, les temples d&rsquo;Angkor au Cambodge, et les nécropoles des pyramides de Saqqara en Égypte. Son génie consistait à transformer chaque monument en œuvre d&rsquo;art lumineuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Militant du Parti communiste tunisien, Ahmed Bennys incarnait des valeurs de justice sociale qui nourrissaient sa vision artistique. Membre actif de l&rsquo;Association des Cinéastes Tunisiens, il œuvrait pour la défense des droits des professionnels du cinéma et la promotion du septième art national. Il croyait au pouvoir transformateur de l&rsquo;art et mettait son talent au service de ses idéaux progressistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ahmed Bennys laisse le souvenir d&rsquo;un artiste complet : technicien virtuose, créateur visionnaire et intellectuel engagé. Son surnom de « <em>magicien de la lumière</em> » témoigne de sa capacité unique à révéler la beauté du monde à travers l&rsquo;art de l&rsquo;éclairage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les œuvres qu&rsquo;il a illuminées et les monuments qu&rsquo;il a révélés continueront de témoigner de son génie créateur. Son exemple inspire les nouvelles générations d&rsquo;artistes tunisiens, leur montrant qu&rsquo;excellence artistique et engagement citoyen peuvent se conjuguer harmonieusement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En ces heures de deuil, nous adressons nos condoléances les plus sincères à ses enfants Amel et Malik, ainsi qu&rsquo;à toute sa famille et ses proches. Ahmed Bennys s&rsquo;est éteint, mais sa lumière continue de briller dans l&rsquo;histoire du cinéma tunisien.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Tunis, le 20 août 2025</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Syndicat Indépendant des Réalisateurs Producteurs</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/20/le-magicien-de-la-lumiere-nous-quitte-un-dernier-tour-a-la-bennys-sirp/">« Le magicien de la lumière nous quitte : Un dernier tour à la Bennys… » (SIRP)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>In memoriam : Gilda Khiari, une des architectes de la Tunisie indépendante</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Mar 2024 11:25:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Belhassen Khiari]]></category>
		<category><![CDATA[Gilda Khiari]]></category>
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		<category><![CDATA[Mohamed Mzali]]></category>
		<category><![CDATA[parti communiste tunisien]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La militante Gilda Khiari qui vient de tirer sa révérence au lendemain de la célébration du 68e anniversaire de l'indépendance de la Tunisie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/22/in-memoriam-gilda-khiari-une-des-architectes-de-la-tunisie-independante/">In memoriam : Gilda Khiari, une des architectes de la Tunisie indépendante</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Nous publions ci-dessous l’hommage posthume rendu par l’universitaire et écrivain à la militante Gilda Khiari qui vient de tirer sa révérence, jeudi 21 mars 2024, au lendemain de la célébration du 68e anniversaire de l&rsquo;indépendance de la Tunisie, dont elle fut, très jeune, l&rsquo;une des architectes. Elle avait 96 ans.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par <strong>Cherif Ferjani</strong></p>



<span id="more-12173425"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Militante du parti communiste tunisien depuis son très jeune âge, avant de connaître son feu mari Belhassen Khiari, lui-même syndicaliste et membre du parti communiste dans les années 1940-1950, elle était de tous les combats pour l&rsquo;indépendance de la Tunisie, pour le progrès, pour la paix (à l&rsquo;âge de 18 ans, elle a été lauréate de la Colombe d’Or de la paix pour avoir récolté le plus grand nombre de signatures en faveur de l’appel international pour la paix au lendemain de la Deuxième guerre mondiale ), pour les droits des femmes, pour la liberté et pour les droits humains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au lendemain de l’indépendance, elle a apporté sa contribution à l’édification d’une nouvelle Tunisie à travers les postes de responsabilité qu’elle a occupés dans les services publics et dans le ministère de la santé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Gilda s’est illustrée par sa rigueur, son opposition aux magouilles et à la corruption. Elle en fut récompensée par sa mise à la retraite avant l’âge alors qu’elle était directrice de l’hôpital Fattouma Bourguiba à Tunis, pour avoir refusé de cautionner de faux marchés sous le ministère de Mohamed Mzali au début des années 1970.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La défunte fait partie du noyau fondateur de la section tunisienne d’Amnesty International dont elle a rejoint les groupes en 1983. Avec son mari Belhassen, sa fille Samira Khiari Boubaker, son fils Sadri Khiari, son gendre Samir Boubaker puis avec sa petite fille Donia Boubaker; c’était notre deuxième famille depuis les années 1980. Avec son départ, nous nous sentons, Claudette et moi, de nouveau orphelins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous nous souviendrons toujours des moments passés avec eux dans leur maison aux UV4 à El-Menzah 6 au début des années 1980, des visites qu’elle nous a rendues à Lyon, avec Belhassen et Donia, de leur soutien lors de mon arrestation en 1983&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous partageons la peine de Sadri, de Samira, de Donia, de Samir, de sa nièce Pierrette, et de toute la famille Khiari-Boubaker à qui nous adressons nos condoléances attristées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Gilda Khiari continuera à vivre avec les souvenirs qu&rsquo;elle nous a laissés et que garderont d&rsquo;elle tous ceux qui l&rsquo;ont connue et partagé ses combats.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Universitaire et écrivain. </em></p>
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		<title>Décès de la grande militante Cherifa Dali Saadaoui (1929-2024)</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/29/deces-de-la-grande-militante-cherifa-dali-saadaoui-1929-2024/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Feb 2024 10:48:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Cherifa Dali Saadaoui]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Kazdaghli]]></category>
		<category><![CDATA[Hassen Saadaoui]]></category>
		<category><![CDATA[Nabiha Ben Miled]]></category>
		<category><![CDATA[parti communiste tunisien]]></category>
		<category><![CDATA[Radhia Haddad]]></category>
		<category><![CDATA[USTT]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Décès de Cherifa Dali Saadaoui, la  doyenne des militants du Parti communiste tunisien, à l’âge de 94 ans.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La triste nouvelle était tombée mercredi soir, 28 février 2024, vers minuit, c’est sa fille Tounès qui&nbsp;l&rsquo;a annoncée avec beaucoup d’émotion et de courage le décès de sa maman,&nbsp;Cherifa Dali Saadaoui, la grande militante, notre doyenne à l’âge de 94 ans.</em></strong></p>



<span id="more-11792467"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Epouse et compagne de lutte&nbsp;du grand militant syndicaliste et communiste Hassen Saadaoui, ancien président de l’Union syndicale des travailleurs de&nbsp;Tunisie (USTT, 1946-1956), décédé dans les locaux de la police, le 12 février 1962, dans le sillage de l’interdiction du Parti communiste tunisien (PCT), dans des conditions non encore clairement élucidées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cherifa avait accompagné Hassen Saadaoui pendant 18 ans en formant une famille et des enfants, mais aussi en militante au sein&nbsp; de l’Union des femmes de Tunisie, organisation féminine proche du PCT, présidée par feu Nabiha Ben Miled, elle a milité au sein du PCT et a été à plusieurs reprises membre de son comité central. Entre 1946 et 1963, elle a été présente dans plusieurs tribunes internationales toujours avec&nbsp; le drapeau national tunisien et défendant la cause de la libération de la Tunisie et son indépendance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après le décès de Hassen Saadaoui, la défunte a veillé courageusement et dignement pendant 61 ans à éduquer leurs enfants et à les accompagner. Militante convaincue pour la cause des femmes, malgré l’interdiction de son organisation des femmes et de son parti, elle n’a pas hésité à prêter main forte aux actions de l’UNFT dirigée par la vaillante Radhia Haddad jusqu’à l’éviction de cette dernière de l’organisation féminine et sa poursuite devant les tribunaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Paix à son âme, Chérifa Saadaoui restera une grande figure du militantisme féminin, une femme combattante pour le progrès et la liberté de la Tunisie. Lors de notre dernière rencontre avec elle, le 11 février dernier, elle paraissait en forme et éveillée, nous a vivement remerciés d’avoir veillé avec elle à la sauvegarde de la mémoire de son époux et camarade Hassen Sadaoui. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Sincères condoléances à tous ses proches et en particulier à sa fille Tounès qui l&rsquo;a accompagnée durant toutes ces dernières années. </p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Habib Kazdaghli</strong> (historien).</p>
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		<item>
		<title>Le poème du dimanche: «Avec ou sans» de Salah Garmadi</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/28/le-poeme-du-dimanche-avec-ou-sans-de-salah-garmadi/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Nov 2021 06:37:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelwahab Meddeb]]></category>
		<category><![CDATA[Ferran Cremades]]></category>
		<category><![CDATA[Halfaouine]]></category>
		<category><![CDATA[Lorand Gaspar]]></category>
		<category><![CDATA[Moncef Ghachem]]></category>
		<category><![CDATA[parti communiste tunisien]]></category>
		<category><![CDATA[Salah Garmadi]]></category>
		<category><![CDATA[Tahar Bekri]]></category>
		<category><![CDATA[Taoufik Baccar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Poète et écrivain tunisien bilingue, Salah Garmadi installe sa création dans la langue populaire tunisienne et se délecte malicieusement de ses images et de ses figures, s’appropriant sa liberté de ton et son anti-conformisme. En bon linguiste, il ouvre et entremêle le champ lexical, créant dans la langue des effets de dérision, parfois même des...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/11/Salah-Garmadi.jpg" alt="" class="wp-image-371536"/><figcaption><em>Les photos de Salah Garmadi sont rares. </em></figcaption></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Poète et écrivain tunisien bilingue, Salah Garmadi installe sa création dans la langue populaire tunisienne et se délecte malicieusement de ses images et de ses figures, s’appropriant sa liberté de ton et son anti-conformisme. En bon linguiste, il ouvre et entremêle le champ lexical, créant dans la langue des effets de dérision, parfois même des situations surréalistes. Sa critique sociale reste pourtant primordiale, celle de l’intellectuel progressiste, engagé, rejetant les travers de la société.</em></strong></p>



<span id="more-371535"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Né en 1933 à Tunis, dans le quartier populaire de Halfaouine, il fut professeur de littérature arabe, chercheur en linguistique et traducteur, entre autres, des œuvres de Ferdinand de Saussure, André Martinet, Malek Haddad, Tahar Ben Jelloun, Rachid Boudjedra… Polyglotte, il a aussi traduit de l’allemand, de l’anglais, du grec et du russe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Membre du Parti communiste tunisien, Salah Garmadi prit part à de nombreux événements culturels et littéraires. Il décède en 1982, dans des circonstances accidentelles qui avaient beaucoup ému l’opinion. L’écrivain espagnol, Ferran Cremades, lui consacre en 1991, un roman en catalan, <em>Linia trencada</em>&nbsp;(éd. 62, Barcelone)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi ses œuvres (en français)&nbsp;: <em>Nos ancêtres les Bédouins</em>, P.J. Oswald, 1975; <em>Avec ou sans</em>, Cérès, 1982&nbsp;(auquel s’est ajouté le recueil en arabe, <em>Allahma al-hayya</em> (Chair vive) 1970); <em>Le Frigidaire</em>, nouvelles, Alif, 1986 (ouvrage posthume)&nbsp;; <em>Ecrivains de Tunisie</em>, Sindbad, 1981 (en collaboration avec Taoufik Baccar).</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Tahar Bekri</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>on vit on pleure et parfois on sourit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans amitié on vit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans pain béni</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans liberté aussi</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>et l’on mange des glaces dans les villes nazies</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans enfants on vit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans raison on vit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans guerre aussi</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>et l’on triture le fil des jours ternis</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>et parfois même aux cloportes on dit amis</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>et parfois même sur les mille-pattes on fait pipi</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>et parfois même aux bourreaux on dit bonjour</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>et parfois avec des fantômes on fait l’amour</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans espoir de vaincre on vit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans avoir de chancre on vit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans barbouiller d’encre aussi</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>et souvent le certificat d’études primaires</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>rapporte à ses heureux titulaires</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>mille fois plus que le nobel littéraire</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans remords on vit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans avoir tort on vit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans passe-port aussi</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>et l’on respire la bonne odeur de bambaloni</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>en rentrant de l’enterrement de ses amis</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans diplômes on vit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans anémones on vit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans recevoir d’aumônes aussi</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>et l’on rentre chez soi plein d’envie</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>de ne plus jamais avoir d’avis</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans amour on vit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans beaux atours on vit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans espoir de retour aussi</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>et l’on regarde les cheveux affadis</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>en espérant la mort des bigoudis</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>on vit on pleure et parfois on sourit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans bride on vit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans rides on vit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans avoir de guide aussi</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em><strong>«Avec ou sans», éd. Cérès, Tunis 1982.</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="vcxmAJw8zt"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/08/04/le-poeme-du-dimanche-diamantaire-de-abdelwahab-meddeb/">Le poème du dimanche : ‘‘Diamantaire’’ de Abdelwahab Meddeb</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : ‘‘Diamantaire’’ de Abdelwahab Meddeb » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/08/04/le-poeme-du-dimanche-diamantaire-de-abdelwahab-meddeb/embed/#?secret=WGMWmkn9x6#?secret=vcxmAJw8zt" data-secret="vcxmAJw8zt" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p class="wp-block-paragraph"><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="I0GKdsrSyq"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/07/le-poeme-de-dimanche-jecris-de-moncef-ghachem/">Le poème de dimanche : ‘‘J’écris’’ de Moncef Ghachem</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème de dimanche : ‘‘J’écris’’ de Moncef Ghachem » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/07/le-poeme-de-dimanche-jecris-de-moncef-ghachem/embed/#?secret=1K3XSwI6bH#?secret=I0GKdsrSyq" data-secret="I0GKdsrSyq" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p class="wp-block-paragraph"><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="EMoFjFGcL9"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/03/03/le-poeme-du-dimanche-patmos-de-lorand-gaspar/">Le poème du dimanche : ‘‘Patmos’’ de Lorand Gaspar</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : ‘‘Patmos’’ de Lorand Gaspar » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/03/03/le-poeme-du-dimanche-patmos-de-lorand-gaspar/embed/#?secret=uLifM8qA3L#?secret=EMoFjFGcL9" data-secret="EMoFjFGcL9" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/28/le-poeme-du-dimanche-avec-ou-sans-de-salah-garmadi/">Le poème du dimanche: «Avec ou sans» de Salah Garmadi</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie : Pour une nouvelle alliance entre les destouriens libéraux et les progressistes de gauche</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/07/03/tunisie-pour-une-nouvelle-alliance-entre-les-destouriens-liberaux-et-les-progressistes-de-gauche/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 03 Jul 2021 09:31:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abir Moussi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p> «Tout se passe comme si le gouvernement cherche maintenant la bagarre; il la trouvera. Et il n’est pas dit que la prépondérance en sortira victorieuse… Le pays est donc décidé à la lutte. Il est prêt aussi à tous les sacrifices que cette lutte comporte», écrivait Habib Bourguiba, le  25 décembre 1937. «Pour la libération...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/07/Habib-Bourguiba-George-Adda.jpg" alt="" class="wp-image-355067"/><figcaption><em>Habib Bourguiba &#8211; Georges Adda: même combat. </em></figcaption></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph"> <strong><em>«Tout se passe comme si le gouvernement cherche maintenant la bagarre; il la trouvera. Et il n’est pas dit que la prépondérance en sortira victorieuse… Le pays est donc décidé à la lutte. Il est prêt aussi à tous les sacrifices que cette lutte comporte», écrivait Habib Bourguiba, le  25 décembre 1937. «Pour la libération de mon pays, j’ai connu les prisons, les camps de concentration et les déportations des colonialistes français», déclarait, de son côté, Georges Adda, le 5 octobre 2008. Les destouriens libéraux  et les progressistes de gauche ont toujours mené des combats communs.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par <strong>Meriem Bouchoucha</strong> *</p>



<span id="more-355066"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux citations complémentaires de ces deux grands militants pour l’indépendance de la Tunisie se sont imposées à nous en préambule de cet article.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 30 juin 2021, quand le collectif de défense de Chokri Belaid et Mohamed Brahmi, deux dirigeants de la gauche tombés en martyrs en 2013, assassinés par des islamistes, tenait, à Tunis, sa conférence de presse pour parler des magistrats au service de l’organisation secrète d’Ennahdha, le parti islamiste au pouvoir depuis 2011, les membres du bloc parlementaire du Parti destourien libre (PDL) menaient, sous la coupole de l’Assemblée, au Bardo, leur combat contre les manœuvres politiques de cette même organisation secrète.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux combats menés par la gauche d’un côté et les destouriens de l’autre, frères ennemis, qui représentent les plus anciens mouvements politiques en Tunisie. Les deux mouvements sont progressistes, économiquement pour l’Etat social et politiquement souverainistes. Ils ont mené la guerre de libération nationale et souvent côte à côte, ont porté ensemble les armes jusqu’en 1956 et rendu les armes, également ensemble, après la création des forces armées tunisiennes étant tous deux républicains et civils.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Soixante ans après, de l’eau a coulé sous les ponts et la dictature a détruit bien des choses; la gauche et les destouriens sont devenus ennemis politiques, les premiers dans l’opposition et les seconds au pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien qu’il y ait eu des dissidents des deux côtés, gauche et destouriens, qui ont choisi de plier devant la vague islamiste; ces deux mouvements demeurent des alliés objectifs car ce qui les unit, malgré eux, est bien plus important que de ce qui les sépare.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Hier, les deux combats simultanés,&nbsp;l’un contre les islamistes de la justice et l’autre contre les islamistes du parlement et leurs sbires respectifs, a fini par faire sortir les islamistes de leurs gonds. Deux agressions physiques contre Abir Moussi sous la coupole de l’Assemblée; des communiqués pour démentir les révélations du collectif de défense de Belaid et Brahmi; le président de l’Association des magistrats tunisiens (AMT) renie ses propres déclarations, Mohamed Hamrouni, le chroniqueur islamiste de la chaîne Attessia, minimise la portée des graves révélations faites lors de la conférence de presse du 30 juin… et j’en passe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un état de panique général pour une raison évidente&nbsp;: la gauche et les destouriens se sont attaqués au cadre institutionnel qui les protège à l’intérieur et au cadre institutionnel qui les protège à l’extérieur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 30 juin 2021, c’était le jour où la gauche et les destouriens se sont attaqués à l’impunité sous l’égide de la fraction de la justice islamiste et/ou corrompue et au financement des islamistes qui se fera désormais à travers un fond dont l’organisation se prête à devenir une nouvelle administration de habous, ou biens de mainmorte, un système dissous par Bourguiba, le premier président de la république tunisienne. Souvenez-vous du tollé provoqué par cette décision de bon sens parmi les islamistes, toujours soucieux de contourner l’Etat par des organisations secrètes parallèles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 30 juin 2021, je crois et j’espère que c’est le début de la marche vers la libération. Car un peuple uni ne peut être vaincu et, ce jour-là, on a été unis. Si la bataille a été momentanément perdue, c’est elle qui va nous mener à gagner la guerre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au nom du combat mené clandestinement en 1934 suite à l’arrestation des dirigeants du Parti communiste tunisien (CT) et du Néo-Destour, Adda et Bourguiba et leurs camarades de combat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au nom du 9 avril 1938 qui a réuni nos aïeux contre la colonisation française et du 9 avril 2012 qui nous a unis contre la colonisation islamiste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au nom des combats menés pour la libération.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la mémoire de nos martyrs…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ne régressons surtout pas&nbsp;vers des positions stupidement et suicidairement sectaires. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Docteur en économie.</em></p>



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			</item>
		<item>
		<title>Dr. Slimane Ben Slimane : le zaïm oublié</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/27/dr-slimane-ben-slimane-le-zaim-oublie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Feb 2021 11:47:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nous sommes le 25 février 1986, une foule d’un millier de personnes, hommes et femmes infiltrés par quelques agents de la police politique, s’est regroupée au cimetière du Djellaz pour dire adieu au Dr Slimane Ben Slimane. Commentant l’événement, l’historienne Sophie Bessis écrit : «il n’est pas sûr que les jeunes Tunisiens aient en mémoire...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/27/dr-slimane-ben-slimane-le-zaim-oublie/">Dr. Slimane Ben Slimane : le zaïm oublié</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Slimane-Ben-Slimane.jpg" alt="" class="wp-image-338004"/></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Nous sommes le 25 février 1986, une foule d’un millier de personnes, hommes et femmes infiltrés par quelques agents de la police politique, s’est regroupée au cimetière du Djellaz pour dire adieu au Dr Slimane Ben Slimane. Commentant l’événement, l’historienne Sophie Bessis écrit : «il n’est pas sûr que les jeunes Tunisiens aient en mémoire le nom de l’homme qui s’est éteint au matin du 24 février à plus de 80 ans… le Docteur Slimane Ben Slimane a pourtant consacré la majeure partie de sa vie à défendre son pays et l’idée qu’il s’en faisait».</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par <strong>Moncef Ben Slimane</strong> *</p>



<span id="more-338001"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moncef-Ben-Slimane.jpg" alt="" class="wp-image-246569"/></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, l’histoire officielle et les hagiographes de Bourguiba n’ont ménagé aucun effort pour jeter dans les oubliettes cet homme qui fut un historique, un<em> «zaïm»</em> (leader) du Néo-Destour, un des premiers défenseurs d’une Tunisie démocratique et des mouvements de libération algériens, vietnamiens et congolais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ceux qui ont connu Slimane Ben Slimane ou entendu parler de lui ont tous été frappés par la personnalité et la singularité de l’homme que Raouf Hamza, spécialiste du mouvement national, décrit en ces termes : <em>«Cet homme de rigueur et de courage qui suscitait l’agacement des uns et l’admiration des autres mais qui en imposait à tous… Cet homme d’une rare fidélité à ses convictions et à ses choix… et d’une constante intransigeance dans son refus des compromissions et des faux semblants…»</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Qui est Slimane Ben Slimane ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le Docteur Slimane Ben Slimane est né le 13 février 1905 dans le village de Zaghouan à une cinquantaine de kilomètres de la capitale Tunis. Fils d’un épicier analphabète, il a dû batailler pour que son père se décide à l’inscrire à l’école primaire, l’<em>«école des koffars»</em>, et non à l’école coranique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ses études secondaires au Collège Sadiki lui fournirent l’occasion de faire ses premières expériences dans l’agitation politique nationaliste. Ayant réussi en 1928 à son baccalauréat mathématiques, il part en France pour suivre des études de médecine à Paris.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Durant son séjour parisien (1928-1937), il milite au sein de l’Association des étudiants musulmans nord-africains et de l’Etoile nord-africain où il côtoie plusieurs jeunes figures des mouvements communistes et nationalistes maghrébins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il adhère en 1934 au Néo-Destour et participe aux côtés de Hédi Nouira et Salah Ben Youssef, étudiants eux-aussi à la même époque à Paris, à la campagne pour la scission du Vieux-Destour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les études de médecine terminées, le Docteur Ben Slimane rentre en Tunisie (1936) et participe au Congrès de la rue du Tribunal du Néo-Destour de 1937 à la fin duquel il est élu membre du bureau politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 4 avril 1938, il est arrêté par la police française à Souk El-Arba (actuelle Jendouba) en compagnie de Youssef Rouissi au cours d’une tournée d’agitation dans la région du Nord-Ouest en vue d’appeler la population à la désobéissance civile. Quelques jours après, les événements sanglants du 9 avril 1938 vont entraîner l’arrestation de toute la direction du Néo-Destour et sa condamnation à la suite du fameux procès instruit par le Colonel de Guérin de Cayla.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il restera incarcéré, en compagnie de tous les dirigeants néo-destouriens, à Téboursouk puis au Fort saint Nicolas de Marseille de 1938 à 1943. Tout le groupe des prisonniers nationalistes tunisiens sera libéré par le chef de la Gestapo de Lyon, le célèbre Klaus Barbie, qui espérait par ce geste négocier un éventuel appui des nationalistes tunisiens à l’Allemagne nazie. Espoir déçu malgré un séjour d’hôtes de marque à Rome après plusieurs années d’incarcération.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Débuts des divergences avec Bourguiba</h3>



<p class="wp-block-paragraph">À partir de 1949 apparaissent de profondes divergences entre le Docteur Ben Slimane et Bourguiba, soutenu par une bonne partie des dirigeants néo-destouriens, à propos des alliances du parti. On était en pleine guerre froide, Bourguiba défendait l’idée qu’il fallait se ranger du côté du bloc occidental, alors que le Docteur S. Ben Slimane prônait un certain neutralisme même si sa culture et ses amis politiques, les communistes et progressistes tunisiens, le font plutôt pencher du côté de l’URSS.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et c’est à la suite de sa participation à une réunion du Mouvement de la Paix, organisation internationale proche du bloc socialiste, qu’il va en mars 1950 être exclu du bureau politique et du parti du Néo-Destour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au lendemain de l’indépendance, et malgré quelques tentatives de Bourguiba en 1959 de lui conférer des charges et des responsabilités au sein de la nouvelle administration et de l’assemblée nationale, il n’adhérera plus à aucun parti et choisira de faire un itinéraire au sein de l’opposition tunisienne en tant que personnalité politique indépendante et «compagnon de route» des communistes tunisiens. Il présidera ainsi une liste indépendante formée de progressistes et de communistes à l’occasion des premières élections législatives du mouvement en 1959.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Singularité et ténacité d’un engagement politique</h3>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, il deviendra le premier président du Comité tunisien pour la liberté et la paix et créera en décembre 1960 avec Abdelhamid Ben Mustapha du Parti communiste tunisien, Rachid Belajouza et d’autres intellectuels de gauche le mensuel<em> ‘‘La Tribune du Progrès’’.</em> Deux années après sa parution, le journal va être suspendu et le Docteur Ben Slimane qui publia un article sur <em>«Le Palais de Carthage et le pouvoir personnel»</em> va comparaître en justice pour <em>«appel à la sédition»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1967, il s&rsquo;engage du côté du mouvement de libération vietnamien et tente de mobiliser l’opinion tunisienne contre l’intervention américaine en présidant le Comité de solidarité avec le peuple vietnamien. La sanction ne tarda pas puisqu’il est renvoyé du poste de médecin qu’il occupait à l’hôpital Habib Thameur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout au long de ces années et malgré des itinéraires politiques opposés les ponts entre le Docteur Ben Slimane et Bourguiba n’ont jamais été complètement rompus. En effet, les deux hommes vont se rencontrer à deux occasions en 1962 et en 1966.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 14 août 1973, surprenant un peu tout le monde, Bourguiba rend visite au Docteur Ben Slimane à son domicile, le décore de l’insigne de<em> «l’ordre du mérite» </em>de Bourguiba et décide la levée de son exclusion du Néo-Destour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 7e Congrès afro-asiatique d’ophtalmologie réuni à Tunis en 1980 lui décerna une dernière médaille puisque le Docteur Ben Slimane s’éteint le 25 février 1986 à l’âge de 81 ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours des funérailles, les amis, les compagnons de route et même les adversaires d’hier lui ont rendu un vibrant hommage et rappelé la singularité et la ténacité de son engagement politique qui fut toujours guidé par une profonde conviction en une éthique de l’action et par un profond attachement à une certaine idée de l’intégrité et de la droiture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les notes et souvenirs rédigés par le Docteur Ben Slimane ont été rassemblés par sa famille et publiés dans un livre intitulé <em>‘‘Slimane Ben Slimane: souvenirs politiques’’ </em>en 1989 et réédités en 2018 par les éditions Nirvana.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet article a été écrit sur le zaïm oublié pour lui servir et valoir ce que de droit : le respect.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Professeur universitaire, président de Lam Echaml.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis :</em></h4>



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<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="3PT0fZaY24"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/10/17/kais-saied-un-president-a-linsu-de-notre-plein-gre/">Kaïs Saïed : Un président «à l’insu de notre plein gré»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Kaïs Saïed : Un président «à l’insu de notre plein gré» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/10/17/kais-saied-un-president-a-linsu-de-notre-plein-gre/embed/#?secret=Y7AGmgRoUX#?secret=3PT0fZaY24" data-secret="3PT0fZaY24" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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		<title>In memoriam : Ali Lajnef, un militant dévoué dans ses engagements</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Jul 2020 07:28:37 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Abdelaziz Ben Aziza]]></category>
		<category><![CDATA[Ali Lajnef]]></category>
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		<category><![CDATA[Faculté des lettres et des sciences humaines de Tunis]]></category>
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		<category><![CDATA[Rachid M’charek]]></category>
		<category><![CDATA[Sahbi Denguezli]]></category>
		<category><![CDATA[Travailleur Tunisien -Perspectives Tunisiennes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ali Lajnef, mon camarade, mon ami, mon frère, nous a quittés suite à des coups violents qui lui auraient été assénés sur la tête, par derrière, selon certains, ou suite à un accident de la circulation, selon d&#8217;autres, alors qu&#8217;il marchait seul dans une rue de Sousse, vers 16h, le 25 juillet 2020 (1). Il...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/07/Ali-Lajnef.jpg" alt="" class="wp-image-309515"/></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ali Lajnef, mon camarade, mon ami, mon frère, <a aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://kapitalis.com/tunisie/2020/07/27/victime-dun-accident-de-la-route-luniversitaire-ali-lajnef-succombe-a-ses-blessures/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">nous a quittés</a> suite à des coups violents qui lui auraient été assénés sur la tête, par derrière, selon certains, ou suite à un accident de la circulation, selon d&rsquo;autres, alors qu&rsquo;il marchait seul dans une rue de Sousse, vers 16h, le 25 juillet 2020 (1). Il est resté dans le coma, avec une hémorragie cérébrale, jusqu’au matin du 27 juillet, dans le service d’urgence de l’hôpital Farhat Hached à Sousse, faute de place dans les services de réanimation.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par <strong>Mohamed Cherif Ferjani</strong> *</p>



<span id="more-309822"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/04/Mohamed-Cherif-Ferjani.jpg" alt="" class="wp-image-292632"/></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph">Je connais Ali depuis janvier 1958, lors de notre entrée à l’école primaire de Blata que nous avons quittée pour intégrer ensemble le Lycée mixte de Kairouan en octobre 1963 où nous étions internes jusqu’en terminale en 1968-69, pour nous nous retrouver ensuite au département de philosophie de la Faculté des lettres et des sciences humaines de Tunis en 1969-1970.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons été ensemble dans un cercle du Parti communiste tunisien (PCT) animé par Rachid M’charek et Sahbi Denguezli. Nous avons été arrêtés ensemble en juin-juillet 1970. Lui, il est resté au PCT jusqu’à après la révolution de 2010-2011. Moi, <em>«gauchiste»</em>, je l’ai quitté en restant très proche d’Ali Lajnef.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Devenu <em>«militant professionnel» </em>du Travailleur Tunisien -Perspectives Tunisiennes en 1973, dès mon retour clandestinement avec Fathi Ben Haj Yahia, en octobre 1974, c’est tout naturellement qu’Ali, alors professeur de philosophie au lycée de Kairouan, nous a accueillis dans une maison qu’il partageait avec son collègue et ami Mohamed Mahjoub.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après mon arrestation en 1975, il était constamment présent auprès de ma famille et de ma compagne Claudette. Nous formions, avec Abdelaziz Ben Aziza, du Groupe Ech-Charara, et Ammar Jlassi, du PCT, un groupe très soudé : on nous appelait <em>«la bande des quatre»</em>, <em>«les Trois Mousquetaires»</em> qui étaient comme nous, avec D&rsquo;Artagnan, quatre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré nos divergences politiques, nos parcours et nos tempéraments très différents, nous sommes restés très proches et très solidaires. Nous nous sommes retrouvés avec nos camarades de l’Ecole de Blata, Mahmoud, Mabrouk, Aziza, Béchir, Touhami, Khira, Khadija, Mohamed Habib, Mohamed Salah et Sadok, Mohamed Jaballah, Hamed, Fafani, et bien d’autres, en juin 2012, pour créer l’Association des anciens élèves de l’école de Blata (جمعية قدماء مدرسة البلاطة بمعتمدية السبيخة من ولاية القيروان).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec son décès, quelques semaines après celui de mon petit cousin Mabrouk Trabelsi, entré avec nous à l’Ecole de Blata en 1958, c’est une page de ma vie qui se tourne. Ali Lajnef continuera à vivre par le souvenir qu’il a laissé à ses proches, à ses ami(e)s, à ses camardes, à ses élèves, étudiant(e)s et collègues qui ont été très nombreux/ses à lui témoigner leur affection et leur fidélité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutes nos condoléances attristées à son épouse Chérifa Dhaoudi, à son fils Mohamed Chérif et à sa filles Dorra, ainsi qu’à tous ses camarades et ami(e)s qui en garderont l’image d’un homme dévoué et plein d’abnégation dans son travail comme dans ses engagements et à l’égard des sien(ne)s et de ses ami(e)s.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Professeur honoraire à l&rsquo;université de Lyon 2.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Note:</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>1- Selon les dernières informations reçues de ses proches, la mort n&rsquo;est pas due à un accident de la circulation mais à une agression : des coups violents reçus sur l&rsquo;arrière de la tête entraînant une chute sur le trottoir, le 25 juillet 2020 à 16h ; il aurait dit à l&rsquo;infirmier qui l&rsquo;a reçu à son arrivée à l&rsquo;hôpital qu&rsquo;il avait été agressé. Le prolongement de l&rsquo;attente d&rsquo;une place en réanimation jusqu&rsquo;à son décès le 27 juillet n&rsquo;a pas permis de le sauver. La vérité doit être établie pour que justice soit rendue à notre ami, à sa famille et à ses proches.</em></p>



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