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	<title>Archives des Qalb Tounès - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Qalb Tounès - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Tunisie &#8211; Politique : Le Front du salut vaut plus qu’une division blindée pour Kaïs Saïed</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Jul 2022 06:20:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[nouvelle constitution]]></category>
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		<category><![CDATA[référendum du 25 juillet]]></category>
		<category><![CDATA[Samira Chaouachi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le fait que Kaïs Saïed ait voulu situer la question du référendum dans son conflit avec Ennahdha lui a apporté certes des voix, il lui en a néanmoins aliéné d’autres.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/28/tunisie-politique-le-front-du-salut-vaut-plus-quune-division-blindee-pour-kais-saied/">Tunisie &#8211; Politique : Le Front du salut vaut plus qu’une division blindée pour Kaïs Saïed</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’attitude du peuple tunisien s’abstenant dans sa majorité de participer au référendum constitutionnel ne s’expliquerait ni par un appui à la démocratie, ni par un refus de la dictature, mais par la plus élémentaire des prudences, les acteurs politiques occupant la scène médiatique étant tous dénués de crédibilité et de légitimité.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-2559060"></span>



<p>Je me suis abstenu de participer au référendum du 25 juillet 2022 sur le projet de constitution proposé par le président Kaïs Saïed, je ne m’en cache pas. La raison n’en est pas qu’il n&rsquo;existe plus de séparation des pouvoirs dans le pays, ni qu’une menace&nbsp;y pèse sur la démocratie. Et après tout, afin de lui rendre justice, cet&nbsp; homme,&nbsp;après tout, a mené une campagne réussie contre la pandémie, et rétabli la production de phosphate ou le tourisme. Mais comme prévu, il s’est accordé&nbsp;les pleins pouvoirs grâce à son projet de constitution adopté par, au mieux, un peu moins d’un tiers de l’électorat.</p>



<p>L’habileté du professeur de droit constitutionnel a été de présenter ce succès comme un plébiscite contre le parlement et les partis et, en particulier Ennahdha, discrédités par dix années de manœuvres politiques obscures, de corruption et de népotisme, de concordances inavouables avec des milieux d&rsquo;affaires, des intérêts étrangers, et tenus par l&rsquo;opinion publique pour responsables du terrorisme et de la situation catastrophique que traverse le pays.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="sQLG4tZAyA"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/20/tunisie-ghannouchi-devant-le-parquet-tout-bouge-afin-que-rien-ne-change/">Tunisie-Ghannouchi devant le parquet : tout bouge afin que rien ne change</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie-Ghannouchi devant le parquet : tout bouge afin que rien ne change » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/20/tunisie-ghannouchi-devant-le-parquet-tout-bouge-afin-que-rien-ne-change/embed/#?secret=XihDkcUaZF#?secret=sQLG4tZAyA" data-secret="sQLG4tZAyA" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ces mêmes partis politiques, au lieu de prendre acte des nouvelles réalités contre lesquelles ils ont été incapables de s’opposer de quelque manière que ce soit, choisissent maintenant un combat d’arrière-garde en en contestant la légitimité, arguant du faible taux de participation et d’approbation au référendum.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce qui est scandaleux de ce qui ne l’est pas</h2>



<p>Pourtant, lors des élections de la constituante, en 2011, considérés comme son heure de gloire, le parti Ennahdha n’avait pas réuni plus de 25% de l’électorat. La constituante avait passé plus de trois années à palabrer aux frais du contribuable avant de publier en 2014 un texte qui évoquait l’islam en tant que religion de l’Etat, il est vrai repris de la constitution de 1959, et des lois&nbsp; conformes aux objectifs de l’islam (la charia). Elle avait appelé cela l’État civil (sans jeu de mots).</p>



<p>Cela n’avait alors suscité aucune protestation puisque des partis politiques et des organisations de la société civile, censés défendre la laïcité, avaient contribué à la rédaction du texte et avaient transigé sur le caractère universel des droits humains au nom de leurs intérêts politiques du moment, qu’ils ont nommés compromis.</p>



<p>Kaïs Saïed, lui, a sorti une constitution en l’espace d’un mois, situant la Tunisie comme une obscure province de la oumma arabe et musulmane, ignorant complètement dans son préambule celle de 1956 du président Bourguiba, et concédant une Magna Carta, une grâce du prince, reprenant spécifiquement le thème du respect du droit à la vie, la propriété, l’honneur, au nom de ces mêmes objectifs, ceux de l’islam.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Vlu1hoIasE"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/04/tunisie-corporatisme-independance-et-instrumentalisation-politique-de-la-justice/">Tunisie : corporatisme, indépendance et instrumentalisation politique de la justice</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : corporatisme, indépendance et instrumentalisation politique de la justice » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/04/tunisie-corporatisme-independance-et-instrumentalisation-politique-de-la-justice/embed/#?secret=S0uW2vL4HS#?secret=Vlu1hoIasE" data-secret="Vlu1hoIasE" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Si demain nous entrions en guerre, les objectifs de la charia&nbsp;imposeraient&nbsp;selon certains de retirer aux non-musulmans ces droits humains fondamentaux. Cette fois, cela a fait scandale, non pas à cause du texte, instituant à titre d’exemple cette nouvelle assemblée prévue, celle des régions et des territoires, qui risque de consacrer une division territoriale dont nul ne peut prévoir à l’avance les conséquences, mais pour un motif politique, parce que tout cela est né d’une seule volonté, celle du président excluant&nbsp;tous ceux tenant leurs précieuses personnes en haute estime au point de se juger indispensables à la survie du pays. Et ce sont ceux qui se qualifient d’opposition qui s’arrogent le droit de discerner ce qui est scandaleux de ce qui ne l’est pas.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une coalition hétéroclite d’inutiles et d’incompétents</h2>



<p>Mais de quelle opposition s’agit-il ? De celle qui ne se renouvelle pas et qui reprend toujours les mêmes pour recommencer. De tous ceux auxquels seule la stupidité de Ben Ali avait conféré l’aura de résistants à la dictature et qui continuent <em>ad vitam aeternam</em> d’occuper le champ politique médiatique sans les électeurs nécessaires pour soutenir leurs thèses. Ce sont tous ceux qui ne peuvent pas se targuer d’avoir réalisé un seul projet utile au peuple de ce pays les dix années&nbsp;où ils avaient disposé du pouvoir.</p>



<p>Cette coalition hétéroclite d’inutiles et d’incompétents possède néanmoins suffisamment de morgue en prétendant s’unir dans un front qualifié de salut, et sauver le pays des problèmes qu’elle a elle-même créés et qu’elle n’a pas su résoudre.</p>



<p>C’est cette coalition de personnalités âgées dénuées de popularité érigées en défenseurs&nbsp;de la démocratie&nbsp;et de partis politiques réalisant régulièrement aux élections des scores médiocres les empêchant d’accéder au parlement, qui prétendent aujourd’hui que la majorité du peuple tunisien en s’abstenant de participer au référendum s’oppose à la dictature.</p>



<p>Samira Chaouachi, la vice-présidente du parlement dissous n’a pas semblé&nbsp;faire la part belle au patriotisme en demandant au FMI de ne pas discuter avec le gouvernement nommé par Kaïs Saïed, de l’aide financière sans laquelle le pays cesserait de fonctionner. Il est vrai qu’elle est issue d’un parti, Qalb Tounès, qui avait donné une idée peu reluisante de la démocratie en promettant dans un premier temps à ses électeurs de s&rsquo;opposer à Ennahdha, et qui une fois au parlement, avait apporté les voix nécessaires pour que le chef islamiste, Rached Ghannouchi, en devienne le président envahissant, empiétant sur les prérogatives du chef de l&rsquo;Etat, outrepassant les siennes propres en établissant des relations directes avec l’étranger, et débauchant ou renvoyant les chefs du gouvernement nommés par le président de la république.</p>



<p>C’est ainsi que le conflit institutionnel avait débuté, il ne faut pas l’oublier, et ce n’est pas le président Kaïs Saïed qui l’avait initié, mais le chef du parti Ennahdha soutenu par les excités d’Al-Karama et les affairistes de Qalb Tounès. Ces trois partis ne font&nbsp;pourtant pas 20% de l’électorat, mais leurs erreurs réunies et l’antipathie qu’ils ont suscitée&nbsp;au sein de l’opinion publique ont valu au président plus que l’apport d’une division blindée dans sa marche vers la concentration des pouvoirs entre ses seules mains.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Soutien à un président aux tendances autocratiques affirmées</h2>



<p>Il y a donc quelques bonnes raisons à ce qu’une&nbsp;part, que je qualifierai de majorité, de l’opinion publique, plus que tout, ne veuille pas du retour de ces gens-là, ni même du système politique ayant permis leur accession au pouvoir.</p>



<p>Quoiqu’on en dise, le fait que Kaïs Saïed ait voulu situer la question du référendum dans son conflit avec Ennahdha&nbsp;lui a apporté certes des voix, il lui en a néanmoins aliéné d’autres parce que jusqu’à présent toutes les soi-disant actions en justice&nbsp; entreprises contre les chefs du parti islamiste se sont avérées être de simples exercices de propagande électorale sans portée réelle.</p>



<p>Ennahdha est toujours là et la majorité de l’électorat a sans aucun doute jugé, à juste titre, plus prudent de ne pas hypothéquer l’avenir en soutenant un président aux tendances autocratiques affirmées et qui semble néanmoins ne pas vouloir ou ne pas pouvoir se débarrasser de ses opposants, malgré tous les moyens et les preuves matérielles en sa possession pour le faire. </p>



<p>L’attitude du peuple tunisien s’abstenant dans sa majorité de participer au référendum ne s’expliquerait donc ni par un appui à la démocratie, ni par un refus de la dictature, mais par la plus élémentaire des prudences. </p>



<p><em>Wait and see ! </em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/28/tunisie-politique-le-front-du-salut-vaut-plus-quune-division-blindee-pour-kais-saied/">Tunisie &#8211; Politique : Le Front du salut vaut plus qu’une division blindée pour Kaïs Saïed</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Lettre au député Abdellatif Aloui, le poète qui n’a jamais raison</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/03/06/lettre-au-depute-abdellatif-aloui-le-poete-qui-na-jamais-raison/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Mar 2021 11:00:14 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Samia Abbou]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La prétention des députés de la coalition Al-Karama, à l’instar d’Abdellatif Aloui, à défendre la démocratie… d’Ennahdha ou à lutter contre l’autoritarisme… de Kaïs Saïed ne saurait convaincre que les crédules, d’autant que leur crainte de la dissolution de l’Assemblée et de l’organisation d’élections anticipées est dictée par leur refus bien compréhensible de se départir...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/03/06/lettre-au-depute-abdellatif-aloui-le-poete-qui-na-jamais-raison/">Lettre au député Abdellatif Aloui, le poète qui n’a jamais raison</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/03/Abdellatif-Aloui.jpg" alt="" class="wp-image-338906"/></figure>



<p><strong><em>La prétention des députés de la coalition Al-Karama, à l’instar d’Abdellatif Aloui, à défendre la démocratie… d’Ennahdha ou à lutter contre l’autoritarisme… de Kaïs Saïed ne saurait convaincre que les crédules, d’autant que leur crainte de la dissolution de l’Assemblée et de l’organisation d’élections anticipées est dictée par leur refus bien compréhensible de se départir des avantages de leur fonction.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-338905"></span>



<p>Monsieur le député de la Coalition parlementaire Al-Karama, je n’ai pas l’honneur de compter de relations au sein de votre parti politique, dont j’ignore absolument tout. On vous accuse d’être l’émanation des anciennes ligues de protection de la révolution, ce qui ne m’éclaire pas plus, quoique j’estime à priori que le modèle en soit les fameux comités populaires libyens de l’époque Kadhafi. Et mon idée sur vous-même ainsi que votre mouvement n’aura été établie qu’à travers le prisme déformant des médias, et celui, qui l’est un peu moins, de vos déclarations et de vos prises de position, ainsi que celles de vos camarades du parti, sur face book.</p>



<p>D’abord je dois signaler que j’ai été privé de toute possibilité de m’exprimer sur votre page, suite à un commentaire que j&rsquo;admets provocateur, reproduisant une phrase de Nikita Khroutchev à l’ONU en 1956 après l’agression tripartite de Suez contre l’Egypte, et qui disait ceci : <em>«Si vous vous obstinez à considérer le monde comme une jungle, alors souvenez-vous que vous n’en êtes pas l’animal le plus fort».</em></p>



<p>Je critiquais ainsi votre vision exprimée d’un monde où seul le rapport de forces pouvait compter. Si votre opinion vaut ce qu’elle vaut à l’échelle internationale, compte tenu du rapport de forces largement défavorable aux arabes, il est évident qu’à l’échelle d’un pays et des relations entre citoyens, elle aurait des conséquences mettant en jeu la stabilité et la paix de la nation, et je ne pouvais donc la passer sous silence.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Attaques tous azimuts contre le président Kaïs Saïed</h3>



<p>Votre réaction m’a donc appris toute la mesure d’un orgueil, digne de la poésie arabe qui vous inspire et dont vous vous faites l’interprète. Cela peut déjà vous situer par rapport à Bourguiba, le francophile, et à Kais Saied, le disciple du poète emblématique Al-Mutanabbi, et dont l’élection à la tête de la présidence de la république a été due en grande partie à sa maîtrise de la langue arabe littéraire.</p>



<p>Vous avez donc trouvé un concurrent de taille sur le parcours politique que vous vous étiez choisi, celui de l’authenticité, curieusement garant aux yeux du public de l’intégrité.</p>



<p>La dernière interview accordée à la chaîne Zitouna ne l’a que trop confirmé. Vous l’avez accusé de vous avoir privé injustement, en dépit de la Constitution, du pouvoir issu de la majorité parlementaire de laquelle vous faites partie. Vous l’avez accusé de nourrir un mépris injustifié, y compris vis-à-vis de personnages que selon votre barème personnel vous situez au sommet de l’éminence, comme Rached Ghannouchi. Vous l’avez accusé de violation de la loi sur le financement de la campagne électorale, et même d’avoir bénéficié de soutiens occultes issus de l’étranger sur les réseaux sociaux ayant permis son élection. Vous l’avez accusé d’être le jouet du couple Mohamed et Samia Abbou, dénommé pouvoir de l’ombre pour la circonstance. Vous l’avez tourné en dérision en rappelant ses bouffonneries, ainsi que vous les avez qualifiées, insinuant que la lettre piégée adressée à la présidence ne fût qu’un mensonge. En vous situant comme spécialiste de l’arabe littéraire, vous avez critiqué sa manière de s’exprimer, en la qualifiant de faible et mauvaise. Vous avez même menacé lors de la prochaine manifestation de réunir un million de personnes et de marcher contre le palais de Carthage. Enfin vous avez appelé à sa destitution, en qualifiant cela de mise à l’écart politique.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La lutte contre la corruption n’est-elle plus une priorité ?</h3>



<p>Sans surprise, vos commentaires se situent dans la campagne calomnieuse, consécutive aux dénonciations continues et répétées de la corruption et des corrompus par le président. Ce sont bien ces dénonciations de la corruption que lui avait reprochées Rached Ghannouchi lorsqu’il avait affirmé que seuls la justice <em>«et le parlement»</em> (???) avaient le droit de désigner les corrompus.</p>



<p>Quand un autre député, Ayachi Zammel, du bloc National, fait chorus en affirmant que cette campagne dont a pâti son collègue et président de son bloc parlementaire Ridha Charfeddine ne crée pas un climat propice aux affaires et aux investissements, et que le président a commis des fautes en permettant l’introduction clandestine de vaccins, et en maintenant à son poste le ministre de la Santé, Faouzi Mehdi, responsable du retard pris dans leur arrivée, on comprend les préoccupations de la majorité de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) à laquelle vous appartenez, celle qui soutient le gouvernement conduit par Hichem Mechichi, relativement au problème de la corruption qui gangrène le pays.</p>



<p>Evidemment ceci met une nouvelle foi à mal l’image d’intégrité et d’incorruptibilité dont vous-même et votre parti clamez être les défenseurs en usant pour ce faire du langage de la piété religieuse, mais il est vrai que depuis votre alliance avec le parti Qalb Tounès, fondé et présidé par le magnat de télévision et de publicité, Nabil Karoui, poursuivi en justice pour évasion fiscale et blanchiment d’argent, préserver cette image ne semble plus constituer votre préoccupation principale.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La démocratie menacée par le retour de l’autocratie, dites-vous ?</h3>



<p>Désormais, vous vous situez, tout comme le fait Rached Ghannouchi, sur le registre de la défense de la démocratie, menacée selon vous par le retour de l’autocratie. On comprend qu’après dix ans d’impunité et de naufrage économique ayant conduit le pays là où il est, le parti Ennahdha ne soit nullement désireux de voir rouvrir des dossiers comparable à ceux de la Banque franco-tunisienne (BFT), des financements occultes des partis, des recrutements partisans dans la fonction publique, et des dédommagements indus. Mais que votre mouvement le suive en cela peut étonner pour peu qu’on ne l’en considère pas comme un simple appendice.</p>



<p>Et si donc on en arrive au blocage politique actuel, ce n’est pas sur le président de la république malgré tous ses défauts qu’il faille en rejeter la responsabilité, mais sur l’insistance de votre coalition parlementaire à disposer d’un chef du gouvernement <em>«ami»</em>. La solution est pourtant évidente pour qui veut la voir. Dans toute démocratie qui se respecte, une crise politique de cette envergure est résolue par des élections anticipées, après la démission du gouvernement et la dissolution du parlement. Dans un pays où le parlement fonctionne depuis six ans en dehors de la légalité parce que le parti Ennahdha ne veut pas d’une Cour constitutionnelle, une telle solution est hors de propos, nonobstant le refus bien compréhensible de plusieurs députés de se départir des avantages de leur fonction. Il faudrait pour arriver à cela un certain état d’esprit compatible avec le système politique. La présence, qui plus est au sein de la majorité parlementaire, d’un parti comparable au votre, prouve que tel n’est nullement le cas.</p>



<p>Il est inutile de rappeler les tribulations de vos camarades Seifeddine Makhlouf et Mohamed Affès au parlement, et votre prétention à défendre la démocratie ne saurait convaincre que les crédules. Je terminerai en rappelant que le temps ne joue pas en votre faveur. À votre fanfaronnade promettant d’envoyer un million de personnes au palais de Carthage lors de la prochaine manifestation, je répondrai qu’il n’y a aucune raison de ne pas imposer la dissolution d’un parlement anticonstitutionnel, qui plus est quand il prétend empêcher une nécessaire campagne contre la corruption.</p>



<p><em>* Cardiologue, Gammarth, La Marsa.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis :</em></h4>



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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/03/06/lettre-au-depute-abdellatif-aloui-le-poete-qui-na-jamais-raison/">Lettre au député Abdellatif Aloui, le poète qui n’a jamais raison</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Après la «libération» de Nabil Karoui, tous les chemins mènent désormais à Carthage</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Feb 2021 08:53:48 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le contexte de la crise polymorphe – institutionnelle, politique, économique et sociale – que vit la Tunisie depuis plusieurs semaines, la «libération» annoncée de Nabil Karoui par une justice pas encore vraiment indépendante, et l’activisme acharné de Rached Ghannouchi, sur les plans national et international, dans sa guéguerre contre le président Kaïs Saïed, posent...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Kais-Saied-Nabil-Karoui-Rached-Ghannouchi.jpg" alt="" class="wp-image-337708"/><figcaption><em>Kais Saied / Nabil Karoui / Rached Ghannouchi. </em></figcaption></figure>



<p><strong><em>Dans le contexte de la crise polymorphe – institutionnelle, politique, économique et sociale – que vit la Tunisie depuis plusieurs semaines, la «libération» annoncée de Nabil Karoui par une justice pas encore vraiment indépendante, et l’activisme acharné de Rached Ghannouchi, sur les plans national et international, dans sa guéguerre contre le président Kaïs Saïed, posent plusieurs questions sur les desseins de la camarilla islamo-affairiste conduisant aujourd’hui le pays. Il reste à savoir vers quels profonds abîmes…</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-337706"></span>



<p>Nabil Karoui, poursuivi en justice dans des affaires d’évasion fiscale, de corruption financière et de blanchiment d’argent, pourrait être libéré contre une caution de 10 millions de dinars. Dans l’absolu, on ne peut que s’en féliciter, pour lui-même, et sa famille. Tout être humain a en effet droit à la dignité, à la liberté, et à la justice, et tout citoyen peut se retrouver un jour victime d’une erreur judiciaire ou d’un abus de pouvoir. Mais M. Karoui n’est pas un citoyen ordinaire, c’est le chef du deuxième parti de la majorité parlementaire, Qalb Tounes, celui parmi les membres duquel le chef de gouvernement Hichem Mechichi a décidé de recruter certains des onze nouveaux ministres proposés par son remaniement ministériel, et récusés par le président de la république Kais Saied, dont M. Karoui est aussi l’un des détracteurs les plus véhéments. D’ailleurs au sein de son parti on a toujours attribué son arrestation à des manœuvres politiques, dont des experts partiaux se seraient fait les instruments.</p>



<p>Il est encore trop tôt pour savoir les tenants et les aboutissants judiciaires des faits qui sont reprochés au magnat de la télévision et de la publicité reconverti dans la politique. Il serait cependant faux de dire que d’une certaine manière, on ne s’y fût pas attendu.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Comment Ghannouchi a-t-il pu anticiper une décision de justice ?</h3>



<p>Il y a quelques semaines, Rached Ghannouchi , le président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) et président également du parti islamiste Ennahdha, auquel la rumeur publique attribue un ascendant sur certains magistrats, avait en effet annoncé publiquement qu’il serait libéré avec tous les honneurs. Comment a-t-il pu anticiper ainsi la décision de la justice? La question mérite d’autant plus d’être posée que le bruit avait couru que le parti Qalb Tounès avait subordonné son opposition à la motion de censure en cours contre le président de l’ARP à la libération de son chef. Ce sont là bien sûr des coïncidences, mais la manifestation de rue organisée par le parti Ennahdha et ses alliés en soutien au gouvernement Mechichi, samedi prochain, 27 février 2021, n’en est qu’une autre.</p>



<p>En effet, ce même M. Ghannouchi avait affirmé dans son opposition au président de la république que seuls la justice ou le parlement avaient le droit de désigner les personnes corrompues, l’accusation de corruption risquant selon lui de devenir un instrument du combat politique. Que la justice désigne ainsi les corrompus est bien dans l’ordre normal des choses, l’outrance se situant dans la prétention à déléguer ce pouvoir aux parlementaires, ce que personne n’a paraît-il relevé. Mais M. Ghannouchi semble ainsi placer le parlement qu’il préside dans la position du Dieu qu’il vénère, accusant sans être accusé, frappant d’anathème sans être frappé, innocentant sans s’innocenter, et en l’absence de Cour constitutionnelle, jugeant lui-même sans être jugé.</p>



<p>Il y a quelques jours, il s’est ainsi exprimé sur les colonnes de <em>‘‘USA Today’’</em>, relativement à la présente crise institutionnelle, affirmant que la démocratie était en danger. Il aurait également eu un entretien avec l’ambassadeur américain, ce qui dans le contexte actuel ne pourrait être assimilé au mieux qu’à une immixtion du Département d’Etat dans les affaires internes d’un pays souverain, au pire, à un soutien à l’une des parties en conflit, à son invitation, assurément la pire.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les ambitions d’un dirigeant ambitieux, partisan et fanatique</h3>



<p>Il semble donc que le président du parlement, et sans aucune qualité pour le faire, veuille s’entourer de toutes les garanties qui vaillent sur le plan international, après s’être assuré les alliances politiques nécessaires à l’intérieur du pays. Dans ces conditions, ce qu’il qualifie d’initiative politique ne saurait tromper. M. Ghannouchi cherche à rejeter sur l’adversaire les responsabilités du refus de négocier et du blocage politique actuel, dont la seule conclusion ne saurait dès lors être que sa destitution pour violation de la Constitution. Mais négocier quoi ?</p>



<p>On n&rsquo;imagine pas qu’un président de la république élu accepte de se voir priver de ses prérogatives au profit de parties qui n’en possèdent nul droit, particulièrement quand ces parties-là impliquent pour leur propre bénéfice des puissances étrangères.</p>



<p>La Tunisie avait payé au prix fort l’attaque de l’ambassade américaine par des extrémistes religieux, en septembre 2012, sous le gouvernement de la « Troïka», la coalition dirigée par Ennahdha, afin d’épargner aux dirigeants du parti islamiste le courroux de l’administration américaine. Maintenant il faudrait réaliser vers quels profonds abîmes risquent de la plonger les ambitions d’un dirigeant ambitieux, partisan, et fanatique, soutenu par une camarilla affairiste.</p>



<p>* <em>Cardiologue, Gammarth, La Marsa.</em></p>



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		<title>Kais Saied montre la lune; ses détracteurs regardent son index</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Feb 2021 08:35:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>À une époque où critiquer le président de la république Kais Saied équivaut à apporter un soutien objectif à la mainmise cléricale sur le pays, incarnée par le parti islamiste Ennahdha, et entre une servilité qui se déshonore, celle du chef du gouvernement Hichem Mechichi, ou un bellicisme qui se perd, celui d’Abir Moussi, présidente...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Kais-Saied.jpg" alt="" class="wp-image-336453"/></figure>



<p><strong><em>À une époque où critiquer le président de la république Kais Saied équivaut à apporter un soutien objectif à la mainmise cléricale sur le pays, incarnée par le parti islamiste Ennahdha, et entre une servilité qui se déshonore, celle du chef du gouvernement Hichem Mechichi, ou un bellicisme qui se perd, celui d’Abir Moussi, présidente du Parti destourien libre (PDL), M. Saied incarne la voie garantissant sans concessions l’intégrité à minima de l’Etat… en attendant des jours meilleurs.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-336621"></span>



<p>Malgré toute l’étendue de la crise que traverse la Tunisie, et qui a débuté il y a 10 ans, il y a encore des gens prompts à critiquer le président Kais Saied, qui vient de renvoyer au chef du gouvernement Hichem Mechichi un de ses messages sans daigner en prendre connaissance. Voilà qu’on l’accuse de se comporter en calife. Mais que lui reprochent ses détracteurs ?</p>



<p>En fait, ils lui reprochent des futilités ! Faire la queue à la boulangerie pour acheter son pain – Barack Obama allait bien acheter des pizzas à ses collaborateurs en pleine crise des subprimes –; aller au marché pour s’enquérir des prix des denrées alimentaires; aller prier dans les mosquées des quartiers populaires le vendredi, mais Georges Bush faisait de même en se rendant à l’église chaque dimanche.</p>



<p>Les comparaisons avec les Etats Unis d’Amérique semblant aux yeux de certains tomber mal à propos, y compris quand il s’agit de Donald Trump jouant au golf en pleine contestation contre les résultats des élections, notre président se placerait lui-même loin des affaires les plus urgentes de l’Etat, celles requérant les solutions qu’il serait incapable d’apporter par incompétence, indécision, ou irrésolution, et qu’un discours prononcé dans un arabe classique incompréhensible pour l’homme commun serait chargé de dissimuler.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Qu’ont apporté Ghannouchi ou Caïd Essebsi à la Tunisie en une décennie ?</h3>



<p>Peut-on pour autant citer une quelconque réalisation au bénéfice du pays de messieurs Rached Ghannouchi ou Béji Caid Essebsi durant une décennie ? On n’a pas relevé qu’en agissant ainsi, en se mêlant au peuple, il voulait simplement marquer, en tant que chef de l’Etat, sa solidarité avec le simple citoyen dans son quotidien, confronté aux conséquences d’un jeu politique dont pour être exclu il demeure le grand perdant. Mais n’est-ce pas ce même verbe qui avait assuré à Kais Saied le succès que l&rsquo;on connaît lors des élections présidentielles? Il ne demeurerait donc incompréhensible que pour ses critiques, qui, outre les cléricaux, les clérico-fascistes, et les affairistes, rassemblent également tous les déçus de Béji Caid Essebsi, ces enfants de chœur qui ignoraient que les promesses n’engageaient que ceux qui les croyaient.</p>



<p>Ainsi Kais Saied voit se dresser contre lui une large part de l’éventail politique tunisien, celle qui va de l’actuelle majorité parlementaire, à laquelle il s’oppose, jusqu’au Parti destourien libre (PDL), qu’il évite d’inviter à Carthage, et qui désire garder l’exclusivité du prestige issu du combat contre la mainmise cléricale sur les rouages de l’Etat.</p>



<p>Pourtant la solution à toute crise politique dans un système démocratique passe par la démission du gouvernement, la dissolution du parlement, et l’organisation d’élections législatives anticipées. Mais c’est justement de cette solution que l’actuelle majorité parlementaire ne veut pas entendre parler.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les alliés d’Ennahdha courent le risque de sombrer corps et biens</h3>



<p>Rached Ghannouchi, président de l’Assemblée et du parti islamiste Ennahdha, et le professeur de droit public Yadh Ben Achour ont prétendu tous deux que la Constitution tunisienne établissait un régime parlementaire. Mais abstraction faite du caractère tronqué de la démocratie dans notre pays, qui fonctionne sans Cour constitutionnelle comme une voiture roule sans freins parce que, constitution ou pas, les partis politiques de la majorité parlementaire n’en veulent pas, et si l’on se réfère à des pays qui ont adopté ce système, comme l’Italie ou la Belgique, la réalité est qu’ils ont passé une grande partie de leur vie politique sans gouvernement élu. M. Ghannouchi ne veut, pour autant, pas affronter le jugement des électeurs. Si son parti a les moyens d’en réunir le nombre requis lui assurant à l’assemblée une place incontournable, il n’en est pas de même pour ses alliés, et un parti comme Qalb Tounès court le risque de sombrer corps et biens, tout comme l’avaient fait avant lui Ettakattol, le CPR, et le Nidaa Tounes, pour les mêmes raisons.</p>



<p>Dans ces conditions il est plus rentable d’accuser le président de la république de violer la Constitution, cela fournit un prétexte valable pour conserver à tout prix l’actuel chef du gouvernement, procéder à des remaniements ministériels de caractère manifestement provocateur justifiant le mépris du chef de l’Etat, qui seront rejetés tout autant que ceux qui les auront précédés, renvoyer les élections aux calendes grecques, et justifier une éventuelle procédure de destitution du président de la république.</p>



<p>Parmi toutes les inepties qu’on a entendues, l’excuse la moins recevable pour refuser les élections est sans aucun doute celle qui prétend qu’il n’y ait aucune utilité à y recourir, et qu’avec les mêmes partis politiques en course, les résultats ne sauraient être différents de ceux qui les ont précédés. Aucun constitutionnaliste n’a relevé cette énormité pour la condamner, tous se sont concentrés sur la prétention, d’ailleurs justifiable, du chef de l’Etat à être le seul habilité à interpréter la Constitution en l’absence de Cour constitutionnelle.</p>



<p>Pour ma part, je trouve qu’à une époque où le critiquer équivaut à apporter un soutien objectif à la mainmise cléricale sur le pays, et entre une servilité qui se déshonore, celle de M. Mechichi, ou un bellicisme qui se perd, celui d’Abir Moussi, présidente du PDL, M. Saied incarne la voie garantissant sans concessions l’intégrité à minima de l’Etat… en attendant des jours meilleurs.</p>



<p><em>* Cardiologue, Gammarth, La Marsa.</em></p>



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		<item>
		<title>«Attentat» contre la présidence : les nuages s’amoncellent sur la Tunisie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 Jan 2021 09:23:07 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Nadia Akacha]]></category>
		<category><![CDATA[Qalb Tounès]]></category>
		<category><![CDATA[Riadh Jrad]]></category>
		<category><![CDATA[Yadh Elloumi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On ne peut pas impliquer sans preuves les parties tunisiennes hostiles au président Kaïs Saied dans l’attentat terroriste dont ce dernier aurait été la cible cette semaine et qui impliquerait selon toute vraisemblance des parties étrangères. Ce qu’on peut leur reprocher, en revanche, c’est avant tout d’en nier la réalité sans arguments pour le faire,...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/01/31/attentat-contre-la-presidence-les-nuages-samoncellent-sur-la-tunisie/">«Attentat» contre la présidence : les nuages s’amoncellent sur la Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/01/Kais-Saied-Nadia-Akacha.jpg" alt="" class="wp-image-334305"/><figcaption><em>Nadia Akacha aurait ouvert le courrier suspect. </em></figcaption></figure>



<p><strong><em>On ne peut pas impliquer sans preuves les parties tunisiennes hostiles au président Kaïs Saied dans l’attentat terroriste dont ce dernier aurait été la cible cette semaine et qui impliquerait selon toute vraisemblance des parties étrangères. Ce qu’on peut leur reprocher, en revanche, c’est avant tout d’en nier la réalité sans arguments pour le faire, ensuite de fournir le contexte politique adéquat le favorisant, celui d’une crise institutionnelle que la démission de l’actuel gouvernement, la dissolution du parlement, et le recours à de nouvelles élections pourraient éviter.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-334304"></span>



<p>L’affaire de la récente tentative d’assassinat dont la présidence de la république a été le théâtre, concerne tous les citoyens de ce pays, dont le droit de savoir, confronté à la raison d’Etat, ne souffre aucune discussion. Le simple citoyen qui n’assume aucune responsabilité politique et qui se trouve loin du cercle restreint sombre et virtuel du pouvoir, où les décisions se prennent, se doit de faire le tri parmi les informations qui lui sont distillées, tout en en déduisant celles qui lui sont tues, loin des considérations partisanes et des ambitions politiques.</p>



<p>Comme la vérité demeure tellement précieuse qu’il faille toujours l’envelopper dans un tissu de mensonges, la connaître ne relèverait que de la gageure, pour peu qu’elle ne soit pas relative, qu’elle ne dépende pas de l’observateur comme le commande le principe d’incertitude de la physique quantique, et qu’elle ne soit pas multiple ainsi que le prescrit la théorie des multivers. Mêmes si ces métaphores sont empruntées à la physique, elles paraissent adaptées à une situation dont la recherche de la vérité constitue l’objectif ultime; d’autant que dans cette affaire deux vérités possibles coexistent déjà : ou bien la présidence de la république dit vrai à propos des faits rapportés dont elle a confirmé la véracité, ou bien elle ne le fait pas ainsi que le prétend un député comme Yadh Elloumi, toujours prompt aux jugements à l’emporte-pièce que rien ne vient corroborer, pas même des références erronées ou des prétentions infondées à la connaissance de l’Histoire.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Chronologie des faits</h3>



<p>Pour en revenir aux faits, une information a circulé à partir des réseaux sociaux, selon laquelle le président de la république Kais Saied a été la cible d’un attentat au courrier empoisonné. Cette information a été reprise et confirmée par Riadh Jrad, le chroniqueur d’une chaîne télévisée locale privée, Attessia pour ne pas la nommer, à une heure de grande écoute. Dans la foulée, la page officielle de la présidence d’un pays voisin, l’Algérie en l’occurrence, a rapporté que le président Abdelmadgid Tebboune s’était inquiétée de la santé du président tunisien après l’attentat dont ce dernier fut victime, information rapidement relayée par les médias tunisiens. Pour ajouter au mystère de l’affaire, à sa sortie des studios, le chroniqueur a été intercepté pour interrogatoire, semble-t-il, par la brigade antiterroriste, puis relâché peu après.</p>



<p>Cette nouvelle a aggravé la polémique entre les partisans et les adversaires du président, enclenchée par sa prise de position contre le dernier remaniement ministériel entériné par un vote du parlement. Mais il a fallu attendre encore quelques heures pour que la présidence tunisienne sorte de son mutisme et publie un communiqué reconnaissant la réalité des informations, en particulier le malaise dont a été victime la directrice de cabinet du président de la république, Nadia Akacha, ainsi qu’un agent, transportés à l’hôpital militaire pour être soignés après l’ouverture d’un courrier. La présidence a précisé qu’elle avait eu l’intention de ne pas divulguer ces informations afin de préserver le pays d’un sujet de discorde supplémentaire dont il n’avait pas besoin, mais ayant constaté leur communication, elle avait été obligée de les porter à la connaissance du public. Et 24 heures après, le parquet a, dans un communiqué diffusé par les moyens d’information habituels, infirmé la découverte de substance toxique dans les échantillons du courrier (une enveloppe vide) envoyés pour analyse par la présidence. On apprendra que ce courrier avait été préalablement maladroitement passé au broyeur.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La mauvaise communication de la présidence de la république</h3>



<p>Fait important, cette communication ne s’est pas faite par le biais d’une conférence de presse, où les journalistes auraient pu demander plus de précisions, pour savoir si l’analyse toxicologique avait éliminé l’usage d’une substance toxique, ou bien seulement sa présence, ce qui ne signifie pas du tout la même chose. Dans tout ceci, le premier fait constaté, une nouvelle fois, c’est le défaut majeur de communication. La présidence n’a toujours pas de porte-parole officiel, et dans les situations comparables cela prête à équivoque et risque de lui coûter cher. Elle n’a pas besoin d’être accusée de monter une mise en scène à des fins politiques, particulièrement dans le contexte de crise institutionnelle que s’apprête à traverser le pays. Mais l’absence de porte-parole officiel à la présidence n’est pas un fait nouveau, elle semble faire partie du personnage de Kais Saied, habitué à communiquer dans son style chaloupé qui n’accepte aucune répartie; il serait d’ailleurs difficile de trouver un interlocuteur capable de la lui donner dans son propre langage, l’arabe littéraire issu de l’émirat hamdanide d’Alep au Xe siècle.</p>



<p>Le président Kais Saied est un communicateur très particulier, et cela n’a pas peu contribué à établir son aura d’arabisant véritable propre à lui gagner le label de l’authenticité qui, associée à ses prises de position tranchées en faveur de la cause palestinienne et contre la normalisation avec l’Etat d’Israël, a séduit la foule de ses électeurs et lui a gagné leurs cœurs.</p>



<p>Mais à ce défaut de communication structurel, s’en est ajouté un autre, conjoncturel : la présidence tunisienne, pour des raisons politiques se rapportant à l’intérêt du pays, ne voulait pas transmettre cette information au public, et ce n’est pas elle qui l’a fait. Ceci ne plaide déjà pas en faveur d’un usage politique prémédité de l&rsquo;événement, et on a du mal à penser que la présidence algérienne, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, se soit impliquée d’une manière aussi flagrante dans une affaire relevant de la sécurité nationale de la Tunisie, en donnant foi à une information non vérifiée.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les adversaires de Kais Saied montent au créneau</h3>



<p>Rien ne justifie donc à priori l’accusation de machiavélisme que les adversaires de Kais Saied brandissent, c&rsquo;est-à-dire certains membres des partis Ennahdha, Qalb Tounès, et Al-Karama, alliés au chef du gouvernement Hichem Mechichi. Ces partis ont par ailleurs condamné l&rsquo;attentat, et appelé à établir toute la lumière sur les circonstances de cette affaire d’Etat mais dans le contexte politique tunisien on n&rsquo;en est pas à une contradiction près.</p>



<p>Cependant le communiqué issu du parquet ne confirme pas la thèse présidentielle et semble même la mettre en doute. On peut déjà relever la manière avec laquelle il a été diffusé, presque laconique, autoritaire, péremptoire, régalienne, ne souffrant aucune discussion. Mais on n’annonce à priori pas de la même manière la saisie d’une quantité de blé avarié prélevée dans les stocks de la coopérative de Dahmani, et les résultats d’un test toxicologique effectué sur une lettre censée contenir du poison adressée au président de la république. On peut se demander pourquoi ce n’est pas le ministre de la Justice qui a pris sur lui de le faire. À titre d’exemple, c’est l’attorney général Bill Barr qui avait informé le public des conclusions du rapport du procureur Robert Muller relativement à l’implication de Donald Trump dans le Russia gate, d’une manière d’ailleurs tendancieuse. Mais en Tunisie, le ministre de la Justice récemment nommé n’a pas encore prêté serment, et pour cause. Et son collègue, sur le départ, n’a apparemment pas intérêt à se trouver mêlé à une affaire qui relève au mieux de la mythomanie, ainsi que l&rsquo;ont prétendu certains, au pire du complot contre le chef de l’Etat. D’une manière plus générale, dans le gouvernement, on préfère autant laisser à ce dernier la responsabilité de ses dires. Même le ministre de l’Intérieur par intérim, et qui se trouve être le chef de gouvernement lui-même, n’a pas voulu prendre la responsabilité de communiquer les conclusions des services de la police technique qui dépendent pourtant de lui. Et ces mêmes partis politiques, qui ont condamné la tentative d’assassinat (son éventualité ?) et qui siègent en force au sein de l’Assemblée, n’ont pas jugé utile de nommer une commission d’enquête pour faire toute la lumière qu’ils réclament.</p>



<p>C’est là un exemple fort de la solidarité qui règne actuellement au plus haut sommet de l’Etat. Pourtant si on s’en réfère à la narration des faits, ce qui a été rapporté ne paraît pas issu d’un esprit dérangé ou pervers, mais bel et bien d’un enchaînement de causalités, vraies et réelles. Et on sait de quelle manière les jours précédents le coup d’Etat de Ben Ali, le 7 novembre 1987, on avait essayé de faire passer le président Habib Bourguiba pour fou, thèse dénoncée dans son livre par feu le professeur Amor Chedli, et combien cela avait contribué à normaliser sa destitution.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un gaz innervant hautement toxique ?</h3>



<p>Pour en revenir aux faits, une lettre arrive donc entre les mains de la conseillère du président, une femme qui, à tort ou à raison, en tant que telle, cristallise dans le champ politique la haine misogyne de certains élus de l’ARP. Si elle l’a eue entre les mains, c’est qu’elle n’était pas adressée par les habitants du Kram-Ouest se plaignant de la qualité de la voirie ou de l’incurie de la Sonede, elle aurait alors été répercutée à un niveau subalterne vers la présidence du gouvernement, mais qu’elle provenait d’une source ayant l’habitude de communiquer avec la présidence, et qui pour cette raison ne pose habituellement pas un problème pour la sécurité présidentielle.</p>



<p>La conseillère n’avait donc pas de raisons particulières de se méfier de ce courrier anodin dont elle a l’habitude de prendre connaissance avant de l’envoyer elle-même au broyeur, probablement en raison de son caractère top secret.</p>



<p>Pourtant cette fois les choses tournent mal. Une substance, probablement un gaz, se dégage alors, avant ou lors du broyage, entraînant un malaise décrit comme une perte transitoire de la vision et des vomissements, qui frappe également l’un des présents. Or ces symptômes là sont les mêmes que peuvent entraîner des gaz dits innervants, en général des organophosphorés ayant pour effet une stimulation hyper puissante du système nerveux végétatif parasympathique, dont dépend la régulation de la respiration, du cœur, de la circulation sanguine, et de la température.</p>



<p>Il se trouve que ces substances, connues sous le nom russe de Novitchok, se présentent parfois sous forme binaire, c&rsquo;est-à-dire de deux ou plusieurs composés dont chacun pris isolément est inoffensif. Novitchok ? avec les empoisonnements récents de l’opposant russe Novolny et il y a quelques mois de la famille Skripal, le sujet est d’actualité. Et on peut concevoir qu’une substance inoffensive enfermée en quantités infinitésimales dans une enveloppe hermétiquement close, sous vide, devienne hautement toxique au contact de l’air et qu’elle s’évapore sans laisser de traces en terrassant ceux qui la respirent. Mais dans le cas qui nous intéresse, la dose utilisée n’était pas suffisante pour tuer, ce qui laisse supposer qu’il ne s’agissait là que d’un avertissement, et que la partie visée était le président, mais indirectement, à travers sa conseillère.</p>



<p>Il aurait été intéressant d’examiner l’enveloppe utilisée qui malheureusement a été broyée, mais pas forcément ainsi qu’on l’a prétendu pour cacher la vérité. En fait, la présidence connaît l’expéditeur au nom duquel la lettre a été envoyée, mais il semble bien que ce renseignement-là fasse partie du secret-défense, et qui entre autres explique la volonté présidentielle de taire l’attentat dont sa conseillère a été victime. Et comme les résultats des examens effectués sur Mme Akacha et son interlocuteur, dont le nom n’a pas été communiqué, demeureront confidentiels, il sera toujours difficile de connaître le fin mot de l’histoire.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La piste israélienne ne doit pas être rapidement écartée</h3>



<p>Si on veut résumer la situation, le président Kais Saied possède beaucoup d’ennemis politiques, aussi bien au niveau national qu’international. La caractéristique de ces ennemis-là est qu’ils disposent de moyens et de connaissances scientifiques et techniques hyper sophistiqués que même nos laboratoires, avec tout le respect que nous leur devons, ne possédant pas les moyens nécessaires à leur détection, se révèlent incapables de mettre en évidence.</p>



<p>Ces moyens-là, seuls des États peuvent en disposer. Mais mis à part les Russes qu’on accuse régulièrement d’utiliser contre leurs opposants des substances toxiques mais qui ne nourrissent vis-à-vis de la Tunisie aucune rancune particulière et qu’on peut exclure de la liste des suspects, les précédents connus de leur utilisation contre des individus ont impliqué l’Etat d’Israël, dans la tentative d’assassinat contre Khaled Mechaal, et surtout dans la mort suspecte de Yasser Arafat.</p>



<p>Il se trouve que le refus du président Kais Saied de s’insérer dans le processus dit des accords d’Abraham de normalisation avec l’Etat hébreu suscite des réactions peu amènes de la part des dirigeants sionistes, qui l’ont même accusé il y a quelques jours d’antisémitisme. Et certains commentaires sur Twitter le visant issus de ces parties-là sont assez explicites de leur état d’esprit; ils sont même inquiétants. Et on a vu comment tous les ennemis proclamés d’Israël dans le monde arabe, comme Saddam Hussein ou Mouammar Kadhafi, ont fini.</p>



<p>Ceci n’exclut nullement que d’autres parties comme la Turquie puissent également être impliquées. Mais avec son armée campant de l’autre côté de la frontière libyenne, Recep Tayyip Erdogan n’a jusqu’à présent jamais menacé le président tunisien, du moins publiquement, quoique le sujet des relations <em>«intimes»</em> avec la Turquie voulues par Rached Ghannouchi grâce à un vote au parlement aient marqué le début des hostilités entre les deux hommes.</p>



<p>On ne peut, pour autant, pas impliquer sans preuves les parties tunisiennes hostiles au président dans ce véritable attentat terroriste impliquant selon toute vraisemblance des parties étrangères. Ce qu’on peut leur reprocher, en revanche, c’est avant tout d’en nier la réalité sans arguments pour le faire, ensuite de fournir le contexte politique adéquat le favorisant, celui d’une crise institutionnelle que la démission de l’actuel gouvernement, la dissolution du parlement, et le recours à de nouvelles élections pourraient éviter, même en l’absence de la Cour Constitutionnelle que ces mêmes partis politiques ne veulent pas introniser depuis plusieurs années… en violation de la Constitution et de la démocratie qu’ils prétendent défendre.</p>



<p><em>* Cardiologue, Gammarth, La Marsa.</em></p>



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		<title>À propos de Yadh Elloumi, Churchill, le déshonneur et la guerre</title>
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		<pubDate>Thu, 28 Jan 2021 08:42:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les déboires judiciaires atteignant le président de son parti, Qalb Tounès, auraient dû inciter le député Yadh Elloumi à s’informer davantage sur Winston Churchill, et son opposition résolue à tout compromis avec le fascisme et le nazisme, résumée par cette tirade flamboyante : «À Munich, l’Angleterre avait le choix entre le déshonneur et la guerre;...</p>
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<p><strong><em>Les déboires judiciaires atteignant le président de son parti, Qalb Tounès, auraient dû inciter le député Yadh Elloumi à s’informer davantage sur Winston Churchill, et son opposition résolue à tout compromis avec le fascisme et le nazisme, résumée par cette tirade flamboyante : «À Munich, l’Angleterre avait le choix entre le déshonneur et la guerre; elle a choisi le déshonneur et elle a eu la guerre».</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-333901"></span>



<p>Yadh Elloumi est réputé pour les exubérances oratoires dont il fait usage dans ses philippiques contre le président Kais Saied. La dernière en date de ses incartades verbales a fait le buzz. Dans son apologie de la justice, il a attribué au célèbre Winston Churchill une phrase dont l’auteur ne fut autre que Abderrahman Ibn Khaldoun, la considérant comme le pilier de la civilisation, de la prospérité, de la cité, le terme arabe pouvant être interprété de différentes manières, évoquant dans tous les cas l’installation et la croissance organisée et pacifique d’une communauté humaine (<em>civitas</em>).</p>



<p>Les explications ultérieures du député tentant de minimiser cette imprécision, pour sauver la face, n’ont pas été plus convaincantes; il a prêté au célèbre britannique l’assertion selon laquelle il préférait la guerre à la perturbation du cours de la justice. Si tant est que cela fût vrai, on ne peut pas dire que Donald Trump, l’ex-président américain, eût été un supporter inconditionnel de l’ancien Premier ministre de sa majesté, puisqu’il a fait exactement le contraire, en libérant un ami condamné pour délit de parjure, un crime fédéral, et qu’il s’est abstenu soigneusement de bombarder les pays considérés comme ennemis, ce dont on peut le créditer.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des erreurs historiques singulièrement déplacées</h3>



<p>Cependant on peut tout aussi bien penser que le parti de Yadh Elloumi, Qalb Tounès, ait plutôt suivi la voie de Neville Chamberlain, le prédécesseur de Churchill au poste de Premier ministre, qui s’était rendu à Munich en compagnie d’Edouard Daladier, pour entériner l’Anschluss, ainsi que l’occupation par les Nazis des Sudètes, et de la Tchécoslovaquie, avec laquelle l’Angleterre possédait un accord de défense. Il était revenu à Londres brandissant la feuille de l’accord, qui allait quelques mois plus tard, s’avérer n’être qu’un chiffon de papier, avec l’invasion de la Pologne par les armées de Hitler. Munich serait assimilé ainsi à l’infamie, celle de dirigeants peu respectueux de leurs engagements et capitulant face aux entreprises d’un dictateur effrontément menteur, cela constituant d’ailleurs dans la plupart des cas un pléonasme.</p>



<p>C’est d’ailleurs dans ce contexte, celui de l’occupation de la Pologne en dépit des engagements contractés à Munich, que Chamberlain fut obligé de démissionner lors d’un vote à la Chambre des Communes, remplacé par Winston Churchill, qui l’avait interpellé dans des termes assez vifs, lui demandant, au nom de Dieu, de partir après avoir trop longtemps siégé pour le bien qu’il avait apporté.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Pour Elloumi, le sort de Karoui importe plus que celui de la Tunisie</h3>



<p>Plus que l’erreur historique, la référence à Winston Churchill par le député de Qalb Tounès apparait ainsi singulièrement déplacée. C’est en effet son parti qui avait offert la présidence de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) à celui avec qu’il avait promis de ne jamais s’allier afin de s&rsquo;attirer la faveur des électeurs. C’est encore lui qui a accepté l’alliance avec la coalition Al-Karama dont on connaît les positions non seulement misogynes, mais séditieuses, et totalitaires telles que les avait exprimées le député Mohamed Affès.</p>



<p>C’est, faut-il le rappeler, le député Yadh Elloumi lui-même qui est monté au créneau pour soutenir le dernier remaniement ministériel, exigé par les partis Ennahdha et Al-Karama pour des raisons purement politiques, celles de s’opposer aux nominations issues de la présidence de la république, inspirées selon eux par une femme, Nadia Akacha en l’occurrence, directrice du cabinet du président de la république, et dont justement toutes les femmes ministres ont fait les frais en en étant écartées.</p>



<p>C’est encore lui qui a absous le gouvernement de toute responsabilité dans <em>«la sueur, le sang et les larmes»,</em> selon le mot de Churchill, dans lesquels baigne le peuple de ce pays, et dans la gestion désastreuse de la pandémie Covid-19 qui place la Tunisie en deuxième position des pays les plus touchés en Afrique, en rejetant cette même responsabilité entièrement sur le président de la république. C’est toujours lui-même qui a dispensé l’actuel chef du gouvernement, Hichem Mechichi, de fournir des explications sur sa résolution de la crise d’El-Kamour contribuant à la vague actuelle de contestations sociales que traverse le pays, et sur le recours pour les contenir à des excès condamnés par les organisations des droits de l’homme. Ce ne pouvait être que lui, celui qui en l’absence de Cour Constitutionnelle, n’a pas mesuré les éventuelles conséquences institutionnelles du refus par le président de la république des nouvelles nominations ministérielles, en affirmant que ce dernier n’avait d’autre choix que de les accepter. Et qui d’autre que lui pouvait professer sa confiance dans la justice tout en avouant s’en défier, parce que, selon lui, les experts financiers chargés d’examiner le dossier du président de son parti, Nabil Karoui, actuellement détenu dans des affaires de blanchiment d’argent, n’avaient pas fait preuve de l’objectivité et de l’impartialité nécessaires?</p>



<h3 class="wp-block-heading">Subordination de la loi aux impératifs de la politique politicienne</h3>



<p>Eu égard à cela, on ne peut pas exclure que le soutien apporté par Qalb Tounès à Hichem Mechichi ne soit pas inspiré par des raisons autres que politiques, et s’apparentant d’une certaine manière au conflit d’intérêt. On peut même ajouter, après l’affaire Elyes Fakhfakh, l’ex-chef de gouvernement contraint de démissionner suite à une affaire de conflit d’intérêt, que la décision prise par la majorité parlementaire, le fameux <em>«coussin»</em> de M. Mechichi, d’ignorer toutes les objections de la présidence, relativement au dernier remaniement ministériel, à propos de supposés conflits d’intérêts, laisse dubitatif sur le double standard avec lequel les <em>«affaires»</em> sont abordées au sein de l’ARP, et la subordination du règlement ou de la justice aux impératifs de la politique politicienne. Les déboires judiciaires atteignant son parti auraient certainement dû inciter M. Elloumi à s’informer davantage sur Winston Churchill, et son opposition résolue à tout compromis avec le fascisme et le nazisme, résumée par cette tirade flamboyante : <em>«À Munich, l’Angleterre avait le choix entre le déshonneur et la guerre; elle a choisi le déshonneur et elle a eu la guerre».</em></p>



<p>* <em>Cardiologue, Gammarth, La Marsa.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis :</em></h4>



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		<title>10e anniversaire de la révolution : Rached Ghannouchi, du jasmin au chardon.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Jan 2021 08:33:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Noureddine Bhiri]]></category>
		<category><![CDATA[Qalb Tounès]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie n’a actuellement pas besoin d’un nouveau gouvernement, d’un dialogue national, ou de l’amélioration des conditions de détention dans les prisons. Il a dans l’urgence besoin de voir imposer les véritables mesures efficaces, qui sauveront des milliers de vies humaines. Et si M. Ghannouchi est incapable d’y contribuer, le mieux est qu’il cède la...</p>
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<p><strong><em>La Tunisie n’a actuellement pas besoin d’un nouveau gouvernement, d’un dialogue national, ou de l’amélioration des conditions de détention dans les prisons. Il a dans l’urgence besoin de voir imposer les véritables mesures efficaces, qui sauveront des milliers de vies humaines. Et si M. Ghannouchi est incapable d’y contribuer, le mieux est qu’il cède la place à plus capable que lui.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia </strong>*</p>



<span id="more-331993"></span>



<p>Rached Ghannouchi, le président en exercice de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), a déclaré qu’il n’y avait que deux possibilités pour le pays : le dialogue entre toutes les parties que d’aucuns ont qualifié de national avec à la clé le compromis, ou la guerre civile.</p>



<p>Le précédent dialogue national avait certes conduit au désengagement du gouvernement du parti Ennahdha, exonéré de toute responsabilité, et non pas du pouvoir, avec l’intérim assumé par le chef de gouvernement Mehdi Jomâa , suivi des élections législatives remportées par Nidaa Tounès, et l’accession de Béji Caïd Essebsi à la magistrature suprême du pays. Il avait également valu au Quartet du dialogue national le prix Nobel de la Paix, et ce n’est pas peu dire.</p>



<p>Par cette consécration la communauté internationale lui reconnaissait le mérite d’avoir épargné à son pays une transition politique hasardeuse, ou plutôt un devenir comparable à celui des autres pays du printemps arabe. Le Comité Nobel de la Paix était apparu ainsi dans la continuation d’une vision<em> «romantique»</em> d’une situation politique initiée par la propagation d’un mythe, celui de l’immolation par le feu d’un marchand ambulant, diplômé au chômage protestant contre une injustice extrême le privant de son gagne-pain, qui avait abouti à un soulèvement populaire entraînant la chute et la fuite d’un dictateur hideux.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le contrat d’impunité</h3>



<p>En réalité, si le parti Ennahdha a accepté le compromis qui s’offrait, il n’avait pas trop le choix; sa gestion avait été calamiteuse, son impopularité n’avait fait que croître, et sa chute paraissait imminente, à l’instar de celle des Frères Musulmans d’Egypte qui venait de se produire par le fer et par le feu avec l’assentiment américain. Les assurances nécessaires le garantissant contre toute poursuite judiciaire, particulièrement dans les affaires de l’attaque de l’ambassade américaine, de l’envoi de jihadistes en Syrie, et des assassinats politiques, avaient été dans ce contexte, un <em>«quid pro quo» </em>dans le sens anglo-saxon du terme, dont un dirigeant roué comme Ghannouchi avait saisi toute l’opportunité.</p>



<p>Et inversement, le Nidaa, puisque c’est de lui qu’il s’agit, avait besoin du parti Ennahdha pour mettre la bride à un processus qui à l&rsquo;instigation de Moncef Marzouki et de ses partisans menaçait de se transformer en entreprise d’épuration judiciaire des cadres de l’ancien régime. Le but du Nidaa était d’instaurer ce qu’il appellerait la <em>«Réconciliation nationale» </em>épargnant aux hommes d’affaires et aux fonctionnaires indélicats de l’époque Ben Ali les rigueurs de la Loi. Le parachutage à contretemps du parti Ennahdha après le 14 Janvier 2011 pour prendre le contrôle de la rue et des mosquées a contribué à réaliser cet objectif, mais au prix d’une autre concession de taille, celle de l’institutionnalisation progressive d’un islam pragmatique, formel, et purement réactionnaire, conférant à la société tunisienne, déjà convertie au consumérisme, un caractère anarchique, inculte, brutal, rétrograde, et même hypocrite.</p>



<p>Le Nidaa ayant été dispersé aux quatre vents après avoir institutionnalisé ses objectifs, c’est le parti Qalb Tounès de Nabil Karoui, un vieux complice depuis l’affaire <em>‘‘Persépolis’’</em>, qui allait reprendre le flambeau du fameux contrat d’impunité en faisant de Rached Ghannouchi le patron de l’ARP. Que M. Karoui se retrouve aujourd&rsquo;hui en prison signifie que le contrat soit désormais caduc, et que ce que l’on puisse reprocher au parti Ennahdha durant sa gestion des affaires du pays entre 2011 et 2014 risque désormais de refaire surface comme une carte d’importance dans le jeu du président Kais Saied et de ceux qui le soutiennent, et bien sûr dans celui de Abir Moussi si jamais elle accède au pouvoir.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les fantômes du passé</h3>



<p>Ce qui pose problème en effet pour le parti Ennahdha c’est que le quitus de gestion qui lui a été délivré lors de son passage à la tête du pays ne possède aucun caractère légal ou institutionnel, il a simplement été garanti par des organisations nationales, le fameux Quartet, et respecté par l‘ancien chef de l’Etat, sans aucune obligation de le faire pour ses successeurs. Ce parti se retrouve ainsi avec la nécessité de toujours disposer de garanties concrètes lui assurant une influence sur la justice, le contrôle de l’ARP, une Instance supérieure indépendante des élections (Isie) complaisante sur la détermination des ressources électorales, une ribambelle d’associations et de médias à sa solde travaillant l’électorat au corps, et dont l’origine du financement demeure indéterminée ainsi que l’avait précisé l’ancien ministre Mohamed Abbou ou le président de la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (Haica). Il n’a donc eu de cesse de réclamer un gouvernement d’unité nationale afin avant tout de se prémunir contre tout retour des fantômes du passé. Et à défaut, c’est d’un nouveau compromis issu d’un dialogue national, qu’il a désormais besoin.</p>



<p>Le thème la guerre civile qui réapparaît en cette occasion dans le discours du vieux chef islamiste n’est pas nouveau; Noureddine Bhiri nous avait en effet déjà annoncé les 50.000 kamikazes n’attendant que ses ordres pour passer à l’action. Cette fois pourtant, cette menace, prophétie, ou prévision ? a quelque chose de pathétique, et d’anachronique. Au plus fort de son influence, au moment des élections de la Constituante, et alors que l’Etat tunisien s’était dématérialisé à l&rsquo;instigation du Premier ministre intérimaire d’alors, pour d’obscures raisons, conformément déjà au scénario égyptien, son parti ne s’était pas assuré plus de 25% d’un électorat total dont près de la moitié s’était abstenue de participer. Actuellement et avec l’usure du pouvoir, il n’en fait pas plus de 10%, et ses partisans sont de plus en plus attirés par les fanfaronnades de Seifeddine Makhlouf, le nouveau ténor de l&rsquo;islamo populisme.</p>



<p>Ce n’est pas avec 13% de l’électorat que M. Ghannouchi va mener la guerre civile; il faudrait pour cela qu’il puisse disposer d’un sanctuaire territorial, que le sud du pays, contigu à l’émirat frère musulman de Tripoli de Fayez Sarraj soutenu par le corps expéditionnaire turc, ne lui assurerait pas. Le sud tout comme le nord d’ailleurs avait bien constaté que le gouvernement d’Ennahdha n’avait résolu aucun de ses problèmes. Et l’affaire de la vanne du pétrole a démontré que la contestation de l’Etat s’organisait autour de thèmes laïcs dans le cadre d’organisations autonomes, même si elles bénéficient d’aides agissantes, à commencer celle de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT). Et il serait illusoire de croire que les populations du sud fussent désireuses de subir la poigne des milices venues de Tripoli, de Syrie, de Tchétchénie, ou d’Azerbaïdjan.</p>



<p>Quant aux fameuses caches d’armes et aux centres d’entraînement, on ne voit pas où ils auraient pu se situer sans que la police ou l’armée n’eussent pu les débusquer et les neutraliser durant toutes ces années, ou à défaut, sans que la population ne les eusse régulièrement découverts.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ghannouchi brandit la menace de la guerre civile</h3>



<p>Il est donc concevable que l’éventualité apocalyptique de la guerre civile brandie par M. Ghannouchi ne soit qu’un épouvantail qui ne fasse plus peur. S’il l’avait pu, il aurait conquis la totalité du pays les armes à la main en 2011, au besoin avec l’aide de M. Erdogan et de l’Émir du Qatar. Mais il se peut également que dans son discours la guerre civile ne soit qu’un paradigme du terrorisme. Des milliers de jeunes desperados tunisiens sont allés combattre dans les rangs de Daech en Syrie, c’est indéniable, et les autorités refusent pour le moment de dire ce qu’ils sont devenus, parce que cela soulèverait la question de la responsabilité de ceux qui les y ont envoyés. Il y a effectivement ici un problème du terrorisme qui n’a pas été résolu pour les raisons précitées. En dépit d’attentats sanglants et sporadiques, prétendre qu’il risque d’abattre l’État ou de changer la société paraît n’avoir rien qui puisse le justifier. Le consumérisme est suffisamment ancré dans la population avec ses normes totalisantes, imposant un nivellement général des mœurs, qui permet de moins en moins de distinguer les catégories sociales ou politiques les unes des autres. Et les réseaux sociaux créent de nouvelles habitudes de pensée et de consommation dont rien ne dit que les antiques valeurs issues de la religion et qui sont devenues celles d’un monde rural en voie de disparition, pourront lui résister; le jihadisme semble en constituer actuellement un épi phénomène significatif mais forcément de plus e plus exceptionnel.</p>



<p>Ce que M. Ghannouchi a prétendu nous dire est donc assez contestable sur le fond, même si les faits accomplis des islamistes sont toujours aussi patents, avec la caution de la légalité.</p>



<p>Ainsi la Basilique de Carthage, transformée depuis des années en musée, vient d’être fermée en application d’une décision de justice en faveur d’un certain Comité de la préservation du patrimoine, qui s’était déjà distingué en bravant le risque de pandémie, et en maintenant un spectacle misogyne de mauvais goût, tentant de ridiculiser Abir Moussi, malgré l’interdiction de la municipalité de Carthage, et cela grâce au soutien de l’avocat et député chef du bloc Al-Karama, Seifeddine Makhlouf. Il est à prévoir qu’après quelques années de fermeture, cette basilique soit transformée un jour… en mosquée. Sur la forme, un président du parlement devrait d’une manière générale s’exprimer différemment, il gagnerait à se poser en rassembleur en se situant au-dessus de la mêlée, et ceci suppose évidemment une trajectoire politique préalable dont M. Ghannouchi est fort dépourvu. Spécifiquement, ses préoccupations devraient donc être tout autres, au moment où le système public de santé s’effondre, y compris dans les centres privés, face à la propagation du coronavirus et à l’afflux des cas graves que les structures existantes sont incapables d’accueillir.</p>



<p>Le pays n’a actuellement pas besoin d’un nouveau gouvernement, d’un dialogue national, ou de l’amélioration des conditions de détention dans les prisons. Il a dans l’urgence besoin de voir imposer les véritables mesures efficaces, qui sauveront des milliers de vies humaines. Et si M. Ghannouchi est incapable d’y contribuer, le mieux est qu’il cède la place à plus capable que lui.</p>



<p><em>* Cardiologue, Gammarth, La Marsa.</em></p>



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		<item>
		<title>Politique: le théorème de Néji Jalloul, ou le Nidaa Tounès (mal) réhabilité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Dec 2020 07:56:51 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Nidaa Tounès aurait épargné aux Tunisiennes le port obligatoire du khimar et du tchador et rien que pour cela sa création n’aura pas été inutile, même si désormais il ne représente plus rien. C’est en tous cas ce qu’a déclaré l’ancien ministre de l’Education Néji Jalloul sur les ondes d’une radio privée. Autrement dit,...</p>
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<p><strong><em>Le Nidaa Tounès aurait épargné aux Tunisiennes le port obligatoire du khimar et du tchador et rien que pour cela sa création n’aura pas été inutile, même si désormais il ne représente plus rien. C’est en tous cas ce qu’a déclaré l’ancien ministre de l’Education Néji Jalloul sur les ondes d’une radio privée. Autrement dit, ce mouvement, ou rassemblement, a sauvé la femme tunisienne de la barbarie intégriste. Est-ce vraiment le cas ?</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-329111"></span>



<p>Pourrait-on considérer que toutes ces personnalités cossues rassemblées autour de Béji Caid Essebsi ne faisaient en réalité partie que d’un Women’s Lib essentiellement masculin dont le point d’orgue fut certes cette célébration de la Fête de la Femme en 2012 au cours de laquelle le président du Nidaa, dans un discours demeuré célèbre, demanda au parti Ennahdha de dégager, conformément à des engagements antérieurs pris avant les élections de la Constituante ?</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ennahdha pour une islamisation en douceur</h3>



<p>Le miracle aurait donc été que le parti Ennahdha eût obtempéré sans plus de façons, permettant ainsi à M. Jalloul d’avancer sa théorie actuelle. Ce qu’il ne précise pas, c’est si ce prétendu sauvetage in extremis de la femme tunisienne d’entre les griffes des talibans a été la raison de la création du mouvement, sa conséquence, ou bien l’un de ses effets collatéraux. En considérant qu’il en eût été la raison, cela signifie que la Troïka, l’ancienne coalition gouvernementale conduite par Ennahdha, aurait décidé, lors de son accession au pouvoir en 2011, d’islamiser la tenue vestimentaire féminine, mais rien ne permet de penser que tel eût été effectivement le cas, et mis à part des actes isolés ou bien la pression sociale dans certains quartiers, il n’y eut de toute évidence aucune campagne organisée en ce sens venant du sommet de l’Etat.</p>



<p>Les propos de Moncef Marzouki à propos des «safirat» («dévoilées») avaient déjà suscité une tempête de protestations et malgré la venue de certains prédicateurs égyptiens déséquilibrés prêchant les vertus de l’excision, tels le Cheikh Wajdi Ghonaim, la stratégie nahdaouie tendait plutôt vers une islamisation en douceur dont les enfants seraient les cibles principales.</p>



<p>Abdelfattah Mourou, le «modéré», l’un de ceux qui avaient accompagné le Cheikh lors de ses tournées, avait été très clair sur la question, lorsqu’il avait déclaré, dans un accès de sincérité inhabituel, que ce qui l’intéressait n’était pas les adultes mais leurs enfants. Et il est plutôt difficile de considérer que la question de la femme eût constitué la préoccupation immédiate et urgente justifiant la fondation du Nidaa, ou bien l’un des dossiers des discussions menées sous l’égide du Quartet du dialogue national pour obtenir le départ du gouvernement de la Troika.</p>



<p>Il n’en était sans aucun doute déjà rien dans l’esprit de Béji Caid Essebsi lors de son mandat de Premier ministre provisoire, en 2011, lorsque la police avait été consignée dans ses casernes et que la rue et les mosquées avaient été désertées par l’autorité publique, dans ce qui restera l’une des décisions les moins excusables de sa carrière, celle-là même qui avait pavé la route au triomphe d’Ennahdha lors des élections de la Constituante.</p>



<p>Souvenons-nous, durant cette dizaine de mois où il n’y eut plus de policiers dans les rues du pays, ni de gendarmes dans ses campagnes, et où le territoire contrôlé par un Etat mis en liquidation se résuma en la Kasbah et l’avenue Habib Bourguiba, et mis à part un certain effet d’émulation chez les salafistes, il n’ y eut aucun autodafé visant les femmes à travers leurs tenues vestimentaires, à l’instar de ce qui avait eu lieu par exemple dans la Turquie d’Atatürk, ou bien de mesures contraignantes systématiques semblables à celles qui avaient cours en Iran lors de la prise du pouvoir par Khomeiny, ou en Arabie Saoudite.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les affairistes s’accommodent d’une mainmise obscurantiste sur la société</h3>



<p>La nouvelle Constitution dans l’élaboration de laquelle le Nidaa, absent de l’assemblée constituante, ne joua évidemment aucun rôle, du moins directement, ne remit pas plus en cause les droits des femmes reconnus depuis 1956. Cela ne disculpe évidemment aucunement les islamistes tunisiens de toute intention à ce sujet, et les récentes déclarations du Dr Affès et du Cheikh Jaziri ne le confirment que trop. Cela absout d’autant moins le mouvement fondé par Béji Caid Essebsi, qui passera à la postérité comme ayant été celui de certains milieux d’affaires soucieux de défendre leurs intérêts à travers la loi dite de Réconciliation, leur assurant une impunité judiciaire définitive, dans un processus distinct de celui de la justice transitionnelle.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/02/Karoui-Ghannouchi-1.jpg" alt="" class="wp-image-282098" width="500"/><figcaption><em>Nabil Karoui, patron de Qalb Tounès, avatar actuel de Nidaa, n&rsquo;a pas manqué de se jeter dans les bras des islamistes. </em></figcaption></figure></div>



<p>L’alliance parlementaire du Nidaa ou de son avatar principal actuel, Qalb Tounès, avec le parti islamiste ou ses dérivés populistes, en dépit de promesses électorales contraires, indique plutôt que ces milieux sous certaines conditions s’accommodent bien d’une mainmise obscurantiste sur la société.</p>



<p>Si le Nidaa n’est plus aujourd’hui qu’un musée qui s’écroule, c’est parce qu’il a tout simplement atteint les objectifs que ses fondateurs lui avaient assignés. Et à la lueur crue des faits aucun argument valable ne vient conforter la théorie de l’ancien ministre relativement à une préoccupation de ce mouvement des acquis de la femme, ni en amont, dans sa fondation, ni en aval, dans une quelconque influence exercée sur sa politique, particulièrement ses alliances parlementaires. On pourrait même ajouter que l’investissement massif du mouvement par des citoyennes inquiètes de l’avenir fut un apport électoral considérable qui ne fut pas payé en retour.</p>



<p>On se posera néanmoins la question de connaître les mobiles actuels animant Néji Jalloul. Ambition politique ? Vanité ? Menace ? Opportunité de commenter l’actualité ? Volonté d’occulter la trahison politique d’un mouvement qui n’a pas tenu ses promesses électorales vis-à-vis de ses électeurs et surtout électrices ? Volonté de se disculper? Sa déclaration aura au moins été intéressante autant par ses omissions que par son rapport onirique à la réalité.</p>



<p><em>* Cardiologue, Gammarth, La Marsa.</em></p>



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		<title>Le sermon du bon Dr Affès à l&#8217;Assemblée : halal ou Khalil ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 06 Dec 2020 10:06:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abir Moussi]]></category>
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		<category><![CDATA[Association mondiale des ulémas musulmans]]></category>
		<category><![CDATA[Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[Frère musulma]]></category>
		<category><![CDATA[Frères musulmans]]></category>
		<category><![CDATA[Hichem Mechichi]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Affès]]></category>
		<category><![CDATA[Qalb Tounès]]></category>
		<category><![CDATA[Rached Ghannouchi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Suite à la polémique suscitée par le député Mohamed Affès à propos de la place de la femme dans la société tunisienne, il est nécessaire de bien comprendre que ce qui est visé, ce n&#8217;est pas la cause des femmes, qui n&#8217;est que l&#8217;arbre qui cache la forêt, c&#8217;est le pays dans son ensemble, dans...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/12/Nabil-Karoui-et-Mohamed-Affes.jpg" alt="" class="wp-image-326975"/></figure>



<p><strong><em>Suite à la polémique suscitée par le député Mohamed Affès à propos de la place de la femme dans la société tunisienne, il est nécessaire de bien comprendre que ce qui est visé, ce n&rsquo;est pas la cause des femmes, qui n&rsquo;est que l&rsquo;arbre qui cache la forêt, c&rsquo;est le pays dans son ensemble, dans sa défense contre l&rsquo;infiltration des rouages de l&rsquo;Etat par les partis au service des intérêts étrangers, qui l&rsquo;ont conduit au bord du gouffre.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-326965"></span>



<p>Le député du peuple, le docteur en médecine Mohamed Affès, après ses prêches incendiaires des années 2012 à 2014, appelant, du haut de sa chaire d’imam dans une mosquée de Sfax, les jeunes chômeurs tunisiens à rejoindre le paradis en intégrant les rangs de l’Etat islamique en Syrie, après un long silence, a fait parler une nouvelle fois la poudre, cette fois du haut des tribunes de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP). Les opinions qu’il y exprime au nom de la vérité de l’islam sont justement celles-là mêmes qu’exprimait, au Moyen âge, l’église catholique, et qui valaient aux femmes d&rsquo;être considérées comme déviantes (mères célibataires, femmes célibataires, veuves joyeuses, faiseuses d’anges, folles de leurs corps ) ou aux homosexuels, outre l’accusation de commercer avec le diable, de finir, au mieux, enfermées à vie dans un monastère après avoir subi la torture de la Question par l’Inquisition (<em>ad extirpando</em>), au pire, sur le bûcher ou lapidées, après un procès expéditif . </p>



<h3 class="wp-block-heading">Ennahdha anachronique reprenant les fondamentaux du salafisme</h3>



<p>Que ces opinions là aient plus tard été reprises par le Frère Musulman Saïed Qutb dans ses livres, puis dans les années 70 par le disciple spirituel de ce dernier, Rached Ghannouchi, dans la revue <em>« El-Maarifa »</em>, n’y change rien. En faisant l&rsquo;apologie des folles de la messe, ou des molles de la fesse, le Dr Affès n’a donc rien apporté ni rien inventé. On peut même dire qu’il a fait preuve de concision en omettant de citer, parmi les déviants, les zoophiles et les nécrophiles. </p>



<p>Il y a même du grotesque dans l’invocation du calife abbasside El-Moatassem, de mère turque, soit dit en passant, quand on sait de quelle terrible manière le califat abbasside a pu finir. Quant aux députés d’Al- Karama, en le soutenant au nom du droit si peu monothéiste à la liberté d’expression et d’opinion, ils ont confirmé que leur parti politique n’était qu’une Ennahdha anachronique, qui reprenait les fondamentaux des Frères musulmans et du salafisme. </p>



<p>Que le Docteur Affès, adepte par ailleurs du complet cravate et de la barbe taillée, tout comme le fut Hassen El-Banna, ait renvoyé à tous les diables, c’est bien le cas de le dire, son sermon d’Hippocrate, en émettant des jugements d’ordre moral sur une catégorie de la population, des agissements desquels il puisse parfois professionnellement avoir connaissance, ne constituera certes pas l’essentiel du problème, même si on ne peut pas lui reprocher son attitude contre l’avortement. </p>



<h3 class="wp-block-heading">Un populisme flirtant avec la violence et le terrorisme</h3>



<p>Il est donc inutile de revenir sur l’inanité de propos qui somme toute font partie du bréviaire de tout populisme qui se respecte dans le monde; un populisme qui flirte à l’occasion avec la violence et le terrorisme, ainsi que le prouve l’exemple américain, qui a vu fleurir des associations influentes contre l’avortement, et où des cliniques de planning familial sont régulièrement assiégées, certaines parmi elles ayant été plastiquées, des gynécologues font l’objet de menaces de mort, et de harcèlement, tant bien même ces associations eussent pu constituer un vivier important de recrutement électoral pour Donald Trump, consacrant la division des Etats Unis en deux camps d’importance équivalente. </p>



<p>Or le plus important dans le plaidoyer inquisitorial moyenâgeux de Mohamed Affès, c’est qu’il fut justement un discours consacrant la fracture, lorsqu’il a commencé à opposer le <em>‘‘nous nous disons&#8230;’’</em> au <em>‘‘eux ils disent&#8230;’’</em>, <em>‘‘notre communauté est…’’</em>, <em>‘‘leur état, celui de Bourguiba, est…’’</em>. Cette allusion à Bourguiba , peu amène, est donc une pointe décochée à Abir Moussi, l’ennemie irréductible. </p>



<h3 class="wp-block-heading">Un sermon mobilisateur ou séditieux</h3>



<p>Le Dr Affès a donc lancé un appel à la mobilisation générale aux <em>‘‘croyants</em> <em>adeptes de la lecture littérale’’</em> du Coran, à quitter l’Etat impie, à se regrouper et à revenir aux principes, aux fondamentaux éternels de la vertu de la pureté, à l’ordre divin. Pour peu il croirait lire un sermon de Jan Matthys, le prophète anabaptiste de Münster, du temps de Martin Luther et de Charles Quint. C’est là le propre d’un sermon qu’en d’autres temps on eut pu considérer comme séditieux. </p>



<p>Seulement nous sommes dans un pays où les juges meurent du Covid, c’est vrai, où ils sont mal rémunérés, c’est vrai aussi, où l’Association des Juges, en grève, considère qu’il est de son droit d’exiger (c’est le mot depuis El- Kamour) l’octroi à sa corporation du passeport diplomatique, et où l’apologie du terrorisme n’est pas punie, pour peu que les entreprises terroristes puissent parfois l’être. Et le Docteur Affès en constitue à cet égard l’exemple vivant, et on eut pu même dire incarné pour utiliser la terminologie chrétienne si en tant que musulman la crainte d’être qualifié d’hérétique ne m’avait pas imposé une certaine réserve. </p>



<p>Mais dans un pays qui part en miettes où l’Etat se désagrège, et où les médecins des hôpitaux publiques meurent de chutes dans des cages d’ascenseurs à l’abandon, il est fort probable que ce sermon apporte une bouffée d’oxygène à l’ami de la coalition majoritaire, composée d’Al-Karama, d’Ennahdha et de Qalb Tounès, la seconde Troïka le chef du gouvernement Hichem Mechichi, en détournant l’attention du public vers l’au-delà, et en polarisant le débat, en tous cas au-delà, c’est bien le cas de le dire, des problèmes qu’il est incapable de résoudre, ceux qui depuis dix ans, c&rsquo;est-à-dire depuis l’arrivée du parti Ennahdha au pouvoir, n’ont fait que s’accumuler. </p>



<h3 class="wp-block-heading">Une défaite majeure pour les islamistes</h3>



<p>Or le parti Ennahdha, lui aussi en butte à des luttes intestines, et embourgeoisé, en s’efforçant d’adopter une attitude qui sied avec sa prétendue défense de la démocratie, est apparu incapable de défendre ses amis de l’Association mondiale des ulémas musulmans, en butte à des meeting quotidiens de protestation devant ses locaux par la société civile conduite par… Abir Moussi, et exigeant le départ du sol tunisien, après le refus de la justice d&rsquo;en ordonner la fermeture, de cette association étrangère, d’obédience Frères musulmans. </p>



<p>Face à l’ampleur croissante de la mobilisation de la société civile, après le refus de la justice d’en ordonner la fermeture, cette association vient en effet d’annoncer qu’elle allait choisir un autre siège, et ceci constitue une défaite majeure pour les islamistes, appelant une riposte. On peut donc considérer que ce sermon mobilisateur ou séditieux, selon le côté de la barrière dans lequel on se situe, du Docteur Affès, obligé de monter au créneau, s’inscrit dans cette optique de dévolution des rôles entre les membres de la seconde Troïka. On a donc eu le Sermon.</p>



<p>Maintenant on attend le prochain attentat terroriste chargé de nous transmettre la menace de la guerre civile et nous promettant les flammes de l’enfer. Sauf que depuis El-Kamour, la guerre civile, nous y sommes déjà! Il est donc nécessaire de bien comprendre que ce qui est visé, ce n&rsquo;est pas la cause des femmes, qui n&rsquo;est que l&rsquo;arbre qui cache la forêt, c&rsquo;est le pays dans son ensemble, dans sa défense contre l&rsquo;infiltration des rouages de l&rsquo;Etat par les partis au service des intérêts étrangers, qui l&rsquo;ont conduit au bord du gouffre. L&rsquo;arbre qui cache la forêt; ne s&rsquo;agit il pas là plus d&rsquo;un label Khalil cher à M. Karoui, que halal?</p>



<p><em>* Cardiologue, Gammarth, La Marsa. </em></p>



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		<title>Kamel Labidi : «Al-Karama propose un projet de loi scélérat»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 18 Oct 2020 13:43:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MEDIA]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Rached Ghannouchi]]></category>
		<category><![CDATA[régulation audiovisuelle]]></category>
		<category><![CDATA[Zitouna TV]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’amendement du décret-loi 116 du 2 novembre 2011 proposé par la coalition islamo-populiste Al-Karama ne cesse de faire couler beaucoup d’encre. Kamel Labidi, journaliste indépendant, militant des droits humains et cheville ouvrière du décret-loi 116 relatif à la régulation audiovisuelle en 2011, est revenu dans une interview publiée ce dimanche 18 octobre 2020 dans les...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/10/Kamel-Labidi.jpg" alt="" class="wp-image-320992"/></figure>



<p><strong><em>L’amendement du décret-loi 116 du 2 novembre 2011 proposé par la coalition islamo-populiste Al-Karama ne cesse de faire couler beaucoup d’encre. Kamel Labidi, journaliste indépendant, militant des droits humains et cheville ouvrière du décret-loi 116 relatif à la régulation audiovisuelle en 2011, est revenu dans une interview publiée ce dimanche 18 octobre 2020 dans les colonnes de <a href="https://lapresse.tn/76211/amendement-du-decret-loi-116-kamel-labidi-ancien-president-de-linric-al-karama-propose-un-projet-de-loi-scelerat/" target="_blank" aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" rel="noreferrer noopener">‘‘La Presse’’</a> sur dangerosité de ce projet d&rsquo;amendement. Extraits…</em></strong></p>



<span id="more-320991"></span>



<p><strong>La dangerosité de ce projet d&rsquo;amendement:</strong></p>



<p>«Ce projet de loi constitue une véritable menace pour la liberté des médias audiovisuels et une atteinte flagrante au droit des citoyennes et des citoyens à un paysage médiatique respectueux des règles de transparence, de concurrence loyale et de déontologie de l’information, en vigueur dans les pays démocratiques. Il ouvre la porte à plus de chaos, de corruption et d’hégémonie de groupes de pression financiers, politiques et mafieux, dans un paysage audiovisuel <em>‘‘toujours en déséquilibre’’</em>, comme vous le décrivez si bien.»</p>



<p><strong>Mainmise de l’alliance islamo-affairiste sur ce qui restera de la Haica après l’avoir vidée de ses compétences en dérégulant le secteur:</strong></p>



<p>«Le nouveau projet de loi prévoit aussi l’élection des futurs membres de la Haica par le Parlement, à la majorité absolue, qui requiert au minimum la moitié des voix plus une, et non pas à la majorité qualifiée, dont la base est beaucoup plus large. Ce qui pourrait transformer la Haica en simple outil entre les mains des dirigeants du mouvement Ennahdha, Qalb Tounès et la Coalition Al-Karama, dont l’allégeance à l’islamisme radical est un secret de Polichinelle.»</p>



<p><strong>Karoui et Ghannouchi sont les instigateurs de ce projet d’amendement du décret-loi 116:</strong></p>



<p>«Je suis plutôt enclin à croire que cette formation politique a été chargée derrière les coulisses, par Rached Ghannouchi, chef du mouvement Ennahdha et président du Parlement, et Nabil Karoui, président de Qalb Tounès, de soumettre à la présidence du Parlement, en mai dernier, ce projet de loi scélérat. En outre, il renvoie aux calendes grecques la création de l’Instance de régulation de l’audiovisuel, prévue par l’article 127 de la Constitution et destinée à remplacer la Haute autorité indépendante de communication audiovisuelle (Haica). Car ces deux hommes politiques, qui vouent une haine farouche au décret-loi n° 116, ont tout fait depuis 2011 pour empêcher son application. Et ils n’arrêtent pas, depuis la création de la Haica en 2013, de lui mettre les bâtons dans les roues et de prendre part à des campagnes de dénigrement contre cette instance de régulation, dont le bilan reste à évaluer, notamment par des experts dignes de ce nom.»</p>



<p><strong>Le tandem Karoui-Ghannouchi tient sa vengeance sur le décret-loi 116 de 2011 qu’ils n’ont jamais accepté:</strong></p>



<p>«M. Ghannouchi ou M. Karoui, qui n’ont jamais brillé, dans le passé, par leur attachement à la démocratie, à la transparence ou au respect du pluralisme d’opinions. Le premier a eu le toupet d’ordonner à ses partisans de lancer des chaînes de radio et de télévision, dont Zitouna TV, alors que le gouvernement dirigé par son parti, à partir de décembre 2011, entravait l’application du décret-loi 116. Le second, M. Karoui, patron de la chaîne Nessma TV, est connu pour son opportunisme, sa capacité de désinformation et l’obstination à devenir le Berlusconi de la Tunisie.»</p>
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