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Yassine Brahim n’y va pas avec le dos de la cuillère

Yassine-Brahim

En préférant le soumissionnaire le plus disant à un appel d’offres public, le ministre du Développement, Yassine Brahim, se trouve au cœur d’une nouvelle tempête.

Par Imed Bahri

L’annonce par le ministère du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale, en milieu de la journée d’hier, du résultat de l’appel d’offres restreint 01/2016 relatif à «la promotion du plan de développement 2016-2020 et l’assistance dans l’organisation d’une conférence internationale», fait des gorges chaudes dans le milieu des affaires.

En effet, en déclarant officiellement le Groupement Arjil/Comete/Jeune Afrique Events adjudicataire, pour la partie financière et pour la partie technique, de cet appel d’offre, les autorités tunisiennes ont suscité plus que de simples interrogations sur les circonstances dans lesquelles cette décision a été prise, d’autant que, au moment même où la commission d’appel d’offres délibérait et annonçait l’adjudicataire, Béchir Ben Yahmed, fondateur du Groupe Jeune Afrique, accompagné de ses fils Amir et Marouane, et de Zied Limam, trois dirigeants du groupe familial franco-tunisien, étaient reçus dans des bureaux du consulat général de Tunisie à Paris.

Il semblerait que l’ambassadeur de Tunisie en France, Mohamed-Ali Chihi, a prudemment refusé que la famille Ben Yahmed se réunisse à l’ambassade même. Ce serait la raison pour laquelle le consulat général l’a fait, et très probablement sur instructions du gouvernement.

Si ce n’est pas une maladresse, cela lui ressemble énormément. Et cela n’a pas manqué de susciter des grincements de dents et même des supputations sur une éventuelle manœuvre politique qui aurait permis au groupement Arjil/Comete/Jeune Afrique Events de rafler la mise alors qu’il n’était pas le moins disant.

Bechir-Ben-Yahmed

Béchir Ben Yahmed et les membres dirigeants du groupe Jeune Afrique au consulat général de Tunisie à Paris.

Le soumissionnaire de l’offre financière la moins élevée, en l’occurrence Edmond de Rothschild/Esl&Network n’a pas, d’ailleurs, tardé à faire entendre ses récriminations. Il aurait, dit-on, convoqué d’urgence une «réunion de crise» de ses réseaux financiers internationaux pour étudier les moyens de riposter, aux niveaux national et international, à ce qu’il considère comme une entorse de la part du gouvernement tunisien aux règles qu’il a lui-même instituées. La réunion est prévue au début de la semaine prochaine.

Le groupement Edmond de Rothschild/Esl&Network, qui dispose d’une notoriété, de compétences et de réseaux incontestables, a de bonnes raisons de se considérer injustement et illégalement évincé, d’autant que son offre financière portait sur 2,5 millions de dinars (MD), soit la moitié de celle du groupement annoncé adjudicataire.

Voilà qui n’arrange guère les affaires du ministre du Développement économique, de l’Investissement et de la Coopération internationale, Yassine Brahim, dont la gestion très personnelle des affaires de son département a déjà suscité des critiques et qui se trouve de nouveau sur la sellette à la faveur de cette polémique, qui risque de dégénérer en une nouvelle affaire.

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