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Tahya Tounes : double jeu ou manque de clarté ?

Selim Azzabi / Mustapha Ben Ahmed / Hichem Ben Ahmed.

Tahya Tounes est-il en train de mener un double jeu, qui brouille son image chez ses électeurs et suscite dans l’opinion publique des interrogations sur la sincérité de ses engagements dans la lutte contre la corruption, ou ses positions, pas toujours bien explicitées, manquent-elles de clarté ?

Par Imed Bahri

Publiquement, les dirigeants de Tahya Tounes disent tout haut dans les médias qu’ils s’opposent à ce que Qalb Tounes soit au gouvernement. Le problème, c’est que certains d’entre eux n’écartent pas la possibilité d’un rapprochement entre les blocs des deux partis à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP). Ce qui brouille un peu la position du parti et alimente des soupçons, voire les rumeurs de contacts entre les deux partis, à chaque fois démentis

Ne pas perdre le cap

Selon des bruits de couloirs, des négociations seraient en cours en vue de former un front parlementaire qui contiendrait Qalb Tounes, Tahya Tounes et la Réforme nationale (présidée par Hassouna Nasfi et qui contient, entre autres, Machrou3, Al-Badil, Nidaa et Olfa Terras de 3ich Tounsi).

Le trio Selim Azzabi, Hichem Ben Ahmed et Mustapha Ben Ahmed, qui gère aujourd’hui le parti – son président, Youssef Chahed, étant encore retenu par ses fonctions de chef de gouvernement de gestion des affaires courantes –, va-t-il faire dévier la barque de Tahya Tounes de son cap initial et reprendre langue avec les lobbys de la corruption, qui l’ont longtemps combattu, tout en soutenant tapageusement ses adversaires politiques (Lotfi Brahem, Fadhel Abdelkefi, Abdelkarim Zbidi, Nabil Karoui et son Qalb Tounes) ? La crainte à ce sujet est réelle, et c’est à ces derniers de dissiper les soupçons en clarifiant leurs positions et en y mettant la cohérence nécessaire.

Ces dirigeants, visiblement déstabilisés par leurs derniers échecs électoraux, où ils assument une grande responsabilité, vont-ils tourner le dos de sitôt à leurs électeurs qui ont cru, un moment et un peu rapidement, que leur combat contre la corruption était sincère ? Espérons qu’ils ne le feront pas…

Eviter de faire les mêmes erreurs de Nidaa

Mais si c’est le cas, cela signifie qu’ils n’ont pas retenu les leçons de la douloureuse descente aux enfers de leur précédent parti, Nidaa Tounes, dont ils ont cherché en vain à réitérer le succès de 2014, avant de se retrouver aujourd’hui sur le point de refaire les mêmes erreurs.

Espérons qu’ils sauront se retenir à temps et reprendront conscience que le crédit capitalisé auprès d’une partie de l’électorat pourrait s’épuiser rapidement s’ils se laissent aller à des petits calculs d’épiciers et trahissent les valeurs et les principes sur lesquels ils ont construit Tahya Tounes, un parti en construction et qui a l’avenir pour lui.

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