Ennahdha : «La déclaration du président Macron hostile aux valeurs démocratiques et favorable au coup d’État en Tunisie»

Le parti islamiste Ennahdha a emboîté le pas aux partis de l’opposition, à l’instar du PDL présidé par Abir Moussi ou encore le Front du salut national dirigé par Ahmed Nejib Chebbi, et a indiqué, ce jeudi 24 novembre 2022, qu’il rejette la récente déclaration du président français Emmanuel Macron, relative à la situation actuelle en Tunisie.

«La déclaration du président Macron est une ingérence dans les affaires tunisiennes, elle est hostile aux valeurs démocratiques et favorables au coup d’État et au régime autoritaire en Tunisie», a estimé le parti de Ghannouchi, en ajoutant que celle-ci est également «hostile aux aspirations des Tunisiens à la liberté et à la démocratie, et contraire aux valeurs de la Révolution française».

Ennahdha a par ailleurs, rappelé au président français que «le respect des aspirations du peuple tunisien et de la révolution de la liberté et de la dignité et de ses acquis, est ce qui construit des relations fructueuses entre les peuples tunisien et français».

Rappelons que ces partis font référence à une intervention sur TV5 Monde, en marge du Sommet de la Francophonie à Djerba, durant laquelle Emmanuel Macron avait notamment déclaré qu’il considère que « ce n’est pas le président de la république française qui doit expliquer au président tunisien ce qu’il doit faire dans son pays».

Et d’ajouter : «Par contre ce que je vois et ce que j’ai dit au président Kaïs Saïed qui est un ami, c’est que la France est là pour accompagner ce mouvement. Ce pays a vécu une révolution, le terrorisme, et comme tout le monde le Covid et la déstabilisation. Il est aujourd’hui dans un moment de grand changement», tout en exprimant le souhait que «ce changement politique puisse aller jusqu’au bout» et que les élections du 17 décembre «se passent dans un cadre apaisé et que toutes les forces politiques puissent y participer et qu’elles donnent lieu à un résultat».

Le président français a également souligné la nécessité qu’il y ait un apaisement sur le sujet des libertés politiques, de la libre expression des médias, en commentant : «Je sais qu’un grand constitutionnaliste comme lui sera vigilant. Je l’y ai invité en lui disant qu’on allait tout faire pour l’aider, que ce chemin puisse se poursuivre».

Emmanuel Macron a également affirmé qu’il souhaite que les discussions avec le FMI puissent aller jusqu’au bout et être validées «parce que la Tunisie a besoin d’un soutien économique et financier fort», avant de conclure : «la France est aux côtés des Tunisiennes et des Tunisiens pour que le cadre constitutionnel et politique soit parachevé, pour que les libertés politiques si chères à ce grand peuple soient bien préservées et pour que la situation économique et financière soient dûment accompagnées».

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Y. N.

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