Décès d’un psychiatre en prison : Des médecins dénoncent et appellent à établir les responsabilités

Plusieurs médecins ont exprimé leur colère suite au décès, mercredi dernier, de leur confrère le psychiatre Mohamed Hajji en prison à Bizerte, où il était placé en détention préventive, tout en appellent à établir les responsabilités dans cette affaire.

Mohamed Hajji médecin psychiatre exerçant depuis 30 ans à Bizerte a été arrêté le 23 février dans le cadre d’une enquête dans une affaire de trafic de psychotropes, accusation, que ses proches et confrères nient totalement estimant que les ordonnances qu’il a délivrées entrent dans le cadre de l’exercice de sa profession.

Mercredi dernier, Dr Hajji est décédé et selon ses confrères, notamment Dr Iheb Haffani il aurait succombé à une grave infection pulmonaire, selon les premières informations relayées par la famille. Les médecins dénoncent par ailleurs de mauvaises conditions de détention et affirment que leur confrère souffrait de maladies chroniques et que la direction de la prison en avait été informée mais n’a pas pris les mesures nécessaires.

Dr Haffani qui pointe du doigt «une non assistance à une personne en danger», a appelé le ministère de la Santé, l’Ordre des médecins et leur Syndicat à agir et à lancer les procédures nécessaires afin que la vérité soit révélée sur les circonstances du décès de Dr Hajji ainsi qu’à établir les responsabilités dans ce drame.

Ils a par ailleurs pointé du doigt les mises en détention préventives, notamment celle visant les médecins, tout en considérant que Mohamed Hajji aurait pu être laissé en liberté en attendant les résultats de l’enquête. Il a de ce fait appelé ses consœurs et confrères à s’unir et à mener des mouvements de protestation, notamment une grève générale, dénonçant au passage le silence des autorités.

De son côté, Dr Mounir Jerbi a également dénoncé le décès de son confrère, en ces termes : «Dr Hajji est décédé dans des circonstances pour le moins que l’on puisse dire, malheureuses, il faisait l’objet depuis une semaine, d’une enquête entrant dans le cadre de son exercice médical. Il n’avait aucun antécédent judiciaire, il ne faisait courir aucun danger pour lui ou pour les autres, et il ne risquait pas de s’enfuir, pourtant, l’autorité judiciaire avait jugé bon de l’incarcérer», a-t-il écrit sur sa page Facebook, hier, vendredi 15 mars 2024.

Et de conclure : «Des questions me hantent, ainsi que ses nombreux confrères et ses proches. Pourquoi cette facilité à mettre des accusés, présumés innocents, en prison, surtout des médecins ? Demain, quand l’enquête prouvera que Dr Hajji était innocent de ce dont on l’accusait, que dira-t-on à sa famille et ses enfants ? La détention préventive, pourtant bien régulée par les textes de loi, doit être réservée aux crimes graves, crimes de sang, terrorisme… et ne devrait pas être décidée à la légère et banalisée, surtout avec l’état délabré de nos prisons et leur « remplissage » au delà de toute les limites !»…

Y. N.

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