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	<title>Archives des TRIBUNE - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des TRIBUNE - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Recherche scientifique &#124; Les Arabes, Israël et les autres</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Apr 2026 09:16:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[recherche scientifique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les Arabes devraient tirer la leçon des grandes avancées d’Israël et de leur important retard en matière de recherche scientifique dans tous les domaines. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/18/recherche-scientifique-les-arabes-israel-et-les-autres/">Recherche scientifique | Les Arabes, Israël et les autres</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Les Arabes devraient tirer la leçon de leur important retard en matière de recherche scientifique dans pratiquement tous les domaines et des grandes avancées d’Israël, qui est en passe de devenir la première puissance au Moyen-Orient. S’ils ne réagissent pas pour tenter de rattraper leur retard, ils vont quitter l’Histoire, d’autant plus que le pétrole et le gaz, leurs principales ressources aujourd’hui, ne sont pas éternels. Bourguiba les en avait pourtant avertis dès les années 1960.</em></strong>**</p>



<p><strong>Mohamed Larbi Bouguerra *</strong></p>



<span id="more-18650786"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Mohamed-Larbi-Bouguerra.jpg" alt="" class="wp-image-18300839" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Mohamed-Larbi-Bouguerra.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Mohamed-Larbi-Bouguerra-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Mohamed-Larbi-Bouguerra-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Qui peut nier l’importance de la recherche scientifique aujourd’hui&nbsp;?</p>



<p>Qui peut nier son apport à la santé, à l’agriculture, à la problématique de l’eau, aux questions environnementales&nbsp;? Donald Trump&nbsp;?</p>



<p>Qui peut nier notre retard dans ce domaine vital&nbsp;? MBS ou son acolyte des Emirats arabes unis ?</p>



<p>La première puissance dans ce domaine est la Chine. Je l’ai toujours noté lors de mes séjours dans l’Empire du Milieu.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La Chine marque des points</h2>



<p>Plus que les Etats-Unis de Trump, la Chine consacre 1028 milliards dollars à ce secteur. Les retombées sont visibles. Dans les revues d’environnement que je lis quotidiennement, les publications de chercheurs chinois sont très nombreuses, toujours plus nombreuses d’un numéro à l’autre. Cette prééminence se voit dans les exploits chinois dans l’Espace, dans la recherche médicale, dans le domaine de la physico-chimie, en biotechnologie, en génétique… Des chercheurs chinois sont venus à Gabès pour étudier nos variétés de grenade, uniques au monde semble-t-il.</p>



<p>En 1946, avant la naissance de la République Populaire (communiste) de Chine, dans les rizières, dans les champs de céréales des femmes remplaçaient les animaux de trait ! Le chemin parcouru est phénoménal. L’actuel chef du gouvernement Xi Jinping est un ingénieur chimiste de la prestigieuse université Tsinghua de Beijing. A noter ici que Margaret Thatcher, la Première ministre britannique, une conservatrice aiguë, est aussi chimiste ainsi qu’Angela Merkel, l’ancienne chancelière allemande (thèse de chimie quantique de l’Université de Leipzig, à l’époque en RDA communiste).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les Arabes à la traîne  </h2>



<p>Chez nous dominent les juristes et les gens de lettres. Regardez les gouvernements de Bourguiba&nbsp;: quelques très rares ingénieurs, médecins, physiciens du secondaire et ingénieurs assignés à des ministères sans poids politique important. Je n’ai rien contre les juristes et les littéraires mais il n’y a pas qu’eux pour diriger et faire de la politique.</p>



<p>Où sont les Arabes dans la R&amp;D ? Leurs meilleurs éléments- et ils sont nombreux- sont généralement à l’étranger parce que les équipements et les salaires font défaut <em>at home</em>.</p>



<p>On n’entend plus parler de la Cité de la Science du Caire– qui porte le nom d’Ahmed Zuwaïl (1946- 2016) premier Arabe à décrocher un Nobel de chimie en 1999 pour ses travaux… aux Etats-Unis, bien que formé à la Faculté des Sciences d’Alexandrie pour sa maîtrise.</p>



<p>Certaines monarchies pétrochimiques couvrent d’or des Prix Nobel occidentaux et américains pour quelques mois dans leurs Universités. Les résultats se font attendre.</p>



<p>Au Maghreb, les choses avancent <em>piano piano</em> mais ne dormons pas sur nos lauriers et faisons plus surtout. Nous sommes encore loin. Les Académies pourraient peut-être faire plus.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Israël arrive en tête de la recherche R&amp;D</h2>



<p>Israël est le pays qui consacre le plus d’argent à la R&amp;D parmi les 37 pays les plus développés.</p>



<p>L’indice qui permet de mesurer l’ampleur de l’investissement se calcule en rapportant le total des dépenses de recherche et développement, tant publiques que privés, au PIB de chaque pays.</p>



<p>Israël arrive en tête de ce palmarès. Avec un indice de 6,8%. Suivi par la Corée du Sud, le Japon, Taiwan, le Japon, la Suède et les Etats Unis. (<em>Le Canard Enchaîné</em> du 15 avril 2026).</p>



<p>Ici encore, une loi historique risque, une fois de plus de se vérifier&nbsp;; la guerre accélère toujours le progrès technologique. Les tanks, les bombardements par avion, le gaz moutarde… après 14-18&nbsp;; le napalm, l’Agent Orange – impureté dans un herbicide utilisé contre la jungle qui a tout pollué, y compris les fœtus chez la femme – lors de la guerre américaine contre le peuple vietnamien.</p>



<p>A noter que les colonisateurs ont osé utiliser contre des civils des technologie développées pour la guerre&nbsp;: ainsi, le premier bombardement par avion de l’histoire a été commis par l’Italie contre la résistance de Omar Al-Mokhtar en Libye.</p>



<p>Les Britanniques, aussi, ont utilisé des gaz de combat contre des nationalistes arabes à Bagdad en 1923 et, en 1913, contre les Gazaouis à l’époque où le territoire dépendait de la Sublime Porte&nbsp;! &nbsp;</p>



<p>Israël est un Etat expansionniste et belliqueux animé par le messianisme, l’occupation et le racisme depuis 1948. Le Polonais David Grun alias Ben Gourion, juif non religieux, lorgnait pourtant sur le fleuve Litani. C’était la marque indélébile de sa recherche.</p>



<p>Avec la volonté sans faille des politiques, Israël a tellement développé d’armes, l’aéronautique, les techniques de combat et d’espionnage, les robots, la reconnaissance faciale, l’IA, la cybernétique…. contre les Palestiniens qu’il les vend maintenant comme des petits pains et qu’il expose dans tous les salons d’armement en France et ailleurs&nbsp;!</p>



<p>Grâce à cette recherche (Lire l’excellent ouvrage de Maya Wind, ‘<em>‘<a href="https://www.versobooks.com/en-gb/products/3009-towers-of-ivory-and-steel?srsltid=AfmBOorbolysGhZHqWPbsRjOBUm-9rzR5Bj_dVLfPsVO7cfJomrPmdvs" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Towers of ivory and steel. How Israeli Universities deny palestinian freedom’</a>’,</em> Editions Verso, London, 2024) et à la coopération des universités européennes et américaines, à l’aide résolue de l’Union Européenne (UE) voulue par la présidente de la Commission, l’Allemande Ursula van der Leyen.</p>



<p>Les Arabes devraient tirer la leçon de tout cela ; sinon, ils vont quitter l’Histoire. D’autant plus que le pétrole et le gaz ne sont pas éternels. Bourguiba les avait pourtant avertis.</p>



<p>* <em>Professeur honoraires à la Faculté des sciences de Tunis et ancien directeur associé de recherche au CNRS-Paris. </em></p>



<p><strong>** <em>Ce texte est dédié aux 9000 prisonniers palestiniens enfermés dans les geôles israéliennes du messianique et raciste ministre de la Sécurité sioniste Itamar Ben Gvir – déjà condamné pour racisme et violence – qui a ordonné de torturer Marwan Barghouti.</em></strong></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Code des changes &#124; L’intégration technologique, bras armé de la confiance régulée</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/17/code-des-changes-lintegration-technologique-bras-arme-de-la-confiance-regulee/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Apr 2026 07:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelwaheb Ben Moussa]]></category>
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		<category><![CDATA[intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence embarquée]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment libérer les flux des changes grâce à une confiance régulée sans ouvrir la porte au blanchiment ou à l'hémorragie des devises ?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/17/code-des-changes-lintegration-technologique-bras-arme-de-la-confiance-regulee/">Code des changes | L’intégration technologique, bras armé de la confiance régulée</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans une tribune précédente (<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/02/code-des-changes-passer-du-controle-a-la-confiance-regulee/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Code des changes : Passer du contrôle à la confiance régulée</a>), nous plaidions pour un changement de paradigme : passer d’un contrôle de change coercitif à une «confiance régulée». Le renvoi en commission au parlement, ce 14 avril 2026, du <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/17/tunisie-le-projet-de-loi-sur-les-infractions-de-change-risque-de-passer-a-la-trappe/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">projet de loi</a> sur la régularisation des infractions de change confirme que le législateur hésite encore au seuil de cette transition.</em></strong></p>



<p><strong>Abdelwaheb Ben Moussa</strong> *</p>



<span id="more-18643002"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg" alt="" class="wp-image-18394138" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Cette hésitation est légitime : comment libérer les flux sans ouvrir la porte au blanchiment ou à l&rsquo;hémorragie des devises ? La réponse ne se trouve plus dans les textes juridiques seuls, mais dans la pertinence de nos intégrations technologiques.</p>



<p>Le projet de loi actuel, en proposant une amnistie contre une contribution libératoire, tente de ramener la liquidité informelle dans le giron de l&rsquo;État.</p>



<p>Cependant, l’exclusion des personnes morales et la crainte d’un <em>«blanchiment déguisé»</em> montrent les limites d’un système de contrôle encore trop manuel. Pour que la <em>«confiance régulée»</em> devienne une réalité opérationnelle, le secteur bancaire doit intégrer l’Intelligence Artificielle (IA) non comme un gadget, mais comme un organe de conformité. Là où l’humain est submergé par le volume des transactions, l’IA peut analyser des patterns complexes en temps réel, distinguant les capitaux légitimes de ceux issus de réseaux illicites.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Blockchain : la traçabilité au service de la souveraineté</h2>



<p>L’un des freins majeurs à la réforme est la traçabilité des fonds une fois régularisés. Ici, l’intégration de protocoles de registres distribués (Blockchain) offre une solution radicale.</p>



<p>En créant une piste d’audit immuable, elle transforme chaque transaction en une preuve de conformité infalsifiable. Contrairement au contrôle&nbsp;a priori&nbsp;qui paralyse l’agilité, la technologie permet un contrôle&nbsp;a posteriori&nbsp;chirurgical.</p>



<p>La souveraineté économique de la Tunisie d&rsquo;ici 2035 ne se mesurera pas à la hauteur de ses barrières bureaucratiques, mais à la sophistication de ses outils de surveillance invisible.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="559" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Code-des-changes-IA.png" alt="" class="wp-image-18643036" style="width:800px" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Code-des-changes-IA.png 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Code-des-changes-IA-300x164.png 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Code-des-changes-IA-768x419.png 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Code-des-changes-IA-580x317.png 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Code-des-changes-IA-860x469.png 860w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Enseignement du benchmarking international</h2>



<p>Le succès des opérations de régularisation à l’échelle mondiale ne repose plus sur la simple promesse d’immunité, mais sur la robustesse de l’infrastructure numérique. L’exemple de certains pays émergents montre que l’adoption de plateformes de <em>E-Amnesty</em> réduit drastiquement l’aléa moral.</p>



<p>Au Maroc ou en Indonésie, la dématérialisation et l’interconnexion des bases de données fiscales et bancaires ont permis de traiter des volumes massifs tout en garantissant une étanchéité totale contre les flux illicites.</p>



<p>Ces expériences prouvent que l’amnistie est un levier de croissance uniquement lorsqu’elle est portée par un écosystème RegTech (Regulatory Technology).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le capital humain : la mue nécessaire</h2>



<p>Cette intégration technologique restera lettre morte sans une acculturation profonde de notre capital humain. L’auditeur informatique, le gestionnaire de back-office et le décideur politique doivent former un front commun. Il ne s’agit plus de vérifier des formulaires papier, mais d’auditer des flux et des algorithmes. La gouvernance bancaire doit évoluer pour protéger ses cadres : l’erreur de jugement humaine doit être minimisée par l’assistance technologique, permettant aux banquiers de redevenir des partenaires du développement au service de tous les&nbsp;clients.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un nouveau contrat technologique</h2>



<p>Le renvoi en commission est une opportunité historique pour amender ce texte en s&rsquo;appuyant sur les standards internationaux. Sans une digitalisation totale et une adoption massive des RegTech, la régularisation ne sera qu’un pansement sur une plaie structurelle. Pour que le <em>«sursaut»</em> se produise, la loi doit être le logiciel, et la technologie le processeur. Ensemble, ils forgeront la nouvelle ère d&rsquo;une Tunisie financièrement transparente, agile et souveraine. **</p>



<p>* <em>Ingénieur informatique, cadre d&rsquo;une banque publique. </em></p>



<p>** <em>L&rsquo;auteur a recouru à un outil d&rsquo;intelligence artificielle pour l&rsquo;assistance à la structuration, au benchmarking international et à la génération de l&rsquo;infographie illustrative jointe. Le fond analytique et les orientations stratégiques restent le fruit de son expertise professionnelle.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="p78fxEgFai"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/17/tunisie-le-projet-de-loi-sur-les-infractions-de-change-risque-de-passer-a-la-trappe/">Tunisie | Le projet de loi sur les infractions de change risque de passer à la trappe  </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie | Le projet de loi sur les infractions de change risque de passer à la trappe   » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/17/tunisie-le-projet-de-loi-sur-les-infractions-de-change-risque-de-passer-a-la-trappe/embed/#?secret=i3Cc8tzWJS#?secret=p78fxEgFai" data-secret="p78fxEgFai" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/17/code-des-changes-lintegration-technologique-bras-arme-de-la-confiance-regulee/">Code des changes | L’intégration technologique, bras armé de la confiance régulée</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie &#124; Un prêt sans intérêt ou l’illusion de l’argent magique</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/15/tunisie-un-pret-sans-interet-ou-lillusion-de-largent-magique/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2026 12:12:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un prêt sans intérêt auprès de la BCT est le rêve de l’argent magique cher au Parlement tunisien. Voilà pourquoi c'est très mauvaise idée. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/15/tunisie-un-pret-sans-interet-ou-lillusion-de-largent-magique/">Tunisie | Un prêt sans intérêt ou l’illusion de l’argent magique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’obtention d’un prêt sans intérêt auprès de la Banque centrale de Tunisie (BCT) – on parlera alors de «monétisation directe de la dette publique» – est le rêve de l’argent magique cher au Parlement tunisien. Une pareille opération risquerait d’augmenter la masse monétaire, de relancer l’inflation et de nuire à l’ensemble de l’économie nationale. Explications…</em></strong></p>



<p><strong>Larbi Ben Bouhali</strong> *</p>



<span id="more-18639070"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Larbi-Benbouhali.jpg" alt="" class="wp-image-17855925" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Larbi-Benbouhali.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Larbi-Benbouhali-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Larbi-Benbouhali-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Toutes les écoles de pensée économique des XX<sup>e</sup> et XXI<sup>e</sup> siècles s’accordent sur un point : si les banques centrales augmentent la masse monétaire, l’inflation augmentera. Or, une inflation trop élevée nuira à l’ensemble de l’économie et nous conduira à une économie à deux classes, où les riches s’enrichiront et les pauvres s’appauvriront (Milton Friedman, Ludwig von Mises, Friedrich Hayek, Thomas Piketty et Carl Menger).</p>



<p>À cela s’ajouteront d’autres problèmes économiques, sociaux et politiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Corriger d’abord le double déficit chronique</h2>



<p>Le Parlement devrait s’attaquer aux causes profondes du problème, qui ne réside pas dans la loi de la Banque centrale de Tunisie de 2016, mais dans le double déficit chronique que connaît l’État (twin deficits, déficits jumeaux) : un déficit budgétaire et un déficit commercial importants. Lorsqu’un État est déficitaire, il doit emprunter des sommes considérables. Il convient donc de corriger d’abord ce double déficit, puis de réformer le code de la Banque centrale de Tunisie.</p>



<p>Que le gouvernement emprunte directement auprès de la banque centrale ou auprès des banques commerciales, le résultat est le même : une forte inflation, une faible croissance économique et une économie à deux vitesses.</p>



<p>Prenons l’exemple des deux dernières années : le gouvernement a emprunté 14 milliards de dinars à la banque centrale et 11 milliards de dinars au système bancaire local. Cette année 2026, il devra emprunter à nouveau 27 milliards de dinars.</p>



<p>Premièrement, je suis opposé au financement direct de la dette publique tunisienne par la Banque centrale (monétisation de la dette publique).</p>



<p>Deuxièmement, je soutiens la réforme globale d la loi de la Banque centrale de Tunisie de 2016, ainsi que du système de paiement, de la législation sur les taux de change, du mandat de la Banque centrale en matière de stabilité des prix (inflation) et des règles prudentielles visant à réguler le système bancaire.</p>



<p>Un ensemble de mesures est nécessaire pour moderniser la Banque centrale et l’adapter aux réalités du XXI<sup>e</sup> siècle.</p>



<p>Lorsque la Banque centrale augmente la masse monétaire en circulation, elle perturbe l’économie dans son ensemble, détourne l’épargne des investissements productifs réels vers la surconsommation et le gaspillage des ressources rares, et creuse les inégalités. Plus important encore, elle dévalue le dinar et l’épargne totale, dont le taux a diminué, passant de 9 % du PIB en 2020 à 4,5 % en 2025.</p>



<p>Les parlementaires tunisiens devraient se poser la question suivante : pourquoi la Banque centrale suisse et la Banque centrale allemande sont-elles interdites par la loi et la constitution de prêter directement de l’argent à leurs gouvernements respectifs ?</p>



<p>Modifier la loi sur l’autonomie et l’indépendance de la Banque centrale de Tunisie ne résoudra pas les problèmes économiques du pays. Pourquoi ?</p>



<p>Le Parlement sait-il que la Banque centrale de Tunisie ne fournit que 20 % des liquidités du système bancaire et financier, les 80 % restants étant assurés par les banques commerciales et autres organismes de crédit, comme dans tout autre système bancaire au monde ?</p>



<p>Dès lors, pourquoi le Parlement souhaite-t-il légiférer sur ces 20 % de liquidités et ignorer les 80 % restants ?</p>



<p>Par ailleurs, le problème ne réside pas dans le fait que la Banque centrale puisse choisir entre un double mandat (stables prix et plein emploi) et un mandat unique (stables prix et inflation). (Single mandate or double mandate).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Prendre aux pauvres pour donner aux riches </h2>



<p>Le problème est que lorsque la Banque centrale augmente la masse monétaire (M2/M3) de plus de 10 % par an pour financer l’État et l’économie, l’inflation monétaire se maintient à un niveau élevé, faussant l’économie et créant deux classes sociales distinctes : les très riches et les très pauvres, à l’image des situations au Venezuela et en Argentine.</p>



<p>C’est précisément ce qui s’est produit en Tunisie ces deux dernières années, lorsque la Banque centrale a accordé un prêt de 14 milliards de dinars à l’État en 2024 et 2025. Le Parlement tunisien devrait faire le point sur les deux dernières années et éviter de plonger l’économie tunisienne dans une profonde récession.</p>



<p>Il devrait s’atteler en priorité à la résolution des deux déficits majeurs que sont le déficit budgétaire et le déficit commercial.</p>



<p>La science économique du XXI<sup>e</sup> siècle est radicalement différente de celle des trois siècles précédents. En quoi ?</p>



<p>On nous a appris que la définition théorique de l’économie est <em>«la gestion de la rareté des ressources réelles»</em> afin de créer de la richesse et d’améliorer le niveau de vie de l’ensemble de la société.</p>



<p>Or, dans la réalité de ce XXI<sup>e</sup> siècle, l’économie keynésienne ne sert plus les intérêts de la société dans son ensemble et la politique monétaire est fortement influencée par la conjoncture budgétaire.</p>



<p>Lorsque les gouvernements du monde entier accumulent des déficits budgétaires, ils se tournent vers les banques centrales pour qu’elles impriment davantage de monnaie afin de refinancer les nouvelles dettes par l’ancienne.</p>



<p>Le niveau d’endettement mondial a atteint 300 000 milliards de dollars en 2025, soit environ 300 % du PIB mondial (Source : Banque des règlements internationaux – BRI – Bâle).</p>



<p>Les banques centrales du G20 disposent d’une offre monétaire illimitée (la rareté des ressources n’existe plus) et impriment des milliers de milliards de dollars pour maintenir la croissance du PIB indéfiniment. Telle est la réalité économique du XXI<sup>e</sup> siècle.</p>



<p>Mais lorsque les banques centrales impriment des milliards de dollars (FED, BoJ, ECB, BoE, Pboc) sans véritable production industrielle de biens et de services, l’ensemble de l’économie se trouve faussée par des niveaux d’endettement et de chômage élevés, une faible croissance de la productivité, et les riches s’enrichissent tandis que les pauvres s’appauvrissent.</p>



<p>Ainsi, supprimer l’autonomie et l’indépendance de la Banque centrale de Tunisie ne résoudra pas, et ne pourra pas résoudre, les problèmes économiques du pays.</p>



<p>Cela créera une économie à deux vitesses, avec une Bourse de Tunis progressant de 35 % par an tandis que l’économie réelle et productive croîtra de seulement 2,5 %, le tout accompagné d’une forte inflation, d’une faible croissance économique, d’un chômage élevé, de faibles gains de productivité et d’un endettement croissant d’année en année.</p>



<p>L’argent, transféré de la Banque centrale vers l’économie réelle, faussera les politiques monétaire et budgétaire, affaiblira le dinar et alimentera l’inflation. Les indicateurs macroéconomiques deviendront alors inopérants et ne refléteront plus fidèlement la performance de l’économie au cours du cycle économique.</p>



<p>N’oublions pas ce qui s’est passé ces deux dernières années lorsque la Banque centrale de Tunisie a injecté 14 000 millions de dinars (7 + 7) et tirons les leçons de cette expérience : l’augmentation de la masse monétaire (M2/M3) de 10 % par an a maintenu une inflation trop élevée et a créé des économies à deux vitesses, semblables à l’économie américaine avec un marché boursier élevé et une économie réelle stagnante, caractérisée par un niveau d’endettement et de chômage élevé.</p>



<p>La Bourse de Tunis et l’économie financière ont progressé de 35 % en 2025, mais l’économie productive réelle est restée en situation de stagflation, avec une croissance du PIB de 2,5 %, des niveaux d’inflation et de chômage élevés et une faible croissance du PIB.</p>



<p>L’histoire du prêt sans intérêt accordé au gouvernement par la BCT est une illusion, une véritable arnaque. Comment ?</p>



<p>Premièrement, l’économie tunisienne est une économie ouverte qui dépend des importations d’énergie et de matières premières pour produire et satisfaire la demande intérieure, et pour exporter ses excédents de production afin de constituer des réserves de devises. Or, la hausse des prix du pétrole brut et du gaz naturel sur le marché mondial creuse le déficit de la balance commerciale tunisienne.</p>



<p>Parallèlement, l’augmentation des subventions du gouvernement à l’alimentation et à l’énergie aggrave le déficit budgétaire d’année en année. Ce double déficit commercial et budgétaire contraint le gouvernement à emprunter toujours plus en devises étrangères, engendrant un déficit chronique de la balance des paiements courants.</p>



<p>La Tunisie doit emprunter en devises étrangères, et non en dinars, année après année, pour assurer sa croissance, satisfaire la demande intérieure et produire les biens et services nécessaires. Imprimer des dinars par la banque centrale pour acheter des devises étrangères et de l’énergie n’est pas une bonne politique économique.</p>



<p>Deuxièmement, depuis 2022, j’affirme que même si la Banque centrale de Tunisie émet 100 000 millions e dinars par an, cela ne résoudra pas le problème de la dette et ne stimulera pas la croissance économique. Pourquoi ?</p>



<p>Parce que la Tunisie doit acheter de l’énergie, des matières premières et du blé sur le marché mondial en devises étrangères (dollars américains et euros), et non en dinars tunisiens, et rembourser sa dette extérieure en euros et en dollars américains.</p>



<p>Par conséquent, la BCT doit toujours disposer de réserves de change d’au moins 150 jours pour pouvoir gérer la politique monétaire tunisienne, maintenir la stabilité des prix, maîtriser l’inflation, protéger le dinar de la dépréciation et honorer la dette extérieure à son échéance.</p>



<p>En résumé, le gouvernement du président Kaïs Saïed emprunte auprès des banques locales et de la banque centrale pour payer les salaires et les subventions, tandis que les ménages tunisiens dépensent cet argent auprès de ces mêmes banques et des supermarchés qui engrangent des profits colossaux. L’argent passe de la banque centrale aux poches des plus riches en Tunisie.</p>



<p>On constate clairement que la dette publique et le déficit budgétaire tunisiens augmentent, tandis que les entreprises cotées en bourse (oligopoles) voient leurs revenus et leurs profits exploser chaque année. Les riches s’enrichissent, les pauvres s’appauvrissent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Indépendance de la BCT et stabilité financière</h2>



<p>L’autonomie et l’indépendance protègent la Banque centrale de Tunisie des pressions politiques et lui permettent de se concentrer sur sa mission première : garantir la stabilité des prix, le plein emploi et la stabilité des systèmes bancaire et financier, protéger le dinar tunisien et préserver le patrimoine du peuple tunisien pour les générations actuelles et futures.</p>



<p>De plus, depuis 68 ans, la Banque centrale de Tunisie œuvre dans le cadre du mandat que lui confère la Constitution tunisienne et a toujours obtenu de bons résultats. Lors de la crise pétrolière et de la forte inflation des années 1970 et 1980, elle a su préserver le dinar tunisien et maintenir un système bancaire résilient pour financer l’économie.</p>



<p>De plus, la BCT a travaillé avec le gouvernement dans les années 1990 et a remboursé toute la dette du FMI, et a travaillé avec le gouvernement japonais pour organiser de nouveaux prêts en utilisant l’émission d’obligations Samurai afin de financer les besoins budgétaires du gouvernement tunisien et a recommencé à investir et à faire croître l’économie, et au premier trimestre 2007, l’économie avait progressé de 5,9 %.</p>



<p>Le Parlement devrait s’attaquer aux causes profondes des problèmes : le problème ne réside pas dans le code de la Banque centrale de Tunisie de 2016 ; la cause première est le déficit jumeau chronique que connaît le gouvernement : un déficit budgétaire et un déficit commercial importants. Lorsqu’un gouvernement est déficitaire, il doit emprunter des sommes considérables. Il convient donc de corriger d’abord ce déficit jumeau, puis de réformer le code de la BCT de 2016.</p>



<p>Par ailleurs, l’expérience des deux dernières années, marquée par un emprunt de 14 milliards de dinars auprès de la Banque centrale de Tunisie, nous permet de tirer des enseignements.</p>



<p>Nous constatons clairement que le discours du président Kaïs Saïed sur l’État-providence produit l’effet inverse : il prend aux pauvres pour donner aux riches. Le gouvernement est surendetté et n’a pas les moyens d’investir et de stimuler la croissance économique. De nombreuses entreprises publiques, telles que Steg, Tunisair, Sonede, Stir, etc., sont en difficulté.</p>



<p>Les deux seuls gagnants de la politique économique du président Saïed sont le marché financier tunisien (BVMT), dont les revenus ont augmenté de 35 % en 2025 grâce à la croissance de toutes les entreprises, et l’économie informelle, qui a progressé de 15 % en 2025 (atteignant 28,2 milliards de dinars en circulation).</p>



<p>En revanche, le principal perdant est l’État, qui s’endette toujours plus, contractant de nouvelles dettes pour rembourser les anciennes : un véritable piège de la dette. Celle-ci a augmenté de 69 milliards de dinars ces cinq dernières années.</p>



<p>En fin de compte, le résultat est le suivant : le gouvernement emprunte auprès des banques commerciales et de la banque centrale tunisienne, puis distribue cet argent aux ménages sous forme de salaires et de subventions énergétiques. Ces derniers le restituent ensuite aux banques et aux supermarchés sous forme de dépenses alimentaires, de remboursement de prêts et d’énergie, générant ainsi des bénéfices nets pour les sociétés cotées à la Bourse de Tunis.</p>



<p>De plus, 75 % de la capitalisation boursière tunisienne repose sur les banques, les sociétés de crédit-bail et les compagnies d’assurance. Si l’on ajoute les supermarchés et les entreprises agroalimentaires, on constate clairement que ces entreprises réalisent d’importants profits au sein de la BVMT, tandis que le gouvernement et les ménages se retrouvent fortement endettés.</p>



<p>Les investissements directs étrangers en Tunisie sont extrêmement faibles, et en 2025, toutes les entreprises étrangères ont transféré leurs bénéfices de 3 milliards de dinars tunisiens hors de Tunisie, ce qui signifie qu’une très petite quantité de devises étrangères reste dans l’économie tunisienne pour l’investissement et la création de nouveaux emplois.</p>



<p><em>* Expert financier.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/15/tunisie-un-pret-sans-interet-ou-lillusion-de-largent-magique/">Tunisie | Un prêt sans intérêt ou l’illusion de l’argent magique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>La Tunisie peut résister aux chocs extérieurs sans appui du FMI</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2026 07:26:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Larbi Ben Bouhali]]></category>
		<category><![CDATA[Naâmen Ben Bouhamed]]></category>
		<category><![CDATA[réserves de devises]]></category>
		<category><![CDATA[tourisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie peut compter sur ses propres ressources financières pour faire face aux répercussions négatives de la guerre en Iran.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/15/la-tunisie-peut-resister-aux-chocs-exterieurs-sans-appui-du-fmi/">La Tunisie peut résister aux chocs extérieurs sans appui du FMI</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Et si l</em></strong><em><strong>es ressources financières nationale (diaspora, tourisme régional, exportations agricoles et industrielles, IT&#8230;) rendent inutile un prêt de 2,5 milliards de dollars du FMI que suggèrent certains analystes pour permettre à la Tunisie de faire face aux répercussions négatives de la guerre israélo-américaine contre l’Iran sur l’économie mondiale ? </strong></em></p>



<p><strong>Naâmen Bouhamed *</strong></p>



<span id="more-18634209"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Naamen-Bouhamed1.jpg" alt="" class="wp-image-18614746" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Naamen-Bouhamed1.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Naamen-Bouhamed1-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Naamen-Bouhamed1-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/12/comment-preserver-leconomie-tunisienne-des-sequelles-de-la-guerre-diran/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«Comment préserver l’économie tunisienne des séquelles de la guerre d’Iran»</a> (Kapitalis, 12 avril 2026) de Larbi Ben Bouhali dresse un tableau alarmiste et un scénario anxiogène : réserves de change limitées (101 jours d’importation), hausse du cours du pétrole, baisse prévisible des transferts des migrants, et seule solution magique – un prêt du FMI de 2,5 milliards de dollars. Cette analyse, trop <em>«dépendantiste»</em>, ignore les ressources endogènes et les secteurs dynamiques qui permettent à la Tunisie de résister sans sacrifier sa souveraineté. Voici les éléments manquants qui offre à la Tunisie une résistance économique sans faire appel au FMI et de garder son indépendance financière ainsi que sa souveraineté startégique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">1. Un prêt du FMI n’est pas une fatalité</h2>



<p><strong>Alternatives aux conditionnalités</strong>&nbsp;: l’auteur affirme que le FMI est la seule source de dollars à bas taux. Pourtant, la Tunisie peut lever des fonds via des&nbsp;sukuk&nbsp;(obligations islamiques), des&nbsp;lignes de crédit bilatérales&nbsp;avec la Chine ou les pays du Golfe, ou encore des&nbsp;emprunts auprès de la Banque islamique de développement, sans les conditionnalités structurelles (privatisations, gel des salaires) imposées par Washington.</p>



<p><strong>Le coût caché du FMI</strong>&nbsp;: l’histoire montre que les programmes FMI en Tunisie (années 1980, 2016-2020) ont souvent aggravé les inégalités sans résoudre la dépendance extérieure. Accepter un nouveau prêt, c’est perpétuer le cycle de la dette.</p>



<h2 class="wp-block-heading">2. Le FMI comme vecteur de dépendance</h2>



<p>L’article passe sous silence le fait que le FMI est souvent l’instrument d’une tutelle étrangère. En imposant la libéralisation du compte capital et la suppression des subventions, le FMI affaiblit la capacité de l’État à réguler les prix (énergie, alimentation) et expose l’économie aux fuites de capitaux. La Tunisie doit sortir de ce piège en renforçant sa&nbsp;souveraineté monétaire&nbsp;(politique de change flexible, régulation des sorties de capitaux) plutôt qu’en appelant le FMI.</p>



<h2 class="wp-block-heading">3. La manne des transferts de la diaspora</h2>



<p>Contrairement aux craintes de l’article (risque de perte d’emploi des 100 000 Tunisiens du Golfe), les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger (TRE) ont atteint&nbsp;environ 7 milliards de dinars (2,3 Mds $) en 2025. Même en cas de ralentissement dans le Golfe, ces transferts sont structurellement élevés et résilients. L’État pourrait les mobiliser davantage via des&nbsp;obligations diaspora&nbsp;ou des comptes en devises rémunérateurs. Les 2,5 Mds $ du FMI ne représentent donc pas un montant inaccessible.</p>



<h2 class="wp-block-heading">4. La diversité de l’économie nationale </h2>



<p>L’article ignore totalement le secteur agricole, pourtant créateur net de devises.</p>



<p><strong>Huile d’olive&nbsp;:</strong> la Tunisie est le 2e exportateur mondial. En 2025, les exportations ont dépassé&nbsp;2 milliards de dinars (650 M$). Avec la hausse des prix mondiaux liée aux tensions géopolitiques, ce chiffre pourrait croître de 15-20 % en 2026-2027.</p>



<p><strong>Dattes et agrumes</strong>&nbsp;: ils génèrent 500-600 M$ par an, de manière stable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">5. Le phosphate reprend des couleurs :</h2>



<p>M. Ben Bouhali n’évoque pas la reprise spectaculaire du secteur des phosphates.</p>



<p><strong>Production en hausse</strong>&nbsp;: après des années de crise sociale, la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG) a porté sa production à près de&nbsp;5 millions de tonnes en 2025, avec un objectif de 7 Mt en 2027.</p>



<p><strong>Recettes d’exportation</strong>&nbsp;: le Groupe Chimique Tunisien (GCT) a généré plus de&nbsp;1,5 milliard de dinars (environ 500 M$) en 2025&nbsp;grâce à l’acide phosphorique et aux engrais. La demande mondiale reste forte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">6. Les exportations des industries mécaniques:</h2>



<p>L’article ignore superbement le secteur des&nbsp;industries mécaniques et électriques, qui est le premier secteur exportateur de la Tunisie, loin devant le textile ou le tourisme.</p>



<p><strong>Poids dans les exportations</strong>&nbsp;: ce secteur représente environ&nbsp;40 à 45 % des exportations industrielles totales&nbsp;de la Tunisie, soit plus de&nbsp;15 milliards de dinars (environ 5 milliards de dollars) par an.</p>



<p><strong>Sous-traitance automobile et aéronautique</strong>&nbsp;: Des entreprises comme&nbsp;Lear, Yazaki, Leoni, Latécoère, Safran&nbsp;ont des unités de production en Tunisie. Le pays exporte des faisceaux électriques, des câblages, des pièces mécaniques et des composants aéronautiques vers l’Europe et le monde.</p>



<p><strong>Résilience face au choc pétrolier</strong>&nbsp;: Contrairement au tourisme (sensible au prix des billets d’avion), l’industrie mécanique répond à des contrats pluriannuels. La guerre en Iran n’affecte pas directement la demande européenne pour ces composants. Ces exportations génèrent des devises stables et prévisibles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">7. Un futur hub digital de l’Afrique</h2>



<p>M. Ben Bouhali ignore la révolution numérique en cours.</p>



<p><strong>Un secteur en pleine croissance</strong>&nbsp;: l’économie numérique tunisienne ne représente qu’environ&nbsp;10 % de son potentiel, mais elle est en pleine expansion. Près de la moitié de l’activité des plateformes numériques tunisiennes est déjà tournée vers l’export.</p>



<p><strong>Exportations de services IT (offshoring)</strong>&nbsp;: la Tunisie est une destination reconnue pour les centres d’appels, la conception de logiciels, et les services IT. Les recettes d’exportation des services du numérique (hors télécoms) dépassent aujourd’hui&nbsp;plusieurs centaines de millions de dollars par an&nbsp;(entre 300 et 500 M$).</p>



<p><strong>Intelligence artificielle et souveraineté numérique</strong>&nbsp;: la Tunisie mise sur l’IA et les data centers. L’objectif est de faire de la Tunisie le <em>«hub digital du continent africain»</em> en s’appuyant sur le câble sous-marin Medusa et la couverture 5G.</p>



<h2 class="wp-block-heading">8. La résilience du secteur du tourisme :</h2>



<p>L’article prédit une chute du tourisme mondial à cause du carburant cher, mais il néglige deux réalités : d’une part, la clientèle de proximité (Algérie, Libye) est peu sensible au prix du kérosène ; d’autre part, les Tunisiens de l’étranger reviennent massivement l’été, générant des devises et une consommation locale.</p>



<p><strong>Touristes algériens</strong>&nbsp;: l’Algérie voisine représente le premier marché émetteur vers la Tunisie. En 2025, plus de&nbsp;2,5 millions d’Algériens&nbsp;ont visité la Tunisie (soit près de 30 % des arrivées totales). Ils viennent pour les soins, le shopping, les loisirs familiaux et l’immobilier. Leur dépense moyenne par séjour est élevée (entre 300 et 500 euros), générant&nbsp;plus de 800 millions de dollars par an.</p>



<p><strong>Touristes libyens</strong>&nbsp;: malgré l’instabilité politique en Libye, les flux restent soutenus (environ&nbsp;800 000 visiteurs en 2025). Les Libyens privilégient les soins médicaux, les centres commerciaux de Tunis et les plages du Cap Bon. Leurs dépenses représentent entre&nbsp;250 et 300 millions de dollars par an.</p>



<p><strong>Avantage du transport terrestre</strong>&nbsp;: contrairement aux Européens (qui prennent l’avion, donc sensibles au prix du carburant), les Algériens et Libyens viennent majoritairement par la route (voiture, bus). La flambée du pétrole a peu d’effet sur leur décision, car le trajet est court (moins de 300 km pour la plupart). Ces flux sont donc&nbsp;peu vulnérables&nbsp;à la guerre en Iran.</p>



<p><strong>Retours massifs des TRE en été&nbsp;:</strong> l’article mentionne les transferts financiers des TRE mais oublie qu’ils sont aussi des&nbsp;touristes à part entière.</p>



<p>Chaque année, entrejuillet et septembre, près de&nbsp;600 000 à 800 000 Tunisiens résidant à l’étranger&nbsp;(France, Italie, Allemagne, Belgique, pays du Golfe) reviennent passer leurs vacances en Tunisie.</p>



<p><strong>Dépenses sur place</strong> : contrairement aux touristes ordinaires, les TRE ne logent pas toujours dans des hôtels (ils ont des familles), mais ils dépensent massivement dans la consommation (nourriture, vêtements, électronique, artisanat), la location de voitures, les restaurants, les loisirs, et surtout l’immobilier (achats de terrains, d’appartements, rénovations). Leurs dépenses estivales sont estimées entre 1,5 et 2 milliards de dinars (500 à 650 millions de dollars) par an.</p>



<ul class="wp-block-list"></ul>



<p><strong>Devises fraîches</strong>&nbsp;: les TRE arrivent avec des euros, dollars ou dinars convertibles, qu’ils échangent dans les banques ou les bureaux de change. Cela alimente directement les réserves de change de la BCT. C’est une source de liquidités qui ne dépend ni du FMI ni des marchés financiers.</p>



<p>L’auteur craint que la hausse du carburant réduise les vols et les recettes touristiques. Mais :</p>



<p>&#8211; le tourisme tunisien a survécu à des crises bien pires : attentats de 2015, pandémie de 2020, guerre en Ukraine (2022). En 2025, les recettes touristiques ont atteint&nbsp;2,5 milliards de dollars&nbsp;(proche du record de 2018)&nbsp;;</p>



<p>&#8211; la clientèle régionale (Algérie, Libye) et les TRE représentent déjà plus de&nbsp;50 % des arrivées et une part significative des dépenses. Contrairement aux Européens (plus sensibles aux prix des billets), ces deux segments sont captifs et fidèles.</p>



<p>Même si les touristes russes ou allemands diminuaient légèrement, la&nbsp;proximité géographique&nbsp;et les&nbsp;liens familiaux&nbsp;des TRE assurent un socle solide.</p>



<h2 class="wp-block-heading">9. Le levier sous-exploité des énergies renouvelables :</h2>



<p>Enfin, n’oublions pas les projets dans le secteur des ERN&nbsp;(exportation d’électricité solaire vers l’Europe via l’Italie). À l’horizon 2028-2030, ces exportations pourraient rapporter&nbsp;1 milliard de dollars par an à la Tunisie.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="800" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Ressources-Devises-Tunisie.jpg" alt="" class="wp-image-18634219" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Ressources-Devises-Tunisie.jpg 800w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Ressources-Devises-Tunisie-300x300.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Ressources-Devises-Tunisie-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Ressources-Devises-Tunisie-768x768.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Ressources-Devises-Tunisie-120x120.jpg 120w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Ressources-Devises-Tunisie-360x360.jpg 360w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Ressources-Devises-Tunisie-580x580.jpg 580w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>
</div>


<p><strong>Comparaison :</strong>&nbsp;le prêt FMI demandé (2,5 Mds $ sur 7 ans) représente moins de&nbsp;3 mois&nbsp;des recettes combinées de ces secteurs. La Tunisie n’est donc pas à court de ressources ; elle souffre plutôt d’une mauvaise allocation et d’un manque de confiance, que le FMI ne résoudra pas.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion : une indépendance économique possible</h2>



<p>L’article de&nbsp;Monsieur Larbi Ben Bouhali souffre d’un biais de <em>«FMI-dépendance»</em> : il ne voit le salut que dans l’endettement extérieur et les institutions de Bretton Woods.</p>



<p>Pourtant, la réalité est tout autre :</p>



<p>&#8211; les&nbsp;2,5 milliards de dollars&nbsp;recherchés ne sont pas un obstacle insurmontable&nbsp;;</p>



<p>&#8211; les&nbsp;transferts des Tunisiens de l’étranger&nbsp;(2,3 Mds $/an), les&nbsp;industries mécaniques&nbsp;(5 Mds $/an), les&nbsp;phosphates&nbsp;(0,5 Md $/an), l’huile d’olive&nbsp;(0,65 Md $/an), les&nbsp;services IT/IA&nbsp;(en forte hausse), et surtout le&nbsp;tourisme régional&nbsp;(Algériens, Libyens, TRE estivaux) constituent une assise solide pour équilibrer les comptes extérieurs&nbsp;sans céder aux injonctions du FMI.</p>



<p>Le vrai piège, c’est de croire que l’on ne peut s’en sortir qu’en s’endettant davantage auprès des mêmes institutions qui ont imposé l’austérité par le passé. La Tunisie peut choisir la voie de la&nbsp;souveraineté économique&nbsp;: valoriser sa diaspora, investir dans l’innovation et les industries à forte valeur ajoutée, capitaliser sur ses atouts touristiques régionaux, plutôt que de retomber dans le cycle infernal des plans d’ajustement structurel et détruire le capital humain de la Tunisie.</p>



<p><em>* Consultant international.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="0VbjTIVZnb"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/12/comment-preserver-leconomie-tunisienne-des-sequelles-de-la-guerre-diran/">Comment préserver l’économie tunisienne des séquelles de la guerre d’Iran ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Comment préserver l’économie tunisienne des séquelles de la guerre d’Iran ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/12/comment-preserver-leconomie-tunisienne-des-sequelles-de-la-guerre-diran/embed/#?secret=GMSvEmf4zY#?secret=0VbjTIVZnb" data-secret="0VbjTIVZnb" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/15/la-tunisie-peut-resister-aux-chocs-exterieurs-sans-appui-du-fmi/">La Tunisie peut résister aux chocs extérieurs sans appui du FMI</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Les peuples du Sud ne plient pas devant l&#8217;hégémonie occidentale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2026 06:20:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[colonisation]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Khemaïs Gharbi]]></category>
		<category><![CDATA[occident]]></category>
		<category><![CDATA[tiers-monde]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les peuples du Sud ont, à travers les siècles, opposé à la domination occidentale une même réponse : résister, encore et toujours.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/15/les-peuples-du-sud-ne-plient-pas-devant-lhegemonie-occidentale/">Les peuples du Sud ne plient pas devant l&rsquo;hégémonie occidentale</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Du combat de l’Emir Abdelkader face à l’expansion coloniale française, à la détermination de Ho Chi Minh défiant les puissances impériales, en passant par la résilience de Patrice Lumumba jusqu’à l’action héroïque de Gamal Abdel Nasser, face à l’agression tripartite lors de la crise de Suez, défiant l’ordre établi, les peuples du Sud ont, à travers les siècles, opposé à la domination occidentale une même réponse : résister, encore et toujours.</em></strong></p>



<p><strong>Khémaïs Gharbi *</strong></p>



<span id="more-18628252"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi.jpg" alt="" class="wp-image-14682166" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Il est des moments dans l’Histoire où les peuples cessent d’être des spectateurs pour redevenir des acteurs. Des instants rares où, au milieu des décombres et des humiliations accumulées, surgit une vérité ancienne : celle de la dignité qui ne se négocie pas.</p>



<p>Et pourtant, que de chemins brisés.</p>



<p>Le tiers-monde — ou ce que l’on nommait ainsi avec condescendance — n’a pas seulement été une géographie. Il a été une succession d’espoirs contrariés. Des indépendances chèrement acquises, aussitôt fragilisées. Des révoltes étouffées, des élans dévoyés, des divisions savamment entretenues. Les victoires d’hier se sont souvent muées en désillusions, et les promesses en fractures.</p>



<p>Nos faiblesses ont parfois ouvert la voie à des retours insidieux. À des formes renouvelées de domination, plus subtiles, mais tout aussi efficaces. Comme si l’Histoire refusait de nous laisser pleinement écrire la nôtre.</p>



<p>Mais voici que quelque chose vacille.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ne jamais plier, toujours faire face</h2>



<p>Nous assistons aujourd’hui, sous nos yeux, à une scène que beaucoup croyaient impossible : un pays du monde dit <em>«en développement», </em>l’Iran en l’occurrence, qui, au lieu de plier, choisit de faire face. Qui, au lieu de céder, résiste. Qui, au lieu de disparaître dans le silence, impose sa présence.</p>



<p>Face à lui, non pas une puissance isolée, les Etats-Unis, mais un bloc, une mécanique, une certitude de domination. Et pourtant, cette certitude s’effrite. Car la force brute ne suffit plus lorsque, en face, un peuple décide de ne plus avoir peur.</p>



<p>Ce n’est pas tant l’issue militaire qui marque les esprits. L’Histoire a montré que les rapports de force sont souvent inégaux. Non — ce qui compte ici, c’est autre chose. C’est cette capacité à transformer l’épreuve en ciment. À faire de la résistance un langage commun. À souder un peuple autour d’une idée simple, mais révolutionnaire : nous pouvons tenir.</p>



<p>Car la véritable victoire, dans ces moments-là, ne se mesure pas uniquement en territoires ou en traités. Elle se lit dans les regards. Dans la fierté retrouvée. Dans la conviction, fragile mais tenace, que même face aux plus grandes puissances, l’homme debout reste une force.</p>



<p>Et c’est là, peut-être, que nous sommes à un tournant.</p>



<p>Non pas un tournant géopolitique — l’Histoire en a connu d’autres — mais un tournant moral. Un basculement silencieux où les peuples longtemps relégués aux marges redécouvrent leur propre puissance intérieure.</p>



<p>Cela ne signifie pas que les rapports de domination disparaissent. Ni que les injustices s’effacent. Mais cela signifie qu’un imaginaire se fissure : celui de l’invincibilité des puissants.</p>



<p>Et lorsque cet imaginaire tombe, tout devient possible.</p>



<p>Il ne s’agit pas de désigner des vérités absolues, ni de distribuer les rôles du bien et du mal avec simplisme. Il s’agit de constater un fait essentiel : lorsqu’un peuple choisit de résister, il ne se contente pas de répondre à une agression — il se redéfinit.</p>



<p>Il devient autre chose que ce que l’on avait prévu pour lui.</p>



<p>Alors, peut-être, faut-il relire notre Histoire autrement. Non plus comme une succession de défaites, mais comme une longue école de résistance. Une mémoire accumulée, prête à resurgir lorsque les circonstances l’exigent.</p>



<p>Car au fond, la question n’est pas de savoir qui a vaincu.</p>



<p>La question est de savoir qui, dans le tumulte, a su rester debout. Qui a su transformer la douleur en force. Qui a su, malgré tout, faire naître l’espoir.</p>



<p>Et au-delà des figures, au-delà des noms gravés dans les livres, il y a ceux que l’Histoire n’a pas retenus. Les anonymes. Les oubliés. Ceux qui, génération après génération, ont porté en silence ce feu fragile et indestructible.</p>



<p>Un feu qui ne consume pas, mais qui régénère.</p>



<p>Un feu transmis dans les regards, dans les mots chuchotés, dans les refus obstinés.</p>



<p>À ceux-là — connus ou invisibles — qui n’ont jamais cessé d’y croire, même lorsque tout semblait perdu, même lorsque la nuit paraissait sans fin,</p>



<p>À ceux qui ont gardé, au fond d’eux-mêmes, la braise intacte de la résistance,</p>



<p>Nous devons plus qu’un souvenir.</p>



<p>Nous leur devons ce que nous sommes encore capables de devenir.</p>



<p>* <em>Ecrivain et traducteur. </em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/15/les-peuples-du-sud-ne-plient-pas-devant-lhegemonie-occidentale/">Les peuples du Sud ne plient pas devant l&rsquo;hégémonie occidentale</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Migrants subsahariens l Ce que la Tunisie refuse de voir</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/13/migrants-subsahariens-l-ce-que-la-tunisie-refuse-de-voir/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Apr 2026 06:20:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelhamid Largueche]]></category>
		<category><![CDATA[afrique subsaharienne]]></category>
		<category><![CDATA[migrants]]></category>
		<category><![CDATA[OIM]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce que nous appelons «crise migratoire» en Tunisie parle souvent moins des migrants que de nous-mêmes. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/13/migrants-subsahariens-l-ce-que-la-tunisie-refuse-de-voir/">Migrants subsahariens l Ce que la Tunisie refuse de voir</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Ce que nous appelons «crise migratoire» parle souvent moins des migrants que de nous-mêmes. La manifestation contre le racisme organisée samedi 11 avril 2026 à Tunis n’est pas une scène périphérique. C’est un miroir. Un révélateur. Une condensation visible d’angoisses sociales plus profondes : précarité persistante, déclassement, fatigue démocratique et perte de repères collectifs.</em></strong></p>



<p><strong>Abdelhamid Larguèche *</strong></p>



<span id="more-18620994"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre.jpg" alt="" class="wp-image-18218829" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Dans ce contexte, une présence étrangère pourtant marginale devient centrale. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), les migrants subsahariens en situation irrégulière représentent une part limitée de la population tunisienne – estimée entre 20 000 et 25 000 personnes. Leur visibilité suffit cependant à produire un effet de loupe. Ce que les chiffres relativisent, l’imaginaire social l’amplifie.</p>



<p>Il n’y a pas d’invasion. Il y a une exagération. Et cette exagération produit des conséquences bien réelles, y compris des tensions locales parfois vives que l’on ne peut ignorer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le migrant comme symptôme</h2>



<p>Le mécanisme est connu. Lorsque les sociétés peinent à nommer leurs propres fractures, elles cherchent un visage pour les incarner. Le migrant devient alors ce visage : non pas toujours la cause des tensions, mais leur support commode. Il concentre des peurs qui le dépassent : chômage, insécurité économique, sentiment d’abandon politique.</p>



<p>Depuis les déclarations officielles de 2023 sur un supposé <em>«changement démographique»</em>, cette dynamique s’est accélérée. Les faits restent pourtant têtus : entre 2024 et 2025, l’OIM a accompagné près de 15 700 retours volontaires (6 885 en 2024 et 8 853 en 2025). Autrement dit, la présence migrante n’est ni massive ni stable. Mais le débat, lui, s’est durablement installé.</p>



<p>C’est ici que l’économie rattrape l’idéologie. La Tunisie connaît un chômage structurel de 15,2 % fin 2025, particulièrement élevé chez les jeunes. Pourtant, certains secteurs manquent cruellement de main-d’œuvre, notamment l’agriculture, où les besoins restent souvent non couverts dans les régions intérieures en raison de la pénibilité et de la précarité des conditions.</p>



<p>Les travailleurs migrants ne prennent pas massivement les emplois des Tunisiens : ils occupent des vides que beaucoup de locaux refusent. Refuser les travailleurs dont on a besoin ne protège pas l’économie : cela l’affaiblit.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une politique efficace… mais aux effets limités</h2>



<p>La réponse des autorités a été ferme : durcissement des contrôles, démantèlement des camps informels et accélération des retours. Le résultat est tangible : une baisse d’environ 80 % des départs irréguliers vers l’Italie entre 2024 et 2025.</p>



<p>Toute politique a cependant ses effets visibles et ses effets invisibles. Moins de départs ne signifie pas forcément moins de souffrance : cela peut aussi signifier plus d’invisibilité. Des milliers de migrants se retrouvent aujourd’hui dans une zone grise, sans travail stable, sans logement digne, exposés à une vulnérabilité accrue. Une politique peut réduire les flux sans résoudre les causes profondes et créer, en silence, de nouvelles fragilités. Une politique migratoire qui ne produit que du contrôle sans produire d’intégration finit toujours par déplacer les problèmes sans les résoudre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’amnésie africaine</h2>



<p>Mais le cœur du problème est peut-être ailleurs. Il tient à une forme d’oubli collectif. La Tunisie semble redécouvrir l’Afrique comme une altérité, alors qu’elle en est historiquement une composante. Bien avant les frontières modernes, l’Ifriqiya était un espace de circulation intense : caravanes transsahariennes, échanges intellectuels, flux commerciaux. Ibn Khaldoun pensait déjà le monde en incluant pleinement l’Afrique subsaharienne.</p>



<p>Ce que nous percevons aujourd’hui comme une intrusion était hier une circulation ordinaire. Cet héritage n’a pas disparu ; il a été recouvert par la colonisation, puis par un repositionnement stratégique presque exclusif vers l’Europe et le monde arabe.</p>



<p>L’oubli de notre africanité ne nous protège pas : il nous appauvrit.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une opportunité stratégique ignorée</h2>



<p>Au-delà du débat moral ou sécuritaire, il existe un enjeu stratégique. La Tunisie est idéalement placée : au carrefour de l’Europe, du monde arabe et de l’Afrique, membre de l’Union africaine et intégrée à la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Pourtant, elle reste tournée à plus de 70 % vers l’Europe pour ses exportations.</p>



<p>Le vrai risque n’est pas tant <em>«l’Afrique qui arrive»</em>, mais la Tunisie qui n’ose pas aller vers l’Afrique. Dans un continent appelé à dépasser 2,5 milliards d’habitants d’ici 2050, cette absence est une erreur stratégique. Les migrants présents pourraient, dans un cadre régulé, devenir des relais culturels, linguistiques et commerciaux.</p>



<p>Des pistes existent : migration circulaire saisonnière dans l’agriculture, programmes de formation et de régularisation ciblée pour les travailleurs qualifiés ou pénibles, partenariats bilatéraux avec certains pays subsahariens. Derrière chaque migrant, il y a un réseau, une langue, un marché potentiel.</p>



<p><strong>Frontière ou passerelle ?</strong></p>



<p>La Tunisie est face à un choix clair : rester une frontière qui bloque ou devenir une porte qui relie, tout en préservant sa stabilité et sa cohésion sociale.</p>



<p>Continuer à traiter la migration uniquement comme un problème sécuritaire, c’est se condamner à une gestion à court terme. Intégrer les mobilités dans une vision stratégique, c’est répondre à des besoins économiques réels, reconstruire un ancrage africain et ouvrir de nouveaux horizons.</p>



<p>Le débat migratoire en Tunisie n’est pas seulement un débat sur les étrangers. C’est un test de lucidité nationale. Faire du migrant un bouc émissaire peut apaiser temporairement certaines peurs légitimes. Mais cela ne crée ni emploi, ni croissance, ni projet collectif durable.</p>



<p>Faire du migrant un problème, c’est souvent éviter de regarder nos vrais défis en face.</p>



<p>La Tunisie n’est pas à la frontière de l’Afrique. Elle en est une porte.&nbsp;</p>



<p>Toute porte peut être fermée pour des raisons de sécurité et de contrôle. Mais une porte fermée trop longtemps finit par devenir une impasse. L’Afrique est déjà là, dans notre histoire, notre géographie et nos intérêts futurs.</p>



<p>La vraie question n’est plus de savoir si elle viendra, mais ce que nous voulons en faire, avec lucidité, pragmatisme et respect de notre propre société.</p>



<p><em>* Historien.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/13/migrants-subsahariens-l-ce-que-la-tunisie-refuse-de-voir/">Migrants subsahariens l Ce que la Tunisie refuse de voir</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Comment préserver l’économie tunisienne des séquelles de la guerre d’Iran ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/12/comment-preserver-leconomie-tunisienne-des-sequelles-de-la-guerre-diran/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Apr 2026 09:19:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le FMI peut aider à préserver l’économie tunisienne des séquelles durables de la guerre israélo-américaines contre l’Iran. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/12/comment-preserver-leconomie-tunisienne-des-sequelles-de-la-guerre-diran/">Comment préserver l’économie tunisienne des séquelles de la guerre d’Iran ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le président Kaïs Saïed et la Banque centrale de Tunisie peuvent-ils préserver l’économie tunisienne des séquelles durables de la guerre israélo-américaines contre l’Iran et de la fermeture du détroit d&rsquo;Ormuz ? C’est possible grâce à un soutien financier du Fonds monétaire international (FMI) de 2,5 milliards de dollars sur sept ans, qui permettrait de sortir l’économie tunisienne de la stagflation et d’ouvrir de nouvelles perspectives aux investisseurs locaux et étrangers.</em></strong></p>



<p><strong>Larbi Ben Bouhali</strong> *</p>



<span id="more-18620837"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Larbi-Benbouhali.jpg" alt="" class="wp-image-17855925" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Larbi-Benbouhali.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Larbi-Benbouhali-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Larbi-Benbouhali-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Aujourd’hui, la Banque centrale de Tunisie dispose de très faibles réserves de change, équivalentes à seulement 101 jours de dépenses en devises étrangères. En 2025, les sociétés étrangères en Tunisie et les investisseurs offshore (loi 72) ont gagné 3 milliards de dinars de dividendes qui vont sortir de l’économie tunisienne, alors que la Tunisie a un besoin urgent de liquidités en dollars américains (Sources : BCT, IACE).</p>



<p>La Banque centrale de Tunisie ne doit pas imprimer davantage de dinars pour combler le déficit ; une telle mesure détruirait le pouvoir d’achat du dinar et une forte inflation ruinerait la classe moyenne et les plus démunis.</p>



<p>D’autres solutions existent pour emprunter des dollars américains et soutenir l’économie tunisienne. Inspirons-nous des autres pays et de leurs stratégies pour sauver leurs économies face au choc de la pénurie de pétrole et à la flambée des prix.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La Tunisie doit trouver d’urgence 2,5 milliards de dollars</h2>



<p>Cette année, le président Kaïs Saïed a besoin d’une force de frappe financière considérable, d’au moins 2,5 milliards de dollars, pour couvrir les coûts supplémentaires engendrés par la guerre États-Unis-Iran.</p>



<p>La Tunisie a un besoin urgent de liquidités, en dollars américains, pour faire face à la hausse des prix de l’énergie et combler le déficit budgétaire ainsi que les déficits commerciaux et énergétiques de cette année et de l’année prochaine (2027).</p>



<p>En 2026, le gouvernement tunisien devra emprunter 27 milliards de dinars, soit 51 % des recettes fiscales totales de 52,5 milliards de dinars, alors que son déficit budgétaire s’élève à 11 milliards de dinars. De plus, il devra emprunter davantage pour couvrir les coûts supplémentaires liés à l’énergie, notamment les coûts des subventions à l’électricité et le surcoût de la dette intérieure et extérieure, car le prix du pétrole brut devrait dépasser les 90 dollars le baril en moyenne cette année (alors que le budget 2026 tablait sur un prix de 63 dollars le baril).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Répercussions négatives de la guerre d’Iran sur l’économie tunisienne</h2>



<p>Les risques pour l’économie tunisienne liés à la guerre Iran-États-Unis sont les suivants :</p>



<p>1. Plus de 100 000 Tunisiens travaillent dans les pays du Golfe. Nombre d’entre eux risquent de perdre leur emploi, ce qui affectera les transferts de devises vers la Tunisie. De plus, le coût élevé de l’énergie impactera les revenus des Tunisiens résidant en Europe et, par conséquent, les transferts de fonds vers la Tunisie.</p>



<p>2. L’inflation devrait augmenter en raison de la hausse des prix de l’énergie et des produits alimentaires. La Banque centrale maintiendra des taux d’intérêt élevés plus longtemps, ce qui freinera la consommation et l’investissement, les taux d’intérêt élevés limitant l’investissement privé.</p>



<p>Par ailleurs, le gouvernement a emprunté 33 milliards de dinars au système bancaire, privant ainsi les banques de liquidités, qui ne peuvent plus prêter au secteur privé et donc contribuer à la croissance économique.</p>



<p>3. Le fardeau de la dette tunisienne va s’alourdir, le coût du service de la dette augmentera et le gouvernement tunisien augmentera les impôts (il les a augmentés de 7 % en 2025 et de 8 % en 2024) et empruntera davantage pour financer les dépenses supplémentaires, puisqu’il contracte de nouvelles dettes pour rembourser les anciennes.</p>



<p>Il convient de rappeler, dans ce contexte, que la dette publique tunisienne par s’élève à 12 500 dinars, que la dette privée tunisienne par ménage s’élève à 9 263 dinars, et que la dette totale par ménage atteint 21 763 dinars, soit 140 % du PIB.</p>



<p>4. Cette année, le produit intérieur brut tunisien devrait reculer de 0,5 % (estimation) en croissance nominale. L’économie ralentira en termes nominaux et réels, ce qui réduira les recettes fiscales de l’État. Le chômage des jeunes restera élevé, dépassant les 30 %, cette année et l’année prochaine, et la dette publique augmentera.</p>



<p>5. La flambée des prix du carburant a contraint les compagnies aériennes à réduire leurs vols et à augmenter leurs tarifs dans le monde entier afin de limiter leurs coûts. Cette situation affectera le secteur touristique mondial et réduira les recettes touristiques tunisiennes, tant nominales que réelles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les solutions trouvées par d’autres pays</h2>



<p>Comment d’autres pays se procurent-ils des dollars américains pour faire face à la hausse des coûts de l’énergie et des denrées alimentaires engendrée par la guerre Iran-Américaine ?</p>



<p>1. La banque centrale des Émirats arabes unis a injecté 8 milliards de dollars de liquidités pour octroyer des prêts sans intérêt et financer la surchauffe des prix des carburants et des subventions.</p>



<p>2. Le gouvernement australien a injecté 1 milliard de dollars pour soutenir les entreprises en difficulté.</p>



<p>3. Le gouvernement français proposera des prêts allant jusqu&rsquo;à 50 000 € aux petites entreprises les plus exposées à la hausse des prix du carburant dans les secteurs des transports, de la pêche et de l&rsquo;agriculture.</p>



<p>4. Le gouvernement/la banque centrale de Turquie a vendu 10 % de ses réserves d’or pour lever 20 milliards de dollars et soutenir son économie.</p>



<p>5. La Banque centrale du Qatar (QCB) a débloqué des milliards de dollars pour mettre en œuvre un plan de soutien financier permettant aux établissements de crédit de reporter jusqu’à trois mois le remboursement du principal et des intérêts pour les emprunteurs affectés par le conflit iranien. Ce plan comprend un renforcement des liquidités grâce à une réduction des réserves obligatoires et à des opérations de pension afin de maintenir la stabilité face aux tensions sur les marchés régionaux.</p>



<p>6. La Banque mondiale, le FMI et plus de 40 pays à travers le monde ont pris des mesures et injecté des milliards de dollars dans leurs économies pour atténuer et gérer le coût élevé de l&rsquo;énergie et les chocs liés à l&rsquo;offre et au prix du pétrole brut auxquels le monde est confronté.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Que peut faire la Tunisie&nbsp;?</h2>



<p>La Tunisie n’a d’autre choix que de collaborer avec la Banque mondiale et le FMI pour faciliter son accès aux prêts en dollars américains. Le FMI peut lui accorder 2,5 milliards de dollars à un taux d’intérêt inférieur à 3 % par an.</p>



<p>Membre de la Banque mondiale et du FMI depuis 1958, la Tunisie a toujours collaboré avec le FMI et a honoré l’intégralité de sa dette extérieure envers le FMI et d’autres créanciers étrangers, sans aucun retard, au cours des 68 dernières années.</p>



<p>Les avantages que la Tunisie tirerait du soutien financier du FMI seraient considérables : elle pourrait ainsi réduire le coût annuel de sa dette extérieure, accroître ses réserves de change, stabiliser le taux de change du dinar et inscrire son économie sur la voie d&rsquo;une croissance durable.</p>



<p>Ces trois dernières années, le gouvernement tunisien a mis en œuvre toutes les réformes majeures demandées par le FMI, notamment la réduction des dépenses publiques consacrées aux subventions alimentaires, la diminution de la masse salariale du secteur public en pourcentage du PIB (13 % du PIB actuellement), la réforme du barème fiscal (le gouvernement tunisien a augmenté les impôts de 7 % en 2024 et de 8 % en 2025) et la réforme de la gouvernance des entreprises publiques.</p>



<p>Je suis convaincu que le président Kaïs Saïed peut saisir cette nouvelle approche du FMI comme une opportunité pour conclure un nouvel accord de partenariat, assorti d’un soutien financier de 2,5 milliards de dollars sur sept ans. Cet accord permettrait de sortir l’économie tunisienne de la stagflation et d’ouvrir de nouvelles perspectives aux investisseurs locaux et étrangers, les incitant à revenir investir en Tunisie et à créer des milliers d&#8217;emplois pour les 650 000 Tunisiens sans emploi.</p>



<p><em>* Expert financier basé à Johannesburg.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="TF6vSQv203"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/11/economie-tunisienne-et-crise-energetique-7-milliards-de-dinars-a-trouver/">Economie tunisienne et crise énergétique | 7 milliards de dinars à trouver</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Economie tunisienne et crise énergétique | 7 milliards de dinars à trouver » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/11/economie-tunisienne-et-crise-energetique-7-milliards-de-dinars-a-trouver/embed/#?secret=qeyrFCEWXp#?secret=TF6vSQv203" data-secret="TF6vSQv203" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/12/comment-preserver-leconomie-tunisienne-des-sequelles-de-la-guerre-diran/">Comment préserver l’économie tunisienne des séquelles de la guerre d’Iran ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Cash en Tunisie &#124; Et si le problème était la banque ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Apr 2026 07:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[financement]]></category>
		<category><![CDATA[investissement]]></category>
		<category><![CDATA[Meriam Jerbi]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
		<category><![CDATA[Naamen Bouhamed]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour un petit artisan ou un commerçant du souk en Tunisie, payer en cash est plus simple, plus rapide et plus fiable.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/12/cash-en-tunisie-et-si-le-probleme-etait-la-banque/">Cash en Tunisie | Et si le problème était la banque ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Cet article est une réponse qui se veut «constructive» à celui de l’économise Moktar Lamari publié hier par Kapitalis, <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/11/ce-jeu-de-cash-cache-qui-etiole-leconomie-tunisienne/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ce jeu de cash-cache qui étiole l’économie tunisienne</a>. L’auteur y plaide pour une lecture économique réaliste du cash, bouc émissaire ou solution de survie ?</em></strong></p>



<p><strong>Naamen Bouhamed *</strong></p>



<span id="more-18614723"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Naamen-Bouhamed1.jpg" alt="" class="wp-image-18614746" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Naamen-Bouhamed1.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Naamen-Bouhamed1-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Naamen-Bouhamed1-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>En réponse à l’article de Moktar Lamari ainsi qu’aux analyses de l’étude réalisée par Meriam Jerbi et ses collègues qu’il cite, force est de constater que celle-ci, bien que documentée, oublie une question essentielle : pourquoi le cash reste-t-il une composante centrale de l’économie tunisienne ?</p>



<p>Ce n’est pas par hasard, ni par <em>«préférence pour l’ombre»</em>. C’est parce que, face à un système bancaire défaillant, le cash est devenu une solution de flexibilité, voire de survie.</p>



<p><strong>1. Le cash comme libérateur face à une bureaucratie bancaire paralysante</strong></p>



<p>L’article dépeint le <em>«cash-cache»</em> comme un fléau qui étiole l’économie. Mais renversons la perspective : et si le cash était la preuve que la banque a échoué ?</p>



<p>Pour un commerçant ou un artisan tunisien, le système bancaire formel rime avec lenteur administrative (des semaines pour ouvrir un compte ou obtenir un transfert), frais cachés (des commissions qui grignotent les marges) et traçabilité intrusive (chaque transaction peut devenir un motif de contrôle fiscal).</p>



<p>À l’inverse, le cash offre une transaction instantanée, sans commission, sans justification immédiate. Pour un petit artisan ou un commerçant du souk, payer en cash est plus simple, plus rapide et plus fiable.</p>



<p>Rappelons que plus de 85 % de l’économie tunisienne repose sur des micros et petites entreprises.</p>



<p><strong>2. Le cash permet d’investir quand la banque dit «non»</strong>: </p>



<p>L’étude note que la politique monétaire (taux directeur) n’affecte pas l’informel. C’est vrai… et c’est justement sa force.</p>



<p>Quand la Banque centrale augmente ses taux, elle asphyxie l’investissement formel : les crédits deviennent hors de prix. L’investisseur intelligent va alors chercher du cash dans le circuit informel : épargne familiale, prêts informels, revenus non déclarés.</p>



<p>Grâce au cash, il peut financer un projet sans audit bancaire intrusif, payer des fournisseurs à des prix négociés (avec ou sans TVA), et saisir une opportunité en quelques heures, là où une banque mettrait des jours ou des semaines.</p>



<p>Le cash est le <em><u>«private equity»</u></em> du petit investisseur tunisien. Il pallie les défaillances d’un système bancaire incapable de financer l’économie réelle et réactive.</p>



<p><strong>3. Un ratio M0/M2 élevé : un référendum contre la banque, pas un choix de l’ombre</strong>:</p>



<p>L’article parle de <em>«crise de confiance»</em> et de <em>«vote silencieux»</em>. C’est exact. Mais les Tunisiens ne fuient pas la banque par amour du billet. Ils la fuient par peur et lassitude : peur d’un gel administratif pour une anomalie fiscale mineure&nbsp;et des contrôles fiscaux faciles sur l’argent bancarisé&nbsp;; et lassitude des procédures kafkaïennes pour retirer ou déposer des sommes importantes.</p>



<p>Pour un artisan ou une petite entreprise, le cash sous le matelas est plus accessible et moins risqué (administrativement) que de l’argent coincé dans une banque aux règles absurdes ou complexes.</p>



<p>L’étude elle-même admet que l’informel <em>«compense le chômage»</em> et <em>«absorbe les chocs»</em>. C’est une fonction sociale et économique que la banque formelle ne remplit pas.</p>



<p><strong>4. La «spirale infernale» vue par l’article est, en réalité, un «cercle vertueux de survie»&nbsp;:</strong></p>



<p>L’article décrit une boucle : informel → cash → affaiblissement de la politique monétaire. Mais du point de vue microéconomique, l’informel crée des revenus (même non imposés). Ces revenus en cash circulent et financent dépenses et petits investissements. Et ce circuit parallèle maintient une activité que l’État et les banques ont abandonnée.</p>



<p>Prenons un exemple : un Tunisien veut ouvrir un petit atelier de confection. Sans garanties, la banque refuse le prêt. Il économise en cash, achète ses machines d’occasion en cash (moins cher), paie ses premières employées en cash. Grâce au cash, son investissement devient possible. La banque, elle, n’aurait rien financé.</p>



<p><strong>5. L’Europe du Sud l’a fait avant nous – et elle s’en est mieux portée&nbsp;:</strong></p>



<p>L’Italie des années 1990 est un exemple frappant. Face à un taux élevé de non-déclaration dans le secteur des machines-outils, les autorités italiennes n’ont pas brutalisé l’informel. Elles ont proposé un deal pragmatique : <em>«Sur six machines que vous utilisez, vous en déclarez quatre. En échange, vous augmentez un peu vos déclarations fiscales globales.»</em></p>



<p>Résultat : les recettes fiscales ont augmenté (mieux vaut 4 machines déclarées que 0), l’industrie a survécu, et l’Italie a rejoint l’euro sans effondrement. Ce n’est pas de la fraude. C’est du réalisme économique de transition.</p>



<p>La Tunisie peut-elle s’en inspirer ? Oui, si elle cesse de vouloir traquer chaque billet et commence à composer avec son tissu économique réel.</p>



<p><strong>6. Le vrai problème n’est pas le cash, c’est la faible valeur ajoutée&nbsp;:</strong></p>



<p>Depuis des décennies, on vend la Tunisie comme une destination à bas coût de main-d’œuvre. Résultat : des investissements à faible valeur ajoutée, des chaînes d’assemblage, de la sous-traitance fragile.</p>



<p>Pourtant, la Tunisie possède les meilleurs ingénieurs d’Afrique et du monde arabe. Ce capital humain exceptionnel est sous-employé car on ne lui propose que des salaires de misère et des banques qui ne financent pas ses projets.</p>



<p>Si l’État changeait de logiciel – en attirant des investissements à forte valeur ajoutée (technologie, numérique, R&amp;D) – les revenus augmenteraient mécaniquement. Plus de valeur ajoutée = plus de gains = plus de recettes fiscales, sans avoir à traquer chaque dinar cash.</p>



<p><strong>7. Propositions concrètes pour un mix économique tunisien&nbsp;:</strong></p>



<p>Voici ce qu’il faudrait faire, selon cette contre-analyse à partir d’exemples ayant réussie ailleurs :</p>



<p><strong>&#8211; </strong><em>légaliser et encadrer intelligemment une partie du cash&nbsp;:</em> comme en Italie ou au Portugal, autoriser des seuils de transactions en cash plus élevés pour les petites entreprises, en contrepartie d’une déclaration forfaitaire simplifiée et un taux d’imposition forfaitaire de 15-20% comme en Irlande&nbsp;;</p>



<p><strong>&#8211; </strong><em>mettre en place des «deals de transition» sectoriels&nbsp;:</em> dans le textile, l’artisanat, la petite métallurgie, proposer des taux de déclaration négociés (ex. 70 % du réel) pendant 3 à 5 ans&nbsp;;</p>



<p><strong>&#8211; </strong><em>créer un guichet bancaire «cash-friendly»</em>&nbsp;: la Banque Postale dédiée aux micros et petits investisseurs pourrait accepter des justificatifs allégés&nbsp;;</p>



<p><strong><em>&#8211; </em></strong><em>changer la stratégie d’investissement&nbsp;</em>: arrêter de vendre la Tunisie comme <em>«low cost»</em>, et vendre les compétences, les ingénieurs, la stabilité relative, la proximité européenne.</p>



<p><strong>Le cash n’est pas l’ennemi, c’est un signal d’alarme&nbsp;:</strong></p>



<p>L’étude de Mme Jerbi et collègues et l’article de M. Lamari ont le mérite d’alerter sur les dérives. Mais leur conclusion est trop moralisatrice et trop orthodoxe.</p>



<p>La Tunisie n’est pas la Suisse. Elle ne deviendra pas propre en réprimant le cash. Elle deviendra plus forte en composant avec sa réalité – comme l’ont fait l’Italie, l’Espagne, le Portugal et bien d’autres.</p>



<p>Le mix économique, avec une part assumée et régulée d’informel transitoire, n’est pas une honte. C’est une méthode. Et si l’État accepte de ne pas vouloir tout contrôler du jour au lendemain, il y gagnera en recettes, en paix sociale et en attractivité.</p>



<p>Le vrai débat n’est pas cash ou pas cash. Il est : quel État, quelle banque, quelle stratégie industrielle pour accompagner ceux qui créent de la richesse réelle, billet par billet ?</p>



<p><em>* Consultant international.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="8a9nANSvbM"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/11/ce-jeu-de-cash-cache-qui-etiole-leconomie-tunisienne/">Ce jeu de cash-cache qui étiole l’économie tunisienne</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Ce jeu de cash-cache qui étiole l’économie tunisienne » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/11/ce-jeu-de-cash-cache-qui-etiole-leconomie-tunisienne/embed/#?secret=ro8gGe1Bxk#?secret=8a9nANSvbM" data-secret="8a9nANSvbM" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>L’emploi en Tunisie au pied du mur numérique</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/10/lemploi-en-tunisie-au-pied-du-mur-numerique/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Apr 2026 09:34:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[auto-emploi]]></category>
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		<category><![CDATA[entrepreneuriat]]></category>
		<category><![CDATA[formation professionnelle]]></category>
		<category><![CDATA[numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Riadh Chaoued]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La faille stratégique majeure de la stratégie de l'emploi en Tunisie : l’absence d’un véritable contrat de souveraineté numérique.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/10/lemploi-en-tunisie-au-pied-du-mur-numerique/">L’emploi en Tunisie au pied du mur numérique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Lors d’un récent passage devant les députés, le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Riadh Chaoued, a esquissé une «nouvelle vision» pour contrer le chômage endémique des diplômés. Si l’intention de rompre avec le modèle saturé du salariat est louable, le discours ministériel peine encore à masquer une faille stratégique majeure : l’absence d’un véritable contrat de souveraineté numérique.</em></strong></p>



<p><strong>Abdelwheb Ben Moussa</strong> * &nbsp;</p>



<span id="more-18604738"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg" alt="" class="wp-image-18394138" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Le ministre prône l’entrepreneuriat comme remède miracle. Certes, l’économie verte, bleue ou circulaire offre des gisements réels. Mais en Tunisie, le candidat à l’auto-emploi se heurte encore à un parcours du combattant administratif et à un système bancaire frileux. Pousser les jeunes vers la création de projets sans une&nbsp;digitalisation intégrale de l’administration&nbsp;et une interopérabilité des paiements, c’est condamner une génération à la précarité sous couvert d’initiative privée.</p>



<p>L’informel ne reculera que si le formel devient, par le numérique, plus simple et plus protecteur.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’IA : la fin du mirage de la centralisation</h2>



<p>Sacrifiant à une idéologie politique dominante, le ministre insiste sur une approche <em>«régionale et locale»</em>. Or, le développement des zones intérieures ne passera plus par de grands complexes industriels étatiques, mais par l’injection massive d’Intelligence Artificielle (IA)&nbsp;dans les tissus économiques locaux.</p>



<p>Que ce soit l’agriculture de précision dans le Nord-Ouest ou la logistique intelligente au Sahel, l’IA permet de délocaliser la valeur ajoutée sans exiger une concentration urbaine. Un diplômé à Kasserine peut devenir un <em>«data-agriculteur»</em> performant, pourvu que l’État assure une infrastructure cloud nationale et souveraine. Sans cela, le discours sur le développement régional restera une incantation politique sans lendemain.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sortir de la gestion comptable des compétences</h2>



<p>La révision des politiques de l’emploi ne doit plus se limiter à des ajustements de curseurs au sein du Fonds national de l’emploi. À l’heure où l’IA transforme radicalement les métiers, notamment dans nos banques, l’adéquation formation-emploi doit devenir une&nbsp;anticipation par la Data. Le «Reskilling» (reconversion) doit être immédiat et permanent.</p>



<p>Quant à la stratégie d’emploi à l’étranger évoquée par le ministre, elle pose une question de fond : voulons-nous rester un simple exportateur de matière grise ou bâtir une infrastructure technologique capable de retenir nos talents ?</p>



<p>La souveraineté numérique est le seul rempart crédible contre une fuite des cerveaux que nous ne finançons que trop généreusement pour le compte des économies du Nord.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le numérique, nouveau contrat de souveraineté</h2>



<p>Le plan 2026-2030 ne peut réussir sur les bases d’une économie de rente et de procédures papier. Pour que la Tunisie de demain travaille, elle doit cesser d’être une spectatrice de la révolution technologique.</p>



<p>L’emploi ne se décrète pas en commission parlementaire ; il se crée là où la confiance est digitalisée et où l’innovation est protégée par une souveraineté technologique assumée. Monsieur le Ministre, le chantier est immense, mais il commence par un clavier, pas par un formulaire.</p>



<p><em>* Ingénieur en informatique, cadre d’une banque publique. &nbsp;</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Ke0SM3GZbe"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/23/tunisie-le-numerique-ultime-frontiere-de-la-souverainete/">Tunisie | Le numérique, ultime frontière de la souveraineté</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie | Le numérique, ultime frontière de la souveraineté » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/23/tunisie-le-numerique-ultime-frontiere-de-la-souverainete/embed/#?secret=xzGeMfqqo9#?secret=Ke0SM3GZbe" data-secret="Ke0SM3GZbe" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/10/lemploi-en-tunisie-au-pied-du-mur-numerique/">L’emploi en Tunisie au pied du mur numérique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Les dessous de l’opposition franco-occidentale à l’indépendance de la Tunisie  </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/10/les-dessous-de-lopposition-franco-occidentale-a-lindependance-de-la-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Apr 2026 06:22:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Ben Mustapha]]></category>
		<category><![CDATA[décolonisation]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[occident]]></category>
		<category><![CDATA[printemps arabe]]></category>
		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie et le déséquilibre structurels des relations arabo-occidentales dans le prolongement des décolonisations ratées. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/10/les-dessous-de-lopposition-franco-occidentale-a-lindependance-de-la-tunisie/">Les dessous de l’opposition franco-occidentale à l’indépendance de la Tunisie  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Alors que la Tunisie célèbre le 70<sup>e</sup> anniversaire de son indépendance, nous avons jugé utile de situer l’évolution des déséquilibres structurels des relations arabo-occidentales dans le prolongement des décolonisations ratées du fait de la négation par l’Occident du droit des pays du tiers-monde à une véritable indépendance, y compris de ceux d’entre eux qui étaient réputés alliés de l’Occident comme la Tunisie, objet de cet article.</em></strong></p>



<p><strong>Ahmed Ben Mustapha *</strong></p>



<span id="more-18598912"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/04/Ahmed-Ben-Mustapha.jpg" alt="" class="wp-image-91794"/></figure>
</div>


<p>La guerre israélo-américaine déclenchée contre l’Iran depuis plus d’un mois est souvent présentée, du point de vue de la géopolitique, comme étant l’étape ultime du processus d’élimination des principales composantes de l’axe de la résistance lequel est perçu comme étant le dernier obstacle à la mise en œuvre du plan messianiste expansionniste israélo-sioniste soutenu par l’Occident en Palestine et au Proche- Orient. En réalité, elle s’inscrit dans une dynamique de reconquête et de recolonisation politique, militaire et économique du monde arabo-musulman qui a démarré avec l’invasion et l’occupation de l’Irak en 2003.</p>



<p>Avec les printemps arabes, ce phénomène s’est accentué visant prioritairement la chute des régimes considérés comme étant hostiles à l’Occident et Israël ainsi que la mainmise sur leurs richesses. Mais, outre les guerres destructrices dirigées contre la Libye, le Yémen et la Syrie, les changements de régime ont également touché ceux réputés alliés de l’Occident notamment en Tunisie et en Egypte.</p>



<p>A l’épreuve des faits, ces changements avaient pour but de favoriser l’accession au pouvoir, en Tunisie et dans les pays ciblés, de pouvoirs d’obédience islamiste considérés comme étant plus accommodants et ouverts à la politique de normalisation des relations arabo-israéliennes.</p>



<p>De même ces nouveaux pouvoirs se sont révélés très coopératifs dans la reconduction des politiques d’ouverture économique, de libre échange inégal et d’insertion dans la globalisation qui servent prioritairement les intérêts occidentaux.</p>



<p>La finalité de cette entreprise était de préserver l’hégémonie occidentale jugée menacée par l’émergence des Brics ainsi que la résurgence des aspirations indépendantistes dans le monde arabo-musulman ainsi qu’en Afrique.</p>



<p>Alors que la Tunisie célèbre le 70<sup>e</sup> anniversaire de son indépendance, nous avons jugé utile de situer ces évolutions et les déséquilibres structurels des relations arabo-occidentales dans le prolongement des décolonisations ratées du fait de la négation par l’Occident du droit des pays du tiers monde à une véritable indépendance.</p>



<p>Ce premier article a pour point de départ la marginalisation croissante en Tunisie de l’indépendance qui, en tant que tournant historique, n’a pas bénéficié à mon sens de l’intérêt qu’elle mérite auprès des historiens et des économistes.</p>



<p>En effet, le protocole du 20 mars 1956 a été, à mon sens, le premier acte d’insertion de la Tunisie dans la mondialisation laquelle revêtait, dès le départ, une double dimension économique et diplomatique. Sa finalité première, était, du point de vue français, destinée à maintenir la Tunisie dans le giron de la France et l’Occident tant dans le domaine des orientations stratégiques économique qu’en politique étrangère. D’où l’inclusion des conventions sur l’autonomie interne en tant que partie intégrante de ce protocole qui est fondé sur le concept d’<em>«interdépendance»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’indépendance dans l’interdépendance</h2>



<p>Depuis de nombreuses décennies, la fête de l’indépendance de la Tunisie, acquise en vertu du protocole du 20 mars 1956, n’est plus célébrée en tant que moment historique fondateur de l’histoire tunisienne. Cette situation remonte en vérité à l’époque de l’ex-Président Ben Ali qui a laissé cet évènement sombrer dans un quasi oubli au profit du <em>«changement»</em> du 7 novembre 1987, lequel s’était substitué dans le discours officiel à toutes les autres dates clés symbolisant notre lutte de libération nationale.</p>



<p>Il s’agit là d’une des caractéristiques de la classe politique dirigeante tunisienne qui a tendance à marginaliser ou déprécier sans distinction, toute référence aux évènements historiques précédents ainsi qu’aux acquis réalisés par ses prédécesseurs.</p>



<p>Dans ses mémoires, Hédi Baccouche – ancien &nbsp;Premier ministre et l’un des artisans du <em>«changement»</em> du 7 novembre 1987 – confirme que la décision d’écarter le Président Bourguiba du pouvoir avait été prise car il n’était plus en mesure d’assumer les responsabilités inhérentes à ses fonctions en raison de sa sénilité et de son âge avancé <sup>(1)</sup>. Mais il est maintenant admis que les principaux partenaires de la Tunisie, notamment les USA et l’Union européenne, ainsi que ses alliés occidentaux membres du G7 – qui ont toujours exercé une influence considérable sur les centres de pouvoir en Tunisie – avaient reçu des assurances préalables quant à la préservation de leurs intérêts ainsi que le respect par la Tunisie de ses engagements internationaux dans le cadre de la continuité de l’Etat.</p>



<p>Rappelons que le Président Bourguiba était par conviction hostile au communisme et avait revendiqué, dès son accession au pouvoir, son attachement aux valeurs politiques et démocratiques associées aux choix économiques libéraux d’insertion dans l’économie de marché qui étaient promues par les USA et l’Occident<sup> (2)</sup>.</p>



<p>Toutefois, il était fermement attaché à l’indépendance de décision de la Tunisie dans la détermination de sa politique étrangère ainsi que le choix de ses partenaires dans le domaine de la coopération internationale.</p>



<p>A cet effet, il avait introduit, la notion de coopération librement consentie entre nations souveraines dans le préambule de la constitution de 1959 au nombre des principes fondateurs de la République tunisienne.</p>



<p>La constitution de 1959 proclamait en effet – dans son préambule qui définissait les orientations stratégiques de la Tunisie indépendante – la volonté du peuple tunisien qui s’est libéré de la domination étrangère grâce à sa puissante cohésion et à la lutte qu’il a livrée à la tyrannie, à l’exploitation et à la régression&nbsp;d’<em>«instaurer une démocratie fondée sur la souveraineté du peuple et caractérisée par un régime politique stable basée sur la séparation des pouvoirs»</em>.</p>



<p>En politique intérieure et étrangère, la constitution réaffirme la volonté du peuple de <em>«consolider l’unité nationale et de demeurer fidèle aux valeurs humaines qui constituent le patrimoine commun des peuples attachés à la dignité de l’homme, à la justice et à la liberté et qui œuvrent pour la paix, le progrès et la libre coopération des nations»</em>. De même, elle proclame<em> «la volonté du peuple tunisien de demeurer fidèle aux enseignements de l’Islam, à l’unité du Grand Maghreb, à son appartenance à la famille arabe, à la coopération avec les peuples qui combattent pour la justice et la liberté»</em>.</p>



<p>Soulignons que la référence, dans le préambule de la constitution, à la <em>«libre coopération des nations»</em> revêtait une importance capitale dans la mesure où elle exprimait le rejet de la notion d’interdépendance introduite dans le protocole d’indépendance sur insistance de la France. Elle traduisait également l’attachement de la Tunisie à sa pleine souveraineté décisionnelle dans le domaine de la coopération économique internationale ainsi que dans les domaines de la diplomatie, de la sécurité et de la défense. D’où son opposition à la volonté affichée par la France, soutenue par ses alliés occidentaux, de maintenir des rapports de dépendance et de domination avec ses anciennes colonies en les empêchant de varier leurs partenariats internationaux et d’acquérir les attributs d’une véritable indépendance politique, économique, diplomatique et financière.</p>



<p>Soulignons toutefois que le Président Bourguiba, n’aura jamais recours à une politique de rupture avec la France même dans les moments de tensions extrêmes notamment lors de la bataille de Bizerte ainsi que celle de la nationalisation des terres agricoles<sup>(3)</sup>.</p>



<p>D’ailleurs, les USA se sont toujours déployés pour empêcher que les divergences tuniso-françaises n’affectent les orientations de la diplomatie tunisienne qui sont demeurées étroitement ancrées à l’Occident<sup>(4) </sup>.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Hostilité occidentale à l’indépendance tunisienne</h2>



<p>La Tunisie a accédé à l’indépendance en mars 1956 dans un contexte géopolitique régional et international défavorable aux pays arabes et africains qui souhaitaient bâtir des relations équilibrées, respectueuses de leur souveraineté et mutuellement bénéfiques avec les puissances coloniales et en particulier avec la France.</p>



<p>Il importe de rappeler la nature de ces contraintes d’ordre interne et international qui ont lourdement hypothéqué le processus de décolonisation et de construction des édifices d’un Etat national tunisien démocratique et souverain.</p>



<p>Au nombre de ces facteurs, la détermination des responsables français à préserver, sous des formes aménagées, le contrôle de leur empire colonial dont les ressources sont jugées nécessaires à la reconstruction<sup>(5)</sup> et au maintien de la France au rang de grande puissance dans la nouvelle reconfiguration du monde après la seconde guerre mondiale. Or la France n’avait pas les moyens de cette ambition du fait qu’elle était sortie de ce conflit, ainsi que l’Europe, défaite, sous domination américaine et économiquement sinistrée. Mais ne pouvant résister à la vague de décolonisation d’après-guerre, elle va œuvrer à maintenir sous tutelle ses anciennes colonies en ne leur concédant que des indépendances de façade à l’instar des pays d’Europe de l’Est qui ont été soumis au statut d’Etats à <em>«souveraineté limitée»</em> par l’URSS durant la guerre froide.<sup>(6)</sup></p>



<p>Dès lors, la France va œuvrer à mettre en place un nouveau cadre de gestion de ses relations avec l’Afrique lui permettant d’exercer une sorte de tutelle politique, économique et sécuritaire sur ses colonies africaines .</p>



<p>J’ai évoqué cet aspect méconnu de la stratégie française d’après-guerre en ces termes&nbsp;: <em>«En vérité, il est maintenant admis que les responsables français étaient, pour des raisons économiques et stratégiques, déterminés à conserver des liens étroits et indéfectibles avec leurs anciennes colonies. L’historiographie française et contemporaine nous apprend en effet, que la France, sortie dévastée, ruinée et affaiblie des deux conflits mondiaux ne pouvait réussir sa reconstruction et retrouver un statut de grande puissance sans garder le contrôle des marchés et des ressources de son empire. Ce qui a hypothéqué les aspirations à l’indépendance de ses anciennes colonies»</em><sup> (7)</sup>.</p>



<p>Dans son ouvrage publié en 2015 Pierre Vermeren – professeur d’histoire contemporaine à la Sorbonne, spécialiste des mondes arabes et africains du Nord et de la décolonisation – révèle que la France, considérablement affaiblie par la seconde guerre mondiale avait besoin de conserver le contrôle de son empire colonial pour pouvoir se reconstruire. Je le cite <em>«pour les autorités françaises la France, occupée, détruite et humiliée n’a aucune chance de se relever sans son empire»</em>. Il précise qu’en 1945 la France était menacée de révolution car occupée par l’armée américaine, elle était dépourvue de capitaux, de monnaie, d’armée indépendante sans compter ses infrastructures dévastées, son peuple vieillissant, et ses élites majoritairement compromises durant l’occupation. Dès lors, <em>«l’appel à l’empire se révèle donc plus crucial encore que dans les années 1930»<sup> (8)</sup></em>.</p>



<p>En somme, les responsables français de l’époque estimaient, pour des considérations stratégiques vitales, qu’un désengagement total de ses possessions coloniales, priverait la France de ressources humaines et matérielles nécessaires à sa renaissance économique et à la préservation de son statut de grande puissance au plan régional et mondial.</p>



<p>S’agissant de la Tunisie, cette politique va se traduire par la conclusion en juin 1955 des conventions sur l’autonomie interne qui seront à l’origine de graves dissensions au sein du mouvement national tunisien.</p>



<p><em>* Diplomate et ancien ambassadeur.</em></p>



<p><strong><em>Notes&nbsp;:</em></strong></p>



<p><em>1- Hédi Baccouche&nbsp;: ‘‘En toute franchise’’, Sud Editions, 2018 : «Le pays connait une grave instabilité. Le Président, du fait de sa maladie et de sa sénilité, peut prendre des décisions irréfléchies, inopportunes et imprévues, compliquer davantage la situation. La menace islamiste est réelle. Ben Ali pense devoir prendre les devants et écarter Bourguiba du pouvoir. Habib Ammar l’approuve Pour ma part, après beaucoup d’hésitation, et privilégiant la Tunisie sur le Président si grand soit- il, je me solidarise avec eux» (P. 405).</em></p>



<p><em>2- Michel Collon et Grégoire Lalieu&nbsp;: ‘‘La stratégie du chaos. Impérialisme et Islam. Entretiens avec Mohamed Hassan, Investig’ Action – Couleur&nbsp; Livres, 2011 (P. 171 et s.)</em></p>



<p><em>3- Abdelaziz&nbsp; Chenguir&nbsp;: ‘‘La politique extérieure de la Tunisie 1956-1987, L’Harmattan, 2004 (. P. 77- 91).</em></p>



<p><em>4- Ibid (P 51-65).</em></p>



<p><em>5 &#8211; Pierre Vermeren&nbsp;: ‘‘Le choc des décolonisations.&nbsp; De la guerre d’Algérie aux printemps arabes’’, Odile Jacob, 2015 (P. 17 et S.)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</em></p>



<p><em>6- Sophie Guillermin-Golet : <a href="https://les-yeux-du-monde.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">‘‘La doctrine Brejnev, ou doctrine de la souveraineté limitée’’</a>. Voir également l’article publié en date du 5 mai 1980 sur le site du quotidien Le Monde :<a href="https://www.lemonde.fr/archives/article/1980/05/05/la-souverainete-limitee_2820833_1819218.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">‘‘La souveraineté limitée’’</a>.</em></p>



<p><em>7- Ahmed Ben Mutapha&nbsp;: ‘‘L’histoire méconnue des négociations tuniso-européennes depuis l’indépendance’’, étude parue dans l’ouvrage collectif&nbsp;‘‘Economie et relations internationales.&nbsp; Histoire et mutations nouvelles’’, L’Harmattan, 2021 (P. 309).</em></p>



<p><em>8- Pierre Vermeren&nbsp;: ‘‘Le choc des décolonisations. De la guerre d’Algérie aux printemps arabes’’, Odile Jacob, 2015 (P. 17 et S.).</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/10/les-dessous-de-lopposition-franco-occidentale-a-lindependance-de-la-tunisie/">Les dessous de l’opposition franco-occidentale à l’indépendance de la Tunisie  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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