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	<title>Archives des TRIBUNE - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des TRIBUNE - Kapitalis</title>
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		<title>Tunisie-Algérie &#124; Les graines de la discorde</title>
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		<pubDate>Thu, 30 Jul 2026 11:43:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie et l’Algérie ont plus à gagner en consolidant leur coopération qu’en laissant prospérer des querelles artificielles.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/30/tunisie-algerie-les-graines-de-la-discorde/">Tunisie-Algérie | Les graines de la discorde</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La Tunisie et l’Algérie ont plus à gagner en consolidant leur coopération qu’en laissant prospérer des querelles artificielles. Les défis auxquels elles sont confrontées exigent davantage de coopération que de suspicion.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Khémaïs Gharbi</strong> <strong>*</strong></p>



<span id="more-19337764"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi.jpg" alt="" class="wp-image-14682166" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Les nations ne sont pas seulement menacées par les armes. Elles le sont tout autant par les mots, les rumeurs, les manipulations et les divisions savamment entretenues. Depuis toujours, les puissances qui convoitent un pays savent qu’il est souvent plus efficace de dresser un peuple contre lui-même ou contre ses voisins que de l’affronter directement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie n’échappe pas à cette réalité. Située au cœur de la Méditerranée, ouverte sur l’Europe, appartenant au Maghreb et au monde arabe, elle occupe une position géostratégique qui suscite naturellement l’intérêt de nombreux acteurs internationaux. Chacun défend ses intérêts, parfois de manière légitime, parfois en cherchant à influencer les équilibres régionaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque les difficultés économiques, les tensions sociales et les incertitudes politiques fragilisent un pays, celui-ci devient plus vulnérable aux campagnes d’influence. Les frustrations populaires peuvent alors être orientées vers des adversaires désignés, parfois sans rapport avec les véritables causes des problèmes. Il devient alors facile de semer les graines de la discorde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’une des méthodes les plus efficaces consiste à détériorer les relations entre deux peuples qui ont pourtant bâti, au fil des siècles, une histoire commune faite de solidarité, de respect et de bon voisinage. Les liens entre la Tunisie et l’Algérie ne sont pas le fruit du hasard. Ils se sont forgés dans la géographie, dans l’histoire, dans les échanges humains, économiques et culturels, mais aussi dans les épreuves traversées ensemble.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une histoire de solidarité, de respect et de bon voisinage</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux peuples n’ont jamais construit leur relation sur la confrontation. Au contraire, ils ont appris à vivre côte à côte, à s’entraider lorsque les circonstances l’exigeaient et à préserver une frontière parmi les plus paisibles de la région. Cette réalité historique mérite d’être protégée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est précisément parce que cette relation est solide qu’elle peut devenir la cible de ceux qui auraient intérêt à la fragiliser. Il suffit parfois d’une déclaration sortie de son contexte, d’une phrase interprétée de manière malveillante, d’une polémique amplifiée sur les réseaux sociaux ou d’une campagne de désinformation pour tenter de transformer un geste de solidarité en sujet de discorde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Récemment encore, une déclaration du président algérien Abdelmadjid Tebboune **, exprimée dans un esprit de soutien à la Tunisie, a été exploitée par certains pour tenter d’y voir une ingérence ou un motif de polémique. Les réseaux sociaux se sont rapidement transformés en caisse de résonance où les interprétations les plus excessives ont parfois pris le pas sur la raison.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire de notre région offre pourtant une leçon qu’il serait dangereux d’oublier. Les divergences politiques, même profondes, ne doivent jamais faire oublier l’essentiel lorsque les intérêts supérieurs d’un peuple sont en jeu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La crise de Bizerte en 1961 en est l’une des plus belles illustrations. À cette époque, les relations entre le président Habib Bourguiba et le président Gamal Abdel Nasser étaient particulièrement tendues. Les désaccords étaient publics, parfois virulents, et semblaient difficilement conciliables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais lorsque la Tunisie affronta la France lors de la bataille de Bizerte, les querelles s’effacèrent devant l’intérêt supérieur de la nation tunisienne. L’Égypte apporta immédiatement son soutien politique, militaire et diplomatique à la Tunisie. Bourguiba, le gouvernement tunisien et le peuple accueillirent avec émotion cette solidarité venue d’un pays frère. Ce geste démontrait qu’au-delà des divergences, il existait une conscience commune face à une menace extérieure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nasser avait cité&nbsp;à cette occasion un proverbe qui illustrait la vieille sagesse du monde arabe : <em>«Moi et mon frère contre notre cousin ; moi, mon frère et notre cousin contre l’étranger.»</em>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière cette formule se cache une vérité politique intemporelle : les différends entre frères ne doivent jamais devenir une arme entre les mains de ceux qui cherchent à les diviser.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Faire face avec discernement aux tentatives de manipulations </h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est précisément cette sagesse que nous gagnerions à retrouver aujourd’hui. Les désaccords peuvent exister entre gouvernements, les opinions peuvent diverger, mais ils ne devraient jamais conduire les peuples à oublier tout ce que l’histoire, la géographie et les sacrifices communs ont construit entre eux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les véritables amis d’un peuple ne cherchent pas à l’isoler de ses voisins ; ils cherchent au contraire à renforcer les liens qui contribuent à sa stabilité. La Tunisie et l’Algérie ont plus à gagner en consolidant leur coopération qu’en laissant prospérer des querelles artificielles. Les défis auxquels elles sont confrontées exigent davantage de coopération que de suspicion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire enseigne une leçon simple : les peuples qui se laissent diviser servent souvent les intérêts d’autres qu’eux-mêmes. À l’inverse, ceux qui savent préserver leurs relations de confiance renforcent leur souveraineté et leur capacité à faire face aux défis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Tunisiens ont toujours fait preuve de discernement face aux tentatives de manipulation. Il faut espérer qu’ils continueront à exercer cet esprit critique, en refusant les discours qui cherchent à fabriquer des ennemis là où l’histoire a construit des frères.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les graines de la discorde ne germent que lorsqu’on les arrose. À chacun de veiller à ce que la sagesse, la mémoire et le respect mutuel soient plus forts que les semeurs de division.</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Ecrivain et traducteur. </em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="NJSoChRw1Q"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/30/les-menaces-reelles-a-la-stabilite-tunisienne/">Les menaces réelles à la stabilité tunisienne  </a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les menaces réelles à la stabilité tunisienne   » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/30/les-menaces-reelles-a-la-stabilite-tunisienne/embed/#?secret=zVdKVWlQLL#?secret=NJSoChRw1Q" data-secret="NJSoChRw1Q" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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		<item>
		<title>Les menaces réelles à la stabilité tunisienne  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jul 2026 08:40:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au lieu d'agiter des épouvantails, les Tunisiens gagneraient à regarder de plus près les véritables menaces actuelles à leur pays.  </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La dernière sortie du président algérien Abdelmadjid Tebboune sur la Tunisie **, que de nombreux Tunisiens trouvent déplacée voire insultante, repose la question des <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/10/a-propos-de-laccord-de-cooperation-militaire-entre-lalgerie-et-la-tunisie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">accords sécuritaires et de défense</a> conclus le 7 octobre 2025 entre Tunis et Alger et surtout leur définition de la menace terroriste et leurs modalités opératoires, dont on sait très peu de choses.</em></strong> (Photo : </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Elyes Kasri</strong> *</p>



<span id="more-19337036"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Elyes-Kasri.jpg" alt="" class="wp-image-352204"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">L’absence de communication à ce sujet de la part des autorités tunisiennes suscite de sérieuses appréhensions surtout au vu des nombreuses suspicions et même des confidences attribuées à d’anciens responsables sécuritaires algériens sur des liens troubles entre les services spéciaux du pays voisin et certains groupes terroristes et même, semble-t-il, certaines actions terroristes commises en Tunisie notamment au cours des années 2012-2013.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La relation trouble du régime algérien avec le terrorisme et la quête démocratique nécessite une clarification des accords et des engagements sécuritaires et de défense bilatéraux afin d’éviter que la crainte de l’inconnu et des précédents attribués au régime algérien ne fassent passer la crise de confiance entre les deux peuples à un sentiment plus profond et plus durable de nature à creuser un fossé entre les deux voisins condamnés par l’histoire et la géographie à coexister pacifiquement et en bonne entente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Tunisiens qui brandissent l’épouvantail d’Israël et du sionisme international et ne prêtent pas attention à ceux qui vouent une haine tenace à la Tunisie et nourrissent des desseins maléfiques à son égard, gagneraient à regarder de plus près la véritable et actuelle menace à leur pays en se posant de simples questions :</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; qui occupe des territoires tunisiens riches en hydrocarbures et en ressources hydrauliques ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; qui assèche les cours d’eau qui ont depuis l’aube des temps irrigué la Tunisie ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; qui a enraciné la contrebande en Tunisie ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; qui a organisé des attaques et des actions terroristes contre la Tunisie comme à Gafsa en 1980 ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; quelles sont la nationalité et l’origine des dirigeants les plus sanguinaires des groupements islamistes qui ont sévi en Tunisie ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; qui inonde la Tunisie avec des migrants illégaux subsahariens qui la mettent dans une situation inextricable d’être considérée comme une menace à la citadelle Europe, pourtant notre principal partenaire économique, ou envisager un rapatriement dépassant les moyens logistiques disponibles ou contribuer au dessein déstabilisateur d’une guerre civile au risque d’un remplacement démographique ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; qui cherche à isoler la Tunisie sur la scène internationale en utilisant le chantage énergétique et terroriste ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; qui exprime par ses actions et ses propos le plus de mépris pour la Tunisie ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; qui cherche à gommer l’indépendance et la souveraineté de la Tunisie en la traitant ou même en la décrivant comme une province ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un pays qui n’arrive pas à définir la menace réelle à sa stabilité et à sa souveraineté est une proie facile et à moitié conquise.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ancien ambassadeur.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>** S’exprimant devant la presse, le 27 juillet 2026, le président algérien a menacé, sans les nommer, ceux qui veulent «déstabiliser» la Tunisie. Il a employé une expression populaire algérienne virulente («nous détruirons la tente de ses parents») par allusion aux entités qui chercheraient à déstabiliser la Tunisie. Selon lui, la Tunisie est visée uniquement en raison de sa proximité avec l’Algérie. Traduire : certains acteurs chercheraient à fragiliser le voisin tunisien pour mieux isoler et affaiblir l’Algérie. </em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="PMCNyJHi4D"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/29/tunisie-algerie-l-besoin-de-clarification-pour-plus-de-transparence/">Tunisie-Algérie l Besoin de clarification pour plus de transparence</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie-Algérie l Besoin de clarification pour plus de transparence » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/29/tunisie-algerie-l-besoin-de-clarification-pour-plus-de-transparence/embed/#?secret=gdnc8d8Wfl#?secret=PMCNyJHi4D" data-secret="PMCNyJHi4D" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie &#124; Crise énergétique et frilosité de l’Etat</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Jul 2026 07:20:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La crise qui vient d’obliger la Steg à rationner  l’électricité est un évènement notable, grave et, surtout, prévisible et même attendu.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/29/tunisie-crise-energetique-et-frilosite-de-letat/">Tunisie | Crise énergétique et frilosité de l’Etat</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La grave crise, presque inédite, de par son ampleur, induite par les coupures intermittentes d’électricité en pleine canicule estivale, ne doit pas nous faire oublier que nous sommes face à un problème économique, financier et énergétique qui touche un secteur stratégique. Car ces coupures drastiques ne sauront à elles-seules régler le problème structurel du déficit énergétique qui approche aujourd’hui de 70%. Ni celui, financier, de la Steg, qui, comme toutes les sociétés nationales, ne se porte plutôt mal, c’est un euphémisme.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Salah El Gharbi</strong> *</p>



<span id="more-19332448"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Salah-El-Gharbi.jpg" alt="" class="wp-image-14811974" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Salah-El-Gharbi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Salah-El-Gharbi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Salah-El-Gharbi-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Dans une République digne de ce nom, quand il y a une crise grave qui menace la communauté nationale, il est du devoir de l’autorité publique de s’adresser aux citoyens pour les informer, les éclairer et les rassurer. Pas de galimatias, ni de propos hystériques. Il s’agit d’articuler un discours responsable qui vise à obtenir l’approbation de la population et à calmer son désarroi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La crise qui vient d’ébranler l’action normale de la Steg et l’obliger à rationner la distribution de l’électricité est un évènement notable, grave, voire même attendu. Car, nul n’ignore que depuis des années, l’utilisation de la climatisation domestique n’était plus un luxe réservé aux classes aisées et qu’aujourd’hui, avoir un climatiseur chez soi est, de plus en plus, à la portée de la classe moyenne. Comme il est de notoriété que notre société nationale connait des problèmes de trésorerie et de provisions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même si l’on ne peut que comprendre le choix drastique auquel notre société publique a eu recours, pour soulager ses installations qui sont menacées par le poids d’une demande de plus en plus vorace, on ne peut que s’indigner face à l’absence d’une communication responsable qui aurait pu mieux supporter le calvaire des coupures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En fait, il aurait suffi que le service <em>«communication»</em> de la société se mette au service des usagers pour les éclairer, d’une manière régulière, sur les secteurs concernés par les coupures et sur la durée. Ces informations ne peuvent que mieux calmer la frustration des usagers, tout en aidant ces derniers à mieux s’organiser et à éviter les grandes pertes matérielles occasionnées par l’arrêt aussi bien du réfrigérateur que d’autres machines domestiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette grave crise presque inédite, de part son ampleur, ne doit pas nous faire oublier que nous sommes face à un problème économique, financier et énergétique qui touche un secteur stratégique. Car ces coupures drastiques ne sauront à elles-seules régler la situation. La Steg, comme toutes les sociétés nationales, ne se porte pas bien, c’est un euphémisme. La frilosité de l’État aidant, ces sociétés, majoritairement en faillite ou presque, sont souvent sous perfusion, dans une période où les caisses de l’Etat providence sont presque vides.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, tant que ces sociétés restent inféodées à l’UGTT, la centrale syndicale, tant qu’elles restent toutes dans une situation précaire, et que les politiques, qui manquent souvent de courage, se résignent, comme d’habitude, à en renflouer les caisses avec de l’argent emprunté aux institutions financières, plutôt que de chercher des partenaires privés, ces pannes d’électricité vont se poursuivre et peut se multiplier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Ecrivain.</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="mjdxyYMlCV"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/23/la-steg-sous-haute-tension-a-limage-dune-tunisie-qui-seteint/">La Steg sous haute tension à l’image d’une Tunisie qui s’éteint</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Steg sous haute tension à l’image d’une Tunisie qui s’éteint » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/23/la-steg-sous-haute-tension-a-limage-dune-tunisie-qui-seteint/embed/#?secret=hmp44wU9Yi#?secret=mjdxyYMlCV" data-secret="mjdxyYMlCV" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/29/tunisie-crise-energetique-et-frilosite-de-letat/">Tunisie | Crise énergétique et frilosité de l’Etat</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Economie tunisienne &#124;  Pour une euthanasie salvatrice ! (3-3)</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/28/economie-tunisienne-pour-une-euthanasie-salvatrice-3-3/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/28/economie-tunisienne-pour-une-euthanasie-salvatrice-3-3/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Jul 2026 08:15:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[IA]]></category>
		<category><![CDATA[Noureddine Horchani]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie ne manque pas de ressources pour s’engager dans des projets stratégiques d’envergure et des réformes structurelles. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/28/economie-tunisienne-pour-une-euthanasie-salvatrice-3-3/">Economie tunisienne |  Pour une euthanasie salvatrice ! (3-3)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Parmi les critiques qui pourraient être adressées à la démarche de l’auteur dans ses deux précédents articles de cette série, notamment le benchmarking des ambitions et des parcours de développement de l’économie tunisienne entre 1960 et 2026 et ceux de pays qui étaient à des niveaux de développement similaires en 1960, c’est qu’il aurait ignoré que la Tunisie manquait de ressources financières pour s’engager dans des projets stratégiques d’envergure et des réformes structurelles. C’est là un argument fallacieux, estime-t-il. &nbsp;</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Noureddine Horchani *</strong></p>



<span id="more-19314365"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani.jpg" alt="" class="wp-image-17670549" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">La raison d’être des institutions financières internationales est d’assurer l’intégration économique capitaliste internationale à travers la distribution du capital et l’inclusion des économies nationales dans l’ordre financier international. A ce titre, ces institutions n’auraient jamais pu refuser à la Tunisie un quelconque grand projet qui aurait changé le visage du pays dans les secteurs stratégiques. Au contraire dans leurs rapports, ces institutions reprochaient à l’Etat tunisien d’être incapable de définir des projets précis à financer <em>(Tunisia Infrastructure Diagnostic (2024), Banque Mondiale, “ Project Development Fund for PPPs – Banque Mondiale).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">En cette année 2026, la crédibilité et la solvabilité de l’Etat tunisien se sont altérées auprès des pourvoyeurs de fonds internationaux à cause du discours hostile à l’entreprenariat véhiculé par les pouvoirs publics tunisiens et également en raison du climat des affaires décourageant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette situation se traduit sur le plan du classement de la Tunisie au niveau de l’investissement. Aujourd’hui, le pays occupe la 160<sup>e</sup> place sur 164 dans le classement du FMI en termes de ratio investissement/PIB avec un taux de 10,4% contre une moyenne africaine de 23,3% et 26,6% pour le Maroc.&nbsp; Sur 268 projets d’entreprises annoncés depuis 2022 seulement 22 sont réellement entrés en activité soit 10% de réalisations. Ces indicateurs s’ajoutent au phénomène de départ des entreprises étrangères vers d’autres pays (récemment le Suisse Cicor Technologies parti au Maroc).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quels auraient été les performances avec des stratégies optimales ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Notre démarche d’évaluation du parcours de développement de l’économie tunisienne était fondée sur un benchmark sectoriel avec des économies au départ vers les années soixante, quasi proches au niveau d’un certain nombre d’indicateurs&nbsp;(PIB, PIB par habitant, développement humain, ressources naturelles…).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le manque-à-gagner cumulé de la Tunisie, obtenu par la sommation des manques à gagner essuyé par chaque secteur étudié, pourrait atteindre 1000 à 2000 Mds$ : halieutique 70 Md$&nbsp;; tourisme 150Md$, R&amp;D 350Md$, industries exportatrices 250Md$, tissu entrepreneurial 150Md$. Notre raisonnement tient compte également de l’effet synergie et multiplicateur provoqué par le développement de chaque secteur sur l’ensemble de l’économie pendant soixante années de politique économique timide et sans ambition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce manque à gagner inclut la production perdue, les investissements non réalisés, les emplois non crées, les exportations manquées et la fuite de compétences. Bien entendu, il ne s’agit ici que d’un exercice contrefactuel qui ne peut prétendre mesurer avec exactitude ce qu’aurait été la réalité des secteurs économiques tunisiens dans le cas où des stratégies optimales auraient été suivie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A travers le présent article, nous avons voulu démontrer que les politiques économiques suivies par les pouvoirs publics depuis l’indépendance jusqu’à aujourd’hui ainsi que les plans de développement successifs, quinquennaux et autres, n’auraient jamais permis à la Tunisie d’assurer un quelconque décollage économique ni de garantir la prospérité pérenne à sa population. La faillite de ces politiques est inéluctable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes, ces politiques ont permis d’améliorer un tant soit peu le niveau de vie des citoyens, d’assurer un niveau minimal de services sociaux. Mais ces réalisations demeurent fragiles et exposées à tous les risques de rupture tant qu’elles ne s’inscrivent pas dans un schéma de développement intégral irréversible. Brandir le manque de ressources financières comme l’argument empêchant la mise en œuvre de projets économiques d’envergure n’est qu’un alibi pour justifier l’étroitesse des ambitions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Apprendre à voir grand et à se projeter dans l&rsquo;avenir avec ambition</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’économie tunisienne ne trouvera son salut et n’assurera la prospérité de ses citoyens qu’en voyant grand, en se lançant dans des mégaprojets catalyseurs, capables de défier les économies les plus développées dans des secteurs où elle dispose d’avantages comparatifs.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui l’humanité est entrée dans une ère nouvelle post mondialisation similaire à l’entrée dans l’ère industrielle ou à celle d’internet, c’est l’ère de l’IA ou de la <em>«démocratisation de la connaissance»</em>. C’est une nouvelle opportunité qui s’offre à des nations comme la Tunisie, qui ont raté l’industrialisation ou la mondialisation pour rattraper leur retard, brûler les étapes et s’offrir une position privilégiée et de puissance parmi les nations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous cet angle la Tunisie de&nbsp;2035 ou 2040 pourrait prétendre au statut de puissance maritime&nbsp;contrôlant le commerce méditerranéen&nbsp;et disposant de l’une des plus grande flotte de transport maritime ou peut-être en statut de première puissance mondiale dans les technologies de l’énergie solaire ou parmi les plus grands constructeurs mondiaux de l’industrie navale&nbsp;ou même en &nbsp;puissance incontournable dans les industries électroniques ou pharmaceutiques&nbsp;?&nbsp;Autant de statuts qui ne devraient pas relever des vœux pieux mais qui constituent bel et bien des objectifs stratégiques réalisables, à inscrire dans nos plans de développement et pour lesquels les moyens devraient être mobilisés. C’est ce type d’objectifs ou plutôt d’ambitions qui mettraient définitivement notre économie à l’abri de la dépendance, de la mendicité, du chômage structurel et de la pauvreté endémique. &nbsp;</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Fin.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Enseignant en sciences politiques et ancien cadre de banque.</em> &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Précédents articles de la série : </em></strong></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="4B8AgR3lvl"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/27/economie-tunisienne-pour-une-euthanasie-salvatrice-2-3/">Economie tunisienne |  Pour une euthanasie salvatrice ! (2-3)</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Economie tunisienne |  Pour une euthanasie salvatrice ! (2-3) » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/27/economie-tunisienne-pour-une-euthanasie-salvatrice-2-3/embed/#?secret=IzTgQvf3s9#?secret=4B8AgR3lvl" data-secret="4B8AgR3lvl" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="jxq9KDvbag"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/26/economie-tunisienne-pour-une-euthanasie-salvatrice-1-3/">Economie tunisienne |  Pour une euthanasie salvatrice ! (1-3)</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Economie tunisienne |  Pour une euthanasie salvatrice ! (1-3) » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/26/economie-tunisienne-pour-une-euthanasie-salvatrice-1-3/embed/#?secret=wEB4P2L2sb#?secret=jxq9KDvbag" data-secret="jxq9KDvbag" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/28/economie-tunisienne-pour-une-euthanasie-salvatrice-3-3/">Economie tunisienne |  Pour une euthanasie salvatrice ! (3-3)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
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		<title>Economie tunisienne &#124;  Pour une euthanasie salvatrice ! (2-3)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jul 2026 08:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[benchmarking]]></category>
		<category><![CDATA[climat des affaires]]></category>
		<category><![CDATA[densité entrepreneuriale]]></category>
		<category><![CDATA[économie tunisienne]]></category>
		<category><![CDATA[Noureddine Horchani]]></category>
		<category><![CDATA[R&D]]></category>
		<category><![CDATA[tourisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Benchmark des ambitions et des parcours de développement de l’économie tunisienne entre 1960 et 2026. Et manques-à-gagner... </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/27/economie-tunisienne-pour-une-euthanasie-salvatrice-2-3/">Economie tunisienne |  Pour une euthanasie salvatrice ! (2-3)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans cette seconde partie de cette étude, l’auteur propose, au-delà des chiffres, un benchmark des ambitions et des parcours de développement de l’économie tunisienne entre 1960 et 2026, en comparaison avec des pays qui étaient au même niveau de développement au départ mais ont suivi des parcours différents. </em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Noureddine Horchani</strong> * &nbsp;</p>



<span id="more-19314310"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani.jpg" alt="" class="wp-image-17670549" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">En 1960, la Tunisie, la Corée du Sud, le Portugal et la Grèce avaient des PIB modestes :<strong> </strong>autour de 1 milliard de dollars (Md$) pour la Tunisie pour une population de 4 millions, celui de la Corée du Sud un peu plus de 3 Md$ pour un peu plus de 20 millions, celui du Portugal avoisinant les 3,5 Md$ et celui de la Grèce ne dépassant pas également les 5 Md$<strong>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La Grèce avait déjà engagé des plans de développement ambitieux soutenue largement par ses alliés européens libéraux au lendemain de la guerre civile (1946-1949).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Six décennies plus tard les analogies sont édifiantes. En 2025, le PIB de la Tunisie est de : 57,5 Md$, celui de la Corée du Sud atteint plus de 1950 Md$ (en dollars constant de 2010), celui du Portugal est de<strong><em> </em></strong>330Md<em>$, </em>soit une augmentation de près de&nbsp;9000 % par rapport à la situation au début des années 60.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Grèce a, pour sa part, réalisé en 2025 un PIB de 260 Md$ et l’Espagne 1800 Md$ alors que le Maroc, un pays davantage comparable au nôtre, a obtenu un PIB de 170 Md$</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les occasions ratées par l’économie tunisienne</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En comparant le parcours de développement suivi par les pouvoirs publics tunisiens aux trajectoires de croissance suivies par les autres pays du bassin méditerranéen et par la Corée du Sud, nous pouvons grâce à l’IA cerner le manque à gagner supporté par l’économie tunisienne pendant toute la période 1960- 2026. Ce manque peut être estimé à plusieurs milliards de $ par an et à plus d’un trillion de $ cumulés sur plusieurs décennies. La richesse nationale cumulée non créée pourrait atteindre 1000 à 2000 milliards de dollars. Bien sûr, il ne s’agit que d’extrapolations mais combien instructives sur les occasions ratées par l’économie tunisienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au niveau du revenu par habitant, l’évolution des données est aussi significative et les différences aussi criantes entre la Tunisie et les pays comparés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1960, le PIB par habitant de la Tunisie était de 186$ (260 selon d’autres sources) et en 2025, il atteint 4 657$ (constants) équivalant à 32% de la moyenne mondiale. En revanche, celui du Portugal était de 650$ en 1960 et de 32 100$ en 2025, celui de la Grèce était de 520$ en 1960 et de 26 900$ en 2025. L’Espagne avait un PIB/h de 400$ en 1960 et de plus de 38 600$ en 2025. C’est la Corée du sud qui a réalisé une performance qui relève du miracle. En 1960 son PIB/h était de 165$, l’un des plus bas au monde<strong><em> </em></strong>et il a atteint plus de 39 000$ en 2025. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Portugal s’est construit l’économie la plus dynamique de l’Union européenne. Ce que les observateurs qualifient de miracle portugais repose sur un secteur du tourisme florissant et sur l’exportation de services et de biens de haute technologie.&nbsp;De son côté, la Grèce avait fondé son développement sur l’exploitation de ses atouts naturels qu’elle a transformés en autant d’avantages comparatifs&nbsp;: l’industrie navale et le tourisme. Aujourd’hui la Grèce est la première puissance maritime marchande d’Europe. Cette position n’aurait pas été inaccessible pour la Tunisie. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Le procès des choix de politique économique </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Afin de vérifier nos hypothèses relatives aux occasions manquées par l’économie tunisienne, nous explorerons les données en lien avec quelques secteurs économiques en comparant leur évolution avec ceux des pays de la rive nord de la Méditerranée. Nous consacrerons un intérêt plus important au secteur halieutique qui représente à nos yeux le plus grand déficit de valorisation de l’économie tunisienne. L’objectif est d’évaluer la justesse des choix stratégiques de politique économique par le biais d’une approche analogique. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Benchmark du secteur touristique&nbsp;: </strong>avec quasiment les mêmes atouts naturels que la Tunisie et une population comparable de 10 millions d’habitants, le Portugal a accueilli en 2024 plus de 29 millions de touristes, alors que notre pays n’en a accueillis que 10,6 Millions. En 2025 la Tunisie a reçu 11 millions de touristes contre 32 à 33 millions pour le Portugal, soit trois fois le chiffre de la Tunisie.  La part du secteur du tourisme dans le PIB révèle également des disparités criantes entre la Tunisie et les pays à vocation touristique du bassin méditerranéen. En 2025 ce taux avoisine les 5 à 6% en Tunisie contre 21,5% pour le Portugal, 18 à 22% pour la Grèce, 15 à 16 % pour l’Espagne et 7 % pour le Maroc. Pour le Portugal ce secteur représente 20% de l’économie nationale contre 10% pour la Tunisie. Pourquoi la Tunisie n’est-elle pas capable de réaliser de telles performances dans le secteur du tourisme&nbsp;? S’agit-il d’un manque d’atouts géographiques naturels et de patrimoines archéologique et culturels qui rendent la Tunisie moins attrayante et moins compétitive ? Ou s’agit-il plutôt d’une défaillance structurelle dans la gestion du secteur&nbsp;? En fait, la Tunisie dispose peut-être d’atouts naturels, géographiques et archéologiques plus importants, et surtout plus diversifiés, que ceux dont dispose le Portugal. Le décalage et les défaillances résident dans le management public du secteur, dans la vision et dans les ambitions respectives des dirigeants des deux pays. &nbsp; </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Benchmark de la recherche et du développement, un levier ignoré&nbsp;: </strong>l’impact de tout effort supplémentaire en matière de recherche et développement sur l’ensemble de l’économie n’est plus à démontrer. L’effet multiplicateur de l’investissement alloué à R&amp;D atteint non seulement le PIB global mais également le taux de croissance et la productivité avec les retombées positives sur les autres aspects de la vie économique et sociale comme la compétitivité du secteur industriel, le chômage et la création de richesses en général. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Là aussi et grâce à l’IA, nous pouvons cerner le manque à gagner de l’économie tunisienne faute d’investissement dans ce domaine. Pour la période 1990-2026, et en nous appuyant sur un benchmark avec des économies assez proches comme celle du Portugal, nous découvrons que ce pays consacrait deux fois plus de ressources à la R&amp;D que la Tunisie. Grâce à un parcours de développement différent, le Portugal affiche aujourd’hui un PIB par habitant 4 fois supérieur à celui de la Tunisie et il possède un écosystème d’innovation beaucoup plus dense. En ce qui concerne la Corée du Sud, toutes les études réalisées sur ce pays par les organismes internationaux telle la Banque Mondiale ou celles effectuées par des économistes de renom ramènent son essor fulgurant à un investissement public soutenu dans la R&amp;D (+de 5% du PIB) atteint grâce à une démarche spécifique de coopération entre les institutions universitaires et le secteur privé. &nbsp;<em>(Anne Krueger – Banque mondiale Walt Whitman Rostow &#8211; Dominique Barjot et Rang-Ri Park-Barjot).</em> </p>



<p class="wp-block-paragraph">En revanche, l’effort de la Tunisie en matière de R&amp;D se situe à 0.7 % du PIB en moyenne, ce qui représente lamoitié de celui du Portugal, de la Grèce ou de l’Espagne et moins du tiers de la moyenne des pays avancés de l’OCDE<strong>.</strong> Un manque à gagner dommageable<strong>&nbsp;: </strong>avec 1,5% à 2% du PIB investi dans la R&amp;D au lieu de 0,6% actuellement (2025), la Tunisie aurait gagné 0,5 % à 0,8% de croissance annuelle. Son PIB aurait été supérieur de 30 à 60% et le manque à gagner, cumulé sur trois décennies, aurait atteint 180 à 350 milliards de dollars. Nous aurions eu, en 2026, un PIB compris entre 90 à 140 Md$ selon les hypothèses (optimiste, modérée ou pessimiste) au lieu de 59,1 Md $ actuel qui ne représente que 35% du PIB marocain, 18% du PIB portugais, 23% du PIB grec et 3% du PIB espagnol. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Benchmark de la densité entrepreneuriale&nbsp;</strong>: la densité entrepreneuriale ou <em>«tissu des entreprises»</em> est un indicateur significatif qui traduit le degré de dynamisme de l’économie, le climat des affaires et la qualité de la règlementation. En 1960 le nombre des entreprises tunisiennes se situait entre 20 000 et 30 000 et atteignait les 300 000 dans les années 2000. Celui du Portugal se situait à 150 000 en 1960, à 900 000 en 2000 et celui de la Corée du Sud se situait à 70 000 en 1960, à 3 millions dans les années 2000. En 2026 le nombre des entreprises actives en Tunisie atteignait 825 000, celui du Portugal 1,5 millions et celui de la Corée du Sud 8 millions. Celui du Maroc était de 40 à 60 000 en 1960 et de 1,3 millions en 2026. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien entendu l’écart quantitatif entre les économies citées est révélateur de parcours différents. Mais au-delà des chiffres, la différence se situe également dans la qualité du tissu entrepreneurial qui oppose la Tunisie au reste des pays comparés. La majorité des entreprises tunisiennes sont des microstructures peu productives, sous capitalisées, à faible capacité d’exportation et à faible innovation technologique. Elles sont de surcroît pénalisées par la difficulté d’accéder au financement bancaire. <em>(Rapports de la Banque Mondiale&nbsp;: Tunisie/ Data. 2026).</em> </p>



<p class="wp-block-paragraph">En revanche, les économies prospères du Portugal, de la Corée du Sud du Maroc et de la Grèce ont créé des groupes économiques à dimension internationales (chaebols coréens, holdings marocains, groupes européens) qui jouent le rôle de locomotives du développement en assurant l’accès à la technologie avancée, en disposant d’assise financière compétitive pour se proposer aux appels d’offres internationaux et en mobilisant sous leur giron tout un tissu d’entreprises locales de sous – traitance garantissant un dynamisme économique certain. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le secteur des industries électroniques, des atouts&nbsp;négligés&nbsp;: </strong>le manque à gagner touche des secteurs où la Tunisie dispose pourtant d’atouts non négligeables qui l’auraient propulsée dans des positions avancées sur la scène internationale. C’est le cas du secteur des industries électroniques où le taux d’intégration ne dépasse pas 35% malgré la disponibilité des compétences locales dont la qualité est internationalement bien établie. <em>(“Emission Tunisie économique’’ sur la chaine de télévision nationale, avril 2026).</em> L’activité est dominée par la sous-traitance. On est en plein face à la réalité de la division capitaliste internationale du travail qui prive les pays de la périphérie comme la Tunisie du know how des tâches nobles de conception et d’engineering. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <em>«Pacte pour la compétitivité»</em> signé en 2026 par les parties prenantes du secteur fixe un objectif de 50% d’intégration pour 2030 et un chiffre d’affaires à l’export de 7 Mds en 2030 contre 3,5 Mds en 2025. Il prévoit également d’augmenter les investissements à 20% du PIB en 2030 contre 15% en 2025. Par expérience et éclairés par le taux de réalisation des précédentes stratégies et objectifs contenus dans les plans de développement successifs de l’Etat (entre 50 et 60% en moyenne)&nbsp;; nous ne pouvons être que sceptiques quant à la crédibilité de ces anticipations tant qu’un renversement total de la vision économique des pouvoirs publics ne soit pas établi. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Benchmark du secteur halieutique, un désastre stratégique&nbsp;: </strong>l’accès à la mer a toujours été une des causes majeures des conflits territoriaux entre les Etats à travers l’histoire. La mer est convoitée non seulement pour ses richesses mais également pour les atouts qu’elle offre en termes d’extension géographique avantageuse pour la sécurité du territoire et pour le développement des échanges avec un monde désormais sans limites. Pour certains penseurs, l’avenir de l’humanité se jouera à travers l’exploitation des ressources maritimes et notamment des richesses contenues dans les grands fonds marins&nbsp;: nourriture, énergie, minerais, etc. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie dispose de plus de 1300 km de côtes et pourtant la moyenne de consommation des produits de la mer par habitant estimée par la FAO ne dépasse pas 12kg/an, en-deçà de l’objectif fixé par l’Onu pour les pays en développement de 20 kg/h et de la moyenne mondiale de 20,5 kg/h. Contrairement à la Tunisie, la plupart des Etats méditerranéens ont élaboré des stratégies de développement de leur secteur halieutique, qui ont donné des résultats édifiants au bout de quelques années. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, le secteur de la pèche en Tunisie&nbsp; contribue pour 0,8% du PIB contre&nbsp; 2 à 3% pour le Maroc, qui s’est érigé en puissance halieutique régionale grâce à un effort d’investissement conséquent. Mais la différence avec la Tunisie ne réside pas pour autant dans la contribution au PIB ou dans le volume de la production mais plutôt dans la valeur ajoutée créée par tonne pêchée et l’industrialisation du secteur. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis l’indépendance de la Tunisie, les pouvoirs publics n’ont exprimé qu’un intérêt limité au secteur halieutique pourtant crucial pour la sécurité alimentaire et la souveraineté nationale. Sur 60 ans, l’investissement total dans le secteur n’a pas dépassé 15 à 22 Mds $ loin derrière les autres pays méditerranéens (+ du double). </p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, le secteur halieutique tunisien se classe au dernier rang parmi les pays du bassin méditerranéens en termes de production, de flotte non artisanale, formation des pécheurs, du niveau d’industrialisation et d’infrastructure et surtout au niveau de la plus-value dégagée par tonne de production, par employé et par bateau. Sur ce dernier registre, l’écart entre la Tunisie et les pays de la rive nord de la Méditerranée est significatif. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Au niveau de la plus-value par pêcheur, la Tunisie est dernière du peloton&nbsp;avec 4 600 € par pêcheur contre 71 000 € pour l’Espagne, 40&nbsp;000€ pour le Portugal, 37&nbsp;000€ pour la Grèce, 29&nbsp;000€ pour la Turquie et 7&nbsp;500€ pour le Maroc. Autrement dit, la Tunisie n’atteint que 6% du niveau espagnol, 11% du niveau portugais et 12 % du niveau grec. Elle est également la dernière du classement méditerranéen au niveau de la plus-value dégagée par bateau de pêche : &nbsp;20&nbsp;000€ contre 33&nbsp;000€ pour la Grèce, 43&nbsp;000€ pour le Portugal, 50&nbsp;000€ pour le Maroc, 94&nbsp;000€ pour la Turquie et 259&nbsp;000€ pour l’Espagne. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Grâce donc à l’IA, on estime que la Tunisie aurait essuyé, faute d’investissement halieutique stratégique, un manque à gagner entre 40 et 70 Mds de dollars pendant la période 1960-2025. </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’absence d’une économie maritime proprement dite aurait fait perdre à notre pays entre 1,5% et 3% de PIB outre l’impact négatif sur le déficit commercial, la sécurité alimentaire et l’emploi. Sur la base de cette analyse, le secteur halieutique présente le plus important déficit de valorisation de l’économie tunisienne. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre benchmarking sectoriel nous a révélé la limite des politiques économiques suivies par les pouvoirs publics depuis des décennies. Il nous a surtout fait découvrir les opportunités non saisies, les occasions manquées et les manques à gagner supportés par l’économie tunisienne. </p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>A suivre.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Enseignant en sciences politiques et ancien cadre de banque.</em> &nbsp; </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Précédent article de la série : </em></strong></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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</div></figure>



<figure class="wp-block-table"><table class="has-fixed-layout"><tbody><tr><td>&nbsp; <strong>&nbsp;</strong> <strong>&nbsp;</strong> <strong>&nbsp;</strong> <strong>&nbsp;</strong> <strong>&nbsp;</strong> <strong>&nbsp;</strong> &nbsp; &nbsp;</td><td>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;</td></tr></tbody></table></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/27/economie-tunisienne-pour-une-euthanasie-salvatrice-2-3/">Economie tunisienne |  Pour une euthanasie salvatrice ! (2-3)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La Tunisie pourra-t-elle fournir l’Europe en énergie ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/27/la-tunisie-pourra-t-elle-fournir-leurope-en-energie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jul 2026 06:50:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Budget de l’Etat]]></category>
		<category><![CDATA[compensation]]></category>
		<category><![CDATA[coupures électriques]]></category>
		<category><![CDATA[Elyès Kasri]]></category>
		<category><![CDATA[énergie]]></category>
		<category><![CDATA[Etap]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Sahara tunisien]]></category>
		<category><![CDATA[Steg]]></category>
		<category><![CDATA[Transmed]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’heure n’est plus aux slogans creux, mais à l’action froide et rationnelle pour rattraper le déficit énergétique de la Tunisie.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/27/la-tunisie-pourra-t-elle-fournir-leurope-en-energie/">La Tunisie pourra-t-elle fournir l’Europe en énergie ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le paradoxe du jour en Tunisie semble être le potentiel que lui prêtent de nombreux experts de pouvoir fournir l’Europe en énergie électrique alors que la part de la compensation énergétique creuse un trou de plus en plus profond dans son budget et que la principale aspiration des Tunisiens est devenue de connaître suffisamment à l’avance l’horaire et la durée des prochaines coupures d&rsquo;électricité auxquelles ils se sont résignés.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Elyes Kasri</strong> *</p>



<span id="more-19319894"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Elyes-Kasri.jpg" alt="" class="wp-image-352204"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Depuis son indépendance, la Tunisie a été le pays des contrastes. Pays arabo-musulman doté d’une société ouverte et d’un statut de la femme que certains conservateurs islamistes considéraient blasphématoire, en plus d’une qualité de vie que ses voisins nettement plus riches ne pouvaient que lui envier et cherchaient la première occasion pour en profiter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2011, les paradoxes se sont multipliés mais dans une direction opposée, dans la mesure où les slogans d’emploi, de liberté, de refus de toute ingérence étrangère semblent avoir enfanté leurs contraires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le paradoxe du jour semble être le potentiel prêté par de nombreux experts tunisiens et étrangers à la Tunisie de pouvoir fournir l’Europe en énergie électrique alors que la part de la compensation énergétique creuse un trou de plus en plus profond dans le budget national et que la principale aspiration des Tunisiens est devenue de connaître suffisamment à l’avance l’horaire et la durée des prochaines coupures d&rsquo;électricité auxquelles ils se sont résignés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La nécessaire réorganisation du secteur énergétique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le plus grave est qu’un pays voisin utilise ce levier pour exercer une influence indue sur les choix de la Tunisie quitte à donner l’impression de vouloir la réduire au statut de province en raison de cette dépendance énergétique alors que ce même pays accapare, en vertu d’un découpage territorial colonial assimilable à un recel de bien mal acquis à la suite de ce qui pourrait être assimilé à un crime de guerre par la France coloniale, d’importantes ressources énergétiques et hydrauliques qui reviennent historiquement à la Tunisie et la mettraient à l’abri du besoin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les nombreux slogans de liberté, de dignité et surtout d’indépendance et de compter sur soi gagneraient, surtout dans le domaine énergétique et dans cette conjoncture socio-économique volatile, à faire l’objet d’une priorité absolue par le Conseil de sécurité nationale quitte à figurer comme un point principal et permanent sur son ordre du jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Outre la réorganisation du secteur énergétique et une réforme sérieuse de l’Etap et de la Steg, une décision gagnerait à être prise pour faire du plan solaire une priorité vitale nationale quitte à tout mettre en place pour rattraper les retards dans sa mise en œuvre et accélérer les prochaines étapes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, une négociation, basée uniquement sur l’intérêt national, devrait être menée avec les parties intéressées par le transit du Transmed (pipeline acheminant le gaz algérien en Italie en passant par le territoire tunisien) alors que l’échéance de renégociation des frais de transit approche.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Compter sur soi et ne rien attendre des voisins terrestres</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Après avoir soulevé avec le président De Gaulle et la direction politique algérienne de l’époque la question de la restitution du Sahara tunisien, Bourguiba avait obtempéré dans le fol espoir que la reconnaissance de la dette envers la Tunisie encouragerait les dirigeants algériens à faire bénéficier la Tunisie d’au moins d’une partie des richesses du Sahara.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a été remercié à Gafsa, le 27 janvier 1980 **. Ses successeurs ont bénéficié de ce genre de reconnaissance, sous d’autres formes, de la part d’un régime qui se targue d&rsquo;être le fer de lance de la lutte pour l’émancipation des peuples alors qu’il ne cesse d’opprimer et de piller son propre peuple.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie ne devrait rien attendre des régimes des pays voisins qui ont poussé leurs peuples au dénuement et à l&rsquo;exil et devrait prendre conscience sans la moindre illusion que son existence est déjà une menace existentielle pour ces deux pays voisins, créations coloniales et structures socio-politiques en crise systémique et perpétuelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ne compter que sur soi-même. ABSOLUMENT, surtout dans le domaine de l’énergie et vis-à-vis des voisins terrestres dont le mauvais sort a accablé la Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’heure n’est plus aux slogans ni aux émotions déplacées, mais à l’action froide, rationnelle et surtout patriotique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ancien diplomate.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>** Attaque de cette ville du sud-ouest tunisien par des éléments armés infiltrés de l’Algérie voisine en connivence avec les gouvernements algérien et libyen dans le but de déstabiliser le pouvoir de&nbsp;Habib Bourguiba</em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89v%C3%A9nements_de_Gafsa_(1980)#cite_note-stora-2"><em><sup>.</sup></em></a>.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="7e0EjVAFRG"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/23/la-steg-sous-haute-tension-a-limage-dune-tunisie-qui-seteint/">La Steg sous haute tension à l’image d’une Tunisie qui s’éteint</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Steg sous haute tension à l’image d’une Tunisie qui s’éteint » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/23/la-steg-sous-haute-tension-a-limage-dune-tunisie-qui-seteint/embed/#?secret=p1IHv7lwyv#?secret=7e0EjVAFRG" data-secret="7e0EjVAFRG" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/27/la-tunisie-pourra-t-elle-fournir-leurope-en-energie/">La Tunisie pourra-t-elle fournir l’Europe en énergie ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Economie tunisienne &#124;  Pour une euthanasie salvatrice ! (1-3)</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/26/economie-tunisienne-pour-une-euthanasie-salvatrice-1-3/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Jul 2026 07:45:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[chômage]]></category>
		<category><![CDATA[croissance]]></category>
		<category><![CDATA[développement]]></category>
		<category><![CDATA[inflation]]></category>
		<category><![CDATA[investissement]]></category>
		<category><![CDATA[Noureddine Horchani]]></category>
		<category><![CDATA[sous-traitance]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entre 1960 et 2026, l’économie tunisienne aurait perdu des centaines de milliards de dollars en termes de richesses nationales. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/26/economie-tunisienne-pour-une-euthanasie-salvatrice-1-3/">Economie tunisienne |  Pour une euthanasie salvatrice ! (1-3)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le diagnostic est accablant&nbsp;: l’économie tunisienne aurait perdu des centaines de milliards de dollars en termes de PIB global, de PIB par habitant, de création d’emplois ou d’accumulation de la richesse, depuis les années soixante jusqu’à nos jours, à cause de choix de politiques économiques erronées et de stratégies timorées et minimaliste&nbsp;! Ces choix auraient- ils empêché la Tunisie de se transformer en leader régional de l’industrie navale par exemple ou en hub méditerranéen de l’industrie financière ou même en pole des industries électroniques&nbsp;? Notre pays aurait-t-il ainsi raté des occasions de devenir une puissance régionale dans quelques domaines que ce soit&nbsp;? </em></strong><em>(Photo: Palais du gouvernement, à la Kasbah).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Noureddine Horchani *</strong><strong></strong></p>



<span id="more-19314241"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani.jpg" alt="" class="wp-image-17670549" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Ne cherchons pas des réponses à ces questions chez les comptables focalisés plutôt sur les équilibres financiers de l’Etat et les ratios de la comptabilité publique. Pendant des décennies, notre économie aurait supporté des manques à gagner substantiels qui auraient pu propulser notre pays au rang des pays développés. C’est ce que nous révèle, avec beaucoup de réserves de notre part, les conclusions d’un exercice d’extrapolation réalisé grâce à l’IA.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La démarche consiste à procéder à un benchmark avec des pays du bassin méditerranéen et avec la Corée du sud dont les économies étaient relativement proches de la nôtre vers les années 1960 en termes de PIB, de PIB per capita, de tissu entrepreneurial, de démographie, d’infrastructure et de développement humain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est le cas du Portugal, pays aux 10 millions d’habitants avec lequel nous partagions, à l’époque, un nombre de caractéristiques de sous-développement et des défis semblables&nbsp;: rareté des ressources, pauvreté, analphabétisation, détérioration des services de santé, etc. Nous étions même mieux lotis que ce pays sur certains registres. Il s’agit pour nous de comparer des parcours de développement entre pays afin d’évaluer les choix de politique économique et de politique tout court.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Développement du sous-développement ou management équitable de la misère</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette démarche analogique nous permet de cerner le manque à gagner supporté par l’économie tunisienne et de réaliser que d’autres alternatives auraient pu être envisagées qui auraient abouti à la construction d’une économie nationale prospère, développée, résiliente et en compétition avec ces économies qui nous ressemblaient il y a une soixantaine d’années mais qui nous ont largement dépassés pour être classées aujourd’hui parmi les vingt plus grandes économies du monde grâce à des choix judicieux et surtout ambitieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant que ces économies (Espagne, Portugal, Grèce, Corée du Sud) prospéraient, la Tunisie s’engouffrait dans ce que les économistes tiers-mondistes qualifient de développement inégal fondé sur la stratégie minimaliste de sous-traitance et de dépendance à l’égard des économies du centre développé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes, cette stratégie a joué un rôle social indéniable en absorbant des milliers de chômeurs non qualifiés puis relativement qualifiés surgissant dans la périphérie des villes sous l’effet de l’exode rural et la désertification des campagnes appauvries par les politiques publiques. Cependant, elle a favorisé l’émergence d’une économie de rente qui arrive aujourd’hui à son terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, l’Etat n’arrive plus aujourd’hui à assurer, après plus d’un demi-siècle d’indépendance politique, la prospérité et le développement intégral. Pire encore, la situation de l’économie tunisienne se dégrade et elle n’est même plus capable, après 2020, d’honorer aisément ses factures de denrées alimentaires de base&nbsp;: blé, café, viande, etc., ou de moderniser les machines de production de son phosphate indispensable aux équilibres de ses finances ni même de sauver financièrement sa compagnie de transport aérien&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Etat est aujourd’hui incapable d’assurer la maintenance de ses écoles, de ses hôpitaux, de ses routes et des canalisations d’eau <em>(Banque mondiale&nbsp;: Diagnostic des infrastructures en Tunisie &#8211; Décembre 2019)</em>. Sfax, la capitale du sud, n’a bénéficié d’une autoroute l’arrimant à Tunis qu’en 2009 soit 53 ans après l’indépendance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’une loi de finance à une autre et d’un plan de développement à un autre, les décennies passent et on a l’impression d’un remake permanent du même scénario reproduisant la gestion de la pauvreté, du manque et de la misère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les plans de développement qui se sont succédé depuis l’indépendance n’ont résolu ni le problème de la pauvreté, estimée en 2023 à 18,4% de la population, soit une aggravation par rapport à 2021 où il atteignait + 16% ni celui des disparités régionales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le plan de développement 2026 – 2030 annonce une stratégie économique fondée sur la priorité du social&nbsp;!! Cette orientation nous laisse perplexe car il s’agit d’une invitation à partager équitablement la misère en l’absence d’une stratégie de création préalable de la richesse.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Limite du modèle économique ou carence de la pensée politique&nbsp;?&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Des solutions non orthodoxes empruntées à des expériences étrangères peuvent être appliquées pour la relance de l’économie tunisienne, comme le New Deal appliqué aux Etats Unis au lendemain de la crise de 1929 et les mesures économiques prises dans le cadre du plan Marshall destiné à relancer les économies européennes exsangues et dévastées par les conséquences de la seconde guerre mondiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces programmes n’étaient pas cohérents avec les principes de l’orthodoxie de la comptabilité publique. Un respect rigoureux des principes des <em>«équilibres financiers»</em> et de l’orthodoxie libérale capitaliste n’auraient pas permis de réaliser ces projets économiques à succès, inédits et hors normes. Notre pays a besoin d’emprunter l’esprit de ces initiatives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie doit innover dans sa politique économique, faire preuve de courage et même de sens du risque calculé sans se soucier de la rigueur des équilibres financiers. La prudence excessive affichée par les dirigeants de la Banque centrale depuis longtemps, traduite par l’application d’un taux directeur élevé décourageant l’investissement et la création d’entreprise, ne devrait pas être considérée comme un mérite ou une prouesse économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette approche doit être bannie car elle n’a résolu ni l’inflation qui accable le consommateur ni la détérioration des finances publiques qui ne cesse de s’aggraver. Au contraire, il est temps aujourd’hui de récompenser la prise de risque à tous les niveaux, celui de l’Etat et celui des opérateurs économiques, et d’encourager l’innovation et pourquoi pas la folie créatrice. C’est-à-dire, en d’autres termes, ménager le citoyen avant de ménager les comptes publiques. &nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les limites de l’approche comptable&nbsp;: l’illusion des équilibres financiers&nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le plan de développement 2026- 2030 table sur un taux de croissance cible de 4% annuel ce qui témoigne de l’exiguïté des perspectives et de l’absence d’ambitions. Pourtant les artisans des plans de développement successifs, des techniciens souvent respectables et sincères, savent pertinemment qu’un taux de chômage endémique de plus de 15%, qu’un flux annuel de plus de 50 000 nouveaux diplômés du supérieur atterrissant sur le marché du travail ainsi que les inégalités régionales de plus en plus aiguisées d’une année à une autre, ne peuvent être endigués qu’à travers des taux de croissance à deux chiffres que le modèle économique en place et les plans de développement successifs sont&nbsp; incapables structurellement d’atteindre. Notre benchmarking ne consiste pas donc pas à comparer des chiffres qui en définitive ne reflètent que des réalités socio- économiques et surtout culturelles différentes. Il s’agit au contraire de se libérer de la tyrannie des chiffres chère aux comptables et de comparer des parcours, et des visions de politiques économiques. Soyons clairs, il est question de comparer des ambitions&nbsp;!!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour beaucoup d’observateurs le mode de développement est souvent invoqué pour justifier le sous-développement. Force est de constater que les Etats qui ont réussi leur développement (Portugal, Grèce, Espagne, Corée du Sud) n’ont vraisemblablement pas perdu leur temps à discuter du mode de développement à adopter&nbsp;: <em>«développement inclusif»</em>, <em>«développement durable»</em>, <em>«développement autocentré»</em>, avant de planifier leur décollage économique. L’économie tunisienne aurait pu suivre la même trajectoire à succès suivie par ces Etats prospères.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En nous appuyant sur des scénarios plus au moins ambitieux traités par l’IA, nous pouvons cerner le manque à gagner que l’économie tunisienne aurait supporté dans sa globalité et par secteur en adoptant des stratégies économiques passives, timorées et sans ambitions.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Enseignant en sciences politiques et ancien cadre de banque.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Autres articles de la série : </strong></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="jJQ0bjz2GM"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/27/economie-tunisienne-pour-une-euthanasie-salvatrice-2-3/">Economie tunisienne |  Pour une euthanasie salvatrice ! (2-3)</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Economie tunisienne |  Pour une euthanasie salvatrice ! (2-3) » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/27/economie-tunisienne-pour-une-euthanasie-salvatrice-2-3/embed/#?secret=ef7Phmub9p#?secret=jJQ0bjz2GM" data-secret="jJQ0bjz2GM" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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			</item>
		<item>
		<title>L’urgence, aujourd’hui, en Tunisie &#124; Traquer le faux, rétablir la réalité des faits</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Jul 2026 07:12:52 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Ilyes Bellagha]]></category>
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		<category><![CDATA[pouvoir]]></category>
		<category><![CDATA[république]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'urgence aujourd'hui en Tunisie c'est de traquer le faux et rétablir la réalité des faits, comme le seul lieu où le désaccord porte sur du concret. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/26/lurgence-aujourdhui-en-tunisie-traquer-le-faux-retablir-la-realite-des-faits/">L’urgence, aujourd’hui, en Tunisie | Traquer le faux, rétablir la réalité des faits</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Une image circule. Une foule dense, des drapeaux, des poings levés. La légende dit : «d’une manifestation antérieure». Ni date, ni lieu, ni échelle vérifiable. On pourrait s’arrêter là, dénoncer une manipulation, refermer le dossier. Mais le vrai sujet n’est pas cette image — c’est ce qu’elle nous a empêchés de regarder pendant que nous la regardions.</em></strong> <em>(Photo : Manifestation de l&rsquo;opposition à Tunis, le 25 juillet 2026).  </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ilyes Bellagha</strong> *</p>



<span id="more-19318281"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg" alt="" class="wp-image-6080029" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Aristote avait déjà séparé l’<em>alèthès</em> du <em>eikos</em> — le vrai du vraisemblable. Le vraisemblable se façonne sur mesure pour l’auditoire qu’il vise ; le vrai, lui, ne se plie à rien. C’est un désavantage structurel : celui qui rapporte les faits reste prisonnier de ce qui est, quand celui qui construit un récit reste libre de l’ajuster à ce que son public veut entendre. Arendt en tirait une conclusion dérangeante — le menteur a toujours un avantage sur celui qui dit le vrai. Une légende floue sur une photo d’archive n’est pas un mensonge caractérisé. C’est un choix de laisser le vraisemblable effectuer le travail que le vrai ne peut pas faire aussi vite : suggérer une ampleur avant qu’aucun fait ne l’établisse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce mécanisme n’appartient à aucun camp. Le pouvoir tunisien met en scène ses propres foules avec les mêmes légendes vagues ; l’opposition fait de même pour les siennes. Ibn Khaldoun avait déjà catalogué, dans la <em>Muqaddima</em>, les raisons pour lesquelles les récits se déforment en passant de bouche en bouche — parti pris, flatterie du pouvoir, exagération, crédulité. Ce que les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle ont changé, ce n’est pas la nature de l’erreur, c’est sa vitesse et son échelle. Une chaîne de transmission vivante et vérifiable — un <em>sanad</em>, pour reprendre le mot — devient une copie sans origine, une <em>nuskha</em>, que des millions d’écrans démultiplient avant qu’aucune vérification n’ait eu le temps d’exister.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Popper offre ici une boussole utile : aucun récit ne peut être prouvé vrai de façon définitive, mais une seule faille suffit à établir le faux, sans retour possible. Chercher à prouver qu’une image est authentique est un travail sans fin. Chercher la faille qui la rend fausse — la date absente, le lieu invérifiable — est un travail fini. C’est ce travail-là, modeste et cumulatif, qui reste à la portée d’un lecteur, d’un collège de veilleurs citoyens, d’une rédaction rigoureuse. Pas la reconquête du vrai. La traque du faux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le terrain</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En rugby, en dehors de la mêlée, il reste le jeu — et après le jeu, on ne plie pas le terrain. Entre le 24 et le 26 juillet, ce qui ne se plie pas, ce sont les chiffres que ni le pouvoir ni l’opposition ne peuvent réviser à leur avantage du jour au lendemain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La croissance du PIB s’est établie à 2,5 % en 2025, contre 1,6 % en 2024, et à 2,6 % au premier trimestre 2026 — un chiffre que le gouvernement met en avant, quand le FMI, plus prudent, tablait sur 2,1 % pour l’année. L’inflation a reculé à 5,3 % en moyenne annuelle 2025, contre 7 % en 2024, et à 5,0 % en février 2026 — un recul réel, que masque toutefois la hausse persistante des prix alimentaires, viande et produits frais en tête, qui pèse plus lourd sur un ménage modeste que la moyenne agrégée ne le montre. Le taux de chômage global a reculé à 15,2 % au dernier trimestre 2025, puis à 15 % au premier trimestre 2026 — mais le chômage des jeunes de 15 à 24 ans reste figé à 38,4 %, chiffre qui contredit à lui seul tout récit d’amélioration générale, puisque c’est précisément cette tranche d’âge qui peuple la rue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur la dette, la Tunisie a soldé le 15 juillet 2026 son dernier grand emprunt sur les marchés financiers internationaux, un symbole que le pouvoir peut légitimement revendiquer. Mais la dette extérieure, tombée à 39,3 % de l’encours public total fin 2025, n’a pas disparu : elle a changé de nature. Le service de la dette 2026 est attendu en repli de 5,7 %, à 23,06 milliards de dinars — mais les intérêts de la dette intérieure, eux, bondissent de 21 % sur un an. L’État emprunte de plus en plus à ses propres banques, ce qui restreint d’autant le crédit disponible pour l’économie réelle. Les économistes appellent cela l’effet d’éviction. Aucun camp politique n’en fait, pour l’instant, le point de départ d’un programme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le non-événement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Vu depuis ce terrain, un rassemblement place de la République — vingt personnes ou vingt mille — est stratégiquement un non-événement. Le pouvoir ne perd rien qu’il n’ait déjà engagé dans la gestion des coupures d’eau et d’électricité ; l’opposition ne gagne rien qu’un supplément de visibilité sans traduction programmatique. Aucun des deux ne revient, ce soir-là, sur le chômage des jeunes ou sur l’effet d’éviction. Le désaccord ne porte pas sur les faits — il ne les touche même pas. Il porte sur un récit contre un autre : <em>«l’État en marche»</em> contre <em>«l’usurpateur de Carthage»</em>, deux formules qui s’affrontent sans jamais se rencontrer sur un chiffre commun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On pourrait n’y voir qu’une défaillance structurelle — l’absence d’un canal institutionnel où un programme chiffré pourrait se construire, depuis un Parlement affaibli et des partis sans relais réel. Mais il y a une autre histoire, plus dure, qu’il faut regarder en face.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La trahison</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un militant réclame le droit de s’exprimer. Son slogan : <em>«je veux m’exprimer»</em>. Un jour, on lui répond : vas-y, dis ce que tu as à dire. Il se tait. La contrainte qu’il invoquait vient de tomber, et le silence qui suit révèle que la revendication n’a jamais été un moyen vers un contenu. Elle était la fin elle-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2011, la scène politique tunisienne rejoue une variante de cette parabole. Chaque fois qu’un espace s’est rouvert — l’Assemblée nationale constituante, les législatives de 2014 et 2019, la période parlementaire d’avant 2021 — ce qui en est sorti n’a que rarement été un menu de vision chiffré et concurrent. Plutôt la reconduction du même rapport de force identitaire, laïcs contre islamistes, ancien régime contre révolution, avec les mêmes slogans recyclés une fois au pouvoir. Un système qui échoue peut ignorer sa propre stérilité. Une trahison suppose qu’à un niveau ou un autre, on le sait — ou qu’on pourrait le savoir si on se regardait honnêtement — et qu’on choisit quand même de rejouer le slogan plutôt que d’affronter le vide qu’il masque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce vide n’est pas non plus soluble par une simple addition des colères. Une coalition qui rassemble, sous un même mot d’ordre du soir, une mouvance civile et Ennahdha n’a pour dénominateur commun qu’un rejet — parce que tout dénominateur positif rouvrirait le clivage de fond que 2011-2013 avait déjà mis à nu : quelle Constitution, quel rapport à la religion, quel régime électoral. La 6ᵉ République que réclame une partie de la gauche française reste un point de convergence parce qu’elle repose sur un référentiel partagé — rapport à la laïcité, à l’État social. Ici, le référentiel diverge à la racine. Le seul terrain d’entente disponible est donc négatif, et il le restera tant que ce clivage fondateur n’aura pas été retraité — ce qui ne se joue certainement pas un soir de rassemblement place de la République.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Durer sans se durcir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a une tentation, face à ce constat, de tout ranger dans la même poubelle — l’information comme l’intox, le pouvoir comme l’opposition, le vrai comme le vraisemblable. Ce n’est pas du discernement, c’est son abandon, et c’est précisément l’état qui profite le plus à qui n’a pas besoin d’être cru, pourvu que rien d’autre ne le soit non plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’alternative n’est ni la naïveté ni la fermeture. C’est un travail permanent, modeste et cumulatif : traquer le faux vérifiable plutôt que réclamer le vrai inatteignable ; tenir le terrain chiffré — celui du chômage des jeunes, de l’effet d’éviction, du service de la dette — comme le seul lieu où le désaccord porte enfin sur une interprétation et non sur un fait fabriqué. C’est un projet plus modeste que <em>«rétablir la vérité»</em>. C’est le seul qui soit tenable. Et c’est, en définitive, ce que réclame une République qui ne veut plus se payer de mêlées sans jeu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Architecte. </em></p>
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		<title>De l’injustice à l’obscurité </title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Jul 2026 05:57:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[25 juillet]]></category>
		<category><![CDATA[Coupures d&#039;électricité]]></category>
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		<category><![CDATA[injustice]]></category>
		<category><![CDATA[Monia Kallel]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le noir qui tombe sur les villes n’est plus seulement une panne électrique. Il devient l’image d’un pays dont l’horizon s’assombrit.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le noir qui tombe sur les villes n’est plus seulement une panne électrique. Il devient l’image d’un pays dont l’horizon s’assombrit. Car l’obscurité n’est pas seulement l’absence de lumière. Elle est aussi, peut-être, l’ombre portée de l’injustice.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Monia Kallel</strong> *</p>



<span id="more-19317956"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Monia-Kallel.jpg" alt="" class="wp-image-14872475" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Monia-Kallel.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Monia-Kallel-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Monia-Kallel-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">En ce 25 juillet, il est difficile de célébrer. &nbsp;Les&nbsp;coupures d’électricité, les pénuries d’eau, la flambée des prix, la disparition de produits essentiels et de certains médicaments imposent un autre registre : celui de la réflexion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis plusieurs années, les mots <em>propreté,</em> <em>nettoyage,</em> <em>probité,</em> <em>transparence</em> occupent le discours public, même lorsqu’ils ne sont pas explicitement prononcés. Ils dessinent un imaginaire de la pureté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela fait penser au livre de Colette, <em>Le Pur et l’Impur.</em> Il est des titres qui traversent le temps et finissent par vivre d’une vie propre parce qu’ils interrogent ces vieux rêves qui traversent les sociétés : la pureté, l’ordre parfait, l’homme sans tache.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La pureté est une catégorie morale. Lorsqu’elle devient une catégorie politique, elle cesse d’être une exigence personnelle pour devenir un instrument de classement. Le monde se partage alors entre les purs et les impurs, les loyaux et les traîtres, les patriotes et les vendus. La politique ne cherche plus à convaincre ; elle désigne. Elle ne demande plus : <em>Que fait-on ?</em> , mais : <em>De quel côté êtes-vous ?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Toute politique de la pureté a besoin de son impur. Il lui faut une menace, un repoussoir, une figure qui justifie le tri. Ici, c’est la <em>«décennie noire»</em>, sans cesse convoquée moins comme une période de notre histoire à comprendre que comme une peur à entretenir. Le passé n’éclaire plus le présent ; il le dispense d’être interrogé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire est jalonnée d’entreprises de purification. Toutes ont fini par transformer l’injustice en nécessité. Ce qui, hier encore, aurait paru arbitraire devient acceptable parce qu’il participe du <em>«nettoyage»</em>. Les mots changent avant les consciences. Rendre des comptes se confond avec punir. L’emprisonnement devient l’horizon naturel de la justice. Peu à peu, l’injustice cesse même d’être perçue comme telle, dès lors qu’elle frappe ceux que l’on a préalablement désignés comme impurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La langue arabe ménage une proximité saisissante entre <strong>ظلم</strong> (<em>dhulm</em>), l’injustice, et  <strong>ظلام</strong> (<em>dhalâm</em>), l’obscurité. Plus qu’une parenté de racine, on y entend une résonance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a l’obscurité des villes soudain privées d’électricité, les quartiers plongés dans le noir, les foyers qui attendent le retour de la lumière. Mais il est une autre obscurité, plus lente, moins visible. Celle qui s’installe lorsqu’une société s’habitue à l’injustice, lorsqu’elle consent à la privation de liberté au nom de la pureté, lorsqu’elle accepte qu’une partie des siens soit exclue de la protection du droit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors le noir qui tombe sur les villes n’est plus seulement une panne. Il devient l’image d’un pays dont l’horizon s’assombrit. Car l’obscurité n’est pas seulement l’absence de lumière. Elle est aussi, peut-être, l’ombre portée de l’injustice.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ecrivaine.</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="A7KkhaaCml"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/23/la-steg-sous-haute-tension-a-limage-dune-tunisie-qui-seteint/">La Steg sous haute tension à l’image d’une Tunisie qui s’éteint</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Steg sous haute tension à l’image d’une Tunisie qui s’éteint » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/23/la-steg-sous-haute-tension-a-limage-dune-tunisie-qui-seteint/embed/#?secret=VtVoaTOaaH#?secret=A7KkhaaCml" data-secret="A7KkhaaCml" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Leadership, responsabilité et autorité  légitime</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Jul 2026 12:53:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[autorité légitime]]></category>
		<category><![CDATA[Elyes Kasri]]></category>
		<category><![CDATA[leadership]]></category>
		<category><![CDATA[responsabilité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un manager protège ses collaborateurs de la foudre extérieure ; il endosse l’erreur collective face au monde. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Un manager protège ses collaborateurs de la foudre extérieure ; il endosse l’erreur collective face au monde, quitte à corriger la trajectoire et à instruire ses équipes à l’abri des regards. Il ne se défausse pas sur ses collaborateurs, mais assume ses responsabilités et accepte d’être le dernier rempart lorsque la tempête se lève.</em></strong> <strong><em>C’est à ce prix, et à ce prix seulement, que naît l’autorité légitime.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Elyes Kasri</strong> *</p>



<span id="more-19314451"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Elyes-Kasri.jpg" alt="" class="wp-image-352204"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Il est une phrase, gravée autrefois sur un simple chevalet de verre au cœur du Bureau ovale, qui résume à elle seule la solitude et la grandeur du pouvoir : <em>«The buck stops here»</em>. C’est ici que s’arrêtent les responsabilités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En quelques mots, le président américain Harry Truman rappelait une vérité que notre époque feint parfois d’oublier : mener les hommes n’est pas une affaire de privilèges, mais un exercice d’imputabilité absolue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le véritable leader n’est pas celui qui trône au sommet pour récolter les honneurs, mais celui qui accepte d’être le dernier rempart lorsque la tempête se lève.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, la tentation est grande, face à l’échec, de chercher un coupable dans les angles morts de l’organisation. C’est le jeu séculaire du blâme, cette manie de renvoyer la balle à un subordonné, d’accuser la conjoncture ou d’invoquer la fatalité des outils.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce jeu a un coût invisible et destructeur. Dès lors qu’un dirigeant se défile, c’est tout l’édifice de la confiance qui s’effondre. Les collaborateurs tétanisés par la peur du faux pas, cessent d’innover, se murent dans le silence et apprennent à leur tour l’art d’esquiver.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dire <em>«j’assume»</em> ne serait pas un aveu de faiblesse, mais plutôt un acte de courage souverain. Cela exige une force de caractère rare : celle de trancher dans l’incertitude sans attendre le confort d’un consensus tiède, et celle, plus noble encore, de faire écran.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un manager protège ses collaborateurs de la foudre extérieure ; il endosse l’erreur collective face au monde, quitte à corriger la trajectoire et à instruire ses équipes à l’abri des regards. C’est à ce prix, et à ce prix seulement, que naît l’autorité légitime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque la responsabilité est ainsi incarnée au sommet, l’atmosphère d’une entreprise se métamorphose. Libérés du poids de la suspicion, les esprits s’ouvrent à l’audace. On ne cherche plus à masquer les failles, mais à les réparer ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En acceptant d’être le lieu géométrique où s’arrêtent les excuses, le leader offre à ses équipes le plus précieux des espaces : celui de la liberté et de la dignité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le leadership, en fin de compte, n’est pas une science de la gestion, c’est une philosophie de l&rsquo;engagement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ancien ambassadeur.</em></p>
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