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	<title>Archives des TRIBUNE - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des TRIBUNE - Kapitalis</title>
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		<title>Tunisie &#124; Les mêmes plans génèrent les mêmes échecs</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Jul 2026 10:37:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Encore un plan de développement, semblables à ses prédécesseurs, en espérant une issue différente. La Tunisie avance... sur place. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/10/tunisie-les-memes-plans-generent-les-memes-echecs/">Tunisie | Les mêmes plans génèrent les mêmes échecs</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La Tunisie rejoue le même film (un autre Plan de développement) en espérant une issue différente. Ce jeudi 9 juillet 2026, le bureau de l’Assemblée des représentants du peuple a transmis à la plénière le rapport de synthèse sur le Plan de Développement 2026-2030. Un énième acte d’une pièce que plus personne ne regarde vraiment, tant on en connaît d’avance le dénouement : de grandes promesses au lever de rideau, un silence gêné à la fermeture.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Moktar Lamari</strong> *</p>



<span id="more-19199892"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">On appelle ça, en psychologie de comptoir, la définition même de la folie : refaire toujours la même chose en espérant un résultat différent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Tunisie, on a simplement institutionnalisé la folie sous forme de planifications (triennale, ou quinquennale) que tout le monde sait que c’est un exercice de mobilisation de foule et une parade populiste dont les résultats sont connus d’avance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un casting de blablateurs recyclés</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Plan 2016-2020, porté par Youssef Chahed, promettait 5% de croissance annuelle et 45 milliards de dinars d’investissements publics. Monsieur Chahed a quitté la Kasbah en 2020 sans jamais revenir devant les Tunisiens pour expliquer pourquoi la croissance réelle a plafonné sous les 2,5%.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucune conférence de presse de bilan, aucun mea culpa chiffré — juste un exil confortable et un mandat d’arrêt international pour d’autres motifs, pendant que le pays, lui, encaissait la facture de ses promesses non tenues.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vient ensuite Najla Bouden, qui présente en janvier 2023 son Plan 2023-2025 : 2,1% de croissance moyenne, chômage à 14% en 2025, investissement à 17,8% du PIB.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Madame Bouden quitte ses fonctions en août 2023, remplacée par Ahmed Hachani, lui-même remplacé en mars 2025 par Sarra Zaâfrani Zenzeri — trois chefs de gouvernement pour un seul plan triennal, aucun n’étant resté assez longtemps pour répondre de son exécution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Résultat, en 2025 : chômage toujours calé autour de 15%, investissement public exsangue, dette publique à 82% du PIB. Personne n’a payé le prix politique de cet échec — la sanction, en Tunisie, ne s’applique jamais aux plans, seulement au peuple qui les subit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et voici Madame Zaâfrani Zenzeri qui présente, elle, un Plan 2026-2030 affublé d’une méthodologie <em>«ascendante» </em>présentée comme révolutionnaire. Une nouveauté de façade pour emballer le même produit périmé : toujours aucune évaluation publique et chiffrée des trois plans précédents, toujours pas de responsable désigné, toujours pas de mea culpa. On change l’emballage, jamais la recette qui rate.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quatre échecs, quatre responsables, et c&rsquo;est le peuple qui paie la facture</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Primo, l’absence d’évaluation ex post — un choix, pas un oubli. Ne jamais évaluer, c’est ne jamais devoir rendre de comptes. Le ministère de l’Économie et de la Planification, qui rédige plan après plan depuis dix ans, a suffisamment de compétences techniques pour produire un bilan rigoureux ; s’il ne le fait pas, c’est qu’aucun gouvernement successif n’a intérêt à ce que la lumière soit faite sur l’héritage de son prédécesseur — ni, in fine, sur le sien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Secundo, des hypothèses de croissance gonflées sciemment pour vendre le plan au Parlement et aux bailleurs de fonds. Annoncer 5% quand on sait pertinemment que la structure de l’économie ne le permet pas n’est pas de l’optimisme, c’est de la présentation frauduleuse de résultats escomptés — un délit qui, dans une entreprise cotée, vaudrait une enquête du régulateur boursier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tertio, des réformes structurelles promises et jamais engagées — code des marchés publics, réforme fiscale, modernisation administrative — recyclées de plan en plan comme un copier-coller PowerPoint que personne ne relit plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque ministre de l’Économie et de la Planification qui a occupé ce poste depuis 2016 — de Fadhel Abdelkefi à Samir Saïed jusqu’à Samir Abdelhafidh aujourd’hui — a eu ce même paragraphe sous les yeux et l’a simplement retapé, sans jamais exiger de ses collègues du gouvernement qu’ils rendent des comptes de son exécution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quarto, une valse de chefs de gouvernement organisée comme une stratégie de dilution des responsabilités : quand un plan échoue sur trois ans mais que trois chefs de gouvernement différents se le partagent, personne n’est individuellement comptable — et c’est précisément ce flou organisationnel qui permet à chacun de partir la conscience tranquille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une planification sérieuse imposerait qu’aucun nouveau plan ne soit présenté au Parlement sans un rapport d’évaluation indépendant du précédent, publié et débattu en séance plénière avant le vote — pas après, jamais après.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle imposerait que les ministres signataires d’un plan soient nommément identifiés comme responsables de sa non-exécution, avec obligation de comparution devant la commission des finances en fin de mandat. Elle imposerait enfin l’abandon des horizons lointains et vagues — 2030, 2035 — au profit d’engagements annuels vérifiables, sanctionnables, et donc réellement contraignants.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Trois constats, sans complaisance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Primo, les décideurs tunisiens ne rejouent pas la même erreur par incompétence — ils la rejouent parce que l’absence d’évaluation leur profite personnellement et politiquement : pas de bilan, pas de blâme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Secundo, chaque chef de gouvernement qui part avant l’échéance de son propre plan laisse une dette de redevabilité que le suivant n’a aucun intérêt à recouvrer, puisque lui-même compte partir avant l’heure des comptes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tertio, tant que la sanction de l’échec continuera de retomber uniquement sur le pouvoir d’achat des Tunisiens et jamais sur la carrière de ceux qui signent ces plans, le cinquième acte de cette pièce, en 2031, ressemblera trait pour trait aux quatre précédents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme le dit le proverbe : <em>«Idha kther el tabbakhine, el tabkha tahrek»</em> (Quand les cuisiniers se multiplient, le plat brûle).</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Tunisie, on a changé les cuisiniers plusieurs fois depuis 2016 sans jamais changer la recette — et le plat, lui, continue de brûler pendant que tout le monde regarde ailleurs. Ou souffler sur le feu… de l’insatisfaction sociale !</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Economiste universitaire.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Blog de l’auteur</strong> : <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">E4T</a>.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="3kAilIHcC5"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/29/tunisie-un-plan-de-developpement-pour-quoi-faire/">Tunisie : un plan de développement pour quoi faire ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : un plan de développement pour quoi faire ? » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/29/tunisie-un-plan-de-developpement-pour-quoi-faire/embed/#?secret=hJBUFpBNKD#?secret=3kAilIHcC5" data-secret="3kAilIHcC5" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>On défigure Sidi Bou Saïd</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Jul 2026 09:21:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Aïcha Gorgi]]></category>
		<category><![CDATA[Saro Lo Turco]]></category>
		<category><![CDATA[Sidi Bou Saïd]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sidi Bou Saïd, un village pittoresque unique au monde, est en train d'être transformé en une simple vitrine commerciale, sans identité.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À force de remplacer les ateliers, les galeries, les boutiques d’artisanat et les espaces culturels par des commerces de nourriture, nous transformons Sidi Bou Saïd, un village unique au monde, en une simple vitrine commerciale, sans identité.</em></strong> <em>(Illustration : Le Sidi Bou Saïd que l&rsquo;on veut préserver / Le Sidi Bou Saïd que l&rsquo;on continue de piétiner). </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Aïcha Gorgi *</strong></p>



<span id="more-19199228"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Aicha-Gorgi-Portrait-2.jpg" alt="" class="wp-image-19199396" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Aicha-Gorgi-Portrait-2.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Aicha-Gorgi-Portrait-2-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Aicha-Gorgi-Portrait-2-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Hier soir, en rentrant un peu tard, j’ai pris le temps de regarder mon village. Mon regard s’est arrêté sur un immense mur en céramique flambant neuf, sans aucun lien avec les zelliges traditionnels de Sidi Bou Saïd, surmonté d’une enseigne gigantesque qui défigure les lieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En m’approchant, j’ai découvert qu’il s’agissait encore d’un commerce de restauration, cette fois spécialisé dans le tiramisu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je n’ai absolument rien contre cette enseigne ni contre les gâteaux italiens. Le problème n’est pas là. Le problème, c’est que Sidi Bou Saïd est en train de perdre son âme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À force de remplacer les ateliers, les galeries, les boutiques d’artisanat et les espaces culturels par des commerces de nourriture, nous transformons un village unique au monde en une simple vitrine commerciale, sans identité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette enseigne remplace une charmante boutique qui vendait des tableaux, en parfaite harmonie avec l’esprit du village. C’est une perte immense, repose en paix cher Saro **.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À quoi servent les discours sur la préservation du patrimoine si, sur le terrain, on laisse disparaître ce qui fait l’identité de Sidi Bou Saïd ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai parfois l’impression de me battre seule, mais je refuse de me taire. J’appelle tous ceux qui aiment ce village à réagir. Nous avons besoin de projets culturels, d’artisans, de librairies, de galeries, d’espaces de création, pas d’une succession infinie de commerces de restauration.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sidi Bou Saïd n’est pas un centre commercial. C’est un patrimoine vivant. Et il est de notre responsabilité à tous de le défendre avant qu’il ne soit complètement trop tard.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Galeriste.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>** Saro Lo Turco, un artiste peintre italien originaire de Valguarnera Caropepe en Sicile. C’était un amoureux de Sidi Bou Said et de la Tunisie, où il réside depuis la fin des années 1990 et où il est décédé le 14 janvier 2024.</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="y6iRfQIVvZ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/10/debut-aout-demarrage-des-travaux-de-securisation-de-la-colline-de-sidi-bou-said/">Début août, démarrage des travaux de sécurisation de la colline de Sidi Bou Saïd</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Début août, démarrage des travaux de sécurisation de la colline de Sidi Bou Saïd » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/10/debut-aout-demarrage-des-travaux-de-securisation-de-la-colline-de-sidi-bou-said/embed/#?secret=5t5aJJbg7M#?secret=y6iRfQIVvZ" data-secret="y6iRfQIVvZ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>La BCT navigue à vue &#124; Deux plans stratégiques, zéro indicateurs</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/09/la-bct-navigue-a-vue-deux-plans-strategiques-zero-indicateurs/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jul 2026 10:32:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[banque centrale]]></category>
		<category><![CDATA[déficit budgétaire]]></category>
		<category><![CDATA[endettement extérieur]]></category>
		<category><![CDATA[Fethi Zouhaier Nouri]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
		<category><![CDATA[plans stratégiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Rapport annuel 2025 de la Banque Centrale de Tunisie raconte tout, sauf l'essentiel, en observant le silence sur beaucoup de sujets. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/09/la-bct-navigue-a-vue-deux-plans-strategiques-zero-indicateurs/">La BCT navigue à vue | Deux plans stratégiques, zéro indicateurs</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Rapport annuel 2025 de la Banque Centrale de Tunisie est paru le 7 juillet 2026 — fait suffisamment rare pour être signalé, la BCT ayant pris l’habitude, depuis 2011, de le publier en septembre ou octobre. Cette fois, elle devance même l’échéance réglementaire du 20 juin. Un progrès de gouvernance ? Peut-être. Ou peut-être, une publication savamment calée avant le remboursement, une semaine plus tard, d’une obligation souveraine en euros de 750 millions —. Un rapport qui raconte tout, sauf l&rsquo;essentiel.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Moktar Lamari</strong> *</p>



<span id="more-19188813"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Le millésime 2025 est un festival de bonnes nouvelles : croissance à 2,5% (contre 1,6% en 2024), chômage ramené à 15,2%, inflation en repli à 4,9% en glissement annuel — son plus bas niveau depuis 2017 —, taux directeur abaissé à 7% après deux baisses de 50 points de base, dette extérieure à long terme reculant de 47,5% à 39,5% du PIB, IDE en hausse de 30% à 3,5 milliards de dinars</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des silences assourdissants</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouverneur Fethi Zouhaier Nouri navigue, dans son mot introductif, entre optimisme administré et satisfecit technique. Ce que Kapitalis résume avec justesse dans son second volet critique <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/rapport-annuel-2025-de-la-bct-angles-morts-et-incoherences/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">(<em>«Rapport annuel 2025 de la BCT | Angles morts et incohérences»</em></a>, 08/07/2026) : le paquebot avance, certes, mais avec une coque fissurée — dette élevée, dépendance extérieure, financement sous tension…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que ni le gouverneur ni son rapport ne racontent, en revanche, c’est où en est la Banque Centrale par rapport à ses propres plans stratégiques — celui de 2019-2021 et celui de 2023-2025, aujourd’hui échu. Aucun bilan, aucun taux de réalisation, aucun indicateur chiffré comparant l’annoncé au réalisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un silence d’autant plus assourdissant que ce même rapport 2018 (juin 2019), qui lançait le premier plan, promettait des <em>«objectifs Smart»</em> — spécifiques, mesurables, acceptables, réalistes et temporellement définis. Sept ans plus tard, on cherche encore le «M» de mesurable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quatre défaillances, un même diagnostic</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Primo, la défaillance sur la dette.</em></strong> Le rapport 2025 célèbre le recul du ratio de dette extérieure de huit points de PIB en un an. Mais cette embellie tient à l’appréciation du dinar face au dollar (+9,8% en 2025) et à la hausse conjoncturelle des IDE — deux variables externes, pas le fruit d’une stratégie de désendettement pilotée par un plan interne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La dette publique globale, elle, stagne à 82,1% du PIB. Aucun des deux plans stratégiques n’affichait de cible chiffrée de réduction de l’endettement ; on ne peut donc juger d’aucune réussite, seulement constater une conjoncture favorable qu’on habille en performance institutionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Secundo, la défaillance sur la digitalisation.</em></strong> Les deux plans en faisaient un axe cardinal — TuniChèque, Open Banking, dispositif de management de l’innovation. Le rapport 2025 évoque, selon la synthèse de <em>Challenges TN</em>, <em>«une Banque Centrale qui mise sur le numérique et l’intelligence artificielle»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mise, certes. Mais avec quel taux d’adoption du paiement digital ? Quelle part de marché de l’Open Banking ? Aucun chiffre. On mise sans jamais dire combien on a gagné à la table.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Tertio, la défaillance sur l’inclusion financière</em></strong> — troisième pilier explicite du plan 2023-2025. Le rapport 2025 ne fournit aucun indicateur de bancarisation, aucun taux d’inclusion, aucune évolution de la population non bancarisée. Silence total sur l’objectif qu’on s’était pourtant donné en toutes lettres.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Quarto, la défaillance sur la modernisation des instruments monétaires.</em></strong> Le volume de refinancement bancaire reste à 11 594 millions de dinars fin 2025 (soit une moyenne annuelle de 12 763 millions), avec un pic à 15 120 millions en mars.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La BCT demeure, pour reprendre l&rsquo;image de Kapitalis, <em>«la grande fontaine où viennent boire les banques»</em>. Sept ans de plans stratégiques successifs n’ont pas réduit la dépendance structurelle du système bancaire à la liquidité centrale — la modernisation promise reste, en ce sens, un mot sans mécanique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La souveraineté sous-traitée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Voici le paradoxe qui fâche vraiment. Le plan 2019-2021 n’est pas né dans un bureau tunisien isolé : il a été co-articulé dans le sillage d’une convention de coopération signée à Paris le 28 mars 2019 entre Marouane El Abassi et François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France — convention couvrant précisément la politique monétaire et de change, la supervision bancaire, la finance digitale et l’inclusion financière <em>(source : Tustex, 02/04/2019 ; Rapport Annuel BCT 2018, juin 2019)</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le plan 2023-2025, lui, a bénéficié de l’appui du projet GIZ <em>«Recap Composante BCT»</em>, explicitement dédié à soutenir <em>«certains projets stratégiques de la Banque Centrale de Tunisie»</em> dans le cadre du partenariat tuniso-allemand pour les réformes (Source&nbsp;: GIZ Tunisie).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrement dit : les deux architectures stratégiques qui devaient façonner l’avenir de l’institut d’émission tunisien ont été, chacune, tricotées avec l’assistance technique d’une puissance étrangère — la France puis l’Allemagne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rien d’illégitime en soi&nbsp;: la coopération technique entre banques centrales est monnaie courante. Mais quand on prétend, dans le même souffle, défendre la souveraineté monétaire du pays face au FMI et refuser les conditionnalités extérieures, il est pour le moins cocasse de faire concevoir sa propre feuille de route institutionnelle à Paris puis à Berlin — sans jamais publier le document final ni ses indicateurs pour que le citoyen tunisien juge sur pièces.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les trois contradictions</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Primo, la BCT s’impose aux banques commerciales une rigueur prudentielle chiffrée au dixième de point (LCR, ratios de fonds propres) qu’elle ne s’applique jamais à elle-même dans l’évaluation de ses propres plans stratégiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Secundo, l’absence de consultation annoncée pour troisième plan pour l’après-2026, dans un rapport déjà critiqué pour ses propres incohérences statistiques, laisse l’institution sans cap institutionnel public au moment précis où elle négocie sa crédibilité face à Afreximbank et aux marchés obligataires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tertio, une planification stratégique conçue avec assistance étrangère mais jamais rendue publique dans ses détails n’est ni transparente, ni le fruit d’une réflexion endogène évaluable — c’est, au sens propre, une souveraineté administrée par procuration.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu’il pleuve des bons chiffres ou qu’il vente des critiques, la BCT continue son cycle de plans sans jamais dire ce qu’elle en a fait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouverneur actuel de la BCT a choisi de ne parler aux parlementaires, ni au journalistes… il préfère communiquer avec le FMI, les bailleurs de fonds internationaux, mais pas aux Tunisiens. Va savoir pourquoi…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Economistes universitaire.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Blog de l’auteur.</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Précédents articles :</strong></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="lTABkqSUEA"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/banque-centrale-de-tunisie-anatomie-dun-optimisme-administre/">Banque centrale de Tunisie | Anatomie d’un optimisme administré</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Banque centrale de Tunisie | Anatomie d’un optimisme administré » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/banque-centrale-de-tunisie-anatomie-dun-optimisme-administre/embed/#?secret=YT0AKG3LfI#?secret=lTABkqSUEA" data-secret="lTABkqSUEA" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="iH9DSib8Lg"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/rapport-annuel-2025-de-la-bct-angles-morts-et-incoherences/">Rapport annuel 2025 de la BCT | Angles morts et incohérences</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Rapport annuel 2025 de la BCT | Angles morts et incohérences » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/rapport-annuel-2025-de-la-bct-angles-morts-et-incoherences/embed/#?secret=ET4Ea5aIub#?secret=iH9DSib8Lg" data-secret="iH9DSib8Lg" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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			</item>
		<item>
		<title>Les frustrations silencieuses des retraités en Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/09/les-frustrations-silencieuses-des-retraites-en-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jul 2026 08:31:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[CNRPS]]></category>
		<category><![CDATA[CNSS]]></category>
		<category><![CDATA[retraités]]></category>
		<category><![CDATA[Sadok Zerelli]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour de nombreux retraités tunisiens, cette étape de la vie est marquée par les frustrations, les désillusions, les inquiétudes et la solitude.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/09/les-frustrations-silencieuses-des-retraites-en-tunisie/">Les frustrations silencieuses des retraités en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Pour de nombreux retraités tunisiens, cette étape de la vie est loin d’être un long fleuve tranquille. Derrière les sourires de façade et les mots traditionnels de résignation («labès» et «hamdullah») se cachent souvent des frustrations profondes, faites de désillusions, d&rsquo;inquiétudes et de solitude.</em></strong> <em>(Illustration : Une tableau de peinture à l&rsquo;huile de Zoubeir Turki).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dr Sadok Zerelli</strong></p>



<span id="more-19187615"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les données les plus récentes publiées par l’INS, nous sommes (j’en fais partie) environ 1,2 million de retraités, dont environ 800 000 retraités affiliés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), principalement les salariés du secteur privé, et environ 380 000 retraités affiliés à la Caisse nationale de retraite et de prévoyance sociale (CNRPS), qui couvre essentiellement les fonctionnaires et les agents du secteur public.&nbsp;Avec une population d&rsquo;environ 12 millions d&rsquo;habitants, cela signifie qu&rsquo;environ un Tunisien(ne) sur dix est retraité(e)<em>.</em> A noter que cette proportion ne peut que croître d’une année à l’autre sous les effets conjugués de la baisse du taux de natalité en raison de la baisse du nombre de mariages et l’accroissement de la durée de vie en raison des progrès immenses réalisés par la médecine&nbsp;en une seule génération</p>



<p class="wp-block-paragraph">A l’inverse de toutes les autres catégories sociales qui sont représentées par des organisations syndicales ou patronales ou professionnelles qui peuvent parler en leurs noms, défendre leurs intérêts, les faire descendre dans la rue ou faire grève pour satisfaire leurs revendications, les retraités ne sont représentés par aucune organisation sociale ou structure syndicale ou même associative qui peut parler en leurs noms et exprimer leurs frustrations qui se retrouvent réduites au silence (d’où le titre que j‘ai choisi pour cet de l’article).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, c&rsquo;est une catégorie de la population qui fait face à de nombreux défis : des pensions souvent modestes, un coût de la vie en hausse, des dépenses de santé importantes et, pour beaucoup, un sentiment de solitude et d’être insuffisamment reconnus après une vie de travail et de dévouement pour le pays.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La retraite nous a été souvent présentée comme une période de repos bien méritée, où l’on peut enfin profiter du temps retrouvé après des décennies de travail. Pourtant, pour de nombreux retraités tunisiens, cette nouvelle étape de la vie est loin d’être un long fleuve tranquille. Derrière les sourires de façade et les mots traditionnels de résignation <em>(«labès» et «hamdullah»</em>) se cachent souvent des frustrations profondes, faites de désillusions, d&rsquo;inquiétudes et de solitude.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En tant que retraité moi-même, je peux témoigner que la retraite nous enlève bien plus qu’un salaire&nbsp;: elle nous retire une partie de notre dignité. Le plus difficile n’est pas de vieillir. Vieillir est dans l’ordre des choses. Ce qui fait mal, c’est de sentir que l’on devient peu à peu transparent et inutile à la société, y compris à nos propres enfants qui n’ont plus besoin de nous et ont appris à voler de leurs propres ailes.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="qMFRcNHyL3"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/13/la-famille-comme-dernier-filet-social/">La famille comme dernier filet social</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La famille comme dernier filet social » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/13/la-famille-comme-dernier-filet-social/embed/#?secret=KAKKBXcueo#?secret=qMFRcNHyL3" data-secret="qMFRcNHyL3" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La première frustration est d’ordre financier</strong>. Après avoir consacré parfois quarante années de leur vie au service de l’État ou des entreprises, beaucoup voient leur pouvoir d’achat diminuer au moment où leurs dépenses augmentent. Les soins médicaux, les médicaments et le coût de la vie absorbent une part importante de leur pension. Ils ont parfois le sentiment que les sacrifices consentis durant leur carrière ne sont plus reconnus à leur juste valeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À cette inquiétude matérielle s’ajoute une perte de statut social.</strong> Hier encore, nous étions enseignants, ingénieurs, médecins, cadres ou ouvriers. Nous étions consultés, écoutés, respectés. Du jour au lendemain, nous sommes devenus des <em>«retraités»</em>, comme si toute notre expérience appartenait désormais au passé. Cette impression d’être devenus invisibles et inutiles peut être mal vécue et profondément douloureuse pour certain(e)s d’entre nous, dont, je l’avoue, moi-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La solitude constitue une autre épreuve</strong>. Les enfants ont souvent construit leur vie loin du foyer familial, parfois même à l’étranger. Les amis disparaissent progressivement, emportés par la maladie ou le temps. Les journées deviennent longues, les conversations plus rares et le téléphone sonne moins souvent. Beaucoup d’entre nous découvrent que la solitude est parfois plus difficile à supporter que les problèmes de santé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La santé, justement, devient une préoccupation quotidienne</strong>. Les douleurs apparaissent, les articulations grincent et les principaux organes tombent de plus en plus en panne, comme les pièces mécaniques d’un moteur qui a trop roulé&nbsp;! Les consultations médicales se multiplient, les scanners, radiographies, écographies, IRM, etc., se succèdent mais ne se ressemblent pas et les capacités physiques diminuent malgré les soins, le sport, la marche à pied, les régimes alimentaires, etc. Pour des personnes qui ont toujours été actives et autonomes, accepter cette fragilité représente un véritable défi psychologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il existe également une frustration plus intime</strong> <strong><em>: celle de voir leurs compétences et leur immense expérience peu sollicitées.</em></strong> Dans une société qui valorise souvent la jeunesse et la nouveauté, nous autres les anciens, avons parfois l’impression que notre savoir-faire et notre sagesse n’intéressent plus personne. Pourtant, nous pourrions transmettre notre savoir, accompagner les jeunes générations et contribuer encore au développement de notre pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À cela s’ajoute le sentiment que la société avance sans nous.</strong> Les nouvelles technologies, les démarches administratives numériques et les changements rapides des modes de vie peuvent nous donner l’impression d’être progressivement exclus d’un monde qui évolue trop vite et sans nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Enfin, il existe une souffrance plus discrète,</strong> <strong>celle des rêves inachevés</strong>. Beaucoup de nos retraités regardent leur passé avec un mélange de fierté et de regret. Ils pensent aux voyages qu’ils n’ont jamais faits, aux projets qu’ils ont remis à plus tard, aux proches qu’ils ont perdus ou aux relations familiales qui se sont éloignées. Le temps devient alors plus précieux que l’argent, car chacun d’entre nous sait qu’il ne peut être rattrapé et que chaque jour supplémentaire vécu nous rapproche de notre heure fatidique, qu’elle soit proche ou lointaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, malgré ces difficultés, la retraite ne doit pas être considérée comme la fin d’une vie utile. Elle peut devenir un temps de transmission, de création, d’engagement associatif, de lecture, d’écriture ou de partage avec les générations plus jeunes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une société qui respecte ses retraités est une société qui respecte sa propre mémoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>On a fait notre temps mais on a encore beaucoup à donner. </strong>Sur le plan individuel et pour ma part, je tiens à continuer à rêver, à lire, à écrire (beaucoup d’articles et même de temps à autre quelques poèmes publiés dans Kapitalis), à transmettre ce que j&rsquo;ai appris.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis convaincu que les rides ne diminuent ni l’intelligence, ni la sensibilité, ni l’amour que l’on peut porter aux autres, et qu’un retraité n’est pas un homme usé. C’est une bibliothèque vivante, un témoin de son époque, une mémoire que la société aurait tort de négliger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan collectif, la Tunisie gagnerait à mieux valoriser ses aînés. Ils ne représentent pas seulement une catégorie sociale à protéger, ils ne sont pas seulement une charge financière pour les caisses de retraite, CNSS ou CNRPS, mais ils sont également une richesse humaine, culturelle et intellectuelle. Leur offrir des conditions de vie dignes, favoriser leur participation à la vie publique et reconnaître leur contribution passée constituent non seulement un devoir moral, mais aussi un investissement pour l’avenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une nation qui oublie ceux qui l&rsquo;ont construite risque un jour d&rsquo;oublier les valeurs qui la fondent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Post-scriptum pour les jeunes</em></strong>&nbsp;: Quand vous croisez un vieil homme marchant lentement dans une rue de Tunis, de Sfax, de Sousse ou de n’importe quel ville ou village de notre pays, dites-vous qu’il a peut-être consacré sa jeunesse à construire les écoles où vous avez étudié, les routes que vous empruntez, les entreprises où vous travaillez ou les institutions qui vous servent aujourd’hui. Respectez-le et ne le regardez pas avec ce regard qui semble dire : «<em>Tu as fait ton temps</em>», comme il m’arrive quelquefois de le ressentir, malgré que mes connaissances et mon expérience de la vie dépassent largement celles de ces jeunes. </p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="JnUsIuwTLI"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/15/selon-lia-dans-quel-monde-nos-enfants-vont-ils-vieillir/">Selon l’IA, dans quel monde nos enfants vont-ils vieillir ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Selon l’IA, dans quel monde nos enfants vont-ils vieillir ? » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/15/selon-lia-dans-quel-monde-nos-enfants-vont-ils-vieillir/embed/#?secret=hl21vtUZSR#?secret=JnUsIuwTLI" data-secret="JnUsIuwTLI" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/09/les-frustrations-silencieuses-des-retraites-en-tunisie/">Les frustrations silencieuses des retraités en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Rapport annuel 2025 de la BCT &#124; Angles morts et incohérences</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/rapport-annuel-2025-de-la-bct-angles-morts-et-incoherences/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Jul 2026 10:09:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[banque centrale]]></category>
		<category><![CDATA[économie informelle]]></category>
		<category><![CDATA[marché parallèle]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
		<category><![CDATA[Rapport annuel 2025]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’auteur traque les angles morts, incohérences et errata statistiques dans le Rapport annuel 2025 de la Banque centrale de Tunisie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/rapport-annuel-2025-de-la-bct-angles-morts-et-incoherences/">Rapport annuel 2025 de la BCT | Angles morts et incohérences</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans ce second article consacré à l’analyse du Rapport annuel 2025 de la Banque centrale de Tunisie (BCT), publié en juin 2026 (253 pages), l’auteur traque les angles morts, incohérences et errata statistiques. Quand les mots trahissent les chiffres…</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Moktar Lamari</strong> * &nbsp;</p>



<span id="more-19178986"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">La publication des rapports annuels de la BCT a souvent souffert d’un décalage temporel qui réduisait leur portée démocratique. Un rapport annuel d’une banque centrale n’est pas un simple document administratif : il constitue un instrument de reddition de comptes, un acte de transparence institutionnelle et un élément essentiel du débat public sur la politique monétaire, la stabilité financière et l’utilisation des ressources nationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Rapport annuel 2025 marque, à cet égard, une rupture symbolique, ayant traité du sujet à la transparence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une banque centrale indépendante ne peut demander la confiance des citoyens, des investisseurs et des marchés sans pratiquer elle-même une culture de transparence. Le rapport affirme d’ailleurs cette ambition dans son architecture même : gouvernance, stratégie, situation économique, missions monétaires, supervision bancaire et situation financière de l’institution sont regroupées dans une publication exhaustive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La transparence ne se mesure pas seulement au nombre de pages ou à la richesse des tableaux statistiques. Elle se mesure aussi aux questions posées, aux sujets difficiles abordés et aux angles morts qui subsistent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un rapport riche sur certains chiffres, mais silencieux sur d’autres</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le message introductif du gouverneur, Fethi Zouhaier Nouri, présente une lecture globalement optimiste de l’économie tunisienne. Le rapport souligne une croissance du PIB de 2,5 % en 2025 contre 1,6 % en 2024, une baisse du chômage à 15,2 %, ainsi qu’une diminution de l’inflation annuelle moyenne à 5,3 %.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La BCT met également en avant son action monétaire : après plusieurs années de resserrement, elle indique avoir procédé à deux réductions successives de son taux directeur de 50 points de base, en mars puis en décembre 2025, ramenant celui-ci à 7 %.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette présentation mérite toutefois d’être complétée par une analyse plus structurelle. La baisse de l’inflation constitue certes un résultat positif, mais elle intervient dans un contexte où le coût du crédit reste très élevé pour les entreprises et les ménages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport décrit une politique monétaire visant à préserver la stabilité des prix tout en soutenant l’activité économique, mais il ne développe pas suffisamment le débat sur les conséquences sociales et productives d’une longue période de taux élevés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question centrale demeure : la stabilité monétaire a-t-elle été obtenue au prix d’un affaiblissement durable de l’investissement privé ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Faiblesses et silences du rapport</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>1- l’optimisme macroéconomique masque des vulnérabilités profondes&nbsp;: </em></strong>le rapport reconnaît certaines fragilités. Il indique que le déficit commercial a atteint 21,8 milliards de dinars en 2025, en hausse de 15,2 %, principalement en raison du déficit énergétique structurel qui représente plus de la moitié du déficit commercial total.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette donnée est fondamentale. Elle signifie que derrière l’amélioration apparente des équilibres extérieurs se trouve une dépendance persistante : la Tunisie continue d’importer une part importante de son énergie, ce qui fragilise durablement sa balance des paiements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport souligne également que les avoirs extérieurs restent soutenus par les recettes touristiques et les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger. Mais il traite davantage la diaspora comme une source de devises que comme un acteur économique stratégique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>2- Une diaspora réduite à ses transferts financiers&nbsp;: </em></strong>la diaspora tunisienne apparaît principalement dans le rapport sous l’angle des transferts de revenus. La BCT indique que les revenus entrants ont atteint 14,4 milliards de dinars en 2025, avec une forte contribution des revenus du travail, qui représentent 79,5 % du total des crédits liés aux revenus. Mais une grande question reste sans réponse : combien sont réellement les Tunisiens établis à l’étranger en 2025 ? Quelle est leur structure démographique ? Quels sont leurs investissements productifs ? Quelle part représente l’épargne diaspora dans le financement de l’économie ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces réponses sont importantes. La diaspora ne doit pas être analysée seulement comme un <em>«distributeur automatique de devises»</em>. Elle constitue aussi un capital humain, entrepreneurial, scientifique et technologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une banque centrale moderne devrait fournir une cartographie économique complète de cette communauté : nombre, pays d’installation, profils professionnels, investissements immobiliers et productifs, transferts formels et informels.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>3- Le honteux silence sur l’économie informelle&nbsp;: </em></strong>l’un des grands angles morts du Rapport annuel 2025 est l’économie informelle. Or, en Tunisie, l’économie parallèle constitue une composante majeure du fonctionnement économique réel : commerce informel, circuits parallèles de change, travail non déclaré, importations hors circuits officiels&#8230; Quasiment 37 à 40% de l’économie (du PIB) est opérée par le secteur informel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La BCT analyse avec précision les flux bancaires, monétaires et extérieurs, mais elle ne propose pas une estimation actualisée du poids de cette économie parallèle ni de son impact sur : la création monétaire ; la fiscalité ; la concurrence entre entreprises ; la demande de devises ; la politique de change.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce silence méthodologique est problématique. Une banque centrale ne peut pleinement comprendre la circulation monétaire nationale sans intégrer les circuits économiques et les mécanismes économique (de transmission et de carburation) qui échappent partiellement au système bancaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>4- L’absence d’analyse des entreprises communautaires&nbsp;: </em></strong>le rapport consacre plusieurs développements à l’innovation financière, à la digitalisation et à l’inclusion financière. Il détaille notamment les projets numériques comme la plateforme Exop dédiée aux opérations de change et la modernisation des systèmes financiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, les entreprises communautaires (<em>chariket ahliya</em>) constituent un angle mort. Leur apparition dans le paysage économique tunisien représente une tentative de renouvellement du modèle entrepreneurial, particulièrement dans les régions marginalisées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même si leur poids économique reste encore limité, leur analyse aurait permis d’évaluer leur nombre, leur financement, leurs difficultés administratives, leur contribution à l’emploi régional et leur accès au crédit bancaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le silence sur ce phénomène prive le lecteur d’une partie du débat économique contemporain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>5- Une dépendance financière internationale peu interrogée&nbsp;: </em></strong>le rapport décrit une coopération internationale active avec plusieurs institutions. Il mentionne notamment la coopération financière avec le Fonds Monétaire Arabe, qui a permis un crédit automatique de 14,381 millions de dinars arabes de compte, soit environ 4,6 millions de dollars américains, ainsi que la possibilité d’une enveloppe supérieure à 200 millions USD dans le cadre d’un crédit élargi. Il évoque aussi les relations avec le FMI, la Banque mondiale, Afreximbank et différents programmes de coopération technique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais une question stratégique demeure insuffisamment développée : comment réduire progressivement la dépendance financière extérieure tout en maintenant les équilibres macroéconomiques ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question n’est pas l’existence de ces partenariats, qui sont courants pour toutes les économies émergentes. La question est celle de la capacité nationale à retrouver davantage d’autonomie financière.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quand le silence devient une statistique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Rapport annuel 2025 de la BCT constitue une amélioration institutionnelle importante. Sa publication plus rapide, son volume documentaire et sa volonté affichée de modernisation représentent des progrès significatifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, un rapport annuel ne doit pas seulement raconter ce qui fonctionne. Il doit aussi mesurer ce qui échappe aux instruments traditionnels : économie informelle, diaspora, nouvelles formes entrepreneuriales, fractures régionales, dépendances financières&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres publiés racontent une partie de la réalité. Les chiffres absents racontent souvent une autre histoire. Et c’est prévisible, la sélection adverse fonctionne à plein… et en plein jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La véritable transparence commence lorsque l’institution accepte de mesurer ses propres zones d’ombre. Car en économie, le silence n’est jamais neutre : il devient lui aussi une statistique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les incohérences et erratums</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport mérite d’être lu avec prudence. Certaines incohérences et erreurs ont été soulignées par une lecture rapide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La plus nette incohérence vérifiée porte sur l’effectif de la Banque elle-même. En page 10, le rapport affirme noir sur blanc que <em>«l’effectif global s’établit à 863 agents</em> [fin 2025]<em>, contre 890 à fin 2024»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une page plus loin (p. 11), le Tableau 3 de <em>«Répartition du personnel par genre»</em> donne pourtant, pour la même année 2024, un total de 865 agents (390 femmes + 475 hommes), et non 890. L’écart de 25 unités entre les deux chiffres, présentés à une page d’intervalle pour désigner le même effectif de référence, n’est expliqué nulle part.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxième incohérence, plus mineure mais bien réelle : le même tableau 3 (p. 11) affiche une part féminine de 46,6% dans l’effectif en activité de 2025, alors que le calcul direct (388 femmes sur 834 agents en activité, chiffres eux-mêmes cités en page 10) donne 46,5% — un écart d’arrondi d’un dixième de point qui, seul, serait négligeable, mais qui s’ajoute au premier signe d’un contrôle de cohérence interne perfectible sur le chapitre <em>«Gouvernance et Stratégie»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Troisième point, plus substantiel celui-là : le Tableau 2-6 (p. 65) sur les <em>«Principaux indicateurs de l’emploi»</em> fait bondir la population active totale tunisienne de 4 084 000 personnes en 2023 à 4 532&nbsp;000 en 2024, soit une hausse de 11% en une seule année — près de 450 000 personnes supplémentaires sur le marché du travail en douze mois — avant de la voir refluer à 4 255&nbsp;000 en 2025 (-6,1%).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un tel accordéon statistique, deux fois plus ample dans un sens que dans l’autre, n’est accompagné d’aucune note de bas de tableau, d’aucune mention de révision de base, de changement d’enquête ou de rupture de série de l’Institut national de la statistique, alors même que cette variable détermine mécaniquement le taux de chômage affiché en une du rapport.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces trois éléments suffisent, à eux seuls, pour justifier une lecture prudente des statistiques rapportées. On invite la BCT à communiquer mieux et plus sur les données manquantes dont, notamment, le secteur informel, les effectifs des expatriés, le financement de l’économie par la création monétaire, les impératifs et enjeux de la souveraineté du pays en matière de financements, les vraies des séries traitant de l’emploi, de la population active et implicitement du chômage.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Blog de l’auteur</em></strong>&nbsp;: <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494">E4T</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Précédent article :</em></strong> </p>



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</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/rapport-annuel-2025-de-la-bct-angles-morts-et-incoherences/">Rapport annuel 2025 de la BCT | Angles morts et incohérences</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Sommet africain IA et cybersécurité à Hammamet &#124; Au-delà des déclarations d&#8217;intention</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/sommet-africain-ia-et-cybersecurite-a-hammamet-au-dela-des-declarations-dintention/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Jul 2026 09:25:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
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		<category><![CDATA[Abdelwaheb Ben Moussa]]></category>
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		<category><![CDATA[cybersécurité]]></category>
		<category><![CDATA[gouvernance numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Hammamet]]></category>
		<category><![CDATA[IA]]></category>
		<category><![CDATA[transition digitale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Hammamet accueille le Sommet africain de l’IA et de la cybersécurité: au-delà des déclarations, le continent attend des décisions. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/sommet-africain-ia-et-cybersecurite-a-hammamet-au-dela-des-declarations-dintention/">Sommet africain IA et cybersécurité à Hammamet | Au-delà des déclarations d&rsquo;intention</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Du 13 au 15 juillet 2026, Hammamet accueille le Sommet africain de l’intelligence artificielle et de la cybersécurité, sous le thème «Vers une gouvernance numérique intelligente et sécurisée pour la transformation digitale dans les gouvernements africains».&nbsp;Le thème est ambitieux. Les livrables doivent l’être autant — sinon le thème devient lui-même un problème, celui d’une promesse non tenue.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelwaheb Ben Moussa *</strong></p>



<span id="more-19178590"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg" alt="" class="wp-image-18394138" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Choisir Hammamet pour accueillir le premier sommet africain consacré à l’IA et à la cybersécurité est un acte de positionnement stratégique que la Tunisie doit assumer pleinement. Mais les sommets africains sur le numérique ont une histoire chargée de déclarations bien formulées et de suivis insuffisants. Le risque n’est pas l’échec de l’événement — c’est son succès de façade. Trois jours d’échanges brillants, un communiqué final ambitieux, et dans six mois, les mêmes questions sans réponse. Cette tribune pose une question simple : qu’est-ce que Hammamet 2026 doit produire concrètement pour ne pas rejoindre cette liste ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque mot du thème retenu est un engagement implicite que les participants ne peuvent pas ignorer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Gouvernance</strong>&nbsp;— pas seulement des outils déployés, mais des structures de décision qui encadrent leur usage, leur évolution et leur responsabilité. La gouvernance numérique africaine ne peut pas rester un chantier de chaque pays isolément. Elle exige des architectures communes, des standards partagés, des mécanismes d’arbitrage entre souverainetés nationales et interopérabilité continentale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Intelligente</strong>&nbsp;— pas seulement de l’automatisation de processus existants, mais de la valeur ajoutée mesurable pour les citoyens africains. Une IA intelligente dans l’administration publique africaine, c’est une IA qui comprend les langues locales, qui s’adapte aux réalités infrastructurelles du continent, qui produit des réponses utiles dans des contextes de connectivité intermittente. Ce n’est pas ChatGPT avec un logo africain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sécurisée</strong>&nbsp;— pas seulement des déclarations sur l’importance de la cybersécurité, mais des architectures réelles de protection des données souveraines, des protocoles opérationnels de réponse aux incidents, et une doctrine commune face aux menaces qui ne respectent aucune frontière nationale. La cybersécurité africaine ne peut pas continuer à se construire pays par pays, chacun découvrant seul ce que les autres ont déjà subi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les jalons que Hammamet doit poser</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Trois livrables concrets doivent être produits par Hammamet 2026&nbsp;:le premier, indispensable, est un cadre africain commun de gouvernance des données publiques. Les administrations africaines produisent des volumes de données considérables — données sanitaires, foncières, fiscales, démographiques — dont l’exploitation pour des fins d’IA souveraine se heurte partout aux mêmes obstacles : formats hétérogènes, qualité insuffisante, absence de standards d’interopérabilité, vide juridique sur la propriété et l’usage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un cadre commun — pas un traité de plus, mais un référentiel technique et juridique opérationnel — permettrait à chaque pays de capitaliser sur les avancées des autres plutôt que de réinventer individuellement des solutions que le continent a collectivement les moyens de produire une seule fois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le deuxième livrable est un mécanisme opérationnel de partage d’expériences en cybersécurité entre gouvernements africains. Pas un comité consultatif — un protocole de réponse aux incidents qui transcende les frontières. Les attaques cyber les plus dévastatrices des dernières années en Afrique ont ciblé des infrastructures critiques — systèmes bancaires, réseaux énergétiques, plateformes de services publics. Elles ont été traitées dans l’isolement national alors qu’elles présentaient des signatures communes et auraient pu être anticipées par un partage précoce d&rsquo;informations. Un Cert africain opérationnel — Centre d’alerte et de réponse aux incidents — est la réponse structurelle à ce déficit. Hammamet doit en poser les jalons.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième livrable est une feuille de route de coopération Sud-Sud en IA souveraine qui identifie les complémentarités entre écosystèmes africains et organise la mutualisation des ressources rares. Les data scientists spécialisés dans les langues africaines, les annotateurs de données, les experts en fine-tuning de modèles sur des corpus non occidentaux — ces profils sont rares et dispersés sur le continent. Une feuille de route de coopération Sud-Sud permettrait de les mobiliser collectivement, d’éviter que chaque pays les forme pour les voir partir, et de construire la masse critique nécessaire à une IA africaine qui ne soit pas une simple adaptation d’outils conçus ailleurs pour d’autres réalités.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que la Tunisie doit en retirer</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Accueillir n’est pas une position stratégique. C’est une opportunité — qui se transforme en position seulement si elle est saisie avec lucidité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie doit sortir de Hammamet avec trois engagements propres, distincts des conclusions collectives du sommet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier est d’inscrire ce sommet comme point de départ officiel d’un hub tunisien de certification et de gouvernance numérique africaine. La doctrine développée dans ces colonnes au fil des mois — la Tunisie comme couche intelligente entre l’Afrique et l’Europe, tiers de confiance numérique, architecte de la conformité des flux — trouve dans ce sommet sa première occasion de se traduire en mandat institutionnel concret. L’hôte du sommet africain de l’IA a une légitimité naturelle pour proposer d’en devenir le centre de gravité permanent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le deuxième engagement est de capitaliser sur la dynamique du sommet pour accélérer l’adoption de la stratégie IA souveraine nationale — dont le Plan 2026-2030, actuellement en cours d’examen parlementaire, doit sortir avec des engagements de transformation opérationnelle mesurables, pas seulement des objectifs de déploiement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que Hammamet produit en termes de standards et de bonnes pratiques doit alimenter directement les délibérations parlementaires en cours — pas atterrir dans un rapport de conférence qui dormira dans une bibliothèque ministérielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième engagement est de transformer la position d’hôte en position d’architecte — en proposant que Tunis devienne le siège permanent du secrétariat de coopération africaine en IA et cybersécurité. Ce n’est pas une revendication de prestige. C’est une décision stratégique qui ancre durablement la Tunisie dans l’écosystème continental du numérique, génère un flux permanent d’expertise et de relations, et donne à la doctrine du hub Afrique-Europe une incarnation institutionnelle réelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que l’histoire des sommets africains enseigne</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les sommets africains sur le numérique ont rarement manqué d’ambition dans leurs thèmes ni de qualité dans leurs débats. Ce qui leur a manqué, systématiquement, c’est le mécanisme de suivi qui transforme les conclusions en décisions et les décisions en réalités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La différence entre un sommet qui change quelque chose et un sommet qui documente l’état du problème tient à une seule variable : l’existence ou l’absence d’un organe de suivi doté d’un mandat clair, d’une échéance ferme et d’une responsabilité nominale. Sans cela, les meilleures résolutions restent des intentions — et les participants se retrouvent au prochain sommet à constater que les mêmes obstacles sont toujours là, formulés avec un vocabulaire légèrement différent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Hammamet 2026 doit donc produire, avant de se clôturer, non seulement un communiqué final mais un mécanisme de redevabilité — qui désigne des responsables, fixe des échéances et prévoit une évaluation publique des engagements pris dans douze mois.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Hammamet peut être un tournant</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le contexte est favorable comme il l’a rarement été. Le Plan de développement 2026-2030 est en cours d’examen parlementaire et inscrit l’IA parmi ses axes stratégiques. Le momentum africain sur le numérique n’a jamais été aussi fort. La position géographique tunisienne entre l’Afrique et l’Europe n’a jamais été aussi pertinente. Et la qualité de l’écosystème d’ingénierie tunisien — mathématiciens, data scientists, experts en cybersécurité — n’a jamais été aussi reconnue au niveau continental.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La fenêtre est ouverte. Ce que les participants en feront dans les 72 heures déterminera si Hammamet est un tournant ou un communiqué de plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un sommet ne vaut que par ce qu’il engage. Et ce qu’il engage ne vaut que par ce qui est fait le lendemain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ingénieur informatique et cadre bancaire.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Banque centrale de Tunisie &#124; Anatomie d’un optimisme administré</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Jul 2026 05:47:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
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		<category><![CDATA[déficit budgétaire]]></category>
		<category><![CDATA[endettement extérieur]]></category>
		<category><![CDATA[inflation]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Rapport annuel 2025 de la Banque centrale de Tunisie ressemble plus à document de communication qu’à un rapport solide, complet et crédible. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/banque-centrale-de-tunisie-anatomie-dun-optimisme-administre/">Banque centrale de Tunisie | Anatomie d’un optimisme administré</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Rapport annuel 2025 de la Banque centrale de Tunisie (BCT) est paru le 7 juillet 2026, à temps et pas en retard comme le faisait la BCT depuis 2011. Un progrès louable, merci ! Mais cela dit, ce rapport ressemble plus à document de communication qu’à un rapport solide, complet et crédible, qui décrit objectivement la réalité économique de la Tunisie d’aujourd’hui, avec chiffres à l’appui&nbsp;et transparence totale sur les enjeux qui fâchent et qui préoccupent les Tunisiens. Anatomie d’un optimisme de façade….</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Moktar Lamari *</strong> </p>



<span id="more-19176716"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Il existe désormais en Tunisie une nouvelle école de communication économique : celle où les mauvaises nouvelles portent une cravate, les fragilités deviennent des <em>«résiliences»</em>, les crises se transforment en <em>«défis»</em> et les dépendances sont rebaptisées <em>«coopérations»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la lecture du Rapport annuel 2025 de la BCT, on pourrait presque croire que l’économie tunisienne traverse une mer agitée dans un paquebot parfaitement équipé. Le problème est que le paquebot avance avec une coque fissurée : dette élevée, dépendance extérieure, financement sous tension et politique monétaire condamnée à marcher sur une corde raide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport commence par une partition optimiste. Le gouverneur souligne une croissance retrouvée de 2,5 % en 2025 contre 1,6 % en 2024, une inflation ramenée à 4,9 % en fin d’année et un chômage légèrement réduit à 15,2 %.  Mais derrière cette photographie flatteuse se cache une question essentielle : la BCT décrit-elle l’économie telle qu’elle est ou l’économie telle qu’elle doit être racontée ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car une banque centrale n’est pas un ministère de la communication. Sa mission n’est pas de fabriquer de la confiance par le verbe, mais de construire de la crédibilité par la transparence.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La planche qui fait couler l’économie…</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La planche à billets tourne à plein, accentuant les risques véhiculés par le vieux fantôme monétaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport ne parle évidemment pas de <em>«planche à billets»</em> au sens populaire du terme. Ce langage appartient aux cafés et aux débats politiques. Une banque centrale moderne ne se contente pas d’imprimer des billets ; elle crée de la liquidité par différents instruments.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais derrière les mots techniques se trouve une réalité : la frontière entre soutien financier à l’État et création monétaire devient parfois dangereusement mince.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La BCT rappelle qu’elle détient le privilège exclusif d’émission des billets et monnaies en Tunisie. Elle détaille également les facilités accordées à l’État, comptabilisées <em>«à titre exceptionnel»</em> pour financer une partie du déficit budgétaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le débat n’est donc pas celui d’une photocopieuse monétaire tournant jour et nuit. Le vrai sujet est plus subtil : quand une banque centrale intervient pour soutenir le financement public, elle risque de devenir l’infirmière financière permanente d’un État malade.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le patient ne meurt pas, mais il refuse de changer de régime.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La perfusion permanente du système bancaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La partie la plus révélatrice du rapport concerne le refinancement bancaire. La BCT indique que le volume global du refinancement s’est établi en moyenne à 12 763 millions de dinars en 2025, contre 13 901 millions en 2024, soit une baisse de 1 138 millions de dinars.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La BCT présente cette évolution comme une amélioration de la liquidité bancaire. Mais une autre lecture est possible : depuis des années, le système bancaire tunisien fonctionne sous assistance monétaire.<br>La BCT demeure la grande fontaine où viennent boire les banques lorsque la liquidité naturelle manque.<br>Les opérations principales de refinancement atteignent 5 641 millions de dinars en moyenne en 2025, tandis que les opérations fermes représentent 4 368 millions de dinars. La mécanique est sophistiquée, mais le résultat politique est simple : la banque centrale reste au centre du financement quotidien du système.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une banque centrale peut être un pilote de stabilité. Elle ne doit pas devenir le moteur auxiliaire d’un modèle économique qui peine à produire suffisamment d’épargne et d’investissement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Taux directeur : baisser la température sans guérir la maladie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La BCT présente la baisse du taux directeur comme une victoire de la désinflation. Après deux réductions successives de 50 points de base en mars et décembre 2025, le taux directeur a été ramené à 7 %.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport rappelle que le taux était resté à 8 % avant la première baisse, puis à 7,50 % avant la seconde.<br>Mais un taux directeur élevé pendant plusieurs années n’est pas un simple bouton que l’on tourne. Il révèle une économie sous pression : inflation persistante, risque de change, déficit extérieur et besoin de crédibilité monétaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La BCT affirme vouloir soutenir la croissance tout en préservant la stabilité des prix. C’est exactement le dilemme des banques centrales partout dans le monde. Mais en Tunisie, l’équation est plus difficile : il faut combattre l’inflation sans étouffer des entreprises déjà étranglées par le coût du crédit.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Dette publique : le serpent qui apprend à sourire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport annonce une amélioration spectaculaire : le déficit budgétaire serait passé à 5,2 % du PIB et la dette publique à 82,1 % du PIB.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chiffre est réel. L’interprétation mérite davantage de prudence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une dette qui baisse légèrement après avoir atteint des niveaux élevés n’est pas nécessairement une dette maîtrisée. C’est parfois simplement une dette qui respire entre deux crises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie reste prisonnière d’un modèle où l’État absorbe une grande partie de l’épargne nationale et où le financement extérieur demeure une variable stratégique. Le rapport reconnaît d’ailleurs que les emprunts extérieurs mobilisés en 2025 sont restés inférieurs à 4 milliards de dinars alors que les remboursements du principal de la dette extérieure à long terme ont atteint 10,4 milliards de dinars. La Tunisie rembourse davantage qu’elle n’emprunte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une souveraineté sous perfusion</h2>



<p class="wp-block-paragraph">FMI, Banque mondiale, Afreximbank : la souveraineté sous perfusion internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport revendique une coopération internationale renforcée avec les institutions financières. Il mentionne les réunions du FMI et du Groupe de la Banque mondiale ainsi que la participation aux assemblées annuelles. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Il évoque également la participation à l’Assemblée générale annuelle des actionnaires de la Banque africaine d’import-eExport (Afreximbank).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette diplomatie financière est nécessaire. Mais elle pose une question fondamentale : une économie peut-elle parler de souveraineté financière lorsqu’elle dépend structurellement des institutions extérieures pour renforcer ses capacités, soutenir ses réserves ou faciliter son financement ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La BCT décrit cette coopération comme un enrichissement institutionnel. Le critique économique y voit aussi le symptôme d’une dépendance prolongée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La souveraineté financière n’est pas un discours. Elle se mesure à la capacité d’un pays à financer son développement sans attendre constamment le prochain guichet international.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La capture douce de la politique monétaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne faut pas imaginer une capture brutale de la BCT par le pouvoir politique. Le phénomène est plus subtil : une banque centrale peut perdre progressivement sa marge de manœuvre lorsqu’elle devient indispensable au financement de l’État, à la stabilité bancaire et à la gestion des tensions sociales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport insiste sur l’indépendance institutionnelle, la modernisation, la digitalisation et la gouvernance. Ce sont des avancées importantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais une question demeure : une banque centrale peut-elle être totalement indépendante lorsque l’économie nationale dépend autant de ses interventions ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le risque n’est pas une prise de contrôle officielle. Le risque est une capture par nécessité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’optimisme trompeur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Rapport annuel 2025 de la BCT est un document riche, sérieux et techniquement élaboré. Il montre une institution qui travaille, modernise ses outils et améliore ses procédures. Mais il donne aussi l’image d’une économie où la stabilité ressemble parfois davantage à un équilibre précaire qu’à une transformation profonde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie n’a pas besoin d’un ministère supplémentaire de l’optimisme. Elle a besoin d’une vérité économique complète.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car une économie peut survivre à une mauvaise année. Elle peut même survivre à une mauvaise décennie. Mais elle ne survit jamais longtemps lorsque les statistiques deviennent des rideaux destinés à cacher les fissures du mur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vraie question n’est donc pas : <em>«La BCT annonce-t-elle de bonnes nouvelles ?»</em> La vraie question est : <em>«Combien de temps peut-on administrer l’espoir lorsque les fondamentaux macroéconomiques sont à terre réclament des réformes structurelles qui ne peuvent plus attendre ?»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Economiste universitaire.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Blog de l’auteur</em></strong><em> : <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494" target="_blank" rel="noreferrer noopener">E4T</a>.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="MMY9duWt7M"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/31/la-planche-a-billets-coutera-cher-aux-tunisiens/">La planche à billets coûtera cher aux Tunisiens</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La planche à billets coûtera cher aux Tunisiens » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/31/la-planche-a-billets-coutera-cher-aux-tunisiens/embed/#?secret=IsyblAFPZD#?secret=MMY9duWt7M" data-secret="MMY9duWt7M" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/08/banque-centrale-de-tunisie-anatomie-dun-optimisme-administre/">Banque centrale de Tunisie | Anatomie d’un optimisme administré</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>L’Arabie saoudite, tête de gondole du nouvel axe sunnite !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Jul 2026 07:50:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Alliance sunnite]]></category>
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		<category><![CDATA[Conseil de coopération du Golfe]]></category>
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		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Otan islamique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Moyen-Orient assiste à la formation d’un nouvel axe sunnite mené par l’Arabie saoudite, face à l'Iran et à Israël. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/07/larabie-saoudite-tete-de-gondole-du-nouvel-axe-sunnite/">L’Arabie saoudite, tête de gondole du nouvel axe sunnite !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Moyen-Orient assiste à la formation d’un nouvel axe mené par l’Arabie saoudite. Ce nouveau bloc composé des principaux pays sunnites repose sur deux objectifs principaux : contenir la menace iranienne et restaurer l’influence sunnite dans les pays dominés par des groupes ou alliés de l’Iran et simultanément, freiner Israël devenu hégémonique et limiter ses aventures militaires. Pour sa part, Abou Dhabi préfère continuer à faire cavalier seul et poursuivre sa lune de miel avec Tel Aviv.</em></strong> <em>(Photo : Les ministres des Affaires étrangères turc Hakan Fidan, pakistanais Ishaq Dar, égyptien Badr Abdel Ati et saoudien Faisal bin Farhan au Caire, le 21 juin 2026.)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-19164330"></span>



<p class="wp-block-paragraph">La région du Golfe a été durement touchée par la guerre israélo-américaine contre l’Iran, ses exportations ont chuté et son sentiment de sécurité s’est amoindri, rappelle Anchal Vohra dans <a href="https://foreignpolicy.com/2026/07/01/saudi-qatar-pakistan-turkey-egypt-uae-axis-alliance-iran-middle-east/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Foreign Policy</a>.  Cependant, ajoute la journaliste, certains des États de la région se montrent plus déterminés à coopérer sur les questions de politique régionale. Un nouveau bloc a émergé en dehors du Conseil de coopération du Golfe (CCG), regroupant l’Arabie saoudite et le Qatar, ainsi que des États en dehors du Golfe comme l’Égypte, le Pakistan et la Turquie. Les Émirats arabes unis ne font pas partie de ce bloc.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains de ces États sont sortis clairement vainqueurs de la guerre, tandis que d’autres ont simplement bénéficié d’une plus grande résilience. Malgré une apparence de rapprochement, de profonds désaccords persistent quant à la meilleure approche à adopter face à l’Iran et quant à l’opportunité de normaliser les relations avec Israël ou de se préparer à affronter ce qui est perçu comme une expansion hégémonique israélienne.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers un nouvel ordre régional dans le Golfe</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Quoi qu’il en soit, il est clair que la guerre contre l’Iran a engendré un nouvel ordre régional dans le Golfe dont les répercussions s’étendent au monde musulman dans son ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce nouveau bloc repose sur deux objectifs principaux : contenir la menace iranienne et restaurer l’influence de ce bloc sunnite dans les pays dominés par des groupes ou alliés de l’Iran, comme la Syrie et le Liban et, simultanément, freiner Israël et limiter ses aventures militaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un observateur régional a fait remarquer que la frappe israélienne sur Doha l’an dernier, visant des membres du Hamas, a suscité des inquiétudes parmi les États du Golfe, qui craignent d’être les prochains visés, contribuant ainsi à un rapprochement entre d’anciens rivaux comme l’Arabie saoudite et la Turquie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’arsenal nucléaire pakistanais constitue également un pilier de cette alliance, servant de moyen de dissuasion face à Israël dans le cadre de la coopération saoudo-pakistanaise en matière de défense.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="6nnFCHASy6"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/27/arabie-saoudite-pakistan-vers-un-otan-islamique/">Arabie saoudite-Pakistan | Vers un «Otan islamique» !</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Arabie saoudite-Pakistan | Vers un «Otan islamique» ! » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/27/arabie-saoudite-pakistan-vers-un-otan-islamique/embed/#?secret=Vfbb18GvuI#?secret=6nnFCHASy6" data-secret="6nnFCHASy6" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p class="wp-block-paragraph">Bien que ce bloc ne possède pas de nom officiel, il est désigné dans les médias israéliens par les termes d’<em>«Alliance sunnite»</em> ou d’<em>«Otan islamique en expansion»</em>, il reflète un réalignement régional alimenté par une méfiance croissante entre Riyad et Abou Dhabi. Alors que les deux pays cherchent à réduire leur dépendance au pétrole, les Saoudiens et les Émiratis se disputent désormais les mêmes investissements étrangers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après le Printemps arabe, l’Arabie saoudite et les Émirats considéraient les Frères musulmans comme une menace commune et partageaient la même position sur la plupart des questions régionales. Aujourd’hui, cependant, leurs intérêts semblent diverger. Les Émirats estiment que la normalisation des relations et la paix avec Israël constituent la meilleure voie à suivre, tandis que Riyad a constitué ce bloc régional adoptant des positions plus critiques à l’égard d’Israël.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette alliance à cinq pays représente également une tentative saoudienne de consolider son rôle de leader dans la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le retrait des Émirats de l’Opep a soulevé des questions quant à la position de l’Arabie saoudite en tant que chef de file officieux du cartel pétrolier. Riyad a décidé d’organiser un sommet régional réunissant les États arabes et l’Iran mais la date de cet événement et la participation des Émirats restent incertaines, même si l’on s’attend à ce qu’ils abordent ce sommet avec une extrême prudence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Arabie saoudite a subi relativement moins d’attaques que ses voisins, mais son sentiment de sécurité n’en a pas été moins ébranlé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Riyad a affirmé que la confiance, déjà fragile, qui s’était instaurée avec l’Iran suite à l’accord de rapprochement négocié par Pékin en 2023 s’est totalement effondrée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan économique, l’Arabie saoudite a profité de la forte hausse de la demande et des prix du pétrole. En mars, malgré la fermeture du détroit d’Ormuz, la valeur des exportations saoudiennes a atteint son plus haut niveau en trois ans. Hisham al-Ghannam, chercheur au Centre Carnegie pour le Moyen-Orient à Riyad, a indiqué que le bénéfice net d’Aramco avait bondi de 26% au premier trimestre, le prix du pétrole passant de 74$ à plus de 119$ le baril. L’oléoduc Est-Ouest, qui offre une voie d’exportation alternative via la côte de la mer Rouge, a fonctionné à pleine capacité, soit sept millions de barils par jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, M. Al-Ghannam a ajouté que la croissance du PIB saoudien avait ralenti à 2,8%, contre 3,7% précédemment, en raison de la fermeture de certains puits de pétrole, malgré la réorientation des flux pétroliers. Les experts sont partagés quant aux perspectives économiques du royaume, mais la guerre l’a incité à renforcer ses infrastructures en mer Rouge.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Qatar joue les utilités diplomatiques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Qatar est un autre acteur de cette nouvelle alliance. En 2017, Doha était boycotté par Bahreïn, l’Égypte, l’Arabie saoudite et les Émirats mais elle est aujourd’hui considérée comme un acteur diplomatique majeur. Durant la guerre contre l’Iran, les contraintes géographiques du Qatar, l’incapacité de Washington à empêcher les frappes iraniennes dans le Golfe et les relations plus chaleureuses que Doha entretenait avec Téhéran avant le conflit ont conduit les dirigeants qataris à privilégier la voie diplomatique avec l’Iran.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après l’échec des efforts de médiation pakistanaise, Doha s’est engagée résolument dans une médiation à la mi-mai. Fin juin et alors que des négociateurs américains et iraniens tenaient 18 heures de pourparlers dans un complexe hôtelier de luxe surplombant le lac des Quatre-Cantons en Suisse, on craignait qu’un échange de tirs entre Israël et le Hezbollah ne fasse dérailler les négociations, selon une source proche du dossier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Hisham al-Ghannam a déclaré : <em>«Alors même que de hauts responsables s’asseyaient à la table des négociations</em>– référence au vice-président américain J.D. Vance, aux conseillers de Trump Steve Witkoff et Jared Kushner et au négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf– <em>les tensions concernant le Liban étaient palpables»</em>. Le chercheur a salué les efforts des médiateurs qataris pour contenir la crise in extremis, ajoutant que le Qatar avait usé de son influence auprès de l’Iran pour inciter le Hezbollah à publier une déclaration acceptant un cessez-le-feu et avait également encouragé les Américains à faire pression sur Israël pour obtenir une désescalade.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autres pays du bloc dirigé par l’Arabie saoudite cherchent également à tirer profit de la guerre. L’Égypte espère bénéficier de la volonté de l’Arabie saoudite d’étendre ses infrastructures, après que Riyad a officialisé son projet de construction d’un pont la reliant à la péninsule du Sinaï, avec l’ambition de faire de la côte méditerranéenne égyptienne une porte d’entrée vers l’Europe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Turquie, quant à elle, souhaite accroître ses ventes d’armes, anticipant la persistance des préoccupations sécuritaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Pakistan, pour sa part, a bénéficié d’une couverture médiatique positive après des années de condamnation internationale pour son soutien aux réseaux terroristes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Émirats ont également décidé d’améliorer leur système logistique et de réduire leur dépendance au détroit d’Ormuz. Même pendant la guerre, ils ont réussi à maintenir leurs exportations via le port de Fujairah et cherchent désormais à développer leurs ports orientaux sur le golfe d’Oman.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Qatar a été le pays le moins touché par les frappes iraniennes durant la guerre, même si des attaques ont visé une installation majeure. Un bombardement a paralysé l’usine de Ras Laffan, l’une des plus grandes usines de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde, réduisant la capacité d’exportation du Qatar d’environ 17%.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="jLNLy0kSnp"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/03/larabie-saoudite-punit-les-operateurs-economiques-emiratis/">L’Arabie saoudite punit les opérateurs économiques émiratis</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’Arabie saoudite punit les opérateurs économiques émiratis » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/03/larabie-saoudite-punit-les-operateurs-economiques-emiratis/embed/#?secret=EVYXmmgRO7#?secret=jLNLy0kSnp" data-secret="jLNLy0kSnp" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les Émirats restés fidèles aux accords d’Abraham</h2>



<ul class="wp-block-list"></ul>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, les Émirats sont restés en dehors du bloc dirigé par l’Arabie saoudite. Le chercheur au Carnegie Middle East Center a déclaré que ce bloc existe <em>«parce que le Conseil de coopération du Golfe lui-même a peu de chances de s’unir sur la question iranienne»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces derniers mois, les relations entre le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président émirati, le cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyan, se sont considérablement détériorées, principalement en raison de désaccords sur le Yémen et le Soudan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On ignore encore si les Émirats participeront à un éventuel sommet sur l’Iran organisé par l’Arabie saoudite. Les Émirats ont subi plus de 3 000 attaques de missiles et de drones iraniens –plus que le total cumulé des attaques contre les autres États membres du CCG– ce qui a durci leur position à l’égard de l’Iran. Ils privilégient une campagne militaire américaine de longue durée contre l’Iran afin d’affaiblir ses capacités avant la conclusion d’un cessez-le-feu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, le point de désaccord majeur entre les deux camps concerne Israël. <em>«Il y a deux camps : l’un soutient Israël, l’autre fait preuve de prudence»</em>, a déclaré un responsable du Golfe lors d’un entretien téléphonique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Émirats sont restés fidèles aux accords d’Abraham malgré les récents conflits à Gaza et au Liban, tandis que l’Arabie saoudite a éprouvé des difficultés à normaliser ses relations dans ce contexte. En avril, <em>Axios</em> a rapporté que les Émirats avaient reçu d’Israël, pendant la guerre, du matériel de défense notamment des systèmes de défense aérienne ce qui est un signe d’une coopération accrue en matière de défense entre les deux pays face aux futures menaces iraniennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Émiratis perçoivent l’Iran comme une menace plus importante que nombre de leurs voisins, y compris ceux qui se sont alignés sur l’Arabie saoudite. Les Émirats ont subi des attaques iraniennes sans précédent tout en bénéficiant du soutien d’Israël, tandis que l’Arabie saoudite cherche à contenir simultanément l’Iran et Israël. Il semble évident que la divergence des approches en matière de sécurité collective dans le Golfe déterminera l’avenir de la région et les Émirats resteront probablement en dehors de ce bloc.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>De Johannesburg à Tunis &#124; Ce que l’Afrique du Sud nous apprend sur la peur de l’autre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jul 2026 11:06:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[xénophobie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nous gagnerions à observer ce qui se passe en Afrique du Sud où la migration suscite, comme en Tunisie, xénophobie et racisme.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/06/de-johannesburg-a-tunis-ce-que-lafrique-du-sud-nous-apprend-sur-la-peur-de-lautre/">De Johannesburg à Tunis | Ce que l’Afrique du Sud nous apprend sur la peur de l’autre</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La Tunisie n’est pas l’Afrique du Sud. Mais nous gagnerions à observer attentivement ce laboratoire africain où la migration suscite, comme chez nous, des réactions xénophobes voire parfois racistes. Et où le débat sur les politiques migratoires, les frontières, les capacités d’accueil et la lutte contre les réseaux de traite humaine dégénère parfois en désignation d’un bouc émissaire.</em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Hichem Ben Azouz</strong> *</p>



<span id="more-19156485"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="765" height="888" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Hichem-Ben-Azouz.jpg" alt="" class="wp-image-17017264" style="width:200px" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Hichem-Ben-Azouz.jpg 765w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Hichem-Ben-Azouz-258x300.jpg 258w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Hichem-Ben-Azouz-580x673.jpg 580w" sizes="auto, (max-width: 765px) 100vw, 765px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Pendant des décennies, l’Afrique du Sud a représenté un symbole universel. Le pays de Nelson Mandela était devenu celui de la réconciliation, de la Constitution la plus progressiste du continent, de la promesse qu’après l’apartheid pouvait naître une nation fondée sur la dignité humaine. Pourtant, depuis plusieurs années, un autre visage apparaît.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans certains quartiers de Johannesburg, de Durban ou de Pretoria, des commerces appartenant à des migrants africains sont incendiés. Des familles fuient. Des hommes sont lynchés. Des slogans politiques réclament l’expulsion des étrangers. Des organisations comme Operation Dudula accusent les migrants d’être responsables du chômage, de la criminalité et de l’effondrement des services publics. Ce phénomène n’est plus marginal. Il s’est installé dans le débat public sud-africain. Cette réalité devrait interpeller les Tunisiens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car depuis quelques années, notre pays connaît lui aussi une montée des tensions autour des migrants subsahariens. Les contextes historiques sont évidemment différents.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Réponses simples à des problèmes complexes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Afrique du Sud reçoit des migrants venus principalement du Zimbabwe, du Mozambique, du Malawi, du Congo ou de Somalie. La Tunisie est devenue un pays de transit vers l’Europe. Mais un même mécanisme psychologique semble se mettre en place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque les difficultés économiques s’aggravent, lorsque le chômage augmente, lorsque l’État paraît impuissant, la tentation apparaît de désigner un responsable visible. L’étranger devient alors une réponse simple à des problèmes infiniment complexes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Frantz Fanon avait parfaitement décrit cette logique. Dans <em>‘‘Les Damnés de la Terre’’</em>, il écrivait que les sociétés traversées par de profondes frustrations cherchent souvent un exutoire plutôt qu’une véritable solution. Lorsque les causes structurelles de la souffrance demeurent intactes, la colère se déplace vers les plus vulnérables. <em>«Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, l’accomplir ou la trahir»</em>, écrivait-il aussi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aimé Césaire allait encore plus loin. Dans son <em>‘‘Discours sur le colonialisme’’</em>, il rappelait que la première victime du racisme n’est pas seulement celui qui le subit. C’est aussi celui qui finit par s’y habituer. Car chaque fois qu’un homme est traité comme une chose, c’est l’humanité tout entière qui s’abaisse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire sud-africaine est d’ailleurs pleine de paradoxes. Sous l’apartheid, des milliers d’Africains du continent avaient soutenu la lutte de libération. La Zambie, la Tanzanie, le Mozambique, l’Angola et le Zimbabwe avaient accueilli les combattants de l’ANC. Aujourd’hui, certains descendants de ces mêmes combattants voient des Africains devenus migrants être considérés comme des intrus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Richard Pithouse rappelle que la xénophobie ne naît jamais spontanément. Elle prospère lorsqu’il est plus facile d’accuser des étrangers que de répondre aux inégalités, à la corruption ou à la crise sociale. Lorsqu’une société accepte qu’une catégorie d’êtres humains soit progressivement privée de sa dignité, c’est toute la société qui commence à s’affaiblir.</p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" data-id="19156720" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Manif-anti-migrants-Johannesburg-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-19156720" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Manif-anti-migrants-Johannesburg-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Manif-anti-migrants-Johannesburg-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Manif-anti-migrants-Johannesburg-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Manif-anti-migrants-Johannesburg-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Manif-anti-migrants-Johannesburg-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Manif-anti-migrants-Johannesburg-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Manif-anti-migrants-Johannesburg.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Manifestations anti-migrants à Johannesburg.</em> </figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" data-id="19156719" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Manif-antimigrants-Johannesburg-2-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-19156719" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Manif-antimigrants-Johannesburg-2-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Manif-antimigrants-Johannesburg-2-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Manif-antimigrants-Johannesburg-2-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Manif-antimigrants-Johannesburg-2-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Manif-antimigrants-Johannesburg-2-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Manif-antimigrants-Johannesburg-2-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Manif-antimigrants-Johannesburg-2.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</figure>



<h2 class="wp-block-heading">Politique migratoire et désignation d’un bouc émissaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie n’est pas l’Afrique du Sud. Mais nous gagnerions à observer attentivement ce laboratoire africain. Nous avons le droit de débattre des politiques migratoires, des frontières, des capacités d’accueil et de la lutte contre les réseaux de traite humaine. Ces débats sont légitimes. Mais une frontière existe entre une politique migratoire et la désignation d’un bouc émissaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nelson Mandela rappelait qu’aucun être humain ne naît en détestant un autre à cause de la couleur de sa peau, de son origine ou de sa religion. La haine s’apprend. Si elle peut s’apprendre, elle peut aussi se désapprendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’heure où les migrations africaines redessinent le continent, la véritable question n’est peut-être pas seulement celle des frontières. Elle est celle du type de société que nous voulons construire ; une société qui gouverne les migrations avec lucidité et fermeté, ou une société qui transforme les plus faibles en responsables de tous ses malheurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car l’histoire nous enseigne une leçon simple&nbsp;: la peur de l’autre ne résout jamais les crises. Elle ne fait que les déplacer. Et, un jour, elles finissent toujours par revenir frapper à notre propre porte.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ecrivain tunisien, Prix Comar d’Or du roman 2026, Johannesburg, Afrique du Sud.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading">Références littéraires et intellectuelles</h4>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Frantz Fanon, Les Damnés de la Terre (1961).</em><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme (1950).</em><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Paul Ricoeur, La Mémoire, l’Histoire, l&rsquo;Oubli (2000).</em><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Nelson Mandela, Un long chemin vers la liberté (1994).</em><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Richard Pithouse, Xenophobia paves the dangerous road to fascism, Substack, 2026.</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="cdmcioneJ9"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/13/migrants-subsahariens-l-ce-que-la-tunisie-refuse-de-voir/">Migrants subsahariens l Ce que la Tunisie refuse de voir</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Migrants subsahariens l Ce que la Tunisie refuse de voir » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/13/migrants-subsahariens-l-ce-que-la-tunisie-refuse-de-voir/embed/#?secret=JVZOvqq3QX#?secret=cdmcioneJ9" data-secret="cdmcioneJ9" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Tunisie &#124; Grève bancaire et inaction de la tutelle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Jul 2026 09:45:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Menace d'une nouvelle grève générale des banques et établissements financiers trois semaines après celles  </p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Trois semaines après l’arrêt de travail des 23, 24 et 25 juin 2026, la Fédération générale des banques et établissements financiers brandit la menace d&rsquo;une grève générale et met en cause directement la sélection de surveillance. Ce n’est plus un conflit social ordinaire. C’est un aveu d’échec institutionnel — et la tutelle en est désormais partie prenante, qu’elle le veuille ou non.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelwaheb Ben Moussa</strong> *</p>



<span id="more-19132109"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg" alt="" class="wp-image-18394138" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Ce développement était prévisible et avait été prévu. Le scénario annoncé se confirme point par point.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/23/greve-bancaire-cbf-et-ugtt-chacun-sa-partition-pour-une-meme-musique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">tribune publiée sur Kapitalis</a> le 23 juin, nous avions identifié le mécanisme de reproduction de ce conflit : Conseil bancaire et financier (CBF) et Union générale tunisienne du travail (UGTT) tirent chacun une partie de leur légitimité institutionnelle du conflit lui-même, ce qui leur confère un intérêt objectif — même inconscient — à différer sa résolution durable. Nous avions conclu que le scénario écrit d’avance allait se rejouer — et que les retraités attendraient leur virement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Trois semaines plus tard, le scénario se réalise point par point. Aucun accord n’a été conclu. Aucune médiation n’a abouti. Le CBF maintient sa position. L’UGTT monte d’un cran. Et la menace d’une grève générale sectorielle entre dans le débat public comme si c’était une surprise — alors que c’était la suite logique d’une impasse que personne n’a voulu résoudre en juin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est nouveau, en revanche, c’est la cible de l’interpellation syndicale. L’UGTT ne vise plus seulement le CBF. Elle met en cause directement la sélection de surveillance. Et ce glissement change tout.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La tutelle mise en cause : un conflit qui change de natu<strong>re</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tant que le conflit opposait patronat et syndicat, la tutelle pouvait se permettre une neutralité de façade — celle de l’arbitre qui attend que les parties s’épuisent avant d’intervenir. Ce modèle de gestion par l’inertie a une certaine logique dans des conflits sectoriels limités. Il n’a aucune logique dans le secteur bancaire tunisien de 2026.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un secteur bancaire en conflit social chronique, dont les banques publiques sont censées constituer le bras financier du Plan de développement national 2026-2030 actuellement examiné au Parlement, n’est pas un sujet de droit social sectoriel. C’est un sujet de politique économique nationale. Et à ce titre, la neutralité de la tutelle n’est plus une position — c’est une décision par défaut dont elle assume désormais la responsabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">BCT, ministère des Finances, Présidence du gouvernement : trois niveaux d’autorité, aucune intervention publique documentée depuis le 25 juin. Ce silence a un coût. Il s’accumule. Et il est en train d’atteindre un niveau où le taire devient intenable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que la tutelle choisit de ne pas faire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Désamorcer cette crise n’est pas hors de portée des autorités de tutelle. Les leviers existent, ils sont documentés et ils sont légaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La BCT dispose d’une autorité de surveillance sur les établissements bancaires qui inclut explicitement la capacité à formuler des recommandations sur leur gouvernance sociale et leurs conditions d’exercice. Le ministère des Finances, en sa qualité d’actionnaire de référence des banques publiques, dispose d’une capacité d’orientation directe sur leur politique sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Présidence du gouvernement peut convoquer une médiation de haut niveau qui sortirait le dossier de la logique patronale-syndicale pour le replacer dans son contexte national.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucun de ces leviers n’a été activé. Or chaque semaine sans accord est une semaine où la crédibilité du secteur bancaire tunisien se dégrade — auprès des investisseurs étrangers qui lisent les signaux sociaux avant de lire les projections de croissance, auprès des bailleurs internationaux qui conditionnent leur soutien à la stabilité des institutions, auprès des citoyens qui paient le prix de chaque arrêt de service.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La tutelle a le pouvoir de désamorcer. Elle a le pouvoir d’assainir le climat social. L’exercer n’est pas une ingérence — c’est une responsabilité constitutive de sa fonction. Ne pas l’exercer est un choix. Et ce choix a des conséquences que la neutralité ne peut pas effacer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La crise sociale devient un instrument de résistance passive</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ici que l’analyse doit aller là où le confort institutionnel préférerait ne pas aller.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Plan de développement 2026-2030 exige des banques publiques tunisiennes des réformes profondes : transformation digitale accélérée, refonte des processus opérationnels, intégration de l’intelligence artificielle, modernisation de la gouvernance RH, réduction des délais décisionnels. Des réformes qui bousculent des équilibres internes établis, des habitudes de gestion ancrées, des zones de confort institutionnel que trois décennies d’immobilisme ont solidifiées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or un secteur bancaire en conflit social chronique est, structurellement, un secteur difficile à réformer. Les directions générales peuvent invoquer la nécessité de préserver la paix sociale pour différer les restructurations. Les conseils d’administration peuvent reporter les décisions de transformation au nom de la stabilité du personnel. Les autorités de tutelle peuvent justifier leur attentisme par la priorité donnée à la résolution du conflit social avant tout autre agenda.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce schéma, la crise sociale devient un alibi commode — pas nécessairement conscient, pas nécessairement coordonné, mais fonctionnellement efficace — pour une résistance passive aux réformes que le Plan impose. Un sabotage qui ne dit pas son nom. Une inertie qui se drape dans le vocabulaire de la prudence sociale pour éviter de nommer ce qu’elle est : un obstacle à l’exécution nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette lecture n’est pas une accusation de mauvaise foi généralisée. C’est une observation structurelle sur la façon dont les crises institutionnelles peuvent être instrumentalisées — consciemment ou non — par tous ceux qui ont intérêt à ce que rien ne change.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La tutelle doit en avoir conscience. Et agir en conséquence.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que la crise bancaire compromet</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Plan de développement national 2026-2030, désormais en cours d’examen parlementaire, assigne au secteur bancaire public un rôle de premier plan dans le financement de la transformation économique du pays. Ce rôle suppose un secteur bancaire performant, stable, réformé et crédible. Un secteur bancaire en grève chronique est l’antithèse exacte de ces quatre qualificatifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque jour de conflit non résolu est un jour où les banques publiques consacrent leur énergie managériale à la gestion de crise sociale plutôt qu’à l’exécution des réformes. Chaque arrêt de travail est un signal négatif envoyé aux partenaires économiques que la Tunisie cherche à convaincre. Chaque semaine d’immobilisme de la tutelle est une semaine où la fenêtre d’opportunité ouverte par de bons résultats financiers se rétrécit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Plan 2026-2030 n’est pas un document administratif. C’est un engagement de l’État envers lui-même. Et cet engagement ne peut pas coexister durablement avec un secteur bancaire public que l’État refuse de sortir d’une crise sociale qu’il a les moyens de résoudre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’inaction n’est pas de la neutralité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La vraie question que pose cette nouvelle menace de grève générale bancaire n’est pas syndicale. Elle n’est même plus sociale. Elle est politique — au sens le plus direct du terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Est-ce que la Tunisie veut exécuter le Plan 2026-2030 ? Si oui, elle a besoin de banques publiques performantes, réformées et socialement stables. Et cela suppose que la tutelle sorte de son attentisme pour exercer pleinement l’autorité que la loi lui confère — désamorcer la crise, assainir le climat social, et créer les conditions dans lesquelles les réformes nécessaires peuvent être conduites sans être sabotées par l&rsquo;inertie institutionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’inaction de la tutelle n’est pas une position neutre. C’est un choix — celui de laisser le conflit se reproduire jusqu’à ce qu’il devienne ingérable. Et quand il deviendra ingérable, il sera trop tard pour invoquer la neutralité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un État qui planifie l’avenir de son économie ne peut pas s’offrir le luxe de laisser ses instruments d’exécution se consumer dans un feu qu’il avait le pouvoir d’éteindre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ingénieur informatique, cadre de banque.</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="nuidOrpwwp"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/23/greve-bancaire-cbf-et-ugtt-chacun-sa-partition-pour-une-meme-musique/">Grève bancaire | CBF et UGTT, chacun sa partition pour une même musique</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Grève bancaire | CBF et UGTT, chacun sa partition pour une même musique » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/23/greve-bancaire-cbf-et-ugtt-chacun-sa-partition-pour-une-meme-musique/embed/#?secret=2jRtSfhpru#?secret=nuidOrpwwp" data-secret="nuidOrpwwp" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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