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	<title>Archives des TRIBUNE - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des TRIBUNE - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Droit international ou droit occidental ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 May 2026 06:53:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Est-ce qu’il y a deux droits internationaux, l’un qui justifie l’agression et l’autre qui interdit de se défendre ? </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Si les dirigeants occidentaux veulent la paix, il faut qu’ils acceptent qu’il n’y ait qu’un seul droit international qui condamne l’agression d’où qu’elle vienne, qu’ils donnent une autorité à l’Onu et qu’ils redessinent les frontières d’Israël pour permettre la naissance d’un Etat palestinien avec Jérusalem comme capitale.</em></strong></p>



<p><strong>Lahouari Addi</strong> *</p>



<span id="more-18740552"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi.jpg" alt="" class="wp-image-10082582" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>En se défendant, l’Iran viole le droit international, mais Israël et les Etats-Unis, en agressant l’Iran, défendent le droit international. Est-ce qu’il y a deux droits internationaux ou un seul ? Il semble bien qu’il y en ait deux. L’un qui justifie l’agression et l’autre qui interdit de se défendre. Cette myopie qui fait voir double est en fait une conséquence pathologique du racisme.</p>



<p>Comme hier dans les colonies où les indigènes n’étaient pas des sujets de droit, aujourd’hui dans la communauté internationale, il y a des Etats souverains et des Etats semi-souverains. Dans ce cas, il faudra deux Onu : celle de l’Occident et celle des victimes potentielles de l’Occident.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conception néocoloniale des relations internationales</h2>



<p>A Washington, Berlin, Londres, Paris&#8230;, le droit n’est pas considéré comme universel, et doit être limité à l’Occident. L’ordre colonial géopolitique s’est écroulé dans les années 1950 et 1960, mais il persiste dans la pratique des dirigeants occidentaux sous la forme d’une conception néocoloniale des relations internationales.</p>



<p>Ce qui rend nerveux la classe politique américaine, et celle qui lui est subordonnée en Europe, c’est que l’hégémonie américaine est contestée et parfois efficacement. L’ordre mondial basé sur l’invincibilité des porte-avions est dépassé. Un drone de 10 000 dollars peut neutraliser un porte-avions de 3 milliards de dollars.</p>



<p>Par ailleurs, la mondialisation économique a au moins un avantage : le marché capitaliste mondial n’aime pas la guerre. C’est ce qu’a compris l’Iran en fermant le détroit d’Ormuz. Outre son armée, Téhéran est protégé par les bourses de Wall Street, Francfort, Londres, Paris&#8230;</p>



<p>Les propos incohérents de Trump, déclarant parfois que la guerre est finie, et une autre fois qu’il pourra raser l’Iran révèlent sa peur de voir le prix du pétrole s’envoler à 150 dollars. Avec ce prix, les Républicains perdront et le Sénat et la Chambre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Guerres extérieures et politiques intérieures</h2>



<p>Les guerres extérieures ne sont plus des événements de la politique étrangère. Elles font désormais partie des politiques intérieures, parce que les peuples, y compris le peuple américain, sont contre les guerres d’agression.</p>



<p>Si les dirigeants occidentaux veulent la paix, il faut qu’ils acceptent qu’il n’y ait qu’un seul droit international qui condamne l’agression d’où qu’elle vienne, qu’ils donnent une autorité à l’Onu et qu’ils redessinent les frontières d’Israël pour permettre la naissance d’un Etat palestinien avec Jérusalem comme capitale. L’ordre mondial postcolonial ne peut être géré avec une mentalité néocoloniale.</p>



<p>* <em>Professeur à l&rsquo;Institut des études politiques de l&rsquo;Université de Lyon.  </em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="7uZpQhgUjC"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/19/loccident-sacharne-sur-les-palestiniens-par-israel-interpose/">L’Occident s’acharne sur les Palestiniens, par Israël interposé</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’Occident s’acharne sur les Palestiniens, par Israël interposé » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/19/loccident-sacharne-sur-les-palestiniens-par-israel-interpose/embed/#?secret=e3I2j9MqSp#?secret=7uZpQhgUjC" data-secret="7uZpQhgUjC" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>Les messages codés de Rome à Carthage</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 May 2026 09:26:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Italie]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saied]]></category>
		<category><![CDATA[Kamel Ghribi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’article du journal ‘‘Il Foglio’’ a suscité la polémique à Tunis, parce que la scène politique tunisienne traverse une période de profond vide. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/06/les-messages-codes-de-rome-a-la-tunisie/">Les messages codés de Rome à Carthage</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’article du journal ‘<a href="https://www.ilfoglio.it/esteri/2026/05/01/news/si-cerca-il-successore-di-saied-nella-tunisia-senza-soldi-ne-diritti--324363" target="_blank" rel="noreferrer noopener">‘Il Foglio’’ </a>(droite libérale) a suscité la polémique en Tunisie, non pas par sa force intrinsèque, mais parce que la scène politique tunisienne traverse une période de profond vide. Pour y remédier, il ne faut ni nier les faits ni recourir à des accusations de trahison, mais combler ce vide politique par de véritables alternatives nationales qui relégueront tout article étranger au rang de simple fait divers, et non d’événement fondateur.</em></strong></p>



<p><strong>Sami Jallouli </strong>*</p>



<span id="more-18737201"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Sami-Jallouli-Portrait.jpg" alt="" class="wp-image-18207777" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Sami-Jallouli-Portrait.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Sami-Jallouli-Portrait-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Sami-Jallouli-Portrait-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>J’ai lu les articles publiés dans le quotidien italien <em>‘‘Il Foglio’’</em> ces derniers jours et j’ai préféré attendre que la situation s’éclaircisse et que la vérité émerge de ce débat avant de formuler une opinion ou une analyse.</p>



<p>La parution de cet article dans un journal italien ne saurait être considérée comme arbitraire, surprenante, ni même comme une publicité déguisée, contrairement à ce que certains ont suggéré. L’Italie est le partenaire européen le plus concerné par la situation tunisienne, notamment en matière de migration et de stabilité économique.</p>



<p>Historiquement, la Tunisie et l’Italie partagent des préoccupations communes depuis l’époque de Carthage et de Rome&nbsp;; tantôt l’Italie est préoccupée par nous, tantôt nous par elle.</p>



<p>Avant d’entrer dans les détails, convenons d’un point crucial&nbsp;: tout Tunisien, qu’il réside au pays ou à l’étranger, jouit de la plénitude de ses droits politiques, y compris le droit de se présenter à toute élection, municipale, législative ou présidentielle. Ce droit n’est pas une faveur accordée par quiconque&nbsp;; c’est un droit constitutionnel. Réduire le processus démocratique à des accusations de trahison simplement parce qu’un nom apparaît dans des articles étrangers constitue une simplification excessive de l’action politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Apaiser les tensions</h2>



<p>Je suis enclin à croire que la publication de cet article à ce moment précis, et la mention d’une personne en particulier (l’homme d’affaires tuniso-italien <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/29/le-groupe-italien-san-donato-lorgne-le-secteur-de-la-sante-en-tunisie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Kamel Ghribi</a>, Ndlr), pourraient constituer une fuite de renseignements servant l’un des deux objectifs suivants : la première possibilité est que l’article ait servi à sonder l’opinion publique et le régime. Les puissances extérieures utilisent souvent la presse pour semer le trouble et observer les réactions. En fonction de ces réactions, des centres de recherche spécialisés évaluent la réaction du régime et le comportement de l’opinion publique, puis formulent des recommandations aux décideurs internationaux.</p>



<p>Il se peut que Kamel Ghribi ne soit pas la cible visée, mais plutôt une figure emblématique de l’économie et un homme aux réseaux transnationaux. C’est une personnalité qui séduit en temps de crise car il ne s’appuie pas sur la politique partisane traditionnelle et a accès aux finances publiques et à des réseaux d’influence internationaux.</p>



<p>La seconde possibilité est que l&rsquo;article vise à provoquer un choc politique, forçant le régime en place à prendre conscience de la nécessité d’une véritable transparence face aux tensions actuelles et l’obligeant à modifier son comportement politique afin d’apaiser les tensions avant qu’il ne soit trop tard.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une polémique effective</h2>



<p>Depuis la publication de cet article, j’ai constaté que beaucoup s’interrogent sur l’intervention italienne. Il suffit de rappeler les circonstances de la transition de 1987. L’Italie et l’Algérie ont joué un rôle central dans l’orchestration de cette transition, l’objectif étant alors de sécuriser le gazoduc [reliant les deux pays via le territoire tunisien, Ndlr] et d’empêcher toute faction, dans le chaos ambiant, de le saboter.</p>



<p>Il est essentiel de comprendre que tant que le gazoduc transitera par la Tunisie, Rome conservera des intérêts vitaux dans le paysage politique tunisien. À l’inverse, le rôle de la France se résume souvent à une réaction tardive. Prise au dépourvu par les changements de régime de 1987 et 2011, la France n’a eu d’autre rôle que de saisir les opportunités et de participer aux arrangements post-transitionnels par le biais de nominations ponctuelles.</p>



<p>Si l&rsquo;article d’<em>‘‘Il Foglio’’</em> a suscité la polémique, ce n’est pas par sa force intrinsèque, mais parce que la scène politique tunisienne traverse une période de profond vide. Pour surmonter cette crise, il ne faut ni la nier ni recourir à des accusations de trahison, mais combler ce vide politique par de véritables alternatives nationales qui relégueront tout article étranger au rang de simple fait divers, et non d’événement fondateur.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Traduit de l&rsquo;arabe.</em></p>



<p><em>* Conseiller juridique</em>.</p>



<p class="has-text-align-left"><strong>Qui est Kamel Ghribi ? </strong></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="SXdAuYYE2A"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/29/le-groupe-italien-san-donato-lorgne-le-secteur-de-la-sante-en-tunisie/">Le groupe italien San Donato lorgne le secteur de la santé en Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le groupe italien San Donato lorgne le secteur de la santé en Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/29/le-groupe-italien-san-donato-lorgne-le-secteur-de-la-sante-en-tunisie/embed/#?secret=YOxzSC9hGc#?secret=SXdAuYYE2A" data-secret="SXdAuYYE2A" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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			</item>
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		<title>La guerre des détroits &#124; Quand l’économie dicte le destin du monde</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/05/la-guerre-des-detroits-quand-leconomie-dicte-le-destin-du-monde/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 May 2026 07:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ormuz, Suez, Dardanelles, Panama : autant de points névralgiques où se concentre une nouvelle forme de conflictualité permanente. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/05/la-guerre-des-detroits-quand-leconomie-dicte-le-destin-du-monde/">La guerre des détroits | Quand l’économie dicte le destin du monde</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Ormuz, Suez, Dardanelles, Panama : autant de points névralgiques où se concentre une nouvelle forme de conflictualité, diffuse, permanente, souvent invisible. Ici, la guerre ne se déclare plus toujours. Elle s’insinue.</em></strong></p>



<p><strong>Abdelhamid Larguèche</strong> *</p>



<span id="more-18732518"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre.jpg" alt="" class="wp-image-18218829" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Abdelhamid-Largueche-Timbre-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Il aura fallu des décennies de conflits meurtriers, de guerres idéologiques et territoriales, pour que s’impose une évidence désormais difficile à ignorer : les affrontements contemporains ne se jouent plus d’abord pour des terres ou des idées, mais pour le contrôle des flux économiques vitaux. Nulle part cette mutation n’apparaît avec autant de force que dans les détroits stratégiques, ces passages étroits par lesquels transite une part décisive du commerce mondial. </p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="NXR4W0w7Ou"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/15/etats-unis-iran-les-negociations-butent-sur-ormuz-et-luranium/">Etats-Unis &#8211; Iran | Les négociations butent sur Ormuz et l’uranium</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Etats-Unis &#8211; Iran | Les négociations butent sur Ormuz et l’uranium » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/15/etats-unis-iran-les-negociations-butent-sur-ormuz-et-luranium/embed/#?secret=iQ2YudbvMS#?secret=NXR4W0w7Ou" data-secret="NXR4W0w7Ou" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Ormuz : la guerre sans déclaration (depuis les années 1980)</h2>



<p>Le détroit d’Ormuz est aujourd’hui l’épicentre de cette géopolitique des flux. Par ce couloir maritime transite environ un tiers du pétrole mondial.</p>



<p>Déjà, entre, 1984 et 1988, lors de la guerre Iran-Irak, la région devient le théâtre de la <em>«guerre des pétroliers» </em>: attaques de navires, mines maritimes, frappes indirectes. L’objectif n’est plus seulement militaire, il est économique : asphyxier l’adversaire en frappant ses exportations.</p>



<p>Depuis, chaque montée de tension entre les États-Unis et l’Iran réactive cette menace. Et il suffit d’une déclaration, d’un incident, d’un navire arraisonné pour que les marchés mondiaux vacillent.</p>



<p>À Ormuz, la guerre est devenue une hypothèse permanente. Une arme psychologique autant que stratégique.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="KegTHXAmHO"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/31/suez-1956-nasser-un-patriote-egyptien-antibritannique-entre-americains-et-russes/">‘‘Suez 1956’’ : Nasser, un patriote égyptien antibritannique, entre Américains et Russes</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Suez 1956’’ : Nasser, un patriote égyptien antibritannique, entre Américains et Russes » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/31/suez-1956-nasser-un-patriote-egyptien-antibritannique-entre-americains-et-russes/embed/#?secret=Q3O9vUFQNk#?secret=KegTHXAmHO" data-secret="KegTHXAmHO" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Suez : 1956, quand un canal déclenche une guerre</h2>



<p>Le canal de Suez, ouvert en 1869, a très tôt incarné la centralité des routes commerciales. Mais c’est en&nbsp;1956 que sa dimension géopolitique éclate au grand jour.</p>



<p>Lorsque&nbsp;Gamal Abdel Nasser nationalise le canal, la réaction est immédiate : la France, le Royaume-Uni et Israël lancent une attaque militaire.</p>



<p>Ce conflit, bref mais décisif, révèle une vérité fondamentale : on peut faire la guerre non pour conquérir un territoire, mais pour contrôler un passage.</p>



<p>Suez marque aussi un tournant : la fin de l’ordre colonial classique et l’émergence d’un monde où les infrastructures économiques deviennent des enjeux de puissance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Dardanelles : des empires à la 1ère Guerre mondiale (XIX<sup>e</sup> siècle-1915)</h2>



<p>Bien avant Ormuz et Suez, le détroit des Dardanelles était déjà au cœur des rivalités internationales.</p>



<p>Tout au long du XIX<sup>e</sup> siècle, dans le cadre de la <em>«question d’Orient»</em>, les grandes puissances, notamment la Russie&nbsp; cherchent à contrôler cet accès stratégique entre la mer Noire et la Méditerranée.</p>



<p>Le point culminant survient en 1915, avec la bataille de Gallipoli pendant la Première Guerre mondiale. L’objectif des Alliés : forcer le passage pour ravitailler la Russie et affaiblir l’Empire ottoman.</p>



<p>L’échec est sanglant. Mais la leçon est claire : maîtriser un détroit, c’est peser sur l’équilibre du monde.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Panama : un détroit artificiel au service de la puissance (1903-1999)</h2>



<p>Le canal de Panama, inauguré en 1914, introduit une nouvelle dimension : celle d’un passage entièrement construit comme outil stratégique.</p>



<p>Dès 1903, les États-Unis prennent le contrôle de la zone du canal, qu’ils conserveront jusqu’en 1999. Pendant près d’un siècle, ils y exercent une domination qui leur permet de structurer les échanges maritimes mondiaux selon leurs intérêts.</p>



<p>Ici, la géographie n’est plus seulement subie, elle est façonnée.</p>



<p>Le détroit devient une création politique au service de l’économie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La mutation du conflit : de la guerre totale à la guerre des flux</h2>



<p>Ces exemples, éloignés dans le temps et l’espace, obéissent pourtant à une même logique.</p>



<p>Ce qui se joue dans les détroits, ce n’est pas seulement la sécurité régionale. C’est le contrôle des circulations : pétrole, marchandises, énergie, données.</p>



<p>La célèbre formule de Clausewitz&nbsp;: <em>«la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens»</em> semble aujourd’hui dépassée. Nous assistons à un renversement :la guerre devient la continuation de l’économie par d’autres moyens.</p>



<p>Sanctions, blocus implicites, pressions sur les routes maritimes, démonstrations navales : autant de formes de coercition qui évitent l’affrontement direct tout en produisant des effets globaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une guerre silencieuse, aux conséquences bien réelles</h2>



<p>Cette <em>«guerre des détroits»</em> présente une caractéristique inquiétante : elle est souvent invisible.&nbsp;Pas de front clairement défini, Pas de déclaration officielle, Mais des effets immédiats : inflation, pénuries, instabilité énergétique</p>



<p>Elle mobilise moins des armées que des marchés, des compagnies d’assurance, des chaînes logistiques.</p>



<p>Et surtout, elle affecte des populations entières, sans qu’elles soient jamais considérées comme des acteurs du conflit.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La mise à nu du monde contemporain</h2>



<p>Ce que révèle cette géopolitique des détroits, c’est une transformation profonde de l’ordre international.</p>



<p>L’économie n’est plus un simple domaine de gestion. Elle est devenue un champ de bataille.</p>



<p>Dans cet espace, la morale pèse peu face aux impératifs de puissance. Les décisions se prennent loin des peuples, mais leurs conséquences se diffusent partout.</p>



<p>Le contrôle d’un détroit n’est plus seulement stratégique. Il est systémique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Qui contrôle les flux contrôle le monde&nbsp;?</h2>



<p>Dans ce nouvel âge des conflits, la question n’est plus seulement : qui gagne la guerre ? Mais plutôt :&nbsp;qui contrôle les flux vitaux du monde ?</p>



<p>Face à ces vulnérabilités, les grandes puissances sont sur tous les fronts : Les États-Unis patrouillent le Golfe et la mer de Chine.&nbsp; La Chine construit bases et routes alternatives. L’Iran transforme Ormuz en levier stratégique.<br>Tant que ces flux resteront concentrés entre quelques acteurs, le reste du globe continuera de vivre sous une pression constante, silencieuse, diffuse, mais implacable.</p>



<p>Une paix en apparence. Une guerre en réalité. La guerre des détroits.</p>



<p>Dans tout cela, la Tunisie, carrefour méditerranéen sans maîtrise des flux, subit plus qu’elle ne décide, exposée aux chocs d’un monde dont elle ne contrôle ni les routes ni les règles.</p>



<p><em>* Historien.  </em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/05/la-guerre-des-detroits-quand-leconomie-dicte-le-destin-du-monde/">La guerre des détroits | Quand l’économie dicte le destin du monde</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Déclaration &#124; Un Maghreb des libertés est encore possible</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/04/declaration-un-maghreb-des-libertes-est-encore-possible/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 May 2026 05:49:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
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		<category><![CDATA[Mauritanie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Déclaration finale de la Journée «5 heures pour les libertés et les droits humains au Maghreb» tenue le 2 mai 2026 à Paris. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/04/declaration-un-maghreb-des-libertes-est-encore-possible/">Déclaration | Un Maghreb des libertés est encore possible</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Nous publions ci-dessous la «Déclaration finale» de la Journée «&nbsp;5 heures pour les libertés et les droits humains au Maghreb» tenue le 2 mai 2026 à la&nbsp;Bourse de Travail à&nbsp;Paris. Cette IIIe édition a été organisée par des organisations maghrébines en hommage au militant et historien algérien Mohammed Harbi.</em></strong></p>



<span id="more-18727957"></span>



<p>Nos organisations à l’origine de cette journée s’étaient déjà données rendez-vous dans cette même salle pour débattre et échanger sur un sujet d’une importance capitale. Nous avions réuni les représentant.es d’organisations de défense des droits humains de tous les pays du Maghreb pour faire l’état des lieux des libertés qui sont piétinées et allègrement bafouées par les régimes en place. L’Ensemble avait salué l’initiative et la dynamique qui nous ouvraient le chemin vers d’autres perspectives. Nous avions mesuré l’immensité des attentes et de la tâche qui nous incombe pour poursuivre cette belle dynamique amorcée. </p>



<p>Voici les mots sur lesquels nous nous sommes quittés la dernière fois : <em>«Nous devons montrer aux régimes autoritaires de la région que nous serons toujours sur leur chemin pour faire barrage à leur politique répressive empreinte de haine, de chauvinisme, d’exclusion et d’intolérance. Nous ne les laisserons pas sévir impunément. Nous bâtirons des solidarités entre les peuples du monde et leurs forces vives, éprises de justice, pour les dénoncer et lever le voile sur leurs mensonges qu’ils distillent à la face du monde par rapport à leur soi-disant respect des engagements en matière des droits humains. Nous resterons unis pour leur tenir tête et leur dire que nous n’abandonnons pas nos peuples dans leur combat pour la liberté, la dignité, la justice et l’Etat de droit. UN AUTRE MAGHREB EST POSSIBLE, UN MAGHREB DES LIBERTÉS.»</em> </p>



<p>Nous nous retrouvons cette année, dans un contexte international très inquiétant, dominé par la poursuite du génocide que commet l’État criminel d’Israël contre le peuple palestinien et les agressions menées conjointement par les États-Unis d’Amérique et Israël contre l’Iran, en piétinant le droit international et faisant courir à toute la région le risque d’une guerre généralisée. Notre condamnation est totale. Notre soutien indéfectible à la cause palestinienne ainsi qu’aux peuples iranien, libanais et à tous les peuples dans leur lutte pour le droit de disposer d’eux-mêmes, a été et sera toujours au cœur de nos combats.&nbsp;</p>



<p>Nous restons par ailleurs toujours animés de la même volonté de donner un nouvel élan à notre dynamique pour porter et défendre l’idée d’un GRAND MAGHREB, un Maghreb sans frontières, sans haine, sans chauvinisme, sans racisme ni esclavage. Un Maghreb où la liberté, la justice, l’égalité, la dignité, la pluralité, la démocratie et l’État de droit sont respectés. Bref, un Maghreb comme le voulait l’historien anti-colonial algérien, le regretté Mohamed Harbi, à qui nous dédions cette rencontre d’aujourd’hui. </p>



<p>Nous voulons faire de cette journée un acte politique, un espace de convergence, de résistance et de construction d’un rapport de force à l’échelle maghrébine en hommage à Mohamed Harbi dont le parcours nous rappelle que les luttes pour la liberté sont indissociables et que l’histoire du Maghreb n’est qu’une histoire de combats partagés.</p>



<p>Si lors de la dernière édition, nous avions mis l’accent sur l’état des lieux des libertés et la situation des droits humains au Maghreb tout en se focalisant particulièrement sur la liberté de la presse et l’instrumentalisation de la justice, cette année nous avons jugé utile de débattre d’autres sujets se rapportant à la construction de ce Maghreb tant désiré. C’est pour cette raison qu’on a scindé la journée en deux parties. Le matin, la parole était donnée aux défenseur.es maghrébin.es pour relater la situation des droits humains dans la région. Leur constat est alarmant :</p>



<p>De la Mauritanie à la Libye, en passant par le Maroc, l’Algérie et la Tunisie, c’est un même système de répression qui frappe.</p>



<p>En Algérie, on emprisonne les voix du Hirak et on interdit les associations de défense des droits humains ainsi que les médias indépendants. </p>



<p>Au Maroc,&nbsp;on condamne lourdement les figures des mouvements populaires comme ceux du Hirak du Rif et on emprisonne les jeunes de la génération Z pour briser toute contestation et toute voix critique.&nbsp;</p>



<p>En Tunisie, on criminalise l’opposition, l’action citoyenne et la solidarité, on muselle la presse, on instrumentalise la justice pour faire taire toute dissidence et on exacerbe le racisme contre les migrants subsahariens.</p>



<p>En Mauritanie, on piétine les libertés fondamentales et on réduit en esclaves les citoyen.nes d’origine haratine.</p>



<p>En Libye, on pratique la traite d’êtres humains et on exécute sommairement des citoyen.nes dans un contexte de guerre civile qui fait des ravages.</p>



<p>Ce ne sont malheureusement que quelques traits de la triste réalité car les autorités maghrébines s’attaquent plus généralement aux libertés collectives et individuelles en se basant sur des lois liberticides. Les violations des droits humains les plus élémentaires sont monnaie courante. Les prisons sont de plus en plus peuplées de militant·e.s politiques, associatif·ve.s, intellectuels, journalistes et syndicalistes. Ainsi, on voit que les régimes despotiques qui sévissent au Maghreb ne convergent que pour réprimer leurs peuples.<br>L’après-midi, lui, a été consacré à la question cruciale de l’intégration souhaitée du Maghreb.</p>



<p>Nos invités, qui sont des chercheur.es, des économistes et des universitaires, toutes et tous spécialistes du Maghreb, se sont penchés sur des sujets d’ordres géopolitiques et géostratégiques qui se rapportent à l’intégration régionale. À travers leurs riches interventions, elles /ils ont questionné cette intégration sous différents angles; historiques, politiques, géostratégiques et socio-économiques.<br>Les visées de l’État génocidaire d’Israël sur la région en signant les accords d’Abraham avec l’État marocain, la récente mainmise des États-Unis d’Amérique sur les négociations entre le Maroc et le Front Polisario concernant le Sahara Occidental, ainsi que le début dernièrement des manœuvres militaires African Lion 26, pilotés par les USA et le Maroc, et qui regroupent la Tunisie et d’autres pays du Sahel, n’augurent rien de bon pour la région.</p>



<p>L’idée d’un Maghreb uni trouve ses sources dans les années 1920 lorsque les mouvements de libération nationale se sont réunis au Caire, dans le cadre de leur lutte contre la colonisation, pour constituer une commission de libération du Maghreb. Trente ans après, la conférence de Tanger de 1958 a initié la création d’une union maghrébine.</p>



<p>La forme et le contenu géopolitique de cette union ont été modelés au gré des régimes qui ont pris le pouvoir après les indépendances. Celle qui a été livrée et imposée aux Maghrébins s’appelle l’Union du Maghreb Arabe qui a vu le jour en 1989 à Marrakech. Une coquille vide, sans aucun impact politique majeur et dont l’appellation même, étant non inclusive, pose problème. Elle est à l’image des pouvoirs qui sévissent depuis au Maghreb. Son temps est révolu. Les peuples maghrébins méritent mieux et aspirent à une vraie cohésion.</p>



<p>À travers les analyses et les interrogations de nos&nbsp;<a href="http://intervenant.es/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">intervenant.es</a>&nbsp;sur les raisons objectives et les obstacles qui se dressent devant l’intégration et la construction d’un Grand Maghreb, malgré tous les atouts économiques et géopolitiques dont dispose la région, nous pouvons déceler en filigrane une esquisse de réponse qui désigne comme responsable le déficit criant de l’État de droit dans tous les pays du Maghreb.</p>



<p>Les débats et les échanges d’aujourd’hui ont permis quelques réflexions et pistes à explorer pour le dépassement. Les sociétés civiles maghrébines ont un rôle primordial pour atteindre cet objectif. C’est à nous, forces vives de ces sociétés, qu’incombe cette tâche et d’en être le fer de lance. Nous savons que le pouvoir appelle l’abus de pouvoir comme disait Montesquieu. Nous devons donc rester ce que nous sommes aujourd’hui, c’est-à-dire des défenseur.es des droits humains éternellement insatisfaits. Nous devons rester vigilants et alertes pour jouer notre rôle de garde-fou, sensibilisés et mobilisés pour des changements démocratiques en vue de l’avènement de l’État de droit dans tous les pays du Maghreb, un préalable pour une intégration future dans un Grand Maghreb des peuples pour la liberté, la dignité, la justice, l’égalité, la pluralité, la démocratie – un grand Maghreb où toutes les frontières seront démantelées pour céder la place à la libre circulation des humains et des biens.</p>



<p>Nous sommes conscients que le chemin à parcourir est très long, mais nous avons l’intime conviction que le salut des peuples de la région se trouve au bout de cette voie que nous empruntons.</p>



<p>Il est temps de construire ensemble une solidarité active et transnationale pour refuser la résignation et les frontières qui nous sont imposées.</p>



<p>Nous appelons toutes les forces vives éprises de justice et de liberté à se mobiliser massivement avec nous pour :<br>&#8211; Briser le silence imposé par la répression<br>&#8211; Dénoncer publiquement et sans compromis les violations des droits<br>&#8211; Exiger la libération de tou.tes les détenu.es politiques et d’opinion<br>&#8211; Défendre ensemble la liberté d’expression et une justice indépendante</p>



<p><strong>Associations et organisations signataires :</strong></p>



<p>Association de défense des droits de l&rsquo;Homme au Maroc (ASDHOM)</p>



<p>Association Démocratique des Tunisiens en France (ADTF)</p>



<p>Association des Haratines de Mauritanie en Europe (A.H.M.E)</p>



<p>Association des Marocains en France (AMF)</p>



<p>Association marocaine des droits humains-Paris (AMDH-Paris)</p>



<p>Association de parents et amis de disparus au Maroc (APADM)</p>



<p>Association&nbsp;des&nbsp;travailleurs&nbsp;maghrébins&nbsp;de&nbsp;France&nbsp;(ATMF)</p>



<p>Association&nbsp;Le&nbsp;Pont&nbsp;de&nbsp;Genève&nbsp;[SUISSE]</p>



<p>Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA)</p>



<p>Collectif de sauvegarde de la Ligue Algérienne des Droits Humains (CS-LADDH) </p>



<p>Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT)</p>



<p>Coordination maghrébine des organisations des droits humains (CMODH)</p>



<p>Euro-Mediterraan Centrum Migratie &amp; Ontwikkeling (EMCEMO) [PAYS-BAS]</p>



<p>Femmes Plurielles</p>



<p>Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR)</p>



<p>Fondation Frantz Fanon (FFF)</p>



<p>Forum des organisations nationales des droits humains en Mauritanie (FONADH)</p>



<p>Forum marocain Vérité et Justice-France (FMVJ-France)</p>



<p>Institut&nbsp;Mehdi Ben&nbsp;Barka&nbsp;&#8211;&nbsp;Mémoire&nbsp;vivante</p>



<p>Libertés Algérie</p>



<p>Na’oura-Bruxelles</p>



<p>Observatory on Gender In Crisis (Libye)</p>



<p>Pour une alternative démocratique en Algérie (PADA)</p>



<p>Riposte internationale [ALGÉRIE]</p>



<p>SOS Migrants &#8211; Belgique</p>



<p>Union des travailleurs immigrés tunisiens (UTIT)</p>
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		<title>Cinq mesures pour préserver l’économie tunisienne</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/02/cinq-mesures-pour-preserver-leconomie-tunisienne/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 May 2026 09:49:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[déficit énergétique]]></category>
		<category><![CDATA[énergie solaire]]></category>
		<category><![CDATA[Etap]]></category>
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		<category><![CDATA[FMI]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saied]]></category>
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		<category><![CDATA[Steg]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisair]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Si la Tunisie avait accepté en 2023 le prêt du FMI, l’économie tunisienne serait aujourd’hui en bien meilleure situation. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La Tunisie fait partie intégrante de l’économie mondiale et des accords de Bretton Woods. Elle doit collaborer avec les institutions internationales et ne peut s’isoler du système financier et monétaire mondial. Si le président Kaïs Saïed avait accepté, en 2023, le prêt du FMI d’un montant de 1,9 milliard de dollars US assorti d’un taux d&rsquo;intérêt de 3 %, l’économie tunisienne serait aujourd’hui en meilleure situation et nos entreprises auraient disposé des fonds nécessaires à la réalisation des cinq projets d’énergie solaire récemment attribués à des entreprises étrangères. Et la notation de la Tunisie par Fitch Rating se serait considérablement améliorée pour atteindre, aujourd’hui, BBB-.</em></strong></p>



<p><strong>Larbi Benbouhali</strong> *</p>



<span id="more-18721757"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Larbi-Benbouhali.jpg" alt="" class="wp-image-17855925" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Larbi-Benbouhali.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Larbi-Benbouhali-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Larbi-Benbouhali-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Le président Kaïs Saïed aurait pu prendre cinq mesures pour préserver l’économie tunisienne dans le contexte économique mondial incertain et se préparer aux conséquences de la guerre Iran-États-Unis et aux pénuries de pétrole et de produits alimentaires. Ces mesures, présentées ci-dessous, je les avais proposées depuis 2023. Mais elles n’ont pas retenu l’attention des décideurs.</p>



<p>Le gouvernement tunisien aurait pu prendre cinq mesures pour aider les entreprises tunisiennes à investir dans des projets d’envergure, réduire le déficit énergétique, générer davantage de devises étrangères et créer des milliers d’emplois.</p>



<p><strong>Mesure 1</strong> : si le président Kaïs Saïed avait collaboré avec le FMI, le gouvernement tunisien aurait pu verser 300 millions de dollars US à Steg pour la construction des centrales solaires de 600 MW, conservé tous les bénéfices en Tunisie, réduit la dette de Steg et le déficit énergétique tunisien.</p>



<p><strong>Mesure 2</strong> : si le président Kaïs Saïed avait collaboré avec le FMI, le gouvernement tunisien aurait pu accorder 300 millions de dollars US à l’Etap pour l’exploration de pétrole brut et de gaz naturel en Algérie et en Libye, puis vendu ce pétrole brut et ce gaz naturel sur les marchés mondiaux, et rapatrié les bénéfices en devises étrangères (dollars américains) au Trésor tunisien.</p>



<p>La Tunisie n’aurait besoin que de 5 puits de pétrole brut en Algérie ou en Libye pour produire 80 000 barils par jour (la consommation quotidienne de la Tunisie est de 110 000 barils par jour, et sa production n&rsquo;est que de 30 000 barils par jour).</p>



<p><strong>Mesure 3</strong> : si le président Kaïs Saïed avait collaboré avec le FMI, le gouvernement tunisien aurait pu accorder 500 millions de dollars US à la CPG pour l’acquisition de nouveaux équipements, permettant ainsi une production de 8 millions de tonnes et la génération de bénéfices en dollars américains. Ces bénéfices seraient restés intégralement en Tunisie, réduisant ainsi la dette de CPG et portant les réserves de change à 150 jours d’importation.</p>



<p><strong>Mesure 4</strong> : si le président Kaïs Saïed avait collaboré avec le FMI, le gouvernement tunisien aurait pu accorder 300 millions de dollars US à Tunisair pour la location de trois nouveaux avions et pour couvrir les coûts supplémentaires liés au kérosène. Ceci aurait permis d’attirer davantage de touristes en Tunisie, d’accroître les réserves de change, de réduire la dette de Tunisair et de conserver l’intégralité des bénéfices en Tunisie.</p>



<p><strong>Mesure 5</strong> : si le président Kaïs Saïed avait collaboré avec le FMI, le gouvernement tunisien aurait pu accorder 500 millions de dollars US à la BNA et à la STB afin de leur permettre d’octroyer davantage de prêts au secteur privé et de stimuler la croissance économique. Les prêts et les investissements du secteur privé auraient permis d’accroître la capacité de production, d’augmenter le produit intérieur brut et de réduire la dette publique.</p>



<p><em>* Expert financier.</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="gP4lqfZL74"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/12/comment-preserver-leconomie-tunisienne-des-sequelles-de-la-guerre-diran/">Comment préserver l’économie tunisienne des séquelles de la guerre d’Iran ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Comment préserver l’économie tunisienne des séquelles de la guerre d’Iran ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/12/comment-preserver-leconomie-tunisienne-des-sequelles-de-la-guerre-diran/embed/#?secret=XfBHarqTvr#?secret=gP4lqfZL74" data-secret="gP4lqfZL74" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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		<title>Le siècle des «impuissances» ou le nouvel Atlas</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/02/le-siecle-des-impuissances-ou-le-nouvel-atlas/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 May 2026 07:29:13 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Yahya Ould Amar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après l’échec américain en Iran, le monde entre dans une ère où les grandes puissances ont la capacité de détruire, mais plus celle d’ordonner.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/02/le-siecle-des-impuissances-ou-le-nouvel-atlas/">Le siècle des «impuissances» ou le nouvel Atlas</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Après l’échec américain en Iran, le monde entre dans une ère de recomposition et d’instabilité où les grandes puissances conservent la capacité de détruire, mais perdent celle d’ordonner. </em></strong><strong><em>Il y eut un temps où la puissance était capable </em></strong><strong><em>d’engendrer l’ordre par la seule menace de sa force. </em></strong><strong><em>Puis vint un temps plus impérial, où elle </em></strong><strong><em>devint architecte, bâtissant des systèmes stables sur les ruines des vaincus. </em></strong><strong><em>Nous entrons désormais dans un troisième âge, celui des puissances du désordre, qui excellent </em></strong><strong><em>à détruire, à sanctionner, à paralyser le monde </em></strong><strong><em>—incapables de produire autre chose que l’incertitude et le chaos. </em></strong><strong><em>La force demeure ; l’autorité s’est évaporée. Et dans ce vide, l’Histoire ne s’arrête pas, elle redevient imprévisible et conflictuelle.</em></strong></p>



<p><strong>Yahya Ould Amar</strong> *</p>



<span id="more-18721180"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Ould-Amar-Yahya.jpg" alt="" class="wp-image-335526"/></figure>
</div>


<p>La puissance n’est pas l’autorité. La puissance contraint ; l’autorité fait consentir. La puissance impose un comportement ; l’autorité fonde une durée. Pendant longtemps, l’Occident a confondu les deux parce que sa supériorité matérielle semblait produire naturellement de la légitimité. Cette illusion est morte. Ce qui s’effondre aujourd’hui est la croyance selon laquelle la victoire militaire peut encore se transformer en obéissance politique.</p>



<p>Ce n’est plus la puissance qui ordonne le chaos ; c’est le chaos qui révèle l’impuissance souveraine de la puissance. Nous assistons à l’usure intérieure de l’empire américain, plus une grande puissance dépense d’énergie pour imposer son ordre, plus cet ordre se dissout en désordre.</p>



<p>Le nouvel Atlas est un monde sans puissance capable de le porter sur ses épaules. Les États-Unis ne soutiennent plus l’ordre qu’ils prétendent défendre ; ils le déchirent. La Chine ne veut pas encore porter ce fardeau ; elle préfère en observer l’usure. La Russie n’a ni les moyens ni le désir de stabiliser. Le monde entre dans un âge où personne ne veut payer le prix de le gouverner.</p>



<p>Entre Iran et États-Unis, aucun des belligérants n’a été battu au sens classique du terme. Les guerres contemporaines ne se gagnent que rarement. L’échec est ailleurs, dans l’écart devenu béant entre la performance tactique et le résultat stratégique. Washington et ses alliés peuvent dégrader des capacités militaires, imposer des coûts ; mais ils ne peuvent ni fabriquer un ordre régional accepté, ni garantir la docilité d’un État, ni empêcher un adversaire affaibli de rendre la victoire politiquement toxique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ormuz ou la revanche de la vulnérabilité </h2>



<p>L’Iran a montré qu’il pouvait imposer des coûts durables aux marchés énergétiques mondiaux par des moyens limités — drones, mines, missiles — tandis que les États-Unis se retrouvent pris dans une forme de<em> «piège de crédibilité»</em>, soit escalader au risque d’enlisement, soit temporiser au risque d’apparaître impuissants.</p>



<p>En poursuivant le blocus, les Etats-Unis exercent bien plus de pression sur leur propre économie que sur l’Iran qui a prouvé qu’il pouvait endurer la douleur économique — il le fait depuis 47 ans. Alors que les familles américaines n’ont qu’environ 40 secondes de patience pour de l’essence aujourd’hui à 6 $ le gallon.</p>



<p>Ormuz est le symbole d’une démocratisation de la vulnérabilité. Un État moyen, sans flotte, sans armée de haute technologie, peut désormais tenir en otage l’économie planétaire avec quelques drones et un savoir-faire asymétrique.</p>



<p>La globalisation, qui devait être l’arme ultime des puissants, s’est retournée contre eux, elle a multiplié les points de pression que les faibles peuvent actionner. En fait, la vraie dissuasion est logistique et temporelle.</p>



<p>La mondialisation a multiplié les points de strangulation. Elle a rendu le monde plus intégré, donc plus exposé et moins résilient. L’ancien monde craignait l’invasion de ses frontières. Le nouveau craint l’interruption de ses flux. Ce qui fait la souveraineté aujourd’hui, ce sont les câbles, les ports, les détroits, les satellites, les semi-conducteurs, les assurances maritimes, les marchés de l’énergie. La géopolitique devient l’art d’interrompre la circulation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La dissuasion change de camp</h2>



<p>La première conséquence de l’impuissance souveraine des puissances sera le changement de camp de la dissuasion. La leçon à retenir est qu’il n’est pas nécessaire de vaincre les États-Unis ; il suffit de rendre leur victoire trop chère et trop longue. C’est la revanche du politique sur le militaire.</p>



<p>La nouveauté est que les faibles peuvent rendre la victoire des forts inutilisable. Ils n’ont pas besoin de conquérir ; il leur suffit de contaminer le sens de la victoire. Une victoire qui ruine les finances, fracture les alliances, épuise les opinions publiques et ne produit aucun ordre stable cesse d’être une victoire. Elle devient un événement militaire sans traduction historique.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="MHKZOvhbUp"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/07/la-guerre-des-illusions-au-moyen-orient/">La guerre des illusions au Moyen-Orient</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La guerre des illusions au Moyen-Orient » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/07/la-guerre-des-illusions-au-moyen-orient/embed/#?secret=QtNpqR3yYJ#?secret=MHKZOvhbUp" data-secret="MHKZOvhbUp" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">États affaiblis, autonomies de fait et fédéralisations contraintes</h2>



<p>La deuxième conséquence sera territoriale. L’impuissance souveraine des puissances ne produit pas immédiatement l’éclatement généralisé des États ; elle produit d’abord leur délitement intérieur – cas de l’Irak, la Syrie, le Liban, le Yémen ou la Lybie.</p>



<p>Demain, cette logique peut s’étendre. En Iran même, le scénario le plus probable n’est pas une indépendance immédiate des minorités kurdes, baloutches, arabes ou azéries. Le nationalisme iranien reste profond et ancien. Mais le durcissement du régime, la crise économique, la militarisation de la société et l’affaiblissement du centre peuvent ouvrir la voie à des autonomies de fait. L’éclatement juridique est peu probable à court terme ; la fédéralisation de facto l’est davantage.</p>



<p>Ce modèle de transformation en fédération pourrait devenir la forme dominante de la crise étatique au XXI<sup>e</sup> siècle. Le Pakistan, l’Irak, la Syrie résiduelle, la Libye, le Soudan, le Liban, le Yémen, certains pays africains, voire demain des États plus solides mais ethniquement ou régionalement tendus, peuvent connaître cette évolution : une capitale, un drapeau, un siège à l’Onu — et, sous cette surface, des souverainetés négociées, armées, concurrentes.</p>



<p>Ce seront des États spectraux, visibles dans les institutions internationales, absents dans une partie de leur propre territoire ; souverains en droit, partagés en fait ; reconnus à l’extérieur, contestés à l’intérieur. Le XXI<sup>e</sup> siècle ne verra peut-être pas seulement la multiplication des nouveaux États, mais la prolifération d’États diminués, survivant par leur façade juridique alors que leur substance politique se disperse entre milices, régions, clans, partis armés, puissances étrangères et économies parallèles.</p>



<p>La troisième conséquence sera la montée des autonomies sans indépendance. Car l’indépendance coûte cher. Elle suppose une reconnaissance internationale, une monnaie, des frontières défendables, des parrains extérieurs. L’autonomie, elle, peut être conquise sans proclamation. Le Kurdistan irakien l’a compris depuis longtemps. Les entités kurdes de Syrie l’ont pratiqué. Des pouvoirs locaux au Yémen, en Libye ou au Soudan le démontrent chaque jour.</p>



<p>Dans un monde où les grandes puissances ne peuvent plus imposer de règlements définitifs, les acteurs locaux n’attendent plus la permission de l’histoire.</p>



<p>Pendant longtemps, les grandes puissances se sont arrogé le monopole de l’avenir, elles décidaient quels États devaient survivre, quels régimes devaient tomber, quelles frontières devaient être intangibles, quelles révolutions étaient légitimes. Ce monopole est terminé. L’avenir se localise. Il se fabrique désormais dans des périphéries armées, des provinces oubliées, des ports secondaires, des montagnes, des déserts.</p>



<p>Il faut donc s’attendre à moins de traités de paix et à plus d’arrangements, moins de frontières nouvelles et plus de frontières intérieures.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Occident exposé, la Russie attentive, la Chine calculatrice</h2>



<p>La quatrième conséquence sera la crise de l’alliance occidentale. L’Europe a subi les impacts économiques d’un conflit qu’elle n’avait ni initié ni souhaité, tandis que la fermeture d’Ormuz et la hausse des prix de l’énergie ravivent sa dépendance stratégique. L’Europe reste divisée sur la légalité de l’opération et la perspective d’une <em>«coalition de volontaires»</em> pour l’ouverture du détroit d’Ormuz.</p>



<p>L’autonomie stratégique européenne devient une question de survie politique. Si l’Europe suit l’Amérique, elle paie des guerres qu’elle n’a pas décidées. Si elle s’en sépare, elle découvre l’insuffisance de ses moyens militaires. Si elle tergiverse, elle devient un théâtre secondaire où les autres puissances testent leurs rapports de force. L’impuissance souveraine américaine ne libère pas automatiquement l’Europe ; elle l’expose.</p>



<p>L’Europe découvre ainsi sa propre contradiction. Elle a voulu être une puissance normative, elle a cru que le droit pouvait remplacer la force, que le commerce pouvait désarmer la géographie, que l’interdépendance pouvait abolir les tragédies. L’Europe n’est pas faible parce qu’elle manque seulement d’armes. Elle est faible parce qu’elle peine encore à penser politiquement l’usage de la force.</p>



<p>La cinquième conséquence concerne la Russie et la Chine. Moscou n’a pas besoin que l’Iran triomphe ; il lui suffit que les États-Unis s’usent. La Russie cherche à exploiter le chaos, à pousser Washington à disperser ses ressources et à observer les méthodes militaires américaines pour en tirer des leçons. La guerre d’Iran devient ainsi une annexe indirecte de la guerre d’Ukraine, dans la mesure où elle disperse l’attention, les ressources et la volonté stratégique de l’Occident.</p>



<p>Quant à la Chine, elle ne souhaite pas l’effondrement complet des pays du Golfe, dont elle dépend économiquement, mais elle étudie la fatigue américaine, la réaction des alliés, la vulnérabilité énergétique de Taïwan, le comportement des marchés et la solidité des bases américaines. Pékin peut tirer des bénéfices de court terme de la diversion américaine, tout en redoutant les conséquences économiques d’une crise prolongée au Moyen-Orient.</p>



<p>La Chine pratique une stratégie de la patience prédatrice. Elle n’a pas besoin de provoquer chaque crise ; il lui suffit d’apprendre de celles que l’Amérique s’inflige ou ne parvient plus à résoudre. Là où Washington consume de la crédibilité, Pékin accumule des observations dans la durée. La puissance chinoise se mesure à ce qu’elle laisse les autres s’auto-affaiblir eux-mêmes.</p>



<p>C’est là toute la nouveauté, les rivaux des États-Unis, au lieu de les affronter, préfèrent les regarder échouer dans des guerres qu’ils ont encore les moyens de commencer, mais plus toujours les moyens de conclure.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le siècle des guerres ingagnables</h2>



<p>La sixième conséquence sera intérieure. Les guerres modernes se perdent dans les stations-service, les supermarchés, les sondages, les parlements – pas seulement sur le champ de bataille. Les conséquences économiques, politiques et géopolitiques de la guerre d’Iran pourraient durer plusieurs années, notamment par le choc énergétique, l’inflation et leurs effets électoraux dans les démocraties.</p>



<p>L’impuissance souveraine des puissances est aussi démocratique. Les opinions publiques occidentales ne croient plus aux guerres pour défendre un quelconque droit des peuples. Elles rejettent l’engagement long, coûteux, ambigu. Or les adversaires l’ont compris. Ils ne visent plus seulement les bases militaires ; ils visent le consentement social. Ils frappent l’énergie, les chaînes logistiques, les infrastructures, l’attention médiatique.</p>



<p>Les régimes autoritaires ont compris que la faiblesse des démocraties est leur vulnérabilité au temps. Une démocratie supporte mal les coûts diffus, prolongés. Ses citoyens demandent une justification, ses marchés exigent une visibilité, ses élections imposent une échéance, ses médias transforment la durée en usure. Les adversaires des démocraties cherchent plus à survivre jusqu’à ce que la patience démocratique se défasse.</p>



<p>Que faut-il donc attendre ? Trois scénarios se dessinent.</p>



<p>Le premier est celui de la <strong>restauration autoritaire des États fragiles</strong>. Face au désordre, des pouvoirs centraux durcis — en Iran, en Égypte, en Turquie, dans le Golfe, au Sahel — peuvent renforcer leur appareil sécuritaire et neutraliser toute revendication autonomiste. Ce scénario ne produit pas la paix et repousse les fractures sans les résoudre.</p>



<p>Le deuxième est celui de la <strong>fédéralisation contrainte</strong>. Des États officiellement unitaires pourraient être forcés d’accepter des autonomies pour survivre avec un partage des revenus, un contrôle local de la sécurité, une reconnaissance communautaire, des administrations parallèles. Ce scénario est le plus réaliste dans plusieurs pays fragmentés. Il évite l’éclatement, mais institutionnalise la faiblesse.</p>



<p>Le troisième est celui de la <strong>sécession par effondrement</strong>. Il reste moins probable, mais plus dangereux. Il suppose la combinaison de trois facteurs : faillite économique du centre, militarisation des périphéries, parrainage extérieur. Là où ces trois conditions se réuniront, des indépendances pourront émerger — comme sous-produit d’une incapacité générale à gouverner au sens large.</p>



<p>Le paradoxe est que les grandes puissances redoutent l’éclatement des États tout en l’alimentant par leurs propres impasses. Elles sanctionnent, bombardent, financent des alliés locaux, puis appellent à l’intégrité territoriale. Elles dénoncent les milices après avoir sous-traité la sécurité. Elles invoquent l’ordre international quand elles ne peuvent plus le faire respecter.</p>



<p>L’échec américain en Iran n’annonce donc pas simplement le déclin des États-Unis. Ce serait une lecture trop courte. Il révèle que la force demeure, mais elle ne fonde plus l’autorité.</p>



<p>Notre monde sera polycentrique, transactionnel, travaillé par des souverainetés incomplètes et des conflits sans conclusion.</p>



<p>Car la grande inversion est accomplie, les puissants n’écrivent plus l’Histoire, ce sont ceux qui ont compris que la seule force réelle est la résilience existentielle. Les arsenaux grossissent, les empires s’essoufflent, et l’Histoire de mépris et d’humiliation, ironique, se met à sourire à ceux qui n’ont jamais cru qu’elle avait une fin.</p>



<p>C’est peut-être là la vraie leçon iranienne, la puissance ne sait plus produire la paix. Or, lorsque la force ne parvient plus à engendrer l’ordre, l’histoire cesse d’obéir à ceux qui frappent le plus fort ; elle se déplace vers ceux qui savent durer dans le désordre.</p>



<p><em>* Economiste, banquier et financier.</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="DxBc60Kuhy"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/09/liran-a-tenu-la-fin-de-lere-americaine/">L’Iran a tenu | La fin de l’ère américaine</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’Iran a tenu | La fin de l’ère américaine » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/09/liran-a-tenu-la-fin-de-lere-americaine/embed/#?secret=vKgac5XYQp#?secret=DxBc60Kuhy" data-secret="DxBc60Kuhy" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/02/le-siecle-des-impuissances-ou-le-nouvel-atlas/">Le siècle des «impuissances» ou le nouvel Atlas</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>La diplomatie tunisienne doit s’affranchir du poids de la routine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 May 2026 06:50:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[affaires étrangères]]></category>
		<category><![CDATA[diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[migrants illégaux]]></category>
		<category><![CDATA[Raouf Chatty]]></category>
		<category><![CDATA[Union européennes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le ministère tunisien des Affaires étrangères célèbre, le 3 mai 2026, le 70e anniversaire de sa réhabilitation au lendemain de l’indépendance. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/02/la-diplomatie-tunisienne-doit-saffranchir-du-poids-de-la-routine/">La diplomatie tunisienne doit s’affranchir du poids de la routine</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le ministère des Affaires étrangères célèbre, le 3 mai 2026, le&nbsp;70<sup>e</sup> anniversaire de sa réhabilitation au lendemain&nbsp;de l’indépendance de la Tunisie, le 20 mars 1956. Les Tunisiens lui sont gré de ses contributions&nbsp;importantes, souvent méconnues, dans l’essor du pays. Ses diplomates&nbsp;ont toujours représenté&nbsp;dignement le pays à l’étranger.&nbsp;</em></strong></p>



<p><strong>Raouf Chatty </strong>*</p>



<span id="more-18721064"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Raouf-Chatty.jpg" alt="" class="wp-image-347685"/></figure>
</div>


<p>Ce département&nbsp;occupe une place&nbsp;centrale au sein&nbsp;de l’appareil de l’Etat. Il assume, sous l’autorité du Président de la République, la responsabilité de la mise&nbsp;en&nbsp;œuvre&nbsp;de la politique internationale&nbsp;du pays.</p>



<p>Favorisée par son emplacement au cœur de la Méditerranée, la Tunisie s’est toujours construite à travers son histoire&nbsp;depuis l’antiquité&nbsp;dans les brassages humains et les échanges culturels et a toujours été&nbsp;ouverte sur l’extérieur.&nbsp;</p>



<p>Notre diplomatie a toujours poursuivi les objectifs suivants, souvent rappelés par le Président&nbsp;de la République&nbsp;: la défense&nbsp;de la souveraineté nationale et la consolidation de son invulnérabilité, la défense de la légalité internationale, de la paix dans le monde et&nbsp;des causes justes, le rejet de toute&nbsp;ingérence dans les affaires intérieures des États, le renforcement&nbsp;des capacités du pays et de&nbsp;sa sécurité&nbsp;globale, l’accompagnement intelligent de la communauté tunisienne&nbsp;à&nbsp;l’étranger&nbsp;et la contribution à la stabilité régionale.</p>



<p>La fidélité&nbsp;à ces objectifs&nbsp;a valu à la Tunisie&nbsp;le respect&nbsp;de la communauté internationale. Elle a toujours été perçue&nbsp;de&nbsp;l’extérieur&nbsp;à raison comme un pôle&nbsp;de stabilité&nbsp;dans&nbsp;son environnement&nbsp;géopolitique souvent&nbsp;mouvementé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’obligation de s’adapter</h2>



<p>Secteur&nbsp;fondamental dans&nbsp;la vie et la pérennité de l’État, pilier majeur dans l’œuvre de développement, notre diplomatie, tout en conservant&nbsp;ses constantes, a besoin aujourd’hui&nbsp;de s’auto-auditer pour lire lucidement&nbsp;ses forces et ses faiblesses,&nbsp;mesurer ses réalisations, identifier de manière claire&nbsp;ses&nbsp;choix, fixer ses&nbsp;priorités et réajuster le tir&nbsp;compte tenu&nbsp;des&nbsp;contraintes qui pèsent&nbsp;sur elle&nbsp;et&nbsp;de l’environnement régional et international&nbsp;très mouvementé dans lequel elle évolue.</p>



<p>Sa mission&nbsp;et sa responsabilité&nbsp;sont d’autant plus&nbsp;grandes&nbsp;que le pays évolue&nbsp;aujourd’hui dans un environnement intérieur&nbsp;complexe et dans un contexte international&nbsp;tendue et exigeant caractérisé par une grande confusion et où&nbsp;chaque pays cherche&nbsp;sa voie et revoit ses alliances&nbsp;pour se positionner sur le nouvel échiquier politique mondial de manière à pouvoir défendre&nbsp;au mieux ses intérêts&nbsp;dans un monde très compétitif. &nbsp;</p>



<p>Face à un monde en&nbsp;cours&nbsp;de recomposition,&nbsp;impulsée&nbsp;par l’extraordinaire révolution scientifique et technologique en cours, l’impitoyable compétition entre&nbsp;les&nbsp;grandes&nbsp;puissances,&nbsp;l’augmentation&nbsp;des angoisses, la multiplication&nbsp;des tensions, des guerres&nbsp;et&nbsp;des contraintes,&nbsp;la multiplication des défis en tous genres, le&nbsp;bouleversement&nbsp;de tous les repères et la naissance difficile&nbsp;de nouveaux paramètres, il&nbsp;pèse sur&nbsp;notre&nbsp;diplomatie&nbsp;l’obligation&nbsp;de s’adapter.</p>



<p>Il lui faudra&nbsp;donc lire&nbsp;de façon approfondie et lucide les&nbsp;nouvelles tendances, affiner ses&nbsp;moyens,&nbsp;mieux&nbsp;identifier&nbsp;ses&nbsp;espaces&nbsp;géopolitiques d’appartenance et mieux&nbsp;cibler et coordonner&nbsp;ses actions.</p>



<p>Des&nbsp;dossiers majeurs méritent&nbsp;d’être réexaminés de manière objective et approfondie&nbsp;: ceux&nbsp;relatifs à la sécurité&nbsp;des frontières, à l’entrée&nbsp;des migrants illégaux, subsahariens et autres, aux relations avec les pays voisins, à la place&nbsp;et&nbsp;au&nbsp;statut des colonies tunisiennes à l’étranger, à la migration des compétences nationales,&nbsp;aux rapports avec&nbsp;nos partenaires traditionnels, notamment les Etats-Unis et l’Europe (le sort de l’Aleca,&nbsp;dossier&nbsp;relégué aux oubliettes), aux difficultés rencontrées&nbsp;par les Tunisiens dans l’obtention des visas,&nbsp;aux relations avec nos partenaires arabes et africains,&nbsp;à la Chine, ainsi qu’avec les institutions financières&nbsp;internationales&#8230; Autant de dossiers&nbsp;stratégiques sur lesquels le ministère des Affaires étrangères doit dire son mot.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Redéfinir les priorités</h2>



<p>Sur tous ces dossiers, la diplomatie&nbsp;tunisienne doit&nbsp;s’affranchir&nbsp;de la routine du&nbsp;quotidien,&nbsp;redessiner&nbsp;une vision&nbsp;globale, redéfinir ses priorités, engager&nbsp;nos missions diplomatiques et consulaires&nbsp;à faire preuve d’imagination, à mieux rentabiliser&nbsp;nos relations avec les pays d’accréditation, actionner&nbsp;davantage les leviers&nbsp;de la diplomatie économique et culturelle, drainer&nbsp;davantage de projets de développement&#8230;</p>



<p>Le ministère des Affaires étrangères, fort de ses nombreuses compétences,&nbsp;pourra&nbsp;s’acquitter brillamment de toutes ces missions.&nbsp;</p>



<p>L’Académie diplomatique,&nbsp;en coopération avec l’Institut tunisien des études stratégiques&nbsp;(Ites), pourra&nbsp;apporter&nbsp;sa contribution à l’étude&nbsp;de&nbsp;tous&nbsp;ces dossiers&#8230;</p>



<p>Il faudra également&nbsp;penser à réhabiliter le&nbsp;rôle&nbsp;du ministère des Affaires étrangères en tant&nbsp;qu’autorité responsable&nbsp;de&nbsp;la coordination de l’activité&nbsp;de tous les&nbsp;intervenants&nbsp;officiels&nbsp;en relation&nbsp;avec l’étranger notamment&nbsp;dans les&nbsp;dossiers stratégiques&nbsp;et engager&nbsp;tous&nbsp;les autres&nbsp;intervenants à respecter cette règle.</p>



<p>Tous les ministères des Affaires étrangères&nbsp;dans&nbsp;les&nbsp;grands&nbsp;pays travaillent&nbsp;de la sorte.&nbsp;Cela évitera les doubles emplois et les mauvaises surprises&nbsp;et fera gagner à notre&nbsp;pays du temps et de l’argent&nbsp;tout en renforçant sa crédibilité sur&nbsp;le plan international.&nbsp; &nbsp;</p>



<p><em>* Ancien ambassadeur.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/02/la-diplomatie-tunisienne-doit-saffranchir-du-poids-de-la-routine/">La diplomatie tunisienne doit s’affranchir du poids de la routine</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Souveraineté énergétique &#124; Epargne citoyenne pour une Tunisie souveraine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 May 2026 10:13:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[carburants]]></category>
		<category><![CDATA[déficit énergétique]]></category>
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		<category><![CDATA[énergie solaire]]></category>
		<category><![CDATA[hydrocarbures]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’approvisionnement extérieur de la Tunisie en énergie commence à prendre l’allure d’une hypothèque sur sa souveraineté nationale. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/01/souverainete-energetique-epargne-citoyenne-pour-une-tunisie-souveraine/">Souveraineté énergétique | Epargne citoyenne pour une Tunisie souveraine</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Alors que le marché mondial des hydrocarbures bascule dans une ère d’incertitudes majeures et que l’approvisionnement extérieur de la Tunisie, qui doit importer plus de la moitié de ses besoins énergétiques, commence à prendre l’allure d’une hypothèque sur sa souveraineté nationale, il est temps pour les Tunisiens de briser les chaînes de leur asservissement en faisant preuve de patriotisme financier</em></strong>. <em>(Photo : Centrale solaire photovoltaïque de Metbasta, Kairouan</em>). </p>



<p><strong>Elyes Kasri</strong> *</p>



<span id="more-18717822"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Elyes-Kasri.jpg" alt="" class="wp-image-352204"/></figure>
</div>


<p>La Tunisie traverse une heure de vérité. Son indépendance, acquise au prix de sacrifices historiques, fait face aujourd’hui à une menace silencieuse mais implacable : la dépendance énergétique avec ses facettes économique, politique et diplomatique.</p>



<p>Les récents accords avec des investisseurs étrangers soulignent douloureusement l’incapacité de la Tunisie de mobiliser les ressources nécessaires pour assurer sa souveraineté énergétique et la pleine exploitation de son soleil sans avoir à dépendre d’investisseurs étrangers selon des modalités sujettes à polémique, à tort ou à raison.</p>



<p>Alors que le marché mondial des hydrocarbures bascule dans une ère d’incertitudes majeures et que notre approvisionnement extérieur commence à prendre à prendre l’allure d’une hypothèque sur la souveraineté nationale, la Tunisie ne peut plus se permettre d’être la spectatrice passive de son asservissement.</p>



<p>Il est temps de briser les chaînes en mobilisant la ressource la plus précieuse de notre pays : le patriotisme financier des Tunisiens.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’hypothèque de la dépendance</h2>



<p>Aujourd’hui, l’électricité qui éclaire nos foyers et fait tourner nos usines dépend en grande partie d’un gaz que nous ne maîtrisons pas.</p>



<p>Cette vulnérabilité n’est pas seulement un fardeau budgétaire ou un gouffre pour nos réserves de devises ; elle est une érosion de notre dignité, notre souveraineté et notre droit de choisir notre gouvernance et nos partenaires.</p>



<p>Il faut avoir le courage de nommer la réalité : notre dépendance massive nous place dans un tête-à-tête asymétrique et inconfortable avec nos fournisseurs.</p>



<p>L’énergie tend à devenir un levier de <em>«domestication»</em> politique. Dépendre du gaz d’autrui, c’est accepter que notre souveraineté s’arrête là où commence le robinet du voisin.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un acte de libération nationale</h2>



<p>Face à l’essoufflement du financement public et du coût prohibitif des crédits bancaires, il serait judicieux d’envisager la création du Plan d’épargne pour la souveraineté énergétique (Pese).</p>



<p>Contrairement aux outils classiques de placement, le Pese n’est pas une spéculation, c’est une construction. Il propose de transformer l’épargne des citoyens résidents, des entreprises et de notre diaspora (TRE) en un bouclier contre la dépendance.</p>



<p>L’idée est simple : substituer le gaz importé par le soleil tunisien. Chaque dinar investi dans le Pese est un millimètre de liberté regagné. Chaque panneau solaire installé sur notre sol est un maillon brisé de la chaîne de notre subordination.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="RGWVLofp5S"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/29/detroit-dhormuz-ferme-catastrophe-a-venir-pour-la-tunisie/">Détroit d’Hormuz fermé, catastrophe à venir pour la Tunisie ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Détroit d’Hormuz fermé, catastrophe à venir pour la Tunisie ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/29/detroit-dhormuz-ferme-catastrophe-a-venir-pour-la-tunisie/embed/#?secret=O9U5LEhf0V#?secret=RGWVLofp5S" data-secret="RGWVLofp5S" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Transformer l’épargne en bouclier</h2>



<p>Le Pese répond à l&rsquo;épuisement des capacités de financement de l&rsquo;État et des entreprises :</p>



<p><strong>&#8211; Défense du Dinar :</strong> en produisant notre énergie, nous cessons de brûler nos réserves de devises. Le Pese est une machine à stabiliser notre monnaie.</p>



<p><strong>&#8211; Énergie contre inflation</strong> : contrairement au Pea (Plan d’épargne actions), tourné vers la spéculation boursière, le Pese investit dans le réel. Il offre un rendement indexé sur l&rsquo;efficacité énergétique, protégeant l’épargnant contre la hausse inéluctable du coût de la vie.</p>



<p><strong>&#8211; Survie industrielle</strong> : face aux futures taxes carbones européennes, le Pese garantit à nos entreprises une énergie propre, condition de leur survie à l&rsquo;export.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mécanismes et incitations</h2>



<p>Pour mobiliser l’épargne des résidents, des entreprises et de la diaspora (TRE), le Pese pourrait proposer des avantages inédits :</p>



<p><strong>&#8211; Le bouclier fiscal total </strong>: déduction d’impôt (IRPP/IS) allant jusqu’à 100% des sommes investies. L’État préfère voir l’impôt financer nos centrales solaires plutôt que le gouffre de la dette.</p>



<p><strong>&#8211; La garantie diaspora ou bonus TRE</strong> : souscription en devises avec garantie de rapatriement au cours initial pour protéger nos concitoyens contre le risque de change.</p>



<p><strong>&#8211; Le dividende énergétique </strong>: possibilité de lier l’investissement à des tarifs préférentiels sur la facture Steg personnelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Gouvernance et transparence </h2>



<p>Pour garantir que chaque dinar sert exclusivement à l’autonomie énergétique :</p>



<p><strong>&#8211; Conseil de gouvernance citoyen</strong> : composé d’experts indépendants, à l’abri de toute instrumentalisation bureaucratique ou politicienne, pour superviser l’allocation des fonds.</p>



<p><strong>&#8211; Traçabilité numérique</strong> : une plateforme Open Data permettant de suivre en temps réel les projets financés et le <em>«Compteur de Souveraineté»</em> (gaz économisé).</p>



<p><strong>&#8211; Sanctuarisation légale</strong> : une loi de programmation érigeant les actifs du Pese en Patrimoine national intouchable, juridiquement séparé du budget de l’État.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le contrat de fierté</h2>



<p>Le Pese est la réponse tunisienne aux crises du siècle. Il propose de passer d’une économie de soumission à une économie de production.</p>



<p>La souveraineté de la Tunisie commence là où finit sa dépendance au gaz et au bon vouloir d’autrui.</p>



<p>Le Pese est la réponse d’un peuple qui refuse la fatalité et le chantage énergétique.</p>



<p>En unissant leurs forces financières, les Tunisiens ne feront pas qu’installer des mégawatts : ils rachètent, pièce par pièce, panneau par panneau, leur droit de choisir leur destin.</p>



<p>Le soleil tunisien est une mine d’or à ciel ouvert. Il est temps de lui donner les moyens d’éclairer la voie de la souveraineté du progrès et de l’invulnérabilité de la Tunisie et de tous les tunisiens sans exception.</p>



<p><em>* Ancien ambassadeur.</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="N2ZTzq2qvy"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/30/tunisie-transition-energetique-et-souverainete-sous-contrainte/">Tunisie | Transition énergétique et souveraineté sous contrainte</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie | Transition énergétique et souveraineté sous contrainte » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/30/tunisie-transition-energetique-et-souverainete-sous-contrainte/embed/#?secret=AEeCLJklED#?secret=N2ZTzq2qvy" data-secret="N2ZTzq2qvy" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>Tunisie &#124; Financement du développement et gestion du court terme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 May 2026 07:06:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelwaheb Ben Moussa]]></category>
		<category><![CDATA[banques publique]]></category>
		<category><![CDATA[développement]]></category>
		<category><![CDATA[épargne]]></category>
		<category><![CDATA[financement]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le débat sur le financement de l’économie tunisienne est trop longtemps réduit à une simple question de rareté de financement.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/01/tunisie-financement-du-developpement-et-gestion-du-court-terme/">Tunisie | Financement du développement et gestion du court terme</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le débat sur le financement de l’économie tunisienne — trop longtemps réduit à une simple question de liquidité — occulte une vérité dérangeante : la contrainte n’est pas tant la rareté des ressources que leur éviction systématique du secteur productif.&nbsp;</em></strong></p>



<p><strong>Abdelwaheb Ben Moussa</strong> *</p>



<span id="more-18710477"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg" alt="" class="wp-image-18394138" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Alors que la Tunisie amorce son Plan de développement 2026-2030, une question brutale doit être posée : notre système financier est-il encore au service de la croissance, ou est-il devenu le simple poumon artificiel d’un budget public en déficit chronique ?</p>



<p>L’analyse classique déplore souvent le manque de moyens. C’est un faux-semblant. Le véritable enjeu réside dans la capture des ressources disponibles. Ces dernières années, une part massive de la liquidité bancaire a été aspirée par le financement de l’État.&nbsp;</p>



<p>Le constat est sans appel : chaque dinar mobilisé pour éponger le déficit du Trésor est un dinar <em>«enlevé»</em> à l’innovation, à l’expansion des PME et aux projets industriels.</p>



<p>Cette réallocation passive de l’épargne nationale vers des usages non productifs constitue le premier verrou à faire sauter. On ne construit pas l’économie de demain avec des circuits financiers conçus pour financer les urgences d’hier.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="572" height="1024" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Financement-developpement.png" alt="" class="wp-image-18710505" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Financement-developpement.png 572w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Financement-developpement-168x300.png 168w" sizes="auto, (max-width: 572px) 100vw, 572px" /></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Un système bancaire prisonnier de l’immédiat</h2>



<p>Le système bancaire tunisien reste aujourd’hui enfermé dans une logique de court terme. L’essentiel des financements est orienté vers la gestion de trésorerie, les opérations commerciales courantes ou l’immobilier patrimonial.&nbsp;</p>



<p>En revanche, le financement de long terme — celui qui prend des risques, qui accompagne la transition énergétique et la montée en gamme technologique — reste le parent pauvre. Or, sans horizon étendu, il n’y a pas de transformation structurelle possible.</p>



<p>Les banques publiques, en particulier, se retrouvent dans une position hybride intenable : soumises aux exigences de rentabilité du marché tout en étant mobilisées comme le bras armé, souvent passif, des politiques publiques, sans spécialisation claire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’urgence d’une rupture institutionnelle</h2>



<p>L’heure n’est plus aux ajustements à la marge. Pour briser ce cycle, la Tunisie doit s’inspirer des réussites internationales. En Allemagne, la KfW joue un rôle moteur depuis 1948 dans le financement de long terme. En France, Bpifrance a su créer un guichet unique mêlant financement, garantie et accompagnement.</p>



<p>La création d’une Institution de financement du développement (IFD) en Tunisie n’est plus une option, c’est un impératif stratégique. Son rôle ne serait pas de se substituer aux banques commerciales, mais d’agir comme un catalyseur capable d’orienter les flux vers les priorités du Plan 2026-2030. Trois piliers doivent porter cette institution :</p>



<p>&#8211; une gouvernance indépendante et rigoureuse pour garantir l&rsquo;efficacité des choix&nbsp;;</p>



<p>&#8211; une capacité de mobilisation de l’épargne nationale via des produits dédiés et souverains&nbsp;;</p>



<p>&#8211; un mécanisme de co-financement avec le secteur privé pour diluer le risque et amplifier l&rsquo;impact.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le choix de la souveraineté</h2>



<p>Réformer le financement du développement est, au fond, un acte de souveraineté économique. Le Plan 2026-2030 ne sera qu&rsquo;une liste de vœux pieux si nous ne parvenons pas à aligner nos circuits d’allocation financière sur nos ambitions nationales.&nbsp;</p>



<p>Sortir de la dictature de l’immédiat pour transformer l’épargne des Tunisiens en un véritable moteur de croissance durable n&rsquo;est plus une simple théorie d&rsquo;expert : c&rsquo;est désormais une question de survie pour notre tissu productif. Le temps des compromis budgétaires aux dépens de l&rsquo;investissement est révolu ; il est temps de choisir entre financer les passifs du passé ou investir dans les actifs de l&rsquo;avenir.</p>



<p><em>* Ingénieur informatique, cadre d’une banque publique.</em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Détroit d’Hormuz fermé, catastrophe à venir pour la Tunisie ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/29/detroit-dhormuz-ferme-catastrophe-a-venir-pour-la-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Apr 2026 08:41:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[choc agricole]]></category>
		<category><![CDATA[choc pétrolier]]></category>
		<category><![CDATA[Détroit d’Hormuz]]></category>
		<category><![CDATA[engrais]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Youssef Bouanani]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans quel état serait l’économie de la Tunisie si l’énergie coûte de 50 à 83 % plus cher que les prévisions de son budget pour 2026 ?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/29/detroit-dhormuz-ferme-catastrophe-a-venir-pour-la-tunisie/">Détroit d’Hormuz fermé, catastrophe à venir pour la Tunisie ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La Tunisie est un pays structurellement très vulnérable aux chocs énergétiques et agricoles, lesquels, on le sait, sont très liés. Dans quel état serait l’économie de la Tunisie si l’énergie coûte de 50 à 83 % plus cher que les prévisions de son budget pour l’année en cours, ou pire encore, si elle n’en a plus, suite à la fermeture du détroit d’Hormuz et de la crise énergétique mondiale ?</em></strong><strong></strong></p>



<p><strong>Youssef Bouanani&nbsp;*</strong></p>



<span id="more-18706870"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Youssef-Bouanani.jpg" alt="" class="wp-image-17878217" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Youssef-Bouanani.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Youssef-Bouanani-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Youssef-Bouanani-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Durant mes cours de sciences politiques, un professeur sud-africain, quelque peu excentrique et militant anti-apartheid de la première heure au sein de l’ANC, nous avait parlé d’un livre hors cursus mais à lire absolument selon lui. Ce livre était&nbsp;<em>‘‘Le Cygne noir : La puissance de l’imprévisible’’</em>, du statisticien de génie Nassim Nicholas Taleb. Six ans plus tard, je remercie ce professeur pour cette référence ô combien utile pour tenter de comprendre ce qui se joue actuellement au Moyen-Orient et essayer de prédire, autant que l’impossibilité de parfaitement prévoir l’avenir le permet, les potentiels impacts de cette crise sur la Tunisie.</p>



<p>Sans rentrer dans les méandres d’un livre dont je conseille à tous la lecture, la théorie du Cygne noir s’inspire de <em>«l’événement rare»</em> en théorie des probabilités et stipule que, dans le cours du temps, certains événements imprévisibles, considérés comme des <em>«données aberrantes»</em> en statistique, extrêmes et/ou à faible probabilité de survenir, peuvent, lorsqu’ils se réalisent, avoir des conséquences d’une portée exceptionnelle.</p>



<p>À quoi donc pourrait ressembler un Cygne noir en 2026 ? Eh bien, si je vous disais qu’il pourrait ressembler à un choc pétrolier d’un niveau jamais vu.</p>



<p>Selon Taleb, par définition, personne ne sait vraiment ce qu’est un Cygne noir, parce que personne n’est devin et que nous ne savons pas ce que nous ne savons pas. Et dans ce cas-là, selon lui, les meilleurs experts seront surtout les meilleurs lorsqu’il s’agira d’expliquer demain pourquoi ils n’avaient pas vu venir aujourd’hui ce qu’ils n’avaient pas anticipé.</p>



<p>Loin de moi la prétention de tenter de lui prouver le contraire dans cet article, pour la simple raison que, mathématiquement, le Cygne noir, c’est la catégorie des événements dont on ne peut prédire ni la probabilité d’arrivée ni l’ampleur des conséquences, et ce, quelle que soit la quantité de données passées qu’on peut observer.</p>



<p>À la fin, dans cette configuration, les données économiques des suites du choc pétrolier de 1973, celui des années 1979-1982, la flambée de 2003 à 2008 ou celle de 2022, ne vous seront que d’une aide limitée. Autrement dit, peu importe ce que vous connaissez des catastrophes passées en termes de fréquence, d’ampleur et de conséquences, cela ne vous permet pas de prédire les suivantes, car la distribution de ces événements extrêmes est «<em>fat-tailed</em>».</p>



<p>Je m’abstiendrai de traduire cette notion en français, mais ce que Taleb explique, c’est que ces événements extrêmes, bien que rares, ont une probabilité non négligeable de se produire, en contradiction avec la courbe en cloche enseignée dans nos cours de statistiques en sciences politiques, qui sous-estime systématiquement les valeurs extrêmes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une économie mondiale en zone inconnue</h2>



<p>Ce qui est perturbant avec 2026, c’est qu’on n’a jamais vu dans l’histoire une économie mondiale interdépendante et interconnectée, optimisant ses stocks en flux tendu avec la théorie du&nbsp;«<em>just-in-time</em>» et qui vient de perdre, du jour au lendemain, 20 à 25 % de son approvisionnement pétrolier. Et la conséquence la plus inattendue, que personne ne pouvait prévoir face à un choc d’une telle ampleur, c’est qu’au niveau social et financier, pour le moment, il ne se passe rien&nbsp;!</p>



<p>Jetez un coup d’œil au S&amp;P 500, au Dow Jones, au CAC 40 et même au Tunindex : tout va bien madame la marquise, et «<em>all time high</em>» comme disait l’ancienne Procureur général des États-Unis, Pam Bondi, pour ceux qui ont la référence.</p>



<p>Au-delà des marchés financiers au plus haut, et à moins que l’actualité m’échappe, je ne vois pas de Gilets jaunes dans les rues de Paris, l’avenue Habib Bourguiba est calme et aucun signe avant-coureur de protestations sociales massives n’est visible partout où je suis l’actualité.</p>



<p>Pourtant, comme l’explique si bien l’économiste Charles Gave l’<em>«indice Gilets jaunes»</em> (calcul de l’inflation des principaux postes de dépenses des classes moyennes et populaires, à savoir le logement, la nourriture et l’énergie) est au plus haut et nous devrions donc s’attendre à des mouvements sociaux massifs. Que nenni&nbsp;!</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le paradoxe du détroit d’Hormuz et la vitesse de la lumière</h2>



<p>Alors pour comprendre pourquoi rien ne se passe, il faut s’intéresser à la physique et à ses paradoxes. Le premier paradoxe, c’est celui du détroit d’Hormuz. Tous les matins en faisant ma revue de presse, je tombe sur des informations contradictoires sur ce coin du monde où tous les yeux sont rivés en ce moment. D’ailleurs, je ne suis pas le seul dans mon incompréhension. Dans un élan d’audace, la firme de recherche en investissement Citrini a dépêché sur place un analyste (dont je salue le courage au passage) afin d’observer et de rendre réellement compte de l’état du passage maritime. Ses conclusions sont claires : le détroit d’Hormuz est à la fois ouvert et fermé, et son état dépend surtout du bon vouloir des Iraniens et des Américains ainsi que de la prime de risque que sont prêts à prendre les armateurs qui y naviguent.</p>



<p>Le deuxième paradoxe est temporel. Peu importe si le détroit est ouvert ou fermé, parce que jusqu’à environ fin avril-début mai, le monde devrait encore recevoir les tankers partis avant le début du conflit, comme, en raison de la vitesse de la lumière, nos yeux reçoivent encore actuellement la lumière d’étoiles lointaines qui, pourtant, sont déjà mortes.</p>



<p>Autrement dit, pour le moment, nous flottons. Rien ne se passe encore car le présent est encore le passé du choc et le futur n’a pas encore produit ses effets. Entre-temps, hormis le prix à la pompe dans la majorité des pays occidentaux, nous vivons encore une situation pré-Cygne noir, mais beaucoup le sentent venir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une crise déjà enclenchée mais invisible</h2>



<p>Ce que les gens savent moins, c’est que le plus gros problème est peut-être qu’il se peut que nous nous ne puissions pas faire grand-chose pour résoudre le problème. Pourquoi ? Parce que quel est l’intérêt de savoir si des tankers peuvent circuler comme avant et combien de temps ils vont mettre pour arriver dans le futur ou dans le passé si, finalement, nous n’avons plus rien à mettre dedans ?</p>



<p>Observez les raffineries des pays du CCG, qui disposaient avant le 28 février 2026 d’une capacité de traitement de 6 à 6,5 Mb/j. Aujourd’hui, environ 1,9 Mb/j de capacité ont été directement arrêtés, et au total plus de 3 Mb/j sont affectés si l’on inclut la sous-utilisation liée aux contraintes logistiques. En pratique, le Koweït n’est qu’à 50 % de ses capacités de raffinage, 60 à 70 % pour les Émirats arabes unis, tandis que Riyad s’en sort un peu mieux avec une capacité partiellement maintenue.</p>



<p>Au-delà même du raffinage, les pays du CCG sont pour la plupart proches de la saturation de stockage, avec des réservoirs terrestres au maximum et un recours accru au stockage flottant, le pire exemple étant au Koweït.</p>



<p>En conséquence, ces États ont déjà commencé à réduire leur production pétrolière, non pas pour des raisons stratégiques comme dans les accords de l’Opep (dont les émiratis annoncent leur retrait), mais par nécessité technique, supprimant de fait des dizaines de millions de barils par jour du marché, alors même que la demande demeure inchangée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conséquence sur les marchés</h2>



<p>Que se passe-t-il dans ce genre de situation ? Un enfant de 10 ans l’aurait deviné, le cours du pétrole monte en flèche. Certains diraient que l’économie mondiale peut supporter un baril autour des 100 $, au prix, néanmoins, d’une inflation plus élevée et d’une rentabilité réduite des entreprises, mais supportera-t-elle la disparition de l’offre alors que la demande ne fléchit pas ? Je n’en suis pas certain.</p>



<p>À terme, les données les plus crédibles issues d’analyses de marché et d’institutions énergétiques convergent vers des estimations de l’ordre d’un retrait de 3 à 4 Mb/j de diesel (environ 5 à 12 % de la demande mondiale).</p>



<p>Pour le gaz naturel, en particulier le GNL, les perturbations sont généralement évaluées autour de 10 à 20 % des volumes disponibles. Du côté pétrochimique, le naphta subit des tensions d’offre significatives liées au raffinage, avec un retrait d’environ 10 %.</p>



<p>Enfin, pour les gaz industriels, l’hélium connaît un recul de 25 à 30 % de son offre, tandis que le néon reste vulnérable avec des perturbations potentiellement à deux chiffres mais sans estimation globale stabilisée.</p>



<p>Au niveau des prix, ces retraits se traduisent par des augmentations jamais vus auparavant. Ainsi, depuis le début de 2026, le pétrole brut a augmenté d’environ +50 à +55 %, le diesel et les distillats lourds ont bondi de +50 à +100 % selon les régions, tandis que le kérosène est l’un des plus touchés avec une hausse proche de +80 à +95 % (les vacances d’été risquent de vous coûter plus cher que prévu).</p>



<p>Le gaz naturel et le GNL affichent une forte volatilité avec des hausses de l’ordre de +30 à +100 % selon les marchés. Les produits pétrochimiques dérivés comme les plastiques suivent une trajectoire similaire, avec des hausses estimées entre +20 % et +60 %, tandis que les gaz industriels très concentrés comme l’hélium, essentiel à la production des puces et semi-conducteurs, enregistrent les augmentations les plus extrêmes, de l’ordre de +100 % à +200 %, soit un prix parfois multiplié par deux ou trois. Les engrais ont progressé d’environ +40 % en moyenne, avec des pics plus élevés sur certains contrats d’importation, et c’est justement ce dernier point qui, personnellement, m’inquiète le plus (spécialement pour la Tunisie).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les risques alimentaires</h2>



<p>Au-delà de l’inflation, les scénarios étudiés par les institutions internationales pointent vers des perturbations alimentaires régionales. Je serais incapable de prédire si le monde se dirige vers des disettes comme celles du Moyen Âge en Europe ou de la fin du XIX<sup>e</sup> siècle en Tunisie, mais le principal canal de risque passerait par la hausse des prix et la pénurie d’engrais, l’augmentation du coût de l’énergie agricole (diesel, gaz) et les frictions logistiques, qui peuvent ensemble réduire les rendements agricoles mondiaux de l’ordre de 5 à 15 % dans les cas modérés, et jusqu’à 10 à 20 % sur certaines productions céréalières dans les scénarios les plus défavorables.</p>



<p>Cela se traduit par une inflation alimentaire mondiale pouvant aller de +10 à +50 %, selon l’intensité du choc, avec des effets négatifs particulièrement forts dans les pays importateurs nets comme la Tunisie. Pour le moment, les modèles de la FAO et de la Banque mondiale indiquent que la production mondiale reste globalement suffisante.</p>



<p>Le problème central n’est donc pas un manque absolu de nourriture, mais un déséquilibre d’accès, de prix et de distribution.</p>



<p>Cependant, si la théorie du Cygne noir nous apprend quelque chose, c’est que l’on peut très vite basculer dans un scénario extrême de rupture prolongée des flux commerciaux et énergétiques, où des crises alimentaires locales ou régionales graves peuvent apparaître. Au fond, il ne tient qu’au duo américano-israélien de reprendre les hostilités pour pouvoir assister à cela.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et la Tunisie dans tout ça ?</h2>



<p>Je ne vais pas tourner autour du pot : nous sommes dans le pétrin. La Tunisie est un pays structurellement très vulnérable aux chocs énergétiques et agricoles, car elle importe environ 65 % de son énergie, avec un déficit énergétique d’environ 6,3 millions de tonnes d’équivalent pétrole (1 Mtep équivaut environ à&nbsp;7,3 à 7,4 millions de barils) en 2025, tandis que ses finances publiques sont très sensibles au prix du pétrole, chaque hausse de 1 $/baril coûtant environ 160 millions de dinars.</p>



<p>Malheureusement, les planificateurs du ministère des Finances (probablement sous pression du politique), et ce malgré les tensions géopolitiques claires depuis juin 2025, ont construit notre dernier budget autour d’hypothèses proches des 63$/baril, ce qui rend un baril à 90-110 $ extrêmement couteux pour le déficit et les subventions publiques déjà à bout de souffle. Or, comme le dit souvent l’économiste Charles Gave cité plus haut : <em>«l’économie n’est que de l’énergie transformée»</em>. Dans quel état serait l’économie tunisienne si cette énergie coûte de 50 à 83 % plus cher, ou pire encore, si nous n’en avons plus ?</p>



<p>Sur le plan agricole, le pays est également fortement dépendant des importations d’engrais azotés et potassiques, ce qui le rend exposé aux hausses mondiales liées à l’énergie et aux perturbations logistiques.</p>



<p>Au niveau de nos fournisseurs, les principaux partenaires sont concentrés autour de quelques pôles dominants, avec donc une forte dépendance structurelle, surtout pour l’énergie.</p>



<p>En effet, la Tunisie est un importateur net de pétrole et de gaz naturel, et ses principaux fournisseurs sont d’abord les pays de l’UE, notamment l’Italie et la France via les produits raffinés et carburants, mais surtout l’Algérie, qui fournit l’essentiel du gaz naturel via gazoduc et représente un partenaire stratégique quasi incontournable pour le pays. Ces importations d’énergie représentent déjà une part majeure du déficit commercial tunisien et expliquent la forte sensibilité du budget aux prix du baril et du gaz.</p>



<p>Pour les engrais et produits agricoles stratégiques, la dépendance est plus mondiale et diversifiée, ce qui peut être à la fois une malédiction et une bénédiction. Dans les faits, nous importons l’essentiel des engrais azotés et complexes depuis des fournisseurs internationaux comme la Russie, l’UE (notamment l’Allemagne et les Pays-Bas), et, vous le voyez venir, les pays du Golfe (Qatar, Arabie saoudite, Émirats arabes unis). Cette structure signifie que la Tunisie n’a pas de fournisseur unique mais dépend d’un marché global et volatil, où les volumes sont souvent redirigés vers les acheteurs les plus solvables en période de tension, nous y reviendrons.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quels sont les potentiels scénarios pour le pays ?</h2>



<p>Dans une autre vie, mon quotidien se résumait à produire des scénarios de probabilité et des plans d’actions politiques, juridiques et logistiques pour chaque scénario. Sans réutiliser la méthodologie apprise dans ce contexte, je vais m’amuser ici à élaborer trois scénarios que je considère plausibles.</p>



<p>De fait, puisque ceci demeure un article d’opinion, la répartition des probabilités que vous verrez est une appréciation qualitative issue d’une lecture combinée des modèles de risque macroéconomique, des analyses d’organisations internationales (FAO, Banque mondiale, IEA) et de la logique de propagation des chocs sur les marchés énergétiques et agricoles, plutôt qu’un calcul statistique strict. Dit autrement, elle repose sur la fréquence observée des chocs comparables, leur intensité historique et la capacité des chaînes d’approvisionnement à absorber les perturbations.</p>



<p>En intégrant les dynamiques énergie–engrais–commerce, les scénarios pour la Tunisie peuvent être structurés de manière graduelle jusqu’à un scénario <em>«noir»</em> de rupture, relevant de la logique du Cygne noir au sens de Taleb.</p>



<p>* Dans le scénario central, et si cette <em>«drôle de guerre»</em>, entendue comme un cessez-le-feu sur le fil du rasoir et un trafic maritime dans le détroit d’Hormuz à la merci d’un tweet ou d’un malentendu, j’estime ce dernier avec une probabilité d’occurrence de l’ordre de 60 %. Dans ce cas, la Tunisie vivrait des flux d’importation fonctionnels mais coûteux, avec des hausses du prix de l’énergie et des engrais de l’ordre de +30 à +50 %, une inflation alimentaire de +10 à +20 %, une pression budgétaire accrue mais encore gérable via subventions et arbitrages, ainsi qu’une probable intervention (d’une manière ou d’une autre) du FMI, le pays ne pouvant plus compter sur la solidarité arabe des pays du CCG, occupés à fouetter d’autres chats.</p>



<p>* Dans le scénario de stress accru, estimé à 20 %, les tensions sur les marchés internationaux augmentent sans pour autant déboucher sur une confrontation de haute intensité. Celles-ci entraîneraient des retards et des réductions de volumes disponibles pour les pays à faible pouvoir d’achat, ce qui peut provoquer des hausses de +50 à +80 % sur certains intrants (engrais, diesel agricole), une baisse des rendements agricoles de 10 à 15 %, et une inflation alimentaire de 20 à 35 %, avec des épisodes de pénuries locales de courte durée et une dépendance accrue aux importations céréalières.</p>



<p>* Enfin, le scénario noir, estimé également à 20 %, verrait les attaques de Washington et Tel-Aviv reprendre, visant tout ce qui permet de faire fonctionner un État en Iran. En représailles, les Iraniens pourraient détruire l’ensemble des raffineries, usines de désalinisation d’eau de mer et autres infrastructures essentielles à la production d’énergie et d’engrais des pays du CCG.</p>



<p>Dans un tel scénario, le marché serait caractérisé par des perturbations majeures des chaînes logistiques internationales, avec un blocage durable des routes maritimes, une crise énergétique prolongée sans précédent, une rationalisation des exportations (chacun pour soi et Dieu pour tous, j’en veux pour preuve l’épisode des masques pendant la pandémie de Covid-19) et une priorisation des grands importateurs (l’Asie en tête de proue).</p>



<p>La Tunisie pourrait alors faire face à des interruptions de ses importations d’énergie et d’engrais, une chute des rendements agricoles pouvant atteindre –15 à –20 %, et une inflation alimentaire supérieure à +40 %, créant des risques de crises alimentaires, notamment pour les ménages les plus vulnérables, des épisodes de rationnement implicite prolongée et une forte instabilité des prix, sans pour autant, je l’espère, signifier une pénurie alimentaire généralisée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Que faire tant qu’on peut encore agir ?</h2>



<p>Dans tous les cas de figure, Cygne noir ou non, la Tunisie doit trouver de nouvelles sources d’approvisionnement en énergie et en engrais. Déformation professionnelle oblige, cette partie sera rédigée comme un mini «<em>Policy Paper</em>» sommaire qui détaille quoi faire pour éviter le pire.</p>



<p>Dans un cadre de stress systémique prolongé des marchés énergétiques et agricoles, et donc de l’économie, la Tunisie doit raisonner en scénarios et non en partenaires fixes, car les équilibres commerciaux deviennent beaucoup plus volatils.</p>



<p>Ainsi, dans un scénario de tension durable, l’Europe, principal débouché historique des exportations tunisiennes (textile, composants, agroalimentaire) et fournisseur clé d’énergie raffinée et d’intrants, serait fortement fragilisée par ses propres coûts énergétiques élevés, ce qui réduirait sa demande importatrice, augmenterait ses prix domestiques et, par mécanisme de rationnement possible, réduirait sa capacité d’exportation. Ceci rendrait simultanément plus difficile pour la Tunisie d’y exporter et d’en importer à des conditions soutenables. Il faudra alors se tourner, comme le faisait Bourguiba à son époque, à la fois vers l’Est et vers l’Ouest. Je m’explique.</p>



<p>Sur le plan opérationnel, une stratégie de résilience doit être séquencée&nbsp;:</p>



<p><strong>La phase 1 (court terme)</strong> consiste en la sécurisation des flux critiques par des accords bilatéraux hors marché spot avec l’Algérie (gazoduc et électricité, qui couvre déjà l’essentiel du gaz tunisien) et la Libye pour le pétrole brut, avec un travail sur la stabilisation logistique.</p>



<p>Ensuite, l’État devrait constituer des stocks stratégiques couvrant au minimum 90 à 180 jours de consommation énergétique, et imaginer des mécanismes de swap énergie contre services et biens de consommation. L’objectif étant de ne pas vivre un blackout énergétique, un effondrement économique et une crise alimentaire, en réduisant la dépendance aux marchés européens de produits raffinés, qui seront de plus en plus volatils, chers et rationnés en période de stress global.</p>



<p><strong>La phase 2 (moyen terme)</strong> consiste en une restructuration industrielle interne. La Tunisie dispose d’un avantage critique sous-exploité : le phosphate, avec les 8e à 10e réserves mondiales selon les estimations géologiques. L’objectif stratégique est de transformer ce stock en souveraineté agricole via une montée en gamme de la production d’engrais (urée, DAP, ammonitrates).</p>



<p>Je ne réinvente pas la roue en disant cela, mais aujourd’hui, il n’est plus seulement question d’une capacité insuffisante pour couvrir la demande interne. Le risque est de ne même plus pouvoir s’en procurer sur les marchés internationaux. Un programme d’investissement ciblé visant une augmentation de production de l’ordre de +30 à +50 % permettrait de réduire fortement l’exposition aux marchés internationaux et surtout dans la valorisation industrielle du phosphate tunisien pour accroître fortement la production nationale d’engrais, afin de transformer un avantage géologique en levier de souveraineté alimentaire.</p>



<p>En parallèle, modernisation du raffinage pour augmenter le taux de conversion locale, visant réduction des importations de diesel et kérosène raffinés, qui sont les segments les plus volatils avec des hausses de prix observées pouvant dépasser +80 % en situation de stress.</p>



<p><strong>La phase 3 (moyen/long terme)</strong> verrait une reconfiguration des partenariats stratégiques vers des pôles exportateurs de ressources primaires. Dans ce cadre, trois zones sont structurellement pertinentes :</p>



<p>&#8211; Russie : acteur majeur mondial avec une volonté de vendre son énergie boudée, pour l’instant, par les Européens. Opportunité intéressante de renforcer les liens avec Moscou à prix discount. Risque géopolitique important, notamment en raison des frappes ukrainiennes sur les infrastructures d’exportation russes en mer Noire, phénomène susceptible de se reproduire si le conflit persiste et de s’intensifier si les dynamiques militaires évoluent défavorablement pour les ukrainiens qui peuvent la jouer à l’iranienne en recourant davantage à la guerre asymétrique. La limite des sanctions internationales est également à prendre en compte. Tunis jouit d’une bonne relation avec Moscou, profitons-en.</p>



<p>&#8211; Amérique du Nord (États-Unis + Canada) : premier ensemble énergétique mondial, avec les États-Unis comme premier producteur de pétrole et de gaz, actuellement en bonne capacité d’exportation. Washington est notre allié de longue date et nous avons la chance d’y avoir beaucoup d’amis. Le Canada, avec ses 170 milliards de barils de réserves prouvées de pétrole et son leadership mondial en potasse, représentant plus de 30 % des réserves connues, est le partenaire idéal pour la Tunisie.</p>



<p>&#8211; Canada spécifiquement : Dans ce contexte, le Canada apparaît comme un partenaire structurel particulièrement intéressant pour la Tunisie en raison de sa stratégie active de diversification des débouchés hors du voisin américain, de sa richesse en matières premières et de la complémentarité potentielle avec les besoins tunisiens en énergie et en intrants agricoles, ce qui justifierait une intensification des liens économiques et logistiques entre Tunis et Ottawa dans une logique de sécurisation à long terme des chaînes d’approvisionnement.</p>



<p>Au-delà des intérêts convergents, nous avons la chance d’avoir un ambassadeur de Tunisie au Canada, S.E. Lassaad Boutara, éminemment compétent et qui comprend très bien cette dynamique et le potentiel extraordinaire d’un renforcement des relations commerciales en matière d’énergie et d’engrais entre les deux pays. Ceci est également valable dans l’autre sens. L’ambassadeur du Canada en Tunisie, S.E. Alexandre Bilodeau, est un fin connaisseur de la région et des domaines de coopération et d’intérêts mutuels entre les deux pays. Tunis doit donc donner les moyens de réussir à ses missions et les autoriser à faire pleinement leur boulot.</p>



<p>En somme, la stratégie optimale pour la Tunisie n’est pas la diversification générale, mais une hiérarchisation stricte des dépendances. Court terme (Algérie/Libye pour la sécurité énergétique), moyen terme (industrialisation du phosphate pour sécuriser les engrais et raffinage), long terme (ancrage dans des pôles exportateurs de ressources stables comme le Canada), avec pour objectif macro final de réduire la sensibilité du budget au pétrole et de sécuriser l’offre agricole nationale face aux chocs de prix internationaux</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion</h2>



<p>Comprenez-moi bien, ce que décrit cet article n’est pas seulement une succession de chocs énergétiques, de tensions sur les engrais ou de scénarios géopolitiques plus ou moins probables, c’est la mise en évidence d’un système mondial devenu structurellement instable, où des économies fortement interconnectées fonctionnent en flux tendu et absorbent de moins en moins bien les ruptures. Dans ce cadre, les prix de l’énergie, la disponibilité des intrants agricoles et la fluidité logistique cessent d’être des variables techniques pour devenir des variables systémiques, capables de reconfigurer en quelques semaines des équilibres économiques nationaux entiers.</p>



<p>Le raisonnement mobilisé ici s’inscrit explicitement dans la logique du&nbsp;Cygne noir&nbsp;de Taleb, c’est-à-dire des événements rares, hautement improbables en apparence, mais aux conséquences disproportionnées lorsqu’ils surviennent. Cette approche rompt avec les modèles classiques de distribution en cloche et s’appuie au contraire sur des distributions à&nbsp;<em>«</em><em>fat tails</em><strong>&nbsp;»</strong>, où les événements extrêmes ne sont pas des anomalies négligeables mais des composantes structurelles du risque.</p>



<p>Autrement dit, l’erreur fondamentale des modèles traditionnels n’est pas seulement de mal prédire, mais de sous-estimer systématiquement l’ampleur des extrêmes. C’est précisément cette correction de perspective qui permet de passer d’une lecture linéaire du monde à une lecture non-linéaire, où les ruptures deviennent statistiquement rares mais systématiquement possibles.</p>



<p>Pour la Tunisie, l’enjeu est encore plus aigu car elle se situe à l’intersection directe de ces vulnérabilités. Avec une énergie importée, des engrais importés, et une forte exposition aux marchés alimentaires mondiaux, le pays navigue en eaux troubles, tant les chocs externes ne sont pas amortis, mais transmis quasi intégralement au budget, aux ménages et à la production économiques et agricoles.</p>



<p>Les scénarios évoqués plus haut ne diffèrent pas tant par leur nature que par leur intensité, mais tous convergent vers la même réalité qui veut que la contrainte principale ne soit pas l’absence globale de ressources, mais la compétition pour y accéder dans un monde où les chaînes d’approvisionnement deviennent plus fragiles et hiérarchisées.</p>



<p>Dans ce contexte, penser en termes de Cygne noir n’est pas un exercice théorique, mais une méthode de prévention. Il ne s’agit pas de prédire l’imprévisible, ce qui est contradictoire par définition, mais d’intégrer explicitement l’existence de scénarios extrêmes dans la planification économique et stratégique. C’est précisément cette bascule intellectuelle qui accepte que les extrêmes dominent parfois la moyenne, couplé à la capacité des décideurs de <em>«penser l’impensable»</em> comme le disait l’expert Guillaume Callonico, dans son livre ‘‘<em>Don&rsquo;t look East</em>; <em>le réveil géopolitique de la finance’’</em>, qui permet de passer d’une logique de prévision fragile à une logique de résilience robuste.</p>



<p>Autrement dit, la question n’est plus seulement de savoir si un choc viendra, mais dans quelle mesure il sera absorbable lorsqu’il surviendra. Et dans un monde où l’exception tend à devenir structurelle, la véritable variable stratégique n’est plus la croissance seule, mais la robustesse des systèmes qui la rendent possible.</p>



<p>* <em>Doctorant en sciences politiques et affaires publiques et internationales. </em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/29/detroit-dhormuz-ferme-catastrophe-a-venir-pour-la-tunisie/">Détroit d’Hormuz fermé, catastrophe à venir pour la Tunisie ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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