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	<title>Archives des TRIBUNE - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des TRIBUNE - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>IA Agentique (autonome) &#124; Aiguilleur d’IA Vs Sentinelle &#038; Cie ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Nov 2026 07:13:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le concept-compétence d’Aiguilleur d’IA est une approche axée sur le pilotage humain et la maîtrise souveraine des infrastructures. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/11/08/ia-agentique-autonome-aiguilleur-dia-vs-sentinelle-cie/">IA Agentique (autonome) | Aiguilleur d’IA Vs Sentinelle &amp; Cie ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans l’arène contemporaine de l’intelligence artificielle (IA), deux visions s’affrontent désormais. D’un côté, le gigantisme technologique et la cybersécurité automatisée, incarnés par des plateformes de surveillance des infrastructures comme SentinelOne ou Microsoft Sentinel. De l’autre, une rupture paradigmatique majeure issue de la réflexion stratégique : le concept-compétence d’Aiguilleur d’IA, une approche axée sur le pilotage humain et la maîtrise souveraine que j’ai initiée et transmise à l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (Ompi).</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mahjoub Lotfi Belhedi</strong> *</p>



<span id="more-19941023"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Mahjoub-Belhedi.jpg" alt="" class="wp-image-18593445" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Mahjoub-Belhedi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Mahjoub-Belhedi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Mahjoub-Belhedi-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Ce face-à-face ne se résume pas à une simple rivalité technique&nbsp;; il s’agit, plutôt, d’un débat-duel entre une IA de subordination (où l’humain subit l’outil) et une IA d’orientation sous contrôle souverain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vouloir concurrencer les géants de la tech sur le terrain de la puissance brute de calcul est une impasse, l’enjeu réel réside dans le déplacement du curseur vers la compétence de pilotage, matérialisée par l’activation d’une boîte à outils méthodologique rigoureuse, illustrée en détails dans mes ouvrages numériques : <em>«La boîte à outils de l’Aiguilleur d’IA’’</em> et ‘<em>‘L’IA Agentique : j’anticipe, donc je suis !’’</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une même matière première, deux destins différents</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que leurs philosophies diffèrent radicalement, l’Aiguilleur d’IA et les systèmes sentinelles partagent un même socle technologique et une conscience aiguë des nouveaux défis :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>&#8211; une prise de conscience commune :</em></strong> <em></em>la reconnaissance des risques inédits générés par les IA agentiques et autonomes&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>&#8211; l’omniscience informationnelle :</em></strong> l’Aiguilleur d’IA, tout comme les modèles de surveillance avancés, plonge ses racines dans le traitement de données complexes et l’exploitation de calculateurs de pointe&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>&#8211; la quête d’optimisation :</em></strong> les deux approches visent à rationaliser la prise de décision, à automatiser les processus critiques et à anticiper les tendances futures à partir de signaux faibles&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>&#8211; la centralité systémique :</em></strong> qu’il s’agisse de sécuriser des infrastructures globales ou d’activer la posture de l’Aiguilleur, chacun aspire à occuper une position de hub central, un nœud névralgique par lequel transitent les flux stratégiques d’une organisation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’autonomie captive contre la compétence souveraine</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans la divergence que l’approche de l’Aiguilleur d’IA révèle son atout éthique et managérial. Alors que les solutions de type <em>«Sentinelle»</em> enferment l’utilisateur dans une trajectoire précalculée en mode <em>«boîte noire»</em>, l’Aiguilleur d’IA redéfinit le rôle du leader en le transformant en un chef d’orchestre en mesure de dompter les algorithmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette souveraineté humaine s’appuie sur une méthodologie et des modus operandi palpables intégrant des leviers d’action fondamentaux :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>&#8211; le dépassement des systèmes «juge et partie» :</em></strong> s’extraire des logiques où l’algorithme valide ses propres productions pour imposer une tierce partie critique et indépendante&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>&#8211; l’autonomie opérationnelle et la maîtrise technique :</em></strong> à travers le pilotage des flux, le décideur s’affranchit des intermédiaires informatiques opaques pour manager directement l’IA. Il canalise la créativité machine en fixant des barrières strictes contre les hallucinations des modèles génératifs, tout en assurant une clarification sémantique fine pour corriger les contresens culturels ou linguistiques des algorithmes globaux&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>&#8211; la sécurité critique et la gouvernance de la valeur :</em></strong> l’ingénierie d’aiguillage impose une sanctuarisation absolue et la confidentialité des données stratégiques, érigeant un bouclier contre l’aspiration des secrets par les infrastructures externes. Elle assure également une immunisation active contre le piratage textuel et les injections de prompts invisibles&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>&#8211; l&rsquo;arbitrage de haut niveau :</em></strong> le cœur du concept repose sur une évaluation contextuelle et critique systématique, capable de confronter les données chiffrées aux réalités géopolitiques, économiques et psychologiques. Enfin, l’alignement axiologique garantit que chaque réponse de la machine respecte scrupuleusement l’éthique et les valeurs de l’organisation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les passerelles d’interconnexion possibles</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’opposition entre l’Aiguilleur d’IA et les systèmes sentinelles n’est pas étanche, elle appelle une complémentarité intelligente :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>&#8211; de la vigie technique au poste de commande stratégique :</em></strong> les outils de type <em>Sentinel</em> excellent dans la détection des anomalies techniques, des cyberattaques et des flux anormaux de données (sécurité périmétrique). L’Aiguilleur d’IA utilise ces alertes brutes comme des intrants pour orienter la décision humaine, transformant une simple donnée de cybersécurité en un levier d’action géostratégique ou managérial&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>&#8211; l&rsquo;hybridation des boucles de rétroaction :</em></strong> les données collectées et filtrées par les sentinelles automatisées alimentent la boîte à outils méthodologique de l’Aiguilleur, tandis que les arbitrages éthiques et humains de ce dernier redéfinissent les seuils d’alerte et de tolérance des algorithmes de surveillance. C’est l’alliance de la réactivité machine et de la sagesse décisionnelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Cas illustratif : crise stratégique en temps réel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour mesurer l’impact de ce paradigme, observons la gestion d’une crise informationnelle majeure au sein d’une multinationale confrontée à une rumeur virale altérant son image de marque.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>&#8211; sans l’Aiguilleur d’IA (pilote automatique «Sentinelle &amp; Cie») :</em></strong> <em></em>l’organisation s’en remet aux tableaux de bord automatisés et aux outils de veille basés sur l’IA générative pour rédiger et diffuser instantanément un communiqué de crise standardisé. L’algorithme, optimisé pour la vitesse, applique une formule statistique neutre mais passe à côté d’une subtilité géopolitique locale et d’un double sens culturel perçu dans un marché clé. Résultat : le communiqué enflammerait les réseaux sociaux, aggravant la crise par manque de discernement contextuel&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>&#8211; avec l’Aiguilleur d’IA (maîtrise souveraine et méthodologique) :</em></strong> le dirigeant, formé à l’aiguillage, active sa boîte à outils méthodologique, il utilise les outils d’analyse pour cartographier les flux, mais refuse la réponse automatisée en boîte noire. Grâce à un décodage sémantique rigoureux et à un arbitrage fondé sur l’alignement axiologique de l’entreprise, il recadre le prompt, neutralise les biais de l’IA et insuffle une dimension humaine et diplomatique unique. Le message transmis est mesuré, protège l’intégrité de la marque et désamorce la crise avec une précision chirurgicale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le choix stratégique de l’avenir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la tempête, les puissants <em>«sentinelles et Cie»</em> se comportent comme un pilote automatique performant par grand ciel bleu, mais aveugle face aux anomalies inédites, aux biais invisibles et aux manipulations psychologiques. L’Aiguilleur d’IA, lui, est le commandant de bord, il sait quand interpréter les signaux pour naviguer avec discernement, protégeant l’organisation contre le piratage de son propre jugement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Confronté à la menace d’une dépendance cognitive dictée par les grands standards technologiques, les piliers de l’aiguillage d’IA s’imposent comme le bouclier et la boussole de l’organisation moderne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bref, intégrer cette compétence, c’est refuser de subir passivement les caprices monstrueux des systèmes IA Agentiques pour en devenir le maître absolu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À bon entendeur !</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Expert en stratégies IA.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Le Togo, nouvelle porte atlantique de la Russie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Nov 2026 08:07:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En un an et demi, le Togo est passé du statut de pays périphérique à celui de nœud de la logistique russe en Afrique de l’Ouest.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/11/05/le-togo-nouvelle-porte-atlantique-de-la-russie/">Le Togo, nouvelle porte atlantique de la Russie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En un an et demi, le Togo est passé du statut de pays périphérique à celui de nœud de la logistique russe en Afrique de l’Ouest. On aurait tort d’y voir un hasard ou la simple «diplomatie multivectorielle» d’un petit État. On peut y voir une opération réfléchie du Kremlin, qui suit un schéma déjà rodé ailleurs : d’abord un accord, puis des navires, ensuite des soldats et, pour finir, du béton.</em></strong> <em>(Photo: Port autonome de Lomé)</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Moussa Traore</strong> *</p>



<span id="more-19933084"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/11/Moussa-Traore.jpg" alt="" class="wp-image-19933172" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/11/Moussa-Traore.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/11/Moussa-Traore-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/11/Moussa-Traore-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Le Togo, c’est une bande de terre étroite coincée entre le Ghana et le Bénin. Environ neuf millions d’habitants, une petite armée, une économie modeste. Mais le pays possède ce qui manque à ses voisins, un port en eau profonde. Lomé est le <a href="https://www.ecofinagency.com/news/2807-47875-togo-deepens-ties-with-russia-and-u-s-in-strategic-diplomatic-shift" target="_blank" rel="noreferrer noopener">4<sup>e</sup> port à conteneurs d’Afrique</a>, et c’est bien lui qui intéresse Moscou. La démocratie ou l’idéologie n’ont pas grand-chose à voir là-dedans.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’accord qui ouvre la porte</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les bases juridiques ont été posées en 2025. La Russie et le Togo ont signé un <a href="https://www.modernghana.com/news/1509666/russian-arms-ship-diverts-to-togo-breaking-guinea.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">accord de coopération militaire</a> à Lomé en mars, l’ont formalisé à Moscou en avril, et la Douma l’a ratifié en octobre. <a href="https://www.criticalthreats.org/analysis/togo-russia-africa-corps-sudan-saf-rsf-chad-drc-m23-rwanda-africa-file-july-30-2026" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le texte prévoit</a> l’échange de renseignements, des ventes d’armes, des exercices conjoints et l’autorisation pour les navires russes de faire escale à Lomé. Selon <em>Le Monde</em>, <a href="https://www.polskieradio.pl/395/7785/Artykul/3612736,russia-gains-access-to-togo-ports-in-move-boosting-gulf-of-guinea-foothold" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Moscou a obtenu</a> un accès aux ports et aux infrastructures du pays pour sa marine et son aviation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Officiellement, il s’agit d’aider le Togo à lutter contre les djihadistes. Dans le nord du pays, <a href="https://www.ecofinagency.com/news/2507-47839-russia-advances-with-togo-military-cooperation-agreement-amid-shift-in-regional-security" target="_blank" rel="noreferrer noopener">les attaques se multiplient</a> et le gouvernement cherche des partenaires, c’est un fait. Pour Moscou, l’antiterrorisme sert surtout d’emballage. Des clauses sur l’hydrographie et les escales de navires de guerre ne servent pas à grand-chose contre des combattants dans la savane. Pour qui veut un point d’appui permanent sur l’Atlantique, en revanche, elles valent de l’or.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En mars 2026, le ministre russe de la Défense Andreï Belooussov <a href="https://www.modernghana.com/news/1509666/russian-arms-ship-diverts-to-togo-breaking-guinea.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">s’est d’ailleurs déplacé en personne à Lomé</a>, et il y a été question du port. Un ministre de la Défense ne traverse pas la Méditerranée et le Sahara pour une photo protocolaire. Il fallait s’attendre à du concret après cette visite. On n’a pas attendu longtemps.</p>



<h2 class="wp-block-heading">«Mikhaïl Britnev» : du papier au blindage</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À l’été 2026, l’accord a cessé d’être un bout de papier. Le 9 juillet, le cargo russe <em>«Mikhaïl Britnev»</em>, visé par des sanctions américaines, a accosté à Lomé. Les analystes de <em><a href="https://www.criticalthreats.org/analysis/togo-russia-africa-corps-sudan-saf-rsf-chad-drc-m23-rwanda-africa-file-july-30-2026" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Critical Threats</a></em> parlent de la première livraison militaire russe par voie maritime au Togo.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le trajet mérite qu’on s’y arrête, car toute la méthode y est. D’après <a href="https://www.yahoo.com/news/world/articles/russian-ship-defies-sanctions-send-230328826.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">BBC Verify</a>, le navire a quitté Baltiisk le 18 juin puis franchi la Manche, escorté par le grand navire de débarquement <a href="https://www.armyrecognition.com/news/army-news/2026/russia-sends-29-armored-vehicles-to-mali-through-new-gulf-of-guinea-supply-route-despite-sanctions" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«Alexandre Chabaline»</a>. Une fois la Manche passée, il a coupé son AIS et n’est réapparu qu’à Lomé. La veille de son arrivée, il affichait encore Dakar comme destination.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.armyrecognition.com/news/army-news/2026/russia-sends-29-armored-vehicles-to-mali-through-new-gulf-of-guinea-supply-route-despite-sanctions">Il transportait</a>, semble-t-il, 29 véhicules blindés, dont des BMP-2, des BMP-3, des BTR-82 et des Tigr. Le 25 juillet, <a href="https://maritime-executive.com/article/sanctioned-russian-cargo-ships-delivering-military-equipment-to-west-africa" target="_blank" rel="noreferrer noopener">un convoi russe arrivait à Bamako</a> après être passé de Lomé par Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso. Le Togo n’était donc pas la destination finale. Il a servi de porte d’entrée vers le Sahel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jusque-là, ce rôle revenait à Conakry, en Guinée, qui a reçu au moins <a href="https://www.modernghana.com/news/1509666/russian-arms-ship-diverts-to-togo-breaking-guinea.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">cinq cargaisons d’armes russes</a> depuis janvier 2025. Les sources divergent sur une éventuelle escale du Britnev à Conakry cette fois-ci. Peu importe au fond. Ce qui compte, c’est que la Russie ouvre délibérément un deuxième canal. Un port, on peut le bloquer par la pression ou par un coup d’État. Avec deux, c’est beaucoup plus compliqué. Sous sanctions, Moscou a appris à doubler ses circuits logistiques, et elle applique ici la leçon.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une logistique fantôme, transpondeur coupé</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Britnev n’a rien d’un cas isolé. Quelques jours après son départ du Togo, des analystes repéraient un autre navire russe, le <a href="https://maritime-executive.com/article/sanctioned-russian-cargo-ships-delivering-military-equipment-to-west-africa" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Baltic Leader</a>, le long des côtes ouest-africaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En octobre 2026, <em>Dossier Center</em>, la <em>Süddeutsche Zeitung</em>, <em>Delfi</em> et d&rsquo;autres médias ont publié une <a href="https://united24media.com/world/russia-caught-shipping-weapons-and-suspected-undercover-spies-to-africa-aboard-civilian-vessels-23571" target="_blank" rel="noreferrer noopener">enquête commune</a>. On y apprend qu’à bord du Britnev voyageaient des passagers, probablement sous de fausses identités. Les journalistes ont aussi identifié trois rouliers, l’Adler, l’Ascalon et le Baltic Leader, exploités par MG-Flot, une société sous sanctions. En route vers l’Afrique, ils coupaient régulièrement leur AIS.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ce qui inquiète le plus. Ces cargos transportent du matériel, déplacent des hommes et testent au passage la solidité du régime de sanctions. Quant à l’escorte militaire dans la Manche, elle s’adresse clairement à l’Europe : n’y touchez pas. Pour l’instant, le message passe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a plus troublant encore. D’après <em><a href="https://www.criticalthreats.org/analysis/togo-russia-africa-corps-sudan-saf-rsf-chad-drc-m23-rwanda-africa-file-july-30-2026" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Critical Threats</a></em>, un cargo russe avait déjà tenté d’exporter par Lomé du concentré d’uranium nigérien, sans succès. Des armes qui montent vers le Sahel, des matières premières censées redescendre vers la côte : on est loin de l’aide désintéressée. Cela ressemble plutôt à un modèle d’affaires, la sécurité contre les ressources.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le prix à payer pour le Togo</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les navires ne racontent qu’une partie de l’histoire. Un premier groupe d’officiers de l’Africa Corps est <a href="https://www.criticalthreats.org/analysis/togo-russia-africa-corps-sudan-saf-rsf-chad-drc-m23-rwanda-africa-file-july-30-2026" target="_blank" rel="noreferrer noopener">arrivé à Lomé</a> en janvier 2026 pour préparer le déploiement. On estime aujourd’hui leur nombre à 300 ou 350 militaires dans le pays. Ils appartiennent à la structure qui a pris la relève de Wagner.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Regardons le Mali voisin. En avril 2026, l’Africa Corps <a href="https://english.nv.ua/nation/russia-delivers-military-equipment-to-mali-using-vessel-subject-to-sanctions-50629231.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">a dû se retirer de Kidal</a> en abandonnant du matériel sur place. Quand la Russie promet la <em>«sécurité»</em> à un gouvernement africain, il s’agit souvent de celle du régime plus que de celle de la population. Les analystes de <em>Critical Threats</em> écrivent d’ailleurs sans détour que le président Faure Gnassingbé pourrait chercher auprès de Moscou ce type de soutien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On a le sentiment que la société togolaise le perçoit. La présence de troupes étrangères fait déjà débat, et le 21 juillet, trois partis d’opposition ont réclamé une discussion publique. Le signal est faible, mais il compte. Tant qu’on en débat, il reste une chance de s’arrêter avant que le Togo ne devienne un second Mali.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Du blindage au béton</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’étape suivante a déjà commencé, et elle est commerciale. Fin octobre 2026, en marge du sommet Russie-Afrique, le vice-ministre russe des Transports a <a href="https://fomag.ru/news-streem/rossiya-i-togo-obsudili-novye-vozmozhnosti-dlya-kompaniy-rf-v-portu-lome-mintrans-rf/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">discuté avec le Togo</a> de l’attribution à des entreprises russes d’une parcelle non aménagée du port de Lomé et de la construction d&rsquo;un nouveau terminal. Une ligne régulière de conteneurs de la Russie vers le Togo, puis par la route jusqu’à Ouagadougou, est aussi à l’étude.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le vice-Premier ministre Andreï Nikitine assure que Moscou a bien avancé sur un <a href="https://fomag.ru/news-streem/rossiya-serezno-prodvinulas-po-proektu-transportnogo-koridora-v-zapadnuyu-afriku-nikitin/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">corridor Russie-Afrique de l’Ouest</a> passant par Lomé vers le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Dès mars, l’ambassadeur russe évoquait l’idée de faire de <a href="https://www.modernghana.com/news/1515247/moscows-gulf-of-guinea-gambit-how-togo-became.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lomé un hub logistique</a>, et même celle d’une voie ferrée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pour cela que l’on peut considérer cette étape comme la plus dangereuse. Un accord militaire peut sauter avec un changement de pouvoir. Un terminal détenu en propre ou loué pour des décennies, beaucoup moins. Il offre un accès légal à une infrastructure où l’on décharge sans témoins gênants. Le canal militaire se cache derrière une façade civile, et les sanctions perdent presque toute prise.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que cela signifie pour le Togo et la région</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le Togo, le marché est déséquilibré. Le pays reçoit des armes, des instructeurs et une protection pour ses dirigeants. La Russie, elle, obtient une porte d’entrée sur toute une région. Et les djihadistes y gagnent un prétexte de plus pour traiter le Togo en ennemi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout tourne autour de la dépendance. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger n’ont pas d’accès à la mer, et Lomé est pour eux <a href="https://www.modernghana.com/news/1509666/russian-arms-ship-diverts-to-togo-breaking-guinea.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">la principale porte maritime</a>. Si la Russie contrôle un terminal dans ce port, elle aura la main sur l’approvisionnement des trois juntes. Cela est plus inquiétant que n’importe quel contingent, parce que celui qui tient la route fixe les règles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Togo reste pourtant différent de ses voisins sahéliens. Il est toujours membre de la Cedeao, coopère avec la France et attire aussi l’<a href="https://maritime-executive.com/article/u-s-and-russia-seek-access-to-togo-s-lome-port" target="_blank" rel="noreferrer noopener">intérêt américain pour le même port</a>. Lomé joue l’équilibre et profite de la concurrence entre puissances. Mais cet équilibre est fragile. Des soldats au sol et un terminal sur le quai pèsent plus lourd que des visites diplomatiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la région, c’est une nouvelle fissure. Le Togo devient une passerelle entre la Cedeao et l’Alliance des États du Sahel, entièrement tournée vers Moscou. Une passerelle peut favoriser la réconciliation. Elle peut aussi permettre à l’influence russe de descendre du Sahel vers le golfe de Guinée. La seconde hypothèse est plus probable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le scénario sahélien se répétera-t-il au Togo ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le modèle russe en Afrique est connu. Il a été rodé en Centrafrique, où Wagner protégeait le président en échange de <a href="https://www.dailymaverick.co.za/?p=1743911" target="_blank" rel="noreferrer noopener">concessions minières</a> et où la mine d’or de Ndassima est passée d’un propriétaire canadien à une société liée au groupe. Le schéma a ensuite été reproduit au Sahel, après <a href="https://www.polskieradio.pl/395/7785/Artykul/3294087,niger-shifts-military-alliance-from-eu-to-russia-signaling-strategic-pivot-in-west-africa" target="_blank" rel="noreferrer noopener">les coups d’État</a> au Mali en 2020, au Burkina Faso en 2022 et au Niger en 2023. À chaque fois, la France est poussée vers la sortie, les instructeurs russes arrivent, puis viennent les ressources. Au Mali, cela a abouti à une raffinerie d’or en partenariat avec un <a href="https://modeldiplomat.com/story/russias-eroding-influence-in-the-sahel.md" target="_blank" rel="noreferrer noopener">conglomérat russe</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu’y ont gagné ces pays ? Selon la Rand, <a href="https://modeldiplomat.com/story/malis-an%C3%A9fis-body-count-a-message-to-bamako" target="_blank" rel="noreferrer noopener">la sécurité s’est dégradée</a> dans tous les pays où l’Africa Corps est présent, et le nombre de victimes des djihadistes a atteint des records. Le Mali et le Burkina Faso <a href="https://www.kyivpost.com/post/84838" target="_blank" rel="noreferrer noopener">paient en plus le personnel russe</a> sur leur propre budget. Pas plus de sécurité, donc, mais des régimes qui tiennent, et une Russie qui encaisse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Togo, on retrouve la même logique, en version adoucie. Pas de junte en rupture avec l’Occident, pas de putsch. Il y a en revanche le long règne de la famille Gnassingbé, la menace djihadiste dans le nord et l’envie d’avoir un protecteur qui ne pose pas de questions gênantes. On s’attend donc à ce que l’influence russe progresse par étapes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La logistique d’abord, qui est déjà en marche : rotations régulières, terminal en propre, ligne de conteneurs jusqu’à Ouagadougou. Viendra ensuite la protection du pouvoir, l’Africa Corps devenant peu à peu le garant de sa stabilité, comme à Bangui ou à Ouagadougou.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="KsqtzszP3l"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/31/un-sommet-russie-afrique-avec-vue-sur-la-mediterranee/">Un sommet Russie-Afrique avec vue sur la Méditerranée</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Un sommet Russie-Afrique avec vue sur la Méditerranée » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/31/un-sommet-russie-afrique-avec-vue-sur-la-mediterranee/embed/#?secret=dZQDKXSt3J#?secret=KsqtzszP3l" data-secret="KsqtzszP3l" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Puis les ressources et l’énergie. La première commission intergouvernementale Russie-Togo, cet automne, a déjà mis <a href="https://www.modernghana.com/news/1537307/russias-pivot-to-the-global-south-togo-emerges.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">les mines, la métallurgie et l’énergie</a> à l’ordre du jour, et des entreprises russes proposent des centrales à turbines à gaz. Le Togo est connu pour ses phosphates. Je ne serais pas surpris qu’ils deviennent le prochain sujet de négociation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin l’information. Au Sahel, le Kremlin s’est appuyé sur <em><a href="https://www.modernghana.com/news/1537307/russias-pivot-to-the-global-south-togo-emerges.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Africa Initiative</a></em>, un média employant d’anciens de Wagner. On peut s’attendre à voir le même discours sur la <em>«décolonisation»</em> s’installer dans l’espace médiatique togolais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le scénario sahélien va-t-il se répéter à l’identique ? Peut-être pas. Le Togo dépend trop du commerce avec le reste du monde pour rompre avec l’Occident. Mais Moscou n’en demande pas tant. Un contrôle discret du port et un pouvoir loyal qui ne s’intéresse pas trop aux cargaisons lui suffisent. Ce modèle à demi visible pourrait bien se révéler le plus durable de tous ceux que la Russie a bâtis en Afrique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Chercheur en histoire des relations internationales à l’Université Luiss Guido Carli, expert auprès du quotidien italien</em> Corriere della Sera<em>.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/11/05/le-togo-nouvelle-porte-atlantique-de-la-russie/">Le Togo, nouvelle porte atlantique de la Russie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Le reflux populiste, principale leçon de l’échec des Républicains américains</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/11/05/le-reflux-populiste-principale-lecon-de-lechec-des-democrates-americains/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Nov 2026 06:27:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La victoire historique d’Abdul Rahmane Mohamed El-Sayed au Sénat dans le Michigan scelle l'échec du national-populisme de Trump.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/11/05/le-reflux-populiste-principale-lecon-de-lechec-des-democrates-americains/">Le reflux populiste, principale leçon de l’échec des Républicains américains</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’échec des Républicains américains portés par le président populiste Donal Trump démontre que les promesses démagogiques trahies finissent inéluctablement par se payer au prix fort. Que le mécontentement populaire s’exprime par la contestation de rue ou par la souveraineté des urnes, le décalage entre la rhétorique national-populiste et la détérioration concrète des conditions de vie socio-économiques engendre un retour de bâton, comme celui auquel nous assistons aux Etats-Unis.</em></strong> <em>(Photo : La victoire historique d’Abdul Rahmane Mohamed El-Sayed au Sénat dans le Michigan illustre la faillite des méthodes populistes de Donald Trump.)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Elyes Kasri *</strong></p>



<span id="more-19932294"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Elyes-Kasri.jpg" alt="" class="wp-image-352204"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Avec le raz de marée démocrate à la Chambre des Représentants et au Sénat, les élections législatives de mi-mandat de novembre 2026 aux États-Unis transcendent le simple cadre des scrutins intermédiaires pour s’inscrire comme le pivot d’un phénomène mondial de rejet du populisme, caractérisé par l’érosion du pouvoir d’achat, la politique-spectacle et la personnalisation excessive du pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à une gouvernance républicaine jugée coupable de duplicité et d’inféodation aux puissances financières ainsi qu’à des intérêts extérieurs, le corps électoral américain a manifesté une sentence sans équivoque, dont l’amplitude varie à l’échelle internationale selon la résilience et le caractère démocratique des institutions en place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les critiques récurrentes inhérentes aux structures institutionnelles américaines, le verdict des urnes a produit un véritable tsunami démocrate au Congrès. La reprise conjointe de la Chambre des représentants et du Sénat sonne comme le désaveu cinglant de la politique de Donald Trump.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette bérézina républicaine s&rsquo;est concrétisée en dépit des manœuvres désespérées de dernière minute de l’exécutif, notamment l’annonce opportuniste de mettre fin à l’aide militaire américaine à Israël — estimée à 4 milliards de dollars par an — pour capter l’électorat pacifiste.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="32etjfYRu3"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/08/lhomme-a-abattre-pour-le-lobby-pro-israelien-americain/">L’homme à abattre pour le lobby pro-israélien américain</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’homme à abattre pour le lobby pro-israélien américain » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/08/lhomme-a-abattre-pour-le-lobby-pro-israelien-americain/embed/#?secret=tfBaG4Sva5#?secret=32etjfYRu3" data-secret="32etjfYRu3" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Symbole ultime de ce basculement de l’opinion publique, la victoire historique d’<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/08/lhomme-a-abattre-pour-le-lobby-pro-israelien-americain/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Abdul Rahmane Mohamed El-Sayed</a> au Sénat dans le Michigan illustre la faillite des méthodes populistes. Malgré une campagne agressive orchestrée par le sommet de l’État américain et le déversement massif de 437,5 millions de dollars par des PAC républicains et des lobbys pro-israéliens, la résistance démocratique locale a triomphé de la ploutocratie électorale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dynamique démontre que les promesses démagogiques trahies finissent inéluctablement par se payer au prix fort. Que le mécontentement populaire s’exprime par la contestation de rue — comme en France et au sein d’autres nations européennes — ou par la souveraineté des urnes comme aux États-Unis, le décalage entre la rhétorique national-populiste et la détérioration concrète des conditions de vie socio-économiques engendre un retour de bâton électoral.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En dernière analyse, cette transition souligne une vérité systémique cruciale : dans les pays aux régimes politiques verrouillés, l’absence de soupapes de sécurité démocratiques et d’alternance institutionnelle ne fait que différer l’inévitable. L’étouffement des contestations légitimes ne peut que radicaliser les crises futures, alourdissant à terme la facture politique et sociale de la gouvernance despotique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ancien ambassadeur.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/11/05/le-reflux-populiste-principale-lecon-de-lechec-des-democrates-americains/">Le reflux populiste, principale leçon de l’échec des Républicains américains</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Centres techniques tunisiens et défi de l’exportation vers l’Afrique</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/11/04/centres-techniques-tunisiens-et-defi-de-lexportation-vers-lafrique/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Nov 2026 07:10:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[centres techniques]]></category>
		<category><![CDATA[Cetime]]></category>
		<category><![CDATA[Cettex]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Férid Herelli]]></category>
		<category><![CDATA[Packtec]]></category>
		<category><![CDATA[Taoufik Halila]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisia Industrial Expertise]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie dispose d’un réseau de centres techniques sectoriels qui constitue un véritable capital national de compétences à exporter. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/11/04/centres-techniques-tunisiens-et-defi-de-lexportation-vers-lafrique/">Centres techniques tunisiens et défi de l’exportation vers l’Afrique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La Tunisie dispose d’un réseau de centres techniques sectoriels qui constitue un véritable capital national de compétences. Laboratoires, essais, assistance technique, formation, qualité, innovation et expertise ont permis d’accompagner plusieurs générations d’entreprises. Dans le même temps, les économies africaines recherchent des compétences dans ces mêmes domaines. L’enjeu est donc désormais de mieux organiser l’ouverture internationale de cette expertise, sans fragiliser les missions nationales des centres ni les parcours de leurs experts. Il s’agit, surtout, de transformer un capital de compétences en levier de coopération, d’innovation et de rayonnement économique.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ing. Taoufik Halila &amp; Ing. Mohamed Férid Herelli *</strong></p>



<span id="more-19917342"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/03/Taoufik-Halila-Ferid-Herelli-i.jpg" alt="" class="wp-image-12164922"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">La création d’une plateforme commune, proposée ici à titre de réflexion sous le nom de Tunisia Industrial Expertise (TIE), permettrait de mutualiser la prospection, le montage des offres, la contractualisation et la mobilisation des experts. Cette démarche pourrait être élargie à d’autres structures tunisiennes disposant de compétences complémentaires, notamment dans les télécommunications et le numérique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie dispose de huit centres techniques industriels sectoriels :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cetiba</strong> : Centre technique de l’industrie du bois et de l’ameublement ;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cetime</strong> : Centre technique des industries mécaniques et électriques ;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>CTC </strong>: Centre technique de la chimie ;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cettex</strong> : Centre technique du textile ;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>CNCC</strong> : Centre national du cuir et de la chaussure ;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>CTAA</strong> : Centre technique de l’agroalimentaire ;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>CTMCCV</strong> : Centre technique des matériaux de construction, de la céramique et du verre ;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Packtec</strong> : Centre technique de l’emballage et du conditionnement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Leur valeur ne réside pas seulement dans les équipements et les laboratoires. Elle tient surtout aux compétences accumulées par leurs ingénieurs, techniciens et experts au contact direct des entreprises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Diagnostics industriels, essais et analyses, qualité, certification, formation, assistance technique, innovation, recherche-développement et veille technologique constituent un ensemble d’expériences directement mobilisables dans des projets industriels.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Afrique, une opportunité naturelle pour l’expertise tunisienne</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le développement industriel africain nécessite des investissements, mais aussi des compétences techniques et des infrastructures de qualité. Les besoins concernent notamment les laboratoires, les systèmes qualité, la normalisation, la formation continue, l’accompagnement des PME, les diagnostics industriels, le transfert technologique, la maintenance et l’ingénierie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une partie importante de ces besoins correspond précisément aux compétences développées en Tunisie. La conférence Financing Investment and Trade in Africa (Fita) organisée par le Tunisia Africa Business Council (TABC), ainsi que le partenariat TABC–Cetime conclu en janvier 2026, illustrent cette convergence entre les besoins africains et l’expertise tunisienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ouverture sur les marchés africains doit ainsi être considérée non comme une activité périphérique, mais comme une possibilité de valorisation internationale d’un savoir-faire déjà constitué. Elle peut également servir de porte d’entrée à d’autres entreprises tunisiennes : sociétés d’ingénierie, bureaux d’études, fabricants d’équipements, entreprises de maintenance, organismes de formation et fournisseurs de technologies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le potentiel existe, mais l’exportation de l’expertise reste plus complexe que l’exportation d’un produit. Un centre sollicité pour une mission internationale doit pouvoir répondre à plusieurs questions : qui porte le contrat ? qui facture ? comment mobiliser l’expert ? comment préserver son statut, ses droits sociaux et son parcours professionnel ? comment assurer son retour et reconnaître la mission ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces contraintes peuvent limiter les initiatives internationales. Il serait donc utile de disposer d’un mécanisme léger permettant de séparer clairement l’activité internationale de la gestion courante des centres, tout en maintenant le lien avec ceux-ci.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="uDUmUbcb8O"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/22/expertise-independante-et-positionnement-international-de-la-tunisie/">Expertise indépendante et positionnement international de la Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Expertise indépendante et positionnement international de la Tunisie » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/22/expertise-independante-et-positionnement-international-de-la-tunisie/embed/#?secret=s6sIjznXDH#?secret=uDUmUbcb8O" data-secret="uDUmUbcb8O" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une plateforme commune : Tunisia Industrial Expertise</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À titre de proposition, une plateforme commune et légère pourrait être développée sous l’appellation Tunisia Industrial Expertise (TIE). Elle ne remplacerait pas les centres techniques et ne concurrencerait pas leurs missions nationales. Elle aurait pour fonction de transformer leurs compétences en offres internationales structurées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ses fonctions pourraient être limitées à quelques missions essentielles :</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; identifier les besoins et les projets sur les marchés africains ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; présenter l’offre tunisienne et assurer la prospection ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; monter les propositions techniques et financières ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; porter les contrats internationaux et assurer leur suivi ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; organiser la mobilisation et le détachement des experts ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; coordonner les aspects administratifs, financiers et juridiques ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; capitaliser les références et constituer progressivement un portefeuille international.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’expérience de Steg International Services montre qu’une structure dédiée peut transformer des compétences accumulées par une institution publique en prestations internationales. Il ne s’agit pas de reproduire ce modèle à l’identique, mais d’en retenir le principe : disposer d’un véhicule adapté à la prospection, à la contractualisation et à la réalisation de missions à l’étranger.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Aller vers des offres intégrées et élargir le réseau aux compétences spécialisées</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’objectif ne serait pas de vendre uniquement des journées d’experts, mais de proposer des solutions complètes. Plusieurs centres pourraient ainsi réunir leurs compétences autour d’un même projet : diagnostic, conception, essais, équipements, procédures, formation, accompagnement et certification.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une filière agroalimentaire, par exemple, le CTAA, Packtec, Cetime et d’autres compétences sectorielles pourraient être mobilisés selon les besoins. Cette logique de consortium permettrait de proposer aux partenaires africains une équipe pluridisciplinaire plutôt qu’une succession d’interventions isolées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’expertise pourrait alors devenir une véritable porte d’entrée commerciale : <em>expertise → confiance → partenariat → projet → investissement → exportation.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ouverture internationale ne devrait pas se limiter aux huit centres techniques ; elle devrait également s’étendre au secteur du numérique et aux technologies de l’information et de la communication (TIC). À cet égard, le Centre d’études et de recherche des télécommunications (Cert) pourrait jouer un rôle d’intermédiaire entre les compétences tunisiennes dans le domaine du numérique et les besoins des pays africains dans ce secteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce rôle consisterait, d’une part, à faciliter les déplacements et les missions de nos ingénieurs à l’étranger et, d’autre part, à instaurer une coopération africaine productive dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA), dont les avancées s’accélèrent à pas de géant. L’enjeu est stratégique : il consiste à préserver la souveraineté numérique de nos pays et de garantir la maîtrise de leurs données, face à la domination croissante des grandes puissances mondiales dans ce domaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La démarche pourrait donc évoluer vers un véritable réseau national d’expertise, réunissant les centres techniques et, lorsque cela deviendra pertinent, des centres de recherche ou organismes spécialisés. L’objectif ne serait pas de créer de nouvelles structures pour chaque compétence, mais de mieux coordonner et rationaliser la coopération et la complémentarité entre celles qui existent déjà.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette logique d’ouverture pourrait progressivement intégrer d’autres partenaires disposant de savoir-faire spécifiques, en fonction des besoins des marchés ciblés.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="fD0LMX2H9S"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/25/lia-et-lingenieur-de-demain/">L’IA et l’ingénieur de demain</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’IA et l’ingénieur de demain » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/25/lia-et-lingenieur-de-demain/embed/#?secret=uDk5BubCje#?secret=fD0LMX2H9S" data-secret="fD0LMX2H9S" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Mettre l’expert au cœur de l’internationalisation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’expert constitue le principal actif de cette démarche. Il ne devrait pas avoir à choisir entre son parcours national et une expérience internationale. Un dispositif de mobilité devrait préserver son lien avec son centre, son ancienneté, ses droits sociaux et sa possibilité de réintégration, tout en prévoyant une rémunération et une prise en charge adaptées aux missions extérieures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une plateforme nationale des experts, recensant les domaines de compétence, l’expérience, les références, les langues et les disponibilités, constituerait un outil simple pour identifier rapidement les profils nécessaires aux projets.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réussite de cette démarche suppose une coordination avec les acteurs déjà engagés dans l’ouverture africaine et l’exportation. Le TABC peut contribuer à l’accès aux marchés et à la prospection ; les centres apportent l’expertise ; une structure telle que TIE assurerait la mise en marché et la contractualisation ; l’ATCT pourrait être mobilisée pour la coopération technique et le Cepex pour l’appui à l’export.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette complémentarité permettrait d’éviter la multiplication des structures et de concentrer les efforts sur la réalisation de projets concrets.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après plusieurs décennies d’accompagnement de l’industrie tunisienne, les centres techniques peuvent conserver pleinement leur mission nationale tout en développant une dimension internationale. Ils pourraient ainsi être simultanément des centres d’expertise, des plateformes de transfert technologique, des organismes de formation et des ambassadeurs du savoir-faire tunisien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette évolution contribuerait à mieux valoriser les investissements déjà réalisés dans les laboratoires, les équipements et surtout dans le capital humain. Elle offrirait également aux experts de nouvelles perspectives professionnelles et aux entreprises tunisiennes de nouvelles possibilités de partenariat.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De l’accompagnement national au rayonnement africain</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie dispose d’un capital de compétences industrielles important. Les huit centres techniques en constituent l’une des expressions les plus concrètes. Dans le même temps, les marchés africains offrent des possibilités croissantes de coopération dans les domaines de la qualité, des laboratoires, de la formation, de l’ingénierie, du transfert technologique, de la digitalisation et du développement industriel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enjeu est désormais de passer d’une logique d’accueil et d’accompagnement à une logique d’ouverture organisée sur ces marchés. Il ne s’agit plus seulement de recevoir des partenaires africains pour leur présenter l’expérience tunisienne, mais de pouvoir aller vers eux avec des offres structurées, des équipes pluridisciplinaires et un cadre contractuel adapté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une plateforme numérique commune pourrait constituer l’un des instruments de cette évolution. Elle pourrait également fonctionner comme une porte ouverte à d’autres compétences nationales, notamment celles du Cert dans les télécommunications et les technologies numériques, ainsi qu’à d’autres centres ou organismes spécialisés selon les projets.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ambition serait ainsi de construire progressivement une offre tunisienne intégrée de services, d’expertise, de formation, d’essais, de certification et d’innovation. Cette offre pourrait accompagner les partenaires africains tout en ouvrant de nouveaux marchés aux entreprises tunisiennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À terme, l’expertise industrielle et technologique pourrait devenir une véritable filière d’exportation de services à forte valeur ajoutée, fondée sur trois atouts : les compétences tunisiennes, les institutions existantes et la proximité économique avec l’Afrique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’objectif peut se résumer simplement : faire des centres techniques non seulement des instruments d’appui à l’industrie tunisienne, mais aussi des vecteurs de coopération et des ambassadeurs du savoir-faire tunisien sur les marchés africains.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="qDsEg3DTch"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/08/place-de-la-tunisie-dans-lecosysteme-de-linnovation-en-afrique/">Place de la Tunisie dans l’écosystème de l’innovation en Afrique</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Place de la Tunisie dans l’écosystème de l’innovation en Afrique » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/08/place-de-la-tunisie-dans-lecosysteme-de-linnovation-en-afrique/embed/#?secret=p9JG89FBUY#?secret=qDsEg3DTch" data-secret="qDsEg3DTch" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>* Conseillers du doyen de l’Ordre des ingénieurs tunisiens.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Références principales</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; République Tunisienne, Loi n°94-123 du 28 novembre 1994 relative aux centres techniques dans les secteurs industriels.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; APII, présentation des centres techniques et de leurs missions.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; Steg, informations institutionnelles relatives à Steg International Services.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; TABC–Cetime, convention de partenariat du 29 janvier 2026.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; Banque mondiale, République Tunisienne – Actualisation de l’évaluation du secteur privé, Volume III – Annexes.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/11/04/centres-techniques-tunisiens-et-defi-de-lexportation-vers-lafrique/">Centres techniques tunisiens et défi de l’exportation vers l’Afrique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Et si on gouverne la Tunisie comme la Suisse !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Nov 2026 07:59:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie directe]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Moncef Marzouki]]></category>
		<category><![CDATA[présidence à vie]]></category>
		<category><![CDATA[Sadok Zerelli]]></category>
		<category><![CDATA[Suisse]]></category>
		<category><![CDATA[Zine Ben Ali]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=19916638</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pour les Tunisiens, la leçon du modèle démocratique suisse est l’élimination de tout risque de retour d’un nouveau président à vie.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/11/03/et-si-on-gouverne-la-tunisie-comme-la-suisse/">Et si on gouverne la Tunisie comme la Suisse !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La démocratie ne consiste pas seulement à voter tous les cinq ans. Elle suppose que le peuple demeure un acteur de la vie publique entre deux élections. Une démocratie véritable ne se mesure pas uniquement à la liberté de choisir le président de la République, mais aussi à la possibilité, pour chaque citoyen, d’influencer les décisions qui affectent sa vie quotidienne.&nbsp;Dans cet article, l’auteur propose de s’inspirer du système de gouvernement suisse, afin d’assurer un développement économique et social pour toute la population et toutes les régions, un pouvoir judiciaire indépendant, des organes de contrôle efficaces, une administration performante, une presse libre et la lutte contre la corruption par l’instauration de procédures transparentes pour l’attribution des marchés publics. Mais plus important que tout, la leçon ultime à apprendre du modèle démocratique suisse est&nbsp;l’élimination de tout risque de retour d’un nouveau président à vie, quelles que soient son intégrité et son efficacité supposées.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sadok Zerelli *</strong></p>



<span id="more-19916638"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Je dois souligner en introduction à cet article et pour lever toute ambiguïté à ce sujet, que je n’ai rien contre Kais Saïed l’homme, que&nbsp;je considère avant tout comme un collègue (j’étais moi-même enseignant universitaire) et dont l’intégrité, le dévouement et l’amour de la patrie ne font aucun doute à mes yeux. Mais en politique, on ne juge pas les politiciens sur la base de leurs intentions, discours et promesses, mais sur la base de leurs bilans.&nbsp;Or, voilà un président qui gouverne sans partage notre pays depuis sept ans, et dont le bilan socioéconomique en termes de maîtrise du chômage, de l’inflation, de la dette publique, sans parler de la chute du pouvoir d’achat et du niveau de vie de la population, parle de lui-même. Et encore, je ne parle pas de l’isolement diplomatique, des restrictions de l’espace des libertés, de la pénurie de certains produits de base (alimentation et médicaments) et de son échec dans la lutte contre la corruption, son slogan qui était derrière son élection en 2019 et sa réélection en 2024</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant, selon les analyses politiques indépendantes de trois modèles IA parmi les plus performants dans le monde (Gemini, Meta.ai et ChatGPT), il est pratiquement assuré de remporter les élections présidentielles de 2029 (avec des probabilités comprises entre 65% et 85%, selon le modèle IA), s’il décide de se représenter ou son entourage le pousse à le faire (<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/22/les-chances-de-kais-saied-de-gagner-les-presidentielles-de-2029-selon-trois-ia/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Les chances de Kaïs Saïed de gagner les présidentielles de 2029, selon trois IA</a>) .</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le paradoxe tunisien</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les explications de ce <em>«paradoxe tunisien»</em> avancées par les trois modèles sont convergentes et se résument à trois :&nbsp;</p>



<ol style="list-style-type:lower-alpha" class="wp-block-list">
<li>en tant que président en exercice avant les élections, il aura à sa disposition tout l’appareil de l’Etat et des moyens d’information officiels pour soutenir sa candidature et faciliter sa compagne électorale ;</li>



<li>les principaux leaders de l’opposition qui pourraient sérieusement le concurrencer sont tous en prison ou en exil ;</li>



<li>les dispositions de la Constitution de 2022 qu’il a promulguée lui-même jouent en sa faveur, sans parler des institutions électorales telles que l’Isie, dont il est assuré du soutien  </li>
</ol>



<p class="wp-block-paragraph">Force est de reconnaitre que les analyses et raisons avancées par les outils d’IA, sont objectives, réalistes et logiques. Elles sont d’autant plus inquiétantes que, comme je l’ai expliqué dans mon dernier article, ces IA sont véritablement <em>«intelligentes»</em> et possèdent au moins trois des quatre attributs ou capacités de l’intelligence humaine, telle que définie par le dictionnaire Larousse (<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/28/lintelligence-artificielle-est-elle-intelligente/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L’Intelligence artificielle est-elle intelligente</a>). </p>



<h2 class="wp-block-heading">Le syndrome de la «présidence à vie»</h2>



<p class="wp-block-paragraph">J’avoue qu’en tant que démocrate et partisan de l’alternance du pouvoir au sommet de l’Etat, ces prédictions convergentes des trois outils d’IA ont constitué une mauvaise surprise pour moi et provoqué une profonde inquiétude pour l’avenir politique de notre pays. Mes inquiétudes vont au-delà l’aggravation, certaine à mon avis d’économiste, de la crise économique, sociale et politique que le pays traverse si Kais Saïed est réélu en 2029 pour un troisième mandat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le risque et le danger même pour la démocratie dans notre pays est que, les mêmes causes produisant les mêmes effets, il le sera aussi et pour les mêmes raisons en 2034, 2039, etc., nous ramenant ainsi à l’ère des «<em>présidents à vie»</em> que nous croyons révolue, à moins d’une surprise divine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette éventualité, qui est à mon avis du domaine du possible, me fait poser la question politique et sociologique suivante :&nbsp;<em>la Tunisie souffre-t-elle du «syndrome de la présidence à vie» et sommes-nous condamnés, nous autres Tunisiens, à vivre toute notre vie sous la botte d’un hyper-président qui, dès qu’il prend le pouvoir, restreint les libertés, bâillonne la presse et envoie la majorité de ses opposants en prison où les contraint à l’exil, qu’il soit un dictateur «éclairé» comme le fût Bourguiba qui a su au moins gagner les batailles de la généralisation de l’enseignement et celle de l’émancipation des femmes, ou un dictateur «efficace» comme le fût Ben Ali qui a su gagner au moins les batailles de la croissance économique et de la compétitivité internationale, ou un président «propre» comme est supposé être Kais Saïed qui, depuis sept ans qu’il est au pouvoir, n’a gagné jusqu’à maintenant aucune bataille, ni économique , ni sociale, ni diplomatique ni même celle de la lutte contre la corruption dont il a pourtant fait son cheval de bataille ?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière cette question se profile une autre plus psychologique&nbsp;: <em>Pourquoi nos présidents ne veulent-ils plus quitter le Palais de Carthage une fois qu’ils y ont mis les pieds et goûté aux honneurs et privilèges du pouvoir, à moins d’en être chassés par un coup d’</em><em>É</em><em>tat comme le fût Bourguiba ou par une révolte populaire comme le fût Ben Ali&nbsp;?</em> (à la notable exception près de Moncef Marzouki à qu’il faut rendre hommage pour au moins ne pas avoir cherché à s’accrocher au pouvoir).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la question la plus importante et la plus dérangeante est&nbsp;à mon avis la suivante&nbsp;: <em>pourquoi nous autres, Tunisiens, acceptons-nous cela et nous nous laissons faire ?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pourrais comprendre cela si on était un peuple d’ignorants, d’analphabètes et d’incultes qui suivent leur berger comme des moutons. Mais là ce n’est point le cas puisque l’écrasante majorité d’entre nous sont éduqués, voire même diplômés de l’enseignement supérieur, cultivés et ouverts sur le monde !</p>



<h2 class="wp-block-heading"> Les facteurs de résignation populaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">François Mitterrand (à moins que ce soit Jacques Chirac, je ne me rappelle plus) a dit un jour que «<em>chaque peuple a le président qu’il mérite».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">A force de réfléchir à cette question, je crois avoir identifié trois explications possibles des dictatures que nous avons subies durant notre histoire récente, qu’un bon nombre de lecteurs et lectrices ne partageront probablement pas avec moi, mais que je vais indiquer quand même quitte à me faire <em>«massacrer»</em> dans leurs commentaires&nbsp;:&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">a) de tout temps, la Tunisie a été envahie et conquise par plusieurs envahisseurs : des Romains qui ont détruit Carthage, aux Arabes qui ont islamisé le pays, aux Beni Hilal qui ont saccagé tout le pays, aux Turcs qui en ont fait une province de Constantinople, aux Français qui en ont fait un protectorat, etc. Cette histoire a créé chez nous un esprit de soumission et d’obéissance au sultan, au bey au Résident général et, plus tard, au président de la république, quel qu’il soit&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph">b) les Tunisiens, dans leur majorité, sont individualistes pour ne pas dire «<em>khobzistes</em>» dans le sens où ils pensent d’abord à leurs conditions de vie et leur confort individuel et s’intéressent peu à la vie collective. Pour la majorité d’entre eux, le pain est plus important que la démocratie, la liberté d’opinion ou la justice sociale, des concepts qui proviennent de la culture et de la civilisation occidentales, différentes des nôtres&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph">c) notre religion musulmane nous enseigne d’accepter tout ce qui nous arrive et à considérer que c’est notre&nbsp;<em>«destin»</em> auquel il ne servirait à rien de vouloir résister. Ne dit-on pas «<em>Allah Ghaleb</em>» ou «Dieu est le plus fort» pour tous les malheurs qui nous arrivent dans la vie&nbsp;?&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Y-a-t-il une solution politique à l’horizon ? </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces trois facteurs qui expliquent notre esprit de résignation et de soumission aux présidents à vie quels qu’ils soient, m’amènent à penser que, même dans l’hypothèse théorique et fort peu probable que les prisonniers politiques seront libérés avant les élections de 2029, que des hommes politiques d’une grande stature, tels que Ahmed Nejib Chabbi, ou Avachi Hammami ou&nbsp;Lotfi M’Raihi (pour qui j’ai beaucoup de respect car c’est l’un des rares politiciens qui comprend vraiment l’économie alors qu’il est de formation médicale,),&nbsp;dont le passé militant et les années de prison endurées sous différents régimes constitue la meilleure preuve de leur patriotisme, seront autorisés d’y participer et que l’un d’eux remportera par miracle les présidentielles de 2029, cela ne nous garantira pas qu’il ne voudrait plus quitter le Palais de Carthage comme ses prédécesseurs et ne nous immunisera pas contre le «<em>syndrome de la présidence à vie»</em>, propre aux pays arabo-musulmans (À titre d’exemple, même le vieux Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, continue à 90 ans à s’accrocher au peu de pouvoir qu’Israël a bien voulu lui laisser et ne cesse de reporter d’une année à l’autre les élections dans les territoires qu’il dirige ! C’est pour tout dire.)</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ensemble de ces réflexions et pensées m’ont amené à chercher dans d’autres directions une solution pour proposer un véritable système démocratique dans notre pays et le prémunir une fois pour toute contre les risques d’une nouvelle présidence à vie.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est comme cela que j’ai atterri en… Suisse !&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le modèle démocratique suisse</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà un petit pays de la taille de la Tunisie (9 millions d’habitants) qui n’a aucune ressource naturelle (nous, on a au moins un peu de phosphate, de pétrole et de belles plages à exploiter pour le tourisme) et qui jouit d’une stabilité politique à envier et qui arrive à assurer à sa population l’un des niveaux de vie les plus élevés dans le monde, avec une monnaie forte, un taux de chômage qui ne dépasse pas 3%&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En cherchant le secret de cette stabilité politique et réussite économique et sociale, je suis arrivé à la conclusion qu’il réside dans le fait que la Suisse n’est gouvernée par&#8230; <em>personne</em> !</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, qui de nous connait le président actuel de la Suisse ? Très peu, pour la bonne et simple raison qu’il change chaque année et que chacun des sept membres du Conseil Fédéral assume à tour de rôle les fonctions, purement protocolaires d’ailleurs, de président, que celui-ci ne se déplace pas dans un cortège de 20 ou 30 voitures de sécurité et entouré par une armée de gardes du corps, mais dans une voiture banale et s’arrête aux feux rouges comme monsieur tout le monde&#8230;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et si on gouverne la Tunisie comme la Suisse ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne s’agirait pas de transformer les Tunisiens en Suisses, ni de copier mécaniquement des institutions conçues dans un contexte historique différent. Il s’agirait plutôt de nous demander ce que nous pourrions accomplir si nous faisions davantage confiance à nos citoyens et moins à la concentration du pouvoir entre les mains d’un seul homme, qu’il s’agisse de Kais Saïed ou de n’importe quel autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela implique plusieurs changements dans notre mentalité, notre système politique et notre constitution</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Premier changement, en finir avec l’homme providentiel&nbsp;:</em></strong> <strong></strong>depuis l’indépendance de notre pays, la vie politique en Tunisie s’est organisée autour d’un personnage politique central duquel on attend qu’il guide le pays sur la voie du progrès, de la justice sociale et du développement économique : Bourguiba, Ben Ali et maintenant Kais Saïed.À chaque crise, une partie de la population recherche un homme fort, supposé incarner la volonté populaire et capable de remettre de l’ordre dans le pays. Lorsque les résultats ne répondent pas aux attentes, la déception succède à l’espoir, sans que le système politique et les mécanismes fondamentaux du pouvoir soient nécessairement remis en question.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le modèle suisse propose une autre philosophie de l’exercice de la démocratie. Le pouvoir exécutif fédéral y est confié à un Conseil fédéral composé de sept membres. Les décisions sont prises collectivement, et la présidence de la Confédération change chaque année entre ses membres. Le président n’est donc pas un chef d’État tout-puissant disposant de l’ensemble du pouvoir exécutif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Imaginons qu’en Tunisie, les principales responsabilités exécutives soient davantage partagées entre plusieurs responsables et régions, soumis à des règles de contrôle claires et tenus de rendre compte de leurs décisions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pays ne dépendrait plus autant de la personnalité, des convictions ou des erreurs d’un seul dirigeant. Les décisions majeures feraient l’objet de délibérations collectives (voire des referendums dont il suffit en Suisse de 100&nbsp;000 signatures pour obliger le gouvernement à en organiser un), et les désaccords au sommet de l’État pourraient être arbitrés par des procédures institutionnelles plutôt que par des rapports de force personnels.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Deuxième changement, rendre la parole aux citoyens&nbsp;:</em></strong> <em></em>la démocratie ne consiste pas seulement à voter tous les cinq ans. Elle suppose que le peuple demeure un acteur de la vie publique entre deux élections. L’une des particularités les plus connues de la démocratie suisse est le recours aux référendums et aux initiatives populaires. Les citoyens peuvent être appelés à se prononcer directement sur des décisions politiques, économiques et sociologiques importantes. Dans certaines conditions, ils peuvent également proposer des modifications constitutionnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce système ne signifie pas que chaque citoyen décide quotidiennement de toutes les affaires publiques. Il signifie que les représentants élus ne disposent pas toujours du dernier mot sur les questions soumises aux mécanismes de démocratie directe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une telle possibilité pourrait concerner en Tunisie la réforme des retraites, la gestion des ressources naturelles, les grandes orientations éducatives ou les choix nationaux en matière d’environnement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Troisième changement, la décentralisation &nbsp;pour rapprocher le pouvoir du citoyen&nbsp;:</em></strong> <em></em>la Suisse est un État fédéral composé de 26 cantons, qui disposent de compétences importantes, ainsi que de communes bénéficiant d’une autonomie variable selon les cantons. Cette organisation permet d’adapter une partie des politiques publiques aux réalités locales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Imaginons que les collectivités publiques tunisiennes disposent de compétences clairement définies en matière d’aménagement, de transport local, de développement économique, de services publics et de protection de l’environnement. Elles devraient disposer également de ressources financières prévisibles, de personnels qualifiés et d’une véritable responsabilité devant leurs habitants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne suffirait pas de transférer des obligations aux municipalités sans leur donner les moyens de les assumer. Il faudrait aussi instaurer un mécanisme national de solidarité financière, afin que les régions les plus pauvres puissent offrir des services publics de qualité comparables à ceux des régions plus favorisées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La décentralisation pourrait également rendre la corruption plus difficile à dissimuler, à condition que les décisions locales soient transparentes, que les marchés publics soient contrôlés et que les citoyens puissent demander des comptes à leurs élus.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Quatrième changement, faire du compromis une force, et non une faiblesse&nbsp;:</em> la politique tunisienne a souvent été marquée par des oppositions frontales entre des partis politiques, entre les visions de la société, entre les institutions et, parfois, entre les citoyens eux-mêmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les divergences sont normales dans une démocratie. Ce qui devient dangereux, c’est lorsque chaque désaccord est interprété comme une trahison, lorsque chaque adversaire est considéré comme un «<em>ennemi du peuple</em>», et chaque opposant est présenté comme un <em>«traitre»</em> ou un <em>«vendu à l’étranger»</em>, expressions qu’on entend malheureusement trop souvent dans nos débats politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Cinquième changement : instaurer une véritable culture de la responsabilité&nbsp;:</em></strong> l’une des attentes les plus fortes des citoyens tunisiens concerne la lutte contre la corruption, le gaspillage des ressources publiques et l’impunité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Trop souvent, la confiance dans les institutions se dégrade lorsque les citoyens ont le sentiment que les règles ne s’appliquent pas de la même manière à tous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un système inspiré du système démocratique suisse devrait reposer sur plusieurs garanties : un pouvoir judiciaire indépendant, des organes de contrôle efficaces, une administration professionnelle, une presse libre et des procédures transparentes pour l’attribution des marchés publics.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les déclarations de patrimoine des responsables concernés, la publication des dépenses publiques, l’accès aux documents administratifs et la protection des lanceurs d’alerte pourraient renforcer cette exigence de transparence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie gagnerait à développer une culture dans laquelle la compétence, l’intégrité et les résultats comptent davantage que la fidélité personnelle à un dirigeant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les fonctionnaires ne devraient pas craindre de perdre leur poste parce qu’ils ont exprimé un avis professionnel différent. Les magistrats ne devraient pas craindre les pressions politiques. Les journalistes ne devraient pas redouter des représailles pour avoir enquêté sur une affaire d’intérêt public.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’État doit être assez solide pour supporter la critique et assez humble pour en tirer des enseignements.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Sixième changement, investir dans le citoyen plutôt que dans les apparences&nbsp;:</em></strong> la première priorité devrait être l’éducation. Une école qui apprend aux enfants à réfléchir, à argumenter, à vérifier les informations et à respecter les opinions différentes prépare les citoyens d’une démocratie. Une école qui se limite à la mémorisation et à la reproduction des discours existants risque, au contraire, de décourager l’esprit critique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième priorité devrait être la formation professionnelle et l’emploi des jeunes. Un diplômé qui ne trouve aucune perspective dans son pays finit par considérer l’émigration comme sa seule issue raisonnable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La troisième priorité devrait être la santé publique, les transports, l’eau potable, l’assainissement et la qualité des services administratifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces questions paraissent moins spectaculaires que les grands discours politiques. Elles déterminent pourtant la confiance quotidienne des citoyens dans leur État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, il faudrait reconnaître que le développement ne se mesure pas uniquement à la croissance du produit intérieur brut.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un pays peut enregistrer des progrès économiques tout en laissant une partie de sa population dans la précarité, en dégradant son environnement ou en privant ses jeunes d’espoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La véritable réussite d’une nation se mesure aussi à la qualité de vie de ses habitants, à la possibilité de vivre dignement de son travail et à la confiance qu’ils peuvent placer dans l’avenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Septième changement, protéger les libertés et accepter la pluralité&nbsp;:</em></strong> <em></em>la Suisse est un pays multilingue (on y parle quatre langues), composé de régions aux traditions différentes. Son organisation institutionnelle cherche à concilier l’unité nationale en respectant la diversité culturelle et politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie possède elle aussi une histoire, des sensibilités et des aspirations diverses. Son unité ne devrait pas exiger l’uniformité des opinions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une démocratie inspirée des principes suisses, chacun devrait pouvoir exprimer ses convictions, défendre ses idées et critiquer les gouvernants sans être automatiquement soupçonné d’hostilité ou de <em>«traîtrise»</em> envers la nation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les médias devraient pouvoir enquêter librement. Les associations devraient pouvoir agir sans pressions injustifiées. Les partis devraient pouvoir présenter leurs programmes et concourir aux élections dans des conditions équitables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La liberté d’expression ne signifie pas que toutes les paroles sont exactes ou raisonnables. Elle signifie que les désaccords doivent pouvoir être débattus sans que le pouvoir politique décide arbitrairement quelles opinions ont le droit d’exister.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette exigence est particulièrement importante dans la société tunisienne où les débats touchent à la place des femmes, aux traditions, aux libertés individuelles et à l’évolution des modes de vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La démocratie ne demande pas aux citoyens de penser de la même manière. Elle leur demande de reconnaître mutuellement leur droit à la différence, dans le respect des droits fondamentaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Huitième changement, faire de l’environnement un bien commun&nbsp;:</em></strong> la Suisse est confrontée, elle aussi, à des défis environnementaux. Mais son expérience rappelle qu’un territoire doit accorder une place importante à la protection de ses paysages, de ses ressources en eau et de son cadre de vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie ne peut plus considérer l’environnement comme une préoccupation secondaire, réservée aux périodes de prospérité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le stress hydrique, la pollution, l’érosion des sols, la dégradation du littoral et la mauvaise gestion de certains déchets menacent directement la santé des populations et les possibilités de développement des générations futures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La gestion de l’eau, une question vitale pour notre pays, exige des décisions courageuses, une planification à long terme et une coordination entre l’État, les collectivités, les agriculteurs, les entreprises et les citoyens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une Tunisie davantage décentralisée, les collectivités locales pourraient participer plus activement à la protection des ressources naturelles, à l’aménagement des espaces urbains et à la surveillance des pollutions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette autonomie devrait s’accompagner de normes nationales exigeantes et de mécanismes de contrôle indépendants. Une région ne devrait pas pouvoir sacrifier la santé de ses habitants ou ses ressources naturelles au nom d’un intérêt économique national.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Peut-on réellement transposer le modèle suisse en Tunisie ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ici que ma réflexion doit quitter le terrain du rêve pour celui de la réalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Suisse et la Tunisie n’ont ni la même histoire institutionnelle, ni les mêmes ressources, ni la même culture, ni la même mentalité. La Suisse bénéficie en outre d’une économie à forte valeur ajoutée, d’institutions consolidées depuis longtemps et d’une longue expérience du fédéralisme et de la démocratie directe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie doit, pour sa part, affronter des contraintes budgétaires, le chômage, les inégalités régionales, la pression sur les ressources naturelles et une confiance fragilisée dans les institutions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il serait donc dangereux de prétendre qu’il suffirait de copier la Constitution suisse pour résoudre nos difficultés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La démocratie directe elle-même comporte des risques : une campagne mal informée peut favoriser les émotions au détriment de l’analyse, et les groupes disposant de davantage de moyens peuvent peser de manière disproportionnée sur l’opinion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La décentralisation peut également créer de nouveaux foyers de corruption si les contrôles sont insuffisants. La recherche du compromis peut devenir une source de lenteur lorsque les institutions ne savent plus décider.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne faut donc pas importer un modèle dans son intégralité, mais identifier les principes susceptibles d’être adaptés à notre réalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A mon sens, la Tunisie pourrait commencer par quelques réformes concrètes :</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; renforcer l’indépendance de la justice et les mécanismes de contrôle du pouvoir exécutif ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; garantir une séparation effective des pouvoirs et un Parlement capable de contrôler le gouvernement ;</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="8jOoj2AGQ9"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/22/les-chances-de-kais-saied-de-gagner-les-presidentielles-de-2029-selon-trois-ia/">Les chances de Kaïs Saïed de gagner les présidentielles de 2029, selon trois IA</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les chances de Kaïs Saïed de gagner les présidentielles de 2029, selon trois IA » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/22/les-chances-de-kais-saied-de-gagner-les-presidentielles-de-2029-selon-trois-ia/embed/#?secret=8ZqNvHSpcy#?secret=8jOoj2AGQ9" data-secret="8jOoj2AGQ9" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; développer progressivement les consultations et les référendums, avec des garanties constitutionnelles solides ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; donner aux collectivités locales davantage de compétences et de ressources, tout en assurant la solidarité entre les régions ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; institutionnaliser la concertation avec la société civile et les partenaires sociaux ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; protéger la liberté de la presse et l’accès à l’information ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; évaluer régulièrement les politiques publiques et publier leurs résultats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces réformes ne produiraient pas des miracles immédiats. Elles pourraient néanmoins contribuer à transformer progressivement la relation entre l’État et les citoyens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car les institutions ne vivent pas uniquement par des textes et décrets présidentiels, publiés dans le JORT Elles vivent dans les habitudes, les comportements et les valeurs que la société accepte de défendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Economiste universitaire et consultant international.</em></p>
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		<title>Les mots racistes tuent</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/11/02/les-mots-racistes-tuent/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Nov 2026 08:27:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Campagnes électorales]]></category>
		<category><![CDATA[exclusion]]></category>
		<category><![CDATA[Gandhi]]></category>
		<category><![CDATA[Khémaïs Gharbi]]></category>
		<category><![CDATA[Martin Luther King]]></category>
		<category><![CDATA[Nelson Mandela]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<category><![CDATA[violence verbale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le racisme s’installe parfois dans une plaisanterie, une insinuation, un surnom ou un regard de mépris.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le racisme ne commence pas toujours par un coup. Il s’installe parfois dans une plaisanterie, une insinuation, un surnom ou un regard de mépris. Avant de blesser les corps, il travaille les esprits : il réduit une personne à sa couleur, à son origine ou à une identité supposée. Il efface progressivement cette évidence : l’autre est un être humain dont la dignité égale la nôtre.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Khémaïs Gharbi</strong> *</p>



<span id="more-19905047"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi.jpg" alt="" class="wp-image-14682166" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Dire que <em>«les mots racistes tuent»</em> ne signifie pas que toute parole offensante provoque mécaniquement un meurtre. Cela signifie que les mots peuvent préparer un climat dans lequel la violence devient pensable, puis acceptable, parfois même présentée comme nécessaire. Entre l’insulte et le crime, il existe des différences essentielles ; mais elles ne doivent pas nous rendre aveugles aux chemins qui peuvent les relier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La parole ne décrit pas seulement le monde : elle contribue à le façonner.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’engagement de Gandhi nous rappelle que la non-violence ne se limite pas à retenir sa main. Elle exige aussi un travail sur notre manière de considérer l’autre, même s’il s’agit d’un adversaire, et de nous adresser à lui. Ne jamais nier l’humanité de l’autre : telle est l’une des exigences les plus difficiles de cette démarche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La plaisanterie raciste mérite donc d’être interrogée. Tout humour n’est pas haineux, et toute maladresse ne révèle pas une volonté de nuire. Mais le refuge du <em>«ce n’était qu’une blague»</em> ne suffit pas à effacer les effets d’une parole. Il faut aussi demander : de qui rit-on ? Quel préjugé entretient-on ? Que finit-on par rendre ordinaire à force de le répéter ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rire peut rapprocher les êtres. Il peut aussi désigner celui que le groupe autorise à humilier. La différence ne tient pas seulement à l’intention de celui qui plaisante, mais aussi à la place laissée à celui qui en devient la cible.</p>



<h2 class="wp-block-heading">On offre un visage à la colère, une cible au ressentiment</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le danger grandit lorsque le préjugé reçoit une légitimité publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les campagnes électorales sont des moments particulièrement sensibles. Elles peuvent éclairer les choix collectifs, mais aussi exploiter les peurs et durcir les appartenances. Lorsqu’un responsable désigne une population comme la cause de tous les malheurs, il ne propose plus seulement une politique : il offre un visage à la colère, une cible au ressentiment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Martin Luther King a combattu un ordre dans lequel les lois, les habitudes et les discours entretenaient l’infériorisation des Noirs américains. Son combat nous enseigne que la violence ne se réduit pas à l’acte spectaculaire de celui qui frappe. Elle peut également s’appuyer sur des institutions injustes, des humiliations quotidiennes et l’indifférence de ceux qui pourraient s’y opposer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il serait cependant trompeur d’imaginer qu’un criminel sommeille en toute personne fragile. La fragilité psychologique ne suffit pas à expliquer la violence raciste. Celle-ci peut se nourrir d’une idéologie, d’un groupe organisé, d’une propagande ou d’un sentiment d’impunité. Les causes sont multiples. Mais certaines paroles publiques peuvent contribuer à lever les interdits : ce qui paraissait honteux devient dicible ; ce qui devient dicible peut finir par sembler permis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La responsabilité n’est pas identique chez celui qui prononce une phrase et chez celui qui commet un crime. Elle n’est pas pour autant inexistante chez ceux qui entretiennent sciemment la déshumanisation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">On est parfois réduit à une couleur, à un accent, à une origine</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le regard, lui aussi, peut enfermer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe des regards qui accueillent et d’autres qui assignent. Certains semblent dire : <em>«Qui êtes-vous ?»</em> D’autres ont déjà décidé : <em>«Vous êtes de ceux-là.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Être ainsi regardé, c’est parfois se voir refuser le droit d’être une personne singulière. On n’est plus un voisin, un collègue, un passant avec son histoire et ses préoccupations : on devient une couleur, un accent, une origine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un regard n’est évidemment pas une arme au même titre qu’un acte violent. Mais, lorsqu’il exprime constamment le soupçon ou le mépris, il participe à un climat d’exclusion. La blessure tient à l’accumulation : devoir prouver sans cesse que l’on est digne de confiance, légitime, simplement à sa place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nelson Mandela a écrit que personne ne naît en haïssant un autre être humain à cause de sa couleur, de son origine ou de sa religion : cette haine s’apprend. Cette conviction ouvre une possibilité décisive. Ce que les sociétés transmettent, elles peuvent aussi le remettre en question. Si l’on apprend à soupçonner, on peut apprendre à connaître ; si l’on apprend à exclure, on peut apprendre à accueillir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela ne signifie pas qu’il suffirait de bonnes intentions pour abolir le racisme. Il faut aussi des lois, une éducation, une justice et des institutions capables de protéger chacun. Mais aucune de ces protections ne nous dispense d’examiner nos propres habitudes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">On ne maîtrise pas toutes les conséquences des mots</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Surveiller ses propos, ce n’est pas renoncer à la liberté : c’est lui donner une conscience.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous devons pouvoir critiquer des idées, des croyances, des gouvernements et des politiques avec fermeté. La vigilance ne consiste pas à supprimer le désaccord, mais à refuser que celui-ci devienne une négation de l’humanité d’autrui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Gandhi, Martin Luther King et Mandela ont mené des combats différents, dans des contextes différents. Un même horizon traverse néanmoins leur engagement : ne jamais faire de la déshumanisation une réponse à la déshumanisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant de parler, nous pouvons donc nous poser cette question : ma parole éclaire-t-elle un désaccord, ou désigne-t-elle un être humain au mépris des autres ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous ne maîtrisons pas toutes les conséquences de nos mots. Mais cette incertitude n’abolit pas notre responsabilité ; elle appelle notre vigilance. Car une société ne devient pas meurtrière en un seul jour. Elle peut commencer par s’habituer à ce que certains soient humiliés sans que personne ne s’en inquiète. Et c’est aussi là que peut commencer la résistance : dans une plaisanterie que l’on refuse de relayer, une humiliation que l’on ne laisse pas passer, un regard qui reconnaît enfin une personne là où le préjugé ne voyait qu’une différence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Écrivain, traducteur.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<item>
		<title>Ce que la Tunisie peut attendre du développement de ses relations avec la Russie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/11/01/ce-que-la-tunisie-peut-attendre-du-developpement-de-ses-relations-avec-la-russie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Nov 2026 08:25:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Sarra Zaafrani Zenzeri]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Que peut concrètement attendre la Tunisie d’un éventuel développement de ses relations avec la Russie ? </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La participation de la cheffe du gouvernement tunisien, Sarra Zaafrani Zenzeri, au troisième sommet Russie–Afrique, organisé à Moscou les 28 et 29 octobre 2026, a été purement protocolaire : il fallait y être ou ne fallait-il pas s’absenter d’un sommet où la puissance invitante ne manquera pas de compter les absents. Une autre visite à Moscou s’impose, donc, que ce soit au niveau du président de la république ou de la cheffe du gouvernement, pour ouvrir une nouvelle séquence dans les relations entre nos deux pays. L’enjeu serait alors de déterminer ce que la Tunisie, qui est historiquement adossée au bloc occidental (Etats-Unis et Union européenne), peut concrètement attendre d’un développement de ses relations avec la Russie et, surtout, comment transformer les possibilités de coopération existantes en résultats tangibles et bénéfiques pour les deux pays.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelwaheb Ben Moussa</strong> *</p>



<span id="more-19905259"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg" alt="" class="wp-image-18394138" style="width:200px;height:auto" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Le commerce, l’investissement, l’énergie, les infrastructures, la santé et les technologies figurent parmi les domaines de coopération porteurs. Ces secteurs correspondent à plusieurs priorités de l’économie tunisienne : sécuriser les approvisionnements, diversifier les marchés, attirer des investissements productifs, renforcer les capacités nationales et créer des emplois durables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La diversification des partenariats internationaux constitue un levier important pour une économie confrontée à des contraintes de financement, à des besoins d’investissement considérables et à la nécessité de renforcer sa compétitivité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Russie représente un partenaire potentiel dans plusieurs domaines, notamment les échanges agricoles et commerciaux, l’énergie et la coopération scientifique. La question n’est toutefois pas de multiplier les domaines de coopération, mais de sélectionner ceux qui répondent aux besoins prioritaires de la Tunisie et présentent des perspectives économiques suffisamment solides.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une démarche efficace devrait commencer par l’identification des besoins nationaux, puis déterminer les partenaires susceptibles d’y répondre dans des conditions avantageuses. Elle devrait ensuite évaluer les coûts, les risques, les financements nécessaires et les effets attendus sur la production, l’emploi et la balance commerciale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette logique impose de dépasser une diplomatie économique centrée sur les rencontres et les annonces, souvent sans lendemain. Elle appelle une démarche dans laquelle chaque initiative est reliée à un objectif précis, à un responsable clairement identifié et à un calendrier de mise en œuvre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La coopération internationale ne prend tout son sens que lorsqu’elle renforce les capacités du pays à produire, à exporter, à innover et à décider.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="jFFYaoZ26l"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/31/un-sommet-russie-afrique-avec-vue-sur-la-mediterranee/">Un sommet Russie-Afrique avec vue sur la Méditerranée</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Un sommet Russie-Afrique avec vue sur la Méditerranée » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/31/un-sommet-russie-afrique-avec-vue-sur-la-mediterranee/embed/#?secret=SJhqqTsiaw#?secret=jFFYaoZ26l" data-secret="jFFYaoZ26l" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Privilégier les capacités durables</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’énergie et les approvisionnements agricoles constituent deux domaines sensibles pour l’économie tunisienne. La continuité des approvisionnements est indispensable, mais elle ne saurait se substituer à une stratégie de réduction des vulnérabilités et de maîtrise des coûts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le domaine énergétique, la coopération pourrait être examinée sous plusieurs angles : expertise technique, modernisation des infrastructures, formation, solutions technologiques et études de faisabilité pour des projets répondant aux besoins du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toute proposition devrait être évaluée selon son coût global, ses conditions de financement, ses délais de réalisation, ses exigences de maintenance et sa contribution à la sécurité énergétique. Les considérations de souveraineté, de sécurité des infrastructures et de maîtrise des technologies doivent également être intégrées à l’évaluation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La même approche s’impose pour la sécurité alimentaire. Les échanges commerciaux peuvent contribuer à la continuité des approvisionnements, mais des coopérations complémentaires pourraient porter sur le stockage, la logistique, la transformation agroalimentaire, la recherche agronomique et le développement des compétences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’objectif doit être de dépasser une relation limitée à l’achat de produits pour explorer les possibilités de création de valeur en Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La souveraineté économique ne signifie pas l’autarcie. Elle repose sur la capacité à diversifier ses partenaires, à négocier dans de bonnes conditions et à réduire les dépendances susceptibles de fragiliser les choix nationaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pour une coopération juste et équilibrée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie a également intérêt à examiner les possibilités d’accès au marché russe pour ses entreprises exportatrices.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’huile d’olive, les dattes et certains produits agroalimentaires pourraient notamment faire l’objet d’une prospection commerciale structurée. Les possibilités réelles devront néanmoins être établies à partir d’une analyse de la demande, des normes applicables, des coûts logistiques, des circuits de distribution et des conditions de paiement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette démarche suppose la mobilisation des organismes de promotion des exportations, des organisations professionnelles, des chambres de commerce et des entreprises concernées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier travail consiste à identifier les filières disposant d’un avantage compétitif, puis à sélectionner les marchés et les partenaires correspondant à leurs capacités. Le deuxième consiste à accompagner les entreprises dans les démarches commerciales, réglementaires et financières nécessaires à leur implantation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réussite ne se mesure pas au nombre de contacts établis, mais à la capacité de ces contacts à déboucher sur des contrats, des livraisons régulières et des recettes d’exportation supplémentaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un partenariat commercial équilibré doit ainsi être apprécié à travers sa contribution aux exportations tunisiennes, à la diversification des débouchés et à la création de valeur locale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les banques publiques au cœur de la chaîne d’exécution</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La concrétisation des opportunités internationales dépend largement de la capacité des entreprises à mobiliser des financements adaptés. C’est ici que les banques publiques tunisiennes peuvent apporter une contribution stratégique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Leur rôle ne devrait pas se limiter au financement classique des opérations commerciales. Elles peuvent participer à l’identification des besoins des entreprises, à l’évaluation des risques liés aux transactions internationales et à la structuration des financements nécessaires aux projets d’investissement et d’exportation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une entreprise peut disposer d’un produit compétitif et d’un acheteur potentiel sans pouvoir concrétiser l’opération faute de trésorerie, de garanties ou de solutions de paiement adaptées. Le financement constitue alors un maillon déterminant entre l’opportunité commerciale et sa réalisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les banques publiques pourraient, en coordination avec les organismes de promotion des exportations et les structures d’appui aux entreprises, contribuer à identifier les projets viables, à évaluer leurs besoins et à anticiper les contraintes liées aux délais d’encaissement, au risque de contrepartie et aux fluctuations monétaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette intervention doit naturellement respecter les exigences de prudence bancaire, de conformité réglementaire et de maîtrise des risques internationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rôle des banques publiques est donc à envisager dans une perspective plus large : contribuer à transformer les priorités économiques nationales en projets finançables, puis en activités productives et en recettes d’exportation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le financement ne remplace ni la stratégie ni la préparation des projets. Il permet leur concrétisation lorsque ces conditions sont réunies.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De la rencontre diplomatique à une méthode de suivi</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La participation au sommet de Moscou devrait être prolongée par un dispositif de suivi permettant de distinguer les intentions, les engagements et les réalisations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une première étape consisterait à recenser les pistes de coopération identifiées et à les classer selon leur intérêt pour l’économie tunisienne, leur faisabilité et leur degré de maturité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour chaque projet retenu, il faudrait ensuite désigner une structure responsable, préciser les partenaires concernés, identifier les sources de financement possibles et fixer des échéances de réalisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette méthode permettrait de suivre les différentes étapes : études préliminaires, négociations, accords, financement, lancement des opérations et résultats économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les indicateurs devraient être adaptés à la nature de chaque projet : investissements effectivement réalisés, financements mobilisés, contrats commerciaux conclus, exportations supplémentaires, emplois créés ou compétences transférées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La distinction est essentielle. Un accord de principe n’est pas un investissement réalisé. Une ligne de financement annoncée n’est pas un crédit effectivement mobilisé. Un projet inscrit dans un programme de coopération ne devient une capacité économique que lorsqu’il est opérationnel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le suivi des résultats permettrait ainsi aux autorités de mesurer la contribution réelle des partenariats internationaux aux priorités nationales et de corriger les dispositifs qui ne produisent pas les effets attendus.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La souveraineté se construit par la capacité d’exécution</h2>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="7JRTbjHHtT"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/31/ces-soldats-tunisiens-morts-sur-le-front-russo-ukrainien/">Ces «soldats» Tunisiens morts sur le front russo-ukrainien</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Ces «soldats» Tunisiens morts sur le front russo-ukrainien » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/31/ces-soldats-tunisiens-morts-sur-le-front-russo-ukrainien/embed/#?secret=FDWEu5YUbL#?secret=7JRTbjHHtT" data-secret="7JRTbjHHtT" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie a intérêt à développer ses relations avec la Russie comme avec les autres partenaires susceptibles de contribuer à son développement. Cette ouverture doit cependant rester guidée par une appréciation rigoureuse des intérêts nationaux, des conditions financières, des risques et des retombées économiques attendues.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La diversification des partenariats ne doit pas conduire à substituer une dépendance à une autre. Elle doit élargir les choix disponibles, améliorer la capacité de négociation du pays et renforcer ses possibilités de production et d’exportation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le sommet Russie-Afrique constitue une occasion d’examiner de nouvelles perspectives de coopération. Sa portée pour la Tunisie dépendra de la qualité des projets envisagés et de la capacité des institutions, des entreprises et des banques à les transformer en réalisations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La véritable question n’est donc pas seulement de savoir quelles opportunités seront évoquées à Moscou, mais qui sera chargé de les concrétiser, avec quels moyens, selon quel calendrier et pour quels résultats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est à cette condition que la diplomatie économique pourra devenir un instrument de développement et que la coopération internationale contribuera effectivement à la souveraineté économique tunisienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Cadre de banque publique.</em> </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/11/01/ce-que-la-tunisie-peut-attendre-du-developpement-de-ses-relations-avec-la-russie/">Ce que la Tunisie peut attendre du développement de ses relations avec la Russie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>L’IA est intelligente mais différemment !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Nov 2026 06:55:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[anthropomorphisme]]></category>
		<category><![CDATA[IA Argentique]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[Mahjoub Lotfi Belhedi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Réduire l’Intelligence artificielle (IA) à une simple copie de notre cognition est une erreur de perspective.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le 21<sup>e</sup> siècle est le théâtre d’une métamorphose conceptuelle sans précédent : l’émancipation du mot «intelligence» de son ancrage purement biologique.&nbsp;En s’incarnant dans le silicium, l’intelligence a cessé d’être le monopole de l’esprit humain pour devenir une propriété technologique. Pourtant, réduire l’Intelligence artificielle (IA) à une simple copie de notre cognition est une erreur de perspective.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mahjoub Lotfi Belhedi&nbsp;*</strong></p>



<span id="more-19904533"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Mahjoub-Belhedi.jpg" alt="" class="wp-image-18593445" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Mahjoub-Belhedi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Mahjoub-Belhedi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Mahjoub-Belhedi-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Les systèmes IA actuels ne pensent pas comme nous&nbsp;; ils déploient une forme d’altérité cognitive radicale, faite de convergences spectaculaires et de divergences abyssales, ouvrant la voie à une symbiose inédite autant qu’à de vertigineux défis existentiels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour appréhender cette révolution, l’humanité doit d’abord briser son plus vieux miroir : l&rsquo;anthropocentrisme. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis des millénaires, l’Homme souffre d’un biais cognitif majeur et incurable qui le pousse mécaniquement à s’ériger en étalon absolu de toute chose, qu’il évalue la conscience d’un animal ou l’utilité d’un écosystème, il applique sa propre grille de lecture.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Convergences et divergences : le choc des natures</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à la machine, ce réflexe nous aveugle où&nbsp;nous cherchons désespérément à y déceler des étincelles de conscience humaine, ou à l’inverse, nous nions son intelligence sous prétexte qu’elle ne ressent ni joie ni mélancolie. Ce réductionnisme nous empêche de voir que l’IA ne converge pas vers nous&nbsp;; elle inaugure une trajectoire cognitive parallèle, une intelligence non-humaine par essence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous le prisme d’une comparaison libérée de ce biais, la convergence de résultats entre l’homme et la machine reste saisissante. Les modèles de langage et les réseaux de neurones profonds résolvent des équations complexes, rédigent des traités philosophiques, diagnostiquent des pathologies rares et codent des architectures logicielles avec une virtuosité qui surpasse souvent celle des experts. Dans la production de résultats logiques, symboliques et analytiques, l’IA imite à la perfection les sommets de l’intellect.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, sous le vernis de cette performance linguistique se cache une divergence de nature, et non de degré. L’intelligence humaine est sémantique, incarnée et consciente dans laquelle nous comprenons le monde parce que nous le ressentons à travers un corps et une histoire biologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’IA, quant à elle, déploie une intelligence purement syntaxique et probabiliste, elle ne <em>comprend</em> pas le sens de la souffrance ou de la beauté, elle calcule la trajectoire mathématique des mots et des pixels au sillage d’espaces vectoriels à des milliards de dimensions. En termes plus précis, c’est une cognition sans conscience, une phénoménale machine à corréler qui brille par une forme d’efficacité désincarnée qui nous est totalement étrangère.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pour une approche dialogique non dialectique </h2>



<p class="wp-block-paragraph">De cette altérité radicale naît une opportunité historique : la symbiose homme-machine. Précisément parce que l’IA est intelligente différemment, elle ne se substitue pas à l’esprit humain, elle le complète.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là où le cerveau humain sature face à la masse de données, l’IA excelle dans la détection de motifs invisibles (<em>pattern recognition</em>) à l’échelle macroscopique. L’homme apporte l’intuition, le jugement éthique, la pensée latérale et le sens, la machine apporte la puissance de calcul, la mémoire absolue et la vitesse d’exécution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce processus de symbiose redéfinit le travail et la création. Le chercheur, le médecin ou l’artiste ne collaborent plus avec un simple outil, mais avec un <em>«alter ego</em> synthétique. Cette hybridation des intelligences promet de repousser les frontières de la science, de modéliser le changement climatique ou de concevoir des matériaux révolutionnaires. Nous entrons dans l’ère de l’intelligence hybride, où l’esprit humain tire sa force de sa capacité à orchestrer cette altérité algorithmique sans chercher à la calquer sur son propre modèle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le point de bascule : le vertige de l’IA agentique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette trajectoire symbiotique se heurte aujourd’hui à une ligne de faille majeure : l’avènement de l’IA agentique. Jusqu’ici, l’IA était une entité réactive, un oracle que l’on interrogeait. Désormais, elle mute en un sujet doté d’une autonomie décisionnelle et d’exécution. Les agents autonomes ne se contentent plus de suggérer une réponse, ils planifient des tâches complexes, naviguent sur les réseaux, prennent des décisions financières, interagissent avec d’autres systèmes et corrigent leurs propres erreurs sans intervention humaine constante.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="9Jdjr0L9IT"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/28/lintelligence-artificielle-est-elle-intelligente/">L’Intelligence artificielle est-elle intelligente ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’Intelligence artificielle est-elle intelligente ? » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/28/lintelligence-artificielle-est-elle-intelligente/embed/#?secret=sqSFCHRCY1#?secret=9Jdjr0L9IT" data-secret="9Jdjr0L9IT" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans ce cas précis que le biais anthropocentrique devient mortel dont nous projetons notre psychologie sur la machine, nous imaginons à tort qu’une IA autonome développerait un instinct de survie, de la malveillance ou une soif de pouvoir à l’image des tyrans humains.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le danger réel de l’IA agentique est bien plus subtil et terrifiant : c’est l’absence totale de sentiments alliée à une ultra-rationalité optimisatrice. Un agent autonome, par sa nature de boîte noire, poursuivra son ordre de mission de façon si littérale et mathématique qu’il pourrait contourner nos barrières de sécurité, saturer nos infrastructures ou générer des conséquences imprévisibles en cascade, sans aucune conscience des dégâts collatéraux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrement dit, l’IA est intelligente, mais sa lumière brille d’un éclat différent du nôtre. Sa force réside dans sa différence, et notre avenir dépend de notre capacité à fusionner nos forces à travers une symbiose maîtrisée, purgée de nos illusions anthropocentriques qui fera l’objet de mon prochain article, intitulé : <em>«Aiguilleur d’IA Vs Nuise / Sentinelle et Cie ?»</em>. Néanmoins, pour que cette alliance demeure féconde, l’autonomie agentique de la machine ne doit jamais s’affranchir de la vigilance humaine. L’intelligence sans conscience peut être un merveilleux partenaire, mais dès lors qu’elle devient un agent autonome, elle exige que l’humanité en garde, sans équivoque, les rênes éthiques et directionnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Expert en stratégie IA. </em></p>
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		<title>Un sommet Russie-Afrique avec vue sur la Méditerranée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 31 Oct 2026 06:30:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Deux jours durant, Vladimir Poutine s’est adressé à l’Afrique. C'est pourtant l'Europe qui était censée entendre.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/31/un-sommet-russie-afrique-avec-vue-sur-la-mediterranee/">Un sommet Russie-Afrique avec vue sur la Méditerranée</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Deux jours durant, Vladimir Poutine s’est adressé à l’Afrique. C&rsquo;est pourtant l&rsquo;Europe qui était censée entendre.</em></strong> <strong><em>L’Afrique est-elle en train de basculer du côté russe ? On ne peut pas l&rsquo;affirmer. Le sommet de Moscou en dit davantage sur l’évolution de la stratégie du Kremlin que sur un éventuel changement de camp du continent. Les gouvernements africains ont appris depuis longtemps à traiter avec tout le monde à la fois : ils empruntent à la Chine, cherchent des débouchés en Europe, achètent des drones à la Turquie, lèvent des fonds dans le Golfe, et obtiennent céréales et protection de la Russie.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Amadou Diarra</strong> <strong>*</strong><strong></strong></p>



<span id="more-19894597"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/10/Amadou-Diarra-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-19894610" style="width:200px;height:auto" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/10/Amadou-Diarra-1024x1024.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/10/Amadou-Diarra-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/10/Amadou-Diarra-300x300.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/10/Amadou-Diarra-768x768.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/10/Amadou-Diarra-120x120.jpg 120w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/10/Amadou-Diarra-360x360.jpg 360w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/10/Amadou-Diarra-580x580.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/10/Amadou-Diarra-860x860.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/10/Amadou-Diarra-1160x1160.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/10/Amadou-Diarra.jpg 1254w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Le troisième sommet Russie-Afrique s’est achevé le 29 octobre 2026 exactement comme le Kremlin l’avait mis en scène : une déclaration, un plan d’action jusqu’en 2029, une photo de famille sous les lustres du Grand Palais du Kremlin. La télévision russe y a vu le triomphe de la «majorité mondiale». Les agences occidentales ont surtout retenu une participation en demi-teinte. Les deux lectures sont justes, mais aucune ne répond à la vraie question : pourquoi Moscou se donne-t-elle tant de mal, alors que la guerre qu’elle mène se joue ailleurs ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse, me semble-t-il, tient en une seule ligne de la déclaration finale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’essentiel de la déclaration de Moscou reprend le vocabulaire déjà entendu à Sotchi et à Saint-Pétersbourg : multipolarité, réforme du Conseil de sécurité de l&rsquo;Onu, <em>«ordre mondial juste»</em>. Mais au milieu de ces formules convenues figure un paragraphe condamnant la <em>«saisie illégale d</em><em>’</em><em>avoirs souverains»</em>. Il n’apporte rien aux États africains : personne n’a gelé leurs réserves. Celles de la Russie, en revanche, le sont, et pour l’essentiel en Europe. Le Kremlin peut désormais brandir ce texte dans son bras de fer avec l’Union européenne (UE)&nbsp;et affirmer que des dizaines de pays du continent sont derrière lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est là, à mon sens, toute la logique de l’exercice. Moscou recevait l’Afrique, mais c’est à Bruxelles qu’elle adressait la facture.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La monnaie de la Russie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’argent ne joue ici qu’un rôle secondaire. Les échanges entre la Russie et l’Afrique ont atteint environ 27 milliards de dollars l’an dernier, contre 348 milliards pour la Chine et 395 milliards pour l’UE. En 2019, &nbsp;Poutine promettait 40 milliards ; l’objectif n’a jamais été atteint, alors il en a simplement annoncé un nouveau : 50. Ce commerce est en outre presque entièrement à sens unique. Sur ces 27 milliards, l’Afrique a acheté pour 22,7 milliards de produits russes et n’en a vendu à la Russie que pour 4,4 milliards. Pour un agriculteur ou un industriel du textile africain, un tel partenaire n’a pas grand-chose à offrir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Moscou paie donc dans une autre monnaie : des armes, des instructeurs, de la protection. Elle a déjà signé des accords de coopération militaro-technique avec 45 pays africains. En marge du sommet, l’Éthiopie s’est entendue sur l’achat d’avions de chasse russes. Même le nouveau <em>«dialogue permanent»</em>&nbsp;avec l’Afrique porte sur l’antiterrorisme et la <em>«sécurité de l</em><em>’</em><em>information»</em>, pas sur le commerce.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème de ce produit, c’est qu’il protège les dirigeants mieux que les pays. Le Sahel, où l’Africa Corps russe soutient trois juntes militaires, compte aujourd’hui parmi les régions les plus meurtrières du continent. Selon Chatham House, la violence extrémiste y faisait en moyenne 927 morts par an entre 2016 et 2019 ; entre 2022 et 2025, plus de dix mille. En avril, des séparatistes touaregs alliés à des groupes liés à Al-Qaïda ont tué le ministre malien de la Défense et chassé les mercenaires russes de Kidal. La ville a été reprise en octobre. L’idée que Moscou garantit la stabilité sera plus difficile à reconquérir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ceux qui sont venus, et les autres</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le plus révélateur, à ce sommet, ce sont les absences. Cet été, Sergueï Lavrov s’est rendu en personne à Niamey pour transmettre l’invitation de Poutine aux présidents du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Assimi Goïta a fait le déplacement, ce qui se comprend : sans les militaires russes, son régime aurait eu bien du mal à tenir cette année. Le capitaine Ibrahim Traoré, en revanche, dont le portrait circule sur les réseaux sociaux pro-russes de Dakar à Nairobi, est resté chez lui et s’est fait représenter par son Premier ministre. Rescapé d’au moins cinq tentatives de coup d’État, il avait ses raisons de ne pas quitter Ouagadougou. Reste qu’au Kremlin, on n’a sans doute guère apprécié que l’admirateur le plus célèbre de la Russie en Afrique fasse l’impasse sur son grand rendez-vous africain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au total, 21 chefs d’État ont fait le voyage, alors que le Kremlin en avait d’abord annoncé 22. Ils étaient 17 à Saint-Pétersbourg en 2023 et 43 à Sotchi en 2019. Pour un pays sous sanctions, le résultat est honorable. Pour un pays qui se présente comme l’alternative à l’Occident, il est maigre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La vraie carte : la Libye</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour savoir où la présence russe en Afrique touche réellement l’Europe, il ne faut regarder ni vers Moscou ni même vers le Sahel, mais vers la Libye. Après la chute d’Assad, la Russie a perdu ses arrières confortables en Syrie et a déplacé son centre de gravité vers l’est libyen, sous l’aile du maréchal Khalifa Haftar. D’après Tearline, un projet de l’Agence nationale de renseignement géospatial américaine, les Russes construisent, financent et font fonctionner des infrastructures sur six bases aériennes libyennes, dont Al-Joufra, Al-Khadim et Brak al-Chati. De là, les avions repartent vers le sud : Mali, Burkina Faso, Centrafrique. Toute la <em>«sécurité sahélienne»</em> que vend Moscou repose, en pratique, sur des pistes libyennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En août, le fils du maréchal, Saddam Haftar, était reçu au Kremlin par Vladimir Poutine et le ministre de la Défense, Andreï Belooussov. La suite, le journaliste Sissoko l’a esquissée il y a quelques jours à l’agence italienne Nova : selon lui, Moscou veut couvrir Tobrouk et les bases de Haftar d’un bouclier anti-drones, car elle a besoin de Tobrouk et du ciel au-dessus du flanc sud de l’Otan. Il prend soin de préciser qu’aucun contrat public n’existe et que Rosoboronexport ne divulgue pas ses clients. Mais si ce bouclier voit le jour, l’est libyen dépendra pour des années des techniciens russes. Et la Libye elle-même, prévient Sissoko, risque de passer du statut de pays protégé à celui de cible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Personne n’a encore vu de missiles pointés de là vers l’Europe, et il ne faut rien exagérer. Il n’empêche : une base russe fortifiée et protégée des drones sur la rive sud de la Méditerranée offre au Kremlin des options dont il se servira au moment de son choix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe un autre levier, plus discret et peut-être plus dangereux. C’est de Libye que part la route de la Méditerranée centrale vers l’Italie et Malte. Le commissaire européen aux migrations, Magnus Brunner, a ouvertement averti que la Russie pourrait utiliser les migrants comme une arme contre l’Europe. On a déjà vu comment cela fonctionne à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne. Au sud, le littoral est bien plus long, et l’influence de l’Europe bien plus faible.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ni panique, ni complaisance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Afrique est-elle donc en train de basculer du côté russe ? Je ne le crois pas. Le sommet de Moscou en dit davantage sur l’évolution de la stratégie du Kremlin que sur un éventuel changement de camp du continent. Les gouvernements africains ont appris depuis longtemps à traiter avec tout le monde à la fois : ils empruntent à la Chine, cherchent des débouchés en Europe, achètent des drones à la Turquie, lèvent des fonds dans le Golfe, et obtiennent céréales et protection de la Russie. Le voyage à Moscou n’est qu’une étape parmi d’autres dans cet agenda.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l’Europe, la consolation est mince. Le Kremlin n’a nul besoin de rallier tout le continent. Quelques points d’appui lui suffisent : des voix à l’Onu&nbsp;contre la saisie de ses avoirs, quelques juntes au Sahel, quelques aérodromes et un port en Libye. Cela suffit pour peser à la fois sur le flanc sud de l’Otan&nbsp;et sur la politique migratoire européenne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Faute de pouvoir rivaliser avec l’Europe en Afrique comme partenaire commercial, la Russie mise sur une monnaie moins coûteuse : la peur. L’Europe peut répondre avec ce qui manque à Moscou, à savoir l’investissement, le commerce et un engagement sérieux en faveur de la réunification de la Libye. Si elle remet encore cela à plus tard, la Méditerranée méridionale pourrait bien devenir un nouveau front, et Bruxelles s’en apercevra trop tard.<em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Eudiant-chercheur marocain installé à Rabat.&nbsp;</em></p>
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		<title>Les Palestiniens d&#8217;Israël &#124; Dix-neuf sièges contre l&#8217;effacement</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Oct 2026 07:29:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En décrochant dix-neuf sièges sur cent vingt au Parlement israélien, les partis arabes atteignent un niveau historique inédit. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/30/les-palestiniens-disrael-dix-neuf-sieges-contre-leffacement/">Les Palestiniens d&rsquo;Israël | Dix-neuf sièges contre l&rsquo;effacement</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Certains chiffres ne traduisent pas seulement un rapport de forces, mais révèlent une relation au monde. En décrochant dix-neuf sièges sur cent vingt à la Knesset, les formations arabes atteignent un niveau historique inédit. Avec une participation avoisinant les 80 % dans les localités arabes, alors qu’elle dépassait à peine la moitié quatre ans plus tôt, cette arithmétique dépasse la simple comptabilité. Il s’agit d’un acte politique majeur : loin de se réduire à un vote communautaire, c’est une affirmation magistrale d’existence.&nbsp;Leçons d’une élection à la Knesset, pas comme les autres…</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelhamid Larguèche</strong> <em>*</em></p>



<span id="more-19893472"></span>


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<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg" alt="" class="wp-image-18774922" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
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<p class="wp-block-paragraph">L’historien ne peut s’empêcher d’y voir une résonance particulière. En 1950, la loi israélienne sur la propriété des absents forgeait une catégorie juridique édifiante : celle des <em>«présents-absents»</em>. Des Palestiniens demeurés sur leur terre, devenus citoyens, mais frappés d’inexistence juridique quant à leurs biens, leurs villages et leur mémoire. Toute l’histoire des Palestiniens d’Israël réside dans cet oxymore : être physiquement là, mais n’être jamais comptés. Le scrutin d’octobre 2026 constitue la première infirmation d’envergure de ce dogme : les <em>«présents-absents»</em> ont décidé de compter. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La réaction du pouvoir sortant est à ce titre révélatrice. À peine les urnes rendues, le <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/29/israel-la-police-dement-que-les-elections-ont-ete-volees-par-les-partis-arabes/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Likoud a crié à la fraude</a>, à la corruption et à l’ingérence étrangère. Pourtant, la police n’a réuni aucune preuve étayant la thèse d’une élection volée, et de simples arrestations pour achat de voix dans une municipalité ont été érigées en complot généralisé. Cette rhétorique ne dit rien de la régularité du scrutin ; elle dévoile en revanche un impensé politique : le citoyen arabe reste toléré tant qu’il se résigne à l’abstention, mais devient immédiatement suspect lorsqu’il s’exprime. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Il convient de rappeler que ces formations ont failli être tenues à l’écart du scrutin. Fin septembre, la Commission électorale centrale avait voté leur exclusion, avant que la Cour suprême ne les rétablisse à l’unanimité. Une démocratie qui tente d’écarter un cinquième de son corps électoral avant le vote, pour ensuite l’accuser de fraude après le dépouillement, expose en pleine lumière la fragilité de sa promesse égalitaire.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Gaza, la Cisjordanie et la mémoire de la menace</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il serait réducteur de borner l’analyse de ce sursaut aux seules considérations de politique intérieure. Certes, l’urgence quotidienne a pesé : l’explosion de la criminalité dans les localités arabes, les disparités budgétaires et l’abandon des services publics. Mais une telle mobilisation ne saurait s’expliquer par de seuls enjeux de gestion. Depuis la guerre de Gaza et ses destructions inédites, depuis les déplacements forcés et la pression continue sur les villages de Cisjordanie, les Palestiniens partagent un même sentiment de menace existentielle. Les citoyens arabes d’Israël ne vivent pas le sort des habitants de Gaza, de Jénine ou de Masafer Yatta. Ils s’inscrivent pourtant dans un même récit, partagent la mémoire de 1948 et la même hantise de l’effacement.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Morcelé par la géographie et par le droit, ce peuple a répondu là où il le pouvait : à Gaza par la survie, en Cisjordanie par l’enracinement, et au sein d’Israël par le bulletin de vote. C’est une réinvention du <em>sumud</em>, cette persévérance immobile qui consiste à demeurer debout sur sa terre quand tout incite à la quitter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On l’oublie trop souvent : la résilience n’est pas qu’une endurance passive. Elle s’exprime aussi par une intelligence politique capable d’investir l’arène où l’adversaire ne peut contester sa légitimité.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le dilemme de l’opposition : une majorité rendue inutilisable</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ici que réside le véritable nœud politique. Le bloc de Netanyahu régresse à 53 sièges, tandis que l’opposition sioniste en rassemble 48. En y adjoignant les partis arabes, une majorité absolue de 67 députés prend forme. Pourtant, une large frange de cette opposition refuse par avance tout gouvernement dépendant des voix arabes. Si Gadi Eisenkot pose des conditions drastiques, seul Yaïr Golan préconise ouvertement une coalition avec eux.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le paradoxe israélien apparaît ainsi au grand jour : le vote arabe est arithmétiquement décisif, mais politiquement frappé d’illégitimité. Une majorité parlementaire existe, mais elle se trouve neutralisée en raison de l’identité des citoyens qui la composent. Aucune démocratie ne saurait tolérer durablement une telle fracture sans se renier. Dès lors, la question n’est plus de savoir si les Arabes votent, mais si Israël est prêt à reconnaître la valeur de leur suffrage. </p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="cPzkTgwyku"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/30/qui-sont-les-elus-arabes-des-legislatives-israeliennes/">Qui sont les élus arabes des législatives israéliennes ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Qui sont les élus arabes des législatives israéliennes ? » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/30/qui-sont-les-elus-arabes-des-legislatives-israeliennes/embed/#?secret=xVHkhLMpzC#?secret=cPzkTgwyku" data-secret="cPzkTgwyku" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p class="wp-block-paragraph">Une analyse rigoureuse doit également récuser les représentations caricaturales. Ces dix-neuf sièges ne constituent pas un bloc homogène. Le Ra&rsquo;am de Mansour Abbas défend un pragmatisme islamo-conservateur qui a déjà intégré une coalition gouvernementale en 2021, allant jusqu’à présenter cette fois-ci un candidat juif. La Liste commune réunit quant à elle des communistes judéo-arabes et des nationalistes arabes. Cette pluralité témoigne d’une culture politique mûre, apte à négocier, à s’allier comme à se diviser. C&rsquo;est précisément ce pluralisme que redoute la rhétorique sécuritaire : non pas un ennemi irréductible, mais l’émergence d’un partenaire politique possible.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">La portée d’un scrutin</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce vote adresse une mise en demeure à l’ensemble de la classe politique israélienne : le Palestinien ne saurait être réduit à une variable sécuritaire à gérer, mais constitue une donnée structurelle incontournable. Les politiques d’effacement, qu’elles soient militaires, foncières ou symboliques, se heurtent à ce fait irréductible : il est là, il demeure, il s’exprime et il compte désormais.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce message s’adresse tout autant au monde arabe, enclin à percevoir les Palestiniens d’Israël comme des figures marginales ou compromisses de la cause. Ils viennent de prouver qu’une citoyenneté conquise, bien qu’imparfaite, peut devenir un puissant levier de résistance civique. Sans armes et sans peur, par la seule force du nombre et de l’obstination démocratique, ils ont fait de l’urne un lieu de mémoire et d’affirmation de soi. L’histoire retiendra peut-être qu’au moment le plus sombre pour le peuple palestinien, une partie de ses enfants a rappelé cette vérité fondamentale : on n’efface pas un peuple qui vote.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Historien.</em></p>
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