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	<title>Archives des Francis Ghilès - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Francis Ghilès - Kapitalis</title>
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		<title>Vient de paraître : ‘‘Économie politique de la Tunisie et du Maghreb’’</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Apr 2024 07:37:29 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vient de paraître ‘‘Économie politique de la Tunisie et du Maghreb. Les défis de la mondialisation (années 1980-années 2000)’’. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/30/vient-de-paraitre-economie-politique-de-la-tunisie-et-du-maghreb/">Vient de paraître : ‘‘Économie politique de la Tunisie et du Maghreb’’</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (IRMC) annonce la parution de l’ouvrage ‘‘Économie politique de la Tunisie et du Maghreb. Les défis de la mondialisation (années 1980-années 2000)’’, en coédition IRMC-Hémisphères éditions.</em></strong></p>



<span id="more-12646683"></span>



<p>L’ouvrage est réalisé sous la direction de Pierre Vermeren, professeur d’histoire contemporaine à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et chercheur associé à l’IRMC. </p>



<p>Il regroupe les contributions de Hakim Ben Hammouda, Francis Ghilès, Aziz Krichen, Yamina Mathlouthi, Christian Morrisson, Skander Ounaies, Mohamed Sassi, Béchir Talbi et Pierre Vermeren. </p>



<p>Ce livre à plusieurs voix revient sur les défis économiques posés aux économies du Maghreb après quarante ans d’ouverture, de libéralisation des flux, de démantèlement des services publics et sociaux, dans la droite ligne des injonctions venues de Washington et de l’Union européenne.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/30/vient-de-paraitre-economie-politique-de-la-tunisie-et-du-maghreb/">Vient de paraître : ‘‘Économie politique de la Tunisie et du Maghreb’’</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Pourquoi l’Occident se trompe-t-il si souvent sur la Tunisie ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/29/pourquoi-loccident-se-trompe-t-il-si-souvent-sur-la-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Jan 2024 10:36:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pourquoi les Occidentaux n’ont-ils pas compris que la contre-révolution a commencé immédiatement après que les «révolutions» tunisienne et égyptienne ont renversé Ben Ali et Moubarak ?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/29/pourquoi-loccident-se-trompe-t-il-si-souvent-sur-la-tunisie/">Pourquoi l’Occident se trompe-t-il si souvent sur la Tunisie ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Nous présentons ci-dessous la traduction française du texte intégral de la conférence consacrée à la Tunisie que l’auteur a donnée le 5 octobre 2023 à la salle du conseil, au Kings’s College, Londres.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Francis Ghilès</strong> *</p>



<span id="more-11442142"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/11/Francis-Guiles.jpg" alt="" class="wp-image-370196"/></figure></div>


<p>Après que la révolte de 2011 ait forcé Ben Ali à quitter le pouvoir, de nombreux observateurs occidentaux se sont trompés, en pensant que la Tunisie réussirait à construire la démocratie alors que ses voisins arabes allaient échouer. Ils s’étaient également trompés sur la qualité de la gestion économique du pays avant 2011. Il leur a fallu de nombreuses années pour qu’ils se rendent compte de leurs erreurs à propos de la Tunisie.</p>



<p>Les gouvernements occidentaux ont une longue tradition d »appui des dictateurs arabes. La dureté de leurs critiques à l’égard du président Kaïs Saïed pourrait être le résultat du fait qu’ils se sont trompés deux fois depuis 2000 à propos de ce petit pays ouvert.</p>



<p>En ce qui concerne les voisins de la Tunisie, l’histoire récente indique que les observateurs occidentaux ont souvent mal compris la Libye (2011), l’Algérie (2019 et milieu des années 90) et le Maroc.</p>



<p>Le thème de cette conférence est l’Afrique du Nord, mais les leçons à tirer d’une évaluation erronée de la Tunisie sont susceptibles de s’étendre à l’ensemble de la région du Moyen-Orient.</p>



<p><em>«Nous avons juré de défendre la Constitution»</em>, a lancé Samira Chaouachi, vice-présidente du Parlement tunisien.<em> «Nous avons juré de défendre la patrie»</em>, lui a rétorqué le jeune soldat. Cet échange devant les portes verrouillées du Parlement aux premières heures du 26 juillet 2021 résume le paradoxe de la Tunisie, pays longtemps considéré comme l’unique réussite du Printemps arabe. La décision prise quelques heures plus tôt par le président Kaïs Saïed de limoger son gouvernement et de suspendre le parlement avait mis en colère son président et la vice-présidente islamistes, qui cherchaient à pénétrer dans le bâtiment, désormais gardé par des troupes armées.</p>



<p>Le geste de Saïed a surpris de nombreux diplomates étrangers qui n’avaient pas évalué correctement la situation. Les Tunisiens furent moins surpris et des milliers de personnes envahirent les rues des villes et villages pour exprimer leur soulagement face à ce qu’ils considèrent comme la sanction d’un gouvernement corrompu et d’une classe politique incompétente. La liesse à l’échelle nationale soulève cependant la question de savoir comment les gens purent mettre la main sur des feux d’artifice dans un délai aussi court.</p>



<p>Le 17 avril 2023, Rached Ghannouchi, leader suprême d’Ennahdha depuis sa création dans les années 1980, a été arrêté. Douze ans après son retour triomphal à Tunis le 20 janvier 2011, la boucle de l’histoire est bouclée. La contre-révolution n’est pas encore parvenue à son terme mais plutôt que de donner naissance à une nouvelle génération de dirigeants politiques, la révolte de 2011 <em>«a ramené les élites marginalisées de l’ère Ben Ali»</em> (Stevenson, 2022). Le Général Zine El Abidine Ben Ali, évincé en 2011, dirigeait la Tunisie depuis 24 ans. La contre-révolution en Tunisie a mis plus de temps à surgir que tout autre pays arabe mais il est trop tôt pour faire le deuil des soulèvements qui, en deux vagues – en 2011 et 2019 – ont déferlé sur la plupart des pays arabophones du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA).</p>



<p>Un processus révolutionnaire à long terme est à l’œuvre dans la région. Les gouvernements occidentaux, en particulier en Europe, se font des illusions s’ils pensent pouvoir compter sur des hommes forts pour assurer la stabilité des pays de la rive sud de la Méditerranée. Un changement politique et économique radical est nécessaire, ce qui est, par définition même, imprévisible. L’inégalité sociale et le sous-emploi des ressources humaines continuent de générer d’énormes frustrations sociales que les jeunes ne supporteront pas. Les dirigeants de l’Union Européenne (UE) sont obsédés par les vagues des immigrants du sud et la montée du populisme qu’ils alimentent en Europe mais restent dans le déni quant aux causes sous-jacentes de ce phénomène. Ils ont fait une tentative audacieuse de penser stratégiquement il y a 28 ans lorsqu’ils ont lancé le Processus de Barcelone en 1995, qui a été autant victime de circonstances extérieures (l’assassinat du Premier ministre israélien Yitzhak Rabin et les attentats du 11 septembre) que de son manque d’ambition économique.</p>



<p>Pourquoi l’UE et les États-Unis d’Amérique (É.-U.) n’ont-ils pas compris que la contre-révolution a commencé immédiatement après que les <em>«révolutions» </em>tunisienne et égyptienne ont renversé Ben Ali et Moubarak ? Pourquoi n’ont-ils pas compris que, après avoir échoué dans un premier temps à lancer des projets audacieux de réformes dans la gestion de l’appareil de sécurité, de l’économie, de la classe politique et du commerce, notamment en Tunisie, les dirigeants politiques et syndicaux conduisaient le pays dans une impasse ? </p>



<p>La réponse réside avant tout et surtout dans la nature même de l’État dans la région. En 2011, il était clair pour les observateurs chevronnés que le cadre de politique économique libéral favorisé par l’Occident – ​​ce qu’on appelle le Consensus de Washington – n’a pas réussi à produire les résultats économiques espérés. Entre cette date et 2019, date à laquelle Kaïs Saïed a été élu président, il suffisait aux observateurs expérimentés de regarder les chiffres économiques qui clignotaient en rouge.</p>



<p>Aujourd’hui, le Consensus de Washington est mort, mais le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale (BM) et l’UE réviseraient-ils leurs prescriptions politiques qui, pour avoir une chance de réussir, doivent reposer sur la reconstruction de l’État, en utilisant l’investissement public comme un outil clé et en luttant contre la corruption produite par le capitalisme de copinage ?</p>



<p>Ce n’est pas parce que ces pays respectent l’État de droit qu’une partie des centaines de milliards de dollars de capitaux privés qui ont fui à l’étranger reviendront en Afrique du Nord (Ghilès et Snaije, 2022). Mais l’État tunisien n’a pas été en mesure d’arrêter la fuite des capitaux, pour la plupart de manière illégale. Cela soulève la question de savoir pourquoi, tout en reconnaissant qu’ils s’étaient trompés, les gouvernements tunisiens successifs, le FMI et les gouvernements occidentaux sont-ils revenus à la même recette qui s’était révélée trompeuse au départ.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Occident comprend mal les révoltes arabes : le cas de la Tunisie</h2>



<p>Les révoltes arabes ont suscité l’incrédulité de la plupart des hommes politiques et des groupes de réflexion occidentaux. Cela était surprenant, car les rapports successifs du PNUD sur le développement humain dans les pays arabes (2003, 2005 et 2009) avaient montré la montée en flèche du taux de chômage en Afrique du Nord et la tendance à la baisse du ratio global de formation brute de capital par rapport au PIB au cours du quart de siècle précédent, soulignant <em>«l’échec des élites arabes à investir au niveau local ou régional</em> [ce qui]<em> constitue le plus grand obstacle à des niveaux de croissance économique durables»</em> (Bush, 2012). Un an plus tard, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, déclarait : <em>«Laissez-moi être franche : nous n’accordions pas suffisamment d’attention à la manière dont les fruits de la croissance économique étaient partagés»</em> (Lagarde, 2011).</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="vEWxa7dTcE"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/08/en-tunisie-la-peripherie-prend-une-revanche-historique/">En Tunisie, la périphérie prend une revanche historique</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« En Tunisie, la périphérie prend une revanche historique » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/08/en-tunisie-la-peripherie-prend-une-revanche-historique/embed/#?secret=LUzPd5cZ4v#?secret=vEWxa7dTcE" data-secret="vEWxa7dTcE" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>En 2014, la BM a publié un rapport reconnaissant qu’elle s’était trompée sur la Tunisie d’avant 2011 (Ghilès, 2014 et 2015). Une telle humilité était inhabituelle, voire sans précédent, et soulève la question suivante : pourquoi les dirigeants politiques et les experts occidentaux se trompent-ils si souvent sur la Tunisie ?</p>



<p>Au-delà du PNUD, certains observateurs ont vu juste. Comme le professeur Gilbert Achcar, dont <em>«l’exploration radicale du soulèvement arabe»</em>, comme il le décrit dans son livre ‘‘<em>Le Peuple Veut’’</em> (éd. Actes Sud, 2013), se distingue par son refus de faire preuve de retenue lorsqu’il remet en question la doxa libérale dominante. Ce livre, dont la version anglaise a été récemment rééditée avec une nouvelle introduction, devrait être une lecture obligatoire pour les diplomates et les experts en sécurité – une espèce en prolifération en Occident lorsqu’il s’agit du Moyen-Orient. La compréhension par l’auteur du contexte historique et des règles qui dictent l’aide occidentale aux pays du Sud offre au lecteur les clés pour comprendre une région qui ne doit pas être condamnée au despotisme et à la corruption.</p>



<p>À mesure que les révoltes se propageaient, l’incrédulité dans les capitales occidentales céda bientôt la place à l’enthousiasme. C’était de courte durée. Alors que les dirigeants affrontaient le désir de changement avec une force brutale, en Égypte, en Libye, à Bahreïn, au Yémen et en Syrie, les révoltes ont dégénéré en bains de sang. Les puissants groupes d’intérêt concernés, notamment les forces de sécurité, fortement soutenus de l’extérieur – par les pays du Golfe en particulier – n’étaient pas d’humeur à autoriser des réformes susceptibles de bouleverser le statu quo. D’autres pays, comme le Qatar, cherchaient à renverser complètement le statu quo en faveur de leurs protégés islamistes.</p>



<p>Les acteurs étrangers <em>«amis»</em> n’ont pas eu le temps d’influencer sérieusement le cours des événements en Tunisie, un pays de moindre importance stratégique pour les grands acteurs internationaux que l’Égypte ou la Syrie. Bien entendu, le fait que la Tunisie ait été le premier pays arabe à se révolter pourrait expliquer l’absence d’ingérence extérieure. Les événements se sont déroulés sans violence excessive. Mais l’utilisation même de l’expression <em>«Révolution de Jasmin»</em> traduit un malentendu. Aucune révolution n’a eu lieu en Tunisie en janvier 2011. Une violente révolte a contraint l’Etat profond à prendre ses distances avec le chef de l’Etat et le contraint à partir pour sauvegarder ses privilèges.</p>



<p>Cela explique pourquoi il n’y a pas eu de redistribution des richesses ou du pouvoir entre les classes sociales ou les régions.</p>



<p>Une des conséquences flagrantes de l’intervention occidentale, avalisée par les Etats-Unis, doit être soulignée. Il est choquant pour l’observateur de constater que les stratèges américains, français et anglais ne se poseront jamais la question de ce qui arriverait si un petit groupe d’islamistes très bien organisé et armé (que les Américains pensaient naïvement avoir <em>«réhabilité»</em> pendant les dernières années de Kadhafi) feraient face à la grande majorité des Libyens qui n’étaient pas Islamistes, une majorité qui était jeune et sans emploi, et n’avait aucune expérience politique. </p>



<p>Le point critique a été l’attaque du 11 septembre 2012 contre la mission consulaire américaine à Benghazi, qui a poussé les États-Unis hors de Libye et a transformé l’Est de la Libye en arrière-garde pour Al-Qaïda et l’Etat islamique (EI), car les deux groupes ont commencé à quitter la Syrie à peu près au moment où les Russes et les Américains sont arrivés et où le général Haftar a pris le pouvoir à Benghazi en 2014. Cela a accéléré l’exportation du terrorisme et des réfugiés vers l’Europe, tout en déstabilisant davantage une grande partie de l’Afrique du Nord et du Sahel (Chorin, 2022). Cela incluait bien sûr la Tunisie, dont beaucoup de djihadistes ont été formés dans des camps libyens proches de la frontière libyo-tunisienne.</p>



<p>En Tunisie, les amis politiques des principaux partis politiques se sont vu proposer des emplois dans une fonction publique extrêmement gonflée, qui n’existaient souvent que sur le papier, mais pour lesquels ils étaient payés. Le résultat fut une destruction de l’efficacité de la fonction publique et une augmentation considérable de la masse salariale. L’inévitable augmentation de la dette du pays a évincé les investissements publics dans la santé, l’éducation et les infrastructures. Les présidents et les gouvernements allaient et venaient, chacun empruntant de l’argent du FMI, de la BM et de la Banque européenne d’investissement (BEI). Ils ont tous fit semblant d’accepter les conditions attachées à ces prêts mais n’ont jamais eu la moindre intention de les mettre en œuvre. Le FMI et l’UE ont continué à prêcher un évangile de libéralisme et fait semblant de croire que des réformes étaient en cours. Pourquoi était-il si facile de se tromper une seconde fois alors que la prescription et le pied qui traîne sur le terrain étaient les mêmes ?</p>



<p>Dans le même temps, les investissements privés – tant nationaux qu’étrangers – ont diminué. Des secteurs clés tels que les phosphates et les engrais ont vu leur production s’effondrer tandis que le tourisme a été victime du terrorisme et de la pandémie de Covid. L’arrière-pays le plus pauvre, où commencent toutes les révoltes en Tunisie, a continué à être exploité par la côte plus riche, tout en fournissant la majeure partie de l’eau, du blé et des phosphates dont le pays avait besoin.</p>



<p>Pour les élites occidentales, la démocratie <em>«est une si belle idée qu’elle semble être en dehors de la réalité. L’élite américaine définit les pays qui réussissent dans le monde en développement comme ceux qui organisent des élections et ceux qui échouent comme ceux qui n’y parviennent pas. Ce n’est ni logique, ni une croyance ancrée dans l’histoire ou même la science politique. C’est de la pure idéologie. Et une idéologie missionnaire en plus. Regardez l’échec du Printemps arabe ! Bien entendu, les habitants des pays en développement veulent la démocratie, mais cela ne signifie pas qu’elle apportera automatiquement de bons résultats face à une grande pauvreté, aux clivages ethniques et sectaires, etc. La démocratie a fonctionné dans des pays comme la Corée et Taiwan parce qu’elle est apparue après l’industrialisation et la création des classes moyennes»</em> (Robert D. Kaplan, 2023). Cette industrialisation a pu se faire sous occupation étrangère. Les élites européennes et américaines se sont fait illusion quand, après 2011, elles se sont convaincues que des élections libres et équitables laissaient présager un avenir radieux pour la Tunisie.</p>



<p>Les jeunes Tunisiens ont exprimé leur désaccord, et moins de gens ont voté lors des élections successives, beaucoup ne prenant même pas la peine de s’inscrire. Les mouvements islamistes n’ont jamais montré le moindre intérêt à relever les défis d’une économie moderne et Ennahdha n’a pas fait exception.</p>



<p>Les élites tunisiennes, qui sont bien éduquées, n’ont pas pu se mettre d’accord sur un projet de réforme économique. Ils ont laissé tomber leur pays. Douze ans après la chute de Ben Ali, Kaïs Saïed fait revenir les élites marginalisées de cette période, notamment au sein des forces de sécurité. Ghannouchi, le puissant leader d’Ennahdha qui <em>«se comportait comme un chef de tribu»</em>, dirigeait le parti islamiste <em>«comme l’organisation clandestine qu’elle avait été dans les années 1990»</em> (Stevenson, 2022). Il a fini en prison, incapable de convaincre l’armée, qui s’est solidarisée avec Saïed, qui <em>«défendait la patrie»</em>.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="jznF5NwzYE"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/03/26/dans-lassemblee-nationale-tunisienne-le-poisson-pourrit-par-la-tete/">Dans l’Assemblée nationale tunisienne, «le poisson pourrit par la tête»</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Dans l’Assemblée nationale tunisienne, «le poisson pourrit par la tête» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/03/26/dans-lassemblee-nationale-tunisienne-le-poisson-pourrit-par-la-tete/embed/#?secret=otdmLnzLUh#?secret=jznF5NwzYE" data-secret="jznF5NwzYE" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Des observateurs chevronnés ont noté très tôt que <em>«le soulèvement arabe… a atteint son apogée le 11 février, le jour où le président Hosni Moubarak a été contraint de démissionner. C’était paisible, local, spontané et apparemment unifié. La théorie de Lénine postulait qu’une révolution victorieuse, il fallait un parti politique structuré et discipliné, une direction solide et un programme clair.</em><em> </em><em>La révolution égyptienne, comme son précurseur tunisien et contrairement à la révolution iranienne de 1979, ne possédait ni organisation, ni leader identifiable, ni programme sans ambiguïté»</em> (Agha et Malley, 2011). Alors que les manifestations devenaient violentes dans de nombreux pays, les divisions sont apparues et les anciens partis politiques et élites économiques se sont battus pour le pouvoir, <em>«laissant de nombreux manifestants avec le sentiment que l’histoire qu’ils faisaient il n’y a pas si longtemps leur échappe désormais» </em>(Ibid.).</p>



<p>Ceux qui ont mené la révolte en Tunisie n’avaient ni les moyens ni le temps de s’organiser eux-mêmes, ce qui a permis aux forces établies de détourner leur programme et de bloquer le changement. Ainsi, Lénine avait raison après tout, en affirmant qu’<em>«une contre-révolution </em>(ne pouvait pas) <em>être menée de l’extérieur. Cela s’est produit en Algérie dans les années 1990 et rien ne dit que cela ne se reproduira pas.»</em> (Ghilès, 2011/2012). Très peu de chercheurs étaient prêts à faire pénitence comme la BM a eu le courage de le faire (Wallaert et al., 2011).</p>



<p>Certains universitaires ont qualifié la Tunisie d’<em>«exception arabe»</em>. Le <em>Washington Post</em> s’est réjoui en affirmant que la Tunisie était <em>«le seul pays à avoir donné naissance à une véritable démocratie»</em> alors que le<em> Financial Times</em> s’est demandé : <em>«Pourquoi l’expérience du Printemps arabe en Tunisie a-t-elle réussi alors que d’autres ont échoué ?»</em></p>



<p>L’illusion est devenue une caractéristique largement répandue dans de nombreuses attitudes occidentales, comme c’était le cas avant 2011. Avant cette date, la BM et les observateurs occidentaux faisaient l’éloge des performances économiques du pays. Après la chute de Ben Ali, ils ont vanté sa réussite en tant que démocratie. Il est plus facile de comprendre, dans un tel contexte, pourquoi les dirigeants européens n’ont pas réussi à penser stratégiquement la Tunisie.</p>



<p><strong>La nature de l’État en Afrique du Nord entrave les réformes</strong></p>



<p>Les analystes occidentaux de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient projettent trop souvent leur propre vision du monde sur des pays dont l’histoire est différente. Les outils sémantiques de pensée économique moderne étaient le résultat d’une remise en question de l’État et des relations internationales qui remonte au18<sup>e</sup> siècle. Plus précisément, en ce qui concerne le rôle de l’État dans l’économie, ils remontent à John Maynard Keynes (1883-1946), qui a affiné les arguments sur la signification du développement économique, le rôle du commerce international, l’objectif de la finance et la redistribution de la richesse. L’intense débat intellectuel et politique autour de ses idées, qui ont joué un rôle si important dans la vie politique occidentale depuis la fin de la Première Guerre mondiale, n’a pas d’équivalent dans la région MENA. Cela est dû en partie au fait que la diplomatie des canonnières et le colonialisme ont interrompu les débats qui se déroulaient dans le sud, notamment en Tunisie. Lors de l’indépendance, les nouveaux régimes ont compris que l’État devait être exploité pour créer une économie nationale, quelle que soit sa relation ou sa dissociation avec le Nord. En Algérie, l’État devait être réinventé après 132 ans de dure domination coloniale. Cela contribue à expliquer pourquoi l’Occident interprète souvent mal les comportements des États modernes du Moyen-Orient. Les dirigeants se concentrent rarement sur l’augmentation de la richesse du pays mais plutôt sur leur maintien au pouvoir, notamment en contrôlant les nouveaux membres de l’élite, le makhzen.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="DRznZxJZg0"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/07/09/tunisie-economie-a-la-derive-et-bluff-des-politiques/">Tunisie : Economie à la dérive et bluff des politiques</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Economie à la dérive et bluff des politiques » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/07/09/tunisie-economie-a-la-derive-et-bluff-des-politiques/embed/#?secret=RtOHm1cgbO#?secret=DRznZxJZg0" data-secret="DRznZxJZg0" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>À partir des années 1980, le FMI et la BM se sont conformés à un ensemble de principes idéologiques connu sous le nom de Consensus de Washington : l’État devrait être réduit pour laisser place aux investissements privés. Cette doxa néolibérale était déjà en échec en Tunisie au tournant du siècle, mais cela n’a pas empêché la BM de présenter la Tunisie comme un pays modèle de bonne gouvernance économique à suivre en Afrique et au Moyen-Orient (Institut de la Méditerranée, 2000). L’UE a chanté sur le même cantique.</p>



<p>Le Maroc semble avoir accompli davantage en termes économiques que ses voisins, mais la concentration du pouvoir au sommet, un taux d’analphabétisme élevé et une pauvreté généralisée suggèrent que tout ne va pas bien (Nejib Akesbi). L’ironie ultime est que le pays à la traîne d’antan, le Maroc, semble avoir réalisé bien plus en termes économiques que ses voisins – malgré le taux élevé d’analphabétisme, les niveaux élevés de dette extérieure, la dépendance à l’égard des puissances étrangères, la pauvreté persistante et l’énorme accumulation de richesses au sommet suggèrent que le succès à long terme est loin d’être garanti.</p>



<p>La région Mena possède d’importantes ressources en hydrocarbures et <em>«comprend davantage d’États extrêmement dépendants de ces ressources que toute autre partie du monde. Cela conduit à son tour certains États à bénéficier, pour des raisons stratégiques et de sécurité, de rentes tirées des recettes d’hydrocarbures des États plus riches ou encouragés par l’empressement des puissances étrangères à maintenir un système d’hégémonie régional dont la motivation principale est étroitement liée aux ressources de la région.»</em> (Achcar, 2023&nbsp;: xi). Que cette région comprend de nombreux États patrimoniaux <em>«où toute séparation entre les familles dirigeantes et les institutions gouvernementales est simplement une mesure de politesse»</em> (Ibid) aggrave le problème. S’attendre à des pays où la famille régnante considère le gouvernement en tant que propriété privée et les forces de sécurité d’élite en tant que garde privée pour utiliser les outils que Keynes a passé sa vie à construire conduisent à des conclusions absurdes et à des prescriptions politiques inefficaces.</p>



<p>Malgré son émancipation des femmes et son attitude tolérante envers les étrangers, la richesse économique de la Tunisie est étroitement contrôlée par quelques familles dont l’emprise est renforcée par un système corporatiste. Ce qui leur permet de contrôler virtuellement l’État. Loin d’apporter de nouvelles idées et de contribuer à la création d’un large parti de gauche après 2011, le puissant syndicat UGTT s’est réjoui de voir les partis politiques gonfler le nombre de salariés de l’État (augmentant au passage le nombre de ses adhérents), ce qui a conduit à la faillite du pays. Ses dirigeants ont choisi de se comporter en fossoyeurs de réformes plutôt que de promouvoir un débat ouvert à leur sujet. Durant son règne, Zine El Abidine Ben Ali a géré l’économie, imposant des gains toujours plus élevés à sa famille, mais il ne l’a jamais réformée (Ghilès et Woertz, 2018). Il n’était pas très instruit en matière économique.</p>



<p>Concernant le Maroc, lorsque le roi Hassan II a lancé des réformes en 1993, il a créé un groupe de réflexion, le G14, qui a réuni les plus brillants économistes et entrepreneurs du pays. Ils ont soutenu du bout des lèvres le Consensus de Washington, mais ont élaboré des politiques conformes à ce qu’ils considéraient comme des intérêts stratégiques du Maroc. Lorsque ses conseillers lui ont présenté le projet de réforme économique en 1988, le président algérien Chadli Bendjedid a compris que leurs propositions constituaient <em>«une révolution»</em>.</p>



<p>Le groupe réformiste dirigé par le chef du gouvernement Mouloud Hamrouche (1989-1991) <em>«ne visait pas la ‘libéralisation’ économique comme compris dans l’orthodoxie de la théorie néolibérale de la ‘transition depuis le socialisme’. D’une part, leur problème n’était pas l’engagement théorique du pays en faveur du socialisme, devenu de toute façon de plus en plus vide de sens depuis 1976, mais la réalité de son État capitaliste dysfonctionnel» </em>(McDougall, 2017). Comme leurs homologues marocains quelques années plus tard, les idées développées dans le projet de réforme (les Cahiers de la Réforme) entre 1986 et 1988 étaient locales et pilotées par un économiste, Hadj Nacer, devenu par la suite gouverneur de la Banque centrale d’Algérie de 1989 à 1992.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Occident changerait-il un jour son scénario néolibéral ?</h2>



<p>Dans la première édition de son livre, Achcar (2013&nbsp;: 65) se demandait pourquoi les experts occidentaux<em> «n’osaient même pas suggérer que les pétrodollars arabes soient massivement redirigés vers des investissements créateurs d’emplois dans la région, à la manière du Plan Marshal ?»</em> Les institutions internationales<em> «ne peuvent aller jusqu’à suggérer que les monarchies pétrolières cessent d’investir leurs capitaux dans les économies occidentales, notamment aux États-Unis, et les transfèrent plutôt vers les gouvernements arabes, sur le modèle de l’aide que les États-Unis ont apportée à leurs alliés européens de 1948 à 1951»</em> (Ibid). Il s’agit là d’une tournure peu probable des événements, car les banques occidentales perdraient d’énormes opportunités de gagner de l’argent et les monarchies du Golfe avaient une grande influence à Paris, Londres et Washington.</p>



<p>Pendant ce temps, les capitaux continuent de fuir la région vers le refuge des banques et des entreprises occidentales – l’Afrique du Nord à elle seule possède des centaines de milliards d’argent<em> «privé»</em> dans les banques étrangères (Ghilès et Snaije, 2022). Les jeunes élites fuient désormais elles aussi, au bénéfice immédiat du Golfe, du Canada, de la France et de ses voisins, mais au détriment de la stabilité à long terme en Méditerranée. En Afrique du Nord, la <em>«guerre froide»</em> entre l’Algérie et le Maroc explique pourquoi les flux commerciaux et d’investissement entre les trois pays sont minimes. Cette situation est d’autant plus absurde que le pétrole, le gaz, le soufre et l’ammoniac algériens pourraient, en tandem avec les phosphates marocains, générer de nombreux emplois et d’importantes exportations. Si le projet Beni Atir en Algérie démarre, le pays ne sera plus dépendant de son voisin occidental. Les tensions entre les deux ont fait le jeu de l’Occident pendant des décennies, mais la pression des nouveaux immigrants en Europe alimente les partis populistes et le risque de conflits nationaux dans des pays comme l’Italie et la France.</p>



<p>Une autre ironie du scénario néolibéral est que la Chine et la Turquie augmentent leurs liens commerciaux avec l’Afrique du Nord (après l’Italie, la Chine est la deuxième source des importations pour la Tunisie et la Turquie est quatrième) mais pas leurs investissements. Dans les trois pays d’Afrique du Nord, les capitaux privés occidentaux continuent de jouer un rôle clé.</p>



<p>L’UE et les États-Unis découvrent également, à leur grande consternation, que les dirigeants nord-africains, comme ailleurs dans les pays du Sud, ne partagent pas leur vision de la guerre en Ukraine. Ils notent que l’Occident considère ses problèmes comme les problèmes du monde, mais ils ne sont pas d’accord. Le monde multipolaire dans lequel nous nous trouvons rend familier le vieux tiers-mondisme algérien. Les élites des trois pays se méfient de l’ancienne puissance coloniale et expriment publiquement comme jamais auparavant leurs critiques du comportement français passé et présent.</p>



<p>Plus tôt, l’Europe se rendra compte que les pays au-delà de ses rives méridionales méritent une politique ambitieuse, un nouveau processus de Barcelone plus audacieux, mieux ce sera. Plus tôt ils comprendront que l’islamisme n’est pas la tendance naturelle de la région, comme beaucoup, notamment les États-Unis et le Royaume-Uni, étaient enclins à le faire après 2011, et abandonneront leur orientalisme de quatre sous, mieux ce sera.</p>



<p>Sortir de l’état patrimonial ou néo-patrimonial présente un défi historique pour la région MENA et pour l’Europe. Comme sa réaction timide au renversement du président égyptien Morsi, un an après son élection lors d’élections libres en juillet de l’année 2012 l’a montré, l’Occident ne semble jamais attacher autant d’importance aux élections. La réaction des États-Unis face au mépris de Kaïs Saïed pour les règles fondamentales de la démocratie suggère que les attitudes occidentales n’ont pas changé. Jusqu’à ce que cet Occident accepte qu’une refonte complète de l’État patrimonial ou néo-patrimonial est une condition préalable à une croissance plus rapide, à une plus grande inclusion sociale et donc à une stabilité à long terme en Tunisie et dans la région MENA au sens large. La Commission européenne devra accepter que ses interminables notes d’analyse visant à <em>«améliorer»</em> ses politiques de voisinage ressemblent à un ravalement de façade. </p>



<p>* <em>Visiting Fellow, Kings College, University of London.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/29/pourquoi-loccident-se-trompe-t-il-si-souvent-sur-la-tunisie/">Pourquoi l’Occident se trompe-t-il si souvent sur la Tunisie ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Les racines historiques d’Israël et le déclin moral de l’Occident</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Jan 2024 07:34:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour une grande partie du sud de la planète et dans de nombreuses villes occidentales, la Palestine occupe désormais un espace symbolique.</p>
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<p><strong><em>La position équivoque de l’Occident sur Gaza révèle un ordre mondial confronté à une rébellion &nbsp;en raison de sa domination sur le discours international. Les doubles standards américains à l’égard d’Israël constituent un jeu dangereux, dans lequel l’Union Européenne s’est laissé entraîner.</em></strong> <em>(Illustration : déplacement forcé des populations palestiniennes de Gaza).</em></p>



<p>Par <strong>Francis Ghilès </strong>*</p>



<span id="more-11405045"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/01/Francis-Ghiles.jpg" alt="" class="wp-image-134482"/></figure></div>


<p>Le gouvernement de Benjamin Netanyahu a répondu par une rhétorique et une dureté militaire extrêmes à l’attaque brutale du Hamas dans le sud d’Israël le 7 octobre 2023. L’armée israélienne a jusqu’à présent tué plus de 21 000 personnes à Gaza – dont 8 800 enfants. Cependant, les dirigeants et les médias occidentaux ont trop souvent donné l’impression d’un soutien généralisé aux bombardements aveugles de Gaza. Les hésitations des dirigeants européens face à l’attaque israélienne contre les Palestiniens sapent la position <em>«de principe»</em> de l’Union européenne (UE) à l’égard de l’Ukraine et sa position dans le Sud global. Cela alimente également le populisme et menace la démocratie en Europe. <em>«Nous sommes des fils de la lumière, eux sont des fils des ténèbres»</em>. Ainsi, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a résumé son point de vue sur les Israéliens et les Palestiniens dans une émission officielle début novembre 2023, un mois après l&rsquo;attaque brutale du Hamas dans le sud d’Israël.</p>



<p>On estime que 1 200 personnes ont perdu la vie et 240 otages [côté israélien], dont beaucoup sont toujours détenus par le Hamas. Ses pairs au gouvernement se sont montrés tout aussi intransigeants.</p>



<p>Le vice-président de la Knesset, Nissim Vaturi, a tweeté qu’Israël devrait<em> «brûler Gaza maintenant, rien de moins ! »</em> (<em>The Times of Israel</em>, 17 novembre 2023) tandis que le ministre du Patrimoine, Amihai Eliyahu, a suggéré qu’Israël pourrait <em>«larguer une bombe nucléaire sur Gaza»</em> (<em>The Times of Israel</em>, 5 novembre 2023).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une extension du colonialisme européen</h2>



<p>Des propos aussi durs ont surpris certains observateurs occidentaux. Pourtant, quiconque connaît le contexte dans lequel l’État d’Israël a été créé par les Nations Unies en 1948 ne sera pas surpris. <em>«Israël avait été fondé par des Juifs d’Europe et se targuait de faire partie de l’Occident, de ce qu’on appelait communément à l’époque le Monde Libre. Il se voyait et se présentait au reste du monde comme un îlot de démocratie dans un océan d’autoritarisme.»</em> Ces mots d’<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/25/avi-shlaim-les-puissances-occidentales-seront-complices-de-lattaque-israelienne-contre-gaza/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Avi Shlaim</a>, professeur émérite de relations internationales à Oxford, dans son livre ‘<em>‘Trois mondes : Mémoires d’un juif arabe’’</em> (2023), sont tirés d’une biographie qui est une réflexion sur les <em>«autres victimes du sionisme»</em>. Il fait référence à ces Juifs qui ont été exilés <em>«de leurs anciennes patries arabes où ils ont été bien intégrés et transplantés en Israël, pour servir de classe subalterne de la nation coloniale hébraïque»</em>, selon les mots de Moshe Machover, fondateur de l’organisation radicale Matzpen qui disparu en 1983.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Phw2d5rpdn"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/25/avi-shlaim-les-puissances-occidentales-seront-complices-de-lattaque-israelienne-contre-gaza/">Avi Shlaim : «Les puissances occidentales seront complices de l’attaque israélienne contre Gaza»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Avi Shlaim : «Les puissances occidentales seront complices de l’attaque israélienne contre Gaza» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/25/avi-shlaim-les-puissances-occidentales-seront-complices-de-lattaque-israelienne-contre-gaza/embed/#?secret=obLUJCfKHy#?secret=Phw2d5rpdn" data-secret="Phw2d5rpdn" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>La florissante communauté juive de Bagdad, qu’Avi Shlaim fait revivre avec tant de vivacité, a pratiquement disparu. Il en va de même pour les communautés juives d’autres pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Une exception confirmant la règle est la petite communauté fondée après la seconde destruction du Temple en 79 après J.-C. et qui subsiste autour de la synagogue El-Ghriba sur l’île tunisienne de Djerba.</p>



<p>Dès sa naissance à la fin du XIXe siècle à Vienne, le sionisme a mis l’accent sur le lien historique du peuple juif avec sa patrie ancestrale au Moyen-Orient, mais il a engendré un État dont les aspects culturels et géopolitiques et l’orientation s’identifiaient exclusivement à l’Occident.</p>



<p>Lorsqu’ils arrivèrent en Israël dans les années 1950, les membres de ces communautés juives originaires des pays arabes découvrirent que le nouvel État <em>«méprisait l’arabe </em>(comme) <em>la langue de ‘‘l’ennemi’’… Un facteur clé qui a façonné mes premières relations avec la société israélienne [était] un complexe d’infériorité. J’étais un garçon irakien au pays des Européens»</em>, écrit Avi Shlaim, reflétant les sentiments de nombreux autres Juifs séfarades (arabes) à l’égard des Juifs ashkénazes d’Europe qui dominaient le mouvement sioniste et le nouvel État.</p>



<p>Les efforts déployés par Israël au fil des décennies pour redéfinir son nettoyage ethnique de la population arabe de Palestine en 1948 comme une conséquence du départ volontaire des Arabes de leurs foyers semblent avoir porté leurs fruits. Les Israéliens ont réussi à réfuter l’accusation selon laquelle leur État aurait été bâti sur ce que certains observateurs considèrent comme un crime contre l’humanité.</p>



<p>Les Palestiniens, dont 700 000 ont été chassés d’Israël après 1948 et du monde arabe dans son ensemble, considéraient Israël comme une extension du colonialisme européen. C’était au Moyen-Orient, mais pas au Moyen-Orient. David Ben Gourion (premier Premier ministre israélien) a qualifié les immigrants israéliens venus de l’Orient de <em>«hordes sauvages»</em>. Un autre responsable de cette arrogance était le ministre des Affaires étrangères Abba Eban, qui a déclaré que <em>«l’objectif doit être de leur inculquer un ‘‘esprit occidental’’ et de ne pas les laisser nous entraîner dans un Orient contre nature»</em>.</p>



<p>L’establishment israélien a toujours considéré la création de l’État moderne d’Israël comme une compensation pour l’Holocauste – l’un des plus grands crimes de l’histoire. Cela fait d’Israël une extension de l’Occident et un allié fiable. C’est un paradoxe de l’histoire que les Israéliens se sentent plus proches des pays européens qui ont pratiqué pendant des siècles une forme virulente d’antisémitisme qui a culminé avec l’Holocauste, que des pays musulmans qui leur ont accordé le statut de <em>dhimmi</em>, ou qui ont protégé une minorité et ne les ont jamais diabolisés, même si des relations violentes pouvaient avoir lieu parfois.</p>



<p>Alors que la France de Vichy dépouillait les Juifs français de leur nationalité en 1940, les oulémas algériens prêchaient le respect de leurs frères juifs et disaient aux musulmans de ne pas acquérir de propriétés juives qui auraient pu être spoliées par les Français. L&rsquo;Algérie faisait alors partie de la France. Le Roi Mohamed V du Maroc, alors colonie française, refuse de jouer le jeu de Vichy. Des milliers de Juifs ont été aidés par leurs frères musulmans alors que le général nazi Erwin Rommel se retirait à travers la Tunisie, une autre colonie française, après sa défaite face au maréchal Bernard Montgomery à El Alamein, dans le désert libyen. Le risque que les Juifs tunisiens soient déportés vers des camps de concentration au cours de l’hiver 1942-1943 était réel. Le monarque Moncef Bey et le leader du parti nationaliste Néo Destour Habib Bourguiba n’avaient rien à voir avec l’idéologie et les pratiques nazies. Donner vie à un monde presque oublié ne ramènera pas ce monde. Cela est vrai à Bagdad comme au Caire et à Tunis.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un crime contre l’humanité</h2>



<p>L’un des plus grands paradoxes de la politique israélienne depuis les années 1970 est que les votes des Juifs séfarades ont soutenu la mainmise sur le pouvoir du Likoud de droite et de ses dirigeants successifs, de Menachem Begin à Benjamin Netanyahu. La direction du Likoud a toujours été ashkénaze et ses politiques économiques néolibérales n’ont jamais servi les intérêts des secteurs défavorisés de la société. Shlaim soutient que <em>«les Juifs séfarades ont apporté avec eux en Israël une haine et une méfiance profondes à l’égard des Arabes et se sont donc naturellement tournés vers les partis de droite ouvertement nationalistes et méprisants»</em>. Selon lui, Menachem Begin a été l’un des premiers hommes politiques israéliens à recourir à la manipulation des sentiments anti-arabes, même si cette tactique n’était pas le monopole de la droite israélienne.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="9NEJm6BoPm"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/20/revelations-comment-letat-americain-protege-t-il-les-violations-des-droits-humains-par-israel/">Révélations: Comment l’État américain protège-t-il les violations des droits humains par Israël?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Révélations: Comment l’État américain protège-t-il les violations des droits humains par Israël? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/20/revelations-comment-letat-americain-protege-t-il-les-violations-des-droits-humains-par-israel/embed/#?secret=cf7PVZvRla#?secret=9NEJm6BoPm" data-secret="9NEJm6BoPm" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, les dirigeants et les médias occidentaux ont trop souvent donné l’impression d’un soutien généralisé aux bombardements aveugles de Gaza. Le quotidien israélien critique <em>Haaretz</em> s’est montré beaucoup plus libre et audacieux que ses homologues occidentaux. Les efforts déployés par Israël au fil des décennies pour redéfinir son nettoyage ethnique de la population arabe de Palestine en 1948 comme une conséquence du départ volontaire des Arabes de leurs foyers semblent avoir porté leurs fruits.</p>



<p>Les Israéliens ont réussi à réfuter l’accusation selon laquelle leur État aurait été bâti sur ce que certains observateurs considèrent comme un crime contre l’humanité. Pourtant, aujourd’hui, le transfert de la population palestinienne hors de Gaza est ouvertement discuté comme une solution officielle par les plus hauts dirigeants et anciens responsables israéliens.</p>



<p>La position équivoque de l’Occident sur Gaza révèle un ordre mondial confronté à une rébellion &nbsp;en raison de sa domination sur le discours international. Les doubles standards américains à l’égard d’Israël constituent un jeu dangereux, dans lequel l’UE s’est laissé entraîner.</p>



<p>Comme le note David Levy : «Pour une grande partie du sud de la planète et dans de nombreuses villes occidentales, la Palestine occupe désormais un espace symbolique. <em>C’est une ligne d’avatar d’une rébellion contre l’hypocrisie occidentale, contre un ordre mondial inacceptable et contre l’ordre postcolonial.</em> <em>En février 2022, après l’invasion russe de l’Ukraine, l’Occident s’est retrouvé et est fier de la façon dont il a répondu, avec une solidarité sans précédent, à l’agression de Vladimir Poutine. L’ordre libéral, mis à mal par la défaite en Afghanistan et en Irak, s’est rétabli. Deux ans plus tard, cette fierté est morte dans les ruines de Gaza.»</em></p>



<p>Il convient également de noter que les ventes massives d’armes américaines, françaises et britanniques à l’Arabie saoudite et à d’autres monarchies du Golfe ont considérablement accru l’instabilité au Yémen et au Soudan, encourageant ainsi l’Iran à renforcer ses forces par procuration, notamment au Liban et au Yémen, et érodant davantage l’influence de l’Union européenne et des États-Unis dans l’ensemble du Moyen-Orient. Ces mêmes armes déstabilisent également l’Europe. Cette instabilité croissante profite à la Russie et à la Chine : l’Occident semble avoir fait de l’acte de se tirer une balle dans le pied une forme d’art.</p>



<p>L’histoire récente est à l’origine du sentiment largement répandu d’un <em>«déclin de l’Occident»</em> et de sa conséquence inévitable, la montée du populisme de droite. Si les dirigeants occidentaux ne peuvent pas respecter les valeurs qui sous-tendent le monde qu’ils ont construit après 1945, s’ils sont tentés de jeter aux poubelles de l’histoire les idées de<em> «liberté, égalité, fraternité»</em> héritées de la Révolution française et de se précipiter pour vendre toujours plus d’armes aux régimes despotiques, pourquoi leurs propres électeurs, sans parler des peuples du monde entier, devraient-ils croire en eux ? **</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Traduit de l&rsquo;anglais.</em></p>



<p>* <em>Chercheur associé senior, Cidob, à Barcelone, et</em> <em>chercheur invité au Kings College de Londres</em>. </p>



<p><em>** Les intertitres sont de la rédaction.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="8NA1nK0cTB"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/01/un-siecle-de-lutte-en-palestine/">Un siècle de lutte en Palestine</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Un siècle de lutte en Palestine » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/01/un-siecle-de-lutte-en-palestine/embed/#?secret=zHuy3VqRJA#?secret=8NA1nK0cTB" data-secret="8NA1nK0cTB" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>La Tunisie réactive sa collaboration avec l’UE dans la lutte contre l’immigration irrégulière</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 Dec 2023 11:00:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans une lettre adressée au Conseil européen, Ursula von der Leyen annonce de nouveaux projets avec la Tunisie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/17/la-tunisie-reactive-sa-collaboration-avec-lue-dans-la-lutte-contre-limmigration-irreguliere/">La Tunisie réactive sa collaboration avec l’UE dans la lutte contre l’immigration irrégulière</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Les garde-côtes tunisiens ont repris leurs activités de contrôle de la migration irrégulière au moment même où Ursula von der Leyen annonçait de nouveaux projets avec ce pays d’Afrique du Nord, dans une lettre adressée au Conseil européen.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Ricard González</strong> et<strong> Lola Hierro</strong></p>



<span id="more-10941689"></span>



<p>La Tunisie a réactivé sa collaboration en tant qu’agent frontalier de l’Union européenne (UE). La décision de ce pays d’Afrique du Nord est intervenue après un confrontation au début de l’automne, lorsque le président Kaïs Saïed a déclaré <em>«risible»</em> un programme d’aide financière de 127 millions d’euros (139 millions de dollars). Les fonds – censés être fournis par l’UE – étaient liés à l’accord de lutte contre la migration irrégulière, signé début 2022 entre Tunis et Bruxelles. Mécontent, le chef de l’Etat a par la suite annulé une visite institutionnelle de la Commission européenne. Les désaccords avec l’UE se sont également traduits par un ralentissement des contrôles de l’immigration par les garde-côtes tunisiens.</p>



<p>Malgré les tensions liées à la mise en œuvre du protocole d’accord avec l’UE – signé en juillet et parrainé par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et la Première ministre italienne Giorgia Meloni – les garde-côtes tunisiens ont repris leurs activités en octobre. Dans le même temps, le président Saïed a depuis aplani les différends avec Bruxelles. Les données montrent qu’en comparaison, les garde-côtes ont assoupli leurs opérations au cours de l’été, au moment même où davantage de personnes prenaient la mer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La Tunisie reste coopérative</h2>



<p>Au cours des huit dernières années, les autorités tunisiennes ont intercepté en moyenne 48% de tous les migrants quittant les côtes du pays. Mais en juillet, lorsque le protocole d’accord entre Saïed et l’UE a été signé, ce chiffre n’était que d’environ 15%. En août, les interceptions ont encore diminué, à seulement 4%. Cependant, en septembre dernier, ils ont encore augmenté, pour atteindre 21%.</p>



<p>En octobre et novembre 2023, près de 20 000 personnes sont arrivées en Italie depuis les plages tunisiennes. La route migratoire entre ce pays d’Afrique du Nord et l’Italie est devenue pour la première fois la plus fréquentée de la Méditerranée centrale. Sur les plus de 150 000 personnes qui ont traversé la Méditerranée centrale sur des bateaux précaires depuis janvier, 62% sont parties des plages tunisiennes, selon Frontex, l’agence européenne des frontières. L’été dernier, lorsque tous les records ont été battus, 87% d’entre eux ont quitté la Tunisie. Le reste est parti de Libye, qui était auparavant la route principale.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="X6ww4n2Oj8"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/25/meloni-se-felicite-baisse-du-nombre-de-migrants-en-octobre-grace-a-laccord-avec-la-tunisie/">Meloni se félicite : «Baisse du nombre de migrants en octobre, grâce à l’accord avec la Tunisie»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Meloni se félicite : «Baisse du nombre de migrants en octobre, grâce à l’accord avec la Tunisie» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/25/meloni-se-felicite-baisse-du-nombre-de-migrants-en-octobre-grace-a-laccord-avec-la-tunisie/embed/#?secret=66TG6A2xh6#?secret=X6ww4n2Oj8" data-secret="X6ww4n2Oj8" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>L’arrêt des activités des garde-côtes tunisiens au cours de l’été en est la conséquence, explique Matteo Villa, chercheur principal à l’Institut italien d&rsquo;études politiques internationales (ISPI). Il analyse depuis des années le phénomène migratoire entre les deux pays.<em> «La Tunisie s’est montrée très active pour tenter d’empêcher les départs irréguliers. Si vous regardez les données, environ la moitié de ceux qui quittent ses côtes reviennent généralement»</em>, dit-il.</p>



<p>Cependant, en octobre, les pourcentages s’inversent : la Libye est, une fois de plus, le principal pays d’origine. Les garde-côtes tunisiens ont arrêté 82% des plus de 10 000 personnes qui tentaient d’entreprendre le voyage. En novembre, ils en ont arrêté 54%. Cette réactivation a coïncidé avec les projets annoncés dans une lettre de Von der Leyen au Conseil européen, dans laquelle elle annonçait un projet de lancement d’un nouveau partenariat de lutte contre la traite des êtres humains avec la Tunisie avant la fin 2023, avec le soutien des agences Europol et Eurojust. Le document mentionnait également que l’UE avait fourni <em>«du carburant pour soutenir les opérations anti-contrebande»</em> et que des responsables tunisiens avaient visité le siège de Frontex à la mi-septembre pour une <em>«se familiariser»</em> avec ses méthodes.</p>



<p>De plus, la police tunisienne a adopté une politique plus agressive contre les trafiquants, selon Romdhane Ben Amor, chercheur en migration au Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES). <em>«Ils ont appliqué une nouvelle politique consistant à s’en prendre aux ateliers de fabrication de barges. L’objectif est de fermer la mer</em> [aux migrants]», a-t-il déclaré.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La colère du président Saïed</h2>



<p>L’accord n’a pas bien démarré. Le président Saïed a même restitué 60 millions d’euros (66 millions de dollars) transférés par l’UE – l’excédent d’un fonds initialement alloué à la lutte contre le Covid-19. Cette décision était une protestation contre le retard dans la livraison des 150 millions d’euros (164 millions de dollars) de l’accord signé en juillet, qui promet plus d’un milliard de dollars d’aide au total pour mettre fin à l’immigration irrégulière vers l’Europe et soutenir la reprise financière du pays nord africain.</p>



<p>La Tunisie traverse une situation économique délicate, caractérisée surtout par un déficit public élevé et une pénurie de devises étrangères. L’annonce en septembre par Bruxelles d’un programme d’aide d’un montant de 127 millions d’euros (139 millions de dollars) a amené Saïed à déclarer qu’il n’était pas disposé à recevoir ces fonds, dénonçant un acte de <em>«charité»</em> humiliant. Quelques jours plus tard, le gouvernement de ce pays d’Afrique du Nord a annulé la visite prévue de la délégation de la Commission européenne.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="L8XnZNwIol"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/16/les-relations-entre-leurope-et-la-tunisie-tournent-au-poker-menteur/">Les relations entre l&rsquo;Europe et la Tunisie tournent au poker menteur</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les relations entre l&rsquo;Europe et la Tunisie tournent au poker menteur » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/16/les-relations-entre-leurope-et-la-tunisie-tournent-au-poker-menteur/embed/#?secret=4MAl4zvyde#?secret=L8XnZNwIol" data-secret="L8XnZNwIol" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Une source proche des négociations entre la Tunisie et l’UE assure à <em>El Pais</em> que l’administration de Saïed <em>«recevra les 150 millions d’euros (164 millions de dollars) avant la fin de l’année»</em>, faisaant partie de l’engagement pris cet été.</p>



<p>Selon Ben Amor, la diminution de la surveillance des frontières lors des tensions avec l’UE n’est pas sans rappeler les stratégies que d’autres pays tiers – comme la Turquie, le Maroc ou la Libye – ont employées dans le passé pour obtenir certains accords ou faveurs en échange de contrôles aux frontières.&nbsp;<em>«On voit une relation entre l</em><em>’</em><em>état des relations entre la Tunisie et l</em><em>’</em><em>UE et le zèle des garde-côtes»</em>, note-t-il. Francis Ghiles – chercheur principal au Barcelona Centre for International Affairs (Cidob) – partage cet avis. <em>«Les Tunisiens utilisent la migration comme moyen de pression. Le Maroc l’a fait il y a trois ans pour que l’Espagne change sa position sur le Sahara»</em>, a-t-il déclaré.</p>



<p>Un rapport interne de Frontex évoque également cette nette diminution des arrivées de navires clandestins enregistrés depuis octobre, l’attribuant au travail des garde-côtes tunisiens.<em> «Les activités préventives des autorités tunisiennes ont conduit à une diminution considérable des départs vers l</em><em>’</em><em>Italie. Tout assouplissement de ces mesures entraînerait un fort rebond du flux migratoire tunisien»</em>, peut-on lire dans le document de Frontex. La commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, a également exprimé cette position, lors d’une conférence de presse fin novembre.</p>



<p>Pour Francesco Pasetti – chercheur principal en migration au Cidob – la réaction de Saïed était le résultat de politiques européennes <em>«arrogantes»</em> et<em> «irresponsables»</em> envers un État souverain.<em> «Le mémorandum parlait d</em><em>’</em><em>un milliard d</em><em>’</em><em>euros, dont seulement 10% sont consacrés au contrôle de l</em><em>’</em><em>immigration. 90% </em>[des fonds sont destinés à] <em>des mesures macroéconomiques pour remédier à la situation économique du pays, mais jusqu’à présent, ce qui est parvenu à la Tunisie concerne le contrôle de l’immigration. Leur position donc se comprend lorsque Saïed dit qu’ils ne sont pas les </em>[gardes-côtes]<em> de l’Europe.</em> [Les Tunisiens] <em>sont censés faire tout ce qui est une priorité pour l’Europe, alors que la situation dans le pays n’intéresse guère l’UE.</em>»</p>



<p>L&rsquo;accord prévoit l’octroi d’un milliard d’euros d’aide au gouvernement de Tunis, bien que ce transfert soit lié à la réalisation des réformes promues par le Fonds monétaire international (FMI). C’est un autre élément de discorde avec l’UE, puisque Saïed hésite à signer l’accord de prêt, en raison d’une question de souveraineté nationale.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Traduit de l</em><em>’</em><em>anglais. </em><em></em></p>



<p><strong><em>Source</em></strong> : <a href="https://english.elpais.com/international/2023-12-16/tunisia-reactivates-its-collaboration-with-the-eu-in-the-fight-against-irregular-immigration.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">El Pais.</a> </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="WGKvMsHDt6"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/17/rome-et-londres-cofinancent-un-projet-pour-rapatrier-les-migrants-depuis-la-tunisie/">Rome et Londres cofinancent un projet pour rapatrier les migrants depuis la Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Rome et Londres cofinancent un projet pour rapatrier les migrants depuis la Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/17/rome-et-londres-cofinancent-un-projet-pour-rapatrier-les-migrants-depuis-la-tunisie/embed/#?secret=mSVg816hte#?secret=WGKvMsHDt6" data-secret="WGKvMsHDt6" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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			</item>
		<item>
		<title>Les relations entre l&#8217;Europe et la Tunisie tournent au poker menteur</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/16/les-relations-entre-leurope-et-la-tunisie-tournent-au-poker-menteur/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Jun 2023 10:22:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[consensus de Washington]]></category>
		<category><![CDATA[économie]]></category>
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		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[migration]]></category>
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		<category><![CDATA[UE]]></category>
		<category><![CDATA[voisinage]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>De la part de l'Union européenne,  la petite Tunisie mérite mieux qu’une partie de poker menteur. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/16/les-relations-entre-leurope-et-la-tunisie-tournent-au-poker-menteur/">Les relations entre l&rsquo;Europe et la Tunisie tournent au poker menteur</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’Union européenne a proposé à la Tunisie un programme d’aide de 1 milliard de dollars pour renforcer le contrôle des frontières. Cette somme modeste symbolise non seulement le manque d’ambition de l’Europe envers ses voisins du sud de la Méditerranée, mais aussi une politique égoïste qui ne parvient pas à résoudre les vrais problèmes de la Tunisie à court d’argent.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Francis Ghilès</strong> *</p>



<span id="more-8379226"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/11/Francis-Guiles.jpg" alt="" class="wp-image-370196"/></figure></div>


<p>La récente visite en Tunisie de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est concentrée sur l’endiguement de l’immigration, dans l’un des nombreux exemples où l’Union européenne (UE) peine à concilier sa politique de protection du mode de vie européen, la défense de ses intérêts et la défense les valeurs sur lesquelles elle a été fondée. Cette tâche est rendue plus difficile de jour en jour dans le contexte géopolitique des mouvements tectoniques et des puissantes alliances émergentes. Dans ce contexte, la petite Tunisie pourrait être considérée comme facile à persuader des avantages de son <em>«partenariat»</em> avec l’UE.</p>



<p>Le milliard de dollars de prêts et d’aide que l’UE a offert à la Tunisie à court d’argent fait preuve d’un cynisme qui ne cadre pas bien avec les intentions déclarées de l’UE de promouvoir la bonne gouvernance économique et le respect de la démocratie.</p>



<p>Le président Kaïs Saïed a peut-être peu de respect pour la liberté d’expression et les droits individuels, mais les dirigeants européens non plus lorsqu’ils détournent les yeux de l’Europe chrétienne (l’Ukraine) pour traiter avec leurs voisins musulmans du sud. Ce que l’UE offre à la Tunisie pourrait être comparé à l’accord que l’allié du Premier ministre italien Giorgia Meloni, feu Silvio Berlusconi, a conclu avec le dictateur libyen en 2008, ciblant les migrants africains.</p>



<p>La somme offerte à la Tunisie est à comparer aux 20 milliards de dollars pour deux ans que le G7 a offerts à la Tunisie au printemps 2011, quelques mois après la chute de Ben Ali. Sa modestie symbolise le manque d’ambition de l’Europe envers ses voisins du sud de la Méditerranée et, au-delà, le continent africain.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une visite et des questions</h2>



<p>Dimanche dernier, Ursula van der Leyden, le Premier ministre italien Giorgia Meloni (dont il s’agissait de la deuxième visite à Tunis en une semaine) et le Premier ministre néerlandais Mark Rutte se sont rendus à Tunis pour offrir à Kaïs Saïed une somme globale de 1 milliard de dollars contre une promesse d’endosser le rôle de gendarmes que la Turquie assume en Méditerranée orientale.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="2P2B32xlO2"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/14/le-cadeau-empoisonne-de-leurope-a-la-tunisie/">Le cadeau empoisonné de l’Europe à la Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le cadeau empoisonné de l’Europe à la Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/14/le-cadeau-empoisonne-de-leurope-a-la-tunisie/embed/#?secret=E1O1aiDumV#?secret=2P2B32xlO2" data-secret="2P2B32xlO2" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>La visite de l’UE soulève deux questions. Pourquoi le Premier ministre suédois (la Suède est l&rsquo;actuel président du Conseil de l’UE) n’a-t-il pas fait partie de la délégation? Où était le Premier ministre de la France, qui a des liens historiques et économiques profonds avec la Tunisie? L’absence de la première ministre Élisabeth Borne pose la question de savoir si la France a une politique maghrébine ou si elle laisse cyniquement l’UE, Giorgia Meloni et le secrétaire d’État américain Anthony Blinken faire la médiation au nom du Fonds monétaire international (FMI) qui a est en négociations prolongées sur un prêt de 1,9 milliard de dollars à la Tunisie depuis 2021.</p>



<p>La deuxième question est de savoir ce qui se cache derrière le 1 milliard de dollars ? La réponse est beaucoup moins évidente qu’il n’y paraît. En effet, l’UE a proposé de tripler les 105 millions de dollars de subventions actuellement proposées pour soutenir la Tunisie dans la gestion de ses frontières et de leur ajouter un 150 millions de dollars <em>«dans l’immédiat»</em> pour aider à <em>«briser le modèle commercial des passeurs et des trafiquants» </em>– autrement dit, empêcher les Subsahariens et un nombre croissant de Tunisiens de tenter la courte mais dangereuse traversée maritime vers les côtes du sud de l’Italie. Les immigrés atteignant les côtes italiennes, dont beaucoup sur des bateaux quittant la Tunisie, ont plus que doublé pour atteindre près de 54 000 depuis le début de 2023. Giorgia Meloni montre des signes de panique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les intérêts d’une élite corrompue</h2>



<p>L’autre partie du paquet repose sur l’acceptation par la Tunisie des conditions imposées par le FMI, ce contre quoi Kaïs Saïed s’est opposé. Réduire drastiquement les subventions énergétiques ou privatiser les entreprises publiques nuirait à sa popularité. Le président n’a jamais montré d’intérêt à s’attaquer aux profondes failles d’une économie corporatiste au-delà de la dénonciation de la corruption. Des hommes d’affaires <em>«corrompus»</em> sont désormais en prison aux côtés de défenseurs authentiques des droits de l’homme. Ses paroles sonnent encore plus creux pour les Tunisiens qui sont confrontés à des pénuries croissantes de produits de base.</p>



<p>Mais qu’en est-il des réformes du FMI ? Si un slogan a symbolisé la révolte de 2011, qui a renversé Ben Ali et s’est propagé comme une traînée de poudre à travers le Moyen-Orient, c’était : <em>«le travail est un droit, bande de voleurs»</em>. Au cours des deux décennies qui ont précédé le soulèvement, le récit du FMI et de la Banque mondiale &#8211; publié sur le site Web de cette dernière jusqu’à la mi-décembre 2010, lorsque la révolte a éclaté, était que le pays connaissait une forte croissance et une réduction de la pauvreté après avoir suivi de près le scénario des réformes d’ajustement structurel mieux connu sous le nom de Consensus de Washington. Les deux organisations ont utilisé leurs prêts à la Tunisie (Programme d’ajustement structurel 1986-1992), suivis de programmes de prêts après 2013 pour promouvoir des politiques de libéralisation, de déréglementation et de privatisation qui ont renforcé les intérêts d’une élite corrompue.</p>



<p>L’impact profond de ces politiques sur le bien-être des ménages tunisiens a sans surprise provoqué une résistance alors que les gens ordinaires ont vu leurs conditions économiques se détériorer. Beaucoup ont été bouleversés par la manière dont le coût de l’austérité a été réparti. La douleur a été ressentie avec le plus d’acuité dans l’arrière-pays pauvre, où la révolte a commencé en 2010, et dans les banlieues pauvres de Tunis.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le «pouvoir normatif» du FMI</h2>



<p>La refonte néolibérale de l’économie tunisienne a été menée, depuis son lancement en 1986, en vue d’intégrer le pays dans le système économique de l’UE. Le FMI rend ce cadre explicite dans son examen de la balance des paiements de la Tunisie et l’a toujours fait. Il a toujours fortement favorisé l’ouverture commerciale du pays vers l’Europe. Mais ses politiques de développement n’ont guère contribué à améliorer les perspectives d’emploi ou à accroître la croissance économique. La plupart des politiques sur lesquelles il a insisté ont été conçues pour répondre aux demandes du marché international (presque exclusivement européen) – ce que Bruxelles appelle, dans son jargon purement orwellien, son <em>«pouvoir normatif»</em>.</p>



<p>Au cours de la dernière décennie, la dette extérieure tunisienne, qui s’élève désormais à 94% du PIB, a doublé sans effet positif significatif sur l’investissement ou la croissance économique.</p>



<p>Pendant ce temps, à Washington, le 29 avril 2023, le conseiller américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan, a déclaré le Consensus de Washington <em>«mort»</em>. Mais qui va faire les frais de cet agenda imposé à tant de pays d’Afrique et du Moyen-Orient par le FMI et la Banque mondiale depuis plus d’une génération ?</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Pi1YCPBtEI"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/14/litalie-les-etats-unis-et-le-dilemme-de-saied/">L’Italie, les États-Unis et le dilemme de Saïed</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’Italie, les États-Unis et le dilemme de Saïed » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/14/litalie-les-etats-unis-et-le-dilemme-de-saied/embed/#?secret=SquhXmqRxZ#?secret=Pi1YCPBtEI" data-secret="Pi1YCPBtEI" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Les problèmes qui affectent la Tunisie sont profondément enracinés dans la politique intérieure, un État néo-patrimonial et des élites qui utilisent les réglementations étatiques pour empêcher la concurrence et empêcher l’entrée des jeunes entrepreneurs dans ce qui ressemble parfois à une mafia. Les relations de la Tunisie avec le FMI, la Banque mondiale et l’UE sont improductives, certains diraient destructrices. Le problème de la dette est désormais aggravé par les hausses des taux d’intérêt aux États-Unis et dans l’UE, la dette du pays étant libellée en dollars américains et en euros et aggravée par la politique de migration offshore de l’UE.</p>



<p>Aujourd’hui, les médias occidentaux sont pleins du bruit et de la fureur de la guerre en Ukraine. Comme après l’effondrement de l’Union soviétique en 1991, les dirigeants politiques de l’UE se concentrent sur l’Europe de l&rsquo;Est et sont incapables de réflexion stratégique vis-à-vis de l’Afrique du Nord et de l’Afrique, malgré les liens séculaires de l’histoire, de l’économie et du commerce, sans parler des millions d’êtres humains qui ont, pour ainsi dire, un pied sur chaque rive.</p>



<p>Ils ont oublié, s’ils les ont jamais compris, les mots de l’ancien directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn qui, il y a un quart de siècle, affirmait que l’Europe n’avait pas d’avenir si la Méditerranée ne devenait pas <em>«une mer européenne»</em>. Malgré le populisme qui règne sur les deux rives de la Méditerranée, la petite Tunisie mérite mieux qu’une partie de poker menteur.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Traduit de l’anglais.</em></p>



<p>* <em>Chercheur senior associé, Cidob, Espagne. Visiting Fellow Kings College Londres.</em></p>



<p><strong><em>Source</em></strong> : <a href="https://www.cidob.org/publicaciones/serie_de_publicacion/opinion_cidob/2023/relations_between_europe_and_tunisia_turn_into_a_game_of_liar_s_poker" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Cidob</a>. </p>
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		<title>Le cadeau empoisonné de l’Europe à la Tunisie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Jun 2023 08:26:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L'offre d'aide de l'Union européenne (UE) à la Tunisie sert surtout les intérêts du Vieux continent au détriment de l'avenir de son voisin du sud. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/14/le-cadeau-empoisonne-de-leurope-a-la-tunisie/">Le cadeau empoisonné de l’Europe à la Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Selon deux experts économiques, l&rsquo;offre d&rsquo;aide de l&rsquo;Union européenne (UE) à la Tunisie annoncée il y a quelques jours à Tunis sert surtout les intérêts du Vieux continent au détriment de l&rsquo;avenir de son voisin du sud dont le sort lui importe peu. </em></strong></p>



<span id="more-8351378"></span>



<p>Dans une lettre publiée par le <em><a href="https://www.ft.com/content/b5cbaef8-8113-4da7-a37c-48e0fe21a945?fbclid=IwAR1Lc3vAaxejXP6Jl99HZWvgRkVGBaVtMy9_msGBn_S4_TkYTJK_zpgMnS8" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Financial Times</a></em> aujourd’hui, mercredi 14 juin 2023, Pr Hachemi Alaya, fondateur et éditeur d’Ecoweek (Tunis), et Francis Ghilès, chercheur invité à King’s College (Londres) critiquent l’offre d’aide de l’UE à la Tunisie, annoncée samedi dernier, lors de la rencontre au Palais de Carthage entre le président de la république Kaïs Saïed, d’un côté et de l’autre, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, la Première ministre Italienne Giorgia Meloni et le Premier ministre néerlandais Thomas Ruud.</p>



<p>Les deux auteurs parlent d’un <em>«jeu de poker menteur qui illustre l’incapacité de l&rsquo;UE à relever le défi qui se dresse sur sa frontière sud. La situation financière désastreuse de la Tunisie, dont les dirigeants successifs sont responsables, a privé la Tunisie de tout levier sérieux»</em>.</p>



<p>Ils rappellent l’offre d’aide faite par l’Occident, en 2011, à la Tunisie et à l’Égypte, quelques mois après la chute de leurs autocrates Ben Ali et Moubarak, soit 20 milliards de dollars, chiffre qui, selon le président français Nicolas Sarkozy, pourrait être doublé si l’Arabie saoudite et les États du Golfe versaient 10 milliards de dollars.</p>



<p>La différence entre cette somme et celle d’un peu plus d’un milliard de dollars que l’UE a promise à la Tunisie le week-end dernier prouve que la politique de l&rsquo;UE est <em>«guidée par les craintes d’une forte augmentation de l’immigration clandestine en provenance des côtes tunisiennes plutôt que par la volonté de promouvoir un partenariat plus ambitieux avec ce pays.»</em></p>



<p>Selon Alaya et Ghiles, trois points plaident en faveur de cette interprétation du paquet annoncé dimanche par les dirigeants européens à Tunis.</p>



<p><em>«Premièrement, la Tunisie s’engagera à faire en sorte qu’aucun immigrant subsaharien dans le pays ne réussisse à s’installer en Italie, un engagement similaire à celui que Bruxelles a pris avec la Turquie en 2015. L’Algérie et le Maroc ont été inébranlables dans leur refus d’agir en tant que gendarme de l’UE.</em></p>



<p><em>«Deuxièmement, le programme d’aide, axé sur l’investissement industriel, sera axé sur la production d’énergie non renouvelable destinée à l’exportation vers l’Europe, et non pour les besoins locaux.</em></p>



<p><em>«Et troisièmement, l’accès plus facile des Tunisiens au réseau d’échange d’étudiants Erasmus ne peut qu’accélérer ce qui est déjà une énorme fuite des cerveaux, entravant ainsi l’avenir économique de la Tunisie.»</em></p>
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		<title>En Tunisie, la périphérie prend une revanche historique</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Apr 2021 10:24:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[bled makhzen]]></category>
		<category><![CDATA[bled siba]]></category>
		<category><![CDATA[Francis Ghilès]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe chimique tunisien]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Daly]]></category>
		<category><![CDATA[Société des phosphates de Gafsa]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que le régime économique de la Tunisie est en pleins bouleversements depuis la révolution de 2011, la population des régions périphériques, longtemps délaissée par le pouvoir central, ne supporte plus de voir les ressources naturelles du pays exploitées au profit exclusif de la capitale et des régions côtières de Sousse, Monastir et Sfax. La...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/02/Sit-in-phosphate.jpg" alt="" class="wp-image-140561"/><figcaption><em>Des sit-inneurs bloquent les rails et empêchent le transport du phosphate du bassin minier de Gafsa, exigeant leur part de la principale richesse de leur région.  </em></figcaption></figure>



<p><strong><em>Alors que le régime économique de la Tunisie est en pleins bouleversements depuis la révolution de 2011, la population des régions périphériques, longtemps délaissée par le pouvoir central, ne supporte plus de voir les ressources naturelles du pays exploitées au profit exclusif de la capitale et des régions côtières de Sousse, Monastir et Sfax. La révolte du pain en janvier 1984 aurait dû servir de signal d’alarme mais il n’en fut rien.</em></strong> </p>



<p>Par <strong>Francis Ghilès </strong>*</p>



<span id="more-344668"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/01/Francis-Ghiles.jpg" alt="" class="wp-image-134482"/></figure></div>



<p>Après la chute de Ben Ali, le makhzen tunisien n’a pas eu la lucidité de regarder la réalité économique et sociale en face. Ses tentatives d’exploiter le bled siba, le bled de la dissidence, sont en train de tourner court. La périphérie est en passe de prendre une revanche historique.**</p>



<p>Les régions périphériques de la Tunisie sont riches en ressources, mais pauvres en revenus et capitaux. Les 11 gouvernorats de cette périphérie occupent 70% du territoire tunisien, comptent 30% de la population et fournissent à la côte et à Tunis 100% des ressources en phosphates, 70% des ressources en eau et en blé dur, plus de la moitié des ressources en gaz et en pétrole et 80% de la main-d’œuvre migrante. Le revenu n’y atteint pourtant qu’un tiers de la moyenne nationale. Le manque d’accumulation de capital sous l’effet combiné de la faiblesse des revenus, de la fuite des élites et des capitaux locaux a engendré un sentiment d’iniquité qui est à l’origine de la révolution de 2011.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une lame de fonds qui surgit des profondeurs de la périphérie</h3>



<p>Les rapports entre le bled makhzen et le bled siba ont été bien décrits par l’historien du XIVe siècle Ibn Khadoun. Le siba occupera-t-il un jour le makhzen ? L’histoire le dira. Ce qui est certain c’est que l’exercice d’une démocratie calquée sur le modèle occidental ne résoudra sans doute pas le défi majeur qui confronte la Tunisie d’aujourd’hui. L’ancien président de la Société des phosphates de Gafsa (SPG) et du Groupe chimique tunisien (GCT), Kais Daly, est un analyste averti de la vigueur et de l’extension croissante de cette contestation. Tant que les dirigeants tunisiens persistent à ignorer cette réalité, ils se condamnent à l’impuissance. Les félicitations que des ONG et gouvernements occidentaux décernent à la Tunisie pèsent peu quand ils sont confrontés à la lame de fonds qui surgit des profondeurs de la périphérie.</p>



<p>La contrebande traditionnelle avec la Libye qui permettait à de nombreuses familles de Médenine et Tataouine de survivre va croissant depuis le tournant du siècle. C’est la première étape, peu remarquée alors, de la révolte. La deuxième, l’intifada du bassin minier de Gafsa en 2008 sonne l’heure de la désobéissance civile mais ne semble pas émouvoir autrement les experts de la Banque mondiale, de l’Union Européenne et du Forum de Davos qui continuent à ériger le développement économique tunisien en modèle pour l’Afrique et le Moyen-Orient. La troisième étape de la révolte voit le transfert de richesses de la périphérie vers le centre diminuer de moitié depuis 2011. Gafsa et Tataouine revendiquent aussi leur quote-part de revenus des ressources en énergie et phosphates. L’extension de la zone de contrebande s’élargit pour englober Gabes et Kairouan.</p>



<p>L’extension continuelle du champ géographique de la contrebande encourage l’évasion des produits agroalimentaires vers la Libye et l’Algérie et l’entrée de produits concurrents moins coûteux que les produits locaux, forçant de nombreuses usines à fermer leurs portes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’économie informelle devenue une stratégie de survie de millions de Tunisiens</h3>



<p>L’économie souterraine de contrebande est devenue la stratégie micro-économique de survie de millions de tunisiens. Le secteur informel, qui ne paie pas d’impôts, prend une ampleur accrue.</p>



<p>S’ajoute à ces problèmes qui privent le fisc de revenus importants, l’inflation inédite du nombre de fonctionnaires et d’employés du secteur public, l’effondrement de l’investissement public et la fuite accélérée des capitaux, pour ne pas parler du doublement de la dette de l’État. Les clignotants économiques et financiers sont tous au rouge et pointent dans une seule direction, le rééchelonnement de la dette et la dévaluation du Dinar Tunisien.</p>



<p>Les conséquences de la constitution, endossée par l’Assemblée des représentant du peuple (ARP) en 2014 et qui n’est ni présidentielle ni parlementaire, sont un conflit permanent entre la présidence de l’État et celle du gouvernement alors que l’ARP est devenue le carrefour des intérêts de députés et de partis qui n’articulent ni idéologie ni intérêt économiques et sociaux de classe.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Prévalence de «la pensée magique» sur les enjeux de politique économique</h3>



<p>La politique en Tunisie est totalement déconnectée de la réalité du pays. Le grand problème reste le rythme de prise de conscience des Tunisiens de ce que signifie réellement la politique : le choix de trajectoires futures. Le vote se fait par réaction : sanction, plus souvent intrusion comme celle de la jeunesse lors de l’élection de Kais Saied à la présidence il y a dix-huit mois. D’où la prévalence de ce que Kais Daly appelle <em>«la pensée magique»</em> sur les grands enjeux de politique économique.</p>



<p>La démocratie a mis des générations pour être bâtie en Europe, y compris en France et au Royaume Uni. Il faut espérer qu’en Tunisie, l’histoire puisse accélérer son cours.</p>



<p><em>* Chercheur associé au Cidob, à Barcelone, ancien correspondant du Financial Times et contributeur à la BBC, France 24 et Al Jazeera. </em></p>



<p><strong><em>Article tiré d&rsquo;un podcast de l’auteur diffusé le 19 mars 2021.</em></strong></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis :</em></h4>



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</div></figure>



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		<title>Covid-19 : Francis Ghilès impressionné par la bonne gestion tunisienne de la pandémie</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Sep 2020 14:03:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[MEDIA]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Amel Ben Said]]></category>
		<category><![CDATA[Faouzi Addad]]></category>
		<category><![CDATA[Francis Ghilès]]></category>
		<category><![CDATA[hechmi louzir]]></category>
		<category><![CDATA[Nissaf Ben Alaya]]></category>
		<category><![CDATA[pandémie Covid-19]]></category>
		<category><![CDATA[Sonia Bencheikh]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les Tunisiens ne sont jamais contents d’eux-mêmes, même la crise de la pandémie de la Covid-19, dont la première vague est pourtant passée chez eux sans gros encombres, a suscité leurs vives critiques. Interpellé par ces bons résultats, un collègue européen a effectué récemment une enquête en Tunisie. Son témoignage est pourtant édifiant : les...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/09/Covid-19-Monde.jpg" alt="" class="wp-image-315641"/></figure>



<p><strong><em>Les Tunisiens ne sont jamais contents d’eux-mêmes, même la crise de la pandémie de la Covid-19, dont la première vague est pourtant passée chez eux sans gros encombres, a suscité leurs vives critiques. Interpellé par ces bons résultats, un collègue européen a effectué récemment une enquête en Tunisie. Son témoignage est pourtant édifiant : les Tunisiens n’ont pas du tout démérité.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-315640"></span>



<p>Dans un article intitulé <em>«L’expérience tunisienne face à la pandémie mérite l’attention de l’Occident»</em>, publié en anglais par<em><a aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://thearabweekly.com/tunisias-experience-coping-pandemic-worth-wests-attention" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> ‘‘The Arab Weekly’’</a></em> et reproduit en français par <em><a aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://legrandcontinent.eu/fr/2020/09/09/lexperience-tunisienne-face-a-la-pandemie-merite-lattention-de-loccident/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">‘‘Le Grand Continent’’</a></em>, notre confrère Francis Ghilès a tenté de comprendre comment la Tunisie, malgré ses moyens relativement limités, a réussi à réagir promptement face à la pandémie et en limiter les dégâts, alors que des Etats, européens autrement plus et mieux dotés, ont affiché des résultats beaucoup plus mitigés. Pour lui, ce petit succès, la Tunisie le doit notamment à un écosystème de santé où les praticiens compétents ne manquent pas et à une bonne collaboration entre les hommes (et surtout les femmes) de sciences et les responsables politiques.</p>



<p>Pour cela, Ghilès a rencontré beaucoup de figures importantes de l’écosystème de santé en Tunisie, notamment docteure Sonia Bencheikh, ancienne ministre de la Santé par intérim, Docteure Nissaf Ben Alaya, directrice de l’Observatoire national des maladies nouvelles et émergentes, docteure Amel Ben Said, directrice des soins de santé de base au ministère de la Santé, professeur Hechmi Louzir, directeur de l’Institut Pasteur de Tunis, ou encore le professeur Faouzi Addad, qui exerce à l’hôpital universitaire Abderrahmane Mami dans la banlieue de l’Ariana à Tunis. Et c’est au cours de ses visites de terrain et lors des discussions avec les principaux acteurs et actrices qu’il a découvert un système de santé qui, malgré les pressions et les difficultés quotidiennes, fonctionne tant bien que ml et donne satisfaction.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/01/Francis-Ghiles.jpg" alt="" class="wp-image-134482"/></figure></div>



<p><em>«Même en tenant compte du fait, que la population de la Tunisie représente moins d&rsquo;un tiers de celle de ses deux voisins nord-africains </em>(par allusion au Maroc et à l’Algérie, Ndlr), <em>et que les Tunisiens sont préoccupés par une récente flambée des chiffres cet été, le succès relatif du pays dans la maîtrise de la pandémie est frappant. Un succès malgré des troubles politiques et une faible croissance, sans parler de la menace du terrorisme et de la corruption généralisée», </em>écrit Ghilès. Et sa conclusion est sans ambages : <em>«Ces derniers mois démontrent aussi parfaitement que, contrairement à ce que trop de gens semblent penser en Occident, le fait d’être ‘‘arabe’’ et ‘‘musulman’’ ne condamne pas les gens à l’incompétence. La pandémie de la Covid-19 a montré qu’être ‘‘occidental’’ et ‘‘chrétien’’ n’offre aucune garantie de bonne gouvernance en matière de santé. Le concept de ‘‘pays sous-développé’’ a peut-être dépassé sa date limite de consommation.»</em></p>



<p>La Tunisie a certes eu douze ministres de la Santé depuis 2011, fait encore remarquer le journaliste, <em>«le pays est mal gouverné mais il est bien administré»</em>, souligne-t-il, en citant cette phrase d’<em>«un homme d’affaires de haut rang à Tunis».</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/09/09/covid-19-francis-ghiles-impressionne-par-la-bonne-gestion-tunisienne-de-la-pandemie/">Covid-19 : Francis Ghilès impressionné par la bonne gestion tunisienne de la pandémie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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