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Covid-19 : Francis Ghilès impressionné par la bonne gestion tunisienne de la pandémie

Les Tunisiens ne sont jamais contents d’eux-mêmes, même la crise de la pandémie de la Covid-19, dont la première vague est pourtant passée chez eux sans gros encombres, a suscité leurs vives critiques. Interpellé par ces bons résultats, un collègue européen a effectué récemment une enquête en Tunisie. Son témoignage est pourtant édifiant : les Tunisiens n’ont pas du tout démérité.

Par Imed Bahri

Dans un article intitulé «L’expérience tunisienne face à la pandémie mérite l’attention de l’Occident», publié en anglais par ‘‘The Arab Weekly’’ et reproduit en français par ‘‘Le Grand Continent’’, notre confrère Francis Ghilès a tenté de comprendre comment la Tunisie, malgré ses moyens relativement limités, a réussi à réagir promptement face à la pandémie et en limiter les dégâts, alors que des Etats, européens autrement plus et mieux dotés, ont affiché des résultats beaucoup plus mitigés. Pour lui, ce petit succès, la Tunisie le doit notamment à un écosystème de santé où les praticiens compétents ne manquent pas et à une bonne collaboration entre les hommes (et surtout les femmes) de sciences et les responsables politiques.

Pour cela, Ghilès a rencontré beaucoup de figures importantes de l’écosystème de santé en Tunisie, notamment docteure Sonia Bencheikh, ancienne ministre de la Santé par intérim, Docteure Nissaf Ben Alaya, directrice de l’Observatoire national des maladies nouvelles et émergentes, docteure Amel Ben Said, directrice des soins de santé de base au ministère de la Santé, professeur Hechmi Louzir, directeur de l’Institut Pasteur de Tunis, ou encore le professeur Faouzi Addad, qui exerce à l’hôpital universitaire Abderrahmane Mami dans la banlieue de l’Ariana à Tunis. Et c’est au cours de ses visites de terrain et lors des discussions avec les principaux acteurs et actrices qu’il a découvert un système de santé qui, malgré les pressions et les difficultés quotidiennes, fonctionne tant bien que ml et donne satisfaction.

«Même en tenant compte du fait, que la population de la Tunisie représente moins d’un tiers de celle de ses deux voisins nord-africains (par allusion au Maroc et à l’Algérie, Ndlr), et que les Tunisiens sont préoccupés par une récente flambée des chiffres cet été, le succès relatif du pays dans la maîtrise de la pandémie est frappant. Un succès malgré des troubles politiques et une faible croissance, sans parler de la menace du terrorisme et de la corruption généralisée», écrit Ghilès. Et sa conclusion est sans ambages : «Ces derniers mois démontrent aussi parfaitement que, contrairement à ce que trop de gens semblent penser en Occident, le fait d’être ‘‘arabe’’ et ‘‘musulman’’ ne condamne pas les gens à l’incompétence. La pandémie de la Covid-19 a montré qu’être ‘‘occidental’’ et ‘‘chrétien’’ n’offre aucune garantie de bonne gouvernance en matière de santé. Le concept de ‘‘pays sous-développé’’ a peut-être dépassé sa date limite de consommation.»

La Tunisie a certes eu douze ministres de la Santé depuis 2011, fait encore remarquer le journaliste, «le pays est mal gouverné mais il est bien administré», souligne-t-il, en citant cette phrase d’«un homme d’affaires de haut rang à Tunis».

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