<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des Gaza - Kapitalis</title>
	<atom:link href="https://kapitalis.com/tunisie/tag/gaza/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://kapitalis.com/tunisie/tag/gaza/</link>
	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
	<lastBuildDate>Fri, 10 Jul 2026 06:28:30 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.0.1</generator>

<image>
	<url>https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/cropped-Logo-Kapitalis-32x32.png</url>
	<title>Archives des Gaza - Kapitalis</title>
	<link>https://kapitalis.com/tunisie/tag/gaza/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Otan &#124; Une alliance militaire en crise d’identité</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/10/otan-une-alliance-militaire-en-crise-didentite/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/10/otan-une-alliance-militaire-en-crise-didentite/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Jul 2026 06:28:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Alliance Atlantique]]></category>
		<category><![CDATA[Asie]]></category>
		<category><![CDATA[Donald Trump]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[génocide]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Otan]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=19197872</guid>

					<description><![CDATA[<p>L'Otan traverse une grave crise d'identité qui laisse apparaître de profondes divisions dans ses rangs menaçant sa pérennité. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/10/otan-une-alliance-militaire-en-crise-didentite/">Otan | Une alliance militaire en crise d’identité</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Sans une vision stratégique cohérente, centrée sur la légitimité démocratique, les droits de l’homme et l’État de droit, l’Otan risque de devenir un instrument militaire au service des intérêts économiques des Etats-Unis et de ceux du complexe militaro-industriel américain, aux dépens de ceux du reste du monde, l’Europe y compris.</em></strong> <em>(Photo : Sommet de l&rsquo;Otan à Ankara, les 7 et 8 juillet 2026 : derrière l&rsquo;apparence d&rsquo;unité, de profondes fissures menacent l&rsquo;édifice atlantique).</em> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Habib Glenza,</strong> <em>à Lodz, Pologne.</em></p>



<span id="more-19197872"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/05/Habib-Glenza.jpg" alt="" class="wp-image-155577"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Toute alliance militaire durable repose en fin de compte sur une question simple en apparence, mais en réalité complexe : que défend-elle ? Sans réponse claire à cette interrogation, elle devient réactive, définie par ses adversaires plutôt que par un objectif commun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque l’Otan a été fondée en 1949, cet objectif était clair. Née sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale, l’alliance a été créée pour défendre ce que ses fondateurs appelaient le <em>«monde libre»</em>, contre l’expansionnisme soviétique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus fondamentalement, elle visait à préserver un ordre international libéral reposant sur quatre piliers complémentaires :&nbsp;gouvernance démocratique, ouverture économique, primauté géopolitique de l’Occident, et droit international fondé sur la Charte des Nations Unies.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Fossé entre les valeurs prônées et les politiques menées</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Chacun de ces piliers est aujourd’hui mis à rude épreuve. On l’observe notamment dans l’identité politique de l’Alliance, fragilisée par le recul de la démocratie et la montée de l’autoritarisme. L’Otan a beau demeurer le plus puissant bloc militaire au monde, sa légitimité morale dépend de la capacité de ses membres à continuer d’incarner les valeurs démocratiques qu’ils prônent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réaction de nombreux gouvernements membres de l’Otan face à la campagne militaire d’Israël à Gaza a mis en évidence un fossé grandissant entre les valeurs proclamées par l’Alliance et les politiques menées par ses membres. Alors que la Cour internationale de justice (CIJ) et la Cour pénale internationale (CPI) continuent d’examiner les allégations de génocide et d’autres violations graves du droit international par l’Etat d’Israël, plusieurs membres éminents de l’Otan –en premier lieu desquels les États-Unis – continuent d’apporter au gouvernement israélien un soutien militaire et une couverture politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, une alliance dont la légitimité historique trouve ses racines dans le rejet du fascisme et les crimes de guerre ne peut se permettre d’apparaître sélective dans sa défense des principes humanitaires universels. La cohérence morale n’est pas un luxe éthique, mais un atout stratégique, que l’Otan abandonne aujourd’hui à ses risques et périls.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’ordre économique libéral mis à mal par ses protagonistes même</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’ordre économique libéral subit également une pression croissante. Ironie de la situation, la plus grande difficulté de l’Otan ne provient pas de ses adversaires, mais de ses propres États membres, le protectionnisme, les guerres tarifaires et la politisation du commerce international ayant mis à mal le système fondé sur des règles que les pays occidentaux ont mis des décennies à bâtir et à entretenir après 1945.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le même temps, le centre de gravité de l’économie mondiale s’est clairement déplacé vers l’Asie. À l’époque de la création de l’Otan, ses membres représentaient environ deux tiers du PIB mondial. Leur part est depuis tombée à moins de la moitié, l’Asie s’étant imposée comme le principal moteur de croissance de l’économie planétaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Troisième pilier de l’ordre d’après-guerre, le leadership géopolitique est devenu tout aussi fragile. La guerre froide fournissait à l’Otan un cadre stratégique clair. Après l’effondrement de l’URSS, l’hypothèse selon laquelle la prédominance américaine perdurerait s’est imposée comme une évidence, sous-tendant les vagues successives d’élargissement de l’Otan, et renforçant la conviction selon laquelle la supériorité militaire à elle seule pouvait déterminer l’issue des événements internationaux.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="eQWgSN3yf7"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/04/les-pays-de-lotan-sont-ils-prets-a-une-guerre-contre-la-russie/">Les pays de l’Otan sont-ils prêts à une guerre contre la Russie?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les pays de l’Otan sont-ils prêts à une guerre contre la Russie? » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/04/les-pays-de-lotan-sont-ils-prets-a-une-guerre-contre-la-russie/embed/#?secret=3AK5UOjmo5#?secret=eQWgSN3yf7" data-secret="eQWgSN3yf7" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La guerre en Afghanistan a mis en évidence les limites de cette hypothèse. À la suite des attentats du 11 septembre 2001 contre les États-Unis, l’Otan a mené l’opération militaire la plus vaste et la plus longue de son histoire. Or, malgré deux décennies d’écrasante supériorité militaire et technologique américaine, les talibans sont revenus au pouvoir à Kaboul.&nbsp;Il ne s’agit pas d’en tirer comme enseignement que la force est devenue inutile, mais plutôt que la réussite sur le champ de bataille ne saurait se substituer à une stratégie politique cohérente. Une sécurité durable passe par la diplomatie, le renforcement des institutions, l’engagement régional et une vision politique à long terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette leçon s’applique d’autant plus dans le contexte multipolaire actuel. Bien que la dissuasion demeure indispensable, les cadres de la guerre froide ne sont plus adaptés à un monde façonné par la coercition économique, les migrations, l’insécurité énergétique, la concurrence technologique et la cyberguerre. L’Otan doit par conséquent compléter sa puissance militaire par une vision géopolitique clairvoyante et une pratique subtile du pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ordre juridique international cède de plus en plus la place à la politique des grandes puissances. La crédibilité de toute alliance repose sur sa volonté de faire respecter les normes qu’elle proclame. Or, les menaces d’annexion du Groenland – un territoire autonome du Danemark – formulées par le président américain Donald Trump remettent en cause l’un des principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies : l’intégrité territoriale des États souverains. Lorsque la puissance dominante de l’Otan menace la souveraineté de l’un de ses propres membres, l’engagement de l’alliance en faveur du droit international sonne creux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces défis structurels sont aggravés par une fracture croissante concernant l’objectif stratégique de l’Otan. Certes, les désaccords entre alliés ne datent pas d’hier. La guerre en Irak a par exemple a profondément partagé les États-Unis et leurs partenaires européens, mais les deux parties ont continué de considérer l’Otan comme indispensable à la sécurité transatlantique.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">D’une alliance politico-militaire à un arrangement transactionnel </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sous Trump, les États-Unis considèrent de plus en plus l’Otan comme un arrangement transactionnel, et prennent d’importantes décisions de politique étrangère sans consulter leurs principaux alliés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La guerre contre l’Iran l’illustre parfaitement. Ce conflit, qui est susceptible de redessiner le paysage sécuritaire régional, et qui a profondément perturbé l’économie mondiale, revêt de profondes implications pour tous les États membres de l’Otan, alors que l’Alliance elle-même semble n’avoir joué aucun rôle dans le processus décisionnel. Une alliance dont les membres peuvent être entraînés dans un conflit régional qu’ils n’ont ni choisi collectivement, ni approuvé politiquement, risque de saper la confiance mutuelle nécessaire à la coopération en matière de sécurité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La crise de l’Otan étant davantage une crise d’identité que de capacités, la redynamisation de l’Alliance nécessite plus qu’une augmentation des budgets de défense et qu’un renforcement de la dissuasion. L’Otan a besoin d’un fondement normatif renouvelé, ancré dans la légitimité démocratique et les droits de l’homme, d’un réengagement à l’appui du droit international, ainsi que d’une vision économique adaptée à l’ère du rééquilibrage mondial des puissances.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sans une philosophie stratégique cohérente, centrée sur la légitimité démocratique, les droits de l’homme et l’État de droit, l’Otan risque de ne devenir qu’un instrument au service des intérêts des Etats-Unis et de ceux du complexe militaro-industriel&nbsp;américain.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="fhnlq9WFa4"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/06/les-americains-se-desengageront-de-lotan-des-2027/">Les Américains se désengageront de l’Otan dès 2027 </a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les Américains se désengageront de l’Otan dès 2027  » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/06/les-americains-se-desengageront-de-lotan-des-2027/embed/#?secret=AQzvU2Ulfl#?secret=fhnlq9WFa4" data-secret="fhnlq9WFa4" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/10/otan-une-alliance-militaire-en-crise-didentite/">Otan | Une alliance militaire en crise d’identité</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/10/otan-une-alliance-militaire-en-crise-didentite/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Israël et le retour de bâton du génocide à Gaza</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/09/israel-et-le-retour-de-baton-du-genocide-a-gaza/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/09/israel-et-le-retour-de-baton-du-genocide-a-gaza/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jul 2026 07:51:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[génocide]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[soldats]]></category>
		<category><![CDATA[stress de combat]]></category>
		<category><![CDATA[traumatisme de guerre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=19187301</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le stress de combat fait des ravages en profondeur parmi les soldats israéliens engagés à Gaza et dans la société israélienne. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/09/israel-et-le-retour-de-baton-du-genocide-a-gaza/">Israël et le retour de bâton du génocide à Gaza</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>«On fait de nous des zombies», disent des anciens combattants israéliens. «Quand tout est permis, personne n’est protégé» : c’est ce qu’écrit un capitaine de réserve israélien anonyme dans le quotidien Haaretz, dénonçant le flou total quant aux règles d’engagement de l’armée d’occupation.</em></strong> <strong><em>Autorisés à faire tout et n’importe quoi, les militaires israéliens engagés à Gaza depuis bien avant le 7 octobre 2023 subissent un retour de bâton massif : ça s’appelle le stress de combat et ça fait des ravages en profondeur dans la société israélienne. Certains d’entre eux se sont révoltés et sont passés à l’action, comme le raconte le reportage ci-dessous, traduit de l’hébreu, après la tribune publiée par un capitaine anonyme (voir ci-dessous).</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Fausto Giudice *</strong></p>



<span id="more-19187301"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Fausto-Giudice.jpg" alt="" class="wp-image-19187326" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Fausto-Giudice.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Fausto-Giudice-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Fausto-Giudice-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Plus de 70 000 Palestiniens ont été tués et plus de 171 000 blessés par l’armée israélienne à Gaza depuis octobre 2023.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces chiffres sont mondialement connus. Un chiffre qui l’est moins est celui des 85 000 soldats qui ont reçu des traitements pour troubles psychiques entre octobre 2023 et décembre 2025.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La consommation de drogues a explosé parmi la population israélienne juive et on estime à deux millions le nombre d’Israéliens ayant besoin de soins mentaux. Entre un quart et un tiers des appelés et réservistes ayant participé à la guerre contre Gaza ont donc été diagnostiqués comme souffrant de troubles mentaux, pour la plupart de ce qu’on appelle <em>«stress de combat»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le «stress de combat»</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’état de stress post-traumatique (ESPT) désigne une réaction psychologique à un événement traumatique intense, en particulier lorsque la vie est menacée. Ce trouble peut affecter n’importe qui, peu importe l’âge, le milieu culturel ou le sexe. Ce n’est que depuis quelques années que l’on entend davantage parler de l’ESPT, mais on sait que ce trouble est connu depuis au moins l’Antiquité grecque et a été désigné de bien des façons.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant la guerre de Sécession, cette affection était connue sous le nom de <em>«soldier’s heart»</em> (trouble affectif du soldat); lors de la Première Guerre mondiale, elle était désignée par les termes de <em>«traumatisme dû au bombardement»</em>, et au cours de la Seconde Guerre mondiale, elle était appelée <em>«névrose de guerre»</em>. Bon nombre de soldats qui présentaient des symptômes associés à l’ESPT pendant le combat étaient considérés comme souffrant d’<em>«épuisement au combat»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours de la guerre du Vietnam, c’est l’expression <em>«stress de combat»</em> qui a été employée pour désigner ce phénomène. Certains sujets qui en étaient atteints ont fini par présenter une affection qui, en 1980, à été officiellement appelée <em>«syndrome de stress post-traumatique»</em>. L’expression stress de combat se traduit en hébreu parעָקַת קְרָב  (<em>akat krav</em>), se substituant au terme plus ancien deהֶלֶם  קְרָב  (<em>helem krav</em>, qui se traduisait plutôt par <em>«choc de combat»</em> ou <em>«commotion de combat»</em>), aujourd’hui considéré comme moins précis, et encore employé dans le langage courant, par exemple par les vétérans faisant leur sit-in devant la Knesset.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Trouble de stress post-traumatique (TSPT) repose sur 3 grands types de symptômes se manifestant simultanément, dont l’intensité perturbe le quotidien :<br><strong>&#8211; </strong><em>les reviviscences (intrusions) :</em>&nbsp;la personne revit l’événement de façon incontrôlable (flashbacks, cauchemars, impressions sensorielles)&nbsp;;<br><em>&#8211; l’évitement :</em>&nbsp;la mise en place de stratégies pour fuir toute pensée, situation, odeur ou personne liée au traumatisme&nbsp;;<br><em>&#8211; l’hyperactivité neurovégétative :</em>&nbsp;un état d’alerte et de sensation de menace permanente (hypervigilance, sursauts, irritabilité, troubles du sommeil).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une pathologie durable</h2>



<p class="wp-block-paragraph">On ne guérit pas de cette affection. 50 ans après la fin de la guerre du Vietnam, on estime à 271 000 le nombre de vétérans US souffrant de TSPT, soit 11% des vétérans et 9% des vétéranes. 30% des anciens combattants et 27% des anciennes combattantes du Vietnam ont développé des TSPT au cours de leur vie. Environ 50 % à 60 % de ces anciens combattants souffrent également de dépression concomitante, et 30 % à 40 % sont confrontés à des troubles liés à la consommation de substances.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres concernant des précédents guerres coloniales/impériales sont plus flous, vu que la pathologie clinique des TSP n’a été établie cliniquement qu’à la fin des années 1960. Ce qu’on sait par exemple, c’est que 15 000 des 2 millions 800 000 soldats français ayant été en service actif pendant la guerre d’Algérie ont été ensuite internés dans des asiles psychiatriques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La société israélienne va donc au-devant de chocs inouïs, qui ne viendront cette fois-ci plus de l’ennemi atavique, mais de ses propres rangs, de la part de ses fils et filles traumatisés à vie par les horreurs qu’ils ont vécues, de bon ou de mauvais gré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rappelons que la violence homicide a explosé aux USA après la Guerre civile, entraînant un quadruplement du nombre de détenus dans certains États, et que le nombre de meurtres <em>«civils»</em> a doublé aux USA mêmes pendant la guerre du Vietnam. À défaut de voir ses responsables jugés, le génocide de Gaza risque bien de susciter un backlash (retour de bâton) terrible, aux conséquences difficilement prévisibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Auteur, traducteur, éditeur.</em></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Soldats-israeliens-morts-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-19187437" style="width:800px" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Soldats-israeliens-morts-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Soldats-israeliens-morts-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Soldats-israeliens-morts-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Soldats-israeliens-morts-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Soldats-israeliens-morts-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Soldats-israeliens-morts-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Soldats-israeliens-morts.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading"><strong>En</strong><em> </em>tant que commandant de l’armée israélienne, je sais à quel point des règles d’engagement sans limites sont dangereuses»</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>«Quand tout est permis, personne n’est protégé – ni les civils, ni les soldats, et certainement pas les valeurs que nous sommes censés défendre</em></strong><em>» (Anonyme, <a href="https://substack.com/redirect/0455912e-cfd9-41bc-b439-98526266463a?j=eyJ1IjoiaTFlbHQifQ.Hq9qAIq7zpkEpiC_jKxZ1S8NBly1ZqUcW7etgzodmC4">Haaretz</a>, 6 juillet 2026)<strong>. L’auteur est un capitaine de réserve israélien et un commandant de combat.</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne cache habituellement pas mon identité, mais l’anonymat permet souvent de révéler ce qui doit être mis au jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis le commandant d’une unité effectuant son service de réserve dans la bande de Gaza, et j’écris ces mots alors que je suis en service actif, de l’autre côté de la frontière. Depuis le 7 octobre [2023], nous avons effectué plus de 300 jours de réserve. Je ne veux pas écrire sur la dureté de ces répétitions de service ou sur les dommages qu’elles infligent au corps et à l’âme, même si ces sujets importants mériteraient d’être davantage discutés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je veux plutôt parler de valeurs, d’un problème auquel je suis hélas confronté en voyant une détérioration morale se jouer au sein de l’armée. La moralité est l’essence même de notre nature humaine et de notre lien avec le divin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La nature actuelle de nos opérations est défensive. Nous menons un combat de tranchées permanent, jamais assouvi. L’objectif de notre mission n’est plus clair, pas même défini, ce qui ne nous laisse aucun critère pour en mesurer le succès. Parce que nous sommes en mission défensive, l’état d’alerte est élevé, de même que la peur d’un ennemi qui pourrait nous prendre par surprise. Cet état d’esprit engendre de nombreux dilemmes moraux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’état d’alerte et les souvenirs du 7 octobre poussent les soldats à tirer sur les Gazaouis qui s’approchent (ou sont envoyés) vers nos lignes. Parfois, les tirs sont justifiés, parfois moins. Dans tous les cas, l’ouverture du feu survient parce que le soldat en première ligne se sent menacé ou en insécurité. Le soleil brûlant, la fatigue et le sentiment d’inutilité amplifient ces sensations, même lorsqu’elles sont infondées. Même s’il est facile de les juger sévèrement depuis un bureau climatisé au quartier général de Tel-Aviv, il faut reconnaître que ces sentiments existent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Blesser et tuer autant d’êtres humains non armés laisse des traces dans l’âme de nos combattants. Cela laisse des traces dans la mienne. Lors de notre dernier entretien, l’officier de santé mentale de la brigade nous a dit qu’en plus des blessures physiques et psychiques, l’armée reconnaît désormais ce qu’on appelle une <em>«blessure morale»</em> – un domaine qui a commencé à être étudié dans les années 1990 et a été officiellement reconnu au début des années 2000.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, l’aide en santé mentale fournie par l’armée, après coup, après près de trois ans de combat, est insuffisante. Nous avons besoin que l’armée fixe des limites juridiques et les fasse respecter efficacement. Le bureau de l’avocat général militaire, qui est censé poser ces limites, est paralysé, n’exerçant plus ses fonctions depuis l’affaire du centre de détention de&nbsp;Sde Teiman, peut-être même depuis l’affaire antérieure d’Elor Azaria.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La conduite du bureau de l’avocat général militaire me rappelle celle d’un laïc trop zélé qui décide de devenir religieux, passant d’une position extrême à l’autre. Avant le 7 octobre, les règles d’engagement strictes permettaient aux Gazaouis d’organiser leurs manifestations le long de la clôture frontalière – des protestations qui ont provoqué des troubles ayant abouti à la mort de Barel Shmueli.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À mon avis, notre retenue lors de ces manifestations a été l’une des causes du massacre du 7 octobre, en réaction auquel toutes les retenues ont été levées. Aujourd’hui, tout est permis, et nous avons le doigt trop léger – bien trop léger – sur la détente. Les règles d’engagement sans limites garantissent qu’aucun Gazaoui n’atteindra la clôture frontalière, mais elles nous coûtent de plus en plus cher, à nous, à nos valeurs et à notre santé mentale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si quelqu’un du bureau de l’avocat général venait enquêter sur la dernière fusillade à laquelle nous avons participé, je soutiendrais pleinement mes soldats en tant que commandant. Je dirais à l’enquêteur que le Gazaoui abattu avait franchi la ligne jaune (même si ce n’était pas vrai), et je dirais que nous nous étions sentis menacés (ce qui était le cas).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pourrais même faire plus, en m’en prenant au bureau de l’avocat général. Je m’écrierais : <em>«Comment des fonctionnaires en cravate, venus ici depuis leurs bureaux climatisés, osent-ils questionner des combattants qui ont effectué des centaines de jours de réserve ?»</em> Mais au fond de moi, je serais heureux qu’il soit venu enquêter et mettre fin à cette irresponsabilité. S’il vous plaît, mettez&#8211;nous des garde-fous.</p>



<h2 class="wp-block-heading">«Nous nous sommes battus et on nous a jetés dans des asiles, on fait de nous des zombies» : la révolte des anciens combattants israéliens soumis au stress de combat</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Yogev Carmel, Magazine N12 (27/11/25)</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Pas des criminels, mon frère, nous sommes des combattants»</em> : le cri des traumatisés de guerre est passé du bord de mer à la Knesset – <em>«Nous sommes là et ça ne laisse pas le législateur respirer»</em>. Alors que le nombre de combattants qui ont mis fin à leurs jours ne cesse d’augmenter autour d’eux, ils racontent : <em>«On nous a promis qu’on arrêterait le prochain suicidaire, chaque missile coûte aussi cher que cent traumatisés de guerre»</em>. Et Itzik Saïdian, l’une des figures emblématiques de la lutte, met en garde : <em>«Quand ce flot de traumatisés de guerre arrivera, il y aura un grand pogrom ici.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Aujourd’hui, j’étais chez le psychiatre. Et quelle ordonnance ai-je reçue ? Des pilules pour nous faire taire, des somnifères… Ça les arrange bien qu’on s’endorme pour de bon»</em>, confie David Yehuda, combattant du génie de combat dans la réserve, et son ami Omar Amsalem abonde dans son sens en ajoutant : <em>«Ils te donnent des pilules qui te transforment en zombie.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Je ne suis ni un psychopathe, ni un malade mental, je vis simplement ma réalité. On s’est battus et au final, on nous jette dans des asiles, à Kfar Shaul, dans des centres de réadaptation. Ce n’est pas vraiment un traitement qui s’attaque à la racine du problème»</em>, s’insurge Yehuda. <em>«Ma mère l’a remarqué chez moi – je suis revenu vivre chez elle maintenant, après être rentré de la guerre»</em>. <em>«Maman a compris que, tout à coup, quelque chose n’allait pas»</em> chez David : il se levait soudainement la nuit, et à chaque claquement de porte ou à chaque casserole qui tombait, le gamin sursautait.<em> «Maman m’a dit : “Va te faire soigner”. Sans ma mère, je ne serais pas allé suivre ces traitements.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’y a pas eu de guerre en Israël d’une telle ampleur et intensité depuis des années, rappelant ce qui s’est passé ici au cours des deux dernières années. Jusqu’à présent, le public et le système se sont habitués à des foules de personnes post-traumatiques, chacune avec son propre bagage – des personnes qui ont vécu les horreurs de la guerre sous sa forme la plus brute – mais des gens comme David Yehuda viennent et exigent de renouveler le concept de <em>«stress de combat»</em>, un terme qui a été quelque peu piétiné au fil des ans sous les roues du politiquement correct.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«On aborde ça sous l’angle très général du syndrome de stress post-traumatique»</em>, explique Yehuda. <em>«Mais le choc de combat, c’est une autre histoire. Je ne minimise bien sûr pas la gravité de ce que vivent les autres, mais le choc de combat, ce sont des choses que nous avons vues de nos propres yeux. Au fond, nous demandons simplement qu’on nous prenne dans les bras, et qu’on écoute les combattants qui reviennent aujourd’hui. Qu’on ne les renvoie pas trop vite à la vie civile et à leur vie de tous les jours, et qu’on ne leur prescrive pas de médicaments qui noient tous ces combats sous un voile».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>«On ne comprendra pas d’où ça vient»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Dès que la vague de traumatisés de guerre issus de ce conflit arrivera, il y aura ici un véritable pogrom contre tous ceux qui sont revenus du front – on assistera à une véritable tempête de gens qui descendront dans les rues et ça va faire un scandale»</em>, met en garde Itzik Saïdian, l’une des figures de proue de ce combat. <em>«Je pense que nous sommes à l’aube d’une vague gigantesque de soldats souffrant de traumatismes de guerre, et si nous ne nous en occupons pas et n’investissons pas dès maintenant nos efforts pour résoudre le problème, nous ne parviendrons pas à l’arrêter ; son ampleur sera trop grande. Je le ressens à travers les messages que je reçois, le nombre de personnes qui me contactent, c’est quelque chose d’anormal. Je reçois chaque jour des dizaines, voire parfois des centaines de messages de personnes qui ont du mal à mener une vie quotidienne normale.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Saïdian vit avec un traumatisme de combat depuis l’opération <em>«Pilier de défense»</em> (2012), et en 2021, il s’est immolé par le feu, juste avant la Journée du souvenir, devant les bureaux de la Direction de la réadaptation.<em> «Le traumatisme de combat diffère à bien des égards de tout autre syndrome de stress post-traumatique. On le constate partout dans le monde, on l’a vu après la Seconde Guerre mondiale, après la guerre du Vietnam. Aujourd’hui, aux USA, il existe une définition claire du &nbsp;‘‘Combat PTSD’’ – un syndrome de stress post-traumatique résultant des combats»</em>, explique-t-il. <em>«Il n’y a pas que ceux qui sont reconnus comme souffrant de choc de combat qui rencontrent des difficultés chez eux ; on va se retrouver face à un phénomène dont on ne comprendra pas d’où il vient.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Il faut avant tout une définition précise et que l’on comprenne la différence. Tout comme l’État sait mobiliser des combattants et des combattantes pendant plus de 700 jours de guerre, il doit accorder des jours de réserve consacrés à des traitements psychologiques. Avant tout, pour préserver la force de combat. Au final, cela aura des répercussions sur tous les aspects de la vie dans ce pays, notamment sur le plan social et en matière d’emploi. Après tout, les réservistes constituent la force productive d’Israël.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Tente au bord de la mer &#8211; marche vers la Knesset</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La protestation, dont la base du petit camp a commencé il y a plus de six mois, était en fait loin de la Knesset, sur la plage d’Atlit. Omer Amselem, ancien combattant de la Brigade Golani qui porte un stress de combat de l’époque de <em>«Bordure protectrice»</em> (juillet 2014), a rejoint deux autres amis dans une situation similaire : Tzachi Atedgi et Shon Danenberg. Ce qui a tout déclenché, c’était, selon eux, le mépris du système pour le cas spécifique d’Atedgi. <em>«Disons qu’il a été jeté de toutes les directions possibles»</em>, dit Amselem. <em>«Ils ont arrêté son allocation logement et il n’avait nulle part où vivre, et de là nous est venue l’idée d’installer des tentes au bord de la mer pour avoir un endroit tranquille. D’abord, avant la protestation, surtout si elle va être longue, nous avons besoin de ce calme, pour comprendre où nous allons»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Nous sommes restés environ un mois au bord de la mer, avec des pancartes pour qu’ils sachent que nous sommes des victimes du stress de combat. Des inspecteurs sont venus, ont pris notre générateur, ont utilisé du gaz lacrymogène contre nous, sans aucune raison. Nous avons eu un déclencheur très sérieux là-bas, ils nous ont même arrêtés et la juge a réprimandé la police. Alors nous avons compris que ça suffit, il faut faire quelque chose de plus significatif, pour qu’ils nous voient, parce qu’à la mer personne ne voit. Et aussi parce que Tzachi était déjà au bord du gouffre. Nous avons dit : passons à Petah Tikva»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ce stade, la manifestation s’est déplacée vers le parking situé en face des bureaux de la Direction de la réinsertion du ministère de la Défense à Petah Tikva, exactement à l’endroit où Itzik Saidian s’était immolé par le feu quatre ans auparavant. C’est alors que les trois hommes se sont associés à Saidian, qui a mis à profit sa notoriété pour incarner une sorte de figure de proue de la nouvelle génération de manifestants post-traumatiques. <em>«Nous y avons monté des tentes et commencé à nous installer ; chaque jour passé là-bas était une véritable manifestation. Nous étions impatients. Nous voulions obtenir des réponses sur la situation des victimes de traumatismes de guerre en Israël. Cela a duré deux mois et demi. Puis Itzik Saïdian, un camarade de ma promotion dans la Brigade Golani – il était dans le 13<sup>e</sup>&nbsp;bataillon et moi dans le 51<sup>e</sup>&nbsp;–, m’a proposé d’aller à la Knesset.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>«Je me suis préparé à ce trajet comme à une opération militaire»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelques semaines, dans le cadre de la routine quotidienne dont il a tant besoin, Hagai Azran est monté dans un bus qui l’emmenait de son domicile du quartier de Gilo, à Jérusalem, à ses cours de cuisine à Tel-Aviv. Comme c’est souvent le cas pour bon nombre de victimes de traumatismes de guerre, cette expérience dans l’espace public ne s’est pas déroulée sans heurts. <em>«Deux fois par semaine, j’ai un itinéraire très précis en tête»</em>, raconte Azran. <em>«J’achète les mêmes choses, je fume au même endroit et je fais exactement les mêmes gestes que d’habitude, comme si je me préparais à une opération militaire, et ça marche très bien pour moi. Pendant tout le trajet, je ne parle à personne. Ce jour-là, tout se passait comme d’habitude, jusqu’à ce qu’un petit détail vienne tout bouleverser.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«J’ai dû partir sans mon chien, car le ministère de la Santé n’autorise toujours pas les chiens à entrer dans l’établissement où j’étudie»</em>, raconte-t-il en retraçant les événements de la journée. <em>«À la fin de la descente de Gilah, au carrefour de Pat, il y a un bouchon et le bus est tout simplement à l’arrêt. Au bout de dix minutes, j’ai l’impression de ne plus pouvoir respirer. Si l’on remonte vingt ans en arrière, c’est exactement au même endroit que cette ligne avait explosé»</em>, confie-t-il, évoquant un éventuel déclencheur issu de sa mémoire. <em>«Je me souviens que j’étais à l’armée ; des enfants du quartier avaient vu le bus exploser depuis en haut, après avoir raté ce même bus. À l’époque, je sortais avec une fille dont les amis de son frère avaient été tués là-bas. Et son frère, lui, était tellement en colère contre lui-même d’avoir raté ce bus et d’être resté en vie.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Je m’approche du chauffeur et je lui demande gentiment d’ouvrir la porte, car je suis en pleine crise et j’ai déjà du mal à rester assis dans le bus. Le chauffeur refuse et je m’en vais avant de revenir une demi-minute plus tard, car je ne comprends pas pourquoi il me dit ‘‘non’’. Je m’explique plus en détail, en précisant que je souffre d’un traumatisme de guerre et que je suis en pleine crise, mais il refuse toujours, et de manière très catégorique, car pour lui, je le dérange. Je suis retourné à ma place, j’ai regardé les gens en me demandant pourquoi ils ne réagissaient pas, je me suis levé et j’ai commencé à hurler pour qu’on ouvre la porte du bus, car je n’arrivais plus à respirer. Je commence déjà à trembler, puis je vais voir le chauffeur et lui explique à nouveau ce qui va se passer s’il n’ouvre pas la porte. Il sort alors son téléphone et se met à parler avec ses amis en arabe, juste pour&nbsp;me faire enrager»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«J’essaie de descendre à trois reprises, je supplie et je crie après les gens, et tout le monde là-dedans prend peur et se dégonfle – parce que je passe du Hagai gentil au Hagai très-pas-gentil – puis je lance un chronomètre d’une minute et j’annonce à tous les passagers que si la porte ne s’ouvre pas dans la minute, je me ferai justice moi-même. J’attends une minute et, bien sûr, personne ne se lève. Le chronomètre sonne et j’ouvre la porte de force. Je n’ai blessé personne, je leur ai expliqué que je voulais juste un câlin et qu’on me laisse descendre du bus.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>«L’un d’entre eux a même essayé de m’étrangler»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Le jour même, je suis allé porter plainte contre le chauffeur, j’ai crié sur son responsable et j’ai pleuré»</em>, résume Azran, désespéré. <em>«Il y avait là un groupe de chauffeurs qui s’en est pris à moi, l’un d’eux a commencé à m’insulter et à se jeter sur moi, il a même essayé de m’étrangler. L’affaire s’est terminée par l’intervention de la police. Bref, ça s’est mal terminé. Il n’y a tout simplement pas de sensibilisation. La loi m’a ignoré tant de fois – que ce soit des chauffeurs de taxi qui nous jettent dehors, ou des gens qui ne nous comprennent pas.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La prise de conscience, c’est justement ça. Quelques semaines après ce jour-là dans le bus, Azran ne cherche plus un chauffeur qui lui ouvre la porte, mais un État qui l’écoute. Nous nous retrouvons au bord de la route menant à la Knesset : le campement est en fait son lieu de vie depuis quatre mois. Il fait partie d’un petit groupe, comptant tout au plus vingt membres, qui, comme lui, sont tous marqués par un traumatisme profond lié à leur service militaire ; certains d’entre eux sortent tout juste des derniers combats à Gaza. Ezran est l’un des <em>«aînés»</em> du campement, âgé de 42 ans, marié et père de famille. Il s’est enrôlé dans l’armée israélienne pendant la deuxième Intifada et c’est là qu’il a <em>«contracté»</em> son traumatisme psychologique au cours d’une série d’attentats et d’incidents sécuritaires auxquels il a été exposé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Ces vingt dernières années m’ont peu à peu fait me replier sur moi-même. Je me suis marié il y a 12 ans et depuis, j’ai commencé à ressentir une angoisse existentielle pour mes enfants. Les événements que j’ai vécus à l’armée se sont mêlés à ceux concernant mes enfants et, au cours des six dernières années, je me suis complètement coupé du monde extérieur. À l’approche de l’opération ‘‘Gardien des murailles’’ </em>[2021]<em>, j’ai été diagnostiqué pour la première fois par un psychologue clinicien, car j’avais alors eu une crise de folie. Un scénario similaire à ce qui s’est finalement passé le 7 octobre me trottait dans la tête : tous mes cauchemars ont commencé à se cristalliser en quelque chose que je commençais à voir de mes propres yeux, et depuis, je me suis coupé de tout ce qui bougeait : le travail, la famille, les shabbats, les cousins, les frères, les sœurs, les parents.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis son diagnostic, il a intégré le programme thérapeutique des <em>«12 étapes»</em>, dans le cadre duquel il s’est mis à suivre des cours de cuisine. <em>«Ce n’est qu’au cours des dix-huit derniers mois que j’ai vraiment commencé à sortir. Si tu m’avais rencontré il y a deux ans, tu n’aurais pas réussi à me parler. Je transpirais, je portais une casquette qui me couvrait les yeux pour que personne ne sache ce que je vivais. Je voulais me faire un t-shirt sur lequel j’aurais écrit, un peu pour plaisanter : ‘‘Après le service, ne pas caresser’’, parce que si j’ai une crise d’angoisse ou de rage en pleine rue, les gens pensent : c’est un psychopathe, quelqu’un à qui on ne peut pas parler».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>«Ils nous ont promis d’empêcher&nbsp;le&nbsp;prochain&nbsp;suicide»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a environ deux mois, les membres du camp ont rencontré le Premier ministre ainsi que le ministre de la Défense. Dans&nbsp;les salles de réunion climatisées et sécurisées&nbsp;où se prennent les décisions, ils ont essayé d’expliquer ce qui se passe pendant les nuits chaudes à l’extérieur de la Knesset. « Nous avons discuté avec Katz pendant deux heures et demie. Ils nous ont promis d’empêcher le prochain suicide », racontent-ils, et Amselem souligne :&nbsp;: <em>« Pour l’instant, rien ne bouge, en principe. Peut-être que ça bouge en coulisses, mais nous n’en savons rien. Quand j’étais assis avec le Premier ministre, je l’ai vraiment cru. Lui-même ne savait pas vraiment ce qui se passait ; il pensait que les gens étaient pris en charge et que tout allait bien. Nous lui avons expliqué où se situaient les dysfonctionnements, nous lui avons donné des points clairs, des éléments qui permettront de sauver le prochain suicidaire.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Nous avons des revendications claires. Avant tout, une retraite de deux mois pour chaque combattant qui quitte une zone de combat. Il faut lui accorder deux mois, et non deux jours, de ‘‘traitement post-combat’’. Au cours de cette retraite, il faut intégrer des phases d’identification et de reconnaissance, afin de repérer ceux qui souffrent d’un traumatisme de guerre, ceux qui présentent les symptômes, puis commencer à expliquer à la femme, aux enfants, aux parents, ce qui se passe et comment faire face à une telle situation. Un système qui le prenne en charge, le coupe de la réalité et commence à s’occuper de lui avant que tout ne commence, qui identifie les symptômes et lui explique ce qui va se passer. Ce n’est qu’après cela qu’il pourra être prêt à reprendre le cours de sa vie, et que sa femme sera prête à affronter ce qu’elle va elle aussi traverser, et qu’ils puissent aller chercher de l’aide ensemble. Il faut leur donner les outils nécessaires pour mieux gérer les déclencheurs et les réduire. C’est la chose la plus importante.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La reconnaissance spécifique prévue par la loi, qui est au cœur de leurs revendications, conduira – espèrent-ils – à une prise en charge plus ciblée, plus attentive, et non à une approche qui cherche simplement à balayer le problème sous le tapis. La semaine dernière encore, ils ont remporté une victoire non négligeable devant la Cour suprême, qui a rendu une ordonnance conditionnelle obligeant l’État à expliquer pourquoi les victimes de stress post-traumatique présentant des blessures <em>«invisibles»</em> ne bénéficient pas des mêmes droits que ceux accordés aux invalides de l’armée israélienne souffrant de lésions physiques. <em>«Les étoiles se sont alignées de telle sorte que nous nous trouvons aujourd’hui dans une situation où nous pouvons et voulons changer toute la méthode de prise en charge des victimes de traumatismes de guerre»</em>, explique Azran. <em>«Et nous voilà réunis ici en groupe : moi, qui suis ‘‘arrivé’’ en 2002, Itzik Saidian et Omer Amsalem, arrivés en 2014, ainsi que Boaz, venu du Liban. Et nous arrivons avec notre expérience et, ensemble, nous leur disons : ‘‘Mes amis, la situation est telle que vous devez prendre la décision et changer les choses dès maintenant’’. Nous n’avons pas le temps d’attendre des commissions qui s’éternisent pendant des années. Nous devons mettre en place des commissions d’urgence et faire bouger les choses dès maintenant».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>«Nos amis se suicident et nous ne jouons pas au plus fin»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La distinction que font ces jeunes entre <em>«choc de combat»</em> et <em>«syndrome de stress post-traumatique»</em> n’est pas seulement terminologique : elle s’accompagne d’une volonté de profiter de la rare opportunité qui s’offre à eux aujourd’hui, avec le cessez-le-feu, pour opérer rien de moins qu’un véritable bouleversement dans la manière dont ils sont pris en charge, ainsi que leurs camarades, dont beaucoup ne sont même pas encore conscients de leur état. Et Azran précise : <em>«La première chose, la plus importante de toutes, c’est la ‘‘loi Argaman’’</em> (projet de loi débattu à la Knesset depuis des années et visant à améliorer encore davantage le statut des victimes de guerre, en mettant l’accent sur les traumatismes psychologiques)<em>. Si on commence par là, on pourra aborder des questions plus sérieuses, comme prendre en charge tous ces combattants qui sortent du combat dès maintenant – nous avons devant nous trois mois.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Source: <a href="https://substack.com/home/post/p-205758758" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Fausto Giudice</a>. </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/09/israel-et-le-retour-de-baton-du-genocide-a-gaza/">Israël et le retour de bâton du génocide à Gaza</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/09/israel-et-le-retour-de-baton-du-genocide-a-gaza/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Ces ados israéliens qui refusent le service militaire</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/27/ces-ados-israeliens-qui-refusent-le-service-militaire/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/27/ces-ados-israeliens-qui-refusent-le-service-militaire/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Jun 2026 10:22:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[armée israélienne]]></category>
		<category><![CDATA[Cisjordanie]]></category>
		<category><![CDATA[exemption médicale]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[génocide]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[nettoyage ethnique]]></category>
		<category><![CDATA[objecteur de conscience]]></category>
		<category><![CDATA[Palestiniens]]></category>
		<category><![CDATA[prison militaire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=19061640</guid>

					<description><![CDATA[<p>Témoignages d'adolescents israéliens qui disent non à l'armée, à la guerre, et au génocide des Palestiniens. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/27/ces-ados-israeliens-qui-refusent-le-service-militaire/">Ces ados israéliens qui refusent le service militaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Personne ne leur demande, mais ils disent non : de gauche à droite, Bar Zvirin, Noor Epstein et Anton Zohar Lifsches, des adolescents israéliens, ne sont pas convaincus par les arguments de la paix par la violence. À quoi bon être punk si c’est pour plier et servir ?</em></strong> <em>(Photo : Des ados israéliens disent non à l&rsquo;armée, à la guerre, et au génocide des Palestiniens).  </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Linda Dayan </strong></p>



<span id="more-19061640"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/06/Linda-Dayan.jpg" alt="" class="wp-image-19061732" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/06/Linda-Dayan.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/06/Linda-Dayan-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/06/Linda-Dayan-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Sur le balcon du Left Bank [Rive Gauche], un espace de gauche radicale dans le centre de Tel-Aviv, un groupe de cinq adolescents roulent des cigarettes et comparent leurs dernières acquisitions littéraires. L’un s’exclame avoir acheté <em>«Why Women Have Better Sex Under Socialism»</em> de Kristen Ghodsee ; un autre lit au groupe un passage de prose auto-indulgente de David Foster Wallace. Sur le tableau blanc de la pièce derrière eux – couverte d’affiches marxistes et gauchistes, et meublée de chaises et de canapés au rembourrage déchiré – subsistent les vestiges d’un cours d’arabe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des adolescents, avec coupe mulet et crête iroquoise et un piercing au septum, déplore ne plus vouloir jouer de musique avec un certain groupe punk – leur batteur, dit-il, <em>«est un putain de soldat»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«À quoi bon être un punk si c’est pour s’engager ?»</em> demande un autre membre du groupe, avant que nous descendions parler dans le théâtre boîte noire de l’espace.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Trois des cinq adolescents qui m’accompagnent sont là pour parler d’une décision qu’ils prennent – une décision qu’ils veulent inciter leurs pairs à envisager également.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Nager à contre-courant de la société</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Presque tous les Israéliens sont, par la loi, enrôlés dans l’armée israélienne, avec quelques exceptions plus ou moins controversées (citoyens arabes, étudiants des <em>yechivot haredi</em>). Dès le plus jeune âge, cela leur est présenté comme une phase de la vie aussi obligatoire que la fin du lycée. Ceux qui veulent contourner le service doivent nager à contre-courant de la société pour y parvenir. Ils peuvent chercher des exemptions médicales – la voie la plus courante pour échapper au service – ou tenter leur chance pour obtenir le statut d’objecteur de conscience. Mais certains, en particulier ceux qui veulent faire une déclaration politique publique, optent pour un séjour en prison militaire plutôt que d’enfiler l’uniforme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même si presque tous les aspects de leur éducation, de leur éducation familiale et des attentes de la société les ont orientés vers un enrôlement éventuel, ces adolescents ont décidé que, pour eux, cela ne serait pas une fatalité – c’est un choix comme un autre. Ils ne rejoindront pas les Forces de défense israéliennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bar Zvirin, le jeune de 17 ans à la coupe mulet, mentionne que son père n’était pas ravi que son enfant s’exprime publiquement à ce sujet. <em>«Il a dit : “Je suppose que tu es assez stupide pour croire aux choses auxquelles tu crois, mais je n’arrive pas à croire que j’ai élevé un gamin assez idiot pour vouloir que le monde entier sache à quel point il est stupide.”»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais Anton Zohar Lifsches Segal, un pianiste de 17 ans originaire de Jaffa, dit que sa famille le soutient.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«J’ai grandi dans un foyer très à gauche, donc j’ai toujours su qu’il y avait un choix de ne pas aller à l’armée, et j’ai presque toujours su que ce serait la direction que je prendrais. Quand j’étais petit, ma mère ne me laissait pas avoir de pistolets-jouets, parce qu’elle disait que c’était une chose terrible, et maintenant que je suis plus âgé, je vois qu’elle avait totalement raison»</em>, sourit-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Noor Epstein, également âgé de 17 ans, de Ramat Gan, porte un t-shirt imprimé <em>«1312»</em>. Interrogé à ce sujet, Epstein s’illumine et explique que cela signifie <em>«Acab»</em>, l’acronyme de <em>«All Cops Are Bastards»</em> (Tous les flics sont des bâtards).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Noor se décrit comme une personne anxieuse de toujours, qui a toujours été inquiète à l’idée du service militaire. <em>«J’ai toujours été dégoûté par la violence, et j’ai toujours vécu avec cette peur qu’elle se rapproche de plus en plus»</em>, dit-il. Pré-adolescent, il envisageait un rôle militaire plus bienveillant qui n’implique pas de porter une arme à feu – peut-être servir en tant que soldat-enseignant apportant un soutien aux jeunes à risque. <em>«Puis je suis devenu plus activiste et plus à gauche, et j’ai appris que ce n’était pas nécessairement la seule option»</em>, explique Noor.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Apprendre qu’il existe des chemins vers l’âge adulte qui n’incluent pas le service militaire <em>«a été un énorme soulagement»</em>, ajoute Noor. <em>«Personne ne m’avait vraiment parlé de cette option. Mais en grandissant et en devenant plus activiste, et en étant exposé à une gauche plus radicale, j’ai compris que ce n’était qu’un autre choix que l’on peut faire.»</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Personne ne naît soldat</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Noor me tend une poignée de fanzines et de tracts de Mesarvot, le réseau qui soutient les adolescents réfractaires à la conscription, et de Banki, la Ligue de la jeunesse communiste d’Israël. Et, bien sûr, ils couvrent la table de pamphlets gris et violets, produits par un groupe de lycéens, dont mes interlocuteurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Nous, les jeunes hommes et femmes destinés à la conscription, refusons par la présente de prendre part aux crimes de l’armée et de servir les intérêts du gouvernement dictatorial»</em>, peut-on y lire. Il est ensuite dit que dès leur plus jeune âge, on les a endoctrinés pour vivre par l’épée – <em>«Mais la vérité est que l’armée n’est pas un destin – personne ne naît soldat. Et comme tout autre choix, le choix de s’enrôler a des conséquences.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">On y lit que nous avons tous vu les images violentes du 7 octobre. <em>«Mais ce qui a commencé comme une réaction au terrible massacre s’est poursuivi avec l’extermination brutale des habitants de Gaza, à une échelle incompréhensible. Et quels sont les résultats des actions de l’armée ? Selon les données que l’armée israélienne elle-même reconnaît, plus de 72 000 habitants de Gaza ont été tués depuis le début de la guerre, dont de nombreuses femmes, enfants et même des bébés. Malgré le cessez-le-feu, le génocide, le nettoyage ethnique et les crimes de guerre se poursuivent.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Des politiques similaires sont à l’œuvre en Cisjordanie, indique le pamphlet. <em>«Depuis des décennies, l’État, à travers l’armée, opprime le peuple palestinien, annexe des territoires et fait preuve de violence envers les hommes et les femmes palestiniens résidant en Cisjordanie – tout cela dans le cadre de la politique de nettoyage ethnique du pays.»</em> Il poursuit : <em>«La seule chose qui les distingue de nous, c’est qu’ils sont nés du ‘‘mauvais’’ côté de la frontière. »</em> Ceci, poursuit-il, n’est pas de la légitime défense.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Êtes-vous prêts à devenir une statistique ? Êtes-vous prêts à un tel sacrifice pour un gouvernement dictatorial et cynique qui trafique des vies humaines pour renforcer son pouvoir ?»</em> demande-t-il. <em>«Nous refusons de perpétuer le cycle du sang ! Et vous ?»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il exhorte les autres adolescents en cours de processus militaire à ajouter leur signature à la lettre en scannant un code QR. Au moment où j’écris, environ 120 l’avaient fait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant le dernier jour de l’année scolaire jeudi, les pamphlets seront distribués par milliers. Je leur dis que j’imagine la scène vers la fin de&nbsp;<em>Mean Girls</em>&nbsp;où Regina George colle des pages du&nbsp;<em>Burn Book</em>&nbsp;dans toute l’école pour que les élèves les trouvent. Les adolescents rient poliment. Je réalise que le film a plusieurs années de plus qu’eux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La lettre elle-même a été écrite par un petit noyau dur – Lifsches Segal et deux autres jeunes militants. Elle s’inscrit dans la continuité d’efforts similaires, comme la lettre de refus de conscription de 2023 en pleine réforme judiciaire, et la légendaire lettre de 1970 adressée à Golda Meir signée par des dizaines d’adolescents. Le groupe plus large d’une douzaine d’adolescents, qui se font appeler <em>«Nous refusons ça»</em>, s’est réuni pour l’éditer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les trois ne s’attendent pas seulement à un retour de bâton : ils l’accueillent favorablement. <em>«Le simple fait d’avoir un retour négatif est significatif. Le simple fait qu’il y ait une discussion sur la question de savoir si les gens sont d’accord ou non signifie que les jeunes auront un argument ou une conversation»</em>, déclare Zvirin. <em>«Je pense qu’il y a un pouvoir particulier dans le fait que chaque jeune recevra son propre pamphlet. Bien sûr, ils peuvent dire “ouaou, quels gauchistes fous”, mais ensuite le garder et le lire chez eux, sans toute la pression des pairs, et penser “heu, peut-être que je vais signer sans le dire à mes amis”.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lifsches Segal dit que les Israéliens ont tendance à grandir sans remettre en question l’inéluctabilité de leur service militaire. <em>«D’après mon expérience en discutant avec des amis, beaucoup de gens n’y pensent même pas. Ils ne comprennent pas ce qu’ils font, ils considèrent cela comme une autre phase de la vie – on va simplement à l’armée quand on finit le lycée. D’un point de vue israélien, c’est tout à fait normal, mais si on regarde ça une seconde de l’extérieur, ça ne devrait pas être comme ça»</em>, dit-il. <em>«Même pour les gens qui veulent vraiment aller à l’armée, </em>[la lettre]<em> leur donne une seconde pour y réfléchir. Ça leur ouvre l’esprit.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Noor souligne que ces questions font partie de l’adolescence. <em>«On nous dit tous quoi faire dès le plus jeune âge. En vieillissant, nous cherchons notre identité et essayons de comprendre qui nous sommes, et nous commençons à nous écarter de la norme de petites manières.»</em> Alors qu’ils commencent à tester les limites de la société en tant qu’adolescents, ils ont réalisé que la décision d’être enrôlé est <em>«juste une autre option – un autre choix que vous pouvez faire»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et si un des étudiants est vraiment contrarié ? <em>«Jeudi est le dernier jour de l’année scolaire, ce qui signifie que nous allons directement de là aux vacances d’été. Nous ne croiserons pas vraiment les jeunes qui s’y opposent à l’école»</em>, rit Lifsches Segal.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Escalade extrême</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les trois, le massacre du 7 octobre – et l’énorme réponse militaire israélienne qui a suivi – a été un catalyseur majeur dans leur décision de ne pas rejoindre l’armée. Zvirin dit qu’il savait peu de choses sur l’occupation avant ce jour, quand il était au début de son adolescence. <em>«Ce n’était pas une conversation que nous avions à l’école ou à la maison. Le 7 octobre a vraiment intensifié ce discours.»</em> L’attaque a provoqué <em>«une escalade extrême de la part de la droite fasciste et raciste»</em>. Après cela, il a commencé à prêter attention à ce que l’armée faisait à Gaza.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il se souvient aussi du moment où il a décidé qu’il s’opposerait à la conscription : en voyant une publication du compte de médias sociaux Creativity for Democracy, qui publie des photos de pancartes de manifestations en Israël. <em>«Il y avait un activiste de Looking the Occupation in the Eye qui tenait une pancarte disant “Grand-mère, que faisais-tu pendant le génocide à Gaza ?”»</em> se souvient Zvirin. <em>«Penser que peut-être dans 20 ou 30 ans, je devrais expliquer à mes enfants que je portais un uniforme à cette époque – l’idée me rendait fou. Je me suis dit que je devais refuser.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Anton est d’accord. <em>«Après le 7 octobre, j’ai vu tout ce qui s’est passé, et j’ai su que c’était un système auquel je ne participerais pas. Je ne suis d’accord avec aucune des façons dont l’armée agit. Je ne suis pas d’accord en général avec l’idée de la défense par les armes, ou quoi que ce soit de ce genre. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Noor, le seul dont la famille a été affectée par les attaques du 7 octobre (une tante et un oncle au kibboutz Erez, qui n’ont pas été blessés physiquement mais profondément secoués), considère les attaques du 7 octobre menées par des militants dirigés par le Hamas et la réponse militaire israélienne comme inextricablement liées. <em>«Cela vient de la même source»</em>, dit-il. <em>«Un acte de violence fait penser aux gens qu’ils doivent répondre encore plus fort, et c’est ce qui m’est passé par la tête aussi, juste après le 7 octobre. J’ai très vite réalisé qu’il est très facile de répondre par encore plus de violence.»</em> La croyance des Israéliens, et même de certains gauchistes israéliens, selon laquelle ils peuvent atteindre la paix par la violence, est naïve, affirment-ils.<a href="https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!aps-!,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F63267b8c-f636-422d-b3cd-fdcef1b36f8a_900x600.webp" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Étant enfant, il a été témoin de rounds après rounds de combats entre Israël et les Palestiniens, et de leur nature cyclique. <em>«C’est ce qui s’est passé le 7 octobre. Il y avait une occupation violente et continue avant cela ici. Comment la réponse à cela peut-elle être quelque chose d’encore plus violent ? Et nous perpétuons ce cycle de guerre sans fin.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les trois ne savent pas encore quelle forme leur objection prendra. Lifsches Segal travaille à une exemption militaire pour raisons médicales, et Epstein, qui est également éligible, a encore un an pour décider s’il veut également emprunter cette voie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les citoyens exemptés de l’armée ont également une option de service alternative : le Service national, un programme financé par l’État qui permet aux participants d’effectuer un ou deux ans de bénévolat, souvent dans leurs propres communautés, tout en recevant les mêmes avantages que les soldats et les anciens combattants. Les trois ont des avis divergents sur ce programme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">S’il obtient son exemption, c’est la voie que Lifsches Segal veut suivre. <em>«Après avoir décidé de ne pas être enrôlé, je voulais utiliser ce temps et faire quelque chose de bien », dit-il. « Je ne crois pas que l’armée fasse du bien, alors j’ai décidé de faire mon service national dans un hôpital. C’est ma façon de redonner.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Epstein dit qu’il ne veut pas nécessairement le faire, mais <em>«je pense que c’est quelque chose que je finirai par faire à la fin»</em>. Il rechigne à devoir le faire pour obtenir les mêmes avantages que les soldats : <em>«Je pense que dans un pays normal, on obtient des droits fondamentaux et on peut recevoir des allocations sociales et des subventions éducatives pour l’université même sans travailler gratuitement.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Zvirin, qui porte un t-shirt montrant les personnages de dessins animés Moumines en manifestation – l’un tient une pancarte disant <em>«refusez !»</em> un autre un keffieh, et un troisième agite un drapeau anarchiste – ne considère pas cela comme une option légitime.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Je pense que le service national est super centré sur l’État»</em>, dit il. C’est une façon de <em>«redonner à son pays»</em> sans être enrôlé. Zvirin explique : <em>«Je ne veux rien redonner à ce pays. Je veux redonner aux gens qui y vivent. Je pense qu’on peut le faire de nombreuses façons qui ne sont pas l’exploitation de main-d’œuvre bon marché par l’État. Ce sont des années qui peuvent être mises à profit dans nos communautés, en faisant de la présence protectrice</em> [dans les communautés palestiniennes de] <em>Masafer Yatta ou Douma.»</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Impossible de finir l’école</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a toujours un prix à payer pour des croyances radicales – c’est ce qui les rend radicales en premier lieu. Zvirin raconte qu’iel l’a appris à ses dépens, après être apparu au premier plan dans une vidéo d’adolescents déclarant leur refus tout en brûlant des ordres de conscription. Iel a reçu tellement de menaces – et d’agressions physiques et verbales – qu’il a dû quitter sa ville natale de Ra’anana pendant un certain temps, et a été scolarisé à la maison.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce que l’école insistait sur la présence de Zvirin pour les tests et les examens de baccalauréat, mais ne pouvait pas garantir qu’iel ne croiserait pas les autres adolescents qui l’avaient menacé et agressé, Zvirin n’a pas de certificat de bac à ce jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais certains politiciens de l’opposition ont laissé entendre qu’il pourrait y avoir des conséquences encore plus graves pour le refus à l’horizon. Je dis au groupe que lors d’une récente conférence, le président de Yisraeli Beiteinu, Avigdor Lieberman –</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Avigdor Lieberman a été reconnu coupable d’avoir agressé physiquement un mineur»</em>, coupe rapidement Epstein. <em>«On ne le mentionne pas assez.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je reconnais que c’est effectivement exact, et continue en disant que Lieberman, ainsi que d’autres politiciens de l’opposition, ont exprimé la conviction que les personnes qui ne servent pas dans l’armée ou n’effectuent pas de service national devraient se voir refuser certains droits, y compris le droit de vote. Ils ont fait ces remarques principalement en réponse au refus de conscription des Haredim, mais cela les affecterait également. Est-ce que cela influence leur décision d’une manière ou d’une autre ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Le libéralisme»</em>, Epstein secoue la tête avec dérision. <em>«Le summum du libéralisme.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Bar parle sans détour : <em>«Il y a un système qui tue, viole, exploite, enlève, massacre, fait exploser, détruit des dizaines de milliers de personnes. Si on me dit de choisir entre un flingue sur la tempe et en faire partie, je choisirai toujours le flingue.»</em> Il ajoute, avant d’exprimer son mépris pour le vote en tant que solution en général, qu’une telle loi n’aurait probablement pas de chances d’être adoptée – <em>«Je ne pense pas que ce soit démocratique et le camp libéral ne le permettra pas, mais Israël me surprend chaque jour.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Je serai bref»</em>, dit Epstein. <em>«Je pense que c’est un signe que si c’est ce que l’armée et cette institution oppressive font aux personnes qu’elles oppriment le moins, qu’est-ce que ça signifie pour les personnes qu’elles occupent, oppriment, anéantissent, par millions ?»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lifsches Segal hoche la tête. <em>«S’ils vont réduire nos droits à ceux des Palestiniens, c’est un prix que je suis prêt à payer»</em>, dit-il. <em>«Ce n’est pas quelque chose qui arrive dans un système démocratique&#8230; Si je dois choisir entre aller tirer sur des gens dans un État non démocratique, et ne pas tirer sur des gens dans un État non démocratique, je préfère encore ne pas tirer sur des gens.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>D’après <a href="https://linktr.ee/faustogiudice" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Fausto Giudice</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Source </strong>: traduit de <strong><a href="http://archive.today/Q2V2H" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Haaretz</a></strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/27/ces-ados-israeliens-qui-refusent-le-service-militaire/">Ces ados israéliens qui refusent le service militaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/27/ces-ados-israeliens-qui-refusent-le-service-militaire/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Pour Israël, la défaite en Iran est une opportunité</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/19/pour-israel-la-defaite-en-iran-est-une-opportunite/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/19/pour-israel-la-defaite-en-iran-est-une-opportunite/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Jun 2026 08:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Apartheid]]></category>
		<category><![CDATA[Cisjordanie]]></category>
		<category><![CDATA[Donald Trump]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[Gideon Lévy]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Lahouari Addi]]></category>
		<category><![CDATA[Liban]]></category>
		<category><![CDATA[Palestiniens]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=18984435</guid>

					<description><![CDATA[<p>Entre le détroit d’Ormuz et Israël, les Américains ont choisi le détroit d’Ormuz, c'est-à-dire leurs intérêts vitaux. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/19/pour-israel-la-defaite-en-iran-est-une-opportunite/">Pour Israël, la défaite en Iran est une opportunité</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’appui inconditionnel de l’Occident donne pendant longtemps à Israël l’illusion d&rsquo;être un acteur qui fait l’histoire à sa guise au Moyen-Orient. Pourtant, Israël n’a ni démographie, ni profondeur stratégique, ni environnement géopolitique, ni idéologie à vocation universelle sur lesquels repose la puissance. L’Occident lui a prêté sa puissance utilisée pour bâtir un régime d’apartheid et pour perpétrer un génocide qui ont placé Israël au-dessus du droit international.</em></strong></p>



<span id="more-18984435"></span>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Tous les pays détestent Israël»</em>, aurait dit Trump à Netanyahou. Les lobbys qui ont acheté les élites dirigeantes occidentales sont efficaces, mais il y a toujours des limites à l’efficacité qu’Israël a dépassées en ignorant les intérêts économiques des Américains et des Européens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre le détroit d’Ormuz et Israël, les Américains ont choisi le détroit d’Ormuz. On dit que l’Amérique a deux religions : le christianisme et le pragmatisme. Israël a commis une erreur historique en croyant que les Etats-Unis seront leur meilleur allié qui les protègeront, alors que le seul allié qui est susceptible de protéger Israël est paradoxalement la paix avec les Palestiniens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Etat colonial a deux perspectives devant lui, et deux seulement : le scénario algérien où les pieds-noirs ont dû quitter le pays dans la précipitation, ou le scénario sud-africain où les Blancs ont accepté de s’intégrer dans la société locale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est à ce dernier scénario que pense l’éditorialiste israélien Gideon Lévy, qui, dans son article publié le 18 juin 2026 et dont la traduction est reproduite ci-dessus, &nbsp;invite ses compatriotes à se réveiller, leur indiquant que le désastre face à l’Iran doit être l’occasion pour se réconcilier avec la réalité.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Lahouari Addi</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center"><strong>«Ce qui nous est arrivé en Iran n’était pas un désastre, mais une opportunité»</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La défaite d’Israël en Iran n’est pas un désastre : c’est l’occasion d’affronter la vérité. La guerre en Iran a révélé la vérité à Israël. Son armée, soi-disant toute-puissante, n’a rien accompli de significatif, si ce n’est sa propre ruine politique. Tout pays rationnel tirerait la même conclusion : il faut cesser de vivre par l’épée et uniquement par l’épée.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Gideon Levy</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/Gideon-Levy.jpg" alt="" class="wp-image-11747504" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/Gideon-Levy.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/Gideon-Levy-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/Gideon-Levy-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Le refrain, tant à droite qu’à <em>«gauche»</em> (sans compter le Premier ministre Benjamin Netanyahou) : une défaite israélienne, un désastre diplomatique, Trump nous a tourné le dos et Steven Witkoff est un <em>«Jewboy»</em>. La nation déplore une calamité, une défaite et un quasi-Holocauste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Bennett&rsquo;s s’empressent d’intervenir et promettent une solution. Ils rétabliront les relations avec les États-Unis et ramèneront Israël sur les champs de bataille pour achever le travail. Telle est leur seule promesse en cette journée particulièrement propice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il ne s’agit ni d’un désastre ni d’un Holocauste. Dans la guerre contre l’Iran, Israël a traversé ce que les psychologues appellent un <em>«test de réalité»</em>, au cours duquel la vérité lui a été révélée. Et cela pourrait bien être l’évolution la plus positive de ces dernières années, à condition que le pays en tire les bonnes conclusions. Ce soi-disant désastre pourrait bien se transformer en une opportunité historique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors d’une de ses précédentes catastrophes, celle de 1973, Israël avait su tirer les leçons et ouvrir un nouveau chapitre révolutionnaire de son histoire : celui de la paix. Le fiasco avec l’Iran nous oblige aujourd’hui à reprendre nos esprits une seconde fois, mais pour l’instant, personne n’est là pour mener cette réorientation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un peu de réalisme : un petit pays de 10 millions d’habitants ne peut pas se battre contre le monde entier, même si nous sommes les fils du peuple élu, qui sait tout et fait tout mieux que les autres. Israël ne peut pas renverser des régimes, ni dans la lointaine Téhéran, ni dans la proche Gaza, ni même à Ramallah, juste à côté. Nous ne sommes pas les seuls dans ce cas ; même les États-Unis n’y parviennent pas.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Nous regarder dans le miroir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ils ne peuvent pas forcer des organisations à déposer les armes ni éradiquer les convictions politiques du cœur des gens. L’époque où l’Amérique était à notre merci est révolue. Reconnaître cette réalité nous offre l’occasion, au milieu de la succession de guerres récentes, de nous regarder dans le miroir : l’armée soi-disant toute-puissante de ce pays n’a réussi à obtenir aucun résultat significatif, si ce n’est la ruine politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout pays rationnel en tirerait la même conclusion : il faut cesser de vivre par l’épée et uniquement par l’épée. L’histoire récente en a apporté suffisamment de preuves. Peut-être que toutes ces guerres futiles étaient nécessaires pour nous ouvrir les yeux et nous faire comprendre qu’aucune guerre choisie par Israël ne s’est jamais bien terminée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne reste que peu de temps pour parvenir à cette conclusion. Retirez les troupes de tout le Liban, avant qu’elles ne déclenchent une nouvelle guerre inutile contre l’Iran. Mettez immédiatement un terme à la folie qui sévit en Cisjordanie, avant qu’elle ne se retourne elle aussi contre nous. Accordez un peu de répit à l’armée et à l’armée de l’air, laissez-les respirer. Permettez aux soldats de profiter de leurs réductions militaires et de déjeuner dans les fast-foods de la rue Ibn Gvirol à Tel-Aviv.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Libérez les milliers d’otages palestiniens qui croupissent dans les prisons du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, et commencez à vous comporter comme des êtres humains envers les Palestiniens, avant que le monde ne nous y oblige. Et décidez où nous allons, ce que nous voulons : deux États, un seul État démocratique ou un seul État d’apartheid suicidaire. Il n’y a pas de quatrième option et il n’y en aura jamais.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Israël ne peut pas désarmer le Hezbollah</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette semaine, on a appris que l’armée israélienne demandait au gouvernement de parvenir à un accord avec le gouvernement libanais avant que l’armée ne soit contrainte de se retirer des zones occupées, la queue entre les jambes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On a là, au moins, un cas de sobriété partielle. Après tout, l’accord avec le gouvernement libanais aurait pu être conclu plus tôt, mais Israël avait besoin de l’épreuve de la guerre pour se rendre compte qu’il ne peut pas désarmer le Hezbollah, et qu’il n’y parviendra jamais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Forces de défense israéliennes (FDI), au moins, commencent à le comprendre. Il en va de même pour le Hamas, la résistance à l’occupation de la Cisjordanie et le régime iranien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fait qu’Israël soit mégalomane ne signifie pas qu’il soit capable d’agir selon ses propres critères mégalomaniaques, en croyant que des bombardements ici et là serviront ses intérêts. Ce qui nous est arrivé en Iran n’était pas un désastre, mais une opportunité. Nous avons regardé la vérité droit dans les yeux – et elle a baissé les yeux. C’est maintenant à notre tour de baisser les nôtres. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Source </strong>: <a href="https://www.haaretz.com/opinion/2026-06-18/ty-article-opinion/.premium/israels-defeat-in-iran-isnt-a-disaster-its-an-opportunity-to-face-the-truth/0000019e-d712-d6a3-a5be-f77252200000" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Haaretz</a>.  </p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="HivjmqdmJy"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/18/detroit-dormuz-le-casse-tete-du-deminage/">Détroit d’Ormuz | Le casse-tête du déminage</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Détroit d’Ormuz | Le casse-tête du déminage » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/18/detroit-dormuz-le-casse-tete-du-deminage/embed/#?secret=VffIAFVbY2#?secret=HivjmqdmJy" data-secret="HivjmqdmJy" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/19/pour-israel-la-defaite-en-iran-est-une-opportunite/">Pour Israël, la défaite en Iran est une opportunité</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/19/pour-israel-la-defaite-en-iran-est-une-opportunite/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>5</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>États-Unis &#124; Jon Ossoff, l’étoile montante du Parti démocrate !</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/16/etats-unis-jon-ossoff-letoile-montante-du-parti-democrate/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/16/etats-unis-jon-ossoff-letoile-montante-du-parti-democrate/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jun 2026 07:14:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Donald Trump]]></category>
		<category><![CDATA[États-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Jon Ossoff]]></category>
		<category><![CDATA[Parti démocrate]]></category>
		<category><![CDATA[présidentielle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=18956986</guid>

					<description><![CDATA[<p>À l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis, un nom circule de plus en plus au sein du Parti démocrate, celui du sénateur de Géorgie Jon Ossoff.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/16/etats-unis-jon-ossoff-letoile-montante-du-parti-democrate/">États-Unis | Jon Ossoff, l’étoile montante du Parti démocrate !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis, un nom circule de plus en plus au sein du Parti démocrate, celui du sénateur de Géorgie Jon Ossoff. Le jeune homme de 39 ans est passé ces derniers mois du statut de sénateur influent à celui de candidat sérieux à la présidentielle de 2028, selon les militants, les commentateurs et les stratèges politiques. Il a fait de la lutte contre l’affairisme véreux et la corruption du clan Trump son cheval de bataille. Il s’est illustré également par sa ferme opposition à la guerre génocidaire israélienne de Gaza.&nbsp;</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-18956986"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Michelle Goldberg a retracé le parcours politique d’Ossof dans le <em><a href="https://www.nytimes.com/2026/06/08/opinion/jon-ossoff-president.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">New York Times</a></em>, saluant ses prises de position contre le président Donald Trump, son engagement contre la corruption et affirmant. Nombreux sont ceux qui souhaitent le voir se présenter à la primaire démocrate pour l’élection présidentielle de 2028, affirme-t-elle.  </p>



<p class="wp-block-paragraph">Si Ossoff est réélu sénateur de Géorgie, il deviendra immédiatement l’un des principaux candidats à l’investiture démocrate pour la présidentielle de 2028, estime le journaliste Mehdi Hasan, cité par le même journal.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un candidat attrayant</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Jon Ossoff est un homme politique démocrate américain de premier plan, de confession juive, actuellement sénateur de Géorgie qui a vu sa notoriété exploser sur la scène politique américaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est actuellement en campagne pour un second mandat au Sénat lors des élections de mi-mandat et les sondages indiquent qu’il est en tête.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ossoff est né en 1987 et il avait seulement 33 ans lors de sa première élection fin 2020. Il est le plus jeune sénateur depuis l’élection de l’ancien président Joe Biden au Sénat en 1972.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le parcours d’Ossoff fait de lui un candidat attrayant pour de nombreux démocrates. Jeune homme politique, originaire du Sud, il représente un État souvent républicain et est un père de famille dont l’épouse Alicia Kramer est une gynécologue-obstétricienne de renom. Ils ont deux jeunes filles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fait qu’il soit un élu du sud est très important et symbolique car le sud est devenu au fil du temps la chasse gardée des Républicains et le symbole de l’affaiblissement des Démocrates. Ces derniers doivent reconquérir le sud s’ils souhaitent revenir au pouvoir.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le secret d’une popularité montante</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Goldberg pense que les attaques incessantes d’Ossoff contre le président, ainsi que son insistance sur la corruption et les abus de pouvoir au sein de l’administration actuelle, figurent parmi les principales raisons de sa popularité auprès des démocrates.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les discours d’Ossoff lors de sa campagne de réélection en Géorgie étaient moins axés sur ses rivaux républicains que sur des attaques contre Trump et son clan qu’il appelle <em>«la mafia de Mar-a-Lago»</em>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des extraits vidéo de ses discours ont alimenté une nouvelle vague de spéculations quant à son avenir politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus précisément, les discours d’Ossoff s’articulent généralement autour de deux thèmes principaux. D’une part, la dénonciation des failles et de la corruption au sein du système politique américain et d’autre part, la présentation d’une vision nationale multiethnique et libérale, en opposition à la rhétorique nationaliste de l’administration actuelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les citations citées par Goldberg figure sa déclaration à ses partisans : <em>«Notre grandeur nationale ne provient ni du sang ni des gènes mais de nos idées».</em> Elle estime que ce type de rhétorique vise à reconquérir un récit national américain fédérateur.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Contre la corruption et l’autoritarisme</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avant son entrée en politique, il a notamment dirigé une société spécialisée dans la production de documentaires et d’enquêtes sur la corruption et les violations des droits de l’homme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a supervisé des enquêtes sur les crimes de l’État islamique, la corruption dans le sport africain et d’autres affaires d’abus de pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ossof estime que ces expériences ont façonné sa vision de la politique. Il affirme que sa conviction que la corruption est au cœur de l’oppression et de la tyrannie est antérieure à son engagement public et que son expérience dans les enquêtes sur les crimes de guerre et les violations des droits de l’homme lui a démontré le lien étroit entre corruption et autoritarisme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un Juif opposé à la politique d’Israël</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Outre son opposition à la corruption, Ossof bénéficie d’une popularité particulière au sein des cercles démocrates grâce à sa position sur Israël. Juif, il est aussi un critique virulent de la politique israélienne, ce qui lui permet de rallier diverses factions au sein du parti.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il souligne qu’il n’est pas antisioniste et qu’il est attaché à <em>«la sécurité et au bien-être du peuple israélien»</em> mais qu’il est aussi un fervent critique de la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2024, Ossoff figurait parmi les 19 seuls sénateurs à avoir soutenu une résolution présentée par le sénateur Bernie Sanders demandant l’arrêt de certaines livraisons d’armes américaines à Israël. Il a ainsi bravé les pressions de l’administration Biden qui s’opposait à une telle mesure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors d’une intervention au Sénat à cette époque, Ossoff a déclaré que le peuple américain était légitimement choqué par le manque d’attention porté à la vie des civils palestiniens innocents. Il a ajouté qu’un grand nombre d’enfants à Gaza avaient été tués ou grièvement blessés, des blessures qui auraient pu être évitées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Goldberg soutient que cette position centriste lui confère un avantage politique rare car il est difficile pour les partisans d’Israël de l’accuser d’antisémitisme et pour les critiques de l’administration Biden de le tenir responsable des politiques qui ont conduit au nombre élevé de victimes civiles à Gaza.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un opposant à la «classe Epstein» </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Goldberg soutient qu’Ossoff fonde son discours politique sur l’idée que la lutte contre la corruption est le moyen le plus efficace de contrer les tendances autoritaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle cite le politologue Adam Bonica qui estime que la colère populaire face à la corruption a contribué à la chute de gouvernements et de dirigeants dans plusieurs pays et que les mouvements anticorruption sont capables d’unir divers segments de la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ossoff tente d’appliquer cette approche aux États-Unis en se concentrant constamment sur les questions de corruption et de trafic d’influence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, il fait fréquemment référence à ce qu’il appelle la <em>«classe Epstein»</em>, en allusion aux réseaux d’argent et d’influence associés au milliardaire américain Jeffrey Epstein accusé de trafic sexuel de mineures et qui incluent des personnalités des partis républicain et démocrate.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Son objectif, modifier la nature du débat politique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré le buzz médiatique autour de son nom, Ossoff insiste sur le fait qu’il n’a aucune intention de se présenter à la présidence. Il a qualifié les discussions de plus en plus fréquentes à ce sujet de <em>«malédiction»</em> qui détourne l’attention des élections de mi-mandat qu’il juge plus importantes actuellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Goldberg rappelle que les hommes politiques américains nient souvent leurs ambitions présidentielles des années avant d’annoncer leur candidature. Elle cite l’exemple de l’ancien président Barack Obama qui a refusé d’évoquer la présidence lors de sa campagne pour le Sénat en 2004 avant de devenir président des États-Unis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Goldberg conclut qu’Ossoff tente de modifier la nature du débat politique aux États-Unis. Au lieu de l’affrontement traditionnel entre la droite et la gauche, il cherche à faire de la corruption l’alpha et l’oméga du débat politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est précisément pour cette raison qu’un nombre croissant de démocrates le considèrent comme un potentiel futur leader du parti. S’il parvient à remporter un nouveau mandat en Géorgie, surtout avec une avance confortable, il pourrait subir une pression croissante de la part des dirigeants et des sympathisants du parti pour se lancer dans la course présidentielle, qu’il le souhaite ou non.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/16/etats-unis-jon-ossoff-letoile-montante-du-parti-democrate/">États-Unis | Jon Ossoff, l’étoile montante du Parti démocrate !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/16/etats-unis-jon-ossoff-letoile-montante-du-parti-democrate/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>4</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Iran &#8211; Etats-Unis &#124; La paix des puissants, les blessures des peuples</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/15/iran-etats-unis-la-paix-des-puissants-les-blessures-des-peuples/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/15/iran-etats-unis-la-paix-des-puissants-les-blessures-des-peuples/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jun 2026 11:29:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelhamid Larguèche]]></category>
		<category><![CDATA[détroit d’Ormuz]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Liban]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Proche-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[protocole d’Islamabad]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=18951129</guid>

					<description><![CDATA[<p> Un accord mettra officiellement fin à la guerre américano-israélienne contre l’Iran, mais peut-on sérieusement parler de paix ? </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/15/iran-etats-unis-la-paix-des-puissants-les-blessures-des-peuples/">Iran &#8211; Etats-Unis | La paix des puissants, les blessures des peuples</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le 19 juin 2026, à Genève, sera signé un accord qui mettra officiellement fin à la guerre américano-israélienne contre l’Iran. Les chancelleries salueront l’événement. Les communiqués parleront de paix, de stabilité retrouvée, de victoire de la diplomatie. Mais il faut poser d’emblée la question que ces communiqués n’auront pas le courage de formuler : cette paix, pour qui ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelhamid Larguèche</strong> *</p>



<span id="more-18951129"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg" alt="" class="wp-image-18774922" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Comme tant de conflits du Proche-Orient avant elle, cette séquence de violence dont on annonce la fin proche ne se conclut pas par la justice, elle se clôt par l’épuisement des belligérants et le calcul froid des grandes puissances. Les armes se taisent avant que les douleurs ne s’apaisent. Et les peuples découvrent, une fois de plus, qu’ils n’étaient pas conviés à la table où leur destin fut négocié. C’est là le visage permanent de ce qu’il faut bien appeler : la paix des puissants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le protocole d’Islamabad, tel qu’il se dessine, articulera la sécurité du détroit d’Ormuz, une levée partielle des sanctions économiques contre l’Iran et une reprise des négociations nucléaires avec ce pays. Des médiations pakistanaises et qataries ont joué un rôle déterminant dans ce rapprochement. Mais l’essentiel n’est pas dans les clauses de cet accord, il est dans ce qu’il révèle : un ordre mondial en recomposition profonde, où l’hégémonie américaine n’est plus qu’une puissance parmi d’autres, et où les peuples de la région continuent de payer, de leur sang et de leur avenir, le prix de ces reconfigurations.  </p>



<h2 class="wp-block-heading">La Chine et la fin de l’hégémonie occidentale </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier vainqueur est l’Iran. Longtemps présenté comme isolé, étranglé par les sanctions et contraint à la défensive, Téhéran sort de cette séquence en position de force relative. La République islamique n’a pas seulement survécu, elle a imposé ses lignes rouges, en particulier sur le contrôle stratégique du détroit d’Ormuz. Ce n’est pas rien : c’est la consécration d’une puissance régionale que quarante ans de pression n’ont pas réussi à briser.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière l’Iran se profile la vraie grande gagnante de ce tournant : la Chine. Sans tirer un seul coup de feu, Pékin récolte les dividendes d’une stratégie patiente construite sur deux décennies d’investissements en infrastructures, d’échanges énergétiques et de médiations discrètes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce conflit l’illustre avec netteté : nous sommes entrés dans un monde où l’Occident ne dicte plus ses conditions, et où Pékin avance, méthodiquement, sans fracas, vers le centre de l’échiquier mondial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les États-Unis obtiennent une stabilisation régionale et la sécurisation des flux énergétiques. Mais il faut le dire clairement : Washington ne négocie plus en maître, il négocie en partenaire contraint. L’ère de l’hyperpuissance américaine, cette parenthèse d’après-guerre froide où l’Amérique imposait l’ordre du monde, est bel et bien refermée. Ce rétrécissement de l’influence américaine n’est pas une parenthèse : c’est une tendance de fond. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’état sioniste et les limites de la supériorité militaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’État sioniste présente un bilan en trompe-l’œil. Il dispose d’une supériorité militaire incontestable, mais les conflits successifs ont démontré une vérité que la force ne peut effacer : il n’existe pas de victoire militaire durable sans solution politique. Chaque opération remporte des batailles et perd la guerre de l’histoire. La domination par les armes ne produit pas la sécurité, elle fabrique des générations de résistance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, comme souvent dans l’histoire, les véritables perdants ne siègent pas dans les salles de négociation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le peuple palestinien est, une fois encore, le grand absent de cette paix, et sa principale victime. Depuis des décennies, il paye en sang et en exil le prix des équilibres géopolitiques que d’autres ont décidés en son nom.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque accord régional, chaque cessez-le-feu négocié entre grandes puissances, repousse un peu plus la seule question qui ne disparaîtra pas : celle des droits nationaux et de la dignité d’un peuple privé d’État. Gaza, la Cisjordanie, les camps de réfugiés du Liban et de Jordanie, ces réalités-là ne s’effacent pas d’un traité. Elles attendent. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un peuple libanais meurtri</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le peuple libanais, lui aussi, sort du cycle de violences profondément meurtri. Le Liban est devenu, depuis trop longtemps, le terrain d’affrontement des ambitions des autres. Que l’on voie dans l’Iran un protecteur ou une tutelle étouffante, le constat demeure : le Liban ne maîtrise plus son propre destin. Il subit des guerres qu’il n’a pas choisies, sur un territoire que d’autres ont transformé en champ de bataille par procuration. C’est là l’une des grandes injustices de cet ordre régional : les petits pays absorbent les conflits des grands.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire du Moyen-Orient enseigne une leçon que nul ne devrait oublier : les grands arrangements entre puissances se concluent invariablement sur les ruines des peuples. Des Accords Sykes-Picot aux guerres contemporaines, les frontières et les équilibres ont été redessinés depuis les capitales lointaines avant d’être vécus dans la chair des sociétés locales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si cet accord se confirme, ce qui semble être le cas, il ne signifiera pas seulement la fin d’une guerre. Il marquera l’entrée officielle dans un nouvel âge géopolitique : monde multipolaire, puissances en recomposition, Occident contraint à la négociation. Mais pour les peuples du Proche-Orient, palestinien, libanais, irakien, syrien, yéménite, ce changement d’ère ne changera rien tant que les grandes puissances continueront de traiter leur sort comme une variable d’ajustement. La véritable question n’est pas de savoir qui gouvernera l’ordre mondial de demain. Elle est de savoir si cet ordre nouveau aura enfin le courage de faire de la dignité des peuples autre chose qu’une clause oubliée dans un accord de chancellerie. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Historien.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/15/iran-etats-unis-la-paix-des-puissants-les-blessures-des-peuples/">Iran &#8211; Etats-Unis | La paix des puissants, les blessures des peuples</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/15/iran-etats-unis-la-paix-des-puissants-les-blessures-des-peuples/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Comment les drones israéliens génèrent des cibles au-dessus de Gaza</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/13/comment-les-drones-israeliens-generent-des-cibles-au-dessus-de-gaza/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/13/comment-les-drones-israeliens-generent-des-cibles-au-dessus-de-gaza/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Jun 2026 06:51:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[algorithmisation]]></category>
		<category><![CDATA[Benjakob]]></category>
		<category><![CDATA[Elbit Systems]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[IA]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Omer Liban]]></category>
		<category><![CDATA[renseignements]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=18917739</guid>

					<description><![CDATA[<p> Des logiciels d’Intelligence artificielle (IA) ont donné à la flotte de drones israéliens des capacités offensives sans précédent.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/13/comment-les-drones-israeliens-generent-des-cibles-au-dessus-de-gaza/">Comment les drones israéliens génèrent des cibles au-dessus de Gaza</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Des documents révèlent comment les logiciels d’Intelligence artificielle (IA) et les équipements militaires ont donné à la flotte de drones israéliens des capacités de surveillance et offensives sans précédent.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Omer Benjakob *</strong></p>



<span id="more-18917739"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/06/Omer-Benjakob.jpg" alt="" class="wp-image-18917779" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/06/Omer-Benjakob.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/06/Omer-Benjakob-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/06/Omer-Benjakob-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">La flotte de drones des Forces de défense israéliennes a opéré 24 heures sur 24 au-dessus de Gaza et du Liban pendant la guerre actuelle, servant de <em>«générateur de cibles et de renseignement hautement efficace»</em>, selon des documents internes obtenus par&nbsp;<em>Haaretz</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les documents de l’armée israélienne révèlent des capacités de surveillance de masse et d’IA jusqu’alors non rapportées, intégrées dans les drones déployés dans le nord et le sud depuis 2023.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les documents éclairent la manière dont la flotte principale d’Israël, composée de plusieurs dizaines de drones de surveillance et de frappe, a été utilisée pour aider à identifier des cibles et diriger les tirs tant pour les forces aériennes que terrestres. Les capacités reposent fortement sur l’IA et soulignent le rôle accru de l’automatisation dans la guerre moderne.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une algorithmisation croissante</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les documents révèlent également que les drones Hermes 450 (ou Zik, qui signifie étincelle en hébreu) et Hermes 900 (le Kochav, ou étoile), tous deux fabriqués par l’entreprise israélienne Elbit Systems, ont été déployés à une échelle sans précédent dans les premiers mois suivant le 7 octobre 2023. Leurs heures de vol ont été multipliées par cinq, et ils ont survolé presque chaque recoin de Gaza depuis les airs, identifiant et classifiant des cibles pour les attaques, y compris les drones ennemis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les documents, les conversations de <em>Haaretz</em> avec des entrepreneurs de la défense technologique et des responsables de l’armée israélienne, ainsi que les témoignages de soldats au groupe Breaking the Silence, exposent ce qu’une source appelle <em>«l’algorithmisation»</em> croissante des systèmes sans pilote de l’armée israélienne. Les drones jouent un rôle de plus en plus central dans les combats, et leur nombre croissant de missions nécessite le traitement de quantités massives de données pour soutenir différents types de décisions autonomes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les documents et les autres sources, cette algorithmisation a commencé bien avant la guerre à Gaza, mais c’est là-bas que les capacités d’IA ont été employées pour la première fois à grande échelle, déployées rapidement après les massacres d’octobre 2023 — peut-être même précipitamment. Au moment de la guerre de cette année contre l’Iran, l’IA avait été intégrée dans tous les systèmes de commandement de l’armée, faisant partie de ce que l’armée israélienne appelle son Usine de données opérationnelles et d’IA. Les drones sont parmi ses principales utilisations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les documents montrent différents types d’automatisation soutenant divers rôles dans les opérations des drones. Ils offrent un aperçu rare de la manière dont des logiciels avancés sont superposés au matériel militaire et aux systèmes d’armes pour étendre leurs capacités.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Serveur dans le ciel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, les documents révèlent un système jusqu’alors non rapporté connu sous le nom de Serveur dans le Ciel (Server in the Sky, ou SITS). Fonctionnant sur un ordinateur installé sur un drone, l’analyse <em>«embarquée»</em> utilise des algorithmes pour mener un large éventail de missions sans pilote qui exploitent l’analyse et la prise de décision par IA.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les documents, l’algorithme analyse indépendamment le renseignement recueilli par les capteurs et les caméras des drones, détectant automatiquement les cibles, les classifiant et décidant de les suivre ou de les transmettre — au centre de commandement, aux pilotes de l’armée de l’air ou aux troupes au sol.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le serveur et les analyses qu’il exécute permettent également de gérer la flotte de drones de manière autonome, en se répartissant les tâches pendant que les drones surveillent un secteur défini, en transférant la charge entre ces aéronefs sans pilote pour maintenir une visibilité continue. Par exemple, si une couverture nuageuse bloque soudainement la vue d’un drone, ou si un autre doit interrompre sa mission pour esquiver un missile sol-air, la couverture est automatiquement transférée à un autre drone disponible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les documents indiquent que le Serveur dans le Ciel fournit des <em>«recommandations et décisions basées sur l’IA»</em>. Ils ne précisent pas, mais décrivent SITS comme faisant partie de <em>«systèmes d’aide à la décision»</em> plus larges. Ces systèmes utilisent des algorithmes avancés pour traiter d’énormes quantités de données de divers types provenant de multiples sources, fournissant aux opérateurs de drones, aux analystes et même aux forces au sol des informations et des recommandations. Bien qu’un humain soit clairement dans la boucle, le système prétend faire plus que simplement traiter des chiffres et fournirait des <em>«analyses narratives avancées»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En mars, l’armée israélienne a confirmé que l’infrastructure d’IA initialement utilisée par des divisions spécifiques à Gaza était désormais pleinement opérationnelle dans l’ensemble de l’armée. Des responsables ont également confirmé que la flotte de drones offensifs <em>«Storm Clouds»</em> faisait également partie de l’Usine de données opérationnelles et d’IA, parmi d’autres utilisations. Les documents montrent comment des essaims de drones de collecte de renseignement et de frappe ont volé — d’abord au-dessus de Gaza et du Liban, et plus récemment au-dessus de l’Iran et d’autres théâtres — utilisant la vision par ordinateur pour repérer les cibles, les classifier, les cartographier et les partager en vidéo en temps réel avec toutes les forces combattantes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Couverture à 360°, 24h/24 et 7j/7</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Hermes 450 est entré en service il y a plus de deux décennies et constitue l’épine dorsale de la flotte de drones de l’armée israélienne. Il peut transporter jusqu’à 150 kilogrammes ; la charge utile peut inclure des systèmes comme des caméras avancées, un radar à synthèse d’ouverture qui voit la nuit et à travers les nuages, ainsi que des systèmes d’interception des communications et de renseignement électronique. L’Hermes 900 est entré en service il y a plus d’une décennie. Il peut transporter jusqu’à 350 kilogrammes et rester en vol pendant environ 35 heures, soit près du double de la durée de son prédécesseur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux sont également utilisés pour des frappes — un fait connu depuis plus d’une décennie mais dont la publication a été autorisée en Israël seulement en 2022. Selon des rapports étrangers, l’Hermes 450 peut transporter jusqu’à quatre missiles air-sol, l’Hermes 900 jusqu’à huit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les documents décrivent la flotte Hermes comme un <em>«élément central et clé»</em> de l’effort de guerre, menant des missions de défense et d’attaque simultanément. Les drones ont été testés au combat et ont été contraints de décoller de bases aériennes sous le feu ; ils ont opéré à une échelle exceptionnelle sur un terrain de <em>«guerre urbaine»</em> à Gaza et sur un terrain <em>«forestier et végétal»</em> dans le sud du Liban.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Leur mission centrale est le <em>«soutien aérien rapproché aux forces de l’armée israélienne combattant en milieu bâti»</em> et la <em>«protection des forces à 360 degrés»</em>. Les documents indiquent que les capacités d’analyse visuelle des drones ont exposé des caches ennemies et trouvé des combattants attendant en embuscade ; les drones ont choisi des cibles pour les forces au sol ou les ont signalées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce récit correspond aux témoignages recueillis par Breaking the Silence auprès de soldats ayant servi à Gaza et décrivant une coordination complète entre la flotte de drones et les forces au sol, jusqu’au niveau du bataillon.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des hauts responsables de l’armée israélienne ont déclaré à&nbsp;<em>Haaretz</em>&nbsp;que le soutien aérien et le renseignement fournis par les drones à Gaza et au Liban ont joué un rôle essentiel dans la protection des forces. Ils affirment que ce système est très précis et a permis dans de nombreux cas à l’armée de l’air de frapper des forces ennemies opérant à quelques dizaines de mètres des troupes israéliennes. Les drones aident également à prévenir les erreurs de tir ami, en suivant les soldats et en fournissant une large vue d’ensemble visuelle des forces sur le terrain.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Renseignement et surveillance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les documents exposent une autre capacité essentielle de la flotte : un système de surveillance connu sous le nom de Wide Area Persistent Surveillance (WAPS, surveillance persistante sur zone étendue). Elbit a dévoilé un système similaire il y a environ dix ans au salon du Bourget, mais les documents éclairent la manière dont il a été utilisé dans les combats à Gaza et au Liban.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La charge utile est montée sur l’Hermes 450 ou 900, comprenant un ensemble de 10 caméras avancées utilisant des capteurs électro-optiques qui peuvent capturer visuellement — en temps réel et depuis un seul drone — 80 kilomètres carrés. Cela représente environ un quart de la bande de Gaza. Alors qu’une seule caméra suit une petite zone fixe, le réseau de caméras permet un suivi en direct de nombreuses zones à la fois sur une vaste zone de combat, pour trouver les forces ennemies et les suivre en continu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">WAPS permet également ce qui semble être une archive massive de toute la couverture visuelle, ce que les documents appellent la <em>«médecine légiste du renseignement»</em> : la capacité de relire la vidéo en temps réel et a posteriori, en rassemblant différents points de vue. Cela permet aux analystes de retracer un objet jusqu’à son point d’origine, ou de reconstruire une chaîne d’événements après les faits. Selon les documents, le système — pour ces deux capacités — s’est avéré « un générateur de cibles et de renseignement particulièrement efficace » à Gaza et au Liban.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les documents affirment que le système de surveillance dispose d’une analyse automatique intégrée, comprenant la classification, le tri et des <em>«gardiens»</em>. Ce que cela signifie exactement n’est pas clair ; cela pourrait faire partie des décisions automatiques du Serveur dans le Ciel. Dans le monde des algorithmes, les <em>«gardiens»</em> désignent en partie des filtres automatiques qui décident quelles informations sont transmises, et s’il faut déclencher une action ou avertir un opérateur humain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des enquêtes antérieures ont révélé l’utilisation de l’IA par l’armée israélienne et comment sa puissance de calcul massif de données aide à produire et alimenter le <em>«banque de cibles»</em> d’Israël. Dans le magazine&nbsp;<em>+972</em>, le journaliste Yuval Abraham a dénoncé un système automatisé appelé Lavender qui, au cours de la première année de la guerre, analysait d’énormes quantités d’informations et de points de données recueillis par divers moyens sur presque chaque résident de Gaza et évaluait la probabilité qu’une personne donnée puisse être considérée comme un combattant du Hamas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon l’enquête, les agents de renseignement ont entraîné le système sur des données de terroristes connus, le système prétendant apprendre à trouver des terroristes inconnus dans la population générale. De cette façon, la technologie a transformé des dizaines de milliers de Palestiniens en cibles potentielles, selon l’article. Des sources militaires ont ajouté qu’elles comptaient de plus en plus sur les analyses du système, à savoir sa méthode de classement, même si l’on savait qu’il avait un taux d’erreur de 10 pour cent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au total, les documents obtenus par&nbsp;<em>Haaretz</em>&nbsp;révèlent la partie aérienne de ces systèmes, montrant comment les drones collectent des renseignements que les systèmes d’IA analysent et filtrent, puis alimentent d’autres systèmes jusqu’au soldat sur le terrain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministère de la Défense et Elbit n’ont pas répondu aux demandes de commentaires. L’armée israélienne a déclaré dans un communiqué à&nbsp;<em>Haaretz</em>&nbsp;: <em>«Les processus opérationnels au sein de l’armée israélienne, y compris l’identification des cibles et la planification des frappes, reposent sur une variété d’outils et de méthodes avancés qui incluent des systèmes de planification et de gestion de l’information. L’armée israélienne utilise les capacités basées sur l’intelligence artificielle uniquement comme outils auxiliaires sans remplacer l’implication et le jugement humain du personnel professionnel et des commandants autorisés.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Selon les directives de l’armée israélienne, chaque frappe nécessite une évaluation individuelle par une personne concernant la nature de la cible, l’avantage militaire par rapport aux dommages collatéraux attendus, et un examen des mesures de précaution réalisables dans les circonstances. L’armée israélienne s’engage à utiliser de manière responsable et légale les outils d’information, les données et les technologies avancées, conformément au droit international.»</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Drone contre drone</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les documents décrivent également une autre capacité non rapportée auparavant : la capacité des drones à détecter les drones hostiles venant du Liban et de Syrie. La guerre qui a éclaté en octobre 2023 a surpris un Israël non préparé face à la menace aérienne grandissante. En 2021, le système de radar monté sur ballon <em>«Sky Dew»</em> d’Israël a été déployé dans le nord, construit spécifiquement pour couvrir les angles morts des radars au sol : repérer les drones volant bas et les missiles de croisière venant du nord et de l’est. Mais six mois après le début de la guerre, un drone du Hezbollah a détruit le système avant qu’il ne devienne opérationnel. Les documents détaillent comment la flotte de drones de l’armée de l’air est devenue un nouvel acteur dans la chasse aux drones : un système électro-optique avancé appelé Spectro, dont l’existence était déjà connue. Le Spectro a été adapté à l’Hermes 900 et converti pour fonctionner avec le Serveur dans le Ciel et repérer les drones hostiles depuis les airs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les documents montrent comment l’armée israélienne a connecté logiciel et matériel : le Serveur dans le Ciel fonctionnait à bord de l’Hermes 900 aux côtés de technologies incluant des capteurs de renseignement électronique et de signaux, des systèmes d’observation et de marquage de cibles, des systèmes de guerre électronique et le radar d’Israel Aerospace Industries.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les documents montrent également comment l’idée de lier les capacités d’IA à divers types de capteurs avancés dans toute la flotte de drones a commencé bien avant la guerre à Gaza.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les documents révèlent comment, en 2021, une chaîne de combat basée sur l’IA a été présentée à l’ancien chef du renseignement militaire Aharon Haliva. Selon les documents, cela signifiait <em>«l’intégration et la synergie entre les capteurs et l’IA du SIGINT (renseignement d’origine signal) et de la guerre électronique, permettant un cycle complet de collecte — identification — génération de cibles — attaque.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les capacités, selon les documents, ont été développées et intégrées dans les drones, puis utilisées à Gaza, au Liban et, plus récemment, en Iran. Mais Israël n’est pas la seule armée à utiliser ces drones. Selon Elbit, ils ont été exportés vers au moins 20 pays. L’entreprise garde généralement l’identité de ses clients secrète, mais diverses publications ont rapporté que certains des systèmes — y compris la variante offensive — ont été vendus à l’Azerbaïdjan, au Brésil, au Mexique, à la Suisse, aux Philippines, à la Thaïlande et à Singapour. L’Inde construit l’Hermes 900 elle-même dans une coentreprise avec Elbit, et la Serbie l’a acheté dans le cadre d’un vaste accord d’armement de plus de 300 millions de dollars. Les gardes-frontières maritimes [Frontex] de l’Union européenne (UE) ont également acquis ces drones, les utilisant à des fins civiles et de surveillance des frontières. Mardi, le ministère de la Défense a révélé que les exportations de défense d’Israël ont battu un record l’année dernière, bondissant de 30 % pour atteindre près de 20 milliards de dollars [= X 2 par rapport à 2020 et X4 par rapport à 2015, NdT]. Les ventes de drones et de quadricoptères — des hélicoptères à quatre rotors — ont totalisé 800 millions de dollars. La plupart des quadricoptères ont été fabriqués par les trois grandes entreprises d’armement Elbit, Israel Aerospace Industries et Rafael Advanced Defense Systems.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Source </strong>: <a href="https://substack.com/redirect/8d6d7de4-23b0-400b-8e59-8f3712be452d?j=eyJ1IjoiaTFlbHQifQ.Hq9qAIq7zpkEpiC_jKxZ1S8NBly1ZqUcW7etgzodmC4" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Haaretz</a>, traduit par <a href="https://substack.com/redirect/6c41d8c8-fe25-4d4c-8cfd-231b8736e669?j=eyJ1IjoiaTFlbHQifQ.Hq9qAIq7zpkEpiC_jKxZ1S8NBly1ZqUcW7etgzodmC4" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Tlaxcala</a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Journaliste spécialisé dans la désinformation et la cybernétique pour le quotidien israélien&nbsp;Haaretz.&nbsp;</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/13/comment-les-drones-israeliens-generent-des-cibles-au-dessus-de-gaza/">Comment les drones israéliens génèrent des cibles au-dessus de Gaza</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/13/comment-les-drones-israeliens-generent-des-cibles-au-dessus-de-gaza/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>3</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Israël &#124; Le Dr Hossam Abou Safiya placé à l’isolement</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/10/israel-le-dr-hossam-abou-safiya-place-a-lisolement/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/10/israel-le-dr-hossam-abou-safiya-place-a-lisolement/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 05:50:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[hôpital Kamal-Adwan]]></category>
		<category><![CDATA[Hossam Abou Safiya]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=18892358</guid>

					<description><![CDATA[<p>La santé du Dr Hossam Abou Safiya, directeur de l’hôpital Kamal-Adwan de Gaza, se gravement détériore dans les prisons israéliennes. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/10/israel-le-dr-hossam-abou-safiya-place-a-lisolement/">Israël | Le Dr Hossam Abou Safiya placé à l’isolement</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Selon l’Agence Média Palestine, le docteur Hossam Abou Safiya, directeur de l’hôpital Kamal-Adwan dans le nord de Gaza, aurait été placé à l’isolement dans une prison israélienne de haute sécurité, après plus de 500 jours de détention sans inculpation ni procès.</em></strong></p>



<span id="more-18892358"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Aucune justification officielle n’aurait été communiquée à sa famille ni à son équipe juridique, qui disent rester dans l’incertitude la plus totale sur les conditions exactes de sa détention et sur son état de santé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le médecin palestinien de 52 ans aurait été transféré début juin vers une cellule d’isolement décrite comme extrêmement réduite. Les témoignages de ses proches évoquent un espace de détention si exigu qu’il limiterait fortement tout mouvement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’alerte a été relayée par des organisations de défense des droits humains et des médecins détenus dans le même complexe pénitentiaire, qui affirment avoir assisté à son extraction sans explication par les autorités israéliennes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Perte de poids d’une trentaine de kg</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis son arrestation le 27 décembre 2024, son état de santé suscite une inquiétude croissante. Son avocat évoque une perte de poids importante, estimée à une trentaine de kilogrammes, ainsi que la privation de traitements médicaux essentiels, notamment pour une hypertension non soignée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs ONG dénoncent également des conditions de détention particulièrement dures, évoquant des violences, des privations et un encadrement carcéral renforcé. Des rapports récents de rapporteurs onusiens ont appelé à sa libération immédiate, mentionnant des risques graves pour sa santé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Figure centrale du système hospitalier dans le nord de Gaza pendant la guerre, Hossam Abou Safiya s’était imposé comme l’un des rares médecins encore présents dans un établissement sous bombardements constants. À l’hôpital Kamal-Adwan, il documentait l’effondrement du système de santé et la saturation des services d’urgence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son parcours est aussi marqué par des pertes personnelles lourdes : son fils Ibrahim, âgé de 21 ans, a été tué lors d’une frappe contre l’hôpital en octobre 2024. Quelques semaines plus tard, le médecin lui-même a été blessé dans une attaque similaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 27 décembre 2024, lors de l’assaut final contre l’établissement, une image fera le tour du monde : celle d’un homme en blouse blanche avançant seul dans les ruines vers un char israélien. Quelques instants après, il est arrêté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis, sa famille, réfugiée au Kazakhstan, ne dispose d’aucun contact direct avec lui. Les informations restent fragmentaires et proviennent essentiellement de témoignages indirects et d’organisations humanitaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus de dix-huit mois après son arrestation, le cas du docteur Abou Safiya demeure l’un des plus emblématiques de la situation des personnels médicaux dans le conflit à Gaza, entre détention prolongée, silence administratif et inquiétudes persistantes sur son sort.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Djamal Guettala</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/10/israel-le-dr-hossam-abou-safiya-place-a-lisolement/">Israël | Le Dr Hossam Abou Safiya placé à l’isolement</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/10/israel-le-dr-hossam-abou-safiya-place-a-lisolement/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Kaouther Ben Hania primée au Festival de Khouribga  </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/07/kaouther-ben-hania-primee-au-festival-de-khouribga/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/07/kaouther-ben-hania-primee-au-festival-de-khouribga/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Jun 2026 12:05:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Berlin]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[Kaouther Ben Hania]]></category>
		<category><![CDATA[Khouribga]]></category>
		<category><![CDATA[La voix de Hind Rajab]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[Venise]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=18882612</guid>

					<description><![CDATA[<p>‘‘La Voix de Hind Rajab’’ de Kaouther Ben Hania, remporte le Grand Prix «Ousmane Sembene» au Festival de cinéma de Khouribga. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/07/kaouther-ben-hania-primee-au-festival-de-khouribga/">Kaouther Ben Hania primée au Festival de Khouribga  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>‘‘La Voix de Hind Rajab’’, film de la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania, a remporté le Grand Prix «Ousmane Sembene» lors de la clôture de la 26<sup>e</sup> édition du Festival international du cinéma africain de Khouribga, organisée du 30 mai au 6 juin au Maroc.</em></strong></p>



<span id="more-18882612"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Seul film tunisien en compétition dans la catégorie des longs métrages de fiction, le long métrage s’est distingué parmi 14 productions africaines venues notamment du Maroc, d’Égypte, du Sénégal, du Cameroun et du Kenya.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Produit en 2025, le film s’inspire de l’histoire de la petite Palestinienne Hind Rajab et met en lumière le combat d’équipes du Croissant-Rouge tentant de lui porter secours alors qu’elle se retrouve piégée sous les bombardements à Gaza.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À mi-chemin entre documentaire et fiction, <em>‘‘La Voix de Hind Rajab’’</em> a déjà remporté plusieurs distinctions internationales, dont le Lion d’argent à la Mostra de Venise. Il a également reçu le prix du <em>«Film le plus précieux»</em> lors du gala Cinema for Peace à Berlin et a été présélectionné aux Oscars américains.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>L.B</strong>.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Wm92Tz0yIJ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/23/kaouther-ben-hania-fera-resonner-la-voix-de-hind-rajab-a-venise/">Kaouther Ben Hania fera résonner la voix de Hind Rajab à Venise</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Kaouther Ben Hania fera résonner la voix de Hind Rajab à Venise » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/23/kaouther-ben-hania-fera-resonner-la-voix-de-hind-rajab-a-venise/embed/#?secret=dphCnnCWO6#?secret=Wm92Tz0yIJ" data-secret="Wm92Tz0yIJ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"> </p>



<ol style="list-style-type:upper-roman" class="wp-block-list"></ol>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/07/kaouther-ben-hania-primee-au-festival-de-khouribga/">Kaouther Ben Hania primée au Festival de Khouribga  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/07/kaouther-ben-hania-primee-au-festival-de-khouribga/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Flottille pour Gaza &#124; Les militants tunisiens libérés</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/21/flottille-pour-gaza-les-militants-tunisiens-liberes/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/21/flottille-pour-gaza-les-militants-tunisiens-liberes/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 May 2026 22:01:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Flottille]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[militants tunisiens]]></category>
		<category><![CDATA[Soumoud]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=18797806</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le comité tunisien de la flottille Soumoud a annoncé la libération des Tunisiens arrêtés par Israël alors qu&#8217;ils prenaient part à la Flottille mondiale pour la liberté, visant à briser le blocus imposé à la bande de Gaza. Dans un communiqué publié dans la soirée de ce jeudi 21 mai 2026, le comité précise qu&#8217;il...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/21/flottille-pour-gaza-les-militants-tunisiens-liberes/">Flottille pour Gaza | Les militants tunisiens libérés</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le comité tunisien de la flottille Soumoud a annoncé la libération des Tunisiens arrêtés par Israël alors qu&rsquo;ils prenaient part à la Flottille mondiale pour la liberté, visant à briser le blocus imposé à la bande de Gaza.</em></strong></p>



<span id="more-18797806"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un communiqué publié dans la soirée de ce jeudi 21 mai 2026, le comité précise qu&rsquo;il s&rsquo;agit des huit militants Safa Chebbi, Jihene Haj Mbarek, Hassna Boussen, Mouheb Snoussi, Saber Mejri, Hamza Bouzouida, Khalil Abidi et Hassen Boubaker.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour rappel, le comité de coordination avait annoncé, lundi dernier, que plusieurs navires intégrés à cette flottille civile avaient été interceptés alors qu&rsquo;ils naviguaient dans les eaux internationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une vidéo publiée mercredi par Itamar Ben Gvir, ministre israélien de la Sécurité nationale, les militants apparaissent agenouillés et les mains liées après leur arrestation en mer. De nombreux pays ont fermement dénoncé le traitement infligé à ces activistes, dans une tentative d&rsquo;humiliation intentionnelle.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/21/flottille-pour-gaza-les-militants-tunisiens-liberes/">Flottille pour Gaza | Les militants tunisiens libérés</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/21/flottille-pour-gaza-les-militants-tunisiens-liberes/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
