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	<title>Archives des islamisme - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des islamisme - Kapitalis</title>
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		<title>Le faux débat sur l’islam en Europe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 07:10:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les allégations selon lesquelles l’islam en tant que religion menacerait l’Europe sont fausses, estime le journal britannique The Economist. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/16/le-faux-debat-sur-lislam-en-europe/">Le faux débat sur l’islam en Europe</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Alors que l’islam est attaqué de toutes parts en Europe et sans aucune nuance par les partis d’extrême droite qui ont le vent en poupe et que les musulmans sont stigmatisés, le magazine britannique</em></strong> <a href="https://www.economist.com/leaders/2026/09/10/the-truth-and-the-lies-about-islam-in-europe" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong><em>The Economist</em></strong></a> <strong><em>affirme dans un éditorial cette semaine que les allégations selon lesquelles l’islam en tant que religion menacerait l’Europe sont fausses mais que l’islamisme en tant qu’idéologie et l’islamophobie nourrie par l’extrême droite constituent bel et bien un danger. Les musulmans ne représentent que 6% de la population européenne qui compte plus de 500 millions d’habitants donc la fable de l’islam conquérant chère à l’extrême droite pour insuffler une peur panique aux électeurs ne tient pas.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-19654443"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cet éditorial intitulé <em>«La vérité et les mensonges à propos de l’islam en Europe»</em>, publié à l’occasion du 25<sup>e</sup> anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, l’auteur constate que la peur de l’islam s’intensifie dans les pays européens, la moitié de la population estimant désormais que l’islam est incompatible avec les valeurs occidentales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 6 septembre, le parti populiste de droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) a remporté 44% des voix en Saxe-Anhalt, son plus large score à ce jour lors d’une élection régionale, mettant en garde contre <em>«l’islamisation»</em> de l’Allemagne et menaçant de déportations forcées.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">La paranoïa de la droite extrême</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le même week-end, en Grande-Bretagne, des centaines d’individus masqués ont occupé la ville de Douvres, plaque tournante de l’immigration clandestine entre la France et l’Angleterre, scandant <em>«Arrêtez les embarcations»</em> et <em>«Jésus est le Roi»</em>. Cet épisode montre que souvent l’immigration est liée à la religion musulmane et à la menace qu’elle constituerait pour l’Occident chrétien.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En France, l’appel de Marine Le Pen à interdire le port du voile dans les lieux publics recueille le soutien de 60% des électeurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le magazine britannique constate que cette obsession s’est enracinée en Amérique. La crainte n’est plus celle du terrorisme, comme après le 11 septembre, mais celle d’un <em>«complot islamique»</em> visant à prendre le contrôle de l’Europe de l’intérieur, tandis que des membres de l’administration Trump mettent en garde contre le <em>«déclin de la civilisation européenne»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette vision nuit aux relations transatlantiques et est fondamentalement erronée. L’Europe n’est confrontée à aucune menace de domination islamique, à aucune radicalisation massive des musulmans ni à une éradication de sa culture.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>The Economist</em> rapporte qu’il n’existe pas de <em>«zones de non-droit»</em>, la charia n’est pas intégrée au droit national et aucune <em>«grande alternative»</em> démographique ne se profile à l’horizon.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, le véritable danger qui menace l’Europe selon le magazine britannique est différent. Il s’agit de l’extrémisme alimenté par l’islamisme (la conviction que l’État doit imposer les principes islamiques) et la paranoïa de la droite extrême attisée par les réseaux sociaux. La gauche aggrave la situation en niant les menaces, certes modestes mais bien réelles, que représente l’islam politique. Les responsables politiques du centre font de même, en gardant le silence par crainte d’être accusés de racisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dynamique pourrait déjà nuire aux démocraties libérales en Europe, non pas en les remplaçant par un système de califat mais en ralentissant l’intégration et en favorisant des politiques qui porteraient durablement atteinte à leurs libertés.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="j4QE2QsXXc"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/25/les-musulmans-europeens-confrontes-a-une-inquietante-vague-de-racisme/">Les Musulmans européens confrontés à une inquiétante vague de racisme</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les Musulmans européens confrontés à une inquiétante vague de racisme » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/25/les-musulmans-europeens-confrontes-a-une-inquietante-vague-de-racisme/embed/#?secret=XwtiDOas5J#?secret=j4QE2QsXXc" data-secret="j4QE2QsXXc" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les musulmans représentent 6% de la population européenne</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>The Economist</em> affirme que ces craintes extrêmes sont facilement démasquées. Malgré une immigration record en provenance de pays à majorité musulmane, les musulmans ne représentent que 6% de la population européenne, qui compte plus de 500 millions d’habitants. Si les nouveaux arrivants ont généralement plus d’enfants que les immigrés nés dans le pays, les taux de fécondité tendent à converger en deux générations. En réalité, la plupart des immigrés musulmans souhaitent rester et vivre dans leur nouveau pays et non imposer une version des sociétés qu’ils viennent de quitter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Également, les enfants de migrants ont plutôt de bons résultats à l’école. En Grande-Bretagne, 67% des Bangladais ayant passé des tests standardisés en 2021 étaient inscrits à l’université avant l’âge de 19 ans, contre 38% des Britanniques blancs. De nombreux musulmans sont engagés en politique, comme en témoignent la ministre de l’Intérieur britannique, Shabana Mahmood, et le maire de Londres, Sadiq Khan. À bien des égards, les attitudes des musulmans peuvent être similaires à celles des autres Européens. Un sondage réalisé par le magazine auprès de musulmans britanniques a révélé peu d’opposition au travail des femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>The Economist</em> s’interroge sur les motivations de tant d’Européens à s’opposer à l’islam et considère que certaines positions répandues chez les musulmans nourrissent cette méfiance envers l’Islam. Les sondages du magazine montrent que 52% des musulmans considèrent l’homosexualité comme immorale et que les jeunes musulmans (41% des moins de 35 ans) sont plus enclins que les musulmans plus âgés (25%) à penser que la violence est justifiée en cas d’insulte au Prophète.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ne pas confondre l’islamisme politique et l’islam comme religion</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour autant, selon le magazine britannique, le fait d’avoir des opinions socialement conservatrices ne constitue pas en soi une menace. Certains militants d’extrême droite en Europe ne sont pas moins hostiles aux homosexuels qu’aux musulmans qu’ils condamnent mais certaines de ces positions devraient inquiéter les libéraux qui ont longtemps cru que les sociétés ouvertes finiraient par rendre les gens plus tolérants.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>The Economist</em> insiste sur le fait que le danger provient de l’islamisme en tant qu’idéologie politique et ne doit pas être confondu avec l’islam en tant que religion. L’islam n’est pas le problème en soi, c’est l’islamisme qui peut l’être. Contrairement aux djihadistes du 11 septembre, la plupart des islamistes ne prônent pas la violence mais beaucoup se livrent à de l’infiltration, c’est-à-dire qu’ils infiltrent les institutions démocratiques pour promouvoir un programme illibéral. Le principal danger de l’infiltration réside au niveau local. De petits réseaux bien organisés peuvent prendre le contrôle d’une école, d’une mosquée, d’un conseil municipal ou d’une association caritative, utilisant ces institutions pour décourager l’intégration et imposer une conformité religieuse aux autres musulmans vivant à proximité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les services de sécurité européens sont de plus en plus préoccupés par ces islamistes non violents. En France, les autorités craignent l’infiltration clandestine des Frères musulmans. Un rapport officiel publié l’année dernière mettait en garde contre le risque que l’islamisme ne menace, à terme, les lois laïques et les droits des femmes. Toutefois, cette perspective semble désormais improbable. Le ministère français de l’Intérieur estime que seuls 139 des 2 800 lieux de culte musulmans sont liés aux Frères musulmans. Les principales victimes sont d’autres musulmans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la moitié des douze circonscriptions de Blackburn, dans le nord de l’Angleterre, les musulmans représentent plus de 60% de la population, et dans deux d’entre elles, ce chiffre dépasse les 80%. Dans ces zones, les femmes peuvent se sentir contraintes de se soumettre aux conseils de la charia pour les questions concernant leur famille. Les musulmans LGBTQ+ et les personnes de tendance libérale sont également victimes d’intimidation. Les musulmans qui n’adhèrent pas à la charia se plaignent que les autorités occidentales, par crainte d’être accusées de racisme s’ils réagissent, ne leur accordent pas la même protection qu’aux citoyens non musulmans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces réalités, <em>The Economist</em> met en garde contre le danger de l’islamisme, arguant que ces menaces locales pourraient se transformer en menace continentale du fait de leur instrumentalisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est dans l’intérêt des islamistes d’affirmer que toute critique de leur projet politique est une attaque contre l’islam lui-même. La gauche populiste, notamment La France insoumise et le Parti vert britannique, a tendance à qualifier de racistes ceux qui soulèvent les questions liées à l’immigration, à la criminalité et à l’Islam politique. Et de son côté, la droite populiste attise souvent la peur en prétendant que tous les musulmans représentent une menace.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elon Musk compte parmi les plus fervents défenseurs de cette rhétorique, utilisant les réseaux sociaux pour façonner la perception mondiale de l’islam et soutenant la droite antimusulmane en Europe, du parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) à Tommy Robinson, l’agitateur britannique qui fera l’objet d’une série de podcasts dès cette semaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les solutions proposées par la droite populiste ne sont pas moins extrêmes que celles offertes par les islamistes dont elle prétend protéger l’Europe. Les promesses d’expulsions massives, de ségrégation et d’interdictions vestimentaires terrorisent les musulmans, entravent leur intégration et les poussent dans les bras des extrémistes. Tout pays qui met en œuvre de telles politiques se rendra compte que la haine qu’elle déchaîne causera des dommages profonds et durables.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="fNcBQEZO2B"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/11/les-allemands-musulmans-craignent-la-montee-de-lislamophobie/">Les Allemands musulmans craignent la montée de l’islamophobie</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les Allemands musulmans craignent la montée de l’islamophobie » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/11/les-allemands-musulmans-craignent-la-montee-de-lislamophobie/embed/#?secret=ASx0csInZO#?secret=fNcBQEZO2B" data-secret="fNcBQEZO2B" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les musulmans européens s’intègrent progressivement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Par conséquent, les responsables politiques européens doivent proposer une alternative. La violence et les menaces de violence doivent être poursuivies en justice mais il ne doit y avoir aucun tabou au nom de la sensibilité culturelle, la liberté d’expression n’est pas l’ennemie de la tolérance mais bien une condition essentielle à celle-ci.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La solution ne sera pas rapide mais l’espoir est permis. Les musulmans européens s’intègrent progressivement, à l’instar des vagues précédentes de migrants catholiques, juifs et caribéens dans les pays d’accueil. L’arrivée de ces groupes avait suscité une vive inquiétude quant à leur intégration. Finalement, tous ont trouvé leur place. Les musulmans trouveront la leur aussi si la division et la suspicion n’entravent pas leur intégration.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie &#124; Ennahdha, Gramsci et la démocratie perdue</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/08/tunisie-ennahdha-gramsci-et-la-democratie-perdue/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 May 2026 06:54:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En abandonnant le terrain sociétal pour les délices du pouvoir institutionnel, Ennahdha a perdu la guerre en croyant gagner la bataille.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/08/tunisie-ennahdha-gramsci-et-la-democratie-perdue/">Tunisie | Ennahdha, Gramsci et la démocratie perdue</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Il fallait oser le titre : ‘‘Rethinking Islamic Politics in Tunisia. Rethinking’’ — repenser. Comme si on avait déjà pensé correctement une première fois. C’est là, peut-être, le premier aveu implicite d’un ouvrage académique qui mérite qu’on s’y arrête sérieusement, tant il éclaire, avec une rigueur gramscienne inattendue, les ruines politiques que la Tunisie contemple aujourd’hui avec une résignation de plus en plus institutionnalisée.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Moktar Lamari</strong> *</p>



<span id="more-18745737"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Fabio Merone et Francesco Cavatorta, dans cet essai publié en 2025 chez I.B. Tauris, font le pari intellectuel audacieux de traiter l’islamisme et le salafisme non pas comme deux phénomènes distincts et antagonistes, mais comme les deux faces d’une même médaille : celle d’un projet contre-hégémonique cherchant à remodeler la société tunisienne de l’intérieur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Leur outil d’analyse ? Antonio Gramsci — oui, le penseur marxiste italien — mobilisé ici pour décrypter non pas la lutte des classes à Turin, mais la <em>da’wa </em>à Tunis. L’histoire intellectuelle a décidément le sens du paradoxe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La da’wa comme stratégie, pas comme foi</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le concept central du livre est limpide et dérangeant à la fois : la <em>da’wa</em> — l’appel à l’islam, la prédication religieuse et sociale — n’est pas une affaire de spiritualité débordant généreusement sur la politique. C’est, selon les auteurs, le mécanisme politique par excellence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Gramsci l’aurait formulé ainsi : la politique est la réalisation en pratique d’une vision idéologique du monde. Al-Nahdha, dès ses origines dans les années 1970, l’avait compris avant tout le monde — et avant même d’avoir lu Gramsci, ce qui est d’autant plus remarquable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mouvement de tendance islamiste (MTI) qui allait devenir Ennahdha s’est construit en trois phases soigneusement décrites dans l’ouvrage : d’abord, l’élaboration d’un discours alternatif face aux défis de la modernité tunisienne des années 1970 ; ensuite, la mobilisation socioreligieuse comme levier d’organisation populaire ; enfin, la structuration en organisation politico-religieuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un édifice patient, méthodique, érigé sur des décennies de prédication de quartier, de cercles d’étude, de réseaux de solidarité — pendant que Bourguiba et Ben Ali jouaient les architectes d’un modernisme imposé par décret.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce modèle gramscien de la guerre de position — occuper lentement la société civile avant de prendre le pouvoir politique — a fonctionné remarquablement bien… jusqu’au moment où il a trop bien fonctionné.</p>



<h2 class="wp-block-heading">2011 : le triomphe qui précède la chute</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La révolution de 2011 ouvre les vannes. Ennahdha sort des prisons et de l’exil, remporte les premières élections libres de l’histoire tunisienne, entre au gouvernement. Victoire totale. Et c’est précisément là que le projet commence à se fissurer de l’intérieur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les auteurs identifient une tension fondamentale, longtemps contenue par la répression, qui éclate au grand jour : la direction du mouvement veut la participation institutionnelle, la gestion du pouvoir, la respectabilité démocratique. La base militante, elle, veut continuer la <em>da’wa</em>, transformer la société, concrétiser l’idéologie. Deux légitimités, deux temporalités, deux projets — dans le même parti.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La décision de 2016 tranche le nœud gordien de la pire façon qui soit : Ennahdha se déclare parti de <em>«démocrates musulmans»</em>, abandonne officiellement toute mobilisation socioreligieuse et se repositionne comme force de gestion libérale du pouvoir. Les auteurs qualifient ce tournant de <em>«post-islamiste»</em> et <em>«post-idéologique»</em>. On pourrait aussi l’appeler, avec moins de ménagement, une capitulation idéologique habillée en maturité politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ansar Al-Charia : le monstre enfanté par Ennahdha</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le parti qui voulait transformer la société devient un parti qui gère des coalitions et courtise les hommes d’affaires. Rien d’islamique là-dedans, si ce n’est le nom.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car dans le vide laissé par la social-islamisation progressive d’Ennahda, quelqu’un d’autre s’est engouffré. Ansar Al-Charia, mouvement salafiste radical, est l’enfant naturel non reconnu de ce désengagement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là où Ennahdha abandonnait la prédication pour les antichambres ministérielles, Ansar Al-Charia investissait les quartiers populaires de Tunis, de Sfax, des banlieues délaissées — avec des cercles d’étude, des sermons, une présence concrète auprès des jeunes désenchantés que ni l’État ni le grand parti islamiste ne regardaient plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La dynamique est cruelle dans sa logique : plus Ennahdha se modérait, plus le salafisme radicalisait le terrain laissé vacant. Les auteurs font la comparaison avec les partis socialistes européens qui, en embrassant la social-démocratie institutionnelle, ont laissé le flanc gauche aux communistes puis aux mouvements radicaux. Histoire universelle de la modération qui crée ses propres monstres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ansar Al-Charia s’effondre après 2013, sous la répression consécutive aux assassinats politiques de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi. Mais son passage laisse une empreinte profonde sur la psychologie collective tunisienne : la peur, la méfiance, la demande sécuritaire — autant de conditions favorables à ce qui allait suivre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La démocratie comme victime collatérale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le recenseur de l’ouvrage, Rory McCarthy, professeur à Durham, formule le verdict avec une précision clinique : la transition tunisienne a depuis sombré dans l’autoritarisme populiste. Les dirigeants pragmatiques d’Ennahdha qui avaient piloté le tournant post-idéologique sont aujourd’hui en prison — avec des dissidents de tout le spectre politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La démocratie que le parti avait érigée en objectif terminal de son existence était, ironiquement, la première à payer le prix de ses ambiguïtés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car c’est là l’enseignement le plus amer du livre : le projet islamiste tunisien a échoué non pas faute d’avoir voulu la démocratie, mais faute d’avoir su la défendre avec cohérence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En abandonnant son ancrage social au profit d’une gestion politique de façade, Ennahdha a perdu à la fois sa légitimité idéologique et sa capacité de mobilisation. Et sans mobilisation populaire, aucune démocratie ne résiste longtemps à un pouvoir exécutif déterminé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le paradoxe est vertigineux : un mouvement né dans la résistance contre l’autoritarisme a finalement contribué, par son retrait idéologique et ses calculs tactiques, à créer les conditions de retour de cet autoritarisme qu’il combattait depuis cinquante ans.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Gramsci avait prévenu</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ses <em>Cahiers de prison</em>, Gramsci notait que la guerre de position exige une constance idéologique sans faille. Abandonner le terrain sociétal pour les délices du pouvoir institutionnel, c’est perdre la guerre en croyant gagner la bataille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ennahdha a gagné les élections de 2011. Ennahdha a perdu la Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Economiste universitaire.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">« <strong><em>Rethinking Islamic Politics in Tunisia: A Gramscian Analysis », Merone F. et Cavatorta F., I.B. Tauris, Londres, 2026, 224 pages.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Blog de l&rsquo;auteur.</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Autoritarisme, islamisme et absence de la gauche dans les sociétés arabes</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/05/autoritarisme-islamisme-et-absence-de-la-gauche-dans-les-societes-arabes/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Mar 2026 09:33:05 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Zine El Abidine Ben Ali]]></category>
		<category><![CDATA[Zouhaïr Ben Amor]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les partis de gauche dans le monde arabe muselés au nom de la stabilité, de la sécurité nationale ou de la lutte contre l’extrémisme. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/05/autoritarisme-islamisme-et-absence-de-la-gauche-dans-les-societes-arabes/">Autoritarisme, islamisme et absence de la gauche dans les sociétés arabes</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans de nombreux pays arabes, le pouvoir politique s’est longtemps présenté comme «au-dessus des idéologies». Au nom de la stabilité, de la sécurité nationale ou de la lutte contre l’extrémisme, les régimes autoritaires ont systématiquement neutralisé, interdit ou affaibli les forces idéologiques organisées : partis de gauche, mouvements syndicaux autonomes, courants libéraux structurés. Cette stratégie, présentée comme pragmatique, repose sur une illusion majeure : l’idée qu’une société peut fonctionner sans idéologie.</em></strong> <em>(Photo : Manifestation pro-Saïed, le 17 décembre 2025 à Tunis). </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zouhaïr Ben Amor *</strong></p>



<span id="more-18438796"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg" alt="" class="wp-image-17518909" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">L’histoire politique montre que lorsqu’on exclut toutes les idéologies explicites, on ne supprime pas l’idéologie ; on en impose une autre, implicite, souvent religieuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les sociétés où la religion structure déjà les imaginaires collectifs, cette idéologie par défaut prend presque mécaniquement la forme de l’islam politique. L’exemple tunisien est à cet égard paradigmatique : après vingt-trois années de neutralisation méthodique de la gauche et de toute vie idéologique autonome sous Zine El-Abidine Ben Ali, la révolution de 2011 a vu l’émergence fulgurante d’Ennahdha, devenue la force politique dominante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet article défend l’idée que la gauche – entendue comme tradition critique, sociale et rationaliste – constitue le seul contrepoids capable de modérer le dogmatisme religieux dans les sociétés arabes, non par la répression, mais par la production de sens, de justice sociale et de citoyenneté.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’impossibilité d’une société sans idéologie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Louis Althusser rappelait que l’idéologie n’est pas un simple ensemble d’idées, mais une structure qui organise le rapport des individus à leur réalité sociale (Althusser, <em>Idéologie et appareils idéologiques d’État</em>, 1970). À ce titre, aucune société humaine ne peut s’en passer. La question n’est donc pas de savoir s’il y aura une idéologie, mais laquelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les sociétés arabes, la religion joue historiquement un rôle structurant : elle organise le temps, les normes sociales, les rituels et une partie de la morale collective. Lorsque l’État interdit les idéologies politiques modernes – socialisme, libéralisme, nationalisme critique –, il ne fait que laisser la religion occuper l’espace idéologique vacant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Hannah Arendt a montré que les régimes autoritaires détruisent les médiations intellectuelles et sociales qui permettent aux individus de penser politiquement (<em>Les origines du totalitarisme</em>, 1951). Une fois ces médiations détruites, le retour du religieux comme cadre totalisant devient presque inévitable, car il offre des réponses simples à des sociétés privées de débat.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ben Ali ou la fabrication d’un islamisme latent</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le régime de Ben Ali illustre parfaitement cette dynamique. Officiellement laïc, moderniste et hostile à l’islam politique, l’État tunisien a en réalité éradiqué toute vie idéologique autonome, en particulier la gauche syndicale, marxiste ou sociale-démocrate. Les partis existaient formellement, mais étaient vidés de toute capacité d’action réelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ennahdha, interdite mais jamais idéologiquement combattue sur le terrain intellectuel, a survécu sous une forme diffuse : réseaux caritatifs, mosquées, solidarités informelles, exil idéologique. Comme l’explique Olivier Roy, l’islamisme prospère moins par excès de religiosité que par absence de concurrence idéologique crédible (<em>L’échec de l’islam politique</em>, 1992).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, lorsque l’appareil répressif s’est effondré en 2011, le seul courant disposant d’un capital symbolique, organisationnel et moral était l’islamisme. La gauche, affaiblie, marginalisée, souvent coupée des classes populaires, n’a pas pu jouer son rôle historique de médiation sociale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’islamisme comme idéologie de substitution</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’islamisme n’est pas un simple retour du religieux ; c’est une idéologie moderne, au sens où il politise la religion pour répondre à des problèmes contemporains : injustice sociale, corruption, crise morale, domination étrangère. Sayyid Qutb, l’un de ses théoriciens majeurs, proposait déjà une vision totalisante de la société islamique comme alternative aux idéologies occidentales (<em>Signes de piste</em>, 1964).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette idéologie repose sur une réduction du politique au moral, et du citoyen au croyant. Elle tend à naturaliser l’ordre social, à sacraliser les normes et à délégitimer le conflit politique, pourtant essentiel à toute démocratie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sans contre-idéologie structurée, l’islamisme devient la seule grille de lecture disponible. Il n’est alors pas choisi librement : il s’impose par défaut.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi la gauche est structurellement indispensable</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La gauche, historiquement, n’est pas seulement une force politique ; elle est une tradition intellectuelle fondée sur la critique, la rationalité, l’égalité et la justice sociale. De Marx à Gramsci, de Rosa Luxemburg à Edward Said, elle a toujours articulé le social, le politique et le culturel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Antonio Gramsci insistait sur la notion d’hégémonie culturelle : une idéologie ne triomphe pas par la force, mais parce qu’elle devient le sens commun (Gramsci, <em>Cahiers de prison</em>). Dans les sociétés arabes, l’islamisme a conquis cette hégémonie faute d’alternative crédible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La gauche peut modérer le dogmatisme religieux non en l’attaquant frontalement, mais en proposant une lecture sociale des injustices, réhabilitant le citoyen face au croyant, réintroduisant le conflit politique légitime, et défendant l’autonomie de la raison.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La répression ne produit pas la sécularisation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des grands malentendus des régimes autoritaires arabes a été de croire que la répression du religieux produirait la laïcité. L’histoire montre l’inverse. Comme l’explique Talal Asad, la sécularisation est un processus culturel et politique long, jamais imposé par décret (<em>Formations of the Secular</em>, 2003).</p>



<p class="wp-block-paragraph">En interdisant le débat, les régimes ont sacralisé la religion. Ce qui est interdit devient pur, moral, incorruptible. La gauche, au contraire, désacralise en politisant : elle ramène les discours religieux à des enjeux sociaux concrets.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comparaison avec l’Amérique latine et l’Europe du Sud</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’expérience internationale confirme ce diagnostic. En Amérique latine, la montée de la théologie de la libération – inspirée par la gauche – a permis de désamorcer le conservatisme religieux en l’articulant à la justice sociale (Gustavo Gutiérrez, <em>Théologie de la libération</em>, 1971).</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Espagne et au Portugal, la transition démocratique post-dictatoriale a été portée par des forces de gauche capables de canaliser les héritages religieux sans les nier, mais en les subordonnant au politique (Manuel Castells, <em>La transition démocratique en Espagne</em>, 1981).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le cas tunisien : une gauche absente, un islamisme dominant</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En Tunisie, la faiblesse de la gauche après 2011 n’est pas seulement organisationnelle ; elle est aussi culturelle. Coupée des quartiers populaires, souvent enfermée dans un discours élitiste, elle n’a pas su concurrencer l’islamisme sur le terrain du sens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, comme le soulignait Mohamed Charfi, la modernité politique ne peut être importée ; elle doit être produite de l’intérieur (<em>Islam et liberté</em>, 1998). La gauche tunisienne a manqué cette production.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Réhabiliter l’idéologie pour éviter le dogme</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Exclure les idéologies dans les pays arabes ne produit ni neutralité ni stabilité. Cela revient à institutionnaliser une idéologie implicite, religieuse, non débattue, non critiquée. L’expérience de Ben Ali l’a démontré : en éradiquant la gauche, il a préparé le terrain à un islamisme hégémonique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La véritable alternative n’est pas entre autoritarisme et islamisme, mais entre vide idéologique et pluralisme critique. Dans ce pluralisme, la gauche joue un rôle irremplaçable : elle est la seule tradition capable de transformer la foi en choix privé et la politique en espace commun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sans gauche, le dogme prospère. Avec elle, la religion redevient ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : une conviction parmi d’autres, et non une idéologie par défaut.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Universitaire.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Références bibliographiques (sélection)</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Althusser, L. (1970). <em>Idéologie et appareils idéologiques d’État</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Arendt, H. (1951). <em>Les origines du totalitarisme</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Asad, T. (2003). <em>Formations of the Secular</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Charfi, M. (1998). <em>Islam et liberté</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Gramsci, A. (1975). <em>Cahiers de prison</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qutb, S. (1964). <em>Signes de piste</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Roy, O. (1992). <em>L’échec de l’islam politique</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Said, E. (1978). <em>L’Orientalisme</em>.</p>
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		<title>France &#124; Razika Adnani distinguée par le prix Sciences et Laïcité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Dec 2025 05:17:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[islam politique]]></category>
		<category><![CDATA[islamisme]]></category>
		<category><![CDATA[prix Sciences et Laïcité]]></category>
		<category><![CDATA[Razika Adnani]]></category>
		<category><![CDATA[Richard Malka]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La philosophe et islamologue Razika Adnani a obtenu le prix Sciences et Laïcité décerné en France pour son ouvrage ‘‘Sortir de l’islamisme’’.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’écrivain, philosophe et islamologue Razika Adnani a obtenu le prix&nbsp;Sciences et Laïcité&nbsp;décerné en France par le&nbsp;Comité Laïcité République&nbsp;pour son ouvrage&nbsp;‘‘Sortir de l’islamisme’’&nbsp;et pour l’ensemble de son travail de recherche dans le domaine de l’islam et de la pensée musulmane. La cérémonie a eu lieu le 10 décembre 2025 à&nbsp;l’Hôtel de Ville de Paris&nbsp;et le prix lui a été remis par l’avocat&nbsp;Richard Malka.</em></strong></p>



<span id="more-18082355"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Razika Adnani est est membre du Conseil d’Orientation de la Fondation de l’Islam de France de 2017 à 2014, membre du conseil scientifique du Centre civique d’étude du fait religieux (CCEFR), membre du groupe d’analyse de JFC Conseil, membre du jury du prix littéraire Gisèle Halimi et présidente fondatrice des Journées internationales dephilosophie d’Alger. Elle a forgé plusieurs concepts dont la moralisation de la violence dans<em> ‘‘La nécessaire réconciliation’’</em> et la réforme tournée vers l’avenir dans <em>‘‘Islam : Quel problème ? Les défis de la réforme’’</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Mon ouvrage </em>‘‘Sortir de l’islamisme’’<em>, publié en 2024, s’inscrit dans la continuité de mon travail de recherche dans le domaine de l’islam et de la pensée musulmane que j’ai commencé lorsque l’Algérie a été frappée de plein fouet par l’islam politique, ou l’islamisme, le plus fondamentaliste, le plus patriarcal et le plus meurtrier et lorsque j’ai ressenti le besoin de me protéger contre son discours qui s’imposait à nous partout et y compris sur le lieu de travail et&nbsp;notamment lorsqu’il s’agissait de mes élèves. Il fallait que je sois capable, moi leur professeur, de leur répondre et qu’ils ne puissent pas me mettre en difficulté»</em>, a déclaré Mme Adnani dans son allocution lors de la réception du prix. Et d’ajouter&nbsp;: <em>«Je voulais également répondre à mes interrogations, car je refusais d’accepter ce que le discours religieux nous présentait comme des vérités absolues. J’ai refusé de renoncer à ma pensée et à ma raison. J’ai refusé de cesser de croire à l’esprit critique que j’inculquais à mes élèves. Beaucoup avaient abdiqué y compris mon professeur de théologie à l’université, spécialiste du mutazilisme, cette grande école théologique rationaliste qui a prospéré au IX<sup>e</sup> siècle.»</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Qdw5WKQ2Tv"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/05/reconstruire-lislam-daujourdhui/">Reconstruire l’islam d’aujourd’hui</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Reconstruire l’islam d’aujourd’hui » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/05/reconstruire-lislam-daujourdhui/embed/#?secret=XiNuMKRJv0#?secret=Qdw5WKQ2Tv" data-secret="Qdw5WKQ2Tv" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>Kamel Daoud, le chroniqueur d’un double exil</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Jul 2025 09:33:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Djamal Guettala]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[islamisme]]></category>
		<category><![CDATA[Kamel Daoud]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Kamel Daoud a un côté casse-gueule, en rupture de ban avec tout, et de préférence avec les siens, auxquels il a tant à reprocher.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/22/kamel-daoud-le-chroniqueur-dun-double-exil/">Kamel Daoud, le chroniqueur d’un double exil</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Il a un côté casse-gueule, en rupture de ban avec tout, et de préférence avec les siens, auxquels il reproche leur dogmatisme intellectuel et leur conservatisme politique. La langue déliée, trop au goût de certains, Kamel Daoud dit tout, et ne craint pas de déranger les bien-pensants de tout bord, son ego surdimensionné lui tenant souvent lieu de boussole.</em></strong> <em> </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djamal Guettala &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</strong></p>



<span id="more-17082384"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la préface magistrale de son dernier livre, <em>‘‘Avant qu’il ne soit trop tard. Chroniques 2015-2025’’</em> (Les Presses de la Cité, avril 2025), Kamel Daoud offre un texte de haute tension intellectuelle. À la fois méditation sur l’exil, alerte politique, et profession de foi littéraire, cette ouverture se lit comme un manifeste : lucide, engagé, dérangeant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On y retrouve l’écrivain tel qu’en lui-même : libre, insituable, habité par l’Algérie, mais désormais ancré en France, ce pays qu’il décrit comme un <em>«Éden terrestre»</em> autant qu’un territoire de luttes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Être persan au XXIe siècle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette longue préface, Kamel Daoud ne chronique pas seulement une décennie française tourmentée. Il chronique aussi ses propres fractures, ses vertiges, son regard de survivant de la décennie noire algérienne, ses inquiétudes face aux répliques qu’il croit percevoir dans l’Hexagone.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès l’ouverture, Daoud convoque Montesquieu et ses <em>‘‘Lettres persanes’’</em>, dans lesquelles un regard étranger interroge les travers d’un pays. Ce jeu du miroir, il le reprend à son compte. Il s’imagine en Persan des temps modernes, observant la France d’un œil inquiet, aimant mais lucide. Il s’interroge : qu’est-ce qu’une chronique française écrite par un Algérien ? À quoi peut prétendre une voix exilée qui refuse d’être réduite au rôle de victime, de donneur de leçon ou de héros postcolonial ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Je suis ici depuis peu, c’est ma deuxième chance, c’est mon purgatoire, mon Éden terrestre»</em>, écrit-il, d’un ton à la fois désabusé et tendre. La France devient alors terrain d’observation, mais aussi de projection, miroir inversé de son Algérie natale, où l’Histoire s’est figée dans une épopée intouchable, laissant peu de place aux voix libres.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Fantômes d’hier, alertes pour demain</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce regard n’est pas seulement littéraire. Il est hanté par les souvenirs d’une guerre civile : celle qu’il a vécue en Algérie dans les années 1990.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’islamisme, il le connaît. Il l’a vu naître, prospérer, semer la terreur. Il en parle non comme une obsession, mais comme une vigilance acquise dans la douleur : <em>«J’ai survécu à ses prêches, à ses armées, à son humour sinistre.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">En France, il retrouve les symptômes d’un basculement possible : complaisance médiatique, extrémismes symétriques, culpabilité mal digérée, instrumentalisation de la mémoire. Il voit s’avancer ce qu’il nomme un <em>«remake français»</em> des dérives algériennes. Et il tire la sonnette d’alarme, sans complaisance ni haine : <em>«Un pays peut être perdu en un instant.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Daoud, les islamistes ne sont pas des croyants mais des stratèges. Ils se jouent des failles des démocraties, exploitent les frustrations, colonisent les imaginaires. Leur rejet de la France ne vise pas seulement son passé colonial, mais surtout ce qu’elle représente : la laïcité, la liberté, l’égalité. Ils haïssent ce pays précisément parce qu’il a bâti un contre-modèle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une chronique ou un cri d’amour ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour autant, Daoud n’écrit pas contre la France. Il écrit pour elle. Il la connaît, la lit, la parcourt, la rêve. Il la critique comme on secoue un être aimé que l’on refuse de voir sombrer. Il écrit pour <em>«ne pas tout perdre encore une fois»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son livre n’est pas une lamentation : c’est un acte de foi dans la possibilité de la lucidité. Il revendique le droit de nommer le danger sans être accusé d’alimenter la haine, de défendre la nuance sans être soupçonné de trahison. Car, dit-il, l’exil algérien en France est un paradoxe permanent. En Algérie, il se sent <em>«en retard»</em> sur l’Histoire. En France, il se découvre <em>«en avance»</em> sur les tragédies à venir. Il est le fantôme d’un désastre passé, devenu messager d’un avenir à éviter.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le chroniqueur sur une ligne de crête</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette préface est aussi une réflexion sur le journalisme. Kamel Daoud refuse les simplismes et les lignes éditoriales figées. Il veut <em>«goûter le plaisir de la nuance et du style»</em>, tracer une ligne de crête entre actualité et distance, entre émotion et raisonnement. C’est là qu’il retrouve Camus, son maître tutélaire : celui qui réclamait à la fois justice et vérité, qui écrivait que les journaux sont <em>«la voix d’une nation»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette voix, Daoud place son souffle. Pas celui d’un <em>«bon Arabe»</em> ou d’un <em>«mauvais Arabe»</em>, mais celui d’un écrivain libre, délié des assignations, habité par les deux rives de la Méditerranée, refusant de trahir l’une pour flatter l’autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec <em>‘‘Avant qu’il ne soit trop tard’’</em>, Kamel Daoud livre plus qu’un livre : un signal, une tentative de lucidité face au chaos rampant, une défense de la liberté comme condition première de l’écriture. Et une main tendue à ce pays qu’il veut aider à ne pas sombrer. Avant qu’il ne soit trop tard.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="UXBkpIkPnl"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/14/kamel-daoud-laffaire-sansal-revele-une-double-faillite-algerienne-et-francaise/">Kamel Daoud | «L’affaire Sansal révèle une double faillite algérienne et française»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Kamel Daoud | «L’affaire Sansal révèle une double faillite algérienne et française» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/14/kamel-daoud-laffaire-sansal-revele-une-double-faillite-algerienne-et-francaise/embed/#?secret=Zueg9mEokL#?secret=UXBkpIkPnl" data-secret="UXBkpIkPnl" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Vient de paraître : ‘‘Sortir de l’islamisme’’ de Razika Adnani</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/19/vient-de-paraitre-sortir-de-lislamisme-de-razika-adnani/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Jan 2025 08:20:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
		<category><![CDATA[islamisme]]></category>
		<category><![CDATA[Maghreb]]></category>
		<category><![CDATA[Razika Adnani]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans son nouvel ouvrage ‘‘Sortir de l’islamisme’’,  Razika Adnani réfléchit aux moyens de sortir de l’islamisme qui menace la civilisation même de l'islam. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/19/vient-de-paraitre-sortir-de-lislamisme-de-razika-adnani/">Vient de paraître : ‘‘Sortir de l’islamisme’’ de Razika Adnani</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le nouvel ouvrage de la chercheur franco-algérienne Razika Adnani, <a href="https://www.razika-adnani.com/ouvrages/sortir-de-lislamisme/#more-33939" target="_blank" rel="noreferrer noopener">‘‘Sortir de l’islamisme’’</a>, publié le 10 décembre 2024 par les éditions Erick Bonnier, avec une préface de Rémi Brague, est entièrement consacre à l’islam et à la pensée musulmane.  </em></strong></p>



<span id="more-15226154"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Le monde connaît en ce début de XXI<sup>e</sup> siècle des bouleversements politiques et géopolitiques majeurs qui font que les forces et les pouvoirs changent de camp. L’Occident, initialement reconnu comme porteur des valeurs humaines d’égalité et de liberté, est affaibli de l’intérieur et n’est plus capable de les défendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce genre de climat politique, les totalitarismes et les extrémismes trouvent un terrain favorable pour proliférer et, l’islamisme – qui est un extrémisme et un totalitarisme –, ne fait pas exception à cette logique du monde. Il s’est installé en maître dans tous les pays musulmans, dans une bonne partie de l’Afrique et de l’Asie, qui sont de plus en plus dominés par une version fondamentaliste de l’islam.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour faire face à l’islamisme, il faut le connaître, le diagnostiquer, et c’est ce que l’école française, qui s’est répandue dans le monde anglo-saxon, n’a pas su faire en coupant l’islamisme de ses origines théologiques et historiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment sortir de l’islamisme qui menace notre civilisation? Et quel est l’angle d’attaque? Sur quel front faut-il mener la lutte? Les nombreuses années que l’auteure a passées à observer, analyser et étudier l’islamisme lui ont permis de réaliser le lien entre femmes et islamisme. Ce dernier est un patriarcat déviant et il ne peut exister sans soumettre les femmes. En soumettant les femmes, l’islamisme soumet l’homme, la pensée et la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parlant de son nouvel ouvrage Razika Adnani a déclaré qu’il s’inscrit dans la continuité de sa réflexion sur ce sujet qui a commencé lorsque l’Algérie, où elle vivait, <em>«a été frappée de plein fouet par l’islamisme le plus radical, le plus inhumain, le plus misogyne et le plus meurtrier»</em>. Cette réflexion, ajoute-t-elle, s’est poursuivie lorsqu’elle a <em>«observé le renoncement progressif très inquiétant du monde musulman, sous la pression des islamistes, à ce qu’il avait réalisé comme progrès dans le domaine des droits humains lors du processus de modernisation entamé au XIX<sup>e</sup> siècle.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Si j’écris encore sur ce phénomène qu’on appelle l’islamisme, c’est parce que dans toute son histoire il n’a jamais été aussi fort, il n’a jamais conquis autant de territoires et il n’a jamais été aussi proche de son objectif. C’est un livre je place la lutte contre l&rsquo;islamisme à l’intérieur de l&rsquo;islam alors qu’on l’a jusque là placé à l’extérieur de l’islam en expliquant pourquoi il est indispensable de la placer à l’intérieur de l’islam»</em>, explique l’auteure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Razika Adnani est écrivain, philosophe et islamologue. Après des études de philosophie à l’Université d’Alger, elle a exercé en tant que professeur de philosophie jusqu’en 2005, date à laquelle elle quitte l’enseignement pour se consacrer à la recherche et à l’écriture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Membre du conseil d’orientation de la Fondation de l’islam en France de 2017 à 2024, elle a travaillé pour plusieurs universités et centres de recherche. Elle a publié plusieurs ouvrages, notamment <em>‘‘La nécessaire réconciliation. La réforme tournée vers l’avenir</em>, <em>l’islam révélé et l’islam construit’’</em>,<em> ‘‘Islam : Quel problème ? Les défis de la réforme’’; <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/05/reconstruire-lislam-daujourdhui/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">‘‘Maghreb: l’impact de l’islam sur l’évolution de la sociale et politique’’</a>; ‘‘Pour ne pas céder ; textes et pensées’’ ; ‘‘Laïcité et islam, mission impossible ?’’.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="VCmDU2jihf"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/18/la-reference-a-lislam-et-lechec-du-systeme-constitutionnel-au-maghreb/">La référence à l’islam et l’échec du système constitutionnel au Maghreb</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La référence à l’islam et l’échec du système constitutionnel au Maghreb » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/18/la-reference-a-lislam-et-lechec-du-systeme-constitutionnel-au-maghreb/embed/#?secret=FzuBSwJDEe#?secret=VCmDU2jihf" data-secret="VCmDU2jihf" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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		<item>
		<title>Une Syrie post-islamiste est-elle possible?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/02/une-syrie-post-islamiste-est-elle-possible/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Jan 2025 10:16:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[post-islamisme]]></category>
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		<category><![CDATA[Sayyed Qotb]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La nouvelle Syrie, incarnée par Ahmed Charaa, entrera-t-elle dans le post-islamisme?</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Est-ce que le nouveau régime syrien connaîtra la même évolution que le régime précédent, ou construira-t-il un ordre politique interne qui tienne compte des changements culturels des sociétés musulmanes et des aspirations de la jeunesse?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lahouari Addi *</strong></p>



<span id="more-15049237"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi.jpg" alt="" class="wp-image-10082582" style="width:200px;height:auto" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">La nouvelle Syrie entrera-t-elle dans le post-islamisme? Cette photo ci-dessus (le nouvel homme fort à Damas, Ahmed Al-Charaa, recevant une délégation de chrétiens syriens) est de bon augure. Le post-islamisme rappelle l’évolution du christianisme politique qui a donné naissance en Europe au 19<sup>e</sup> siècle aux partis de la démocratie-chrétienne et aux socio-démocrates de sensibilité chrétienne. Comparaison n’est pas raison, mais les similitudes sont là.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les islamistes des années précédentes ont construit leur projet politique autour des <em>&lsquo;ibadates </em>(devoirs religieux), ce qui est non seulement irréaliste mais contraire à l’esprit du Coran qui stipule que seul Dieu est juge des <em>‘ibadates</em>. Les hommes ne peuvent juger que les <em>mou’amalates</em>, c’est-à-dire les actions profanes de tous les jours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour juger les <em>mou’amalates</em>, les hommes instituent un droit inspiré par leur culture et par la conscience sociale liée à une représentation du monde. On dira <em>«oui, mais en islam, la </em>charia<em> est le droit immuable décrété par Dieu»</em>. Bullshit! Cette thèse est celle des orientalistes occidentaux qui, à l’appui de textes de théologiens musulmans du Moyen Age, l’ont propagée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réalité est que la culture musulmane fait la distinction entre la <em>charia</em>, idéal de justice divine pour une société parfaite, et le <em>fiqh</em>, droit religieux séculier. La <em>charia</em> n’est pas du droit; elle est une norme juridique idéale que les hommes, faits de bois tordu comme dit Kant, sont incapables d’atteindre. A l’inverse, le <em>fiqh</em> est un droit positif religieux créé par des <em>fouqahas</em> sur la base de la culture de leur époque. Il est aujourd’hui tombé en désuétude parce que ne correspondant plus la culture des sociétés musulmanes d’aujourd’hui.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="s4WZRx6iqL"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/20/les-femmes-manifestent-a-damas-pour-une-syrie-civile-et-laique/">Les femmes manifestent à Damas pour «une Syrie civile et laïque»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les femmes manifestent à Damas pour «une Syrie civile et laïque» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/20/les-femmes-manifestent-a-damas-pour-une-syrie-civile-et-laique/embed/#?secret=w1YX6z4lNV#?secret=s4WZRx6iqL" data-secret="s4WZRx6iqL" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les islamistes doivent s’adapter ou disparaître</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le droit évolue en fonction des cultures et de la conscience de ce qui est juste et de ce qui ne l’est pas. Si au 12<sup>e</sup> siècle, il paraissait juste de marier une petite fille âgée de 12 ans, aujourd’hui c’est considéré comme inacceptable. C’est le réel, l’histoire et la vie qui imposent aux islamistes d’évoluer et de s’adapter sinon ils disparaîtront.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ce qu’a compris le post-islamiste Recep Tayyip Erdogan qui, par expérience, sait qu’il n’existe pas et qu’il ne peut exister un Etat religieux. Les Etats sont des constructions politiques, et quand ils se légitiment par la religion, les dirigeants se substituent à Dieu pour juger les hommes, ce qui contredit le Coran qui stipule que <em>al hakimya</em> appartient à Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Al hakimya</em> en arabe veut dire arbitrer. L’arbitre du match de football est appelé en arabe <em>al-hakam</em>. Dieu est l’arbitre, lors du jugement dernier, des divergences entre musulmans, chrétiens et juifs, mais aussi entre les différentes pratiques religieuses parmi les musulmans. Ce mot <em>al-hakimya</em> a été mal compris par le Pakistanais Al-Mawdudi dont la langue maternelle n’est pas l&rsquo;arabe, mais l’ourdou. Il l’a traduit par souveraineté, déduisant ainsi que la démocratie est <em>kofr</em>. Les orientalistes occidentaux en ont fait leur tarte à la crème, érigeant Al-Mawdudi comme un théologien alors qu’il était journaliste de formation et de profession.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le post-islamisme est la rupture avec les écrits d’Al-Mawdudi et de son élève Sayyed Qotb pour qui les sociétés musulmanes sont retombées dans la<em> jahilya</em>. Qotb a implicitement dit que nous, nos parents et grands-parents ne sont plus musulmans et que nous irons tous en enfer! Mais pourquoi ces thèses burlesques sont devenues populaires au point où l’islam est devenu une idéologie politique?</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="c64dcSUZ5B"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/18/qui-est-a-lorigine-de-lattaque-djihadiste-reussie-en-syrie/">Qui est à l’origine de l’attaque djihadiste réussie en Syrie ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Qui est à l’origine de l’attaque djihadiste réussie en Syrie ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/18/qui-est-a-lorigine-de-lattaque-djihadiste-reussie-en-syrie/embed/#?secret=nEESKfzn1Q#?secret=c64dcSUZ5B" data-secret="c64dcSUZ5B" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">L’échec du nationalisme arabe radical</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse à cette question renvoie à l’échec du nationalisme arabe radical représenté par Nasser, Boumédiène, Saddam, Assad&#8230; qui, soucieux de préserver leur pouvoir, n’ont pas osé entamer la réforme théologique qu’avait prônée le mouvement de la Nahda ou Renaissance au 19<sup>e</sup> siècle. C’est parce qu’il n’y avait pas une théologie musulmane moderne compatible avec la liberté de conscience et l’égalité hommes-femmes que l’islam politique s’est propagé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’islam politique est l’enfant illégitime de Nasser, Boumédiène, Saddam, Assad&#8230; En Algérie, le FIS était le fils du FLN. Ce FLN qui, une fois au pouvoir, n’a pas osé toucher à la théologie. Boumédiène avait même mobilisé les imams payés par l’Etat, ce qui est une hérésie, pour défendre la révolution agraire. Son discours se limitait à condamner verbalement l’impérialisme, ce qui est nécessaire mais pas suffisant. (C’est ce qu’ont compris les Chinois depuis 1980).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les régimes de Nasser, Boumédiène, Saddam, Assad&#8230; n’avaient pas de projets de modernisation de la société, de la culture et de l’économie. Ils avaient instrumentalisé les aspirations des couches populaires à la justice sociale et à la modernité pour s’accaparer du pouvoir que leur culture considérait comme un butin de guerre. C’est là la cause de l’échec de Saddam et de Assad. Les héritiers de Nasser en Egypte n’ont sauvé son régime qu’en s’appuyant sur les anciennes puissances coloniales et sur Israël.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question qui se pose est la suivante: est-ce que le nouveau régime syrien connaîtra la même évolution que le régime précédent, ou construira-t-il un ordre politique interne qui tienne compte des changements culturels des sociétés musulmanes et des aspirations de la jeunesse? La Syrie est à un carrefour: ou bien elle suivra Mawdudi et Qotb, et dans 20 ans il y aura une autre guerre civile, ou bien elle construira une démocratie dite musulmane compatible avec la liberté de conscience et les valeurs universelles de la dignité de la personne qui a le droit de croire au dieu qu’il veut.</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Professeur à l&rsquo;Institut des études politiques de l&rsquo;université de Lyon.</em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Instrumentalisation politique de la lutte contre l’islamisme en Europe</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/31/instrumentalisation-politique-de-la-lutte-contre-lislamisme-en-europe/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 Dec 2024 06:34:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[électorat]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
		<category><![CDATA[islamisme]]></category>
		<category><![CDATA[polarisation]]></category>
		<category><![CDATA[réseaux sociaux]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’instrumentalisation de la lutte contre l’islamisme, en Belgique et dans d’autres pays européens, est une stratégie dangereuse. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/31/instrumentalisation-politique-de-la-lutte-contre-lislamisme-en-europe/">Instrumentalisation politique de la lutte contre l’islamisme en Europe</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’instrumentalisation de la lutte contre l’islamisme, en Belgique et dans d’autres pays européens, est une stratégie dangereuse qui menace la cohésion sociale dans ces pays et doit être dénoncée avec fermeté.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Hamid Benichou&nbsp;*</strong></p>



<span id="more-15023966"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Hamid-Benichou.jpg" alt="" class="wp-image-15023981" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Hamid-Benichou.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Hamid-Benichou-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Hamid-Benichou-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">L’évocation incessante de l’islamisme dans le discours public belge, particulièrement par deux partis politiques, soulève de sérieuses interrogations sur la manière dont ce sujet est abordé et représenté dans le débat politique et médiatique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette présence omniprésente a pour effet de polariser les opinions et d’alimenter des craintes sociétales, souvent exacerbées par les réseaux sociaux. Pourtant, des&nbsp; observateurs, des experts et des acteurs de terrain ne cessent de mettre en garde depuis longtemps contre l’instrumentalisation de l’islam ou l’<em>«islamisme»</em> à des fins politiques, une problématique qui semble avoir pris une ampleur sans précédent ces derniers mois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’instrumentalisation de l’islamisme ne fait qu’accroître les tensions sociales et compromet le vivre-ensemble.&nbsp;En se concentrant sur ce sujet, les partis exploitent une angoisse collective croissante, tout en suscitant des interrogations quant à leurs véritables motivations. Leur stratégie consiste à galvaniser une frange de l’électorat inquiet, en jouant sur des peurs et des préjugés, ce qui est inacceptable et indigne d’un discours politique responsable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En s’érigeant en défenseurs d’une certaine identité belge, ces partis ne cherchent qu’à positionner leur agenda sur la scène politique, tout en négligeant les conséquences à long terme de cette polarisation. Ce faisant, ils stigmatisent le groupe social de foi ou de culture musulmane, simplifiant un sujet complexe et alimentent les discours haineux qui prospèrent dans un climat de peur et d’incertitude. Les réseaux sociaux, en amplifiant ces discours, créent des chambres d’écho où les stéréotypes et préjugés peuvent se renforcer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est crucial de se demander pourquoi l’islamisme a été érigé en sujet central par des partis. Est-ce une réponse légitime à des préoccupations sociétales ou une manœuvre politique pour détourner l’attention des enjeux socio-économiques pressants? Quelle que soit la motivation, il est impératif d’engager un débat ouvert et nuancé, basé sur des faits et une compréhension approfondie des dynamiques sociales, afin d’éviter que la peur et la méfiance ne prennent le pas sur la solidarité et le dialogue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En somme, cette focalisation sur l’islamisme invite à une réflexion critique sur la manière dont les discours politiques façonnent les perceptions publiques et influencent les relations entre les différentes communautés. L’instrumentalisation de la lutte contre l’islamisme est une stratégie dangereuse qui menace la cohésion sociale et doit être dénoncée avec fermeté.**</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Policier à Louvain, Belgique.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">** <em>Ce texte a été publié sur la page facebook de l’auteur.  </em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/31/instrumentalisation-politique-de-la-lutte-contre-lislamisme-en-europe/">Instrumentalisation politique de la lutte contre l’islamisme en Europe</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>«La Syrie n’est pas la Tunisie», disait Bachar Al-Assad en 2011, et pourtant…  </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/10/la-syrie-nest-pas-la-tunisie-disait-bachar-al-assad-en-2011-et-pourtant/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Dec 2024 09:49:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[arabisme]]></category>
		<category><![CDATA[Bachar al-Assad]]></category>
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		<category><![CDATA[nationalisme arabe]]></category>
		<category><![CDATA[parti Baâth]]></category>
		<category><![CDATA[Salah El-Gharbi]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=14829276</guid>

					<description><![CDATA[<p>Face au bouleversement séismique en Syrie, on est dans l’incapacité de préjuger de l’échec ou du succès de l’opération politique engagée dans ce pays. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/10/la-syrie-nest-pas-la-tunisie-disait-bachar-al-assad-en-2011-et-pourtant/">«La Syrie n’est pas la Tunisie», disait Bachar Al-Assad en 2011, et pourtant…  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Quelques semaines après le 14 janvier 2011, interrogé par un journaliste français qui lui demandait s’il ne craignait pas pour son régime, Bachar Al-Assad s’était contenté d’ironiser&nbsp;:&nbsp;«La Syrie n’est pas la Tunisie». Pourtant, et malgré les apparences, à cette époque-là, le régime syrien portait, déjà, en lui les germes de sa déperdition.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Salah El-Gharbi</strong></p>



<span id="more-14829276"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Salah-El-Gharbi.jpg" alt="" class="wp-image-14811974" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Salah-El-Gharbi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Salah-El-Gharbi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Salah-El-Gharbi-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
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<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, même si tout le monde semble pris au dépourvu, depuis plus d’un an le régime paraissait essoufflé. Maintenu sous perfusion, le régime, autiste et arrogant, allait connaître une agonie fort lente avant de rendre, subitement, l’âme dans de piteuses conditions.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’étonnant, dans cet évènement, c’est la réaction surprenante de nos élites qui, ulcérées par <em>«cette perte»</em>, n’ont pas hésité à exprimer leur réprobation. Comme Bachar, ces <em>«démocrates et laïcs» </em>semblaient avoir du mal à admettre que le temps où la terreur et la force brutale ne suffisaient plus pour assoir une légitimité pérenne et que seul l’Etat de droit était capable de garantir la stabilité et la prospérité pour la population. Et comme pour calmer leur déception, ces élites allaient, aussitôt, nous ressortir les mêmes litanies, vilipendant les Occidentaux d’une manière générale, et à leur tête le grand Satan américain et Israël, son complice.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">La théorie du complot, encore et toujours</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le départ, inattendu pour certains, d’Al-Assad n’était pas la conséquence inéluctable d’une réalité politique et historique complexe, mais l’œuvre sournoise et satanique, un complot fomenté contre <em>«notre nation»</em>. Chez nous, les réponses précèdent les questions. C’est plus rassurant, pour nous, de croire, que nous sommes victimes, objets de forces hostiles qui complotent contre nous pour nous nuire.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="9PHp6IpWUW"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/10/la-nouvelle-syrie-ou-lillusion-de-la-liberte-a-lepreuve-de-lexpansionnisme-israelien/">La nouvelle Syrie, ou l’illusion de la liberté à l’épreuve de l’expansionnisme israélien</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La nouvelle Syrie, ou l’illusion de la liberté à l’épreuve de l’expansionnisme israélien » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/10/la-nouvelle-syrie-ou-lillusion-de-la-liberte-a-lepreuve-de-lexpansionnisme-israelien/embed/#?secret=7Upbb04jQy#?secret=9PHp6IpWUW" data-secret="9PHp6IpWUW" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins, comme cet argument est un peu court, étant donné que la situation est trop complexe, impliquant des forces <em>«sympathiques»</em>, à nos yeux, comme la Russie, l’Iran et la Turquie, censées êtres assez proches de <em>«nous»</em>, on va insister sur la menace islamiste qui venait de surgir pour déloger un régime Baathiste supposé <em>«laïc»</em> et semer le désordre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est vrai que la situation actuelle en Syrie est loin d’être rassurante, que les islamistes sont imprévisibles et que le pays pourrait basculer dans l’anarchie le chaos. Mais de telles craintes suffisaient-elles pour nous faire oublier ce pays fracturé, ces millions de Syriens précarisés, déplacés ou forcés à quitter leur pays?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes, les actuelles forces qui détiennent la Syrie sont loin d’être des enfants de chœur. Mais leur présence ne résulte-t-elle pas de l’impuissance du pouvoir baâthiste-alaouite à trouver des solutions politiques à la crise d’un régime vieillissant et à la dérive?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Nationalisme arabe et islamisme, deux faces d’une même monnaie &nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">On a longtemps cru que le baâthisme rime avec laïcisme. Ce qui n’est qu’un raccourci. Certes, surtout par opportunisme, les Baathistes avaient fait preuve de tolérance en matière de religion, vis-à-vis des différentes communautés, l’islam avait une place prépondérante. Dès le début, chez les doctrinaires de la pensée Baâthiste, seul le rapprochement entre la pensée <em>«nationaliste&nbsp;arabe»</em> et l’islam permet de créer une <em>«force capable d’affronter l’Occident»</em>. Cette idée est développée par Michel Aflaq, un des théoriciens du mouvement. Selon lui, <em>«tant que le lien étroit entre la nation arabe et l’islam existe et tant que nous voyons dans l’‘‘arabité’’un corps dont l’islam est l’âme, il n’est pas question d’avoir peur que leur zèle nationaliste porte atteinte à leur foi&#8230;»</em> (Conférence donnée à l’Université de Damas en avril 1943)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, face à ce bouleversement séismique, on est dans l’incapacité de préjuger ni de l’échec ni du succès de l’opération politique qui est en train d’être engagée. Rien ne nous autorise à être ni pessimiste ni optimistes pour l’avenir du pays. Ce qui est certain, c’est que la tentation <em>«islamiste»</em> dans sa version rigoriste pourrait avoir des conséquences inquiétantes pour cette région la plus instable du monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins, cette crainte ne doit pas nous empêcher d’espérer que le bon sens et sens de l’intérêt général puissent triompher du dogmatisme et de la velléité hégémonique d’une tendance aux dépens des autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Ecrivain et analyste politique.  </em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="gYZ2hcwVrB"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/09/chute-de-la-maison-al-assad-en-syrie-les-dessous-des-cartes/">Chute de la maison Al-Assad en Syrie : les dessous des cartes</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Chute de la maison Al-Assad en Syrie : les dessous des cartes » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/09/chute-de-la-maison-al-assad-en-syrie-les-dessous-des-cartes/embed/#?secret=YLsQCnDAS7#?secret=gYZ2hcwVrB" data-secret="gYZ2hcwVrB" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>France : une «loi immigration» inutile et dangereuse  </title>
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		<pubDate>Thu, 28 Dec 2023 07:47:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La nouvelle loi sur l’immigration en France est inutile et dangereuse pour les valeurs républicaines.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans cette «Lettre ouverte au président Macron», l’auteur, journaliste franco-tunisien, demande au chef d’Etat français de retrait de la nouvelle loi sur l’immigration qu’il juge «inutile et dangereuse pour nos valeurs républicaines».</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par <strong>Tarek Mami</strong> *  </p>



<span id="more-11089623"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/08/Tarek-Mami.jpg" alt="" class="wp-image-359559"/></figure>
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<p class="wp-block-paragraph">Monsieur le président,</p>



<p class="wp-block-paragraph">En votant pour vous avec enthousiasme en 2017, et par pragmatisme en 2022, je n’aurais jamais pensé, que je me déjugerai, un jour, pour ne pas avoir eu le flair citoyen et politique de vivre, sous votre mandat, l’adoption, le mardi 20 décembre 2023, d’une nouvelle <em>«loi immigration»</em>. Un jour cauchemar. A ma décharge votre phrase post-électorale&nbsp;: <em>«Vous m’avez élu pour faire barrage à l’extrême droite. Ce vote m’oblige»</em> (22 avril 2022). J’ai cru, sincèrement, naïvement à cette phrase. A ma charge, mon oubli des phrases de vos prédécesseurs. Celle du Général De Gaulle qui dit :&nbsp;<em>«Comme un homme politique ne croit jamais ce qu’il dit, il est étonné quand il est cru sur parole»</em>. Je vous ai cru. Celle de François Mitterrand&nbsp;:&nbsp;<em>«L’homme politique s’exprime d’abord par ses actes; c’est d’eux dont il est comptable; discours et écrits ne sont que des pièces d’appui au service de son œuvre d’action»</em>. Comme il a raison, pour ne pas dire qu’il n’a pas tort. A celles de vos prédécesseurs, j’ajoute la fameuse phrase de Charles Pasqua qui dit&nbsp;: <em>«Les promesses des hommes politiques n’engagent que ceux qui les reçoivent»</em>. J’ai reçu votre promesse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je résume le tout à ma manière : <em>«Nous sommes ce que nous faisons, et pas ce que nous disons être»</em>. A ma charge, également, le fait de ne pas avoir eu la clairvoyance de faire le lien entre le projet de loi immigration et l’exposé des motifs de la proposition de résolution enregistrée à la Présidence de l’Assemblée nationale, le 6 juin 2023, proposition de résolution <em>appelant à la </em>dénonciation<em>, par les </em>autorités françaises<em>, de l’accord franco-algérien  du </em>27 décembre 1968<em>,</em> présentée par des membres du groupe<a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/textes/l16b1325_proposition-resolution" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> Les Républicains (LR) et apparentés</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Algériens&nbsp;!</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Algériens&nbsp;! le mot fétiche, à brandir, quand il faut parler des étrangers, des immigrés d’hommes et de femmes non-européens. Algériens et Algérie&nbsp;! Décidément les nostalgiques de <em>«l’Algérie française»</em> ont encore de beaux jours devant eux. Les LR, qui sont censés être les descendants politiques du Général De Gaulle, trouvent dans cette loi immigration une occasion pour prendre leur revanche sur leur ancêtre politique, en devenant les propagandistes des thèses du FN-RN de <em>«priorité national»</em>, étendard des héritiers idéologiques de ceux qui ont commis une tentative d’assassinat du Général De Gaulle, lors de l’attaque spectaculaire du 22 aoît 1962 au Petit-Clamart.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Récit national</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’adoption de la loi immigration efface, par un simple vote, cette sinistre tentative d’assassinat du Général De Gaulle, de notre récit national et son renvoi aux tréfonds de notre mémoire collective. Et du coup, ce n’est pas le seul effacement. L’adoption de la loi immigration efface, du même coup, plusieurs autres pages de notre récit national. Toutes les pages relatives à l’apport de ceux qui n’étaient pas Français, mais qui ont contribués à la grandeur de la France et au claquement international de son drapeau, de sa souveraineté et de sa liberté. La page des Turcos. Ces combattants algériens de l’empire colonial français (1842-1964), très vite rejoints par d’autres étrangers, marocains, tunisiens, maliens, sénégalais et autres africains. Tous de religion musulmane. Cette religion tant décriée, depuis des décennies et encore plus aujourd’hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Engagés comme militaires, ces étrangers ont versé leur sang dans les guerres de Crimée (1853-1856) et le siège de Sébastopol, de la première guerre mondiale, de la seconde guerre mondiale et de la guerre d’Indochine, et pour certains d’entre eux dans la guerre d’Algérie. Engagés comme travailleurs immigrés, ces étrangers ont reconstruit la France, et constitués les hussards des trente glorieuses. Leurs enfants ont offert à la France, avec l’équipe baptisée <em>«Blancs- Blacks-Beurs» </em>sa première coupe du monde de football, en 1998. Vingt ans plus tard, leurs petits frères ont offert à la France sa seconde Coupe du monde de football, en 2018.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">40<sup>e</sup> anniversaire </h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’adoption de la loi immigration, vient de fait, nier la francité de plusieurs générations d’immigrés, dont l’immense majorité est aujourd’hui constituée de citoyens français par naturalisation ou par naissance. Ce déni inacceptable vient télescoper la commémoration du 40<sup>e</sup> anniversaire de <em>«la marche pour l’égalité et contre le racisme»</em>, déjà déformée et défigurée par la presse mainstream et la classe politique qui l’ont rebaptisée <em>«marche des Beurs»</em>, pour ethniciser les marcheurs, les renvoyer à leur origine étrangère et les déposséder de leur dimension citoyenne, républicaine et… Française.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et la francophonie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’adoption de la loi immigration engrange un dommage collatéral, à travers l’angle mort de la future caution imposée aux futurs étudiants désireux de rejoindre notre pays et affermir sa culture et son rayonnement. Ces futurs étudiants détourneront leurs regards de la France et de la Francophonie. Un petit contingent, ceux qui tiennent à la francophonie, iront au Canada. Le plus grand contingent abandonnera la langue française et choisira les universités anglophones entre Angleterre et États-Unis.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Obsessions françaises</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’adoption de la loi immigration révèle et légitime, en définitive, une double obsession névrotique d’une partie de la classe politique française, celles de l’Algérie française et de la religion musulmane, dont la sémantique procède par glissements successifs&nbsp;: islam, islamisme, grand remplacement, abaya, terrorisme, islamo-gauchisme&nbsp; et la liste n’est pas exhaustive.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Monsieur le président,</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous êtes fin politique pour ne pas vous vous rappeler comment vos prédécesseurs se sont délestés des crises politiques qui portaient les germes d’une division nationale d’ampleur. François Mitterrand a retiré la loi sur l’école libre. Jacques Chirac n’a pas promulgué la loi sur les bienfaits de la colonisation.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Monsieur le président,</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il vous est toujours possible de ne pas confier votre décision finale au conseil constitutionnel et d’honorer votre engagement post-électoral&nbsp;: <em>«Vous m’avez élu pour faire barrage à l’extrême droite. Ce vote m’oblige»</em>. Il vous suffit de ne pas promulguer la loi immigration, la 117<sup>e</sup> depuis 1948, une loi que beaucoup de juristes et défenseurs des droits de l’homme qualifient d’inutile et de dangereuse pour nos valeurs républicaines, et de notre triptyque <em>«Liberté, Egalite, Fraternité»</em>, du fait de l’introduction de <em>«la priorité nationale»</em> en rompant avec notre égalité et fraternité.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Monsieur le président,</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous ne pouvez pas donner raison à votre adversaire politique, Marine Le Pen, que vous avez battu à deux reprises au deuxième tour, de deux dernières élections présidentielles. Elle qui claironne, aujourd’hui, <em>«pour le RN, la loi immigration signe une victoire idéologique»</em> (19 décembre 2023).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette non-promulgation s’impose d’autant plus que l’adoption à la majorité absolue, de la loi immigration avec 287 voix passe nécessairement par l’ajout des voix du RN. Le retrait des voix de l’extrême droite réduit le nombre de voix à 261 et manque votre objectif annoncé. Adopter la loi sans les voix du RN. Les arguties juridiques, de la majorité relative règlementaire, ne changeront rien à la lecture politique frontale. C’est bien l’appoint des voix du RN qui permet l’adoption de cette loi qui fragilise le vivre et le faire ensemble dans notre pays, et dégrade l’image de la France à l’étranger.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Donner raison à Marine Le Pen et sa fanfaronnade <em>«victoire idéologique»</em> reviendra, en définitive, à tuer l’idée même du front républicain, pour faire barrage à l’extrême droite, lors de la prochaine présidentielle. Le candidat de votre camp politique ne pourra pas se réclamer de ce front, ni appeler à faire barrage à l’extrême droite, et pourrait ne pas accéder au second tour de la présidentielle. </p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Directeur de France Maghreb 2 Radio.</em></p>
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