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	<title>Archives des nationalisme arabe - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des nationalisme arabe - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>La Tunisie et le syndrome de la table rase</title>
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		<pubDate>Sun, 24 Aug 2025 08:09:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comment sortir de la dérive proche de la perdition que connait la Tunisie depuis la "révolution" de 2011 ?  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/24/la-tunisie-et-le-syndrome-de-la-table-rase/">La Tunisie et le syndrome de la table rase</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Plus qu’une panoplie de slogans identitaires et civilisationnels qui font du peuple tunisien un colonisé mental et mémoriel, la Tunisie a besoin de décoloniser son histoire et ses référentiels civilisationnels car une mémoire colonisée ou déformée par les anciens colons ne peut mener à une pensée libre, souveraine et émancipée de toute inféodation.</em></strong></p>



<p><strong>Elyes Kasri</strong> * &nbsp;</p>



<span id="more-17316159"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Elyes-Kasri.jpg" alt="" class="wp-image-352204"/></figure></div>


<p>De nombreux analystes tunisiens et étrangers imputent le bouillonnement et l’angoisse existentielle que vit le peuple tunisien à des séquelles d’une période révolutionnaire et à un prétendu détournement de ce moment historique de délivrance et de passage à la véritable démocratie, au bonheur et à la prospérité.</p>



<p>Imputer à Ennahdha et ses sbires de toute sorte ou au mouvement syndical et à la gauche ou au mouvement nationaliste arabe cette responsabilité historique pourrait à la limite recueillir certains arguments et éclairer certaines séquences de la dérive proche de la perdition que connait la Tunisie qui semble à la recherche d’une identité et de repères socio-culturels pour se positionner entre les nations et se fixer des balises pour toute construction future.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Table rase du passé</h2>



<p>Toutefois, il y a lieu d’admettre que la Tunisie vit depuis son indépendance le paradoxe existentiel d’un pays qui ne cesse de faire table rase de son passé tout en invoquant à chaque phase un narratif politiquement orienté du passé et des origines pour justifier des choix politiques momentanés.</p>



<p>Il faut reconnaître que la quête identitaire du peuple tunisien ne remonte pas à la phase bourguibienne mais fait partie de son ADN historique et de sa mémoire collective brouillée par des phases occultées et très souvent déformées, le plus souvent en mal et quelques fois enjolivées à l’excès à l’instar des péripéties des conquêtes arabe et ottomane.</p>



<p>Les apprentis sorciers de l’identité et de l’authenticité trouvent un écho favorable chez le peuple tunisien qui a été tout au long de son histoire, depuis la civilisation capsienne, l’ère punique et celles qui les ont suivies, victime d’un vol de son histoire et d’un viol de son identité et de sa mémoire collective de même que de ses territoires historiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Se réconcilier avec son histoire</h2>



<p>Si l’occident a pu entrer dans la modernité après le siècle des lumières et un long combat contre l’emprise de l’église et de la théologie sur la pensée, la société et l’Etat, assortie d’une révolution copernicienne, la Tunisie a besoin avant toute chose de se réconcilier avec son histoire, son identité et sa mémoire collective.</p>



<p>Cette réconciliation devra se faire par un recentrage et une décolonisation de l’histoire et une distanciation avec les mythes plantés par les historiens occidentaux et arabes et surtout en relativisant la part arabo-musulmane dont l&rsquo;épopée tunisienne mérite d’être démystifiée et mise dans un contexte adéquat pour éviter d’occulter et d’étouffer les autres pans de l’histoire et de l&rsquo;identité du peuple tunisien.</p>



<p>L’histoire et la culture du peuple tunisien sont plus riches qu’un appendice d’une histoire de peuples orientaux de plus en plus démystifiée et qui ne fait que nous reléguer dans un no man’s land historique et civilisationnel pour faire de la Tunisie une entité socio-politique non identifiée et rejetée, tacitement sinon dans la pratique, par le monde européen avec lequel nous partageons pourtant de grandes séquences de notre histoire, par le monde arabe dont nous faisons notre première référence civilisationnelle et identitaire et qui nous regarde avec une méfiance teintée de mépris et par l&rsquo;Afrique, notre continent auquel nous avons donné le nom et avec lequel le fossé se creuse de plus en plus rapidement surtout à la faveur de la crise migratoire et des réflexions et comportement qu’elle a pu susciter.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Décoloniser la conscience collective</h2>



<p>Plus qu’une panoplie de slogans identitaires et civilisationnels qui font du peuple tunisien un colonisé mental et mémoriel, la Tunisie a besoin de décoloniser son histoire et ses référentiels civilisationnels car une mémoire colonisée ou déformée par les anciens colons ne peut mener à une pensée libre, souveraine et émancipée de toute inféodation.</p>



<p>L’avenir de la Tunisie ne pourra se concevoir en termes positifs et optimistes que par un changement de paradigme identitaire et une décolonisation de son histoire et de sa conscience collective.</p>



<p>* <em>Ancien ambassadeur.</em></p>
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		<item>
		<title>Une Syrie post-islamiste est-elle possible?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Jan 2025 10:16:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed charaa]]></category>
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		<category><![CDATA[Sayyed Qotb]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La nouvelle Syrie, incarnée par Ahmed Charaa, entrera-t-elle dans le post-islamisme?</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Est-ce que le nouveau régime syrien connaîtra la même évolution que le régime précédent, ou construira-t-il un ordre politique interne qui tienne compte des changements culturels des sociétés musulmanes et des aspirations de la jeunesse?</em></strong></p>



<p><strong>Lahouari Addi *</strong></p>



<span id="more-15049237"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi.jpg" alt="" class="wp-image-10082582" style="width:200px;height:auto" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/10/Lahouari-Addi-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>La nouvelle Syrie entrera-t-elle dans le post-islamisme? Cette photo ci-dessus (le nouvel homme fort à Damas, Ahmed Al-Charaa, recevant une délégation de chrétiens syriens) est de bon augure. Le post-islamisme rappelle l’évolution du christianisme politique qui a donné naissance en Europe au 19<sup>e</sup> siècle aux partis de la démocratie-chrétienne et aux socio-démocrates de sensibilité chrétienne. Comparaison n’est pas raison, mais les similitudes sont là.</p>



<p>Les islamistes des années précédentes ont construit leur projet politique autour des <em>&lsquo;ibadates </em>(devoirs religieux), ce qui est non seulement irréaliste mais contraire à l’esprit du Coran qui stipule que seul Dieu est juge des <em>‘ibadates</em>. Les hommes ne peuvent juger que les <em>mou’amalates</em>, c’est-à-dire les actions profanes de tous les jours.</p>



<p>Pour juger les <em>mou’amalates</em>, les hommes instituent un droit inspiré par leur culture et par la conscience sociale liée à une représentation du monde. On dira <em>«oui, mais en islam, la </em>charia<em> est le droit immuable décrété par Dieu»</em>. Bullshit! Cette thèse est celle des orientalistes occidentaux qui, à l’appui de textes de théologiens musulmans du Moyen Age, l’ont propagée.</p>



<p>La réalité est que la culture musulmane fait la distinction entre la <em>charia</em>, idéal de justice divine pour une société parfaite, et le <em>fiqh</em>, droit religieux séculier. La <em>charia</em> n’est pas du droit; elle est une norme juridique idéale que les hommes, faits de bois tordu comme dit Kant, sont incapables d’atteindre. A l’inverse, le <em>fiqh</em> est un droit positif religieux créé par des <em>fouqahas</em> sur la base de la culture de leur époque. Il est aujourd’hui tombé en désuétude parce que ne correspondant plus la culture des sociétés musulmanes d’aujourd’hui.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="s4WZRx6iqL"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/20/les-femmes-manifestent-a-damas-pour-une-syrie-civile-et-laique/">Les femmes manifestent à Damas pour «une Syrie civile et laïque»</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les femmes manifestent à Damas pour «une Syrie civile et laïque» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/20/les-femmes-manifestent-a-damas-pour-une-syrie-civile-et-laique/embed/#?secret=w1YX6z4lNV#?secret=s4WZRx6iqL" data-secret="s4WZRx6iqL" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les islamistes doivent s’adapter ou disparaître</h2>



<p>Le droit évolue en fonction des cultures et de la conscience de ce qui est juste et de ce qui ne l’est pas. Si au 12<sup>e</sup> siècle, il paraissait juste de marier une petite fille âgée de 12 ans, aujourd’hui c’est considéré comme inacceptable. C’est le réel, l’histoire et la vie qui imposent aux islamistes d’évoluer et de s’adapter sinon ils disparaîtront.</p>



<p>C’est ce qu’a compris le post-islamiste Recep Tayyip Erdogan qui, par expérience, sait qu’il n’existe pas et qu’il ne peut exister un Etat religieux. Les Etats sont des constructions politiques, et quand ils se légitiment par la religion, les dirigeants se substituent à Dieu pour juger les hommes, ce qui contredit le Coran qui stipule que <em>al hakimya</em> appartient à Dieu.</p>



<p><em>Al hakimya</em> en arabe veut dire arbitrer. L’arbitre du match de football est appelé en arabe <em>al-hakam</em>. Dieu est l’arbitre, lors du jugement dernier, des divergences entre musulmans, chrétiens et juifs, mais aussi entre les différentes pratiques religieuses parmi les musulmans. Ce mot <em>al-hakimya</em> a été mal compris par le Pakistanais Al-Mawdudi dont la langue maternelle n’est pas l&rsquo;arabe, mais l’ourdou. Il l’a traduit par souveraineté, déduisant ainsi que la démocratie est <em>kofr</em>. Les orientalistes occidentaux en ont fait leur tarte à la crème, érigeant Al-Mawdudi comme un théologien alors qu’il était journaliste de formation et de profession.</p>



<p>Le post-islamisme est la rupture avec les écrits d’Al-Mawdudi et de son élève Sayyed Qotb pour qui les sociétés musulmanes sont retombées dans la<em> jahilya</em>. Qotb a implicitement dit que nous, nos parents et grands-parents ne sont plus musulmans et que nous irons tous en enfer! Mais pourquoi ces thèses burlesques sont devenues populaires au point où l’islam est devenu une idéologie politique?</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="c64dcSUZ5B"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/18/qui-est-a-lorigine-de-lattaque-djihadiste-reussie-en-syrie/">Qui est à l’origine de l’attaque djihadiste réussie en Syrie ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Qui est à l’origine de l’attaque djihadiste réussie en Syrie ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/18/qui-est-a-lorigine-de-lattaque-djihadiste-reussie-en-syrie/embed/#?secret=nEESKfzn1Q#?secret=c64dcSUZ5B" data-secret="c64dcSUZ5B" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">L’échec du nationalisme arabe radical</h2>



<p>La réponse à cette question renvoie à l’échec du nationalisme arabe radical représenté par Nasser, Boumédiène, Saddam, Assad&#8230; qui, soucieux de préserver leur pouvoir, n’ont pas osé entamer la réforme théologique qu’avait prônée le mouvement de la Nahda ou Renaissance au 19<sup>e</sup> siècle. C’est parce qu’il n’y avait pas une théologie musulmane moderne compatible avec la liberté de conscience et l’égalité hommes-femmes que l’islam politique s’est propagé.</p>



<p>L’islam politique est l’enfant illégitime de Nasser, Boumédiène, Saddam, Assad&#8230; En Algérie, le FIS était le fils du FLN. Ce FLN qui, une fois au pouvoir, n’a pas osé toucher à la théologie. Boumédiène avait même mobilisé les imams payés par l’Etat, ce qui est une hérésie, pour défendre la révolution agraire. Son discours se limitait à condamner verbalement l’impérialisme, ce qui est nécessaire mais pas suffisant. (C’est ce qu’ont compris les Chinois depuis 1980).</p>



<p>Les régimes de Nasser, Boumédiène, Saddam, Assad&#8230; n’avaient pas de projets de modernisation de la société, de la culture et de l’économie. Ils avaient instrumentalisé les aspirations des couches populaires à la justice sociale et à la modernité pour s’accaparer du pouvoir que leur culture considérait comme un butin de guerre. C’est là la cause de l’échec de Saddam et de Assad. Les héritiers de Nasser en Egypte n’ont sauvé son régime qu’en s’appuyant sur les anciennes puissances coloniales et sur Israël.</p>



<p>La question qui se pose est la suivante: est-ce que le nouveau régime syrien connaîtra la même évolution que le régime précédent, ou construira-t-il un ordre politique interne qui tienne compte des changements culturels des sociétés musulmanes et des aspirations de la jeunesse? La Syrie est à un carrefour: ou bien elle suivra Mawdudi et Qotb, et dans 20 ans il y aura une autre guerre civile, ou bien elle construira une démocratie dite musulmane compatible avec la liberté de conscience et les valeurs universelles de la dignité de la personne qui a le droit de croire au dieu qu’il veut.</p>



<p>* <em>Professeur à l&rsquo;Institut des études politiques de l&rsquo;université de Lyon.</em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>«La Syrie n’est pas la Tunisie», disait Bachar Al-Assad en 2011, et pourtant…  </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/10/la-syrie-nest-pas-la-tunisie-disait-bachar-al-assad-en-2011-et-pourtant/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Dec 2024 09:49:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Face au bouleversement séismique en Syrie, on est dans l’incapacité de préjuger de l’échec ou du succès de l’opération politique engagée dans ce pays. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/10/la-syrie-nest-pas-la-tunisie-disait-bachar-al-assad-en-2011-et-pourtant/">«La Syrie n’est pas la Tunisie», disait Bachar Al-Assad en 2011, et pourtant…  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Quelques semaines après le 14 janvier 2011, interrogé par un journaliste français qui lui demandait s’il ne craignait pas pour son régime, Bachar Al-Assad s’était contenté d’ironiser&nbsp;:&nbsp;«La Syrie n’est pas la Tunisie». Pourtant, et malgré les apparences, à cette époque-là, le régime syrien portait, déjà, en lui les germes de sa déperdition.</em></strong></p>



<p><strong>Salah El-Gharbi</strong></p>



<span id="more-14829276"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Salah-El-Gharbi.jpg" alt="" class="wp-image-14811974" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Salah-El-Gharbi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Salah-El-Gharbi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Salah-El-Gharbi-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Aujourd’hui, même si tout le monde semble pris au dépourvu, depuis plus d’un an le régime paraissait essoufflé. Maintenu sous perfusion, le régime, autiste et arrogant, allait connaître une agonie fort lente avant de rendre, subitement, l’âme dans de piteuses conditions.&nbsp;</p>



<p>L’étonnant, dans cet évènement, c’est la réaction surprenante de nos élites qui, ulcérées par <em>«cette perte»</em>, n’ont pas hésité à exprimer leur réprobation. Comme Bachar, ces <em>«démocrates et laïcs» </em>semblaient avoir du mal à admettre que le temps où la terreur et la force brutale ne suffisaient plus pour assoir une légitimité pérenne et que seul l’Etat de droit était capable de garantir la stabilité et la prospérité pour la population. Et comme pour calmer leur déception, ces élites allaient, aussitôt, nous ressortir les mêmes litanies, vilipendant les Occidentaux d’une manière générale, et à leur tête le grand Satan américain et Israël, son complice.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">La théorie du complot, encore et toujours</h2>



<p>Le départ, inattendu pour certains, d’Al-Assad n’était pas la conséquence inéluctable d’une réalité politique et historique complexe, mais l’œuvre sournoise et satanique, un complot fomenté contre <em>«notre nation»</em>. Chez nous, les réponses précèdent les questions. C’est plus rassurant, pour nous, de croire, que nous sommes victimes, objets de forces hostiles qui complotent contre nous pour nous nuire.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="9PHp6IpWUW"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/10/la-nouvelle-syrie-ou-lillusion-de-la-liberte-a-lepreuve-de-lexpansionnisme-israelien/">La nouvelle Syrie, ou l’illusion de la liberté à l’épreuve de l’expansionnisme israélien</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La nouvelle Syrie, ou l’illusion de la liberté à l’épreuve de l’expansionnisme israélien » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/10/la-nouvelle-syrie-ou-lillusion-de-la-liberte-a-lepreuve-de-lexpansionnisme-israelien/embed/#?secret=7Upbb04jQy#?secret=9PHp6IpWUW" data-secret="9PHp6IpWUW" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Néanmoins, comme cet argument est un peu court, étant donné que la situation est trop complexe, impliquant des forces <em>«sympathiques»</em>, à nos yeux, comme la Russie, l’Iran et la Turquie, censées êtres assez proches de <em>«nous»</em>, on va insister sur la menace islamiste qui venait de surgir pour déloger un régime Baathiste supposé <em>«laïc»</em> et semer le désordre.</p>



<p>Il est vrai que la situation actuelle en Syrie est loin d’être rassurante, que les islamistes sont imprévisibles et que le pays pourrait basculer dans l’anarchie le chaos. Mais de telles craintes suffisaient-elles pour nous faire oublier ce pays fracturé, ces millions de Syriens précarisés, déplacés ou forcés à quitter leur pays?</p>



<p>Certes, les actuelles forces qui détiennent la Syrie sont loin d’être des enfants de chœur. Mais leur présence ne résulte-t-elle pas de l’impuissance du pouvoir baâthiste-alaouite à trouver des solutions politiques à la crise d’un régime vieillissant et à la dérive?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Nationalisme arabe et islamisme, deux faces d’une même monnaie &nbsp;</h2>



<p>On a longtemps cru que le baâthisme rime avec laïcisme. Ce qui n’est qu’un raccourci. Certes, surtout par opportunisme, les Baathistes avaient fait preuve de tolérance en matière de religion, vis-à-vis des différentes communautés, l’islam avait une place prépondérante. Dès le début, chez les doctrinaires de la pensée Baâthiste, seul le rapprochement entre la pensée <em>«nationaliste&nbsp;arabe»</em> et l’islam permet de créer une <em>«force capable d’affronter l’Occident»</em>. Cette idée est développée par Michel Aflaq, un des théoriciens du mouvement. Selon lui, <em>«tant que le lien étroit entre la nation arabe et l’islam existe et tant que nous voyons dans l’‘‘arabité’’un corps dont l’islam est l’âme, il n’est pas question d’avoir peur que leur zèle nationaliste porte atteinte à leur foi&#8230;»</em> (Conférence donnée à l’Université de Damas en avril 1943)</p>



<p>Aujourd’hui, face à ce bouleversement séismique, on est dans l’incapacité de préjuger ni de l’échec ni du succès de l’opération politique qui est en train d’être engagée. Rien ne nous autorise à être ni pessimiste ni optimistes pour l’avenir du pays. Ce qui est certain, c’est que la tentation <em>«islamiste»</em> dans sa version rigoriste pourrait avoir des conséquences inquiétantes pour cette région la plus instable du monde.</p>



<p>Néanmoins, cette crainte ne doit pas nous empêcher d’espérer que le bon sens et sens de l’intérêt général puissent triompher du dogmatisme et de la velléité hégémonique d’une tendance aux dépens des autres.</p>



<p>* <em>Ecrivain et analyste politique.  </em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="gYZ2hcwVrB"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/09/chute-de-la-maison-al-assad-en-syrie-les-dessous-des-cartes/">Chute de la maison Al-Assad en Syrie : les dessous des cartes</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Chute de la maison Al-Assad en Syrie : les dessous des cartes » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/09/chute-de-la-maison-al-assad-en-syrie-les-dessous-des-cartes/embed/#?secret=YLsQCnDAS7#?secret=gYZ2hcwVrB" data-secret="gYZ2hcwVrB" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>‘‘Iraq from revolution to dictatorship’’ : massacres, coups d’Etat et ambitions. Le rêve unitaire fracassé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 Nov 2024 07:00:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abderrahmane Aref]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Irak]]></category>
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		<category><![CDATA[nationalisme arabe]]></category>
		<category><![CDATA[Saddam Hussein]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après l’échec du rêve unitaire arabe dont sa population a longtemps été bercée, l’Irak est aujourd’hui un pays contrôlé par les Américains. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/24/iraq-from-revolution-to-dictatorship-massacres-coups-detat-et-ambitions-le-reve-unitaire-fracasse/">‘‘Iraq from revolution to dictatorship’’ : massacres, coups d’Etat et ambitions. Le rêve unitaire fracassé</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Après l’échec du rêve unitaire arabe dont sa population a longtemps été bercée, l’Irak est aujourd’hui un pays contrôlé par les Américains mais pas suffisamment pour empêcher les milices pro-iraniennes de tirer des salves de missiles et de drones sur Israël. Et son avenir paraît&nbsp;toujours aussi compromis, même à l’issue de la fin (officielle) de l’occupation américaine.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia</strong> * &nbsp;</p>



<span id="more-14696097"></span>



<p>L’Irak est ce pays ancien bien connu correspondant grosso modo à la Mésopotamie, peuplé d’une mosaïque&nbsp;de communautés. Considéré comme un jalon important sur la route des&nbsp;Indes devant être verrouillé pour interdire l’accès au golfe Arabo-persique aux Allemands alliés des Ottomans, durant le premier conflit mondial, son accession à l’ère moderne commence&nbsp; en 1917 par sa conquête sur les Ottomans par les Anglais et par la découverte et l’exploitation du pétrole par une filiale de l’Anglo-persian Oil Company. Aux provinces de Basra et de Bagdad, ils adjoignent celle pétrolière kurde de Kirkouk, au grand dam des Turcs qui n’auront de cesse d’ambitionner de la reconquérir.</p>



<p>Une monarchie, celle des Hachémites originaires du Hedjaz, y est installée dans les années 1920 après l’expulsion du Roi Fayçal&nbsp;de Syrie par les Français. Et toutes les révoltes sont matées par la Royal Air Force, qui n’hésite pas à bombarder les populations et les habitations civiles sans aucune considération du nombre de victimes. Ainsi Sulaymaniyah&nbsp;dans&nbsp; le Kurdistan est pratiquement détruite en 1926.</p>



<p>La monarchie hachémite en Irak est étroitement dépendante du pouvoir anglais, et sa principale ressource est constituée par les maigres dividendes concédées par&nbsp;l’Irak Petroleum Company. Cela n’empêche pas le pays&nbsp;d’adopter le parlementarisme britannique, mais celui-ci n’est que le reflet de la domination exercée sur la société par les classes éduquées des villes et les grands propriétaires terriens. Le pays demeure essentiellement rural et agricole, sans toutefois assurer ses besoins alimentaires.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="qqTwjwULZv"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/02/lempire-du-levant-histoire-de-la-question-dorient-de-marathon-a-gaza-litineraire-dun-aveuglement-letal/">‘‘L’Empire du Levant, Histoire de la question d’Orient’’ : de Marathon à Gaza, l’itinéraire d’un aveuglement létal </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘L’Empire du Levant, Histoire de la question d’Orient’’ : de Marathon à Gaza, l’itinéraire d’un aveuglement létal  » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/02/lempire-du-levant-histoire-de-la-question-dorient-de-marathon-a-gaza-litineraire-dun-aveuglement-letal/embed/#?secret=DkZTFWq2fh#?secret=qqTwjwULZv" data-secret="qqTwjwULZv" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Le paradoxe de l’Irak tout comme l’Egypte soumise à la domination anglaise, est son incapacité à produire suffisamment dans l’agriculture malgré ses immenses ressources hydriques. Quant à l’industrie, elle est, mis à part le pétrole, inexistante.</p>



<p>Durant la seconde guerre mondiale, un groupe d’officiers nationalistes, plus précisément anti-anglais, le carré d’or, prend le pouvoir et veut fournir une base à la Luftwaffe à Kirkouk dans l’espoir de voir la Wehrmacht débouler des montagnes du Caucase et du désert de Syrie pour libérer&nbsp;le pays de l’occupation anglaise. Le projet tourne court lorsque le chef de l’escadrille allemande envoyé à Kirkuk est tué accidentellement. Mais rares sont les Irakiens qui ont&nbsp;approuvé de voir leur pays s’associer aux Nazis.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Avènement de l’idéologie panarabiste</h2>



<p>Après la seconde guerre mondiale, et avec la guerre froide, la Grande Bretagne veut faire de l’Irak une pièce essentielle du dispositif anticommuniste, avec la Turquie, l’Iran, et le Pakistan, dans ce qu’il est convenu d’appeler le pacte de Bagdad.</p>



<p>Entretemps s’est formé un puissant Parti communiste irakien essentiellement au sein de la communauté chiite, la plus nombreuse mais aussi la plus opprimée. Un autre parti, le Baath, créé par le visionnaire utopiste syrien Michel Aflaq, prônant&nbsp;la renaissance d’une mythique nation arabe, ne fait que quelques adeptes au début des années 50. Mais l’arrivée au pouvoir en Egypte des officiers libres et&nbsp; l’émergence du nationaliste égyptien, Nasser en tant que leader de la nation arabe, à son corps défendant semble-t-il, fournit à l’idéologie panarabiste&nbsp;une impulsion décisive dans sa revendication contre les puissances coloniales anglo-françaises, et sioniste. C’est peut être faire abstraction des événements d’Iran et de la lutte engagée par l’Anglo Iranian Oil Company contre Mossadeq sur la région. Mais en juillet&nbsp; 1958 se produit un coup d’État militaire issu d’ officiers nationalistes irakiens contre le régime royal anglophile dont la figure de proue est un ancien officier de l’armée ottomane, Nouri Saïd. La population de Bagdad se soulève à l’appel des putschistes et massacre les principales personnalités du régime dans les rues.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De Abdelkarim Kassem à Saddam Husseïn</h2>



<p>Le nouveau régime militaire dirigé par Abdelkarim Kassem s’appuie sur les communistes, instaure la république, mais face aux Nassériens, se prétend avant tout nationaliste irakien. Kassem prétend réintégrer le Koweït&nbsp;à la mère patrie irakienne par la force et veut la réforme agraire, ce qui lui assure certes une réelle popularité dans la population mais désorganise la production agricole. Il est prudent en s’abstenant de remettre&nbsp; en question le statu quo dans le domaine du pétrole, mais se place néanmoins en porte à faux contre les puissances occidentales, les pays arabes du Golfe, ainsi que et surtout, Nasser. Il refuse néanmoins de se jeter dans les bras du Parti communiste, pourtant son seul soutien,&nbsp;qu’il n’hésite pas à marginaliser.</p>



<p>En fin de compte, après le soulèvement de Mossoul dirigé par un officier, Abderrahmane Chawaf, qui se conclut par un bain de sang perpétré contre les nationalistes arabes et les baathistes, puis plusieurs tentatives d’assassinats dont l’une dans laquelle est impliquée un certain Saddam Hussein, Kassem malgré sa popularité, et malgré l’appui de la population descendue dans la rue le soutenir, est renversé et exécuté en 1963 par des officiers nassériens soutenus par des militaires du Baath, qui ne lui ont pas pardonné les exécutions de manifestants, qu’on lui attribue. Les communistes sont pourchassés dans les rues et massacrés en masse par les militants du Baath. Pourtant l’Union&nbsp;syro-égyptienne s’est conclue deux années auparavant&nbsp;par un échec retentissant.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="DGiEhIun9m"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/02/les-gites-de-la-defaite-le-parti-baath-fossoyeur-de-lunite-arabe/">‘‘Les gîtes de la défaite’’ : le parti Baath, fossoyeur de l’unité arabe</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Les gîtes de la défaite’’ : le parti Baath, fossoyeur de l’unité arabe » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/02/les-gites-de-la-defaite-le-parti-baath-fossoyeur-de-lunite-arabe/embed/#?secret=IZueRY9465#?secret=DGiEhIun9m" data-secret="DGiEhIun9m" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Le nouveau président, Abderrahmane Aref, quoique nationaliste arabe, ne veut pas être sous la coupe de Nasser.&nbsp;Et l’union tripartite envisagée avec l’Egypte et la Syrie est cantonnée à&nbsp;un simple slogan. Les militaires au pouvoir sont conservateurs sur le plan économique et social et ne veulent pas du socialisme prôné par Nasser. Ils sont hostiles aux revendications autonomistes kurdes&nbsp;et se lancent dans une guerre absurde au Kurdistan qui se conclut par un échec retentissant.</p>



<p>En 1965, ces militaires s’allient aux conservateurs du Baath et à son fondateur Michel Aflaq pour réprimer l’aile gauche du parti dirigée par l’ancien ministre de l’Intérieur Ali Salah Saadi accusé de vouloir prendre le pouvoir et de faire le jeu de la branche syrienne du parti.</p>



<p>Des militants armés comprenant l’inévitable Saddam Hussein font&nbsp;irruption dans le siège du Congrès en scandant : <em>«Une seule nation arabe au message éternel»</em> au moment même où la scission au sein de leur parti est consommée.</p>



<p>Abderrahmane Aref meurt dans un mystérieux accident d’hélicoptère. Son frère lui succède en 1967 mais il n’a pas le charisme nécessaire. Il essaie bien d’obtenir un consensus minimum et de conférer au gouvernement une apparence civile, mais c’est peine perdue. Il est renversé par les militaires du Baath dirigés par Ahmed Hassan Al Bakr qui cette fois s’assurent de la réalité du pouvoir malgré l’instauration d’un conseil du commandement de la révolution. La suite on la connaît. Saddam Hussein qui est un parent du président s’assure progressivement le contrôle de la police secrète, du parti, de l’administration, de l’armée. En 1973 il élimine Nazem Al Kazzaz, le puissant chef de la police secrète, qui tente de prendre le pouvoir, et qui semble en l’occurrence avoir été victime d’une provocation soigneusement&nbsp;préparée. Cette affaire permet d’éliminer quelques autres rivaux et sert d’avertissement à tous ceux qui s’opposent à l’ascension du nouvel homme fort qui joue des communistes et des Kurdes les uns contre les autres afin de neutraliser toute opposition et incrimine le parti frère ennemi de Damas dans des complots dont la réalité n’est le plus souvent pas prouvée.</p>



<p>Saddam n’hésite pas à nationaliser le pétrole en 1972 en s’assurant le soutien de la France sans encourir l’hostilité des Britanniques et la hausse du prix du pétrole de 1973 sert ses intérêts en décuplant les revenus de l’État. Il a alors en main les moyens nécessaires pour transformer le pays et commence par mener une guerre coûteuse dans le Kurdistan qui n’aboutit pas du fait de l’appui apporté aux autonomistes par le Shah d’Iran, l’Amérique, et Israël. Les accords d’Alger avec l’Iran en 1975 en consacrant l’abandon des Kurdes lui fournit l’occasion de <em>«pacifier»</em> la région du nord par une politique d’arabisation forcée, de déportation, et de réinstallation des populations.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Contrôle total sur la population et culte de la personnalité</h2>



<p>Il est vrai que l’époque est à la prospérité et la population irakienne jouit d’une élévation considérable de son niveau de vie dont le Baath tire profit pour assurer son contrôle total sur la population. Mais à partir de 1977, un nouvel adversaire apparaît, le clergé chiite. Les forces de sécurité n’hésitent pas à tirer sur la foule des pèlerins&nbsp;dans les lieux saints. La capture opportune sur les lieux d’un soldat syrien permet au régime d’étoffer sa thèse du complot extérieur mais Saddam est obligé de donner des gages aux religieux au détriment de la politique officiellement laïque jusque-là pratiquée.</p>



<p>Il est vrai que la Révolution Islamique d’Iran survenue en 1979, année à laquelle Saddam accède à la présidence,&nbsp;en fait désormais l’un de ses principaux ennemis. Il enfile alors les bottes du conquérant arabe musulman face au perse païen et du défenseur des régimes du Golfe. Il envahit l’Iran en 1981 avec l’appui des Occidentaux et des régimes arabes conservateurs qui financent son armée, et ses opérations militaires. La guerre lui permet d’instaurer un véritable culte de la personnalité et d’exercer un contrôle absolu sur l’armée en nommant des personnes de sa famille et de son clan aux postes les plus sensibles.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="x7IzFJ2Fhx"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/19/la-guerre-iran-irak-une-guerre-par-procuration/">‘‘La guerre Iran-Irak’’: une guerre par procuration ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘La guerre Iran-Irak’’: une guerre par procuration ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/19/la-guerre-iran-irak-une-guerre-par-procuration/embed/#?secret=cK8Vj6Jdrr#?secret=x7IzFJ2Fhx" data-secret="x7IzFJ2Fhx" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>A partir de 1983, le front se stabilise grosso modo de part et d’autre de la frontière. C’est le statu quo que plusieurs offensives iraniennes meurtrières ne parviennent pas à modifier. La guerre se termine en 1989 avec l’acceptation par l’Iran des résolutions des Nations unies, et l’usage d’armes chimiques par l’armée&nbsp;irakienne devenue coutumière du fait contre les populations kurdes provoque le célèbre massacre de Halabja.</p>



<p>L’Irak a la fin de la guerre est un pays surarmé par l’Occident qui lui a même livré des usines de fabrication de gaz de combat, et ruiné, qui doit rembourser ses créanciers arabes, alors que les prix du pétrole baissent. Saddam croit alors obtenir le feu vert des Américains pour envahir le Koweït. Il juge que c’est le seul moyen pour lui de sauver ce qui lui paraît essentiel, son propre pouvoir. Le pays est alors détruit par la campagne militaire américaine sous couverture internationale Tempête du Désert, puis soumis à un sévère embargo qui fait plus de victimes que la guerre. Le Kurdistan irakien jouit d’une sécession de fait.</p>



<p>Le régime de Saddam est liquidé en 2003 avec l’occupation du pays&nbsp; par les troupes américaines opérant pour le compte d’Israël. Lui-même est pris, jugé et exécuté, pour des crimes dont on ne peut pas l’exonérer, et sa mort courageuse ne doit pas occulter sa responsabilité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un pays contrôlé par les Américains</h2>



<p>En effet, le rêve unitaire arabe prôné par le Baath ne fut pour lui qu’un moyen de réaliser ses propres ambitions et il ne chercha jamais à masquer ses mesures expéditives, dont la plus spectaculaire reste sans aucun doute cette trentaine de personnes cueillies par la sécurité d’Etat&nbsp; à l’appel de leurs noms dans la salle du Congrès du Parti, sans avoir la possibilité de se justifier et emmenées sans autre considération vers des destinations inconnues.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="kawZj8fcMv"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/01/22/georges-w-bush-mensonges-guerres-et-paix/">Georges W. Bush : mensonges, guerres et paix</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Georges W. Bush : mensonges, guerres et paix » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/01/22/georges-w-bush-mensonges-guerres-et-paix/embed/#?secret=Y9TYV6UBHv#?secret=kawZj8fcMv" data-secret="kawZj8fcMv" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>On peut certes l’accréditer des nombreuses réalisations économiques et sociales du pays. Mais il ne s’agissait là que d’un vernis. La société irakienne&nbsp;qui pouvait se targuer de posséder la classe la plus cultivée du Moyen-Orient dans les années 50, ne s’est pas sous le Baath laïc modernisée en profondeur, et la meilleure preuve en est l’irruption de Daech de ses entrailles quelques années après.</p>



<p>D’autre part, les succès attribués au régime exclusivement issus de la rente pétrolière n’ont pas assuré la transition vers une société sans pétrole. La réforme agraire n’a pas assuré au pays l’autosuffisance alimentaire que ses ressources en eau eussent dû lui assurer. Au contraire, les huit années de guerre contre l’Iran ont assuré à la Turquie voisine l’opportunité pour réaliser le gigantesque projet Atatürk de barrages de retenue sur les cours de l’Euphrate et du Tigre. Quant à l’industrialisation militaire dont elle avait acquis le savoir-faire avec la guerre contre l’Iran, l’occupation américaine l’en a privée.</p>



<p>Aujourd’hui l’Irak est toujours un pays contrôlé par les Américains mais pas suffisamment pour empêcher les milices pro-iraniennes de tirer des salves de missiles et de drones. Et son avenir paraît plus dans un modèle de cohabitation de communautés disparates à la libanaise que dans l’émergence véritable d’une nation. Pour tout dire, son avenir paraît&nbsp;toujours aussi compromis, même à l’issue de la fin (officielle) de l’occupation américaine.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique. </em></p>



<p><strong><em>‘‘Iraq Since 1958: From Revolution to Dictatorship’’, de Marion Farouk-Sluglett et&nbsp;Peter Sluglett, éd. I. B. Tauris, 25 août 2001, 416 pages.</em></strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/24/iraq-from-revolution-to-dictatorship-massacres-coups-detat-et-ambitions-le-reve-unitaire-fracasse/">‘‘Iraq from revolution to dictatorship’’ : massacres, coups d’Etat et ambitions. Le rêve unitaire fracassé</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Au Sommet de la francophonie, Kaïs Saïed se barricade dans son arabisme</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/19/au-sommet-de-la-francophonie-kais-saied-se-barricade-dans-son-arabisme/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Nov 2022 11:54:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Djerba]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[langue arabe]]></category>
		<category><![CDATA[langue française]]></category>
		<category><![CDATA[nationalisme arabe]]></category>
		<category><![CDATA[Sommet de la Francophonie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Kaïs Saïed a-t-il mis le pied dans le plat en lançant aux participants au Sommet de la Francophonie que la langue arabe est sa patrie.   </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/19/au-sommet-de-la-francophonie-kais-saied-se-barricade-dans-son-arabisme/">Au Sommet de la francophonie, Kaïs Saïed se barricade dans son arabisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans son discours d’ouverture du 18e Sommet de la Francophonie, aujourd&rsquo;hui, samedi 19 novembre 2022, à Djerba, le président de la république, Kaïs Saïed, a déclaré: «Nous n’avons aucun problème avec les langues étrangères», ajoutant&nbsp;: «Ibn Khaldoun, Al-Jahiz et de nombreux érudits et philosophes arabes ont parlé de l’importance de l&rsquo;ouverture aux autres langues.»</em></strong></p>



<span id="more-5051351"></span>



<p>Le chef de l’Etat semblait répondre ainsi aux nationalistes arabes, membres de sa famille politique, dont beaucoup affichent une hostilité épidermique à la langue française et à la France, et n’ont pas apprécié la tenue du Sommet de la Francophonie en Tunisie.</p>



<p>Est-ce pour montrer qu’il n’est pas le professeur de droit froid et revêche qu’on peint souvent que le président tunisien a tenu à montrer qu’il s’y connaît aussi en linguistique qui, selon lui, <em>«appelle à étudier les langues dans leur évolution à travers le temps et les changements qu’elles subissent du fait de l’influence des changements sociaux et des contacts avec les autres langues»</em> ?</p>



<p>M. Saïed, dont les choix littéraires sont plutôt classiques, a indiqué que dans son dictionnaire français préféré <em>Le Littré</em> en l’occurrence, il n’y a pas de terme <em>«francophone»</em>, soulignant que ce terme n’est apparu qu’à la fin du XIXe siècle, une ère bien révolue après l’émancipation des peuples et l’incarnation des principes de liberté et de justice pour l’ensemble de l’humanité. <em>«Nous n’avons aucun complexe envers les langues étrangères. Ibn Khaldoun, Al Jahiz et autres penseurs et sociologues arabes ont parlé des langues et des apports des unes aux autres. avec la revendication de la libération des peuples»</em>, a-t-il dit.</p>



<p><em>«Albert Camus disait que la langue française est sa patrie. Et je dis, à l’occasion du soixantième anniversaire de la fondation de l’Organisation internationale de la Francophonie, que la langue arabe est ma patrie»</em>, a lancé le président Saïed, comme pour lever tout équivoque sur l&rsquo;attachement des Tunisiens à leur identité arabe, au risque de faire grincer quelques dents parmi les présents, qui pourraient prendre cette profession de foi du président tunisien comme un <em>«pied dans le plat»</em>. Le moment et le contexte étaient-ils vraiment bien choisis ? Qu&rsquo;on nous permette d&rsquo;en douter&#8230;  </p>



<p>Comme quoi, chassez le nationaliste arabe, il revient au galop. </p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="b91kzggYNO"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/19/sommet-de-la-francophonie-mohamed-trabelsi-parle-de-succes-diplomatique-pour-la-tunisie/">Sommet de la Francophonie : Mohamed Trabelsi parle de «succès diplomatique pour la Tunisie»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Sommet de la Francophonie : Mohamed Trabelsi parle de «succès diplomatique pour la Tunisie» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/19/sommet-de-la-francophonie-mohamed-trabelsi-parle-de-succes-diplomatique-pour-la-tunisie/embed/#?secret=m0omNZenJu#?secret=b91kzggYNO" data-secret="b91kzggYNO" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="bxvY0Lsh1M"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/19/kais-saied-la-volonte-de-la-tunisie-a-prevalu-en-abritant-le-sommet-de-la-francophonie/">Kaïs Saïed: «La volonté de la Tunisie a prévalu en abritant le Sommet de la Francophonie»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Kaïs Saïed: «La volonté de la Tunisie a prévalu en abritant le Sommet de la Francophonie» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/19/kais-saied-la-volonte-de-la-tunisie-a-prevalu-en-abritant-le-sommet-de-la-francophonie/embed/#?secret=ObX8SnszLK#?secret=bxvY0Lsh1M" data-secret="bxvY0Lsh1M" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/19/au-sommet-de-la-francophonie-kais-saied-se-barricade-dans-son-arabisme/">Au Sommet de la francophonie, Kaïs Saïed se barricade dans son arabisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Sommet de Djerba : Quel avenir pour la francophonie en Tunisie ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/19/sommet-de-djerba-quel-avenir-pour-la-francophonie-en-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Nov 2022 06:37:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Djerba]]></category>
		<category><![CDATA[Elyes Kasri]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[francophonie]]></category>
		<category><![CDATA[islamisme]]></category>
		<category><![CDATA[langue française]]></category>
		<category><![CDATA[nationalisme arabe]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour les Tunisiens, le 18e sommet de la francophonie qui s'ouvre aujourd'hui sera au mieux une opportunité touristique de remplissage d’hôtels à Djerba.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/19/sommet-de-djerba-quel-avenir-pour-la-francophonie-en-tunisie/">Sommet de Djerba : Quel avenir pour la francophonie en Tunisie ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Après une présidence insipide et sans valeur ajoutée de la Ligue arabe et une Ticad qui n’a pas permis à la Tunisie de valoriser et de rentabiliser son positionnement africain, le Sommet de la francophonie semble être un symptôme supplémentaire d’une Tunisie sans cap ni ancrage international et d’une diplomatie dans un état de mort clinique selon de nombreux observateurs tunisiens et étrangers.</em></strong> <em>(Kaïs Saïed se paye un bain de foule, à son arrivée à Djerba, vendredi 18 novembre 2022, pour le Sommet de la Francophonie).</em></p>



<p>Par <strong>Elyes Kasri</strong> *</p>



<span id="more-5047267"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Elyes-Kasri.jpg" alt="" class="wp-image-352204"/></figure></div>


<p>Pour la majorité du peuple tunisien, le 18e sommet de la francophonie qui s’ouvre ce samedi 19 novembre a tout l’air d’un non-événement ou au mieux d’une opportunité touristique de remplissage d’hôtels à Djerba.</p>



<p>Cela est peut-être dû en partie à la proximité de la Coupe du monde de football, qui s’ouvrira mardi 22 novembre au Qatar, mais surtout à la régression de la langue française en Tunisie en tant que moyen d’expression du vécu quotidien des citoyens.</p>



<p>Depuis 2011, la langue française a connu un repli considérable en Tunisie en passant de la deuxième langue au statut de langue étrangère réservée à une élite perçue par certains comme une cinquième colonne.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Régression de la langue française</h2>



<p>Cette dégradation de la perception et du statut de la langue française en Tunisie est en grande partie due a la prédominance des courants de pensée islamiste et nationaliste arabe qui ont fait de la langue française un symbole d’aliénation culturelle et même d’inféodation à l’ancien occupant colonial contre lequel certains avaient même tenté de mener une campagne pour demander des réparations pour <em>«pillage colonial»</em> et <em>«crimes contre l’humanité»</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="BO2swEtAj6"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/16/la-diplomatie-tunisienne-a-lepreuve-du-sommet-de-la-francophonie/">La diplomatie tunisienne à l’épreuve du Sommet de la Francophonie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La diplomatie tunisienne à l’épreuve du Sommet de la Francophonie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/16/la-diplomatie-tunisienne-a-lepreuve-du-sommet-de-la-francophonie/embed/#?secret=GIUbUA9g8h#?secret=BO2swEtAj6" data-secret="BO2swEtAj6" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Le sommet de la francophonie fait malheureusement partie d’une série d’initiatives diplomatiques tunisiennes apparemment dépourvues de réflexion et d’analyse de l’aptitude et de la capacité de la Tunisie de saisir cette opportunité pour améliorer son image et porter son message sur la scène internationale.</p>



<p>Ceux qui pensaient qu’abriter une manifestation internationale se résume à son volet logistique ont compromis la Tunisie avec les pays arabes (présidence insipide et interminable de la Ligue des Etats arabes) de même qu’avec le Japon et les pays africains avec la 8<sup>e</sup> Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l&rsquo;Afrique (Ticad8) tenu récemment à Tunis et qui s’est avéré une opportunité stérile économiquement et préjudiciable diplomatiquement à cause de l’affaire du Sahara Occidental.</p>



<p>La gêne causée par le Sommet de la francophonie est perceptible au plus haut niveau en Tunisie, probablement par crainte d’une éventuelle perception par une certaine base populaire qu’il vise de promouvoir une langue et des intérêts étrangers et de surcroît occidentaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une diplomatie sans cap ni ancrage</h2>



<p>Après une présidence insipide et sans valeur ajoutée de la Ligue arabe et une Ticad qui n’a pas permis à la Tunisie de valoriser et de rentabiliser son positionnement africain, le Sommet de la francophonie semble être un symptôme supplémentaire d’une Tunisie sans cap ni ancrage international et d’une diplomatie dans un état de mort clinique selon de nombreux observateurs tunisiens et étrangers.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="YnuV09HoO4"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/16/18e-sommet-de-la-francophonie-quel-role-et-quels-enjeux-pour-la-tunisie/">18e Sommet de la Francophonie : Quel rôle et quels enjeux pour la Tunisie ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« 18e Sommet de la Francophonie : Quel rôle et quels enjeux pour la Tunisie ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/16/18e-sommet-de-la-francophonie-quel-role-et-quels-enjeux-pour-la-tunisie/embed/#?secret=ozq0JEy4Mw#?secret=YnuV09HoO4" data-secret="YnuV09HoO4" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>S’il est vrai que la position de la France et l’usage de la langue française ont régressé en Afrique et dans le monde au cours des dernières décennies notamment au profit de l’anglais qui est devenu la lingua franca des affaires, de la science et de la technologie, il n’en reste pas moins que les relations historiques, culturelles, économiques et consulaires avec la France méritent beaucoup plus que l’approche minimaliste et du bout des lèvres, au niveau public et politique, du Sommet de la francophonie qui donne des signes annonciateurs d’un autre rendez-vous raté.</p>



<p>La question fondamentale à se poser serait de savoir si la francophonie linguistique et culturelle sera mieux ancrée en Tunisie après la tenue du sommet de Djerba et si la Tunisie sera plus présente et plus active dans l’espace francophone international à la faveur de ce sommet. Il y a fort à penser que la réponse sera au mieux très réservée.</p>



<p>* <em>Ancien ambassadeur.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/19/sommet-de-djerba-quel-avenir-pour-la-francophonie-en-tunisie/">Sommet de Djerba : Quel avenir pour la francophonie en Tunisie ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie : évitons le débat toxique sur l’identité !</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/30/tunisie-evitons-le-debat-toxique-et-sterile-sur-lidentite/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jun 2022 07:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Frères musulmans]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[nationalisme arabe]]></category>
		<category><![CDATA[Nebil Maghraoui]]></category>
		<category><![CDATA[nouvelle constitution]]></category>
		<category><![CDATA[oumma arabia]]></category>
		<category><![CDATA[oumma islamia]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Espérons que le projet de nouvelle constitution ne plongera pas la Tunisie à nouveau dans les polémiques toxiques, stériles et sans fin sur l’identité.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/30/tunisie-evitons-le-debat-toxique-et-sterile-sur-lidentite/">Tunisie : évitons le débat toxique sur l’identité !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Nous connaîtrons aujourd’hui, jeudi 30 juin 2022, le projet de la nouvelle constitution proposé par le président de la république Kaïs Saïed, qui fera l’objet d’un référendum, le 25 juillet prochain. Espérons que le nouveau texte ne nous plongera pas à nouveau dans les polémiques toxiques, stériles et sans fin sur l’identité d’un peuple qui a intérêt à chasser les démons du passé et à regarder vers l’avenir.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Nebil Maghraoui </strong>* &nbsp;</p>



<span id="more-1865933"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/06/Nebil-Maghraoui.jpg" alt="" class="wp-image-305557"/></figure></div>


<p>Le terme <em>«nationalité»</em> vient étymologiquement, il est vrai, de <em>«nation» </em>et la nation est l&rsquo;ensemble des êtres humains de même origine, ayant la même histoire, la même culture, la même langue, les mêmes traditions et vivant sur le même territoire constituant ainsi une entité politique distincte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La «oumma», un terme qui prête à confusion&nbsp;</h2>



<p>Nation en arabe se traduit<em> «oumma»</em> (الأمة) et est associée et assimilée sur le plan conceptuel à la <em>«oumma arabia»</em> ou nation arabe et envoie à une tendance idéologique et politique, le nationalisme arabe ou panarabisme. Le terme renvoie aussi à la <em>«oumma islamia»</em> (الأمة الإسلامية), la communauté des croyants à laquelle croient les panislamistes comme les Frères Musulmans et leurs excroissances) et le terme <em>«oumma»</em> peut être ainsi confondu et est souvent confondu dans l&rsquo;esprit et dans l&rsquo;imaginaire de certains peuples de langue arabe et/ou de religion islamique, comme les Tunisiens.</p>



<p>Voilà pourquoi l&rsquo;insertion sournoise et cynique du terme الأمة الإسلامية peut prêter à équivoque et alimenter de regrettables ambiguïtés. Par conséquent, le terme peut être utilisé sciemment par des esprits pernicieux qui aiment surfer sur ces ambiguïtés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tunisiens d&rsquo;abord et avant tout!</h2>



<p>En Tunisie, nous sommes, à l’origine, un peuple africain de souche berbère enrichi par l&rsquo;apport génétique et culturel de plusieurs autres peuples dont les Arabes venus conquérir notre territoire, nous dominer et nous convertir à l’islam.</p>



<p>La Tunisie, qui a subi plusieurs conquêtes et vagues de peuplement est par vocation historique et civilisationnelle un pays multiculturel et multiconfessionnel (même si certaines croyances y sont minoritaires) et la démocratie exige le respect du droit des minorités. Voilà pourquoi la vigilance s&rsquo;impose pour éviter le contentieux idéologique souvent suscité par les islamistes qui sont toujours à l&rsquo;affût et qui, à chaque occasion politique majeur, cherchent à imposer leurs vues étriquées, dogmatiques et exclusives.</p>



<h2 class="wp-block-heading">En attendant une Tunisie laïque</h2>



<p>La Tunisie est, depuis la proclamation de la république en 1957, un pays à caractère civil, en attendant que l&rsquo;ensemble des partisans d&rsquo;<em>«echaab yourid»</em> ou <em>«volonté </em><em>populaire»</em> (slogan cher au président de la république Kaïs Saïed) comprenne que la laïcité n&rsquo;est ni mécréance ni apostasie, mais une convention qui facilite la vie en commun puisqu’elle repose sur deux principes : l&rsquo;obligation de l&rsquo;État de ne pas intervenir dans les convictions de chacun et l&rsquo;égalité de tous devant la loi, quelle que soit leur religion.</p>



<p>Si je suis favorable à l’instauration de la laïcité en Tunisie c’est parce que je voudrais que mon pays géographiquement africain et méditerranéen et historiquement phénicien, punique, romain, byzantin, arabe, andalou, ottoman, espagnol, français&#8230; soit un Etat civil, moderne, progressiste, social où règnent l&rsquo;ordre républicain et l&rsquo;égalité entre citoyens quels que soient leurs genre, couleur, race ou religion. Je veux une Tunisie du respect, de la tolérance, de la fraternité et de la paix perpétuelle.</p>



<p>* <em>Chef d’entreprise.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis&nbsp;:</em></h4>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="fR33C1oYPC"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/09/15/crime-contre-le-patrimoine-a-sidi-bou-said-un-village-pourtant-protege/">Crime contre le patrimoine à Sidi Bou Saïd, un village pourtant «protégé»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Crime contre le patrimoine à Sidi Bou Saïd, un village pourtant «protégé» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/09/15/crime-contre-le-patrimoine-a-sidi-bou-said-un-village-pourtant-protege/embed/#?secret=ngWCFEPKWJ#?secret=fR33C1oYPC" data-secret="fR33C1oYPC" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="y5aEXTwWAJ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/07/16/remercions-bourguiba-pour-le-capital-sympathie-dont-jouit-la-tunisie/">Remercions Bourguiba pour le capital sympathie dont jouit la Tunisie !</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Remercions Bourguiba pour le capital sympathie dont jouit la Tunisie ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/07/16/remercions-bourguiba-pour-le-capital-sympathie-dont-jouit-la-tunisie/embed/#?secret=YpnaIgqQpJ#?secret=y5aEXTwWAJ" data-secret="y5aEXTwWAJ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="BI9HyQJGIT"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/06/28/elyes-fakhfakh-doit-savoir-etre-digne/">Elyes Fakhfakh doit savoir être digne</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Elyes Fakhfakh doit savoir être digne » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/06/28/elyes-fakhfakh-doit-savoir-etre-digne/embed/#?secret=xKSm0YF0j7#?secret=BI9HyQJGIT" data-secret="BI9HyQJGIT" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/30/tunisie-evitons-le-debat-toxique-et-sterile-sur-lidentite/">Tunisie : évitons le débat toxique sur l’identité !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Non à la substitution du français par l&#8217;anglais en Tunisie !</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/09/12/non-a-la-substitution-du-francais-par-langlais-en-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Sep 2021 07:22:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Amina Ben Doua]]></category>
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		<category><![CDATA[francophonie]]></category>
		<category><![CDATA[islamisme]]></category>
		<category><![CDATA[nationalisme arabe]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;auteur, surnommé Pierrot le Fou sur Facebook -personnage du film de Jean-Luc Godard interprété par feu Jean-Paul Belmondo- a dû interrompre son deuil suite au décès de son acteur préféré et monter au créneau pour défendre la langue française dont l&#8217;animatrice de Mosaïque FM a appelé à la substitution par l&#8217;anglais en tant que deuxième...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/09/12/non-a-la-substitution-du-francais-par-langlais-en-tunisie/">Non à la substitution du français par l&rsquo;anglais en Tunisie !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/01/I-dont-speak-french.jpg" alt="" class="wp-image-195134"/><figcaption><em>Extrémisme et haine de la langue française sont souvent synonyme en Tunisie. </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>L&rsquo;auteur, surnommé Pierrot le Fou sur Facebook -personnage du film de Jean-Luc Godard interprété par feu Jean-Paul Belmondo- a dû interrompre son deuil suite au décès de son acteur préféré et monter au créneau pour défendre la langue française dont l&rsquo;animatrice de Mosaïque FM a appelé à la substitution par l&rsquo;anglais en tant que deuxième langue officielle de la Tunisie.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Mohamed Sadok Lejri </strong>*</p>



<span id="more-362501"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/08/Mohamed-Sadok-Lejri-1.jpg" alt="" class="wp-image-358589"/></figure></div>



<p>«𝐼𝑙 𝑠𝑒𝑟𝑎𝑖𝑡 𝑝𝑒𝑢𝑡-<em>ê</em>𝑡𝑟𝑒 𝑡𝑒𝑚𝑝𝑠 𝑑𝑒 𝑠𝑢𝑏𝑠𝑡𝑖𝑡𝑢𝑒𝑟 𝑙’𝑎𝑛𝑔𝑙𝑎𝑖𝑠 𝑎𝑢 français 𝑒𝑡 𝑑𝑒 𝑓𝑎𝑖𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑙’𝑎𝑛𝑔𝑙𝑎𝑖𝑠 𝑙𝑎 <em>deuxiè</em>𝑚𝑒 𝑙𝑎𝑛𝑔𝑢𝑒 𝑑𝑒𝑠 𝑇𝑢𝑛𝑖𝑠𝑖𝑒𝑛𝑠» vient de déclarer l’animatrice Amina Ben Doua sur les ondes de Mosaïque fm.</p>



<p>D’abord, il faut comprendre que ce sont surtout les arabophones conservateurs qui prônent la substitution de l&rsquo;anglais au français pour venir à bout de la francophonie en Tunisie. Ces arabophones conservateurs sont phobiques à la langue française.</p>



<p>En effet, ils ont parfaitement compris que c’est en s’imbibant de la sensibilité et des valeurs françaises que Bourguiba et ses compagnons francophones ont pu amarrer la Tunisie au bon wagon, contrairement aux autres pays arabes. Si l’on parle aujourd’hui d’<em>«exception tunisienne»</em>, c’est en grande partie grâce à la langue française.</p>



<p>D&rsquo;autres, comme vous madame Ben Doua, c’est-à-dire moins conservateurs, veulent substituer l&rsquo;anglais au français dans nos établissements scolaires et universitaires au nom d&rsquo;un soi-disant pragmatisme. Vous devez comprendre la chose suivante : étant donné que nous avons été colonisés par la France, nous nous sommes imprégnés de ce pays, de sa langue, de sa culture et de son histoire. Le français est porteur de valeurs et d’une vision du monde que nous avons assimilé. Cela ne sera pas possible avec l&rsquo;anglais.</p>



<p>En outre, le recul du français a fait le lit de l’islamisme en Tunisie et dans tous les pays du Maghreb, alors que le français nous a permis d’accéder à l’<em>«universalisme occidental»</em>.</p>



<p>Alors, je conseille ceux qui veulent substituer l’anglais au français, ces pseudo-réalistes <em>«anglophones»</em> qui se veulent en phase avec leur temps, de cesser de dénigrer la langue de Molière. Et qu’ils ne se sentent pas obligés de la vendre à un vil prix en alléguant comme prétexte l’hégémonie de la langue anglaise et l’américanisation planétaire.</p>



<p>Les arguments (fallacieux) avancés par ceux qui veulent substituer l&rsquo;anglais au français sont toujours les mêmes :</p>



<p>&#8211; le français restreint les perspectives économiques de la Tunisie, limite la liberté du choix de ses partenaires commerciaux et l&#8217;empêche de parvenir aux meilleures conditions possibles de vente de ses productions et d&rsquo;achat de ses importations;</p>



<p>&#8211; l&rsquo;anglais est désormais la langue des sciences, alors que le français est devenu caduc et <em>«has been»;</em></p>



<p>&#8211; le français perpétue la colonisation culturelle et permet à la France de maintenir ses anciennes colonies sous sa domination;</p>



<p>&#8211; les anciennes colonies britanniques s&rsquo;en sortent beaucoup mieux économiquement que celles qui appartenaient à l&#8217;empire colonial français. Il est aussi de bon de citer le Rwanda de Paul Kagame. C&rsquo;est très à la mode, depuis quelque temps, en Tunisie;</p>



<p>&#8211; et la liste des arguments bidons est encore longue…</p>



<p>Si l’économie tient encore un peu, c’est grâce à la France. Le nombrilisme des Tunisiens les amène à penser que si l’on rompait nos relations économiques avec la France, toutes les puissances économiques de ce monde se bousculeraient au portillon de la Tunisie.</p>



<p>Les Tunisiens n’ont toujours pas compris que leur pays ne produit rien, c’est un pays sous-développé qui n’intéresse personne à part la France pour des raisons stratégiques, historiques et culturelles.</p>



<p>Si la France tourne définitivement le dos à la Tunisie, elle tombera dans l’escarcelle des Américains, des Chinois et des Turcs qui la saigneront comme jamais. Les rivaux de la France ne sont pas des enfants de chœur, loin s’en faut, et n’ont cure des droits de l’Homme et des libertés. Ils feront de nous leurs esclaves.</p>



<p>A bon entendeur, salut !</p>



<p>* <em>Universitaire.</em></p>



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			</item>
		<item>
		<title>Peut-on réhabiliter Ben Youssef sans vouer Bourguiba aux gémonies ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 May 2021 09:48:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Moncef Chebbi]]></category>
		<category><![CDATA[nationalisme arabe]]></category>
		<category><![CDATA[Néo-Destour]]></category>
		<category><![CDATA[Salah Ben Youssef]]></category>
		<category><![CDATA[Salah El-Gharbi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En écrivant une biographie de Salah Ben Youssef , Moncef Chebbi semble chercher à s’acquitter d’un devoir de reconnaissance à l’égard de ce grand leader politique qui avait marqué sa jeunesse, avant de tourner, définitivement, une page de l’histoire, passer à autre chose, et, pourquoi pas, écrire un livre plus personnel narrant sa riche expérience...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Salah-Ben-Youssef-Moncef-Chebbi.jpg" alt="" class="wp-image-347544"/><figcaption><em>Moncef Chebbi.</em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>En écrivant une biographie de Salah Ben Youssef , Moncef Chebbi semble chercher à s’acquitter d’un devoir de reconnaissance à l’égard de ce grand leader politique qui avait marqué sa jeunesse, avant de tourner, définitivement, une page de l’histoire, passer à autre chose, et, pourquoi pas, écrire un livre plus personnel narrant sa riche expérience de militant au sein de la gauche tunisienne au cours des cinquante dernières années.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Salah El-Gharbi</strong> *</p>



<span id="more-347543"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/06/Salah-El-Gharbi.jpg" alt="" class="wp-image-301778"/></figure></div>



<p>Aux lendemains du départ de Ben Ali, la parole politique, dans sa diversité, s’affranchit de l’autorité despotique du régime. Ce fut l’occasion pour que le public découvre, à travers les médias fraîchement convertis au pluralisme, cette nouvelle parole véhémente, portée par des voix anonymes, exprimant leurs frustrations et leurs désolations.</p>



<p>Parmi ces voix, je me rappelle de celle d’un <em>«youssefiste»,</em> partisan de l’ancien leader nationaliste Salah Ben Youssef, assassiné en Allemagne, en 1961, venu faire le procès de Bourguiba et témoigner contre les<em> «injustices»</em> commises par l’ancien régime à l’égard des youssefistes et de leur leader. Ce soir-là, en écoutant cet homme parler avec une telle hargne et une telle rage qui crevait l’écran, j’étais très ému, mais aussi stupéfait et un peu terrifié. Comment est-il possible qu’en 2011, et après six décennies, les passions autour de cette <em>«affaire»</em> soient encore aussi vives, comme si le temps s’était arrêté à ce moment-là de l’histoire du pays?, me demandai-je.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un leader attaché à «l’unité arabe» et à «l’identité arabo-musulmane»</h3>



<p>La réponse à cette question, c’est Moncef Chebbi, un universitaire, historien, mais aussi poète à ses heures perdues, qui vient d’y répondre en publiant une biographie consacrée à Salah Ben Youssef. Dans cet ouvrage, paru dans les deux langues, l’ambition de l’auteur de <em>‘‘Salah Ben Youssef, une vie, un combat’’</em> (éditions Arabesques) serait de réhabiliter la mémoire de ce grand destourien militant de la lutte nationale contre la colonisation française, un leader tombé en disgrâce, ignoré et souvent dénigré, par l’histoire officielle du régime bourguibien. Ainsi, on y trouve, esquissé, le portrait de l’homme et le récit de son parcours de militant patriote, connu pour son <em>«abnégation, sa détermination dans son combat contre l’occupation française»,</em> mais aussi pour son attachement indéfectible à la cause de <em>«l’unité arabe»</em> et à <em>«l’identité arabo-musulmane</em>».</p>



<p>Dans ce livre, l’élément le plus saillant est le recours au contraste comme procédé rhétorique structurant le récit biographique. En effet, tout le récit-démonstration de l’auteur repose sur l’opposition entre les deux figures les plus emblématiques de notre histoire contemporaine, celles de deux grandes personnalités qui incarnent deux types d’approches de la lutte contre l’occupation étrangère. Il s’agit de Ben Youssef et de Bourguiba.</p>



<p>Selon M. Chebbi, tout oppose ces deux hommes. Alors que Bourguiba serait un peu<em> «frileux»</em> (1), trop <em>«proche de la France et de l’Occident»</em>, Ben Youssef est présenté comme un combattant farouche et intraitable, sourd à toute idée de compromis avec l’ennemi, animé par un projet pour le pays qui s’inspire des thèses proches de la mouvance <em>«unioniste arabe»</em>, un homme qui aurait été mal récompensé pour le travail accompli et pour les sacrifices consentis et qui finit par être marginalisé politiquement avant d’être éliminé physiquement.</p>



<p>Si ce livre est important, ce n’est pas seulement parce qu’il nous aide à découvrir ou à redécouvrir un homme politique tunisien de l’importance de Ben Youssef, mais c’est aussi et surtout, parce qu’il ouvre une page assez sombre et assez douloureuse de notre histoire. Car, loin d’être un banal malentendu entre deux rivaux politiques dans la course pour le pouvoir, le conflit entre les deux leaders destouriens a traumatisé les consciences des militants des deux bords, mais aussi troublé une population déjà éprouvée par un contexte historique marqué par l’instabilité. Ce qui, à l’origine, n’était qu’une querelle d’égos, doublée d’une divergence sur la stratégie à adopter face à l’occupant, la France en l’occurrence, va avoir de graves répercussions sur le devenir même de la nation.</p>



<p>En effet, il serait hasardeux d’évoquer notre histoire contemporaine, post indépendance, de saisir la portée de certains événements historiques comme la <em>«Bataille de Bizerte»</em>, (provoquée par Bourguiba pour contrecarrer la fronde youssefiste), le coup d’État manqué de soixante-deux, les événements de Gafsa de 1980…, sans que l’on y trouve un quelconque lien qui nous ramène, d’une manière ou d’une autre, à cette guerre ouverte qui va être déclenchée à partir de 1954 entre Bourguiba et Ben Youssef.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La Tunisie indépendante est mal partie</h3>



<p>Ainsi, et depuis cette date, et malgré le départ des Français et l’exil volontaire de Ben Youssef, le régime bourguibien, toujours sous la menace de la sédition, ne connaîtra jamais de répit. Pris de panique, il se raidit, se referme sur lui-même et devient paranoïaque et cynique. Ainsi, crise après crise, sa légitimité historique va être éreintée, sa crédibilité faiblir, jour après jour, jusqu’à la prise du pouvoir par Ben Ali, en 1987, un événement qui traduit, déjà, le délabrement du pouvoir destourien et qui annonce sa décrépitude…</p>



<p>En somme, on pourrait dire, en paraphrasant René Dumont (2), qu’en 1956, la Tunisie indépendante est mal partie. Car la république est née dans la méfiance, dans la haine et dans le sang. Depuis, le dépit des «perdants» n’a jamais tari. Il a été refoulé mais jamais sublimé. Leur frustration aussi illégitime soit-elle ne semble pas, même aujourd’hui, avoir perdu de son intensité.</p>



<p>Dans ce livre, l’auteur, nationaliste arabe lui-même, tout en apportant un nouvel éclairage sur cette page sombre de notre histoire, destiné essentiellement à ces générations qui ont vécu, bercées par le récit de l’épopée bourguibienne, celui des exploits du <em>«combattant suprême»</em>, du libérateur du pays des griffes de la colonisation française, il remue le couteau dans la plaie, et relance incidemment.</p>



<p>Il est incontestable que les deux grands leaders politiques du Néo-Destour, s’ils partageaient le même vœu, celui de voir leur pays se débarrasser de la présence coloniale, avaient deux approches différentes concernant la méthode d’action à adopter : la politique des étapes pour Bourguiba, la politique de<em> «tout et maintenant»</em> pour Ben Youssef… Si pour le premier, la France n’était qu’un adversaire à combattre, pour le second, elle était un ennemi. Alors que l’un était favorable à un divorce à l’amiable avec la France, le second était pour la répudiation radicale.</p>



<p>Selon l’auteur, à l’origine de cette divergence de stratégies, il y aurait des facteurs multiples : l’origine sociale, régionale, la sensibilité, les influences intellectuelles et idéologiques (Bourguiba plus proche de l’Occident alors que Ben Youssef était obnubilé par l’Orient, à la recherche d’un supposé <em>«passé glorieux» </em>avec lequel il fallait renouer…)</p>



<p>Toutefois, aussi fourni soit-il, le travail de Moncef Chebbi pèche par omission et nous laisse sur notre faim en arrêtant le récit au moment où Ben Youssef quitte incognito le pays. Ainsi, l’historien ne dit rien sur les activités de ce militant entre 1955 et 1961, date de son assassinat, ni sur l’initiative prise par Bourguiba en vue de trouver un compromis avec son rival politique (le rendez-vous de Genève qui n’a pas abouti puisque Ben Youssef choisit la politique de la chaise vide plutôt que d’affronter son adversaire).</p>



<h3 class="wp-block-heading">La réhabilitation de Ben Youssef n’est pas incompatible avec la reconnaissance de l’œuvre de Bourguiba</h3>



<p>Par ailleurs, le portrait que fait M. Chebbi de Bourguiba me semble injuste. En fait, même si les deux leaders étaient les enfants de leur époque, prisonniers d’une certaine culture séculaire, celle de l’intolérance, Bourguiba était, malgré ses égarements, en avance sur son temps. Contrairement à Ben Youssef, un conservateur à la limite du dogmatisme, il a été toujours à l’avant-garde, toujours dans la transgression. Et ce n’est pas seulement, comme le mentionne l’auteur, parce qu’il ne jeûnait pas pendant le mois de ramadan et le faisait savoir. À titre d’exemples, après 56, il fallait beaucoup de courage pour mener la guerre contre le conservatisme ambiant et imposer le Code du statut personnel, adopter à Jéricho un discours basé sur la raison en s’adressant à une population palestinienne bercée par les discours creux et les promesses fumeuses des supposés <em>«nationalistes arabes»</em>…</p>



<p>À qui l’Histoire donnerait raison ? Pas facile de répondre, ou presque, à cette question. Car, il suffit de voir, aujourd’hui, le sort des pays qui ont fait le choix de la <em>«répudiation politique»</em>, ceux qui ont été dans la surenchère idéologique et qui ont rompu avec<em> «l’ennemi»</em> d’hier pour se rendre compte que le chemin emprunté par Bourguiba était le plus difficile à faire admettre par une population hystérisée par un discours radical dont on saisit aujourd’hui les limites, n’était pas le pire.</p>



<p>D’ailleurs, le 7 octobre 1955, dans son <em>«discours à la mosquée Zitouna»</em>, et pour galvaniser les foules contre les conventions en cours de finalisation entre les responsables tunisiens et français, Ben Youssef s’en prend à l’enseignement du français comme deuxième langue, laquelle représenterait, selon lui, l’athéisme et la laïcité qui seraient sources de menace de notre <em>«identité arabo-musulmane»</em>. Soixante ans plus tard, ces propos continuent à nourrir les discours démagogiques d’une bonne partie des nouvelles élites politiques du pays, lesquelles oublient souvent que le choix de ne pas couper les ponts avec la France, d’adopter le français comme deuxième langue obligatoire ont apporté leurs fruits en hissant notre enseignement à un niveau appréciable par rapport à certains pays arabes. Ces <em>«élites» </em>oublient aussi qu’une identité ne se décrète pas, elle est en nous, qu’elle n’est jamais figée, ni définitive, mais qu’elle évolue avec le temps et qu’elle n’est pas une donnée fixe, mais souvent aléatoire…</p>



<p>Quoi qu’on dise, notre identité est une réalité plurielle. Car ce pays, qui aurait<em> «trois mille ans de civilisation»</em>, a connu, plusieurs histoires, à travers lesquelles sa population dut adorer tant de divinités, prier dans plusieurs langues et même si l’islam est venu <em>«boucler la boucle»,</em> il n’a pas empêché que la personnalité du Tunisien de se constituer progressivement dans sa complexité et dans sa diversité.</p>



<p>En somme, cette biographie de Ben Salah dévoile pour le grand public un grand leader destourien qui, à un moment critique de notre histoire, a dû jouer un rôle important, mais elle est aussi un plaidoyer en faveur de cet homme politique qui hante encore l’imaginaire de quelques générations de jeunes <em>«arabo-unionistes».</em> Et notre auteur en fait partie, lui qui, séduit très tôt par le discours «unioniste», milite au sein de la gauche tout en fréquentant les milieux palestiniens et baathistes.</p>



<p>En écrivant ce livre qui rend hommage à Ben Youssef, Moncef Chebbi semble chercher à s’acquitter d’un devoir de reconnaissance à l’égard de ce grand leader politique qui avait marqué sa jeunesse, avant de tourner, définitivement, une page de l’histoire, passer à autre chose, et, pourquoi pas, écrire un livre plus personnel narrant sa propre expérience militante qui est assez riche.</p>



<p>* <em>Enseignant universitaire et écrivain. Son dernier ouvrage « Le Pont de la Discorde ».</em></p>



<p><strong><em>Notes :</em></strong></p>



<p><em>1- Cf. cet aspect est développé aussi par Mahmoud El Matri, un autre adversaire politique de Bourguiba, dans son livre ‘‘Itinéraire d’un militant’’, paru en 1992.<br>2- Auteur du livre ‘‘L’Afrique est mal partie’’, 1962.</em></p>



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			</item>
		<item>
		<title>L’avenir de la Tunisie au miroir du passé du monde arabe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 May 2020 07:41:35 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Frères musulmans]]></category>
		<category><![CDATA[islamisme]]></category>
		<category><![CDATA[nationalisme arabe]]></category>
		<category><![CDATA[panarabisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour comprendre le destin de la Tunisie actuelle et le sort peu reluisant qui l’attend, il faut jeter un regard rétrospectif sur l’évolution des deux principaux courants ayant modelé (et déstabilisé) le monde arabo-musulman au cours du dernier demi-siècle : le nationalisme arabe et l’islam politique. Deux projets délirants, deux échecs retentissants… Par Dr Mounir...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<p><strong><em>Pour comprendre le destin de la Tunisie actuelle et le sort peu reluisant qui l’attend, il faut jeter un regard rétrospectif sur l’évolution des deux principaux courants ayant modelé (et déstabilisé) le monde arabo-musulman au cours du dernier demi-siècle : le nationalisme arabe et l’islam politique. Deux projets délirants, deux échecs retentissants…</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-299464"></span>



<p>Le 18 mai 1965, Elie Cohen, le célèbre espion israélien infiltré dans les plus hautes sphères de l’Etat syrien, était pendu sur l’une des places publiques de Damas, à titre d’avertissement pour tous les éventuels candidats espions, et sans aucun doute, de défi. Le régime syrien de l’époque ne s’apercevrait de l’étendue des dégâts occasionnés par cette affaire, qu’après la guerre de Juin 1967, dite <em>«des six jours»</em>, et le désastre militaire qui en avait résulté, dont 53 ans après, les effets perdurent. Le Golan a été occupé et annexé, et la Cisjordanie, après avoir été ouverte à la colonisation sioniste, est en passe d’être annexée, tout comme l’a été Jérusalem, avec l’aval du président Trump. Pis, la Syrie n’est plus depuis 9 ans qu’un pays en miettes déchiré par la guerre civile et ouvert à l’intervention militaire étrangère et au terrorisme.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’échec historique du panarabisme</h3>



<p>Que les régimes arabes aient souvent été des nids d’intrigue ouverts à toutes les officines de renseignements des grandes puissances n’aurait donc en soi rien d’étonnant. Durant la première guerre mondiale les tribus du Hijaz du Cherif Hussein de la Mecque s’étaient déjà rangées sous la bannière de l’officier britannique Thomas Edward Lawrence contre l’empire ottoman, et Saint John Philby avait été le conseiller attitré de Abdelaziz Ibn Saoud dans le Najd. La rivalité entre ces deux officiers n’avait reflété que celle opposant à l’époque les bureaux du Caire et de Bombay, du célèbre Colonial Office.</p>



<p>La Turquie en tous cas n’oublierait pas de sitôt cette leçon de solidarité islamique. Plus tard, Nouri Said, un ancien officier de l’armée ottomane devenu Premier ministre du Royaume Hachémite d’Irak symboliserait, au sein de la Ligue arabe, l’exemple même de la collaboration avec l’empire britannique durant les années 50, à l’époque de la grande vague du nationalisme arabe.</p>



<p>Le panarabisme s’achèverait d’une manière aussi tragique avec la débâcle de l’armée égyptienne dans les sables mouvants du Sinaï. On en avait rejeté la responsabilité sur le maréchal Abdelhakim Ameur, dont seul le suicide avait opportunément épargné un procès peu glorieux à son pays. Mais la défaite de Nasser avait en réalité débuté en 1961 avec la sécession hors de la République arabe unie, conduite par les officiers syriens pourtant pan-arabistes, du parti socialiste arabe Baath. C’était ce même Baath Syrien qui avait convaincu deux ans plus tôt un Nasser plus que réticent, de la nécessité de l’union entre leurs pays respectifs.</p>



<p>Malgré son échec, le panarabisme, qui n’a pas surmonté ses contradictions, fut fondamentalement un projet laïc moderniste, et pour cette raison il n’a jamais cessé d’être voué aux gémonies par les islamistes de toutes obédiences, en particulier depuis leur accès au pouvoir, ou leur cooptation par des Etats aux ambitions démesurées. Il a été pour cette raison combattu, et parfois utilisé, par les Etats conservateurs du Golfe, mais prétendre que l’islamisme ait fait mieux depuis le printemps arabe serait hasardeux.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’échec historique du l’islamisme</h3>



<p>Le premier grand échec de l’islamisme, un projet censé fédérer les musulmans, a d’abord été sa ligne de fracture putride entre sunnites et chiites, toujours aussi béante depuis la bataille de… Siffin en 656, réactivée avec la première guerre du Golfe en 1979, et paradoxalement exacerbée par l’échec de l’armée israélienne contre le Hezbollah en 2006. Son second échec, de taille, a été le démembrement du Soudan, où il avait régné sans partage depuis la chute de Jaafar Al Nimeiry. Son troisième échec, le plus inacceptable d’entre tous, a été l’utilisation du terrorisme de l’Etat Islamique, soutenu –tiens ! tiens ! – par la Turquie, membre de l’OTAN, associée à des Etats arabes, pour détruire et démanteler d’autres Etats arabes.</p>



<p>Dans ces conditions, la perte de l’Egypte par les islamistes ne peut en être considérée que comme la conséquence logique. Entre une démocratie dominée par les islamistes sur le modèle soudanais, aboutissant fatalement à la constitution d’un Etat copte en Haute Egypte, et entre un régime dictatorial sauvegardant l’unité nationale d’un pays millénaire, le destin a fait le choix le plus approprié, même si le terrorisme en fait payer à son peuple le prix fort.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’islamisme en Tunisie : chronique d’une descente en enfer</h3>



<p>Il fallait rappeler toute ce pan d’Histoire d&rsquo;ombres plus que de lumières, alors que la Tunisie, le seul projet abouti issu de ce qu’on a nommé le Printemps Arabe, à l’image du Printemps des Peuples de 1848, voit sa vie parlementaire noyautée par des partis d’obédience islamiste arguant d’une légitimité selon eux issue des urnes, en l’absence de Cour Constitutionnelle, et de contrôle sérieux sur le financement des partis politiques. Deux impératifs fondamentaux de toute démocratie respectueuse du droit et des institutions sont donc depuis l’instauration du pluripartisme ignorés.</p>



<p>Cela nous vaut aujourd&rsquo;hui des candidats à la présidentielle conseillés par des sociétés de public-relations patronnées par d&rsquo;anciens officiers de services secrets étrangers. Cela nous vaut également un foisonnement de partis politiques champignons, qu’on abandonne aussi rapidement qu’ils ont été constitués, pour avoir fini de servir, et qu’il faut satisfaire par des nominations de conseillers pour en obtenir les votes.</p>



<p>Á la remorque d’ un parti islamiste insoluble dans le pouvoir, dont le discours ne s’assagit que par intermittences, mais nullement les pratiques ou le projet politique, il y en a désormais un autre de substitution, mâtiné de populisme, usant de la violence verbale et de l’intimidation, y compris à l’encontre de la présidence de la république, des médias, ou d’autres députés de l’opposition.</p>



<p>Ce bloc philocalifal, tout comme le dernier Calife Abbasside, Al Musta’sim, n’a jamais eu pour préoccupation principale le bien-être du peuple, ni l’amélioration d’une économie sinistrée, à la dégradation de laquelle il n’a pas peu contribué. Sa principale fonction semble de lâcher la bride à un discours démagogique obscurantiste à même de lui gagner les élections, d’empêcher toute réforme de la société et toute organisation rationnelle susceptible d’exploiter efficacement les potentialités scientifiques, techniques, organisationnelles, que l’actuelle pandémie du Covid-19 a laissées entrevoir, dans ce pays, ou de l’entraîner dans des entreprises mercenaires, pour ne pas dire terroristes, dont il ne tirerait aucun bénéfice, ainsi que cela s’était déjà fait du temps de la Troïka avec le conflit Syrien, et dont on voit bien qui a tiré profit.</p>



<p>Les calculs politiques avaient alors pris le pas sur les impératifs judiciaires et sécuritaires, en tant que garants d’une alternance politique pacifique; nous en héritons aujourd’hui les milliers de terroristes en provenance de Syrie de retour sur nos frontières sud limitrophes de l’émirat frère musulman de Tripoli… sanctifié par l’Onu.</p>



<p>Il faut évaluer les récentes attaques de Jebel Chaambi contre nos soldats, les enlèvements de pêcheurs dans nos eaux territoriales, et les incendies contre les transports du phosphate, à la lumière de ces projets politiques-là.<br>Après les démembrements de l’Irak, de la Syrie, du Yémen, du Soudan, et de la Libye, il est temps de comprendre enfin où on veut nous mener.</p>



<p>* Cardiologue, Gammarth, La Marsa.</p>
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