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	<title>Archives des Nidaa Tounes - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Nidaa Tounes - Kapitalis</title>
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		<title>Tunisie &#124; Une « révolution » qui a cannibalisé l’économie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Jan 2026 08:27:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Zine El Abidine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie post-2011 a réussi l’exploit de transformer une révolution en catastrophe économique intégrale.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/22/tunisie-une-revolution-qui-a-cannibalise-leconomie/">Tunisie | Une « révolution » qui a cannibalisé l’économie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><span><em style="font-weight: bold;">Le 14 janvier 2011, la Tunisie écrivait une page glorieuse de son histoire. Zine el-Abidine Ben Ali fuyait le pays, emportant avec lui des richesses spoliées et le destin pathétique d</em></span><strong><em>e finir ses jours et d’être enterré en Arabie Saoudite, loin du pays qu’il avait gouverné pendant vingt-trois ans. Ce jour-là, Tunis vibrait d’espérance. Les poètes proclamaient que «le destin répondrait aux aspirations du peuple». Le monde entier applaudissait ce petit pays maghrébin qui osait défier la tyrannie. Quinze ans plus tard, le bilan est d’une brutalité insoutenable : la Tunisie post-2011 a réussi l’exploit de transformer une révolution en catastrophe économique intégrale.</em></strong></p>



<p><strong>Moktar Lamari</strong> *</p>



<span id="more-18273412"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p>Comparez la Tunisie de 2011 avec la Serbie de 2000, et vous mesurerez l’abîme qui sépare une vraie transition d’une mascarade. Lorsque Slobodan Milošević est tombé, le nouveau gouvernement serbe a agi avec détermination : rétablissement des relations avec le FMI, réouverture du commerce, stabilisation macroéconomique immédiate. L’inflation a chuté de moitié, la croissance a explosé à 6% par an, les capitaux étrangers sont revenus en masse. Les Serbes ont cru que les règles avaient changé, et l’économie a répondu.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La paix sociale à crédit</h2>



<p>La révolution du jasmin, elle, a accouché d’un monstre. Des élections compétitives, certes. Une constitution démocratique, effectivement. Mais l’économie ? Totalement sacrifiée sur l’autel de la lâcheté politique et du clientélisme généralisé. Les gouvernements successifs – qu’ils soient islamistes, laïques, technocrates ou populistes – ont tous adopté la même stratégie suicidaire : acheter la paix sociale à crédit.</p>



<p>La masse salariale du secteur public a explosé, passant de 12% du PIB en 2010 à plus de 15% aujourd’hui. Des dizaines de milliers de postes ont été créés non pas pour améliorer les services publics, mais pour calmer les manifestants.</p>



<p>L’Union générale tunisienne du travail (UGTT), ce syndicat mafieux déguisé en défenseur des travailleurs, a obtenu tout ce qu’elle voulait : augmentations salariales, primes garanties, impunité totale pour ses adhérents. Résultat ? Un État obèse, paralysé, incapable de fournir le moindre service décent malgré une armée de fonctionnaires payés à ne rien faire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un suicide économique par consensus</h2>



<p>Pendant ce temps, les choix difficiles ont été systématiquement reportés. Les subventions – cette drogue économique qui représente aujourd’hui 6,3% du PIB – n’ont jamais été réformées. Pire : elles ont augmenté. L’essence, le pain, l’électricité, l’eau et même le gaspillage… tout est subventionné. Pas pour aider les pauvres, qui en bénéficient proportionnellement moins, mais pour éviter les émeutes. La Tunisie dépense des milliards de dinars pour subventionner les 4&#215;4 des classes aisées pendant que les hôpitaux publics manquent de gaze. Et depuis peu de médicaments vitaux.</p>



<p>Les entreprises publiques ? Toujours là, toujours aussi inefficaces, toujours aussi corrompues, toujours aussi irrespectueuses du droit citoyen à un service public digne de nom. La Tunisair perd des centaines de millions chaque année. La Steg, la Sonede, la Pharmacie centrale – toutes au bord de la faillite, toutes maintenues en vie par perfusion budgétaire. Et l’économie doit payer la facture, par une sur-fiscalisation honteuse.</p>



<p>Aucun gouvernement n’a osé les privatiser, les restructurer, ou même simplement exiger qu’elles cessent de saigner les finances publiques. Aucune évaluation sérieuse de ces vampires des taxes des contribuables. Pourquoi ? Parce que l’UGTT menace de grève générale au moindre murmure de réforme.</p>



<p>La rigidité du marché du travail ? Intacte. Le Code du travail tunisien, cette relique protectionniste des années 1960, rend le licenciement quasiment impossible. Résultat : les entreprises privées n’embauchent plus, ou embauchent au noir.</p>



<p>Le chômage des jeunes – le grief initial qui a déclenché la révolution – stagne autour de 40% dans certaines régions. Les diplômés universitaires attendent des années un emploi public qui ne viendra jamais, pendant que le secteur privé étouffe sous les contraintes réglementaires. Leurs diplômes ne valent plus rien, tellement l’UGTT a bourré le système éducatif par les moins compétents.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La corruption viscérale</h2>



<p>Et la corruption ? Ah, la corruption ! Le régime de Ben Ali était une kleptocratie familiale organisée. Au moins avait-elle une certaine efficacité : tu payais la famille Trabelsi, et ton business fonctionnait.</p>



<p>Depuis 2011, la corruption s’est démocratisée. Elle est devenue diffuse, décentralisée, tentaculaire. Chaque parti politique, chaque administration, chaque niveau de gouvernement a développé ses propres réseaux de prédation.</p>



<p>En 2018, la confiance dans le gouvernement avait chuté de moitié par rapport à 2011. Les investisseurs ont compris que la <em>«nouvelle Tunisie»</em> n’était que l’ancienne en pire : plus instable, plus corrompue, plus paralysée.</p>



<p>Les IDE se sont effondrés. En 2010, malgré la dictature, la Tunisie attirait 1,5 milliard de dollars d’investissements étrangers. En 2023, après treize ans de <em>«démocratie»</em>, ce chiffre peinait à atteindre 800 millions.</p>



<p>Les investisseurs ont vu de nouvelles politiques s’empiler sur l’ancienne économie sans rien changer au fond. Pire encore : ils ont vu l’instabilité politique détruire la seule chose que Ben Ali offrait – la prévisibilité. Sous la dictature, on savait à quoi s’attendre.</p>



<p>Depuis 2011, personne ne sait rien. Les gouvernements tombent tous les dix mois. Les politiques changent au gré des coalitions et humeurs de leur patron. Les promesses ne valent rien.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Du chaos démocratique au chaos autoritaire</h2>



<p>Puis vint Kaïs Saïed. Élu triomphalement en 2019 avec 73% des voix, porté par le ras-le-bol généralisé envers la classe politique. Le 25 juillet 2021, il suspend le parlement, concentre tous les pouvoirs, promet de <em>«nettoyer»</em> le système. Les Tunisiens fatigués applaudissent. Enfin, quelqu’un va agir !</p>



<p>Quatre ans plus tard, le verdict est sans appel : Saïed a encore plus enfoncé le sens du travail et du mérite. Une catastrophe intégrale véhiculée par encore moins de compréhension des principes fondamentaux de l’économie. On détruit les institutions démocratiques sans rien construire à la place. On écarte les partis politiques sans proposer d’alternative. On dissout le parlement sans améliorer la gouvernance. On concentre tous les pouvoirs pour… ne rien faire, comme réforme structurante, courageuse et conçues à l’aune des résultats.</p>



<p>Ou plutôt si : on a aggravé la situation. On a rejeté l’accord avec le FMI, ce qui aurait au moins apporté 1,9 milliard de dollars et imposé des réformes structurelles. Et pour quel argument ?</p>



<p>La <em>«souveraineté nationale»</em> et le refus des <em>«diktats néolibéraux»</em>. Noble posture. Sauf qu’il n’a aucun plan B.</p>



<p>La dette publique atteint 81% du PIB. Le service de la dette engloutit 14% du PIB – de l’argent qui ne va ni dans l’éducation, ni dans la santé, ni dans les infrastructures. Les réserves en devises fondent à vue d’œil. Les pénuries de produits de base se multiplient.</p>



<p>Pendant ce temps, l’État donne des discours surréalistes sur les <em>« complots étrangers »</em> et les «&nbsp;<em>traîtres à la nation »</em>. Il arrête des opposants politiques. Il musèle les médias. Il persécute les migrants subsahariens dans des raids racistes dignes des heures les plus sombres.</p>



<p>Et l’économie ? Elle continue de sombrer dans l’indifférence la plus totale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le naufrage en chiffres</h2>



<p>Les chiffres sont implacables. Catastrophiques. La croissance moyenne post-2011 ? Misérable 1,5% par an, contre 4-5% sous Ben Ali. Le chômage ? Passé de 13% en 2010 à plus de 16% aujourd’hui, et toujours autour de 40% pour les jeunes diplômés. L’inflation ? Chroniquement supérieure à 7-8% ces dernières années, atteignant 10% en 2023. Les salaires réels ? En baisse constante depuis quinze ans. La paupérisation ronge les classes moyennes, alors que les affaires proposèrent pour les plus aisés à Tunis et sa banlieue nord.</p>



<p>La Tunisie de 2026 est objectivement plus pauvre, plus endettée, plus désespérée qu’en 2010. Le PIB par habitant en termes réels a à peine progressé d’un iota.</p>



<p>Des centaines de milliers de Tunisiens – souvent les plus qualifiés – ont fui le pays. Les <em>boat people</em> se noient par centaines en Méditerranée chaque année, fuyant ce paradis démocratique que le monde entier leur envie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’ancre institutionnel, ce chaînon manquant</h2>



<p>Le problème fondamental ? L’absence totale de crédibilité institutionnelle. Une rupture politique ne produit des résultats économiques que si elle établit un point d’ancrage clair : qui décide, selon quelles règles, et pour combien de temps.</p>



<p>La Tunisie post-2011 n’a jamais fourni cette clarté. Gouvernements éphémères (une quinzaine de premiers ministres et plus de 750 ministres), coalitions fragiles, constitution réécrite, institutions détruites puis reconstruites puis détruites de nouveau.</p>



<p>Aucun investisseur sensé ne peut miser sur un pays où les règles du jeu – notamment fiscales – changent tous les dix-huit mois. Aucune entreprise ne peut planifier quand elle ne sait pas si le gouvernement tiendra encore l’année prochaine. Aucun citoyen ne peut investir dans l’avenir quand cet avenir est illisible.</p>



<p>L’économie de la rupture est une question de crédibilité. La Tunisie post-2011 a détruit méthodiquement toute crédibilité. Chaque gouvernement a promis des réformes avant de capituler face à l’UGTT. Chaque coalition a juré de réduire la dépense publique avant d’augmenter les salaires pour acheter la paix sociale. Chaque président a proclamé la guerre à la corruption tout en laissant prospérer les réseaux clientélistes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le verdict final</h2>



<p>La révolution tunisienne n’a pas échoué par accident. Elle a été consciemment sabotée par une classe politique incapable, lâche et corrompue.</p>



<p>Des islamistes d’Ennahdha aux laïcs de Nidaa Tounes, des technocrates aux populistes, tous ont préféré leur survie politique immédiate à l’intérêt national à long terme. Tous ont refusé les choix difficiles. Tous ont bradé l’avenir pour acheter le présent.</p>



<p>Et les Tunisiens ? Ils paient cash. Quinze ans après avoir renversé un dictateur, ils sont plus pauvres, plus désespérés, plus impuissants. Le destin devait répondre à leurs aspirations. Il leur a craché au visage.</p>



<p>La révolution tunisienne restera dans l’histoire comme la preuve éclatante qu’un changement de régime sans transformation économique structurelle ne produit qu’une chose : le chaos stérile.</p>



<p>La Tunisie post-2011 est un cimetière d’espoirs, un monument à l’incompétence collective, une démonstration grandeur nature que la démocratie sans responsabilité économique mène droit à l’abîme. Le jasmin est mort. Il ne reste que les épines du cactus (el hindi) qui entouraient le Jasmin… de l’espoir !</p>



<p><em>* Economiste universitaire.</em></p>



<p><strong><em>Blog de l’auteur </em></strong>: <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Economics for Tunisia</a>.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="WKS6SUKgqt"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/19/selon-lia-y-aura-t-il-une-nouvelle-revolution-en-tunisie/">Selon l’IA, y aura-t-il une nouvelle révolution en Tunisie ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Selon l’IA, y aura-t-il une nouvelle révolution en Tunisie ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/19/selon-lia-y-aura-t-il-une-nouvelle-revolution-en-tunisie/embed/#?secret=GmlKYdWWC9#?secret=WKS6SUKgqt" data-secret="WKS6SUKgqt" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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			</item>
		<item>
		<title>Pourquoi je soutiens la manifestation du 17 décembre</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/26/pourquoi-je-soutiens-la-manifestation-du-17-decembre/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Dec 2025 09:20:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Soutien à la manifestation du 17 décembre 2025 qui a rassemblé un nombre de marginaux, que certains qualifient de populace ou de racaille…</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/26/pourquoi-je-soutiens-la-manifestation-du-17-decembre/">Pourquoi je soutiens la manifestation du 17 décembre</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’auteur propose une lecture assez originale et inattendue de la manifestation du 17 décembre devant le théâtre municipal de Tunis, qui a regroupé des personnes affichant tapageusement et, parfois, de manière grotesque, leur soutien au président de la république Kaïs Saïed. Ces marginaux qui se tiennent généralement aux côtés des autorités et parfois des groupes politiques influents, servent souvent de carburant au régime en place et peuvent en devenir aussi les fossoyeurs.</em></strong></p>



<p><strong>Abderrazek</strong> <strong>Ben Khelifa *</strong></p>



<span id="more-18138641"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Abderrazek-Ben-Khelifa.jpg" alt="" class="wp-image-18138649" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Abderrazek-Ben-Khelifa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Abderrazek-Ben-Khelifa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/12/Abderrazek-Ben-Khelifa-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Je soutiens la manifestation du 17 décembre 2025 qui a rassemblé, entre autres, un nombre de marginaux, que certains qualifient de populace ou de racaille… Et qui, en tout cas, s’accordent tous sur le fait qu’ils n’ont rien à perdre. Ils se tiennent généralement aux côtés des autorités et parfois de groupes politiques influents, dans les manifestations exigeant le départ du gouvernement, ou les rassemblements des partis au pouvoir.</p>



<p>En fait, je sais que certains d’entre eux étaient fortement impliqués dans les campagnes électorales d’Ennahda, Nidaa Tounes, Machrouu Tounes, Qalb Tounes et Tahya Tounes, tel cet homme démuni qui se tenait aux côtés de Youssef Chahed et que ce dernier ne voulait même pas regarder.</p>



<p>Sont-ils opportunistes&nbsp;?! Non… L’opportunisme est une posture calculée, une décision prise par un esprit purement pragmatique qui, comme on dit, <em>«sait où se trouve le pouvoir»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le carburant au régime</h2>



<p>Pour comprendre objectivement cette catégorie, il n’est plus possible de s’appuyer sur les outils analytiques d’Herbert Marcuse, Frantz Fanon, Antonio Gramsci, Michel Foucault et Edward Said, qui ont fait des marginaux une force capable de mener des révolutions. Parce qu’ils ont étudié les populations marginalisées dans les sociétés occidentales, mais pas sérieusement dans les sociétés autoritaires orientales où ces populations servent de carburant au régime&#8230; Ils [ces manifestants, Ndlr] sont maintenant avec Saïed&#8230; et en Égypte avec Sissi dont ils attendent monts et merveilles&#8230; Le réservoir électoral sous Ben Ali se situait à Kasserine et Sidi Bouzid, le berceau même de la révolution [qui a finalement emporté ce dernier, Ndlr], selon un livre de mon ami le Dr Mouldi Lahmar.</p>



<p>Aujourd’hui, presque tous ceux qui se sont rassemblés devant le théâtre municipal pour soutenir Kais Saïed, et même ceux qui sont plus marginalisés qu’eux, c’est-à-dire le groupe des SDF, je me suis gardé de les moquer ou de les condamner… car je les plains sincèrement et peut-être même que je les comprends dans une certaine mesure… mais je suis presque certain qu’ils portent le germe de la chute du système populiste.</p>



<p>Parmi les penseurs les plus éminents qui ont surpassé Marcuse, Fanon et Foucault, et qui ont compris la profondeur de cette catégorie sociale, figure le penseur iranien Asef Bayat, qui a utilisé le concept de <em>«présence politique»</em> au lieu de protestation pour ce groupe qui ne s’exprime pas directement comme les intellectuels et l’élite politique.</p>



<p>Si l’on examine la <em>«présence»</em> de ces personnes devant le théâtre municipal et la manière dont elles ont exprimé leur soutien à Kais Saïed, on remarque qu’elles concluent leurs slogans et leurs déclarations par <em>«Nous sommes avec Kaisoun»</em>, puis formulent une demande personnelle, comme l’amélioration de leurs conditions de vie et l’obtention d’aides sociales. Et c’est là le nœud du problème… Ils <em>«protestent»</em> contre les autorités d’une manière <em>«plus insidieuse»</em> que les politiciens eux-mêmes. Ils mettent ceux-là même qu’ils soutiennent à l’épreuve. Et je ne serais pas surpris de voir ces mêmes personnes à l’avant-garde de la lutte pour renverser le régime à l’avenir.</p>



<p>Je n’ai pas vu dans l’histoire de véritable révolution qui ait réussi sans cette <em>«populace»</em> depuis l’assassinat du calife Othman ibn Affan, qui reçut le dernier coup de couteau fatal de Sudan Ibn Hamran (un soldat des conquêtes venu d’Égypte), et Kinanah Al-Tujaybi, qui figuraient parmi les marginaux que le calife utilisa dans les <em>«conquêtes»</em> sans compensation tout en prodiguant ses largesses aux proches d’Othman.</p>



<p>Ces <em>«voyous»</em> furent les premiers à brûler des pneus lors de la révolution du 17 décembre. Bouazizi n’en faisait-il pas partie&nbsp;?</p>



<p>Asef Bayat affirme que ces gens ne pratiquent pas la politique comme les politiciens, mais se livrent plutôt à des manifestations pacifiques. Leur but n’est ni la liberté ni la démocratie, mais la simple survie. Nombre d’entre eux travaillent sans doute dans des secteurs précaires et illégaux&nbsp;: commerce informel, construction anarchique, et vol d’électricité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une dénonciation de l’État</h2>



<p>Leur pitoyable apparition devant le théâtre est une dénonciation de l’État. L’image de cet homme en haillons, se vautrant par terre, hantera à jamais ce régime et l’élite en général. Nul doute que cet homme est rentré les mains vides dans son bidonville, sans le moindre gain pour calmer sa faim. Parce que les autorités sont incapables de le récompenser en raison de leur incapacité manifeste à mettre en œuvre des politiques sociales qui l’intègrent au cycle économique&#8230;</p>



<p>Ils sont sortis nus par une journée froide, et leur nudité et leur marginalité ont été exposées avant même qu’ils ne crient leur soutien à l’autorité&#8230; Ils ont témoigné de la misère du régime&#8230; C’est pourquoi certains des partisans naïfs de ce régime les ont accusés d’avoir été <em>«infiltrés»</em> par l’opposition dans le sit-in devant le théâtre municipal.</p>



<p>La vérité, c’est que la <em>«gifle»</em> qu’ils ont infligée à l’opposition, selon les dires de certains, est en réalité une gifle à l’autorité… par l’affichage de cette nudité que le régime a tenté de dissimuler derrière le discours pompeux sur <em>«l’écriture de l’histoire»</em>.</p>



<p>Le chiffon dont le régime tente de se servir pour dissimuler son visage… ils l’ont arraché par leur présence tragique et mélodramatique. Comme l’a dit un jour quelqu’un : <em>«La stupidité est la seule maladie qui n’affecte pas son homme, mais seulement l&rsquo;entourage de celui-ci.»</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em> Texte traduit de l’arabe</em>.</p>



<p><em>* Avocat. </em><em></em></p>



<p><a href="https://www.facebook.com/ABDMELKART" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Page Facebook de l’auteur.</a></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="5tvLZuzHfy"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/25/tunisie-l-la-montee-des-protestations-face-au-deni-des-autorites/">Tunisie l La montée des protestations face au déni des autorités</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie l La montée des protestations face au déni des autorités » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/25/tunisie-l-la-montee-des-protestations-face-au-deni-des-autorites/embed/#?secret=hBIKIVZPoo#?secret=5tvLZuzHfy" data-secret="5tvLZuzHfy" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Néji Jalloul à nouveau devant le juge</title>
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		<pubDate>Sat, 25 Oct 2025 07:19:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L'activiste politique Néji Jalloul va de nouveau comparaître devant le tribunal de l’Ariana  le mardi 28 octobre 2025. </p>
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<p><strong><em>Le secrétaire général du Parti de la coalition nationale tunisienne, Néji Jalloul, va de nouveau comparaître devant le tribunal de l’Ariana  le mardi 28 octobre 2025. </em></strong></p>



<span id="more-17727012"></span>



<p>C’est l’ancien secrétaire général du parti Nidaa Tounes et ancien ministre de l’Education qui l’a annoncé dans un post sur sa page Facebook. Il va faire opposition à une première condamnation à deux mois de prison en lien avec les parrainages recueillis lors des élections présidentielles de 2019 auxquelles il avait présenté sa candidature.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong> </p>
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		<title>‘‘La révolution trahie’’ : Le crochet gauche de Hamma Hammami</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 Nov 2024 07:20:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si aujourd’hui on en est de nouveau au pouvoir personnel en Tunisie, c’est bien parce que les forces de gauche ont servi les pouvoirs contre lesquels elles croyaient lutter, à leur corps défendant, au détriment de leur liberté et de leur crédibilité, et que la classe politique a été incapable d’oublier ses intérêts égoïstes pour le...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Si aujourd’hui on en est de nouveau au pouvoir personnel en Tunisie, c’est bien parce que les forces de gauche ont servi les pouvoirs contre lesquels elles croyaient lutter, à leur corps défendant, au détriment de leur liberté et de leur crédibilité, et que la classe politique a été incapable d’oublier ses intérêts égoïstes pour le bien du pays.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-14520726"></span>



<p>La solution de continuité politique qualifiée de révolution en Tunisie s’est déroulée sous nos yeux, et pourtant si les faits ne souffrent aucune contestation, leur interprétation est loin de faire l’unanimité. Par exemple, on s’accorde à dire que Ben Ali est parti le 14 janvier 2011 dans l’après-midi, mais les circonstances donnent lieu à plusieurs narrations, depuis les ambitions personnelles&nbsp;de Ali Seriati jusqu’aux initiatives de membres (patriotes?) de la sécurité présidentielle, en passant par les traditionnelles manipulations de l’ambassadeur américain.</p>



<p>Or Ben Ali en partant comptait manifestement revenir, puisque Mohamed Ghannouchi, Abdallah Kallel et Fouad Mebazaa avaient au départ parlé de <em>«vacance provisoire»</em> du pouvoir, alors même que le clan Trabelsi était arrêté et empêché de quitter le territoire. C&rsquo;est le lendemain que, la nuit portant sans doute conseil, on s’est mis à parler de <em>«vacance définitive»</em> avec Fouad Mebazaa nommé président à titre provisoire selon le processus constitutionnel du moment.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La révolution de&#8230; la continuité </h2>



<p>On ne voit pas comment des personnalités aussi timorées réduites à l’obéissance la plus totale pendant des années ont pu de leur propre chef prendre une telle décision. On est donc obligé de considérer, faute de mieux, qu’une dichotomie s’était produite au plus haut sommet de l’Etat, entre les institutions sécuritaires et politiques dans l’après-midi du 14 janvier, vite été résorbée le lendemain, avec la proclamation de la vacance définitive. Puis il y a eu le gouvernement timoré de Mohamed Ghannouchi, intenable politiquement, remplacé par celui dit provisoire de Beji Caid Essebsi.</p>



<p>Dans tout cela quel rôle ont joué les masses populaires? Il y a eu certes les soulèvements de l’intérieur du pays avec celui des mines de phosphate de Redeyef depuis 2008, mais on ne voit pas pourquoi menaceraient-ils l&rsquo;existence du régime.</p>



<p>Quant à considérer qu’il s’agit d&rsquo; une manifestation de la lutte des classes exprimée par des revendications salariales non satisfaites, ou de celle des masses populaires revendiquant la liberté et la démocratie, le jugement doit être nuancé, tant que le rôle des notables locaux y compris syndicalistes dans le déroulement du conflit&nbsp;n’a pas été précisé.</p>



<p>Le sit-in sur la voie ferrée interdisant toute exportation de phosphate à partir du bassin minier immédiatement après le changement du régime prouve bien que d’autres forces étaient à l’œuvre derrière les revendications syndicales non satisfaites. Et par ailleurs la révolte du bassin minier ne s’était&nbsp;accompagnée d’aucun soulèvement majeur dans le pays menaçant le pouvoir de Ben Ali. Simplement un moment est arrivé après <em>«l’immolation»</em> de Mohamed Bouazizi, quand une partie des forces sécuritaires elles-mêmes soumises à l’influence de facebook et en contact quotidien avec les citoyens ont commencé à ne plus réprimer les manifestations organisées sur les réseaux sociaux, aboutissant à l’intervention des janissaires du régime, qualifiés de <em>«snipers»</em>, envoyés mater la population.</p>



<p>Donc, si on veut évaluer le rôle des forces de la gauche qualifiées de démocratiques dans le jargon de Mr Kilani dans tout cela, force est de constater que son influence a été, avec tous les respects dus à l’écrivain, nulle, tout comme d’ailleurs celui de l’ensemble des forces de l’opposition (Mouvement du 18-Octobre, etc.).</p>



<p>Si cette opposition s’est réunie miraculeusement l’après-midi du 14 janvier devant le ministère de l’Intérieur, c’est simplement qu’elle avait <em>«appris»</em> que le dictateur était sur le départ. De là à hurler, à l’instar de ce qu’avait fait Abdennasser Aouini, seul la nuit au milieu de l’Avenue Habib Bourguiba, que Ben Ali était parti, comme s’il s’agissait d’une victoire obtenue par le peuple, il n’y a qu&rsquo;un pas que beaucoup ont allègrement franchi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La gauche au service de la contre-révolution</h2>



<p>Cela n’exonère pas la Gauche, particulièrement le Parti des Travailleurs de Hamma Hammami, de sa responsabilité ultérieure dans le mouvement pour l’Assemblée constituante, et qui a contribué d’une manière décisive à permettre au parti Ennahdha de mener le pays sur une voie de garage. En l’occurrence la préparation aux élections de cette Assemblée constituante allait fournir à Béji Caïd&nbsp;Essebsi le temps dont il avait besoin pour poser le pied du parti Ennahdha à l’étrier du pouvoir.</p>



<p>Si donc on veut parler d’une révolution trahie, c’est peut-être à cette opportunité que la gauche a ouverte à la <em>«réaction»</em> pour poser les jalons de la <em>«contre-révolution»</em> politique et sociale, que l&rsquo;on doit d’abord penser.&nbsp;</p>



<p>Du reste, l’analyse faite des jeux politiques de Rached Ghannouchi et Béji Caïd&nbsp;Essebsi est pertinente. Ce dernier n’a joué de son fils, dont il ne pouvait pas manquer de savoir qu’il était inapte à assumer le pouvoir, qu’aux fins de démanteler son propre parti, Nidaa Tounès, et d’empêcher l’émergence d’une force dotée de la légitimité (électorale) nécessaire pour s’opposer au nom du principe démocratique aux velléités présidentielles exclusives.</p>



<p>Avec le terrorisme le vent en poupe, la crise économique, celle du Covid, l’affaiblissement de l’Etat, la volonté prédatrice et l’arrogance des partis, et surtout l’absence de Cour Constitutionnelle inaccessible grâce à leur jeu, le mécontentement et la piété populaires associés à la médiocrité générale ont balisé le chemin de l’ambition vers le pouvoir. Ce fut Savonarole qui en émergea.</p>



<p>Evidemment, tout cela doit être replacé dans une perspective plus large. La révolution en Tunisie fut l’occasion de liquider les acquis de l’État national, et d’arrimer définitivement le pays à l’économie mondialisée par le biais de la dette contractée auprès des marchés financiers internationaux durant la décennie Ennahdha-Nidaa. C’est ce legs que bon gré mal gré, nous assumons tous aujourd’hui et que nous devons rembourser.&nbsp;</p>



<p>En admettant qu’il y eût bien une révolution et qu’elle ait échoué, on ne peut en jeter la pierre ni à Ebert, ni à Liebknecht, ni à Staline. Il aurait fallu pour cela qu’il y eût d’abord une gauche, qu’elle eût mené une révolution, et qu’elle ait accédé au pouvoir ou ait été bien près de le faire. Ce ne fut évidemment jamais le cas.</p>



<p>Le drame véritable de la gauche en Tunisie fut que ses militants n’aient pas été emprisonnés&nbsp;pour leurs idées ou le danger qu’ils représentaient, qui n’a jamais existé. Autrement dit, tout comme Hamma Hammami l’a fait&nbsp;pour Béji Caïd&nbsp;Essebsi et Rached Ghannouchi en exigeant l’Assemblée constituante, ils ont servi les pouvoirs contre lesquels&nbsp; ils croyaient lutter, à leur corps défendant, au détriment de leur liberté et de leur bien-être pour les uns, de leur crédibilité pour les autres.</p>



<p>Néanmoins Mohamed Kilani dans son livre use d’une vision perspective (sans jeu de mots) jetée sur le passé, certes parfois biaisée par l’inévitable lutte des classes, mais intéressante&nbsp; pour une réflexion approfondie, à la lumière des derniers développements politiques dans le pays. Son&nbsp;évocation de l’Union des forces démocratiques républicaines en tant qu’alternative crédible à la situation politique actuelle, pour autant qu’on ignore qui elle intéresserait, a&nbsp;justement été démentie par l’expérience de l’Union pour la Tunisie, et plus encore par le Nidaa Tounès.</p>



<p>Si aujourd’hui on en est de nouveau au pouvoir personnel, c’est bien parce que la classe politique tunisienne a été incapable d’oublier ses intérêts égoïstes pour le bien du pays. C’est la quadrature du cercle.</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique. </em></p>



<p><strong><em>‘‘La révolution trahie: le dernier quart d’heure de la transition démocratique’’, de Mohamed Kilani, en arabe, éditions La Gai Savoir, Tunis, 2024.</em></strong></p>
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		<title>Présidentielle tunisienne : Néji Jalloul se jette dans l’arène</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/07/presidentielle-tunisienne-neji-jalloul-se-jette-dans-larene/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Jul 2024 11:19:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Attendons de voir si l’annonce de la candidature de Néji Jalloul à la présidence sera suivie d’effet et ne finira pas comme un coup d’épée dans l’eau…  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/07/presidentielle-tunisienne-neji-jalloul-se-jette-dans-larene/">Présidentielle tunisienne : Néji Jalloul se jette dans l’arène</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Néji Jalloul, président du parti de la Coalition nationale tunisienne, a attendu longtemps avant de se décider à déclarer officiellement sa candidature à la présidentielle du 6 octobre 2024. Il l’a fait ce dimanche 7 juillet au cours d’une rencontre organisée par la coordination régionale son parti à Souk Jedid, gouvernorat de Siddi Bouzid, annonce <a href="https://www.mosaiquefm.net/ar/%D8%A3%D8%AE%D8%A8%D8%A7%D8%B1-%D8%B3%D9%8A%D8%A7%D8%B3%D8%A9-%D8%AA%D9%88%D9%86%D8%B3/1289405/%D9%86%D8%A7%D8%AC%D9%8A-%D8%AC%D9%84%D9%88%D9%84-%D9%8A-%D8%B9%D9%84%D9%86-%D8%AA%D8%B1%D8%B4%D8%AD%D9%87-%D9%84%D9%84%D8%A7%D9%86%D8%AA%D8%AE%D8%A7%D8%A8%D8%A7%D8%AA-%D8%A7%D9%84%D8%B1%D8%A6%D8%A7%D8%B3%D9%8A%D8%A9" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mosaïque FM</a>. </em></strong></p>



<p><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-13523463"></span>



<p>Avant de se jeter dans l’arène, tout en sachant que la plupart de ceux qui l’ont fait avant lui sont soit en prison (Issam Chebbi et Abir Moussi) soit en liberté provisoire, étant poursuivis en justice (Nizar Chaari, Safi Saïd, Abdellatif Mekki et Lotfi Mraïhi), soit encore en exil à l’étranger (Mondher Zenaidi), l’historien, ancien ministre de l’Education et ancien directeur de l’Institut tunisien des études stratégiques (Ites), a dû faire une analyse approfondie de la situation dans le pays et des chances qu’il aurait de voir sa candidature acceptée ou, plus difficile encore, aboutir à un succès électoral. Il n’en reste pas moins que l’annonce de sa candidature est à la fois un coup de poker et un coup de bluff.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Coup de poker ou coup de bluff</h2>



<p>Coup de poker, d’abord, car si le pouvoir permet à Jalloul de concourir et de faire campagne pour la magistrature suprême, ce dernier profiterait de l’occasion pour pousser son avantage et prendre rendez-vous pour la présidentielle de 2029, celle de 2024 étant clairement déjà jouée et on ne voit pas ce qui pourrait empêcher Kaïs Saïed de se succéder à lui-même, qui plus est, avec un score meilleur que celui de 2019, qui était de 72%.</p>



<p>Coup de bluff, ensuite, car Néji Jalloul, qui ne tombe pas de la dernière pluie, sait que son image auprès des Tunisiens est quelque peu entachée par son implication dans la fameuse <em>«décennie noire»</em>, dont il était l’une des figures de proue. Dirigeant de Nidaa Tounes, il était proche de feu Béji Caïd Essebsi et du fils de l’ancien président de la république, l’inénarrable Hafedh, dont les Tunisiens ne gardent pas un souvenir impérissable. Par ailleurs, son nom ne figure plus depuis plusieurs années dans le top 10 des personnalités politiques bénéficiant de la sympathie des Tunisiens. Et ce malgré ses fréquents passages dans les médias mainstream où il compte de nombreux amis. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Coup de tonnerre, coup fourré ou coup d’épée dans l’eau&nbsp;?</h2>



<p>Aussi, vanité et ambition mises à part, l’universitaire est-il bien placé pour savoir que ses chances face à Kaïs Saïed restent minimes. Il peut certes profiter du désert politique que ce dernier a installé dans le pays pour se repositionner à nouveau et se frayer une place dans le décor, mais il doit faire gaffe à ne pas trop s’exposer aux coups de griffes qui viendraient de toutes parts, y compris de sa famille politique, celle des démocrates progressistes. Et pour cause, y aller seul comme un grand et sans concertation avec les autres composantes de cette famille, au moment où des voix s’élèvent pour appeler à une candidature unique susceptible de peser face au président sortant, pourrait être perçu comme un coup fourré voire une trahison.</p>



<p>Quoi qu’il en soit, n’anticipons pas des guéguerres fratricides qui émietterait une scène politique déjà en miettes, et, surtout, ne mettons pas la charrue devant les bœufs. Attendons de voir si l’annonce de la candidature de Néji Jalloul sera suivie d’effet et ne finira pas comme un coup d’épée dans l’eau… &nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="egUFeXJf6Y"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/01/neji-jalloul-notre-seul-probleme-avec-kais-saied-cest-quil-necoute-personne/">Néji Jalloul : « Notre seul problème avec Kaïs Saïed c’est qu’il n’écoute personne»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Néji Jalloul : « Notre seul problème avec Kaïs Saïed c’est qu’il n’écoute personne» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/01/neji-jalloul-notre-seul-probleme-avec-kais-saied-cest-quil-necoute-personne/embed/#?secret=GvTXTfSrzK#?secret=egUFeXJf6Y" data-secret="egUFeXJf6Y" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>‘‘Naissance d’une démocrature’’: la démocratie islamiste, ou la quadrature du cercle</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/31/naissance-dune-democrature-la-democratie-islamiste-ou-la-quadrature-du-cercle/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 Mar 2024 06:59:43 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Rached Ghannouchi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On veut bien admettre que le pouvoir du président Saïed n’obéisse nullement aux normes démocratiques communément admises.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/31/naissance-dune-democrature-la-democratie-islamiste-ou-la-quadrature-du-cercle/">‘‘Naissance d’une démocrature’’: la démocratie islamiste, ou la quadrature du cercle</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>On conçoit que le président Saïed avec son caractère hautain, son langage stéréotypé, et son mépris affiché de ses détracteurs, ne se soit pas fait que des amis. On ne juge pas pour autant un chef d’Etat que sur l’antipathie qu’il inspire. Mais prétendre que les institutions soient en panne ou aient disparu depuis son accession au pouvoir est simplement une contre-vérité.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia </strong>*</p>



<span id="more-12269953"></span>



<p>Ce livre est intéressant parce qu’il sublime le temps,&nbsp;et pas que par sa couverture reproduisant un tableau, l’assassinat de César. C’est toujours la tyrannie qui est abhorrée et sa chute constitue souvent une source d’inspiration pour les artistes.</p>



<p>Pourtant les exemples d’autocrates&nbsp;ayant rendu service à leurs pays abondent. Louis XI avait sauvé la France de la conspiration des princes tout comme Pierre le Grand l’avait fait en Russie en la débarrassant des Boyars. Au contraire, la couronne élective de Pologne avait valu à ce pays bien des déboires. En revanche&nbsp; Charles Ier d’Angleterre avait perdu la tête sur le billot pour s’être opposé à son parlement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un aide mémoire précieux</h2>



<p>Cependant dans quelques années cet ouvrage&nbsp;constituera&nbsp;certainement un aide mémoire précieux des événements et des étapes qui ont vu Kaïs Saïed&nbsp;installer et consolider son nouveau régime, qualifié de démocrature, après avoir effacé celui issu de ce qu’on a qualifié de révolution symbolisé par la Constitution de 2014 qui était le fruit d’une entente, d’un concordat, entre deux partis politiques, Ennahdha&nbsp;représentant de l’Islamisme, et Nidaa Tounès les forces modernistes qu’on n’irait pas jusqu’à qualifier de laïques.</p>



<p>L’auteur se montre particulièrement sévère relativement à l’action entreprise, à savoir le parjure par la violation de la Constitution censée être protégée et respectée et ayant permis l’accès à la magistrature suprême, le refus de la prestation du serment des ministres du gouvernement Mechichi, la dissolution du parlement, du gouvernement, la mainmise sur la justice, la légifération par décrets, l’instauration d’une nouvelle constitution ambiguë issue de son seul fait, les consultations électroniques, le très faible taux de participation au référendum entérinant le changement, la désaffection du peuple relativement à la chose politique, la dégradation de la situation économique, le racisme anti-africain, la migration en masse des jeunes vers les pays européens et l’Amérique, l’arrestation des opposants, des journalistes, des&nbsp;hommes d’affaires, le contrôle de la liberté d’expression sur les réseaux sociaux, l’élection d’un parlement aux ordres avec un très faible taux de participation.</p>



<p>Avec force citations de Aristote, Montesquieu, Locke, Weber, Tocqueville, Kant, Habermas, Benjamin Constant, Hobbes, Schmitt, et même Renan,&nbsp;l’auteur démontre que le régime politique instauré par le président Saied ne s’apparente en rien à une démocratie occidentale, et que par conséquent, il n’y existe pas de garanties constitutionnelles relativement au respect du bien le plus précieux du citoyen, sa liberté.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’arbitraire qui a été érigé en raison d’Etat</h2>



<p>Autrement dit, selon lui, toutes les institutions ayant été détruites, c’est l’arbitraire qui a été érigé en raison d’Etat au nom de l’égalité entre les élites et les classes défavorisées, aboutissant à un système politique comparable à ceux d’Erdogan, Chavez, Poutine, et même Trump et Bolsonaro, ces&nbsp;derniers pourtant opérant en démocratie. L’auteur ne le dit pas, mais en fait il critique l’autocratie, autrement dit le pouvoir d’une seule personne d’imposer sa volonté à l’ensemble du corps social sans aucune consultation autre que formelle, et revendique un devoir d’opposition, de révolte, contre le régime privatif des libertés tel que reconnu par la Déclaration universelle des droits de l’Homme et la constitution américaine.</p>



<p>Toujours dans la continuité de son réquisitoire, il essaie de déterminer les causes ayant amené un peuple privé pendant longtemps de liberté, qui selon lui s’était débarrassé de ses chaînes, par le biais d’une révolution, à accepter de se les voir remettre avec autant de facilité à l’ère de l’Internet et de l’Intelligence artificielle, et suggère même pour l’expliquer l’influence de la religion musulmane, selon lui par essence réfractaire à tout pluralisme, toute différence, toute évolution, toute liberté de pensée, une opinion somme toute Renanienne.</p>



<p>Abstraction faite des arguments développés, et qui sont dans une large mesure défendables dans leur formulation théorique même s’il faut les replacer dans leur contexte politique, le paradoxe du raisonnement, son point faible si on peut dire ainsi, c’est qu’après avoir soulevé cette hypothèse, celle d’un exceptionnalisme arabo-musulman intériorisant le califat et réfractaire à la démocratie, qui relève à mon avis de l’orientalisme le plus contestable, il critique justement le rejet du parti islamiste Ennahdha hors des cercles du pouvoir parce que selon lui il commençait à se dissoudre dans la démocratie, et qu’il qualifie de démocratique la constitution de 2014, qui ne fut en fait qu’un compromis de circonstance non dénué d’arrière-pensées entre deux partis politiques.</p>



<p>L’un de ces deux partis, étant donnée sa nature&nbsp;cléricale, n’aurait jamais dû se trouver au centre d’un processus démocratique si l’on se réfère aux opinions républicaines radicales proches de celles des Montagnards de Robespierre exprimées&nbsp;par l’auteur, et il est douteux qu’il eût été écarté dans le respect des normes constitutionnelles (de 2014), justement à cause du <em>«vide du pouvoir»</em>&nbsp;(une expression de Pasolini relativement à l’emprise du marché global sur la ou le politique) qu’il avait réussi à instaurer avec l’implosion du Nidaa en s’alliant avec des partis para-jihadistes (Al-Karama) ou mafieux (Qalb Tounès), pour s’assurer la majorité parlementaire, ainsi que l’appui du chef du gouvernement Hichem Mechichi.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="4rRbU2nYmf"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/09/09/a-propos-du-terrorisme-islamiste-le-vieux-de-la-montagne-a-lassemblee-du-peuple/">A propos du terrorisme islamiste : le Vieux de la Montagne à l’Assemblée du peuple</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« A propos du terrorisme islamiste : le Vieux de la Montagne à l’Assemblée du peuple » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/09/09/a-propos-du-terrorisme-islamiste-le-vieux-de-la-montagne-a-lassemblee-du-peuple/embed/#?secret=UuTzgTYDd1#?secret=4rRbU2nYmf" data-secret="4rRbU2nYmf" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Il ne faut à cet effet pas oublier que Rached Ghannouchi avait affirmé après les secondes élections législatives que la reculade de 2013 ayant conduit son parti à abandonner le pouvoir et à&nbsp;proclamer son caractère civil n’avait été que tactique. Il faut donc en prendre acte.</p>



<p>L’autre remarque, c’est le ralliement massif de l’appareil de l’État, en particulier les forces de sécurité et l’armée, au président, lors du coup d’Etat ainsi que cela est qualifié dans le livre, et qui démontre que ce pouvoir autocratique dénué de parti politique est plus une apparence qu’une réalité. Il faudrait ainsi déjà savoir qui depuis lors gouverne réellement.</p>



<p>La dernière, a trait à l’isolement du pays et à la crise économique sévère à laquelle il fait face avec l’obligation de rembourser les dettes odieuses contractées dans une large mesure sous les gouvernements d’Ennahdha et du Nidaa, sans que les pays créanciers n’en consentent ne serait-ce que le rééchelonnement,&nbsp;tout en faisant pression sur l’évolution interne et la politique extérieure (question de la reconnaissance d’Israël).</p>



<h2 class="wp-block-heading">A qui faut-il jeter la pierre?</h2>



<p>Le concept de souveraineté a évolué ainsi que le précise l’auteur, la démocratie aussi, dont on peut se demander quel sens elle garde encore à l’ère de l’internet et des influenceurs occultes (Cambridge Analytica) qui interfèrent dans le déroulement des élections présidentielles, y compris en Amérique, et à fortiori, en Tunisie&#8230;</p>



<p>Certes ! Mais si les créanciers avaient voulu consolider le pouvoir du président Saïed, ils n’auraient pas agi différemment, et à mon avis ils l’ont fait en sachant que malgré son discours souverainiste populiste destiné à la consommation locale, il ne remettrait pas en question le libéralisme économique et la propriété privée (la preuve en est la levée du gel sur les biens au clan Trabelsi après l’écoulement du délai légal), qu’il serait à même d’imposer au peuple (y compris les hommes d’affaires) l’effort nécessaire pour le remboursement des dettes, contrairement aux précédents gouvernements qui pour des raisons électoralistes se refusaient à le faire (il faut se souvenir des réactions des créanciers européens face aux Grecs pourtant membres de la zone euro qui subordonnaient&nbsp;le remboursement de leurs dettes à l’assentiment populaire), et qu’il collaborerait à la lutte contre l’émigration clandestine telle que exigée&nbsp;par les pays européens.</p>



<p>Ces trois conditions sont remplies par le régime politique tunisien actuel, à qui on peut certes reprocher de ne pas relancer l’investissement (cela ne dépend pas que de lui) pas plus d’ailleurs que le régime <em>«démocratique»</em> précédent ne l’avait fait; preuve s’il en est que l’investissement ne dépend pas de la nature du régime politique mais de la confiance qu’il inspire aux marchés internationaux dont la stabilité constitue le critère principal, ainsi que le démontrent les cas de la Chine qui pour être communiste n’en a pas moins attiré les capitaux internationaux, ou celui du Maroc, un Etat monarchique qui a la quote à cause de l’audace de ses relations extérieures (Israël).</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="6986g9DJrU"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/09/11/contre-le-terrorisme-rendre-a-kais-saied-et-a-dieu-ce-qui-leur-revient/">Contre le terrorisme : rendre à Kais Saied et à Dieu, ce qui leur revient</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Contre le terrorisme : rendre à Kais Saied et à Dieu, ce qui leur revient » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/09/11/contre-le-terrorisme-rendre-a-kais-saied-et-a-dieu-ce-qui-leur-revient/embed/#?secret=g8wzPFiStB#?secret=6986g9DJrU" data-secret="6986g9DJrU" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>On veut bien admettre que le pouvoir du président Saïed n’obéisse nullement aux normes démocratiques communément admises, sans être obligé de se référer à la pléthore de théoriciens de la chose politique qui confèrent à sa critique un&nbsp; caractère savant irréfutable, mais sa comparaison avec Hitler est outrancière, même après ses propos malheureux sur les Africains, qu’il s’est abstenu de répéter depuis; Eric Zemmour ou le Hollandais Geert Wilders seraient plus justiciables d’une telle comparaison du fait du caractère délibéré systématisé et répétitif de leur racisme.</p>



<p>Prétendre pour autant que le président Saïed ne dispose pas de soutiens extérieurs ne semble pas corroboré par la réalité des faits et la dernière visite des présidents du parlement européen, des chefs des gouvernements italien et néerlandais, quelles qu’en soient les raisons, critiquables ou pas, l’illustre parfaitement. Et si la politique est l’art du possible, on peine à imaginer eu égard au contexte, comment tout autre régime politique eût dû ou pu procéder en pareilles&nbsp;circonstances.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le peuple s&rsquo;accommode avec la bonne vieille dictature  </h2>



<p>Personnellement, je préfèrerais autant que l’auteur vivre en démocratie avec toutes les garanties issues des droits de l’homme attachées à la préservation de ma liberté, mes droits, mes biens, ma personne et ma famille, plutôt que de les voir dépendre de la bienveillance d’un président&nbsp;qui n’est pas éternel; malheureusement les démocrates de mon pays ne l’ont pas voulu ainsi, en acceptant de voir confier le pouvoir à un parti qui ne l’est pas, et le peuple, ce bon vieux peuple qu’on accuse d’ignorance quand il ne vote pas dans le sens voulu, mais qui est en réalité doté d’un solide bon sens issu d’une sagesse multiséculaire,&nbsp;comprenant qu’il a été floué, a préféré retourner à la bonne vieille dictature qu’il connaît au moins depuis longtemps et dont il a appris à s’accommoder, tout en refusant de se compromettre avec elle, ainsi que les très faibles participations aux scrutins et aux consultations le démontrent. A qui faut-il donc jeter la pierre?</p>



<p>Pour conclure, on conçoit que le président Saïed avec son caractère hautain, son langage stéréotypé, et son mépris affiché de ses détracteurs, ne se soit pas fait que des amis. On ne juge pas pour autant un chef d’Etat que sur l’antipathie qu’il inspire. Mais prétendre que les institutions soient en panne ou aient disparu depuis son accession au pouvoir est simplement une contre-vérité.</p>



<p>Il faut déjà faire la part dans les dysfonctionnements administratifs actuels certes réels de ce qui revient à l’austérité imposée par l’endettement de l’Etat et les réformes structurelles exigées par les bailleurs de fonds. Et compte tenu de l’absence de toute marge de manœuvre de l’Etat tunisien dans ses choix économiques, aucun autre président ne pourrait faire mieux, ni pire.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="wx5dQIxNCx"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/07/30/ghannouchi-sauve-sa-tete-cest-la-tunisie-qui-na-pas-fini-de-perdre-la-sienne/">Ghannouchi sauve sa tête, c’est la Tunisie qui n’a pas fini de perdre la sienne</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Ghannouchi sauve sa tête, c’est la Tunisie qui n’a pas fini de perdre la sienne » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/07/30/ghannouchi-sauve-sa-tete-cest-la-tunisie-qui-na-pas-fini-de-perdre-la-sienne/embed/#?secret=jz4znGa0Py#?secret=wx5dQIxNCx" data-secret="wx5dQIxNCx" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Il n’en demeure pas moins que la démocratie n’a pas de sens sans la prospérité économique qui doit nécessairement l’accompagner,&nbsp;ainsi que l’avait stipulé un homme politique américain. Et autrement il n’y a pas lieu de l’ériger en dogme infaillible, et il y a d’autant moins de raisons de le faire en permettant à des forces politiques qui en sont la négation de l’occuper comme un ver dans le fruit.</p>



<p>Ce sont pourtant de telles confusions, qui avaient en leur temps conduit les laïcs modernistes Yadh Ben Achour et Kamel Jendoubi, sollicités il est vrai par Béji Caïd&nbsp;Essebsi, à poser le pied d’Ennahdha à l’étrier du pouvoir, un parti&nbsp;à qui la vox populi attribue les assassinats de Chokri Belaid et Mohamed Brahmi, et qui outre le fait qu’il n’a rien apporté au pays, n’a pas empêché les départs des djihadistes combattre en Syrie, c’est le moins que l’on puisse dire. Et voilà que ce parti, écarté du pouvoir à la demande générale, nos&nbsp;démocrates hurlent désormais à la mort! Un brillant académicien, même en sciences politiques, pour autant qu’il ne se départisse pas de la nécessaire objectivité, ne fait pas forcément un homme politique;&nbsp;ni même un bon polémiste.&nbsp;</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="DxUWNgwJXB"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/01/tunisie-politique-ghannouchi-bientot-president-de-la-republique-avec-la-benediction-de-loncle-sam-sam/">Tunisie-politique : Ghannouchi bientôt président de la république (avec la bénédiction de l’oncle Sam Sam) ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie-politique : Ghannouchi bientôt président de la république (avec la bénédiction de l’oncle Sam Sam) ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/01/tunisie-politique-ghannouchi-bientot-president-de-la-republique-avec-la-benediction-de-loncle-sam-sam/embed/#?secret=lChjz722H5#?secret=DxUWNgwJXB" data-secret="DxUWNgwJXB" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/31/naissance-dune-democrature-la-democratie-islamiste-ou-la-quadrature-du-cercle/">‘‘Naissance d’une démocrature’’: la démocratie islamiste, ou la quadrature du cercle</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Les Tunisiens méritent mieux que Mondher Zenaidi</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/21/les-tunisiens-meritent-mieux-que-mondher-zenaidi/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Mar 2024 07:28:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Béji Caïd Essebsi]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Leïth Lakhoua]]></category>
		<category><![CDATA[Mondher Zenaidi]]></category>
		<category><![CDATA[Nidaa Tounes]]></category>
		<category><![CDATA[présidentielle]]></category>
		<category><![CDATA[Rassemblement constitutionnel démocratique]]></category>
		<category><![CDATA[RCD]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mondher Zenaidi et d'autres politiciens du passé doivent savoir que le peuple tunisien mérite mieux qu'eux.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/21/les-tunisiens-meritent-mieux-que-mondher-zenaidi/">Les Tunisiens méritent mieux que Mondher Zenaidi</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Réponse à la lettre ouverte de Mondher Zenaidi au président de la république Kaïs Saïed (voir ci-dessous le texte en arabe), publiée sur sa page Facebook le 19 mars 2024, où l’ancien ministre sous Ben Ali et candidat malheureux à la présidentielle de 2024 (24 160 voix, soit 0,74% des suffrages) dresse un état des lieux de la situation politique et économique du pays et laisse entendre qu’il sera de nouveau candidat à la magistrature suprême. Appel à la responsabilité politique pour une Tunisie meilleure…</em></strong></p>



<p>Par <strong>Leith Lakhoua</strong> *</p>



<span id="more-12165091"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/10/Leith-Lakhoua.jpg" alt="" class="wp-image-321007"/></figure>
</div>


<p>Depuis le soulèvement populaire de 2011, la Tunisie a connu des moments de lutte, de transition et d’espoir. Cependant, au milieu de cette quête d’une démocratie plus forte et plus juste, certains visages du passé politique ressurgissent, suscitant des interrogations légitimes sur leur légitimité et la sincérité de leur engagement envers le bien-être du pays.</p>



<p>Répondant à l’appel de ceux qui souhaitent un renouveau véritable, nous nous devons d’examiner de près les ambitions et les actes des figures politiques qui se positionnent pour les plus hautes fonctions de l’État. Parmi ces figures, Mondher Zenaidi, avec son passé chargé au sein du régime précédent, suscite des interrogations légitimes quant à son aptitude à incarner le changement désiré.</p>



<p>En tant que citoyens tunisiens engagés pour le bien-être de nos compatriotes, nous ne pouvons ignorer le fait que M. Zenaidi a occupé plusieurs postes ministériels et parlementaires sous le régime autoritaire de Ben Ali, sans avoir apporté de changements significatifs pour le bien-être du peuple. Son affiliation à l’ancien parti conduit par le dictateur, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), soulève des questions sur ses véritables convictions et sur la sincérité de son engagement envers les principes démocratiques.</p>



<p>De plus, sa tentative infructueuse de se présenter aux élections présidentielles de 2014, suivie par un soutien à une autre figure politique controversée [le candidat de Nidaa Tounes, Béji Caïd Essebsi, qui sera élu président, Ndlr] témoigne de son manque de connexion avec les aspirations du peuple tunisien. Maintenant, alors qu’il envisage de se présenter à nouveau, depuis l’étranger, il semble déconnecté de la réalité et des défis actuels de la Tunisie.</p>



<p>Il est temps de rappeler à M. Zenaidi et à d’autres politiciens de sa trempe que le peuple tunisien mérite mieux. Nous avons besoin de leaders qui incarnent l’intégrité, la transparence et le dévouement envers le bien commun. Ceux qui ont été complices ou bénéficiaires du régime autoritaire précédent doivent reconnaître leur responsabilité, faire leur autocritique et céder la place à une nouvelle génération d’hommes et de femmes politiques, imprégnés des valeurs de démocratie et de progrès.</p>



<p>Nous appelons donc M. Zenaidi et d’autres politiciens du passé à faire preuve de responsabilité et de retenue. Laissez la place au renouveau, à ceux qui sont prêts à travailler sans relâche pour reconstruire une Tunisie plus juste, prospère et démocratique. Le peuple tunisien mérite un avenir meilleur, et c’est en nous unissant autour de cet idéal que nous pourrons concrétiser le véritable changement que notre nation mérite.</p>



<p>* <em>Consultant en logistique et organisation industrielle.</em></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="1000" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/03/Lettre-Mondher-Zenaidi.jpg" alt="" class="wp-image-12165109" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/03/Lettre-Mondher-Zenaidi.jpg 800w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/03/Lettre-Mondher-Zenaidi-240x300.jpg 240w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/03/Lettre-Mondher-Zenaidi-768x960.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/03/Lettre-Mondher-Zenaidi-580x725.jpg 580w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>
</div>


<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="tPLx3VwubF"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/29/mondher-zenaidi-envoie-un-message-a-lopinion-publique-en-tunisie/">Mondher Zenaidi envoie un message à l’opinion publique en Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Mondher Zenaidi envoie un message à l’opinion publique en Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/29/mondher-zenaidi-envoie-un-message-a-lopinion-publique-en-tunisie/embed/#?secret=kO9Kk5G4zF#?secret=tPLx3VwubF" data-secret="tPLx3VwubF" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/21/les-tunisiens-meritent-mieux-que-mondher-zenaidi/">Les Tunisiens méritent mieux que Mondher Zenaidi</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>‘‘Les poignardeurs’’ : la transition politique des élites et le terrorisme, une vieille histoire sicilienne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Feb 2024 07:52:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[destouriens]]></category>
		<category><![CDATA[Ennahdha]]></category>
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		<category><![CDATA[Leonardo Sciascia]]></category>
		<category><![CDATA[Nidaa Tounes]]></category>
		<category><![CDATA[Santa Elia]]></category>
		<category><![CDATA[Sicile]]></category>
		<category><![CDATA[terrorisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les changements de régime politique donnent toujours lieu à un exercice d’équilibrisme de la part des élites dans leurs tentatives de conserver à tout prix intactes influence et richesses. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/11/les-poignardeurs-la-transition-politique-des-elites-et-le-terrorisme-une-vieille-histoire-sicilienne/">‘‘Les poignardeurs’’ : la transition politique des élites et le terrorisme, une vieille histoire sicilienne</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Les changements de régime politique donnent toujours lieu à un exercice d’équilibrisme de la part des élites dans leurs tentatives de conserver à tout prix intactes influence et richesses, à condition qu’elles ne soient pas proprement éradiquées au moins en partie ainsi que ce fut le cas en France en 1793, en Russie en 1917, en Chine en 1949, en Iran en 1979. Et en Tunisie en 2011…</em></strong></p>



<p>Par<strong> Dr Mounir Hanablia</strong> *  </p>



<span id="more-11586447"></span>



<p>Le loyalisme démontré par les élites de l&rsquo;ancien régime quand&nbsp;elles survivent aux nouveaux dirigeants n’est cependant souvent pas dénué d’arrière-pensées. A l’inverse, les dirigeants du nouveau régime sont souvent enclins à s’appuyer sur les anciennes élites afin d’asseoir leur pouvoir et leur légitimité, au prix de compromis où l’une ou l’autre partie trouve son intérêt.</p>



<p>1860 est l’année où la Sicile a été intégrée au nouveau royaume d’Italie après avoir été conquise par les chemises rouges du fameux Garibaldi sur la dynastie des Bourbons de Naples qui dominaient tout le sud de la botte italienne dans le cadre de ce qu’on nommait <em>«royaume des Deux Sicile»</em>, et qui&nbsp; disparut avec l’unité italienne.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Douze personnes poignardées dans les rues de Palerme</h2>



<p>Le 1er octobre 1862, douze personnes étaient poignardées le soir dans les rues de Palerme, par des personnes portant des vêtements semblables. L’un deux était immédiatement arrêté dans une boutique de cordonnier et on retrouvait rapidement sur lui un poignard ensanglanté ainsi qu’une somme considérable. Il donnait alors outre les noms de ses complices, celui du commanditaire, Romualdo Trigona, autrement dit le Prince de Santa Elia, un richissime propriétaire sicilien, membre du sénat italien, ayant occupé dans l’ancien régime des responsabilités importantes en tant que responsable du comité des prisons, dans le domaine de l’art et dans celui de l’archéologie. Il avait été exilé un peu avant la chute des Bourbons durant près d’une année pour des raisons qui étaient demeurées obscures et cela lui avait valu honneur et reconnaissance des dirigeants du royaume d’Italie lors du Risorgimento. Il avait été récompensé par un poste de sénateur.</p>



<p>Pour en revenir à l’enquête, onze personnes étaient arrêtées, mais le procureur et le juge d’instruction refusaient de croire en l’incrimination du prince sur un seul témoignage. Le procès tenu en janvier 1863 aboutissait à la condamnation à mort de trois des onze criminels.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="lySH05AvxI"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/28/histoire-de-ia-sicile-au-confluent-de-deux-mondes-une-nation-sous-le-boisseau/">‘‘Histoire de Ia Sicile’’: au confluent de deux mondes, une nation sous le boisseau</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Histoire de Ia Sicile’’: au confluent de deux mondes, une nation sous le boisseau » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/28/histoire-de-ia-sicile-au-confluent-de-deux-mondes-une-nation-sous-le-boisseau/embed/#?secret=uPCTv9A12n#?secret=lySH05AvxI" data-secret="lySH05AvxI" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Cependant, le jour du verdict, quatre nouvelles&nbsp;attaques au couteau étaient menées et trois autres personnes étaient arrêtées. L’un des blessés qui devait mourir donnait avec sa femme une description de l’assaillant sur laquelle il se rétractait pour en donner une nouvelle ne correspondant en rien à la première, et l’enquête découvrait la visite à son chevet d’un commissaire de police en dehors de sa compétence territoriale. Un indicateur de police dans la prison, Matana, rapportait alors que l’un des auteurs des attentats lui avait demandé d’aller voire le Prince Santa Elia afin de lui demander de s’occuper de sa famille. La rencontre était alors organisée en présence d’un prêtre bien connu de l’Eglise et du beau frère, le Prince Giardini, un ancien du maquis de l’Aspromonte avec Garibaldi. Santa Elia haranguait alors les présents au nom de leur cause commune et consentait à débourser l’argent en le faisant distribuer aux familles des condamnés à mort et des détenus. L’informateur établissait même la connivence du Prince avec un groupe armé opérant dans la campagne des environs de Palerme, à Misilmeri.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’instabilité favorise l’installation de régimes forts</h2>



<p>Il faut ici préciser que sur le plan politique, après la réunification, le nouveau Royaume d’Italie était confronté à l’opposition de ce ceux qui œuvraient pour le retour des Bourbons et qui s’organisaient en comité, et ceux jugés <em>«excessifs»</em> qui luttaient contre les Bourbons et toute intervention de l’Eglise catholique dans les affaires italiennes.&nbsp;</p>



<p>Le rapport de Matana précipitait alors la décision des autorités d’intervenir et d’arrêter les suspects mais le coup de filet englobait toutes les oppositions, à l’initiative de la préfecture de police, rendant la thèse du complot contre la sûreté de l’Etat ridicule. Les gens du parti excessif, journalistes, avocats et médecins, étaient relâchés au bout de quelques jours. Une perquisition était effectuée chez Santa Elia et une salle secrète découverte dans son palais avec un mannequin à grelots où un poignard était fiché d’une manière identique aux attentats, dans le dos.</p>



<p>Cependant, les autorités, autrement dit les ministres de l’Intérieur et de la Justice, refusaient d’arrêter le Prince, ou de le traduire en justice. Le sénat italien lui marquait sa solidarité, et&nbsp; les magistrats en charge du dossier étaient désavoués avant d’être mutés.</p>



<p>Néanmoins, mis à part les prêtres, toutes les personnes réellement impliquées étaient jugées et condamnées. Le Prince Santa Elia, lui, était honoré en présidant même, au nom du Roi d’Italie Victor Emmanuel,&nbsp;des cérémonies publiques.</p>



<p>Pourquoi occupant une place aussi éminente avait-il tenté de favoriser le retour de François II le roi bourbon de Naples? La question demeure toujours débattue. Il est certain que le Parlement Sicilien (des nobles) avait voté en 1849 après le Printemps des Peuples la déchéance du Roi Ferdinand II qui était retourné une année plus tard et dont l’armée avait bombardé la ville de Messine qui s’était pourtant rendue, valant à ce dernier le surnom de Roi Bomba.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="7GDcxegniu"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/25/les-ecrits-corsaires-le-limes-la-consommation-et-le-fascisme-de-giorgia-meloni/">‘‘Les écrits corsaires’’: Le limes, la consommation, et le fascisme de Giorgia Meloni</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Les écrits corsaires’’: Le limes, la consommation, et le fascisme de Giorgia Meloni » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/25/les-ecrits-corsaires-le-limes-la-consommation-et-le-fascisme-de-giorgia-meloni/embed/#?secret=fe9a2wkFws#?secret=7GDcxegniu" data-secret="7GDcxegniu" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Il faut donc admettre que les Siciliens, c’est-à-dire les nobles, les gens qui comptent, ne furent ni pour ni contre les Bourbons, mais pour la sauvegarde de leurs intérêts. Que l’on nomme cela nationalisme ou pas se discute. Cependant que les nobles siciliens aient organisé une action terroriste de grande ampleur telle que les attaques au poignard au hasard dans les rues afin de provoquer la peur et pousser les gens à souhaiter le retour de l’ancien régime, ou à le favoriser, peut se concevoir.</p>



<p>En Italie, dans les années 70, le terrorisme, celui des brigades rouges mais aussi celui qualifié de noir, de l’extrême droite, s’était inséré dans uns stratégie <em>«dite de la tension»</em> de lutte contre le communisme imposée par les alliés américains, et favorisant l’installation de régimes forts, c’est-à-dire répressifs fascisants.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La revanche de l’Etat sur l’oligarchie &nbsp;</h2>



<p>Durant une quinzaine d’années le nouveau régime démocrate chrétien n’avait été que le continuateur du régime fasciste (selon Pier Paolo Pasolini). Cela appelle certaines comparaisons. En Tunisie, le 7 novembre 1987 avait vu l’avènement d’une classe affairiste supplantant en douceur celle issue de la légitimité <em>«révolutionnaire»</em> des militants bourguibistes du Destour. Avec ce que l’on a qualifié de <em>«révolution du jasmin»</em>, cette classe affairiste incarnée par le parti Nidaa Tounes avait dû cohabiter avec les militants du parti Ennahdha inféodés à la Turquie et au Qatar afin de préserver ses intérêts. Le terrorisme (l’assassinat de Chokri Belaid et Mohamed Brahmi) s’était greffé sur cette alliance. Quel rôle a-t-il joué? On n’en sait encore rien évidemment mais le Parti destourien libre (PDL) qui a supplanté le Nidaa et ses sous-produits&nbsp;en avait fait son cheval de bataille pour un retour à <em>«l’âge d’or»</em> de Ben Ali. En vain, puisque finalement le pouvoir a échu dans sa totalité au nouvel homme fort dont le discours populiste et les arrestations d’opposants et d’hommes d’affaires n’ont remis&nbsp;nullement en cause l’économie de marché. Simplement, ainsi que cela s’est passé en Chine et en Russie, il semble que l’Etat ait pris une nouvelle fois le pas sur l’oligarchie qui doit donner des gages tangibles de sa fidélité. C’est oublier que celle-ci soit désormais greffée sur l’ordre mondial garanti par les Etats-Unis d’Amérique.</p>



<p>Le terrorisme a-t-il encore un rôle à jouer en Tunisie? Ce qui est certain c’est que le parti Ennahdha démantelé, le terrorisme a disparu. Parce qu’il a été privé de ses commanditaires, ou bien parce qu’il n’a plus de raison d’être? Là est la question !</p>



<p>Si le parti Ennahdha s’est indubitablement compromis dans la guerre de Syrie en envoyant des jeunes mercenaires combattre là-bas, les attentats terroristes réalisés sur le territoire tunisien ne l’ont pas servi. Un terrorisme en aurait caché ainsi un autre? Il faut chercher à qui a profité le crime.&nbsp;</p>



<p><em>* Médecin de libre pratique. </em></p>



<p><strong><em>‘‘Les poignardeurs suivi de la disparition de Majorana’’ de Sciascia Leonardo, Les lettres nouvelles, Paris 1977, 221 pages.</em></strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/11/les-poignardeurs-la-transition-politique-des-elites-et-le-terrorisme-une-vieille-histoire-sicilienne/">‘‘Les poignardeurs’’ : la transition politique des élites et le terrorisme, une vieille histoire sicilienne</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Tunisie : Ahmed Ben Mustapha auditionné par la brigade antiterroriste</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/07/tunisie-ahmed-ben-mustapha-auditionne-par-la-brigade-antiterroriste/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Aug 2023 11:55:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Ben Mustapha]]></category>
		<category><![CDATA[Attayar]]></category>
		<category><![CDATA[Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Hamdi]]></category>
		<category><![CDATA[Nidaa Tounes]]></category>
		<category><![CDATA[Riadh Chaibi]]></category>
		<category><![CDATA[UGTT]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'ancien député Ahmed Ben Mustapha entendu par le pôle judiciaire antiterroriste à la caserne de Bouchoucha à Tunis.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/07/tunisie-ahmed-ben-mustapha-auditionne-par-la-brigade-antiterroriste/">Tunisie : Ahmed Ben Mustapha auditionné par la brigade antiterroriste</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Après l’ancien ministre de l’Education <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/14/tunisie-mohamed-hamdi-laisse-en-liberte/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mohamed Hamdi</a> (Courant démocrate, Attayar), c’est au tour d’Ahmed Ben Mustapha (ancien député Nidaa Tounes) d’être entendu par le pôle judiciaire antiterroriste à la caserne de Bouchoucha, le Bardo, Tunis.</em></strong></p>



<span id="more-9273823"></span>



<p>C’est Ben Mustapha qui l’a annoncé lui-même, ajoutant qu’il sera entendu par les enquêteurs mardi 8 août 2023, sans donner plus d’explication.</p>



<p>Il semble, selon certaines sources, qu’une seconde liste d’activistes politiques, dont Mohamed Hamdi, Ahmed Ben Mustapha et Riadh Chaibi (Ennahdha), vont être entendus pour complot contre l’Etat. Comme ceux de la première liste, dont la plupart des membres sont emprisonnés depuis février dernier, les activistes figurant dans la seconde liste auraient échangé des commentaires sur la situation politique dans le pays à travers une discussion Instagram.</p>



<p>Ancien militant de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) et de la gauche populaire, Mustapha Ben Ahmed a intégré Nidaa Tounes dès sa création en 2012. Elu au parlement en 2015 sur une liste de ce parti de centre-gauche, il a rejoint Machrou Tounes en 2016 puis Tahya Tounes en 2019.</p>



<p>Âgé aujourd’hui de 74 ans, Mustapha Ben Ahmed a pris ses distances de la vie politique et se consacre désormais à l’écriture littéraire.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong> &nbsp;&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/07/tunisie-ahmed-ben-mustapha-auditionne-par-la-brigade-antiterroriste/">Tunisie : Ahmed Ben Mustapha auditionné par la brigade antiterroriste</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Tunisie : l’opposition politique fragmentée au régime de Kaïs Saïed</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/06/tunisie-lopposition-politique-fragmentee-au-regime-de-kais-saied/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Apr 2023 10:24:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abir Moussi]]></category>
		<category><![CDATA[Aymen Bessalah]]></category>
		<category><![CDATA[Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[FMI]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Nidaa Tounes]]></category>
		<category><![CDATA[opposition]]></category>
		<category><![CDATA[Parti démocrate]]></category>
		<category><![CDATA[UGTT]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Aucun changement n’est à venir en Tunisie et le dialogue entre les citoyens, et pas seulement entre les acteurs politiques, semble de plus en plus éloigné.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/06/tunisie-lopposition-politique-fragmentee-au-regime-de-kais-saied/">Tunisie : l’opposition politique fragmentée au régime de Kaïs Saïed</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Alors que Kaïs Saïed consolide son emprise sur la vie politique, l’opposition politique tunisienne reste fragmentée sans perspectives viables de rapprochement dans un avenir proche.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Aymen Bessalah</strong></p>



<span id="more-7288204"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Aymen-Bessalah.jpg" alt="" class="wp-image-7275737" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Aymen-Bessalah.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Aymen-Bessalah-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Aymen-Bessalah-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Le 13 mars 2023, le parlement tunisien récemment élu a tenu sa première session. Quelques jours auparavant, le président Kaïs Saïed avait pris une décision de dernière minute pour imposer son programme politique en dissolvant les conseils municipaux et en modifiant la loi électorale, en mettant à leur place des conseils locaux et régionaux qui éliraient finalement la deuxième chambre du parlement. Avec ces derniers décrets, Saïed a démantelé l’intégralité de l’édifice politique institutionnel de la Constitution de 2014.</p>



<p>Dans le même temps, alors que Saïed consolide son emprise sur la vie politique tunisienne, un problème plus important persiste en arrière-plan. Bien que l’opposition subisse actuellement des attaques ciblées alors que les arrestations et les poursuites se multiplient contre ses membres, elle reste fragmentée face à ces dépassements, sans perspective viable de rapprochement dans un avenir proche.</p>



<p>Parallèlement à tout cela, il y a l’initiative de salut national portée par l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) et d’autres organisations, et dont les contours restent inconnus et seront adressés à Saïed.</p>



<p>À la lumière de ces développements, ou de leur absence, une ventilation des variables en jeu est nécessaire alors que la Tunisie entre dans une nouvelle phase du règne de Saïed.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Fragmentation persistante</h2>



<p>Dans l’état actuel des choses, l’essentiel des partis opposés à Saïed peut être classé en trois groupes. Le premier est le Front de salut national : ses principales composantes sont le parti Ennahdha, d’anciennes figures de Nidaa Tounes (un ancien parti de la coalition au pouvoir et celui de feu le président Caïd Essebsi), et d’autres personnalités politiques indépendantes qui se sont ralliées au mouvement Citoyens contre le coup d’État depuis les premiers jours de la prise de pouvoir de Saïed. Le second est un quatuor de partis sociaux-démocrates, composé du Courant démocrate, qui comptait un nombre décent de députés au parlement de 2019, et d’Ettakatol, l’ancien membre de la coalition au pouvoir de 2011-2013. Le troisième et dernier groupe est le Parti destourien libre (PDL) d’Abir Moussi, un parti faisant l’apologie de Ben Ali, qui ne reconnaît pas la révolution et qui était déjà isolé lors de la dernière législature.</p>



<p>Depuis l’auto-coup d’État de Saïed le 25 juillet 2021, les acteurs de l’opposition ont cherché à se distinguer les uns des autres, et la plupart de ces partis ne se sont pas fermement – ou totalement – opposés aux mesures de Saïed, à l&rsquo;exception des membres du Front de salut national. Les partis et acteurs ont appelé à une feuille de route claire et à une approche participative vers une phase de transition avant d’exprimer rapidement leur opposition suite à la promulgation du décret 117 en septembre 2022, avec lequel Saïed a monopolisé tout le pouvoir et gouverné par décret. Le PDL a même tenté de capitaliser sur le 25 juillet 2021 comme une victoire de sa propre campagne anti-Ennahdha et hostile à l’islam politique. Pour référence, les députés du PDL et Abir Moussi ont joué un rôle majeur dans la paralysie des travaux parlementaires de 2019 avant sa suspension en 2021 et sa dissolution ultérieure en 2022.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="3VsovC4ceg"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/05/initiative-de-salut-de-lugtt-sauver-la-tunisie-ou-se-sauver/">Initiative de salut de l’UGTT : sauver la Tunisie ou se sauver soi-même ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Initiative de salut de l’UGTT : sauver la Tunisie ou se sauver soi-même ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/05/initiative-de-salut-de-lugtt-sauver-la-tunisie-ou-se-sauver/embed/#?secret=KzcZQDVZIp#?secret=3VsovC4ceg" data-secret="3VsovC4ceg" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Il convient également de noter que la plupart des partis politiques, y compris les composantes du Courant démocratique, continuent de prendre leurs distances d’une alliance ouverte avec le Front de salut national. Cela n’est pas surprenant, car il y a encore de nombreux Tunisiens et acteurs politiques qui tiennent Nidaa Tounes et Ennahdha pour responsables des difficultés socio-économiques non résolus après 2011 et de la politique politicienne qui a permis à Saïed de s’emparer d’un pouvoir aussi illimité.</p>



<p>(&#8230;) Cette approche attentiste initiale qui a été adoptée par beaucoup en juillet 2021 concernant la prise de pouvoir de Saied, bien qu’elle ait reculé en faveur de l’orientation de l&rsquo;essentiel des critiques vers ce dernier, est toujours présente. La méfiance actuelle à l’égard de tout rapprochement avec le Front de salut national et Ennahdha s’enracine dans cette vision.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un mirage de ralliement</h2>



<p>Face à une telle fragmentation, la seule initiative politique qui peut, à première vue, avoir une chance d’aider à sortir de l’impasse politique actuelle est l’initiative de l’UGTT, de l’Ordre des avocats de Tunisie, de la Ligue tunisienne des droits de l&rsquo;homme et du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux. Lancée la veille du second tour des élections législatives de janvier 2023, cette nouvelle initiative cherche à jouer un rôle similaire à celui du quatuor lauréat du prix Nobel de la paix qui a négocié un dialogue au milieu de la crise de 2013.</p>



<p>Malgré le rôle critique que chacune des quatre organisations a joué dans l’histoire récente de la Tunisie, l’essentiel de son poids politique repose sur l’UGTT, et on sait peu de choses sur ce que cette initiative proposera ou quand ses éléments deviendront des informations publiques. Malgré les espoirs qu’elle suscités à ses débuts, cette initiative perd de sa pertinence au fil du temps et semble peu encline à rompre avec la voie sur laquelle le pays est engagé.</p>



<p>À partir de diverses déclarations de sa direction, suite à un manque initial de clarté sur le rôle des partis, l’UGTT a déclaré qu’elle ne s’engagerait pas avec des partis qui considèrent les événements de juillet 2021 comme un coup d’État.</p>



<p>Cela signifie qu’en plus de l’improbabilité d’un rapprochement entre les principales factions de l’opposition, l’UGTT maintiendra probablement également ses distances avec les partis d’opposition. Peut-être que le seul scénario possible où l’UGTT pourrait se rapprocher des partis d’opposition est un affrontement prolongé avec Saïed, en particulier à travers des procès ciblant la direction intermédiaire du syndicat, ce qui est actuellement le cas.</p>



<p>Une autre variable importante qui persiste est le retard du programme du FMI et son train de réformes impopulaires, que l’UGTT rejette. Pour autant, le syndicat semble plus intéressé à participer et à influencer la trajectoire politique actuelle du pays qu’à y mettre un terme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Situation appelée à durer </h2>



<p>Indifférent à tout cela, Saïed refuse tout dialogue avec ses opposants qu’il qualifie de<em> «traîtres»</em> et de <em>«corrompus»</em>. Le président ignore également les appels au dialogue avec les divers acteurs politiques, y compris les syndicats et autres organisations de la société civile.<em> «Pourquoi avons-nous eu des élections alors?»</em>, a-t-il lancé  dans une de ses récentes déclarations.</p>



<p>Le président continue d’être catégorique dans sa conviction qu’aucun corps intermédiaire – en d’autres termes, aucun média, syndicat, organisation ou parti – n’est absous des <em>«crimes»</em> commis contre le peuple, et qu’il est là pour remédier à la situation, reprendre la voie révolutionnaire et <em>«nettoyer»</em> le pays. Ses attaques contre les médias et ses accusations contre toutes les entités qui critiquent ses mesures s’inscrivent dans cette logique, tout comme ses tentatives d’éloigner les partis des récentes élections en imposant un scrutin individuel pour affaiblir vraisemblablement l’influence des partis.</p>



<p>La plupart, sinon la totalité, des déclarations présidentielles incluent des discours sur la trahison ou les complots, qui font reprennent les griefs des Tunisiens et les théories complotistes répandues.</p>



<p>Un autre élément qui renforce la position de Saïed est l’absence de toute auto-évaluation publique ou d’un véritable mea culpa à travers le spectre politique pour les échecs dans la consolidation d’une démocratie post-révolution. En l’absence d’une évaluation interne par chaque parti – en particulier ceux qui faisaient partie des coalitions au pouvoir – de leur part du fardeau politique actuel et sans l’émergence de nouvelles directions à la tête des partis, la Tunisie est vouée à continuer sur cette voie.</p>



<p>Plus important encore, la position de Saïed est actuellement également renforcée par le nouveau parlement et l’annonce attendue des élections des autorités locales suite à l’introduction de ses conseils locaux par le biais d’amendements de la loi électorale. Ces conseils composeraient à leur tour la deuxième chambre du parlement.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="EKwWY6l1Xy"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/05/pour-mieux-repondre-aux-attentes-de-la-societe-civile-en-tunisie/">Pour mieux répondre aux attentes de la société civile en Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Pour mieux répondre aux attentes de la société civile en Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/05/pour-mieux-repondre-aux-attentes-de-la-societe-civile-en-tunisie/embed/#?secret=Q5S1QUmskw#?secret=EKwWY6l1Xy" data-secret="EKwWY6l1Xy" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Saïed aura désormais deux tampons : le gouvernement qui porte la responsabilité de la détérioration de l’économie et le parlement nouvellement créé qui agira comme un tampon politique et juridique lorsqu’il adoptera les nouvelles lois malgré le boycott des élections par la plupart des partis et les 11% de participation.</p>



<p>Reste à savoir dans quelle mesure ce parlement serait un allié direct du président puisque sa composition n’a pas encore été confirmée. De nombreuses déclarations ont été faites sur la victoire écrasante des partis et coalitions pro-Saïed, mais un rapport d’enquête d’Al-Qatiba affirme que 125 des 154 députés élus sont indépendants. Néanmoins, en plus du fait que le parlement n’a aucun pouvoir réel de destituer Saïed, le président jouit de pouvoirs législatifs au-delà du décret 117, car il peut organiser des référendums législatifs et contourner le parlement.</p>



<p>Une fois les élections des conseils locaux annoncées, les débats publics porteront sur le rôle de ces conseils au sein des nouvelles institutions en plus des débats actuels sur la réduction de l’espace civique et des libertés politiques.</p>



<p>En attendant, on ne sait pas encore quelles seraient les priorités législatives du prochain parlement. Cette nouvelle<em> «fonction»</em> législative, comme aime à l’appeler le président, agissant comme un tampon politique pour Saïed, pourrait même adopter des lois et des amendements restrictifs, comme celui restreignant la société civile par exemple.</p>



<p>Plus important encore, le parlement serait également un substitut parfait à Saïed pour continuer à faire pression sur le gouvernement contre le paquet de réformes requis préconisé par le FMI, car il pourrait s’opposer aux réformes qui affecteraient les subventions et les entreprises publiques.</p>



<p>Au terme du premier trimestre de 2023, la Tunisie poursuit son déclin économique; le parlement impuissant est en session; d’autres élections sont susceptibles de se produire et, pendant ce temps, des organisations clés élaborent une feuille de route qui écarte les partis d’opposition dans l’espoir d’ouvrir la voie à un rapprochement avec Saïed.</p>



<p>Compte tenu de tout cela, aucun changement n’est à venir et le dialogue entre les citoyens, et pas seulement entre les acteurs politiques, semble de plus en plus éloigné.</p>



<p>* <em>Chercheur non résident au <a href="https://timep.org/2023/03/29/the-fragmented-political-opposition-to-kais-saieds-rule/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Tahrir Institute (Timep).</a> </em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/06/tunisie-lopposition-politique-fragmentee-au-regime-de-kais-saied/">Tunisie : l’opposition politique fragmentée au régime de Kaïs Saïed</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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