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	<title>Archives des Rashid Khalidi - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Rashid Khalidi - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>L’historien Rashid Khalidi dénonce la dérive vichyste de l’Université de Columbia</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 06:03:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[antisémitisme]]></category>
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		<category><![CDATA[Rashid Khalidi]]></category>
		<category><![CDATA[université de Columbia]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le terme d'université sied-il encore à Columbia qui, sous la pression du lobby sioniste et de l'administration Trump, connaît actuellement une dérive vichyste ?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/27/lhistorien-rashid-khalidi-denonce-la-derive-vichyste-de-luniversite-de-columbia/">L’historien Rashid Khalidi dénonce la dérive vichyste de l’Université de Columbia</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’historien américano-palestinien Rashid Khalidi, titulaire de la chaire Edward Saïd d’études arabes modernes à l’Université de Columbia et longtemps chef de son département Moyen-Orient, s’est demandé si le terme université sied encore à Columbia et a dénoncé une dérive vichyste.</em></strong></p>



<p><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-15990265"></span>



<p>Ces critiques sont intervenues après que la célèbre université de l’Ivy League ait accepté la mise sous la tutelle fédérale de son département Moyen-Orient ce qui fait qu’elle a perdu de facto son indépendance et que le lobby sioniste a fini par mettre sa main dessus.</p>



<p>L’administration Trump avait menacé Columbia de lui retirer les 400 millions de dollars que lui alloue chaque année l’État fédéral si elle refusait la tutelle sur le département Moyen-Orient.</p>



<p>Dans une tribune publiée dans les colonnes du quotidien britannique <a href="https://www.theguardian.com/commentisfree/2025/mar/25/does-columbia-merit-the-name-of-university" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Guardian</a>, Khalidi a souligné que la célèbre université new-yorkaise a toujours été gérée comme un empire financier et non comme une institution éducative et qu’aujourd’hui elle agit comme <em>«Vichy sur l’Hudson»</em> en référence au gouvernement pronazi de Vichy en France pendant la Seconde Guerre mondiale. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="eB113VJM6L"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/03/columbia-la-police-new-yorkaise-ecarte-les-journalistes-pour-imposer-son-recit-biaise/">Columbia : La police new-yorkaise écarte les journalistes pour imposer son récit biaisé</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Columbia : La police new-yorkaise écarte les journalistes pour imposer son récit biaisé » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/03/columbia-la-police-new-yorkaise-ecarte-les-journalistes-pour-imposer-son-recit-biaise/embed/#?secret=CpQQQ9vX9a#?secret=eB113VJM6L" data-secret="eB113VJM6L" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Khalidi a écrit au début de son article: <em>«Il n’a jamais été question d’éradiquer l’antisémitisme. Il a toujours été question de réduire la Palestine au silence. C’est ce à quoi aboutirait la réduction au silence des manifestants étudiants et maintenant celle des professeurs.»</em>&nbsp;Il a ajouté que de beaucoup des étudiants lourdement sanctionnés pour avoir soutenu Gaza et que nombreux membres du corps enseignant qui perdront leur liberté académique et leur droit de diriger l’université et qui risquent d’être expulsés sont eux-mêmes juifs et même pour certains d’entre eux étant Israéliens. Il a également pointé du doigt la partialité des dirigeants de l’université: <em>«S’il s’agissait réellement de discrimination, l’université aurait pris des mesures contre le harcèlement continu des étudiants et des professeurs palestiniens, arabes et musulmans ainsi que de leurs alliés et sympathisants plutôt que de soutenir leur harcèlement et de le permettre»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Justifier les massacres des Palestiniens</h2>



<p>Le cœur du problème n’est pas la discrimination mais plutôt la protection des mensonges évidents selon lesquels la guerre israélo-américaine en cours depuis 17 mois et le génocide contre l’ensemble du peuple palestinien n’étaient rien de plus qu’une guerre contre le Hamas ou que tout ce qui s’est passé le 7 octobre 2023 peut justifier les massacres en cours d’au moins 50 000 personnes à Gaza principalement des femmes, des enfants et des personnes âgées ainsi que le nettoyage ethnique dont sont victimes les Palestiniens dans leur patrie.</p>



<p>Ces mensonges, fabriqués par Israël et imprégnés par le système politique et les élites riches ont été répétés sans relâche sous les administrations Biden et Trump et dans des médias comme le <em>New York Times</em> et <em>Fox News</em> et bénéficient désormais de l’approbation officielle d’une université autrefois grande.</p>



<p>Khalidi ajoute que ces mensonges sont enracinés dans un racisme flagrant. Frantz Fanon écrivait que le dualisme du colonisateur atteint parfois <em>«sa conclusion logique, dépouillant l’indigène de son humanité ou le transformant simplement en animal»</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="6EbIvfEHkp"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/23/genocide-a-gaza-luniversite-de-columbia-au-coeur-de-la-tempete/">Génocide à Gaza: L’université de Columbia au cœur de la tempête</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Génocide à Gaza: L’université de Columbia au cœur de la tempête » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/23/genocide-a-gaza-luniversite-de-columbia-au-coeur-de-la-tempete/embed/#?secret=qGQrTSKrx5#?secret=6EbIvfEHkp" data-secret="6EbIvfEHkp" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>En effet, l’ancien ministre israélien de la Défense Yoav Galant a déclaré en octobre 2023 que les Palestiniens étaient des <em>«animaux humains»</em>. Benjamin Netanyahu a déclaré à leur sujet: <em>«Je ne les décrirais pas comme des animaux humains car ce serait une insulte aux animaux»</em>.</p>



<p>Khalidi soutient que dans le cadre de cette guerre coloniale et à travers ces prismes, la vie des Palestiniens –ainsi que celle des personnes de couleur et des Noirs– devient une masse sans valeur, sans identité, dépouillée d’humanité tandis que la vie des autres se voit conférer sainteté et pathétique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un monde cauchemardesque</h2>



<p>L’historien souligne la nécessité de s’accrocher à ces faits le plus longtemps possible car dans ce monde cauchemardesque dans lequel nous sommes entrés même faire référence à la race et au racisme est, ou deviendra bientôt, une violation de la lecture déformée actuelle de la loi fédérale américaine.</p>



<p>Une fois que les traîtres qui dirigent l’Université Columbia auront exécuté les ordres de leurs maîtres à Washington et de <em>«son Conseil des régents»</em> et que ces actions se seront propagées à d’autres universités menacées, enseigner ou même simplement citer un texte juridique deviendra risqué tout comme mentionner la race et le racisme sans parler d’autres questions comme le genre et le handicap.</p>



<p>Khalidi estime que les universités américaines se rapprochent d’une situation similaire à celle des universités chiliennes à l’époque de Pinochet où les idées et les livres étaient interdits, les étudiants expulsés et arrêtés, les départements universitaires saisis par les autorités et les professeurs et le personnel licenciés tout cela à la demande d’un gouvernement autoritaire.</p>



<p>Khalidi commente: <em>«Nous ne devrions pas être tristes de ce qu’est devenue l’Université Columbia. Aussi formidable qu’elle ait été, ce qui se passe aujourd’hui n’est pas nouveau»</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="gwHyloNyJH"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/14/laffaire-du-palestinien-mahmoud-khalil-secoue-les-etats-unis/">L’affaire du Palestinien Mahmoud Khalil secoue les États-Unis</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’affaire du Palestinien Mahmoud Khalil secoue les États-Unis » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/14/laffaire-du-palestinien-mahmoud-khalil-secoue-les-etats-unis/embed/#?secret=ndnk1KuYj4#?secret=gwHyloNyJH" data-secret="gwHyloNyJH" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Avant la vague actuelle d’expulsions et de suspensions, Columbia n’avait expulsé qu’une seule fois un étudiant pour avoir manifesté pacifiquement dans son histoire. C’était en 1936, lorsqu’un étudiant avait été expulsé pour avoir protesté contre le fait de donner une tribune aux Nazis. En 1953, le président de l’université a signé une lettre déclarant que les communistes n’étaient pas qualifiés pour enseigner. Les administrateurs de l’Université de Columbia ont également renvoyé deux membres du corps enseignant pour s’être opposés à la Première Guerre mondiale pour des raisons pacifistes tandis que les étudiants qui refusaient de participer à la guerre pour des raisons de conscience ont été arrêtés et même emprisonnés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une longue tradition de répression</h2>



<p>L’Université Columbia a longtemps été gérée davantage comme un vaste et riche empire commercial et immobilier que comme un établissement d’enseignement. C’est un endroit où les politiques sont imposées par les administrateurs, les donateurs et les instituts professionnels influents et non par le corps universitaire.</p>



<p>Au printemps 2024, les deux tiers des professeurs du Collège des arts et des sciences ont voté pour destituer la présidente de l’université qui avait cédé à la pression extérieure, abdiqué ses responsabilités et même appelé le département de police de New York sur le campus pour la première fois depuis 1968. Cependant, celle qui lui a succédée l’a dépassée, renforçant la longue tradition de répression de l’université et sa soumission humiliante aux diktats du gouvernement, promue et soutenue avec enthousiasme par des collaborateurs au comportement honteux au sein de l’institution.</p>



<p>Pour Rashid Khalidi, après sa reddition vendredi dernier, Columbia ne mérite guère d’être appelée une université. Son enseignement et ses recherches sur le Moyen-Orient –et bientôt sur d’autres domaines– seront étroitement surveillés par un <em>«vice-président principal pour l’éducation inclusive»</em>, qui est en fait un vice-président principal pour la propagande israélienne.</p>



<p>Les partisans d’Israël, irrités par la présence de recherches sur la Palestine à l’Université de Columbia, ont surnommé cette initiative <em>«Birzeit sur l’Hudson»</em>&nbsp;par référence à l’université palestinienne de Birzeit en Cisjordanie. Mais si elle mérite encore d’être appelée une université, elle devrait plutôt s’appeler <em>«Vichy sur l’Hudson»</em> et non <em>«Birzeit sur l’Hudson»</em>.</p>



<p><strong><em>Articles de Rashid Khalidi dans Kapitalis: </em></strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="V7gP9hr1Iw"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/24/du-fleuve-a-la-mer-il-est-temps-daffronter-la-version-israelienne/">«Du fleuve à la mer» : il est temps d’affronter la version israélienne</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «Du fleuve à la mer» : il est temps d’affronter la version israélienne » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/24/du-fleuve-a-la-mer-il-est-temps-daffronter-la-version-israelienne/embed/#?secret=8OVpAKV2Iz#?secret=V7gP9hr1Iw" data-secret="V7gP9hr1Iw" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="W3AAzyfpIw"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/28/histoire-aux-sources-lalliance-americano-israelienne/">Histoire : aux sources de l’alliance américano-israélienne</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Histoire : aux sources de l’alliance américano-israélienne » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/28/histoire-aux-sources-lalliance-americano-israelienne/embed/#?secret=5zgINjXCAn#?secret=W3AAzyfpIw" data-secret="W3AAzyfpIw" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/27/lhistorien-rashid-khalidi-denonce-la-derive-vichyste-de-luniversite-de-columbia/">L’historien Rashid Khalidi dénonce la dérive vichyste de l’Université de Columbia</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Kamel Daoud n’est pas sioniste</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/05/kamel-daoud-nest-pas-sioniste/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Nov 2024 10:42:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
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		<category><![CDATA[Rashid Khalidi]]></category>
		<category><![CDATA[sionisme]]></category>
		<category><![CDATA[Tahar Djaout]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Kamel Daoud n'est pas sioniste. Il plaide pour une lecture objective et dépassionnée de l’Histoire et des massacres perpétrés en Palestine.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/05/kamel-daoud-nest-pas-sioniste/">Kamel Daoud n’est pas sioniste</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Ce qui se passe en Palestine est bien évidemment abjecte et tragique, et Kamel Daoud le sait mieux que quiconque ! En revanche, il estime que les plaidoyers en faveur de la cause palestinienne sont toujours motivés par l’émotion et les sentiments. Pour le lauréat du prix <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/04/lecrivain-algerien-kamel-daoud-remporte-le-prix-goncourt-2024-pour-houris/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Goncourt 2024</a>, il ne suffit pas de chialer, de parler de colonisation et d’injustice, de se placer invariablement dans la posture de la victime outragée pour avoir raison. Ce qui l’irrite au plus haut point, c’est «l’orthodoxie pro-palestinienne que l’on ne doit jamais penser ni interroger» (<a href="https://flam-mauritanie.org/kamel-daoud-ce-pourquoi-je.../" target="_blank" rel="noreferrer noopener">cf. son article traitant de cette question</a>).</em></strong></p>



<p><strong>Mohamed Sadok Lejri *</strong> &nbsp;</p>



<span id="more-14537911"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/08/Mohamed-Sadok-Lejri-1.jpg" alt="" class="wp-image-358589"/></figure></div>


<p>Les peuples dits arabo-musulmans doivent s’imposer un travail intellectuel très poussé et procéder à un travail de déconstruction. Un long travail de déconstruction théorique et de reconstruction politique doit être effectué pour démontrer aux Occidentaux, aux puissants de ce monde et aux peuples étrangers à ce conflit que la réalité n’est pas telle qu’ils l’entendent. Les Juifs ont été capables d’imposer leur vision du conflit, de l’Histoire, voire leurs légendes, et pas toujours par l’oppression et la menace telles que la loi Gayssot qui est une véritable honte pour la France.</p>



<p>En effet, il faut bien démontrer que ceux qui défendent la politique de l’Etat d’Israël le font à partir de présupposés historiques. Ces derniers doivent être déconstruits pour mettre en évidence leur caractère infondé. Si l’on ne déconstruit pas ces présupposés historiques, les défenseurs de la cause palestinienne ne pourront pas contester l’orientation actuelle d’Israël de façon sérieuse et s’en tiendront aux arguments superficiels et au manichéisme primaire : <em>«nous les gentilles victimes vs eux les méchants sionistes»</em>, etc.</p>



<p>Il faut travailler sur la démythification d’Israël pour lui ôter toute légitimité. Les chercheurs et intellectuels israéliens et sionistes ont bien exploré ce champ de recherche, contrairement à ceux du monde dit arabo-musulman qui, à quelques exceptions près, et pour des raisons idéologiques, s’interdisent certaines études et formations telles que l’hébreu ou l’analyse de la Thora et du Talmud.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Colonisation ou <em>«reconquête»</em></h2>



<p>Les Israéliens estiment que cette terre leur appartient depuis 3000 ans, voire 5000 ans. Ainsi, tout ce qui vient après, notamment les exactions et expropriations commises par l’armée israélienne, ne sont plus de la colonisation pour eux, mais, au contraire, une <em>«reconquête»</em>, une <em>«décolonisation»</em>. Il y a ce dogme qui est loin d’être une vérité de raison et qui prétend que cette terre est à eux, qu’elle leur appartient de droit divin, parce que Yahvé en a voulu ainsi. Il faut déconstruire tout cela.</p>



<p>Comme cette terre leur appartient depuis plus de 3000 ans, ou depuis 5000 ans, les Palestiniens deviennent les <em>«colons»</em> et les Israéliens les <em>«décolonisateurs»</em>. Ainsi, toute la réflexion est inversée de manière pernicieuse. Il faut construire une pensée solide à partir d’un rapport objectif aux faits historiques et susciter l’attention de l’opinion sur la manière dont les sionistes imposent leur lecture du <em>«conflit israélo-palestinien»</em> à partir d’un messianisme conquérant qui justifie tout ce qui se passe actuellement en Israël et en Palestine. Plusieurs penseurs palestiniens ont déjà marché sur cette voie comme les historiens Edward Saïd et Rashid Khalidi. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="dAQ2kVfXnf"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/04/03/kamel-daoud-les-monarchies-arabes-tentent-de-detruire-le-modele-tunisien/">Kamel Daoud : «Les monarchies arabes tentent de détruire le modèle tunisien»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Kamel Daoud : «Les monarchies arabes tentent de détruire le modèle tunisien» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2017/04/03/kamel-daoud-les-monarchies-arabes-tentent-de-detruire-le-modele-tunisien/embed/#?secret=KeLBfVYmHw#?secret=dAQ2kVfXnf" data-secret="dAQ2kVfXnf" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>En somme, les Israéliens disent : <em>«Vous êtes sur nos terres et, au nom de Dieu, nous avons le droit de vous chasser de ces terres, voire de vous éliminer, parce que Dieu nous a promis cette terre.»</em> Et les Arabes ne sont pas capables d’opposer un discours solide et crédible à ces assertions théologiques. Ils se contentent de prévaloir leurs propres croyances et opposent à la violence israélienne des convictions religieuses et des dogmes identitaires. Les arguments fondés sur le <em>«Nous, les arabo-musulmans…»</em> sont toujours entrecoupés de récriminations et de lamentations.</p>



<p>La question historique est fondamentale au même titre que la question religieuse, sinon beaucoup plus. Par conséquent, il ne faut pas les mêler les uns aux autres comme le fait sans cesse la <em>«rue arabe»</em>, pour que cela ne devienne pas une querelle théologique, une guerre de religions.</p>



<p>Les gens comme Kamel Daoud tentent de nous expliquer que la seule voie possible est de faire une lecture objective et dépassionnée de l’Histoire et des massacres perpétrés en Palestine. Il faut être rationnel, fédérateur, faire preuve de pragmatisme et produire un discours d’inspiration universaliste, en expliquant à ceux qui lancent de <em>«vibrants plaidoyers»</em> en faveur de la Palestine que l’on ne vainc pas Israël en faisant de la cause palestinienne une question profondément identitaire et religieuse ou en refusant de prononcer le mot <em>«Israël»</em> – un déni pathologique qui signe une rupture totale avec la réalité –.</p>



<p>Tant que les Arabes parleront d’<em>«entité sioniste»</em>, leur cause n’avancera pas d’un iota car ils demeureront dans le déni le plus total et en état de puérilité politique. L’on ne vainc pas Israël en boycottant quelques produits ou en refusant de serrer la main à ses sportifs, ni en l’insultant à tout bout de champ ou en le menaçant d’extermination d’une manière grotesque. Le problème est beaucoup plus profond et complexe que cela : c’est un problème d’ordre culturel et civilisationnel, et non d’ordre dogmatique et religieux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La valeur universelle d’un combat</h2>



<p>C’est que le meilleur moyen de dénaturer la lutte palestinienne et de produire la désaffection du reste du monde, c’est de la charger d’une forte teneur identitaire. En arabisant et en islamisant la cause palestinienne, on lui a fait perdre sa valeur universelle. Palestiniens, Arabes et Musulmans ne combattent plus pour la Palestine, mais pour Al-Aqsa et l’islam. Ils ne combattent plus l’occupant sioniste, mais le<em> «mécréant juif»</em>. Ils ne combattent plus pour récupérer la terre occupée, mais pour rendre des terres islamisées à la oumma.</p>



<p>Tant que les défenseurs de la cause palestinienne se définiront seulement à l’aune de leur arabité et de leur islamité et tant qu’ils assigneront une portion congrue aux idéaux qui font quasiment l’unanimité parmi le genre humain, tels que l’Indépendance, la Justice, l’Humanisme, la Dignité et la Liberté, ils se sentiront toujours isolés et souffriront d’un manque de soutien de la part de ce que l’on appelle aujourd’hui la communauté internationale. Même les Sud-Africains pourraient un jour les abandonner à leur sort, eu égard à l’indécrottable racisme des Arabes. De ce fait, les soutiens que les Palestiniens continueront de récolter de la part des dirigeants non arabes (Chinois, Russes, Iraniens, Turcs, etc.) s’expliqueront d’abord par des raisons géostratégiques évidentes et seront motivés par des raisons économiques.</p>



<p>Et c’est ce que Kamel Daoud tente vainement de faire comprendre aux imbéciles et aux obtus qui lui chantent pouilles depuis l’annonce du lauréat du prix Goncourt 2024 ! Maintenant, qu’ils ravalent leurs complexes et leur haine de cet écrivain ou qu’ils aillent les vomir ailleurs!</p>



<p>Ainsi et pour toutes ces raisons, il m’est agréable d’exprimer à Kamel Daoud mes félicitations les plus chaleureuses à l’occasion de son obtention du Goncourt qui, malgré tout ce que l’on peut en dire de négatif ou en penser, demeure la distinction littéraire la plus convoitée et la plus prestigieuse aussi bien en France que dans l’ensemble du monde francophone. Le regretté et ancien président de l’Académie Goncourt, Bernard Pivot, mais aussi Albert Camus, Kateb Yacine, Assia Djebar, Tahar Djaout et tous les grands écrivains algériens d’expression française doivent en être fiers, là où ils sont.</p>



<p>* <em>Universitaire.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="BUtCzOifMX"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/03/23/lecrivain-kamel-daoud-je-reve-detre-tunisien/">L’écrivain algérien Kamel Daoud : ‘‘Je rêve d’être tunisien’’</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’écrivain algérien Kamel Daoud : ‘‘Je rêve d’être tunisien’’ » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2017/03/23/lecrivain-kamel-daoud-je-reve-detre-tunisien/embed/#?secret=H0sZVd5pYb#?secret=BUtCzOifMX" data-secret="BUtCzOifMX" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p></p>



<p></p>



<p></p>
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		<item>
		<title>Les États-Unis alimentent la guerre d’Israël contre les Palestiniens</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/05/les-etats-unis-alimentent-la-guerre-disrael-contre-les-palestiniens/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Dec 2023 09:40:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Rashid Khalidi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La majorité des civils de Gaza qui ont péri depuis le 7 octobre dernier sont été tués avec des armes livrés par les Etats-Unis.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La plupart, sinon la majorité, des civils de Gaza qui ont péri depuis le 7 octobre dernier sont morts sous une pluie de bombes, d’obus d’artillerie, de roquettes et de missiles fournis par les États-Unis. </em></strong><em>(Illustration : Bien avant les attaques du Hamas du 7 octobre, Israël a utilisé son armée, soutenue par les États-Unis, pour restreindre la liberté de mouvement des Palestiniens. Ph.Jack Guez /Getty Images).</em></p>



<p>Par <strong>Rashid Khalidi</strong> *</p>



<span id="more-10814272"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Rashid-Khalidi.jpg" alt="" class="wp-image-10659298" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Rashid-Khalidi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Rashid-Khalidi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Rashid-Khalidi-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Le nombre inégal de personnes tuées jusqu’à présent dans et autour de la bande de Gaza – environ 1 200 Israéliens et 15 000 Palestiniens – dans la dernière phase d’un conflit qui dure depuis plus d’un siècle montre l’énorme disparité entre ces deux camps.</p>



<p>Ces chiffres sont caractéristiques des guerres coloniales, un des nombreux faits souvent occultés par les médias, tout comme la nature et les origines de cette guerre.</p>



<p>Il ne s’agit pas simplement d’une simple lutte entre deux peuples souverains, comme la France et l’Allemagne. Il s’agit plutôt de la dernière guerre coloniale de l’ère moderne, menée pour établir l’hégémonie et les droits absolus d’un peuple sur l’autre, comme l’exprime la loi de 2018 sur <em>«l’État-nation du peuple juif»</em>, qui stipule que le droit à l’autodétermination nationale en Palestine <em>«est unique au peuple juif»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Israël, un projet colonial européen</h2>



<p>Malgré le lien incontestable du judaïsme et du peuple juif avec la Terre Sainte, il s’agit pour les Palestiniens d’une lutte anticoloniale. Israël a été créé comme un projet colonial européen – ce qu’aucun de ses premiers dirigeants n’a nié – avec l’aide indispensable de l’impérialisme britannique.</p>



<p>Malgré l’écheveau de mythes créés pour dissimuler ces faits, ils sont essentiels pour comprendre que les Palestiniens auraient résisté à tout groupe qui aurait tenté de leur arracher leurs terres, quelle que soit leur religion ou leur nationalité. Le fait que ce groupe était composé de Juifs animés d’un projet national, d’un lien profond avec la même terre et d’un passé de persécution et de dépossession ailleurs, culminant avec l’Holocauste, a donné à cette guerre son caractère particulièrement désespéré. Mais dans un certain sens, le schéma de conflit qui s’est déroulé au cours du siècle dernier est familier.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="CmVDYQ7nSY"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/24/du-fleuve-a-la-mer-il-est-temps-daffronter-la-version-israelienne/">«Du fleuve à la mer» : il est temps d’affronter la version israélienne</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «Du fleuve à la mer» : il est temps d’affronter la version israélienne » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/24/du-fleuve-a-la-mer-il-est-temps-daffronter-la-version-israelienne/embed/#?secret=QmfHkMaWYe#?secret=CmVDYQ7nSY" data-secret="CmVDYQ7nSY" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Quels que soient les colons et d’où qu&rsquo;ils viennent, quels que soient leurs liens avec le territoire, la résistance à leur encontre aurait été essentiellement la même que celle des Irlandais, des Algériens, des Amérindiens, des Zoulous ou des Libyens face aux intrus déterminés à les expulser et à prendre le contrôle du pays. Vladimir Jabotinsky, fondateur du sionisme révisionniste qui a donné naissance au parti Likoud, a déclaré sans ambages : <em>«Chaque population indigène du monde résiste aux colons.» </em>Et comme l’a souligné Edward Said, c’était le malheur particulier des Palestiniens d’être les victimes des victimes.</p>



<p>Ce processus de colonialisme de peuplement a entraîné la dépossession d’une grande partie de la population autochtone palestinienne et le vol de leurs terres et de leurs biens. Cet objectif a été obtenu grâce à l’expulsion de 750 000 Palestiniens lors de la création d’Israël en 1948 (plus de 55% de la population arabe totale de Palestine à l’époque) et de plus de 250 000 en 1967, sans qu’aucun d’entre eux ne soit autorisé à revenir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un nettoyage ethnique progressif</h2>



<p>Ce nettoyage ethnique progressif était essentiel pour transformer un pays à majorité arabe en un État à majorité juive. Cela n’aurait pas pu se faire autrement, puisqu’il s’est avéré impossible de <em>«faire sortir»</em> <em>«discrètement»</em> les Palestiniens du pays, un désir que Theodor Herzl confiait dans son journal. Au cours des 56 dernières années, ces mêmes pratiques de colonisation et de dépossession se sont poursuivies inexorablement en Cisjordanie occupée, à Jérusalem-Est et sur le plateau du Golan.</p>



<p>Les États-Unis ont considéré l’occupation militaire de ces territoires et leur annexion et absorption progressive par Israël avec une indifférence étudiée pendant plus d’un demi-siècle. Cela contraste de manière flagrante avec sa réponse musclée à l’occupation russe d’une partie de l’Ukraine pendant une période beaucoup plus courte.</p>



<p>Il est difficile d’accorder du crédit aux affirmations des États-Unis selon lesquelles ils soutiennent l’autodétermination et la liberté de l’Ukraine, alors qu’ils ont fourni pendant des décennies un soutien essentiel à Israël dans son occupation des territoires arabes. En effet, la reconnaissance par l’administration Trump des annexions illégales de Jérusalem-Est et du plateau du Golan par Israël n’a pas été annulée par l’administration Biden.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="WzxIEVAd7z"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/28/histoire-aux-sources-lalliance-americano-israelienne/">Histoire : aux sources de l’alliance américano-israélienne</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Histoire : aux sources de l’alliance américano-israélienne » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/28/histoire-aux-sources-lalliance-americano-israelienne/embed/#?secret=Vq3gtvzeP6#?secret=WzxIEVAd7z" data-secret="WzxIEVAd7z" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Bien que les États-Unis aient fortement soutenu Israël dans chacune de ses guerres depuis 1948 (à l’exception de la guerre de Suez en 1956), leur soutien à cette guerre totale contre Gaza est sans précédent à plusieurs égards.</p>



<p>L’une est le rejet catégorique du cessez-le-feu par le président Biden – les mots sont devenus tabous dans son administration – et son soutien sans réserve à l’objectif de guerre israélien consistant à <em>«détruire le Hamas»</em>, qui devrait apparemment être atteint par le massacre de milliers de civils et le dévastation de toute la bande de Gaza, où vivent 2,3 millions de personnes. Dans un article d’opinion paru dans le <em>Washington Post</em>, Biden a soutenu cet objectif, affirmant qu’<em>«Israël doit se défendre. C’est son droit»</em>, tout en prétendant soutenir une solution à deux États. Il a conclu ce long article sans jamais mentionner deux des principaux obstacles à une telle solution : l’occupation et les colonies israéliennes, obstacles que les États-Unis ont assidûment contribué à maintenir pendant des décennies avec un flot d’armes et une série de vetos au Conseil de sécurité des Nations Unies.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les civils de Gaza tués par des armes américaines</h2>



<p>Un autre exemple est l’engagement par Biden d’importants moyens navals, aériens et terrestres américains dans la région, vraisemblablement pour empêcher une extension du conflit. Cela s’est accompagné de la livraison à l’armée israélienne de 2 000 missiles à guidage laser Hellfire et de 36 000 cartouches de canon de 30 millimètres pour les hélicoptères de combat Apache, ainsi que de 1 800 roquettes à tir d’épaule M141 (1 200 autres sont en commande), avec 57 000 obus d’artillerie de 155 millimètres en commande.</p>



<p>L’administration Biden demande au Congrès d’allouer 14,3 milliards de dollars supplémentaires d’aide, y compris une aide militaire (en plus des 3,8 milliards de dollars annuels de subventions militaires), pour couvrir ces achats et d’autres, tout en demandant que les restrictions légales sur l’utilisation de ces armes et les munitions soient supprimées. La plupart, sinon la majorité, des civils de Gaza qui ont péri jusqu’à présent sont morts sous une pluie de bombes, d’obus d’artillerie, de roquettes et de missiles fournis par les États-Unis. Depuis le 7 octobre, Israël a tué plus de Palestiniens et en a chassé davantage de leurs foyers que lors de la Nakba de 1948, où 13 000 Palestiniens sont morts, selon l’historien palestinien Aref al-Aref.</p>



<p>Un autre élément sans précédent est passé sous le radar des médias. Il s’agissait du soutien américain, au début de la guerre actuelle, au fait qu’Israël poussait tout ou partie de la population de la bande de Gaza vers l’Égypte. Ce soutien n’a jamais été avoué, mais a été révélé par les rejets farouches de la proposition par l’Égypte et la Jordanie, ainsi que par la demande de financement adressée par la Maison Blanche au Congrès le 20 octobre pour une aide à l’Ukraine et à Israël. Cela comprenait un financement « d’aide à la migration et aux réfugiés » pour « les besoins potentiels des Gazaouis fuyant vers les pays voisins », pour les « déplacements à travers les frontières » et pour les « besoins de programmation en dehors de Gaza ». Il n’est pas surprenant que les dirigeants égyptiens et jordaniens aient furieusement et publiquement dénoncé cette idée, désavouée depuis par l’administration. Biden s’est empressé à plusieurs reprises d’affirmer aux dirigeants égyptiens et jordaniens que les États-Unis ne soutiendraient pas l’expulsion des Palestiniens vers le territoire de l’un ou l’autre pays.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="m33sb1izfC"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/01/un-siecle-de-lutte-en-palestine/">Un siècle de lutte en Palestine</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Un siècle de lutte en Palestine » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/01/un-siecle-de-lutte-en-palestine/embed/#?secret=YOs0Ya1OU0#?secret=m33sb1izfC" data-secret="m33sb1izfC" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Cet épisode honteux n’est que le dernier signe que Biden ne considère pas vraiment les Palestiniens comme les égaux des Israéliens, et ne considère pas leurs souffrances de la même manière qu’il voit celles des Israéliens. Lui et d’autres membres plus âgés de la direction politique américaine des deux partis politiques restent enfermés dans des récits formés il y a des décennies et résistent avec ténacité aux nouvelles perspectives des jeunes membres du gouvernement et des collaborateurs du Congrès. Cela a été une calamité pour les Palestiniens, en particulier ceux de la bande de Gaza, qui ont payé cher la partialité aveugle de Biden et de sa génération.</p>



<p>Un récent sondage NBC a révélé que 70 % des électeurs âgés de 18 à 34 ans désapprouvent la gestion de la guerre à Gaza par Biden. Ce serait une amère ironie si cette aliénation, et des niveaux similaires de désenchantement parmi les électeurs arabes, musulmans et autres minorités, conduisaient Biden à perdre des États charnières comme le Michigan en 2024, conduisant à l’élection d’un président républicain, qui est probablement même plus anti-palestinien.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Traduit de l’anglais.</em></p>



<p><strong><em>Source</em></strong><em> : <a href="https://latimes.com/opinion/story/2023-12-02/israel-gaza-palestinian-american-history" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Los Angeles Times</a>. </em></p>



<p><em>* Professeur d’études arabes modernes à l’Université de Columbia. Son  livre le plus récent s’intitule ‘‘La guerre de cent ans contre la Palestine : une histoire du colonialisme et de la résistance des colons, 1917-2017’’.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/05/les-etats-unis-alimentent-la-guerre-disrael-contre-les-palestiniens/">Les États-Unis alimentent la guerre d’Israël contre les Palestiniens</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Un siècle de lutte en Palestine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Dec 2023 10:17:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Rashid Khalidi]]></category>
		<category><![CDATA[sionisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les obstacles rencontrés en Occident pour défendre les droits des Palestiniens ont dissuadé beaucoup de monde, sauf les personnes les plus engagées.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/01/un-siecle-de-lutte-en-palestine/">Un siècle de lutte en Palestine</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Voici le scénario : criminaliser les boycotts, expulser les défenseurs des droits de l’homme, rebaptiser l’antisionisme en antisémitisme, diffamer les Juifs de gauche, infiltrer les organisations de gauche, annuler le financement des programmes d’aide, torpiller les campagnes politiques, licencier les professeurs des lycées et attaquer les commentateurs de réseaux aux discours critiques, et blanchir l’occupation. Les tactiques varient aujourd’hui, mais l’intention reste la même. Aussi longtemps que je suis en vie, les obstacles rencontrés en Occident pour défendre les droits des Palestiniens ont dissuadé tout le monde, sauf les personnes les plus engagées.</em></strong> <em>(Illustration : Exodus des Palestiniens en 1948 chassés de leurs terres par les groupes terroristes israéliens).  </em></p>



<p>Par <strong>Kaleem Hawa</strong> *</p>



<span id="more-10756697"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/12/Kaleem-Hawa.jpg" alt="" class="wp-image-10756808" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/12/Kaleem-Hawa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/12/Kaleem-Hawa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/12/Kaleem-Hawa-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>En conséquence, la responsabilité retombe souvent sur les épaules des Palestiniens. Rashid Khalidi, professeur à Columbia et codirecteur de son Centre d’études sur la Palestine, est l’un des plus connus à avoir assumé cette responsabilité.</p>



<p>Historien de renom et ancien conseiller de la délégation palestinienne lors des pourparlers de Madrid en 1991, il a écrit sur les origines du nationalisme arabe, la politique américaine de la guerre froide au Moyen-Orient, la construction de l’identité palestinienne, l’histoire du conflit israélo-palestinien et le processus de paix [israélo-arabe]. Il a également joué un rôle important en représentant les Palestiniens dans les médias occidentaux et en encadrant une génération croissante d’écrivains et d’universitaires palestiniens, notamment Noura Erakat et Lana Tatour.</p>



<p>Bien que les intérêts de recherche de Khalidi soient très variés, il a souvent examiné l’histoire de la Palestine dans le contexte du projet impérialiste occidental plus vaste, qui s’est étendu à de nombreux pays du Moyen-Orient et dont l’occupation militaire a dévasté des millions de vies arabes. La nature cyclique de cette histoire est importante. Par exemple, sur le thème d’un État démocratique unique pour tous les Palestiniens et les Israéliens – une idée de plus en plus répandue parmi les jeunes Palestiniens et les Juifs antisionistes –, il observe qu’il ne s’agit pas d’un départ radical mais plutôt d’un retour à une idée populaire en gestation depuis au moins 1968 mais qui a été marginalisée par une direction désormais gériatrique de l’OLP.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Guerre, déplacements et occupations sans fin</h2>



<p>Dans le dernier livre de Khalidi, ‘‘<em>La Guerre de Cent Ans contre la Palestine’’</em>, l’histoire s’avère une fois de plus être la clé pour comprendre le présent. Il s’appuie sur ses travaux antérieurs, mêlant les histoires personnelles et familiales à l’histoire politique et retraçant la ligne de violence qui a englouti une terre connue sous de nombreux noms différents. Ce faisant, Khalidi identifie de nombreux acteurs qui ont joué un rôle déterminant dans la cause palestinienne, les révolutionnaires, les femmes et les jeunes qui ont contribué à construire le tissu de la vie palestinienne dans l’ombre d’une guerre, de déplacements et d’occupations sans fin.</p>



<p>La <em>«guerre»</em> dans le titre de Khalidi est conçue à la fois comme singulière et plurielle. Elle inclut mais transcende également les conflits militaires les plus couramment utilisés pour raconter l’histoire palestinienne. Il choisit de raconter cette histoire à travers six périodes distinctes, en commençant par la Déclaration Balfour en 1917 et en passant par la résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies de 1947 sur la partition de la Palestine et la guerre israélo-arabe qui a suivi et la Nakba.</p>



<p>Retraçant la vie des Palestiniens après la guerre des Six Jours en 1967, il considère le contrôle de facto d’Israël sur toutes les terres, du Jourdain à la Méditerranée, puis se tourne vers l’invasion israélienne du Liban en 1982, la première Intifada de 1987, et enfin les incessants bombardements de Gaza et l’occupation croissante de la Cisjordanie aujourd’hui.</p>



<p>Tout cela peut se lire comme la chronique d’une lutte sans fin. La question de la Palestine a toujours été une question de conditionnement, de ce que nous sommes prêts à accepter et à oublier – et sachant cela, les ennemis de la nation palestinienne ont poursuivi un programme implacable d’effacement. Mais le livre de Khalidi est aussi un acte de récupération historique, un effort pour rédiger, comme il le dit, le <em>«premier récit général du conflit raconté dans une perspective explicitement palestinienne»</em>.</p>



<p>Comme le travail pionnier des historiens israéliens Ilan Pappé et Avi Shlaim, ‘‘<em>La Guerre de Cent Ans’’</em> ne propose pas une théorie unifiée de l’histoire mais plutôt un récit des structures coloniales dont dépend le projet israélien et des ponts qui relient encore les deux pays, l’archipel de la vie palestinienne.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Colonisation de la Palestine par les Juifs européens</h2>



<p>Khalidi résiste à l’envie de commencer son livre par la fondation d’Israël en 1948. Au lieu de cela, il commence trois décennies plus tôt, en 1917, l’année de la Déclaration Balfour. Cette déclaration, publiée au plus fort de la Première Guerre mondiale par le ministre britannique des Affaires étrangères Arthur Balfour, a été remise dans une lettre à Lord Rothschild, un éminent dirigeant de la communauté juive de Grande-Bretagne, et souligne le soutien du gouvernement à une patrie pour le peuple juif en Grande-Bretagne, la Palestine, alors partie de l’Empire ottoman.</p>



<p>Si certains historiens ont avancé que cette décision était motivée par l’antisémitisme occidental, il s’agissait sans aucun doute aussi d’un choix stratégique, visant à obtenir le soutien des Juifs américains et européens à l’effort de guerre et potentiellement au contrôle britannique du canal de Suez, ce qui renforcerait la route impériale de la Grande-Bretagne vers l’Inde.</p>



<p>Après la guerre, les Britanniques ont donné suite à cette déclaration, facilitant les revendications sionistes sur des territoires en Palestine par le biais de la Société des Nations, qui a établi des mandats de gouvernance coloniale en Palestine, au Liban, en Syrie et en Transjordanie à la suite de l’effondrement de l’Empire ottoman.</p>



<p>Le mandat palestinien était bien entendu unique dans la mesure où l’un des principes fondamentaux de la gouvernance britannique incluait une vision pour la colonisation de la région par des Juifs européens. Bientôt, diverses organisations juives, dont la plus importante est l’Agence juive, offrirent un logement, une éducation et d’autres services sociaux exclusivement aux résidents juifs de Palestine et aux Juifs qui s’y installèrent.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="MGDf59lrHY"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/24/du-fleuve-a-la-mer-il-est-temps-daffronter-la-version-israelienne/">«Du fleuve à la mer» : il est temps d’affronter la version israélienne</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «Du fleuve à la mer» : il est temps d’affronter la version israélienne » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/24/du-fleuve-a-la-mer-il-est-temps-daffronter-la-version-israelienne/embed/#?secret=u3Y6xoifQ2#?secret=MGDf59lrHY" data-secret="MGDf59lrHY" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Pour Khalidi, le mandat britannique a établi deux réalités parallèles en Palestine : un projet embryonnaire d’édification de la nation pour la minorité juive et la poursuite de la politique coloniale pour la majorité arabe, dont la question de l’autodétermination n’a pas été abordée.</p>



<p>En décrivant cette histoire, Khalidi expose ce qui allait devenir l’orientation essentielle des puissances occidentales vers le Moyen-Orient au cours du siècle à venir [le XXe], y compris une approche à l’égard des Arabes de Palestine définie par cette combinaison particulière de paternalisme colonial et de négligence délibérée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un Goliath doté de l’arme nucléaire</h2>



<p>Ce schéma s’est poursuivi dans le chapitre suivant de l’histoire palestinienne : la guerre israélo-arabe de 1948 et la Nakba, qui a vu l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens de leurs foyers. Khalidi traverse rapidement les violences vertigineuses de ces mois (l’histoire de l’Irgoun et de la Haganah et du Plan Dalet, le massacre de Deir Yassin, les bombardements de Jaffa et de Haïfa, le dépeuplement de Jérusalem-Ouest) pour arriver au résultat. Comme il l’explique, 1948 a transformé la Palestine <em>«de ce qu’elle était depuis plus d’un millénaire – un pays à majorité arabe – en un nouvel État doté d’une importante majorité juive»</em>.</p>



<p>Les deux décennies suivantes de l’histoire palestinienne ont été marquées par une lutte continue contre cette nouvelle réalité, avec des hostilités qui ont débordé en 1967 et culminé avec la guerre des Six Jours entre les États arabes et Israël. Malgré l’insistance d’Israël sur le fait qu’il était l’opprimé dans cette guerre, les États arabes, affirme Khalidi, n’avaient aucune chance : <em>«Israël a joui d’une suprématie militaire dès le début et, comme les renseignements américains l’ont noté en interne, était un Goliath doté de l’arme nucléaire.</em>»</p>



<p>L’occupation israélienne qui a suivi allait changer la Palestine pour toujours. Après la guerre, le Conseil de sécurité de l’Onu a adopté la résolution 242, sur les <em>«territoires occupés»</em> par Israël, dans laquelle le mot <em>«Palestinien»</em> n’apparaissait pas une seule fois. (Le peuple était simplement appelé <em>«le problème des réfugiés»</em>.)</p>



<p>Selon Khalidi, la résolution a consolidé la domination israélienne de deux manières. Premièrement, en conditionnant le retrait d’Israël des terres dont il s’était emparé de Jordanie à l’établissement de frontières sûres, il a donné à Israël l’occasion de faire fi de l’intention de la résolution, en élargissant ses frontières à perpétuité en invoquant la sécurité comme excuse. Deuxièmement, en décrivant un règlement négocié entre Israël et les parties <em>«arabes»</em>, la résolution a permis à Israël d’exploiter son langage et d’ignorer l’existence des Palestiniens, les excluant du processus de paix alors même que son projet colonial se poursuivait sans relâche, avec seulement un réponse grimaçante de la communauté internationale.</p>



<p>La guerre a également eu d’autres répercussions, culturelles et politiques. L’idée de la Palestine a refait surface après 1967, portée en partie par des artistes et des écrivains comme Ghassan Kanafani, Mahmoud Darwish, Emile Habibi, Fadwa Touqan et Tawfiq Zayyad et par l’émergence de groupes de résistance concurrents : le Mouvement des nationalistes arabes, dirigé par George Habash et Wadi Haddad, précurseur du Front populaire marxiste pour la libération de la Palestine, et du mouvement Fatah, dirigé par Yasser Arafat. Ensemble, ces porte-drapeaux ont marqué une nouvelle ère de résistance palestinienne et une détermination palestinienne renforcée. <em>«Un paradoxe central de 1967 </em>est qu’en battant les Arabes, Israël a ressuscité les Palestiniens<em>»</em>, note Rashid Khalidi, citant Ahmad Samih Khalidi.</p>



<p>Bien entendu, certains de ces noms se lisent désormais comme une liste de présentes absences. Cela s’explique en partie par le programme agressif d’assassinats – ou de <em>«liquidation»</em> d’Israël, pour reprendre le terme d’Ariel Sharon – qui emploie souvent le prétexte familier de prévenir le terrorisme, une excuse que Khalidi trouve creuse, surtout compte tenu du grand nombre d’écrivains, de poètes et d’intellectuels qu’Israël a ciblé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une entreprise colonisatrice fondamentalement violente &nbsp;</h2>



<p>Comme le montre Khalidi, ce recours à la violence a des racines profondes : Zeev Jabotinsky, l’un des pères fondateurs d’Israël, a décrit le sionisme comme <em>«une entreprise colonisatrice, </em>[qui]<em> dépend de la question des forces armées»</em>. Le recours stratégique à la violence a poussé de nombreux Palestiniens à fuir, et les chapitres suivants de Khalidi décrivent la géographie croissante de la violence alors qu’Israël les poursuivait en Jordanie, au Liban, en Tunisie et de nouveau jusqu’en Cisjordanie et à Gaza d’aujourd’hui.</p>



<p>Au centre du livre de Khalidi se trouve une question : comment les Palestiniens ont-ils perdu autant et si souvent ? Pour apporter une réponse, il explore les différentes stratégies utilisées par les Palestiniens pour riposter ainsi que leurs forces et leurs limites. Sur l’usage réciproque de la force, par exemple, il rappelle les conseils donnés par l’intellectuel pakistanais Eqbal Ahmad, un ami qui a travaillé avec le Front de libération nationale en Algérie et qui pensait que la lutte armée palestinienne échouerait nécessairement face à un État israélien, qui mettait avant tout l’accent sur la sécurité du peuple juif.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="oWYIMMpcJe"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/28/histoire-aux-sources-lalliance-americano-israelienne/">Histoire : aux sources de l’alliance américano-israélienne</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Histoire : aux sources de l’alliance américano-israélienne » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/28/histoire-aux-sources-lalliance-americano-israelienne/embed/#?secret=AcMNcD5LAr#?secret=oWYIMMpcJe" data-secret="oWYIMMpcJe" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Bien que cela puisse conduire, écrit Khalidi, à une stratégie de résistance non-violente – il compare favorablement les manifestations de la première Intifada à l’insurrection armée de la seconde – il décrit également sa susceptibilité à la cooptation (les dirigeants palestiniens revendiquant le droit depuis leur exil à Tunis) et la subversion de la première Intifada (Israël soutenant dans un premier temps la montée du Hamas afin d’affaiblir l’OLP).</p>



<p>Il n’est pas non plus optimiste quant au soutien historique des États arabes. Citant l’officier égyptien Ahmed Aziz, Nasser écrivait dans ses mémoires de 1954, <em>‘‘La Philosophie de la Révolution’’</em> : <em>«Nous combattions en Palestine mais nos rêves étaient en Égypte»</em>, et il y a beaucoup à dire sur l’engagement largement esthétique en faveur de la libération palestinienne de la part du reste du monde arabe.</p>



<p>Les dirigeants palestiniens ne sont pas non plus innocents, ayant gaspillé de nombreuses opportunités de construire des alliances durables avec les pays arabes voisins. Mais les puissances occidentales ont également joué un rôle dans la division des Arabes, notamment en poussant Israël à négocier des traités avec des États individuels afin de marginaliser la cause palestinienne, d’abord avec l’Égypte en 1979, puis avec la Jordanie en 1994. Les relations contemporaines florissantes d’Israël avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis peuvent être considérées dans ce contexte comme la continuation d’une pratique de longue date, et non comme une rupture avec celle-ci.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le piège de «<em>l’autonomie palestinienne»</em></h2>



<p>Cela amène Khalidi à souligner la farce de la diplomatie au cours des trois dernières décennies. Ayant assisté à la conférence de Madrid en 1991 et aux pourparlers qui ont suivi à Washington, initialement dirigés par le secrétaire d’État James Baker, Khalidi considère les efforts déployés par les États-Unis et d’autres puissances occidentales pour imposer un règlement aux Palestiniens comme emblématiques de leur position unilatérale. Tout au long de ces pourparlers, le gouvernement d’Yitzhak Shamir a pu dicter non seulement quels Palestiniens étaient autorisés à négocier (les membres de la diaspora et les résidents de Jérusalem étaient exclus), mais également quels sujets étaient interdits dès le départ, notamment <em>«l’autodétermination palestinienne, la souveraineté, le retour des réfugiés, la fin de l’occupation et de la colonisation, la répartition de Jérusalem, l’avenir des colonies juives et le contrôle des droits sur la terre et l’eau.»</em> Les Américains sont allés jusqu’à qualifier leur rôle d’<em>«avocat d’Israël»</em>.</p>



<p>Comme le montre Khalidi, les négociations ont souvent été une série de pièges soigneusement tendus. Comme condition des discussions supposées de bonne foi à venir, il a été demandé aux négociateurs palestiniens d’accepter diverses conditions destinées à annuler de manière préventive leurs revendications, la rupture ultérieure des négociations étant inévitablement imputée à leurs dirigeants intransigeants.</p>



<p>Le pessimisme de Khalidi s’étend aux accords d’Oslo de 1993 et ​​1995, qui, selon lui, auraient dû être rejetés : <em>«L’occupation aurait continué, comme elle l’a fait de toute façon, mais sans le voile de l’autonomie palestinienne.»</em></p>



<p>Pour Khalidi, ces échecs diplomatiques se sont produits dans un contexte de dépassement juridique israélien, les gouvernements israéliens préférant toujours revenir unilatéralement sur une décision plutôt que de demander la permission. Pour les évangélistes de l’approche diplomatique, l’artifice du succès exige que les négociations ne semblent pas ressusciter encore et encore les mêmes injustices – et ainsi l’aiguille bouge très légèrement, la solution proposée étant toujours une tentative de suturer une déchirure secondaire, plus grande.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La mort sociale et politique des Palestiniens</h2>



<p>Le chapitre le plus surprenant de <em>‘‘La Guerre de Cent Ans’’</em> ne se déroule pas en Palestine, à Madrid ou à Washington. Khalidi était à Beyrouth lors de l’invasion du Liban par Israël en 1982, une campagne menée par le ministre de la Défense Ariel Sharon et le Premier ministre Menachem Begin, apparemment pour lutter contre la présence de l’OLP dans le pays. La guerre a reçu le feu vert du secrétaire d’État de Ronald Reagan, Alexander Haig, et l’administration a donné l’assurance que les réfugiés palestiniens au Liban resteraient protégés si l’OLP se retirait. Bien sûr, ces promesses étaient creuses, et Khalidi complète son analyse avec un point de vue troublant à la première personne, après avoir regardé avec horreur les bombes israéliennes pleuvoir sur Beyrouth&nbsp;: <em>«Plus tard, j’ai vu que le bâtiment tout entier était aplati, réduit en un seul tas de décombres fumants. La structure, qui était remplie de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila, venait apparemment de recevoir la visite d’Arafat. Au moins une centaine de personnes, probablement davantage, ont été tuées, pour la plupart des femmes et des enfants. Quelques jours plus tard, mon ami m’a raconté qu’immédiatement après l’attaque aérienne, alors qu’il montait dans sa voiture, secoué mais indemne, une voiture piégée avait explosé à proximité, vraisemblablement destinée à tuer les sauveteurs qui aidaient les familles qui tentaient de retrouver leurs proches dans les décombres. De telles voitures piégées – une arme de choix pour les forces israéliennes assiégeant Beyrouth, et l’un de leurs instruments de mort et de destruction les plus terrifiants – ont été décrites par un officier du Mossad comme étant une façon de ‘‘tuer pour tuer’’.»</em></p>



<p>L’expérience libanaise a montré que la mort sociale et politique des Palestiniens ne connaît pas de frontières : que ce soit dans les camps de réfugiés de Beyrouth, dans les rues de Gaza ou dans la diaspora américaine, Israël poursuivra les Palestiniens partout où ils existent. La complicité des États-Unis dans cet effort mérite également d’être notée, avec des munitions et des avions de fabrication américaine utilisés dans le bombardement de Beyrouth, soutenus par le soutien crucial de l’envoyé spécial de Reagan, Philip Habib. Il est stupéfiant de lire l’autopsie de Khalidi sur la guerre qui a détruit ce qu&rsquo;on appelait le Paris du Moyen-Orient et surtout sur ce que sont devenus ses architectes : <em>«Shamir et Sharon, ainsi que Netanyahou, sont devenus Premiers ministres d’Israël»</em>, et Reagan, Haig et Habib, tous maintenant morts, ont <em>«jusqu’à présent échappé au jugement»</em>.</p>



<p><em>«Il n’y a pas que les fantômes bien connus qui hantent la Guerre de Cent Ans. Comme ma propre famille, certains membres de Khalidi sont originaires de Jaffa, l’un des sites de nettoyage ethnique les plus visibles en Israël.»</em> Une photo de la maison de son grand-père à Tal Al-Rish orne la couverture du livre; l’édifice est resté abandonné depuis 1948.</p>



<p>Avec plus de 400 citations, <em>‘‘La Guerre de Cent Ans’’</em> est l’une des études générales les mieux documentées sur la vie palestinienne du 20<sup>e</sup> et du début du 21<sup>e</sup> siècle, mais c’est aussi un ouvrage profondément personnel. Pour un étranger, les nombreuses références faites par Khalidi à l’expérience de sa famille peuvent sembler excessives, d’autant plus qu’elle faisait partie des familles les plus importantes de Palestine. Mais pour un peuple dont l’histoire est pratiquement criminalisée, ce récit est en soi une forme de résistance, et c’est tout à son honneur que Khalidi s’efforce de dénoncer une direction palestinienne patriarcale et centralisée qui persiste encore aujourd’hui.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="d7N93UPzlR"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/28/israel-loccident-et-la-solution-finale-en-palestine/">Israël, l’Occident et la solution finale en Palestine</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Israël, l’Occident et la solution finale en Palestine » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/28/israel-loccident-et-la-solution-finale-en-palestine/embed/#?secret=sA6waaG4Tq#?secret=d7N93UPzlR" data-secret="d7N93UPzlR" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Tout en capturant l’histoire sociale, Khalidi prend soin de ne pas perdre de vue la realpolitik de la construction du mouvement, montrant comment les moments les plus réussis de la résistance palestinienne se sont produits aux moments où les intérêts d’Israël sont entrés en tension avec les intérêts fondamentaux de l’Occident. Les exemples qu’il cite incluent le retrait du soutien britannique à Israël, motivé par les craintes que l’élévation de la Palestine au rang de question panislamique ne pose de <em>«sérieux problèmes»</em> à la présence britannique en Inde, et les relations de plus en plus tendues d’Israël avec les États-Unis en tant que principal pays soutenant la guerre au Liban. Cette guerre s’étant prolongée, les États-Unis se sont rendu compte – selon un passage du journal de Reagan décrivant une conversation avec Begin – que la <em>«photo d’un bébé de 7 mois avec les bras arrachés»</em> à Beyrouth avait le potentiel d’affecter la position de l’Amérique sur la scène mondiale.</p>



<p>Certains critiques ont contesté l’étendue du discours de Khalidi ici. Scott Anderson, dans sa critique franchement embarrassante pour le <em>New York Times</em>, estime que <em>«la faiblesse de ce livre, à mon avis, peut se résumer à une question simple : où cela vous mène-t-il ? Même si l’on accepte pleinement la thèse colonialiste de Khalidi, cela nous rapproche-t-il d’une sorte de résolution ?»</em> Il ne faut pas s’étonner qu’Anderson, l’auteur de l’‘‘<em>Orientalist Lawrence in Arabia</em>’’, sans ironie, soit incapable de lire entre les lignes de Khalidi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un catalogue d’un siècle d’histoires tristes</h2>



<p>En décrivant les arguments avancés par les Palestiniens en faveur d’une rupture avec la rhétorique vide de sens des Britanniques et des Américains; en soulignant l’importance fondamentale de la révolte de 1936-1939, menée par des <em>«jeunes Palestiniens de la classe moyenne urbaine»</em> ; et en soulignant le travail indispensable de Hanan Ashrawi et d’autres pour faire avancer la cause palestinienne sur la scène mondiale, Khalidi illustre, entre autres, les échecs de la diplomatie, le pouvoir des jeunes militants et l’importance des femmes dans la libération palestinienne.</p>



<p>Qu’il choisisse de faire tout cela implicitement tout en guidant le lecteur vers une compréhension de la profondeur de la frustration palestinienne, plutôt que de proposer des soi-disant solutions de la paix en réponse à plus de 50 ans d’occupation et à plus d’un siècle de dépossession, c’est une bonne chose : quel est le mot ? — histoire.</p>



<p>Même si <em>‘‘La Guerre de Cent Ans’’</em> se concentre principalement sur le passé, on peut laisser le livre de Khalidi avec une certaine idée de ce qui va suivre. Après avoir passé en revue les diverses manifestations de la résistance palestinienne au fil du temps, depuis le recours à la force jusqu’au recours à la diplomatie, depuis le recours à divers États arabes jusqu’à faire cavalier seul, il conclut que les boycotts, qu’il s&rsquo;agisse de la grève générale de 1936 ou du boycott moderne, le mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) – a fait progresser la cause palestinienne plus que tout ce qui a été fait par le Fatah ou le Hamas.</p>



<p>Les Palestiniens l’ont compris depuis longtemps, tout comme le gouvernement israélien. Son ministère des Affaires stratégiques, dirigé par Gilad Erdan [en 2020], identifie désormais deux principales menaces existentielles pour Israël : l’Iran et le mouvement BDS. Et d’autres signes d’un changement possible se profilent à l’horizon. En février, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a publié sa liste de 112 entreprises – parmi lesquelles Airbnb et Motorola – engagées dans des colonies israéliennes illégales. Près de 130 membres du Parlement ont appelé le Royaume-Uni à imposer des sanctions économiques à Israël en réponse à son programme d’annexion de jure. Et l’Afrique du Sud a rappelé définitivement son ambassadeur en Israël, qualifiant le traitement des Palestiniens d’<em>«apartheid»</em>.</p>



<p>Il ne faut néanmoins pas commettre l’erreur de surestimer ces évolutions. En fin de compte, <em>‘‘La Guerre de Cent Ans contre la Palestine’’</em> est un livre pessimiste, un catalogue d’un siècle d’histoires tristes. Si ce résultat est en partie le résultat des échecs des médias occidentaux et de leur complicité en faveur de l’effacement palestinien, il est également le résultat logique d’un déséquilibre de pouvoir ossifié qui ne finira par se fissurer que sous la pression exercée par une campagne populaire de condamnation morale et économique.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Traduit de l’anglais.</em></p>



<p>* <em>Auteur américain collaborant avec The New York Review of Books, The Nation, The Times Literary Supplement et d’autres publications.</em></p>



<p><em>Article paru le 27 juillet 2020 dans  <a href="https://www.thenation.com/article/world/hundred-years-war-on-palestine-rashid-khalidi/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Nation</a>. </em></p>
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		<title>Histoire : aux sources de l’alliance américano-israélienne</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/28/histoire-aux-sources-lalliance-americano-israelienne/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Nov 2023 12:37:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[Amy Kaplan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le génocide perpétré par Israël à Gaza va-t-il provoquer un examen critique approfondi de l’alliance américano-israélienne et des mythes qui la fondent. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/28/histoire-aux-sources-lalliance-americano-israelienne/">Histoire : aux sources de l’alliance américano-israélienne</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’image négative des Palestiniens dans l’esprit américain a été largement façonnée par les vues israéliennes hostiles à leur égard, comme ainsi que par <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/25/les-americains-musulmans-font-face-a-une-vague-brutale-dislamophobie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’islamophobie et l’arabophobie américaines</a>. Cependant, la Palestine occupe aujourd’hui une place dans le débat public américain dont elle n’avait jamais bénéficié auparavant, et cette attention accrue s’est accompagnée d’un examen critique plus approfondi de l’alliance américano-israélienne et des mythes qui la fondent.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Rashid Khalidi</strong> *</p>



<span id="more-10719996"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Rashid-Khalidi.jpg" alt="" class="wp-image-10659298" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Rashid-Khalidi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Rashid-Khalidi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Rashid-Khalidi-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>L’industrie américaine de l’édition ne lésine pas sur Israël. Il nous a fourni des étagères remplies d’hagiographies de générations de dirigeants israéliens, des hectares de beaux livres sur papier glacé vantant le miracle israélien dans le désert et une pléthore d’études sur Israël et ses relations avec le monde.</p>



<p>Dans cette dernière catégorie, les études sur les relations entre Israël et les États-Unis occupent une place particulière. La plupart expriment une profonde sympathie pour Israël et défendent fermement le partenariat le plus étroit possible entre les deux pays, même s’ils critiquent parfois les excès de chacun. Une grande partie de ces écrits sont rédigés par des politologues ou d’anciens diplomates, israéliens ou américains, et se concentrent sur la diplomatie et la stratégie.</p>



<p>Les meilleurs livres de cette vaste littérature ont une portée temporelle étroite, comme ‘‘<em>Eye on Israel’’</em> de Michelle Mart et ‘‘<em>Israel in the Mind of America’’</em> de Peter Grose, ou adoptent une approche des relations internationales, comme ‘‘<em>Beyond Alliance’’</em> de Camille Mansour et ‘‘<em>Genesis’’</em> de John Judis et Irene Gendzier.</p>



<p>En conséquence, même les meilleures de ces études ignorent souvent les forces culturelles, intellectuelles, religieuses et émotionnelles qui ont également joué un rôle dans le façonnement des relations israélo-américaines depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Colonisation systématique et suppression des populations autochtones<em> </em><em></em></h2>



<p><em>‘‘Our American Israel: The Story of an Entangled Alliance’’</em> d’Amy Kaplan contribue à combler ce vide. Un tour de force à la fois d’histoire et d’études culturelles, il s’agit du premier ouvrage à décrire de manière complète et rigoureuse la relation de l’Amérique avec Israël en termes de liens culturels profonds qui unissent si étroitement les deux pays et à examiner l’évolution de leurs relations sur plusieurs générations. Le titre du livre de Kaplan est extrêmement révélateur : il s’agit de l’histoire de la façon dont un projet national et de colonisation dans une partie lointaine et apparemment exotique du monde a été normalisé et américanisé au point que, dans l’imaginaire américain, les Israéliens sont considérés comme des proches. Dans un certain sens, pour de nombreux Américains, Israël fait partie de nous.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="IisKp5k0Ol"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/24/du-fleuve-a-la-mer-il-est-temps-daffronter-la-version-israelienne/">«Du fleuve à la mer» : il est temps d’affronter la version israélienne</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «Du fleuve à la mer» : il est temps d’affronter la version israélienne » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/24/du-fleuve-a-la-mer-il-est-temps-daffronter-la-version-israelienne/embed/#?secret=LBzbNHjXJp#?secret=IisKp5k0Ol" data-secret="IisKp5k0Ol" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Amy Kaplan est historienne de la culture américaine et de la vie intellectuelle à l’Université de Pennsylvanie. Son travail est largement respecté parmi les chercheurs dans le domaine pour sa compréhension perspicace du rôle crucial de la culture dans l’histoire, et elle propose ici un examen exemplaire de la manière dont l’exception américaine et le sentiment d’Israël en tant que lieu et peuple spéciaux favorisés par le sionisme se sont reflétés l’un l’autre. Pour Kaplan, cela explique un aspect crucial de l’extraordinaire affinité entre les deux peuples : ils partagent la conviction que l’existence de leur nation a été divinement ordonnée et qu’elle est donc exemptée des règles qui s’appliquent aux autres nations.</p>



<p>Pour expliquer cette affinité, Kaplan s’appuie sur les mythologies pionnières parallèles des deux peuples et sur leurs vues tout aussi dédaigneuses à l’égard des populations indigènes des terres qu’ils dirigent. Elle montre que les formes d’exception américaines et israéliennes se croisent de nombreuses manières – non seulement dans la manière dont les deux pays comprennent leurs destinées manifestes respectives, mais aussi dans les moyens matériels par lesquels ils les ont concrétisés à travers la colonisation systématique et la suppression des populations autochtones.</p>



<p>Kaplan souligne l’importance cruciale de ce processus de répression dans l’image paradoxale de victime et de vainqueur dont Israël a longtemps bénéficié aux États-Unis. Soulignant les conséquences de cette vision sympathique de longue date d’Israël pour le tiers habituellement invisible de ce triangle – le peuple palestinien – elle note également comment l’image négative des Palestiniens dans l’esprit américain a été largement façonnée par les vues israéliennes hostiles à leur égard, comme ainsi que par l’islamophobie et l’arabophobie américaines.</p>



<h2 class="wp-block-heading">«Cette terre est à moi, Dieu me l’a donnée»</h2>



<p>De nombreux aspects de <em>‘‘</em><em>Our American Israel’’</em> sont révélateurs, même pour ceux qui sont plongés depuis longtemps dans ce sujet. La discussion de Kaplan sur le roman ‘‘<em>Exodus</em>’’ de Leon Uris, ainsi que sur son adaptation cinématographique, place ces deux œuvres extrêmement influentes précisément à leur place : fermement au centre de la compréhension d’une génération entière, non seulement d’Israël mais de l’ensemble du Moyen-Orient. Comme le souligne Kaplan, une parole de la chanson thème du film – <em>«Cette terre est à moi, / Dieu m’a donné cette terre»</em> – est peut-être l’un des éléments de persuasion politique les plus concis et les plus captivants sur la colonisation, ancrant la conquête territoriale dans l’injonction divine.</p>



<p>Brillante est l’analyse de Kaplan du succès retentissant du livre de Joan Peters de 1984, <em>‘‘From Time Immemorial’’</em>, qui a eu un impact puissant en persuadant tous ceux désireux de croire que les Palestiniens n’ont jamais existé en tant que peuple distinct, bien que des universitaires réputés aient universellement démystifié l’argument du livre.</p>



<p>Parmi les autres aspects notables de <em>‘‘</em><em>Our American Israel’’</em>, il y a la lecture perspicace de Kaplan de la manière dont l’invasion israélienne du Liban en 1982, les massacres qui ont suivi dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila et le déclenchement, cinq ans plus tard, de la première Intifada palestinienne ont transformé la vision américaine d’Israël et le Moyen-Orient.</p>



<p>Alors que les Palestiniens – effacés de la conscience publique après la Nakba (catastrophe) de 1948, l’exode brutal et forcé de centaines de milliers de personnes de leurs foyers pendant la guerre qui a conduit à la création d’Israël – ont réussi à attirer l’attention internationale sur leur cause dans les années 1960 et 1970, ils n’ont pas atteint une nouvelle importance similaire aux États-Unis. S’ils existaient dans la conscience publique, ils étaient souvent considérés comme des terroristes.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="f99JrAQAvS"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/25/les-americains-musulmans-font-face-a-une-vague-brutale-dislamophobie/">Les Américains musulmans font face à une vague brutale d’islamophobie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les Américains musulmans font face à une vague brutale d’islamophobie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/25/les-americains-musulmans-font-face-a-une-vague-brutale-dislamophobie/embed/#?secret=NkMuXFOjB4#?secret=f99JrAQAvS" data-secret="f99JrAQAvS" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>La guerre de 1982 puis la première Intifada ont commencé à modifier cette équation. L&rsquo;invasion du Liban par Israël et le siège de Beyrouth-Ouest pendant deux mois, au cours duquel plus de 17 000 personnes, pour la plupart des civils, ont perdu la vie, ont eu un fort impact sur l’opinion publique américaine. Les images télévisées de cette pluie de feu s’abattant sur une ville sans défense ne pouvaient pas correspondre à l’image soigneusement cultivée du petit Israël courageux retenant des hordes d’Arabes meurtriers. Ce n’est <em>«pas l’Israël que nous avons vu dans le passé»</em>, a déclaré John Chancellor de NBC News, s’exprimant depuis un toit de Beyrouth Ouest alors que des bâtiments brûlaient en arrière-plan. Les reportages sur la première Intifada ont eu un effet similaire : mois après mois, des images nocturnes montrant les tirs et les passages à tabac sauvages de jeunes manifestants palestiniens par des soldats israéliens ont encore modifié la façon dont de nombreux Américains percevaient le conflit.</p>



<p>Même si Kaplan souligne l’importance de ces événements dans la transposition de l’image bien établie d’Israël et des Palestiniens, David contre Goliath, elle raconte avec quelle agilité les partisans américains d’Israël ont réagi et riposté, reconstruisant rapidement le soutien qu’Israël avait perdu, en utilisant un nouvel ensemble de tropes et d’arguments axés sur l’Holocauste, la vulnérabilité israélienne et le terrorisme palestinien.</p>



<p>Bien que le monumental <em>The Holocaust in American Life</em> de Peter Novick examine comment les réactions des Américains au génocide nazi contre les Juifs ont affecté leur vision d’Israël, le livre de Kaplan fournit l’étude la plus approfondie de la façon dont l’interconnexion étroite des deux s’est développée dans l’imaginaire américain. S’appuyant sur les travaux de Novick et d’autres chercheurs, Kaplan analyse la manière dont l’Holocauste et Israël sont effectivement devenus les deux piliers de l’identité juive américaine, en mettant l’accent sur le premier et en soulignant la vulnérabilité du second. Ainsi, l’Holocauste <em>«représentait désormais également une menace imminente pour l’avenir de l’État juif»</em>, écrit-elle<em>. </em>Elle ajoute&nbsp;: <em>«Une atrocité passée en Europe est venue préfigurer une apocalypse imminente au Moyen-Orient.»</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le sionisme chrétien des évangéliques américain</h2>



<p>Kaplan est tout aussi convaincante dans son examen du sionisme chrétien, en particulier parmi les évangéliques. Avec la montée de la droite chrétienne dans les années 1970, ce sujet est devenu un sujet de plus en plus important, expliquant en partie l’évolution du Parti républicain vers un soutien inébranlable aux politiques israéliennes les plus extrêmes. En effet, aujourd’hui, l’un des soutiens les plus passionnés à Israël vient des chrétiens évangéliques, un fait souligné lorsque le secrétaire d’État Mike Pompeo, un fervent évangélique, a déclaré lors d’un entretien que Dieu avait peut-être élevé Donald Trump à la présidence afin de protéger Israël.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="5hRZZyfHSm"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/23/climat-de-peur-aux-etats-unis-la-harvard-law-review-censure-un-article-sur-le-genocide-a-gaza/">Climat de peur aux Etats-Unis : la Harvard Law Review censure un article sur le génocide à Gaza</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Climat de peur aux Etats-Unis : la Harvard Law Review censure un article sur le génocide à Gaza » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/23/climat-de-peur-aux-etats-unis-la-harvard-law-review-censure-un-article-sur-le-genocide-a-gaza/embed/#?secret=YsKpNi5aI1#?secret=5hRZZyfHSm" data-secret="5hRZZyfHSm" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Même si le soutien effusif de l’administration Trump à Israël peut donner l’impression que rien n’a changé entre les deux pays, en réalité, beaucoup de choses se sont passées sous la surface au cours des cinq dernières années. L’opinion publique de gauche, en particulier parmi les jeunes et les personnes de couleur, a considérablement changé ces dernières années en ce qui concerne la Palestine et Israël. En conséquence, les hommes politiques semblent prêts à rompre avec le consensus semblable à celui du lemming qui soutient chaque action d’Israël. Une nouvelle cohorte de jeunes femmes progressistes de couleur élues au Congrès, dont Rashida Tlaib et Ilhan Omar, se sont prononcées contre la politique israélienne et en faveur du mouvement pro-palestinien de boycott, de désinvestissement et de sanctions. Malgré les représailles féroces et souvent racistes dont elles font l&rsquo;objet, elles ont démontré que des choses peuvent aujourd’hui être dites sur Israël et la Palestine au Congrès, sur les campus universitaires et même, faiblement, dans les médias, qui étaient tout simplement indicibles dans le discours public américain il y a seulement quelques années.</p>



<p>C’est donc le bon moment pour paraître le livre convaincant de Kaplan sur la nature extraordinaire des relations américaines avec Israël au cours des trois derniers quarts de siècle. Ses profondes racines historiques et son traitement très sophistiqué de la culture, des arts et des médias contribuent à expliquer le rôle crucial – en fait, dirait-elle probablement (et je serais d’accord), le rôle prééminent – ​​du roman, du cinéma, du journalisme et d’autres formes d’information, la production culturelle et artistique, dans l’élaboration de la vision américaine d’Israël. Une telle compréhension est particulièrement utile à une époque où un grand nombre de jeunes Américains méprisent de plus en plus les opinions souvent non critiques et embrumées d’Israël de leurs aînés. La Palestine occupe aujourd’hui une place dans le débat public américain dont elle n’avait jamais bénéficié auparavant, et cette attention accrue s’est accompagnée d’un examen critique plus approfondi de l’alliance américano-israélienne et des mythes dont on nous a parlé. Dans cet environnement, <em>‘‘Our American Israel’’</em> ne pourrait pas tomber plus à propos, et il trouvera probablement un large public non seulement dans un certain nombre de domaines universitaires, mais aussi parmi les activistes et les lecteurs non spécialisés. Car c’est un livre que tout le monde peut lire avec d’énormes avantages : il est magnifiquement écrit, soigneusement conçu et totalement exempt de jargon.</p>



<p>Le livre suscitera probablement également une intense controverse, car il encorne doucement mais profondément de nombreuses vaches sacrées. Mais il sera bien accueilli par tous ceux qui cherchent à comprendre et à s’écarter des mythes qui ont joué un rôle central dans l’énigme américano-israélienne-palestinienne à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui. L’analyse lucide de <em>‘‘Our American Israel’’ </em>nous aide à nous montrer comment nous nous sommes retrouvés dans cette confusion et, ce faisant, elle nous aide également à tracer une voie réaliste par laquelle la justice et l’égalité pour les deux peuples peuvent remplacer la discrimination et l’oppression qui sont le statu quo.**</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Traduit de l’anglais.</em></p>



<p><em><strong>Source </strong>: <a href="https://www.thenation.com/article/archive/amy-kaplan-our-american-israel-book-review/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Nation</a>. </em></p>



<p>* <em>Professeur d’études arabes modernes à l’Université de Columbia, auteur de ‘‘Hundred Years’ War on Palestine’’.</em></p>



<p>** <em>Les titres et intertitres sont de la rédaction.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/28/histoire-aux-sources-lalliance-americano-israelienne/">Histoire : aux sources de l’alliance américano-israélienne</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>«Du fleuve à la mer» : il est temps d’affronter la version israélienne</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/24/du-fleuve-a-la-mer-il-est-temps-daffronter-la-version-israelienne/</link>
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		<pubDate>Fri, 24 Nov 2023 10:21:46 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’engagement en faveur du Grand Israël a été inscrit dans les «Lois fondamentales» de l’État israélien en 2018. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/24/du-fleuve-a-la-mer-il-est-temps-daffronter-la-version-israelienne/">«Du fleuve à la mer» : il est temps d’affronter la version israélienne</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Loin d’être un simple slogan, l’expression «du fleuve à la mer» reflète à la fois les ambitions de longue date de la droite israélienne et la réalité qu’Israël impose à la Palestine depuis 1967. </em></strong><em>(Illustration : Lors d’un discours devant l’Assemblée générale des Nations Unies le 22 septembre 2023, le Premier ministre Benjamin Netanyahou brandit une carte montrant Israël s’étendant «du fleuve à la mer». Ph. Spencer Platt/Getty Images). </em></p>



<p>Par<strong> Rashid Khalidi </strong>*</p>



<span id="more-10659244"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Rashid-Khalidi.jpg" alt="" class="wp-image-10659298" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Rashid-Khalidi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Rashid-Khalidi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Rashid-Khalidi-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p><em>«Le droit du peuple juif sur la terre d’Israël est éternel et incontestable… par conséquent, la Judée et la Samarie ne seront confiées à aucune administration étrangère; entre la mer et le Jourdain, il n’y aura que la souveraineté israélienne»</em>, lit-on dans la plateforme du parti Likoud, 1977</p>



<p>Le slogan <em>«du fleuve à la mer»</em> aurait un grand pouvoir, si grand qu’il a conduit la Chambre des représentants des États-Unis à censurer l’un de ses membres qui l’invoquait, et l&rsquo;Université de Columbia à fermer deux organisations étudiantes juives dont les membres le répétaient. Voix pour la paix et étudiants pour la justice en Palestine. Depuis, d’autres universités ont emboîté le pas.</p>



<p>Pendant que ces augustes instances délibéraient sur les violations graves qu’impliquaient ces paroles, plus de 100 enfants mouraient chaque jour à Gaza sous la pluie de dizaines de milliers de bombes, roquettes, missiles et obus d’artillerie israéliens, dont beaucoup étaient fabriqués par des entreprises américaines dans lesquelles l’Université de Columbia a investi ainsi que les contribuables américains..</p>



<p>Pendant ce temps, les ministres israéliens parlaient d’infliger la<em> «Nakba 2023»</em> à Gaza (un écho du nettoyage ethnique israélien de 1948 contre 750 000 Palestiniens); plus de 1,7 million de Gazaouis ont été forcés de quitter leurs foyers; plus de 14 000 personnes ont été tuées (dont près de 6 000 enfants) et 30 000 blessées; la plupart des hôpitaux ont été mis hors service; et la moitié des structures de la bande de Gaza ont été détruites ou endommagées.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="FeQfUQxlGQ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/23/climat-de-peur-aux-etats-unis-la-harvard-law-review-censure-un-article-sur-le-genocide-a-gaza/">Climat de peur aux Etats-Unis : la Harvard Law Review censure un article sur le génocide à Gaza</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Climat de peur aux Etats-Unis : la Harvard Law Review censure un article sur le génocide à Gaza » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/23/climat-de-peur-aux-etats-unis-la-harvard-law-review-censure-un-article-sur-le-genocide-a-gaza/embed/#?secret=cP8DLKyAFT#?secret=FeQfUQxlGQ" data-secret="FeQfUQxlGQ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Au-delà de ces chiffres – et pour beaucoup, ce n’étaient que des chiffres, car comment illustrer les noms, les visages et les histoires personnelles de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants morts, surtout lorsque leurs bourreaux ont coupé l’électricité et, parfois, Internet et les communications téléphoniques, et empêché les journalistes occidentaux d’être présents pour assister à leur calvaire et exposer ces faits brutaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Israël combat des <em>«animaux humains»</em></h2>



<p>Dès le premier jour de cette guerre, le ministre de la Défense Yoav Gallant, qui affirmait qu’Israël combattait les <em>«animaux humains»</em>, a ordonné la coupure non seulement de l’électricité mais aussi de l’approvisionnement en eau, en médicaments, en nourriture et en carburant, en violation de l’article 23 de Quatrième Convention de Genève de 1949, qui exige <em>«le libre passage de tous les envois de fournitures médicales et hospitalières et… de tous les envois de denrées alimentaires essentielles»</em>.</p>



<p>Alors que le président Biden a appelé à l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza, les États-Unis n’ont jusqu’à présent pas fait grand-chose pour y parvenir, se contentant de persuader Israël d’autoriser l’entrée d’un petit filet de fournitures de secours (à l’exclusion du carburant), comme si les États-Unis avaient aucun pouvoir pour faire autre chose.</p>



<p>Couper ces produits, ainsi que l’eau, l’électricité et le carburant, constitue un crime de guerre, tout comme le meurtre de non-combattants, qu’ils soient Israéliens ou Palestiniens, ou l’expulsion massive de 1,7 million de personnes d’une partie de la bande de Gaza vers un autre. Mais l’administration Biden et ses alliés occidentaux refusent non seulement d’appeler à l’arrêt des bombardements et du nettoyage ethnique. Ils ne peuvent même pas se résoudre à exiger, sous peine de sanctions, qu’Israël ouvre les robinets d’électricité et d’eau, ou qu’Israël autorise la livraison quotidienne des centaines de camions de médicaments, de nourriture et de carburant nécessaires pour répondre aux besoins de 2,3 millions de personnes, pour la plupart des enfants. Le commandant en chef n’est pas disposé à ordonner à l’immense flotte américaine stationnée à proximité en Méditerranée de livrer les fournitures nécessaires à Gaza et d’évacuer la multitude de blessés, ce qui pourrait facilement être fait, indépendamment de la volonté des assiégeants.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="PuuNTtl1Oe"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/22/des-palestiniens-de-cisjordanie-forces-de-quitter-leurs-villages/">Des Palestiniens de Cisjordanie forcés de quitter leurs villages</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Des Palestiniens de Cisjordanie forcés de quitter leurs villages » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/22/des-palestiniens-de-cisjordanie-forces-de-quitter-leurs-villages/embed/#?secret=nWn8jbVS1V#?secret=PuuNTtl1Oe" data-secret="PuuNTtl1Oe" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Face à l’insensibilité des dirigeants qui refusent d’imposer un arrêt à la pluie de bombes d’Israël sur la bande de Gaza, se dressent quelques membres courageux du Congrès, des manifestants sur les campus et, derrière eux, un grand nombre de citoyens enragés par la participation de leur pays au massacre et punition collective de la population civile de Gaza. Au lieu d’applaudir leur courage en exigeant des comptes pour les meurtres de masse et le nettoyage ethnique, un Congrès sans vergogne et une administration universitaire sans âme leur demandent des comptes pour avoir utilisé une expression exigeant la liberté dans l’ensemble de leur patrie pour un peuple qui, depuis 1917, a souffert sous domination étrangère et n’a jamais eu droit à l’autodétermination. D’une manière ou d’une autre, dans le <em>«pays de la liberté»</em>, un appel à la liberté palestinienne devient une exigence odieuse et haineuse.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’objectif du «Grand Israël»</h2>



<p>Le comble de l’ironie concernant les affirmations sur le caractère haineux d’une telle expression – un administrateur d’université l’a qualifiée de <em>«génocidaire» </em>– est que cette idée est bien plus qu’un simple slogan lorsqu’il s’agit d’Israël. Il reflète plutôt la réalité qu’Israël a imposée à la Palestine depuis 1967. Israël contrôle toutes les terres situées entre la Méditerranée et le Jourdain, une zone qui, à toutes fins pratiques, constitue un seul État sous un seul régime de sécurité et une seule souveraineté.</p>



<p>La volonté d’établir le <em>«Grand Israël»</em> est l’objectif idéologique central du parti Likoud, qui domine la politique israélienne depuis 1977. L’engagement en faveur du Grand Israël a été inscrit dans les <em>«Lois fondamentales»</em> de l’État israélien en 2018, lorsque le La Knesset a adopté la loi sur <em>«l’État-nation du peuple juif»</em>. Cette loi stipule que le droit à l’autodétermination nationale en Palestine <em>«est unique au peuple juif»</em> et que <em>«l’État considère le développement des colonies juives comme une valeur nationale et doit agir pour encourager et promouvoir son établissement et son renforcement»</em>. Cet engagement est l’un des <em>«principes directeurs»</em> du gouvernement israélien actuel, qui a déclaré que <em>«le peuple juif a un droit exclusif et inaliénable sur toutes les parties de la Terre d’Israël»</em>, y compris <em>«la Judée et la Samarie»</em>.</p>



<p>Ainsi, d’un côté, nous avons des étudiants et un homme politique qui représentent les revendications de dizaines de millions de citoyens qui réclament la liberté des Palestiniens. De l’autre, nous avons le pouvoir de l’État américain qui soutient les politiques fondamentales du gouvernement israélien qui, au cours des dernières décennies, a agi sans relâche pour garantir qu’<em>«entre la mer et le Jourdain, il n’y aura que la souveraineté israélienne»</em>. Plutôt que de se concentrer sur de véritables crimes de guerre destinés à maintenir la souveraineté exclusive d’Israël sur l’intégralité de la Palestine historique, du fleuve à la mer, les priorités du Congrès et des modèles de l’Ivy League se situent ailleurs, comme en témoignent leurs honteuses concentrations sur des crimes de pensée complètement fallacieux.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Traduit de l</em><em>’</em><em>anglais.</em></p>



<p>* <em>Chercheur et essayiste américain d’origine palestinienne, professeur d&rsquo;études arabes modernes à l’Université de Columbia. Son dernier livre s’intitule ‘‘La Guerre de Cent Ans contre la Palestine’’.</em></p>



<p><strong><em>Source</em></strong> : <em><a href="https://www.thenation.com/article/world/its-time-to-confront-israels-version-of-from-the-river-to-the-sea/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Nation</a></em>. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="UxduyFZ1P2"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/10/les-palestiniens-sont-les-nouveaux-indiens-les-indiens-disrael/">Les Palestiniens sont les nouveaux Indiens, les Indiens d’Israël</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les Palestiniens sont les nouveaux Indiens, les Indiens d’Israël » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/10/les-palestiniens-sont-les-nouveaux-indiens-les-indiens-disrael/embed/#?secret=b6Hj0ZCcu5#?secret=UxduyFZ1P2" data-secret="UxduyFZ1P2" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/24/du-fleuve-a-la-mer-il-est-temps-daffronter-la-version-israelienne/">«Du fleuve à la mer» : il est temps d’affronter la version israélienne</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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