Le poème du dimanche : ‘‘Planète’’ de Issa Makhlouf

Issa Makhlouf est né en 1955 au Liban, vit à Paris. Poète, narrateur, journaliste, essayiste, traducteur et universitaire, spécialiste d’anthropologie sociale et culturelle.

Auteur de plusieurs ouvrages parmi lesquels, Mirages; Lettre aux deux sœurs (prix Max Jacob), Une ville dans le ciel, Éd. Corti; Ce qui restera, Éd. Le Castor Astral.

A traduit en arabe des auteurs comme, Yves Bonnefoy, Georges Schéhadé et Antonin Arthaud. Auteur, en arabe, d’un essai sur Borges et d’une anthologie de la nouvelle latino-américaine.

Issa Makhlouf était directeur de l’Information à Radio Orient et conseiller spécial des affaires sociales et culturelles à l’Onu, à New York, dans le cadre de la 61e session de l’Assemblée Générale (2006-2007).

Tahar Bekri

La terre est belle.

Beau le nuage qui s’en va seul dans le ciel bleu, semblable à un oiseau perdu et désorienté dans son vol. Beaux les astres, aux étranges, aux inquiètes lumières. Gardiens de l’espace infini, ils t’observent de loin, te connaissent mais tu ne les connais pas. Auraient-ils donc de la compassion pour toi qui ignores ce qui t’attend dès le seuil ? À moins que ces étoiles n’oublient que leur sort est aussi le tien.  

Tendre est la clémente brise touchant les fronts dans l’été lointain des îles. Tendres les pluies, agiles sur l’herbe sèche. Tendre est le parfum de la femme inconnue qui va son chemin près de toi.

Belle fut notre rencontre avant de trébucher sur les détails. Elle avait l’allure d’un croissant de lune auquel étaient suspendus nos rêves.

Belle enfin est la terre lorsque l’âme la quitte. Tel un astronaute à travers sa vitre, je la vois bleue. Illuminée de l’intérieur, elle lève ses voiles blancs et me précède là où je vais.

Belle planète, notre Terre, allant vers sa fin avec un étrange délice.

Trad. de l’arabe par Nabil El Azan

(Remerciements à l’auteur).


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