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	<title>Archives des Algérie - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Algérie - Kapitalis</title>
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		<title>Festival Aflam 2026 &#124; Réparer l’image, retrouver les mémoires</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 07:16:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les archives algériennes, tunisiennes et les mémoires minoritaires au cœur de la 13e édition du festival Aflam, à Marseille. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/30/festival-aflam-2026-reparer-limage-retrouver-les-memoires/">Festival Aflam 2026 | Réparer l’image, retrouver les mémoires</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les archives algériennes, tunisiennes et les mémoires minoritaires sont au cœur de la 13<sup>e</sup> édition du festival « Aflam. Cinémas des mondes arabes » qui se tiendra du 10 au 18 octobre 2026, à Marseille, France, sous le thème «Réparer l’image». Réparer l’image, c’est d’abord refuser qu’une mémoire soit condamnée au silence.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djamal Guettala&nbsp;</strong></p>



<span id="more-19727423"></span>



<p class="wp-block-paragraph">L’association Aflam, organisatrice de l’événement, a tenu une conférence de presse, le 10 septembre, au cinéma Les Variétés à Marseille, au cours de laquelle elle a dévoilé le programme de la 13<sup>e</sup> édition qui fera dialoguer cinéma, archives, mémoire et création contemporaine, avec une attention particulière portée aux œuvres longtemps restées dans l’ombre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aflam, qui œuvre depuis 2000 à la diffusion des cinémas des mondes arabes, propose cette année 52 films, 40 invité·es et 35 événements-séances.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La programmation ne considère pas les archives comme de simples traces du passé : elle cherche à les remettre en circulation et à interroger les récits que les images ont conservés, mais aussi ceux qu’elles ont laissés disparaître.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Algérie au cœur de la mémoire cinématographique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le dimanche 11 octobre sera particulièrement important pour le cinéma algérien. À 16h30, au Polygone Étoilé, Nabil Djedouani, à la tête des Archives numériques du cinéma algérien, présentera une sélection de films restaurés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2012, ce spécialiste formé à l’INA mène un travail de sauvegarde et de diffusion d’œuvres algériennes devenues difficiles d’accès. Numériser une pellicule ne suffit pourtant pas. Encore faut-il lui redonner un public et une place dans l’histoire du cinéma.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le même soir, à 20h, Aflam proposera&nbsp;<em>‘‘Boualem Zid El Goudam’’</em> de Moussa Haddad, réalisé en 1980, en présence de Nabil Djedouani.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film met en scène Boualem et Sekfali, deux hommes qui traversent le désert algérien. Une charrette chargée de vieux livres, d’images, de reliques et de souvenirs accompagne leur étrange voyage. Deux hommes, deux visions de l’existence et deux rapports à l’histoire de l’Algérie se confrontent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Boualem demeure attaché à l’idéal égalitaire et émancipateur issu de la guerre de libération. Sekfali, aristocrate cultivé, porte un regard sceptique sur cette utopie. Entre fable politique, réflexion philosophique et absurdité beckettienne, le film interroge les promesses de l’indépendance et les contradictions de l’Algérie postcoloniale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quarante-six ans après sa réalisation, la redécouverte de <em>‘‘Boualem Zid El Goudam’’</em> prend une résonance particulière. Le film ne revient pas seulement du passé : il revient poser des questions au présent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Algérie sera également présente à travers <em>‘‘Petite Casbah’’</em>, film d’animation d’Antoine Colomb, programmé le 14 octobre aux Variétés. À travers Malika, une fillette vivant dans la Casbah d’Alger dans les années 1950, le film fait entrer l’histoire coloniale dans le regard de l’enfance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La Tunisie, par les traces et les images</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie occupe une place plus discrète, mais elle n’est pas absente de cette réflexion sur les archives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 17 octobre, au Mucem, une courte archive consacrée à Sousse, tournée en 1971 en 8 mm, sera présentée dans le cadre de la programmation consacrée aux Archives Bouanani. Une image modeste en apparence, mais qui acquiert avec le temps une autre valeur : celle d’un fragment de Tunisie devenu trace patrimoniale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie apparaît également dans la dynamique de WarshatAflam, résidence d’écriture de scénarios destinée aux jeunes cinéastes du monde arabe. La mémoire ne se limite donc pas aux films anciens : préserver les images signifie aussi accompagner celles et ceux qui fabriqueront les images de demain.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Palestine, Maroc, Liban : filmer contre l’effacement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Palestine occupe une place forte dans cette édition avec, le 15 octobre à La Baleine, la rencontre <em>«Les révolutionnaires ne meurent jamais : cinéastes solidaires du peuple palestinien»</em>, en présence notamment de Kassem Hawal et Mohanad Yaqubi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La caméra devient ici un instrument de mémoire. Les archives palestiniennes témoignent d’une histoire politique et culturelle constamment menacée par les guerres, les déplacements et les destructions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Liban, <em>‘‘Le Jour de colère : Contes de Tripoli’’</em> de Rania Rafei remontera le fil de l’histoire contemporaine, des manifestations de 1943 aux mobilisations populaires de 2019.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Maroc sera représenté par les Archives Bouanani, avec Touda Bouanani et Marie Pierre-Bouthier. Le travail de sauvegarde entrepris après l’incendie de 2006, qui avait détruit une partie des archives familiales, rappelle la fragilité de ces patrimoines.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les mémoires minoritaires sortent de l’ombre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Aflam élargit cette réflexion aux mémoires minoritaires. Une exposition consacrée au cinéma amazigh au Maroc, conçue et commentée par Sarah Mounia Kachiri, réunira films, vidéos amateurs et installations autour de l’identité culturelle, de la transmission orale et des formes de résistance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 18 octobre, au Mucem, une table ronde intitulée <em>«Ce que le patrimoine culturel national invisibilise»</em> réunira Chantal Partamian, Pauline Tucoulet et Sarah Mounia Kachiri autour des archives arméniennes, kurdes et amazighes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question dépasse alors le cinéma : qui décide de ce qui mérite d’être conservé dans la mémoire collective ? Quelles images deviennent patrimoine et lesquelles restent en dehors des récits officiels ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ces archives répond une création contemporaine avec notamment Alea Jacarandas de Hassen Ferhani, L’Entente – La face cachée d’Alexandrie de Mohamed Rashad et Yunan d’Ameer Fakher Eldin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec <em>«Réparer l’image»</em>, Aflam propose ainsi bien davantage qu’un festival de cinéma. À Marseille, les films anciens dialoguent avec les œuvres nouvelles, les archives nationales avec les mémoires minoritaires, le Maghreb avec le Machrek.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Réparer l’image, c’est peut-être d’abord refuser qu’une mémoire soit condamnée au silence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/30/festival-aflam-2026-reparer-limage-retrouver-les-memoires/">Festival Aflam 2026 | Réparer l’image, retrouver les mémoires</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Reyad Kesri raconte la face intime de sa mère Warda El Djazaïria</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/29/reyad-kesri-raconte-la-face-intime-de-sa-mere-warda-el-djazairia/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Sep 2026 06:37:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[chanson arabe]]></category>
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		<category><![CDATA[Reyad Kesri]]></category>
		<category><![CDATA[Warda El Djazaïria]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Derrière la diva Warda, décédée en 2012, se cachait une femme confrontée aux sacrifices, aux choix difficiles, à la maladie et aux épreuves familiales.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/29/reyad-kesri-raconte-la-face-intime-de-sa-mere-warda-el-djazairia/">Reyad Kesri raconte la face intime de sa mère Warda El Djazaïria</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Pendant des décennies, Warda El Djazaïria a incarné l&rsquo;une des plus grandes voix de la chanson arabe. Son timbre puissant, son interprétation habitée et son attachement à l’Algérie ont fait d’elle une artiste hors norme, admirée bien au-delà des frontières du monde arabe. Mais derrière la diva<strong><em>, décédée le 17 mai 2012,</em></strong> se cachait une femme confrontée aux sacrifices, aux choix difficiles, à la maladie et aux épreuves familiales. C’est cette face intime que révèle son fils, Reyad Kesri, dans ‘‘Vivre avec une légende’’, un témoignage rare qui éclaire autrement le parcours d&rsquo;une icône.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djamal Guettala</strong></p>



<span id="more-19715379"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Loin des biographies classiques, l’ouvrage ne cherche pas seulement à raconter une carrière exceptionnelle. Il dévoile le quotidien d’une femme qui a dû concilier les exigences de la scène, les responsabilités familiales et les combats personnels. À travers le regard de son fils, Warda apparaît dans toute sa complexité : artiste adulée, mère attentive, femme fragile et personnalité engagée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reyad Kesri revient d’abord sur l’histoire familiale qui a façonné le destin de Warda. Son père, Mohamed Kesri, originaire du Constantinois, a joué un rôle essentiel dans son parcours en lui permettant de poursuivre son rêve artistique. La séparation du couple, au début des années 1970, est racontée avec pudeur, loin des polémiques et des jugements.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une femme face aux épreuves</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Grandir auprès de Warda signifiait vivre entre deux mondes : celui de la vie ordinaire et celui des projecteurs. Le fils de la chanteuse décrit les foules, les voyages, les grands hôtels et cette célébrité permanente qui accompagnait chaque déplacement. Mais il raconte aussi son propre chemin, ses difficultés scolaires et son besoin de construire une identité indépendante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec le temps, Reyad devient plus qu’un fils : il devient le protecteur de sa mère. Face aux problèmes de gestion, aux contrats déséquilibrés et aux personnes profitant de sa notoriété, il prend progressivement en charge ses intérêts professionnels. <em>«Et sans que je m’en rende pleinement compte, je n’étais plus seulement le fils de Warda. Je devenais l’un de ses remparts»,</em> écrit-il,résumant ainsi la relation particulière entre une mère célèbre et un fils qui a choisi d’être son soutien dans un univers parfois impitoyable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fil des décennies, Warda dépasse le simple statut d’artiste. Sa popularité immense fait d’elle une figure culturelle et parfois politique. Reyad Kesri raconte une chanteuse dont les prises de position, les engagements et l’identité algérienne ont parfois suscité des réactions au-delà du monde musical. <em>«Elle posait problème parce que Warda n’était plus seulement une artiste : elle était devenue un symbole»</em>, note Reyad, dont le livre révèle aussi une femme déterminée, attachée à sa dignité et à son exigence artistique. Et même lorsqu&rsquo;elle est confrontée aux difficultés, elle refuse de renoncer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chapitres consacrés à sa santé sont parmi les plus bouleversants. Hépatite C, cancer du sein, diabète, problèmes cardiaques et greffe du foie : Warda affronte une succession d’épreuves avec une force exceptionnelle. <em>«On a souvent cru que ma mère allait mourir. Les médecins le disaient&#8230; Elle, pourtant, continuait à vivre»</em>, témoigne Reyad, en citantl’un des médecins de Warda : <em>«Votre mère devrait inspirer mes patients. Ils se plaignent de mourir alors qu’ils n’ont qu’une seule de ses maladies.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu&rsquo;au bout, une question demeure essentielle pour elle : <em>«Quand pourrai-je chanter ? »</em> Une phrase qui résume son rapport unique à la musique et à son public.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’héritage d&rsquo;une voix éternelle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les dernières pages du livre prennent une dimension testamentaire. Reyad Kesri raconte les derniers combats de sa mère et son ultime apparition sur scène à Baalbeck en 2011, un moment qui symbolise une fidélité absolue à son métier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après sa disparition, une autre question se pose : comment préserver la mémoire d’une artiste de cette dimension ? Face aux nouvelles technologies permettant de recréer artificiellement les voix disparues, Reyad exprime ses réserves&nbsp;: <em>« Certaines voix, une fois éteintes, méritent autre chose que d’être malmenées par des intelligences artificielles.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour lui, le respect passe aussi par la reconnaissance des artistes de leur vivant : <em>«J’aurais préféré que l&rsquo;on célébrât davantage les vivants.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les dernières pages, il livre enfin la plus belle définition de sa mère : <em>«Il n’y avait pas une seule Warda, mais plusieurs. Celle de la scène et celle de la maison. La femme engagée et la mère inquiète. La diva adulée et la malade fragile. Une fleur de chaque jardin. Et, à travers elles, le parfum d’une vie intensément vécue.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec ce livre, Reyad Kesri signe bien plus qu’un énième hommage posthume à sa mère. Il propose un document précieux sur une époque, sur la chanson arabe et sur une artiste dont la voix continue de traverser les générations. Derrière la légende Warda, il révèle surtout le portrait d’une femme libre, exigeante et profondément humaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>‘‘La voix, le sang et la vie. Fragments d’une présence : Warda El Jazayria’’, de Reyad Kesri, Éditions Dalimen, 13 mai 2026.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Afrique du Nord &#124; L’Égypte possède le plus d’avions militaires, suivie de l’Algérie et du Maroc</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/28/afrique-du-nord-legypte-possede-le-plus-davions-militaires-suivie-de-lalgerie-et-du-maroc/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Sep 2026 13:08:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique du Nord]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’Égypte possède la flotte d’aviation militaire conventionnelle la plus importante d’Afrique du Nord, suivie de loin par l’Algérie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/28/afrique-du-nord-legypte-possede-le-plus-davions-militaires-suivie-de-lalgerie-et-du-maroc/">Afrique du Nord | L’Égypte possède le plus d’avions militaires, suivie de l’Algérie et du Maroc</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’Égypte possède la flotte d’aviation militaire conventionnelle la plus importante d’Afrique du Nord, suivie de loin par l’Algérie et le Maroc, tandis que la Tunisie et la Libye disposent d’équipements bien plus réduits. Un décompte qui n’intègre pas les drones, désormais une composante centrale de la guerre aérienne contemporaine.</em></strong></p>



<span id="more-19715913"></span>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ce qui ressort des données 2026 de <a href="https://www.globalfirepower.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Global Firepower</a>, une plateforme spécialisée dans la comparaison des capacités militaires mondiales. Ce classement doit toutefois être interprété avec prudence : le décompte englobe les avions à voilure fixe et les hélicoptères des différentes branches des forces armées, mais exclut les drones — désormais un élément central de la guerre aérienne moderne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Global Firepower, l’Égypte dispose au total de 1 088 avions militaires, ce qui la place au neuvième rang mondial en termes de taille de flotte. L’inventaire comprend 242 avions de chasse, 90 appareils spécifiquement destinés à l’attaque, 53 avions de transport, 344 avions d’entraînement, 11 plateformes pour missions spéciales et 348 hélicoptères, dont 100 hélicoptères d’attaque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces chiffres témoignent d’une force aérienne numériquement très vaste et diversifiée, mais ils incluent également des appareils d’entraînement et de transport et ne reflètent pas, en soi, le nombre de plateformes réellement disponibles pour des opérations de combat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Algérie suit avec 620 aéronefs, seizième au niveau mondial dans le classement quantitatif de Global Firepower. La flotte algérienne comprend 111 avions de chasse, 42 avions d’attaque, 63 avions de transport, 90 avions d’entraînement, 10 plateformes pour missions spéciales, quatre avions ravitailleurs et 300 hélicoptères, dont 74 d’attaque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Près de la moitié de l’inventaire algérien est donc constituée d’appareils à voilure tournante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Maroc occupe la troisième place régionale avec 271 aéronefs. Global Firepower attribue aux Forces armées royales 84 avions de chasse, 31 avions de transport, 77 avions d’entraînement, 4 plateformes pour missions spéciales, 2 avions ravitailleurs et 73 hélicoptères, dont 6 d’attaque. Ce chiffre concernant le Maroc est particulièrement significatif car la composante pilotée ne représente qu’une partie de la capacité aéronautique croissante de Rabat : les drones militaires ne sont en effet pas inclus dans ce décompte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rôle croissant des systèmes sans pilote constitue l&rsquo;une des principales limites de cette comparaison. Le Maroc investit de plus en plus dans l’utilisation des drones et la formation à leur pilotage : lors de l’exercice African Lion 2026, les forces marocaines ont participé à des activités spécifiques portant sur les systèmes aériens sans pilote et, en juillet dernier, Rabat et le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (Africom) ont signé un mémorandum visant à développer au Maroc un centre multi-domaines incluant également une Drone Academy. Ces capacités ne sont pas prises en compte dans les 271 aéronefs attribués au pays par Global Firepower.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La flotte tunisienne est plus modeste, évaluée à 155 aéronefs. Seuls 10 appareils sont classés comme avions de chasse, tandis que 101 sont des hélicoptères, ce qui représente environ les deux tiers de l’inventaire total.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon la plateforme, la Tunisie dispose en outre de 12 avions de transport, 28 avions d’entraînement et 4 appareils destinés à des missions spéciales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas de la Libye est encore plus complexe. Global Firepower attribue au pays 83 aéronefs militaires : 10 avions de chasse, 1 avion d’attaque, 12 avions de transport, 35 avions d’entraînement et 22 hélicoptères.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce chiffre est nettement inférieur aux 143 appareils indiqués dans certaines infographies diffusées par les médias libyens, lesquelles se référaient à des éditions antérieures de la base de données.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour 2026, la plateforme a donc revu sensiblement à la baisse l’effectif nominal de la flotte libyenne. Toutefois, dans le cas de la Libye, le simple décompte national reflète encore moins bien les capacités réelles présentes sur le terrain. Les structures militaires du pays restent divisées entre l’Est et l’Ouest, et des moyens étrangers opèrent également sur le territoire sans pouvoir être automatiquement attribués aux forces armées libyennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, l’exclusion des drones de la base de données laisse de côté une composante qui, ces dernières années, a joué un rôle décisif dans les opérations militaires menées dans le pays, tant pour les forces occidentales soutenues par la Turquie que dans la zone contrôlée par les forces de l’Est.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Global Firepower précise en outre que plusieurs valeurs sont estimées en l’absence de données officielles complètes. Le classement donne donc avant tout une indication sur l’importance numérique des parcs aériens conventionnels, sans permettre à lui seul d’établir la supériorité aérienne réelle d’un pays : celle-ci dépend également de la qualité et de l’âge des appareils, des systèmes d’armes, de l’entraînement des équipages, de la maintenance, de la disponibilité opérationnelle, des capacités radar et de guerre électronique ainsi que, de plus en plus, de la composante sans pilote.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’après <a href="https://www.agenzianova.com/news/egitto-primo-in-nord-africa-per-velivoli-militari-algeria-seconda-e-marocco-terzo/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Agenzia Nova</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/28/afrique-du-nord-legypte-possede-le-plus-davions-militaires-suivie-de-lalgerie-et-du-maroc/">Afrique du Nord | L’Égypte possède le plus d’avions militaires, suivie de l’Algérie et du Maroc</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Par-delà les frontières, Ibn Khaldoun reste Tunisien  </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/28/par-dela-les-frontieres-ibn-khaldoun-reste-tunisien/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Sep 2026 06:33:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Plaidoyer pour une inscription partagée de la ‘‘Muqaddima’’ d'Ibn Khaldoun au Registre «Mémoire du monde» de l’Unesco.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/28/par-dela-les-frontieres-ibn-khaldoun-reste-tunisien/">Par-delà les frontières, Ibn Khaldoun reste Tunisien  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ibn Khaldoun n</em></strong><strong><em>’</em></strong><strong><em>a pas besoin de frontières pour être tunisien&nbsp;</em></strong><strong><em>: p</em></strong><strong><em>laidoyer pour une inscription partagée de la</em></strong> <strong><em>‘‘</em></strong><strong><em>Muqaddima</em></strong><strong><em>’’</em></strong> <strong><em>au Registre «Mémoire du monde»</em></strong> <strong><em>de l’Unesco.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelhamid Larguèche</strong> <strong>*</strong></p>



<span id="more-19710241"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg" alt="" class="wp-image-18774922" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Depuis que notre délégation permanente auprès de l’Unesco a annoncé l&rsquo;acceptation du dossier de candidature de la <em>‘‘</em><em>Muqaddima</em><em>’’</em> d’Ibn Khaldoun, présenté conjointement avec l’Algérie, l’Égypte et la Turquie, une vague d’indignation parcourt les réseaux sociaux. De jeunes internautes, souvent sincères, parfois virulents, réclament une inscription exclusivement tunisienne et dénoncent ce qu’ils perçoivent comme une dépossession.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut entendre cette colère, car elle dit quelque chose d’une jeunesse en quête de repères et de fierté. Mais il faut aussi lui répondre, calmement et avec des arguments, car elle repose sur un malentendu profond.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Commençons par ce qui ne souffre aucune discussion. Ibn Khaldoun est né à Tunis en 1332, dans la médina, à deux pas de la Zitouna. C’est là qu’il s&rsquo;est formé, auprès de maîtres comme Ibn Arafa pour le droit et Al-Abili pour les sciences rationnelles. Mon ami et collègue Fathi Triki l’a rappelé avec force : la Zitouna de cette époque restait l’un des rares foyers du monde islamique où la tradition philosophique d’Aristote, d’Al-Farabi, d’Avicenne et d’Averroès continuait d’être enseignée. Sans ce terreau, la science du <em>&lsquo;umran</em> n’aurait sans doute pas vu le jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ibn Khaldoun est Tunisien de naissance, de formation et, pour une large part, de pensée. Aucune inscription conjointe ne retire une once de cette vérité historique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que l’on inscrit réellement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le malentendu vient d’une confusion entre deux choses : la nationalité d’un auteur et la nature d’un patrimoine documentaire. Le Registre <em>«Mémoire du monde»</em> ne distribue pas des passeports posthumes. Il ne dit pas à qui <em>«appartient»</em> Ibn Khaldoun. Il reconnaît la valeur universelle de documents, en l’occurrence des manuscrits, et engage les États qui les détiennent à les conserver, les protéger et les rendre accessibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or les manuscrits de la <em>Muqaddima</em> sont dispersés, à l’image de la vie de leur auteur. Ibn Khaldoun a quitté Tunis jeune, servi à Fès, à Grenade, à Béjaïa, rédigé la première version de son introduction dans la retraite de Qal’at Ibn Salama, sur le sol de l’actuelle Algérie, avant de s’établir au Caire où il enseigna, exerça la magistrature malékite, reprit et enrichit son texte jusqu’à sa mort en 1406.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains des témoins manuscrits les plus précieux, dont des copies revues par l’auteur lui-même, se trouvent aujourd’hui dans les bibliothèques d’Istanbul et du Caire. Prétendre inscrire seul un patrimoine dont une partie essentielle repose dans d’autres pays reviendrait à présenter un dossier incomplet, donc fragile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le droit international du patrimoine ne fonctionne pas selon nos goûts ni selon le volume des protestations en ligne. Les procédures de l’Unesco privilégient le consensus et encouragent les candidatures conjointes lorsque le patrimoine concerné traverse les frontières. Un dossier unilatéral pouvait se heurter à l’objection d’un autre État et se trouver bloqué pour des années. Ceux qui ont conduit ce projet l’ont compris. En associant les pays où Ibn Khaldoun a vécu, écrit et laissé des traces, ils ont choisi la voie de la réussite plutôt que celle d’un affrontement stérile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rappelons au passage que Michel Foucault a écrit à Sidi Bou Saïd une partie de <em>‘‘</em><em>L</em><em>’</em><em>Archéologie du savoir</em><em>’’</em>. Personne n’en conclut qu’il est devenu tunisien, ni que la France a perdu un penseur. Le lieu de naissance, le lieu d’écriture et le lieu de conservation sont trois réalités distinctes qui peuvent coexister sans se nier.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que la Tunisie y gagne</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Loin d’être un renoncement, l’inscription conjointe est une victoire tunisienne. La Tunisie est le pays porteur, celui qui a pris l’initiative, mobilisé les institutions et fédéré les partenaires. Être à l’origine d’une candidature multinationale, c’est exercer un leadership culturel reconnu à l’échelle régionale et internationale. C’est démontrer une capacité de diplomatie patrimoniale que bien des pays nous envient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’œuvre elle-même y gagne davantage encore. Une inscription partagée ouvre la voie à une mise en réseau des manuscrits, à des programmes de numérisation communs, à des éditions critiques comparées, à une circulation des chercheurs entre Tunis, Alger, Le Caire et Istanbul. Elle permet de reconstituer, au moins virtuellement, l’unité d’un texte que l’histoire a dispersé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà ce que devrait être la véritable fierté tunisienne : non pas enfermer Ibn Khaldoun dans nos frontières, mais être le pays qui a rendu sa <em>Muqaddima</em> à l’humanité tout entière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a enfin une ironie cruelle dans cette querelle. Ibn Khaldoun est le penseur qui a analysé avec le plus de lucidité la <em>&lsquo;asabiyya</em>, cette solidarité de groupe qui fonde les pouvoirs mais qui, lorsqu’elle se referme sur elle-même, annonce leur déclin. Défendre son héritage par un repli identitaire, c’est lui faire la leçon qu’il nous a lui-même enseignée à l’envers. Sa pensée a franchi les siècles précisément parce qu&rsquo;elle refusait l’étroitesse dynastique pour embrasser le mouvement des sociétés humaines. Il est Tunisien, et il est universel. Les deux affirmations ne s’opposent pas, elles se fortifient mutuellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si cette tempête a pu prendre une telle ampleur, ce n’est pas seulement la faute d’une jeunesse mal informée. C’est aussi, et surtout, la responsabilité de ceux qui savent et qui se taisent. Universitaires, spécialistes du patrimoine, responsables culturels, intellectuels habituellement prompts à s’exprimer : beaucoup connaissent parfaitement le fonctionnement de l’Unesco, l’histoire des manuscrits, l&rsquo;itinéraire d’Ibn Khaldoun. Ils savent que l’inscription conjointe était la seule voie raisonnable. Et pourtant, ils se taisent.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="2MAhcl5vmd"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/10/ibn-khaldoun-est-tunisien-et-ne-saurait-etre-partage/">Ibn Khaldoun est tunisien et ne saurait être partagé</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Ibn Khaldoun est tunisien et ne saurait être partagé » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/10/ibn-khaldoun-est-tunisien-et-ne-saurait-etre-partage/embed/#?secret=1vGUjC48PX#?secret=2MAhcl5vmd" data-secret="2MAhcl5vmd" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ce silence n’est pas de la prudence, c’est de la démission. On craint la foule numérique, on redoute d’être taxé de tiédeur patriotique, on préfère laisser passer l’orage en attendant de s’associer, le moment venu, aux célébrations. Julien Benda parlait jadis de la <em>«trahison des clercs»</em>. Il y a une trahison plus discrète mais tout aussi grave : celle des clercs qui, sachant, laissent l’ignorance occuper l’espace public par peur de déplaire. Le rôle de l’intellectuel n’est pas de flatter les passions du moment, mais d’éclairer, même lorsque la lumière dérange.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Saluer plutôt que soupçonner</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Plutôt que de soupçonner une trahison là où il n’y en a aucune, rendons hommage à celles et ceux qui, depuis plusieurs années, ont travaillé avec persévérance, souvent dans l’ombre, pour que la <em>Muqaddima</em> obtienne cette reconnaissance. Le résultat obtenu n’est pas le fruit du hasard, mais d’un effort collectif qui honore la Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ibn Khaldoun n’a pas besoin de frontières pour être tunisien. Il a besoin que nous soyons à la hauteur de sa pensée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>*</em> <em>Historien, professeur émérite à l</em><em>’</em><em>Université de la Manouba</em><em>.</em></p>
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		<title>L’Algérie dit non à la diplomatie du chéquier des Émirats</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Sep 2026 08:16:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L'Algérie rompt ses relations avec les Emirats arabes unis pour protester contre la stratégie de déstabilisation qu'ils mènent à ses frontières. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/21/lalgerie-dit-non-a-la-diplomatie-du-chequier-des-emirats/">L’Algérie dit non à la diplomatie du chéquier des Émirats</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ancrée dans une diplomatie du chéquier et adossée à une alliance de revers avec Israël et le Maroc, la monarchie d’Abou Dhabi multiplie les ingérences du Yémen au Sahel. Face à cette stratégie de déstabilisation et à la guerre hybride menée contre ses frontières, l’Algérie oppose une doctrine intangible de souveraineté, de non-alignement et de résilience historique.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dr Abderrahmane Cherfouh&nbsp;*</strong></p>



<span id="more-19679172"></span>



<p class="wp-block-paragraph">À titre de rappel, les Émirats et Israël ont établi leurs relations diplomatiques le 15 septembre 2020 lors de la signature des Accords d’Abraham à la Maison-Blanche. Curieusement, par pure coïncidence ou parce que parfois le hasard fait mal les choses, il y a moins d’un siècle à peine, Israël et les Émirats arabes unis n’existaient pas. Ils ont surgi le premier du néant et le deuxième du désert et ont fait du chemin. L’histoire diplomatique du Moyen-Orient moderne reste profondément marquée par le retrait britannique au début du siècle dernier : de cette même empreinte sont nés deux États aux trajectoires diamétralement opposées, Israël en 1947 et les Émirats arabes unis en 1971.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, Israël fait partie des puissances nucléaires de fait et dispose de plus de 300 ogives nucléaires. C’est un État surarmé qui compte sur le soutien quasi total des États-Unis, lesquels lui fournissent les armes les plus modernes et les plus ultrasophistiquées. Le territoire sur lequel se trouve cet État a été spolié à la Palestine. Après le retrait de la Grande-Bretagne, qui avait renoncé à son mandat en 1947, les Nations unies avaient partagé le territoire pour donner naissance à un État juif et un État arabe avec la bénédiction de Washington. La première guerre israélo-arabe (1948-1949) avait permis à cet État d’agrandir encore son territoire au détriment de celui de l’État arabe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Émirats arabes unis, quant à eux, ont été créés il y a tout juste 55 ans, en 1971. Issus du regroupement d’un noyau de peuplades et de confédérations tribales dispersées le long de la Côte des Trèves, les Émirats n’éveillaient, jusqu’aux années 1960, que peu d’intérêt international. Comme d’autres régions de la péninsule, cette société n’avait connu que la tyrannie de la pauvreté ; désormais, elle doit s’accommoder de celle de la richesse. Non point cette richesse qui provient d’une révolution industrielle ou de cet effort gigantesque qu’accomplit une société sur elle-même pour se soustraire au déterminisme de la nature — du génie de ses ingénieurs et de ses ouvriers comme en Europe ou au Japon lors de leurs révolutions industrielles —, mais celle-là même qui est le produit direct de la rente pétrolière. À partir de cette époque, événements politiques et pétroliers vont se succéder à une allure vertigineuse, telle une machine en folie que personne ne pouvait plus arrêter. Avec la manne pétrolière, les Émiratis ont vu se multiplier leurs richesses, leurs partisans et leurs courtisans.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De la tente bédouine à la démesure géopolitique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre la trajectoire actuelle des Émirats arabes unis, il faut d’abord saisir le vertige psychologique qui a saisi ce pouvoir. En l’espace d’une seule génération, les Émiratis sont passés d&rsquo;un dénuement pastoral absolu — celui des tentes et des caravanes de chameaux — à une opulence insolente matérialisée par des gratte-ciels de cent étages. Cette métamorphose fulgurante a engendré une véritable euphorie de la puissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce saut temporel et technologique sans transition a nourri un besoin viscéral de reconnaissance, compensant la jeunesse de l’État par une verticalité architecturale et financière spectaculaire. Porté par cette richesse monumentale, le pouvoir d’Abou Dhabi s’est laissé griser par une forme d’hubris géopolitique. Ce sentiment d’invulnérabilité pousse aujourd’hui ses dirigeants à croire que la puissance financière permet de tout régenter, des alliances économiques aux destins des nations millénaires du monde arabe. C’est précisément ce tournis de la richesse qui explique l’agressivité de leur diplomatie et leur volonté de bousculer des équilibres régionaux complexes, au risque de la démesure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette diplomatie de la démesure ne surgit pas du néant ; elle réactive, sous des formes modernes, des codes comportementaux profondément ancrés dans l’histoire de la péninsule. Avant l’ère pétrolière, la survie dans ce désert hostile dictait des règles strictes, où la razzia et le contrôle forcé des routes commerciales et des caravanes constituaient la norme. L’adage populaire <em>«Chassez le naturel, il revient au galop»</em> trouve ici une résonance singulière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière les paravents technologiques et les fonds souverains d’Abou Dhabi, subsiste le réflexe atavique de s’accaparer les richesses d’autrui par la force ou l’ingérence. Qu’il s’agisse de monopoliser la gestion des ports stratégiques de la mer Rouge et d’Afrique, d’exploiter les ressources de pays en crise comme le Yémen ou le Soudan, ou de déstabiliser des économies régionales, la logique demeure identique. La prédation économique contemporaine n’est que la continuation, en costume de diplomate et en col blanc, des anciennes traditions de brigandage du désert.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière la vitrine financière de Dubaï et les investissements technologiques étalés par Abou Dhabi se cache ainsi un activisme régional qui s’apparente à une véritable métastase géopolitique. Du Yémen à la Libye, en passant par le Soudan et le Sahel, la diplomatie émiratie s’est traduite par une méthode constante : la déstabilisation et la fragmentation des États souverains. Cette ingérence permanente a fini par provoquer une onde de choc au Maghreb : le 10 septembre 2026, l’Algérie a officiellement rompu ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, sommant leur ambassadeur de quitter le territoire sous 48 heures et fermant son espace aérien aux appareils émiratis. En dénonçant une accumulation d’actes hostiles, Alger tirait les conséquences logiques d’une doctrine devenue incompatible avec la stabilité de la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette projection extérieure ne repose pourtant sur aucun socle national réel. Dépourvue de profondeur démographique et d’armée pléthorique, la monarchie d’Abou Dhabi a dû sous-traiter l’intégralité de sa sécurité et de sa projection de force : recrutement de mercenaires étrangers, cadres militaires occidentaux intégrés au commandement et financement massif de milices locales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce modèle d’interventionnisme par procuration a connu une accélération brutale dans le sillage des soulèvements populaires de 2011, vécus à Abou Dhabi comme une menace existentielle pour la survie du régime. Pour étouffer dans l&rsquo;œuf toute dynamique démocratique ou alternative politique dans le monde arabe, la monarchie a projeté son appareil hybride bien au-delà du Golfe. La normalisation scellée avec Israël en 2020 est venue parachever cette construction : un calcul d’un pragmatisme froid visant à s’adosser au bouclier sécuritaire et technologique de l’axe israélo-américain pour poursuivre ses ingérences régionales sans en payer le prix diplomatique.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="tSqx8enX71"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/15/les-dessous-de-la-rupture-entre-lalgerie-et-les-emirats/">Les dessous de la rupture entre l’Algérie et les Émirats</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les dessous de la rupture entre l’Algérie et les Émirats » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/15/les-dessous-de-la-rupture-entre-lalgerie-et-les-emirats/embed/#?secret=fPhJRr1rJI#?secret=tSqx8enX71" data-secret="tSqx8enX71" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le devoir de soumission et la faillite du parapluie sécuritaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce système qui sévit dans la région du Proche-Orient affiche une apparence institutionnelle — des gouvernements et des assemblées aux ordres —, mais il recouvre une réalité géopolitique tangible : un axe américano-israélien omniprésent et omniscient. Vers cette réalité convergent en fait, tous les fils qui animent et motivent les gesticulations des hommes et des rouages apparemment investis du pouvoir de décision au Proche-Orient. Cette convergence constitue la matrice du système américano-israélien. Elle fut longtemps recouverte d’un flou artistique savamment entretenu, destiné à donner l’illusion d’une répartition rationnelle des rôles dans la gestion des affaires régionales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’axe américano-israélien n’a pas d’alliés au Proche-Orient ; il n’a que des vassaux. La plupart des États arabes semblent avoir oublié cette réalité historique, ignorant le célèbre avertissement d’Henry Kissinger : <em>«Être l’ennemi de l’Amérique peut être dangereux, mais être son ami est fatal.»</em>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous les pressions conjointes de Washington et de Tel-Aviv — qui les contraignent à s’aligner contre l’Iran —, des pays en principe souverains se laissent réduire à la triste condition de satellite. Face à cet axe, beaucoup de dirigeants arabes ont adopté un réflexe de vassal et une attitude de servile soumission. En bradant leur indépendance et leur souveraineté nationales, ils ont franchi la ligne qui sépare le partenaire de l’inféodé, l’allié de la simple marionnette.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, une question fondamentale se pose aujourd’hui : en quoi a réellement servi cette prétendue protection ? L’épreuve des récents développements régionaux en dévoile toute l’illusion. Conçues à l’origine pour dissuader l’Iran et protéger les monarchies du Golfe, des installations comme la base aérienne d’Al Dhafra ou la base d’Al Minhad aux Émirats arabes unis accueillent d’importants contingents et équipements américains. Dans le cadre des escalades actuelles, ces infrastructures se sont transformées, malgré elles, en rampes de lancement et en plateformes de soutien logistique ou opérationnel pour les forces américaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réplique iranienne ne s’est pas fait attendre. Bien que le président iranien, Masoud Pezeshkian, ait explicitement déclaré que Téhéran n’avait <em>«aucun problème»</em> avec ses voisins du Golfe comme les Émirats, la présence militaire américaine à leurs frontières est perçue par l’Iran comme une menace directe et une justification légitime pour cibler ces installations en guise de représailles aux attaques américano-israéliennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les conséquences stratégiques de cet engrenage sont cinglantes : au lieu de constituer un bouclier protecteur, les bases américaines ont agi comme de véritables aimants à missiles. Cette situation pousse désormais les Émirats arabes unis et d’autres États du Golfe à réévaluer leur dépendance sécuritaire vis-à-vis de Washington. Constatant l’extrême vulnérabilité de leur territoire, plusieurs pays de la région explorent aujourd’hui de nouvelles options diplomatiques et tentent d’initier des discussions directes avec Téhéran pour préserver leur propre sécurité nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les états-majors de Tel-Aviv, le constat demeure purement comptable : les Émirats arabes unis ne constitueront jamais la moindre menace militaire. Sans profondeur stratégique et bridée par une population nationale numériquement marginale, la monarchie ne risquera jamais de contester la suprématie israélienne. Pour l’État hébreu, la normalisation ne relève donc aucunement d’une alliance entre égaux, mais de l’intégration d’un auxiliaire financier et diplomatique parfaitement aligné.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En laissant Abou Dhabi étendre ses tentacules au Yémen, au Soudan ou dans la Corne de l’Afrique, Israël applique une politique de laisser-faire méthodique. Ce rôle de sous-traitant sert les intérêts de Tel-Aviv : la diplomatie émiratie s’attelle à morceler les États arabes centraux, traquer l’opposition politique et verrouiller les voies maritimes, accomplissant la besogne sans qu’Israël n’ait à exposer ses propres soldats. En contrepartie, l’appareil sécuritaire israélien fournit à Abou Dhabi ses technologies de surveillance et son parapluie d’influence à Washington.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette convergence s’appuie sur une alliance d’intérêts où la ressource financière du Golfe offre la logistique matérielle à une logique de domination et de démantèlement des souverainetés. Comment les Émirats ne fascineraient-ils pas ? Pour séduire les cœurs et les esprits, Abou Dhabi se présente avec le visage affable d’une société accueillante, jouissant d’une opulence qui éclaire le monde arabe et promet la prospérité. Devenu maître des symboles, cet État se présente avec la séduisante apparence des enchanteurs de toujours. Mais derrière ce discours sur sa prétendue stature géopolitique se dessine la réalité d’un simple exécutant, au service d’une stratégie qui divise les pays arabes, neutralise la cause palestinienne et consolide l’hégémonie de son nouvel allié.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Afrique comme laboratoire de l&rsquo;ingérence émiratie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est sur le continent africain que l’expansionnisme émirati déploie ses effets les plus destructeurs. Sous le couvert d’investissements, d’aide humanitaire ou de coopération sécuritaire, Abou Dhabi a méthodiquement étendu son ombre sur le Soudan, la Libye et la Corne de l’Afrique. La méthode ne varie jamais : repérer des factions armées ou des hommes forts en rupture de ban, les inonder de capitaux et d’équipements militaires, puis verrouiller en échange les infrastructures névralgiques et les ressources du sous-sol.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Soudan, cette politique de parrainage a viré au désastre. Le soutien logistique et armé massif accordé aux Forces de soutien rapide (FSR) du général Hemedti alimente un conflit d’une violence inouïe. Les rapports d’experts des Nations unies et des ONG documentent un circuit économique parfaitement rodé : Dubaï sert de plaque tournante pour le blanchiment et le commerce de l’or extrait des zones de combat, dont les revenus financent de nouvelles cargaisons d’armes, tout en visant le contrôle direct du littoral de Port-Soudan sur la mer Rouge. Parallèlement, l’injection de fonds souverains émiratis dans les économies occidentales sert de bouclier diplomatique pour acheter la complaisance internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réputation de plaque tournante du blanchiment et des capitaux suspects déborde désormais largement le continent africain et le Moyen-Orient : le rappel récent de l’ambassadeur de Bulgarie aux Émirats, sur fond d’enquêtes anticorruption visant des sociétés écrans et des vols en jet privé au profit d’oligarques sanctionnés, en offre une illustration européenne frappante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Libye, le choix d’Abou Dhabi s’est porté sur le maréchal Khalifa Haftar. Au mépris des embargos de l’Onu, la monarchie a financé des ponts aériens, livré des drones de combat et acheminé des contingents de mercenaires pour appuyer l’offensive contre Tripoli, cherchant à bloquer toute transition démocratique et à mettre la main sur les mannes pétrolières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la Corne de l&rsquo;Afrique, l’ingérence prend la forme d’un verrouillage portuaire et sécuritaire. En contournant l’État central somalien pour signer des accords directs avec les régions du Somaliland et du Puntland, Abou Dhabi a sciemment fragilisé l’équilibre politique local afin de contrôler le détroit de Bab-el-Mandeb et d’assujettir le commerce maritime régional à ses propres intérêts.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="qzS4DnhzRZ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/08/la-tres-controversee-politique-etrangere-des-emirats-arabes-unis/">La très controversée politique étrangère des Émirats arabes unis</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La très controversée politique étrangère des Émirats arabes unis » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/08/la-tres-controversee-politique-etrangere-des-emirats-arabes-unis/embed/#?secret=a2Wo3fgseU#?secret=qzS4DnhzRZ" data-secret="qzS4DnhzRZ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">L’Axe de revers : Israël-Émirats-Maroc</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Après le Soudan et la Libye, le pouvoir émirati a étendu ses manœuvres au Sahel. Du Mali au Niger, Abou Dhabi s’est immiscé dans un espace frontalier hautement inflammable, instrumentalisant la fragilité des juntes militaires locales pour y installer ses réseaux d’influence. Sous couvert d’aide financière, la monarchie injecte des capitaux qui ravivent les tensions communautaires, contraignant Alger à maintenir une vigilance militaire constante sur un périmètre stratégique immense : l’Algérie partage en effet plus de 6 385 kilomètres de frontières terrestres avec ses sept pays voisins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous ces pays limitrophes connaissent une période de grande instabilité — conflits fratricides, tensions ethniques, prolifération de groupes terroristes et crises migratoires d’une ampleur dramatique. Cette ceinture d’instabilité représente une menace permanente pour la région subsaharienne et le Maghreb. Pour préserver son intégrité territoriale, l’Algérie doit mobiliser des ressources considérables afin de contrecarrer les effets déstabilisateurs subis par ces populations déplacées et contenir les flux d&rsquo;insécurité importés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Alger, ces agissements s’inscrivent dans la réalité matérielle d’une alliance de revers formalisée dans le sillage des Accords d’Abraham de 2020. La répartition des rôles s’y opère avec une rigueur limpide. D’une part, Israël assure la fourniture d’équipements de pointe, notamment des logiciels d’infiltration cybernétique comme Pegasus, des drones de combat et des systèmes de guerre électronique. D’autre part, Abou Dhabi assume le rôle de bailleur de fonds global en mobilisant sa manne pétrolière pour financer ces contrats tout en activant ses relais diplomatiques. Enfin, le Maroc offre son territoire pour maintenir une pression politique et militaire continue sur la frontière occidentale de l’Algérie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette stratégie de fait s’est matérialisée par des actes précis visant à imposer un fait accompli contraire au droit international : ouverture de représentations diplomatiques fictives à Laâyoune, accords de défense autorisant la présence de cadres militaires israéliens au Maroc et soutien financier à des foyers d’instabilité au Sahel. Face à cette géopolitique du fait accompli, l’Algérie oppose la force du droit international : le principe inaliénable de l’intangibilité des frontières héritées de la décolonisation, le respect des résolutions de l’Onu et le refus absolu de toute ingérence étrangère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’activisme d’Abou Dhabi ne réussit pas à masquer les faiblesses structurelles du modèle émirati. La diplomatie du chéquier et la sous-traitance sécuritaire ne fabriquent pas une puissance géopolitique durable. Dépourvu de profondeur territoriale et de légitimité historique, l’État émirati repose sur un équilibre extrêmement fragile. Son économie dépend entièrement du dessalement d’eau de mer, des flux logistiques internationaux et de sa réputation bancaire. Il suffirait d’une étincelle dans le Golfe pour que la narration de la stabilité s’effondre et que les capitaux s’envolent. Dès qu’il se heurte à des États nationaux structurés, le modèle révise d’ailleurs rapidement ses prétentions. L’arbitrage saoudien en a offert la preuve : lorsque Riyad a exigé la fin de ses manœuvres autonomes, Abou Dhabi s’est exécuté et s’est retiré sans résistance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face aux tentatives d’encerclement de cet axe de revers, l’Algérie cherche à desserrer l’étau et à éviter de se retrouver prise en tenaille en déployant une stratégie de neutralisation rigoureuse — le voisin marocain à l’Ouest, les milices libyennes sous perfusion à l’Est et les brasiers sahéliens au Sud. Au Sahel, la diplomatie algérienne a réactivé ses canaux avec Niamey et Bamako, rappelant aux décideurs locaux que la sécurité durable du Sahara dépend de la coopération transfrontalière et non de promesses financières volatiles. Sur le flanc oriental, elle arrive à colmater la brèche : un dispositif militaire étanche le long de la frontière libyenne a contenu tout risque de débordement. Dans ce schéma, la Tunisie s’affirme comme un partenaire souverain et indéfectible : la convergence entre Alger et Tunis consolide un axe de stabilité au nord-est du Maghreb et contribue à préserver cet espace de toute tentative d’ingérence ou de déstabilisation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le bouclier algérien :  souveraineté et dignité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les analyses suggérant que l&rsquo;Algérie devrait renoncer à son soutien à la cause palestinienne pour se replier sur ses enjeux intérieurs méconnaissent profondément les fondements de sa doctrine. Hérité de la guerre de libération de 1962, cet engagement envers la justice et la libération des peuples est consubstantiel à l&rsquo;identité politique du pays. Une diplomatie fondée sur des principes demeure le meilleur rempart contre l&rsquo;isolement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Algérie s&rsquo;est forgée à travers les tempêtes de son histoire. Ce ne sont certainement pas les manœuvres d’un État récent, dépendant de capitaux et de prestataires privés, qui entameront sa trajectoire. En tranchant par la décision du 10 septembre 2026 — la rupture des canaux diplomatiques, l’expulsion de l’ambassadeur émirati et la fermeture de l’espace aérien —, l’Algérie a rappelé une vérité fondamentale : sa souveraineté ne s’achète pas, elle ne se négocie pas et elle ne cédera devant aucun marchand d’illusion.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&nbsp;* Médecin algérien au Canada.</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="172Nm6xu3d"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/05/israel-vole-au-secours-des-emirats-pendant-la-guerre-diran/">Israël vole au secours des Émirats pendant la guerre d’Iran</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Israël vole au secours des Émirats pendant la guerre d’Iran » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/05/israel-vole-au-secours-des-emirats-pendant-la-guerre-diran/embed/#?secret=2AETitoiC1#?secret=172Nm6xu3d" data-secret="172Nm6xu3d" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/21/lalgerie-dit-non-a-la-diplomatie-du-chequier-des-emirats/">L’Algérie dit non à la diplomatie du chéquier des Émirats</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Sid Ahmed Agoumi &#124; Une figure du cinéma algérien s’éteint</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Sep 2026 06:23:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Meziane]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Dar El Wazir]]></category>
		<category><![CDATA[Nsibti Laaziza]]></category>
		<category><![CDATA[Sid Ahmed Agoumi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le comédien algérien Sid Ahmed Agoumi est décédé ce dimanche 20 septembre 2026 à l’âge de 86 ans.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/21/sid-ahmed-agoumi-une-figure-du-cinema-algerien-seteint/">Sid Ahmed Agoumi | Une figure du cinéma algérien s’éteint</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le comédien algérien Sid Ahmed Agoumi est décédé ce dimanche 20 septembre 2026 à l’âge de 86 ans. Le public tunisien l’avait notamment découvert et apprécié dans les séries ‘‘Nsibti Laaziza’’ et ‘‘Dar El Wazir’’. Avec lui disparaît une figure majeure du théâtre, du cinéma et de la télévision algériens, après plus de six décennies consacrées à la scène et à l’écran.</em></strong></p>



<span id="more-19678916"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Ahmed Meziane, connu sous le nom de scène Sid Ahmed Agoumi, aura traversé plusieurs générations de la création artistique algérienne. Depuis ses débuts dans les années 1960, il s’est imposé par une présence singulière, une voix profonde et une manière très personnelle d’incarner ses personnages.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une voix et une présence reconnaissables</h2>



<ul class="wp-block-list"></ul>



<p class="wp-block-paragraph">Au cinéma, Sid Ahmed Agoumi a participé à plus d’une cinquantaine de films, parmi lesquels <em>‘‘Z’’</em>, <em>‘‘Les Hors-la-loi’’, ‘‘Le Moulin de monsieur Fabre’’, ‘‘Automne, octobre à Alger’’, ‘‘Les Diseurs de vérité’’, ‘‘Morituri’’</em> et <em>‘‘Timgad’’</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son jeu, à la fois sobre et imposant, lui permettait d’incarner des personnages très différents, des figures populaires aux rôles historiques ou dramatiques. Une présence qui ne reposait jamais uniquement sur le texte, mais aussi sur une voix immédiatement identifiable et un regard qui donnait du relief aux personnages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La télévision a également largement contribué à sa popularité. En Tunisie, le public l’avait notamment retrouvé dans <em>‘‘Nsibti Laaziza’’</em> et <em>‘‘Dar El Wazir’’</em>, deux productions qui ont marqué la mémoire audiovisuelle tunisienne. Sa participation à ces séries a permis à son visage et à son jeu de s’inscrire dans la mémoire de plusieurs générations de téléspectateurs tunisiens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il avait également participé à d’autres productions télévisées, notamment <em>‘‘Rendez-vous avec le destin’’</em> et ‘<em>‘Sultan Achour 10’’</em>, confirmant une carrière qui aura largement dépassé les frontières du théâtre et du cinéma.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un homme de théâtre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le parcours de Sid Ahmed Agoumi ne se résume pourtant pas à ses apparitions à l’écran. Le théâtre occupait une place centrale dans son itinéraire artistique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fil de sa carrière, il a également assumé plusieurs responsabilités dans les institutions culturelles algériennes. Il a notamment dirigé le Théâtre national algérien, la Maison de la culture de Tizi-Ouzou, ainsi que les théâtres régionaux d’Annaba et de Constantine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette expérience de direction témoigne d’un engagement qui dépassait le métier de comédien. Agoumi a participé à la vie théâtrale algérienne aussi bien comme interprète que comme responsable d’institutions culturelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa disparition rappelle aussi les liens qui unissent depuis longtemps les scènes artistiques algérienne et tunisienne. Sid Ahmed Agoumi appartenait à cette génération d’artistes maghrébins dont le travail circulait au-delà des frontières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le public algérien, il demeure l’un des visages familiers du théâtre, du cinéma et de la télévision. Pour de nombreux téléspectateurs tunisiens, son souvenir restera également associé à ses apparitions dans des séries populaires.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Djamal Guettala</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>France &#124; L’extrême droite aux portes de l’Élysée</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/17/france-lextreme-droite-aux-portes-de-lelysee/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Sep 2026 07:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abderrahmane Cherfouh]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[extrême droite]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Front national]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Marie Le Pen]]></category>
		<category><![CDATA[Marine Le Pen]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Marine Le Pen et l'extrême droite apparaîssent en tête des intentions de vote dans plusieurs scénarios de la présidentielle de 2027.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/17/france-lextreme-droite-aux-portes-de-lelysee/">France | L’extrême droite aux portes de l’Élysée</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans un peu moins de sept mois, la France élira son nouveau président. Et, sans surprise désormais, Marine Le Pen apparaît en tête des intentions de vote dans plusieurs scénarios de la présidentielle de 2027. Il y a pourtant un demi-siècle, le parti dont elle a hérité de son père, le Front National (FN), végétait aux marges de la vie politique française. Comment, des casernes d’Alger aux portes de l’Élysée, le lepénisme a-t-il accompli cette incroyable traversée ?</em></strong> <em>(Photo : Tout compte fait, Marine Le Pen n&rsquo;a pas renié grand-chose du passé raciste et xénophobe de son père, Jean-Marie Le Pen).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abderrahmane Cherfouh</strong> *</p>



<span id="more-19655060"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre cette ascension, il faut remonter bien avant la création du FN en 1972. Il faut revenir à une France sortie meurtrie par la guerre, à une extrême droite marginalisée après la libération, puis aux guerres coloniales qui vont offrir à une partie de cette famille politique un nouveau terrain de combat.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le legs colonial et raciste de Le Pen père</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Jean-Marie Le Pen appartient à cette génération. Après l’Indochine, il s’engage en Algérie. Élu député en 1956, il rejoint en 1957 le 1<sup>er</sup> régiment étranger de parachutistes et participe à la bataille d’Alger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dossier de la torture restera attaché à son nom. Il ne s’agit pas ici de reprendre une accusation sans fondement : témoignages, déclarations publiques de Le Pen lui-même et enquêtes journalistiques ont nourri pendant des décennies un dossier historique particulièrement lourd.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les Algériens, qui connaissent le prix du sang et le prix humain de cette guerre, cette page de l’histoire ne peut évidemment être traitée comme un simple épisode parmi d’autres. Elle ne peut davantage être réduite à une querelle mémorielle entre Français et Algériens. La torture, les exécutions sommaires, les déplacements forcés et les violences faites aux populations civiles relèvent de questions qui dépassent les frontières et les nationalités. Elles touchent à ce qu’il y a de plus fondamental dans l’idée même de dignité humaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est aussi pour cette raison que l’histoire de Jean-Marie Le Pen en Algérie ne peut être séparée de l’histoire politique qui suivra. La guerre d’Algérie appartient au passé, mais certaines des idées, certains des hommes et certains des réseaux qui s’y sont engagés ont continué leur parcours dans la France métropolitaine après 1962.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1962, l’Algérie devient indépendante. Pour les défenseurs de l’Algérie française, c’est une défaite historique. Certains rejoignent l’OAS, d’autres sont emprisonnés, d’autres encore poursuivent leur combat politique en métropole.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les hommes ne disparaissent pas avec les causes perdues. Les réseaux se recomposent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">1972 : la naissance du FN</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le FN est fondé en octobre 1972. Il n’est pas, à l’origine, le simple parti personnel de Jean-Marie Le Pen. Le nouveau mouvement rassemble plusieurs courants de l’extrême droite, avec notamment des cadres issus d’Ordre nouveau, des anciens partisans de l’Algérie française, des nationalistes et des catholiques traditionalistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les personnalités des débuts figurent François Brigneau et Pierre Bousquet, dont les parcours sont marqués par la collaboration avec les Nazis et, pour le second, par son engagement dans la Waffen-SS.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette généalogie ne signifie évidemment pas que tous les futurs électeurs du FN partageront ces références. Elle permet simplement de comprendre le milieu politique dans lequel le parti prend naissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ses débuts, le FN est électoralement marginal. Jean-Marie Le Pen comprend cependant qu’il lui faut sortir du ghetto de l’extrême droite traditionnelle et trouver un thème capable de toucher beaucoup plus largement. Ce thème sera l’immigration.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="OOjCoU5eVT"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/02/lextreme-droite-sinfiltre-dans-la-culture-quotidienne-en-europe/">L’extrême droite s’infiltre dans la culture quotidienne en Europe</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’extrême droite s’infiltre dans la culture quotidienne en Europe » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/02/lextreme-droite-sinfiltre-dans-la-culture-quotidienne-en-europe/embed/#?secret=bqtDOBhWHr#?secret=OOjCoU5eVT" data-secret="OOjCoU5eVT" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">L’immigration, le nouveau créneau porteur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le FN ne peut plus promettre le retour de l’Algérie française. Il peut en revanche présenter l’immigration comme une menace pour l’identité, l’emploi, la sécurité, le logement ou les prestations sociales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’immigré devient progressivement le bouc émissaire idéal des frustrations sociales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le parti ne parle plus seulement aux anciens militants de l’Algérie française. Il s’adresse au salarié inquiet pour son emploi, au chômeur, à celui qui attend un logement, à celui qui a le sentiment que les partis traditionnels ne l’écoutent plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est là que s’opère la première grande transformation du lepénisme : une idéologie marginale devient progressivement une offre électorale nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une histoire dramatique pleine de contradictions. Des hommes venus d’ailleurs ont combattu pour la France, parfois comme chair à canon, participé à sa libération, puis contribué à sa reconstruction, souvent dans les emplois les plus difficiles. Et pourtant, celui dont on avait hier besoin des bras allait devenir, dans certains discours politiques, celui dont on conteste aujourd’hui la présence, ainsi que celle de ses enfants et petits-enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Hier, on avait besoin de ses bras ; aujourd’hui, sa présence devient un problème, une menace — et parfois même un bulletin de vote à conquérir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Montretout : la fortune au service d’une ambition</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 1976, la succession d’Hubert Lambert, riche héritier et sympathisant d’extrême droite, dont Jean-Marie Le Pen a hérité, procure à l’agitateur politique une indépendance financière considérable. Le domaine de Montretout, sur les hauteurs de Saint-Cloud, devient à la fois le quartier général, le centre politique et le sanctuaire familial de l’univers lepéniste. Cette aisance matérielle soudaine permet à un chef de parti encore marginal de s’inscrire dans la durée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des polémiques ont entouré cette succession, mais elles ne doivent pas être transformées en accusations que les faits établis ne permettent pas de soutenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le FN commence réellement à percer au début des années 1980. Aux élections européennes de 1984, la liste conduite par Jean-Marie Le Pen obtient 10,95 % des suffrages exprimés. Mais Jean-Marie Le Pen possède une autre arme : la provocation. En 1987, interrogé sur les chambres à gaz, il parle d’un <em>«point de détail»</em> de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Quelques années plus tard, lançant lors d’un meeting son sinistre <em>«Je préfère voir les vaches que les Arabes»</em>, il enfonce le clou de l’outrage calculé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux déclarations font le tour du monde. Le Pen choque, ses adversaires condamnent, les médias relaient et le FN occupe l’espace public. La provocation devient une méthode de communication politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">21 avril 2002 : le plafond de verre se brise</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Puis survient le séisme. Le 21 avril 2002, le plafond de verre se brise. Jean-Marie Le Pen accède au second tour de l’élection présidentielle et provoque un véritable tremblement de terre politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est plus seulement le destin d’un parti marginal qui vacille : ce sont les fondations d’une société multiculturelle construite au fil de plusieurs générations qui commencent à être ébranlées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les répliques de ce séisme seront nombreuses. Elles traverseront la vie politique française, modifieront le débat public et contribueront, année après année, à faire passer certaines idées de la marge vers le centre de la scène politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 21 avril, Jean-Marie Le Pen obtient 16,86 % des suffrages au premier tour et arrive devant Lionel Jospin, qui recueille 16,18 %. Jacques Chirac arrive en tête avec 19,88 %. Le Premier ministre socialiste est éliminé. La France et le reste du monde découvrent avec stupeur que le candidat de l’extrême droite est au second tour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le phénomène s’explique par plusieurs facteurs : fragmentation exceptionnelle du premier tour, dispersion des candidatures de gauche, abstention et progression du FN&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l’événement reste historique. Au second tour, Jacques Chirac obtient 82,21 % des suffrages exprimés contre 17,79 % à Jean-Marie Le Pen. Ces 82,21 % ne constituent évidemment pas un plébiscite personnel pour Jacques Chirac. Des socialistes, des communistes, des écologistes, des centristes, des gaullistes et des électeurs qui n’avaient aucune sympathie particulière pour le président sortant se retrouvent, le temps d’un scrutin, dans le même camp.</p>



<p class="wp-block-paragraph">82,21 % des suffrages exprimés ont alors parlé d’une seule voix : non pas pour Chirac, mais contre Le Pen. On croit avoir fermé la porte. En réalité, elle vient de s’ouvrir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire présidentielle française devrait pourtant nous apprendre à nous méfier des certitudes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1995, Jacques Chirac est longtemps distancé par Édouard Balladur dans les intentions de vote. Les ralliements à Balladur se multiplient. Puis Chirac remonte. Au premier tour, il obtient finalement 20,8 %, contre 18,6 % à Balladur, tandis que Lionel Jospin arrive en tête avec 23,3 %. Chirac gagne ensuite le second tour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La leçon est simple : les sondages mesurent une opinion à un moment donné ; ils ne déposent pas les bulletins dans les urnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2002, presque personne n’avait véritablement prévu l’élimination de Jospin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi faudrait-il considérer aujourd’hui que 2027 est déjà écrite ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Marine Le Pen : de la provocation à la banalisation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les sondages actuels placent certes Marine Le Pen dans une position particulièrement favorable. Mais une élection présidentielle demeure une rencontre entre une campagne, des candidats, des événements, des choix d’électeurs et un contexte qui peut encore changer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Marine Le Pen a compris ce que son père n’avait jamais réellement pu accomplir : pour atteindre l’Élysée, il ne suffit plus d’être le porte-parole de la colère. Il faut devenir crédible. Elle entreprend donc la <em>«dédiabolisation»</em>. Le vocabulaire change. Certaines provocations sont mises à distance. Le pouvoir d’achat, les services publics, la sécurité, la souveraineté et la protection des classes populaires occupent davantage le discours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le FN devient RN (Rassemblement national) en 2018. Mais changement de style ne signifie pas disparition du socle politique. L’immigration demeure centrale, l’identité et la sécurité restent des thèmes majeurs et la préférence nationale continue d’occuper une place importante dans le projet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jean-Marie Le Pen avait fait de la provocation une arme. Sa fille a fait de la banalisation une stratégie. Et c’est peut-être là sa plus grande réussite : les thèmes autrefois considérés comme ceux de l’extrême droite ont progressivement pénétré le débat général.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="kjbDAmfWmf"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/06/les-binationaux-et-la-montee-de-lextreme-droite-en-france/">Les binationaux et la montée de l’extrême droite en France</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les binationaux et la montée de l’extrême droite en France » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/06/les-binationaux-et-la-montee-de-lextreme-droite-en-france/embed/#?secret=AFexr8VWZE#?secret=kjbDAmfWmf" data-secret="kjbDAmfWmf" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Que reste-t-il de la France des grandes consciences ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette évolution conduit à une question plus large. Que leur arrive-t-il, à ces nouveaux réactionnaires qui semblent parfois avoir oublié une partie de l’histoire intellectuelle de leur propre pays ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il fut un temps où des intellectuels français se trouvaient en première ligne pour défendre des causes que tout semblait condamner : l’affaire Calas, affaire Dreyfus, l’indépendance algérienne, la dénonciation de la torture, la paix au Vietnam&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">De Rousseau à Voltaire, de Zola à Sartre, la France a connu une longue tradition d’intellectuels considérant que leur rôle n’était pas seulement d’écrire, mais aussi de déranger, de contester et, lorsque leur conscience l’exigeait, de s’opposer à la raison d’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Zola avait risqué sa réputation avec <em>«J’accuse»</em>. Pendant la guerre d’Algérie, des intellectuels et des citoyens français avaient choisi l’insoumission plutôt que le silence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, une partie du paysage intellectuel semble davantage préoccupée par l’audience, la carrière et la visibilité. L’époque a changé. Mais une question demeure : que vaut une intelligence lorsqu’elle n’est plus capable de prendre le risque de défendre une cause impopulaire ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette évolution conduit également à s’interroger sur la capacité de la France à défendre une conception véritablement universelle des droits de l’Homme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans ce paysage qu’il faut regarder Gaza. Si j’évoque Gaza, ce n’est pas parce que les victimes sont palestiniennes. C’est précisément parce qu’elles sont des victimes : des femmes, des enfants, des vieillards, des populations civiles. Leur religion ne devrait rien changer à notre indignation. Leur nationalité non plus. Leur appartenance ethnique ou politique encore moins. Un enfant reste un enfant. Une vie humaine reste une vie humaine. La justice n’a pas de passeport. La souffrance n’a pas de religion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pourquoi la position de Dominique de Villepin mérite d’être rappelée : il a régulièrement appelé à défendre le droit international et à ne pas détourner le regard devant le drame humanitaire de Gaza.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui mérite d’être retenu ici n’est pas qu’il aurait choisi <em>«le camp palestinien»</em>. C’est qu’il a rappelé que le droit et la dignité humaine ne devraient pas être soumis à la logique des camps. C’est cela, l’universalisme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des casernes d’Alger aux portes de l’Élysée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire du lepénisme est finalement celle d’une métamorphose : une génération marquée par les guerres coloniales, l’Algérie française, la décolonisation, la recomposition de l’extrême droite, la naissance du FN, l’immigration transformée en arme électorale, les provocations de Jean-Marie Le Pen, le séisme du 21 avril 2002, puis la dédiabolisation menée par sa fille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le parti qui végétait aux marges de la vie politique française est devenu une force politique majeure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Marine Le Pen a déjà atteint deux fois le second tour de la présidentielle et se présente aujourd’hui pour 2027 dans une position particulièrement favorable. Mais rien n’est joué. L’histoire électorale française a suffisamment montré que les certitudes des sondages pouvaient être démenties par le suffrage universel.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="W9IZiBy0ZD"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/01/le-triomphe-annonce-de-le-pen-la-france-joue-avec-le-feu/">Le triomphe annoncé de Le Pen : La France joue avec le feu  </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le triomphe annoncé de Le Pen : La France joue avec le feu   » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/01/le-triomphe-annonce-de-le-pen-la-france-joue-avec-le-feu/embed/#?secret=UZ7DdnyBNN#?secret=W9IZiBy0ZD" data-secret="W9IZiBy0ZD" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La question dépasse désormais largement la seule famille Le Pen. Elle concerne une France qui fut longtemps fière de ses grandes consciences, de ceux qui, d’Emile Zola à Gisèle Halimi, de Victor Hugo à Jean-Paul Sartre, choisirent parfois leur conscience plutôt que la raison d’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La France des droits de l’Homme saura-t-elle encore reconnaître ce qui a fait sa grandeur ? Retrouvera-t-elle le sursaut républicain qui fut le sien le 5 mai 2002 ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le jour de l’élection, la France des droits de l’Homme saura-t-elle encore dire : basta à l’exclusion, basta au racisme, basta à la politique du deux poids, deux mesures ? Saura-t-elle rester fidèle à ce qu’elle a longtemps prétendu être, ou choisira-t-elle d’abdiquer et de laisser faire ? La réponse appartiendra aux Français.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des casernes d’Alger aux portes de l’Élysée, la marche aura été longue. Mais le dernier mot n’appartient ni aux sondages, ni aux héritiers, ni aux stratèges. Il appartiendra au peuple français.</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Médecin algérien, Canada.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/17/france-lextreme-droite-aux-portes-de-lelysee/">France | L’extrême droite aux portes de l’Élysée</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Les dessous de la rupture entre l’Algérie et les Émirats</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/15/les-dessous-de-la-rupture-entre-lalgerie-et-les-emirats/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Sep 2026 07:59:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelmadjid Tebboune]]></category>
		<category><![CDATA[accords d’Abraham]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Émirats arabes unis]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Mali]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[Mohammed Ben Zayed]]></category>
		<category><![CDATA[Sahara Occidental]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est l’influence régionale grandissante de l’Axe Maroc - Emirats arabes unis - Israël qui agace l'Algérie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/15/les-dessous-de-la-rupture-entre-lalgerie-et-les-emirats/">Les dessous de la rupture entre l’Algérie et les Émirats</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’Algérie a justifié la rupture de ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis par «une accumulation d’actes provocateurs et hostiles» sans pour autant révéler «ces actes». Aucune explication. En réalité, cette rupture n’est pas un différend bilatéral, c’est l’influence régionale grandissante de l’Axe Rabat-Abou Dhabi-Tel Aviv qui agace Alger, un axe concurrent et aux intérêts divergents. Le modèle d’influence des Émirats gagne en puissance alors le modèle traditionnel de l’Algérie est confronté à une pression grandissante et ses outils ne sont plus efficaces et adaptées au contexte régional actuel. L’architecture régionale est en pleine mutation et l’influence n’est plus dictée automatiquement par la taille du territoire. La donne a changé et les outils ont évolué.</em></strong> <em>(Photo : Abdelmadjid Tebboune  discute avec Mohammed Ben Zayed , lors du sommet du G7 en Italie le 14 juin 2024).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-19649618"></span>



<p class="wp-block-paragraph">L’analyste politique marocain Amine Ayoub a publié une analyse dans <a href="https://www.ynetnews.com/opinions-analysis/article/hjkzmfxtgx" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ynet Global</a>, version anglophone en ligne du journal israélien <em>Yediot Aharonot</em>, dans laquelle il revient sur le divorce houleux entre Alger et Abou Dhabi. Selon lui, lorsque l’Algérie a ordonné à l’ambassadeur des Émirats de quitter son territoire sous quarante-huit heures, le 10 septembre 2026, et a annoncé des restrictions visant les aéronefs militaires et civils immatriculés aux Émirats —tout en exemptant les vols commerciaux jusqu’à la fin de l’année—, cette rupture a immédiatement mis en lumière un réalignement régional plus profond. Les déclarations officielles algériennes ont fait état d’une accumulation d’actes <em>«provocateurs et hostiles»</em>, sans toutefois désigner un incident déclencheur unique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Deux modèles de puissance régionale distincts</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Abou Dhabi a exprimé ses regrets et a dit espérer que cette rupture pourrait, à terme, être annulée. L’absence d’une cause bien déterminée est, en soi, un élément révélateur. Il ne s’agit pas tant d’un différend bilatéral que d’une confrontation ouverte entre deux modèles de puissance régionale distincts, s’étendant de l’Afrique du Nord au Sahel et au Moyen-Orient au sens large.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Algérie s’appuie sur un modèle étatique fondé sur l’étendue de son territoire, ses ressources énergétiques, sa capacité militaire et une diplomatie formelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Émirats, quant à eux, opèrent selon un modèle en réseau, déployant capitaux, logistique, infrastructures commerciales et partenariats de sécurité ciblés bien au-delà de leurs frontières. Dans des environnements politiques fragmentés, ce modèle en réseau permet de générer un levier d’influence plus rapidement et avec plus de souplesse que le poids géographique traditionnel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette différence est devenue de plus en plus manifeste à mesure que l’Algérie et les Émirats ont poursuivi des intérêts divergents sur plusieurs théâtres régionaux au cours des dernières années.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="0ZGAuq4srZ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/08/la-tres-controversee-politique-etrangere-des-emirats-arabes-unis/">La très controversée politique étrangère des Émirats arabes unis</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La très controversée politique étrangère des Émirats arabes unis » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/08/la-tres-controversee-politique-etrangere-des-emirats-arabes-unis/embed/#?secret=MyWJ9ZL85B#?secret=0ZGAuq4srZ" data-secret="0ZGAuq4srZ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le Maroc, ligne de fracture</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Maroc en offre l’illustration la plus frappante. Pendant des décennies, la rivalité entre Alger et Rabat a été centrée sur la question du Sahara occidental, l’Algérie apportant un soutien de longue date au Front Polisario. La nature de cette confrontation bilatérale a changé en novembre 2020, lorsque les Émirats ont ouvert un consulat à Laâyoune, dans la partie marocaine du territoire contesté, et exprimé leur soutien à l’intégrité territoriale du Maroc. Cette initiative s’inscrivait dans le contexte de la normalisation des relations entre le Maroc et Israël dans le cadre des Accords d’Abraham et de la reconnaissance, par les États-Unis, de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’en a pas résulté une alliance militaire formelle dirigée contre l’Algérie mais plutôt un réseau de plus en plus dense de partenariats qui se chevauchent. Parmi les exemples concrets, on peut citer les investissements émiratis dans les infrastructures et l’énergie au Maroc —notamment des projets majeurs dans les secteurs de l’eau et de l’électricité— ainsi que le développement, depuis 2020, d’une coopération industrielle et de défense entre Rabat et Tel Aviv.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La portée de ces initiatives dépasse le simple cadre économique. Selon Amine Ayoub, elles renforcent les capacités du Maroc, approfondissent ses partenariats extérieurs et confèrent à des acteurs tiers des intérêts croissants dans l’environnement stratégique entourant le Sahara occidental, autant de formes d’influence que l’Algérie ne peut aisément contrer par la diplomatie traditionnelle ou des pressions bilatérales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Maroc ne fait plus face à l’Algérie en tant que voisin isolé. Cela s’inscrit dans un réseau en pleine expansion reliant Rabat, Abou Dabi, Tel Aviv et Washington. Pour Israël, cet aspect est crucial, car la relation avec le Maroc renforce sa présence stratégique et ses liens de défense vers l’ouest. La coopération avec Rabat étend l’influence d’Israël le long des façades atlantique et méditerranéenne de l’Afrique du Nord, selon des modalités inédites il y a dix ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La combinaison de la reconnaissance diplomatique, des investissements économiques et de la coopération sécuritaire a modifié l’équilibre des influences aux abords de la frontière occidentale de l’Algérie, sans pour autant nécessiter un pacte militaire formel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette évolution a des conséquences concrètes sur la manière dont l’Algérie évalue ses options régionales et sur la façon dont les puissances extérieures interagissent avec le Maghreb.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Sahel, théâtre d’une rivalité plus profonde</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une évolution parallèle s’observe au sud de l’Algérie. Alger a longtemps considéré le Sahel comme un terrain privilégié pour la médiation diplomatique. L’Accord d’Alger de 2015 sur le Mali a marqué l’apogée de cette approche, fondée sur des négociations formelles entre États et des engagements institutionnels. Les coups d’État militaires survenus au Mali, au Burkina Faso et au Niger entre 2020 et 2023 ont bouleversé le paysage institutionnel sur lequel reposait la diplomatie algérienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les nouveaux gouvernements militaires se sont montrés moins réceptifs aux médiations extérieures, perçues comme une entrave à leur souveraineté et plus ouverts à des partenariats alternatifs offrant des ressources sans les mêmes conditions politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des acteurs extérieurs proposant des ressources flexibles ont investi l’espace ainsi libéré. ​​Les Émirats ont apporté capitaux, projets commerciaux et capacités logistiques dans des zones où l’Algérie misait davantage sur la proximité géographique et une médiation fondée sur la souveraineté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la Corne de l’Afrique, les investissements émiratis dans les infrastructures portuaires, aériennes et de sécurité —notamment leur présence de longue date à Berbera dans le Somaliland— ont créé des canaux d’influence opérant largement en dehors des cadres traditionnels de médiation diplomatique. Ces relations confèrent à Abou Dhabi un accès concret et un levier d’action, même là où les institutions politiques formelles sont faibles ou fragmentées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce contraste est également visible en Libye. L’Algérie a généralement privilégié les institutions formelles et les processus soutenus par l’Onu visant la réconciliation nationale. À l’inverse, les Émirats ont entretenu des liens plus étroits avec les forces militaires de l’Est associées à Khalifa Haftar, privilégiant des objectifs sécuritaires ciblés au détriment de règlements politiques globaux. Cette divergence d’approche ne relève pas de la simple tactique, elle reflète deux conceptions distinctes de l’exercice de l’influence dans des contextes politiques fragmentés où l’autorité de l’État est contestée ou incomplète.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas du Soudan accentue cette même divergence. Les Émirats ont fait face à de graves accusations de la part d’enquêteurs de l’Onu et de Human Rights Watch concernant des réseaux assurant la logistique et le soutien aux Forces de soutien rapide (FSR), Abou Dabi dément fermement avoir apporté un tel soutien. Au-delà du différend sur ces accusations précises, cet épisode illustre une tendance plus large.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans des environnements politiques fragmentés, les capitaux, la logistique et les réseaux informels peuvent générer un levier d’influence plus rapidement que la médiation diplomatique traditionnelle. Pour l’Algérie, cela représente un défi majeur, alors que les États africains fragiles deviennent le théâtre d’une concurrence accrue pour l’influence extérieure.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Israël, bénéficiaire discret</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’auteur estime que l’angle israélien constitue l’élément le plus déterminant de cette rupture, bien qu’il faille l’aborder avec précaution. Il considère qu’Israël n’est pas à l’origine de la rupture entre Alger et Abou Dabi mais cette que rupture renforce une configuration régionale dans laquelle le Maroc et les Émirats sont de plus en plus liés à Israël, tandis que l’Algérie demeure en marge de ce réseau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Accords d’Abraham ne se limitaient pas à de simples accords commerciaux bilatéraux. Ils ont jeté les bases de partenariats croisés dans les domaines du renseignement, de la sécurité maritime, de la défense aérienne et des technologies de défense. L’intensification de la coopération entre Israël, le Maroc et les Émirats a tissé une toile de plus en plus dense de relations sécuritaires couvrant certaines parties de l’Afrique du Nord.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces relations englobent une coopération industrielle dans le domaine de la défense, le partage de renseignements sur les menaces communes et une coordination des positions diplomatiques sur des questions régionales clés. L’Algérie, qui applique une politique stricte de non-normalisation et place la question palestinienne au cœur de son identité régionale, reste en dehors de ce réseau.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et Washington dans tout ça !</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La politique américaine doit éviter de considérer l’Algérie et les partenaires des Accords d’Abraham comme des piliers interchangeables de sa stratégie en Afrique du Nord. L’Algérie demeure un fournisseur d’énergie important pour l’Europe et conserve un rôle dans certains dispositifs de lutte antiterroriste. Toutefois, sa posture stratégique est limitée par une doctrine d’autonomie et par des liens étroits en matière de défense avec des fournisseurs non occidentaux. Selon les données du Sipri*, la Russie a représenté 48% des importations d’armes majeures de l’Algérie entre 2020 et 2024, alors même que le volume global des importations d’armes algériennes a diminué en valeur absolue sur cette période, chutant d’environ 73% par rapport au quinquennat précédent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son analyse, Amine Ayoub estime que Washington aurait tout intérêt à accorder une importance accrue au réseau Maroc-Israël-Émirats en tant que cadre émergent pour la sécurité régionale, le commerce et la coopération technologique, tout en maintenant un engagement pragmatique avec l’Algérie lorsque les intérêts américains l’exigent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il convient également d’encourager les partenaires à la prudence sur les théâtres d’opérations africains fragiles afin que les rivalités n’exacerbent pas les conflits et ne profitent pas, en fin de compte, aux acteurs hostiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’objectif ne doit pas être d’isoler l’Algérie de façon permanente. Il s’agit de reconnaître que l’architecture régionale est en pleine mutation et d’aligner la politique américaine sur les partenaires les plus disposés et les plus aptes à approfondir la coopération concrète en matière de sécurité et d’intérêts économiques communs.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="EfUsJw4pNg"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/10/maroc-bientot-quatre-ans-dans-le-sillage-disrael/">Maroc : Bientôt quatre ans dans le sillage d&rsquo;Israël</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Maroc : Bientôt quatre ans dans le sillage d’Israël » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/10/maroc-bientot-quatre-ans-dans-le-sillage-disrael/embed/#?secret=ZPiFon8m53#?secret=EfUsJw4pNg" data-secret="EfUsJw4pNg" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un ordre régional en mutation </h2>



<p class="wp-block-paragraph">La rupture entre l’Algérie et les Émirats ne signifie pas l’effondrement de la diplomatie arabe. Elle confirme que l’influence régionale ne se transmet plus automatiquement par la taille du territoire ou une hiérarchie formelle. Le pouvoir se génère de plus en plus grâce à la mobilité des capitaux, aux infrastructures commerciales, aux réseaux logistiques et aux partenariats de sécurité adaptatifs qui transcendent les frontières traditionnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Algérie conserve des atouts considérables : son territoire, ses ressources énergétiques, une armée puissante et des décennies d’expérience diplomatique. Ces atouts demeurent pertinents. Toutefois, ils se traduisent moins efficacement en ce levier d’influence transfrontalier propre aux puissances agissant en réseau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rupture entre Alger et Abou Dhabi n’a pas engendré le nouvel ordre régional, elle a mis en lumière l’ampleur de l’érosion de l’ancien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’avantage dont bénéficie Israël ne réside donc ni dans une nouvelle alliance spectaculaire ni dans un gain militaire immédiat. Il tient à l’expansion constante d’un réseau stratégique dans une région où la position de l’Algérie est de plus en plus contestée. Dans la nouvelle configuration qui se dessine en Afrique du Nord et en Méditerranée orientale, le Maroc et les Émirats arabes unis renforcent leurs liens avec Tel Aviv, tandis que l’Algérie s’éloigne davantage de cette dynamique émergente. C’est pourquoi, selon Amine Ayoub, Israël s’impose comme le vainqueur discret.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* L’indice ou les bases de données du SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute) mesurent les dépenses militaires mondiales, le volume des transferts d’armes et la production d’armements à travers des rapports de référence.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/15/les-dessous-de-la-rupture-entre-lalgerie-et-les-emirats/">Les dessous de la rupture entre l’Algérie et les Émirats</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie-Algérie &#124; 900 Km de rails pour changer notre destin économique</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/12/tunisie-algerie-900-km-de-rails-pour-charger-notre-destin-economique/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Sep 2026 09:22:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelbasset Sammari]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[connectivité maritime]]></category>
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		<category><![CDATA[port de Rades]]></category>
		<category><![CDATA[réseau ferroviaire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie et l'Algérie pourraient gagner plusieurs points de croissance annuelle en coconstruisant trois corridors ferroviaires transfrontaliers.   </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/12/tunisie-algerie-900-km-de-rails-pour-charger-notre-destin-economique/">Tunisie-Algérie | 900 Km de rails pour changer notre destin économique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La Banque mondiale estime que la Tunisie pourrait gagner jusqu’à 11–14 % de PIB en devenant un hub régional. Alors qu’attendent Tunis et Alger pour construire les corridors qui rendraient cette ambition possible ? Il arrive un moment où les discours sur le «partenariat stratégique algéro-tunisien» doivent laisser place au béton, à l’acier, aux ports et aux rails. Ce moment est arrivé.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelbasset Sammari</strong> *</p>



<span id="more-19625403"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Abdelbasset-Sammari.jpg" alt="" class="wp-image-19625446" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Abdelbasset-Sammari.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Abdelbasset-Sammari-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Abdelbasset-Sammari-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie cherche désespérément les moteurs capables de porter durablement sa croissance au-delà de 5 ou 6 %.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Algérie investit massivement dans ses infrastructures, ses mines, son industrie et son réseau ferroviaire. Entre les deux pays se trouve une frontière de près de mille kilomètres. À l’Est de l’Algérie : un immense hinterland économique. À l’Est de la Tunisie : la Méditerranée et des ports à quelques centaines de kilomètres seulement. Il suffit désormais de relier les deux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Banque mondiale nous dit où se trouve une partie de la croissance. Ce n’est plus une intuition. Ce n’est même plus seulement notre proposition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son <em>Tunisia Economic Monitor – Better Connectivity to Grow</em>, publié en 2025, la Banque mondiale a chiffré le potentiel économique considérable d’une transformation logistique de la Tunisie. Ses estimations sont spectaculaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une meilleure connectivité maritime et une réduction du temps d’immobilisation des marchandises dans les ports pourraient générer un gain de 4 à 5 % du PIB en seulement trois à quatre ans. Et à plus long terme, si la Tunisie réussissait à transformer son système portuaire au point de devenir un véritable hub régional de transbordement, les gains économiques pourraient atteindre 11 à 14 % du PIB.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus important encore pour notre proposition : la Banque mondiale ne parle pas seulement des quais et des grues. Elle recommande également de renforcer la connexion entre le rail et les ports, d’améliorer la traction ferroviaire pour le fret et de réhabiliter les lignes permettant l’acheminement des marchandises vers et depuis les ports.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrement dit : les ports seuls ne suffisent pas. Pour devenir un hub logistique, il faut leur donner un hinterland. Et l’hinterland naturel de la Tunisie ne s’arrête certainement pas à Kasserine, Gafsa ou Le Kef. Il continue profondément en Algérie. Alors construisons les trois corridors</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous proposons aux gouvernements tunisien et algérien de lancer immédiatement les études et la réalisation coordonnée de trois grands corridors ferroviaires&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph">1- Tébessa-Kalaa Khasba-Siliana-El Fahs- Port de Radès&nbsp;: un corridor reliant l’Est algérien au Nord tunisien et au principal complexe portuaire du Grand Tunis. Il donnerait simultanément une nouvelle profondeur économique au port de Radès et une fonction logistique majeure aux régions tunisiennes de l’intérieur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">2- Tébessa-Fériana-Gafsa-Port de Gabès&nbsp;: c’est le grand corridor minier et industriel. Il rapprocherait le bassin minier algérien de Tébessa du bassin phosphatier de Gafsa, puis des industries et infrastructures portuaires de Gabès. Minerais, phosphates, engrais, produits industriels, équipements, conteneurs : nous ne parlons plus ici d’un simple train. Nous parlons d’une véritable colonne vertébrale industrielle tuniso-algérienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">3- El Oued-Taleb Larbi/Hazoua-Rjim Maatoug-Douz-Tataouine-Médenine-Port de Gabès&nbsp;: c’est le corridor du futur. Il donnerait au Sud-Est algérien une nouvelle ouverture ferroviaire vers la Méditerranée et traverserait certaines des régions tunisiennes qui ont précisément le plus besoin d’investissements structurants. Hazoua, Rjim Maatoug, Douz, Tataouine et Médenine pourraient progressivement devenir des étapes d’un grand axe logistique, industriel et commercial régional.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>900 kilomètres, 2 à 3 milliards de dinars&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà l’ordre de grandeur que nous avançons pour ces trois corridors : environ 900 km de lignes à construire, réhabiliter ou moderniser, pour une première enveloppe indicative de l’ordre de 2 à 3 milliards de dinars tunisiens, qui devra naturellement être précisée par des études techniques détaillées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Posons maintenant la vraie question :</p>



<p class="wp-block-paragraph">2 à 3 milliards de dinars, est-ce trop cher pour changer la géographie économique d’un pays pendant cinquante ans ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certainement pas. Surtout si l’investissement est réalisé progressivement, corridor par corridor, avec une participation des deux États et la mobilisation possible des institutions financières régionales et internationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut également comprendre qu’une voie ferrée ne produit pas seulement des recettes ferroviaires. Autour de ces 900 kilomètres pourraient apparaître des ports secs, plateformes logistiques, zones industrielles, entrepôts, centres de transformation, services de maintenance et nouvelles entreprises. Le rail créerait ainsi son propre écosystème économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Arrêtons de traiter nos régions intérieures comme des terminus&nbsp;!</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis soixante ans, la Tunisie parle de développement régional. Mais notre erreur fondamentale reste la même : nous regardons Le Kef, Siliana, Kasserine, Gafsa, Tozeur, Kébili et Tataouine comme des régions périphériques éloignées de Tunis et du littoral.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Changeons la carte. Kalaa Khasba ne serait plus seulement une ville éloignée de Tunis : elle deviendrait une étape entre Tébessa et Radès. Fériana ne serait plus une ville frontalière marginalisée : elle se trouverait sur l’axe Tébessa-Gafsa-Gabès. Hazoua et Rjim Maatoug ne seraient plus au bout de la Tunisie : elles deviendraient des portes du corridor El Oued-Gabès.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà ce qu’est une véritable politique d’aménagement du territoire : transformer la périphérie en corridor.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Algérie aussi a énormément à gagner</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce projet ne doit surtout pas être présenté comme une faveur algérienne accordée à la Tunisie. L’intérêt doit être mutuel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Algérie possède un immense marché, un territoire considérable, des ressources minières et énergétiques et une profondeur continentale exceptionnelle. La Tunisie possède une proximité géographique remarquable avec l’Est algérien et une façade méditerranéenne équipée de plusieurs ports. Pourquoi opposer ces avantages ? Additionnons-les.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Offrir aux régions de Tébessa et d’El Oued des corridors ferroviaires supplémentaires vers la Méditerranée tunisienne renforcerait la résilience et la diversification logistique algériennes. Et donner à Radès et Gabès un hinterland dépassant largement les 12 millions de consommateurs tunisiens changerait complètement l’équation économique de nos ports.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme l’expérience tunisienne le montre déjà, les routes seules ne suffisent pas, nous avertit la Banque mondiale qui souligne que l’amélioration des routes, si elle n’est pas accompagnée d’une véritable intégration logistique et économique, ne suffit pas à provoquer la transformation attendue. Elle appelle donc à combiner infrastructures, chaînes d’approvisionnement, connexions avec les ports et amélioration de la logistique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est précisément la philosophie de ces trois corridors&nbsp;: rails + ports + zones logistiques + industrie + frontière = croissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pas des infrastructures isolées. Un système.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aux gouvernements tunisien et algérien : qu’attendez-vous ? Nous avons la géographie. Nous avons les ports. Nous avons les bassins miniers. Nous avons les marchés. Nous avons les ingénieurs. Nous avons les entreprises. Nous avons besoin d’investissements. Nous avons besoin d’emplois. Et nous avons même désormais les analyses de la Banque mondiale qui montrent l’ampleur du potentiel économique d’une Tunisie transformée en plateforme logistique régionale. Alors qu’attendons-nous ? Une nouvelle commission ? Un nouveau séminaire ? Une nouvelle déclaration sur <em>«l’excellence des relations fraternelles entre les deux pays»</em> ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela ne suffit plus. Créons immédiatement une commission exécutive ferroviaire et portuaire algéro-tunisienne, avec les ministères concernés, les chemins de fer des deux pays, les autorités portuaires et les spécialistes de la logistique. Donnons-lui six mois pour établir les tracés définitifs, identifier les tronçons existants à moderniser et ceux à construire, arrêter les normes techniques, chiffrer précisément les investissements et proposer le montage financier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis commençons les travaux&nbsp;: 1- Tébessa- Kalaa Khasba-Siliana-El Fahs-Radès&nbsp;; 2- Tébessa-Fériana-Gafsa-Gabès&nbsp;; 3- El Oued- Taleb Larbi/Hazoua-Rjim Maatoug-Douz- Tataouine-Médenine-Gabès.</p>



<p class="wp-block-paragraph">900 kilomètres. 2 à 3 milliards de dinars. Trois corridors. Deux pays. Une ouverture commune sur la Méditerranée. Et potentiellement une transformation économique qui se chiffre en points de PIB, puisque la Banque mondiale elle-même estime que le développement de la connectivité portuaire peut générer des gains considérables et qu’à long terme le positionnement de la Tunisie comme hub de transbordement pourrait représenter 11 à 14 % du PIB.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors cessons de chercher la croissance uniquement dans les lois de finances, les réunions ministérielles et les discours. La croissance est aussi devant nous, dessinée sur la carte. Il ne manque plus que la décision politique&nbsp;: le partenariat stratégique tuniso-algérien n’a plus besoin d’un communiqué supplémentaire. Il a besoin de 900 kilomètres de rails.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Fondateur et gérant de Robobat Afrique</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.facebook.com/abdelbasset.sammari.1" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Page Facebook de l’auteur.</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Jugurtha, Rome, une histoire toujours à venir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Sep 2026 06:54:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’histoire de Jugurtha, l’Africain, le Numide, l’ami-ennemi de Rome , se répètera toujours, partout ailleurs.  </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Connaissez-vous l’histoire de Jugurtha, l’Africain, le Numide, l’ami-ennemi de Rome cent ans avant Jésus-Christ ? Savez-vous quelque chose de Marius et de Sylla ? C’est une histoire passionnante, car elle pourrait, dans une certaine mesure, se reproduire aujourd’hui&#8230; au Chili, ou partout ailleurs, en ce XXI<sup>e</sup> siècle. Me permettez-vous de vous la raconter, très brièvement ?</em></strong> <em>(Photo : Sénat romain et, en médaillon, Jugurtha).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Arturo Alejandro Muñoz</strong></p>



<span id="more-19602241"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Arturo-Alejandro-Munoz.jpg" alt="" class="wp-image-19602280" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Arturo-Alejandro-Munoz.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Arturo-Alejandro-Munoz-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Arturo-Alejandro-Munoz-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">La Numidie correspondait à ce qui est aujourd’hui l’Algérie et une partie du Maroc et de la Tunisie, en Afrique du Nord. Les cavaliers numides, admirés par les légions romaines, ravageaient violemment les peuples voisins d’Afrique du Nord. Jugurtha en était le chef suprême, une sorte de roi tout-puissant, habile et dépourvu de scrupules (ce qui n’a rien d’étonnant : sans cela, il n’aurait pu devenir roi).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Habile comme il l’était, ainsi que nous venons de le dire, il comprit combien il serait vain, pour ses cavaliers et son armée, d’affronter les légions romaines, presque invincibles, et le pouvoir du Sénat de cette république ; car à cette époque Rome était encore une république. Jugurtha accepta donc de signer un accord de paix et de coopération avec la puissante Rome, conscient qu’il devrait verser de lourds tributs pour préserver la paix, non seulement avec elle, mais aussi avec ses voisins d’Afrique du Nord, territoires placés sous la protection (c’est-à-dire la propriété) du Sénat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La paix signée, Jugurtha continua cependant d’assiéger ses voisins et de ravager leurs territoires. Jour après jour, le roi numide s’enrichissait davantage, tandis que diminuait le versement des tributs convenus. Le Sénat finit par décider de le convoquer, en l’<em>«invitant»</em> à venir s’expliquer à Rome.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Assailli par des sénateurs habiles dans l’art de la joute politique, Jugurtha, à bout de patience face à tant de discussions byzantines, fit face au Sénat en désignant du doigt la plupart de ces sénateurs qu’il avait comblés, à plusieurs reprises, de présents en or et en bijoux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Vous êtes ici, dans cet hémicycle, nobles citoyens romains, grâce aux présents en or et aux tributs personnels que je vous ai maintes fois offerts»</em>, phrase attribuée au Numide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qu’il affirmait était vrai, mais ce fut aussi son arrêt de mort.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Jugurtha achète les nobles <em>«pater familias»</em></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La légende raconte (non l’Histoire, la <em>«légende»</em>) que le Sénat décida d’envoyer en Numidie quelques légions commandées par des généraux appartenant à la noblesse en tant que <em>«pater familias»</em>, avec l’ordre d’arrêter Jugurtha et de le ramener enchaîné à Rome pour qu’il y soit jugé devant la plèbe, selon la loi correspondante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Souhaitez-vous connaître la fin de cette histoire ? Eh bien, poursuivons&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les nobles qui commandaient ces premières légions n’eurent aucun succès. Bien au contraire, selon la légende, ils ne combattirent même pas, car Jugurtha les acheta à prix d’or&#8230; et ces nobles <em>«pater familias»</em> décidèrent de rester en Numidie, jouissant de la richesse et des largesses que leur accordait le grand Jugurtha.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Sénat changea alors de tactique. Plus de nobles, plus de <em>«pater familias»</em> à la tête des légions. Cette fois, ce seraient deux tribuns de la plèbe qui commanderaient les armées en route vers l’Afrique du Nord : Lucius Cornelius Sylla et Caius Marius.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sylla et Marius arrivèrent en Numidie et déclinèrent l’invitation de Jugurtha à venir s’entretenir dans son palais. Ils attaquèrent les Numides, les vainquirent, unirent aux leurs les anciennes légions déjà établies sur place (formant ainsi une armée considérable), et enchaînèrent Jugurtha pour le ramener à Rome afin qu’il y soit jugé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais, tout comme le ferait des années plus tard Jules César, Lucius Sylla et Caius Marius allaient s’affronter dans ce que l’Histoire a appelé <em>«la première guerre civile romaine»</em>. Pour abréger, Lucius Cornelius Sylla, appuyé par les <em>«optimates»</em> (les nobles), vainquit Caius Marius (appuyé par des secteurs de la plèbe) et transforma la vieille république en une dictature cruelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Jugurtha ramené, enchaîné, à Rome</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Et Jugurtha, qu’était-il devenu ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il fut exécuté en 104 avant J.-C., dans la prison Mamertine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous vous demanderez, aimable lecteur : <em>«Et qu’est-ce que tout cela a à voir avec la réalité chilienne actuelle ?»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense aux <em>«Amarillos»</em><sup>(1)</sup>&nbsp;(Sylla ?), à l’UDI/RN <sup>(2)</sup>&nbsp;(le Sénat romain ?), à Caius Marius (le centre-gauche en échec ?), à Jugurtha (les <em>«patriotes»</em> et les <em>«républicains»</em>)&#8230; à la guerre civile romaine ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne sais pas&#8230; dites-moi ce que vous en pensez, ce que vous y voyez, ce que vous pressentez. Pour ma part, j’y perçois certaines similitudes, bien qu’il n’y ait ni troupes, ni légions, ni batailles rangées. Seulement la guerre politique dans sa plus pure essence. Je crois l’avoir déjà écrit, un jour, dans d’autres textes : <em>«tout ce qui se produit aujourd’hui en politique s’était déjà produit à Rome, non seulement sous l’Empire, mais aussi avant, sous la République et sous la Dictature»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est peut-être pour cela que l’étude et l’enseignement de l’Histoire constituent, pour la droite et l’establishment lèche-bottes, une matière pernicieuse qui attente contre le très catholique et apostolique statu quo patronal-néolibéral.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em>Traduit de l&rsquo;espagnol</em>. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Professeur à l&rsquo;Université du Chili.</em> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Notes&nbsp;:</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>1- Amarillos (Jaunes)&nbsp;: mouvement puis parti fondé en 2022 par Cristián Warnken pendant le référendum constitutionnel, rassemblant d’anciens dirigeants de centre-gauche et centre-droit ; dissous par le Servel en février 2026 faute d’avoir atteint le seuil électoral.<a href="https://faustotounsi.substack.com/p/jugurtha-rome-et-une-histoire-ancienne?utm_source=post-email-title&amp;publication_id=6570827&amp;post_id=214790186&amp;utm_campaign=email-post-title&amp;isFreemail=true&amp;r=i1elt&amp;triedRedirect=true&amp;utm_medium=email#_ftnref2"></a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>2-&nbsp;UDI/RN&nbsp;: les deux grands partis de la droite traditionnelle chilienne, historiquement alliés dans «Chile Vamos», aujourd’hui soutiens du gouvernement Kast — avec la tension actuelle sur une éventuelle dissolution de cette coalition au profit d’un bloc unique.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Source</em></strong> : <a href="https://substack.com/redirect/b2504513-dfaa-4286-b792-2b03691fd7bc?j=eyJ1IjoiaTFlbHQifQ.Hq9qAIq7zpkEpiC_jKxZ1S8NBly1ZqUcW7etgzodmC4" target="_blank" rel="noopener">Diariopolitika</a>.</p>
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