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	<title>Archives des Andalousie - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Andalousie - Kapitalis</title>
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		<title>Incendie dans la grande mosquée-cathédrale de Cordoue</title>
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		<pubDate>Sun, 10 Aug 2025 06:54:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La célèbre mosquée-cathédrale de Cordoue, dans le sud de l'Espagne, touchée par un incendie. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Vendredi 8 août 2025, vers 21h, la célèbre mosquée-cathédrale de Cordoue, dans le sud de l&rsquo;Espagne, a été touchée par un incendie. Aux alentours de minuit, le maire de la ville a annoncé que le feu était éteint. Ce monument très connu en Espagne est classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1984. C’est un important vestige des huit siècles de présence musulmane en Andalousie. &nbsp;</em></strong></p>



<span id="more-17190980"></span>



<p><em>«Ce soir, un incendie s’est déclaré dans une chapelle de la mosquée-cathédrale, dans la zone d’Almanzor. Immédiatement, le protocole établi dans le Plan d’autoprotection a été activé»</em>, a publié le compte officiel de la mosquée-cathédrale dans la soirée, sans plus d’informations. Selon le quotidien <em>ABC</em>, une machine <em>«balayeuse»</em>, qui aurait pris feu, serait à l’origine de l’incendie.</p>



<p>Ce joyau architectural, souvent appelée&nbsp;<em>Mezquita-Catedral</em>, visité par plus de deux millions de personnes chaque année, a vu des flammes s’élever dans le ciel, suscitant l’inquiétude pour la préservation de ce trésor historique.&nbsp;</p>



<p><em>«Par chance, l’intervention rapide et magnifique des pompiers de Cordoba a évité une catastrophe. Le feu est désormais éteint et cette nuit, des équipes de pompiers et de la police locale resteront sur place pour éviter tout risque»</em>&nbsp;de départ de feu, a écrit José Maria Bellido, le maire de Cordoue, vers minuit, sur le réseau social X.</p>



<p>La mosquée-cathédrale de Cordoue a été construite au VIII<sup>e</sup> siècle sous l’émirat d’Abd al-Rahman Ier, elle s’élève sur les fondations d’une ancienne basilique chrétienne. Ce choix n’était pas anodin : il symbolisait la puissance des Omeyyades, qui régnaient alors sur Al-Andalous. Au fil des siècles, le monument a été agrandi, notamment sous le règne d’Almanzor, à la fin du X<sup>e</sup> siècle, pour devenir l’un des plus grands lieux de culte islamique de l’époque. Après la reconquête chrétienne de Cordoue en 1236, le bâtiment a été transformé en cathédrale. Ce qui en fait un lieu symbolique où l’islam et le christianisme se rencontrent dans une harmonie architecturale unique.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="K9eZmfgjKi"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/22/la-chute-du-califat-de-cordoue-lautre-grande-discorde-de-lislam/">‘‘La chute du califat de Cordoue’’: l’autre grande discorde de l’islam</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘La chute du califat de Cordoue’’: l’autre grande discorde de l’islam » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/22/la-chute-du-califat-de-cordoue-lautre-grande-discorde-de-lislam/embed/#?secret=J9tngPYSIk#?secret=K9eZmfgjKi" data-secret="K9eZmfgjKi" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>‘‘Barbastro 1064’’ dans l’imaginaire occidental : une gaza avant l’heure!</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Jan 2025 07:20:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Andalousie]]></category>
		<category><![CDATA[Barbastro]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
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		<category><![CDATA[péninsule ibérique]]></category>
		<category><![CDATA[Saragosse]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’imaginaire occidental actuel, en dépit de son attachement proclamé à la laïcité et aux droits de l’homme, continue d’être habité par les vieux démons de l’Eglise de Rome.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/19/barbastro-1064-dans-limaginaire-occidental-une-gaza-avant-lheure/">‘‘Barbastro 1064’’ dans l’imaginaire occidental : une gaza avant l’heure!</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Si le dernier avatar du colonialisme occidental, Israël, a conduit une politique de massacres et d’expulsion des populations avec l’aide active des pays occidentaux, au vu et au su du monde, sans susciter les réactions que les lois internationales eussent dû permettre, c’est bien parce que l’imaginaire occidental actuel, en dépit de son attachement proclamé à la laïcité et aux droits de l’homme, continue d’être habité par les vieux démons de l’Eglise de Rome.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia *</strong></p>



<span id="more-15196173"></span>



<p>On oublie trop souvent que la présence arabe en Espagne ne se limita pas qu’à l’Andalousie, et qu’au nord de la rivière Ebre, le peuplement arabe avait été considérable et qu’il s’était accompagné d’un essor civilisationnel non&nbsp;moins important.</p>



<p>Cependant, le fait fondamental de l’histoire de l’Islam dans la péninsule ibérique est le flop politique issu de l’éclatement du Califat Omeyade en une trentaine de cités-états après la Fitna (ou discorde), souvent en lutte les unes contre les autres, et le re-basculage stratégique qui en résulte au profit des royaumes chrétiens au nord de l’Ebre et du Duero dont l’acquittement d’un tribut annuel à leur profit constitue le symbole le plus évident.</p>



<p>Ager est la première ville arabe à tomber aux mains des chrétiens, en 1036, soit environ 25 ans après le début de la Fitna.&nbsp;</p>



<p>En 1064, la petite ville arabe musulmane de Barbastro, dépendante de la ville de Saragosse sous l’autorité de la dynastie arabe des Ben Noun, située au nord de la rivière Ebre, non loin de Huesca, est prise et repeuplée par les chrétiens, sa population musulmane est massacrée, et réduite en esclavage.</p>



<p>Cette conquête fut menée par des Français d’Aquitaine, de Champagne et de Bourgogne, ainsi que par des Normands venus d’Italie et de Sicile. Ils étaient accompagnés de quelques contingents catalans locaux originaires de Ribagorce et d’Urgel.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Guerre sainte et djihad en Espagne</h2>



<p>Cette coalition européenne réunie à l’initiative du Pape et de l’église de Cluny était renforcée par les liens&nbsp;familiaux et matrimoniaux unissant la noblesse de Catalogne et des petits royaumes&nbsp;montagnards d’Aragon, à celle du nord des Pyrénées, Béarn, Toulouse, Aquitaine, Gascogne.</p>



<p>La prise de Barbastro traduisait plus une réaction conjoncturelle contre la mort du Roi&nbsp;Ramirez tué lors de la conquête de Grau une année auparavant qu’une véritable entreprise de reconquête contre les musulmans ou une répétition générale des Croisades qui ne surviendraient qu’en 1095.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="GbtkZFVne6"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/22/la-chute-du-califat-de-cordoue-lautre-grande-discorde-de-lislam/">‘‘La chute du califat de Cordoue’’: l’autre grande discorde de l’islam</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘La chute du califat de Cordoue’’: l’autre grande discorde de l’islam » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/22/la-chute-du-califat-de-cordoue-lautre-grande-discorde-de-lislam/embed/#?secret=vPDDMxVW5z#?secret=GbtkZFVne6" data-secret="GbtkZFVne6" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Il demeure&nbsp;licite de se demander&nbsp;pourquoi le petit royaume pyrénéen d’Aragon bien abrité entre les hauts sommets et les vallées encaissées tracées par les cours des nombreuses rivières en dévalant, délimitant de nombreux plateaux et des massifs calcaires, s’est un beau jour lancé dans une expansion irrésistible vers le sud à travers ces vallées, le conduisant inévitablement à des heurts avec l’émirat de Saragosse établi le long de la rivière Ebre jusqu’à son embouchure, et au-delà, avec le Royaume de Valence.</p>



<p>Cependant, il ne faut pas oublier que l’arrimage de l’Ibérie à l’Europe ne s’était pas réalisé que par la conquête romaine, et plus tard Wisigothique, ni même par la christianisation, étant donné que l’Arianisme avait prévalu dans le royaume de Tolède pendant deux siècles, et que la conversion au catholicisme y avait été tardive.</p>



<p>C’est surtout l’occupation de la Catalogne par les armées de Charlemagne et son rattachement au Royaume franc (chrétien catholique) par l’établissement du comté de Barcelone qui en avait fait une marche européenne vers la terre que les Romains avaient nommée Espagne.</p>



<p>Ainsi se profile l’idée que le concept de l’Europe est étroitement lié à l’autorité de Rome, dont le pape serait le représentant légitime selon la (fausse) donation de Constantin. Cet argument lié à l’Histoire (Nicolas Sarkozy l’avait évoqué pour justifier le rejet de la candidature turque à l’entrée dans la communauté européenne) est pourtant totalement occulté par l’ouvrage qui insiste sur la responsabilité du Pape, dans le massacre de Barbastro, ainsi qu’il faudrait l’appeler, mais dans un cadre autre que la Croisade ou la Reconquête espagnole, et plutôt apparenté à la guerre au sud de l’Italie et en Sicile contre les musulmans (mais aussi les Byzantins) menée par les Normands, que la Curie romaine observe aux premières loges.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le recul continu de l’Islam dans la péninsule ibérique</h2>



<p>Cependant, la chute Barbastro, qui s’est accompagnée de celle de Coimbra dans le nord du Portugal (au bénéfice du Léon), réveille de grandes inquiétudes chez les musulmans, et de vives critiques contre l’impéritie de leurs dirigeants. C’est pourquoi le sultan de Saragosse El Muqtadir reconquiert la ville neuf mois plus tard et interrompt la livraison du tribut. Cette défaite chrétienne a été justifiée selon l’Eglise, par les exactions commises par les chrétiens contre la population lors de la conquête, en particulier par le viol des femmes musulmanes, qui aurait entraîné le châtiment divin, celui du retour des musulmans.&nbsp;</p>



<p>La ville ne sera définitivement perdue pour l’Islam que 35 ans plus tard, soit au moment de la chute de Jérusalem&nbsp;aux mains des Croisés, alors que la ville de Saragosse le sera en 1118 mettant un terme final à la souveraineté de l’Islam dans la région de l’Ebre.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="aZpNMlHoxp"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/07/retrospective-le-drame-des-enfants-musulmans-dal-andalus-enleves-par-les-espagnols/">Rétrospective : le drame des enfants musulmans d’Al-Andalus enlevés par les Espagnols</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Rétrospective : le drame des enfants musulmans d’Al-Andalus enlevés par les Espagnols » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/07/retrospective-le-drame-des-enfants-musulmans-dal-andalus-enleves-par-les-espagnols/embed/#?secret=D6tX6DiaNw#?secret=aZpNMlHoxp" data-secret="aZpNMlHoxp" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ce recul continu de l’Islam dans la péninsule ibérique est donc lié à la disparition de l’Etat unitaire (Califat Omeyade) capable de fournir l’effort matériel, humain, fiscal, financier, militaire, culturel aussi, nécessaire pour porter la guerre annuellement dans les royaumes chrétiens du Nord. En fut-il la raison ou la conséquence? Il est légitime de se le demander du moment que l’unification de l’Etat Espagnol ne fut réalisée qu’à l’achèvement de la Reconquête avec la chute de Grenade en 1492, et nullement à son début.</p>



<p>Néanmoins, il faut convenir que la conquête de Santiago de Compostela, la ville sainte des Espagnols, en 1002, par les troupes d’Al Manzor, ne laissait en rien présager le futur effondrement de l’Islam. D’autant que les Royaumes chrétiens du Nord n’étaient pas en reste en étant souvent en lutte les uns contre les autres, et en s’alliant aux musulmans, et pas seulement dans les querelles intestines de ces derniers.</p>



<p>Il est vrai que l’habitude de l’époque était de se faire rétribuer ses services soit en territoires, soit sous forme de tributs, et pas seulement dans la péninsule ibérique. Mais prétendre que l’idée fut à l’origine dès le départ d’expulser les musulmans n’est pas corroboré par les réalités. Et l’exemple du Cid Rodrigue de Bivar venu combattre aux côtés de l’Émir de Saragosse contre les Navarrais ou les Aragonais en est la preuve.</p>



<p>C’est l’Eglise Catholique qui semble donc avoir inspiré cette idée de guerre sainte, pour les raisons déjà citées, d’autant qu’un changement liturgique s’était opéré du Wisigothique vers le Latin dans les royaumes espagnols, renforçant considérablement&nbsp;l’influence de Rome.</p>



<p>Il n’en demeure pas moins que l’essor démographique dans les Royaumes du Nord qui a permis l’expansion vers le Sud bien plus peuplé demeure énigmatique. Fut-il le résultat d’une inversion des courbes de natalité peu envisageable dans des régions pauvres en terres agricoles et dont l’hygiène des populations était rudimentaire et qui ne pourrait s’expliquer que par une épidémie de grande ampleur?</p>



<p>En tous cas, force est de constater que les victoires militaires du Nord s’accompagnent&nbsp;toujours d’une colonisation des territoires en modifiant les réalités humaines, de l’édification&nbsp;d’ouvrages défensifs rendant le retour des musulmans très difficile,&nbsp;et de franchises dont bénéficient les colons,&nbsp;en particulier sur le plan juridique par la levée des peines et la libération de l’esclavage et du servage, et aussi sur le plan fiscal par l’exemption des taxes.</p>



<p>A titre de comparaison, les victoires militaires musulmanes pour innombrables qu’elles eussent été n’étaient que rarement suivies d’installation de colons. Tout au plus laissait-on quelques garnisons dans les territoires occupés chargés de prélever la Jizya et d’administrer le territoire.</p>



<p>Pour reprendre l’exemple&nbsp;précédent, la conquête de Santiago par Almanzor&nbsp;n’a pas entraîné de massacres, ni&nbsp;l’arabisation&nbsp;ou&nbsp;l’islamisation du territoire. Il aurait fallu pour cela d’autres conditions qui n’ont pas été réunies.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="XcvQuzFL2P"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/18/locean-atlantique-musulman-le-rendez-vous-manque/">‘‘L’océan Atlantique musulman’’ : le rendez-vous manqué</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘L’océan Atlantique musulman’’ : le rendez-vous manqué » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/18/locean-atlantique-musulman-le-rendez-vous-manque/embed/#?secret=kxWYaTVh5Q#?secret=XcvQuzFL2P" data-secret="XcvQuzFL2P" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>On peut même affirmer que malgré l’importance symbolique de cette conquête aucun effort d’islamisation n’y a été entrepris ce qui démontre que&nbsp; la conversion des populations n’en a pas toujours constitué le mobile,&nbsp;contrairement au pillage qui obéissait&nbsp;souvent à des considérations militaires ou stratégiques visant à appauvrir l’adversaire.</p>



<p>Mais si on en revient aux questions démographiques, les Taifas, du fait des guerres entre Fatimides, Abbassides, Byzantins, et turcs, en Orient, se sont retrouvées isolées à un moment où l’idéologie européenne inventée par l’Eglise conduisait de plus en plus les chevaliers en quête de terres, d’honneurs, de richesses, hors de leurs contrées natales, pour spolier les musulmans.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Aux origines du colonialisme occidental</h2>



<p>Il y a donc déjà un sérieux doute sur l’origine des chrétiens qui <em>«chassèrent les Arabes d’Espagne»</em>, si on veut soupeser la légitimité historique de la chose.</p>



<p>L’affaire de Barbastro fournit donc la preuve de l’implication des populations autres qu’Ibériques dans cette guerre, et on est en droit de supposer que, quoiqu’on en dise, les guerriers venus des quatre coins de l’Europe le faisaient pour avoir des terres, s’installer, et faire partie de la noblesse locale, ce qui conduisait inévitablement à leur assimilation. Cela fournit donc un début d’explication au mystère démographique considéré.</p>



<p>Il n’en demeure pas moins que ce massacre de Barbastro semble constituer un tournant, une tache sanglante, dans les relations établies jusque-là entre chrétiens et musulmans, quand le but de la guerre n’était pas de changer les réalités démographiques par le massacre, mais d’acquérir des territoires et d’en retirer des revenus.</p>



<p>C’est donc l’interférence de l’Eglise dans la politique des royaumes qui a finalement transformé la symbolique et la narration de la guerre dans la péninsule ibérique, qui de civile, est devenue religieuse. Qui plus est Barbastro, quoique finalement occultée, allait constituer le point de départ d’une tradition fâcheuse que les Croisades ne feraient que consolider dans les relations entre musulmans et chrétiens, dont les pays occidentaux s’inspireraient&nbsp;souvent, à l’époque de la colonisation.</p>



<p>Ainsi, si le dernier avatar du colonialisme occidental, Israël, a conduit une politique de massacres et d’expulsion des populations avec l’aide active des pays occidentaux, au vu et au su du monde, sans susciter les réactions que les lois internationales eussent dû permettre, c’est bien parce que l’imaginaire occidental actuel, en dépit de son attachement proclamé à la laïcité et aux droits de l’homme, continue d’être habité par les vieux démons de l’Eglise de Rome, qui un jour apparurent sur les rives du Vero, à Barbastro.</p>



<p>Si l’Histoire n’explique pas tout, elle peut aider à comprendre.&nbsp; &nbsp;&nbsp;</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.  </em></p>



<p><strong><em>‘‘Barbastro, 1064. Guerre sainte et djihad en Espagne’’ de Philippe Sénac et <a href="https://www.amazon.fr/Carlos-Laliena-Corbera/e/B077MFM5G3/ref=dp_byline_cont_book_2"></a>Carlos Laliena Corbera, éditions Gallimard, Paris, 19 avril 2018, 240 pages. </em></strong></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="MzsG0v0YUu"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/14/reflexion-sur-lhistoire-des-arabes-en-europe-de-charles-martel-a-la-statue-de-sel/">Réflexion sur l’histoire des Arabes en Europe, de Charles Martel à la statue de sel</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Réflexion sur l’histoire des Arabes en Europe, de Charles Martel à la statue de sel » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/14/reflexion-sur-lhistoire-des-arabes-en-europe-de-charles-martel-a-la-statue-de-sel/embed/#?secret=jSd1EADCsN#?secret=MzsG0v0YUu" data-secret="MzsG0v0YUu" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>‘‘Aimer dans l’Espagne médiévale’’. Communautés de mœurs, destins divergents </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/30/aimer-dans-lespagne-medievale-communautes-de-moeurs-destins-divergents/</link>
		
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		<pubDate>Sun, 30 Jun 2024 07:17:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L'Espagne était le seul lieu géographique en Europe réunissant juifs, chrétiens et musulmans dans une vie commune. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/30/aimer-dans-lespagne-medievale-communautes-de-moeurs-destins-divergents/">‘‘Aimer dans l’Espagne médiévale’’. Communautés de mœurs, destins divergents </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<p><strong><em>Pourquoi&nbsp;l’Espagne médiévale? Sans doute parce que c’était le seul lieu géographique en Europe réunissant juifs, chrétiens et musulmans dans une vie commune,&nbsp;on ne dira pas cohabitation. Il eut d’ailleurs mieux valu parler des Espagne puisque c’est uniquement à la fin du XVe siècle que la réunification du pays a été assurée, et encore, sans inclure, sauf à de rares moments, le Portugal.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-13467021"></span>



<p>Cependant, ce livre démontre que l’amour étant donné ses répercussions sociales et économiques n’a jamais échappé au champ politique ni&nbsp;à la religion. Et on peut affirmer que chaque communauté eut d’abord&nbsp;à travers lui l’ambition de se perpétuer (cas des juifs), mais aussi de s’étendre (musulmans et chrétiens).</p>



<p>Mis à part cela les trois communautés partagèrent souvent les mêmes habitudes, en particulier la polygamie, officielle chez les juifs et les musulmans, ou bien clandestine plus ou moins tolérée chez les chrétiens, en particulier chez les gens de l’Eglise et les personnalités (Mansebas et Barraganas).</p>



<p>L’esclavage fut également très largement répandu en donnant aux maîtres un droit absolu conformément aux anciennes habitudes issues de Rome qu’aucune communauté ne remit en cause. Néanmoins la préservation de la vie des esclaves et des enfants fit peu à peu son chemin dans les esprits en tant que principe social et il faut reconnaître que c’est plutôt du côté des chrétiens qu’une telle évolution se manifesta avec plus de netteté, eux qui avaient l’habitude de recueillir les enfants abandonnés et les mères célibataires dans les monastères avant la création des hôpitaux. Il est vrai que le principe de la protection des enfants avait été énoncé dans le Coran avec l’interdiction de les tuer, particulièrement les fillettes, ou de les abandonner.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Homosexualité, polygamie, adultère, divorce, avortement, inceste…</h2>



<p>Quant au judaïsme, c’est à dire l’enseignement issu du Talmud,&nbsp;il ne considérait pas l’avortement, interdit par les deux autres religions, comme illicite, le fœtus étant selon lui dépouillé d’âme. C’est un argument qui fera plus tard florès pour légaliser à l’époque moderne les interruptions volontaires de grossesse.</p>



<p>Il reste que d’une manière générale l’homosexualité fut combattue chez les chrétiens, condamnée chez les juifs, condamnée mais tolérée chez les musulmans. Il est vrai que beaucoup de juifs et de chrétiens mozarabes (arabophones) avaient adopté le mode de vie musulman.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="kUUWKkanXf"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/18/locean-atlantique-musulman-le-rendez-vous-manque/">‘‘L’océan Atlantique musulman’’ : le rendez-vous manqué</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘L’océan Atlantique musulman’’ : le rendez-vous manqué » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/18/locean-atlantique-musulman-le-rendez-vous-manque/embed/#?secret=cE69G4JEGt#?secret=kUUWKkanXf" data-secret="kUUWKkanXf" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’adultère considéré comme un crime et l’un des péchés les plus grands fut partout passible de punitions corporelles sévères, du fouet à la lapidation,&nbsp;étant perçu comme un danger pour la cohésion sociale susceptible de provoquer les plus grands conflits.</p>



<p>Néanmoins les chrétiens, c’est-à-dire la frange la plus fortunée, eurent&nbsp;souvent recours aux compensations financières afin de résoudre les conflits qui pouvaient en résulter, en particulier sur les droits d’héritage. Et il semble bien que chez les musulmans, la vieille obsession arabe de la pureté du nom, et de l’inceste comme conséquence possible de l’adultère en vertu des arguments canoniques, cachait en réalité des considérations plus terrestres, celles de la préservation de l’héritage&nbsp;accordant au garçon le double de la part de la fille. Chez les juifs les filles sont déshéritées quand elles se marient ou quand il existe des héritiers mâles, et le fils aîné hérite d’une part double par rapport à chacun de ses frères.</p>



<p>L’inceste fut par ailleurs également interdit par les trois religions. Néanmoins sa définition différait largement. L’Eglise interdisait les mariages lorsque les liens de parenté au 4<sup>e</sup> degré ou même plus étaient établis, ce dont se servaient souvent les seigneurs pour répudier leurs épouses, et obtenir le droit de se remarier. Chez les juifs, les mariages entre cousins ne sont toujours pas permis par les rabbins&nbsp;alors qu’ils sont licites chez les musulmans. Il n’en demeure pas moins que le mariage légal était partout reconnu comme étant la voie exemplaire pour l’amour&nbsp;et la procréation, avec quatre épouses chez les musulmans ou les juifs, alors que chez les chrétiens, la polygamie d’abord déconsidérée mais tolérée finit par être interdite en étant passible de sanctions pénales; c’est sans doute le droit romain qui ne tolérait qu’une épouse et qui reconnaissait le divorce qui finit par prévaloir.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="PMYKre35QD"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/22/la-chute-du-califat-de-cordoue-lautre-grande-discorde-de-lislam/">‘‘La chute du califat de Cordoue’’: l’autre grande discorde de l’islam</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘La chute du califat de Cordoue’’: l’autre grande discorde de l’islam » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/22/la-chute-du-califat-de-cordoue-lautre-grande-discorde-de-lislam/embed/#?secret=bTqsoiU4Nx#?secret=PMYKre35QD" data-secret="PMYKre35QD" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Paradoxalement, le divorce reconnu chez les musulmans et les juifs finit par être interdit par l’Eglise catholique romaine. Le mariage étant le reflet d’alliances entre les familles devait évidemment en être cautionné. Et le refus entraînait parfois le rapt de la femme afin d’obliger la communauté à accepter le fait accompli.</p>



<p>Quant au viol la suite donnée dépendait des conditions sociales du coupable et de la victime. En général dans l’Espagne catholique les plaintes émanaient&nbsp;la plupart du temps des chrétiennes, et des arrangements financiers les concluaient&nbsp;lorsque la fortune du coupable et sa condition sociale le permettaient. Mais les relations sexuelles entre des membres de communautés différentes donnaient souvent lieu aux plus grandes sanctions, qui pouvaient aller jusqu’au bûcher.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une philosophie partagée de la vie</h2>



<p>En Espagne musulmane les viols n’étaient sans doute pas moins fréquents mais rares étaient les femmes qui osaient s’en plaindre d’autant que, esclaves ou libres, elles étaient tenues de satisfaire leurs maris et maîtres et de taire toute autre relation, peut être tolérée sur le plan social mais considérée face au&nbsp;Qadi comme un adultère;&nbsp;la littérature arabo-andalouse, si prodigue dans la description des plaisirs, ignore le viol.</p>



<p>En conclusion, l’amour a été politisé en tant qu’élément essentiel&nbsp;dans ses manifestations sociales et ses conséquences juridiques de l’identité communautaire. C’est d’ailleurs grâce à la fidélité à ses lois que la communauté juive a maintenu son existence.</p>



<p>Quant à savoir s’il existe un droit civilisé et un autre barbare, le débat ne sera jamais clos.</p>



<p>En réalité l’Europe chrétienne a hérité du droit romain par essence païen où elle a puisé l’ensemble de son corpus juridique. Quant au droit musulman, c’est au contact des civilisations de la Mésopotamie (code de Hammourabi), de la Perse (Chosroes Anocherwan) qu’il a élaboré sa doctrine, tout en subissant l’influence hellénistique et romaine, au même titre que la loi juive.</p>



<p>Peut-on dès lors parler d’une communauté plus civilisée qu’une autre? C’est grâce aux attitudes des différentes confessions face à l’amour en Espagne au Moyen-âge qu’on réalise que les différences établies les unes par rapport aux autres ne sont que factices et poursuivent des buts essentiellement politiques. Dans un pays confronté à huit siècles de guerre, les fossés confessionnels n’ont pu abolir une philosophie partagée de la vie conjurant l’angoisse de la mort.<strong><em></em></strong></p>



<p><strong><em>‘‘Aimer dans l’Espagne médiévale; plaisirs licites et illicites’’ d’Adeline Rucquoi, éd. Belles Lettres,&nbsp;9 mai 2008, 284 pages. </em></strong></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="w3iH3VCDpD"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/14/reflexion-sur-lhistoire-des-arabes-en-europe-de-charles-martel-a-la-statue-de-sel/">Réflexion sur l’histoire des Arabes en Europe, de Charles Martel à la statue de sel</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Réflexion sur l’histoire des Arabes en Europe, de Charles Martel à la statue de sel » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/14/reflexion-sur-lhistoire-des-arabes-en-europe-de-charles-martel-a-la-statue-de-sel/embed/#?secret=jW8XghHsyS#?secret=w3iH3VCDpD" data-secret="w3iH3VCDpD" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Testour, joyau caché d’une Tunisie plurielle</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/28/testour-joyau-cache-dune-tunisie-plurielle/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jun 2023 09:28:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Andalousie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Testour, une petite ville tunisienne aux racines andalouses qui fascine les visiteurs par son charme intemporel.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans la région du nord-ouest de la Tunisie, l&rsquo;une des plus fertile du pays, se trouve une petite ville aux racines andalouses qui fascine les visiteurs par son charme intemporel et une particularité unique : une horloge qui tourne à l’envers.</em></strong></p>



<span id="more-8577921"></span>



<p>Testour, située à une heure de route de la capitale, est un joyau culturel qui apporte avec lui une histoire fascinante et un environnement qui semble s’être arrêté dans le temps.</p>



<p>Les origines andalouses de Testour remontent au XVIIe siècle, lorsqu’un groupe de réfugiés maures, connus sous le nom de Moriscos, a fui l’Espagne pendant l’Inquisition espagnole pour trouver refuge dans cette partie de la Tunisie, apportant avec eux leur culture, leurs traditions et leur architecture mauresque.</p>



<p>Au fil des siècles, la ville a ensuite évolué, incorporant également des éléments berbères et ottomans à son identité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Musée vivant d’influence andalouse</h2>



<p>Aujourd&rsquo;hui, Testour est un musée vivant d’influence andalouse en Tunisie et offre aux visiteurs un mélange fascinant d’architecture mauresque et arabe, caractérisé par des rues étroites, des places pittoresques et une atmosphère accueillante. Ses bâtiments historiques, dont la Grande Mosquée, la synagogue, les maisons traditionnelles et les mausolées témoignent de son patrimoine culturel riche et diversifié.</p>



<p>Mais ce qui distingue vraiment Testour, c’est sa fameuse horloge inversée. Située sur la place principale de la ville, l’horloge, qui orne le minaret de la Grande Mosquée, est une attraction unique. Contrairement aux montres courantes qui marquent les heures au fur et à mesure, l’horloge de Testour bouge dans le sens inverse des aiguilles traditionnelles (il n’y en a que trois dans le monde dans les lieux publics). </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/06/Testour-Festival-de-la-grenade-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-8578061" width="800" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/06/Testour-Festival-de-la-grenade-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/06/Testour-Festival-de-la-grenade-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/06/Testour-Festival-de-la-grenade-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/06/Testour-Festival-de-la-grenade-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/06/Testour-Festival-de-la-grenade-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/06/Testour-Festival-de-la-grenade-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/06/Testour-Festival-de-la-grenade.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>


<p class="has-text-align-center"><em>Le festival de la grenade est organisé en octobre.</em></p>



<p>Cette particularité fascine les visiteurs depuis des décennies même si son origine reste entourée de mystère. Selon l’une des légendes locales les plus accréditées, l’horloge inversée est née comme une forme de protestation pendant la période du protectorat français. Les citoyens de Testour, désireux de se rebeller contre la présence étrangère, décidèrent de revenir en arrière pour souligner leur résistance à l’envahisseur et leur esprit d’indépendance. [Selon une autre légende, l&rsquo;horloge inversée symboliserait la nostalgie des habitants de la ville pour la lointaine Andalousie et leur rêve d&rsquo;un improbable retour à un paradis perdu, Ndlr]. Depuis, la montre, restaurée à plusieurs reprises, la dernière en 2014, est devenue un symbole d’identité et de défi pour la communauté Testour.</p>



<p>La Grande Mosquée de Testour a été construite en 1625 par Mohamed Tagharino, un maure d’origine aragonaise, également grâce à l’aide de juifs andalous (dont la preuve sont certains symboles juifs présents dans le minaret tels que les deux étoiles de David gravées sur le côté de sa tour octogonale qui racontent une coexistence heureuse entre l’islam et le judaïsme), situé au cœur de la ville, est plus qu’un lieu de culte et représente avec son horloge caractéristique un symbole fort de métissage culturel et d’ouverture à l’autre qui a toujours caractérisé la Tunisie et en a fait une terre où diverses civilisations se croisent en devenant un symbole de paix et de tolérance.</p>



<p>Outre son horloge insolite, Testour propose également d’autres trésors culturels. Le Festival international de Testour, organisé chaque printemps, célèbre la musique andalouse, les danses traditionnelles et la poésie, attirant des artistes et des visiteurs du monde entier. Pendant le festival, les rues de la ville s’animent de spectacles et de performances, créant une atmosphère de fête et de partage culturel.</p>



<p>Testour possède également une riche tradition culinaire, avec des pâtisseries offrant une délicieuse variété de desserts traditionnels. Les visiteurs peuvent déguster des spécialités telles que les <em>«makroudh»</em>, des douceurs à base de pâte de dattes et de semoule, souvent parfumées à la cannelle et à l’eau de fleur d’oranger. Ces desserts sont un délice et un incontournable pour les gourmands qui souhaitent découvrir les délices culinaires de la ville.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/06/Testour-Grande-Mosquee-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-8578070" width="800" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/06/Testour-Grande-Mosquee-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/06/Testour-Grande-Mosquee-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/06/Testour-Grande-Mosquee-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/06/Testour-Grande-Mosquee-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/06/Testour-Grande-Mosquee-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/06/Testour-Grande-Mosquee-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/06/Testour-Grande-Mosquee.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>


<p class="has-text-align-center"><em>La Grande Mosquée. </em></p>



<p>Par ailleurs, la cuisine de Testour propose une myriade de plats typiques, comme le couscous préparé avec soin et servi avec de la viande, des légumes et des épices aromatiques. Les soupes traditionnelles, telles que la <em>«chorba»</em> (soupe de légumes et de légumineuses), sont un régal pour le palais, surtout pendant les mois les plus froids.</p>



<p>Outre l’aspect culinaire, la ville offre également de merveilleuses opportunités pour explorer la nature environnante. Testour est entouré de collines verdoyantes et de paysages à couper le souffle, qui offrent la possibilité d’excursions et de promenades panoramiques. Les visiteurs peuvent vivre une expérience authentique en s’immergeant dans la beauté naturelle de la région.</p>



<p>En conclusion, Testour, avec ses origines andalouses, son architecture fascinante et son horloge inversée, est un joyau caché de la Tunisie. La ville regorge d’histoire et de culture, offrant aux visiteurs une expérience unique en son genre. Qu’il s&rsquo;agisse d’explorer ses bâtiments historiques, de savourer les délices culinaires locaux ou simplement de se perdre dans les charmantes rues, Testour offre une expérience inoubliable. Une visite dans cette ville enchanteresse est un voyage dans le temps, une façon de découvrir ses racines andalouses et d’apprécier l’authenticité d’une communauté qui défie le temps et célèbre son identité unique.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Traduit de l’italien. </em></p>



<p><strong><em>Source</em></strong> : <a href="https://www.ansa.it/ansamed/it/notizie/rubriche/storie_dal_mediterraneo/2023/06/27/in-tunisia-testour-sfida-il-tempo-con-le-sue-origini-andaluse_d3754ba4-eb20-41ed-a2d8-3abf64769058.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ansamed</a>.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="eLwKsIAQdf"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/28/une-ville-andalouse-en-tunisie-testour-la-tolerante/">Une ville andalouse en Tunisie : Testour, la tolérante…</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Une ville andalouse en Tunisie : Testour, la tolérante… » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/28/une-ville-andalouse-en-tunisie-testour-la-tolerante/embed/#?secret=QcDjAdrANk#?secret=eLwKsIAQdf" data-secret="eLwKsIAQdf" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Hv6ueszRZ1"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/27/vient-de-paraitre-quand-testour-landalouse-se-reveille-pour-remonter-le-temps-dabdel-halim-koundi/">Vient de paraître : « Quand Testour l’andalouse se réveille pour remonter le temps » d’Abdel Halim Koundi</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Vient de paraître : « Quand Testour l’andalouse se réveille pour remonter le temps » d’Abdel Halim Koundi » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/27/vient-de-paraitre-quand-testour-landalouse-se-reveille-pour-remonter-le-temps-dabdel-halim-koundi/embed/#?secret=QKcryCykAC#?secret=Hv6ueszRZ1" data-secret="Hv6ueszRZ1" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>‘‘L’océan Atlantique musulman’’ : le rendez-vous manqué</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 18 Jun 2023 07:13:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
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		<category><![CDATA[Portugal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contrairement aux idées reçues, les Arabes ne craignaient pas la mer. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Contrairement aux idées reçues, les Arabes ne craignaient pas la mer. Parler à ce sujet d’un blocage psychologique lié à la religion relève plus du fantasme orientaliste que de la réalité des faits. Mais la navigation océane demeura pour eux une affaire de cabotage et de cheminement le long des côtes, essentiellement à visée commerciale, sinon plus tard de piraterie et de course.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *  </p>



<span id="more-8412191"></span>



<p>Il est difficile d&rsquo;imaginer une unité politique constituée par ce grand golfe de l’Atlantique qui va du Douro dans le nord du Portugal jusqu’au Draa dans le Sud Marocain avec au centre le détroit de Gibraltar. Pourtant, cela s’est réalisé&nbsp;du XIe au XIIIe siècle. Pour cela il fallait avoir une maîtrise de la mer dont des tribus de pasteurs nomades&nbsp; ou de montagnards ne disposaient à priori pas.</p>



<p>Il a fallu l’attaque des Vikings en 845 sur Séville par la remontée du Guadalquivir pour que le Calife omeyyade&nbsp;Abderrahmane II prenne la décision de constituer une flotte de guerre patrouillant sur l’Atlantique avec des arsenaux correspondants disséminés le long de la côte de Almeria jusqu’à Ceuta et Algésiras. Cette destinée atlantique était-elle inéluctable?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un tournant stratégique</h2>



<p>À l’origine, l’Andalousie et l’Al Gharb (Portugal) étaient des terres agricoles, de vergers et d’oliviers, de vignes, de mûriers, de coton, et de vers à soie. La façade atlantique africaine produisait principalement des céréales et du cuir avec dans le sud du safran, du riz, des dattes, du sucre, sans compter l’exploitation des ressources minérales comme l’or.</p>



<p>C’est pourtant sous les dynasties berbères, almoravide puis almohade, que l’intégration économique et commerciale de ces différentes régions a été réalisée, grâce essentiellement au commerce maritime, qui se prolongeait jusqu’à l’Egypte et le Proche-Orient en passant par la Sicile normande.</p>



<p>Comment ces tribus guerrières originaires de la montagne ou du désert ont-elles pu former des empires maritimes? Les Almoravides avaient même développé à Marrakech un grand bassin pour entraîner les marins. Mais une partie de la réponse réside dans le savoir-faire andalou, et dans le rôle stratégique de Séville qui disposait en outre de mines de fer importantes. Tant que Séville tenait, l’Andalousie pouvait survivre aux chutes d’Alméria et de Lisbonne, et même reconquérir parfois le terrain perdu. Après sa chute en 1248 les musulmans ont été privés de tout accès vers l’océan atlantique, et cela a correspondu en même temps avec l’essor des techniques de constructions navales de Gênes et de Pise, à un véritable tournant stratégique.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="o2GvtO5PL8"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/22/la-chute-du-califat-de-cordoue-lautre-grande-discorde-de-lislam/">‘‘La chute du califat de Cordoue’’: l’autre grande discorde de l’islam</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘La chute du califat de Cordoue’’: l’autre grande discorde de l’islam » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/22/la-chute-du-califat-de-cordoue-lautre-grande-discorde-de-lislam/embed/#?secret=zkydQCYQFe#?secret=o2GvtO5PL8" data-secret="o2GvtO5PL8" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Après la perte de l’Andalousie, ce qui correspond au Maroc actuel malgré sa façade atlantique a été incapable de produire des bateaux capables de rivaliser avec ceux des Européens. Pourtant, les Almohades avaient créé un arsenal à Al Maamoura abondamment pourvu en bois grâce notamment aux forêts du Rif.</p>



<p>Aussi ce désintérêt soudain pour l’océan demeure un grand mystère. Il faut dire qu’après les Almohades il n’y eut plus de véritable empire au Maroc, et avec la perte de l’Andalousie, de revenus suffisants pour financer les coûteuses constructions navales.</p>



<p>La question mérite d’autant plus d&rsquo;être posée que le Portugal après la conquête de l’Alentejo et surtout l’Algarve (<em>Al-Gharb</em> ou l’Occident) pourtant moins bien doté va acquérir plus tard la marine nécessaire pour asseoir sa domination sur&nbsp;l’océan.</p>



<p>On ne peut pas parler de défaut d’organisation; les marchands maghrébins avaient été parmi les premiers à s’associer pour affréter des navires, en financer le chargement, et en partager les bénéfices. Et les taxes qu’ils payaient à l’Etat seraient les mêmes que les Espagnols et les Portugais imposeraient plus tard.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Maghreb se replie et périclite</h2>



<p>Il reste la dernière question, celle de la pêche. Les côtes du Sud Marocain étant très poissonneuses, il est possible que les pêcheurs locaux n’aient jamais eu à faire les grandes distances et les efforts d’amélioration technique que leurs homologues du nord s’imposaient pour rechercher les bancs de poissons loin en haute mer. Et il n’y eut pas d’émergence de cités maritimes comparables par leur dynamisme économique aux villes italiennes telles Venise ou Gênes, ou bien des concentrations de cités produisant la richesse comme celles de la ligue hanséatique, ou bien celles de Flandre.</p>



<p>Cela est aussi dû à la réalité géographique. Entre le désert et la mer Méditerranée, dans un espace étalé de l’Atlantique jusqu’à l’Asie centrale et le plus souvent dénué d’un réseau fluvial conséquent, avec une façade relativement courte ouverte sur l’océan à l’ouest, une telle concentration éventuelle de cités était impossible.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="amPr49wVNx"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/14/reflexion-sur-lhistoire-des-arabes-en-europe-de-charles-martel-a-la-statue-de-sel/">Réflexion sur l’histoire des Arabes en Europe, de Charles Martel à la statue de sel</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Réflexion sur l’histoire des Arabes en Europe, de Charles Martel à la statue de sel » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/14/reflexion-sur-lhistoire-des-arabes-en-europe-de-charles-martel-a-la-statue-de-sel/embed/#?secret=P09xBUm82Q#?secret=amPr49wVNx" data-secret="amPr49wVNx" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>C’est ainsi que privé de son débouché andalou, le Maroc, et plus encore le Maghreb, fut condamné à se replier sur lui-même et à péricliter, avant d&rsquo;être colonisé. C’est un destin d’autant plus paradoxal que les cités italiennes maritimes coincées dans la Méditerranée seraient désormais contournées par les puissances atlantiques dans le commerce avec l’Orient, et privées de leurs richesses et de leur puissance, à l’instar d’ailleurs de l’empire ottoman, le dernier grand empire musulman, dont les moyens maritimes s’étioleraient parallèlement à sa rétraction territoriale au point de perdre en quelques semaines en 1912 toutes ses possessions insulaires en mer Egée.</p>



<p>Le cas des cités-états d’Italie prouve à contrario qu’il n’était nullement besoin d’une base territoriale immense pour disposer d’une marine importante, mais de ressources en bois, en fer, du bitume pour le calfeutrage, d’une assise technique et des moyens financiers nécessaires.</p>



<p>Autre paradoxe, certains royaumes des Taïfa, à l’instar de celui des Abbad de Séville, disposaient d’une marine conséquente, et auraient pu devenir des thalassocraties comparables à celles contemporaines d’Italie mais la guerre imposée par les Chrétiens l’empêcha. Les royaumes des Taïfa contrairement associés par l’Histoire au déclin musulman ont probablement servi de source d’inspiration aux Espagnols, et plus encore aux Portugais, dans leurs ambitions maritimes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un hiatus naval</h2>



<p>On ignore comment était organisé le travail dans les arsenaux musulmans, mais il semble qu’on y ait adopté l’organisation des Byzantins et que le rôle des esclaves, dénués de qualification,&nbsp;y ait été moindre.</p>



<p>Une fois encore, on s’aperçoit que contrairement aux idées reçues, les Maures et les Arabes ne craignaient pas la mer; parler à ce sujet d’un blocage psychologique lié à la religion et traduit par les récits fantastiques tels celui de Sindbad le Marin relève plus du fantasme orientaliste que de la réalité des faits. De surcroît, ils ne furent nullement ces hordes d’envahisseurs semant partout la destruction et la désolation; ils ont au contraire souvent adapté l’organisation des empires qui les avaient précédés à leurs propres besoins, ainsi que les normes juridiques adéquates qui rendaient l’exercice de l’autorité dans une certaine mesure prévisible et rationnel au point d’entreprendre des travaux complexes nécessitant des compétences techniques très spécialisées. </p>



<p>Néanmoins, certaines formes d’organisation dans le transport maritime telles les assurances, leur demeurèrent inconnues, et limitèrent donc dans une large mesure les prises des risques des armateurs.</p>



<p>En conclusion, s’il est vrai que la navigation océane demeura pour les musulmans dans une large mesure une affaire de cabotage et de cheminement le long des côtes, essentiellement à visée commerciale, sinon plus tard de piraterie et de course, il est non moins vrai que jusqu’au XIIIe siècle l’organisation de la marine ne différait en rien de celles des royaumes du Portugal et de la Castille, que ces derniers n’hésitaient pas à en adopter les normes juridiques et administratives, que les procédés de construction ainsi que les bateaux étaient à peu près les mêmes, et que rien ne laissait prévoir le hiatus naval qui s’instaurerait&nbsp;plus tard après l’écroulement de l’islam dans la péninsule ibérique, et qui conduirait les pèlerins vers la Mecque sur des bateaux chrétiens.&nbsp; &nbsp;</p>



<p><strong><em>‘‘L’Océan Atlantique musulman de la conquête arabe à l’époque almohade : navigation et mise en valeur des côtes d’Al-Andalus et du Maghreb occidental’’, par Christophe Picard,  Editions Unesco, 1<sup>er</sup> janvier 1997, 618 pages</em></strong>. </p>
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		<title>Rétrospective : la chute de Grenade</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Mar 2023 07:54:06 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Abdellaziz Guesmi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a 530 ans, dans la nuit du 1er au 2 janvier 1492, Grenade est tombée. Sans combats.</p>
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<p><strong><em>Il y a 530 ans, dans la nuit du 1er au 2 janvier 1492, Grenade est tombée. Sans combats. Ainsi s’achève, par la faute de ses gouvernants, l’histoire d’Al Andalus : 1 million de musulmans et de juifs disparus, assassinés, chassés de leurs terres. Leur destin tragique n’a cessé depuis de torturer la mémoire de leurs descendants.</em></strong> <em>(Illustration : La capitulation de Grenade par Francisco Pradilla y Ortiz &#8211; Boabdil remettant les clés de Grenade à Ferdinand II d&rsquo;Aragon et Isabelle de Castille</em>).</p>



<p>Par <strong>Abdellaziz Guesmi </strong>*</p>



<span id="more-6751332"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/12/Abdelaziz-Guesmi.jpg" alt="" class="wp-image-5434153" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/12/Abdelaziz-Guesmi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/12/Abdelaziz-Guesmi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/12/Abdelaziz-Guesmi-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Mohammed XII de Grenade ou Boabdil, connu aussi sous le nom de Abou Abdallah Mohammed Ben Abî Al-Hasan Ali est le vingt-deuxième et dernier émir de Grenade. Il est surnommé Az-Zughbî (l’infortuné) ou El Chico (Le Jeune) par les Castillans.</p>



<p>Avide de gloire, imbu de sa personne et vaniteux, l’imbécile de Boabdil décide d’attaquer Lucena, un mois après son accession au trône de Grenade. Mais pour Az-Zoughbi qu’il était, là malchance est au rendez-vous, et c’est une défaite sévère.</p>



<p>Son beau-père, Ali Atar est mort au combat. Boabdil est fait prisonnier par les Castillans. Dès qu’il est informé de la catastrophe de Lucena, El Viejo (le père, donc), se hâte de reprendre son trône en 1484, mais pas pour longtemps, car il le perd de nouveau en 1485 au profit de… son frère Mohammed Az-Zaghal (le courageux), qui se fait proclamer sultan avec l’appui du sinistre vizir Abou Al-Qasim Bannigas.</p>



<p>En 1487, Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille finissent par libérer Boabdil et l’aident même à reprendre le trône, à la condition que Grenade devienne vassale et qu’il renonce à défendre Malaga, (dirigée par son… oncle !!). En outre, Boabdil est obligé par les rois catholiques de donner Ahmed, son bébé de deux ans, en otage.</p>



<p>Les villes musulmanes tombent les unes après les autres. La chute du port de Malaga coupe les relations du royaume avec le Maghreb et empêche toute aide. Fin 1487, Almeria/AlMariya&nbsp; et Guadix/ Wadi-Ich tombent. En 1489, Almuñécar/Hisn Al-Munkkab et Salobreña/Salubania tombent.</p>



<p>Le 26 avril 1491 commence le siège final de Grenade. Ce jour-là, la reine Isabelle de Castille jure de ne pas se baigner ni changer de vêtements jusqu’à ce que la ville soit prise.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="500" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/03/Sultans-de-dynastie-nasride.jpg" alt="" class="wp-image-6751607" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/03/Sultans-de-dynastie-nasride.jpg 600w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/03/Sultans-de-dynastie-nasride-300x250.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/03/Sultans-de-dynastie-nasride-580x483.jpg 580w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure></div>


<p>Fin 1491, la situation dans Grenade devient très précaire quand le blé, l’orge, le millet et l’huile viennent à manquer. Le passage par l’Alpujarra/Abou Charra est devenu impraticable, la neige ayant commencé à tomber et ayant coupé les communications avec cette région musulmane.</p>



<p>Dans la nuit du 1er au 2 janvier 1492, guidés par Ibn Koumasa et Abou Al-Qasim Al-Moulihe, deux vizirs de Boabdil, le grand commandeur de Léon, Don Gutierrez de Cardenas et quelques fonctionnaires castillans, entrent secrètement dans Grenade par un chemin peu fréquenté.</p>



<p>Au petit jour, Boabdil livre les clés de l’Alhambra à Don Gutierrez dans la tour de Comares. Sans combatte, le lâche.</p>



<p>La capitulation de Grenade est proclamée le 2 janvier 1492. Le comte de Tendilla et ses troupes entrent ensuite dans l’Alhambra. Boabdil laisse sa ville intacte aux mains de ses adversaires, moyennant un traité de capitulation qui garantit les droits des habitants : ceux-ci peuvent rester en conservant leur religion, leurs autorités juridico-religieuses, leurs biens et même leurs armes (sauf les armes à feu). En théorie&#8230;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="300" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/03/Bannieres-et-armoiries-Nasrides-de-Grenade..jpg" alt="" class="wp-image-6751565" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/03/Bannieres-et-armoiries-Nasrides-de-Grenade..jpg 600w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/03/Bannieres-et-armoiries-Nasrides-de-Grenade.-300x150.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/03/Bannieres-et-armoiries-Nasrides-de-Grenade.-580x290.jpg 580w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Bannières et armoiries Nasrides de Grenade.</em></figcaption></figure></div>


<p>Les musulmans restent encore quelques temps, dispersés un peu partout dans la péninsule. Les Roi catholiques finissent pourtant par renier les capitulations signées avec Boabdil, car cette population avait attiré sur elle les jalousies des nobles et grands d’Espagne qui voulaient s’accaparer ses biens. Et elle est, surtout, toujours… musulmane&nbsp;!</p>



<p>On oblige assez rapidement les musulmans à faire un choix, soit de partir au Maghreb, soit se convertir au christianisme. Ils refusent. Ils mourront.</p>



<p>S’ensuit une terrible répression qui pousse les anciens Andalous à se rebeller. Plusieurs centaines de milliers sont assassinés. En 1609 un édit du roi Philippe II d’Espagne oblige tous les descendants de musulmans de quitter l’Espagne sous peine de mort. Ils résisteront seuls. Ils mourront seuls.</p>



<p>* <em>Proviseur à Grenoble.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="5X8q19C81J"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/06/alhambra-le-massacre-des-abencerage-et-la-chute-dal-andalus/">Alhambra, le massacre des Abencérage et la chute d’Al-Andalus  </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Alhambra, le massacre des Abencérage et la chute d’Al-Andalus   » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/06/alhambra-le-massacre-des-abencerage-et-la-chute-dal-andalus/embed/#?secret=trMRlux7Rq#?secret=5X8q19C81J" data-secret="5X8q19C81J" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="MCoMUhokUQ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/22/la-chute-du-califat-de-cordoue-lautre-grande-discorde-de-lislam/">‘‘La chute du califat de Cordoue’’: l’autre grande discorde de l’islam</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘La chute du califat de Cordoue’’: l’autre grande discorde de l’islam » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/22/la-chute-du-califat-de-cordoue-lautre-grande-discorde-de-lislam/embed/#?secret=Al48COigPK#?secret=MCoMUhokUQ" data-secret="MCoMUhokUQ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>‘‘La chute du califat de Cordoue’’: l’autre grande discorde de l’islam</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Jan 2023 06:48:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Etat omeyyade arabe en Andalousie,  a été caractérisé tout au long de son existence par une instabilité chronique faite d’une succession de révoltes et de massacres. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/22/la-chute-du-califat-de-cordoue-lautre-grande-discorde-de-lislam/">‘‘La chute du califat de Cordoue’’: l’autre grande discorde de l’islam</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Si l’Islam en Andalousie a disparu après avoir atteint les confins des Pyrénées, la faute en incombe plus à l’incapacité de ses propres fidèles à surmonter leurs antagonismes et à générer une société plus juste, qu’à la puissance des armées chrétiennes de la Reconquista.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong></p>



<span id="more-6168804"></span>



<p>L’Etat omeyyade arabe en Andalousie, fondé par un rescapé de la dynastie omeyyade de Damas en 756, Abderrahmane dit le faucon de Qoreich, a été caractérisé tout au long de son existence par une instabilité chronique faite d’une succession&nbsp;de révoltes&nbsp;inspirées par les Abbassides de Bagdad ou les Fatimides d’Afrique ou simplement issues du mécontentement local, telle celle de Omar Ibn Hafsoun qui a duré plus de vingt ans, dont la répression souvent longue et difficile fut le théâtre d’un horrible étalage de cruauté.</p>



<p>Cette instabilité donna lieu également à des conflits&nbsp;armés sans cesse renouvelés avec les royaumes chrétiens du nord.</p>



<p>Pourtant, c’est à partir de 1009 lorsque Abderrahmane ‘‘Sanchuelo’’, le fils du dictateur Almanzor, s’est fait proclamer héritier du calife Hichem&nbsp;El Moayed, qui ne régnait que nominalement, que la guerre civile a éclaté. Elle devait mener la dynastie omeyyade d’Andalousie à sa perte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La guerre civile à Cordoba &nbsp;</h2>



<p>Ce sont les représentants de différentes branches cousines issues du Calife Abderrahmane Ennasser, le plus prestigieux des souverains de la dynastie, qui sont entrés en guerre les uns avec les autres jusqu’en 1016. Mais l’affrontement entre El Mehdi et Al Mostayin n’a pris cette ampleur que parce qu’il a fourni aux Berbères et aux Slaves (les Saqalibas) l’occasion de se tailler des fiefs en Andalousie qui ont mené à la désagrégation de l’Etat unitaire et à ces cités-Etats appelées Royaumes de Taïfa. Mais c’est Al Mansour Ibn Abi Amer, le général invincible (Almanzor) qui en avait fait l’épine dorsale de l’armée, et lorsque la populace de Cordoba ou Cordoue s’est soulevée en 1009 en pillant, tuant et massacrant les partisans de son fils Sanchuelo, c’est d’abord à eux qu’elle s’est attaquée, et les Berbères se sont enfuis et ont alors fait appel au souverain chrétien de Léon qui avait accepté de les aider contre la remise de forteresses stratégiques.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="5lup6VuRD1"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/14/reflexion-sur-lhistoire-des-arabes-en-europe-de-charles-martel-a-la-statue-de-sel/">Réflexion sur l’histoire des Arabes en Europe, de Charles Martel à la statue de sel</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Réflexion sur l’histoire des Arabes en Europe, de Charles Martel à la statue de sel » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/14/reflexion-sur-lhistoire-des-arabes-en-europe-de-charles-martel-a-la-statue-de-sel/embed/#?secret=DXvAsqgPuD#?secret=5lup6VuRD1" data-secret="5lup6VuRD1" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Lorsque les Berbères et les Chrétiens réunis ont repris Cordoba, ils se sont livrés à un véritable massacre et des exactions innommables sur la population dont la ville ne s’est jamais véritablement relevée.</p>



<p>Finalement, Almoayyed a été victime d’une mise en scène funèbre montée par Elmehdi en usant d’un cadavre qui lui ressemblait pour convaincre de sa mort, avant de disparaître véritablement, probablement assassiné par El Mostayin ou un de ses fils.</p>



<p>Tous les prétendants au califat de la famille finirent de mort violente et cruelle et 7 années après le début des troubles, Cordoba devint le fief d&rsquo;une famille berbère, les Beni Hammoud, Ali, Kacem,&nbsp;puis Yahya.</p>



<p>Al Kacem, qui ne faisait pas confiance aux Cordouans ni aux Berbères de sa tribu, engagea pour se protéger une garde faite de noirs africains et il suscita ainsi l’hostilité et les mauvais instincts de la population.</p>



<p>Il y eut bien une tentative sérieuse de restauration de la part d’un autre Omeyyade, Al Mortada,&nbsp;mais victime d’une trahison à l’instigation de l’un de ses alliés, Khairane, il fut abandonné par son armée sous les murs de Grenade et assassiné.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La république des notables</h2>



<p>Quelques années plus tard, en 1019, après un nouvel interlude califal, celui d’Al Mustakfi, qui connut la même funeste fin, le frère d’Al Mortada, fut choisi comme Calife par les notables Cordouans, sous le nom d’Al Moated, mais très vite, ceux ci contestant les choix de ses collaborateurs jugés de trop basse extraction, finirent par lui susciter un rival, dans la famille, du nom de Omaya, et face aux désordres qui s’en suivirent avec une nouvelle fois le pillage du palais califal par la foule, les notables de Cordoba finirent par déclarer la déchéance de la famille Omeyyade, et confièrent la responsabilité du gouvernement à celui qu’ils jugeaient être le plus apte à l’assumer, un ancien ministre du nom d’Ibn Jahwar.&nbsp;</p>



<p>Cette république de notables ne dura que quelques années et demeura&nbsp;une expérience isolée et sans avenir confinée aux seules limites de la cité du Guadalquivir, les royaumes des Taïfas étant devenus des entités indépendantes, et elle n’eut donc aucune répercussion sur l’histoire politique du monde musulman, ce qui est profondément regrettable mais explicable; la République ne pouvait éclore en dehors du champ historique, politique, juridique, et institutionnel gréco-romain, dont la tradition islamique était dépourvue depuis la défaite des Mutazilites à Bagdad, et la mise à l&rsquo;écart d’Averroes par le sunnisme.</p>



<p>En fin de compte, l’Etat Omeyyade d’Andalousie fut victime de son incapacité à amalgamer ses différentes composantes, arabe, yéménite, berbère, slave, africaine, mais aussi les <em>«Mawalid»</em> (sang mêlés arabo-hispaniques) et les Mozarabes (chrétiens arabophones) en une entité unique surmontant ses différences ethniques et religieuses. Les différentes communautés vécurent la plupart du temps les unes à côté des autres mais sans véritable intégration, même entre Musulmans de différentes communautés.</p>



<p>Ce qui frappe est la férocité et la cruauté dont les différents partis en lutte faisaient preuve les uns contre les autres, et qui sera comparable aux guerres de religion et celle de Trente ans, en Europe, après l’apparition de la Réforme. A Tolède des notables séditieux avaient été invités par l’un des califes à un banquet et une fois réunis près de soixante-dix parmi les convives furent exécutés sur place.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="qJa64kKuLc"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/06/alhambra-le-massacre-des-abencerage-et-la-chute-dal-andalus/">Alhambra, le massacre des Abencérage et la chute d’Al-Andalus  </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Alhambra, le massacre des Abencérage et la chute d’Al-Andalus   » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/06/alhambra-le-massacre-des-abencerage-et-la-chute-dal-andalus/embed/#?secret=tw0V3LqJ2A#?secret=qJa64kKuLc" data-secret="qJa64kKuLc" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Une folie meurtrière de destruction</h2>



<p>Les antagonismes ne se limitaient pas aux champs de batailles mais s’étendaient&nbsp;aux villes et aux maisons et donnaient lieu à une folie meurtrière&nbsp;de destruction aux conséquences irréversibles.</p>



<p>Ces vingt années de guerre civile à Cordoba mirent en miettes la puissance musulmane et recomposèrent définitivement le paysage politique de la péninsule au profit des royaumes du Nord. C’est d’autant plus notable que l’islam sur le plan des principes demeure une religion égalitaire nivelant les différences ethniques et raciales. Mais en Andalousie ces principes furent foulés aux pieds face aux ambitions exacerbées des uns des autres et n’ont pas plus prévalu que lors de la grande <em>«fitna»</em> (discorde) entre Ali et Mou&rsquo;awiya&nbsp;après la&nbsp; mort du prophète Mohamed.</p>



<p>Si l’Islam en Andalousie a disparu après avoir atteint les confins des Pyrénées, la faute en incombe plus à l’incapacité de ses propres fidèles à surmonter leurs antagonismes et à générer une société plus juste, qu’à la puissance des armées chrétiennes de la Reconquista.</p>



<p>Le plus étonnant est même qu&rsquo;il y ait survécu&nbsp;pendant cinq siècles supplémentaires&nbsp; aux conséquences de la guerre civile de Cordoue, qui a porté un coup fatal à l’unité de l’Etat, que même les Almoravides et les Almohades&nbsp;venus du Maghreb ne parviendraient plus à reconstituer.&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;</p>



<p>* <em>Médecin de pratique libre.</em></p>



<p><strong><em> ‘‘Histoire des Arabe en Espagne ; la fin du califat omeyyade en Andalousie’’, essai en arabe de Khaled Soufi, éditions Al Jamal, 4 janvier 2011. </em></strong></p>
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		<title>Une ville andalouse en Tunisie : Testour, la tolérante…</title>
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		<pubDate>Wed, 28 Dec 2022 08:44:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La contribution des Andalous en Tunisie a été très importante avec l’utilisation intensive des cultures, l’introduction de nouvelles plantes, le développement des activités industrielles? </p>
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<p><strong><em>Testour est une ville tunisienne fondée par les Morisques, ces musulmans expulsés, dans les pires conditions, de l’Andalousie. Sa grande mosquée est ornée d’une horloge qui tourne à l’envers. La nostalgie de l’Andalousie perdus explique cette rotation inversée.</em></strong> <em>(Ph. Zaher Kammoun).</em></p>



<p>Par <strong>Abdelaziz Guesmi</strong>*</p>



<span id="more-5843883"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/12/Abdelaziz-Guesmi.jpg" alt="" class="wp-image-5434153" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/12/Abdelaziz-Guesmi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/12/Abdelaziz-Guesmi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/12/Abdelaziz-Guesmi-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Le terme <em>«morisque»</em> désigne les musulmans d’Espagne et leurs descendants convertis de force au catholicisme à partir 1499 (après la chute de Grenade en 1492). L’expulsion générale des Morisques a été promulguée par le roi Philippe III d’Espagne, le 22 septembre 1609.</p>



<p>La révocation des engagements chrétiens à respecter la liberté de religion, jointe à la pression croissante de l’intolérance ces chrétiens d’Espagne, ont poussé les Morisques à abandonner leur terre. Pas moins de 100 000 Andalous ont choisi la Tunisie comme refuge. D’autres se sont réfugiés dans les autres pays d’Afrique du Nord qui leur ont accueillis à bras ouverts. D’autres encore, moins fortunés, ont dû rester en Espagne en subissant les humiliations de toutes sortes, l’abandon de leur religion n’étant pas la seule qu’ils ont subie.   </p>



<h2 class="wp-block-heading">Juifs et musulmans solidaires </h2>



<p>De nos jours des patronymes andalous fleurissent un peu partout en Tunisie. Parmi ces noms citons les Mourou (nom d’un célèbre dirigeant politique), les Merrichco, Sanchou, Nigrou, Cristou, Zbiss, Al Hendîlî, Zghounda, Serradji (descendants des illustres Abencérage), Chelbi… ou Landoulsi.</p>



<p>Ces Andalous vivent dans plusieurs villes comme Tunis ou Zaghouan et ont crée leurs propres villes selon un style andalou, comme Testour.</p>



<p>Testour est connue surtout par sa grande mosquée, fondée vers 1625 par Mohamed Tagharino, andalou d’origine aragonaise, qui se distingue par son joli minaret installé sur la façade nord-est. Ce minaret se compose d’une tour carrée couronnée de deux tours octogonales. Il est orné de corniche, de fenêtres en baies jumelées de panneaux de marbre et de faïence et d’une jolie pyramide couronnée. Le minaret comporte des étoiles de David.</p>



<p>On raconte ici que les juifs morisques ayant aidé les musulmans à construire cette mosquée, ces derniers ont voulu leur témoigner ainsi leur reconnaissance et partager avec eux le souvenir des souffrances subies en commun sous l’Inquisition.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Contribution des Andalous au développement de la Tunisie </h2>



<p>L’horloge du minaret de la Grande Mosquée de Testour a ses aiguilles tournant dans le sens contraire que celles d’une horloge classique. De même, les chiffres y sont écrits à l’envers. Les Andalous de Testour, meurtris par l’exil, auraient recouru à ce stratagème de l’inversion pour remonter le temps et renouer avec leur origine.</p>



<p>Dans leur exil nord-africain, les Morisques avaient emporté avec eux un sens de rotation dans l’horlogerie mécanique assez répandu dans l’Europe du XVIIe&nbsp;siècle.</p>



<p>La contribution des Andalous en Tunisie a été très importante&nbsp;avec l’utilisation intensive des cultures, l’introduction de nouvelles plantes, le développement des activités industrielles comme la fabrication de chéchia ou celle de la soie, mais aussi l’introduction de nouvelles techniques de maçonnerie &nbsp;et de construction. La cuisine de Testour est aussi profondément marquée par les saveurs de son passé andalous.</p>



<p>De nos jours, la Tunisie, qui est prise dans les tourments d’une crise protéiforme, n’a pas la tête à valoriser son patrimoine. C’est dommage…</p>



<p>* <em>Proviseur, Grenoble, France. </em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis : </em></h4>



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		<title>«Blood and Faith» : La normalisation de l&#8217;épuration ethnique en Europe</title>
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		<pubDate>Sun, 13 Mar 2022 07:06:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le plus inquiétant dans le discours du populisme européen haineux actuel, à l&#8217;instar de celui d&#8217;Eric Zemmour, le candidat à la présidentielle française d&#8217;avril prochain, c&#8217;est qu&#8217;il reprend les mêmes arguments et propose les mêmes solutions que ceux naguère utilisés en Espagne pour en expulser les populations arabo-berbéro-musulmanes d’Andalousie, jugées différentes et inassimilables. Par Dr...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/03/Blood-and-Faith.jpg" alt="" class="wp-image-383669"/></figure></div>



<p><strong><em>Le plus inquiétant dans le discours du populisme européen haineux actuel, à l&rsquo;instar de celui d&rsquo;Eric Zemmour, le candidat à la présidentielle française d&rsquo;avril prochain, c&rsquo;est qu&rsquo;il reprend les mêmes arguments et propose les mêmes solutions que ceux naguère utilisés en Espagne pour en expulser les populations arabo-berbéro-musulmanes d’Andalousie, jugées différentes et inassimilables.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-383668"></span>



<p>En 1492, Grenade, la dernière ville arabo-berbéro-musulmane d’Andalousie, capitale du Royaume Nasride, ouvrait ses portes aux armées de la Castille et de l’Aragon, après un siège de plusieurs mois. Il s’agissait d’une reddition négociée scellée par un traité.</p>



<p>Les habitants recevaient la promesse de ne pas être chassés du pays et de voir leurs vies, leurs coutumes et leur religion respectées. Ceux qui désiraient partir recevaient l’assurance de se rendre librement au Maghreb.</p>



<p>Concernant les biens, le droit de la guerre de l’époque imposait en principe aux vaincus la mise à disposition de tous leurs biens au bénéfice des vainqueurs. Les grandes propriétés&nbsp;étaient immédiatement rattachées au domaine royal, seuls les seigneurs de l’ex-Royaume de Grenade qui se convertissaient au christianisme gardaient le droit d’en disposer. Seule une infime partie acceptait de le faire et la plupart des grandes familles musulmanes quittaient le pays, les plus fortunées, à commencer par le Roi Abou Abdallah Al Ahmar passé à la postérité sous le nom de Boabdil.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La conversion en masse des musulmans</h2>



<p>Les gens communs , le plus souvent des commerçants, des petits artisans et des ouvriers agricoles, ceux qui préféraient rester pour différentes raisons, parce qu’en général ils n’avaient pas où aller ou qu’ils ne pouvaient pas s’acquitter des frais du voyage, se voyaient ainsi privés de l’élite de leur peuple, et se retrouvaient sous la dépendance de leurs nouveaux maîtres chrétiens pour le compte de qui ils devaient continuer à accomplir les tâches qui avaient toujours été les leurs, nécessaires à la bonne marche des domaines où ils avaient toujours vécu.</p>



<p>La masse des musulmans entrait ainsi dans le régime féodal au profit des seigneurs espagnols qui s’accommodaient très bien de respecter leurs coutumes du moment qu’ils leur étaient indispensables, par leur savoir-faire et leur expérience, pour accroître leurs richesses. Et au cours des dix premières années les choses se déroulaient plutôt conformément au traité, malgré le prosélytisme des prêtres en faveur de la foi chrétienne.</p>



<p>Plusieurs mosquées étaient converties en Églises et les musulmans trouvaient de moins en moins de lieux de culte répondant à leurs besoins, et il leur devenait difficile de bénéficier d’une vie communautaire.</p>



<p>Mais au début du XVIe siècle l’Eglise était convaincue que son objectif, la conversion en masse des musulmans, ne serait pas accomplie par le moyen jusque-là utilisé, celui de la persuasion. En matière de contrainte religieuse, l’Eglise catholique avait déjà l’expérience des juifs à qui on ne laissait d’autre choix que la conversion ou le départ, et celle des cathares d’Occitanie, qui finissaient sur le bûcher.</p>



<p>Un service ecclésiastique avait été mis en place, qualifié de Saint Office, avec mission d’enquêter sur les pratiques religieuses des habitants et de traquer ceux qui se faisaient passer faussement pour des chrétiens, avant de les livrer à la justice royale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des convertis toujours suspects</h2>



<p>L’Eglise persuadait aisément l’autorité royale de la nécessité de procéder à la conversion massive des musulmans, en usant de moyens coercitifs. C’est ainsi que ces derniers se virent dans l’obligation d’abandonner tous leurs attributs communautaires et toutes leurs pratiques religieuses, d’adopter des noms espagnols, et de s’abstenir de lire ou de parler l’arabe.</p>



<p>Le reniement complet des clauses du traité de reddition de Grenade déclenchait alors le premier grand soulèvement dans les montagnes Alpujarra, situées entre Grenade, Malaga et Almeria. Après deux années de combats impitoyables, les musulmans étaient battus par l’armée royale, ses chefs exécutés, emprisonnés ou déportés. Les survivants étaient dispersés aux quatre coins du territoire ibérique, dans des régions où ils seraient minoritaires.</p>



<p>La société était divisée en deux catégories: celle des vieux chrétiens dont on estimait le sang pur, dont le loyalisme ne se discutait pas, et celle des convertis, toujours suspects, en butte à la surveillance tatillonne du Saint Office ou inquisition, à la recherche de toute manifestation de la foi musulmane. C’est ainsi que les habitants dont les cheminées ne fumaient pas durant les journées de Ramadan étaient suspectés, de même que ceux qui se signalaient par leur propreté corporelle.</p>



<p>Cet état de choses se prolongeait jusqu’en 1609, année à laquelle les autorités décidaient d’expulser en masse tous les convertis. Il semble que les raids des corsaires maghrébins sur les côtes ibériques aient bénéficié de nombreuses complicités parmi les néo-convertis, au point de susciter une grande inquiétude sur leur participation à un éventuel débarquement ottoman.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les marches de la mort</h2>



<p>Le dernier soulèvement musulman dans la Sierra Morena était alors écrasé de la même manière par l’armée royale , dans le sang. Et tous les convertis étaient regroupés puis emmenés jusqu’aux ports du sud dans de véritables marches de la mort, en laissant tous leurs biens, avant d’être embarqués sur des bateaux à destination du Maghreb, pour y être abandonnés dans le dénuement le plus total. Les chroniqueurs chrétiens ont estimé leur nombre à près de 400.000, mais il semble qu’il ait été beaucoup plus important. Après leur expulsion, la péninsule ibérique devenait un territoire sans musulmans, conformément aux objectifs de l’église catholique.&nbsp; Cela n’a pas été &nbsp;sans conséquences. Un grande partie du savoir faire commercial, agricole et artisanal a été perdue. La société ibérique s’est refermée sur elle-même autour des normes du catholicisme imposées par l’Etat et n’en est véritablement sortie qu’après la mort du général Franco.</p>



<p>Il faut à cet égard savoir que le terme Mauro qualifiant les musulmans voulait dire Brun. Ainsi les blancs envahisseurs du nord venus des Pyrénées et des territoires au-delà, pour construire des châteaux en Espagne, allaient proclamer la pureté de leur sang, au détriment des populations du sud, avant de finir par les expulser.</p>



<p>Quant à la question des envahisseurs, elle sera toujours débattue. Les Arabes et les Berbères se sont fondus dans la population locale, qui au même titre qu’au Maghreb et selon le même processus, s’est arabisée et islamisée. Dans ces conditions les armées du nord cis et trans pyrénéen, venues coloniser le territoire ibérique, n’avaient aucun droit d’expulser les populations véritablement autochtones à la peau brune, elles n’auront été composées que d’envahisseurs, souvent des Croisés à l’instar de ce qui s’était passé en Palestine, Syrie et Morée, avec la constitution des royaumes francs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le populisme européen haineux</h2>



<p>La fondation du Royaume d’Espagne lors de la chute de Grenade n’aura été que le premier volet d’une entreprise coloniale englobant l’Amérique centrale et méridionale. Mais il ne s’agit là que de passé. L’Europe a légitimé cette conquête, comme elle le ferait plus tard pour celle de la Palestine par les sionistes; tout autant qu’elle délégitimerait celle de l’Ukraine par les Russes, sans doute avec de meilleures raisons.</p>



<p>Le plus inquiétant, c’est le discours du populisme européen haineux, à l&rsquo;instar de celui d&rsquo;Eric Zemmour, le candidat à la présidentielle française d&rsquo;avril prochain, qui reprend les mêmes arguments et propose les mêmes solutions que ceux naguère utilisés en Espagne pour en expulser les populations jugées différentes et inassimilables.</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.</em></p>



<ul class="wp-block-list"><li><strong><em>« Blood and Faith : The Purging of Muslim Spain » de Matthew Carr, éd. Paperback, juillet 2011, Paperback, 368 pages.</em></strong></li></ul>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis : </em></h4>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="xU19CAlFfL"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/12/politique-entre-israel-et-qaradawi-bien-peser-ses-inimities/">Politique : Entre Israël et Qaradawi, bien peser ses inimitiés</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Politique : Entre Israël et Qaradawi, bien peser ses inimitiés » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/12/politique-entre-israel-et-qaradawi-bien-peser-ses-inimities/embed/#?secret=gK03y0dmwy#?secret=xU19CAlFfL" data-secret="xU19CAlFfL" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="tLOFHHb1md"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/06/tchernobyl-le-risque-nucleaire-toujours-present/">Tchernobyl : Le risque nucléaire toujours présent !</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tchernobyl : Le risque nucléaire toujours présent ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/06/tchernobyl-le-risque-nucleaire-toujours-present/embed/#?secret=r4CNUbcerh#?secret=tLOFHHb1md" data-secret="tLOFHHb1md" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



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		<title>Le poème du dimanche : «Rime de la lettre k» d&#8217;Abou Al-Hassan Ali Al-Housri</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Jan 2022 07:14:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abou Al-Hassan Ali Al-Housri]]></category>
		<category><![CDATA[Andalousie]]></category>
		<category><![CDATA[Jilani Ben El Haj Yahia]]></category>
		<category><![CDATA[Kairouan]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Marzougui]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Grande voix de la poésie classique arabe, Abou Al-Hassan Ali Al-Housri était célèbre pour ses panégyriques et ses poèmes d’amour, comme « Ya laylu assabbu » (O nuit d’amour !). Mais outre sa poésie d’amour, il était un grand poète de l’élégie&#8230; Né vers 1029 à Kairouan, Al-Housri devint non-voyant dès sa prime enfance. Grand érudit, il apprit...</p>
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<p><strong><em>Grande voix de la poésie classique arabe, Abou Al-Hassan Ali Al-Housri était célèbre pour ses panégyriques et ses poèmes d’amour, comme « Ya laylu assabbu » (O nuit d’amour !). Mais outre sa poésie d’amour, il était un grand poète de l’élégie&#8230;</em></strong></p>



<span id="more-375543"></span>



<p>Né vers 1029 à Kairouan, Al-Housri devint non-voyant dès sa prime enfance. Grand érudit, il apprit la théologie, la langue et la littérature arabo-musulmanes. Suite à l’invasion hilalienne (1050-1070) et le saccage de Kairouan, il prend le chemin de l’exil, comme beaucoup d’autres, d’abord vers Sebta / Ceuta, puis vers l’Andalousie, où il fut convoité par les roitelets, <em>muluks</em> <em>at-tawaif </em>comme, Al-‘Amiri, Al-Muqtadir ou Ibn Samadeh, etc. </p>



<p>Al-Housri était devenu célèbre par ses panégyriques et ses poèmes d’amour, comme « <em>Ya laylu assabbu »</em> (O nuit d’amour !). Mais outre sa poésie d’amour, il était un grand poète de l’élégie où il pleura, dans des poèmes déchirants, la perte de son fils, Abdelghani, comme il pleura avec grande nostalgie, sa ville natale, Kairouan.</p>



<p>Les conflits et les guerres, interminables entre les roitelets, finirent par le faire exiler à Tanger, où il mourut en 1106.</p>



<p>Sa poésie est d’une grande maîtrise de l’art métrique arabe. Il organisa un premier recueil, « <em>Al-Mu’achcharât</em> » (Les dizains), en des poèmes écrits en dix vers, selon l’ordre de l’alphabet arabe. Le poème commence par une lettre, la même, est utilisée comme rime. En cela, Al Housri fut innovateur et pionnier. Un deuxième recueil, « <em>Ijtirah al-Jarih »</em>, composé de 2600 vers, avec un petit recueil additif, où les poèmes sont composés de quinze vers.</p>



<p>Cf. l’ouvrage fort précieux, en deux volumes (en arabe) <em>: Ali Al-Housri</em> par Jilani Ben El Haj Yahia et Mohamed Marzougui, MTE, 1974.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Tahar Bekr</strong>i</p>



<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><em>Rime de la lettre k (poème XXII)</em></h2>



<p><em>Assez de tristesse de n’avoir point d’ami</em></p>



<p><em>Seul je suis sans vie qui réjouisse ni piété</em></p>



<p><em>Je suis comme l’or que le temps croit factice</em></p>



<p><em>Et jette au feu pour qu’à la fonte il devienne pur</em></p>



<p><em>J’ai haï ma vie et apprécié ma mort</em></p>



<p><em>Si je ris, mes yeux pleurent de sang</em></p>



<p><em>J’ai grandi dans la complainte du temps et de ses hommes</em></p>



<p><em>D’un temps traître que je ne peux quitter&nbsp;!</em></p>



<p><em>J’aurais renié la religion de l’amour si les regards</em></p>



<p><em>De l’être frêle ne décidèrent ma perte</em></p>



<p><em>Avec mes larmes je lui écrivis une lettre</em></p>



<p><em>Sans doute répondit-il tu es le défunt</em></p>



<p><em>En toi, j’ai découvert mon masque faon du désert</em></p>



<p><em>Avant tes regards je n’acceptais guère de périr</em></p>



<p><em>De même que la gazelle sauvage gambade dans le désert</em></p>



<p><em>Gazelle de douce compagnie tu croîs dans le bien-être</em></p>



<p><em>Perfection désirée par les pleines lunes certaines</em></p>



<p><em>Que tu si étais ajusté tu serais le centre du collier</em></p>



<p><em>Ta parole est de perle de même ta bouche</em></p>



<p><em>De vin est ta salive de musc ta senteur</em></p>



<p><em>Al-Mu’achcharât</em> (Les dizains)</p>



<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading">Rime de la lettre ‘ayn (élégie XX)</h2>



<p><em>La tombe qui t’enserre mes pleurs l’ont irriguée</em></p>



<p><em>Ah si elle pouvait nous réunir ensemble&nbsp;!</em></p>



<p><em>J’ai vécu mais si j’étais mort quand il partit</em></p>



<p><em>Mieux eût fait de moi la patience</em></p>



<p><em>Ma vie il me faut l’endurer</em></p>



<p><em>Je ne peux mourir avant sa durée</em></p>



<p><em>Je suis étonné dans ce malheur</em></p>



<p><em>De celui qui en est atteint et a peur</em></p>



<p><em>Les malheurs du temps sont peu de choses</em></p>



<p><em>Sauf l’éloignement de l’aimé et s’y soumettre</em></p>



<p><em>J’ai de ce temps ce qui me suffit</em></p>



<p><em>Je ne peux le repousser et me satisfaire</em></p>



<p><em>Abdelghani mon fils je me sacrifie</em></p>



<p><em>Pour toi si j’ai pour cela pouvoir</em></p>



<p><em>Tu m’as appris comment pleurer</em></p>



<p><em>Alors que je ne fournissais de larmes</em></p>



<p><em>J’ai excusé celui à qui je reprochais les pleurs</em></p>



<p><em>Depuis que tu m’as fait pleurer de sang</em></p>



<p><em>Les gens me consolèrent puis dirent</em></p>



<p><em>Qu’a-t-il le lion vaillant si apeuré</em></p>



<p><em>Mes demeures tombèrent en ruines tu y étais ma</em></p>



<p><em>Compagnie comme elles sont devenues lugubres</em></p>



<p><em>Le temps les a détruites quand il les embellissait</em></p>



<p><em>Elles pleurent maintenant le printemps</em></p>



<p><em>Peut-être que le Clément et le Miséricordieux</em></p>



<p><em>Me pardonne t-Il si tu intercédais</em></p>



<p><em>Tu as mon salut combien sera l’absence</em></p>



<p><em>Te souviendras-tu du retour</em></p>



<p><em>Reviens et demande à Dieu de saisir mon âme</em></p>



<p><em>Afin que la rencontre soit rapide</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em><strong>Ijtirah al-Jarih</strong></em></p>



<p class="has-text-align-right"><em>Trad. de l’arabe par </em><strong>Tahar Bekri</strong></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="DjHeDvHE9X"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/02/le-poeme-du-dimanche-cesse-mon-coeur-de-aboulkacem-chebbi/">Le poème du dimanche : ‘‘Cesse mon cœur’’ de Aboulkacem Chebbi</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : ‘‘Cesse mon cœur’’ de Aboulkacem Chebbi » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/02/le-poeme-du-dimanche-cesse-mon-coeur-de-aboulkacem-chebbi/embed/#?secret=7iLtncShTh#?secret=DjHeDvHE9X" data-secret="DjHeDvHE9X" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



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