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	<title>Archives des Anouar Sadate - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Anouar Sadate - Kapitalis</title>
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		<title>Moyen-Orient : les Etats-Unis et la «création du chaos»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Jan 2025 07:38:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le contexte complexe du Moyen-Orient, deux approches stratégiques émergent dans la pensée politique américaine des dernières décennies.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/17/moyen-orient-les-etats-unis-et-la-creation-du-chaos/">Moyen-Orient : les Etats-Unis et la «création du chaos»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans le contexte complexe des relations au Moyen-Orient, deux approches stratégiques distinctes mais liées émergent dans la pensée politique américaine des dernières décennies. L’une est associée à Henry Kissinger, ancien secrétaire d’État, et l’autre à Donald Rumsfeld, ancien secrétaire à la Défense. Bien qu’ancrées dans des périodes différentes, ces deux visions incarnent des attitudes opposées face à la gestion des crises régionales.</em></strong></p>



<p><strong>Khémaïs Gharbi</strong></p>



<span id="more-15207620"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi.jpg" alt="" class="wp-image-14682166" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<h2 class="wp-block-heading">Kissinger et la diplomatie de l’urgence</h2>



<p>Avant la guerre du Kippour en 1973, Henry Kissinger, lors d’un échange avec le président égyptien Anouar Sadate, reconnaissait les limites de la diplomatie américaine pour résoudre certains conflits. Sadate lui rappela alors que le président Eisenhower en 1956 avait réussi à mettre fin à l’occupation du canal de Suez par les forces franco-britanniques et du Sinaï par Israël. Kissinger répondit que cette diplomatie avait réussi parce qu’elle avait été menée <em>«à chaud»</em>.</p>



<p>Ce commentaire, loin de tomber dans l’oreille d’un sourd, stimula la réflexion stratégique de Sadate, qui intensifia ses préparatifs politiques et militaires en vue de la guerre de 1973. Ce conflit bouleversa les équilibres régionaux : l’Égypte réussit à récupérer une partie significative du Sinaï, se retrouvant en position de force pour engager des négociations. Cette dynamique mena aux accords de paix de Camp David entre l’Égypte et Israël, en 1978, et, plus tard, ceux d&rsquo;Oslo entre l’OLP et Israël en 1993.</p>



<p>Kissinger démontra ainsi que la pression et l’urgence pouvaient être des leviers puissants pour remodeler les relations régionales et amorcer des processus de paix.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La création du chaos de Rumsfeld</h2>



<p>Des décennies plus tard, Donald Rumsfeld introduisit la notion de <em>«chaos créatif»</em> dans le cadre des interventions américaines au Moyen-Orient, notamment après les attentats du 11 septembre 2001. Contrairement à l’approche de Kissinger, axée sur une diplomatie réactive et ciblée, Rumsfeld et les néo-conservateurs défendaient l’idée que la déstabilisation des régimes autoritaires pouvait, paradoxalement, favoriser l’émergence d’un nouvel ordre politique.</p>



<p>Selon cette doctrine, le désordre provoqué volontairement dans des États fragiles offrait l’opportunité d’y implanter des réformes démocratiques et de rééquilibrer les rapports de force régionaux. Cette stratégie fut notamment mise en œuvre lors de l’invasion de l’Irak en 2003, avec l’espoir que la chute de Saddam Hussein entraînerait une transformation démocratique du pays et, par ricochet, de la région. La suite, on la connaît&nbsp;: plus de dictature, de désordre, de violence et de morts.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un interminable cycle de violence</h2>



<p>Le contraste entre ces deux visions est saisissant. Kissinger misait sur une intervention diplomatique éclairée et pragmatique, exploitant les crises comme des occasions de négociation dans le cadre géopolitique existant. Rumsfeld, au contraire, prônait la déconstruction des structures en place pour permettre, selon lui, l’émergence spontanée de nouvelles formes de gouvernance.</p>



<p>Là où Kissinger utilisait la guerre comme un levier stratégique en faveur de la diplomatie, Rumsfeld voyait dans le conflit et le chaos des instruments directs de transformation sociale et politique.</p>



<p>En définitive, l’approche <em>«à chaud»</em> de Kissinger et le concept de <em>«chaos créatif»</em> de Rumsfeld illustrent les tensions qui traversent la stratégie américaine au Moyen-Orient. D’un côté, la gestion proactive des crises pour atteindre une paix toujours difficile; de l’autre, la conviction que la déstabilisation volontaire peut engendrer un nouvel ordre. L’héritage de ces deux doctrines continue d’alimenter les débats stratégiques contemporains, et les événements récents soulignent la complexité des efforts de résolution des conflits dans cette région.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des peuples condamnés à coexister</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li></li>
</ul>



<p>La guerre actuelle à Gaza semble d’ailleurs résulter de ces deux logiques opposées. Il est regrettable de constater que les dirigeants sont incapables, en temps de paix, de rechercher des solutions qu’ils finissent par accepter sous la contrainte des conflits, après des destructions massives et des souffrances profondes. Ce cycle de violence aggrave les fractures psychologiques et historiques entre des peuples pourtant condamnés par la géographie et l’histoire à coexister.</p>



<p>L’engrenage tragique dans l’enclave palestinienne quasi-détruite révèle aussi l’échec des politiques de génocide ou de déracinement, qui n’ont pas réussi à briser la résistance farouche d’un peuple déterminé à s’accrocher à sa terre, au prix du sang.</p>



<p>Avec plus de 50 000 morts et plus de 110 000 blessés, Gaza paie aujourd’hui un tribut humain insoutenable, symbole des conséquences dramatiques de choix géopolitiques fondés sur la violence et la domination.</p>



<p>Face à cette réalité, il devient impératif de repenser les approches stratégiques en privilégiant des solutions justes et durables, qui reconnaissent les droits et les aspirations des peuples à vivre en sécurité et en dignité.</p>



<p><em>* Ecrivain et traducteur.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/17/moyen-orient-les-etats-unis-et-la-creation-du-chaos/">Moyen-Orient : les Etats-Unis et la «création du chaos»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Samson dans le temple à Gaza : une leçon d’actualité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Oct 2024 06:26:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le contexte du conflit actuel en Palestine, il est crucial de tirer les leçons des récits anciens pour éviter de répéter les erreurs tragiques du passé.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/28/samson-dans-le-temple-a-gaza-une-lecon-dactualite/">Samson dans le temple à Gaza : une leçon d’actualité</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans le contexte du conflit actuel en Palestine, où chaque acte de violence provoque des pertes profondes et des souffrances irréversibles, il est crucial de tirer les leçons des récits anciens pour éviter de répéter les erreurs tragiques du passé.</em></strong></p>



<p><strong>Khémaïs Gharbi</strong> *</p>



<span id="more-14438016"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/05/Khemais-Gharbi.jpg" alt="" class="wp-image-13007410" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/05/Khemais-Gharbi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/05/Khemais-Gharbi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/05/Khemais-Gharbi-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>L’histoire biblique de Samson et du temple de Gaza illustre puissamment les conséquences de la vengeance aveugle. Dans le <em>Livre des Juges</em>, Samson, doté d’une force extraordinaire, est capturé et humilié par les Philistins. Au moment ultime, il invoque Dieu pour retrouver sa force une dernière fois et fait s’effondrer le temple sur lui et ses ravisseurs.</p>



<p>Ce récit, se déroulant précisément à Gaza, nous interpelle; j’y vois presque un signe divin. Il souligne que la violence destructrice ne laisse ni vainqueur ni survivant. En détruisant le temple, Samson devient à la fois bourreau et victime d’une vengeance qui consume tout sur son passage. Est-ce un avertissement céleste?</p>



<p>Aujourd’hui, encore à Gaza, ce passage prend une signification poignante: l’histoire de Samson invite à réfléchir à une alternative, à trouver une issue où la force pourrait être canalisée pour bâtir un avenir de paix.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des symboles d’espoir et de rapprochement historique</h2>



<p>À l’image des humanistes arabes, comme Mahmoud Darwich, Amin Maalouf, Hanan Achrawi et Sari Nusseibeh, qui prônent la dignité et la justice, il est possible de concevoir une autre voie, où la paix n’est pas un simple compromis, mais un engagement profond envers la vie et les droits de chaque peuple.</p>



<p>Le moment est venu de rappeler, à la fois aux humanistes juifs et arabes, qu’ils partagent une responsabilité commune envers l’avenir de leurs peuples. Ce n’est qu’en respectant les droits, la dignité et les aspirations de chacun que Juifs et Arabes pourront construire un avenir où la terre de leurs ancêtres deviendra un lieu de vie et non de conflits. Comme l’écrivait Hannah Arendt, <em>«la promesse du monde moderne n’est pas celle d’une communauté homogène, mais d’une pluralité harmonieuse»</em>.</p>



<p>Alors que nous rappelons l’importance de la paix, il est essentiel de se tourner vers les symboles d’espoir qui ont marqué l’histoire du conflit israélo-palestinien. La visite historique de Anouar Sadate à Jérusalem et la poignée de main entre Yasser Arafat, Yitzhak Rabin et Shimon Peres lors des accords d’Oslo ont montré au monde qu’un autre chemin est possible. Ces moments de rapprochement, retransmis bien au-delà des frontières, rappellent qu’un avenir de coexistence et de réconciliation est non seulement imaginable, mais déjà amorcé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pour un avenir de paix, en mémoire des humanistes des deux peuples</h2>



<p>À l’aube de mes 80 ans, ces moments de paix résonnent toujours en moi. En tant qu’interprète lors de ces échanges, j’ai reçu ces paroles d’espoir et les ai restituées avec la même détermination sincère de leurs auteurs pour un avenir où Juifs et Arabes vivraient ensemble dans le respect et la dignité. J’ai eu l’honneur d’être témoin privilégié de cet esprit de paix et de réconciliation, et je reste, plus que jamais, convaincu de la nécessité de la solution de deux États, vivant côte à côte en paix.</p>



<p>Puissions-nous, en mémoire de la visite historique de Sadate à Jérusalem, ville trois fois saintes, et de tous les humanistes des deux peuples, œuvrer pour que cette terre ne soit plus un champ de bataille, mais un sanctuaire de paix, où chaque vie est précieuse, chaque espoir légitime, et où la réconciliation devienne enfin réalité.</p>



<p>* <em>Ecrivain et traducteur.</em> </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="cbMJnaJiTx"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/07/israel-de-la-terreur-au-massacre-detat-vers-la-paix-des-cimetieres/">‘‘Israël, de la terreur au massacre d’Etat’’ : vers la paix des cimetières</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Israël, de la terreur au massacre d’Etat’’ : vers la paix des cimetières » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/07/israel-de-la-terreur-au-massacre-detat-vers-la-paix-des-cimetieres/embed/#?secret=mMIfq4nujB#?secret=cbMJnaJiTx" data-secret="cbMJnaJiTx" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p><br></p>
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		<title>‘‘World Order’’ : le jeu des nations vu par un ancien secrétaire d’Etat américain</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/19/world-order-le-jeu-des-nations-vu-par-un-ancien-secretaire-detat-americain/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Nov 2023 08:13:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Joe Biden semble se poser en adepte de la doctrine de Henry Kissinger, pour qui un Etat doit se défendre même s’il contrevient pour cela au droit international reconnu par l’Onu, comme Israël depuis sa création en 1948</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/19/world-order-le-jeu-des-nations-vu-par-un-ancien-secretaire-detat-americain/">‘‘World Order’’ : le jeu des nations vu par un ancien secrétaire d’Etat américain</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>En appuyant militairement et diplomatiquement Israël dans sa guerre génocidaire actuelle à Gaza, et en soutenant militairement l’Ukraine contre la Russie afin d’assurer l’équilibre européen, Joe Biden semble ainsi se poser en adepte de la doctrine de Henry Kissinger, pour qui un Etat doit se défendre même s’il contrevient pour cela au droit international reconnu par l’Onu, mais uniquement lorsqu’il bénéficie du soutien américain, comme Israël depuis sa création en 1948.</em></strong> <em>(Illustration: Henry Kissinger et l&rsquo;ancienne Première ministre israélienne Golda Meir)</em>.</p>



<p>Par<strong> Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-10582422"></span>



<p>Pourquoi l’ordre politique mondial actuel est-il ce qu’il est? Henry Kissinger, l’ex-secrétaire d’Etat américain et conseiller à la sécurité nationale des présidents Richard Nixon et Gerald Ford dans les années 70, situe ses débuts avec la paix de Westphalie de 1648, concluant la guerre de Trente Ans entre le Saint Empire Romain Germanique, champion de la cause catholique, et les nouvelles principautés allemandes protestantes, avec les participations de la Suède, du Danemark, et de la France. La terrible saignée qui en avait résulté avait fait juger préférable aux belligérants d’instaurer un modus vivendi, où chaque population suivrait la religion de son prince, et aucun Etat ne courrait le risque d’être annihilé.</p>



<p>La religion quittait ainsi le champ de la politique internationale par la grande porte. Désormais, les relations entre Etats, ouest-européens cela s’entend, seraient régis par les intérêts, et les différends réglés par les négociations, évidemment dans la mesure du possible.</p>



<p>Kissinger attribuait la naissance de l’Etat, en tant qu’entité immuable dont la seule morale admise consistait à assurer sa survie, au Cardinal de Richelieu, le ministre de Louis XIII, Roi de France.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="QEg7ItP5d6"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/06/la-sale-guerre-du-mexique-ou-la-destinee-imperiale-manifeste-de-lamerique/">‘‘La sale guerre’’ du Mexique, ou la destinée impériale manifeste de l&rsquo;Amérique </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘La sale guerre’’ du Mexique, ou la destinée impériale manifeste de l&rsquo;Amérique  » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/06/la-sale-guerre-du-mexique-ou-la-destinee-imperiale-manifeste-de-lamerique/embed/#?secret=yHugfPJHV5#?secret=QEg7ItP5d6" data-secret="QEg7ItP5d6" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Pourquoi situer ainsi la naissance de l’ordre international, faisant abstraction de la guerre du Péloponnèse entre les différentes cités grecques, des guerres médiques entre Grecs et Perses au Ve siècle avant l’ère universelle, des conflits entre Égyptiens et Hittites, de l’Histoire de Rome avec tous ces traités l’unissant à ses alliés, à ses confédérés et même parfois ses adversaires, de l’Eglise Romaine qui avait la première instauré un ordre international en arbitrant les conflits entre puissances chrétiennes, en organisant les Croisades, et même en partageant le monde grâce à la paix de Tordesillas entre le Portugal et l’Espagne?</p>



<h2 class="wp-block-heading">La guerre, la paix et l&rsquo;équilibre des forces</h2>



<p>On arguera peut-être qu’il s’était agi d’un ordre international basé sur la guerre et la tentative de détruire l’ennemi, et non la paix pour cohabiter avec lui. Mais justement, la paix entre le Sultan d’Egypte Al-Kamil, le fils de Salaheddine El-Ayoubi, restituant Jérusalem à l’Empereur Germanique Frédéric de Hohenstaufen, avait instauré des relations pacifiques entre les deux empires, tout comme d’ailleurs celle entre Haroun Al-Rachid et Charlemagne 400 ans plus tôt, en l’an 800 de l’ère universelle.</p>



<p>Ainsi ce livre fait-il d’emblée de la paix internationale une réalisation européenne, et qui plus est, contre l’immixtion de la politique dans la religion. C’est oublier qu’elle n’a pas englobé l’Empire Ottoman, mais l’auteur a une explication: l’islam étant expansionniste de nature (voir Bernard Lewis) ne s’accommode pas de traités de paix avec les infidèles, ce qui est tout aussi vrai sur le plan théorique que le pacifisme des Européens du fait de la religion d’amour du Christ qu’ils confessent.&nbsp;Mais le&nbsp;corollaire de la paix de Westphalie est que dans la recherche de sa survie, qui constitue sa raison d’être,&nbsp;chaque Etat&nbsp;soit libre de poursuivre les alliances qui lui siéent.</p>



<p>Dans le monde froid et obscur des relations interétatiques, tiraillées entre légitimité et pouvoir, l’équité et la justice n’existent ainsi pas, ou ne doivent pas l’être. On doit en conclure certaines réalités: un pays de grande civilisation aussi immémoriale que l’Iran adepte d’une version minoritaire de l’islam se doit de donner des gages de paix, en abandonnant son programme nucléaire, autrement dit son Etat doit remettre le gage de sa survie, dont on vient de dire qu’il s’agit de sa principale raison d’être selon la paix de Westphalie, entre les mains d’autres Etats.</p>



<p>Pourquoi cet Etat doit-il violer ainsi les normes admises pour les Etats européens? Parce qu’il n’est pas démocratique? C’est une manière moins crue de dire qu’il ne fait culturellement pas partie de l’Europe. Mais la Turquie démocratique, selon les normes occidentales, n’a pas pour autant obtenu son ticket d’entrée en Europe. Néanmoins on n’a pas exigé de la Chine ni de l’Inde qu’elles désarment.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="7BQBPmLp9V"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/01/22/georges-w-bush-mensonges-guerres-et-paix/">Georges W. Bush : mensonges, guerres et paix</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Georges W. Bush : mensonges, guerres et paix » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/01/22/georges-w-bush-mensonges-guerres-et-paix/embed/#?secret=UmC9YnMX5v#?secret=7BQBPmLp9V" data-secret="7BQBPmLp9V" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Selon Kissinger, c’est compréhensible, ces pays n’ayant jamais été expansionnistes, ce qui dans le cas de la Chine avec l’occupation du Tibet, est discutable;&nbsp;de surcroît, l’Inde n’est que la concrétisation d’un fantasme&nbsp;britannique, qui l’a unifiée alors que rien ne la prédisposait à l’être, et lui a fourni une Histoire taillée sur mesure, où les méchants sont&#8230; les musulmans.</p>



<p>Comme le Pakistan est musulman et nucléarisé, on doit en conclure que ce n’est pas l’islam qui rend implacable l’opposition à l’Iran dans sa marche vers le nucléaire, mais sa situation géostratégique dans l’une des régions contenant&nbsp;les réserves les plus riches en hydrocarbures au monde.</p>



<p>La création d’une Inde unie a-t-elle obéi à un souci d’équilibre face à la Chine?</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;es Etats-Unis ai cœur de l&rsquo;ordre mondial </h2>



<p>Abstraction faite du rôle d’équilibre joué par la puissance britannique sur le continent européen contre Charles Quint, Louis XIV, puis Napoléon, la notion de sécurité collective est née au Congrès de Vienne en 1815 de la coalition des nations emmenée par la Russie, pays expansionniste et absolutiste entre tous où le servage constituait la norme, avec la volonté d’empêcher l’émergence de toute hégémonie ou de toute révolution antimonarchique&nbsp;en Europe.</p>



<p>Comment dans ces conditions les Etats-Unis d&rsquo;Amérique ont-ils été amenés à jouer un rôle majeur dans les affaires mondiales, alors qu’au départ, les pères fondateurs tenaient absolument à se tenir à l’écart des affaires européennes, et à maintenir avec les puissances des relations strictement commerciales?</p>



<p>Une nation de colons d’origine européenne en majorité britanniques, allemands et irlandais, s’est agrandie vers l’Ouest jusqu’en Californie après avoir absorbé la Louisiane achetée aux Français, puis au prix de guerres contre le Mexique, le Texas et tous les territoires mexicains au Nord du Rio Grande. Jusque-là et avec la proclamation de la doctrine Monroe, sa volonté hégémonique s’était limitée au continent américain. Il est vrai que la démonstration de la flottille du commodore Perry au large du Japon en 1853 avait convaincu les autorités de ce pays de se soumettre aux demandes américaines, celles d’ouvrir leur territoire au commerce international. Mais c’est à partir de 1898 avec la guerre contre l’Espagne et l’occupation des Philippines, de Cuba, de Porto Rico et des îles&nbsp;Hawaï, que les Etats-Unis ont fait irruption sur la scène mondiale en tant qu’acteur majeur.</p>



<p>Cependant, Kissinger semble présenter tout cela comme un changement de doctrine stratégique induit&nbsp;par le président Théodore Roosevelt, pour qui la sécurité des Etats-Unis ne pouvait être dissociée des affaires du monde. Son rôle d’intermédiaire dans la guerre russo-japonaise de 1905, ainsi que l’envoi de la flotte blanche dans le port de Yokohama en seront l’illustration.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un enfer pavé de bonnes intentions</h2>



<p>Cette théorie de la sécurité collective sera plus tard complétée par la doctrine Wilson sur la liberté des peuples, après l’effondrement de l’équilibre européen du fait des jeux des alliances conduisant à la première guerre mondiale, consécutivement à l’attentat de Sarajevo et au conflit banal entre la Serbie et l’empire austro-hongrois. La sécurité européenne n’avait pas joué face à la volonté autrichienne d’en découdre avec la petite Serbie.&nbsp;A la fin du conflit, la Société des Nations sera créée, dont la mission proclamée sera de confier des mandats limités aux puissances coloniales conduisant les peuples occupés vers l’indépendance,&nbsp;et de désamorcer par la négociation les conflits entre les puissances.</p>



<p>Il ne s’agira là que d’un vœu pieux, ainsi que le démontreront les guerres en Ethiopie et en Chine. La déclaration Balfour sera d’autre part intégralement insérée dans le préambule de la charte de la Société des nations, illustrant parfaitement l’adage selon lequel l’enfer soit pavé de bonnes intentions, pour peu que celles-ci existent vraiment. Mais si le retrait du président Wilson a entraîné un reflux américain hors de l’Europe, la politique américaine de la porte ouverte en Chine a continué, avec une opposition de plus en plus ouverte aux conquêtes japonaises en Mandchourie puis dans l’Est du pays.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="XLe5Z2PFMp"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/28/lukraine-a-la-croisee-des-interets-geostrategiques/">L&rsquo;Ukraine à la croisée des intérêts géostratégiques</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L&rsquo;Ukraine à la croisée des intérêts géostratégiques » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/28/lukraine-a-la-croisee-des-interets-geostrategiques/embed/#?secret=wyWRcaHOq7#?secret=XLe5Z2PFMp" data-secret="XLe5Z2PFMp" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>A la veille de la seconde guerre mondiale, si un conflit avec le Japon était ainsi envisageable, rien ne laissait à priori prévoir une guerre avec l’Allemagne. Pourtant Kissinger a justifié cette dernière par la vieille antienne britannique, le souci de l’équilibre européen; dont&nbsp; le président Franklin-Delano Roosevelt se faisait ainsi le continuateur avec la nécessité proclamée de défendre la démocratie.</p>



<p>D’autre part sur le théâtre du Pacifique, c’est la volonté hollandaise de s&rsquo;associer à l’embargo sur les hydrocarbures qui a précipité la guerre. Toujours est-il qu’à la fin de la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis se sont retrouvés face à la menace soviétique. Une nouvelle contrainte s’ajoutait ainsi, celle de la défense la liberté, qui allait mener l’armée américaine en Corée, puis au Vietnam, dans le but de contenir l’expansion du communisme en Asie, et à la création d’organismes de défense collective (Cento, Otase) perçus souvent à juste titre comme une interférence intolérable par les peuples des pays concernés.</p>



<p>L’auteur qui fut un acteur politique majeur du conflit vietnamien a nié toute défaite militaire américaine dans ce pays. Pour lui, c’est l’ampleur du mouvement pacifiste, relayé par les médias, les universités, et le Congrès, qui a été responsable du désastre. Qui plus est, c’est le refus du Congrès d’accorder une aide militaire au Sud Vietnam qui a entraîné l’effondrement de ce pays face à l’offensive du Nord.</p>



<p>Cette opinion est évidemment très contestable, et le récent effondrement de l&rsquo;armée afghane surarmée après le retrait américain ne le confirme que trop. Les guerres en Irak et en Afghanistan menées au nom de la lutte contre le terrorisme n’ont suscité de la part de l’ancien secrétaire d’Etat aucune critique. On a ainsi l’impression que ses opinions ont fini par rejoindre celles des Néoconservateurs américains. Il a conclu d’ailleurs sur la nécessité pour les Américains d’empêcher l’émergence de toute puissance hégémonique dans le monde (la Chine) et de propager les deux valeurs universelles susceptibles selon eux de protéger la paix mondiale, le libéralisme économique et la démocratie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le malheur des Arabes </h2>



<p>Naturellement les réflexions de Kissinger sur le nucléaire et les transformations que les nouvelles techniques de la communication induisent dans le fonctionnement de la démocratie ne sont pas sans intérêt. Néanmoins, ce qu’il nomme idéalisme et même souci moralisateur de l’Amérique dans la défense de la liberté a eu des répercussions néfastes sur les populations soumises à des guerres décidées par les administrations du pays au gré de ce qu&rsquo;ils définissent comme leurs intérêts, ou bien ce que l’on a appelé en 1839 sa <em>«destinée manifeste»</em> d’étendre ses valeurs de liberté, de justice et de progrès, qui n’a abouti finalement qu’à faire le malheur de ceux à qui elle s&rsquo;adresse.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="DO6vx6yD0S"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/20/genius-devil-l-amerique-de-la-democratie-a-la-ploutocratie/">«Genius devil» : L&rsquo; Amérique, de la démocratie à la ploutocratie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «Genius devil» : L&rsquo; Amérique, de la démocratie à la ploutocratie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/20/genius-devil-l-amerique-de-la-democratie-a-la-ploutocratie/embed/#?secret=fGOitmZUYb#?secret=DO6vx6yD0S" data-secret="DO6vx6yD0S" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Comment ne pas évoquer l’implication personnelle du secrétaire d’Etat dans le coup d’État sanglant au Chili en 1973 ? D’autre part, Kissinger ne s’est jamais montré soucieux d’aborder la question de l’équité et de la justice dans les relations internationales, pourtant promues par l’Onu. Il n’a évoqué que des questions concernant la légitimité, la puissance, la sécurité des Etats. Et son opinion sur les Etats arabes et musulmans est sans appel: ils ne sont pas puissants, leur légitimité est souvent sujette à caution, et ils sont incapables de s’opposer au terrorisme islamiste, pourtant disséminé par les alliés des Américains : les Turcs, Pakistanais, Saoudiens et Qataris. Le seul dirigeant arabe qui ait trouvé grâce à ses yeux est l’ancien président égyptien Anouar Sadate parce qu’il a décidé d’arrimer son pays à l’ordre international en signant la paix avec Israël, non pas parce que l’Etat égyptien est l’un des plus anciens du monde.</p>



<p>En appuyant militairement et diplomatiquement l’Etat Juif dans sa guerre génocidaire actuelle à Gaza, et en soutenant militairement l’Ukraine contre la Russie afin d’assurer l’équilibre européen, Joe Biden semble ainsi se poser en adepte de la doctrine de Henry Kissinger, pour qui un Etat doit se défendre même s’il contrevient pour cela au droit international reconnu par l’Onu, mais uniquement lorsqu’il bénéficie du soutien américain. Qu’attendent donc les Palestiniens pour proclamer le leur sans attendre ? Et faut-il dans ces conditions en vouloir à la Corée du Nord? <strong><em>‘</em></strong></p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique. </em></p>



<p><strong><em> »World Order: Reflections on the Character of Nations and the Course of History’’, de Henry Kissinger, Penguin Press, New York 2014 432 pages.</em></strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/19/world-order-le-jeu-des-nations-vu-par-un-ancien-secretaire-detat-americain/">‘‘World Order’’ : le jeu des nations vu par un ancien secrétaire d’Etat américain</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Les Arabes face au conflit israélo-palestinien : une impuissance assumée  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Nov 2023 05:42:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelfattah Sissi]]></category>
		<category><![CDATA[Anouar Sadate]]></category>
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		<category><![CDATA[choc pétrolier]]></category>
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		<category><![CDATA[Faysal Bin Abdulaziz]]></category>
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		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Mohammed Ben Salmane]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[roi Fayçal]]></category>
		<category><![CDATA[Samir Gharbi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les Arabes du tandem Anouar Sadate - Faysal Bin Abdulaziz au tandem Abdelfattah Sissi - Mohammed Ben Salmane. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/11/les-arabes-face-au-conflit-israelo-palestinien-une-impuissance-assumee/">Les Arabes face au conflit israélo-palestinien : une impuissance assumée  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>En 1973, les Arabes ont remporté une demi-victoire face à Israël en pesant de leur poids dans la géostratégie mondiale? Pourquoi ce qui était possible en 1973 ne l’est plus en 2023?</em></strong> <em>(Illustration : les Arabes du tandem Anouar Sadate &#8211; Faysal Bin Abdulaziz au tandem Abdelfattah Sissi &#8211; Mohammed Ben Salmane). </em> </p>



<p>Par<strong> Samir Gharbi</strong></p>



<span id="more-10479398"></span>



<p>La guerre d’octobre 1973 déclenchée le 6 octobre 1973 contre Israël par l’Egypte et la Syrie avait soulevé le monde arabe.</p>



<p>Dès le 16 octobre, les pays arabes pétroliers, réunis au Koweït, décident sous la houlette de Cheikh Yamani, ministre saoudien du Pétrole, de réduire leur production de pétrole et d’augmenter le prix du baril de 70%.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Choc pétrolier</h2>



<p>Le 20 octobre, le roi Fayçal d’Arabie saoudite tape sur la table et annonce l’arrêt des livraisons de pétrole aux Etats-Unis…</p>



<p>Le 5 novembre, les pays pétroliers arabes décident de classer les pays importateurs en trois catégories&nbsp;: les pays amis, dont la France et l’Espagne,&nbsp;les pays ennemis, dont les Etats-Unis et les Pays-Bas; et les pays neutres…</p>



<p>Le sommet arabe en novembre 1973 à Alger permet d’obtenir de plusieurs pays africains, asiatiques et sud-américains la rupture de leurs relations diplomatiques avec Israël…</p>



<p>La réaction arabe face au soutien américain à Israël a donc été ferme… Certes la guerre se termine avec la défaite militaire arabe, mais le choc pétrolier a provoqué une crise mondiale et a permis d’entamer des négociations de paix avec Israël.</p>



<p>Mais le camp arabe va vite se fissurer… Le président Sadate, pour accélérer le processus de paix, décide courageusement de se rendre en Israël en novembre 1977…</p>



<p>Il provoque un tollé&nbsp;: l’Egypte est exclue de la Ligue arabe et le siège de la Ligue arabe est transféré à Tunis (1979)…</p>



<p>Voilà deux grands événements dont les effets ne ressemblent plus à ceux de 2023…</p>



<p>Le Hamas attaque Israël, et la Ligue arabe, qui est revenue au Caire, met plus d’un mois pour se réunir à Riyad. Les réactions arabes sont purement verbales.</p>



<p>Mais si l’Egypte avait été punie en 1978 pour avoir signer les accords de Camp David avec Israël, aucun pays arabe ne l’a été en 2022…</p>



<p>Pourquoi une telle inaction officielle alors que les <em>«peuples»</em> sont en plein émoi devant les bombardements interminables israéliens sur un bout de l’Etat palestinien à Gaza.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="qAC7ZS6LMG"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/30/la-palestine-et-le-peche-originel-des-arabes/">La Palestine et le péché originel des Arabes</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Palestine et le péché originel des Arabes » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/30/la-palestine-et-le-peche-originel-des-arabes/embed/#?secret=13QWQ6Hh5m#?secret=qAC7ZS6LMG" data-secret="qAC7ZS6LMG" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Parce que…</h2>



<p>Plusieurs pays arabes – dont le Maroc, le Koweït, Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Qatar, Djibouti – abritent des bases américaines…</p>



<p>Plusieurs pays ont noué des relations officielles avec Israël depuis 2020 (accords d’Abraham)&nbsp;: Émirats arabes unis, Bahreïn, Maroc et Soudan, qui s’ajoutent à l’Egypte et à la Jordanie dont les relations remontent à quelques décennies…</p>



<p>L’arme du pétrole, qui ne demande qu’à être utilisée, est mise aux oubliettes de l’histoire. Les pays arabes qui ont gagné des centaines de milliards de dollars grâce au choc de 1973, sont aujourd’hui avachis. Ils ont besoin de sécuriser leur pouvoir – par le parapluie américano-israélien.</p>



<p>Tout ce qu’ils peuvent faire (gratuitement ou presque), ce sont des discours… que sème le vent.</p>



<p>Palestiniens de Palestine et de la diaspora, si vous voulez sauvez votre vie, comptez sur vous-mêmes. Demandez l’aide morale et matérielle de ceux qui vous aiment vraiment – pas de ceux qui vous utilisent pour réaliser leur propre dessein géopolitique. Ne négligez surtout pas le soutien des Juifs non sionistes qui ne désirent, comme vous, que la paix et la concorde dans le <em>«vivre ensemble»</em>. Ils sont aujourd’hui minoritaires, mais leur combat contre l’extrême droite israélienne est aussi le vôtre. Et il a l’avenir devant lui pour se renforcer.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="wrG4ODycvW"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/15/proche-orient-le-plan-israelien-de-la-deuxieme-nakba-reussira-t-il/">Proche-Orient : le plan israélien de la deuxième Nakba réussira-t-il?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Proche-Orient : le plan israélien de la deuxième Nakba réussira-t-il? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/15/proche-orient-le-plan-israelien-de-la-deuxieme-nakba-reussira-t-il/embed/#?secret=i75L1cK7D6#?secret=wrG4ODycvW" data-secret="wrG4ODycvW" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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		<item>
		<title>Islamisme : Sayyid Qutb, ou les repères sur la voie de la Tunisie vers le néant</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/05/islamisme-sayyid-qutb-ou-les-reperes-sur-la-voie-de-la-tunisie-vers-le-neant/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Apr 2021 07:53:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abul Aaala Al-Mawdoudi]]></category>
		<category><![CDATA[Anouar Sadate]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[Frères musulmans]]></category>
		<category><![CDATA[Hafedh Al-Assad]]></category>
		<category><![CDATA[Hassan Al-Banna]]></category>
		<category><![CDATA[Rached Ghannouchi]]></category>
		<category><![CDATA[Repères sur la toute]]></category>
		<category><![CDATA[Saied Qotb]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En dix ans, la Tunisie s’est enlisée dans une crise généralisée. Cela n’est pas le fruit du hasard ni de l’incompétence. Il n’y a qu’à lire Sayyid Qutb, dont les disciples tunisiens rassemblés au sein du mouvement islamiste Ennahdha sont au pouvoir dans notre pays depuis 2011, pour le comprendre. Des repères sur la voie...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/05/islamisme-sayyid-qutb-ou-les-reperes-sur-la-voie-de-la-tunisie-vers-le-neant/">Islamisme : Sayyid Qutb, ou les repères sur la voie de la Tunisie vers le néant</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/04/Rached-Ghannouchi-Sayyid-Qutb.jpg" alt="" class="wp-image-344159"/><figcaption><em>Rached Ghannouchi applique à la Tunisie la potion islamiste préconisée par son ma^tre à penser Sayyid Qutb, on connaît le résultat</em> <em>!</em></figcaption></figure>



<p><strong><em>En dix ans, la Tunisie s’est enlisée dans une crise généralisée. Cela n’est pas le fruit du hasard ni de l’incompétence. Il n’y a qu’à lire Sayyid Qutb, dont les disciples tunisiens rassemblés au sein du mouvement islamiste Ennahdha sont au pouvoir dans notre pays depuis 2011, pour le comprendre. Des repères sur la voie du néant ont été posées, et c’est la moindre des choses que de les repérer, les lire, et le moindre des devoirs d’agir en conséquence, sans plus tarder.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-344158"></span>



<p>Des livres qu’on relit par nécessité, il y en a; pour redécouvrir le présent à travers une vision venue du passé, assurément d’un regard novateur après plus de 40 ans de pérégrinations en quête d’une vérité corroborable par les faits. Les mots écrits dans l’exemplaire d’un livre imprimé et édité sont assurément invariables; c’est la perspective avec lesquels ils sont redécouverts qui change et leur fait acquérir une autre signification.</p>



<p>Si l’écrit de l’activiste et écrivain égyptien Sayyid Qutb <em>‘‘Repères sur la route’’</em> (<em>‘‘Maâlim fi tariq’’</em>) avait déjà défrayé la chronique en 1977 en apparaissant comme la bible de l’organisation terroriste égyptienne Excommunication et Emigration (<em>Takfir wal Hijra</em>), auteur de l’attaque contre l’académie militaire d’Héliopolis, de l’assassinat du Cheikh Dhahbi, en Egypte, puis de celui du président Anouar Sadate en 1981, les idées contenues dans ce livre allaient faire florès avec l’attaque contre l’académie militaire de Lattaquié par les Frères Musulmans de Syrie en 1982 qui allait conduire à la bataille de Hama et à l’écrasement de l’insurrection par l’armée de Hafedh Al-Assad.</p>



<p>À la fin des années 70, avec la guerre d’Afghanistan, la révolution iranienne, l’attaque de la Mecque, suivis au début des années 80 par la guerre Iran-Irak, l’invasion du Liban par la jusqu’alors invincible armée israélienne pourtant stoppée dans les faubourgs de Beyrouth par des milices arborant des photos de l’imam Khomeiny et des drapeaux frappés de versets coraniques, le discours islamiste bénéficiait de l’argument de la nouveauté et de l’espoir de la régénération qui allait refaire la grandeur de la «oumma» et mobiliser les masses pour s’opposer aux régimes despotiques qui n’avaient fait que la conduire à une succession d’échecs sans fin.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le caractère dangereux des mouvements islamistes</h3>



<p>Le monde était alors bipolaire mais les gouvernements alliés de l’Occident, y compris en Tunisie, après les événements d’Egypte, de Syrie et de la Mecque, et la révolution iranienne, se sont très vite aperçus du caractère dangereux de ces mouvements qui partageaient les mêmes valeurs et véhiculaient le même message que celui des groupes armés insurrectionnels syriens et égyptiens.</p>



<p>La revue <em>‘‘Al-Maarifa’’</em>, dont le rédacteur en chef n’était autre que Rached Ghannouchi, avait même publié un numéro avec sur sa couverture les photos de l’imam Khomeiny, Abul Aaala Al-Mawdoudi, et Hassan Al-Banna, les présentant comme les leaders du mouvement islamiste contemporain. C’était le temps où le mouvement islamiste d’une manière générale, à l’exception notable de l’Iran, était encore vierge de toute compromission avec la pratique du pouvoir et se présentait comme une force alternative. Et les opinions d’un Sayyid Qutb, dont souvent on ne prenait connaissance qu’à travers les prêches enflammés d’imams connus pour leur engagement ou bien les conférences tenues dans les mosquées par ceux qui deviendraient en Tunisie les dirigeants du Mouvement de tendance islamique (MTI), avaient de quoi les justifier, dans le contexte de la nécessaire lutte contre le despotisme, la corruption, ou même la trahison, qui régnaient dans les plus hautes sphères du monde arabe et musulman, quand les services de sécurité omniprésents n’hésitaient pas à pratiquer les formes les plus extrêmes de la coercition contre toute forme de dissidence politique.</p>



<p>La première des erreurs lourdes de conséquences serait de considérer que ces mouvements luttaient pour l’instauration de la liberté et de la démocratie, et que les accusations dont le régime iranien au pouvoir ferait très vite l’objet relativement au respect des libertés, ne seraient que le fait de ses ennemis cherchant à l’évincer du pouvoir, c&rsquo;est-à-dire Israël, les Etats-Unis, les Etats du Golfe, l’Irak, et l’Union Soviétique, effrayée de voir ses républiques musulmanes méridionales contaminées par l’exemple iranien.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La chariâa ne souffre aucune discussion et aucune réflexion</h3>



<p>Tout ceci relève d’une Histoire dont on mesure aujourd’hui les effets. Il fallait relire<em> ‘‘Repères sur la toute’’ </em>de l’écrivain <em>«frère musulman»</em> égyptien Sayyid Qutb, condamné par une cour militaire puis exécuté en 1965, à la lueur de l’expérience du pouvoir du parti Ennahdha de Tunisie, dont les dirigeants avaient fait leurs classes politiques en reprenant et en défendant ses thèses. Et que disent-elles? D’abord que la légitimité à gouverner n’appartient qu’à Dieu. En foi de quoi nul n’a le droit de gouverner en enfreignant la Loi de Dieu, c’est-à-dire la chariâa. Ensuite que le but de l’existence, la raison d’être de tout musulman est de traduire dans la réalité la profession de foi <em>«Il n’y a de Dieu qu’Allah, Mohamed est son messager».</em></p>



<p>Il faut traduire un credo religieux en une réalité politique, sociale, culturelle et économique répondant aux normes de Dieu. L’un des arguments utilisés par Sayyid Qutb est à cet égard frappant, la chariâa est à l’être humain une loi aussi naturelle que celle qui régit la mobilité des astres et des galaxies dans le cosmos. Autrement dit, la chariâa ne souffre aucune entorse, aucune discussion, aucune réflexion. Mais le musulman est empêché de s’acquitter de sa mission par la société dans laquelle il vit, et qui, n’obéissant pas aux lois de Dieu, c’est-à-dire à la chariâa, se voit qualifier d’ignorance, traduite en arabe par le terme <em>«jahiliya»,</em> le même utilisé en islam pour qualifier l’ère qui a précédé la venue du Prophète Mohamed.</p>



<p>En d’autres termes, Sayyid Qutb pour conforter ses thèses n’hésite pas à inverser le court établi de l’Histoire, y compris théologique, de l’islam. Ce ne serait là que le moindre des paradoxes. Sa <em>«jahilya» </em>englobe de ce fait en haut de sa liste noire les régimes communistes, aujourd’hui disparus, les polythéistes de l’Asie, spécifiquement ceux de l’Inde, les régimes qualifiés de chrétiens et de juifs, et qui dans la réalité représentent les démocraties libérales laïques occidentales, dont les parlements légifèrent en dehors des prescriptions divines. Enfin, <em>last but not least, </em>y figurent également les régimes des pays musulmans qui ont adopté des législations modernistes en contradiction avec les normes de la chariâa, comparables à ceux des présidents Bourguiba, ou Nasser.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La mission de l’islam est de libérer le monde entier</h3>



<p>D’ailleurs, la mission de l’islam étant de libérer le monde entier de tous ceux qui oppriment la gens, le genre humain, et qui s’interposent entre leur choix <em>«librement accepté»</em> de la chariâa, ce sont non seulement les systèmes de gouvernement qualifiés de <em>«Taghout»</em>, un terme spécifiquement coranique désignant l’oppression, que le théoricien des Frères Musulmans récuse dans son livre, mais également toutes les frontières politiques des pays du monde entier.</p>



<p>Que faut-il faire pour que l’islam remplisse la mission qui lui a selon lui été assignée? D’abord commencer par le renforcement de la foi de ses adhérents, plus spécifiquement son avant-garde, chargée d’assumer les responsabilités de la mission. Et la foi soulève les montagnes. Le but en est que le fidèle se libère de toute attache dans la société où il évolue, avec laquelle il n&rsquo;entretient plus que des liens purement formels. Ensuite adhérer à l’organisation, qui est chargée de la propagande au sein du monde ignorant, et du combat contre les forces de sécurité qui l’encadrent, et qui ne manquent pas de réagir dès lors qu’elles ont connaissance du projet visant à abattre le régime politique.</p>



<p>Évidemment l’organisation dont il est question n’a rien de spécifiquement religieux ni d’islamique, comparativement à toutes celles qui ont fait l’Histoire, telles celles des révolutionnaires ou des anarchistes en Russie à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, ou bien la Main Noire serbe. Elles en partagent néanmoins la pratique du secret et la hiérarchie stricte.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La chariâa avant l’éducation, la sécurité, la prospérité</h3>



<p>Dans le cas d’espèce l’organisation secrète des Frères musulmans lie les militants à la hiérarchie, en général celui qui en est au sommet et qu’on appelle l’émir, par un serment sacré, relativement à la reconnaissance de son autorité et à l’engagement à sacrifier si nécessaire la vie et les biens pour la cause. Mise à part sa formulation et les rites qui l’entourent, ce serment n’a en réalité, non plus, rien de spécifique. Les Nazis le pratiquaient à la lueur des flambeaux au bénéfice du Führer. Les unités de l’armée Israélienne le pratiquent toujours au Mur des Lamentations ou à Massadah, en général la nuit, probablement au bénéfice de l’Etat. Il y a bien sûr tous ces rites plus ou moins secrets et les prestations de serment dans les organisations criminelles, ou encore maçonniques.</p>



<p>Le fait marquant est que tout cela ne place en général pas en porte à faux toutes ces organisations légales ou non relativement à la reconnaissance de l’Etat et du pays où elles opèrent. On n’a par exemple jamais accusé la mafia de vouloir substituer à l’Etat italien un autre inféodé au Saint Siège.</p>



<p>Par contre, si l’on s’en réfère aux écrits de Sayyid Qutb, le militant ou l’organisation des Frères Musulmans ne possède absolument aucun devoir de loyauté vis-à-vis de son pays, de son peuple assimilé aux apostats, ou de l’Etat où celle-ci opère. Il a même le devoir de les combattre pour instaurer la chariâa, qui est le principal objectif en soi, mais pas celui d’assurer l’éducation, la sécurité, la prospérité, ni l’instruction dans les sciences profanes. Et si l’organisation ne peut pas les combattre, elle doit assurer un modus vivendi tactique jusqu’à ce qu’elle soit capable de le faire. Et elle ne doit alliance qu’à la force qui l’aide à réaliser ses objectifs.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le jihad érigé en devoir religieux</h3>



<p>Eu égard à cela, il est évident qu’un disciple de Sayyid Qutb, à l’instar de Rached Ghannouchi et de ses partisans, soit plus enclin à s’allier avec n’importe quelle partie interne ou externe contre les intérêts de son peuple ou de son propre pays. Et qu’une fois au pouvoir il ne se sentira tenu par aucune des obligations qui incombent en général à tout Etat qui se respecte, au moins nominalement. Il le fera d’autant moins que selon Sayyid Qutb la mission de l’islam n’est pas de combler le retard matériel, scientifique ou technologique, pris sur l’Occident en raison de l’avance irréversible assurée par ce dernier, même si selon lui, et il fallait sans doute le préciser à l’ère de la Guerre Froide et de l’affrontement Est-Ouest, c’est dans la libre entreprise que l’être humain donne sa pleine mesure économique.</p>



<p>On l’aura constaté, il s’agit bien du libéralisme économique et de la libre concurrence, opportunément assimilés au verset coranique évoquant les gens se repoussant et se bousculant. Pour le reste, ce n’est rien d’autre que le jihad, dont on aura expliqué le développement de la doctrine, érigé en devoir religieux en quatre étapes successives : l’interdiction, puis la défense, puis l’attaque contre ceux qui violent les pactes, puis contre tous ceux qui ne sont pas musulmans.</p>



<p>C’est encore une chose que de devoir se battre contre le monde entier, l’Allemagne nazie avait bien tenté de le faire, de même que le Japon. Ces deux pays avaient au moins le potentiel scientifique et industriel compatibles avec leurs ambitions et on a vu où tout cela avait abouti. Avec Sayyid Qutb et les Frères Musulmans, l’objectif ne change pas, à la différence près qu’aucun progrès n’est fait pour s’en donner les moyens, bien au contraire. Et le jihad contre le monde entier pour propager la foi se transforme en une entreprise de destruction des pays musulmans dans des guerres qui n’en finissent pas et l’instauration de sociétés intolérantes où ne se développent que les jeunes terroristes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les islamistes et le déclin programmé de la Tunisie</h3>



<p>La Tunisie avait acquis le potentiel humain grâce à un incroyable effort d’éducation, pour se moderniser et sortir de l’ornière. Tout comme l’Iran du chah l’avait été, elle a été le premier pays arabe à être visé, à cause de cette volonté modernisatrice qui en dérangeait plus d’un. Si les musulmans accédaient à la modernité, où irait le monde? Plus d’un <em>think-tank</em> adepte du choc des civilisations doit s’en poser la question.</p>



<p>Aujourd’hui le système éducatif tunisien a volé en éclat et les compétences formées à grands frais émigrent vers d’autres pays qui en tirent un bénéfice substantiel. Les autres, des jeunes sans avenir, vont combattre en tant que mercenaires dans les rangs de l’Etat Islamique, ou bien coulent au fond de la Méditerranée dans des bateaux de fortune. La pandémie du Sars Cov 2 est en train de prendre des proportions inconnues dans le monde, dans l’indifférence générale. C’est l’avenir du pays atteint dans sa force vive qui est ainsi hypothéqué. Pendant dix années il n’y a eu aucun effort sérieux pour sortir de la fondrière où un endettement inconsidéré l’a enfoncé. Et les montagnes de Chaambi pullulent de terroristes.</p>



<p>Cela n’est pas le fruit du hasard ni de l’incompétence. Il n’y a qu’à lire Saied Qotb pour le comprendre. Des repères sur la voie du néant ont été posées, et c’est la moindre des choses que de les repérer, les lire, et le moindre des devoirs d’agir en conséquence, sans plus tarder.</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis :</em></h4>



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		<title>Guerre d’octobre 1973: quand les Arabes étaient présents sur la scène internationale</title>
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		<pubDate>Wed, 07 Oct 2020 07:55:05 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/10/Guerre-Octobre-1973.jpg" alt="" class="wp-image-319585"/></figure>



<p><strong><em>Il y a 47 ans, le 6 octobre 1973, l’armée égyptienne franchissait le canal de Suez et en chassait l’armée israélienne, mais son avancée arrêtée net par décision politique allait se transformer en repli puis en capitulation. Pour tout dire, après Octobre 1973, les Arabes se sont désintégrés dans les luttes intestines au Liban et au Koweït. Les Américains ont tiré la leçon de cette guerre, occupé les champs pétroliers de l’Irak, encerclé l’Iran et envoyé des troupes en Arabie Saoudite; désormais tout embargo pétrolier est impossible. La guerre pour le contrôle du pétrole et du gaz s’est étendue en Libye et c’est le Maghreb qui est désormais menacé.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia </strong>*</p>



<span id="more-319581"></span>



<p>Le 6 octobre 1973 en début d’après-midi, les commandos de l’armée égyptienne franchissaient le canal de Suez en canots pneumatiques et prenaient d’assaut les fortins établis tout le long du canal de Suez, par l’armée israélienne, appelés Ligne Bar Lev, du nom du général qui en avait supervisé la construction.</p>



<p>Les contre-attaques des blindés israéliens tenus en réserve à quelques kilomètres en arrière du front étaient stoppées grâce à la puissante artillerie déployée sur la rive ouest du canal, jointe aux missiles anti tanks portatifs utilisés par l’infanterie égyptienne. L’aviation israélienne ne pouvait intervenir du fait des batteries de missiles Sam qui couvraient toute la zone des combats. Et plusieurs chasseurs Phantom F4 de fabrication américaine étaient abattus par les missiles Sam soviétiques.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les Israéliens retirent leur armée à 20 kilomètres à l’Est du canal</h3>



<p>La situation devenait tellement sérieuse et les pertes tellement énormes pour les Israéliens qu’ils décidaient de retirer leur armée à 20 kilomètres à l’Est du canal et de se placer dans une position d’attente, en dehors de la zone de couverture des batteries de missiles égyptiennes, et pour faire face à une menace plus sérieuse.</p>



<p>Dans le même temps, l’armée syrienne attaquait sur les hauteurs du plateau du Golan occupé, et les blindés syriens franchissaient en masse la ligne de cessez-le-feu établie en juin 1967 en étant accrochés par les quelques blindés israéliens postés sur le plateau et menaçaient de percer la frontière israélienne au nord de la Galilée.</p>



<p>Quelques heures après le début de la guerre, le ministre de la Défense israélien, Moshé Dayan, revenait de sa visite d’inspection du front complètement ébranlé, et parlait de la perte imminente du 3e Temple. L’armée égyptienne avait donc toute la latitude de se déployer et de se renforcer sur une profondeur d’une quinzaine de kilomètres le long du canal. Mais après son succès initial, le président égyptien Anouar Sadate, contre l’avis de son chef d’état major Saad Eddine Chadli, décidait de ne pas poursuivre la coordination militaire avec les syriens en s’abstenant d’attaquer immédiatement après les pertes sévères infligées à l’armée israélienne, pour prendre les deux cols stratégiques de Mitla et Jidi, dont la possession aurait assuré à l’armée égyptienne un avantage bien plus considérable, en rendant toute contre-attaque israélienne bien plus coûteuse en hommes et en matériel. Ce faisant il accordait ainsi aux Israéliens l’opportunité de se concentrer sur un seul front, celui du Golan, où ils devaient finalement emporter la décision en stoppant l’offensive syrienne pratiquement sur la frontière, puis de réoccuper la totalité du Golan, et de s’enfoncer au-delà de l’ancienne ligne de cessez-le-feu.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le mauvais choix du président Sadate sera payé cher</h3>



<p>Ce choix, l’armée égyptienne devait le payer fort cher lorsque huit jours plus tard elle décidait de se déployer dans le Sinaï et de passer à l’attaque. L’armée israélienne qui avait eu toute latitude de se renforcer grâce au gigantesque pont aérien américain ordonné par le président Nixon pour compenser ses pertes, l’attendait de pied ferme. Des centaines de blindés égyptiens furent donc détruits au cours de cette bataille, qui devait marquer l’un des tournants de la guerre, obligeant l’armée à se replier sur sa ligne de départ. Et les Israéliens, sans aucun doute grâce aux images satellites fournies par les Américains, franchissaient même le canal de Suez à la jonction des deux armées égyptiennes et finissaient par détruire les batteries anti-aériennes, placées le long du canal, puis à encercler la 3e armée égyptienne.</p>



<p>Les pays de l’Opep pour une fois unis décidaient alors l’embargo sur le pétrole, et cette mesure conférait alors au conflit israélo-arabe une dimension mondiale. Le cessez-le-feu établi alors sous l’égide des Américains et le processus de désengagement des forces qui en résultait aboutissaient alors à l’établissement d’une zone démilitarisée le long du canal de Suez, progressivement élargie. Mais la paix ne devait finalement être établie entre Israël et l’Egypte qu’après le voyage de Sadate à Jérusalem en 1977, puis les accords de Camp David de 1979, cosignés par les Américains.</p>



<p>L’année 1979 fut d’ailleurs celle de l’avènement de la république des Mollahs en Iran, et de l’invasion de l’Afghanistan par les Soviétiques. La Syrie, elle, refusait de s’associer à cette Pax Americana et choisissait ce qu’elle appelait le camp de la fermeté, soutenue par la Libye et certaines organisations palestiniennes. Ces accords de Camp David ainsi que l’abstention syrienne eurent des conséquences, elles furent responsables de l’invasion israélienne du Liban en 1982. Mais entre-temps la guerre Irak Iran avait débuté, elle devait durer dix ans, faisant voler en éclat l’hypothétique solidarité entre pays producteurs du pétrole.</p>



<p>Quelles conclusions peut-on aujourd’hui tirer de cette guerre, alors que les uns après les autres, les pays arabes <em>«normalisent»</em> leurs relations avec les Israéliens, et qu’ils préfèrent se placer sous le parapluie des Américains en menant entre eux des guerres par procuration pour leur compte ?</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une semi victoire au goût d&rsquo;une défaite</h3>



<p>La guerre de 1973, fut entièrement menée grâce au matériel américain et soviétique et elle s’insère donc bien dans le conflit Est-Ouest de l’époque. Menée par la Syrie et l’Egypte pour libérer leurs territoires occupés en juin 1967, elle fut à son début un succès militaire, grâce à l’effet de surprise obtenu, mais aussi au mépris en lequel dans le monde entier on tenait les Arabes. Les Israéliens ont prétendu des années plus tard que Ashraf Marouane, le gendre du président Nasser, travaillait pour leur compte et les avait prévenus de l’horaire de l’attaque. Ceci semble douteux parce que leurs services secrets n’ont pas l’habitude de dévoiler la date de l’attaque. Et c’est l’Egyptienne Hibah Salim, dont le fiancé travaillait à l’état major de l’armée égyptienne, qui devait être démasquée en tant qu’agent du Mossad. Le couple serait exécuté par les organes de sécurité égyptiens, l’espionne ayant finalement été attirée et enlevée à Tripoli. Quoiqu’il en soit, les Israéliens ne furent informés des desseins égyptiens qu’aux tous derniers moments, et lorsqu’ils le firent savoir, leurs adversaires ne firent qu’avancer la date de l’attaque de quelques heures. Les Israéliens ne disposèrent donc pas du temps nécessaire pour mobiliser leurs réservistes et furent obligés de se battre sur deux fronts ce qui aggrava considérablement leurs difficultés. Mais apparemment les Egyptiens furent surpris par la facilité avec laquelle ils réalisèrent leurs objectifs initiaux, grâce aussi à la collaboration syrienne, et il s’est avéré plus tard que Sadate n’avait jamais eu l’intention de réaliser des objectifs de guerre à la portée de son armée, ceux d’atteindre et de tenir les passages du Sinaï. Il avait placé tous ses espoirs dans une intervention américaine et dans le Docteur Henry Kissinger.</p>



<p>Aujourd’hui, l’Egypte, stratégiquement exclue du Moyen Orient depuis Camp David, est impuissante obtenir la part qui lui revient en Afrique, des eaux du Nil. Pour la Syrie, les choses ont été évidemment bien pires. Ce pays n’est plus qu’un amas de décombres où Russes, Turcs, Iraniens, et Israéliens, s’affrontent. Et l’Arabie Saoudite, qui avait initié l’embargo sur le pétrole afin de venir en aide aux armées égyptienne et syrienne en difficultés, n’a plus actuellement d’autre choix face à l’Iran jugé menaçant que de mener une guerre interminable et épuisante au Yémen, un autre pays arabe.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les Arabes encore et toujours dans la tourmente</h3>



<p>Pour tout dire, après Octobre 1973, les Arabes se sont désintégrés dans les luttes intestines au Liban et au Koweït. Les Américano-israéliens ont eux aussi tiré la leçon de cette guerre. Les Américains ont occupé les champs pétroliers de l’Irak et encerclé l’Iran; ils ont envoyé des troupes en Arabie Saoudite; désormais tout embargo pétrolier est impossible. Et les Israéliens se battent en Syrie pour y empêcher qu’une quelconque armée ne puisse un jour s’y établir pour les attaquer. La guerre pour le contrôle du pétrole et du gaz s’est étendue en Libye et c’est le Maghreb qui est désormais menacé.</p>



<p>Entre-temps, l’islamisme a déstructuré et divisé encore plus les sociétés et il s’appuie sur une puissance étrangère, la Turquie, qui poursuit des objectifs impérialistes sous l&rsquo;ombrelle américaine, en se parant de l&rsquo;oripeau de l&rsquo;islam et du califat.</p>



<p>Si un jour les pays arabes, ou ce qu’il en reste, veulent changer le rapport de force défavorable qu’ils subissent actuellement dans le monde, ils ne pourront le faire qu’en se débarrassant de l’islamisme, en modernisant leurs sociétés et en définissant et en réalisant un minimum d’objectifs stratégiques communs, en collaboration avec des pays comme la Chine et la Russie, qui s’opposent à l’hégémonie américaine. Autrement la spirale infernale dans laquelle est plongé le monde arabo-musulman ne risque pas de s’interrompre de sitôt.</p>



<p><em>* Cardiologue, Gammarth, La Marsa.</em></p>
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		<item>
		<title>Egypte : Décès de l&#8217;ancien président Hosni Moubarak</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Cherif Benyounes]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Feb 2020 11:43:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdel Fattah Sissi]]></category>
		<category><![CDATA[Anouar Sadate]]></category>
		<category><![CDATA[hosni moubarak]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Morsi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;ancien président de l&#8217;Egypte, Mohammed Hosni Moubarak, est décédé aujourd&#8217;hui, 25 février 2020, à l&#8217;âge de 91 ans, suite à un long combat avec la maladie. Né le 4 mai 1928, Hosni Moubarak était vice-président de l&#8217;Egypte en 1981 au moment de l&#8217;assassinat du président de l&#8217;époque, Anouar Sadate, et il lui a succédé après...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/02/25/egypte-deces-de-lancien-president-hosni-moubarak/">Egypte : Décès de l&rsquo;ancien président Hosni Moubarak</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/02/hosni-moubarak-2.jpg" alt="" class="wp-image-283405"/></figure>



<p><strong><em>L&rsquo;ancien président de l&rsquo;Egypte, Mohammed Hosni Moubarak, est décédé aujourd&rsquo;hui, 25 février 2020, à l&rsquo;âge de 91 ans, suite à un long combat avec la maladie. </em></strong></p>



<span id="more-283393"></span>



<p>Né le 4 mai 1928, Hosni Moubarak était vice-président de l&rsquo;Egypte en 1981 au moment de l&rsquo;assassinat du président de l&rsquo;époque, Anouar Sadate, et il lui a succédé après la tenue d&rsquo;une élection. </p>



<p>A l&rsquo;instar de la plupart des chefs d&rsquo;Etats des pays du tiers-monde, il fut ensuite constamment réélu et se voit, logiquement, qualifié de dictateur. </p>



<p>Lors de la révolution égyptienne de 2011, il a été poussé à la démission après plus de 29 ans de gouvernance, et a par la suite été emprisonné et condamné à perpétuité, en juin 2012, pour «<em>meurtre et tentative de meurtre sur des manifestants, abus de pouvoir et de biens sociaux et atteinte aux intérêts de l&rsquo;État</em>».</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/02/hosni-moubarak.jpg" alt="" class="wp-image-283406" width="500"/><figcaption><em><center>Dernière apparition, sur une photo, de Hosni Moubarak (septembre 2018).</em></center></figcaption></figure></div>



<p>En&nbsp;mai 2015, il a été condamné à 3 ans de prison pour avoir détourné plus de 10 millions d&rsquo;euros de fonds publics alloués à l&rsquo;entretien des palais présidentiels.</p>



<p>Finalement, en mars 2017, il a été acquitté pour les accusations de meurtres de manifestants de 2011, profitant probablement du coup d&rsquo;Etat militaire de l&rsquo;actuel président égyptien, Abdel Fattah Sissi, en 2013, contre l&rsquo;islamiste Mohamed Morsi, seul président de l&rsquo;histoire égyptienne à avoir accédé au pouvoir grâce au processus démocratique. Et à la suite d&rsquo;une véritable élections pluraliste et transparente.</p>



<p> Hosni Moubarak a donc été libéré, la même année, après avoir terminé de purger sa peine de prison dans un hôpital militaire. </p>



<p class="has-text-align-right"><strong>C. B. Y.</strong></p>
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