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	<title>Archives des Dr. Sadok Zerelli - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
	<lastBuildDate>Wed, 02 Oct 2024 07:00:28 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Archives des Dr. Sadok Zerelli - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Le maintien du taux directeur de la BCT : une décision irresponsable</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/01/le-maintien-du-taux-directeur-de-la-bct-une-decision-irresponsable/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Oct 2024 06:51:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
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		<category><![CDATA[taux d'intérêt]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le maintien du taux directeur de la BCT à 8% est une décision irresponsable, compte tenu de son impact négatif sur l’environnement économique en Tunisie? </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/01/le-maintien-du-taux-directeur-de-la-bct-une-decision-irresponsable/">Le maintien du taux directeur de la BCT : une décision irresponsable</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Tous les acteurs économiques, qu’ils soient des entreprises ou des ménages ou des investisseurs ou des importateurs ou exportateurs, ont été déçus par la dernière décision de la Banque centrale de Tunisie (BCT) de maintenir son <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/02/tunisie-le-taux-directeur-de-la-bct-maintenu-a-8-5/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">taux directeur à 8%</a>. Pendant plus de deux ans, ces acteurs espéraient et appelaient de tous leurs vœux une baisse significative de celui-ci, afin de desserrer l’étau qui, avec des taux débiteurs de 12% et même 14% appliqués par les banques à leurs clients, étouffe leur activité et handicape leur développement.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Sadok Zerelli </strong>*</p>



<span id="more-14092577"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/03/Sadok-Zerelli.jpg" alt="" class="wp-image-200552"/></figure></div>


<p>Je fais partie de ces déçus, pour des raisons fort différentes qui relèvent de ma formation &nbsp; d’économiste, spécialiste en économie monétaire, et de l’amer constat que toutes les théories que moi-même et d’autres collègues ont enseigné pendant des années à nos étudiants ne servent finalement à rien au niveau des politiques économiques effectivement appliquées, au point qu’il m’arrive parfois de me demander s’il n’aurait pas mieux valu fermer la Faculté des sciences économiques et tous ces institut supérieurs de gestion…</p>



<p>Sans tomber dans le piège du jargon technique et des analyses théoriques incompréhensibles pour le commun des mortels, il est nécessaire d’expliquer par les mots les plus simples pourquoi cette décision est erronée et même irresponsable,&nbsp;compte tenu de son impact négatif sur l’environnement économique et le monde des affaires, qui sont déjà assez moroses et n’avaient pas besoin d’une telle décision pour le devenir davantage.</p>



<p>Ainsi, il faut savoir que toute la politique monétaire appliquée par la BCT, depuis la loi de 2016 qui lui accorde son indépendance, est basée sur l’accroissement continue de son taux directeur, qui a été augmenté à sept ou huit reprises depuis 2017, dans l’espoir d’arriver à maîtriser l’inflation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’échec cuisant de la politique monétaire</h2>



<p>Les fondements théoriques de cette politique monétaire se trouvent dans la fameuse équation quantitative de la monnaie, élaborée par l’économiste américain Milton Friedman, qui lie le niveau général des prix au volume de la masse monétaire en circulation, à la condition que la vitesse de circulation de la monnaie (nombre de fois où un dinar de monnaie fiduciaire ou scripturale change de mains dans une période de temps donnée) reste constante à court terme.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="rIgp3ENnTS"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/08/28/fitch-prevoit-le-maintien-du-taux-directeur-en-tunisie-a-8-jusqua-la-fin-de-2025/">Fitch prévoit le maintien du taux directeur en Tunisie à 8% jusqu’à la fin de  2025  </a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Fitch prévoit le maintien du taux directeur en Tunisie à 8% jusqu’à la fin de  2025   » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/08/28/fitch-prevoit-le-maintien-du-taux-directeur-en-tunisie-a-8-jusqua-la-fin-de-2025/embed/#?secret=hXBL3Wjdrd#?secret=rIgp3ENnTS" data-secret="rIgp3ENnTS" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Même si la validité de cette équation, qu’on appelle aussi l’équation de Cambridge, ne fait pas de doute et qu’elle a été appliquée avec succès dans beaucoup de pays développés, notamment aux Etats-Unis et en Europe, son application en Tunisie s’avère depuis plusieurs années un échec cuisant.</p>



<p>En effet, la condition de base pour que cette politique monétaire, recommandée par le FMI, réussisse est que la vitesse de circulation de la monnaie reste constante d’une période à l’autre, ce qui n’est point le cas en Tunisie. L’explication est à rechercher dans la place qu’occupe le secteur informel dans l’économie tunisienne (certains experts l’estiment à 54% du PIB) et dans le fait que seuls 35% des ménages tunisiens ont un compte bancaire et la majorité préfère&nbsp;donc régler toutes ses transactions en espèces (alors que ce pourcentage atteint 98% dans les pays développés).</p>



<p>En fait, tout se passe comme si, lorsque la BCT augmente son taux directeur, et que les banques commerciales s’empressent de répercuter automatiquement aux taux débiteurs qu’elles appliquent à leurs clients, le nombre et le volume des transactions dans le secteur informel qui sont payées en espèces s’accroissent, annulant ainsi l’effet restrictif sur la masse monétaire que l’augmentation du taux directeur est censée avoir.</p>



<p>Cette explication me semble tellement évidente pour&nbsp;tout économiste qui mérite ce nom et maîtrise un tant soit peu la théorie monétaire, qu’elle me rappelle la fameuse réplique de Sherlock Holmes &nbsp;«<em>C’est élémentaire mon cher Watson»!</em></p>



<p>Mais j’irais plus loin. A supposer que la BCT avait raison d’augmenter continuellement son taux directeur pour réduire le taux d’inflation, celui-ci ayant été réduit à 6,7% actuellement après avoir atteint 11,3% il y a près de deux ans, soit une baisse d’environ 40%, n’est-il pas temps de baisser aussi son taux directeur, ne serait-ce que de quelques dizaines de points, pour relancer un tant soit peu l’activité économique et les investissements qui n’ont jamais atteint des niveaux aussi bas? C’est une question que tout un chacun, même en s’inscrivant dans la logique de la BCT, est en droit de se poser.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’inflation n’est pas du seul ressort de la BCT</h2>



<p>L’argument selon lequel il faut garder un taux directeur aussi élevé pour faire baisser davantage l’inflation ne tient pas la route pour au moins trois raisons.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="49J64gB2p2"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/23/aram-belhadj-la-hausse-du-taux-directeur-ne-freinera-pas-une-inflation-importee/">Aram Belhadj : «La hausse du taux directeur ne freinera pas une inflation importée»</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Aram Belhadj : «La hausse du taux directeur ne freinera pas une inflation importée» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/23/aram-belhadj-la-hausse-du-taux-directeur-ne-freinera-pas-une-inflation-importee/embed/#?secret=nzVZMTxDNi#?secret=49J64gB2p2" data-secret="49J64gB2p2" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>La première est que la lutte contre l’inflation ne relève pas de la compétence exclusive de la BCT, au point de s’attribuer les lauriers d’une baisse même relative de celle-ci. En effet, tous les départements ministériels assument une part de responsabilité dans le processus inflationniste dans le sens où ils sont appelés à mettre en place, chacun dans son secteur, une politique qui permet l’accroissement de la production pour réduire les pénuries de produits (première source d’inflation) tout en réduisant les coûts de production (deuxième source d’inflation). En particulier, le département du commerce assume une responsabilité particulière dans le domaine de la lutte contre l’inflation dans le sens où il doit veiller à assainir les circuits de distribution et lutter efficacement contre la spéculation (troisième source d’inflation), comme ne cesse de le réclamer le président de la république dans tous ses discours.</p>



<p>La deuxième raison est que la baisse toute relative de&nbsp;l’inflation semble due, non pas au niveau élevé du taux directeur et son impact sur la masse monétaire en circulation, comme semble le croire les dirigeants de la BCT, mais davantage à l’accroissement du chômage, au blocage des salaires et à la baisse du pouvoir d&rsquo;achat des agents économiques qui ont engendré&nbsp;une demande finale plus faible.</p>



<p>La troisième raison est d’ordre méthodologique et stratégique : les dirigeants de la BCT n’ignorent certainement pas que les taux officiels d’inflation, tels que publiés par l’INS, sont des indicateurs biaisés qui ne reflètent pas l’inflation réelle ressentie par les agents économiques et sur laquelle ils basent leurs décisions de consommation, de production et d’investissement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un taux d’inflation inexact car sous-évalué</h2>



<p>En effet, la méthodologie de calcul de cet indicateur par l’INS est basée sur&nbsp;un <em>«panier de la ménagère»</em> qui est censé refléter la structure de consommation d’un ménage moyen en Tunisie, qui date des années 1970 et qui n’a jamais été actualisé depuis. Dans ce panier, la consommation de pain et de pâtes constitue environ 30% du budget de consommation d’un ménage, ce qui n’est plus le cas depuis de nombreuses années, sous l’effet de l’amélioration du niveau de vie et du matraquage publicitaire notamment. Comme il s’agit de produits subventionnés, dont les prix restent constants, cela tire vers le bas l’indice général des prix et aboutit à deux taux d’inflation officiels qui sont loin de refléter l’inflation réelle que chacun et chacune peut ressentir dans sa vie quotidienne (voir à ce sujet mon article publié sur ce sujet dans Kapitalis et intitulé&nbsp;: <em><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/04/03/les-statistiques-officielles-sont-une-forme-de-mensonges-scientifiques/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«Les statistiques officielles : une forme de mensonges scientifiques»</a></em>).</p>



<p>En effet, qui peut croire à une baisse de l’inflation,&nbsp; qui est officiellement et selon l’INS passée de 11,3 % il y a peine deux ans à 6,7% en glissement annuel le mois dernier, lorsque le prix d’un litre d’huile d&rsquo;olive a atteint 25 dinars dans un pays qui en est le troisième producteur mondial, ou que le kilogramme de viande ovine&nbsp;a atteint 50 dinars dans un pays où le SMIG ne dépasse pas 450 dinars, ou que le kilogramme de sardines&nbsp;(appelée <em>«poisson du peuple»</em>) a dépassé 14 dinars dans un pays qui a 1200 km de côtes&#8230; Et encore, je ne parle pas des fruits qui sont introuvables à moins de 7 dinars le kilogramme dans un pays où l’agriculture occupe la première place dans l’économie!</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="7W4BcCZZLW"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/23/tunisie-le-relevement-inapproprie-et-douloureux-du-taux-directeur/">Tunisie : Le relèvement inapproprié et douloureux du taux directeur</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Le relèvement inapproprié et douloureux du taux directeur » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/23/tunisie-le-relevement-inapproprie-et-douloureux-du-taux-directeur/embed/#?secret=tPLbeQ2j4w#?secret=7W4BcCZZLW" data-secret="7W4BcCZZLW" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Face à cette réalité que personne ne peut nier, maintenir un taux directeur à un niveau aussi élevé qui hypothèque l’investissement et la croissance économique, sur la base du suivi de ce seul indicateur publié par de l’INS que tout économiste digne de ce nom sait qu’il est biaisé, relève de l’irresponsabilité.</p>



<p>Pire, se vanter d’avoir soi-disant réussi à réduire l’inflation, grâce à sa politique monétaire restrictive et des taux directeurs élevés, comme le font les responsables de la BCT dans leurs déclarations aux médias, est une insulte à l’intelligence des Tunisiens, particulièrement les économistes d’entre eux, et un affront à la ménagère qui va tous les jours au marché pour rentrer son couffin de plus en plus vide pour le même budget de dépenses!</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le naufrage de la profession de journaliste</h2>



<p>Je ne terminerais pas cet article critique de la dernière décision de la BCT de maintenir son taux directeur à un niveau élevé, sans mentionner un fait particulièrement frustrant pour un économiste de la <em>«vieille école»</em> comme moi, une espèce en voie de disparition&#8230; Il concerne le parti-pris des médias en faveur des politiques économiques officielles et l’absence de tout débat contradictoire sur ces questions pourtant déterminantes pour le niveau de vie de la population et l’avenir des générations futures. Que les médias publiques le font par soumission au pouvoir en place pourrait se comprendre (et encore, cela se discute d’un point de vue déontologique), mais que des radios et des chaînes de TV privées n’invitent à leurs émissions et programmes que les mêmes économistes qui débitent des banalités et ne font qu’applaudir les politiques économiques officielles sans aucun esprit critique, est un triste indicateur du naufrage de la profession de journaliste et de l’espace médiatique audiovisuel dans ce pays. Sans une presse et des médias libres et ouverts à tous les avis d’experts, au moins sur des questions aussi techniques, il n’y a point de salut car ce n’est pas moi mais bien Descartes qui disait que «<em>De la contradiction naît la vérit</em>é».</p>



<p>En conclusion et sans m’aventurer sur le terrain miné de la politique, j’aimerais partager deux déceptions. La première est que pendant des années, j’avais attribué cette politique monétaire restrictive basée sur des taux directeurs élevés aux convictions personnelles d’économiste monétariste appartenant à l’Ecole de Chicago de l’ancien gouverneur. Or, je constate que le changement de gouverneur par un nouveau qui a un profil diffèrent n’a pas engendré un changement de la politique monétaire. A quoi sert-t-il alors?</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="hfZ6bDANhT"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/24/tunisie-augmentation-du-taux-directeur-de-la-bct-un-remede-pire-que-le-mal/">Tunisie &#8211; Augmentation du taux directeur de la BCT : un remède pire que le mal ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie &#8211; Augmentation du taux directeur de la BCT : un remède pire que le mal ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/24/tunisie-augmentation-du-taux-directeur-de-la-bct-un-remede-pire-que-le-mal/embed/#?secret=IjHSJ5s4l3#?secret=hfZ6bDANhT" data-secret="hfZ6bDANhT" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>La deuxième déception est quand&nbsp; le président de la république a reçu la semaine dernière et à deux reprises le gouverneur de la BCT, j’avais espéré qu’en tant que chef de tout l’Etat et premier responsable de la politique économique et financière du pays, y compris celle menée par la BCT malgré l&rsquo;indépendance que lui accorde la loi de 2016, il lui donnerait des instructions pour baisser le taux directeur de plusieurs centaines de points et de le ramener à un niveau comparable avec celui de pays concurrents tels que le Maroc, la Jordanie et la plupart des pays africains (de l’ordre de 4%). Dans une période électorale où il est candidat à sa propre réélection, une telle mesure parfaitement justifiée sur le plan économique aurait accrue sa popularité tout en constituant un ballon d’oxygène pour les entreprises et les ménages qui ne cessent de payer les conséquences des décisions irresponsables prises par certains responsables. Il faut savoir qu’une telle décision de baisse significative du taux directeur de la BCT ne serait <em>«préjudiciable»</em> qu’aux banques commerciales qui réaliseraient moins de bénéfices sur le dos de l’Etat, lors de leur souscription aux bons du trésor émis par celui-ci pour financer son déficit budgétaire. Comme elles en ont largement profité depuis le temps que la BCT a commencé à accroitre son taux directeur (2017), elles ne seraient pas à plaindre. Au lieu de cela, il paraît, d’après les communiqués officiels publiés par la présidence de la république, qu’il n’a évoqué avec lui que la question du financement des associations par des pays étrangers et la nécessité de les poursuivre judiciairement, comme si mettre en prison les responsables de ces associations relancerait l’investissement, créerait des emplois et donnerait à manger à ceux qui ont faim et qui sont légions&#8230;</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/01/le-maintien-du-taux-directeur-de-la-bct-une-decision-irresponsable/">Le maintien du taux directeur de la BCT : une décision irresponsable</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le legs de ma génération à la génération suivante</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/29/le-legs-de-ma-generation-a-la-generation-suivante/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Aug 2023 08:44:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Que laisse la génération d'après l'indépendance à celle d'aujourd'hui ? Bilan sous forme d'excuses... </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/29/le-legs-de-ma-generation-a-la-generation-suivante/">Le legs de ma génération à la génération suivante</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Si chaque génération transmet à la suivante un monde pire que celui qu’elle a reçu, la civilisation humaine finira par disparaître. Aussi une question s’est-elle imposée à l’auteur : Que laisse ma génération à la génération suivante ?</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Sadok Zerelli&nbsp;</strong></p>



<span id="more-9561797"></span>



<p>Lorsque qu’on atteint le crépuscule de sa vie (à 74 ans, je peux dire que c’est mon cas), on se rend compte que même si le corps vieillit sous le poids de l’âge et des maladies dites chroniques propres au troisième âge (diabète, arthrose, cholestérol, etc.), l’esprit reste aussi vif qu’à vingt ans et n’arrête pas de <em>«gamberger»</em> dans tous les sens pour trouver des réponses à des questions qu’on ne pensait jamais se poser.</p>



<p>Certaines de ces questions sont d’ordre personnel (Ai-je atteint les objectifs que je m’étais donnés durant ma jeunesse? Ai- je réalisé la carrière dont je rêvais? Ai-je réussi l’éducation de mes enfants ?, etc.), d’autres sont d’ordre métaphysique (Y-a-il une vie après la mort? Le paradis et l’enfer existent-ils vraiment et si oui, où est-ce-que je risque de finir, compte tenu de mes actions sur terre et de mes croyances?, etc.), et d’autres se situent entre les deux, telles que celles-ci: Que laisse ma génération à la génération suivante ? Est-ce-que l’état du monde qu’elle a reçu de la génération de ses parents est meilleur ou pire que celui qu’elle laissera à ses enfants et petits enfants?&nbsp;</p>



<p>La réponse à ces questions varie certainement d’une personne à une autre, selon son vécu, sa conception du sens de la vie sur terre, sa conscience de la mort inévitable qui s’en suivra, ses croyances religieuses ou philosophiques&#8230;&nbsp;</p>



<p>Pour ma part, étant un économiste (il m’arrive quelquefois de regretter de l’être) qui a la déformation professionnelle de raisonner toujours en termes de bilans, j’ai essayé dans ce qui suit de répondre à ces questions en établissant celui de ma génération, ou celui que je crois être, tout en sachant que je suis loin d’être objectif et que beaucoup de lecteurs et de lectrices vont le contester avec des arguments probablement aussi valables que les miens.&nbsp;</p>



<p>Autant dire que les développements qui suivent visent plus à lancer un débat sur ces questions existentielles qu’à asséner des vérités que personne ne détient, moi en premier.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="sfXRIbZjTA"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/04/tunisiens-arretons-de-mendier-et-mettons-nous-au-travail/">Tunisiens, arrêtons de mendier et mettons-nous au travail!</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisiens, arrêtons de mendier et mettons-nous au travail! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/04/tunisiens-arretons-de-mendier-et-mettons-nous-au-travail/embed/#?secret=hSLB9254Jj#?secret=sfXRIbZjTA" data-secret="sfXRIbZjTA" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Comme chaque bilan doit comporter un actif et un passif, je vais commencer par ce dernier car il est malheureusement le plus lourd et le plus évident à établir :</p>



<p>1- <strong>Une dette publique excessive</strong> : J’avais calculé dans un article précédent publié sur Kapitalis (<em>«<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/04/tunisiens-arretons-de-mendier-et-mettons-nous-au-travail/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Tunisiens, arrêtons de mendier et mettons-nous au travail</a> !»</em>) que sur la base des chiffres publiés par le ministère des Finances même, la dette publique souveraine (en devises) ou locale (auprès des banques commerciales) s’élève à 30 450 dinars par Tunisien actif occupé, à l’exclusion des enfants, des chômeurs et des personnes âgées.</p>



<p>Cette dette contractée par l’Etat et qui doit être remboursée par tous les contribuables futurs ne fera évidemment que croître avec les nouveaux emprunts que l’Etat compte contracter pour combler&nbsp;son déficit budgétaire (s’il arrive à le faire) et avec la dépréciation continue du Dinar qui ne semble pas s’arrêter.</p>



<p>Compte tenu du niveau des revenus de la nouvelle génération, au cas où elle trouvera un emploi, il lui faudra plusieurs années de travail pour rembourser une dette publique contractée par la génération de ses parents, dont elle n’a pas bénéficié et pour laquelle elle n’a même pas été consultée. Cela pose un véritable problème de société et de justice entre les générations, qui relève d’ ailleurs davantage de la morale et de l’éthique que de l’économique. A telle enseigne, que le célèbre économiste anglais J. M. Keynes avait rédigé à la fin de sa vie un petit livre peu connu intitulé <em>‘‘Lettre à mes petits enfants’’</em> dans lequel il examine l’impact du fonctionnement de l’économie du marché sur la justice sociale non seulement entre catégories sociales de la même génération, mais aussi entre générations différentes et dans lequel il va jusqu’à proposer de changer le nom de l’économie de <em>«science économique»</em> en <em>«science de la morale»</em>.&nbsp;</p>



<p>2- <strong>Un ascenseur social en panne</strong> : Presque toute ma génération, en particulier ceux issus des classes moyennes et pauvres, qui étaient légions, ont bénéficié à fond de la vision moderniste de Bourguiba, qui était certes un dictateur, mais un dictateur éclairé qui a su édifier un État-providence qui prenait en charge les frais de scolarité de tous les enfants, leur fournissait leurs fournitures scolaires, les logeait et nourrissait dans des internats et leur accordait même des bourses pour leur argent de poche.</p>



<p>C’était un système d’enseignement incomparable avec celui en vigueur aujourd’hui où les parents de deux ou trois enfants doivent consacrer au moins la moitié de leur budget pour faire face aux dépenses de scolarité de leurs enfants inscrits, même dans les écoles publiques, et pour payer des cours particuliers que tout enseignant de mon époque digne de ce nom aurait honte de percevoir sur ses élèves parce qu’il les considère contraires à la noble mission d’enseignement dont il se sentait investi.</p>



<p>En travaillant normalement et sans être des génies, nous arrivions presque tous à gravir tous les échelons de l’enseignement et à décrocher&nbsp;nos diplômes pour trouver tout de suite et même avec&nbsp;l’embarras du choix des emplois et des carrières qui nous permettaient de gagner nos vies, faire de belles carrières, fonder nos familles et nous valoriser dans la société.&nbsp;</p>



<p>Aujourd’hui, avec un taux de chômage de l’ordre de 40% parmi les diplômés de l’enseignement supérieur, on peut affirmer que cet ascenseur social est en panne, dans le sens où avoir un diplôme est loin de garantir un emploi, comme le dit à juste raison un des slogans des jeunes : <em>«Tu étudies ou pas, il n’y a pas d’ avenir»</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="9SIONH5JkE"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/18/leconomie-expliquee-a-kais-saied-en-quatre-lecons/">L’économie expliquée à Kaïs Saïed en quatre leçons</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’économie expliquée à Kaïs Saïed en quatre leçons » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/18/leconomie-expliquee-a-kais-saied-en-quatre-lecons/embed/#?secret=cXhkInODu8#?secret=9SIONH5JkE" data-secret="9SIONH5JkE" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>On peut discuter longuement sur les raisons pour lesquelles l’ascenseur social est en panne : est-ce la faiblesse de la croissance économique qui ne crée pas assez d’emplois ou est-ce l’inadaptation entre la formation donnée à ces diplômés et les besoins réels de l’économie? Probablement les deux à la fois. Il n’empêche que la faute revient à ma génération qui n’a pas n’a pas mis en œuvre des politiques de développement économique qui créent assez d’emplois, ou n’a pas su donner à la génération suivante une formation qui correspond aux besoins du marché.&nbsp;</p>



<p>3- <strong>Un système d’enseignement en état avancé de délabrement </strong>: Tous les observateurs, acteurs du système et parents d’élèves reconnaissent que le système d’enseignement primaire, secondaire et supérieur, public et privé confondus, ne cesse de se dégrader d’une année à l’autre et que le niveau moyen des élèves et des diplômés produit par ce système ne cesse de baisser.</p>



<p>&nbsp;Certes, le système semble performant en&nbsp; nombre de diplômés puisque on compte plusieurs centaines de milliers de diplômés, des dizaines de milliers de titulaires d’un master ou même d’un doctorat, mais il faut reconnaître que dans ce domaine la quantité cache la qualité.</p>



<p>D’ailleurs, selon le classement de l’Université de Shanghai des meilleures universités dans le monde, la première université tunisienne arrive au rang de&#8230; 975<sup>e</sup> !&nbsp;</p>



<p>Compter sur l’émergence et le développement des universités privées pour améliorer ce score et la qualité de l’enseignement dans nos universités est un leurre. En effet, à part quelques universités qui se comptent sur les doigts d’ une seule main et qui ont été fondées par d’anciens professeurs universitaires qui sont des passionnés de leur métier, toutes les autres l’ont été par des hommes d’affaires qui n’ont pas enseigné une seule heure de leur vie, qui ne connaissent rien à la pédagogie et à la formation et qui voient dans l’enseignement supérieur avant tout un <em>«créneau»</em> du marché ou une <em>«niche de profit»</em> qui leur permettra de s’enrichir au plus vite en profitant de la dégradation de l’enseignement public et du désarroi qu’elle a provoqué chez les parents des étudiants.</p>



<p>Là aussi, on peut discuter longtemps sur les causes et les responsables de la dégradation du niveau de l’enseignement public et privé, est-ce le système lui-même? Est-ce les programmes qui y sont enseignés? Est-ce le niveau des enseignants eux-mêmes&nbsp;?</p>



<p>Certainement tous ces facteurs à la fois mais cela ne change rien à la conclusion que ma génération (corps enseignant, cadres et ministres de l’éducation nationale ou de l’enseignement supérieur ou simples parents d’élèves) n’a pas su former et préparer la génération suivante pour affronter le phénomène de la mondialisation et faire face à la compétitivité internationale accrue par l apparition de l’Internet.&nbsp;</p>



<p><strong>4- L’émigration n’est plus un choix mais une nécessité : </strong>De mon temps, on émigrait par ambition personnelle, pour faire des études de troisième cycle qu’on ne pouvait pas faire en Tunisie, pour découvrir d’autres horizons et civilisations, mais toujours avec l’intention de revenir un jour ou l’autre au pays.</p>



<p>Aujourd’hui, l’émigration a changé de visage, de motif et de profil. Que ce soit l’émigration légale par avion avec visa et contrat de travail, ou illégale&nbsp;sur des embarcations de fortune, sans visa ni contrat de travail, il y a un air de non retour, de désespoir dans la possibilité de vivre dans ce pays et de son abandon définitif pour aller tenter de refaire sa vie ailleurs. Je n’en veux comme preuve que certains de nos migrants&nbsp;n’hésitent pas à embarquer avec eux femmes et enfants en bas âge et leur font courir le risque de se noyer avec eux, tellement ils ont perdu tout espoir dans ce pays.</p>



<p>Le profil des candidats à l’émigration a changé aussi : ce ne sont plus des ouvriers et des manœuvres qui partent travailler à l’étranger pour envoyer un peu d’argent à leurs familles restées en Tunisie, mais des médecins, ingénieurs, informaticiens et autres cadres supérieurs qui sont soit au chômage, soit qu’ils ne trouvent pas l’environnement professionnel qui leur permet de&nbsp; progresser et de s’épanouir.</p>



<p>Ainsi, certaines sources estiment à 8000 médecins, 6000 informaticiens, 2000 ingénieurs, etc., le nombre de cadres supérieurs que la Tunisie a formé au coût de plusieurs millions de dinars mais dont d’autres pays profiteront pour améliorer les conditions de vie de leurs populations.</p>



<p>Ce gâchis qu’on appelle d’un terme pompeux <em>«la fuite des cerveaux»</em> et qui est devenu depuis quelque temps une véritable <em>«hémorragie des cerveaux»</em> est à mettre incontestablement au passif de la génération qui était aux commandes dans ce pays, à différents échelons et dans divers secteurs, c’est-à-dire ma génération.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="YdL9JRwO4M"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/27/la-banque-centrale-de-tunisie-ou-la-politique-de-la-fuite-en-avant/">La Banque centrale de Tunisie ou la politique de la fuite en avant</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Banque centrale de Tunisie ou la politique de la fuite en avant » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/27/la-banque-centrale-de-tunisie-ou-la-politique-de-la-fuite-en-avant/embed/#?secret=9CBGYRXwzi#?secret=YdL9JRwO4M" data-secret="YdL9JRwO4M" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ce constat est d autant&nbsp; plus triste à faire que nos enfants ayant fui en Europe, même quand ils sont des cadres supérieurs, sont souvent exploités, sous-payés et victimes de racisme que la montée des partis politiques d’extrême droite qu’on observe partout en Europe et certaines déclarations pour le moins maladroites de notre président Kaïs Saïed, telles que celle-ci&nbsp;: <em>«Les migrants subsahariens sont des hordes qui menacent le caractère arabo-musulman de la population tunisienne»</em> * laissant entendre que les Tunisiens sont eux-mêmes racistes vis-à-vis des migrants subsahariens n’ont fait qu’exaspérer.&nbsp;</p>



<p><strong>5- Un système de santé à double vitesse</strong> : N’étant pas de formation médicale, je ne connais pas grand chose du fonctionnement du secteur médical pour en parler en connaissance de cause. Mais en tant que citoyen, il y a trois choses qui me frappent : la prolifération des cliniques privées, la cherté de tout acte médical et le plafond ridiculement bas fixé par la Cnam pour le remboursement des soins et des médicaments.</p>



<p>Comme la prolifération des universités privées est un signe qui ne trompe pas sur la dégradation de l’enseignement public, la prolifération des cliniques privées est un signe qui ne trompe pas sur la dégradation de la santé publique.</p>



<p>Aujourd’hui, pour le moindre bobo et un séjour même d’une nuit dans une clinique privée, il faut décaisser plusieurs milliers de dinars dont une bonne partie pour des frais de séjour tarifés plus cher que dans un hôtel cinq étoiles.</p>



<p>Tout comme l’enseignement privé, les cliniques privées sont devenues un<em> «business»</em> très rentable où la santé du malade et la vie humaine ne comptent pas devant la recherche du profit.</p>



<p>Alors que l’enseignement et la santé sont des services publics de base que tout Etat est tenu de fournir à toutes les classes sociales, qu’elles soient riches ou pauvres, la nouvelle génération doit vivre dans un système de santé à deux vitesses : un gratuit ou presque, mais de très mauvaise qualité et un autre de bonne qualité mais que seuls les riches peuvent se payer, ce qui crée une injustice sociale de plus à mettre au passif du bilan de ma génération qui était aux commandes de ce pays, qui a laissé faire sinon profité de ce système.&nbsp;</p>



<p><strong>6- Un désert culturel :</strong> Ma génération a grandi avec la radio et, pour les plus riches et plus chanceux, une télévision en noir et blanc avec une seule chaîne nationale. Notre principale distraction, surtout pendant les longues vacances de l’été, était la lecture et on dévorait tout ce qui nous tombait sous la main : littérature française et arabe, histoire, romans policiers, livres illustrés, etc.</p>



<p>Ma génération n’a pas su transmette à la génération suivante l’envie et le plaisir de la lecture. Aujourd’hui, Facebook et les autres réseaux sociaux ne laissent plus de temps de lecture à la &nbsp;génération Y qu’on appelle aussi la génération digitale. Qui de cette génération a lu Zola ou Tolstoï ou Hemingway ou, pour parler de la littérature arabe, Taha Hussein&nbsp;ou Georgy Zeidane ou Taoufiq El-Hakim ? Qui écoute les symphonies de Wagner, de Mozart ou Beethoven? Sur quelle chaîne de télé ils peuvent suivre des émissions telles que<em> ‘‘Les dossiers de l’écran’’</em> ou<em> ‘‘Apostrophes’’</em> ou même <em>‘‘Le commandant Cousteau’’</em>? Ce n’est certainement pas en regardant les soi-disant talk-shows sur les chaînes de télé tunisiennes où les animateurs et les chroniqueurs rivalisent de débilités pour faire de l’audimat ou en allant voir des soi-disant <em>«one man shows»</em> où des artistes ou ceux qui se prennent comme&nbsp; tels, confondent humour et vulgarité, que les jeunes de la nouvelle génération vont pouvoir combler leur vide ou désert culturel.</p>



<p>Le résultat est une jeunesse aux idées uniformes, alignées sur la culture américaine qui transite par l’Europe pour arriver chez nous à travers les réseaux sociaux, pour qui l’apparence physique compte plus que la culture et qui imite même dans sa tenue vestimentaire les tendances qui sont véhiculées par Facebook, Tick Tok, Instagram et autres réseaux sociaux.&nbsp;</p>



<p><strong>7- La dégradation de l’environnement </strong>: La nouvelle génération Y hérite d’une planète Terre où il fait incontestablement moins bon de vivre que celle que nous avons héritée de nos parents : pollution de l air, raréfaction des ressources aquatiques et maritimes, déforestation, trou d’ozone de plus en plus grand, réchauffement climatique, dérèglement des saisons et j’en passe.</p>



<p>Certes, ce n’est pas la faute à la génération précédente seulement, mais à toutes les générations qui se sont succédé depuis la révolution industrielle, mais la mienne avec son modèle de vie basé sur la consommation à outrance a certainement accéléré le processus de dégradation des conditions de la vie sur terre. Au point que certains scientifiques estiment que la température moyenne de la terre augmentera de +1,5 Celsius d’ici 50 ans, entraînant une fonte plus rapide des glaces polaires, de grandes inondations, un relèvement du niveau de la mer qui inondera plusieurs villes côtières, etc. Or, un horizon de 50 ans n’est pas si loin que cela et c’est même l’âge où la génération Y née autour de l’année 2000 aura mon âge !&nbsp;</p>



<p>Face à ce passif très lourd de ma génération et sachant qu’un bilan doit comporter forcément un passif et un actif j’ai essayé d’identifier ce que je pourrais mettre à son actif dont elle pourrait être fière. J’avoue que j ai dû vraiment <em>«me creuser les méninges»</em> pour arriver à en identifier deux, mais je serais heureux si les lecteurs et lectrices en identifient d’autres et qu’ils m’en fassent part dans leurs commentaires:</p>



<p><strong>1- Une plus grande combativité</strong> : Ayant hérité de la génération de leurs parents d’un monde plein d’obstacles et où il est beaucoup plus difficile de faire sa vie et de s’épanouir que celui que ma génération a connu, les jeunes Tunisien(ne)s d’aujourd’hui font preuve d’un courage et d’une combativité qui forcent l’admiration. J’en connais qui sont partis dans les coins les plus reculés d’Afrique et les pays&nbsp;lointains d’Australie, de Nouvelle Zélande ou d’Asie pour livrer le combat et se faire leur chemin dans ce monde.</p>



<p>Cette combativité se ressent d’ailleurs davantage chez les filles qui sont obligées de livrer deux combats : l’un contre toutes les difficultés que tous les jeunes doivent affronter dans le monde que ma génération leur a&nbsp;léguées, et l’autre contre la misogynie et les mentalités patriarcales qui demeurent encore dans notre société arabo-musulmane malgré la promulgation du Code du statut personnel, etc.</p>



<p>J’ai pu observer dans un secteur d’activité que je connais bien, celui du consulting international, que beaucoup de jeunes femmes tunisiennes, ingénieures en génie civil, ayant la trentaine et célibataires, n’hésitent pas à passer deux ou trois mois en pleine brousse africaine pour contrôler des travaux de construction de routes, dans les endroits les plus reculés du monde, où il n’y a pas de <em>«toilettes»</em> ni pour femmes ni pour hommes, dormant dans des containers transformés en chambres d’hôtel et entourées d’ouvriers autochtones qui, pour la plupart, n’ont jamais vu une femme blanche de leur vie.</p>



<p>Ces jeunes femmes constituent une nouvelle race qui n’existait pas lorsque j’ai commencé le métier du consulting il y a 30 ou 40 ans et où tous les ingénieurs en génie civil étaient des hommes.&nbsp;</p>



<p><strong>2- Une plus grande ouverture sur le monde</strong>: Grâce aux nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC) qui n’existaient pas de mon temps, la nouvelle génération est incontestablement plus informée sur l’état du monde, les dernières découvertes technologiques, les dernières tendances dans tous les domaines de la vie. Même s’ils ne connaissent pas tout, ils sont capables par quelques clics sur leur téléphone portable d’accéder à toutes les informations sur n’importe quel sujet.</p>



<p>Malgré cette plus grande connectivité au reste du monde, j’ai hésité à mettre cette plus grande ouverture sur le monde au chapitre des avantages pour la nouvelle génération par rapport à la mienne, parce qu’elle est à double tranchant : elle est un avantage si elle est bien utilisée pour se former et progresser dans la vie, comme elle peut être un inconvénient si elle est mal utilisée.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="MmxOS0W1mz"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/22/solutions-pour-sortir-du-bras-de-fer-entre-kais-saied-et-le-fmi/">Solutions pour sortir du bras de fer entre Kaïs Saïed et le FMI</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Solutions pour sortir du bras de fer entre Kaïs Saïed et le FMI » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/22/solutions-pour-sortir-du-bras-de-fer-entre-kais-saied-et-le-fmi/embed/#?secret=7reU9WgWkR#?secret=MmxOS0W1mz" data-secret="MmxOS0W1mz" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>En effet, j’ai lu quelque part que 95% des Français&nbsp;utilisent Internet pour se connecter sur des sites pornographiques ou de rencontres pour adultes ! Je n’ai aucune idée sur ce pourcentage en Tunisie, mais je ne serais pas surpris d’apprendre qu’il est assez consistant, surtout parmi nos jeunes, avides de découvrir le monde de la sexualité comme tous les jeunes du monde. Or,&nbsp;j’imagine les dégâts que ces films pornographiques qui réduisent les femmes à des objets sexuels peuvent faire dans l’esprit d’un préadolescent de 13 ou 14 ans et de sa représentativité des relations entre hommes et femmes.&nbsp;</p>



<p>J’ai lu quelque part aussi que 52% des couples en France se sont connus en ligne à travers des sites de rencontres dont l’ordinateur a <em>«matché»</em> les profils. Sans être particulièrement romantique, je trouve que c’est triste pour un homme ou une femme de ne pas connaître durant leurs vies la passion telle que décrite par l’un de plus beaux poèmes de Nizar Qabbani <em>«un regard puis un sourire puis un rendez-vous, puis une rencontre puis une romance»</em>.&nbsp;</p>



<p>En conclusion de cette réflexion personnelle sur le legs de ma génération à la suivante que je partage avec d’autres mais que je ne je ne demande à personne de partager, j’ai bien envie de demander <em>«pardon»</em> à la génération qui a suivi la mienne en espérant qu’elle saura transmettre à la génération qui la suivra un monde meilleur que celui que ma génération lui a transmis. Autrement, si chaque génération transmet à la suivante un monde pire que celui qu’elle a reçu, la civilisation humaine finira par disparaître. C’est peut- être la destinée de l’Humanité et que c’est ainsi que finira la vie sur terre. </p>



<p>*&nbsp;<em>Economiste consultant international.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/29/le-legs-de-ma-generation-a-la-generation-suivante/">Le legs de ma génération à la génération suivante</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>L’économie expliquée à Kaïs Saïed en quatre leçons</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Aug 2023 08:05:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Hachani]]></category>
		<category><![CDATA[Banque Mondiale]]></category>
		<category><![CDATA[Dr. Sadok Zerelli]]></category>
		<category><![CDATA[FMI]]></category>
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		<category><![CDATA[politique monétaire]]></category>
		<category><![CDATA[taux d'inflation]]></category>
		<category><![CDATA[taux d'intérêt]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Si le pouvoir d’un seul homme pourrait servir à sauver l'économie tunisienne d’un effondrement annoncé, on pourrait au moins dire «A quelque chose un malheur est bon». </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/18/leconomie-expliquee-a-kais-saied-en-quatre-lecons/">L’économie expliquée à Kaïs Saïed en quatre leçons</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Si la concentration de tous les pouvoirs entre les mains d</em></strong> »<strong><em>un seul homme permettrait</em></strong> <strong><em>de sauver l&rsquo;économie tunisienne d’un effondrement que tous les experts et agences de notation internationales prédisent pour le très court terme, on pourrait au moins dire «A quelque chose un malheur est bon». Encore faut-il que des décisions courageuses soient prises en urgence pour redresser l’économie nationale.</em></strong><em><strong> </strong>(Illustration: Kaïs Saïed et Ahmed Hachani, un duo de novices en économie à la tête d&rsquo;un Etat en crise). </em></p>



<p>Par <strong>Dr Sadok Zerelli</strong> *</p>



<span id="more-9428444"></span>



<p>Tous les observateurs, à l’exception des soutiens inconditionnels de Kaïs Saïed qui l’appuient quoiqu’il décide, sont surpris sinon déçus par la nomination d’Ahmed&nbsp;Hachani au poste de nouveau chef du gouvernement, un juriste comme lui sans aucune formation économique et dont le parcours professionnel se limite à la direction des ressources humaines et à la présidence de l’amicale des employés de la Banque centrale de Tunisie (BCT).</p>



<p>D’ailleurs Tunindex, l’indice des valeurs boursières, s’est affiché au rouge&nbsp; dès le lendemain de cette nomination, reflétant ainsi le scepticisme sinon le pessimisme des milieux d’affaires suite à cette nomination. Encore s’il avait dirigé une direction technique au sein de la BCT telle que celle du&nbsp; marché monétaire interbancaire ou celle du financement extérieur, on pourrait espérer que, même s’il n’avait pas une formation économique de base, il aurait été formé sur le tas et aurait appris à&nbsp; maîtriser les mécanismes complexes de financement d’une économie et les instruments de politiques monétaires/réelles possibles pour réaliser la croissance économique et lutter contre l’inflation&nbsp; et le chômage.</p>



<h2 class="wp-block-heading">A la tête de l’Etat, deux novices en économie&nbsp;</h2>



<p>Les défis qui se posent au pays dans cette conjoncture extrêmement délicate, où l’économie selon tous les experts nationaux et internationaux est au bord de l’effondrement, étant avant tout d’ordre économique et social, tous les experts et les hommes politiques, y compris moi-même, s’attendaient&nbsp; et espéraient même que le président Kaïs Saïed profite de ce changement à la tête du gouvernement pour nommer un excellent économiste ayant une expérience internationale prouvée (je pense à un profil tel que celui de Ferid Belhaj, vice-président de la Banque Mondiale pour l’Afrique du Nord et la région Mena), pour le conseiller sur la stratégie et la politique économique à suivre pour sortir l’économie de la grave impasse dans laquelle elle se trouve et lui épargner le passage humiliant pour notre souveraineté nationale, si chère à notre président, devant le Club de Paris.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="WsZYnDM9Of"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/04/tunisiens-arretons-de-mendier-et-mettons-nous-au-travail/">Tunisiens, arrêtons de mendier et mettons-nous au travail!</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisiens, arrêtons de mendier et mettons-nous au travail! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/04/tunisiens-arretons-de-mendier-et-mettons-nous-au-travail/embed/#?secret=vzjIXUn6YM#?secret=WsZYnDM9Of" data-secret="WsZYnDM9Of" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Malheureusement, ce n’est pas le cas et il va falloir faire avec le choix du président et compter sur deux juristes, tous deux novices en économie, pour remettre l’économie de ce pays sur les rails de la croissance, absorber le chômage et améliorer le niveau de vie de la population et catégories sociales, objectifs ultimes de tout régime politique qu’il soit de gauche ou de droite et du centre, parlementaire ou présidentiel, islamique ou laïc, démocratique ou dictatorial, etc.</p>



<p>Force est de reconnaître que les défis d’ordre économique qui attendent le duo Saïed/Hachani sont immenses parce que, comme son nom de <em>«science économique»</em> l’indique, l’économie est une science et ne s’improvise pas économiste qui veut comme ne s’improvise pas juriste ou ingénieur qui veut. C’est même une science plus difficile à pratiquer que les sciences de l’ingénieur dans lesquelles&nbsp; les lois de résistance des matériaux par exemple sont universelles et les mêmes causes produisent les mêmes effets.</p>



<p>En économie, c’est loin d’être le cas et une même cause peut produire des effets différents, voire inverses selon la sociologie, la psychologie sociale et même la religion dominante&nbsp; dans le pays.</p>



<p>A titre d’exemple, tous les manuels d’économie expliquent que lorsque le prix d’un bien ou d’un service augmente, sa consommation diminue. Pourtant, l’inflation galopante qui caractérise l’économie tunisienne depuis plus de six ans et l’augmentation à sept reprises du taux directeur de la BCT et des taux d’intérêts bancaires qui en ont suivi, n’ont pas fait diminuer la consommation intérieure comme attendu : au contraire, tout se passe comme si les agents économiques n’ayant pas confiance dans le gouvernement pour réussir à maîtriser l’inflation, anticipent une inflation encore plus importante dans le futur et accélèrent leur consommation qui augmente à court terme de crainte d’une augmentation encore plus importante des prix (c’est ce que les économistes appellent «<em>effet d’anticipation</em>».</p>



<p>Un autre exemple plus parlant qui illustre qu’une même politique économique peut réussir dans un pays et pas dans un autre est le fait que la Banque centrale européenne (BCE) est en train de réussir à baisser l’inflation à niveaux de 5% à 6%, après des pics de 11% ou même 12% dans certains pays européens, grâce à une politique d’accroissement du taux directeur alors que la même politique appliquée depuis 2017 par la BCT, qui a augmenté son taux directeur à sept ou huit reprises, n’a fait qu’amplifier l’inflation chez nous qui a atteint 10,3% au mois de février 2023 et 9,6% au mois de juin.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’«<em>homo-économicus</em>» aux abonnés absents&nbsp;</h2>



<p>Une autre difficulté intrinsèque à la théorie économique et qui rend difficile l’élaboration d’une politique économique pertinente par deux juristes, aussi compétents soient-ils dans leur domaine,&nbsp; est que les enseignements de celle-ci sont basés sur l’existence d’un «<em>homo-économicus</em>», un être imaginaire qui est parfaitement informé et rationnel et qui cherche&nbsp; toujours à maximiser son profit lorsqu’il s’agit d’un producteur ou son utilité marginale lorsqu’il s’agit d’un consommateur.</p>



<p>Or, un tel «<em>homo-économicus</em>» n’existe nulle part et encore moins en Tunisie où le citoyen moyen lit très peu, n’a pas ou a une très faible culture économique et financière et dont les comportements sont quelquefois loin de toute rationalité économique.</p>



<p>A titre d’exemple, au lieu de consommer en fonction de son niveau de revenu comme l’aurait fait un «<em>homo-économicus</em>», le&nbsp;Tunisien moyen a tendance à consommer en fonction du niveau de revenu de la classe sociale immédiatement supérieure à laquelle il aspire de s’identifier à travers les produis et services qu’il consomme, les habits qu’il porte, la voiture dans laquelle il roule, etc. C’est ce que les économistes appellent «<em>effet de démonstration</em>» très répandu en Tunisie alors qu’il l’est beaucoup moins dans d’autres pays où les consommateurs consomment en fonction de leurs besoins réels et sont moins sensibles au phénomène sociologique du «<em>m’as-tu vu</em>». Un tel phénomène diminue l’efficacité des mécanismes de transmission entre l’économie monétaire (décisions prises par la BCT) et l’économie réelle (niveau auxquels s’établissent les agrégats économiques).</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="a1xLqRQ4ns"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/27/la-banque-centrale-de-tunisie-ou-la-politique-de-la-fuite-en-avant/">La Banque centrale de Tunisie ou la politique de la fuite en avant</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Banque centrale de Tunisie ou la politique de la fuite en avant » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/27/la-banque-centrale-de-tunisie-ou-la-politique-de-la-fuite-en-avant/embed/#?secret=UXEo897a2G#?secret=a1xLqRQ4ns" data-secret="a1xLqRQ4ns" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Une troisième difficulté que nos deux dirigeants juristes de formation doivent affronter est qu’il n’y a pas une seule théorie économique dont il suffit d’appliquer les enseignements comme des recettes de cuisine, mais plusieurs écoles et courants de pensée économique dont il est nécessaire de maîtriser les tenants et les aboutissants et entre lesquels il faut savoir naviguer afin d’identifier laquelle est la plus adaptée aux caractéristiques de l’économie tunisienne et à la conjoncture particulière qu’elle traverse.</p>



<p>Ainsi, il faut qu’ils sachent qu’il y a pas moins de quatre grandes écoles de pensée économique ayant chacune ses hypothèses de base, ses raisonnements et modèles, ses adeptes et ses détracteurs parmi les économistes eux-mêmes : les néo-classiques, les keynésiens, les monétaristes et les néolibéraux. Ces derniers, qui sont des adeptes du retour à la théorie classique originelle de la «<em>main invisible</em>» d’Adam Smith, dominent actuellement la pensée économique a travers les postes clefs qu’ils occupent dans les institutions internationales telles que la Banque Mondiale et le FMI. Cette domination date du début des années 1980, quand l’acteur de cinéma Ronald Reagan s’est fait élire président des USA en même temps que Margaret Thatcher première ministre de la Grande-Bretagne, deux dirigeants conservateurs et ignorants de la chose économique, ont nommé des conseillers appartenant à la nouvelle tendance néolibérale qui sont à l’origine du phénomène de mondialisation qui régit depuis les relations économiques internationales.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Eviter le défaut de paiement</h2>



<p>Compte tenu de la complexité et de la difficulté de la tâche qui attend notre président et son nouveau chef du gouvernement et des enjeux de leurs décisions ou pire, absence de décisions, pour l’avenir immédiat de l’économie de notre pays et de sa jeunesse, les élites intellectuelles de ce pays et plus particulièrement les économistes d’entre eux, dont moi-même, ont un rôle à jouer même s’ils n’assument aucun poste de responsabilité dans le gouvernement et n’aspirent pas à en assumer. C’est justement l’objectif de cet article qui ne vise pas à donner des leçons au sens scolaire du terme à notre président ou son chef de gouvernement, mais à leur expliquer et à vulgariser un certain nombre de fondamentaux de l’économie qui pourraient&nbsp; les aider, du moins je l’espère, à élaborer un plan d’action à court terme pour sortir l’économie nationale de l’impasse où elle se trouve et lui éviter le défaut de paiement qui la menace&nbsp;<strong>:</strong>&nbsp;&nbsp;</p>



<p><strong>Leçon n°1 :</strong> <strong>la somme des ressources (production intérieure + importations) est égale à la somme des emplois (consommation privée ou publique + investissement + exportations).</strong></p>



<p>Il ne s’agit pas d’une loi économique mais d’une règle de comptabilité nationale qui se vérifie en tout temps et dans tout pays et qui se trouve à la base de la macroéconomie. En fait, c’est la transposition du principe physique de Lavoisier («<em>Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme»</em>) au domaine économique, dans le sens où si un produit ou un service donné a fait l’objet d’une consommation finale ou d’un investissement ou d’une exportation, c’est qu’il a été produit à un moment donné par quelqu’un à l’intérieur ou à l’extérieur des frontières.</p>



<p>L’intérêt du rappel de cette règle de comptabilité nationale élémentaire est qu’elle permet de comprendre les mécanismes de transmission de la variation d’un agrégat économique aux autres et les déséquilibres structurels qui en résultent.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="v5S56Ytm3H"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/23/open-sky-la-decision-de-kais-saied-contre-linteret-national/">Open Sky : la décision de Kaïs Saïed contre la Décision de Yamoussoukro</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Open Sky : la décision de Kaïs Saïed contre la Décision de Yamoussoukro » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/23/open-sky-la-decision-de-kais-saied-contre-linteret-national/embed/#?secret=1Vi2MlAfGN#?secret=v5S56Ytm3H" data-secret="v5S56Ytm3H" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p><strong>Leçon n° 2 : l’équilibre sur le marché des biens et services (équilibre réel) est tel que l’investissement est égal à l’épargne.</strong></p>



<p>Cette égalité entre l’investissement et l’épargne est la résultante du modèle néoclassique d’équilibre général de Walras. Mathématiquement, on démontre qu’elle peut s’établir à un niveau d’équilibre qui correspond au plein emploi des capacités de production (taux de croissance économique élevés et taux de chômage faibles) comme elle peut s’établir à un niveau d’équilibre de sous-emploi des capacités de production (taux de croissance économique faibles et taux de chômage réel ou déguisé élevés), comme c’est malheureusement le cas en Tunisie depuis plusieurs années.</p>



<p>Toute la problématique économique et tous les défis que doivent affronter les responsables politiques d’un pays, quelle que soit la nature du régime, parlementaire ou présidentiel, démocratique ou pas, est d’identifier quelle politique économique réelle, ou monétaire ou une combinaison des deux (<em>policy mix</em>) et quels instruments et quelles décisions prendre pour passer d’un niveau d’équilibre entre l’épargne et l’investissement (y compris les investissements directs étrangers, IDE), qui correspond à un sous-emploi des capacités de production à cette même égalité mais qui correspond au plein emploi de ces capacités de production, y compris des ressources humaines.</p>



<p>Sur cette question fondamentale, tous les économistes sont d’accord: seul l’accroissement de l’épargne nationale permet l’accroissement des investissements et d’atteindre un niveau d’équilibre macréconomique égal sinon proche de plein emploi.</p>



<p>Les Chinois, qui sont les champions du monde en matière d’épargne et dont le taux d’épargne atteint 34% du PIB, l’ont bien compris depuis longtemps et sont devenus la 2e économie du monde grâce à leur sens ancestral de l’épargne.</p>



<p>Il en est de même du Japon et de la Corée du Sud où le taux national d’épargne est de même ordre&nbsp; et qui leur a permis de passer en 50 ans d’économies ruinées par la deuxième guerre mondiale ou la guerre de Corée à des économies parmi les plus prospères du monde.</p>



<p>En Tunisie, le taux d’épargne national est passé de 27% en 2010 à 6% en 2022, expliquant à lui tout seul la récession économique et l’accroissement du chômage qu’on observe depuis 2011, avant ou après le 25 juillet 2021.</p>



<p>Cette diminution de l’épargne s’explique par des facteurs sociologiques et économiques conjoncturels mais aussi et surtout par le fait que le taux <em>réel</em> de rémunération de l’épargne (taux de rémunération nominal moins le taux d’inflation) est négatif depuis des années sans que personne, ni au niveau de la BCT (qui a la responsabilité de fixer par circulaire le taux nominal de rémunération des comptes d’épargne), ni au gouvernement, n’attire l’attention sur ce grave dysfonctionnement&nbsp; de l’économie tunisienne qui est à la base de tous les maux et déséquilibres dont elle souffre.</p>



<p>Aujourd’hui encore, avec un taux d’épargne de 7% et un taux d’inflation de 9,6% au mois de juillet 2022, le taux réel de rémunération de l’épargne demeure négatif (-2,6%). Le&nbsp;Tunisien moyen, même s’il n’a pas une grande culture économique et financière, est suffisamment intelligent pour comprendre qu’avec un taux réel de rémunération de l’épargne négatif, il n’a aucun intérêt à épargner et qu’au contraire, il a intérêt à accélérer sa consommation avant que les prix n’augmentent davantage. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="iJc0rCnpeN"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/22/solutions-pour-sortir-du-bras-de-fer-entre-kais-saied-et-le-fmi/">Solutions pour sortir du bras de fer entre Kaïs Saïed et le FMI</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Solutions pour sortir du bras de fer entre Kaïs Saïed et le FMI » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/22/solutions-pour-sortir-du-bras-de-fer-entre-kais-saied-et-le-fmi/embed/#?secret=eT7tJcld5W#?secret=iJc0rCnpeN" data-secret="iJc0rCnpeN" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p><strong>Leçon n°3 : l’équilibre monétaire est tel que l’offre de monnaie par le système bancaire est égale à la demande de monnaie des agents économiques.</strong></p>



<p>Comme pour le marché des biens et services, l’égalité entre l’offre et la demande de monnaie peut s’établir à un niveau qui correspond au plein emploi des capacités de production sans chômage ou, au contraire, de sous-emploi de ces capacités de production avec chômage.</p>



<p>La aussi, tout <em>l’art</em> de gérer une banque centrale consiste à veiller à ce qu’il y ait tous les jours assez de liquidités pour satisfaire les besoins de transaction des agents économiques et en même temps pas trop pour ne pas créer des pressions inflationnistes. Pour cela, une banque centrale dispose d’une panoplie d’instruments. L’observation de la politique monétaire suivie par la BCT depuis qu’elle a acquis son indépendance de décision en 2016 montre clairement qu’elle privilégie le recours à l’instrument du taux directeur qu’elle a augmenté à sept ou huit reprises pour l’amener jusqu’à 8% aujourd’hui.</p>



<p>Malheureusement cette politique monétaire n’a pas réussi en raison entre autres du fait que seuls 34% des Tunisiens détiennent un compte bancaire, affaiblissant ainsi les mécanismes de transmission entre l’économie monétaire et l’économie réelle, et de l’importance de l’économie souterraine qui représente selon plusieurs sources environ 54% de l’économie nationale où l’accroissement du nombre et du volume des transactions payées en liquides engendre un accroissement de la vitesse de circulation de la monnaie qui n’est pas constante comme le suppose l’équation de Cambridge qui se trouve à la base de la politique de type monétariste appliquée par les dirigeants de la BCT (voir plusieurs articles publiés par l’auteur à ce sujet dans Kapitalis).</p>



<p><strong>Leçon n° 4 : La dichotomie entre inflation et chômage.</strong></p>



<p>Il existeune relation à long terme entre l’inflation et le chômage illustrée par la courbe de Philips. En effet, lorsqu’un pays enregistre une forte inflation par rapport à celle enregistrée dans les pays partenaires de son commerce extérieur, cela n’engendre pas seulement une baisse du pouvoir d’achat et une détérioration du niveau de vie de sa population, mais aussi un déficit plus grand de sa balance commerciale, donc toutes choses égales par ailleurs, une dépréciation du taux de change de sa monnaie qui alimente à son tour une inflation importée plus importante, qui réduit la compétitivité des entreprises nationales, qui finiront par fermer leurs portes mettant en chômage leurs employés et transformant l’économie de ce pays en un vaste marché de consommation pour les producteurs des autres pays.</p>



<p>Cette dichotomie entre l’inflation et le chômage est à la base même du débat entre les économistes appartenant à des écoles de pensée différentes: la politique économique d’un gouvernement doit-elle viser en premier lieu la lutte contre l’inflation quitte à accepter un niveau de chômage élevé ou au contraire privilégier la lutte contre le chômage et accepter un niveau d’inflation élevé?</p>



<p>La réponse des économistes varie selon l’école de pensée à laquelle ils appartiennent ou adhèrent : ceux de <em>«l’école de Chicago»</em> avec Milton Friedman comme chef de file, placent la lutte contre l’inflation très loin devant tous les autres objectifs de politique économique et préconisent même le recours à des instruments exclusivement monétaires pour diriger une économie et essayer d’atteindre le plein emploi (d’où leur nom d’économistes monétaristes), ceux de l’école keynésienne placent les objectifs de croissance économique et de lutte contre le chômage loin devant celui de la lutte contre l’inflation qu’ils considèrent comme un mal nécessaire contre lequel on peut lutter par d’autres moyens notamment fiscaux.</p>



<p>Quant aux économistes néo-classiques, menés par Walras et suivis par les néolibéraux, ils ont résolu ce dilemme en proposant un modèle d’équilibre général qui démontre d’une façon mathématique que le libre fonctionnement des mécanismes du marché finira <em>à long terme</em> par conduire l’économie au plein emploi sans chômage et à la stabilité des prix qui s’établiront à un niveau tel que la rémunération d’un facteur de production (capital ou travail) est égale à sa productivité marginale. Ce à quoi Keynes a répondu par une boutade célèbre «<em>A long terme on est tous morts</em>» dans le sens où même si les néo-classiques ont raison, personne ne sera là pour le vérifier!</p>



<h2 class="wp-block-heading">Leçons à tirer pour la Tunisie</h2>



<p>La principale conclusion qui se dégage de ce survol rapide des fondements et des enseignements de la théorie économique, avec ses différentes écoles de pensée, est que la récession qui caractérise l’économie tunisienne depuis 2011 (-1,8% par an entre 2011 et 2021, +2,2% en 2022 et +1,23% attendu en 2023 selon la Banque Mondiale) accompagnée d’un accroissement massif du chômage qui a atteint, officiellement et selon les dernières estimations de l’INS, 18,6% de la population active (sans tenir compte du chômage déguisé, c’est-à-dire celui des ouvriers journaliers qui sont légions dans notre pays et qui travaillent quelques jours par mois ou quelques mois par an et qui sont considérés par la méthodologie de calcul de l’INS comme ayant un emploi), est due à trois facteurs qui se conjuguent pour tirer l’économie nationale vers le bas : (i) un niveau d’épargne nationale faible; (ii) une politique monétaire restrictive; (iii) une priorité accordée à la lutte contre l’inflation plutôt que contre le chômage, dictée par les&nbsp; économistes néolibéraux du FMI.</p>



<p>A partir de ce diagnostic, il n’est pas difficile même pour deux juristes n’ayant pas une formation ou une expérience économique particulière, tels que notre président et son nouveau chef de gouvernement, d’élaborer les grands axes d’une politique économique susceptible de remettre l’économie nationale sur le chemin de la croissance, de la création des richesses et de la résorption du chômage, ces trois axes devant être de&nbsp;: (i) encourager l’épargne nationale; (ii) appliquer une politique monétaire expansive; (iii) donner la priorité à la lutte contre le chômage plutôt que contre l’inflation.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="I9A1hiWC5I"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/24/tunisie-augmentation-du-taux-directeur-de-la-bct-un-remede-pire-que-le-mal/">Tunisie &#8211; Augmentation du taux directeur de la BCT : un remède pire que le mal ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie &#8211; Augmentation du taux directeur de la BCT : un remède pire que le mal ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/24/tunisie-augmentation-du-taux-directeur-de-la-bct-un-remede-pire-que-le-mal/embed/#?secret=2OaKwuNyvN#?secret=I9A1hiWC5I" data-secret="I9A1hiWC5I" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Les cinq propositions de mesures économiques précises et chiffrées suivantes vont dans ce sens. Elles sont élaborées en considérant que, tout comme seul un électrochoc pourrait sauver un malade dont le cœur s’est presque arrêté de battre, seul un programme choc et des mesures très fortes pourraient remettre en marche le moteur de croissance de l’économie tunisienne qui s’est presque arrêté de fonctionner.</p>



<p><strong>Mesure A&nbsp;: augmentation de 200 points du taux de rémunération de l’épargne pour le faire passer de 7% actuellement à 9%.</strong></p>



<p>Tant que le problème de la faiblesse de l’épargne en Tunisie n’est pas radicalement résolu, aucun gouvernement, aucun régime politique et aucun président de la république, ni Kaïs Saïed ni un autre, ne pourra remettre l’économie de ce pays sur les rails de la croissance et de la création d’emplois. A noter que cette mesure permettra de faire d’une pierre deux coups : relancer les investissements et créer davantage de richesses à distribuer mais aussi réduire la pression inflationniste de la demande intérieure, résultat que la politique de type monétariste de la BCT n’a pas réussi à atteindre.</p>



<p>Compte tenu d’un objectif réaliste d’un taux d’inflation prévisionnel de l’ordre de 5 ou 6% par an, un taux nominal de rémunération de l’épargne de 9% aboutira à un taux réel de 3% à 4%, soit un taux suffisamment important et alléchant pour inciter les ménages à <em>«se serrer la ceinture</em>» en vue d’épargner davantage et gagner en termes de pouvoir d’achat.</p>



<p>Il est fortement recommandé que cette mesure soit  renforcée par une exonération du paiement de l’impôt sur les revenus de l’épargne. </p>



<p>Une remarque importante doit être faite à ce sujet : il est clair que l&rsquo;augmentation du taux nominal de rémunération de l&rsquo;épargne, de sorte que le taux réel soit positif, réduira la marge bénéficiaire des banques commerciales, égale par définition à la différence entre les taux d&rsquo;intérêts débiteurs qu&rsquo;elles appliquent sur les crédits qu&rsquo;elles accordent à leurs clients (égaux au TMM qui est lui même lié au taux directeur de la BCT + 4% à 5% de marge bénéficiaire selon « la tête du client ») et le taux moyen de rémunération des dépôts qu&rsquo;elles reçoivent du public, ce qui explique probablement pourquoi une telle mesure qui ne sert pas l&rsquo;intérêt des banques n&rsquo;a jamais été prise par la BCT. De sorte que la hausse du taux nominal de rémunération de l&rsquo;épargne à 9% et la baisse consécutive du taux directeur de la BCT pour le ramener à 5% au lieu de 8% actuellement (voir mesure suivante), aboutissent en fin de compte et sur la base d&rsquo;un taux moyen de rémunération des dépôts bancaires de l&rsquo;ordre de 3% à 4% (y compris les dépôts à vue qui ne sont pas rémunérés du tout par les banques, alors qu&rsquo;ils constituent l&rsquo;essentiel de leurs ressources) à des taux d&rsquo;intérêts débiteurs appliqués par les banques à leurs clients de l&rsquo;ordre 8% à 9% (au lieu de 12% à 13% actuellement), soient des taux d&rsquo;intérêt plus en rapport avec la capacité réelle d&rsquo;endettement des ménages et opérateurs économiques, tout en préservant une marge bénéficiaire des banques commerciales de l&rsquo;ordre de 4% à 5 %.</p>



<p><strong>Mesure B&nbsp;: baisser le taux directeur de la BCT de 300 points, pour le faire passer de 8% actuellement à 5%.</strong></p>



<p>C’est une mesure de politique monétaire complémentaire à la mesure précédente car il ne servira à rien d’épargner davantage si cette épargne n’est pas canalisée par le système bancaire vers l’investissement.</p>



<p>Il est un fait indiscutable qu’un taux d’intérêt élevé comme celui en vigueur actuellement (8%) crée un «<em>effet d’éviction</em>» sur les investissements et contribue à ralentir la croissance économique et aggraver le chômage. Inversement, un taux directeur et des taux d’intérêt appliqués par les banques plus faibles encourageront l’investissement, particulièrement dans des secteurs clefs tels que l’agriculture ou le BTP, fort créateurs d’emplois.</p>



<p>Cette mesure permettra aussi de faire d’une pierre deux&nbsp; coups: relancer la croissance économique et résorber le chômage en même temps que réduire les coûts de financement supportés par les entreprises qui sont une des causes de l’inflation et fera donc baisser celle-ci.</p>



<p><strong>Mesure C : augmenter de 300 points le taux de réserve obligatoire imposé par la BCT aux banques commerciales.</strong></p>



<p>On démontre mathématiquement (suite algébrique convergente) que la capacité de création monétaire des banques commerciales est inversement proportionnelle au taux de réserves obligatoires fixé par circulaire de la banque centrale.</p>



<p>Certes, une telle mesure réduira considérablement le chiffre d’affaires des banques et donc leur capacité à réaliser des profits et à distribuer des dividendes à leurs actionnaires, mais c’est là qu’intervient le courage de l’homme politique pour imposer aux banques d’être au service de l’économie nationale avant d’être au service de quelques lobbies qui se sont déjà largement enrichis, surtout depuis la promulgation de la loi de 2016 qui impose à l’Etat (le trésor public) pour financer son déficit budgétaire d’émettre des BTC ou des BTA à de forts taux de rémunération que les banques souscrivent et s’empressent de céder sur le marché monétaire à la banque centrale pour se refinancer, empochant au passage des millions de dinars sans bouger le petit doigt et sans prendre aucun risque.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Prendre aux riches pour donner aux pauvres</h2>



<p><strong>Mesure D</strong>&nbsp;: <strong>créer par décret-loi un Fonds de solidarité sociale (FSS).</strong></p>



<p>La création de ce fonds vise trois objectifs : (i) matérialiser la vision du président en matière de solidarité sociale; (ii) décharger le budget général de l’Etat du financement de la caisse de compensation qui pèse très sourd sur le déficit budgétaire en finançant directement les subventions pour les produits alimentaires de base et énergétiques selon le principe bien connu et accepté dans les pays les plus civilisés consistant à «<em>prendre aux riches pour donner aux pauvres</em>»; (iii) faciliter la conclusion d’un accord avec le FMI qui pose comme condition pour accorder son crédit de 1,9 M$ dont le pays a si besoin la suppression de ces subventions du budget de l’Etat, sans y renoncer réellement pour préserver la paix sociale.</p>



<p>Le financement de ce fonds peut venir de plusieurs sources dont la première devrait être une taxe sur les surprofits des banques réalisés grâce ou à cause des multiples décisions de la BCT d’augmenter son&nbsp; taux directeur.</p>



<p>Dans ce domaine, il faut noter que selon l’agence de notation internationale Fitch Ratings, le rendement annualisé des capitaux propres moyens de l’ensemble du&nbsp; secteur bancaire tunisien (banques publiques et privées confondues) a bondi à 16% durant le 1<sup>er</sup> semestre de l’année 2022 (contre 10% en 2021).</p>



<p>Il faut noter aussi que Giorgia Meloni, la néo-fasciste et néanmoins sympathique (il faut bien le reconnaître, compte tenu des efforts qu’elle ne cesse de déployer pour défendre&nbsp; le dossier tunisien auprès du FMI et convaincre ses collègues de l’Union européenne de venir en aide à notre pays) présidente du Conseil des ministres italien, a déclaré la semaine&nbsp; dernière assumer <em>«l’entière responsabilité»</em> de la décision de son&nbsp; gouvernement ultraconservateur de prélever une taxe de 40% sur les <em>«surprofits»</em> des banques générés par<a href="https://www.20min.ch/fr/story/giorgia-meloni-bce-monnaie-politique-inflation-europe-472119790904">&nbsp;la hausse des taux d’intérêt pratiquée par la Banque centrale européenne (BCE)</a>.</p>



<p>Même le président américain Joe Biden, pourtant élu grâce en partie au soutien de l’industrie pétrolière américaine, n’a pas hésité à taxer fortement les surprofits estimés à 100 milliards de $ qu’elle a réalisés à cause de la flambée des cours du pétrole et du gaz consécutive à la guerre d’Ukraine.</p>



<p>Ces exemples montrent que les vrais leaders ont le courage politique de prendre l’argent là où il se trouve, même quand c’est chez leurs soutiens et ceux qui les ont porté au pouvoir. D’autres sources de financement du FSS peuvent provenir de nouveaux impôts et taxes à instaurer sur les capitaux <em>oisifs</em>, c’est-à-dire exclusivement ceux qui ne sont pas injectés dans le circuit économique et qui servent pour des motifs de spéculation, et qui nécessite aussi du courage politique peut s’attaquer au grand capital et aux lobbies.</p>



<p>Il s’agit&nbsp; de&nbsp;: (i) un impôt sur les plus values immobilières ou boursières; (ii) un impôt sur la fortune; et (iii) une taxe de succession en cas d’héritage.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="soT3EIsgka"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/12/27/que-dieu-sauve-leconomie-de-la-tunisie/">Que Dieu sauve l’économie de la Tunisie!</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Que Dieu sauve l’économie de la Tunisie! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/12/27/que-dieu-sauve-leconomie-de-la-tunisie/embed/#?secret=JnzamKgtjM#?secret=soT3EIsgka" data-secret="soT3EIsgka" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’idée de base est toujours «<em>prendre aux riches pour donner aux pauvres</em>» mais sans augmenter pour autant la pression fiscale sur les entreprises qui produisent et les hommes d’affaires qui ont investi et injecté leurs capitaux dans le circuit de la production.</p>



<p>Une autre source de financement possible du FSS pourrait être la récupération des fonds «<em>spoliés</em>» après ou même avant 2011, au cas où l’Etat y parviendra, bien que l’espoir dans ce domaine est plutôt mince, compte tenu des techniques juridiques et financières extrêmement sophistiquées de création de sociétés-écrans et de la législation du secret bancaire dans les pays <em>«paradis-fiscaux»</em> où ces fonds sont planqués.</p>



<p><strong>Mesure E&nbsp;: imposition de contrats-programmes à toutes les entreprises publiques structurellement déficitaires.</strong></p>



<p>Indépendamment des négociations avec le FMI qui fait de la restructuration des entreprises publiques déficitaires une des conditions pour l’octroi de son prêt, il est un fait que l’Etat (donc les contribuables) a dû payer 12,4 milliards de dinars, soit 9,3% du PIB, à 117 entreprises publiques déficitaires, dont la plupart ne sont même plus capables de payer leurs propres salariés et qui ont enregistré des pertes cumulées plusieurs fois supérieures à leur capital social, de sorte que du point strict du droit commercial, elles sont en faillite et n’ont plus d’existence légale.</p>



<p>A titre d’exemple, le bilan&nbsp;de la Société tunisienne du sucre (STS) pour&nbsp;l’exercice 2019, publié seulement en juin 2023, a dégagé un résultat comptable négatif de moins 3,963.988 MDT, dépassant ainsi le capital de 3,4 MDT de l’entreprise, ce qui n’a pas empêché, bien entendu, l’AGO de donner quitus à tous les membres du conseil d’administration et même leur accorder une rémunération de 3.000 DT brut par an et par personne&nbsp;!</p>



<p>La situation de ces entreprises publiques qui s’aggrave d’année en année ne peut plus durer et des solutions radicales doivent être trouvées. A partir du moment où l’UGTT et le président lui-même refusent, pour des raisons idéologiques, qu’on peut partager ou pas, leur cession au secteur privé ou l’ouverture même partielle de leurs capitaux au secteur privé, y compris sous forme de partenariat-public-privé (PPP), formule qui a pourtant fait ses preuves de succès dans plusieurs pays, il ne reste plus que la formule où elles restent entièrement publiques mais soumises à des contrats-programmes quinquennaux qui leur fixent les contraintes de service public auxquelles elles sont assujetties et les objectifs qu’elles doivent atteindre en matière d’accroissement de la production et de la productivité, en contrepartie des subventions d’équilibre et d’investissement annuelles que l’Etat s’engage à leur verser. Pour mieux assurer le succès de la mise en œuvre de ces contrats programmes, il est fortement recommandé de limiter par une loi le mandat d’un PDG d’une entreprise publique (ou d’une banque publique) à un seul mandat de cinq ans non renouvelable, à la fin duquel un audit externe doit être mené pour évaluer la plus ou moins bonne gestion du PDG et le degré de réalisation des objectifs fixés dans ces contrats-programmes.</p>



<p>Cette réforme de fond de la gouvernance des entreprises est urgente à introduire, que le FMI en fasse une condition pour l’accord de son prêt ou pas, dans la mesure où la qualité des services publics fournis par ces entreprises ne cesse de se dégrader d’une année à l’autre avec des coupures d’électricité, d’eau, des grèves dans les transports publics, etc., qui mettent en péril l’ensemble de l’appareil productif.</p>



<h2 class="wp-block-heading">A quelque chose un malheur est bon</h2>



<p>La conclusion finale à tirer de cet article ne peut pas ignorer la dimension politique de toute réforme économique car le politique et l’économique sont indissociables. Dans ce domaine, on ne peut pas ne pas tenir compte de la nouvelle constitution de 2022 et du décret n° 117 qui attribuent tous les pouvoirs, y compris le pouvoir de légiférer par décret-loi dans tous les domaines, au seul président de la république.</p>



<p>Certes, un tel régime hyper présidentiel constitue une régression de la démocratie chèrement acquise après la révolution de 2011, mais il faut bien reconnaître aussi qu’un régime hyper présidentiel, s’il est bien conseillé, peut faciliter le processus de décision et l’adoption des mesures de politique économiques nécessaires pour améliorer le progrès économique et social.</p>



<p>A ce sujet, plusieurs exemples dans le monde montrent que la dictature et le progrès économique ne sont pas forcement antagonistes. A titre d’exemple, je citerais le cas du Rwanda, pays enclavé avec moins de ressources et une population plus faible que celle de la Tunisie, gouverné sans partage par Paul Kagamé depuis 1995, qui arrive quand même à réaliser des taux de croissance de l’ordre de 6% ou 7% par an, où toutes les rues sont propres et même les stations de bus sont connectées au Wifi. Même, le pire des dictateurs, Hitler, a su réaliser des miracles économiques après sa prise du pouvoir en 1933 en absorbant en quelques années les millions de chômeurs hérités de la crise de 1929 (en appliquant une politique strictement keynésienne, alors que Keynes est un économiste anglais!).</p>



<p>Aussi, on peut espérer que grâce à la concentration de tous les pouvoirs qu’il s’est donné, le président Kaïs Saïed&nbsp; décide de supprimer par un simple décret-loi la loi de 2016 qui accorde l’indépendance de décision à la BCT, convoquer son gouverneur pour lui donner pour instruction d’émettre trois circulaires en vue de baisser significativement le taux directeur, augmenter celui de l’épargne et celui des réserves obligatoires. Il pourrait également créer par un simple décret-loi un FSS et lui fixer ses attributions, modalités de fonctionnement et ses sources de financement basées sur de nouvelles taxes à instaurer sur les surprofits des banques, les plus-values immobilières et boursières et un impôt sur la succession.</p>



<p>Contrairement aux bruits que font courir certains, ces nouveaux impôts et taxes n’augmenteront pas la pression fiscale sur les entreprises et ne réduiront donc pas leur compétitivité. De même, il pourrait demander à son nouveau chef de gouvernement de veiller à l’élaboration par chaque département ministériel de contrats-programmes quinquennaux qui fixent les obligations de service public et les objectifs de production et d’investissement à atteindre par chaque entreprise publique sous tutelle en contrepartie des subventions annuelles et fixées à l’avance que l’Etat leur attribuera&nbsp;</p>



<p>C’est une tâche quand même infiniment plus importante pour l’économie de ce pays et l’avenir de sa jeunesse, que de le charger comme il vient de le faire de préparer en priorité un décret-loi pour purger l’administrations tunisienne des quelques milliers de cadres qui s’y sont infiltrés depuis 2011 grâce à de faux diplômes ou de l’appui de certains partis politiques, et dont le renvoi ne donnera pas à manger à ceux qui ont faim dans nos compagnes et même dans les périphéries de nos villes et qui ne ferait qu’aggraver le chômage. Si le pouvoir d’un seul homme pourrait servir à sauver notre économie d’un effondrement que tous les experts et agences de notation internationales prédisent pour le très court terme, on pourrait au moins dire <em>«A quelque chose un malheur est bon»</em>. Dans le cas contraire, il ne nous restera plus que&nbsp; de prier tous les jours, matin, midi et soir, pour que Dieu sauve ce pays&nbsp;!</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/18/leconomie-expliquee-a-kais-saied-en-quatre-lecons/">L’économie expliquée à Kaïs Saïed en quatre leçons</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Tunisiens, arrêtons de mendier et mettons-nous au travail!</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Jul 2023 09:05:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Dr. Sadok Zerelli]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Si je suis élu président de la Tunisie, je placerai mon mandat sous le slogan «le peuple DOIT» par opposition au slogan du président sortant «le peuple VEUT». </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/04/tunisiens-arretons-de-mendier-et-mettons-nous-au-travail/">Tunisiens, arrêtons de mendier et mettons-nous au travail!</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Si je suis élu président de la Tunisie, je placerai d’abord tout mon mandat sous le slogan «le peuple DOIT» par opposition au slogan du président sortant «le peuple VEUT», parce que la vie étant ainsi faite, il ne suffit pas de vouloir mais encore faut-t-il travailler pour obtenir ce qu’on veut. Et pour cela, cesser de s’endetter et de faire payer le prix de nos turpitudes à nos enfants et petits-enfants, et éviter à la Tunisie une banqueroute annoncée. &nbsp;</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Sadok Zerelli </strong>*</p>



<span id="more-8657195"></span>



<p>Pour un économiste, tous les problèmes et déséquilibres structurels de l’économie tunisienne, absolument tous (récession, inflation, chômage, déséquilibre de la balance des paiements, déficit budgétaire, endettement&nbsp; extérieur et intérieur, dépréciation du dinar, etc.) ont une seule et unique origine qui se résume en une phrase de quatre mots: <strong><em>Nous consommons plus que ce que nous produisons. </em></strong>La solution&nbsp; à tous ces problèmes et déséquilibres se résume aussi en en une seule et unique phrase de quatre mots<strong><em> : Nous devons soit moins consommer soit produire plus.</em></strong></p>



<p>Demander aux Tunisiens de consommer moins n’est pas une solution réaliste, parce qu’ils sont victimes&nbsp; du matraquage publicitaire et surtout de <strong><em>l’effet de démonstration</em></strong>. Celui-ci est un concept développé par les économistes keynésiens pour expliquer pourquoi une politique de type monétariste, comme celle appliquée par la Banque centrale de Tunisie (BCT) depuis son indépendance vis-à-vis du gouvernement en 2016, basée sur l’augmentation continue de son&nbsp; taux directeur en vue de réduire la consommation et maîtriser&nbsp; ainsi l’inflation, ne pouvait pas réussir.</p>



<p>Ce concept&nbsp; fait référence au comportement de certains consommateurs qui cherchent à s’identifier à la classe sociale immédiatement supérieure à la leur à travers le type produits et de services qu’ils consomment, les marques de vêtements ou de montres qu’ils portent, les cafés et restaurants qu’ils fréquentent, les modèles de&nbsp; voiture dans laquelle ils roulent, etc. Ainsi, celui qui gagne 1000 DT par mois va consommer comme celui qui gagne 2000 DT pour montrer à travers sa consommation qu’il appartient à cette catégorie sociale, celui qui gagne 2000 DT va consommer comme celui qui gagne 3000 DT, etc.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Travailler davantage</h2>



<p>Il ne reste donc plus comme solution aux problèmes de l’économie tunisienne que de produire davantage, ce qui implique forcément de travailler davantage, car comme le dit si bien Lavoisier «<em>Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme»</em> dans le sens où tout produit ou service consommé par quelqu’un a bien dû être produit par quelqu’un d’autre à un moment donné.</p>



<p>Pour convaincre les lecteurs et lectrices de la justesse de mon diagnostic, je ne vais faire appel à aucune théorie, citer aucun auteur ou développer aucun modèle économique, comme j’ai la <em>«manie»</em> de faire dans la plupart de mes précédents articles.</p>



<p>Non, je vais faire beaucoup plus simple : je demande à quiconque de passer une journée dans une ferme ou sur un chantier, à observer discrètement un ouvrier agricole ou du bâtiment qui est payé pour travailler 8 heures par jour. Notez à quelle heure il arrive et à quelle heure il quitte son travail, combien de temps il prend pour sa pause café du matin, sa pause déjeuner et sa pause goûter, combien de fois il s’arrête pour fumer une cigarette ou préparer le thé, combien de fois il se planque lorsque le contremaître ou le propriétaire tourne le dos : si vous arrivez à plus de <strong>5 heures</strong> de travail effectif par jour, alors je ne suis pas un économiste mais un charlatan.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="N2V9Z1rFzW"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/27/la-banque-centrale-de-tunisie-ou-la-politique-de-la-fuite-en-avant/">La Banque centrale de Tunisie ou la politique de la fuite en avant</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Banque centrale de Tunisie ou la politique de la fuite en avant » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/27/la-banque-centrale-de-tunisie-ou-la-politique-de-la-fuite-en-avant/embed/#?secret=zAGjfRehRp#?secret=N2V9Z1rFzW" data-secret="N2V9Z1rFzW" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Extrapolez ce&nbsp; rythme de travail effectif de 5 heures par jour de 8 heures payées aux ouvriers d’autres secteurs d’activité et aux fonctionnaires de l’Etat et des collectivités publiques locales (surtout), ajoutez deux mois de travail en séance unique durant l’été et un mois de ramadan où la plage horaire de travail est réduite à 6 heures par jour ouvrable, un mois de congé annuel chômé, 11 jours fériés par an (quand ils ne tombent pas un jour avant ou un jour après un weekend et permettent de faire le <em>«pont»</em>) et quelques semaines de congés de maladie réelle ou simulée, et vous arriverez à une moyenne annuelle de <strong>3 heures de travail effectif par jour</strong> pour ceux et celles qui <em>«travaillent»</em> effectivement (j’ai fait le calcul, en arrondissant par excès le résultat final).</p>



<p>Ce n‘est malheureusement le cas de toute la population active de 45% ou en âge de travailler (entre 18 ans et 60 ans) et il faudrait intégrer dans le calcul 18% de taux chômage officiel et probablement autant de chômage déguisé, soit un taux de chômage réel de l’ordre d’au moins 33%, ce qui revient à diviser le dernier résultat de 3 heures de travail effectif par jour par trois et le multiplier par deux, soit un résultat final d’une <strong><em>moyenne annuelle de 2 heures travaillées par jour pour un Tunisien en âge de travailler, chômeurs et actifs confondus </em></strong><em>(sans les weekends qui sont chômés).</em></p>



<p>Avec ces deux heures de travail par jour en moyenne par an, le Tunisien doit se nourrir lui-même, payer ses cafés, ses cigarettes, sa chicha et éventuellement quelques bières, et subvenir aux besoins des enfants et personnes âgées à sa charge.</p>



<p>Comment fait-il? C’est un mystère que personnellement je n’arrive pas à percer, malgré tous mes diplômes et mon expérience d’économiste.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Cesser de s’endetter</h2>



<p>A force de fouiner dans les chiffres, j’ai découvert quelques pistes de réponses, mais aucune réponse totalement satisfaisante. Ainsi, j’ai trouvé que le taux d’épargne nationale est passé de 27% du PIB en 2010 à seulement 6% en 2022. Cela veut dire clairement que le Tunisien n’épargne pratiquement plus et consomme tout son revenu&nbsp; et probablement davantage en s’endettant auprès du système bancaire ou auprès de parents/ amis, ou en liquidant des actifs réels tels que des maisons ou des <em>«sanias»</em> hérités de ses parents ou grands-parents,&nbsp; ou des bijoux donnés en mariage ou une deuxième voiture de famille s’il en a une quand ce n’est pas l’unique voiture familiale, etc.</p>



<p>Il faut dire à sa décharge, qu’il est encouragé en cela par le comportement de son Etat même, qui lui aussi veut dépenser beaucoup plus qu’il n’a de recettes fiscales et parafiscales dans son budget et s’endette à tour de bras auprès du FMI et des bailleurs de fonds étrangers, du moins quand ils veulent bien lui prêter de l’argent en devises étrangères, sinon auprès du système bancaire local en faisant fonctionner à fond le mécanismes de la planche à billets et en convertissant les Bons du Trésor Assimilés (BTA) ou à court terme (BTCT) échus en Bons du Trésor à plus long terme moyennant une augmentation de leurs taux de rémunération qui ont atteint (la semaine dernière) 9,75% pour l’échéance de 2030, selon l’adage populaire bien de chez nous «<em>le dernier qui reste paiera le loyer</em>», ou mieux, celui de «<em>après-moi le déluge».</em></p>



<p>A telle enseigne, que selon les données du ministère des Finances, l’endettement public de la Tunisie se répartit entre les dettes intérieures estimées à 43,155 milliards de dinars et les dettes extérieures évaluées à 66,6 milliards de dinars, atteignant ainsi 109,620 milliards de dinars à fin août 2022, soit&nbsp; un taux d’endettement de78,5% du PIB</p>



<p>Pour une population totale d’environ 12 millions d’habitants, cela correspond à une dette publique de 9 135 DT par tête d’habitant, soit pour un taux de population de 45% selon l’INS, 20 300 DT par personne en âge actif. Sachant que 33% de la population active est en chômage réel ou déguisé et ne pourraient donc pas contribuer au remboursement de la dette publique que seules les personnes actives occupées doivent supporter, chacune de celles-ci devrait rembourser 30 450 DT.</p>



<p>Pour avoir une idée exacte de l’importance de ces montants, il faut les rapporter au montant du PIB par habitant qui s’élève pour l’année 2022, selon la Banque Mondiale, à 3 897,36 USD, soit au taux de change actuel d’1 USD=3,100 DT, à 12 081 DT.</p>



<p>Avec ces chiffres en tête, il m’arrive quelquefois de passer devant les terrasses des cafés, qui poussent comme des champignons à chaque coin de nos rues et villes et qui sont toujours bondées de gens qui jouent aux cartes, fument la chicha et discutent presque toujours de football, de me demander au fond de moi- même: <em>est-ce que ces gens-là savent combien ils doivent au reste du monde? Comptent-ils rembourser leur dette? Si oui comment?</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Q5VY2pLkBO"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/24/tunisie-augmentation-du-taux-directeur-de-la-bct-un-remede-pire-que-le-mal/">Tunisie &#8211; Augmentation du taux directeur de la BCT : un remède pire que le mal ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie &#8211; Augmentation du taux directeur de la BCT : un remède pire que le mal ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/24/tunisie-augmentation-du-taux-directeur-de-la-bct-un-remede-pire-que-le-mal/embed/#?secret=R8Q2M160T1#?secret=Q5VY2pLkBO" data-secret="Q5VY2pLkBO" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>C’est aussi en pensant à ces chiffres que je me rappelle qu’une fois, en écoutant aux informations de 20H le Président Kaïs Saïed tenir un monologue devant la Cheffe du Gouvernement, qui opine de la tête comme à son habitude, sur la vie et les poèmes écrits au XIXe siècle par le poète égyptien Bayram Ettounsi, ceux qu’Om Khalthoum a chanté pour lui, etc., j’ai failli avoir une crise de nerfs ou m’arracher les cheveux (heureusement que je n’en ai plus!). Sait-t-il combien chaque Tunisien, à commencer par lui-même, doit rembourser au reste de monde et combien d’années de travail il lui faudrait&nbsp; y consacrer? Croit-il naïvement qu’on va pouvoir le faire en récupérant les fonds spoliés avant ou après la révolution, que la législation internationale en matière de secret bancaire, les techniques très sophistiquées de montage de sociétés-écrans et la jurisprudence dans les pays <em>«paradis-fiscaux»</em> nous empêcheront d’en voir la couleur de notre vivant, à part quelques miettes, et encore?</p>



<p>En attendant des réponses à ces questions, j’ai essayé à mon modeste niveau d’économiste d’apporter non pas des solutions totalement satisfaisantes, mais au moins des voies de solution, comme j’essaie toujours de le faire dans mes articles, car les lecteurs et lectrices ont bien raison de penser qu’il ne suffit pas de faire des constats et des critiques si l’auteur d’un article est incapable d’apporter des réponses même partielles aux questions&nbsp; qu’il pose dans son article.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Arrêter de mendier</h2>



<p>Dans le cas d’espèce, j’avoue que la réponse est beaucoup plus ardue, car elle relève davantage de la sociologie et de la politique que de l’économie, et que je ne suis ni sociologue ni politicien.</p>



<p>Ainsi, la question de fond à laquelle il va falloir répondre et qui transparait à travers les développements précédents peut être formulée ainsi : <em>comment faire pour (re)mettre les Tunisiens au travail afin qu’ils arrêtent de mendier aux bailleurs de fonds internationaux et aux pays soi-disant «frères et amis» de quoi consommer plus que ce qu’ils produisent?</em></p>



<p>Déjà, j’ai hésité dans la formulation de la question entre écrire «<em>mettre</em>» ou «<em>remettre</em>» les Tunisiens au travail, parce ce que je ne suis pas sûr que les Tunisiens aient été jamais de grands travailleurs, ne serait-ce qu’ historiquement, leurs ancêtres arabo-musulmans venus d’Arabie ne travaillaient pas la terre pour des raisons climatiques, mais s’adonnaient plutôt au commerce à dos de chameaux et avançaient donc au même rythme que les caravanes de chameaux, qu’on ne peut qualifier d’animaux particulièrement rapides, quand ils ne s’asseyaient à l’ombre sous les palmiers pour observer leurs troupeaux paître pendant qu’ils faisaient cuire du thé à longueur de journée !</p>



<p>Mais peu importe s’il s’agit de mettre ou remettre les Tunisiens au travail, les propositions de réponses que je vais apporter dans la suite de cet article vont faire sourire certain(e)s lecteurs ou lectrices, choquer beaucoup d’autres, mais ne laisseraient à coup sûr personne indifférent et je m’attends (normalement, même si rien n’est normal en Tunisie) à recevoir une avalanche de commentaires pour m’approuver/désapprouver.</p>



<p>Ainsi, si je suis élu Président de la République, non pas au sens politique et réel du terme (Dieu m’en préserve), mais au sens de l’humoriste Coluche qui a élaboré un programme volontairement provocateur dans les années 1970 pour se présenter aux élections présidentielles en France face à Valery Giscard d’Estaing, je placerai d’abord tout mon mandat sous le slogan <em>«<strong>le peuple DOIT</strong>»</em> par opposition au slogan du président sortant <em>«<strong>le peuple VEUT</strong>»</em>, parce que la vie étant ainsi faite, il ne suffit pas de vouloir mais encore faut-t-il devoir travailler pour obtenir ce qu’on veut.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Décrets présidentiels  </h2>



<p>Conformément à la Constitution actuelle qui donne au président de la république pratiquement tous les pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires, je publierai dans le JORT dès le lendemain de mon élection les cinq décrets présidentiels suivants pour résoudre en <strong>24H </strong>tous les problèmes économiques de la Tunisie ( je ferai ainsi beaucoup mieux que le président d’un parti politique, que je ne nommerai pas, qui a déclaré qu’il résoudrait tous les problèmes de la Tunisie en 4 mois!).</p>



<p><strong><em>&#8211; Décret présidentiel n° 1 : Tous les premiers dimanches de chaque mois sont décrétés «journées de nettoyage public»: </em></strong>comme personne n’aimerait travailler dans un bureau ou une maison sales, le peuple tunisien n’aimerait pas travailler dans un pays sale. Selon ce décret, tous les Tunisiens de 7 à 77 ans, les ministres et même le chef de l’Etat en premiers, devront descendre dans la rue tous les premiers dimanches de chaque mois de 8 à 12 heures munis de balais ou de pelles et nettoyer chacun dans son quartier, toute la crasse qui s’est accumulée pendant des années dans nos villes et nos villages. En cela, je ne ferai que suivre l’exemple du Rwanda où un tel décret existe bel et bien depuis des années et où j’ai séjourné à plusieurs reprises sans jamais trouver le moindre mégot de cigarette ou papier jetés dans la rue, ni au centre-ville ni en rase campagne!</p>



<p>&#8211; <strong><em>Décret présidentiel n°2 : Tous les sites sensibles de production, tels que les mines de phosphate, les champs pétroliers, les centrales électriques, les ports, etc., sont déclarés sites militaires</em>: </strong>j’y nommerai des généraux quatre étoiles de l’armée qui, assistés par des DGA civils diplômés en management des meilleures universités, y feront régner la discipline militaire. Pour les entreprises publiques très déficitaires et dont la qualité de service public est primordiale pour le niveau de vie de la population et la compétitivité des entreprises (Steg, Sonede, Onas, SNCFT, Transtu, Tunisair, etc.), je prendrais un décret qui limite le mandat de chaque PDG à 5 ans non renouvelables et je ferais signer à chacun d’eux un contrat-programme quinquennal élaboré par des experts sectoriels, qui fixe les objectifs d’amélioration de la productivité et de réduction des déficits d’exploitation à atteindre chaque année en contrepartie d’un montant plafond de subventions d’exploitation et d’investissement que ces entreprises seront autorisées de percevoir. Le même décret précisera que la fin du manat de chaque PDG d’entreprise publique donnera lieu systématiquement à un audit externe réalisé par des experts multinationaux et indépendants pour évaluer objectivement ses performances et le traduire éventuellement en justice pour mauvaise gestion qui sera qualifiée éventuellement de <em>crimes économiques commis contre la nation</em>, une nouvelle catégorie de crime que j’introduirai dans le Code Pénal en vertu de mes pouvoirs judiciaires. D’autre part, je leur demanderai à tous, ainsi qu’à tous les&nbsp; directeurs d’administration centrale ou régionale, d’installer de horloges pointeuses électroniques à empreinte digitale, afin d’empêcher toute triche, qui seront directement connectées aux ordinateurs qui calculent la paie de chaque salarié, de façon à procéder automatiquement et sans aucune intervention humaine à des retenues de salaires pour tout retard ou absence. Les salariés protesteront, l’UGTT décrétera une grève générale, mais je tiendrai bon parce que, parole d’un économiste formé dans les meilleures universités du monde (Dauphine, Sorbonne et M.I.T aux Etats-Unis) et expert international avec plus de 30 ans d’expérience dans les jambes, c’est la SEULE politique possible pour sauver l’économie de ce pays d’une ruine certaine, avec ou sans les 1,9 milliard qu’on mendie au FMI depuis maintenant&nbsp; plus de deux ans!</p>



<p>&#8211; <strong><em>Décret présidentiel n° 3 : la séance unique durant les mois d’été est supprimée: </em></strong>durant ma vie professionnelle, j’ai eu à séjourner quelquefois plusieurs années dans au moins une trentaine de pays subsahariens, où il n’y a que deux saisons par an (saison de pluies&nbsp; et saison sèche) et où la température descend rarement au dessous de 40°C même en pleine saison des pluies, ce qui n’empêche personne de travailler matin et après-midi durant toute l’année. J’ai séjourné aussi quelques mois aux Etats-Unis et au Canada où les températures extrêmes descendent en hiver quelques fois à -40°C, ce qui n’empêche pas aussi les gens sortir de chez eux pour aller travailler matin et après-midi durant toute l’année. Pourquoi nous en Tunisie, qui bénéficions d’un climat méditerranéen tempéré, qu’on nous jalouserait, devrons-nous arrêter de travailler tous les après-midi durant deux mois dès qu’il fait +30 ou 35°C, pour rester faire la sieste chez nous? La aussi, tous les Tunisiens descendront manifester dans la rue, me traiteront de dictateur et crieront «<em>à bas le président</em>», mais je tiendrai bon et j’attendrai qu’ils soient fatigués de manifester !</p>



<p>&#8211; <strong><em>Décret présidentiel n°4 : toutes les consommations sur les terrasses des cafés doivent être tarifiées le double de celles au comptoir :</em> </strong>c’est la mesure que j’aurai le plus malin plaisir à prendre, pour ne pas&nbsp; dire de la jouissance! En fait, cela fait des années que j’en rêve, plus exactement depuis que j’ai commencé à voyager dans le monde entier et qu’à chaque fois que je rentre d’un&nbsp; voyage, que ce soit d’un pays européen&nbsp; ou d’un pays situé au fin fond de l’Afrique, la première chose qui me saute aux yeux par rapport au pays où j’étais, est le nombre de terrasses de cafés à chaque coin de rue dans toutes nos villes et villages, et qui sont toujours bondées de monde, à se demander s’il arrive aux Tunisiens de travailler.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="BWwoiYknvN"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/12/27/que-dieu-sauve-leconomie-de-la-tunisie/">Que Dieu sauve l’économie de la Tunisie!</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Que Dieu sauve l’économie de la Tunisie! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/12/27/que-dieu-sauve-leconomie-de-la-tunisie/embed/#?secret=hInuAascb2#?secret=BWwoiYknvN" data-secret="BWwoiYknvN" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Je suis certain que si on introduit parmi les critères socio-économiques de développement, le nombre de places aux cafés/1000 habitants, comme on le fait pour le nombre de lits d’hôpitaux/1000 habitants dans le secteur de la santé, la Tunisie sera classée largement première dans le monde et figurera dans le <em>Guinness book</em>, ainsi d’ailleurs que pour le nombre d’heures travaillées par jour et par habitant en moyenne par an, où elle finira la dernière du classement mondial !</p>



<p>Aussi choquante qu’elle paraisse à première vue, cette pratique de la double facturation de la consommation sur terrasse de café existe dans beaucoup de pays, notamment en France où j’en ai personnellement profité quand j’étais étudiant et fauché dans le sens inverse : je pouvais fréquenter les cafés les plus chics de Paris mais en consommant toujours au bar à un tarif beaucoup moins cher qu’être assis à la terrasse. D’autre part, elle a des chances d’être acceptée parce qu’elle va être sûrement soutenue par les cafetiers qui sont légion chez nous et qui vont y trouver une bonne source de profits supplémentaires.</p>



<p>Les consommateurs vont râler un moment, déserteront un moment les terrasses des cafés, mais finiront par y revenir parce qu’ils ne peuvent pas résister au plaisir de fumer une chicha à la terrasse d’un café surtout dans les quartiers huppés&nbsp; et chers, pour le <em>«m’as-tu vu?»</em> (effet de démonstration que j’évoquais au début de cet article)</p>



<p>&#8211; <strong><em>Décret présidentiel n°5 : introduction dans le Code Pénal de la peine de travaux civiques :</em></strong>les quatre premiers décrets m’ayant permis de chasser les paresseux des terrasses des cafés, de moins certains d’entre eux, et de mettre tout le monde au travail de gré ou de force dans un pays devenu plus propre, il reste quand même une catégorie de la population que je n’ai pas l’intention d’oublier dans mon <em>«programme présidentiel&nbsp;»</em>: ce sont tous ces prisonniers qui croupissent dans nos prisons et qui sont logés et nourris aux frais de la princesse (l’Etat) sans rien faire. Vu leur nombre (une bonne dizaine de milliers, d’après certaines sources) et les compétences professionnelles d’un grand nombre d’entre eux, cela représente une force de travail non négligeable et cela serait un gaspillage de ressources humaines que de les laisser sans rien faire. Sous ma présidence, seuls les auteurs de crimes de sang et de viols bénéficieront du <em>«privilège»</em> d’être condamnés à la prison ferme sans avoir à rien y faire, tous les autres seront condamnés par les tribunaux à effectuer un nombre de journées/mois/années de travaux civiques dans les quartiers/villes où ils résident, en portant des bracelet électroniques pour les localiser et les contrôler! Ils seront habillés en une tenue bien visible rouge et blanc, couleurs du drapeau national, pour donner l’exemple aux autres citoyens et faire réfléchir ceux et celles qui auraient l’idée de commettre des infractions et enfreindre la loi et l’ordre public!</p>



<p>Ainsi, le médecin condamné pour évasion fiscale fera du porte-à-porte pour soigner les malades qui ne pouvaient pas se payer ses tarifs de consultation quand il était libre; les étudiants condamnés pour consommation de drogue donneront des cours particuliers aux enfants des pauvres ou d’alphabétisation; les ouvriers du bâtiment et les maçons condamnés pour violences conjugales boucheront les <em>«nids de poules»</em> sur la chaussée et répareront les trottoirs abîmés; les peintres en bâtiment condamnés pour bagarres sur la voie publique peindront les murs des écoles ou des bâtiments publics; les paysans condamnés pour vols de vaches ou de poules à leurs voisins planteront des arbres et des&nbsp; fleurs dans les espaces publics, etc. Même les intellectuels et opposants politiques qui sont condamnés pour délits d’opinion et qui en général ne savent rien faire de leurs mains sauf écrire, effectueront leurs travaux civiques à lire des poèmes, en premier lieu de Bayram Ettounsi, aux enfants des écoles primaires ! </p>



<p>Quant aux hommes d’affaires et affairistes condamnés pour émission de chèques sans provisions, je leur réserve un traitement de faveur : étant donné qu’en général, ils ne savent rien faire de leurs dix doigts que de compter les liasses de billets de banques gagnées en «<em>mettant la chéchia de l’un sur la tête de l’autre</em>», ils effectueront leurs travaux civiques dans les hospices publics de vieillards à nettoyer leurs toilettes et à leur changer leurs couches ! Ils ne pourront pas se plaindre parce qu’ils ne feront que subir le même sort que leur idole, feu Silvio Berlusconi, dont ils rêvent tous de devenir aussi milliardaires que lui et qui a vu sa peine de prison pour évasion fiscale transformée en travaux civiques qu’il a bien effectués pendant trois mois dans un hospice de vieillards !</p>



<p>A la lecture de «<em>mon programme présidentiel»,</em> je suis certain que l’écrasante majorité des lecteurs et des électrices ne voteront pas pour moi, et qu’ils vont même pousser un ouf de soulagement en se disant <em>«heureusement que ce type n’est pas président de la république et n’a aucune chance de l’être».</em></p>



<p>Pour être franc, je dois direquemoi aussi,&nbsp; je n’ai nullement envie de le devenir!</p>



<p>* <em>Economiste-Consultant international.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="8Os7gpIo2l"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/04/13/tunisie-le-gouvernement-les-lobbys-daffaires-et-les-citoyens-lambda/">Tunisie : Le gouvernement, les lobbys d’affaires et les citoyens lambda</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Le gouvernement, les lobbys d’affaires et les citoyens lambda » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/04/13/tunisie-le-gouvernement-les-lobbys-daffaires-et-les-citoyens-lambda/embed/#?secret=bCxMKM44Rp#?secret=8Os7gpIo2l" data-secret="8Os7gpIo2l" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/04/tunisiens-arretons-de-mendier-et-mettons-nous-au-travail/">Tunisiens, arrêtons de mendier et mettons-nous au travail!</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Solutions pour sortir du bras de fer entre Kaïs Saïed et le FMI</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/22/solutions-pour-sortir-du-bras-de-fer-entre-kais-saied-et-le-fmi/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Jun 2023 13:43:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Caisse générale de compensation]]></category>
		<category><![CDATA[Dr. Sadok Zerelli]]></category>
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		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Kristalina Georgieva]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour sortir la Tunisie de la crise, il faudrait arrêter les discours populistes et chauvins et de prendre nos rêves pour de la réalité.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/22/solutions-pour-sortir-du-bras-de-fer-entre-kais-saied-et-le-fmi/">Solutions pour sortir du bras de fer entre Kaïs Saïed et le FMI</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em><strong>D’une façon générale, si on veut sauver ce pays, au cas où il y a encore une chance de le sauver, ce qui est loin d’être certain, il faudrait arrêter les discours populistes et chauvins et de prendre nos rêves pour de la réalité. Et penser à des solutions économiques concrètes pouvant être mises en œuvre immédiatement. &nbsp;&nbsp;</strong></em></p>



<p>Par <strong>Dr. Sadok Zerelli</strong> *</p>



<span id="more-8477510"></span>



<p>Il ne se passe plus un jour sans que la négociation du prêt du Fonds monétaire international (FMI) d’un montant de 1,9 milliard de dollars (Mrd$), validée sur le plan technique depuis octobre 2022 et toujours non approuvée par le conseil d’administration du Fonds, ne soit évoquée par la presse nationale et internationale.</p>



<p>Les ballets diplomatiques, les visites des chefs de gouvernement de l’Italie et des Pays-Bas et de la présidente de la Commission Européenne, les multiples déclarations de la directrice générale du FMI, du ministre des Affaires étrangères de l’Italie, du secrétaire&nbsp; d’Etat aux Affaires étrangères des Etats-Unis et la présence du dossier de la Tunisie à l’ordre du jour de toutes les réunions du Conseil de l’Europe et du G7, montrent clairement que nitre pays est devenu un sujet de préoccupation internationale au même titre que celui de la Syrie, de la Libye et du Yémen.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Gagner plus et dépenser moins</h2>



<p>Certaines déclarations cinglantes du&nbsp;président de la république Kaïs Saïed, telles que «<em>la Tunisie n’accepte&nbsp; aucun diktat de personne</em>» ou «<em>il n’existe aucune <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/14/kais-saied-le-fmi-nest-pas-cite-dans-le-coran/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sourate du Coran </a>qui évoque le Fond monétaire international</em>» n’ont fait qu’enflammer davantage les débats sur ce sujet et les ont fait sortir du cadre strictement technique et financier pour leur donner une dimension politique et de confrontation internationale, de sorte que parler d’un bras-de-fer entre lui et le FMI n’est pas un excès de langage.</p>



<p>Il faut savoir à ce sujet et garder à l’esprit que ce n’est pas le FMI qui est venu chez nous pour nous dicter quoi que ce&nbsp; soit et «<em>se mêler de nos affaires intérieures»</em> comme semble le penser notre président, mais c’est bien nous qui sommes allés vers lui pour lui demander ou plus exactement lui quémander (c’est le mot exact, aussi blessant soit-il pour notre<em> «fierté nationale</em>» dont le président nous parle dans chacun de ses discours !) de quoi boucler notre budget de l’année 2023, parce que notre État veut dépenser durant l’année 2023 bien plus qu’il n’a de recettes fiscales et parafiscales.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="o5bfoLeIHj"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/17/tunisie-fmi-du-travail-reste-encore-a-faire-estime-kristalina-georgieva/">Tunisie &#8211; FMI : «Du travail reste encore à faire», estime Kristalina Georgieva</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie &#8211; FMI : «Du travail reste encore à faire», estime Kristalina Georgieva » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/17/tunisie-fmi-du-travail-reste-encore-a-faire-estime-kristalina-georgieva/embed/#?secret=zrcp3jkqkf#?secret=o5bfoLeIHj" data-secret="o5bfoLeIHj" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Il faut garder à l’esprit aussi que le temps ne joue pas en faveur de la Tunisie et qu’elle a le dos au mur dans le sens où, sans cet accord du FMI, dont le montant est pourtant loin de combler le trou&nbsp; du budget de l’Etat pour l’année en cours, aucun autre bailleur de fonds n’accepterait de lui accorder de nouveaux crédits, surtout que toutes les agences de notation internationales ont dégradé la note de la Tunisie à CCC-, avec des perspectives négatives, avant-dernière étape de la situation de défaut de paiement et de faillite de l’Etat (notation « D »).</p>



<p>En d’autres termes, sans cet accord du FMI, la Tunisie risque de se retrouver en situation de défaut de paiement de sa dette extérieure et d’avoir à passer devant le Club de Paris pour le rééchelonnement de sa dette publique et devant le Club de Londres pour celui de sa dette privée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment s’en sortir&nbsp;?</h2>



<p>Sur le plan intérieur, la situation risque d’être encore plus grave parce que l’Etat, à moins de faire fonctionner à fond le mécanisme de la&nbsp;planche à billets et faire exploser ainsi l’inflation et baisser drastiquement le pouvoir d’achat de tous les citoyens, risque bientôt de ne plus pouvoir payer les salaires des fonctionnaires et les pensions de retraite, ce qui risque de provoquer une explosion sociale autrement plus grave que la révolution de 2010 ou la révolte du pain de 1984.</p>



<p>Devant cette situation où personne ne peut rester indifférent parce qu’il y va de notre avenir à tous, à très court terme, et surtout pas les économistes universitaires dont je fais partie, qui par leur formation et leur éclairage pourraient peut-être aider le pays à sortir de cette impasse, peu importe qui en est responsable (ce qui compte le plus, ce n’est pas qui en est responsable, mais comment s’en sortir).</p>



<p>C’est justement l’objet de cet article, que je vais axer beaucoup plus sur les proposions de solutions ou au moins d’axes de sortie de cette crise, plutôt que de répéter les mêmes discours plus ou moins populistes qu’on entend ici ou là et qui dénotent une méconnaissance totale de la finance internationale et des mécanismes de financement du budget d’un Etat et/ou d’une naïveté à faire pleurer.</p>



<p>Cette analyse commence par rappeler les conditions que pose le FMI pour donner son accord et débloquer une première tranche de ce fameux crédit de 1,9 M$, pour examiner ensuite celles que le président de la république pourrait accepter et celles qu’il doit refuser à juste raison.</p>



<p>L’approche proposée ici est celle d’une négociation positive où chaque partie doit faire un pas vers l’autre et accepter de faire des concessions, ne serait-ce que pour&nbsp;sauver la face, surtout en matière de souveraineté nationale, thème très cher&nbsp;à juste raison à notre président.</p>



<p>Les conditions posées par le FMI sont essentiellement au nombre de trois:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>réduire les déficits d’exploitation des entreprises publiques qui pèsent de plus en plus lourd sur le budget de l’Etat qui n’a pas souvent d’autre choix que de les combler à la fin de chaque année;</em></li>



<li><em>réduire sinon supprimer les subventions de l’Etat au titre de la Caisse générale de compensation, pour la consommation d’un certain nombre de produits alimentaires de base (pain, sucre, riz, huile, etc.) et de produits énergétiques;</em></li>



<li><em>réduire la masse des salaires du secteur public pour la ramener au niveau international de 12% du PIB contre 16% dans le cas du budget tunisien</em> <em>pour l&rsquo;exercice 2023.</em></li>
</ul>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="qNYJ37J0lH"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/16/tunisie-laccord-provisoire-du-fmi-est-devenu-caduc/">Tunisie : l’accord provisoire du FMI est devenu caduc</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : l’accord provisoire du FMI est devenu caduc » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/16/tunisie-laccord-provisoire-du-fmi-est-devenu-caduc/embed/#?secret=kItIYroL0d#?secret=qNYJ37J0lH" data-secret="qNYJ37J0lH" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Voyons maintenant quelles sont les conditions que l’on peut considérer comme raisonnables, qui vont même dans le sens de l’intérêt général du pays et que le président Kaïs Saïed pourrait accepter moyennant même la demande d’une assistance financière et technique de la part du FMI ou de l’Union Européenne pour les mettre en œuvre.</p>



<p>Ensuite quelles sont les conditions qu’il doit refuser en les considérant comme «<em>une ingérence dans les affaires intérieures de la Tunisie</em>» ou des «<em>diktats du FMI qui ne figurent dans aucune Sourate du Courant</em>» en raison de leur impact négatif sur la paix sociale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Rechercher l’intérêt général</h2>



<p>1) En ce qui concerne la première condition, il faut bien noter que le FMI ne demande nullement de céder les entreprises publiques largement déficitaires (environ une bonne centaine, quand même) au secteur privé, comme certains le propagent, notamment au sein de l’UGTT, qui en a même fait une ligne «<em>rouge</em>», à ne pas franchir par l’Etat, alors qu’il n’y a lieu d’en faire ni une ligne rouge ni une ligne jaune.</p>



<p>En effet, le FMI ne demande qu&rsquo;une <strong><em>restructuration</em></strong> de ces entreprises publiques, prises une à une et selon le secteur plus ou moins concurrentiel où elles exercent leurs activités, pour les rendre moins déficitaires sinon rentables et améliorer en même temps la qualité des services publics qu’elles fournissent à leurs usagers/clients.</p>



<p>A ce sujet et en tant qu’économiste et expert international qui a participé à un grand nombre de missions d’évaluation à mi-parcours ou finale d’un grand nombre de projets ou de programmes de développement financés par une multitude de bailleurs de fonds (BAD, BM, EU, USAID, etc.) dans plusieurs pays subsahariens, je ne peux que souscrire et applaudir même à cette condition posée par le FMI qui va directement dans le sens de l’intérêt général de la collectivité nationale et qu’on devrait mettre en œuvre sans même attendre que le FMI nous le demande.</p>



<p>En effet, tous les économistes, quelle que soit l’école de pensée économique à laquelle ils adhèrent, sont d’accord sur un point : <em>le premier objectif de toute politique économique, d’ordre réel ou monétaire, est d’atteindre une allocation optimale des ressources matérielles et humaines, par définition rares, dont dispose un pays en vue d’élever le niveau de vie général de sa population et d’assurer la justice sociale. </em>Pour cela, toute politique visant à limiter le gaspillage des ressources, l’attribution de privilèges salariaux ou autres non mérités et à lutter voire même sanctionner la mauvaise gestion dans le secteur public doit être encouragée.</p>



<p>Un des instruments pour y arriver et qui a été appliqué avec succès dans un grand nombre de pays, dont la France et la Grande-Bretagne, sont les fameux <strong><em>contrats-programmes</em></strong> à passer entre l’autorité de tutelle de chaque entreprise publique représentante de l’Etat, et ces entreprises publiques structurellement déficitaires.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="4MHyGPZUdO"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/14/kais-saied-le-fmi-nest-pas-cite-dans-le-coran/">Kaïs Saïed : «Le FMI n’est pas cité dans le Coran»  </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Kaïs Saïed : «Le FMI n’est pas cité dans le Coran»   » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/14/kais-saied-le-fmi-nest-pas-cite-dans-le-coran/embed/#?secret=wWkTPoduPt#?secret=4MHyGPZUdO" data-secret="4MHyGPZUdO" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ces contrats-programmes consistent à <strong><em>garder le caractère entièrement public de l’entreprise</em></strong> et à lui fixer, dans le cadre&nbsp;d’un contrat quinquennal, le montant des différentes subventions annuelles que l’entreprise serait en droit de recevoir durant les cinq prochaines années, en contrepartie d’un certain nombre d’objectifs de croissance de leur production, de stratégie de développement et d’amélioration de la qualité de ses service et de productivité qu’elle s’engage contractuellement à atteindre année après année. A titre d’exemple, avec de tels contrats-programmes quinquennaux, la SNCF en France est passée en moins de dix ans d’une entreprise fortement déficitaire à une entreprise bénéficiaire leader dans le transport ferroviaire qui arrive même à concurrencer l’avion.&nbsp;</p>



<p>Un autre instrument très efficace pour alléger le budget de l’Etat du poids des déficits d’exploitation des entreprises publiques et qui a fait ses preuves dans beaucoup de pays,&nbsp; notamment subsahariens, est le <strong><em>Partenariat Public Privé (PPP</em></strong>). Là aussi, il ne s’agit nullement de céder au secteur privé la propriété de certaines entreprises ou infrastructures considérées comme stratégiques pour le pays, mais de sous-traiter au secteur privé certaines activités à caractère commercial dans le cadre de concessions à plus ou moins longue durée, liées par des cahiers de charges très précis et contraignants qui fixent clairement les obligations du concessionnaire en matière d’entretien des équipements ou des infrastructures dont il a la charge d’exploitation, le nombre&nbsp;d’emplois qu’il s’engage de maintenir ou créer les tarifs qu’il serait autorisé d’appliquer et qui doivent être obligatoirement homologués par l’Etat, les investissements qu’il doit réaliser pour développer l’entreprise ou l’infrastructure qu’il a en charge, les progrès de productivité qu’il doit atteindre, etc.</p>



<p>Parole d’expert en la matière: <em>&nbsp;Par rapport où modèle économique de «l’Etat-providence» qui faisait tout que nous avons hérité des années 1960 et qui est dépassé depuis des décennies dans le monde entier, parce que la vocation d’Etat, une entité éminemment politique, est d’assurer la paix, la sécurité et la justice sociale dans un pays et non pas de produire de l’acier, ou du sucre, ou des cigarettes ou du papier&#8230;, le PPP est vraiment l’exemple même de gestion moderne de type « win-win » (gagnant-gagnant) où l’Etat, l’économie nationale et les usagers seront tous gagnants, particulièrement dans certains secteurs publics et névralgiques, tels que les ports,&nbsp; aéroports et autres infrastructures qui touchent à la logistique, nerf de la guerre de la compétitivité internationale».</em></p>



<p>Cet outil de PPP est doublement intéressent pour l’Etat parce que, non seulement celui-ci ne va plus supporter sur son budget les déficits très lourds de ses entreprises publiques et voir ainsi son déficit budgétaire se creuser, mais il va pouvoir même encaisser des redevances d’exploitation annuelles payées par les concessionnaires qui vont améliorer ses recettes et réduire son déficit budgétaire.</p>



<p>Les usagers de ces services publics, qu’ils soient des ménages ou des entreprises, seront aussi gagnants dans l’affaire&nbsp; en termes d’amélioration de la qualité du service, car la capacité de gestion du secteur privé, motivé par la recherche de profit qu’il sait est directement lié la satisfaction des usagers, dépasse de loin celle des gestionnaires du secteur public, qui n’ont aucune motivation autre que celle d’occuper le plus longtemps possible leur fauteuil de PDG d’une entreprise publique ou de directeur général d’une administration centrale et de jouir des avantages matériels ou autres s’y afférant.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="oe0qifp5D4"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/14/la-tunisie-face-au-casse-tete-de-la-caisse-generale-de-compensation/">La Tunisie face au casse-tête de la Caisse générale de compensation</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie face au casse-tête de la Caisse générale de compensation » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/14/la-tunisie-face-au-casse-tete-de-la-caisse-generale-de-compensation/embed/#?secret=n9I31np8G1#?secret=oe0qifp5D4" data-secret="oe0qifp5D4" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les riches et les pauvres</h2>



<p><em>2) La suppression sinon la forte réduction des subventions sur les produits alimentaires de base et en particulier sur les produits énergétiques :</em></p>



<p>C’est la condition principale sur laquelle capote les négociations jusqu’à ce jour. Le FMI a autant de raisons pour y tenir que le président Kaïs Saïed en a pour la refuser. Pour analyser objectivement cette question, il faut garder à l&rsquo;esprit que le FMI, ainsi que la Banque Mondiale, sont dirigés par des économistes&nbsp;néolibéraux qui prônent le retour à la théorie néoclassique de Ricardo et même à la théorie classique de «<em>la main invisible</em>» d’Adam Smith.</p>



<p>Pour ces économistes, le prix d’un bien ou service, indépendamment de ses retombées financières sur l’équilibre d’exploitation de l’entreprise qui le produit, sert avant tout à <em>orienter le comportement des consommateurs </em>vers la consommation de tel ou tel produit ou service dans telle ou telle quantité.</p>



<p>Par exemple, un prix trop bas entraîne une surconsommation de ce bien ou service et donc un <em>gaspillage des ressources</em>. C’est ce qu’on observe d’ailleurs pour la consommation du pain en Tunisie où certaines sources avancent le chiffre de 900 000 pains jetés par jour ! C’est ce qu’on observe aussi pour la consommation de produits énergétiques, dont le bas prix sur le marché intérieur ne pousse pas les agents économiques à les économiser et encourage même le développement des industries et activités énergivores, creusant ainsi le déficit énergétique et celui de la balance des paiements et détériorant ainsi davantage l’environnement.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="l7YKfS07bL"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/27/la-banque-centrale-de-tunisie-ou-la-politique-de-la-fuite-en-avant/">La Banque centrale de Tunisie ou la politique de la fuite en avant</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Banque centrale de Tunisie ou la politique de la fuite en avant » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/27/la-banque-centrale-de-tunisie-ou-la-politique-de-la-fuite-en-avant/embed/#?secret=7Qz3IMjrm3#?secret=l7YKfS07bL" data-secret="l7YKfS07bL" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Cette dimension environnementale en termes de réduction de la pollution atmosphérique, de la consommation de l’énergie d’origine fossile par rapport à l’énergie renouvelable et d’impact sur le réchauffement climatique est fortement présente dans l’approche du FMI et explique la rigidité de sa position sur cette question, alors qu’elle est totalement absente de l’approche de Kaïs Saïed qui ne pense qu’à l’impact de l’augmentation du prix de l’énergie sur les pauvres et la paix sociale.</p>



<p>Le FMI y voit aussi une injustice sociale, car les couches les plus pauvres contribuent à travers les taxes qu’elles paient à l’Etat à subventionner indirectement la consommation des riches qui paient le même prix qu’elles et bénéficient davantage des subventions accordées à ces produits puisqu’ils ont les moyens financiers d’en consommer beaucoup plus.</p>



<p>Par exemple, il n’y a aucune raison pour qu’un citoyen qui habite dans un village au fin fond de la campagne et qui ne possède même pas de voiture, de contribuer à travers les taxes qu’il paie à l’Etat, au carburant consommé par quelqu’un qui roule dans une voiture 4&#215;4 de luxe pour aller un samedi soir danser dans une discothèque à Hammamet!</p>



<p><em>De ce point de vue d’allocation optimale des ressources, de lutte contre le réchauffement climatique et&nbsp; de justice sociale, on ne peut pas dire que le FMI a tort et que cette condition de suppression des subventions sur les prix de l&rsquo;énergie&nbsp; qu&rsquo;il veut nous imposer pour donner son accord soit injustifiée.</em></p>



<p>L’approche du président Kaïs Saïed est tout autre : lui, il ne voit que l’impact social sur les catégories sociales à faibles revenus de toute suppression des subventions sur les produits de consommation de base et des produits énergétiques et le risque de révolte sociale que cette mesure pourrait déclencher. En tant qu’homme politique et président de la république qui pense avant tout à la paix sociale, on ne peut pas dire qu’il a tort non plus.</p>



<p>La solution pour concilier les points de vue de Kaïs Saïed et du FMI sur cette question des subventions, socialement et donc politiquement très délicate, existe bel et bien et, comme pour l’idée des contrats-programmes ou des PPP, ce n’est pas moi qui l’ai inventée mais elle a été testée déjà avec succès dans beaucoup de pays.</p>



<p>Il s’agit tout simplement de garder les subventions sur les produits alimentaires de base et, au lieu de les faire supporter par le budget de l’Etat, de mettre en place un fonds ou un mécanisme pour les financer par de nouvelles taxes et impôts que seuls les riches et les capitalistes <em>oisifs</em> (ceux qui n’ont pas injecté leurs capitaux dans le circuit de production économique et se contentent de les fructifier par des opérations de spéculation immobilière ou foncière) auront à payer, tels qu’un impôt sur la fortune, ou sur le transfert d’héritage, ou une taxe sur la plus value immobilière ou la spéculation boursière, etc.</p>



<p>Ce principe de «<em>prendre aux riches pour donner aux pauvres</em>» est parfaitement admis et appliqué même dans des pays très capitalistes mais à haut niveau de civisme et de justice sociale tels que la Norvège, la Finlande, ou la Suède&#8230; où l’impôt sur la dernière tranche des revenus atteint jusqu’à 90% (contre un plafond de 35% en Tunisie) et où même le montant des amendes pour les infractions routières est proportionnel au niveau du revenu.</p>



<p>Ce principe devrait plaire aussi au président Kaïs Saïed, à qui on peut certes reprocher beaucoup de choses, notamment sa méconnaissance totale des mécanismes de l’économie et de la finance internationale, mais dont on ne pas renier la fibre humaine qui se dégage de ses discours.</p>



<h2 class="wp-block-heading">«<em>Pay as you go</em>»</h2>



<p>Quant à la subvention sur le prix de l’énergie, plusieurs pays subsahariens (exactement 28 au total) ont résolu depuis longtemps ce problème en créant des Fonds Routiers de première ou deuxième génération, financés par un supplément de taxe payée à la pompe de sorte que celui qui ne consomme pas de produits énergétiques n’aura rien à payer, celui qui consomme le moins paie le moins et celui qui consomme le plus paie le plus. C’est le principe de «<em>pay as you go</em>» très en vogue dans les pays qui recherchent l’efficacité économique en même temps que la justice sociale.</p>



<p>Ces fonds permettent aussi de décharger le budget de l’Etat des dépenses d’entretien courant et périodique du réseau routier, car là aussi, il n’y a pas de raison pour que celui qui n’a même pas de véhicule de participer à travers les taxes qu’il paie à l’Etat à l’entretien du réseau routier dont seuls les propriétaires de véhicules profitent.</p>



<p><em>3- Réduction du poids des salaires publics pour réduire le déficit budgétaire :</em> il s’agit d’un problème avant tout politique et sa solution ne peut être que politique aussi.</p>



<p>En effet, la masse salariale des fonctionnaires de l’Etat qui représente plus de 60% du Titre 1 de son budget et plus de 16% du PIB, est une résultante directe des recrutements massifs effectués après la révolution de 2010, des augmentations salariales arrachées à coup de grèves, sit-in et même de rétention de notes des élèves dans le secteur de l’enseignement comme on vient de le vivre très récemment.</p>



<p>Outre qu’elles creusent davantage le déficit du budget de l’Etat, ces augmentations de salaires non contrebalancées par un accroissement effectif de la production ou de la productivité, accélèrent le processus inflationniste et se traduisent par une baisse du pouvoir d’achat de toutes les classes sociales, y compris les plus vulnérables et qui n’ont pas bénéficié de ces augmentations salariales et dont la pauvreté va donc s’accroître.</p>



<p>La solution technique pour mettre un terme définitif à ce phénomène qui s’est aggravé depuis la révolution de 2010, est d’inscrire dans la Constitution même un article qui interdit toute augmentation salariale non justifiée par une augmentation de la productivité. C’est une affaire avant tout de courage politique et de rapport de force entre l’Etat et l’UGTT.</p>



<p><em>Dans ce contexte, si le président Kaïs Saïed doit engager un bras-de-fer, ce n’est certainement pas avec le FMI, mais avec l’UGTT qui, par les grèves et sit-in qu’elle a soutenus, quand ce n’est pas elle qui les a décrétés pendant plus de dix ans, pour arracher à des gouvernements faibles qui ne pensaient qu’à se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible et qui sont passés maîtres dans l’art d&rsquo;appliquer la politique d’«Après-moi, le déluge», des augmentations salariales non justifiées par aucun accroissement de la production. Dans ce sens, l&rsquo;UGTT porte la première responsabilité dans l’impasse budgétaire dans laquelle on se trouve et le risque imminent de défaut de paiement qui menace l’Etat.</em></p>



<p>En conclusion et comme on peut le voir, les solutions techniques pour rapprocher les points de vue du FMI et du président Kaïs Saïed existent bel et bien et ont même été testées avec succès dans un certain nombre de pays, y compris les pays subsahariens à économie similaire à la nôtre, et à qui on a tendance à tourner le dos, à tort, parce qu’il y a bien plus de leçons à apprendre de ces pays que de l’Europe ou des USA (j’en sais quelque chose pour y avoir travaillé pendant plus de 20 ans).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des solutions et non des chimères </h2>



<p>En tout cas, ces solutions valent mieux, pour&nbsp;éviter à l’économie de ce pays le défaut de paiement et lui épargner le passage humiliant devant les clubs de Paris et Londres pour rééchelonner la dette publique et privée, que de claquer la porte&nbsp; du FMI et «<em>compter sur nos propres ressources</em>» ou sur «<em>la récupération à court terme des biens spoliés avant ou après la révolution</em>» ou les fameuses «<em>entreprises citoyennes</em>» dont rêve notre président et ceux qui le soutiennent.</p>



<p>En effet, si nous avions des ressources internes suffisantes pour financer notre déficit budgétaire, nous ne serions pas là à courir derrière le FMI et des pays soit disant «<em>frères et amis</em>» pour leur quémander de quoi boucler notre budget.</p>



<p>D’autre part, de quelles ressources internes parle-t-on? Celles d’un secteur des phosphates dont les principaux sites de production sont toujours occupés et qui n’a pas encore retrouvé 50% de son volume de production d’avant la révolution de 2010? Celles d’une agriculture qui subit de plein fouet les effets de la sécheresse et du stress hydrauliques et dont la production ne sera jamais aussi faible que celle attendue pour 2023? Celles d’une industrie de textile ou de sous-traitance mécanique et éclectique qui va être très négativement impactée par la récession économique en cours en Europe? Celles d’un secteur touristique dont les performances et les recettes sont tributaires du moindre attentat commis même loin de chez nous et par un Arabe qui n’est même pas musulman (voir récent attentat à Annecy en France)?</p>



<p>Quant à l’espoir de récupérer les milliards de dinars détournés avant ou après la révolution pour boucler notre déficit budgétaire de l’année 2023, tout expert en finance internationale pourrait expliquer à notre président que les lois internationales en matière de secret bancaire, les techniques très sophistiquées de montage des sociétés-écrans et la jurisprudence dans les pays <em>«paradis- fiscaux»</em> font qu’il sera pratiquement impossible pour nous de voir la couleur cet argent, non pas en 2023, mais même de notre vivant!</p>



<p><em>Il est temps pour notre président de descendre sur terre et d’affronter la réalité telle qu’elle est, parce que proposer des solutions utopiques ne ferait que précipiter chaque jour davantage le pays vers le précipice et le défaut de paiement !</em></p>



<p>Concernant l’autre idée de notre président, à savoir le<em>s entreprises citoyennes </em>sur lesquelles il compte pour sauver notre économie de l’effondrement<em>, </em>quelqu’un de son entourage devrait expliquer à ce juriste de formation et apparemment plus amateur de la lecture de poètes tels&nbsp; Bayram Ettounsi que d’économistes tels que Keynes ou Friedman (ce dont on ne pas lui reprocher, car il ne fait pas de doutes que les hommes de lettres sont aussi utiles pour faire avancer la civilisation dans un pays que les économistes, mais pas pour diriger l’économie) que les choses ne sont pas aussi simples et aussi faciles qu’il le croit : pour réaliser un projet d’investissement, il faut tout d abord effectuer une étude de marché pour s’assurer que la demande locale ou étrangère existe, évaluer la rentabilité économique et financière sans laquelle aucune banque locale ou étrangère n’accepterait de financer le projet, conduire des études d’Avant Projet Sommaire (APS), d’Avant Projet Détaillé (APD) et d’Exécution que seuls des bureaux d’engineering employant des ingénieurs et des économistes très hautement qualifiés&nbsp;sont capables de faire, préparer les Documents d’Appel d’Offre (DAO), et dépouiller les offres pour sélectionner une entreprise, recruter des contrôleurs de travaux et réunir un montant d’autofinancement suffisant sans lequel aucune banque ne voudrait prendre seule les risques liés à ce projet, <em>toutes tâches qui dépassent de loin la compétence de jeunes diplômés en chômage qui n’ont aucune expérience professionnelle, aussi enthousiastes et patriotes soient ils.</em></p>



<p><em>D’une façon générale, si on veut sauver ce pays, au cas où il y a encore une chance de le sauver, ce qui est loin d’être certain, il faudrait arrêter les discours populistes et chauvins et de prendre nos rêves pour de la réalité. Ce genre de discours peuvent servir à la limite pour mobiliser l’opinion publique pour supporter l’équipe nationale de football&nbsp;et lui faire rêver les yeux grand ouverts de battre de multiples champions du monde comme le Brésil ou la France, mais l’économie n’est, hélas, ni le football, ni la poésie, mon cher président de la république</em> !</p>



<p><em>* Economiste-consultant international.</em></p>



<p><em><strong>NB. </strong>Contrairement à ce qu&rsquo;affirme la BCT en jouant sur l&rsquo;ignorance du public de ces questions très techniques, la loi d&rsquo;indépendance de la BCT de 2016, ne l&rsquo;a nullement empêchée&nbsp;de continuer à faire fonctionner le mécanisme de la planche à billets pour financer l&rsquo;impasse ou le déficit budgétaire l&rsquo;Etat. Non seulement elle continue à le faire et de plus en plus belle, mais aussi à un coût très supérieur pour l&rsquo;Etat qui se traduit par des profits énormes réalisés par les banques commerciales publiques et privées et des centaines de millions de dinars de dividendes qui vont directement dans les poches des actionnaires de ces banques. (Voir mes explications dans les termes les plus simples et les plus accessibles au grand public dans mon article à ce sujet intitulé »<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/02/pour-qui-roule-la-banque-centrale-de-tunisie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pour qui roule la BCT » </a>publié il y a quelques semaines dans « Kapitalis »).</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/22/solutions-pour-sortir-du-bras-de-fer-entre-kais-saied-et-le-fmi/">Solutions pour sortir du bras de fer entre Kaïs Saïed et le FMI</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Les femmes sont-elles plus aptes que les hommes pour gouverner le monde ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Jun 2023 08:06:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[coût d’opportunité]]></category>
		<category><![CDATA[Dr. Sadok Zerelli]]></category>
		<category><![CDATA[femmes au pouvoir]]></category>
		<category><![CDATA[Giorgia Meloni]]></category>
		<category><![CDATA[Kristalina Georgieva]]></category>
		<category><![CDATA[Najla Bouden]]></category>
		<category><![CDATA[théorie du bien-être]]></category>
		<category><![CDATA[Ursula von der Leyen]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les femmes n’ont pas plus d’aptitudes que les hommes pour gouverner le monde. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/15/les-femmes-sont-elles-plus-aptes-que-les-hommes-pour-gouverner-le-monde/">Les femmes sont-elles plus aptes que les hommes pour gouverner le monde ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em><strong>A partir du moment où il s’avère que les femmes ont tendance à appliquer des politiques d’hommes dès qu’elles accèdent au pouvoir et qu’elles n’ont pas à priori plus d’aptitudes que les hommes pour gouverner le monde, il serait peut-être mieux pour elles, leurs enfants et la société qu’elles consacrent leur énergie pour bien élever et nourrir d’amour leurs enfants pour en faire des hommes et des femmes bien dans leurs peaux, éduqués et utiles pour la société. Explications…  </strong></em></p>



<p>Par <strong>Sadok Zerelli </strong>*</p>



<span id="more-8366030"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/03/Sadok-Zerelli.jpg" alt="" class="wp-image-200552"/></figure></div>


<p>En introduction à la grave question posée par le titre de cet article, je voudrais souligner que je fais partie de ceux et celles qui sont intimement convaincus que nous naissons tous égaux mais que ce sont l’éducation que nous recevons et l’environnement dans lequel nous grandissons qui créent les inégalités entre les personnes de même sexe ou de sexes différents. </p>



<p>Une deuxième remarque introductive aussi importante est que je suis conscient que mon analyse ci-après est certainement entachée, pour ne pas dire biaisée,  par ma formation (je devrais dire ma déformation) d’économiste et qu’il est possible de répondre à la question posée en adoptant d’autres approches d’ordre sociologique ou philosophique ou même religieux (certains répondront à la question posée par quelques sourates du Coran et le débat est clos <strong>!</strong>). </p>



<p>Dans ce sens, il est important que je précise que je ne prétends pas avoir trouvé la bonne réponse à la question posée, mais que je l’ai abordée comme un candidat au baccalauréat aborderait un sujet de philosophie, en développant les idées que lui suggère la question ou la citation objet du sujet, sans forcément savoir où sa réflexion va le mener et quelle conclusion il va en tirer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La théorie du bien-être</h2>



<p>Ainsi, l’angle d’analyse que j’ai délibérément adopté pour essayer de répondre à cette question est celui de la <em>théorie du bien-être</em> (<em>Welfare Theory</em>), qui vise une allocation optimale des ressources humaines et matérielles disponibles dans un pays en vue de maximiser <em><u>une fonction d’utilité collective</u> t</em>elle que la satisfaction d’un individu ne peut être augmentée sans diminuer celle d’un autre (en économie du bien-être, on appelle cela l’optimum économique de Pareto, par opposition à l’optimum économique de Walras qui vise à maximiser des fonctions d’utilité individuelles qui varient d&rsquo;un individu à l’autre).</p>



<p>Un des concepts à la base de cette théorie du bien-être, dont je suis un fervent disciple et dont j’applique quotidiennement les enseignements dans mon travail d’économiste, est le concept de <em><u>coût d’opportunité</u>,</em> dont on verra dans la suite de cet article l’importance dans la réponse que je propose à la question posée.</p>



<p>Ce concept signifie simplement que le coût d’une décision ou d’une action n’est pas le coût d’ordre monétaire qu’on consacre pour la réaliser, mais la valeur du bien-être auquel on renonce en prenant cette décision. Par exemple, le coût d’opportunité d’une décision d’aller voir un film au cinéma n’est pas les 10 ou 15 dinars qu’on paie à la caisse, mais la valeur qu’on attache en terme de bien-être à passer ces deux heures à jouer avec ses enfants ou à lire de la poésie ou à flâner dans la nature&#8230; </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="By9M9AUKHS"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/24/tunisie-quelle-place-pour-les-femmes-dans-la-republique-de-kais-saied/">Tunisie : Quelle place pour les femmes dans la «république» de Kaïs Saïed ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Quelle place pour les femmes dans la «république» de Kaïs Saïed ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/24/tunisie-quelle-place-pour-les-femmes-dans-la-republique-de-kais-saied/embed/#?secret=fmAnHEtkIS#?secret=By9M9AUKHS" data-secret="By9M9AUKHS" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ces précisions étant faites, le point de départ de ma dissertation sur ce sujet  est le constat que tous les hommes et toutes les femmes de ma génération (âgés autour de 70 ans) n&rsquo;ont pas pu manquer de relever durant leurs vies et leurs carrières, à savoir le lent (probablement trop lent aux yeux des féministes) mais inexorable phénomène d&rsquo;émancipation des femmes, qui occupent de plus en plus de postes de responsabilité et dirigent de fait de plus en plus d’entreprises petites ou grandes, d’institutions publiques nationales ou internationales, ou même de pays développés ou pas. </p>



<p>En Tunisie, cela s’est traduit par des secteurs entiers où les femmes sont devenues largement majoritaires en nombre tels que l’enseignement primaire ou secondaire ou même supérieur, la justice et la santé pour n’en citer que quelques uns.</p>



<p>Au niveau de la scène politique, les femmes occupent actuellement les plus hautes responsabilités en tant que Première ministre du pays, ministre de la Justice, ministre des Finances, ministre de l’Industrie et des Mines, ministre du Commerce, etc.</p>



<p>A ce sujet, on doit avoir l’honnêteté de reconnaître au président Kaïs Saïed, à qui on peut certes reprocher beaucoup de choses dans sa gestion économique et politique du pays, au moins la qualité d’appliquer le principe très <em>«tendance»</em> sur la scène internationale de <em>discrimination positive</em> à l’égard des femmes et d’être à l’avant-garde dans ce domaine.</p>



<p>Au niveau international, on ne compte plus le nombre de femmes premières ministres de leurs pays ou ministres des Affaires étrangères ou ambassadrices ou même ministres des Armées pourtant essentiellement constituées d’hommes qui se figent au garde-à-vous devant elles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conduire l’humanité vers plus de bien-être</h2>



<p>Dès lors, la question qui se pose d’elle-même et que tout un chacun est en droit de se poser sans arrière-pensées est la suivante : <em>est-ce-que les femmes, qui détiennent de plus en plus les rênes du pouvoir politique, économique, diplomatique et même militaire dans de plus en plus de pays dans le monde, vont pouvoir relever les défis qui se posent à l’humanité et la conduire vers davantage de paix, de prospérité et de bien-être ?&nbsp;</em></p>



<p>La première réponse intuitive qui vient à mon esprit est que les femmes, étant celles qui donnent la vie, sont celles qui en connaissent le plus la valeur et qu’elles vont donc réussir mieux que les hommes pour essayer de préserver ces vies et leur offrir de meilleures conditions d’épanouissement, parce qu’elles ont une fibre maternelle que les hommes n’ont pas.&nbsp;C’est un très gros avantage qu’elles ont sur les hommes, qui normalement devrait mieux les qualifier pour réussir à mener l’humanité à bon port et assurer l’épanouissement et le bonheur de toutes les couches de la société et dans tous les pays.</p>



<p>Malheureusement, l’observation objective et neutre des performances et des politiques appliquées par les femmes qui assument de plus en plus de responsabilité dans leur pays, y compris en Tunisie, ne semble pas confirmer pas cette réponse intuitive, comme je vais le détailler ci-après.</p>



<p>En effet, si on prend l’exemple de la Tunisie, on ne peut pas dire que la qualité des services publics de la justice, de l’éducation ou de la santé s’est nettement améliorée depuis&nbsp;que les femmes y occupent la majorité des postes de travail et y assument les plus hautes responsabilités. On peut même faire le constat contraire et l’expliquer par un fort taux d’absentéisme dû aux multiples congés de maternité que les femmes sont obligées de prendre durant leurs carrières et d’indisponibilité pour s’occuper de leurs enfants en cas de maladie ou pour tout autre problème de famille.&nbsp;</p>



<p>A un niveau plus général et macroéconomique, on ne peut pas dire que le gouvernement dirigé par Najla Bouden depuis près de deux ans et dans lequel les femmes occupent les postes clés brille par ses performances et ses réalisations: l’inflation n’a jamais été aussi élevée (10,1%), le taux de croissance économique aussi faible (2,2% en 2022 avec 1,23% attendus pour 2023 selon la Banque Mondiale), le taux de chômage aussi élevé (18,1%) et la dépréciation du dinar et donc de la compétitivité de nos entreprises aussi rapide (plus de 20% en trois ans)!</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les femmes aux commandes </h2>



<p>La vérité, et rien que la vérité comme on dit devant un tribunal, est que le gouvernement de Mme Bouden, qui est certes une excellente professeure universitaire par ailleurs, brille par son silence assourdissant, dans le sens où on ne l’a jamais entendue ni elle ni la plupart de ses ministres exprimer la moindre idée.&nbsp;</p>



<p>Au niveau des pays dits développés, où l’inflation a atteint aussi deux chiffres et la récession économique s’aggrave de jour en jour, on ne peut pas dire non plus que les femmes politiques européennes qui ont accédé au pouvoir dans ces pays ont réussi mieux que leurs homologues tunisiennes pour relever ces défis, ni qu’elles ont fait preuve de plus d’imagination que les hommes dans la recherche de solutions et de plus d’humanisme dans le traitement des grands défis auxquels l’humanité fait face aujourd’hui, tels que la guerre en Ukraine qui risque de dégénérer en une guerre nucléaire avec usage d’armes nucléaires,&nbsp; ou le réchauffement climatique qui risque de tuer des centaines de millions de gens par la sécheresse ou par les inondations, ou même le dossier de l’immigration illégale qui est pourtant un dossier humain par essence et qui se traduit par des centaines voire des milliers de cadavres rejetés tous les jours par la mer.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="sFSZghXNgs"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2015/07/24/le-pouvoir-des-femmes-en-tunisie/">Le pouvoir des femmes en Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le pouvoir des femmes en Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2015/07/24/le-pouvoir-des-femmes-en-tunisie/embed/#?secret=lLmfhZVPdg#?secret=sFSZghXNgs" data-secret="sFSZghXNgs" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ainsi, j’ai beau cherché une trace de féminité ou une touche plus humaine dans la manière avec laquelle les femmes aux postes de commande dans ces pays dits civilisés, abordent et traitent les grands dossiers de l’actualité internationale, mais je n’en ai pas trouvé!&nbsp;</p>



<p>En réalité, ces femmes au pouvoir dans les pays dits développés, soit à titre de Première ministre, de ministre des Affaires étrangères, de ministre de la Défense ou ambassadrices à l’Onu ou dans d’autres organismes internationaux, s’avèrent être des <em>va-t- en guerre</em> pire que les hommes, comme on peut le voir dans certains pays européens, tels que la Suède ou la Finlande qui sont dirigées par des jeunes femmes Premières ministres, et qui, au lieu de préconiser la recherche d’une solution pacifique à la guerre meurtrière entre la Russie et l’Ukraine, se sont précipitées pour se jeter dans les bras de l’Otan et sont ainsi devenues une partie prenante au conflit. Des pays comme la France, la Grande Bretagne et l’Allemagne qui ont la particularité que tous leurs ministres des Affaires étrangères ou de la Défense sont des femmes, arment à tout va l’Ukraine sans se soucier des milliers de morts qui tombent chaque jour sur le front ukrainien et même ailleurs en Afrique, à cause de la crise alimentaire mondiale qui se profile à l’horizon en raison du renchérissement des prix des produits alimentaires de base et de l’énergie que la guerre en Ukraine a provoqué.</p>



<p>Chez nous en Tunisie, lorsqu’on voit le cynisme avec lequel Giorgia Meloni, présidente du Conseil italien ou Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, traitent le dossier de l’immigration illégale en le réduisant à sa seule dimension sécuritaire, ou même Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, qui veut imposer à la Tunisie la suppression des subventions sur les produits alimentaires de base et affamer ainsi davantage des pans entiers de la société tunisienne, comme condition pour débloquer ces malheureux 1,9 millions de dollars qu’on quémande depuis maintenant plus de deux ans, on est en droit de se demander où est la touche féminine ou la fibre maternelle que ces femmes sont censées avoir pour avoir enfanté elles-mêmes et connu les douleurs d’un accouchement pour donner naissance à la vie? Où est la dimension plus humaine de la politique qu’elles sont censées appliquer pour préserver ces vies, celles de leurs enfants dans leurs pays et des enfants des autres dans le monde ? </p>



<p>En vérité, toute misogynie mise à part, force est de constater que les femmes, une fois arrivées au pouvoir, appliquent en fait une politique d’hommes, avec même davantage de cruauté et de fermeté, histoire de montrer à leurs opinions publiques qu’elles peuvent gouverner sans être sujettes à aucune faiblesse et qu’elles peuvent être aussi dures sinon plus que les hommes. La majorité d’entre elles vont même jusqu’à imiter les hommes en s’habillant comme eux en costumes et pantalons et il est rare de voir une de ces hautes responsables&nbsp;habillée en jupes ou en tailleurs !&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le coût d’opportunité</h2>



<p>A ce bilan qui, il faut le dire, n’est pas à l’avantage des femmes arrivées au pouvoir en Tunisie ou ailleurs dans les pays développés, vient s’ajouter le coût d’opportunité du travail des femmes supporté par la collectivité nationale, dont j’ai introduit la notion au début de cette dissertation et que je vais développer davantage ci-après.</p>



<p>En effet, il est difficile de ne pas faire le lien entre le travail des femmes et leur accès aux plus hautes responsabilités, qui impliquent forcément davantage de présence au bureau, de missions, etc., et donc davantage d’absence de leurs foyers, et une jeunesse de plus en plus paumée et sans repères.</p>



<p>La consommation de drogues douces ou dures pour fuir le monde réel, les mouvements LBGTA+ (homosexuels, bisexuels, transsexuels, asexuels &#8230;) qui se répandent comme une trainée de poudres dans le monde entier à partir de ces pays dits civilisés, sont à mon sens un phénomène à lier directement aux sacrifices familiaux qu’ont dû faire ces femmes cadres pour arriver au sommet du pouvoir et faire de belles carrières nationales ou internationales.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="tO2DneE6JL"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/07/07/la-tunisie-a-toujours-ete-portee-par-ses-femmes-courages/">La Tunisie a toujours été portée par ses femmes courages</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie a toujours été portée par ses femmes courages » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/07/07/la-tunisie-a-toujours-ete-portee-par-ses-femmes-courages/embed/#?secret=UKUInzW7OQ#?secret=tO2DneE6JL" data-secret="tO2DneE6JL" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Certes, elles ont toutes les moyens financiers de se payer les services de nounours même diplômées, qui soient capables de nourrir et de prendre soin de leurs enfants, mais elles ne peuvent jamais leur donner ce dont ils ont le plus besoin pour devenir des personnes adultes épanouies et équilibrées : <em><u>l&rsquo;amour d’une mère.</u>&nbsp;</em>Pour en illustrer l’importance, combien de ma génération auraient réussi dans leur études et fait de belles carrières professionnelles, si nous n’avions pas trouvé à notre retour de l’école une mère dévouée, souvent analphabète ou presque, qui chauffait nos repas, soignait nos petits bobos et nous donnait le petit bisou qui nous permettait de recharger nos batteries pour retourner à l’école?</p>



<p>A ce sujet, le fait qu’aux Etats-Unis jusqu’à 12% de la population dans certains Etats sont transsexuels, parce que dès la première crise de puberté ces jeunes se sont précipités pour suivre des traitements hormonaux afin de changer leur sexe biologique, faute de personnes et surtout de mères pour les écouter et les aider à traverser cette période difficile de leur croissance, est très grave pour l’avenir de l’humanité.</p>



<p>Écouter des débats sur YouTube sur des questions aussi surréalistes que «<em>qu’est ce qu’une femme </em>?» ou «<em>un homme peut-il tomber enceint ?»</em> ou&nbsp;«<em>faut-il garder des toilettes séparées pour les filles et les garçons dans les lycées et les lieux publics ou faut-il au contraire installer des toilettes mixtes afin de résoudre une fois pour toute la question des transgenres qui ne savent pas quelles toilettes ils ont le droit de fréquenter?</em>» nous fait sourire en Tunisie, protégés que nous sommes ou que nous croyons l’être par nos valeurs traditionnelles et notre islam qui proscrit toutes les déviations sexuelles.</p>



<p>Mais nous avons tort de sourire à l’écoute de ces débats, parce qu’avec Tik-Tok, Instagram et autres réseaux d’influenceurs, que nos jeunes écoutent avec avidité grâce à Internet, ces débats et ces comportements déviationnistes arriveront chez nous plus vite que nous le pensons et contamineront notre jeunesse et notre civilisation.&nbsp;</p>



<p>En conclusion, la réponse que je tire personnellement des idées et arguments exposés plus haut, à la question posée dans le titre de cet article, ne plairait certainement pas à la majorité des femmes et surtout les plus féministes d’entre elles, qui vont sûrement me traiter de tous les noms d’oiseaux et me qualifier de misogyne, rétrograde, phallocrate, obscurantiste, patriarcal et que sais-je encore, mais je l’écris quand même: <em>NON, les femmes ne sont pas plus aptes que les hommes pour gouverner le monde</em> !</p>



<p>Je pousserais le bouchon de la provocation même un peu plus loin :&nbsp;<em>si on veut atteindre un optimum économique du type de Pareto, basé sur la maximisation d’une <u>fonction d’utilité collective</u>, et non un optimum économique du type de Walras, basé sur la maximisation de fonctions d’utilité individuelles, et à partir du moment où il s&rsquo;avère que les femmes ont tendance à appliquer des politiques d’hommes dès qu’elles accèdent au pouvoir et qu’elles n’ont pas à priori plus d’aptitudes que les hommes pour gouverner le monde, il serait peut-être mieux pour elles, leurs enfants et la société qu’elles consacrent leur énergie pour bien élever et nourrir d’amour leurs enfants pour en faire des hommes et des femmes bien dans leurs peaux, éduqués et utiles</em><em> </em><em>pour la société.</em></p>



<p>En écrivant cela, je sais que je vais en prendre pour mon grade, de la part des féministes et autres défenseurs des droits des femmes, mais tant pis &#8230;&nbsp;</p>



<p><em>* Economiste-consultant international.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/15/les-femmes-sont-elles-plus-aptes-que-les-hommes-pour-gouverner-le-monde/">Les femmes sont-elles plus aptes que les hommes pour gouverner le monde ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Pour qui roule la Banque centrale de Tunisie ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/02/pour-qui-roule-la-banque-centrale-de-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Jun 2023 09:35:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[banque centrale]]></category>
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		<category><![CDATA[Dr. Sadok Zerelli]]></category>
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		<category><![CDATA[inflation]]></category>
		<category><![CDATA[politique monétaire]]></category>
		<category><![CDATA[taux directeur]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Face à l’échec de la politique monétaire suivie depuis 2016 par la Banque centrale de Tunisie, propositions de politiques monétaires alternatives.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/02/pour-qui-roule-la-banque-centrale-de-tunisie/">Pour qui roule la Banque centrale de Tunisie ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans cette tribune, l’auteur ne se contente pas de mettre le doigt sur les causes de l’échec de la politique monétaire suivie par l&rsquo;actuel gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, en poste depuis 2018. Il fait aussi des propositions concrètes de politiques monétaires alternatives, qui permettraient à l’Etat de se financer sans bloquer la machine économique et alourdir le fardeau de la dette pour les générations à venir.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Dr Sadok Zerelli</strong></p>



<span id="more-8187403"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/03/Sadok-Zerelli.jpg" alt="" class="wp-image-200552"/></figure></div>


<p>Tout observateur qui suit de près l’évolution de la conjoncture économique et financière en Tunisie, ne manquera pas de relever les faits suivants :</p>



<p>&#8211; la croissance économique n’a jamais été aussi faible&nbsp; que depuis 2016 (+2,2% en 2022 et pas plus que +1,23% attendus pour l’année 2023 selon la Banque Mondiale);</p>



<p>&#8211; le taux de chômage officiel, sans parler du chômage déguisé qui n&rsquo;est pas pris en compte, n’a jamais été aussi élevé que depuis 2016 (+18,1% selon les dernières statistiques de l’INS);</p>



<p>&#8211; le taux directeur de la BCT n’a jamais été aussi élevé (il a été augmenté à six ou sept reprises depuis 2016, et a atteint aujourd’hui 8% après la dernière augmentation de 100 points décidée il y a quelques mois);</p>



<p>&#8211; les banques commerciales aussi bien publiques que privées n’ont jamais réalisé autant de bénéfices et distribué autant de dividendes à leur actionnaires, proportionnellement au nombre d’actions qu’ils détiennent, malgré le marasme économique général et le chômage massif qui règne dans le pays (en moyenne&nbsp; 500 MDT par Banque avec un maximum de 970 MDT pour l’une d’elles, selon&nbsp; leurs propres rapports d’activité annuels&nbsp; pour l’année 2022 publiés dans la presse).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quel rôle pour la banque centrale&nbsp;?</h2>



<p>L’objet de cet article est d’examiner dans quelle mesure ces faits sont reliés entre eux et si oui par quels mécanismes économiques et financiers et quels en sont les retombées en termes d’aggravation des déséquilibres macroéconomique dont souffre l’économie nationale et d’inégalité de la distribution du revenu national ente ceux qui vivent de leur dur labeur et ceux qui vivent du rendement pour ne pas dire de la rente de leurs capitaux.</p>



<p>L’approche adoptée se veut objective, scientifique et même un tant soit peu pédagogique pour contribuer à la diffusion d’une plus grande culture économique et financière de l’opinion publique, mais en aucun cas d’ordre personnel <sup>(1)</sup>.</p>



<p>Le premier lien évident qui apparaît entre ces quatre réalités économiques que personne ne peut contester, car basées sur des chiffres officiels, est l’année 2016, année durant laquelle des députés ignorants de la chose économique et des mécanismes complexes de financement d’une économie, ont voté la loi qui accorde à la BCT non seulement son indépendance économique et financière, ce qui est normal pour une institution de cette importance, mais aussi son indépendance de décision.</p>



<p>Dès son préambule, cette loi de 2016 commence par dénaturer la vocation même de la BCT, dont le véritable nom est <em>«Institut d’émission»</em>, en lui attribuant la lutte contre l’inflation comme première mission, à laquelle elle a d&rsquo;ailleurs lamentablement échoué puisque le taux inflation a atteint deux chiffres (10,1% avec un pic de 10,3% au mois d&rsquo;avril 2023).</p>



<p>En effet, dans tous les pays du monde et dans tous les ouvrages de théorie monétaire, la première mission d’un institut d’émission est, comme son nom l’indique, d’émettre suffisamment de liquidités sous forme de monnaie fiduciaire (billets et pièces de monnaie) ou scripturale (écriture sur les comptes bancaires) pour permettre à l’économie de fonctionner et à tous les agents économiques (y compris l’Etat) de financer leurs opérations de production, consommation, investissement, exportation, etc., en vue de créer le maximum de richesses et d’atteindre le taux de croissance économique le plus élevé et le taux de chômage le plus faible, objectifs ultimes de toute politique économique qu’elle soit d’ordre monétaire ou réel.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">La responsabilité de la lutte contre l’inflation</h2>



<p>La lutte contre l’inflation n’est pas de la responsabilité exclusive de la BCT comme le laisse entendre la loi de 2016 mais relève bien de tous les départements ministériels, en premier lieu celui du Commerce qui doit mettre en œuvre des politiques efficaces pour assainir les circuits de distribution et lutter contre la spéculation (première cause selon moi de l’inflation en Tunisie) et les autres département ministériels qui doivent mettre en œuvre, chacun dans le secteur qui le concerne (agriculture, industrie, énergie, transport, etc.) des politiques efficaces pour accroître l’offre et réduire les coûts de production (deuxième cause selon moi de l’inflation en Tunisie).</p>



<p>D’autre part, Il existe bien une troisième source sur laquelle la BCT n’a aucun pouvoir non plus, que sont chocs extérieurs tels que la guerre en Ukraine et l’inflation importée due aux différentiels de taux d’inflation entre la Tunisie et ses principaux pays partenaires dans le commerce extérieur.</p>



<p>La responsabilité de la BCT dans le processus inflationniste s’arrête au volume de la masse monétaire mise en circulation par l’ensemble du système bancaire dont la BCT qui ne doit pas dépasser les besoins des agents économiques pour ne pas créer des pressions inflationnistes.</p>



<p>Toujours est-il que la priorité accordée par la BCT à sa mission de lutte contre l’inflation au détriment de sa mission infiniment&nbsp; plus importante de financement de l’économie et de satisfaction des besoins des agents économiques en liquidités et à taux d’intérêt abordables, conformément à l’esprit et au texte de&nbsp; cette loi de 2016, s’est traduite par un sacrifice de l’investissement, de la croissance économique et des emplois sur l’autel de la lutte «sacrée» contre l’inflation, sans que pour autant la BCT réussisse à maitriser l’inflation qui a atteint deux chiffres, malgré et à cause même de la politique monétaire suivie par la BCT. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="OSJXaP4FGY"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/21/la-politique-monetaire-de-la-banque-centrale-de-tunisie-jugee-par-lia/">La politique monétaire de la Banque centrale de Tunisie jugée par l’IA</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La politique monétaire de la Banque centrale de Tunisie jugée par l’IA » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/21/la-politique-monetaire-de-la-banque-centrale-de-tunisie-jugee-par-lia/embed/#?secret=IkArt9NMnY#?secret=OSJXaP4FGY" data-secret="OSJXaP4FGY" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Le deuxième fait marquant de cette loi de 2016 est l’interdiction qu’elle fait dans l’un de ses articles à la BCT de financer directement le déficit budgétaire (insuffisance définitive des recettes fiscales et parafiscales de l’Etat par rapport à ses dépenses) ou l’impasse budgétaire (insuffisance momentanée de la trésorerie du Trésor public du fait que les dépenses de l’Etat sont plus régulières que ses recettes), sous prétexte d’empêcher le pouvoir exécutif d’user de son autorité politique pour obliger la BCT à satisfaire ses besoins de financement à court ou moyen terme, y compris s’il le faut par un recours au mécanisme de la planche à billets<sup>(2)</sup>.&nbsp;</p>



<p>Cet article est présenté&nbsp; par les initiateurs et défenseurs de cette loi de 2016 comme le principal avantage de cette loi de 2016 et un garde-fou imparable pour redresser les finances publiques et lutter contre l’inflation.</p>



<p>En réalité, l’examen approfondi des modalités de mise en œuvre&nbsp; de cet article montre qu’il n’en est rien et que cet article constitue en fait une bonne illustration du vieux proverbe Tunisien <em>«Moussa El Haj Mouch El Haj Moussa»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La planche à billets pour financer le déficit budgétaire de l’Etat</h2>



<p>En effet, dans l’ancien système de financement du déficit ou de l’impasse budgétaire, le ministre des Finances en tant qu’autorité de tutelle de la BCT pouvait prendre son téléphone et appeler le gouverneur pour lui donner pour instruction, au nom du gouvernement, de créditer directement le compte du trésor public détenu à la BCT (qui est l’ordonnateur et le comptable de l’Etat) de tel ou tel montant. Le gouverneur n’a pas d’autres choix que de s’exécuter, ce qui se traduit par une création monétaire sans contreparties réelles que sont un accroissement de la production ou de l’investissement ou de l’exportation ou des flux invisibles (recettes touristiques, transferts des Tunisiens résidant à l’étranger, dons ou crédits accordés par les pays frères et amis ou les institutions de financement internationales telles que le FMI, la BM, la BAD, etc.).</p>



<p>Dans le nouveau système de financement du budget ou de l’impasse budgétaire de l’Etat instauré par  la loi de 2016, le trésor public est obligé d’émettre des bons de trésor à plus ou moins long terme ou des emprunts obligataires à des taux qui doivent être suffisamment rémunérateurs et d&rsquo;autant plus élevés que le taux directeur de la BCT est élevé, pour que les banques, qui n’obéissent qu’à la loi du profit, acceptent d’y souscrire mais qu’elles peuvent céder dès le lendemain sur le marché monétaire à la BCT qui les règle en créditant leurs comptes détenus chez elle (c’est ce qu’on appelle dans le jargon bancaire le mécanisme de refinancement des banques).</p>



<p>Ainsi, que ce soit dans l’ancien ou le nouveau système, la banque centrale fait bien fonctionner la planche à billets pour financer directement (avant 2016), ou indirectement en passant par les banques commerciales qui se refinancent chez la BCT (après 2016), le déficit budgétaire de l’Etat,&nbsp; car dans aucun des cas, l’accroissement de la masse monétaire ne correspond à un accroissement effectif de la production de biens ou de services, ou des exportations ou des recettes touristiques ou des transferts effectués par nos résidents à l’étranger ou des dons et prêts accordés par les pays frères et amis ou les institutions multinationales ou bilatérales.</p>



<p>A ce sujet, écouter une directrice générale de la BCT affirmer récemment sur une radio privée que la BCT ne fait plus fonctionner la planche à billets pour financer le déficit budgétaire de l’Etat depuis et grâce à la loi de 2016 est une contre-vérité qui choque tout économiste ou expert financier et constitue un abus de la méconnaissance de l’opinion publique de ce sujet très technique pour lui mentir.&nbsp;</p>



<p>En réalité, la seule différence entre les deux systèmes, et elle est de taille, est que dans l’ancien système les banques commerciales n’interviennent pas dans le processus de financement du déficit ou de l’impasse budgétaire de l’Etat alors que dans le second elles interviennent en prélevant au passage des marges bénéficiaires confortables qui augmentent automatiquement à chaque fois que la BCT augmente son taux directeur.</p>



<p>Etant donné que les montants manipulés dans ces opérations de financement du budget ou de l’impasse de l’Etat sont à six voire même sept chiffres de dinars, cela explique les profits de plus en plus importants que les banques réalisent et distribuent en grande partie (moyennant quelques retenues pour renforcer leurs fonds propres) sous forme de dividendes à leur actionnaires, proportionnellement au nombre d’actions qu’ils détiennent.</p>



<p>Une autre différence importante à mentionner aussi est que dans le nouveau système, cela coûte plus cher à l’Etat pour financer son déficit budgétaire car il doit supporter des coûts de financement supplémentaires sous forme de rémunération des titres de bons de trésor émis par le trésor et souscrits par les banques commerciales, qui vont finalement enrichir les actionnaires des banques.</p>



<p>Une troisième différence importante aussi est qu&rsquo;à cause de ce système mis en en place par un des articles de la loi de 2016, on assiste à un détournement de l’essentiel des liquidités dont disposent les banques commerciales vers le financement budgétaire de l’Etat qui constitue des placements sans risques et fortement rémunérés, au détriment du financement des opérateurs économiques (producteurs, investisseurs exportateurs etc.) qui sont les véritables créateurs de richesses et d’emplois.</p>



<p>Ainsi, sans faire de la politique et sans avoir aucune preuve, j’ai tendance à croire Kaïs Saïed lorsqu’il a déclaré que certains articles de lois se vendent à 50 voire 100 000 dinars par article, effectivement des montants dérisoires comparés aux centaines de millions de dinars que les banques et certains de leurs gros actionnaires empochent grâce à un simple article de loi en apparence anodin.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Echec de la politique monétaire de la BCT pour maîtriser l’inflation</h2>



<p>Face aux critiques qui émergent de plus en plus non seulement parmi les économistes et experts financiers mais aussi parmi l’opinion publique dont la culture économique et financière ne cesse de s’améliorer, le gouverneur de la BCT répond souvent&nbsp; par <em>«la politique monétaire menée par la BCT est basée sur une approche scientifique et ses décisions sont collégiales et prises à l’unanimité de&nbsp; son conseil d’administration»</em>.</p>



<p>Sans le démentir et concernant la dimension <em>«scientifique»</em> de la politique monétaire menée par la BCT, il faut savoir que l’économie n’est pas une science au sens où <em>«les mêmes causes produisent les mêmes effets»</em> comme c’est le cas pour la physique ou la chimie ou la biologie, etc., mais une science&nbsp; humaine parce que la validité des différentes théories économiques dépend avant tout de la rationalité du comportement des agents économiques, de la psychologie sociale, de la sociologie et même de la religion dominante (nous connaissons tous la fièvre de consommation qui s’empare de tous les Tunisiens durant le mois de ramadan et qu’aucune loi ou modèle économique ne peut expliquer).</p>



<p>A titre d’exemple, tous les manuels d’économie indiquent qu’une augmentation du prix d’un bien engendre une baisse de sa consommation, mais cela ne se produit pas toujours. En effet, lorsque les consommateurs pensent à tort ou à raison que l’économie est entrée dans un cycle inflationniste que le gouvernement sera impuissant à maîtriser dans le court terme, ils anticipent une inflation plus rapide dans le futur et ont tendance à accélérer leur consommation qui croit à court terme au lieu de baisser en épargnant moins ou en vendant des actifs réels (c’est ce que Keynes appelle <em>«l’effet d’anticipation»</em> et qui fausse les calculs et modèles économétriques de la BCT et explique pourquoi la consommation intérieure en Tunisie ne diminue pas malgré l’augmentation importante des prix et explique l’échec de la politique monétaire de la BCT pour maîtriser l’inflation comme le prouve le fait que le taux d&rsquo;épargne nationale n&rsquo;a jamais été aussi faible (6% du PIB actuellement contre 27% en 2010, ce qui a réduit considérablement le volume des investissements et donc le taux de croissance économique et aggravé le chômage).</p>



<p>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="07qmk4tRco"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/27/la-banque-centrale-de-tunisie-ou-la-politique-de-la-fuite-en-avant/">La Banque centrale de Tunisie ou la politique de la fuite en avant</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Banque centrale de Tunisie ou la politique de la fuite en avant » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/27/la-banque-centrale-de-tunisie-ou-la-politique-de-la-fuite-en-avant/embed/#?secret=8e3dQ5SGun#?secret=07qmk4tRco" data-secret="07qmk4tRco" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Cette dimension humaine des sciences économiques explique aussi pourquoi il n’y a pas une seule théorie économique mais plusieurs qui préconisent&nbsp; chacune des politiques économiques différentes et quelquefois même contradictoires pour résoudre les mêmes et principales problématiques économiques.&nbsp;</p>



<p>Ainsi, en matière de lutte contre l’inflation, les économistes appartenant à l’école monétariste de Friedman, appelée aussi « Ecole de Chicago » (à laquelle le gouverneur de notre Banque Centrale semble appartenir si on en juge par les fondements théoriques de la politique monétaire qu’il applique depuis qu’il occupe cette fonction) préconisent une politique monétaire restrictive sur le marché monétaire et une augmentation du taux directeur en comptant sur l’existence d’une relation mécanique entre la masse monétaire en circulation et le niveau général des prix appelée <em>« Equation<br>de Cambridge » </em>(ce que les économistes appartenant aux autres courants de pensée contestent), les économistes appartement à l’école keynésienne proposent au contraire de déminuer le taux directeur pour favoriser les investissements en comptant sur l’existence d’un effet multiplicateur et même accélérateur entre l’investissement et la croissance économique de sorte que la monnaie créée dans ce processus soit peu inflationniste car basée sur un accroissement réel de la production, tandis que les économistes qui appartiennent à l’école néolibérale ne préconisent ni d&rsquo;augmenter ni de baisser le taux directeur qui sert de base pour le calcul de l’intérêt mais de laisser le libre fonctionnement du marché fixer un taux d’intérêt qui assure l’équilibre entre la sphère réelle et la sphère monétaire de l’économie. </p>



<p>Dans ces débats théoriques, il est clair que les convictions personnelles et l’adhésion du gouverneur de Banque centrale à telle ou telle école de pensée économique est déterminante pour arrêter la politique monétaire de la BCT car les autres membres du CA sont des représentants des divers ministères (agriculture, industrie, tourisme etc.) qui sont des spécialistes de leur domaine d’activité mais qui n’ont pas une formation économique suffisante pour proposer des politiques monétaires alternatives et ne peuvent en fait qu’avaliser celle proposée par la gouverneur. Même les deux économistes universitaires que le gouverneur nomme dans son CA le sont sur la base d’affinités idéologiques et d’appartenance à la même école de pensée économique (j’imagine mal un gouverneur qui s’entoure d’économistes qui ne partagent pas ses idées), quand ce n’est pas sur la base d’amitiés personnelles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Propositions concrètes de politiques monétaires alternatives</h2>



<p>Cette analyse critique des dispositions de la loi de 2016, de ses impacts sur l’économie nationale serait incomplète si elle ne se termine par des propositions concrètes de politiques monétaires alternatives, car comme le pense certainement la majorité des lecteurs, il est toujours plus facile de critiquer lorsqu’on n&rsquo;est pas aux postes de commande et qu’on n’assume pas de responsabilités.</p>



<p>Loin des querelles entre économistes et de la guerre entre écoles de pensées économiques, la politique monétaire que je propose pour la Tunisie, de par ma formation économique et mon expérience internationale, consiste dans la combinaison des politiques monétaires suivantes dont l’efficacité n’est pas tributaire de la vérification ou non en Tunisie de telle ou telle hypothèse de base théorique, comme c’est la cas pour la politique monétariste basée sur le taux directeur (vitesse de circulation de la monnaie constante, existence d’un bon mécanisme de transmission entre la sphère réelle et la sphère monétaire de l’économie, etc.).</p>



<p><strong><em>La politique du taux de réserve obligatoire</em></strong> : la première mission d’une banque centrale, avant même celle de la lutte contre l’inflation, est de veiller à la préservation du système bancaire et à la solvabilité des banques commerciales dont dépend la pérennité de l’ensemble du système bancaire qui est basé uniquement sur la confiance des operateurs économiques, sans laquelle il s’écroulera. Pour remplir cette mission, la BCT impose, par une simple circulaire adressée aux banques commerciales, de maintenir un minimum de réserves obligatoires pour faire face aux retraits des déposants.</p>



<p>En pratique, cela se traduit par le respect d’un certain nombre de ratios financiers prudentiels, qui varient selon le type de dépôt reçus de ses clients (à vue, à terme, compte d’épargne, bons de caisse, etc.). On démontre mathématiquement que la capacité des banques commerciales à créer de la monnaie sous forme scripturale est inversement proportionnelle au taux moyen de réserves obligatoires. Par exemple, une simple augmentation de 5% du taux moyen de réserves obligatoires, engendrera une baisse de 20 fois de la capacité de création monétaire des banques commerciales qui sont les premières responsables de l’accroissement de la masse monétaire en circulation (environ 80% de la masse monétaire en circulation, au sens courant M2, est sous forme scripturale c&rsquo;.&rsquo;est-à-dire écritures sur les comptes des banques, contre seulement 20% sous forme de billets de banques).</p>



<p>L’inconvénient si on peut dire de cet instrument de politique monétaire est qu’il se traduit par une baisse considérable du chiffres d&rsquo;affaires que les banques commerciales peuvent réaliser et donc de leur capacité à faire des profits.</p>



<p>Cependant, si on part du principe que la BCT est au servie de l’économie nationale et non pas des gros actionnaires des banques, cette politique du taux des réserves obligatoires pourrait être appliquée avec un succès garanti car elle ne dépend d’aucune hypothèse théorique.</p>



<p><strong>La politique de l’encadrement des crédits </strong>: elle consiste pour la la BCT d&rsquo;imposer, par circulaire aux banques commerciales, de détenir un portefeuille de créances qui reflète une certaine répartition par type de crédit, secteur d’activité, taille d’entreprises, etc.</p>



<p>Un des avantages de cette politique est qu’elle permet d’orienter les crédits accordés par le système bancaire vers les secteurs/opérateurs économiques dont le développement est jugé par l’Etat comme prioritaires ou stratégiques. Elle constitue aussi un bon moyen pour améliorer le mécanisme de transition entre l’économie réelle et l’économe monétaire, condition de base pour l’efficacité de toute politique monétaire.</p>



<p>Un autre avantage important est que, contrairement à la politique du taux directeur appliquée par la BCT qui est<em> «aveugle»</em> au sens qu’elle impacte d’une façon indifférenciée tous les opérateurs économiques qu’ils soient des consommateurs ou  des producteurs ou des investisseurs ou des exportateurs, la politique de l’encadrement du crédit permet de différencier les taux d’intérêt en imposant des taux plus faibles dans les secteurs jugés prioritaires par l&rsquo;Etat (le ministère de l&rsquo;Economie) et des taux plus élevés dans les secteurs jugés non-prioritaires.</p>



<p>Par exemple, pour un même taux bancaire de TMM+4 points de marges bénéficiaires des banques, soit environ 12% actuellement, la BCT impose aux banques d’appliquer 8% pour les crédits destinés par exemple à la construction de maisons en raison de leur impact positif sur l’activité du secteur des BTP et la création d’emplois et de rattraper leur manque à gagner en imposant 16% pour les crédits par exemple d’achat de voitures de luxe ou de yacht, sources d’hémorragie en devises.</p>



<p>Cette technique bancaire a été appliquée avec succès par la BCT durant des décennies mais est tombée en désuétude depuis l’adoption de la loi de 2016 qui lui a accordé l’autonomie de décision et n’a prévu aucun canal ou processus de coordination avec les autres départements ministériels en charge la politique de développement décidée par le gouvernement, en particulier le ministère de l’Economie nationale. Le seul mécanisme prévu par la loi de 2016 pour la  coordination avec la politique développement suivie par le gouvernement est la présence dans le CA de la BCT de représentants des autres départements ministériels, qui y assistent en fait par toucher leurs jetons de présence avant tout et servir de couverture à la politique monétaire menée par la BCT. <sup>(3)</sup></p>



<p><strong>La politique de l’Open market:</strong> elle consiste pour la BCT d’intervenir tous les jours sur le marché monétaire, soit pour <em>«éponger»</em> l’excès de liquidités dans l’économie si elle juge qu’il y a des pressions inflationnistes ou que l’économie <em>«surchauffe»</em>, en cédant aux banques à des cours intéressants pour elles les titres financiers publics et privés qu’elle détient, soit au contraire d’injecter de la monnaie dans l’économie en offrant de racheter aux banques à des cours intéressants pour elles les titres de créances publiques ou privés qu’elles détiennent.</p>



<p>Dans les pays anglo-saxons, précurseurs de la théorie financière et champions de l’orthodoxie financière, la technique de l’Open market constitue l’instrument d’intervention privilégié des banques centrales, à cause de sa souplesse qui permet d’ajuster et de doser chaque jour le volume de la monnaie en circulation aux besoins réels de l’économie sans créer de pressions inflationnistes.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="d2Ex7Xm90q"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/24/tunisie-augmentation-du-taux-directeur-de-la-bct-un-remede-pire-que-le-mal/">Tunisie &#8211; Augmentation du taux directeur de la BCT : un remède pire que le mal ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie &#8211; Augmentation du taux directeur de la BCT : un remède pire que le mal ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/24/tunisie-augmentation-du-taux-directeur-de-la-bct-un-remede-pire-que-le-mal/embed/#?secret=LmHLuPptkw#?secret=d2Ex7Xm90q" data-secret="d2Ex7Xm90q" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Certes, la FED aux USA et la BCE en Europe ont bien augmenté récemment leur taux directeur pour essayer de lutter contre l’inflation déclenchée par la guerre en Ukraine, mais cela reste des mesures exceptionnelles et pour passer d’un taux directeur pratiquement nul à près de 3% actuellement.</p>



<p>De toutes les façons, prendre exemple sur ces pays où l’économie est en surchauffe et le taux de chômage très faible (3% à 4% aux USA) pour appliquer la même politique du taux directeur alors que l’économie tunisienne est en pleine récession et le taux de chômage y est très élevé (18%) reviendrait pour un médecin de prescrire le même remède à un malade atteint du diabète de type 1 qu’à un autre atteint du diabète du type 2 ! </p>



<p>D’ailleurs, plusieurs économistes et non des moindres, dont Christine Lagarde, directrice générale de la BCE, ou Dominique Strauss-Kahn, ex-directeur général du FMI, ou Georges Stigler, Prix Nobel d’économie pour l’année 1982, ont accordé récemment des interviews publics pour mettre en doute l’efficacité d’une politique monétaire basée sur le taux directeur, comme celle menée par la BCT, pour maîtriser l’inflation&nbsp; qui continue d’ailleurs de croître et aussi bien aux USA que dans les principaux pays européens malgré le relèvement des taux directeurs décidés par le FED et la BCE.</p>



<p>Enfin, prétendre que c’est le FMI qui impose à la BCT de suivre la politique monétaire qu’elle applique ne correspond à aucune vérité. En effet, si la maîtrise de l’inflation est effectivement l’une des conditions que le FMI impose à chaque pays et en particulier à la Tunisie pour débloquer ces malheureux 1,9 milliard de dollars qu’on quémande depuis maintenant plus de deux ans (le mot est juste aussi blessant soit-il pour notre fierté nationale dont parle Kaïs Saïed), il laisse le gouverneau de chaque banque centrale le choix des moyens pour y parvenir : augmenter le taux directeur ou celui des réserves obligatoires, recourir à l’encadrement des crédits ou aux opérations d’open market, etc.</p>



<p>La conclusion à tirer de cette analyse économique, que beaucoup trouveront à juste raison trop longue et trop technique (il est difficile de faire autrement compte tenu de la complexité du sujet traité) n’est pas une réponse directe à la question objet du titre de cet article (pour qui roule la BCT?) car mon rôle d’économiste s&rsquo;arrête à expliquer/vulgariser certaines concepts ou théories économiques, mais pas de juger que seule l’opinion publique est en droit de faire en fonction de ses propres évaluations et convictions.</p>



<p>Cependant, en restant sur un plan strictement technique et loin de la politique, mon intime conviction est que la loi de 2016 qui accorde son indépendance de décision à la BCT doit être supprimée sinon profondément révisée car, qu&rsquo;elle contribue à l&rsquo;enrichissement des actionnaires des banques ou pas, elle ne remplit pas la condition nécessaire pour la réussite de toute politique monétaire quelle que soit sa nature pour lutter efficacement contre l&rsquo;inflation, à savoir l&rsquo;existence d&rsquo;un bon mécanisme de transmission entre l&rsquo;économie réelle et l&rsquo;économie monétaire, comme d&rsquo;ailleurs l&rsquo;a relevé avec perspicacité le logiciel d&rsquo;intelligence artificielle ChatGPT 4 (voir mon article intitulé <em>« La politique monétaire de la BCT jugée par l&rsquo;IA »</em> publié dans Kapitalis) et que l&rsquo;idée même d&rsquo;indépendance de la BCT (une recommandation de l&rsquo;école monétariste de Chicago qui est loin de faire l&rsquo;unanimité parmi les économistes) ne peut que détériorer.</p>



<p>Sur un plan plus général, ma propre évaluation de la politique monétaire menée par la BCT depuis cette loi de 2016, ainsi que celles menées dans d’autres secteurs aussi vitaux pour l’avenir de ce pays tels que la protection de l’environnement, l’éducation, la santé, etc., m’inspire la réflexion d’ordre sociologique/philosophique suivante, que je laisse le soin à chaque lecteur/lectrice de méditer.</p>



<p>Nous, la génération de l’après-indépendance, qui ont profité de l’école gratuite et des bienfaits de l’Etat-providence mis en place par Bourguiba, qui avons étudié et voyagé dans un monde sans visas, ni VIH-Sida, ni Covid-19, ni terrorisme, ni chômage structurel, avons fait des carrières professionnelles fulgurantes à cause du vide laissé par le départ des Français après l’indépendance, avons construit de belles maisons à El Menzah ou El Manar et des résidences secondaires à Hammamet ou Sousse, nous tous, y compris ceux qui n’ont jamais occupé un poste de responsabilité dans l’administration comme moi même mais qui, par leur silence, ont laissé faire, devrons avoir honte de léguer à la génération suivante une économie au bord de l’effondrement, un pays en état avancé de délabrement avec, <em>«cerise sur le gâteau»</em>, 132 milliards de dinars de dette extérieure (soit, pour une population totale de 12 millions, un montant de 11 000 dinars de dette extérieure par habitant, enfants et vieillards inclus), selon les chiffres officiels, qu’elle mettra des années à rembourser par le fruit de son travail.</p>



<p>Faire tout porter à Ennahdha, Ben Ali, Bourguiba, l’impérialisme américain ou français, etc., est trop facile.</p>



<p>C’est nous les technocrates et décideurs d’hier et d&rsquo;aujourd&rsquo;hui (économistes, banquiers, ingénieurs, médecins, enseignants, etc.) qui avons mal géré ce pays chacun(e) dans son domaine, et dilapidé ses rares ressources, ne laissant d’autres choix à la génération suivante qu’émigrer par milliers légalement ou illégalement, avec ou sans visas, par avion ou sur des embarcations de fortune.</p>



<p>Parler à ce sujet de <em>«crimes économiques»</em> commis par la génération précédente envers la suivante n’est pas un excès de langage mais une vérité que nous devons tous avoir l’honnêteté intellectuelle de reconnaitre et de s’en excuser auprès de la génération qui nous a suivis et même de celles qui vont naître et vivre dans ce beau pays qu’est le nôtre!</p>



<p><em>* Economiste, consultant International.</em></p>



<p><em><strong>Notes&nbsp;:</strong></em></p>



<p><em>1- Pour lever tout équivoque à ce sujet, je précise que l’actuel Gouverneur de la BCT est un ex-collègue d’enseignement à l’IHEC pour qui je n’ai que du respect en tant que personne, mais cela ne m’empêche pas&nbsp; de critiquer la politique monétaire qu’il met en œuvre depuis qu’il est à la tête de l’institution , car j’estime à tort ou à raison, que&nbsp; l’intérêt général du pays doit être placé au dessus des considérations de personnes.</em></p>



<p><em>2- Celui-ci n’est point une machine pour fabriquer des billets de banques mais un jeu d’écriture comptables sur les comptes du Trésor et des banques commerciales détenus à la BCT. </em></p>



<p><em>3- A ce sujet, on se souvient tous du tollé général qu’à déclenché le lobby de la BCT lorsque le ministre de l’Economie, Samir Saied a osé déclarer à un média local, qu’à son avis, la dernière augmentation de 100 points du taux directeur de la BCT était trop élevée et qu’une augmentation de 50 ou 75 points aurait suffit.</em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>La politique monétaire de la Banque centrale de Tunisie jugée par l’IA</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/21/la-politique-monetaire-de-la-banque-centrale-de-tunisie-jugee-par-lia/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 May 2023 08:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Banque centrale de Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[ChatGPT]]></category>
		<category><![CDATA[Dr. Sadok Zerelli]]></category>
		<category><![CDATA[inflation]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[politique monétaire]]></category>
		<category><![CDATA[taux d'intérêt directeur]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La politique monétaire de la Banque centrale de Tunisie à l'épreuve de l'Intelligence Artificielle. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/21/la-politique-monetaire-de-la-banque-centrale-de-tunisie-jugee-par-lia/">La politique monétaire de la Banque centrale de Tunisie jugée par l’IA</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Quand l’Intelligence Artificielle (IA) met en doute l’efficacité de la politique monétaire de la Banque centrale de Tunisie (BCT), et notamment les hausses consécutives du taux d’intérêt directeur, pour maîtriser et contenir l’inflation. Démonstration…  </em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Sadok Zerelli</strong> *</p>



<span id="more-8001052"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/03/Sadok-Zerelli.jpg" alt="" class="wp-image-200552"/></figure></div>


<p>Plusieurs dirigeants de la BCT, dont le gouverneur lui-même, ont qualifié dans des déclarations publiques récentes de «<em>détracteurs</em>» les économistes universitaires ou experts financiers qui ont osé critiquer et mettre en cause l’efficacité de la politique monétaire suivie par l’Institut d’émission depuis qu’il a acquis son indépendance en vertu de la loi de 2016.</p>



<p>Personnellement, je me suis senti visé car j&rsquo;ai publié dans le journal Kapitalis plusieurs articles&nbsp; d’un point de vue académique à chaque fois que la BCT a pris la décision d’augmenter son taux directeur (six ou sept fois depuis 2017) pour expliquer pourquoi, tant pour des raisons théoriques que spécifiques à l’économie tunisienne&nbsp; cette politique ne peut qu’asphyxier davantage tous les opérateurs économiques et renforcer la récession économique et le chômage sans réussir pour autant à maîtriser l’inflation qui a atteint aujourd’hui deux chiffres (10,1%), malgré et à cause même de cette politique monétaire qui se traduit entre autres par un renchérissement des coûts des crédits que les entreprises, qui n’ont pas d’autres choix que de les répercuter sur leurs prix de vente si elles ne veulent pas faire faillite.</p>



<p>Afin de dépersonnaliser le débat et le sortir de cette querelle d’experts tout en en restant dans un cadre scientifique, j’ai consulté le logiciel d’IA, <em>ChatGPT 4,</em> développé par la société <em>Open AI</em>, une des filiales du groupe d’Elon Musk qui est mondialement réputé pour son esprit visionnaire et sa volonté de repousser les limites technologiques dans des domaines tels que les véhicules électriques, les technologies spatiales et l’intelligence artificielle et qui est fondateur de plusieurs entreprises technologiques de renom (Tesla, SpaceX, Neuralink etc.)</p>



<p>J’ai formulé ma question à ce robot ou programme d’IA dans les termes les plus neutres et de la manière suivante : «<em>Une politique monétaire basée sur l’augmentation continue du taux directeur de la Banque Centrale et les enseignements de la théorie quantitative de la monnaie de Milton Friedman peut-elle être efficace pour lutter contre l’inflation en Tunisie? Expliciter l’équation à la base de cette théorie et analyser ses limites d’application compte tenu des spécificités de l’économie</em> <em>tunisienne</em>« .</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="UcwWzaApRt"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/27/la-banque-centrale-de-tunisie-ou-la-politique-de-la-fuite-en-avant/">La Banque centrale de Tunisie ou la politique de la fuite en avant</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Banque centrale de Tunisie ou la politique de la fuite en avant » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/27/la-banque-centrale-de-tunisie-ou-la-politique-de-la-fuite-en-avant/embed/#?secret=Oepuff5TFL#?secret=UcwWzaApRt" data-secret="UcwWzaApRt" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ci-dessous la réponse textuelle de l’IA dans laquelle je n’ai fait que souligner en gras les idées que je trouve particulièrement importantes de mon point de vue d’économiste et qui rejoignent ma propre analyse faite dans plusieurs articles publiés dans Kapitalis.</p>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center">ChatGPT</h2>



<p>2 / 2</p>



<p><em>La théorie quantitative de la monnaie repose sur une équation fondamentale qui exprime la relation entre la quantité de monnaie en circulation (M), la vitesse de circulation de la monnaie (V), le niveau général des prix (P) et la production réelle de biens et services (Q). Cette équation est connue sous le nom d&rsquo;équation de la quantité de la monnaie :</em></p>



<p><strong><em>M * V = P * Q</em></strong></p>



<p><em>Selon cette équation, une augmentation de la quantité de monnaie (M) entraîne une augmentation proportionnelle du niveau général des prix (P), <strong><u>à condition que la vitesse de circulation de la monnaie (V) et la production réelle (Q) restent constants</u></strong>. Par conséquent, selon la théorie quantitative de la monnaie, l’inflation est principalement causée par une augmentation excessive de la quantité de monnaie en circulation par rapport à la production réelle de biens et services.</em></p>



<p><em>En ce qui concerne l’application de cette théorie en Tunisie, il est important de prendre en compte les spécificités de l’économie tunisienne. Voici quelques limites potentielles à considérer :</em></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em><strong>Transmission de la politique monétaire</strong> : la politique monétaire basée sur l’augmentation du taux directeur peut ne pas avoir un impact immédiat sur l’inflation si les canaux de transmission sont faibles ou inefficaces. <strong><u>Par exemple, si les taux d’intérêt élevés découragent l’investissement et freinent la croissance économique, cela pourrait limiter l’efficacité de la politique monétaire pour lutter contre l’inflation</u></strong>.</em></li>



<li><em><strong>Structure de l’économie :</strong> l’économie tunisienne a ses propres caractéristiques structurelles, y <strong><u>compris le poids du secteur informel et les disparités régionales</u></strong>. Ces spécificités peuvent rendre la relation entre la masse monétaire et l’inflation plus complexe. Une augmentation de la masse monétaire peut ne pas se traduire directement par une augmentation des prix dans tous les secteurs de l’économie.</em></li>



<li><em><strong>Dépendance aux importations :</strong> la Tunisie est un pays importateur net, ce qui signifie qu’elle dépend des importations pour de nombreux biens et services. Les variations des prix des importations peuvent influencer l’inflation, <strong><u>et une politique monétaire centrée uniquement sur le taux directeur pourrait ne pas suffire à maîtriser ces pressions inflationnistes externes.</u></strong></em></li>



<li><em><strong>Stabilité politique et économique : </strong>la stabilité politique et économique est cruciale pour maintenir une politique monétaire efficace. <strong><u>Les incertitudes politiques, les conflits sociaux ou les chocs économiques peuvent perturber la mise en œuvre et la cohérence d’une politique monétaire stricte</u></strong>.</em></li>
</ul>



<p><em>En résumé, il convient de noter que la théorie quantitative de la monnaie a été critiquée pour sa simplification de la complexité réelle de l’inflation et pour ne pas prendre en compte d’autres facteurs importants tels que les attentes des agents économiques, les rigidités structurelles ou les variations de la demande de monnaie.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="SmGpfIftL2"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/24/tunisie-augmentation-du-taux-directeur-de-la-bct-un-remede-pire-que-le-mal/">Tunisie &#8211; Augmentation du taux directeur de la BCT : un remède pire que le mal ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie &#8211; Augmentation du taux directeur de la BCT : un remède pire que le mal ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/24/tunisie-augmentation-du-taux-directeur-de-la-bct-un-remede-pire-que-le-mal/embed/#?secret=je7eeUsDKA#?secret=SmGpfIftL2" data-secret="SmGpfIftL2" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Chaque lecteur de cet article pourrait faire sa propre interprétation et sa propre lecture de cette réponse de l’IA.</p>



<p>Pour ma part, je résume la mienne dans les points suivants :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Au niveau de la forme, le robot fait preuve d’une capacité de rédaction et de maîtrise de la langue française qu’on ne peut qu’admirer;</li>



<li>Au niveau du fond, l’analyse qu’il fait est extrêmement précise et pertinente et en tant qu’économiste ayant enseigné pendant plusieurs années la théorie monétaire, j’y adhère entièrement.</li>



<li>Le robot fait preuve d’une grande prudence. En particulier, aussi bien pour ce sujet que pour d’autres sur lesquels je l’ai consulté par le passé. Il ne cite jamais aucun chiffre pour ne pas tomber dans la querelle des chiffres et la fiabilité de telle ou telle source sur laquelle il se base, bien que pour rédiger son analyse, il a certainement consulté des milliers de bases de données, des statistiques diverses, d’articles publiés dans des revues scientifiques par divers experts et même des manuels universitaires. Je n’en veux comme preuve que sa formulation exacte de l’équation quantitative de la monnaie, formulation qui n’est pas du domaine du grand public et qu’il ne peut trouver que dans des ouvrages spécialisés et des manuels universitaires. C’est d’ailleurs cette capacité de consulter et d’analyser en quelques secondes des milliers voire des millions de sources d’informations qui fait la force de l’IA, au point que ses propres créateurs&nbsp; ont en peur. Une centaine d’entre eux, dont Elon Musk lui-même, viennent de signer une pétition pour demander un moratoire de six mois sur la recherche et le développement de l’IA parce qu’ils ont réalisé après coup que son impact sur l’évolution de l’humanité sera énorme;</li>



<li>Sans remettre en cause la validité de l’équation quantitative de la monnaie, appelée aussi <em>«équation de Cambridge»</em> et pour laquelle son auteur Milton Friedman a reçu le Prix Nobel en sciences économiques, le robot a eu l’intelligence de souligner les limites et les conditions de son application avec succès en Tunisie. Parmi toutes les limites qu’il a citées à juste raison, la plus importante à mon sens est celle relative à <strong><u>une vitesse de circulation de la monnaie qui doit être constante sur le long terme</u></strong> (voir deuxième paragraphe de sa réponse). En effet, comme je l’ai souligné moi-même dans plusieurs de mes articles sur le sujet, la principale raison qui explique l’échec de la politique monétaire de la BCT pour maîtriser l’inflation, que le robot a identifié aussi (voir point 2 de sa réponse), est l’importance du secteur informel en Tunisie, qui, d’après plusieurs sources, constitue environ 54% de l’économie tunisienne. Dans ce secteur, tout Tunisien sait (sauf apparemment les responsables de la BCT) que le paiement des transactions se fait généralement en espèces, avec des sacs remplis de billets de banque, hors de tout circuit bancaire. En fait, tout se passe comme si l’effet des augmentations multiples du taux directeur auxquelles la BCT a procédé en vue de réduire le volume de la masse monétaire en circulation dans l’espoir que cela réduirait la demande globale et donc le niveau général des prix, conformément à ce qu’enseigne la théorie l’équation quantitative de la monnaie, se trouve annihilé ou annulé par le développement de plus en plus important du secteur informel et de l’économie souterraine, de sorte que le nombre de transactions qui y sont effectuées augmente chaque année, entraînant une accélération de la vitesse de circulation de la monnaie qui est donc loin d’être stable.</li>



<li>Le robot identifie bien les autres causes spécifiques à l’économie tunisienne, qui sont de nature à limiter considérablement l’efficacité d’une politique monétaire comme celle menée par la BCT pour maîtriser l’inflation, telles que l’absence d’un bon mécanisme de transmission entre l’économie monétaire et l’économie réelle, les incertitudes politiques, les conflits sociaux ou les chocs économiques d’origines externes.</li>
</ul>



<p>La meilleure conclusion à tirer de cet exercice de faire appel à l’IA pour trancher dans le débat entre experts sur la meilleure politique monétaire la mieux adaptée à la structure et aux spécificités de l’économie tunisienne est probablement la suivante: <em>le développement à un rythme vertigineux des technologies d’IA a permis de démocratiser le savoir qui n’est plus le monopole ni des professeurs universitaires, ni des experts ni des responsables d’administration, etc.</em></p>



<p><em>Aujourd&rsquo;hui, tout Tunisien qui dispose d’un ordinateur ou même d’un téléphone Androïd peut accéder en quelques clics à des informations d’un haut niveau scientifique sur tous les sujets plus complexes et les plus divers qu’ils soient : économie, santé, médecine, sociologie, etc.</em></p>



<p><em>L’ère où les responsables d’une administration comme la BCT se comportent comme s’ils sont les seuls dépositaires du savoir et traitent avec dédain les chercheurs universitaires et les experts qui ne sont pas d’accord avec leurs politiques en les qualifient même de </em>«détracteurs»<em>  est définitivement révolue</em>. A bon entendeur salut! </p>



<p><em>* Economiste, consultant international.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/21/la-politique-monetaire-de-la-banque-centrale-de-tunisie-jugee-par-lia/">La politique monétaire de la Banque centrale de Tunisie jugée par l’IA</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Tunisie &#8211; Augmentation du taux directeur de la BCT : un remède pire que le mal ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 May 2022 08:33:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Dr. Sadok Zerelli]]></category>
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		<category><![CDATA[investissement]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La dernière augmentation du taux directeur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), après plusieurs autres augmentations depuis 2016 qui ont toutes échoué à juguler l&#8217;inflation puisqu&#8217;elle n&#8217;a cessé d&#8217;augmenter et a même atteint +7,5% au mois d&#8217;avril 2022 en variations annuelles, interpelle et même déroute tout économiste digne de ce nom. Par Dr. Sadok...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/24/tunisie-augmentation-du-taux-directeur-de-la-bct-un-remede-pire-que-le-mal/">Tunisie &#8211; Augmentation du taux directeur de la BCT : un remède pire que le mal ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La dernière augmentation du taux directeur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), après plusieurs autres augmentations depuis 2016 qui <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/24/tunisie-et-si-cetait-la-banque-centrale-qui-alimente-linflation/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ont toutes échoué à juguler l&rsquo;inflation </a>puisqu&rsquo;elle n&rsquo;a cessé d&rsquo;augmenter et a même atteint +7,5% au mois d&rsquo;avril 2022 en variations annuelles, interpelle et même déroute tout économiste digne de ce nom.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Dr. Sadok Zerelli</strong> *</p>



<span id="more-939483"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/03/Sadok-Zerelli.jpg" alt="" class="wp-image-200552"/></figure></div>


<p>Le fait que les médias écrits et audiovisuels ont accordé beaucoup plus d&rsquo;articles et de commentaires à ce charlatan de Belgacem qui violait les femmes sous prétexte de les guérir, qu&rsquo;à une décision de la BCT qui aggrave l&rsquo;endettement des ménages et des entreprises et ne fera qu&rsquo;enfoncer davantage l&rsquo;économie du pays dans la «<em>stagflation» </em>(stagnation économique + forte inflation) est affligeant en soi et ne présage rien de bon pour l&rsquo;avenir de ce pays, vu la médiocrité des débats publics.</p>



<p>Certes, on ne peut reprocher l&rsquo;indifférence du Tunisien moyen qui pense avant tout à arrondir ses fins de mois, ni au président de la république qui «<em>vient d&rsquo;une autre planète»,</em> selon ses propres mots et qui, juriste de formation, ne pense qu&rsquo;à <em>«sa»</em> constitution et à <em>«son»</em> referendum, comme si le peuple qui aurait faim pourrait manger la constitution, ni même à la cheffe du gouvernement qui, géologue de formation, ne peut pas maîtriser les relations complexes qui lient le taux directeur d&rsquo;une banque centrale au taux d&rsquo;inflation d&rsquo;un pays, relations que certains de nos imminents <em>«professeurs d&rsquo;économie»</em> ne maîtrisent pas, à en juger par l&rsquo;absence de réaction de leur part pour approuver ou désapprouver une telle décision.</p>



<p>L&rsquo;analyse qui suit se veut une analyse technique avec une dimension pédagogique pour expliquer au grand public les raisons plus ou moins fondées d&rsquo;une telle décision, loin de toute considération de politique politicienne, car régime démocratique ou dictatorial , nouvelle république ou pas, dialogue national ou pas , succès ou échec du référendum&#8230;, les mécanismes économiques sont impitoyables et nous subirons tous demain les conséquences des décisions prises par nos responsables d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.</p>



<p>Le point de départ de cette analyse est la définition du concept même d&rsquo;inflation et comment la mesurer.</p>



<p>Il s&rsquo;agit de l&rsquo;évolution d&rsquo;une période à une autre du prix TTC d&rsquo;une même quantité de biens et services au niveau des prix de détail (il existe un autre indice d&rsquo;inflation au niveau des prix de gros). Celle-ci peut être mesurée par deux indices, l&rsquo;un rendant mieux compte de la réalité de l&rsquo;inflation globale que l&rsquo;autre:</p>



<p><strong>(i) l&rsquo;Indice des prix à la consommation (IPC):</strong> il s&rsquo;agit de l&rsquo; indice que le grand public connaît et qui reflète l&rsquo;accroissement des prix des seuls biens et services de consommation courante que l&rsquo;INS publie mensuellement sur la base du «<em>panier de la ménagère»</em> regroupant un certain nombre de biens et services consommés par un ménage tunisien <em>moyen</em>, pondérés par des poids qui reflètent l&rsquo;importance relative de ces biens et services dans la consommation globale. Cet indice, qui reflète le mieux l&rsquo;évolution du pouvoir d&rsquo;achat des ménages et sert entre autres pour les négociations salariales, ne rend pas en compte de toute l&rsquo;inflation enregistrée dans une économie puisqu&rsquo;il ne prend pas en compte l&rsquo;évolution des prix des biens et services utilisés par les producteurs (engrais, aliments pour bétail, courant électrique de haute ou moyenne tension, etc.)</p>



<p><strong>(ii) l&rsquo;Indice du déflateur du PIB (IDF):</strong> il est calculé par les économistes en divisant le PIB à prix courants par le PIB à prix constants d&rsquo;un même année. Il constitue de loin le meilleur indice de mesure de l&rsquo;inflation globale dans une économie puisqu&rsquo;il prend en compte l&rsquo;évolution de tous les biens et services consommés ou produits ou échangés dans une économie. Il est toujours supérieur de plusieurs points à l&rsquo;indice de l&rsquo;inflation mesurée par l&rsquo;IPC parce qu&rsquo;il prend en compte davantage de produits et de services.</p>



<p>D&rsquo;autre part, tout maîtrisard en sciences économiques sait qu&rsquo;il existe trois sources ou types d&rsquo;inflation, dont les effets se conjuguent et s&rsquo;additionnent pour aboutir à l&rsquo;inflation globale.</p>



<p><strong>Le premier type ou source d&rsquo;inflation, est «</strong><em><strong>l&rsquo;inflation importée»</strong></em> : elle se produit lorsque nos importations coûtent de plus en plus cher, soit parce que les pays partenaires de notre commerce extérieur connaissent eux mêmes des taux d&rsquo;inflation élevés (comme c&rsquo;est le cas depuis l&rsquo;invasion de l&rsquo;Ukraine par la Russie), soit en raison de la dépréciation du dinar, soit à cause de la combinaison des deux facteurs. Cette source d&rsquo;inflation est de loin la plus importante pour la Tunisie en raison du grand degré d&rsquo;ouverture de l&rsquo;économie tunisienne où le commerce extérieur représente près de 80% du PIB, de la dépréciation continue du dinar particulièrement vis-à-vis du dollar, principale monnaie de paiement des importations et de la dette extérieure, et de nos déficits structurels et énormes de production d&rsquo; énergie et de céréales. <em>Il est clair que la décision de la BCT d&rsquo;augmenter encore son taux directeur n&rsquo;aura aucun effet sur cette source principale d&rsquo;inflation.</em></p>



<p><strong>Le deuxième type d&rsquo;inflation est «</strong><em><strong>l&rsquo;inflation par l&rsquo;offre»</strong></em>: elle se produit lorsque les producteurs répercutent sur leurs prix de vente l&rsquo;accroissement des coûts des matières premières et des salaires qu&rsquo;ils subissent, y compris le coût de financement de leurs activités. <em>La décision de la BCT d&rsquo;augmenter son taux directeur qui se traduira par une augmentation automatique du TMM et donc des taux d&rsquo;intérêts débiteurs appliqués par les banques aux entreprises et aux ménages, non seulement ne permettra pas de lutter contre cette source d&rsquo;inflation mais viendra même la renforcer.</em></p>



<p><strong>Le troisième type d&rsquo;inflation est «</strong><em><strong>l&rsquo;inflation par la demande»</strong></em>: c&rsquo;est l&rsquo;inflation générée sur un marché lorsque la demande dépasse l&rsquo;offre et que celle-ci est inélastique pour des raisons de limitation des capacités de production intérieures ou d&rsquo;importation. En augmentant son taux directeur en vue de rendre les crédits à la consommation plus chers, c&rsquo;est ce type d&rsquo;inflation que la BCT semble cibler. Il est permis douter de l&rsquo;efficacité d&rsquo;une telle mesure pour au moins deux raisons, l&rsquo;une d&rsquo;ordre sociologique et l&rsquo;autre d&rsquo;ordre théorique.</p>



<p>i. Pour réussir, une telle politique suppose que la demande des biens et services de consommation est élastique aux prix, c&rsquo;est-à-dire qu&rsquo;elle diminue lorsque les prix augmentent, ce qui ne se vérifie pas toujours en Tunisie, pour des raisons sociologiques et même religieuses (Ramadan, Aid, Mouled, etc. durant lesquels la consommation s&rsquo;accroît malgré l&rsquo;accroissement vertigineux des prix).</p>



<p>ii. L&rsquo;équation quantitative de la monnaie de Milton Friedman (appelle aussi<em> équation de Cambridge</em>) qui constitue le socle théorique de cette décision et qui relie la masse monétaire en circulation au niveau général des prix ne fonctionne que si la vitesse de circulation de la monnaie est constante à court terme (nombre de fois durant une période donnée où un même dinar est utilisé comme moyen de paiement d&rsquo;une transaction). </p>



<p>Or, avec une économie informelle ou sous-terraine que certaines sources estiment à 54% du PIB le développement de la contrebande et des circuits de paiement parallèles au système bancaire, il est permis de douter de la validité de cette hypothèse en Tunisie, de sorte que l&rsquo;effet de la baisse de la masse monétaire engendrée par la politique monétaire restrictive de la BCT et l&rsquo;accroissement de son taux directeur se trouve annulé par un accroissement de la vitesse de circulation de la monnaie. </p>



<p>En tout cas, c&rsquo;est la seule explication plausible, du moins sur le plan théorique, de l&rsquo;échec des multiples décisions d&rsquo;augmentation du taux de taux de base et de la politique monétariste appliquée par la BCT. Par contre, ce qui est certain, c&rsquo;est que cet accroissement du taux directeur de la BCT qui est <em>«aveugle»</em> et impactera aussi bien le coût des crédits accordés aussi bien aux ménages qu&rsquo;aux entreprises, aura un <em>«effet d&rsquo;éviction»</em> des investissements dévastateur et qui viendra aggraver la récession économique et le chômage sans pour autant réussir à juguler l&rsquo;inflation. D&rsquo;où le titre de cet article :<em> un remède pire que le mal.</em></p>



<p>Compte tenu de cette analyse, la question qui se pose d&rsquo;elle-même est la suivante : <em>pourquoi la BCT continue à augmenter son taux directeur, depuis le promulgation de la loi de 2016 lui accordant une totale autonomie de gestion et de décision, malgré l&rsquo;échec de cette politique pour les raisons sociologiques et théoriques expliquées plus </em>?</p>



<p>La réponse à cette question n&rsquo;est pas évidente parce que la décision de la BCT est très opaque, n&rsquo;a fait l&rsquo;objet que d&rsquo;un communiqué de quelques lignes qui n&rsquo;est accompagné par aucune explication ou justification et n&rsquo;a pas été précédée par une étude d&rsquo;impact des décisions précédentes.</p>



<p>Cependant, le suivi dans les médias des rares déclarations et interviews que le gouverneur de la BCT a bien voulu accorder fait apparaître trois explications ou arguments qui justifient à ses yeux une telle décision : un argument d&rsquo;orthodoxie financière, un argument de prophétie en matière d&rsquo;inflation future et un argument qui relève de l&rsquo;indépendance de décision de la BCT.</p>



<p>Le premier argument que le gouverneur avance pour justifier chaque décision d&rsquo;augmentation du taux directeur depuis 2016 est que «<em>le taux d&rsquo;intérêt réel doit être positif»</em>.</p>



<p>Cet argument, qui repose sur les enseignements néoclassiques d&rsquo;équilibre général , n&rsquo;est recevable que dans les limites où les hypothèses qui se trouvent à la base de cette théorie se vérifient dans le contexte tunisien, en particulier l&rsquo;existence d&rsquo;une concurrence pure et parfaite sur tous les marchés de biens et de services, l&rsquo;atomicité des producteurs, l&rsquo;absence de monopoles ou d&rsquo;oligopoles ou de monopsones, la rationalité du comportement des consommateurs, etc.</p>



<p>Or nous connaissons tous l&rsquo;opacité des circuits de distribution en Tunisie et les situations de rentes monopolistiques dont bénéficient une trentaine de grandes familles qui contrôlent des secteurs entiers de l&rsquo;économie nationale, l&rsquo;importance de l&rsquo;économie informelle, etc.</p>



<p>D&rsquo;ailleurs, certains pays comme le Maroc où le taux directeur (1,5%) est quatre fois inferieur à celui de la Tunisie (7% après la dernière augmentation) et trois fois moins élevé que celui de l&rsquo;inflation (5,5%) se sont affranchis depuis longtemps de ce dogme néoclassique, puisque le taux d&rsquo;intérêt réel y est largement négatif (-4,5%) et son économie ne s&rsquo;en porte que mieux, au vu du grand nombre d&rsquo;investisseurs qui y accourent du monde entier pour y investir.</p>



<p>Même l&rsquo;Angleterre, pays berceau de la théorie néo-classique, et les Etats-Unis, pays berceau de la théorie quantitative de la monnaie, où les taux directeurs sont dans une fourchette de 0% à 1,5% alors que les taux d&rsquo;inflation ont même atteint 9% au mois d&rsquo;avril dernier en Grande-Bretagne, ont des taux d&rsquo;intérêts réels largement négatifs, ce qui ne les empêche pas de réaliser une croissance économique soutenue et d&rsquo;atteindre pratiquement le plein emploi (le taux de chômage actuel aux Etats-Unis est de l&rsquo;ordre de 3,5%). La Tunisie peut-elle faire preuve d&rsquo;une plus grande orthodoxie financière que les pays qui l&rsquo;ont préconisée mais qui l&rsquo;ont abandonnée depuis? C&rsquo;est une bonne question à poser à M. Abassi.</p>



<p>S&rsquo;il y a un taux d&rsquo;intérêt réel qui doit être bien positif, ce n&rsquo;est certainement pas le taux directeur de la BCT, mais bien le taux de rémunération de l&rsquo;épargne qui, malgré l&rsquo;augmentation de 1% le portant à 6% demeure négatif (-1,5%) et n&rsquo;encourage pas l&rsquo;épargne nationale qui n&rsquo;a jamais été aussi faible (13% du revenu national contre 24% en 2010). La BCT aurait été mieux avisée d&rsquo;instaurer un taux réel de rémunération de l&rsquo;épargne positif qui aurait trois effets bénéfiques pour l&rsquo;économie nationale : une réduction volontaire de la consommation et donc des pressions inflationnistes par la demande, un accroissement de la capacité de financement des investissements et une réduction du recours de l&rsquo;Etat aux emprunts extérieurs pour financer son déficit budgétaire, alors qu&rsquo;avec sa politique de taux directeur réel positif, elle produit exactement les effets inverses : réduction des investissements par effet d&rsquo;éviction, une alimentation de l&rsquo;inflation par report des coûts de financement supplémentaires que les entreprises supportent et accroissement du coût d&rsquo;émission des bons du trésor (BAC) pour le financement du déficit budgétaire de l&rsquo;Etat. De sorte qu&rsquo;il n&rsquo;est pas faux d&rsquo;affirmer que les seuls gagnants de la politique monétaire menée par la BCT sont les banques qui n&rsquo;ont jamais gagné autant de bénéfices de leur histoire et les perdants sont tous les opérateurs économiques, Etat inclus.</p>



<p>Le deuxième argument que le gouverneur avance à chaque fois pour justifier une décision d&rsquo;augmentation du taux directeur de la BCT est textuellement : «<em>sans cette augmentation, le taux d&rsquo;inflation en Tunisie serait à deux chiffres» !. </em>Il s&rsquo;agit là d&rsquo;un argument qui ne repose sur aucune étude ou modèle de prévision et destiné à faire peur aux responsables politiques et faire avaler la pilule aux ménages et aux entreprises qui vont supporter les conséquences de ces décisions.</p>



<p>Face à un avenir incertain, personne ne peut être prophète dans son pays et prédire de quoi serait fait l&rsquo;avenir. Qui pouvait prédire il y a trois ou quatre ans la survenue de la pandémie du Covid-19 qui a bouleversé les économies du monde entier et qui pouvait prédire il y a seulement six mois l&rsquo;invasion de l&rsquo;Ukraine par la Russie qui va les bouleverser davantage et probablement pour une plus grande période? </p>



<p>Malheureusement, il est à craindre que l&rsquo;inflation en Tunisie sera effectivement à deux chiffres dans les quelques mois sinon les années à venir, ne serait-ce qu&rsquo;à cause de l&rsquo;impact de la guerre en Ukraine sur les cours mondiaux des matières premières en particulier l&rsquo;énergie et les céréales, et ceci que la BCT augmente ou diminue son taux directeur. La seule différence est que si la BCT continue à augmenter son taux directeur comme elle vient de le faire, cela favorisera la<em> « stagflation »</em>, c&rsquo;est-à-dire la récession économique et le chômage accompagnés par l&rsquo;inflation, la pire situation dans laquelle une économie peut se retrouver et pour laquelle les économistes n&rsquo;ont aucun remède, alors que si elle baisse son taux directeur d&rsquo;une façon considérable et de plusieurs points comme elle devrait le faire, cela favorisera la croissance économique et la création d&#8217;emplois permettra à la population de mieux supporter les effets de l&rsquo;inflation, comme c&rsquo;est le cas dans les pays européens et les Etats-Unis. </p>



<p>Le troisième argument avancé par le gouverneur est l&rsquo;indépendance de décision de la BCT. Selon lui, la loi de 2016 qui a accordé une autonomie totale de gestion et décision à la BCT lui a fixé aussi comme mission n°1 la lutte contre l&rsquo;inflation. Il s&rsquo;agit là manifestement d&rsquo;une mauvaise formulation des termes de cette loi par des parlementaires inexpérimentés et ignorants des mécanismes de financement d&rsquo;une économie.</p>



<p>En effet, dans tous les pays du monde, la mission n°1 d&rsquo;un institut d&rsquo;émission est de financer l&rsquo;économie nationale en mettant à la disposition des opérateurs économiques (consommateurs, producteurs, investisseurs, exportateurs et importateurs , y compris l&rsquo;Etat) suffisamment de liquidités sous forme fiduciaire (billets de banque) ou scripturale (écritures sur les comptes bancaires) pour leur permettre de créer de la richesse et résorber le chômage. Pour cela, la Banque centrale intervient tous les jours sur le marché monétaire pour refinancer les banques en leur rachetant leurs titres de créance publics ou privés qu&rsquo;elles détiennent, ce qui se traduit par une injection monétaire et un accroissement de la masse monétaire, ou pour éponger l&rsquo;excès de liquidités dans l&rsquo;économie en leur vendant des titres souvent publics (bons du trésor) si elle juge qu&rsquo;il y a trop de liquidités en circulation.</p>



<p>La mission n°2 d&rsquo;une banque centrale est de contrôler l&rsquo;activité de banques et veiller à ce qu&rsquo;elles respectent strictement un certain nombre de ratios de réserve obligatoire ou prudentiels, pour que le système bancaire ne tombe pas en faillite, et d&rsquo;encadrement et orientation des crédits bancaires vers les secteurs et les projets qui en ont le plus besoin et qui assurent la plus grande croissance économique.</p>



<p>La mission de lutte contre l&rsquo;inflation ne vient qu&rsquo;en troisième lieu et n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas exclusive à la BCT, car elle concerne tous les départements ministériels, chacun dans son secteur, en particulier le ministère du Commerce qui a une responsabilité particulière en termes d&rsquo;assainissement des circuits de distribution et de lutte contre la spéculation, premières sources et causes de l&rsquo;inflation en Tunisie.</p>



<p>Une autre ambiguïté sinon mauvaise formulation de la loi de 2016 est le degré d&rsquo;autonomie de décision qu&rsquo;elle accorde à la BCT. Dans une déclaration le 18 mai à Radio Mosaïque, l&rsquo;expert en économie, Aram Belhadj, affirme que le gouvernement n&rsquo;a pas été consulté par la BCT avant de prendre une telle décision et que s&rsquo;il l&rsquo;avait été, il ne l&rsquo;aurait pas approuvée. Si ces déclarations se vérifient, cela voudrait dire que la BCT est devenue un «<em>Etat dans l&rsquo;Etat»</em> alors qu&rsquo;elle est tenue de coordonner toutes ses décisions avec les autres départements ministériels concernés et soutenir par sa politique monétaire la politique générale et sectorielle de développement décidée par le gouvernement, seul responsable de la politique économique dans un pays.</p>



<p>Compte tenu des termes dans lesquels cette loi de 2016 a été rédigée, de la lecture qu&rsquo;en font le gouverneur et le conseil d&rsquo;administration qui l&rsquo;entoure et de la politique monétaire qu&rsquo;ils appliquent depuis sa promulgation, on peut affirmer sans risque de se tromper que le seul bilan tangible de cette politique est l&rsquo;enrichissement vertigineux des banques aussi bien publiques que privées qui n&rsquo;ont jamais autant de bénéfices dans leur histoire (plusieurs centaines de millions de dinars chacune) et distribué davantage de dividendes à leur actionnaires, alors que plusieurs sources estiment à 120 000 le nombre de PME qui ont dû faire faillite par manque de trésorerie et de soutien du système bancaire pour faire face à l&rsquo;impact de la pandémie du Covid-19.</p>



<p>Quant au maintien relatif de la parité du dinar que la BCT s&rsquo;en attribue le mérite (et encore, le dinar a fortement glissé par rapport au dollar ce dernier temps), elle n&rsquo;y est pour rien puisque c&rsquo;est une résultante directe de la baisse des importations en raison de la baisse de l&rsquo;activité économique et de l&rsquo;accroissement des flux invisibles, essentiellement les transferts effectués par nos immigrés à leurs familles restées en Tunisie.</p>



<p>La conclusion qui s&rsquo;impose au bout de cette analyse objective, basée autant sur les enseignements de la théorie économique que sur le suivi continu de l&rsquo;actualité en Tunisie, est que le la loi de 2016 devrait être abrogée au plus tôt sinon revue profondément dans ses termes et son esprit afin de mettre la BCT au service de l&rsquo;économie nationale et non pas du grand capital et assurer une gestion plus efficiente des rares ressources financières dont dispose le pays, surtout dans un contexte international qui s&rsquo;annonce de plus en plus sombre.</p>



<p>Afin d&rsquo;atteindre cet objectif et ne pas tomber dans le tort de beaucoup d&rsquo;experts à qui l&rsquo;opinion publique reproche, à juste titre, de se contenter de critiquer (ce qui et trop facile lorsqu&rsquo;on est pas aux postes de responsabilité) sans apporter de solutions concrètes, je proposerais les quatre mesures de politique monétaire suivantes:</p>



<p>a. Augmenter de plusieurs points le taux de rémunération de l&rsquo;épargne pour rendre le taux réel positif par rapport au taux de l&rsquo;inflation et remédier ainsi à un des plus grands maux dont souffre l&rsquo;économie du pays : l&rsquo;insuffisance de l&rsquo;épargne nationale, qui engendre une insuffisance des investissements et de création d&#8217;emplois et un plus grand recours à l&rsquo;endettement extérieur qui, avec la baisse de la notation souveraine de la Tunisie, devient de plus en plus cher voire impossible, surtout si le FMI refusera en fin de compte d&rsquo;accorder un prêt à la Tunisie.</p>



<p>b. Abandonner le principe pseudo-scientifique de taux d&rsquo;intérêt réel positif que même les pays anglo-saxons qui sont passés maîtres dans l&rsquo;art de juguler l&rsquo;inflation ont abandonné depuis longtemps et réduire de plusieurs points le taux directeur de la BCT afin d&rsquo;encourager les investissements, la création d&#8217;emplois et la reprise économique, priorité des priorités.</p>



<p>c. Baser la politique de contrôle de la masse monétaire en circulation et de lutte contre les pressions inflationnistes sur le recours intensif à la technique d&rsquo;open market qui se traduit par des interventions quotidiennes de la BCT sur le marché monétaire en vue de vendre ou acheter aux banques des titres de créance publics ou privés, selon qu&rsquo;elle juge qu&rsquo;il y a respectivement trop de liquidités dans l&rsquo;économie ou inversement pas assez;</p>



<p>d. Utiliser le pouvoir discrétionnaire que la loi de 2016 accorde à la BCT pour appliquer une politique d&rsquo;encadrement du crédit stricte et intelligente basée sur la technique de la péréquation des taux d&rsquo;intérêts, c&rsquo;est-à-dire appliquer des taux d&rsquo;intérêt différenciés selon l&rsquo;objet du crédit, le profil socio-économique du demandeur et même sa région. Par exemple, on peut facilement imaginer que l&rsquo;agriculteur qui demande un crédit pour acheter des semences ou un tracteur paiera TMM &#8211; 3 points, alors que celui qui demande un crédit pour acheter une deuxième voiture ou construire une résidence secondaire paiera TMM + 8 points, dont 3 points sont destinés à compenser la manque à gagner des banques sur le crédit accordé à l&rsquo;agriculteur. De même l&rsquo;investisseur qui veut réaliser un projet dans l&rsquo;une des régions pauvres du pays, telles que le nord-est ou le sud paiera par exemple TMM -2 points alors que celui qui veut réaliser un projet dans les régions déjà relativement développées et congestionnées comme Tunis ou Sousse paiera paiera TMM + 4 points, dont 2 points sont justement destinés à compenser le manque à gagner des banques sur les crédits accordés en faveur des projets réalisés dans les régions pauvres, etc. Ainsi, la BCT pourrait orienter le comportement des agents économiques vers les secteurs , les opérateurs économiques et les régions qui en ont le plus besoin et que le gouvernement juge comme prioritaires.</p>



<p>Une autre conclusion possible à cette analyse serait la lettre ouverte ci-dessous que j&rsquo;adresse, non pas au président de la république, qui vit dans sa bulle et ne pense qu&rsquo;à son projet politique, mais à la cheffe du gouvernement qui est la première responsable de la politique économique du pays:</p>



<p><em>Mme Bouden,</em></p>



<p><em>Vous ne pouvez être à la fois une imminente professeure de géologie et une experte en économie et personne, moi en premier lieu, ne peut vous reprocher de ne pas maîtriser les tenants et aboutissants d&rsquo;une décision aussi technique que celle de l&rsquo;impact d&rsquo;une augmentation du taux directeur de la BCT sur l&rsquo;inflation et la récession économique. Cependant, au lieu de vous entourer de trois ou quatre conseillers ou chargés de mission pour vous éclairer sur le bien-fondé d&rsquo;une telle décision et d&rsquo;autres problématiques économiques, créez à votre niveau un véritable think tank regroupant les meilleures compétences du pays (il y en a, croyez moi, et je ne parle pas de ma modeste personne) pour procéder à des réflexions et des analyses avec des approches scientifiques. Redonnez vie à l&rsquo;Institut d&rsquo;économie quantitative Ali Bachhamba, où il y avait dans le temps quelques économistes de talent qui construisaient des modèles économétriques et procédaient à des analyses économiques d&rsquo;un niveau international. Recréez un véritable ministère de planification pour élaborer des stratégies et des plans de développement à moyen et très long terme pour les réaliser. Redonnez vie même ce vieux Conseil économique et social qui donnait certes des avis consultatifs mais qui éclairait bien les gouvernements du temps de Bourguiba et Ben Ali.</em></p>



<p><em>Il est honteux pour un pays qui regorge de cadres supérieurs, dont un grand nombre sont en chômage, de n&rsquo; avoir aucun document stratégique qui donne une vision à long terme et la voie à suivre pour relever les défis dans tous les secteurs: économie, santé, enseignement, protection de l&rsquo;environnement, etc.</em></p>



<p><em>A force de naviguer à vue, le bateau «Tunisie» a pris de l&rsquo;eau et il va couler plus vite que nous le pensons, ne laissant d&rsquo;autres choix à nos enfants et petits enfants que d&rsquo;émigrer, avec ou sans visas, ce qu&rsquo;ils ne nous pardonneront jamais.</em></p>



<p>* <em>Economiste consultant international.</em></p>



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