Tunisie / Electricité | Retour progressif à la normale dans quelques jours  

Le recours de la Société tunisienne d’électricité et du gaz (Steg) à des coupures intermittentes de courant — ou «délestages» — demeure une mesure exceptionnelle rendue nécessaire par la vague de chaleur sans précédent sévissant depuis une semaine en Tunisie et qui s’est traduite par une demande record d’électricité pour la climatisation, a indiqué Atef Bouabdallah, membre de la Fédération général de l’électricité et du gaz relevant de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), tout en prévoyant un retour progressif à la normale dans les jours à venir.

Intervenant sur Mosaïque ce vendredi 24 juillet 2026, M. Bouabdallah a expliqué qu’une baisse des températures ne se traduit pas par un soulagement immédiat pour le réseau électrique, car l’impact de la chaleur sur le système persiste même après la baisse du mercure. Il a ajouté que le rétablissement d’un approvisionnement normal en électricité nécessite une baisse de température d’environ 10 degrés, seuil à partir duquel le réseau pourrait retrouver son équilibre sous 48 heures.

Les indicateurs actuels suggèrent une amélioration de la situation, mais on n’est pas encore au chapitre de l’équilibre souhaité entre l’offre et la demande.

La crise de l’électricité en Tunisie est principalement liée à la vague de chaleur actuelle, qui a entraîné une forte hausse de la consommation d’énergie en raison de l’utilisation généralisée des climatiseurs et du fonctionnement simultané de divers appareils électriques, a expliqué le responsable syndical, ajoutant que la demande quotidienne en électricité a atteint environ 6 000 mégawatts cet été, alors que la capacité disponible actuelle ne dépasse pas 4 400 mégawatts ; cet écart important a nécessité la mise en place de mesures visant à alléger la pression sur le réseau.

La demande n’avait pas dépassé 5 000 mégawatts l’été précédent, ce qui signifie que la consommation a augmenté d’environ 1 000 mégawatts cette année ; cette hausse sans précédent est attribuée à la durée prolongée de la vague de chaleur et aux températures exceptionnellement élevées.

Bien que la Tunisie dispose d’un accord d’échange d’électricité avec l’Algérie, cette dernière est elle-même confrontée à une forte tension sur son propre réseau électrique. Cette situation a limité sa capacité à fournir à la Tunisie le volume habituel d’électricité, estimé à environ 300 mégawatts.

Comment s’effectue le délestage ?

En réponse à cette question, le dirigeant syndical a indiqué que les opérations de délestage ne sont pas réalisées de manière anarchique ; elles sont au contraire gérées de façon stratégique afin de protéger le réseau électrique de l’effondrement.

Il existe deux types de délestage, a-t-il expliqué : le premier est manuel et suit un plan préétabli, tandis que le second est automatique. Le délestage automatique intervient lorsque la charge devient excessive et que le réseau ne peut plus y faire face ; des lignes spécifiques sont alors automatiquement déconnectées pour éviter un effondrement total du réseau — ou «blackout» — qui pourrait survenir en quelques secondes seulement si aucune mesure de délestage n’était mise en œuvre.

«Nous menons actuellement une bataille pour garantir l’approvisionnement en énergie, et la priorité absolue pour tous est de préserver la stabilité du réseau électrique», a ajouté M. Bouabdallah.

En réponse à une question autour des  plaintes concernant l’application inégale des coupures d’électricité, le responsable a souligné que l’objectif est de gérer la crise tout en minimisant les effets négatifs, prévoyant un retour progressif à la normale de l’approvisionnement en électricité au cours des trois prochains jours, à condition que les températures continuent de baisser.

M. Bouabdallah a insisté sur le fait que la crise actuelle exige une planification à long terme, notant que cela nécessite des investissements importants pour moderniser les infrastructures électriques et accroître les capacités de production — une entreprise qui impliquerait la mobilisation de ressources financières estimées jusqu’à 30 milliards de dinars.

Depuis la semaine dernière, la Steg a recours à des coupures quasi-quotidiennes d’électricité, expliquant que cette mesure vise à préserver l’intégrité et la pérennité du réseau électrique face à une consommation d’électricité record provoquée par la flambée des températures.

Cette décision a suscité un vif mécontentement, notamment au sein de la population, au moment où le pays connaît une intense vague de chaleur, avec des températures record dépassant parfois de 10 degrés les moyennes saisonnières.

I. B.

Donnez votre avis

Votre adresse email ne sera pas publique.

error: Contenu protégé !!