Nous publions ci-dessous cette lettre ouverte d’un lecteur qui tire la sonnette d’alarme sur l’indisponibilité, souvent pour de longs mois, de médicaments vitaux pour la santé des citoyens, en raison d’une rupture des approvisionnements par la Pharmacie centrale de Tunisie, en butte à de gros problèmes financiers. L’accès aux soins ne doit pas être un droit théorique, mais une réalité concrète.
Ezzeddine Jerbi *
Aujourd’hui, je prends la plume non seulement pour moi-même, mais aussi pour tous les patients invisibles confrontés à une réalité silencieuse : l’indisponibilité de médicaments vitaux.
Atteint d’une pathologie grave nécessitant un traitement spécifique, j’ai obtenu de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), le 20 octobre 2025, une prise en charge pour le médicament Jakavi (Ruxolitinib), reconnu comme thérapie essentielle.
Pourtant, malgré cette décision officielle, ce traitement est indisponible depuis près de cinq mois. Une seule boîte m’a été délivrée. Depuis, plus rien.
Cette situation pose une question fondamentale : à quoi sert un droit reconnu, s’il ne peut être exercé ?
Le Ruxolitinib n’est pas un traitement de confort. Il est vital. Son interruption expose à une aggravation rapide de la maladie, à une dégradation de l’état général, et potentiellement à des conséquences irréversibles.
Derrière ce problème d’approvisionnement, il y a une réalité humaine : celle d’un patient dont l’état de santé dépend d’un médicament absent.
Ce cas n’est probablement pas isolé.
C’est pourquoi j’en appelle aujourd’hui à une prise de conscience urgente et à une action immédiate des autorités sanitaires afin de garantir la continuité des traitements vitaux.
L’accès aux soins ne doit pas être une promesse théorique, mais une réalité concrète.
Il en va de la dignité des patients. Il en va de la responsabilité collective.
* Citoyen de Djerba.



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