Début août, démarrage des travaux de sécurisation de la colline de Sidi Bou Saïd

Le projet de protection du flanc de colline de Sidi Bou Saïd contre les risques de glissement de terrain entrera dans sa phase opérationnelle début août. Cette décision a été prise par le comité de pilotage — présidé par le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, Salah Zouari — à la suite de l’examen des études techniques initiales menées sur le site.

Le projet concerne l’un des lieux les plus emblématiques de Tunisie : le village bleu et blanc surplombant le golfe de Tunis, qui est à la fois une localité habitée, une attraction touristique et un promontoire côtier fragile.

Selon le ministère, la première phase d’études a permis d’évaluer l’état du flanc de colline et d’identifier les interventions urgentes à réaliser sur place. Il appartient maintenant aux responsables publics d’accélérer les procédures administratives et techniques et de mobiliser les ressources nécessaires pour lancer les travaux dès le mois prochain et respecter le calendrier établi à cet effet.

Préserver la valeur historique et architecturale du site

Les interventions visent à réduire les risques d’instabilité, à protéger les habitants, les bâtiments et les infrastructures, ainsi qu’à préserver la valeur historique et architecturale du site.

Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme national de protection des zones urbaines, du littoral et des infrastructures. Il se fonde sur la décision n° 11 émise par le Premier ministère le 26 janvier 2026, chargeant le ministère de l’Équipement de superviser les études et les travaux ultérieurs visant à sécuriser le flanc de colline. Le ministère avait déjà classé ce projet comme prioritaire en février, soulignant que le plateau de Sidi Bou Saïd couvre environ 170 hectares et s’étend sur 7,5 kilomètres, incluant une bande côtière de 4,5 kilomètres. La fragilité géologique du site est accentuée par l’érosion naturelle, les infiltrations d’eau, la proximité de la mer et la pression urbaine.

Des accords avaient été conclus au préalable avec le Centre national de télédétection pour des relevés topographiques et de l’imagerie aérienne, ainsi qu’avec l’Office national des mines pour l’élaboration de cartes géologiques et géophysiques destinées à identifier les zones les plus exposées et les priorités d’intervention.

Harmonie architecturale et spirituelle

Le projet de sécurisation et de stabilisation revêt également une dimension culturelle. Sidi Bou Saïd figure sur la liste indicative de l’Unesco en tant que «village méditerranéen d’harmonie architecturale et spirituelle» ; le dossier de candidature met en lumière l’adaptation historique du site à la topographie et à la constitution géologique de la colline, tout en soulignant les menaces géologiques et climatiques croissantes. La 48e session du Comité du patrimoine mondial se tiendra à Busan, en Corée du Sud, du 19 au 29 juillet 2026, et examinera de nouvelles candidatures, dont le dossier tunisien.

Pour les autorités, le projet de Sidi Bou Saïd revêt donc une double importance : il s’agit à la fois d’une intervention technique de protection civile et d’une opération de sauvegarde du paysage culturel.

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