Commentant la condamnation du militant politique Elyes Chaouachi, fils du prisonnier politique Ghazi Chaouachi, à un total de 95 ans de prison et 8 mois, le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) a «exprimé sa profonde inquiétude et condamné avec la plus grande fermeté» ce qu’il a qualifié de «nouvelle étape dans la répression des familles des prisonniers politiques», en Tunisie. (Photo: CRLDHT).
Dans un communiqué daté du 7 juillet 2026, l’Ong tunisienne basée en France, estime que cette peine de 95 ans de prison et 8 mois est à elle seule révélatrice de ce qu’elle a qualifié de «dérive que connaît aujourd’hui la justice tunisienne». «Elyes Chaouachi n’a commis ni acte de violence, ni crime de sang, ni acte terroriste. Il est poursuivi pour ses prises de position, ses publications, son engagement politique et sa défense des prisonniers politiques, au premier rang desquels son père, Ghazi Chaouachi», écrit le CRLDHT.
Depuis l’arrestation de ce dernier en février 2023 dans l’affaire dite du ‘‘complot contre la sûreté de l’État’’, «Elyes Chaouachi n’a cessé d’informer l’opinion publique sur les violations des droits humains, les procès politiques, les atteintes à l’indépendance de la justice et les conditions de détention des prisonniers politiques», a souligné l’Ong, rappelant que «l’engagement du concerné s’est traduit par des publications sur les réseaux sociaux, des interventions publiques et la diffusion de documents mettant en cause le fonctionnement de la justice et les ingérences du pouvoir exécutif» et ajoutant que «dans un État de droit, de telles activités relèvent de la liberté d’expression» et «ne sauraient justifier des poursuites pénales, encore moins des accusations de terrorisme.»
Les condamnations prononcées contre Elyes Chaouachi illustrent une «volonté de faire taire ceux qui dénoncent les abus du pouvoir», estime le CRLDHT, qui rappelle les cas similaires de Ramla Dahmani, qui a été condamnée après avoir publiquement défendu sa sœur, l’avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani, et Me Dalila Msaddek, sœur de Jawhar Ben Mbarek, poursuivi dans l’affaire du «complot», qui font également l’objet de poursuites en raison de leur engagement public et de leur dénonciation des procès politiques.
«Ces affaires traduisent une même logique : faire pression sur les familles pour briser la solidarité autour des prisonniers politiques», écrit l’Ong, qui «exprime sa pleine solidarité avec Elyes Chaouachi, Ghazi Chaouachi, Mohamed Sameti, Ramla Dahmani, Me Dalila Msaddek, ainsi qu’avec l’ensemble des prisonniers politiques, des défenseurs des droits humains et des membres de leurs familles.»



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