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	<title>Archives des A LA UNE - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des A LA UNE - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>États-Unis &#124; Le clan Trump s’offre l’immunité fiscale à vie !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 May 2026 07:30:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’État de droit ne cesse d’être piétiné par  Donald Trump qui s'est offert une immunité fiscale à vie pour lui, sa famille et ses entreprises.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/25/etats-unis-le-clan-trump-soffre-limmunite-fiscale-a-vie/">États-Unis | Le clan Trump s’offre l’immunité fiscale à vie !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’État de droit ne cesse d’être piétiné par le président américain Donald Trump. Ce dernier a retiré sa plainte contre l’administration fiscale en contrepartie d’une immunité fiscale à vie pour lui, sa famille et ses entreprises. Il a également créé un fonds doté de 1,8 milliard de dollars pour indemniser ses partisans poursuivis sous Joe Biden après l’attaque du Capitole du 6 janvier 2021. Ce n’est plus le président qui se soumet au droit mais le droit qui devient un gadget entre ses mains afin de servir ses intérêts.&nbsp;Comme dans la plus grotesque dictature du tiers-monde…</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Imed Bahri &nbsp;</strong></p>



<span id="more-18814092"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://www.nytimes.com/2026/05/20/opinion/trump-doj-pardon.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">New York Times</a> a rapporté que l’administration Trump est entrée dans une phase inédite d’extension de l’immunité présidentielle suite à la décision très controversée du procureur général par intérim Todd Blanche qui n’est autre que l’ancien avocat personnel de Trump ! Cette mesure va au-delà du concept traditionnel de grâce présidentielle puisqu’elle accorde non seulement une protection contre les poursuites pénales mais aussi une immunité préventive contre toute enquête ou réclamation financière ou fiscale future.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le juriste et ancien magistrat Jeffrey Toobin explique que le document publié par le Département de la Justice empêche définitivement le gouvernement américain de poursuivre le président Trump, les membres de sa famille ou ses entreprises dans des affaires financières et fiscales liées à des périodes antérieures, que ces affaires soient connues actuellement ou qu’elles puissent être révélées ultérieurement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon l’auteur, cela met effectivement fin aux longues enquêtes que le fisc américain (IRS) menait sur les finances de Trump, des enquêtes qui auraient pu lui coûter des centaines de millions de dollars si elles avaient abouti à des conclusions défavorables.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ViuiS4ogdL"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/17/les-scandales-financiers-de-la-famille-trump/">Les scandales financiers de la famille Trump</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les scandales financiers de la famille Trump » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/17/les-scandales-financiers-de-la-famille-trump/embed/#?secret=yY7G536wG8#?secret=ViuiS4ogdL" data-secret="ViuiS4ogdL" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un clan au-dessus de la loi ! </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le danger de ce document réside non seulement dans le classement sans suite des affaires en cours mais aussi dans l’impossibilité pour toute administration future de les rouvrir même si des preuves de violations financières ou fiscales venaient à apparaître.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette situation exceptionnelle où la famille Trump se trouve au-dessus des règles qui régissent le reste de la société américaine est un phénomène que Toobin décrit comme l’émergence d’une <em>«nouvelle classe juridique»</em> bénéficiant d’une immunité quasi permanente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour parvenir à cette mesure, Trump et ses fils ont déposé plainte contre le fisc américain (IRS) suite à la fuite de leurs déclarations de revenus. Ils ont réclamé des milliards de dollars. Dans un second temps, il y a eu l’amnistie accordée au clan Trump en échange de l’abandon de leurs poursuites judiciaires contre l’administration fiscale.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’affaire était entachée d’un conflit d’intérêts flagrant puisque Trump était à la fois le plaignant et le supérieur hiérarchique du directeur de l’agence gouvernementale poursuivie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par conséquent, l’auteur conclut qu’il ne s’agissait pas d’un <em>«accord à l’amiable»</em> entre deux parties égales mais bien d’un abus de pouvoir exécutif visant à protéger le président et ses intérêts financiers.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Du clientélisme au service de Trump </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, Toobin évoque un autre caprice trumpien à savoir la création d’un nouveau fonds fédéral d’environ 1,8 milliard de dollars, baptisé <em>«Fonds anti-politisation»</em>, dont l’objectif est d’indemniser les personnes que l’administration considère comme victimes d’enquêtes gouvernementales injustes sous l’ère Biden.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les bénéficiaires probables de ce fonds sont les personnes impliquées dans la prise d’assaut du Capitole le 6 janvier 2021, après que Trump leur a accordé une grâce à son retour au pouvoir. Cela confère au président une influence politique et financière considérable car il peut ainsi distribuer des fonds publics à ses alliés par le biais d’un comité dont il contrôle de fait les membres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’auteur estime que ces développements constituent un prolongement d’une décision antérieure de la Cour suprême des États-Unis accordant aux présidents une large immunité pour leurs actes officiels accomplis dans l’exercice de leurs fonctions. Cependant, cette nouvelle mesure va encore plus loin car elle inclut les affaires civiles, financières et fiscales et non plus seulement les affaires pénales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toobin met en garde contre le risque de créer un précédent dangereux au sein du système politique américain car de futurs présidents pourraient s’arroger le droit de se soustraire ainsi que leurs familles à toute responsabilité future. Il estime que cette situation témoigne d’une profonde mutation du concept de la présidence américaine où la loi est désormais façonnée pour servir le président et sa famille au lieu de constituer un cadre général applicable à tous sans discrimination.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="wGCxE0ereQ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/23/trump-al-khayyat-une-amitie-affairiste-americano-syrienne/">Trump &#8211; Al Khayyat | Une amitié affairiste américano-syrienne</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Trump – Al Khayyat | Une amitié affairiste américano-syrienne » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/23/trump-al-khayyat-une-amitie-affairiste-americano-syrienne/embed/#?secret=WR3Roh1ijm#?secret=wGCxE0ereQ" data-secret="wGCxE0ereQ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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			</item>
		<item>
		<title>L’IA et l’ingénieur de demain</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/25/lia-et-lingenieur-de-demain/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 May 2026 06:51:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[biotechnologies]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Férid Herelli]]></category>
		<category><![CDATA[Mohsen Gharsi]]></category>
		<category><![CDATA[robotique]]></category>
		<category><![CDATA[Sofiene Hemissi]]></category>
		<category><![CDATA[Taoufik Halila]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie doit se doter d'un Observatoire national de l’IA pour anticiper et accompagner les mutations technologiques liées à l'IA.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/25/lia-et-lingenieur-de-demain/">L’IA et l’ingénieur de demain</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Pour tirer pleinement profit de l’évolution rapide de l’Intelligence artificielle (IA), la Tunisie doit mettre en place un Observatoire national de l’IA, placé sous la tutelle de la plus haute autorité gouvernementale. Il aurait pour mission principale d’anticiper les mutations technologiques, d’accompagner les politiques publiques liées à l’IA, de promouvoir une approche innovante, éthique et durable au service du développement global et d’assurer la coordination et la synergie entre les différentes institutions et parties prenantes concernées.</em></strong> <em>(Photo: Mohsen Gharsi, doyen des ingénieurs tunisiens). </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Taoufik Halila &amp; Mohamed Férid Herelli *</strong><strong></strong></p>



<span id="more-18813977"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="300" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/03/Taoufik-Halila-Ferid-Herelli-i.jpg" alt="" class="wp-image-12164922"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre du cycle es Samedis de l’Ingénieur, le doyen des ingénieurs, Mohsen Gharsi, a accueilli, le samedi 22 mai 2026 à la Maison des ingénieurs, Sofiene Hemissi, ministre des Technologies de l’information et de la communication, en présence d’une pléiade d’ingénieurs venus de toutes les régions de la Tunisie. Cet événement a offert un espace d’échange, de réflexion et de prospective sur les grands défis de notre époque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’intervenant, lui-même ingénieur de formation, a captivé l’auditoire par une allocution à la fois spontanée et inspirante. Il a mis en lumière les axes prioritaires pour préparer les jeunes générations aux défis majeurs de l’intelligence artificielle (IA), tout en soulignant l’importance de concilier innovation technologique, maîtrise des outils numériques et amélioration continue de la qualité des services publics. L’objectif : apporter des réponses concrètes aux préoccupations quotidiennes des citoyens et contribuer à un mieux-être collectif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté, le Doyen des ingénieurs a rappelé avec force que les nations qui n’investissent pas dès aujourd’hui dans l’intégration et la maîtrise des applications de l’IA risquent d’être rapidement dépassées par les mutations en cours et de rester en marge des grandes transformations technologiques et économiques mondiales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette journée a également été marquée par une parfaite organisation de l’équipe de communication l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT) à travers des panels d’intervenants de très haut niveau, particulièrement enrichissants.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un nouveau modèle d’ingénieur </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, le XXI<sup>e</sup> siècle marque une rupture comparable aux grandes révolutions industrielles qui ont transformé les civilisations humaines. Après la mécanisation, l’électricité et l’ère numérique, nous entrons aujourd’hui dans une nouvelle phase dominée par l’IA, la robotique avancée, les méga données, les biotechnologies et les systèmes intelligents autonomes. Cette transformation n’est pas seulement technologique, elle est économique, sociale, culturelle, géopolitique et même philosophique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, l’ingénieur devient une figure centrale de la société contemporaine. Pourtant, le profil classique de l’ingénieur spécialisé dans une seule discipline technique ne répond plus aux exigences du monde actuel. Les défis contemporains&nbsp;– changement climatique, crises énergétiques, cybersécurité, transition numérique, souveraineté technologique, sécurité alimentaire, santé mondiale – exigent un nouveau modèle d’ingénieur : créatif, multidisciplinaire, éthique et visionnaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, l’enseignement supérieur scientifique se voit confier une mission résolument tournée vers l’avenir : préparer des générations capables non seulement d’utiliser les technologies intelligentes, mais surtout de concevoir une société durable, équitable et innovante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’université moderne doit devenir un laboratoire d’anticipation du futur et un moteur de transformation socio-économique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’IA : une mutation civilisationnelle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’IA représente aujourd’hui l’un des bouleversements les plus profonds de l’histoire contemporaine. Son impact dépasse largement l’automatisation des tâches. Elle modifie les modes de production, les systèmes de communication, les structures du travail, les mécanismes de décision, les modèles économiques et les relations humaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’IA possède une capacité unique : apprendre, analyser, prédire et parfois prendre des décisions autonomes à partir de quantités massives de données. Cette capacité transforme progressivement tous les secteurs de l’économie mondiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’apparition de l’IA générative accélère encore cette révolution en touchant désormais la recherche scientifique, l’éducation, la médecine, la création artistique, l’ingénierie, la finance et les médias. Nous assistons à l’émergence d’une économie fondée sur la connaissance, les données et l’innovation permanente.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Cj3BRxVXwe"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/12/developpement-de-lintelligence-artificielle-en-tunisie-les-retards-a-rattraper/">Développement de l’intelligence artificielle en Tunisie : les retards à rattraper</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Développement de l’intelligence artificielle en Tunisie : les retards à rattraper » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/12/developpement-de-lintelligence-artificielle-en-tunisie-les-retards-a-rattraper/embed/#?secret=FnO6bWU0fR#?secret=Cj3BRxVXwe" data-secret="Cj3BRxVXwe" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les nations les plus avancées investissent massivement dans l’IA, les semi-conducteurs, le calcul de haute performance, la cybersécurité, les technologies quantiques, la robotique et les biotechnologies. La compétition mondiale ne repose plus uniquement sur les ressources naturelles, mais sur le capital intellectuel, la recherche scientifique, la maîtrise des données et la capacité d’innovation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette nouvelle donne, les universités et les centres de recherche deviennent des instruments stratégiques de souveraineté nationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De l’ingénieur technicien à l’ingénieur stratège</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’ingénieur du futur ne sera plus seulement un spécialiste des calculs techniques. Il devra devenir analyste de systèmes complexes, innovateur, gestionnaire de projets intelligents, entrepreneur, chercheur et médiateur entre technologie et société. Son rôle consistera à concevoir des solutions globales intégrant performance technologique, durabilité environnementale, impact social, sécurité numérique et responsabilité éthique. Ce qui exige des compétences fondamentales tournées vers le futur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; L’ingénieur moderne devra maîtriser l’IA, la data science, la programmation avancée, le cloud computing, le cybersécurité, l’Internet des objets, la robotique, la simulation numérique et le calcul scientifique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Face à l’automatisation croissante, les qualités humaines prennent une importance stratégique : créativité, pensée critique, capacité d’adaptation, intelligence émotionnelle, leadership, travail collaboratif et communication scientifique. Les machines peuvent calculer rapidement, mais l’humain conserve la capacité d’interprétation, d’innovation et de jugement éthique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; L’ingénieur du futur devra réfléchir aux conséquences humaines des technologies : protection des données personnelles, biais algorithmiques, surveillance numérique, dépendance technologique, exclusion sociale et responsabilité environnementale. La formation scientifique ne peut plus être séparée de la réflexion philosophique et éthique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ce propos, il y a lieu de rappeler, la recommandation de la Fédération internationale des organisations des travailleurs de la métallurgie&nbsp;(Fiom), qui a suggéré d’appliquer la règle (40-40-20) soit, sur 220 jours de travail par an, les ingénieurs actifs consacreraient 100 jours aux travaux pratiques en atelier ou sur chantier, 100 jours de travail au bureau, et 20 jours participation à des stages, séminaires de formation continue et recyclage pour actualiser leurs connaissances.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Transformer les modèles pédagogiques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’enseignement supérieur, le modèle traditionnel fondé sur les cours magistraux et la mémorisation devient insuffisant. Les écoles d’ingénieurs et les universités doivent évoluer vers l’apprentissage par projets, les laboratoires expérimentaux, les simulations numériques, l’enseignement hybride, les plateformes intelligentes et les environnements collaboratifs. L’étudiant doit devenir un acteur engagé à part entière de sa formation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’université du futur doit être connectée à l’écosystème économique : entreprises technologiques, centres de recherche, startups, industries innovantes et institutions publiques. Les établissements doivent encourager l’incubation de projets, les brevets, la recherche appliquée, les startups universitaires et l’entrepreneuriat scientifique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La science moderne est universelle. Les universités et écoles d’ingénieurs doivent renforcer les partenariats internationaux, les doubles diplômes, la mobilité étudiante, les laboratoires collaboratifs et les réseaux scientifiques mondiaux. Les pays qui investissent dans la coopération scientifique augmentent leur capacité d’innovation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Comment devenir avant-gardiste dans le domaine scientifique ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Être avant-gardiste signifie anticiper les mutations futures avant qu’elles ne deviennent dominantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Anticiper les métiers du futur</em></strong> : les établissements doivent identifier les professions émergentes : ingénieur en IA, architecte Cloud, spécialiste cyber sécurité, ingénieur biomédical, expert en énergie verte, data scientist, ingénieur robotique, spécialiste des villes intelligentes. Former aujourd’hui pour les besoins de demain constitue un enjeu stratégique majeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Introduire la culture de la recherche  finalisée dès les premières années </em></strong>: la recherche scientifique  finalisée ne doit plus être réservée aux doctorants. Les étudiants doivent participer tôt aux projets expérimentaux, compétitions technologiques, publications, conférences scientifiques et hackathons. Cette culture stimule l’innovation et l’autonomie intellectuelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les grandes innovations naissent souvent de la rencontre entre plusieurs disciplines :</em></strong> IA et médecine, informatique et agriculture, robotique et environnement, data science et économie, ingénierie et sciences sociales&#8230; Le cloisonnement académique doit être dépassé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les secteurs prioritaires du futur sont l’IA et les technologies numériques, qui représentent le cœur de la transformation mondiale :</em></strong> IA générative, automatisation industrielle, vision par ordinateur, systèmes autonomes, analyse prédictive&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aussi, la protection des infrastructures numériques devient-elle essentielle pour les États et les entreprises. Les besoins futurs concernent la cryptographie, la sécurité des données, l’intelligence défensive et la protection des réseaux critiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le changement climatique impose, quant à lui, une transformation profonde des systèmes énergétiques : énergie solaire, hydrogène vert, réseaux intelligents, stockage énergétique, mobilité électrique…</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’IA révolutionne, également, la médecine grâce au diagnostic assisté, à la médecine personnalisée, à la bio-informatique, à la robotique médicale et à la génomique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’agriculture du futur utilisera drones, capteurs intelligents, IA climatique, irrigation intelligente et agriculture de précision.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les usines intelligentes reposeront sur la robotique collaborative, la maintenance prédictive, l’automatisation avancée, la fabrication additive et les jumeaux numériques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Défis socio-économiques pour les pays en développement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les pays émergents font face à plusieurs difficultés : fuite des cerveaux, insuffisance des investissements scientifiques, fracture numérique, chômage des diplômés et dépendance technologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, l’IA offre aussi une opportunité historique de rattrapage technologique. Pour réussir cette transition, plusieurs priorités s’imposent : modernisation des universités, financement de la recherche, création de pôles technologiques, partenariat université-industrie et soutien aux startups innovantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’université du futur ne doit plus être uniquement un lieu d’enseignement. Elle doit devenir centre de production du savoir, incubateur d’innovation, laboratoire social, acteur du développement durable et moteur de compétitivité économique. La société de demain sera construite autour de la connaissance scientifique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers une civilisation de l’intelligence augmentée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’objectif n’est pas de remplacer l’humain par la machine, mais de construire une intelligence augmentée où l’IA assiste la créativité humaine, la technologie améliore la qualité de vie, la science sert le développement durable et l’innovation réduit les inégalités. Le défi majeur réside dans la capacité des systèmes éducatifs à préparer cette transition de manière responsable et inclusive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’IA constitue une révolution globale qui redéfinit profondément le rôle de l’ingénieur et la mission de l’enseignement supérieur. Les universités sont appelées à devenir des espaces d’anticipation stratégique capables de former des générations créatives, multidisciplinaires et éthiquement responsables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ingénieur de demain devra maîtriser les technologies intelligentes tout en comprenant les enjeux humains, environnementaux et géopolitiques du monde contemporain. Être avant-gardiste signifie aujourd’hui investir dans la recherche, l’innovation, la coopération scientifique et le développement des compétences du futur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les sociétés qui réussiront seront celles qui placeront la science, l’éducation et l’intelligence collective au cœur de leur projet de développement. L’avenir ne dépendra pas uniquement des machines intelligentes, mais surtout de la capacité humaine à orienter la technologie vers le progrès de la civilisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, pour tirer pleinement profit de l’évolution rapide de l’IA, il apparaît indispensable de mettre en place un Observatoire national de l’IA, placé sous la tutelle de la plus haute autorité gouvernementale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette structure aurait pour mission principale d’assurer la coordination et la synergie entre les différentes institutions et parties prenantes concernées, tout en veillant à l’élaboration d’une vision stratégique claire et prospective. Elle contribuerait également à anticiper les mutations technologiques, à accompagner les politiques publiques liées à l’IA et à promouvoir une approche innovante, éthique et durable au service du développement national.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Conseillers du Doyen des Ingénieurs Tunisiens (OIT). </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
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		<title>Les enseignements de Ned Phelps que la Tunisie continue d’ignorer</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/24/les-enseignements-de-ned-phelps-que-la-tunisie-continue-dignorer/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 May 2026 10:50:08 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[inflation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les monétaristes de la Banque centrale de Tunisie ne lisent pas le grand économiste Ned Phelbs, dont ils continuent d'ignorer les leçons.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/24/les-enseignements-de-ned-phelps-que-la-tunisie-continue-dignorer/">Les enseignements de Ned Phelps que la Tunisie continue d’ignorer</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Edmund “Ned” Phelps nous a quittés la semaine dernière, à 92 ans, avec la sérénité des grands esprits qui ont eu le temps de voir l’Histoire leur donner raison. Économiste américain né à Evanston en 1933, lauréat du Prix Nobel d’économie en 2006, Phelps fut l’un des rares savants à avoir compris, avant tout le monde, pourquoi l’inflation est une bête aussi vicieuse que sournoise. Sa thèse, formulée dans deux articles publiés en 1967 et 1968 — quand la Tunisie était encore dans l’euphorie de son indépendance économique — a révolutionné la macroéconomie mondiale. En Tunisie, on ne le lit guère, on ne le cite pas. Et ça se voit. Un économiste, un vrai…</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Moktar Lamari</strong>, Ph.D. *</p>



<span id="more-18810526"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Qu’a-t-il dit, ce géant aux cheveux blancs qui jouait de la trompette en terminale ? Essentiellement ceci : l’inflation n’est pas seulement un problème de monnaie en circulation, c’est d’abord un problème d’anticipations. Autrement dit, si les gens s’attendent à ce que les prix montent demain, ils agissent dès aujourd’hui comme si les prix avaient déjà monté — les travailleurs réclament des hausses de salaires, les managers gonflent leurs marges, et la spirale est enclenchée. L’inflation nourrit l’inflation. C’est la boucle infernale, ou si vous préférez en tunisien : <em>«Ennâr tzid ennâr»</em> — le feu attise le feu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Phelps a démontré, contre l’orthodoxie keynésienne de son époque, qu’il est illusoire de vouloir acheter du chômage en bas en payant de l’inflation en haut. Un banquier central qui maintient artificiellement l’emploi au-dessus de son niveau naturel finit inévitablement par déclencher une surchauffe inflationniste. Le remède devient le poison.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’anticipation rationnelle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sa conclusion était limpide : la meilleure politique monétaire est celle qui ancre solidement les anticipations d’inflation, quitte à accepter une hausse temporaire du chômage. C’est inconfortable politiquement. C’est néanmoins la seule voie économiquement crédible. Ce cadre conceptuel n’est pas resté dans les bibliothèques. Il est devenu la colonne vertébrale du ciblage d’inflation que pratiquent aujourd’hui toutes les grandes banques centrales du monde — la Fed américaine, la BCE européenne, la Banque d’Angleterre. Et c’est précisément ce cadre intellectuel qui a permis aux banques centrales du Nord de piloter un atterrissage en douceur après les turbulences inflationnistes du Covid-19. Phelps, depuis sa chaise à Columbia, avait souri : il l’avait dit en 1967.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant ces contributions majeures, l’économiste avait aussi développé la <em>«règle d’or»</em> de la formation du capital : pour maximiser la consommation des générations futures, le taux d’épargne doit égaler la part du revenu allant au capital. Simple à énoncer, difficile à appliquer — surtout quand un pays dilapide son capital productif dans les dépenses courantes et les subventions électorales.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ses 4 vérités</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Que peut-on retenir de Ned Phelps pour les économistes du gouvernement tunisien et de la Présidence ? Quatre enseignements, nets et sans filtre :</p>



<p class="wp-block-paragraph">Premier enseignement : les anticipations comptent plus que les décisions. Ce que les agents économiques croient que vous ferez demain détermine leur comportement aujourd’hui. Si les Tunisiens anticipent que l’État va monétiser sa dette, que le dinar va se déprécier, que les prix vont grimper — ils agissent en conséquence, et leurs anticipations deviennent réalité. La communication de politique économique n’est pas un luxe de riches : c’est un outil de stabilisation à coût zéro, si tant est qu’on ait quelque chose de crédible à communiquer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxième enseignement : on ne peut pas acheter de la croissance avec de l’inflation. Les promesses de relance par l’argent facile ne tiennent pas. Injecter des dinars sans contrepartie productive, c’est taxer les pauvres par l’érosion de leur pouvoir d’achat. Phelps l’a démontré mathématiquement. Carthage n’a pas besoin de le démontrer empiriquement — le pays a déjà payé ce prix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Troisième enseignement : la crédibilité institutionnelle est un capital. Une banque centrale perçue comme indépendante ancre les anticipations. Une banque centrale perçue comme le trésorier de l’État alimente les doutes, et donc l’inflation. Ce capital se construit sur des décennies. Il se détruit en une décision.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quatrième enseignement : le chômage d’équilibre n’est pas une malédiction à combattre par la planche à billets. Il se combat par les réformes structurelles — formation, flexibilité du marché du travail, qualité de l’investissement productif. Phelps y a consacré toute sa vie intellectuelle tardive, notamment dans son livre <em>‘‘Mass Flourishing de 2013’’</em> : la prospérité durable naît de la créativité, de l’initiative, du défi relevé — pas de la rente, pas de la subvention, pas de la commande publique gonflée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Qu’aurait dit Phelps à Kais Saied ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Et maintenant, parlons de la Banque Centrale de Tunisie. Franchement, sans ménagement — comme Phelps l’aurait voulu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La BCT commet, en ce moment même (et depuis au moins cinq ans), trois infractions majeures à la doctrine de cet économiste que le monde entier cite en référence. Première infraction : elle finance directement le Trésor tunisien, contournant ainsi le marché et se transformant en imprimante à billets honoris causa.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Phelps avait été explicite : lorsque la banque centrale cède aux pressions du Trésor, elle perd sa crédibilité anti-inflationniste, et avec elle, sa capacité même à ancrer les anticipations. La BCT ne joue plus le rôle d’un arbitre monétaire. Elle est devenue partie prenante du problème budgétaire qu’elle est censée isoler. Deuxième infraction : elle ne communique pas de cible d’inflation crédible et transparente. Le ciblage d’inflation — héritage direct des travaux de Phelps — suppose un engagement public, chiffré, assumé, et un bilan régulier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La BCT publie des communiqués, organise des conférences de presse protocolaires, mais ne s’engage sur rien de précis, ne s’explique sur rien de difficile, et ne rend de comptes à personne. Les anticipations inflationnistes des ménages et des entreprises tunisiennes sont donc libres de vagabonder — ce qu’elles font allègrement, autour de 7 à 9% depuis trois ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Troisième infraction : la BCT maintient des taux d’intérêt réels négatifs ou nuls dans un contexte d’inflation persistante, protégeant les banques commerciales qui préfèrent prêter à l’État sans risque plutôt que financer l’économie productive. Résultat : l’investissement privé s’effondre, la formation brute de capital fixe plafonne à des niveaux historiquement bas, et la Tunisie s’endette pour consommer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Phelps, lui, avait plaidé toute sa vie pour que l’épargne soit orientée vers la production, pas vers la rente souveraine. Il avait passé sa vie à expliquer, avec la patience des vrais pédagogues, que la stabilité monétaire n’est pas une contrainte imposée par les méchants marchés — c’est la condition sine qua non du bien-être des citoyens ordinaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les pauvres ne se protègent pas de l’inflation avec des actifs immobiliers ou des comptes en devises. Ils la subissent, nue et directe, dans le couffin du marché et à la caisse du pharmacien. Il est mort à 92 ans, la conscience tranquille. La BCT, elle, a encore du chemin à faire — si tant est qu’elle décide, un jour, d’emprunter le bon.</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Economiste universitaire.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Blog de l’auteur </strong>: <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494" target="_blank" rel="noreferrer noopener">E4T</a>.  </em></p>
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		<title>Comar d’Or &#124; Une Tunisie qui écrit pour mieux se comprendre</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/24/comar-dor-une-tunisie-qui-ecrit-pour-mieux-se-comprendre/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 May 2026 09:22:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Comar d’Or]]></category>
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		<category><![CDATA[Slaheddine Ladjimi]]></category>
		<category><![CDATA[Sofiene Ben M’Rad]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La 30ᵉ édition du Prix Comar d’Or a laissé apparaître une une société tunisienne qui a besoin de se raconter à travers ce qu’elle écrit.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/24/comar-dor-une-tunisie-qui-ecrit-pour-mieux-se-comprendre/">Comar d’Or | Une Tunisie qui écrit pour mieux se comprendre</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Samedi 23 mai 2026, à la Cité de la Culture, quelque chose de précieux s’est joué. Au-delà d’une cérémonie, au-delà d’un palmarès, au-delà même de la littérature, la 30ᵉ édition du Prix Comar d’Or a laissé apparaître une scène plus profonde : celle d’une société qui se raconte à travers ce qu’elle écrit. Car un peuple qui écrit est un peuple qui refuse de disparaître dans le bruit du présent. Un peuple qui écrit nomme. Et un peuple qui nomme commence déjà, peut-être, à se comprendre.</em></strong> <a href="https://www.facebook.com/comarassurances/videos/4459335424387630?locale=fr_FR" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Vidéo de la soirée. </a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Manel Albouchi</strong></p>



<span id="more-18809731"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis trois décennies, le Prix Comar d’Or accompagne cette fidélité silencieuse entre la Tunisie et ses écrivains. Dans son allocution d’ouverture, Slaheddine Ladjimi, président du Conseil d’administration des Assurances Comar, a rappelé la vocation de cette manifestation devenue incontournable&nbsp;: reconnaître le talent, encourager la création, offrir aux romanciers tunisiens un espace de visibilité et de consécration. Ce qui était ambition est devenu tradition, et ce qui était tradition est devenu référence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette année, 92 romans ont été retenus, dont 59 en langue arabe et 33 en langue française. Ils n’étaient que treize lors de la première édition en 1997. Cette progression ne dit pas seulement une croissance quantitative. Elle dit un déplacement culturel profond&nbsp;: davantage de Tunisiens écrivent, et cela transforme silencieusement notre rapport au monde et à nous-mêmes.</p>



<figure class="wp-block-gallery aligncenter has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" data-id="18809891" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Fathi-El-Balti-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-18809891" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Fathi-El-Balti-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Fathi-El-Balti-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Fathi-El-Balti-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Fathi-El-Balti-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Fathi-El-Balti-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Fathi-El-Balti-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Fathi-El-Balti.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Comar d&rsquo;or du roman tunisien de langue arabe Fathi El Balti&#8230; </figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" data-id="18809889" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Hichem-Ben-Azzouz-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-18809889" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Hichem-Ben-Azzouz-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Hichem-Ben-Azzouz-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Hichem-Ben-Azzouz-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Hichem-Ben-Azzouz-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Hichem-Ben-Azzouz-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Hichem-Ben-Azzouz-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Hichem-Ben-Azzouz.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">&#8230; et de langue française Hichem Ben Azzouz.</figcaption></figure>
</figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une nécessité humaine de mise en récit</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui frappe d’abord, c’est l’émergence d’une nouvelle génération d’auteurs. Près de la moitié des œuvres présentées sont des premiers romans. Des médecins, des ingénieurs, des professionnels venus d’autres horizons prennent aujourd’hui la plume. Comme si l’écriture redevenait ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être&nbsp;: une nécessité humaine de mise en récit. Écrire pour comprendre. Écrire pour transmettre. Écrire pour donner forme à ce qui, sans cela, resterait diffus, non symbolisé, parfois même psychiquement encombrant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Longtemps, les romans tunisiens ont porté les traces immédiates de nos fractures&nbsp;: la révolution, la précarité, les désillusions, les impasses sociales. Cette année, un autre mouvement apparaît&nbsp;: un retour vers l’histoire. Comme si, face à l’incertitude du présent, la littérature cherchait à descendre dans les couches profondes de la mémoire collective. Le roman devient alors plus qu’un espace d’imaginaire&nbsp;: il devient un lieu où passé et avenir tentent de se relier, parfois de se réconcilier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dynamique traverse les œuvres de langue française primées. <em>‘‘Tunis Arkana’’</em> de Sofiene Ben M’Rad, lauréat du Prix Découverte en langue française, propose une plongée dans la régence de Tunis au XIXᵉ siècle, entre intrigues politiques, passions et secret d’un manuscrit enfoui à La Manouba.<em> ‘‘Une reine sans royaume’’</em> de Hella Feki, Prix du Jury, suit le parcours intime d’une reine malgache exilée entre Alger, Tunis et Paris, dans une écriture empreinte de déplacement intérieur et de fragilité élégante. Quant au Comar d’Or, il a été attribué à <em>‘‘Sangoma le guérisseur’’</em> de Hichem Ben Aouz, un récit initiatique traversant les paysages de Cap Angela à Cap Agulhas, mais surtout la fracture d’un jeune médecin tunisien confronté à un système qui s’éloigne de l’essentiel&nbsp;: le corps, la mémoire, l’humain.</p>



<figure class="wp-block-gallery aligncenter has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" data-id="18809917" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Mosbah-Bettaieb-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-18809917" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Mosbah-Bettaieb-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Mosbah-Bettaieb-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Mosbah-Bettaieb-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Mosbah-Bettaieb-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Mosbah-Bettaieb-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Mosbah-Bettaieb-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Mosbah-Bettaieb.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Prix spécial du Jury du roman tunisien de langue arabe Mosbah Bettaieb&#8230; </figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" data-id="18809914" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Hella-Fekih-Comar-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-18809914" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Hella-Fekih-Comar-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Hella-Fekih-Comar-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Hella-Fekih-Comar-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Hella-Fekih-Comar-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Hella-Fekih-Comar-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Hella-Fekih-Comar-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Hella-Fekih-Comar.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">&#8230; et de langue française Hella Feki.</figcaption></figure>
</figure>



<p class="wp-block-paragraph">Du côté de la littérature arabe, les distinctions confirment une sensibilité similaire. <em>‘‘Al Majda’’</em> (الماجدة) de Najoua Mkaddem explore avec finesse les tensions intérieures d’une femme prise entre amour, blessure et possibilité de départ. <em>‘‘Saief Assaouane’’</em> (سيف الصوان) de Mosbah Bettaieb reconstruit la mémoire locale et interroge l’expérience coloniale dans une langue traversée de poésie. Enfin,<em>‘‘Dam Sayiî’’</em> (دم سيء) de Fathi El Balti plonge dans les zones les plus sombres de l’expérience humaine, où violence, identité et désordre intérieur s’entrelacent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un élément s’impose cette année avec une netteté particulière&nbsp;: la présence du psychologique. Comme si la littérature tunisienne, après avoir longtemps raconté les événements, commençait à explorer ce qu’ils produisent à l’intérieur des sujets. Les blessures, les contradictions, les héritages invisibles. Ce déplacement est essentiel&nbsp;: il marque le passage d’une littérature du fait à une littérature de l’effet. Non plus seulement ce qui arrive, mais ce que cela fait à l’intérieur de celui qui vit.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Se comprendre mieux, individuellement et collectivement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Autre signe fort&nbsp;: plus d’un tiers des romanciers en compétition sont des femmes. Longtemps, le roman fut un espace majoritairement masculin. Écrire exige du temps, du retrait, un espace intérieur souvent contraint par les charges sociales, familiales et symboliques. Leur présence croissante signale un élargissement de la parole et une redistribution silencieuse de la légitimité à raconter. Ce n’est pas seulement un indicateur culturel, c’est une transformation du paysage psychique collectif&nbsp;: qui a le droit de dire le monde&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut également saluer le travail discret mais essentiel des membres des jurys, qui ont dû cette année, entre obligations professionnelles et familiales, donner d’eux-mêmes pour venir à bout d’une sélection particulièrement riche et exigeante. Leur engagement silencieux est au cœur de la crédibilité du prix, car il garantit la rigueur du choix et la continuité de cette aventure littéraire. Le jury de la langue française était présidé par Ridha Kefi, tandis que celui de la langue arabe était dirigé par Mohamed El Kadhi. Deux responsabilités assumées dans un temps fragmenté, mais avec une constance qui donne au Comar d’Or sa profondeur institutionnelle.</p>



<figure class="wp-block-gallery aligncenter has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-3 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" data-id="18809940" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Najoua-Mkaddem-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-18809940" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Najoua-Mkaddem-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Najoua-Mkaddem-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Najoua-Mkaddem-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Najoua-Mkaddem-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Najoua-Mkaddem-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Najoua-Mkaddem-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Najoua-Mkaddem.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Prix Découverte du roman tunisien de langue arabe Najoua Mkaddem&#8230; </figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" data-id="18809937" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Sofiane-Ben-Mrad-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-18809937" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Sofiane-Ben-Mrad-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Sofiane-Ben-Mrad-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Sofiane-Ben-Mrad-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Sofiane-Ben-Mrad-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Sofiane-Ben-Mrad-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Sofiane-Ben-Mrad-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Sofiane-Ben-Mrad.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">&#8230; et de langue française Sofiane Ben M&rsquo;Rad. </figcaption></figure>
</figure>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut également saluer le rôle des maisons d’édition tunisiennes, souvent invisibles mais décisives. Entre l’écrivain et le lecteur, elles assurent la médiation essentielle qui permet au texte d’exister socialement. Soutenir les éditeurs, c’est soutenir la possibilité même de la littérature comme bien commun. Peut-être serait-il temps d’imaginer un Prix de l’éditeur, en reconnaissance de ce travail de fond sans lequel aucune œuvre ne pourrait rencontrer son public. Certaines maisons comme Hkeyet montrent déjà combien cet espace peut devenir une véritable exigence intellectuelle et esthétique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La soirée a également été portée par l’Orchestre symphonique de Carthage, sous la direction de Hafedh Makni. La musique n’était pas un simple accompagnement&nbsp;: elle fonctionnait comme un autre langage du lien, rappelant que les sociétés se racontent aussi par le rythme, la vibration, l’émotion partagée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un monde traversé par les accélérations et les fractures, la culture est souvent perçue comme un supplément. Elle est en réalité ce qui permet à une société de continuer à se penser, à se symboliser, à se relier. Elle transforme l’expérience brute en récit partageable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Hier soir, au Comar d’Or, ce n’était pas seulement la littérature tunisienne qui était célébrée. C’était une capacité collective à transformer l’expérience en langage. Et peut-être, à travers ce langage, à commencer à se comprendre un peu mieux — individuellement et collectivement.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="hw2jH1Yx3x"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/24/palmares-des-prix-litteraires-comar-dor-2026/">Palmarès des Prix littéraires Comar d’Or 2026</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Palmarès des Prix littéraires Comar d’Or 2026 » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/24/palmares-des-prix-litteraires-comar-dor-2026/embed/#?secret=YY7zhnPlUX#?secret=hw2jH1Yx3x" data-secret="hw2jH1Yx3x" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/24/comar-dor-une-tunisie-qui-ecrit-pour-mieux-se-comprendre/">Comar d’Or | Une Tunisie qui écrit pour mieux se comprendre</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Tunisie &#124; Quand un communiqué de l’armée devient un test de vérité</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/24/tunisie-quand-un-communique-de-larmee-devient-un-test-de-verite/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 May 2026 07:21:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelwahab Ben Moussa]]></category>
		<category><![CDATA[armée tunisienne]]></category>
		<category><![CDATA[défense]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La question n’était pas ce qu’a voulu dire l’armée tunisienne le 21 mai 2026, mais ce que certains médias ont voulu lui faire dire.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/24/tunisie-quand-un-communique-de-larmee-devient-un-test-de-verite/">Tunisie | Quand un communiqué de l’armée devient un test de vérité</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Et si la question n’était pas ce qu’a voulu dire l’armée tunisienne le 21 mai 2026, mais ce que certains médias ont voulu lui faire dire ? Entre un journal d’opinion européen à l’agenda non dissimulé et un relais numérique tunisien qui amplifie sans vérifier, un fait institutionnel solide a failli se noyer sous un récit fabriqué.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelwahab Ben Moussa *</strong></p>



<span id="more-18808864"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg" alt="" class="wp-image-18394138" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Le 21 mai 2026, le ministère de la Défense nationale a rompu un silence traditionnel pour rappeler, dans un <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/21/le-ministere-de-la-defense-reaffirme-la-neutralite-de-linstitution-militaire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">communiqué </a>au ton inhabituellement ferme, les fondements républicains de l’armée tunisienne : sa neutralité, son refus d’être impliquée dans des <em>«tiraillements politiques»</em>, son attachement aux lois de l’État. C’est un fait. Plusieurs organes de presse tunisiens l’ont confirmé et reproduit intégralement. Sur ce terrain-là, rien à redire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là où le bât blesse, c’est dans l’interprétation qui a suivi. Car un communiqué rare attire les lectures rapides — et les projections idéologiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le biais qui ne dit pas son nom</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un quotidien d’opinion européen, proche d’une formation gouvernementale nationaliste dont le pays entretient avec Tunis des accords migratoires stratégiques, a publié à chaud un article affirmant que le communiqué n’émanait pas du ministère de la Défense en tant qu’institution, mais d’une initiative personnelle du chef d’état-major — un message direct adressé au chef de l’État. Quelles sont ses sources&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Documents internes : aucuns. Déclarations attribuables : aucune. Ce que ce journal présente comme un <em>«signal politique historique»</em> n’est, rigoureusement parlé, qu’une hypothèse habillée en scoop.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un média qui a un intérêt géopolitique dans la lecture qu’il fait d’un pays n’est pas disqualifié pour autant — mais il doit être lu avec le recul que mérite toute source intéressée. Ce n’est pas de la méfiance : c’est du journalisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une page de veille médiatique tunisienne, très suivie sur les réseaux sociaux, a repris cet article sans lien, sans auteur, sans date précise, et surtout sans la moindre confrontation avec les sources officielles tunisiennes disponibles. Résultat : une tribune d’opinion étrangère s’est transformée, en quelques partages, en <em><u>«révélation»</u></em> sur la situation politique intérieure tunisienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce glissement — de l’hypothèse étrangère au fait établi local — est précisément ce qui fragilise notre espace public informationnel. Nous avons collectivement appris à identifier la désinformation frontale. Nous sommes encore vulnérables à la désinformation par omission de distance critique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que le texte dit — les trois lectures possibles</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Lisons le communiqué tel qu’il est, sans projeter ce que nous voudrions qu’il soit. Trois lectures s’imposent, également compatibles avec son contenu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’armée peut avoir mis en garde des forces d’opposition tentant de l’associer à leurs critiques de l’exécutif — c’est la lecture littérale. Elle peut avoir réaffirmé son équidistance institutionnelle dans un contexte de polarisation croissante — c’est la lecture institutionnelle. Elle peut enfin avoir adressé un signal implicite au pouvoir exécutif lui-même — c’est la lecture politique avancée par le journal européen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question n’est pas de savoir laquelle est juste. C’est de reconnaître qu’elles coexistent — et que le journalisme sérieux expose cette coexistence au lieu de la refermer au profit d’une narrative unique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour mémoire, voici ce que les faits permettent d’établir : la réalité du communiqué officiel est confirmée par plusieurs sources de référence ; son caractère inhabituellement ferme est fondé et indéniable ; l’initiative personnelle du chef d’état-major n’est étayée par aucun document ; le message ciblant le président de la République demeure purement spéculatif ; la neutralité éditoriale de la source étrangère est affectée d’un biais structurel évident ; la rigueur du relais numérique tunisien est insuffisante au regard des standards journalistiques élémentaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’armée tunisienne a pris la parole. C’est un signal institutionnel qui mérite analyse rigoureuse et respect du texte. Ce qu’elle a voulu signifier appartient encore au domaine de l’hypothèse — et cette incertitude est précisément ce que nous devons préserver, sans la combler à la hâte par des certitudes importées. Dans un pays où chaque mot officiel est désormais lu comme un acte politique, confondre la conjecture avec le fait n’est pas une simple erreur de méthode. C’est céder la souveraineté narrative à ceux qui n’ont pas nos intérêts en tête.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ingénieur informaticien, cadre d&rsquo;une banque publique.  </em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="P72LrGNwnp"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/21/le-ministere-de-la-defense-reaffirme-la-neutralite-de-linstitution-militaire/">Le ministère de la Défense réaffirme la neutralité de l&rsquo;institution militaire</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le ministère de la Défense réaffirme la neutralité de l’institution militaire » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/21/le-ministere-de-la-defense-reaffirme-la-neutralite-de-linstitution-militaire/embed/#?secret=DpF7bIafi0#?secret=P72LrGNwnp" data-secret="P72LrGNwnp" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/24/tunisie-quand-un-communique-de-larmee-devient-un-test-de-verite/">Tunisie | Quand un communiqué de l’armée devient un test de vérité</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Le poème du dimanche &#124; ‘‘Battant’’ d&#8217;André du Bouchet</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 May 2026 06:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[André du Bouchet]]></category>
		<category><![CDATA[Yves Bonnefoy et Jacques Dupuis]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Né en 1924 et décédé en 2001 à Paris, André du Boucher est poète, critique de littéraire et d’art, traducteur. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/24/le-poeme-du-dimanche-battant-dandre-du-bouchet/">Le poème du dimanche | ‘‘Battant’’ d&rsquo;André du Bouchet</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Né en 1924 à Paris, André du Boucher est poète, critique de littéraire et d’art, traducteur</em></strong>. <strong><em>Il décède en 2001 et laisse une œuvre inclassable et singulière.</em></strong></p>



<span id="more-18803448"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Fuyant le régime de Vichy, il s’installe, jeune, avec ses parents en Amérique où il poursuit ses études. Revient en France en 1948 et publie textes critiques et de création. Ses premiers poèmes seront rassemblés et publiés dans son recueil, <em>Dans la chaleur vacante</em>, en 1961.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec Yves Bonnefoy et Jacques Dupuis, il fonde la revue <em>l’Ephémère</em>. Son écriture, entre celles de Mallarmé et René Char, est une penture de la nature où l’homme est errant, vit dans l’inquiétude. </p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Tahar Bekri</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La meule de l’autre été scintille. Comme la face de la terre</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>qu’on ne voit pas.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Je reprends ce chemin qui commence avant moi.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Comme un feu en place dans l’air immobile.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; l’air qui tournoie au-dessus du chemin.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Tout a disparu. La chaleur déjà.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Souffle l’orage sans eau. Se perd l’haleine des glaciers.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Sans avoir enflammé la paille qui jonche le champ.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Cette maison dans l’autre orage. Comme un mur froid</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>au milieu de l’été.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Vers la paille. Vers le mur de plusieurs étés, comme un éclat</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&nbsp;de paille dans l’épaisseur de l’été.</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong><em>Dans la chaleur vacante suivi Ou le soleil, Poésie/Gallimard</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/24/le-poeme-du-dimanche-battant-dandre-du-bouchet/">Le poème du dimanche | ‘‘Battant’’ d&rsquo;André du Bouchet</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’Algérie ambitionne d&#8217;exporter du blé vers la Tunisie et le Maroc</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/23/lalgerie-ambitionne-dexporter-du-ble-vers-la-tunisie-et-le-maroc/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 May 2026 12:11:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[BF International]]></category>
		<category><![CDATA[BF Spa]]></category>
		<category><![CDATA[céréales]]></category>
		<category><![CDATA[Giovanni Mazzotti]]></category>
		<category><![CDATA[irrigation]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[Sahara]]></category>
		<category><![CDATA[Timimoun]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Sahara algérien pourrait bientôt produire suffisamment de céréales pour en exporter une partie vers la Tunisie et le Maroc. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/23/lalgerie-ambitionne-dexporter-du-ble-vers-la-tunisie-et-le-maroc/">L’Algérie ambitionne d&rsquo;exporter du blé vers la Tunisie et le Maroc</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Transformer une partie du Sahara algérien en un nouveau pôle agricole capable, à long terme, non seulement de réduire la dépendance du pays aux importations de blé, mais aussi d&rsquo;exporter des céréales vers la Tunisie et le Maroc : tel est le défi que s’est lancé l’Algérie avec le projet d&rsquo;envergure développé dans la région désertique de Timimoun par le groupe BF Spa, premier groupe agroalimentaire italien,</em></strong> <strong><em>via sa filiale BF International.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Latif Belhedi</strong></p>



<span id="more-18803404"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Il va sans dire que l’Algérie et son partenaire italien sont en train de puiser l’eau nécessaire à l’irrigation des champs de céréales dans l’aquifère du Sahara (ou Système aquifère du Sahara septentrional &#8211; SASS), l’immense réserve d’eau souterraine partagée entre l’Algérie, la Libye et la Tunisie. </p>



<p class="wp-block-paragraph">S’étendant sur plus d’un million de km<sup>2</sup> , ce système dont l’exploitation est censée être gérée collégialement entre les trois pays concernés, renferme des volumes considérables d’eau fossile et donc non renouvelable. Il va donc sans dire qu’en y pompant sans compter pour une l’irrigation massive d’énormes superficies de céréales, on risque de l’épuiser rapidement et d’en priver les générations futures. Nos <em>«amis et voisins»</em> algériens et italiens ont-ils consulté la Libye et la Tunisie avant de se lancer dans un projet aussi délirant ? Qu’on nous permette d’en douter…    </p>



<h2 class="wp-block-heading">36 000 hectares à exploiter</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour venir au projet, il s’agit de l&rsquo;une des initiatives agricoles sahariennes les plus ambitieuses actuellement en cours en Afrique du Nord. Ce plan s’inscrit dans le cadre des efforts plus larges déployés par l’Algérie pour renforcer sa sécurité alimentaire suite aux chocs subis ces dernières années sur les marchés agricoles internationaux, de la guerre en Ukraine aux tensions affectant les chaînes d’approvisionnement mondiales. Giovanni Mazzotti, chef de projet agricole chez BF International, a présenté la portée et les objectifs de l’initiative dans les médias algériens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Mazzotti, le choix de l’Algérie par le groupe italien s’explique à la fois par les liens historiques entre Rome et Alger et par deux facteurs stratégiques&nbsp;: le déficit structurel important de la production de blé et la disponibilité de vastes terres agricoles au Sahara.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet Timimoun couvre environ 36&nbsp;000 hectares, dont 22&nbsp;000 à 24&nbsp;000 hectares irrigables, une fois exclues les zones impropres à l’irrigation. Le défi réside cependant non seulement dans la culture du blé, mais aussi dans la mise en place d’un écosystème productif complet dans une zone désertique dépourvue d’infrastructures de base.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="laozejjqR9"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/08/la-tunisie-veut-exploiter-le-systeme-aquifere-du-sahara-septentrional/">La Tunisie veut exploiter le système aquifère du Sahara septentrional</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie veut exploiter le système aquifère du Sahara septentrional » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/08/la-tunisie-veut-exploiter-le-systeme-aquifere-du-sahara-septentrional/embed/#?secret=LIkj5EPeL9#?secret=laozejjqR9" data-secret="laozejjqR9" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Tout créer à partir de zéro</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mazzotti explique que le projet a été lancé entre fin septembre et début octobre, une période déjà considérée comme légèrement postérieure au calendrier agricole idéal. Cela a contraint le groupe italien à accélérer rapidement toutes les opérations nécessaires&nbsp;: forage de puits, installation de systèmes d’irrigation, aménagement de chemins agricoles et organisation des entreprises intervenant sur le terrain. <em>«En quelques mois seulement, nous avons dû tout créer de zéro»</em>, explique le responsable italien. Le groupe a installé avec succès 40 systèmes d’irrigation pivotants importés d&rsquo;Italie, capables chacun de couvrir environ 40 hectares, pour une surface cultivée initiale d&rsquo;environ 1&nbsp;600 hectares. Une partie des semis a eu lieu pendant la période agronomique optimale, entre mi-octobre et mi-novembre, tandis qu&rsquo;environ 60&nbsp;% des cultures ont été semées plus tard que prévu en raison du temps nécessaire à la mise en place des infrastructures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins, le premier cycle de production a permis de recueillir des données cruciales sur le comportement agronomique du Sahara&nbsp;: qualité de l’eau, caractéristiques du sol et adaptation des variétés céréalières au milieu désertique. Selon Mazzotti, travailler des terres vierges prend inévitablement du temps&nbsp;: <em>«Plus la terre est cultivée et travaillée, plus sa capacité à répondre aux besoins de production s’améliore.»</em> D’après le groupe italien, il faudra entre 24 et 36&nbsp;mois pour stabiliser pleinement les performances agricoles de la zone.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’objectif opérationnel est de mener à bien le programme en trois à quatre ans, en atteignant un rendement moyen d’environ 60&nbsp;quintaux par hectare, un niveau considéré comme très compétitif dans le contexte saharien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si ces résultats sont atteints, ils pourraient avoir un impact significatif sur le marché intérieur algérien. L’Algérie demeure l’un des principaux importateurs de blé au monde et s’efforce depuis des années de réduire sa dépendance aux approvisionnements étrangers, considérés comme stratégiquement sensibles d’un point de vue politique et social.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un transfert de technologie</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Aujourd’hui, notre projet est entièrement axé sur le marché intérieur, mais à l’avenir, l’Algérie pourrait même devenir exportatrice de blé vers des pays voisins comme la Tunisie et le Maroc»</em>, a déclaré M. Mazzotti. Un aspect essentiel du projet réside dans le transfert de technologie italienne vers l’Algérie. BF a introduit des semences développées par SIS (Società italiana sementi), une entreprise du groupe spécialisée dans la production de blé dur et de blé tendre. Parmi les variétés déjà disponibles sur le marché algérien figure <em>«Ciccio»</em>, qui, selon M. Mazzotti, est aujourd’hui l’une des variétés les plus productives du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’opérateur italien a souligné que de nombreuses variétés de céréales actuellement utilisées en Algérie proviennent de programmes de sélection des années 1980 et 1990, dont les rendements sont aujourd’hui clairement limités. Selon BF, l’introduction de nouvelles semences permettrait d’accroître non seulement la production de céréales, mais aussi celle de paille pour l’alimentation animale. Outre les semences, le groupe a importé des tracteurs, du matériel agricole, des moissonneuses-batteuses et des engrais italiens innovants, notamment des engrais liquides introduits pour la première fois sur le marché algérien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">M. Mazzotti a également insisté sur le fait qu&rsquo;une partie de la mécanisation agricole utilisée en Algérie est technologiquement obsolète, ce qui entraîne des pertes de récolte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le responsable agricole de BF a enfin souligné le rôle crucial de l’eau dans le développement de l’agriculture désertique. <em>«Sans eau, une agriculture durable au Sahara est impossible»</em>, a-t-il déclaré. Parallèlement, le climat désertique offre certains avantages agronomiques&nbsp;: l’absence quasi totale d’humidité réduit la propagation des maladies et des ravageurs, limitant ainsi le recours aux produits phytosanitaires chimiques. Selon M. Mazzotti, la priorité actuelle du groupe est d’optimiser l’utilisation des terres qui lui sont attribuées. Ce n’est que plus tard, et en fonction des décisions des actionnaires, que BF pourrait également développer des activités liées à l&rsquo;élevage. Cependant, le directeur a précisé qu’une filière d’élevage intégrée ne pourra être mise en place qu&rsquo;une fois la production de fourrage suffisante assurée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec <a href="https://www.agenzianova.com/news/algeria-dal-sahara-al-grano-il-progetto-italiano-di-timimoun-guarda-al-nord-africa/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Agenzia Nova</a>.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="fwhM4dVhbx"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/08/la-tunisie-experimente-les-cultures-cerealieres-dans-le-sud-desertique/">La Tunisie expérimente les cultures céréalières dans le sud désertique</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie expérimente les cultures céréalières dans le sud désertique » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/08/la-tunisie-experimente-les-cultures-cerealieres-dans-le-sud-desertique/embed/#?secret=ABA6sPW7r0#?secret=fwhM4dVhbx" data-secret="fwhM4dVhbx" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/23/lalgerie-ambitionne-dexporter-du-ble-vers-la-tunisie-et-le-maroc/">L’Algérie ambitionne d&rsquo;exporter du blé vers la Tunisie et le Maroc</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Tunisie &#124; Pour une économie politique de l’investissement</title>
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		<pubDate>Sat, 23 May 2026 08:18:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La formation brute de capital fixe (FBCF) de la Tunisie a chuté de près de 25 % du PIB dans les années 2000 à moins de 12 % aujourd’hui. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/23/tunisie-pour-une-economie-politique-de-linvestissement/">Tunisie | Pour une économie politique de l’investissement</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Pendant que la Nouvelle-Zélande signe des pactes d’urgence avec Singapour pour sécuriser vivres et carburants, pendant qu’Australie et Japon mutualisent leurs terres rares et leurs engrais, pendant que l’Union européenne constitue discrètement des stocks stratégiques de fertilisants, la Tunisie, elle, stocke quoi ?&nbsp; Ses complaintes. Ses décrets. Et ses excuses.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Moktar Lamari</strong>, Ph.D *</p>



<span id="more-18802636"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Le <em>Financial Times</em> titrait ce matin sur ce qu’il appelle la <em>«nouvelle mode du thésaurisation»</em>, ce réflexe de nations prévoyantes qui anticipent une ère de rareté globale. Des gouvernements lucides — Wellington, Canberra, Bruxelles — ont compris que le monde post-mondialisation ne pardonnera pas l’impréparation. Ils investissent dans les molécules : cuivre, eau, lithium, béton, terres agricoles.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils misent sur le Hard Asset, Local Operations — ce que les Anglo-Saxons appellent désormais le trade Halo.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant ce temps, la Tunisie mise sur quoi ? Sur la rente de position géographique, sur les transferts de la diaspora, et sur la bienveillance du l’Union européenne (UE). Autrement dit, sur la charité organisée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le chiffre qui gifle : 12 % de FBCF/PIB</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Voici la vérité nue, sans anesthésie : la formation brute de capital fixe (FBCF) de la Tunisie a chuté de près de 25 % du PIB dans les années 2000 à moins de 12 % aujourd’hui.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En vingt ans, la Tunisie a réduit de moitié sa capacité à se doter de machines, d’infrastructures, d’usines, de recherche et développement. C’est le taux d’investissement d’une économie en dépression, pas en transition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À titre de comparaison : le Maroc investit autour de 30 % de son PIB. L’Éthiopie, pays parmi les plus pauvres du continent, dépasse 35 %. La Chine, au même stade de son décollage économique, était à 40 %. Et la Tunisie ? Elle se gargarise de ses plages et de son <em>«potentiel»</em>. Le potentiel non investi, c’est un moteur qui rouille dans un garage fermé.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="sYffkdZ8Vm"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/22/tunisie-remettre-linvestissement-prive-au-coeur-de-la-croissance/">Tunisie | Remettre l’investissement privé au cœur de la croissance</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie | Remettre l’investissement privé au cœur de la croissance » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/22/tunisie-remettre-linvestissement-prive-au-coeur-de-la-croissance/embed/#?secret=nzEodSwIA3#?secret=sYffkdZ8Vm" data-secret="sYffkdZ8Vm" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">La rente de la sieste</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe en Tunisie une économie politique de la siesta — structurelle, culturelle, institutionnelle. On préfère la fiesta de la consommation importée à la sueur de la production locale. On applaudit la demande, on punit l’offre. On subventionne le gaspillage énergétique, on taxe l’initiative entrepreneuriale. On protège les rentes des <em>incumbents</em> ** — publics ou privés — on décourage les entrants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jeff Currie, stratégiste chez Carlyle, cité dans le <em>FT</em>, note que les investisseurs ont été si éblouis par les services numériques qu’ils ont négligé pendant des décennies les actifs physiques — énergie, matériaux, agriculture. L’erreur est coûteuse.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réalité physique finit toujours par prendre sa revanche, selon l’expression de Robert Rubin, ex-secrétaire américain au Trésor. En Tunisie, cette revanche n’est pas une menace future : elle est déjà là, quotidienne, sous forme de délestages, de pénuries de médicaments, d’écoles qui s’effondrent et de routes que les pluies emportent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pas de salut sans investissement </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le modèle de Solow — accessible dans n’importe quel manuel de licence — est formel : la croissance à long terme d’une économie dépend de son stock de capital et de sa productivité totale des facteurs.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’y a pas d’alternative. Ni la démagogie, ni le nationalisme économique, ni les discours sur la souveraineté ne remplacent une grue sur un chantier ou un brevet déposé dans un laboratoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Kais Saïed a raison de parler de souveraineté. Mais la souveraineté sans capital fixe, c’est un drapeau planté sur des ruines.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vraie indépendance économique passe par deux passerelles incontournables, et aucune oraison populiste ne peut les court-circuiter : la productivité d’abord, l’investissement ensuite — ou plutôt simultanément. L’une nourrit l’autre. Une économie productive attire le capital. Un capital bien alloué génère de la productivité.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie a besoin des deux, maintenant, ensemble.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une politique de l’offre, pas de la demande</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’erreur stratégique des quinze dernières années est d’avoir cherché la croissance par la demande — augmentations salariales dans la fonction publique, subventions généralisées, crédit à la consommation — sans jamais réformer l’appareil productif. C’est une politique procyclique dans les bons moments et catastrophique dans les crises.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie a besoin d’un choc de l’offre : réduction des délais administratifs d’obtention des permis de construire et d’investir, réforme foncière, fiscalité favorable au réinvestissement des bénéfices, zones économiques spéciales réellement fonctionnelles, et un système bancaire qui prête aux PME plutôt qu’aux bons du Trésor.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une politique contracyclique et proactive, c’est investir dans les infrastructures quand l’activité ralentit, réformer quand la pression sociale est gérable, innover quand le monde se réorganise. Pas attendre. Pas gérer la pénurie. La prévenir.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="JyRHe5dH0R"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/12/la-tunisie-peine-a-relancer-linvestissement-dans-un-climat-de-suspicion-generalisee/">La Tunisie peine à relancer l’investissement dans un climat de suspicion généralisée</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie peine à relancer l’investissement dans un climat de suspicion généralisée » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/12/la-tunisie-peine-a-relancer-linvestissement-dans-un-climat-de-suspicion-generalisee/embed/#?secret=j8EQNZEQWU#?secret=JyRHe5dH0R" data-secret="JyRHe5dH0R" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le monde change : la Tunisie somnole</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La crise du détroit d’Ormuz, les tensions sur les terres rares, le réarmement logistique des nations sérieuses — tout cela recompose la géoéconomie mondiale à une vitesse vertigineuse. Des pays émergents repositionnent leur appareil productif, diversifient leurs sources d’énergie, sécurisent leurs chaînes d’approvisionnement.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie, elle, attend son prochain rapport du FMI.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est temps de dire aux Tunisiens ce que personne n’ose dire avec clarté : la prospérité ne se réclame pas, elle se produit. Elle ne vient pas de Bruxelles, ni de Washington, ni du Golfe. Elle vient du travail mieux organisé, de l’innovation systématique, de l’investissement courageux dans les secteurs à haute valeur ajoutée — numérique, agroalimentaire, pharmaceutique, énergies renouvelables, tourisme culturel premium.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ère de la rareté globale est une opportunité pour les nations qui produisent. Elle est une sentence pour celles qui consomment à crédit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie a tous les ingrédients d’un rebond : une population jeune, une position géographique stratégique, une diaspora compétente, un tissu d’entrepreneurs résilients.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qu’elle n’a pas encore, c’est une politique d’investissement crédible, une gouvernance économique cohérente, et un leadership qui dit aux citoyens la vérité : on ne sort pas de la crise par la siesta.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le réveil est une question de survie nationale. Et il a déjà trop tardé.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Economiste universitaire.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>** Le titulaire actuel d’une fonction, d’un emploi ou d’un poste politique et qui cherche à conserver son mandat.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Blog de l&rsquo;auteur </em></strong>: <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494" target="_blank" rel="noreferrer noopener">E4T</a>.</p>
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		<title>Chine &#8211; Etats-Unis &#124; La grande leçon de sagesse de Xi Jinping</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 May 2026 07:43:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La récente rencontre à Pékin entre Donald Trump et Xi Jinping a constitué un tournant dans les relations internationales. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La récente rencontre à Pékin entre Donald Trump et Xi Jinping a constitué un tournant dans les relations internationales, la géopolitique mondiale et l’équilibre des puissances. </em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Habib Glenza</strong></p>



<span id="more-18802527"></span>



<p class="wp-block-paragraph">En recevant le président américain, venu lui demander de faire pression sur l’Iran afin qu’il rouvre le détroit d’Ormuz, le président chinois a évoqué le <em>«piège de Thucydide»</em>, concept utilisé par les analystes politiques pour souligner le risque de conflit entre deux puissances qui se menacent mutuellement, l’une établie et l’autre émergente. Soit, on l’a compris, entre la Chine, incarnant ici l’Athènes antique en pleine ascension, et les États-Unis, la Sparte de jadis, une puissance sur le retour qui va s&rsquo;autodétruire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Thucydide, l’Athénien, dans son récit de la guerre du Péloponnèse il y a près de 2 500 ans (au Vᵉ siècle avant J.-C.), racontait comment Sparte, confrontée au danger que représentait l’Athènes émergente, avait déclenché une guerre, qu’elle a fini par perdre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’avertissement est lourd de sens, et Trump a sans doute eu le temps de se faire expliquer l’analyse du Chinois qui doit être comprise non comme une ferme déclaration d’intention, car un conflit reste évitable, mais comme un avertissement à méditer. Le président chinois a d’ailleurs adopté une posture nettement plus conciliante envers les États-Unis que celle de son homologue yankee envers la Chine en déclarant qu’ensemble, la Chine et les Etats-Unis ont beaucoup à gagner.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sagesse chinoise, forfanterie américaine </h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Réaliser le grand renouveau de la Chine et rendre sa grandeur à l’Amérique peuvent parfaitement aller de pair,&nbsp;et de cette manière, on contribuerait au bien-être du monde entier»</em>, a lancé Jinping à Trump.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté, Trump a réagi sur les réseaux sociaux, avertissant que Jinping avait déclaré, <em>«avec beaucoup d’élégance»</em>, que les États-Unis étaient peut-être <em>«une nation en déclin»</em>.&nbsp;Et de préciser avec sa forfanterie habituelle&nbsp;:&nbsp;<em>«Il y a deux ans, c’était le cas. Mais aujourd’hui, les États-Unis sont la nation la plus dynamique du monde.»&nbsp;</em>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quatre jours après la visite de Trump, le président russe Vladimir Poutine est arrivé lui aussi à Pékin pour une visite officielle de quatre jours. Accompagné de membres du gouvernement (cinq vice-Premiers ministres, huit ministres, et la présidente de la banque centrale) et de dirigeants d’entreprises leaders du gaz et du pétrole, officiellement pour célébrer le 25<sup>e</sup> anniversaire du Traité de coopération, d’amitié et de bon voisinage entre les deux pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette visite doit spécifiquement aboutir au renforcement du partenariat global et de la coopération stratégique entre les deux pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une amitié qui se veut non dirigée contre quiconque, mais destinée à promouvoir la paix et la prospérité universelles, selon Iouri Ouchakov, conseiller du Kremlin. Qui a également souligné la forte convergence des politiques étrangères de Moscou et Pékin, une allusion directe à la crise iranienne et à ses répercussions régionales et internationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette rencontre est également l’occasion pour les deux dirigeants d’afficher leur proximité, dans la foulée de la visite de Trump en Chine dont les résultats ont été mitigés et controversés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le Kremlin, une quarantaine d’accords bilatéraux doivent être signés au terme de la visite. Les échanges entre les deux pays atteignent désormais 240 milliards de dollars, avec une hausse d’un tiers des exportations de brut russe au premier trimestre de cette année. La Chine est devenue le premier importateur de combustibles fossiles russes. Moscou espère également conclure un accord sur un nouveau gazoduc pour ouvrir de nouveaux débouchés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Présentée avant l’invasion de l’Ukraine comme une <em>«amitié sans limites»</em>, la relation s’est depuis resserrée, tout en devenant de plus en plus asymétrique, la Russie dépendant dorénavant fortement de ses liens commerciaux avec la Chine. De plus en plus dépendante pour se maintenir à flot, elle s’appuie aussi sur les exportations chinoises, devenues essentielles à son effort de guerre en Ukraine.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un rôle stabilisateur important sur la scène mondiale</h2>



<ul class="wp-block-list"></ul>



<p class="wp-block-paragraph">Selon l’agence de presse Chine nouvelle, le président Jinping a déclaré : <em>«Nous avons su approfondir sans cesse la confiance politique mutuelle et la coordination stratégique avec une persévérance inébranlable qui a résisté à mille épreuves»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté Poutine a dit devant la presse que son pays et la Chine ont <em>«une politique étrangère indépendante et souveraine. Elles œuvrent ensemble dans le cadre d’une coopération stratégique étroite et elles jouent un rôle stabilisateur important sur la scène mondiale.»</em>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux pays soulignent, également, la nécessité <em>«de revenir au dialogue et aux négociations dès que possible» </em>au Moyen-Orient, selon le texte d’une déclaration commune publiée par le Kremlin. Ils sont en <em>«accord complet»</em> quant au fait que les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran violent la loi internationale</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sans avoir recours à la force, sans avoir à capturer un chef d’Etat, sans vouloir revendiquer le Groenland, annexer le Canada, faire la guerre à l’Iran pour satisfaire les désidératas d’Israël, à Cuba et à d’autres pays militairement faibles, la Chine cherche à maintenir de bonnes relations avec les pays du monde entier, y compris les Etats-Unis. Si elle est en passe de devenir la première puissance économique (et, peut-être demain, militaire) du monde, grâce à la sagesse de Xi Jinping, elle n’est pas pressée de le crier sur tous les toits, de bomber le torse et de vouloir imposer sa volonté au reste monde, comme le fait, avec une pathétique maladresse, un Trump ignorant de l’histoire humaine.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/23/chine-etats-unis-la-grande-lecon-de-sagesse-de-xi-jinping/">Chine &#8211; Etats-Unis | La grande leçon de sagesse de Xi Jinping</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>FMI &#124; Le médecin qui prescrit l’austérité aux malades de la pauvreté</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 May 2026 06:41:17 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Yahya Ould Amar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le FMI prescrit souvent la discipline budgétaire au mauvais moment, au mauvais patient et avec le mauvais diagnostic.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/23/fmi-le-medecin-qui-prescrit-lausterite-aux-malades-de-la-pauvrete/">FMI | Le médecin qui prescrit l’austérité aux malades de la pauvreté</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Depuis huit décennies, le Fonds monétaire international (FMI) prétend soigner les crises de balance des paiements comme on traite une fièvre, par une réduction de la dépense, une compression de la demande et une discipline budgétaire présentée comme morale avant même d’être économique. Le problème est que la discipline est prescrite, trop souvent, au mauvais moment, au mauvais patient et avec le mauvais diagnostic. À un pays frappé par une flambée importée de l’énergie, une sécheresse, une guerre ou une panique des capitaux, on demande de couper dans les dépenses publiques, les subventions vitales, l’investissement et parfois la santé. Le médecin appelle cela stabilisation. Le malade, lui, appelle cela asphyxie.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><strong>Yahya</strong></strong> <strong>Ould Amar *</strong></p>



<span id="more-18802405"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Ould-Amar-Yahya.jpg" alt="" class="wp-image-335526"/></figure>
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<p class="wp-block-paragraph">La grande erreur du FMI est qu’il traite des économies pauvres comme si elles souffraient d’un excès de demande, alors qu’elles souffrent souvent d’un manque d’offre, d’un manque de devises, d’un manque d’infrastructures, d’un manque d’assurance contre les chocs et, surtout, d’un manque d’État. L’austérité peut corriger une économie en surchauffe. Elle devient destructrice lorsqu’elle est imposée à une économie déjà comprimée, où chaque unité monétaire publique retirée détruit plus d’une unité monétaire de revenu privé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le vice de diagnostic : confondre désordre budgétaire et choc de survie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque le multiplicateur budgétaire – qui mesure l’effet d’une variation de la dépense publique ou de la fiscalité sur le Produit Intérieur Brut (PIB) &#8211; est supérieur à 1, la réduction de la dépense publique fait baisser le PIB plus vite qu’elle ne réduit le déficit. Autrement dit, une coupe budgétaire réduit l’activité plus fortement que l’économie initialement recherchée, rendant l’austérité contre-productive. L’endettement du pays mesuré par le ratio dette sur PIB se détériore, puisque la dette baisse peu et le PIB s’effondre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’austérité prétend sauver la solvabilité ; elle peut fabriquer l’insolvabilité. C’est l’ironie centrale, on administre un traitement censé rassurer les créanciers, mais qui détruit la capacité future de remboursement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’erreur est de croire que la soutenabilité se mesure seulement par la coupe budgétaire, alors qu’elle dépend d’abord de la croissance économique, de la cohésion sociale, des recettes futures et de la capacité productive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le FMI a lui-même reconnu, à travers les travaux de Blanchard et Leigh, que les multiplicateurs budgétaires utilisés dans plusieurs programmes avaient été sous-estimés. Cette reconnaissance aurait dû conduire à une révolution de méthode en calibrant les programmes selon l’état réel de l’économie, la profondeur de la récession, la structure des importations, la capacité de protection sociale, le niveau d’informalité, et non selon une feuille de calcul universelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les pays riches, une crise systémique déclenche des plans de soutien, des garanties, des stabilisateurs automatiques, parfois des politiques monétaires non conventionnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les pays pauvres, la même crise déclenche fréquemment une mission du FMI, puis des objectifs de déficit, puis des coupes. Autrement dit, les économies qui disposent le moins d’amortisseurs sont celles auxquelles on demande de se priver d’amortisseurs. C’est une inversion de la logique de l’assurance, plus le risque est élevé, moins la protection est permise.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La pauvreté n’est pas une variable d’ajustement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une économie pauvre n’est pas une petite économie riche. C’est un système à seuils, où la moindre coupe peut provoquer des pertes irréversibles, un enfant retiré de l’école, un traitement médical interrompu, une entreprise informelle qui ferme, un agriculteur qui vend son outil de production, une famille qui bascule vers la pauvreté chronique. Les modèles qui raisonnent seulement en agrégats voient une dépense diminuée ; la réalité sociale voit un capital humain détruit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’austérité imposée aux pays pauvres réduit la croissance potentielle. Elle produit de <em>«l’hystérèse»</em>, le choc d’aujourd’hui devient une faiblesse permanente, irratrapable. Un État qui coupe dans la santé affaiblit la productivité future ; un État qui coupe dans l’éducation réduit les recettes fiscales de demain ; un État qui coupe dans l’investissement énergétique reste dépendant des importations qui provoqueront la prochaine crise. La vraie question est combien coûtera l’absence d’une dépense publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le FMI raisonne trop souvent comme si toute dépense était suspecte et toute coupe vertueuse. Une macroéconomie moderne doit distinguer la dépense qui nourrit la rente de la dépense qui achète du temps, protège le capital humain et accroît la capacité productive. Une subvention universelle mal ciblée peut être inefficace ; un transfert ciblé aux ménages vulnérables peut empêcher l’effondrement de la demande intérieure. Un déficit destiné à financer des importations courantes peut accroître la vulnérabilité extérieure ; un déficit orienté vers l’énergie solaire, l’irrigation, la logistique ou autres investissements similaires peut, au contraire, constituer un véritable actif souverain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La discipline budgétaire intelligente consiste à couper ce qui entretient la rente, protéger ce qui évite l’effondrement, et investir dans ce qui réduit la dépendance au prochain choc.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsqu’un pays importateur de pétrole subit une flambée internationale des prix, son déficit augmente mécaniquement. Exiger alors le même objectif nominal de déficit revient à punir un pays pour un prix mondial qu’il ne contrôle pas. Une macroéconomie sérieuse doit raisonner en déficit structurel, corrigé du cycle et des termes de l’échange. Ce que les pays avancés revendiquent pour eux-mêmes doit cesser d’être refusé aux pays en développement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enjeu est aussi politique. Une réforme économiquement correcte peut devenir économiquement fausse si elle détruit la confiance sociale nécessaire à son application. Supprimer les subventions sans mécanisme crédible de compensation est une rupture de contrat social. Un programme qui stabilise les comptes au prix d’une explosion sociale est un programme mal conçu, car l’instabilité politique détruit à son tour l’investissement, les recettes et la monnaie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le cœur du problème : une institution d’assurance devenue tribunal de discipline</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le FMI devait être l’assureur de dernier ressort du système monétaire international. Dans une architecture juste, il mutualiserait les chocs, prêterait contra-cycliquement et empêcherait qu’un choc externe ne devienne une dépression interne. Mais l’institution s’est souvent comportée comme un tribunal de discipline budgétaire, où le prêt arrive avec une présomption de culpabilité. Le pays en crise doit prouver qu’il n’a pas mérité sa crise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette présomption est économiquement contestable. Dans un monde de taux d’intérêt mondiaux déterminés hors des frontières des pays en développement, de prix alimentaires et énergétiques fixés sur des marchés oligopolistiques, de chaînes logistiques fragiles et de monnaies faibles face au dollar, une large part de la crise est importée. Faire porter tout l’ajustement au budget national revient à demander au patient de payer pour la maladie du système.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’asymétrie est d’autant plus forte que la gouvernance du Fonds reflète encore l’ordre économique d’après-guerre. Les pays qui subissent le plus les programmes ne disposent pas du pouvoir de les redéfinir. Ce déséquilibre transforme la technique en politique, derrière une cible de déficit se cache une certaine vision de l’État, de la protection sociale, du rythme des réformes et de la souveraineté économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le débat oppose deux conceptions de la responsabilité : la responsabilité comptable, qui exige de couper aujourd’hui, et la responsabilité historique, qui refuse de détruire les capacités de demain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question des surcharges révèle cette contradiction morale et économique. Faire payer plus cher les pays qui empruntent davantage et plus longtemps peut sembler logique dans une banque commerciale ; cela devient absurde dans une institution de stabilisation. C’est comme augmenter la prime d’assurance au moment précis où la maison brûle. Ces pénalités retirent des ressources aux pays quand leur besoin de liquidité est maximal, aggravent la contrainte extérieure et nourrissent le ressentiment politique contre l’ordre multilatéral.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut cesser de confondre conditionnalité et punition. Une conditionnalité intelligente devrait protéger les dépenses critiques, imposer la transparence, combattre les rentes, élargir l’assiette fiscale, améliorer les entreprises publiques, moderniser la gestion de la dette, mais elle ne devrait jamais transformer un choc exogène en cure d’appauvrissement collectif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que l’économie du développement enseigne, c’est que les pays ne sortent pas de la pauvreté par la contraction permanente de leur demande intérieure. Ils en sortent par l’accumulation de capital humain, l’apprentissage productif, la diversification, la montée en gamme, la stabilité institutionnelle et l’accès au financement. L’austérité peut être un pont temporaire vers la crédibilité ; elle devient une prison lorsqu’elle empêche de construire des hôpitaux, routes, écoles, ports, réseaux électriques, systèmes d’irrigation, &#8230;.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pour une nouvelle doctrine : soigner la solvabilité par la croissance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La refondation du FMI devrait partir d’un principe simple, la dette d’un pays pauvre ne se stabilise durablement ni par l’écrasement social ni par l’illusion comptable, mais par l’augmentation de sa capacité à produire, exporter, taxer équitablement et protéger sa population contre les chocs. La solvabilité est une croissance rendue crédible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut distinguer deux austérités. L’austérité corrective, lorsqu’elle réduit les rentes, les privilèges fiscaux, les dépenses improductives et les déficits de convenance. Et l’austérité primitive, lorsqu’elle coupe dans les dépenses qui permettent à une société de rester productive, instruite, soignée, nourrie et stable. La première peut être nécessaire. La seconde est une destruction de capital déguisée en discipline.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une nouvelle doctrine pourrait reposer sur cinq règles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Premièrement, toute crise exogène &#8211; choc énergétique, pandémie, catastrophe climatique, guerre régionale &#8211; devrait déclencher automatiquement une clause de suspension ou d’assouplissement des objectifs nominaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxièmement, les cibles budgétaires devraient être structurelles et non mécaniques, corrigées du cycle, de l’inflation importée et des termes de l’échange.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Troisièmement, les dépenses de protection du capital humain devraient être sanctuarisées : santé primaire, éducation de base, nutrition, transferts ciblés et sécurité alimentaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quatrièmement, les investissements réduisant la vulnérabilité externe &#8211; énergie renouvelable, eau, agriculture, logistique, … &#8211; devraient bénéficier d’une règle d’or, car ils diminuent le risque futur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cinquièmement, chaque programme devrait comporter une clause de révision du multiplicateur, si la contraction est plus forte que prévu, les objectifs s’ajustent automatiquement au réel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette doctrine exigerait de mesurer les effets réels, distinguer la dépense utile de la dépense clientéliste, publier les écarts entre prévisions et résultats, rendre les gouvernements responsables de la qualité de l’investissement, et rendre le FMI responsable de la qualité de ses diagnostics. La vraie rigueur est l’obligation de résultat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les pays en développement doivent aussi changer de posture. Ils ne doivent pas arriver à Washington en simples demandeurs de décaissement, mais avec une stratégie de négociation, des scénarios macroéconomiques alternatifs, estimation nationale des multiplicateurs, cartographie sociale des coupes, hiérarchisation des dépenses productives, plan de compensation ciblée et coalition régionale lorsque les chocs sont communs. Un pays qui négocie avec des chiffres subit moins les chiffres des autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le XXI<sup>e</sup> siècle a besoin d’un FMI capable de distinguer l’austérité qui corrige d’une austérité qui tue, la dépense qui gaspille d’une dépense qui sauve, la discipline qui bâtit d’une discipline qui brise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enjeu touche à la légitimité même du multilatéralisme. Si l’ordre international demande aux pays pauvres de rester ouverts aux chocs mondiaux – souvent provoqués par les puissants &#8211; il doit leur offrir autre chose que des leçons de frugalité lorsque ces chocs les frappent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le FMI fut une invention nécessaire du monde de 1944. Mais le monde de 2026 n’est plus celui de Bretton Woods. Il est plus jeune, plus endetté, plus climatique, plus fragmenté, plus multipolaire. Il exige une institution qui ne soigne pas la dette en détruisant la croissance économique, qui ne confonde pas pauvreté et indiscipline, qui ne prescrive pas la saignée à ceux qui manquent déjà de sang.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut donc le dire sans nuance inutile, l’austérité n’est pas une science quand elle ignore le cycle économique, les chocs, les seuils sociaux et les pertes irréversibles. Elle devient une morale déguisée en modèle. Un médecin digne de ce nom ne récite pas un protocole ; il regarde le patient, comprend la maladie et adapte le traitement. Le monde émergent ne demande pas l’impunité budgétaire. Il demande une médecine économique qui restaure les capacités vitales au lieu d’épuiser les dernières réserves du patient.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Economiste, banquier et financier.</em><em></em></p>
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