<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des Brics - Kapitalis</title>
	<atom:link href="https://kapitalis.com/tunisie/tag/brics/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://kapitalis.com/tunisie/tag/brics/</link>
	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
	<lastBuildDate>Sat, 28 Mar 2026 06:14:26 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.4</generator>

<image>
	<url>https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/cropped-Logo-Kapitalis-32x32.png</url>
	<title>Archives des Brics - Kapitalis</title>
	<link>https://kapitalis.com/tunisie/tag/brics/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Ukraine / Iran &#124; Quand l’ordre mondial vacille…</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/28/ukraine-iran-quand-lordre-mondial-vacille/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/28/ukraine-iran-quand-lordre-mondial-vacille/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Mar 2026 06:14:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Brics]]></category>
		<category><![CDATA[dédollarisation]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[ordre mondial]]></category>
		<category><![CDATA[pétrodollar]]></category>
		<category><![CDATA[pétrole]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=18529839</guid>

					<description><![CDATA[<p>Avec la guerre d'Iran, Le monde évolue vers une configuration plus multipolaire, où plusieurs centres de pouvoir coexistent. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/28/ukraine-iran-quand-lordre-mondial-vacille/">Ukraine / Iran | Quand l’ordre mondial vacille…</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>«Novus Ordo Seclorum», la devise latine signifiant «Nouvel Ordre des Siècles», figurant au revers du Grand Sceau des États-Unis et sur le billet de 1 dollar, se fragilise. Le monde ne s’effondre pas. Mais il n’est plus certain de lui-même. Et ne sait plus où il va. Et cette incertitude, désormais la chose au monde la mieux partagée, par les riches comme par les pauvres, n’est pas sans conséquence&nbsp;sur les équilibres géopolitiques, l’économie mais aussi l’inconscient des peuples.</em></strong></p>



<p><strong>Manel Albouchi</strong></p>



<span id="more-18529839"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1.jpg" alt="" class="wp-image-15290578" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Pendant des décennies, un équilibre s’est imposé. Il reposait sur trois piliers : le pétrole, le dollar et la puissance militaire. Structuré depuis la Bretton Woods et consolidé par des institutions comme le Fonds monétaire international (FMI), cet ordre mondial a permis de stabiliser les échanges, d’organiser les alliances et de sécuriser les flux énergétiques.</p>



<p>Dans les années 70, l’arrimage du pétrole au dollar a renforcé cette architecture. Le système du pétrodollar a durablement lié le triptyque. Et ce modèle a tenu non seulement parce qu’il était efficace, mais parce qu’il était perçu comme fiable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le monde dans un entre-deux &nbsp;</h2>



<p>Aujourd’hui, nous ne sommes ni face à un effondrement, ni dans une stabilité retrouvée. Nous sommes dans ce que l’on peut appeler un espace liminal : un moment de transition où les structures anciennes persistent, tandis que les nouvelles ne sont pas encore stabilisées. Dans cet entre-deux, les repères deviennent flous&nbsp;: &nbsp;les certitudes s’érodent, les équilibres se tendent. &nbsp;</p>



<p>Les crises récentes en donnent une première lecture. La guerre entre la Russie et l’Ukraine a déjà profondément perturbé les marchés énergétiques. Avec la guerre en Iran, la hausse des prix du gaz et du pétrole ne va pas cesser ce qui se répercutera sur les prix du transport, des engrais, des céréales et autres produits agricoles, entraînant des pénuries alimentaires et une hausse de l’inflation dans de nombreuses régions du monde. Mais ces phénomènes ne sont pas seulement économiques. Ils signalent une transformation plus profonde : le système fonctionne encore, mais il ne produit plus le même sentiment de sécurité. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un système sous contrainte</h2>



<p>Ces évolutions peuvent être éclairées à travers une grille simple : la pyramide de Maslow. Lorsque le besoin le plus fondamental (<em>«se nourrir»)</em> est affecté, ce n’est pas seulement l’économie qui vacille. C’est l’ensemble de la structure sociale qui est fragilisée. Les tensions remontent ensuite dans le système : insécurité économique, instabilité sociale, polarisation politique…</p>



<p>Autrement dit, ce qui commence à la base finit par affecter l’ensemble de l’ordre mondial.</p>



<p>Dans le même temps, les équilibres globaux évoluent. Des stratégies de dédollarisation émergent, notamment dans le cadre des Brics. Des accords commerciaux en monnaies locales se développent. Les chaînes d’approvisionnement se fragmentent sous l’effet des rivalités et des sanctions.</p>



<p>Le monde évolue vers une configuration plus multipolaire, où plusieurs centres de pouvoir coexistent sans qu’un cadre unique ne s’impose clairement. Ce mouvement ne marque pas la disparition de l’ordre actuel, mais sa transformation progressive.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Iran&nbsp;: point de tension révélateur</h2>



<p>Dans ce contexte, certains espaces concentrent les enjeux. L’Iran en est un exemple central. Par sa position stratégique (notamment autour du détroit d’Ormuz) et par son rôle dans les équilibres énergétiques, il se trouve au cœur des tensions régionales et internationales. Mais au-delà de ces éléments, il joue aussi un rôle de révélateur. Ce qui s’y cristallise dépasse les intérêts nationaux : il s’agit d’une expression des tensions d’un système global en transition. &nbsp;</p>



<p>Une dimension reste souvent sous-estimée dans l’analyse géopolitique : celle de l’inconscient collectif. Un ordre mondial ne repose pas uniquement sur des institutions ou des rapports de force. Il repose aussi sur des représentations partagées : la croyance dans la stabilité d’une monnaie, la confiance dans les alliances, l’idée que le système est durable. Lorsque ces représentations se fragilisent, même sans rupture immédiate, l’ensemble devient plus instable.</p>



<p>Le système international continue de fonctionner. Le dollar reste dominant. Les échanges se poursuivent. Mais quelque chose a changé. Ce n’est pas seulement l’équilibre des puissances. C’est la manière dont cet équilibre est perçu. Ce qui vacille aujourd’hui, ce n’est pas seulement un ordre mondial, c’est la croyance qu’il était immuable. Dans cet espace liminal, le monde ne disparaît pas. Il se redéfinit. Et dans ces moments de transition, une chose devient décisive : la capacité à lire non seulement les faits visibles, mais aussi les transformations invisibles qui traversent les sociétés et l’inconscient collectif.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/28/ukraine-iran-quand-lordre-mondial-vacille/">Ukraine / Iran | Quand l’ordre mondial vacille…</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/28/ukraine-iran-quand-lordre-mondial-vacille/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La diplomatie tunisienne entre pragmatisme et rupturisme</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/17/la-diplomatie-tunisienne-entre-pragmatisme-et-rupturisme/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/17/la-diplomatie-tunisienne-entre-pragmatisme-et-rupturisme/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Feb 2026 11:22:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Brics]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[Elyes Kasri]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=18371102</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’appel au «Grand Sud» ne doit pas être pour la Tunisie un paravent pour masquer l’incapacité à mener des réformes domestiques.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/17/la-diplomatie-tunisienne-entre-pragmatisme-et-rupturisme/">La diplomatie tunisienne entre pragmatisme et rupturisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Alors que la Tunisie traverse une crise économique profonde et se trouve confrontée à l’urgence de la reconfiguration de sa coopération internationale pour répondre aux nouvelles exigences intérieures et aux dynamiques extérieures, une partie de l’opinion et de la classe politique semble succomber à une nouvelle tentation : celle d’un basculement vers les Brics (Russie, Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud&#8230;) et d’un alignement sur le «Grand Sud».</em></strong></p>



<p><strong>Elyes Kasri</strong> *</p>



<span id="more-18371102"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Elyes-Kasri.jpg" alt="" class="wp-image-352204"/></figure>
</div>


<p>Ce discours relève d&rsquo;une dangereuse <em>«illusion»</em> qui élude les vraies questions de gouvernance. Dans un monde en mutation et en plein devenir vers un nouvel ordre mondial aux contours et articulations qui restent à définir par le cours encore incertain des événements plutôt que par les desiderata des idéologues et romantiques du multilatéralisme et toute sorte de panismes, la diplomatie tunisienne traverse une phase de remise en question où deux visions s&rsquo;affrontent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Opportunisme idéologique et intérêt stratégique</h2>



<p>L’attraction pour le <em>«Grand Sud»</em> est présentée comme l’alternative salvatrice aux pressions occidentales. Cependant, substituer une posture idéologique à une stratégie de marché risque d’aggraver l’isolement du pays car il s’agit de distinguer l’opportunisme de tribune de l’intérêt national stratégique.</p>



<p>Face aux appels croissants à un basculement radical vers les Brics et le <em>«Sud Global»</em>, présentés comme une alternative salvatrice aux pressions occidentales, une analyse réaliste s’impose. Il s’agit de distinguer l’opportunisme idéologique de l’intérêt national stratégique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La géographie ne se décrète pas  </h2>



<p>Si un pays comme l’Algérie constitue l’anti-modèle de toutes les aspirations tunisiennes, politiques, sécuritaires, sociales, économiques et diplomatiques, l’idée d’un pivot vers l’Est repose sur l’hypothèse qu’un changement d’alliance pourrait compenser un éloignement des partenaires européens.</p>



<p>Or, les chiffres démentent cette possibilité à court et moyen terme :</p>



<p><strong>&#8211; la dépendance structurelle</strong> : l’Union européenne absorbe plus de 70 % des exportations tunisiennes. Un basculement ne serait pas une transition, mais une rupture sismique pour le tissu industriel national&nbsp;;</p>



<p><strong>&#8211; le coût de la distance :</strong> contrairement aux partenaires de proximité, les Brics imposent des coûts logistiques et des barrières normatives qui rendraient les produits tunisiens moins compétitifs. Même l’annonce chinoise d’un démantèlement tarifaire en faveur des pays africains dont la Tunisie ne peut avoir que des effets marginaux du fait des coûts de transport et du désavantage compétitif des produits tunisiens en Chine ;</p>



<p><strong>&#8211; les réalités géostratégiques :</strong> étant un pays partenaire de l’UE et un allié majeur des Etats-Unis d’Amérique non membre de l’Otan, goulot de la Méditerranée centrale sur le Détroit de Sicile et verrou stratégique du flanc sud de l’Otan, la Tunisie serait bien avisée de considérer le statut qui lui a valu des avantages qu’elle devrait fructifier davantage grâce à une vision d’avenir et une diplomatie sagace plutôt que de les refouler ou occulter&nbsp;;</p>



<p><strong>&#8211; le risque d’isolement :</strong> s’aliéner des partenaires historiques pour des raisons purement idéologiques et économiquement incertaines risque de transformer la Tunisie en un « sujet de préoccupation » international plutôt qu&rsquo;en un partenaire de confiance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le mythe des Brics comme «Banque de secours»</h2>



<p>Le discours pro-Brics que certains confondent au dicton populaire tunisien <em>«un paradis avec des briks»</em> suggère souvent que ce bloc offrirait des financements sans conditions, contrairement au FMI.</p>



<p>C’est une lecture erronée de la géopolitique actuelle :</p>



<p>&#8211; <strong><em>Pragmatisme, pas philanthropie :</em></strong> les puissances des Brics ne sont pas des institutions de développement caritatives. Elles investissent là où la gouvernance est stable et le retour sur investissement est garanti. La Chine, première puissance économique du Brics, est gérée par un pouvoir rationnel qui s’est départi depuis longtemps des élans de la révolution maoïste au grand dam des réminiscences romantiques de certains idéologues de pays en développement mentalement figés dans une époque révolue&nbsp;;</p>



<p><strong>&#8211; l’exigence de solvabilité :</strong> sans réformes structurelles internes, la Tunisie restera un investissement à risque pour Pékin, New Delhi ou Moscou. Changer de créancier ne règle pas le problème de la dette, cela ne fait que déplacer la dépendance&nbsp;;</p>



<p><strong>&#8211; la souveraineté ne s&rsquo;achète pas, elle se construit : </strong>si un bilan serein s’impose de la coopération avec l’Europe, les Etats-Unis d’Amérique et les pays occidentaux, en déterminant les responsabilités et insuffisances respectives dans une perspective constructive, vouloir intégrer un bloc pour <em>«punir»</em> un autre est une réaction émotionnelle qui affaiblit la souveraineté et la crédibilité nationales au lieu de les renforcer&nbsp;;</p>



<p><strong>&#8211; le risque de satellisation :</strong> en s’isolant de ses partenaires historiques sans avoir une assise économique solide, la Tunisie risque de passer d’un statut de partenaire privilégié de l’Europe et d’allié majeur des Etats-Unis d’Amérique à celui de <em>«client secondaire»</em> d’une puissance lointaine aux intérêts géostratégiques situés ailleurs&nbsp;;</p>



<p><strong>&#8211; la primauté de l&rsquo;interne :</strong> la véritable souveraineté réside dans la capacité à réformer l’administration, à libérer l’investissement et à assurer une justice et une prévisibilité fiscales. Aucune alliance, qu’elle soit atlantiste ou eurasiatique, ne peut se substituer aux insuffisances des politiques publiques nationales&nbsp;;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une diplomatie multi-vectorielle et non d’exclusion</h2>



<p>Plutôt qu’un basculement exclusif, la Tunisie doit adopter une approche multi-vectorielle :</p>



<p><strong>&#8211; maintenir et moderniser l&rsquo;ancrage euro-méditerranéen</strong> (source de technologie et de marché)&nbsp;;</p>



<p><strong>&#8211; explorer les opportunités de niche avec les Brics</strong> sans en faire une religion politique. A cet effet les mécanismes bilatéraux de coopération et de transfert de savoir-faire et de technologie avec des pays comme la Chine et l’Inde mériteraient une attention particulière et soutenue dépassant les slogans politiques ou l’attentisme d’un quelconque don. Avec l’Inde notamment, l’activation des groupes de travail conjoints et autres mécanismes bilatéraux de même que le projet de jumelage entre le gouvernorat de l’Ariana et l’état du Karnataka, berceau des technologies de pointe et de la Silicon Valley indienne, offriraient des perspectives tangibles de coopération mutuellement bénéfique loin de de toute tentation incantatoire et de charité internationale&nbsp;;</p>



<p>&#8211; <strong>conditionner toute alliance à un gain de compétitivité réel</strong> et non à une posture de contestation internationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sortir de l’illusion et de l’incantation</h2>



<p>Dans la situation de fluidité et d’incertitude que connaissent la Tunisie et le reste du monde, l’appel au <em>«Grand Sud»</em> ne doit pas être un paravent pour masquer l’incapacité à mener des réformes domestiques.</p>



<p>La Tunisie n’a pas besoin de choisir un camp, elle a plutôt besoin de redevenir un partenaire crédible tout en diversifiant sa coopération selon une vision pragmatique et stratégique des objectifs et des moyens à mobiliser.</p>



<p>Il est grand temps de se rendre a l’évidence que le salut ne viendra pas d’un changement de point cardinal ni d’aucun sauveur extérieur, mais d’une quête de l’excellence dans la gouvernance nationale en cessant de prendre les rêves de certains nostalgiques et exaltés pour des réalités et en engageant sans tergiversation les réformes structurelles nécessaires pour la restauration de l’attractivité du pays auprès des investisseurs, qu’ils soient de l’Est ou de l’Ouest.</p>



<p><em>* Ancien ambassadeur. </em><em></em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="DNFYkqhU1O"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/16/les-axes-de-reforme-de-la-diplomatie-tunisienne/">Les axes de réforme de la diplomatie tunisienne</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les axes de réforme de la diplomatie tunisienne » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/16/les-axes-de-reforme-de-la-diplomatie-tunisienne/embed/#?secret=JZ6zTbvLeT#?secret=DNFYkqhU1O" data-secret="DNFYkqhU1O" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/17/la-diplomatie-tunisienne-entre-pragmatisme-et-rupturisme/">La diplomatie tunisienne entre pragmatisme et rupturisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/17/la-diplomatie-tunisienne-entre-pragmatisme-et-rupturisme/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>7</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Peut-on continuer à faire confiance aux banques américaines ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/09/peut-on-continuer-a-faire-confiance-aux-banques-americaines/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/09/peut-on-continuer-a-faire-confiance-aux-banques-americaines/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Feb 2026 07:14:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Brics]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[dollar]]></category>
		<category><![CDATA[Donald Trump]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Lotfi Sahli]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Swift]]></category>
		<category><![CDATA[yuan]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=18339700</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pourquoi des pays opposés aux Etats-Unis continuent-ils d’utiliser les banques américaines pour stocker leurs réserves ? </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/09/peut-on-continuer-a-faire-confiance-aux-banques-americaines/">Peut-on continuer à faire confiance aux banques américaines ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>On se demande pourquoi des États en conflit ou simplement embrouillés avec les États-Unis, ainsi que de nombreuses personnalités politiques ou hommes d’affaires, continuent de déposer leur argent dans les banques américaines en acceptant de courir le risque qu’incarne aujourd’hui la gouvernance imprévisible et parfois brutale du président Donald Trump. Le système financier des États-Unis est-il à ce point incontournable ?</em></strong><strong></strong></p>



<p><strong>Lotfi Sahli</strong></p>



<span id="more-18339700"></span>



<p>À première vue, la situation paraît paradoxale. Comment expliquer que des pays qui dénoncent l’hégémonie américaine, voire s’y opposent ouvertement sur le plan diplomatique ou militaire, continuent d’utiliser les banques américaines et le dollar pour stocker leurs réserves ou sécuriser leurs fortunes privées ? Derrière ce paradoxe se cache une réalité plus profonde : le pouvoir américain s’exerce moins par la force que par l’architecture financière mondiale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le dollar, colonne vertébrale de l’économie mondiale</h2>



<p>Le premier élément de réponse tient en un mot : le dollar. Depuis la Seconde Guerre mondiale, la monnaie américaine s’est imposée comme la référence du commerce international. Le pétrole, le gaz, les matières premières stratégiques et une grande partie des échanges mondiaux sont libellés en dollars. Pour commercer avec le reste du monde, un État — ami ou ennemi des États-Unis — a donc besoin de cette monnaie.</p>



<p>Cette domination confère aux États-Unis un avantage structurel : détenir des dollars ou des actifs libellés en dollars n’est pas un choix idéologique, mais une nécessité pratique. Renoncer au dollar reviendrait, pour beaucoup de pays, à s’isoler économiquement ou à accepter des coûts bien plus élevés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les banques américaines, refuge paradoxal</h2>



<p>Au-delà de la monnaie, les banques américaines attirent par leur stabilité. Malgré les critiques politiques, les États-Unis restent perçus comme un État de droit solide, doté d’institutions financières robustes, de règles claires et de tribunaux capables de faire respecter les contrats.</p>



<p>Pour des dirigeants ou des hommes d’affaires issus de pays instables, placer leur argent à New York ou à Miami peut être vu comme une assurance contre les crises politiques, les nationalisations arbitraires ou les changements de régime.</p>



<p>Ainsi, même ceux qui contestent l’influence de Washington peuvent faire confiance à son système juridique et bancaire. Ils rejettent parfois la politique américaine, mais reconnaissent l’efficacité de ses institutions.</p>



<p><strong>Wall Street, cœur battant de la finance mondiale</strong></p>



<p>Les marchés financiers américains jouent également un rôle central. Wall Street offre une profondeur et une liquidité sans équivalent : les États-Unis peuvent absorber des flux financiers colossaux sans déséquilibrer leur économie. Les bons du Trésor américain, par exemple, sont considérés comme l’un des placements les plus sûrs au monde.</p>



<p>Pour les banques centrales comme pour les investisseurs privés, il n’existe aujourd’hui aucun marché capable d’offrir à la fois cette sécurité, cette taille et cette flexibilité. Là encore, le choix est moins politique qu’économique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un système mondial façonné par Washington</h2>



<p>Le pouvoir financier des États-Unis ne repose pas uniquement sur leurs banques. Il s’étend à l’ensemble de l’infrastructure financière mondiale. Les systèmes de paiement internationaux, comme Swift, ainsi que les grandes institutions financières internationales — Fonds monétaire international et Banque mondiale — ont été conçus dans un cadre largement influencé par l’Occident et, en particulier, par Washington.</p>



<p>C’est cette architecture qui rend les sanctions américaines si efficaces. En coupant l’accès au dollar ou aux circuits financiers internationaux, les États-Unis peuvent exercer une pression considérable, même sans recourir à la force militaire.</p>



<p>On pourrait penser que les États en conflit avec les États-Unis chercheraient à retirer massivement leurs fonds du système américain. Mais une telle décision serait risquée. Un retrait brutal ferait chuter la valeur de leurs propres actifs, perturberait leurs échanges commerciaux et enverrait un signal de panique aux marchés. En pratique, beaucoup de pays se retrouvent dans une relation de dépendance mutuelle : ils critiquent le système, tout en continuant à l’utiliser.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des alternatives encore incomplètes</h2>



<p>Des tentatives de contournement existent. La Chine promeut le yuan, la Russie et l’Iran développent des systèmes de paiement alternatifs, et les pays des Brics évoquent régulièrement la création de nouvelles structures financières. Mais ces alternatives restent fragmentées, peu liquides ou trop contrôlées par les États pour inspirer une confiance mondiale. Quant aux cryptomonnaies, leur volatilité et leur traçabilité limitent leur usage à grande échelle.</p>



<p>Au final, le système financier américain n’est pas absolument incontournable en théorie. En pratique, s’en passer a un coût économique et stratégique considérable. C’est là toute l’ironie de la situation : les États-Unis peuvent exercer un pouvoir financier immense précisément parce que le reste du monde a, volontairement ou non, choisi d’adopter leur système.</p>



<p>Le véritable pouvoir de Washington ne réside donc pas seulement dans ses bases militaires ou ses alliances, mais dans une domination financière devenue, pour beaucoup, impossible à éviter.</p>



<p><em>(Avec le concours de Google, Gemini AI, Deepseek).</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="GmNgtRBZHg"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/07/protectionnisme-de-trump-le-dollar-dans-une-zone-de-turbulence/">Protectionnisme de Trump | Le dollar dans une zone de turbulence</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Protectionnisme de Trump | Le dollar dans une zone de turbulence » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/07/protectionnisme-de-trump-le-dollar-dans-une-zone-de-turbulence/embed/#?secret=2Y2dKgx382#?secret=GmNgtRBZHg" data-secret="GmNgtRBZHg" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/09/peut-on-continuer-a-faire-confiance-aux-banques-americaines/">Peut-on continuer à faire confiance aux banques américaines ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/09/peut-on-continuer-a-faire-confiance-aux-banques-americaines/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>2</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>XXIᵉ siècle &#124; Ce que nous avons appris, et ce qui s’annonce</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/18/xxi%e1%b5%89-siecle-ce-que-nous-avons-appris-et-ce-qui-sannonce/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/18/xxi%e1%b5%89-siecle-ce-que-nous-avons-appris-et-ce-qui-sannonce/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Dec 2025 08:48:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Brics]]></category>
		<category><![CDATA[capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[IA générative]]></category>
		<category><![CDATA[multipolarité]]></category>
		<category><![CDATA[ordre occidental]]></category>
		<category><![CDATA[Sud Global]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=18103729</guid>

					<description><![CDATA[<p>Nous devons comprendre non pas ce que le monde est devenu et ce qu’il est encore possible d’y reconstruire en ce XXIe siècle.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/18/xxi%e1%b5%89-siecle-ce-que-nous-avons-appris-et-ce-qui-sannonce/">XXIᵉ siècle | Ce que nous avons appris, et ce qui s’annonce</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>À quelques jours de la fin du premier quart du XXIᵉ siècle, l’humanité se découvre à un moment rare, celui où le temps des promesses s’achève avant que celui des certitudes n’ait commencé. Ce quart de siècle n’a pas seulement accumulé des crises — il a opéré un tri impitoyable entre les récits auxquels nous voulions croire et les réalités que nous avons refusé de regarder. </em></strong></p>



<p><strong>Yahya Ould Amar *</strong></p>



<span id="more-18103729"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Ould-Amar-Yahya.jpg" alt="" class="wp-image-335526"/></figure>
</div>


<p>Valeurs universelles, démocratie, mondialisation heureuse, émergence économique, progrès moral continu : autant de piliers intellectuels qui, sans s’effondrer totalement, se sont fissurés au contact du réel. Cet article ne cherche ni à condamner, ni à absoudre. Il propose un examen de ce que ces vingt-cinq années nous ont réellement appris — sur nos valeurs lorsqu’elles deviennent coûteuses, sur nos modèles économiques lorsqu’ils atteignent leurs limites, sur nos ambitions de justice dans un monde désormais contraint — afin de comprendre non pas ce que le monde devrait être, mais ce qu’il est devenu, et ce qu’il est encore possible d’y reconstruire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La grande désillusion morale</h2>



<p>Au cours des quatre-vingt dernières années, le monde s’est raconté une histoire confortable, celle d’un progrès moral cumulatif, d’une humanité convergeant lentement mais sûrement vers des normes communes — droits humains, primauté du droit, démocratie, dignité universelle. Cette histoire avait ses temples – à New York, Paris, la Haye ou Genève – ses textes sacrés, ses gardiens. Elle avait surtout ses sermons.</p>



<p>Puis est venu le réel. Gaza, l’Ukraine, la Libye, l’Irak, le Yémen … — autant de lieux où le langage des valeurs s’est fracassé contre la hiérarchie des intérêts. Le choc n’a pas seulement été géopolitique. Il a été moral. Le Sud global a compris par observation que les valeurs proclamées ne sont pas toujours les valeurs appliquées, et que l’universalité cesse souvent là où commencent les coûts stratégiques.</p>



<p>Ce que nous avons appris est terrible par sa simplicité, les valeurs, lorsqu’elles ne sont pas coûteuses pour ceux qui les défendent, cessent d’être des principes pour se transformer en slogans ; lorsqu’elles deviennent coûteuses, elles sont négociables. Ce n’est pas la morale qui a disparu, c’est sa prétention à l’universalité qui a été démasquée.</p>



<p>La démocratie elle-même, longtemps présentée comme une fin en soi, est défendue avec ferveur chez certains, relativisée chez d’autres, suspendue ailleurs au nom de la sécurité, de la stabilité, ou de l’équilibre régional. <strong></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">La fracture interne du Nord</h2>



<p>Cette perte de crédibilité des valeurs n’est pas uniquement une perception du Sud. Elle trouve aussi sa source au cœur même des sociétés développées. Le premier quart du XXIᵉ siècle a vu se fissurer la promesse interne du progrès avec une stagnation des classes moyennes, un déclassement éducatif et une insécurité économique diffuse.</p>



<p>Dans ce contexte, la solidarité internationale, le climat, l’aide au développement cessent d’apparaître comme des impératifs moraux pour devenir, aux yeux de millions de citoyens du Nord, des luxes abstraits. Le repli n’est pas seulement géopolitique ; il est social. Un monde anxieux finance difficilement un avenir qu’il ne croit plus pouvoir habiter dignement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La responsabilité des élites</h2>



<p>La désillusion est aussi le résultat d’une faillite des élites politiques, économiques et intellectuelles qui ont longtemps bénéficié de la mondialisation sans en assumer les coûts sociaux et moraux. Globalisées dans leur mode de vie, rarement exposées aux conséquences sociales ou environnementales de leurs décisions, elles ont pu transformer des choix profondément politiques en nécessités techniques.<br>Ce siècle n’a pas seulement révélé l’égoïsme des États ; il a exposé l’écart grandissant entre ceux qui décident et ceux qui paient. Or aucune architecture morale ne survit durablement à une telle asymétrie de responsabilité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De la bipolarité à la <strong>multipolarité</strong></h2>



<p>Le monde qui se recompose n’est plus réductible aux catégories familières du bipolarisme ou de l’hégémonie. Nous entrons dans une multipolarité hybride, où les alliances émergentes — Brics élargis, Organisation de coopération de Shanghai — ne se contentent pas de contester l’ordre occidental, mais expérimentent des formes inédites de gouvernance mêlant souveraineté régionale et échanges Sud-Sud … profondément asymétriques. Cette multipolarité fragmente les normes, les chaînes de valeur et les standards technologiques.</p>



<p>Pour le Sud global, l’enjeu n’est plus de choisir un camp, mais de naviguer entre des dépendances croisées — occidentales et chinoises — sans se laisser enfermer dans une subalternité.</p>



<p>Dans cette configuration instable, la multipolarité n’est ni une promesse automatique de justice, ni une fatalité de fragmentation ; elle devient une opportunité d’innovation diplomatique<strong>,</strong> à condition de penser les alliances non comme des loyautés idéologiques, mais comme des instruments stratégiques réversibles dans un monde de conflits hybrides.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’économie : de l’illusion de l’émergence à la révolution cognitive</h2>



<p>Sur le plan économique, le premier quart du siècle aura également clos une époque d’émergence <em>«mécanique»</em>, fondée sur des recettes désormais épuisées : industrialisation extensive, main-d’œuvre bon marché, insertion linéaire dans les chaînes de valeur mondiales, rattrapage technologique par imitation.</p>



<p>Le miracle asiatique a été un moment historique non reproductible à l’identique. Il reposait sur une mondialisation fluide, une énergie abondante, une finance permissive et un monde sans contraintes climatiques sérieuses. Aucun de ces piliers n’existe plus.</p>



<p>La nouvelle frontière ou rupture est la révolution cognitive. La richesse ne se mesure plus seulement en tonnes produites mais en capacité de production de biens et services complexes donc rares.</p>



<p>A titre d’exemple, un iPhone 17 – qui est un concentré de technologies – vendu aujourd’hui en Europe environ 1 450 euros, soit l’équivalent de près de 27 barils de pétrole aux prix actuels, ne contient pourtant qu’environ 200 grammes de matériaux et du plastique dont la valeur brute dépasse à peine un euro. Ce paradoxe dit tout, ce qui est rémunéré aujourd’hui n’est plus la matière, mais l’idée ; non plus le gisement minier, mais le gisement cognitif. À tel point que les ventes annuelles d’iPhone pèsent désormais davantage que l’ensemble des exportations pétrolières de l’Arabie saoudite.</p>



<p>Le centre de gravité de la richesse mondiale s’est déplacé irréversiblement de l’extraction vers la conception, du sous-sol vers le cerveau. Et pendant que le Nord maîtrisait cette révolution de la connaissance, une grande partie du Sud, encore prisonnière de ses matières premières, n’a pas vu venir ce renversement historique.</p>



<p>L’automatisation, l’IA générative, les infrastructures de données, les modèles d’apprentissage déplacent la valeur de la production vers la conception, de la matière vers l’intelligence. Il y a ceux qui creusent le sous-sol pour survivre, et ceux qui creusent le savoir pour dominer l’économie-monde.</p>



<p>En un mot, l’économie des dernières décennies récompensait l’usine ; celle de 2026 rémunère l’esprit.</p>



<p>Ainsi, la duplication des modèles asiatiques de réussite est devenue une impasse conceptuelle. Parce que ces modèles reposaient sur un monde stable, hiérarchisé, carbone-intensif, faiblement numérisé et abondant en emplois intermédiaires. Le monde de 2026, lui, est décarboné, cognitif, instable, ultra-technologique — un monde où concevoir vaut infiniment plus que produire.</p>



<p>Face à cette nouvelle réalité, une évidence s’impose, l’émergence des pays du Sud ne peut plus être une réplique ; elle doit devenir une invention. L’ambition du Sud global n’est plus de rattraper, mais de se reconfigurer. Non pas copier le passé des autres, mais inventer son propre futur.</p>



<p>Nous entrons dans un âge où la croissance peut subsister sans transformation, où le progrès peut se diffuser sans enrichissement, où l’innovation peut coexister avec le déclassement.</p>



<p>La question centrale de notre époque n’est donc plus comment croître, mais comment se transformer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La mutation du capitalisme</h2>



<p>Cette révolution cognitive ne transforme pas seulement la nature de la croissance ; elle modifie la structure même du capitalisme. La valeur ne se concentre plus dans la production, mais dans la capture des rentes intellectuelles, des données, des standards technologiques.<br>Nous sommes entrés dans un capitalisme où l’innovation peut coexister avec une concentration extrême des gains, où la connaissance devient un actif privatisé, et où l’avantage compétitif tend à s’auto-reproduire. Dans un tel système, l’injustice n’est plus une anomalie, elle devient un risque structurel.</p>



<p>L’éducation — longtemps traitée comme un secteur social parmi d’autres — est redevenue le cœur battant de la puissance économique.</p>



<p>Mais pas n’importe quelle éducation, une éducation qui forme à penser, pas seulement à exécuter ; à apprendre, pas seulement à reproduire ; à naviguer dans l’incertitude, pas à réciter des certitudes mortes. La révolution de l’intelligence artificielle (IA) ne remplace pas l’humain, elle sanctionne les systèmes éducatifs qui ont cessé de le cultiver.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’IA, un enjeu civilisationnel</h2>



<p>L’intelligence artificielle pose une question civilisationnelle. Qui contrôle les architectures cognitives ? Qui possède les modèles, les données, les capacités de calcul ?</p>



<p>Dans un monde où l’intelligence devient industrialisable, la dépendance n’est plus seulement énergétique ou financière, elle devient cognitive. Une société qui renonce à former ses esprits ne se contente pas de perdre en compétitivité, elle abdique une part de sa souveraineté intellectuelle. L’éducation redevient ainsi non seulement un levier de croissance, mais une condition de liberté.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La rareté des financements pour le développement</h2>



<p>Le monde qui s’ouvre n’est pas seulement plus conflictuel ; il est plus contraint. L’endettement généralisé des États, après une longue période de politiques monétaires accommodantes, referme la parenthèse de l’abondance financière. Les marges budgétaires se réduisent au moment même où les besoins explosent.</p>



<p>Les investissements massifs dans l’intelligence artificielle &#8211; uniquement aux USA, entre 5000 et 8000 milliards de dollars dans les quatre prochaines années – les budgets annuels de défense 5% du PIB européen et plus de 1000 milliards de dollars aux USA, la souveraineté technologique et énergétique (les besoins en énergies de l’IA représentent aux USA 25% de la consommation actuelle – Data centers) absorbent une part croissante de l’épargne mondiale. Le capital devient sélectif. Les financements concessionnels se raréfient. Les priorités s’arbitrent désormais entre urgences — et non plus entre projets vertueux.</p>



<p>La transition climatique<strong>— </strong>dont les besoins annuels de financement sont estimés entre6 000 et 7 500 milliards de dollars, incluant 2 400 à 3 300 milliards destinés aux pays en développement hors Chine —, longtemps érigée en grand chantier consensuel du XXIᵉ siècle, entre désormais dans une zone de tension critique. Elle se trouve en concurrence frontale avec d’autres priorités désormais perçues comme existentielles comme la sécurité géopolitique, la souveraineté technologique, la stabilité financière.</p>



<p>Le danger est que la justice climatique devienne la variable d’ajustement d’un monde à la fois surendetté, fragmenté et inquiet, où l’urgence immédiate l’emporte sur la responsabilité de long terme.</p>



<p>À cette équation déjà contrainte s’ajoute les besoins annuels globaux d’investissement de l’économie mondiale, toutes finalités confondues, atteignant environ 18 000 milliards de dollars, en sus des montants requis pour le climat, la sécurité et l’IA. Ce chiffre donne la mesure de l’étroitesse réelle des marges de manœuvre budgétaires des États et du poids croissant transféré vers le secteur privé — dont la soutenabilité globale, financière comme politique, demeure à ce stade largement inexplorée.</p>



<p><em>Cependant il y a un paradoxe moral vertigineux, les pays en développement (hors Chine) historiquement les moins responsables du réchauffement de la planète et qui ont le moins profité du carbone se voient sommés d’en assumer une part croissante du coût. C’est la logique la plus cruelle de ce siècle. </em><strong><em></em></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Quel avenir pour un monde plus «juste» ?</h2>



<p>La question centrale n’est donc plus que faut-il faire ? — nous le savons. Elle est devenue qu’est-ce qui est encore politiquement, financièrement et moralement possible?</p>



<p>Un monde plus juste ne naîtra pas de sermons moraux renouvelés. Il ne naîtra pas non plus d’un retour nostalgique à des universalismes abstraits. Il naîtra, s’il doit naître, d’un réalisme éthique &#8211; la capacité à reconstruire des valeurs non pas contre les intérêts de certains, mais en les reconfigurant.</p>



<p>Cela suppose trois ruptures majeures.</p>



<p>La première est intellectuelle : accepter que la justice mondiale ne sera pas uniforme, mais graduelle, négociée, imparfaite — et pourtant préférable au cynisme intégral.</p>



<p>La deuxième est institutionnelle : inventer des mécanismes de financement hybrides, mêlant capital privé, garanties publiques, innovation financière et discipline budgétaire, plutôt que d’attendre le retour d’un multilatéralisme généreux qui ne reviendra pas sous sa forme passée.</p>



<p>La troisième est éducative et civilisationnelle : réhabiliter l’idée que la puissance véritable d’une société réside dans la qualité de ses esprits, pas seulement dans la taille de son PIB ou de son arsenal militaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Parallèles historiques</h2>



<p>Le moment de désillusion susmentionnée n’est pas sans précédent dans l’histoire des civilisations. Rome, à la fin de sa puissance, découvrit que ses valeurs proclamées ne suffisaient plus à contenir ses contradictions internes ; l’Europe des Lumières, après avoir cru à la raison comme horizon auto-suffisant, dut affronter ses propres ombres au XIXᵉ siècle. Chaque cycle de maturation historique connaît ce point de bascule où les récits s’épuisent avant que les principes ne soient réinventés.</p>



<p>Enfin, le premier quart du XXIᵉ siècle ne nous lègue ni une morale clé en main ni un horizon rassurant ; il nous lègue une responsabilité. Celle de renoncer aux illusions confortables sans céder au cynisme, d’abandonner les universalismes incantatoires sans renoncer à l’exigence de justice. Le monde qui s’ouvre sera plus fragmenté, plus contraint, plus conflictuel — mais il peut aussi devenir plus honnête. À condition d’accepter que les valeurs ne précèdent plus le réel, mais qu’elles s’y éprouvent ; que la justice ne soit plus proclamée, mais construite ; et que la lucidité, loin d’être un aveu d’impuissance, devienne la vertu cardinale d’un siècle qui n’a plus le luxe de l’innocence. Ce n’est qu’à ce prix — et à ce prix seulement — que l’humanité pourra transformer la fin des certitudes en commencement d’une éthique pragmatique.</p>



<p><em>* Economiste, banquier et financier.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="oGuOeQ1eGR"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/19/tech-or-et-legitimite-des-etats-le-triangle-du-xxi%e1%b5%89-siecle/">Tech, or et «légitimité» des Etats | Le triangle du XXIᵉ siècle</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tech, or et «légitimité» des Etats | Le triangle du XXIᵉ siècle » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/19/tech-or-et-legitimite-des-etats-le-triangle-du-xxi%e1%b5%89-siecle/embed/#?secret=wu2WEF60ew#?secret=oGuOeQ1eGR" data-secret="oGuOeQ1eGR" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/18/xxi%e1%b5%89-siecle-ce-que-nous-avons-appris-et-ce-qui-sannonce/">XXIᵉ siècle | Ce que nous avons appris, et ce qui s’annonce</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/18/xxi%e1%b5%89-siecle-ce-que-nous-avons-appris-et-ce-qui-sannonce/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le divorce Nord-Sud &#124; La fracture du siècle ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/23/le-divorce-nord-sud-la-fracture-du-siecle/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/23/le-divorce-nord-sud-la-fracture-du-siecle/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Jul 2025 06:47:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Brics]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[droits de douanes]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Inde]]></category>
		<category><![CDATA[nord]]></category>
		<category><![CDATA[occident]]></category>
		<category><![CDATA[Sud Global]]></category>
		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
		<category><![CDATA[Yahya Ould Amar]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=17086563</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le divorce Nord-Sud, s’il menace, n’est pas une fatalité. Il est une alerte. Un monde plus harmonieux et plus juste est possible.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/23/le-divorce-nord-sud-la-fracture-du-siecle/">Le divorce Nord-Sud | La fracture du siècle ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Quelque chose d’essentiel est en train de se briser dans le silence des sommets internationaux. Ce n’est pas seulement une crise de confiance. C’est peut-être la fin d’un pacte, vieux de trois quarts de siècle, entre les deux mondes. Le Nord et le Sud. L’ordre et la marge. L’universel proclamé et l’univers ignoré.</em></strong></p>



<p><strong>Yahya Ould Amar *</strong></p>



<span id="more-17086563"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Ould-Amar-Yahya.jpg" alt="" class="wp-image-335526"/></figure>
</div>


<p>Les pays du Nord, avec leurs sanctions, tarifs douaniers, taxes carbone et normes strictes, cherchent-ils à s’isoler du Sud global ? Cette dynamique, qui s’intensifie à l’approche de 2030 (objectifs de l’Accord de Paris), soulève des enjeux décisifs pour l’économie mondiale, le commerce et la coopération internationale.</p>



<p>La question est de savoir si un divorce est déjà en cours, entre ceux qui croient incarner les règles… et ceux qui en subissent les conséquences.</p>



<p>Quelles sont les motivations des pays du Nord, les conséquences pour le Sud global et quelles sont les pistes pour un avenir équilibré&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une mondialisation à sens unique</h2>



<p>La mondialisation s’est bâtie sur une promesse : l’ouverture des marchés, le progrès partagé, le développement par la coopération. Cette promesse, renouvelée à Bandung en 1955 puis recyclée à chaque sommet du G7 ou de l’Onu, portait en elle un espoir : celui d’un monde qui, malgré les asymétries, finirait par se stabiliser dans la réciprocité.</p>



<p>Or, ce monde vacille. Les faits sont là : explosion des sanctions économiques unilatérales, extraterritorialité du droit américain, retrait des aides publiques au développement, fermeture implicite des marchés par le biais de normes environnementales, sociales, numériques.</p>



<p>À cela s’ajoute le retour d’un protectionnisme vert déguisé, où la taxe carbone devient barrière douanière, où la norme ESG (Environnemental Social et Gouvernance) devient instrument de tri géopolitique, où les chaînes de valeur sont reconfigurées non pour l’efficacité… mais pour la sécurité.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Kh18hrzpMf"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/20/leconomie-mondiale-en-panne-un-dereglement-temporaire-ou-une-mutation-irreversible/">L’économie mondiale en panne | Un dérèglement temporaire ou une mutation irréversible ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’économie mondiale en panne | Un dérèglement temporaire ou une mutation irréversible ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/20/leconomie-mondiale-en-panne-un-dereglement-temporaire-ou-une-mutation-irreversible/embed/#?secret=6S7DykDi3A#?secret=Kh18hrzpMf" data-secret="Kh18hrzpMf" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les valeurs universelles à l’épreuve des conflits</h2>



<p>Le Nord, longtemps chantre de l’universalisme moral, s’est lui-même piégé dans les contradictions de ses positions. En Ukraine, il invoque avec justesse le droit international, la souveraineté des États et la protection des civils. Mais ces principes deviennent soudain malléables, silencieux lorsqu’il s’agit de Gaza, du Yémen, de l’Iran, du Sahel ou d’autres théâtres oubliés. Le deux poids, deux mesures est devenu une constante : on arme certains au nom de la légitime défense, on condamne d’autres au nom de la paix. On célèbre la résistance ici, on la criminalise là. Cette dissonance creuse un fossé : celui d’un monde qui entend encore le discours du Nord, mais n’y croit plus. Car ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement la politique, c’est la crédibilité morale de tout un récit civilisationnel.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Démocratie : principe proclamé, réalité relativisée</h2>



<p>Régulièrement érigée en condition de partenariat, la démocratie est, pour les pays du Nord, un idéal sacralisé… mais souvent relativisé lorsqu’elle entre en conflit avec les intérêts géostratégiques. Ainsi, l’Occident continue de s’allier, d’armer, de financer ou de protéger des régimes autoritaires dès lors qu’ils garantissent la stabilité, l’accès à des ressources ou la limitation de l’influence d’un rival. On tolère l’oppression au nom de la <em>«stabilité régionale»</em>, on ferme les yeux sur la répression pour préserver un accord militaire ou énergétique.</p>



<p>Ce double discours ne fait que renforcer l’idée, dans les opinions du Sud, que la démocratie n’est pas une valeur universelle défendue par principe, mais un instrument de tri utilisé selon les convenances du moment. Un monde qui prêche la démocratie mais soutient l’autoritarisme mine, à terme, sa propre légitimité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’extrême droite au Nord : un miroir que le Sud observe</h2>



<p>Pendant que le Nord exige du Sud qu’il réforme ses institutions et respecte les droits de l’homme et ses minorités, l’extrême droite progresse spectaculairement dans les urnes occidentales. En Europe comme en Amérique du Nord, les discours de repli, de xénophobie, d’ethno-nationalisme ou de rejet de l’immigration s’installent au cœur des démocraties libérales. Les partis prônant la fermeture des frontières, la préférence identitaire ou la rupture avec les engagements internationaux gouvernent déjà, ou s’en approchent dangereusement.</p>



<p>Ce glissement n’échappe pas aux peuples du Sud : comment prendre au sérieux les injonctions démocratiques venues de nations qui peinent à protéger elles-mêmes l’universalité des droits ? La montée des extrêmes n’est pas qu’un phénomène local : elle entame le socle commun des valeurs partagées, et nourrit l’idée que l’ordre libéral occidental n’est peut-être plus qu’un vernis fragile sur une réalité profondément fracturée.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="pUUt867x3M"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/11/la-finance-mondiale-au-service-des-guerres-sans-fin/">La finance mondiale au service des guerres sans fin</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La finance mondiale au service des guerres sans fin » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/11/la-finance-mondiale-au-service-des-guerres-sans-fin/embed/#?secret=sS7ytTCv9v#?secret=pUUt867x3M" data-secret="pUUt867x3M" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une muraille économique : sanctions, tarifs, taxe carbone et normes strictes</h2>



<p>Les pays du Nord ont multiplié les outils économiques pour encadrer leurs relations avec le reste du monde. A titre d’exemple, depuis 2018, les sanctions économiques ont explosé, touchant des pays comme la Russie, la Chine, l’Iran… Mais pas Israël, accusé de génocide par la Cour pénale internationale (CPI).</p>



<p>Selon le <em>Global Sanctions Database</em>, plus de 12 000 sanctions étaient actives en 2024, un record historique, visant à limiter les échanges commerciaux avec des nations jugées en décalage avec les priorités stratégiques du Nord.</p>



<p>À cela s’ajoutent les tarifs douaniers, souvent utilisés comme vecteurs de supériorité. Par exemple ceux imposés en 2025 par l’Administration Trump. En 2023, l’Union européenne a imposé des droits de douane de 25 % sur certaines importations chinoises, notamment dans le secteur des véhicules électriques.</p>



<p>Ces mesures, combinées à des taxes environnementales comme la taxe carbone européenne (<em>Carbon Border Adjustment Mechanism</em> – CBAM ou Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières), qui entrera pleinement en vigueur au premier janvier 2026, visent à protéger les industries locales et à promouvoir des standards environnementaux élevés. Le CBAM taxera fortement les importations de produits à forte empreinte carbone notamment celles provenant du Sud global dans les secteurs de l’acier (Maghreb, Afrique australe, Inde), du ciment (Afrique de l’Ouest, Asie du Sud), de l’engrais (Afrique du Nord, Russie, Golfe), de l’aluminium (Guinée, Mozambique) et de l’électricité et hydrogène (Moyen-Orient, Afrique du Nord).</p>



<p>Mais ces politiques ne sont pas sans coût. Selon une étude de l’OCDE, le CBAM pourrait augmenter les coûts d’exportation pour les pays émergents de 1,5 à 2 % de leur PIB d’ici 2030, affectant particulièrement les économies dépendantes des matières premières. Les normes techniques et sanitaires, de plus en plus rigoureuses, compliquent également l’accès des produits du Sud aux marchés du Nord. Ainsi, les exportateurs agricoles doivent se conformer à des normes européennes sur les pesticides, souvent inaccessibles faute de moyens technologiques ou financiers.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La peur stratégique du Nord : perdre la maîtrise du récit</h2>



<p>Le Nord se referme essentiellement par peur. Peur de la démographie du Sud, environ 2,5 milliards de jeunes de moins de 25 ans. Peur du poids croissant de l’Inde, de la Chine, du Brésil. Peur de l’effondrement de la hiérarchie construite depuis ces deux derniers siècles (révolution industrielle). Peur de perdre le contrôle de l’Onu et des différentes institutions internationales, conçues autrefois comme des instruments au service de la domination. Peur, enfin, que les valeurs qu’il dit incarner — droits de l’homme, démocratie, État de droit — soient utilisées contre lui, à l’aune de ses propres contradictions.</p>



<p>Cette peur engendre un réflexe défensif : remplacer l’universel par l’identitaire, l’interdépendance par la méfiance, et l’aide par le tri. On sélectionne les partenaires. On sanctionne les désobéissants. On normativise les flux commerciaux. Le Sud global n’est plus vu comme un acteur, mais comme un problème à gérer, une instabilité à contenir, une énergie à canaliser.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="CX5IqR9otN"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/06/la-boite-de-pandore-americaine-lordre-mondial-au-bord-de-la-rupture/">La boîte de Pandore américaine : l’ordre mondial au bord de la rupture</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La boîte de Pandore américaine : l’ordre mondial au bord de la rupture » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/06/la-boite-de-pandore-americaine-lordre-mondial-au-bord-de-la-rupture/embed/#?secret=8UqGksmhAQ#?secret=CX5IqR9otN" data-secret="CX5IqR9otN" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une stratégie de repli ou une quête d’hégémonie ?</h2>



<p>Pourquoi les pays du Nord adoptent-ils des mesures de repli ?</p>



<p>D’un côté, ces mesures reflètent une volonté de protéger leurs économies face à la montée en puissance du Sud global, notamment la Chine et l’Inde, qui représentent respectivement 18 % et 7 % du PIB mondial en 2024 (selon le FMI). Pour le Nord, l’ascension économique et politique du Sud – illustrée par la montée du PIB combiné des Brics (36 % du PIB mondial en 2024, contre 31 % pour le G7) – représente une menace existentielle à sa domination historique. Les industries du Nord, confrontées à une concurrence accrue, cherchent à préserver leurs parts de marché. Par exemple, l’industrie solaire européenne, qui ne représente plus que 3 % de la production mondiale face à la domination chinoise (80 %), bénéficie de subventions massives et de barrières douanières.</p>



<p>D’un autre côté, ces mesures traduisent une ambition stratégique plus large : imposer un modèle économique et environnemental global. En imposant des normes strictes, le Nord cherche à forcer le Sud à adopter ses standards, sous peine d’exclusion économique. Cette approche, bien que justifiée par des impératifs climatiques, crée un déséquilibre. Les pays du Sud, souvent en phase d’industrialisation, n’ont ni les ressources ni les infrastructures pour se conformer rapidement.</p>



<p>Enfin de telles mesures risqueraient d’asphyxier économiquement les pays du Sud en affaiblissant la compétitivité de leurs produits.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un Sud plus lucide, mais pas moins coopératif</h2>



<p>Le Sud, pourtant, ne réclame ni charité ni rupture. Il demande une parole respectée, une place équitable, une dignité retrouvée. Il ne rejette pas la mondialisation, mais souhaite en réécrire les termes. Il ne récuse pas les valeurs démocratiques, mais refuse qu’elles soient imposées à géométrie variable. Il ne cherche pas à humilier le Nord, mais à ne plus s’humilier lui-même en acceptant des partenariats fondés sur le soupçon.</p>



<p>De Johannesburg à Djakarta, de Brasilia à Tunis, un mot revient : co-souveraineté. Pas pour se replier. Mais pour bâtir des échanges qui ne soient plus des rapports de force. Le Sud veut une Onu réformée, un Bretton Woods repensé, plus représentatif qui tienne compte des réalités du XXI<sup>e</sup> siècle. Il veut que la coopération cesse d’être conditionnelle et devienne contractuelle. Que l’aide cesse d’être outil d’influence et redevienne levier de justice.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Pl06zuYd00"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/21/trump-2024-nouvelle-fracture-mondiale-ou-reveil-strategique-du-sud-global/">Trump 2024 : Nouvelle fracture mondiale ou réveil stratégique du Sud Global ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Trump 2024 : Nouvelle fracture mondiale ou réveil stratégique du Sud Global ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/21/trump-2024-nouvelle-fracture-mondiale-ou-reveil-strategique-du-sud-global/embed/#?secret=4bX2ZJfcVr#?secret=Pl06zuYd00" data-secret="Pl06zuYd00" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le coût du divorce Nord-Sud</h2>



<p>Le coût du divorce Nord-Sud ne se mesure pas seulement en milliards de dollars de commerce perdu. Il se chiffre aussi en instabilité géopolitique, en rancœurs durables et en opportunités gâchées pour l’ensemble de l’humanité. Un monde où le Sud se referme par défiance et le Nord par crainte est un monde qui se prive de la moitié de ses talents, de ses ressources, de son dynamisme démographique. Selon la Banque mondiale, plus de 60 % de la croissance mondiale d’ici 2050 viendra du Sud global. Rompre les ponts, c’est refuser d’investir dans cette croissance, de participer à son encadrement, d’en tirer les fruits. C’est aussi risquer l’émergence de systèmes concurrents de normes, de monnaies, de récits, qui tourneraient le dos à la coopération multilatérale. Ce coût stratégique serait bien plus élevé que tous les bénéfices supposés du repli.</p>



<p>Pour le Sud, le coût est tout aussi redoutable : exclusion des chaînes de valeur, renchérissement des exportations, désindustrialisation prématurée. L’Afrique pourrait perdre jusqu’à 16 milliards de dollars par an d’accès préférentiel aux marchés occidentaux si les barrières environnementales ne sont pas rééquilibrées. À cela s’ajoute une perte d’espoir. Car un monde où les règles du jeu sont écrites sans ceux qui les vivent est un monde où la radicalisation, l’exode des talents, ou les conflits trouvent un terreau fertile. L’illusion d’un découplage serein est donc une chimère. Le divorce Nord-Sud serait un appauvrissement mutuel, un gaspillage tragique d’intelligence collective, un échec de civilisation. À l’heure où les défis sont mondiaux, la séparation est non seulement coûteuse — elle est absurde.</p>



<p>Le divorce Nord-Sud aurait un coût géopolitique incalculable : celui de la paix mondiale. Car l’exclusion nourrit la frustration, et la frustration engendre l’instabilité. En marginalisant le Sud, le Nord affaiblit les équilibres déjà précaires d’un monde traversé par les tensions identitaires, les fractures économiques et les chocs climatiques. Sans perspective d’équité, des pans entiers de la jeunesse du Sud — plus de deux milliards et demi de jeunes de moins de 25 ans — risquent de sombrer dans les bras de l’extrémisme, de l’exode ou de l’hostilité stratégique. En s’éloignant des mécanismes de dialogue et d’intégration, le système international s’expose à une multiplication de foyers de conflit — ouverts, hybrides ou silencieux — des Balkans à la bande sahélienne, du Pacifique à la mer Rouge.</p>



<p>La paix, dans un monde interdépendant, n’est jamais durable si elle est asymétrique. Rompre avec le Sud, c’est miner les fondations de la sécurité collective. C’est transformer la carte du monde en un archipel de méfiances. Et c’est surtout hypothéquer l’avenir d’un ordre mondial coopératif, fondé sur la reconnaissance mutuelle plutôt que sur la confrontation permanente.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="p50fkodZyV"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/14/le-sud-global-face-a-lillusion-de-la-croissance-verte/">Le Sud Global face à l’illusion de la croissance verte</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le Sud Global face à l’illusion de la croissance verte » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/14/le-sud-global-face-a-lillusion-de-la-croissance-verte/embed/#?secret=zTdCQE2B77#?secret=p50fkodZyV" data-secret="p50fkodZyV" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Des solutions pour un avenir commun</h2>



<p>Le divorce n’est pas inéluctable. Mais la thérapie de couple devra être honnête. Le Nord doit comprendre que la reconnaissance de la pluralité n’est pas un renoncement. Qu’un monde multipolaire n’est pas un monde anarchique. Qu’ouvrir la gouvernance des institutions internationales, ce n’est pas s’effacer, mais s’assurer de durer.</p>



<p>Quant au Sud, il devra prouver qu’il ne remplace pas un paternalisme par une victimisation. Qu’il construise, propose, réforme. Qu’il est capable d’unir ses voix non pas contre l’Occident, mais pour un monde mieux équilibré. Il devra enfin convaincre que la coopération reste un choix stratégique, non un réflexe du passé.</p>



<p>L’urgence aujourd’hui est d’éviter une fracture systémique entre le Nord et le Sud. Pour cela, des mesures concrètes et équilibrées doivent être mises en œuvre afin de transformer la relation historique de dépendance en un partenariat de codéveloppement.</p>



<p>Première urgence : réduire les barrières non tarifaires qui étranglent les PME du Sud, en particulier dans les secteurs agricoles et manufacturiers. L’assouplissement ciblé des normes techniques, couplé à des dispositifs de certification financés par les pays du Nord, permettrait d’ouvrir l’accès aux marchés tout en élevant les standards locaux.</p>



<p>En parallèle, le développement des infrastructures vertes dans le Sud constitue un impératif à la fois climatique et économique. Mobiliser au moins 100 milliards de dollars par an — via des fonds multilatéraux pilotés par la Banque mondiale — permettrait d’accélérer la mise en œuvre de projets d’énergie renouvelable en Afrique, en Asie du Sud-Est et en Amérique latine. Ce rééquilibrage géo-énergétique renforcerait l’autonomie du Sud, créerait des millions d’emplois et réduirait significativement les émissions globales. Parallèlement, il conviendrait de réformer le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) pour qu’il ne pénalise pas les économies vulnérables. L’introduction d’exemptions transitoires (2026–2030), accompagnées d’un appui technique à la transition bas-carbone, permettrait d’éviter que cet outil environnemental ne devienne un levier de désindustrialisation forcée.</p>



<p>En somme, repenser la coopération passe par la consolidation des marchés régionaux du Sud et la mise en place d’un dialogue multilatéral structurant. En soutenant des initiatives comme la Zlecaf ou l’Asean par des transferts technologiques, le Nord contribuerait à la résilience du commerce mondial tout en limitant les effets de dépendance asymétrique. Mais au-delà de l’économique, un dialogue politique permanent sous l’égide de l’Onu, intégrant gouvernance, fiscalité équitable, normes et transition écologique, est nécessaire pour rétablir la confiance. Dans un monde incertain, c’est par le dialogue, la justice économique et la codécision que l’on évitera la fragmentation, en construisant non un monde cloisonné, mais un avenir réellement commun.</p>



<p>Enfin, malgré les dissonances, les fractures et les ressentiments accumulés, l’Histoire n’est pas écrite au passé. Le divorce Nord-Sud, s’il menace, n’est pas une fatalité. Il est une alerte. Un moment charnière où les nations doivent choisir entre la crispation ou la co-construction, entre l’égoïsme stratégique et l’intelligence partagée. Ce qui se joue aujourd’hui dépasse les équilibres commerciaux ou les querelles normatives : il s’agit de redéfinir, ensemble, les fondations morales, politiques et économiques d’un monde habitable pour tous.</p>



<p>Car il n’y aura pas de prospérité durable dans un monde à deux vitesses. Pas de stabilité si l’on continue à nier l’égalité des dignités. Pas de transition écologique réussie si elle s’accompagne d’une exclusion systémique. L’humanité est face à un mur, mais elle en détient les briques. À condition de reconstruire non pas un nouveau rideau de fer, mais une architecture de confiance. De parler enfin d’égal à égal. D’échanger savoirs, capitaux, innovations et modèles, dans le respect des histoires, des cultures et des aspirations.</p>



<p>Le XXI<sup>e</sup> siècle peut encore être celui d’un sursaut collectif. Si le Nord accepte de ne plus imposer, et si le Sud choisit de ne plus subir. Si les deux s’engagent à bâtir un monde multipolaire non pas comme champ de rivalités, mais comme creuset de solidarités. C’est à cette condition que l’humanité pourra relever ses défis communs : climat, santé, paix, technologies. Et faire émerger non pas deux mondes qui s’ignorent, mais un destin partagé, fondé non sur la domination… mais sur la reconnaissance. L’avenir reste une promesse, à condition d’oser le rêver ensemble.</p>



<p><em>* Economiste, banquier et financier.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/23/le-divorce-nord-sud-la-fracture-du-siecle/">Le divorce Nord-Sud | La fracture du siècle ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/23/le-divorce-nord-sud-la-fracture-du-siecle/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Trump met le feu aux poudres &#124; Le monde retient son souffle</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/14/trump-met-le-feu-aux-poudres-le-monde-retient-son-souffle/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/14/trump-met-le-feu-aux-poudres-le-monde-retient-son-souffle/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Apr 2025 08:31:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Brics]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[Donald Trump]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[guerre commerciale]]></category>
		<category><![CDATA[Japon]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=16175677</guid>

					<description><![CDATA[<p>La nouvelle stratégie de Trump sera-t-elle gagnante ou ses décisions unilatérales vont-elles déclencher un incendie qui embrasera également l’Amérique?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/14/trump-met-le-feu-aux-poudres-le-monde-retient-son-souffle/">Trump met le feu aux poudres | Le monde retient son souffle</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Donald Trump se présente comme le «Pdg» de l’Amérique, le magnat qui allait mettre désormais les Etats-Unis sur la voie de la prospérité : croissance soutenue, création d’emploi, réduction d’impôt, renaissance industrielle, etc.</em></strong> <strong><em>Il assume  la présidence comme si les Etats-Unis étaient une entreprise personnelle, à la seule différence, cruciale, que lorsqu’une entreprise fait faillite, elle ferme ses portes, par contre, lorsqu’un gouvernement échoue, qui paye la facture ?</em></strong></p>



<p><strong>Habib Glenza</strong></p>



<span id="more-16175677"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/05/Habib-Glenza.jpg" alt="" class="wp-image-155577"/></figure>
</div>


<p>Durant les quatre années du premier mandat de Trump, la croissance du PIB était&nbsp;de 2,3%,&nbsp;un taux inférieur à celui des années Obama&nbsp;(2,9%)&nbsp;et largement en dessous des&nbsp;4 voire&nbsp;5%, par an qu’il avait promis lors de sa campagne électorale! Pire encore, durant ces mêmes années, la dette américaine a augmenté de&nbsp;7,8 milliards de dollars.</p>



<p>C’est ce que disent tous les responsables américains, mais en réalité ce que fait aujourd’hui le président Trump pour rendre à l’Amérique sa grandeur est contraire à la déontologie, aux chartes et institutions internationales que les Américains ont largement inspirées au lendemain de la 2<sup>e</sup> guerre mondiale, à l’instar de l’Organisation internationale du commerce (OIC), créée en mars 1948 et prévue par la Charte de la Havane, dans le contexte de l’harmonisation des politiques commerciales internationales, ou de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), dont les statuts furent négociés et signés en avril 1994 à Marrakech, par la majeure partie des puissances commerciales du monde, y compris les Etats-Unis, et ratifiés par leurs assemblées parlementaires. </p>



<p>Trump, qui veut faire table-rase de tout cela et imposer de nouvelles règles commerciales, entame son second mandat présidentiel en déclarant la guerre au reste du monde au nom du principe de l’Amérique d’abord. </p>



<h2 class="wp-block-heading">La folie des grandeurs</h2>



<p>Depuis la chute de l’URSS, l’Amérique fait cavalier seul, en fomentant des guerres assez coûteuses : en Yougoslavie, en Irak, en Afghanistan ou en Libye, qui ont conduit à une dette colossale estimée aujourd’hui à 36 000 trillions de dollars! Pendant ce temps, les pays asiatiques ont réduit l’écart technologique qui les séparait de l’oncle Sam, devenant des puissances économiques que Trump cherche à stopper avant qu’il ne soit trop tard. </p>



<p>En imposant de lourds droits douaniers aux pays&nbsp;<em>«amis»</em> comme&nbsp;ceux de l’Union européenne (UE), la Norvège, le Canada, le Japon et la Corée&nbsp;du Sud, Trump les a mis, à l’insu de son plein gré, dans l’orbite économique de la Chine. Le rapprochement des ces pays avec la Chine pourrait, en effet, aboutir à un accord de libre échange&nbsp;historique. Ces&nbsp;pays peuvent également&nbsp;rejoindre le groupe des Brics+, ce qui peut conduire à l’effondrement du dollar et, par la suite, à la dégringolade de l’économie américaine. La folie des grandeurs de Trump a poussé les&nbsp;amis de l’Amérique à ne plus faire confiance aux dirigeants yankees et au dollar, monnaie&nbsp;de référence&nbsp;jusqu’à ce&nbsp;jour.&nbsp;</p>



<p>Des pays comme le Japon, qui ont acheté des bons de trésor d’une valeur de plusieurs trillions&nbsp;de dollars, sont en train&nbsp;de les vendre sur les marchés boursiers, de peur que ces valeurs finissent&nbsp;comme les&nbsp;300 milliards&nbsp;de dollars de la Russie.</p>



<p>En se voyant imposer de lourds droits de douane à ses exportations vers les Etats-Unis, la Chine a très&nbsp;vite réagi en imposant le même taux sur les importations de produits en provenance des Etats-Unis. Réponse du berger à la bergère. Résultat&nbsp;: les agriculteurs américains&nbsp;ont vu leurs ventes chuter, des millions de tonnes de soja ont pourri dans des silos parce que la Chine a cessé d’en acheter. Obligeant les Etats-Unis à accorder des milliards de dollars de subvention à leurs agriculteurs, ce qui fait augmenter la dette d’un cran. Aussi, une question est aujourd’hui sur toutes les lèvres&nbsp;: la nouvelle stratégie&nbsp;de Trump sera-t-elle gagnante ou ses décisions unilatérales vont-elles déclencher un incendie qui embrasera également l’Amérique?</p>



<p>La plus grande économie du monde se présente de plus en plus comme un château de cartes&nbsp;: elle affaiblit les anciennes alliances et provoque l’instabilité&nbsp;budgétaire et la perte de confiance dans les institutions démocratiques.</p>



<p>Voilà où risque de mener la folie des grandeurs d’un dirigeant politique qui croit que le monde est à ses pieds.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les Européens et les Arabes dans leurs petits souliers </h2>



<p>Les 27 membres de l’Union européenne (UE), quant à eux, n’ont pas retenu la leçon de Harry John Temple, un ancien homme d’Etat britannique du 19<sup>e</sup> siècle, qui disait: «<em>Nous n’avons ni d’alliés perpétuels ni d’ennemis</em>&nbsp;<em>éternels. Seuls nos intérêts&nbsp;sont perpétuels&nbsp;et éternels</em>». Ils découvrent aujourd’hui qu’ils n’ont plus d’amis et le groupe est en pleine débandade, le fameux parapluie américain sous lequel elle s’était longtemps abritée est en passe de devenir un couteau planté dans le dos.</p>



<p>Les pays arabes, et notamment ceux du Golfe, détiennent&nbsp;des fortunes colossales qu’ils sont prêts à offrir à&nbsp;Trump pour qu’il les défende contre la menace du <em>«frère musulman»</em> iranien, alors que leur ennemi existentiel est Israël, aujourd’hui gouverné par un gouvernement d’extrême droite.</p>



<p>Ces pays, qu’ils soient riches ou pauvres, ne comptent pas sur l’échiquier mondial, car ils sont dénués de tout poids politique, économique ou militaire. Ils finiront par être chassés de leurs territoires par les Judéo-américains, comme ce fut le cas en 1492, après la&nbsp;<em>«Reconquista»</em>&nbsp;de l’Andalousie par les chrétiens&nbsp;du nord de l’Espagne, et suite aux guerres fratricides que se sont livrées les royaumes des&nbsp;Taifas&nbsp;au XI<sup>e</sup> siècle&nbsp;(1009-1091).</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="BJCMjzekcR"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/07/protectionnisme-de-trump-le-dollar-dans-une-zone-de-turbulence/">Protectionnisme de Trump | Le dollar dans une zone de turbulence</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Protectionnisme de Trump | Le dollar dans une zone de turbulence » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/07/protectionnisme-de-trump-le-dollar-dans-une-zone-de-turbulence/embed/#?secret=bDfH8N3KZb#?secret=BJCMjzekcR" data-secret="BJCMjzekcR" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/14/trump-met-le-feu-aux-poudres-le-monde-retient-son-souffle/">Trump met le feu aux poudres | Le monde retient son souffle</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/14/trump-met-le-feu-aux-poudres-le-monde-retient-son-souffle/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>3</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>16e Sommet des Brics: le tournant de Kazan</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/16/16e-sommet-des-brics-le-tournant-de-kazan/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/16/16e-sommet-des-brics-le-tournant-de-kazan/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Oct 2024 06:59:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Brics]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[dédollarisation]]></category>
		<category><![CDATA[Etata-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Isidoros Karderinis]]></category>
		<category><![CDATA[Kazan]]></category>
		<category><![CDATA[occident]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Sud Global]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=14236378</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le sommet des Brics, qui se tiendra dans quelques jours à Kazan, en Russie, marquera le début d'un monde réellement multipolaire. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/16/16e-sommet-des-brics-le-tournant-de-kazan/">16e Sommet des Brics: le tournant de Kazan</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le sommet des Brics se tiendra à Kazan, la capitale du Tatarstan, une ville russe située au confluent des rivières Volga et Kazanka dans le centre de la Russie européenne, du 22 au 24 octobre 2024.</em></strong> <strong><em>Il devrait marquer le début de la fin du dollar américain comme seule monnaie de réserve mondiale, le déclin de la domination des États-Unis et du monde occidental en général, et le début d’un monde multipolaire.</em></strong></p>



<p><strong>Isidoros Karderinis </strong>*</p>



<span id="more-14236378"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/04/Isidoros-Karderinis.jpg" alt="" class="wp-image-12463304" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/04/Isidoros-Karderinis.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/04/Isidoros-Karderinis-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/04/Isidoros-Karderinis-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Au 1er janvier 2024, cinq nouveaux pays ont rejoint cette coalition, qui comptait quatre membres (Brésil, Russie, Inde et Chine) lors de sa fondation en 2009 et à laquelle l’Afrique du Sud a adhéré en 2010. Il s’agit de l’Égypte, de l’Iran, des Émirats arabes unis, de l’Éthiopie et de l’Arabie saoudite, qui n’a cependant pas franchi le pas final de son adhésion à l’alliance du<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/14/montee-du-sud-global-et-declin-de-la-domination-de-loccident/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> Sud Global </a>et participe en tant que visiteur-observateur aux réunions du bloc.</p>



<p>Ce fait est un indicateur fort du pouvoir croissant de l’union et de son rôle dans les affaires internationales. Les Brics attirent un nombre toujours croissant de partisans et de pays partageant les mêmes idées, principes et valeurs fondamentaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des puissances économiques montantes</h2>



<p>Les Brics sont présentés comme une alternative à ce que ses membres considèrent comme des institutions contrôlées par l&rsquo;Occident, telles que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Les nouveaux membres peuvent potentiellement accéder au financement par l’intermédiaire de la banque de développement de la coalition, ainsi qu’élargir leurs relations politiques et commerciales.</p>



<p>Ainsi, les pays Brics représentent collectivement aujourd’hui 45% de la population mondiale avec environ 3,5 milliards de personnes, un tiers de la surface solide de la Terre, 44% de la production pétrolière mondiale totale ainsi que près d’un tiers du PIB mondial, soit environ 29 trilliards de dollars, ayant dépassé en termes de parité de pouvoir d’achat le G7, le groupe des sept économies les plus puissantes du monde développé.</p>



<p>Le président russe Vladimir Poutine a souligné que les pays du Brics se développent à un rythme très rapide et ce rythme va continuer à s’intensifier. Leur force économique s’exprime au-delà des autres au niveau du FMI où leur quote-part de 8,4% en 2001 atteint 25,8% en 2022, tandis que dans la même période la quote-part du G-7 a diminué de 64,6% à 42,9%.</p>



<p>Les Brics et l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) luttent ensemble contre le système économique néocolonial imposé par l’Occident et se complètent mutuellement, leur objectif principal étant la dédollarisation, tandis que les Brics s’élargissent à de nouveaux pays et deviennent plus forts. Et ils se complètent mutuellement car l’OCS ne peut pas à elle seule créer un système monétaire unique qui serait une alternative au dollar américain.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="IbmzqmwUOy"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/14/montee-du-sud-global-et-declin-de-la-domination-de-loccident/">Montée du Sud Global et déclin de la domination de l’Occident</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Montée du Sud Global et déclin de la domination de l’Occident » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/14/montee-du-sud-global-et-declin-de-la-domination-de-loccident/embed/#?secret=C8zktcmxo4#?secret=IbmzqmwUOy" data-secret="IbmzqmwUOy" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Dédollarisation des échanges mondiaux</h2>



<p>Les Brics n’existeraient finalement pas sans l’OCS, car cette dernière est une communauté internationale d’États qui constituent objectivement le noyau de la confrontation avec le monde centré sur les États-Unis.</p>



<p>Le sommet d’octobre à Kazan confirmera le droit volontaire des membres de la coalition Brics à dédollariser les échanges commerciaux et financiers entre eux et fera un pas de plus vers la création d&rsquo;une monnaie pour l&rsquo;Alliance -même si cet objectif est difficile- ce qui portera clairement atteinte à la grande arme monétaire des États-Unis. La Russie effectue déjà 75% de ses échanges commerciaux en dehors du dollar.</p>



<p>L’annonce d’un nouveau système de paiement international, une alternative à Swift, pourrait surprendre, alors que les rumeurs se multiplient selon lesquelles les membres de la coalition sont en train de finaliser les consultations et procédures techniques. La demande des Brics pour un système Swift alternatif est un objectif déclaré depuis 2015. Le premier problème était et reste celui des règlements en monnaies nationales, c’est-à-dire des taux de change sans la médiation du dollar. Dans ce contexte, les Brics se sont engagés l’année dernière à adopter une éventuelle monnaie commune ou quelque chose de similaire.</p>



<p>La volonté de plusieurs États de la <em>«périphérie»</em> de se libérer du dollar est également particulièrement importante. C’est ainsi que l’on voit, par exemple, les pays d’Asie du Sud-Est, comme la Malaisie, la Thaïlande –qui devrait être accepté au sein des Brics lors du sommet de Kazan– et le Vietnam aller dans cette direction. Il convient de noter que 60% des échanges commerciaux entre la Russie et le Vietnam se font désormais sans dollar américain ni euro.</p>



<p>La coopération positive et constructive avec tous les pays intéressés, les quelque 30 pays qui frappent à la porte des Brics, dont le Mexique, le Bangladesh, l’<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/25/lalgerie-et-les-brics-les-dessous-dun-camouflet-diplomatique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Algérie</a>, riche en ressources pétrolières et gazières, le Congo, le Nigéria, le pays le plus peuplé d&rsquo;Afrique, etc., sera une priorité clé de la coalition et qui vise également à renforcer la coopération dans les contacts culturels et humanitaires, à promouvoir la coopération dans les domaines de la science, de la haute technologie, des soins de santé, de la protection de l’environnement, de la culture, des sports, des échanges de jeunes et de la société civile.</p>



<p>Il convient de noter que l’alliance des Brics a adressé sa première invitation au Venezuela, riche en ressources naturelles, pour participer au 16<sup>e</sup> sommet de Kazan. Si ce pays rejoint les Brics et cesse de vendre des quotas pétroliers aux entreprises américaines, les conséquences pourraient être désastreuses pour les États-Unis.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="HBIQSrQFxj"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/25/lalgerie-et-les-brics-les-dessous-dun-camouflet-diplomatique/">L’Algérie et les Brics : les dessous d&rsquo;un camouflet diplomatique</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’Algérie et les Brics : les dessous d&rsquo;un camouflet diplomatique » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/25/lalgerie-et-les-brics-les-dessous-dun-camouflet-diplomatique/embed/#?secret=5XYDqWgWuq#?secret=HBIQSrQFxj" data-secret="HBIQSrQFxj" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Des relations internationales exemptes de diktats</h2>



<p>Construire un système de relations internationales plus juste et plus démocratique, exempt de diktat, de violence et de pression des sanctions et basé sur une réelle égalité, est en même temps l’objectif clair de la coalition des Brics.</p>



<p>Les pays du Sud doivent se débarrasser du colonialisme économique et contrôler leurs propres ressources productrices de richesses par un front de <em>«décolonisation»</em>. Cela peut se faire en premier lieu par la <em>«dédollarisation»</em> du commerce mondial. Cette évolution a commencé avec la vente du pétrole par les principaux producteurs en monnaie nationale, ou avec l’expulsion des Français d’Afrique de l’Ouest, où ils obtenaient au Niger l’uranium pour leurs centrales nucléaires à un prix très bas par rapport au prix du commerce international.</p>



<p>Les Brics, bien que développant de manière dynamique la coopération entre eux dans plusieurs domaines, n&rsquo;ont pas acquis la structure et l&rsquo;organisation d&rsquo;autres organisations internationales, une question qui sera probablement examinée lors du sommet de Kazan puisque les priorités politiques de la présidence russe incluent la <em>«promotion du développement institutionnel des Brics»</em>.</p>



<p>En conclusion, il convient de souligner que le sommet de Kazan marquera le début de la fin du dollar américain comme seule monnaie de réserve mondiale, le déclin de la domination des États-Unis et du monde occidental en général, et l’aube d’une nouvelle ère, celle d’un monde multipolaire démocratique.</p>



<p>* <em>Journaliste, romancier et poète natif de la Grèce.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="qZwm6kFItt"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/19/la-tunisie-le-fmi-et-les-brics/">La Tunisie, le FMI et les Brics</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie, le FMI et les Brics » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/19/la-tunisie-le-fmi-et-les-brics/embed/#?secret=Qt4ig8Ir9D#?secret=qZwm6kFItt" data-secret="qZwm6kFItt" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/16/16e-sommet-des-brics-le-tournant-de-kazan/">16e Sommet des Brics: le tournant de Kazan</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/16/16e-sommet-des-brics-le-tournant-de-kazan/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Tunisie : les batailles perdues à l’avance de Kaïs Saïed </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/04/tunisie-les-batailles-perdues-a-lavance-de-kais-saied/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/04/tunisie-les-batailles-perdues-a-lavance-de-kais-saied/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Sep 2023 11:28:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Banque Mondiale]]></category>
		<category><![CDATA[Brics]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Sadok Zerelli]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[FMI]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=9641190</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pourquoi les batailles que le président Kaïs Saïed veut livrer sont-elles perdues à l’avance? </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/04/tunisie-les-batailles-perdues-a-lavance-de-kais-saied/">Tunisie : les batailles perdues à l’avance de Kaïs Saïed </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La stratégie du président Kaïs Saïed qui transparaît de ses monologues repose essentiellement sur un certain nombre de batailles qu’il veut livrer pour tenir les engagements qu’il a pris vis-à-vis de ses électeurs et améliorer les conditions de vie de la population, en particulier celles des couches les plus défavorisées.&nbsp;L’objet de cet article est de montrer le caractère idéaliste sinon utopique cette stratégie et d’expliquer, le plus clairement et le plus objectivement possible, pourquoi les batailles qu’il veut livrer sont, de l’avis d’un humble économiste, perdues à l’avance.</em></strong>&nbsp;</p>



<p>Par <strong>Dr Sadok Zerelli</strong>&nbsp;*</p>



<span id="more-9641190"></span>



<p>Comme tout citoyen tunisien (du moins un certain nombre d’entre eux), je suis l’actualité politique, économique et sociale dans mon pays. En particulier, j’écoute non pas les discours du président Kaïs Saïed puisque son auditoire se limite à autrefois une et maintenant un chef de gouvernement qui ne font, l’une et l’autre, qu’opiner de la tête, mais plutôt ses monologues diffusés sur la première chaîne nationale ou dans les médias.&nbsp;</p>



<p>Comme tout citoyen tunisien, j’essaie de déchiffrer ces monologues, d’y déceler une logique s’il y en a une et la vision de notre président sur l’avenir de ce pays dont il a pris la responsabilité, devant Dieu et les générations futures, de diriger seul.&nbsp;</p>



<p>Au niveau de la forme de ces monologues, je relève un ton professoral qui me rappelle mes années d’étudiant à l’université où certains enseignants (heureusement peu nombreux) débitent leurs cours sur un ton monotone que les étudiants doivent noter mot à mot sans discuter et surtout sans chercher à comprendre et encore moins à contester. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Aversion des chiffres</h2>



<p>J’y relève aussi l’aversion de notre président pour les chiffres qu’il ne cite presque jamais pour argumenter son raisonnement et convaincre les auditeurs. Quand il lui est arrivé d’en citer quelques uns, il a quelquefois confondu entre millions et milliards de dinars ou indiqué des montants astronomiques et manifestement irréalistes.</p>



<p>Ainsi, je n’ai jamais entendu notre président évoquer des taux de croissance économique ou d’inflation ou de chômage ou des montants d’investissement ou de déficit budgétaire ou de dette extérieure, etc.</p>



<p>Personnellement, je mets cette aversion des chiffres sur le dos de la discipline qu’il a enseignée durant toute sa carrière universitaire, le droit constitutionnel, qui est une matière qu’on peut apprendre de A à Z et y faire les recherches les plus approfondies sans avoir besoin à aucun moment de manipuler aucun chiffre, à part des dates ou des numéros d’articles de telle ou telle constitution.</p>



<p>Cette aversion des chiffres est compréhensible vue la formation juridique de notre président, mais frustrante pour les auditeurs, surtout pour ceux de formation économique comme moi-même, qui ne comprennent que le langage des chiffres et des agrégats, seuls indicateurs objectifs pour refléter fidèlement la réalité économique et sociale dans un pays.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="i6UsgFXUom"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/18/leconomie-expliquee-a-kais-saied-en-quatre-lecons/">L’économie expliquée à Kaïs Saïed en quatre leçons</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’économie expliquée à Kaïs Saïed en quatre leçons » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/18/leconomie-expliquee-a-kais-saied-en-quatre-lecons/embed/#?secret=jD1tnSEygJ#?secret=i6UsgFXUom" data-secret="i6UsgFXUom" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Sur le plan des thèmes qu’il développe dans ses monologues, je relève, ainsi que certainement tous les Tunisiens qui l’écoutent, qu’il s’agit des mêmes messages et des mêmes slogans qu’il répète en boucle depuis qu’il est devenu président de la république et quelques fois même depuis 2012, quand il a commencé à apparaître à la télé comme expert juridique pour commenter l’actualité politique de l’époque. J’en cite quelques uns à titre illustratif et non exhaustif : <em>«il y a des traîtres et ennemis du peuple qui veulent semer le chaos», «des corrompus qui veulent affamer le peuple», «la Tunisie n’est pas à vendre», «le peuple sait ce qu&rsquo;il veut»</em>, etc.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Populisme, idéalisme, imprécision &nbsp;</h2>



<p>Personne, moi en premier, ne doute des bonnes intentions et de la sincérité de notre président. Cependant, force est de relever le caractère flou de ces slogans et ces messages (il ne cite jamais les noms&nbsp; et n’apporte aucune preuve de ce qu’il avance) populistes (ils s’adressent avant tout à la base électorale qui l’a élu), et ce qui est plus grave, qui divisent les Tunisiens en bons citoyens (les pauvres et les marginaux) et en mauvais citoyens (les politiciens, les hommes d’affaires et les intellectuels).&nbsp;&nbsp;</p>



<p>En tout état de cause, ces déclarations enflammées et ces discours belliqueux ne constituent pas un programme de gouvernement et ne présentent aucune vision ou stratégie du président pour sauver le pays de la grave impasse dans laquelle il se trouve, tant sur le plan politique qu’économique et social.&nbsp;</p>



<p>Plus exactement, la stratégie qui transparaît de ces monologues repose essentiellement sur un certain nombre de batailles qu’il veut livrer pour tenir les engagements qu’il a pris vis-à-vis de ses électeurs et améliorer les conditions de vie de la population, en particulier celles des couches les plus défavorisées.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>L’objet de cet article est de montrer le caractère idéaliste sinon utopique de la stratégie choisie par notre président et d’expliquer, le plus clairement et le plus objectivement possible, pourquoi les batailles qu’il veut livrer sont, à mon humble avis d’économiste, perdues à l’avance.&nbsp;</p>



<p><strong><em>1- L’exigence de la révision des accords de Bretton Woods, comme condition pour accepter le prêt de 1,9 Milliards de dollars du FMI :</em></strong></p>



<p>La pratique dans tout système financier international, ou même national, est que le prêteur impose ses conditions à l’emprunteur pour s’assurer que celui-ci sera capable de rembourser dans les délais le prêt qu’il va lui accorder. L’emprunteur est libre d’accepter ces conditions et de contracter le prêt ou de les refuser et&nbsp;renoncer au prêt.</p>



<p>Déjà, le fait que notre président inverse les rôles et veut poser ses propres conditions pour qu’il veuille bien accepter que le FMI nous accorde le prêt de 1,9 milliards de dollars dont nous avons si besoin pour financer le gap de notre budget pour l’année 2023, constitue en soi une première dans les annales de la finance internationale et dénote une méconnaissance totale des mécanismes de fonctionnement du système financier international et des procédures d’octroi de crédits des bailleurs de fonds.</p>



<p>Mais là où cela surprend encore plus et rend cette bataille encore plus perdue à l’avance est qu’il demande pas moins que la révision du système monétaire international et la réforme du FMI, basés sur les accords de Breton Woods. Ce faisant, il ne semble pas réaliser que&nbsp; toute la puissance économique et donc militaire des États -Unis repose sur ce système monétaire international et le rôle qu’y joue le Dollar et qu’en proposant de le démanteler, il déclare en quelque sorte la guerre aux Etats-Unis. Pour bien expliquer cela, un bref rappel de l’évolution historique du système monétaire international est nécessaire pour les lecteurs et les lectrices qui ne sont pas familier(e)s avec ces questions.&nbsp;</p>



<p>Pendant très longtemps, le système monétaire international était basé sur ce qu’on appelle un système d’<em>«étalon-or»</em> c’est-à-dire un système dans lequel la monnaie de chaque pays était définie par rapport à l’or et selon une parité fixe.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="X9D1PQ43RM"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/04/tunisiens-arretons-de-mendier-et-mettons-nous-au-travail/">Tunisiens, arrêtons de mendier et mettons-nous au travail!</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisiens, arrêtons de mendier et mettons-nous au travail! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/04/tunisiens-arretons-de-mendier-et-mettons-nous-au-travail/embed/#?secret=kS3eSYND56#?secret=X9D1PQ43RM" data-secret="X9D1PQ43RM" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>A la suite du crash économique de 1929 et juste à la fin de la deuxième guerre mondiale, les représentants des pays vainqueurs de cette guerre, sauf l’ex-URSS, se sont réunis en 1944 dans la petite ville américaine du nom de Bretton Woods et ont mis en place un nouveau système monétaire international qu’on appelle système de <em>«change-or»</em> selon lequel seul le dollar américain est défini par rapport à l’or par une parité fixe ( 35 $ valent une once d’or, unité de mesure anglaise qui correspond à environ 33 grammes) et toutes les monnaies des autres pays sont définies par rapport au dollar, donc indirectement à l’or, selon des taux de change flexibles qui résultent de l’offre et de la demande de leurs monnaies par rapport au dollar.</p>



<p>Dans ce nouveau système, la Banque Centrale de chaque pays est libre de détenir ses réserves en dollars ou en or en demandant à tout moment à la Fed (banque centrale américaine) leur conversion des dollars qu’elle détient en or que les Etats-Unis s’engagent à honorer selon la parité fixée de 35 $ valant une once d’or.</p>



<p>C’est ainsi que fut créé le FMI qui avait à l’origine pour mission principale de faciliter le fonctionnement de&nbsp;ce système de change-or, tandis que la Banque Mondiale fut créée en même temps avec pour mission le financement des projets d’investissement dans les pays en développement.&nbsp;</p>



<p>Ce nouveau système monétaire international donne un avantage exorbitant aux Etats-Unis qui est le seul pays au monde à pouvoir disposer d’autant de dollars qu’il veut sans avoir besoin de produire et d’exporter davantage de marchandises ou d’extraire/acheter davantage d’or, alors que tous les autres pays du monde y sont astreints.</p>



<p>Les Américains ont abusé de cet avantage et ont inondé le monde de dollars sans respecter la parité fixe de 35 $ valant une once d’or, notamment pour financer les guerres de Corée et du Vietnam.</p>



<p>Réalisant que la quantité de dollars mis en circulation dans le monde dépasse de loin la quantité d’or que la Fed détenait, le président Nixon décida en 1973 &nbsp;d’une façon unilatérale de suspendre définitivement la convertibilité du dollar en or. Cela&nbsp;n’empêcha pas le dollar de continuer de bénéficier du privilège d’être la principale monnaie de paiement des transactions internationales, notamment dans les secteurs stratégiques du pétrole, du gaz et de certains produits et métaux précieux.</p>



<p>Face à ce privilège sur lequel repose toute la puissance économique américaine, les pays européens ont créé l’Euro en espérant s’affranchir de la mainmise du dollar sur leurs économies. De leur côté, les pays émergents les plus importants ont créé en 2009 les Brics (voir&nbsp; le point suivant) dans l’objectif déclaré de <em>«dédollariser»</em> leurs économies&nbsp;en payant leurs exportations et importations réciproques avec leurs propres monnaies nationales plutôt qu’en dollars.&nbsp;</p>



<p>Vue sous cet angle historique de confrontation géopolitique entre les grandes puissances, par système monétaire international interposé, la demande du président Saïed de réviser les accords de Bretton Woods et réformer le FMI apparaît, pour le moins qu’on puisse dire, candide sinon naïve.</p>



<p>En effet, ce que notre président semble ignorer est que les Etats-Unis n’hésiteront pas à déclencher une troisième guerre mondiale pour défendre leur puissance économique, basée sur le dollar comme moyen de paiement des transactions internationales, dont ils peuvent contrôler à leur avantages la quantité en circulation et donc le taux de change par rapport aux autres monnaies, surtout dans un contexte de confrontation avec&nbsp; la Chine et la Russie regroupées au sein des Brics. C’est d’ailleurs ce que les Etats-Unis ont déjà commencé à faire en inondant les Ukrainiens de centaines de milliards de dollars et des armes les plus sophistiquées en espérant qu’ils gagnent la guerre contre la Russie parce que celle-ci a justement osé s’attaquer au règne du dollar sur l’économie mondiale.</p>



<p>Toujours est-il, ce n’est pas avec des boutades tirées des films de Charlie Chaplin, telles que <em>«Moi c’est Laurel et toi c’est Hardy»</em>, comme l’a fait notre candide président lors de la conférence internationale sur ce sujet à Paris,&nbsp;qu’il va réussir à changer le système mis en place à Bretton Woods.</p>



<p>Vu le rapport des forces et les enjeux géopolitiques planétaires qu’il y a derrière ce système, c’est une bataille perdue à l’avance, même si elle est justifiée en termes de domination des pays les plus riches sur les pays les plus pauvres.&nbsp;</p>



<p><strong><em>2- L’entrée aux Brics comme alternative au FMI pour le financement du déficit budgétaire :</em></strong></p>



<p>Personnellement, je n&rsquo;ai pas entendu le président Saïed évoquer dans l’un de ses monologues ce scénario (je ne suis même pas sûr qu&rsquo;il connaît la signification du mot Brics et les enjeux géostratégiques qu’il recouvre).</p>



<p>Cependant, plusieurs de ses supporters et hommes politiques évoquent ce scénario comme une sortie de secours possible après le refus de Saïed d’accepter les conditions du FMI qu’il considère comme des <em>«diktats»</em> incompatibles avec sa conception de la souveraineté nationale.</p>



<p>A ce sujet, il faut savoir que les Brics regroupent les plus grands pays émergents du monde, qui connaissent une croissance économique rapide et dont le poids démographique ou le PIB pèsent lourd dans l’économie mondiale : Brésil, Russie, Inde, Chine, et Afrique du Sud. Ces cinq pays représentent à eux seuls plus de la moitié de la population du globe et 34% du PIB mondial. L’objectif déclaré de leur création est de contrebalancer la puissance économique et politique des pays industriels regroupés dans le G7, afin d’imposer un autre ordre économique international plus équitable.&nbsp;</p>



<p>Lors du dernier sommet tenu en Afrique du Sud, six autres pays y ont été admis à partir du 1<sup>er</sup> Janvier 2024 : l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Égypte, l’Éthiopie, l’Argentine et l’Iran.&nbsp;</p>



<p>Tous ces nouveaux pays ont la particularité d’avoir soit d’importantes réserves de pétrole et de gaz, soit d’importantes populations. Quand on sait que l’Algérie qui était officiellement candidate n’a pas été admise aux Brics malgré ses énormes ressources de pétrole et de gaz et ses liens privilégiés avec la Russie, il y a peu de chance que la Tunisie le sera un jour, car toute sa population de 12 millions d’habitants&nbsp;ne tiendrait pas dans une seule ville comme le Caire ou Lagos qui comptent chacune plus de 15 millions d’habitants. Quant à ses ressources naturelles, à part quelques gisements de phosphate qu’on est incapable d’exploiter correctement, la Tunisie n’a aucun atout pour intégrer les Brics un jour. Autant dire que c&rsquo;est un rêve qui ne se réalisera jamais et une bataille de plus, perdue à l’avance.&nbsp;&nbsp;</p>



<p><strong><em>3- La récupération de l’argent spolié au peuple, pour financer les investissements en infrastructures et le déficit budgétaire de l’Etat :</em></strong></p>



<p>C’est une idée fixe du président Saïed à laquelle il continue de croire, depuis qu’il l’a évoquée pour la première fois en 2012, malgré l’échec de toutes les tentatives et toutes les commissions qu’il a créées pour y arriver. Ce faisant, il fait preuve d’une méconnaissance totale des mécanismes juridiques et comptables extrêmement complexes de création de sociétés-écrans qui fonctionnent comme des poupées russes: en ouvrant l’une on découvre une autre au visage presque identique à un détail près qu’il est difficile de déceler.</p>



<p>Dans cette bataille pour récupérer l’argent spolié au peuple, Saïed s’attaque en fait à la législation internationale en matière de secret bancaire et aux lois d’un certain nombre de pays qu’on appelle des <em>«paradis fiscaux»</em> qui ont bâti toutes leurs économies sur un système très permissif et très peu regardant sur l’origine des fonds déposés dans leurs banques et l’identité des actionnaires d’une même société, tels que les Îles Vierges Britanniques, Panama, et même la Suisse et le Luxembourg.</p>



<p>Même des exemples historiques tels que la fortune de Bokassa, ex-empereur de la Centrafrique ou celle de Kadhafi, ex-guide suprême de la Libye, que leurs pays n’ont jamais réussi à récupérer malgré tous leurs efforts, n’ont pas dissuadé notre président et ne l’ont pas convaincu que la récupération de l’argent pillé durant ou avant la décennie noire, qu’il chiffre à des milliers de milliards de dinars (sic !) est une bataille, perdue à l’avance, aussi noble et juste soit-elle.&nbsp;</p>



<p><strong><em>4-&nbsp; La bataille contre&#8230; l’ IA&nbsp;:&nbsp;</em></strong></p>



<p>L’Intelligence artificielle (IA) est le dernier <em>«ennemi du peuple»</em> que notre président a découvert et contre lequel il veut engager une bataille. Ainsi, il n’a pas hésité à déclarer, durant la dernière Journée du Savoir, à la crème de nos bacheliers et diplômés de l’enseignement supérieur reçus au Palais de Carthage que <em>«l’IA est un danger imminent qui ne menace pas que la science mais toute l’humanité»</em>.&nbsp;</p>



<p>Avec une telle déclaration, il ne pouvait pas faire mieux pour décourager nos jeunes avides de poursuivre des études et faire des recherches dans de nouveaux domaines tels que l’IA.</p>



<p>Certes, comme l’ont souligné les concepteurs mêmes de l’IA, dont Elon Musk lui-même, qui ont signé une pétition pour demander un moratoire de six mois sur la recherche dans ce domaine en espérant que les États interviennent pour réglementer ce nouveau champ de recherche, l’IA comporte le risque&nbsp;que le robot dépasse le maître qui l’a créé et échappe à son contrôle.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="TlyzPswpPr"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/22/solutions-pour-sortir-du-bras-de-fer-entre-kais-saied-et-le-fmi/">Solutions pour sortir du bras de fer entre Kaïs Saïed et le FMI</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Solutions pour sortir du bras de fer entre Kaïs Saïed et le FMI » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/22/solutions-pour-sortir-du-bras-de-fer-entre-kais-saied-et-le-fmi/embed/#?secret=kyoDOl319L#?secret=TlyzPswpPr" data-secret="TlyzPswpPr" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>L’utilisation de l’IA pour des intentions malveillantes est un risque que beaucoup d’experts signalent également. Mais si Saïed partage ses craintes, ses opinions en tant qu’individu ou universitaire doivent être distinguées de celles d’un chef &nbsp;d’Etat, dont chaque mot traduit la politique officielle de l’Etat.</p>



<p>Une telle déclaration de sa part en tant que chef de l’Etat détourne la recherche scientifique en Tunisie dans ce domaine, alors que partout dans le monde les chercheurs réfléchissent et travaillent sur la manière d’apprivoiser&nbsp;l’IA pour la mettre au service de la généralisation du savoir et du développement de l’humanité, tout en réduisant les risques qu’elle peut comporter.</p>



<p>J’ai lu par exemple qu’une équipe de recherche dans une université en Norvège est en train de développer un logiciel qui permet de distinguer un texte écrit par une IA de celui écrit par un être humain, pour limiter la triche des étudiants dans leurs thèses et mémoires de recherche !</p>



<p>Partout dans le monde et surtout dans les domaines de la médecine et de&nbsp;l’enseignement, les recherches se développent à grande vitesse pour tirer le maximum de profit de cette percée technologique révolutionnaire. Pourquoi chez nous, notre président veut naviguer à contre-courant de l’innovation technologique et veut nous entraîner avec lui?&nbsp;</p>



<p>La conclusion de cet article est difficile à faire parce que, personnellement, je ne sais plus quelle&nbsp;est la part de la fatalité et quelle est celle de la politique dans ce qui nous arrive&nbsp;? Je laisse à chacun(e) des lecteur.rice.s le soin d’en juger par lui/elle-même.</p>



<p>Cependant, il y a une question qui me trotte dans la tête depuis quelque temps déjà et que je saisis l’occasion de cet article pour la poser à qui de droit : notre président, chef de tout l’Etat qu’il l’est, étant un être humain qui, comme tout un chacun, peut attraper une grippe ou une angine ou, que Dieu l’en préserve, même faire un AVC, qu’adviendra-t-il dans ce cas des 12 millions de Tunisiens qu’il gouverne seul sans partage et sans même avoir un vice-président ou un véritable chef de gouvernement qui pourrait prendre immédiatement la relève et combler l’énorme vide du pouvoir que notre président laisserait en cas d’une simple maladie même de quelques semaines ?</p>



<p>Qu’a-t-il prévu dans sa constitution de 2022 et quelles dispositions a-t-il pris pour que le prochain président, quel qu’il soit, n’abuse pas de la concentration de tous les pouvoirs entre ses mains que lui accorde la constitution élaborée par Saïed pour faire ce que bon lui semble de ce pays et l’entraîner dans l’abîme, si cela n’arrivera pas d ici là?&nbsp;</p>



<p><em>* Economiste-consultant international.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/04/tunisie-les-batailles-perdues-a-lavance-de-kais-saied/">Tunisie : les batailles perdues à l’avance de Kaïs Saïed </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/04/tunisie-les-batailles-perdues-a-lavance-de-kais-saied/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>3</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’Europe a-t-elle vraiment une ambition pour la Tunisie ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/02/leurope-a-t-elle-vraiment-une-ambition-pour-la-tunisie/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/02/leurope-a-t-elle-vraiment-une-ambition-pour-la-tunisie/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 Sep 2023 10:41:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Brics]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[ordre mondial multipolaire]]></category>
		<category><![CDATA[Union européeene]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=9614406</guid>

					<description><![CDATA[<p>La Tunisie pourrait être un vecteur important de stabilité en Méditerranée, et non une menace pour l'Europe. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/02/leurope-a-t-elle-vraiment-une-ambition-pour-la-tunisie/">L’Europe a-t-elle vraiment une ambition pour la Tunisie ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La Tunisie est de plus en plus perçue comme un facteur supplémentaire d’instabilité pour l’Europe. Elle pourrait pourtant être un vecteur important de stabilité en Méditerranée, moyennant un vaste programme de réformes et d’aides au développement économique.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Elyes Kasri </strong>*</p>



<span id="more-9614406"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Elyes-Kasri.jpg" alt="" class="wp-image-352204"/></figure>
</div>


<p>Certains idéalistes teintés d’anti-américanisme latent ou manifeste, rêvent d’un meilleur ordre mondial multipolaire et plus juste dont l’avènement serait mené par le Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), qui vient de s’élargir pour regrouper dix pays dans des conditions qui ont suscité de nombreuses questions sur son fonctionnement et son avenir.</p>



<p>En admettant les errements de la politique économique et étrangère américaine au cours des dernières décennies, force est de constater qu’outre le caractère hétéroclite du Brics et l’absence de transparence dans ses critères d’adhésion et ses modalités de fonctionnement, son premier échec semble être constitué par l’absence de consensus sur une éventuelle monnaie commune qui viserait à détrôner le dollar américain.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un vaste programme de réformes</h2>



<p>Aussi, les exaltés et impatients de voir poindre un nouvel ordre international, surtout dans un pays qui vit au jour le jour comme la Tunisie, devraient faire preuve de retenue et réaliser que notre pays ne peut se permettre de faire des paris à long terme mais devrait essayer de tirer le maximum de bénéfices de ses relations et intérêts communs avec l’Europe et les Etats Unis d’Amérique qui seront les partenaires incontournables de la Tunisie au moins au cours de la prochaine décennie qui sera capitale pour la survie de l’Etat tunisien.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="eXlS0zV1g1"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/28/comment-lue-peut-aider-la-tunisie-a-eviter-un-crash-economique/">Comment l&rsquo;UE peut aider la Tunisie à éviter un crash économique ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Comment l&rsquo;UE peut aider la Tunisie à éviter un crash économique ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/28/comment-lue-peut-aider-la-tunisie-a-eviter-un-crash-economique/embed/#?secret=8AGdkuTL40#?secret=eXlS0zV1g1" data-secret="eXlS0zV1g1" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Aussi, outre la convocation dans les meilleurs délais et surtout avant la fin de cette année du conseil d’association Tunisie-Union Européenne (UE) qui ne s’est pas réuni depuis 2019, l’UE devrait s’engager, en contrepartie de l’introduction par la Tunisie d’un programme de réformes structurelles, à réaliser ce qui suit au cours des dix prochaines années:</p>



<p>&#8211; octroi d’une enveloppe de dix milliards d’euros des fonds structurels et d’investissement européens pour la modernisation de l’infrastructure transportuaire tunisienne (ports, aéroports, routes et voies ferrées);</p>



<p>&#8211; la délocalisation vers la Tunisie de 1000 entreprises européennes installées en Asie à raison de 100 entreprises par an;</p>



<p>&#8211; la réalisation d’un méga projet de développement agricole et de viabilisation du Sahara tunisien à l’instar de Rjim Maatoug en utilisant les eaux souterraines du sud tunisien et l’énergie solaire;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="3WDN5DUd3Y"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/16/tunisie-union-europeenne-dette-toxique-contre-blocus-migratoire/">Tunisie-Union européenne : dette toxique contre blocus migratoire</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie-Union européenne : dette toxique contre blocus migratoire » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/16/tunisie-union-europeenne-dette-toxique-contre-blocus-migratoire/embed/#?secret=1be0P1to0e#?secret=3WDN5DUd3Y" data-secret="3WDN5DUd3Y" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>&#8211; la mise en place dans chaque gouvernorat tunisien d’un centre de formation professionnelle moderne pour former les techniciens tunisiens dans les spécialités requises en Tunisie et en Europe. Ce programme devrait être accompagné par une campagne de placement de techniciens tunisiens en Europe et de soutien à la création de PME en Tunisie par les diplômés de ces centres de formation professionnelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Eviter le tsunami migratoire</h2>



<p>Faute d’un programme aussi ambitieux et qui devrait s’accompagner d’un moratoire sur toute conditionnalité politique au moins sur trois ans afin de neutraliser toute velléité de sabotage des réformes par les ennemis intérieurs et extérieurs, la Tunisie et l’Europe risquent de s’enfoncer dans un dialogue de sourds et faire de la Tunisie une menace supplémentaire à la stabilité régionale et surtout celle de l’Europe qui devra faire face à un véritable tsunami migratoire à partir et à travers la Tunisie.</p>



<p>* <em>Ancien ambassadeur.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/02/leurope-a-t-elle-vraiment-une-ambition-pour-la-tunisie/">L’Europe a-t-elle vraiment une ambition pour la Tunisie ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/02/leurope-a-t-elle-vraiment-une-ambition-pour-la-tunisie/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>24</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Tunisie : Ni brics ni mlaouis ni hindi mqacher !</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/26/tunisie-ni-brics-ni-mlaouis-ni-hindi-mqacher/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/26/tunisie-ni-brics-ni-mlaouis-ni-hindi-mqacher/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Aug 2023 06:06:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Brics]]></category>
		<category><![CDATA[Club de Paris]]></category>
		<category><![CDATA[économie de guerre]]></category>
		<category><![CDATA[FMI]]></category>
		<category><![CDATA[Koweït]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=9537682</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une économie de guerre  pour redresser la situation en Tunisie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/26/tunisie-ni-brics-ni-mlaouis-ni-hindi-mqacher/">Tunisie : Ni brics ni mlaouis ni hindi mqacher !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La seule alternative pour redresser la situation en Tunisie consisterait à mettre en place une économie de guerre avec une lutte martiale et implacable contre la contrebande, la fraude fiscale, les abus de pouvoir et l’inertie commanditée par les tenants du statu quo.</em></strong><em>(Illustration : pour pouvoir déguster le « hindi », ou figue de Barbarie, il faut d&rsquo;abord cueillir le fruit enveloppé d&rsquo;une peau hérissée d&rsquo;aiguilles).</em></p>



<p>Par <strong>Elyes Kasri</strong> *</p>



<span id="more-9537682"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Elyes-Kasri.jpg" alt="" class="wp-image-352204"/></figure>
</div>


<p>Ni brics ni <em>mlaouis</em> ni <em>hindi mqacher</em> **, il faut se rendre à l&rsquo;évidence que rien et personne n’évitera à la Tunisie la dure tâche des réformes et la confrontation inévitable des tenants du statu quo et des situations de rente idéologique, administrative, sociale et économique.</p>



<p>Si des pays dans une meilleure situation financière, rente pétrolière oblige, ont été considérés insuffisamment prêts pour rejoindre ce nouveau groupement politico-économique, comme notre voisine l’<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/25/lalgerie-et-les-brics-les-dessous-dun-camouflet-diplomatique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Algérie</a>, ou le Koweït et le Nigeria, que dire d’une Tunisie au bord de la cessation de paiement et tout juste capable de réaliser une croissance anémique ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une économie de guerre</h2>



<p>Il est grand temps de prendre conscience que la seule alternative au purgatoire du Fonds monétaire international (FMI) et du Club de Paris, qui s’annonce, consisterait à mettre en place une économie de guerre avec une lutte martiale et implacable contre la contrebande, la fraude fiscale, les abus de pouvoir et l’inertie commanditée par les tenants du statu quo.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="VrjfuxhavB"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/24/tunisie-polycrise-et-economie-aux-abois/">Tunisie : polycrise et économie aux abois!</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : polycrise et économie aux abois! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/24/tunisie-polycrise-et-economie-aux-abois/embed/#?secret=Iz0fKhouDg#?secret=VrjfuxhavB" data-secret="VrjfuxhavB" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Il urge d’innover et de lancer des locomotives régionales et sectorielles avec des groupements étrangers de haut niveau capables d’assurer un transfert de technologie et de savoir-faire et d’enrayer l’hémorragie de compétences qui vide la Tunisie des moyens humains de sa relance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des locomotives sectorielles</h2>



<p>Ces locomotives doivent être mises à l’abri de l’étau destructeur de l’administration publique, des syndicats et des cartels pour pouvoir atteindre des taux d’efficacité et de rentabilité à un niveau international.</p>



<p>L’enseignement supérieur, la médecine, la mécatronique, le textile et les TICs entre autres, sont autant de secteurs qui, avec suffisamment de vision et d’audace, pourraient donner l’étincelle de la relance économique.</p>



<p><em>* Ancien ambassadeur. </em></p>



<p><em>** «Mlaoui» est un pain populaire utilisé pour les casse-croutes et «hindi mqacher» se dit d’un profit pour lequel on n’a consenti aucun effort.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="G9IDeog8D6"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/26/tunisie-les-espoirs-dun-pret-du-fmi-sestompent/">Tunisie : les espoirs d’un prêt du FMI s’estompent</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : les espoirs d’un prêt du FMI s’estompent » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/26/tunisie-les-espoirs-dun-pret-du-fmi-sestompent/embed/#?secret=NCeu2dDyY7#?secret=G9IDeog8D6" data-secret="G9IDeog8D6" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/26/tunisie-ni-brics-ni-mlaouis-ni-hindi-mqacher/">Tunisie : Ni brics ni mlaouis ni hindi mqacher !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/26/tunisie-ni-brics-ni-mlaouis-ni-hindi-mqacher/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>6</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
