Officiellement, la Tunisie est un pays souverain et ne garde les frontières maritimes d’aucun autre pays. Cela ne l’empêche pas d’accepter une aide européenne en équipements de recherche, de sauvetage et de surveillance maritime destinés essentiellement à lutter contre la migration illégale à partir de ses côtes vers les rivages italiens de la citadelle Europe.
L’information a été communiquée par Shipping Italy : trois patrouilleurs de sauvetage (SAR) construits à Trieste, en Italie, ont été livrés à la Tunisie. Les trois navires en aluminium — mesurant chacun 20 mètres de long — sont dotés d’une technologie d’auto-redressement et conçus pour opérer même dans des conditions météorologiques et maritimes difficiles.
La commande remonte à 2024, mais Cartubi, le chantier naval de Trieste, n’a pas divulgué l’identité du client, affirmant ne pas être autorisé à le faire. Des sources du secteur évoquent généralement une autorité maritime locale, sans préciser si les navires sont destinés à la marine ou à la garde nationale tunisiennes. Toutefois, cette livraison confirme le rôle croissant de l’industrie navale italienne dans le renforcement des capacités de recherche et de sauvetage ainsi que de surveillance maritime de la Tunisie.
Ces trois navires récemment arrivés ne doivent pas être confondus avec une autre commande attribuée à Cartubi par l’agence française Civipol : le chantier naval de Trieste construit actuellement deux patrouilleurs SAR (recherche et sauvetage) supplémentaires de 20 mètres, spécifiquement pour la Garde nationale tunisienne, dans le cadre d’un programme financé par l’Union européenne.
En septembre 2025, la marine tunisienne avait déjà réceptionné deux navires de recherche et de sauvetage via le projet européen «Soutien aux opérations de recherche et de sauvetage en mer en Tunisie», financé par Bruxelles et mis en œuvre par Civipol avec le soutien de l’agence de coopération technique allemande GIZ.
Selon la délégation de l’UE, ces navires visent à protéger des vies en mer, à améliorer la gestion des frontières maritimes et à lutter contre les réseaux de trafic d’êtres humains.
Le renforcement de la flotte tunisienne s’inscrit dans le cadre du partenariat stratégique plus large conclu entre l’UE et la Tunisie en juillet 2023. Le volet migratoire européen comprenait — entre autres mesures — la maintenance et la fourniture de navires, de véhicules, de caméras thermiques, d’équipements opérationnels et d’activités de formation pour la Garde nationale et la marine tunisiennes, parallèlement à des programmes de rapatriement volontaire de migrants.
Traduit de l’italien.
D’après Ansamed.



Donnez votre avis