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	<title>Archives des Benny Gantz - Kapitalis</title>
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	<title>Archives des Benny Gantz - Kapitalis</title>
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		<title>Mandat d’arrêt contre Netanyahu : une gifle pour Israël!</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 May 2024 07:01:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le mandat d’arrêt international contre Benjamin Netanyahu pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité est un précédent historique.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/22/mandat-darret-contre-netanyahu-une-gifle-pour-israel/">Mandat d’arrêt contre Netanyahu : une gifle pour Israël!</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La décision de Karim Khan, procureur général de la Cour pénale internationale (CPI), d’émettre un mandat d’arrêt international contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour crimes de guerre et crimes contre l&rsquo;humanité est un précédent historique. La juridiction internationale a souvent été critiquée pour ne poursuivre que les dictateurs africains et sud-américains et d’épargner les responsables israéliens en dépit de tous leurs crimes qu’ils ont commis depuis 1948 et avant. La décision de Khan est un tournant important, preuve en est l’hystérie des réactions israéliennes et les critiques américaines.</em></strong></p>



<p><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-12898058"></span>



<p>L’éditorialiste britannique Gideon Rachman est revenu dans le <em><a href="https://www.ft.com/content/24bd4d5a-2451-4695-a7d1-5b0df92064a6" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Financial Times</a></em> a livré une lecture politique de cette décision. Il a tout d’abord qualifié la décision du procureur de la CPI de demander un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Yoav Gallant de <em>«coup dur porté à Israël et de pari colossal pour la Cour»</em>, selon le titre de son article dans le <em>Financial Times</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quatre questions principales</h2>



<p>Rachman – éditorialiste en chef des affaires étrangères du <em>Financial Times</em> et lui-même descendant d’une famille juive – a déclaré que les répercussions de cette mesure seront graves notant que quatre questions principales se posent immédiatement:</p>



<p>Premièrement, quel sera l’impact interne en Israël? Deuxièmement, quel impact cette décision aura-t-elle sur la guerre à Gaza et au Moyen-Orient en général? Troisièmement, la CPI est-elle allée trop loin et a-t-elle mis son avenir en jeu? Quatrièmement – et c&rsquo;est lié à la question précédente – comment les États-Unis réagiront-ils à l’acte d’accusation émis?</p>



<p>L’éditorialiste a souligné que la demande du procureur de la CPI d’émettre des mandats d’arrêt contre les dirigeants du Mouvement de la résistance islamique Hamas ainsi que contre Netanyahu et Gallant n’atténuera pas l’impact de cette gifle reçue par Israël.</p>



<p>Il a expliqué que la décision, rendue lundi 20 mai 2024, intervient à un moment où Netanyahu subit une pression croissante pour qu’il démissionne du gouvernement à moins qu’il ne développe une nouvelle stratégie pour la guerre à Gaza et au-delà.</p>



<p>Benny Gantz, membre du cabinet de guerre -qui n&rsquo;a pas été concerné par l’acte d&rsquo;accusation- s’est joint aux voix israéliennes qui se sont rassemblées pour condamner la CPI mais de nombreux Israéliens tremblent à l’idée de devenir un État paria, par conséquent se débarrasser de Netanyahu et installer un nouveau Premier ministre pourrait devenir une option plus attrayante au fil du temps alors qu’Israël cherche à restaurer sa position internationale, selon Rachman.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="0OK4VrGApQ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/20/la-cpi-emet-un-mandat-darret-contre-netanyahu-et-gallant/">La CPI émet un mandat d’arrêt contre Netanyahu et Gallant</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La CPI émet un mandat d’arrêt contre Netanyahu et Gallant » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/20/la-cpi-emet-un-mandat-darret-contre-netanyahu-et-gallant/embed/#?secret=ggPlpiBzhK#?secret=0OK4VrGApQ" data-secret="0OK4VrGApQ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>En outre, Rachman souligne que l’acte d’accusation aura de graves répercussions pratiques sur la capacité de Netanyahu à faire son travail. Les voyages à l’étranger deviendront certainement plus difficiles car il risquera d’être arrêté dans les 124 États membres du Statut de Rome qui a créé la CPI (sans compter les États-Unis, la Russie et la Chine).</p>



<p>Les optimistes eux-mêmes espèrent que la décision de la CPI convaincra –à long terme– Israël que sa stratégie à Gaza <em>«le conduit à s’écraser contre un mur»</em>, comme l’a dit Gantz. Cela pourrait convaincre la prochaine équipe de dirigeants israéliens de prendre au sérieux la solution à deux États avec la Palestine. Les Israéliens savent désormais que la voie à suivre pour regagner l’acceptation sur la scène internationale doit passer par un nouveau processus de paix et par la marginalisation de Netanyahu, selon l’éditorialiste du <em>Financial Times</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’avenir de la CPI en jeu</h2>



<p>Quant à la question de la réponse américaine, elle constitue désormais une question cruciale, selon l’analyse de Rachman. La Maison Blanche a annoncé qu’elle ne soutenait aucune inculpation d’Israël par la CPI sous prétexte qu’elle n’a pas compétence dans cette affaire. Cependant, l’éditorialiste souligne que cette objection américaine est relativement discrète et limitée par rapport à ce que pourrait faire Donald Trump – l’ancien président et candidat à l’élection présidentielle de 2024 –, ainsi que les voix de la droite américaine qui appelaient à l’imposition de sanctions américaines à la CPI et ses juges.</p>



<p>Rachman estime que la possibilité d’imposer des sanctions américaines à la CPI met en lumière l’ampleur de la mesure prise par la juridiction internationale avec cet acte d’accusation contre Netanyahu et Gallant, qui pourrait mettre en jeu son avenir même. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="bnF93jKJk9"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/05/les-israeliens-sont-coupables-des-crimes-contre-lhumanite-de-netanyahu/">Les Israéliens sont coupables des crimes contre l&rsquo;humanité de Netanyahu</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les Israéliens sont coupables des crimes contre l&rsquo;humanité de Netanyahu » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/05/les-israeliens-sont-coupables-des-crimes-contre-lhumanite-de-netanyahu/embed/#?secret=KOxcPdmjiM#?secret=bnF93jKJk9" data-secret="bnF93jKJk9" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Peut-être que le procureur de la CPI Karim Khan a-t-il estimé qu’il n’avait d’autre choix. Si la Cour veut maintenir sa légitimité internationale, elle doit faire quelque chose contre les crimes de guerre quels que soient ceux et où qu’ils soient commis. Cependant, la Cour opère dans un contexte politique. Il a émis un acte d’accusation contre le président russe Vladimir Poutine avec peu de chances de le traduire en justice. Si Netanyahu parvient également à faire face l’acte d’accusation, le tribunal se placera alors dans une position impuissante et inutile, estime Rachman.</p>



<p>La décision de Khan est une gifle portée à Israël qui marque le début de la fin de son impunité insupportable qui dure depuis très longtemps et qui a constitué un permis à tuer et de commettre tous les crimes à l’endroit des populations civiles palestiniennes. Et l’ampleur des réactions israéliennes marquées par l’hystérie montre que c’est tout sauf une banale décision que les menaces du puissant lobby israélien au sein du Congrès américain n’ont pas pu empêcher.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Ni droite, ni centre, ni gauche… Vous êtes tous Netanyahu !</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/26/ni-droite-ni-centre-ni-gauche-vous-etes-tous-netanyahu/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Feb 2024 09:16:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le gouvernement israélien de droite dirigé par Benjamin Netanyahu n’a pas aujourd’hui de véritable alternative. Décryptage...   </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le célèbre journaliste et écrivain israélien déplore le fait que le gouvernement israélien de droite dirigé par Benjamin Netanyahu n’ait pas aujourd’hui de véritable alternative, puisque toute la classe politique israélienne est dans une dangereuse posture de va-t-en-guerre.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Gideon Levy</strong> *</p>



<span id="more-11747468"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/Gideon-Levy.jpg" alt="" class="wp-image-11747504" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/Gideon-Levy.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/Gideon-Levy-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/Gideon-Levy-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Il a été prouvé une fois de plus qu’il n’y a pas d’alternative à Netanyahu, qu’il s’agisse d’une véritable alternative ou d’une véritable opposition. Les votes importants à la Knesset qui ont eu lieu la semaine dernière, ainsi que le comportement des partis centristes pendant la guerre, démontrent clairement qu’il n’y a pas beaucoup de différence entre la droite, le centre et la gauche sioniste sur les questions fondamentales qui définissent l’image de l’État, en termes d’occupation, de guerre et de démocratie. Nous sommes tous préoccupés par ces questions, vivant dans un pays où il y a une seule voix et une seule opinion : ensemble, nous gagnerons&nbsp;!</p>



<p>Ces choses sont surprenantes étant donné la lutte politique bruyante qui a actuellement lieu entre les camps. Tout le monde parle de division, de rupture, alors qu’il n’y a vraiment pas de véritables divergences d’opinions.</p>



<p>On aurait pu penser qu’Israël dans la guerre aurait été un pays différent s’il avait été dirigé par Benny Gantz <em>[actuel ministre de la Défense allié à Netanyahu, qu&rsquo;il espère remplacer, Ndlr]</em>, Gadi Eisenkot <em>[ancien chef d&rsquo;état major des armées, Ndlr]</em> ou Yair Lapid <em>[ancien Premier ministre et actuel chef de l&rsquo;opposition, Ndlr]</em>. Certainement pas. Leur comportement personnel aurait certainement été plus droit et plus humble. Mais le résultat serait étonnamment similaire. Voici les preuves…</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le coup d’État régulier a gagné</h2>



<p>Par une majorité embarrassante, 99 voix contre 9, la Knesset a soutenu la résolution du gouvernement s’opposant à la reconnaissance <em>«unilatérale»</em> d’un État palestinien. Des âmes se sont révoltées et des mains se sont levées pour soutenir massivement le rejet israélien [d’une telle reconnaissance, Ndlr]. Ce pays, qui a adopté depuis des temps immémoriaux une politique d’occupation et de colonisation, et qui est essentiellement unilatérale, se fout du monde entier et s’unit entièrement contre une démarche unilatérale dont le contenu a été accepté par la moitié des membres de la Knesset. Quelle honte! Mais ce n’est pas surprenant.</p>



<p>Il y a quelque chose qui n’était pas moins attendu, c’est la quasi-unification autour de l’exclusion du député Ofer Cassif (1). Désormais, nous ne parlons plus des Palestiniens et des <em>«territoires»</em> [de la Cisjordanie]; on parle désormais de démocratie, qui est la question qui a préoccupé l’État plus que d’autres au cours de l’année écoulée.</p>



<p>Israël était divisé en grande pompe entre les gardiens de la démocratie et ceux qui œuvraient à sa destruction. Lors du premier test de démocratie, presque tous se sont unis dans un processus hautement antidémocratique. La plupart de ceux qui luttent contre le coup d’État systémique, presque tous ceux qui font entendre leur voix en faveur de la démocratie, ont levé la main en faveur de la destitution du membre de la Knesset en raison de ses positions et de sa vision du monde, ou ont lâchement évité le vote.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une honte qui ne peut être pardonnée</h2>



<p>Le coup d’État régulier a gagné cette fois, non seulement avec les voix de la droite, mais aussi avec les voix du<em> «camp officiel»</em>, du <em>«Nouvel Espoir»</em>, du <em>«Il y a un avenir»</em> et même du parti Travailliste. La fuite de Gantz, Eisenkot, Lapid, Merav Michaeli <em>[cheffe du Parti travailliste, Ndlr]</em> et de leurs amis a été une honte pour ceux qui sont fiers de la lutte pour la démocratie. Ils ont dû voter <em>«contre»</em> à haute voix. En fin de compte, ils savaient que le succès de l’opération avec Cassif, contrecarrée par seulement cinq voix, aurait conduit à l’exclusion de tous les membres arabes de la Knesset, mais ces derniers y ont échappé. C’est une autre honte et une autre honte qui ne peut être pardonnée.</p>



<p>En fin de compte, le comportement en temps de guerre ; au début, la gauche et le centre ont soutenu toutes les guerres d’Israël, qu’elles soient justifiées ou criminelles. Mais ils se sont vite réveillés, et toutes ces guerres leur étaient opposées. Mais contre la guerre brutale et inutile d’Israël, il n’y a même pas une seule voix opposée à la Knesset, même après quatre mois et près de 30 000 morts palestiniens, à l’exception de la voix des membres arabes de la Knesset.</p>



<p>Un certain nombre de non-droitiers soutiennent la guerre au sein du gouvernement, et un certain nombre d’autres la soutiennent de l’extérieur. Et tout le monde chante ensemble la même chanson dans une chorale dirigée par la droite. Le monde entier appelle à la fin de la guerre, mais il manque même un seul membre sioniste à la Knesset pour le faire. Démocratie? Opposition? Alternative ? Pas ici et pas maintenant.</p>



<p>La haine de Netanyahu nous rappelle l’existence d’une sorte de coalition et d’opposition, mais c’est avant tout une haine personnelle. C’est un menteur, il aime les plaisirs, il est corrompu, il ne pense qu’à lui, il a abandonné les otages (Israéliens aux mains du Hamas, Ndlr], il s’est vendu à la droite kahaniste (2) et l’a légitimée, et peut-être qu’il y était tout le temps. Tout cela est vrai et exaspérant, mais aucune alternative en vue. Oui, il s’avère que cela n’existe pas. Ensemble, nous gagnerons très bientôt.</p>



<p><em>* Journaliste et écrivain israélien, membre de la direction du quotidien Haaretz. </em><em>&nbsp;</em></p>



<p><em><strong>Notes :</strong></em></p>



<p><em>1- Le député communiste israélien, qui a soutenu la saisie de la Cour internationale de justice (CIJ) par l’Afrique du Sud pour des faits de génocide contre Israël, a subi des attaques de la part de toute la classe politique israélienne et a failli être exclu de la Knesset. Mais il a échappé de peu l’exclusion.</em></p>



<p><em>2- Le kahanisme est une idéologie extrémiste juive issue du sionisme religieux et développée par le rabbin Meir Kahane, fondateur de la Jewish Defense League et du parti politique Kach et Kahane Chai en Israël. Le parti Kach est considéré comme organisation terroriste et a été interdit dès 1994 par le gouvernement israélien et le département d&rsquo;État américain.</em></p>
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			</item>
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		<title>Le Hamas a-t-il espionné l’armée israélienne?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/12/le-hamas-a-t-il-espionne-larmee-israelienne/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Feb 2024 08:55:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’armée israélienne a été exposée à de profondes opérations de contre-espionnage de la part du mouvement Hamas avant l’opération Déluge d’Al-Aqsa. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/12/le-hamas-a-t-il-espionne-larmee-israelienne/">Le Hamas a-t-il espionné l’armée israélienne?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le journal israélien Israel Hayom a déclaré, dimanche 11 février 2024, qu’il existe de sérieuses craintes que l’armée israélienne ait été exposée à de profondes opérations de contre-espionnage de la part du mouvement Hamas avant l’opération Déluge d’Al-Aqsa qui a eu lieu le 7 octobre 2023 et la guerre qui a suivi et qui dure depuis plus de quatre mois à laquelle Tel Aviv est jugé pour crimes de génocide devant la Cour internationale de justice (CIJ). Une enquête interne au sein de Tsahal a été ouverte. </em></strong><em>(Illustration : des activistes du Hamas pénètrent dans des zones militaires sensibles en Israël, le 7 octobre 2023). </em></p>



<p>Par <strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-11598015"></span>



<p>Le quotidien israélien de droite proche des milieux du pouvoir cite un officier des renseignements militaires israéliens (Aman) que le journal décrit comme un vétéran sans le nommer. Celui-ci a déclaré: <em>«Il existe de sérieuses inquiétudes quant au fait que l’armée israélienne ait été exposée à de profondes opérations de contre-espionnage de la part du Hamas avant la guerre. La commission d’enquête devra se demander d’où le Hamas a obtenu autant d’informations internes sur ce qui se passait dans les bases militaires israéliennes les plus secrètes»</em>.&nbsp;</p>



<p>L’officier a estimé que les Brigades Ezzeddine Al-Qassam, la branche militaire du Hamas, disposaient d’informations sur des sites très sensibles de l’armée israélienne qui restaient secrètes même au sein de l’armée elle-même d’où les sérieuses inquiétudes israéliennes d’une éventuelle infiltration ou de taupes en son sein. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Double échec en matière de renseignement</h2>



<p><em>«Nous devons savoir comment ces informations leur parviennent»</em>, a insisté l’officier des renseignements militaires. Il a poursuivi en pointant du doigt le double échec du Shin Bet (ex-Shabak, sécurité intérieure): <em>«Ce sont des détails que les dirigeants de l’armée israélienne ne disent même pas à leurs amis. Cela signifie un double échec en matière de renseignement pour les services du Shin Bet qui aurait dû collecter des informations sur les plans du Hamas mais comme on le sait, il n’a pas réussi à le faire. Le Shin Bet est également chargé d’empêcher le contre-espionnage, ce qui signifie ne pas permettre à l’ennemi de collecter des informations à l’intérieur d’Israël.»</em> Il conclut: <em>«Nous savons désormais que le Hamas en savait beaucoup sur nous à un niveau qui va au-delà de la simple collecte d’informations à partir de drones et de surveillance»</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="CngiRon3vY"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/02/un-israelien-infiltre-larmee-a-gaza-et-vole-des-armes-video/">Un Israélien infiltre l’armée à Gaza et vole des armes (vidéo)</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Un Israélien infiltre l’armée à Gaza et vole des armes (vidéo) » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/02/un-israelien-infiltre-larmee-a-gaza-et-vole-des-armes-video/embed/#?secret=P37yZwfsXG#?secret=CngiRon3vY" data-secret="CngiRon3vY" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Cet épisode montre la vulnérabilité d’Israël. On est loin de l’image de la citadelle impénétrable qui espionne tout le monde et sait tout sur tout le monde mais que personne ne parvient à espionner et sur laquelle on ne sait rien. Déjà, cette image a pris un coup en 2021 quand un repris de justice de 37 ans, Omri Goren Gorochovsky, est parvenu à échapper aux mailles du filet des services de sécurité israéliens et à se faire recruter comme homme de ménage chez Benny Gantz alors ministre de la Défense. Normalement, pour travailler chez un responsable de ce rang, il faut l’autorisation des services de sécurité qui donnent leur aval après enquête sur la personne en question ce qui ne fut pas le cas pour Gorochovsky. Une fois recruté, il a contacté les Iraniens via une messagerie cryptée et proposé ses services notamment qu’il pouvait dérober le contenu de l’ordinateur de Gantz avec une clé USB. Il finira par être arrêté et les services israéliens avaient affirmé que l’arrestation a eu lieu in extremis et que Gorochovsky n’était pas parvenu à envoyer des informations sensibles aux Iraniens.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une citadelle désormais pénétrable</h2>



<p>Par conséquent, l’épisode de l’homme de ménage de Gantz était un coup porté à l’image de citadelle impénétrable que veut véhiculer Israël mais là, avec ces doutes sérieux sur l’espionnage de l’armée israélienne par le Hamas, cette image est complètement ébranlée. Et ces doutes sont d’autant plus justifiés que les Brigades Ezzeddine Al-Qassam ont attaqué le 7 octobre des sites du renseignement militaire israélien dont l’emplacement est secret et ils y ont pris des ordinateurs et des documents confidentiels tout en enlevant des officiers du renseignement qu’ils détiennent aujourd’hui à Gaza. Ces sites ne peuvent être attaqués qu’avec une connaissance préalable de leur emplacement.</p>



<p>Certains analystes ont même évoqué que la fameuse unité 8200 de Tsahal spécialisée à la fois dans l’espionnage via les écoutes téléphoniques mais aussi la cyber-influence a été attaquée en indiquant qu’elle se trouvait à mi-chemin entre Gaza et le désert du Néguev.</p>



<p>Il est indéniable que l’opération Déluge d’Al-Aqsa avec ce qui l’a procédée en terme d’espionnage sur Israël pour pouvoir être menée et en terme des informations sur lesquels le Hamas a mis la main lors de l’opération elle-même éclabousse mentalement les Israéliens qui ont une arrogance bien ancrée en eux les amenant à se considérer supérieurs aux autres notamment les Palestiniens qu’ils ont fini par croire pouvoir dominer. Cette arrogance a été bien sanctionnée le 7 octobre 2023. Sans parler du fait que ne pas avoir pu empêcher l’opération Déluge d’Al-Aqsa est en soi un échec à la fois politique, militaire et du renseignement en dépit de toutes les alertes dû à cette même arrogance comme nous l’avons relevé dans un précédent article intitulé <em>«<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/14/les-stereotypes-sur-les-arabes-a-lorigine-de-la-debacle-israelienne-du-7-octobre/">Les stéréotypes sur les Arabes à l’origine de la débâcle israélienne du 7 octobre</a>»</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="te9O2Mrq64"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/16/un-responsable-du-shin-bet-israel-ne-capturera-pas-yahya-sinwar/">Un responsable du Shin Bet: «Israël ne capturera pas Yahya Sinwar»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Un responsable du Shin Bet: «Israël ne capturera pas Yahya Sinwar» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/16/un-responsable-du-shin-bet-israel-ne-capturera-pas-yahya-sinwar/embed/#?secret=nZevuMFwh6#?secret=te9O2Mrq64" data-secret="te9O2Mrq64" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>En définitive, c’est plus qu’une enquête au sein de l’armée israélienne qui doit être menée mais une opération de profonde remise en cause parce que l’arrogance leur a coûté très cher surtout avec un adversaire aussi intelligent qu’insaisissable comme <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/07/%d9%90gaza-comment-yahya-sinwar-a-trompe-israel-pendant-des-decennies/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Yahya Sinwar</a> qui a ébranlé les fondations de l’entité artificielle israélienne qui est basée sur le génocide, le déplacement forcé des populations palestiniennes, la spoliation de leurs terres mais aussi sur la domination psychologique.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/12/le-hamas-a-t-il-espionne-larmee-israelienne/">Le Hamas a-t-il espionné l’armée israélienne?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Intrigues à Tel Aviv : Benjamin Netanyahu va-t-il tomber?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/06/intrigues-a-tel-aviv-benjamin-netanyahu-va-t-il-tomber/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Feb 2024 06:15:02 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Yaïr Lapid]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les manœuvres de Gantz vont-elles aboutir et faire chuter Netanyahu?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/06/intrigues-a-tel-aviv-benjamin-netanyahu-va-t-il-tomber/">Intrigues à Tel Aviv : Benjamin Netanyahu va-t-il tomber?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La radio de l’armée israélienne a annoncé, lundi 5 février 2024, que le chef du Parti de l’unité nationale et membre du cabinet de guerre, le général à la retraite Benny Gantz, tente de renverser le Premier ministre Benjamin Netanyahu en essayant de retourner des membres du parti Likoud contre Netanyahu.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-11530337"></span>



<p>Selon la radio, des émissaires de Gantz ont récemment pris contact avec des ministres et des membres de la Knesset issus du Likoud dans le but de préparer le remplacement de Netanyahu. Elle a ajouté:<em> «On a dit aux membres du Likoud que s’ils parvenaient à retirer de manière constructive la confiance à Netanyahu (à la Knesset), ils assureraient leur avenir politique au sein du Parti de l’unité nationale.»</em></p>



<p>Il faut noter que depuis le 7 octobre, date de l’opération Déluge d’Al-aqsa, le Likoud s’est effondré dans l’opinion israélienne alors que le parti de Gantz caracole en tête des sondages et c&rsquo;est dans cette optique que ce dernier manœuvre aujourd’hui. Si des députés du Likoud font tomber Netanyahu, Gantz pourrait préserver leur avenir politique surtout que les deux partis politiques sont très proches idéologiquement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La rue israélienne hostile à Netanyahu &nbsp;</h2>



<p>Pour Gantz, l’adversaire est Netanyahu et non le Likoud, d’ailleurs son idée est de renverser ce dernier et de le remplacer par un autre candidat du parti Likoud.&nbsp;</p>



<p>À cet égard, la radio israélienne a déclaré que les proches de Gantz avaient proposé différents candidats du Likoud pour le poste de Premier ministre et n’avaient pas exigé que Gantz soit nommé à ce poste sans toutefois mentionner les noms. Elle a souligné que&nbsp; l’idée de base est de nommer un candidat convenu pour une période déterminée qui s’engage à ne plus se présenter à la présidence du Likoud à l’avenir. La radio a noté que Gantz a choisi de ne pas commenter le son rapport.&nbsp;</p>



<p>Ces dernières semaines, des appels ont été lancés en faveur d’élections anticipées en Israël mais Netanyahu a rejeté l’idée d’élections en temps de guerre.</p>



<p>Le très controversé Premier ministre fait face à des critiques répétées de la part de la rue israélienne où l’ambiance est devenue délétère et d’un certain nombre de politiciens même ceux affiliés au cabinet de guerre sur fond de crise des otages israéliens détenus dans la bande de Gaza et de l’incapacité de trouver un moyen de garantir leur retour vivant. De plus, son gouvernement est accusé de ne pas avoir anticipé et empêché l’opération Déluge d’Al-Aqsa le 7 octobre de dernier.</p>



<p>Ce qui se passe est une évolution importante car jusque-là et en dépit de tous les reproches et de toutes les critiques à l’endroit de Netanyahu, Gantz avait toujours refusé de faire tomber Netanyahu invoquant qu’Israël était en guerre. Le fait qu’il ait changé d’avis et qu’il manœuvre maintenant pour le faire tomber indique à quel point la situation est devenue intenable et que la guerre de Gaza vendue par Netanyahu à l’opinion israélienne comme vitale et salvatrice et qu’il s&rsquo;entête à poursuivre est devenue un boulet pour lui.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La guerre est devenue un gouffre</h2>



<p>Netanyahu pariait sur la guerre comme étant sa bouée de sauvetage, aujourd’hui elle est devenue son gouffre surtout qu&rsquo;il n’a pu atteindre aucun objectif. Le Hamas existe encore militairement, résiste toujours et poursuit les combats. Quant à Yahya Sinwar, son chef à Gaza, il demeure comme un fantôme, tout le monde parle de lui mais il reste introuvable.</p>



<p>Autre élément important, le leader de l’opposition israélienne Yaïr Lapid a annoncé ce lundi son soutien aux manœuvres de Gantz pour l’éviction de Netanyahu de son poste de Premier ministre. Lapid s’est exprimé suite aux révélations de la radio de l’armée israélienne en réagissant sur son compte sur la plateforme X que son parti donnera ses 24 voix à toute mesure comme celle-ci en l’occurrence la destitution Netanyahu. </p>



<p>Maintenant, les manœuvres de Gantz vont-elles aboutir et faire chuter Netanyahu? Il vaut mieux ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué car le génocidaire Netanyahu a été donné plusieurs fois mort politiquement et à chaque fois il tire son épingle du jeu et se remet en selle. Il est dos au mur avec quatre affaires de corruption qui le visent ainsi que son épouse en plus de sa responsabilité dans ce qui est survenu le 7 octobre mais il fera tout pour se maintenir au pouvoir. Il fera en sorte que d’un côté le Likoud ne le lâche pas et d’un autre que les deux fascistes Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich préservent leur coalition avec lui. L’avenir dira pour combien de temps encore Netanyahu pourra tenir en place.</p>
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		<title>Pourquoi Israël ne changera pas</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Dec 2023 10:52:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>S'il est élu, Gantz ne s'écarterait pas de la politique de Netanyahou à l'égard des Palestiniens.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La guerre israélienne contre Gaza va probablement renforcer l’inclinaison de l’Etat hébreu vers la droite. Les électeurs juifs ayant tendance à voter à droite, surtout en temps de guerre ou d’insécurité.</em></strong> <em>(Illustration : Manifestants exigeant une action du gouvernement pour restituer les otages israéliens, Jérusalem, novembre 2023)</em></p>



<p>Par <strong>Dahlia Scheindlin</strong> *</p>



<span id="more-10840394"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/12/Dahlia-Scheindlin.jpg" alt="" class="wp-image-10840446" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/12/Dahlia-Scheindlin.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/12/Dahlia-Scheindlin-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/12/Dahlia-Scheindlin-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>A partir du moment où le Hamas a franchi la barrière de sécurité entre Israël et la bande de Gaza le 7 octobre, on a eu l’impression qu’Israël ne serait plus jamais le même. En quelques heures, les Israéliens ont été contraints de se rendre à l’évidence : bon nombre des hypothèses qui avaient longtemps guidé la politique israélienne à l’égard des Palestiniens s’étaient effondrées. La politique de blocus de Gaza menée par l’État depuis 16 ans n’a pas réussi à assurer la sécurité de la population. Le calcul du gouvernement selon lequel il pourrait inciter le Hamas à faire preuve de pragmatisme – que ce soit en autorisant le financement qatari du Hamas ou en accordant des permis de travail aux travailleurs de Gaza – a plutôt incité Israël à la complaisance. Et la croyance selon laquelle la plupart des menaces du Hamas pourraient être neutralisées grâce à une surveillance de haute technologie (…) et au système de défense antimissile Iron Dome s’est révélée totalement fausse.</p>



<p>À un niveau plus large, les attaques ont montré le terrible échec de l’idée selon laquelle la question politique palestinienne pouvait être laissée de côté indéfiniment sans aucun coût pour Israël, une croyance si axiomatique parmi les dirigeants israéliens que les commentateurs lui ont trouvé des noms : gestion du conflit, ou <em>«réduction de la conflit»</em>. Ainsi, il n’y a eu aucune négociation israélo-palestinienne sur un accord de paix sur le statut final depuis des années, alors même qu’Israël poursuivait la normalisation avec un nombre croissant d’États arabes. Pendant plus de deux décennies, les partis de droite dominant la scène politique israélienne ont dit aux électeurs que le pays était plus sûr qu’il ne le serait sous toute autre politique, et la majorité des électeurs ont accepté. Mais le 7 octobre, l’attaque du Hamas a mis fin au statu quo.</p>



<p>Pourtant, sur un point majeur, Israël reste inchangé. Même si les Israéliens accusent les dirigeants du pays d’être responsables des échecs catastrophiques en matière de sécurité entourant les attaques, leur orientation politique fondamentale semble peu susceptible de changer. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou &nbsp;pourrait bien être contraint de démissionner une fois la guerre terminée, voire avant, puisque la guerre n’a pas d’issue claire. Mais comme l’histoire israélienne l’a montré à maintes reprises, notamment au cours des dernières décennies, les épisodes de guerre ou de violence extrême comme celui-ci n’ont fait que renforcer l’inclinaison à droite de la politique israélienne. Si cette tendance se confirme aujourd’hui, les Israéliens pourraient élire un nouveau gouvernement, mais ils pourraient aussi approuver les mêmes hypothèses erronées qui ont défini cette tendance et qui ont contribué à façonner la crise actuelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Carton rouge pour Netanyahou</h2>



<p>Sans surprise, de nombreux israéliens imputent directement l’échec désastreux de la sécurité du pays à Netanyahou, l’homme au sommet. Ce qui est plus frappant, cependant, c’est qu’ils expriment leur opposition au milieu de l’une des guerres les plus difficiles qu’Israël ait menées depuis des décennies. Ainsi, dans les semaines qui ont suivi l’attaque, plusieurs manifestations ont eu lieu appelant Netanyahou &nbsp;à démissionner; le chef de l’opposition, Yair Lapid, s’est joint à l’appel, tout comme certaines familles de victimes tuées ou kidnappées par le Hamas. De nombreux sondages suggèrent que Netanyahou serait largement vaincu si les élections avaient lieu maintenant.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="3LfQJJA3nP"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/02/jusqua-quand-larmee-disrael-se-battra-t-elle-pour-netanyahou-et-ses-interets-personnels/">Jusqu’à quand l’armée d’Israël se battra-t-elle pour Netanyahou et ses intérêts personnels ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Jusqu’à quand l’armée d’Israël se battra-t-elle pour Netanyahou et ses intérêts personnels ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/02/jusqua-quand-larmee-disrael-se-battra-t-elle-pour-netanyahou-et-ses-interets-personnels/embed/#?secret=S9vM8RWzaG#?secret=3LfQJJA3nP" data-secret="3LfQJJA3nP" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Même une enquête réalisée les 22 et 23 novembre – après que le gouvernement a annoncé un accord de libération d’otages qui aurait pu renforcer sa position – a montré que la coalition au pouvoir perdrait 23 de ses 64 sièges à la Knesset (sur 120). Le soutien au propre parti de Netanyahou &nbsp;a chuté de façon spectaculaire : si les élections avaient lieu maintenant, les sondages montrent que le Likoud perdrait près de la moitié de ses 32 sièges à la Knesset. Le plus frappant est peut-être que plus des trois quarts des Israéliens pensent que Netanyahou &nbsp;devrait démissionner, après ou même pendant la guerre.</p>



<p>Ces chiffres contrastent fortement avec le soutien massif dont bénéficient la plupart des dirigeants lorsque leur pays est attaqué ou en guerre. Par exemple, les Américains se sont ralliés au président américain George W. Bush après les attentats du 11 septembre 2001, et les taux d’approbation des dirigeants américains ont augmenté à deux chiffres pendant la guerre du Golfe de 1990-1991 et la guerre en Irak qui a commencé en 2003. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a connu une popularité croissante après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les Israéliens en temps de guerre</h2>



<p>Pour les israéliens, cependant, se retourner contre leurs dirigeants en temps de guerre n’est pas nouveau. Les électeurs du pays se sont souvent retournés contre leur gouvernement après le déclenchement de la guerre, quelle que soit l’orientation politique des partis au pouvoir. En 1973, le Premier ministre Golda Meir a été accusée de n’avoir pas anticipé l’attaque égyptienne qui a déclenché la guerre du Kippour et a finalement été chassée de ses fonctions. La deuxième intifada, le violent soulèvement palestinien qui a débuté en 2000, a conduit à l’effondrement du gouvernement du Premier ministre Ehud Barak, Barak perdant de 25 points de pourcentage face à Ariel Sharon en 2001.</p>



<p>Un autre exemple est la guerre menée par Israël contre le Hezbollah en 2006. En août de la même année, 63% des Israéliens estimaient que le Premier ministre Ehud Olmert n’avait pas réussi à gérer la guerre correctement et devait démissionner. Début 2007, Olmert faisait également l’objet d’enquêtes pour corruption, et plus des trois quarts des Israéliens étaient insatisfaits de son travail, la même proportion qui souhaite actuellement que Netanyahou &nbsp;abandonne le pouvoir. (Olmert a finalement démissionné en 2008 en raison de son inculpation imminente pour corruption.)</p>



<p>D’après ce schéma bien établi, il semble probable que Netanyahou &nbsp;subira le même sort. Bien avant les attaques du Hamas, son gouvernement de coalition d’extrême droite, formé fin décembre 2022, avait été largement vilipendé. Pendant une grande partie de l’année dernière, un grand nombre d’Israéliens sont descendus dans la rue pour s’opposer au projet très controversé de réforme judiciaire, dans ce qui était devenu la manifestation la plus longue de l’histoire d’Israël : le 7 octobre aurait marqué la 40e semaine consécutive. Déjà en avril, seulement 37% des Israéliens soutenaient le Premier ministre; depuis les attentats, ce chiffre a chuté à 26%. À la mi-novembre, deux fois plus d’Israéliens, soit 52%, étaient favorables à l’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne Benny Gantz, principal rival politique de Netanyahou &nbsp;et actuel partenaire du cabinet de guerre d’urgence.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="wD8vBNTz3e"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/30/israel-inapte-a-diriger-netanyahou-doit-partir/">Israël : Inapte à diriger, Netanyahou doit partir</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Israël : Inapte à diriger, Netanyahou doit partir » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/30/israel-inapte-a-diriger-netanyahou-doit-partir/embed/#?secret=VHyMfeZuEe#?secret=wD8vBNTz3e" data-secret="wD8vBNTz3e" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>De plus, Netanyahou &nbsp;a également été poursuivi par des allégations de corruption. Entre les affaires de corruption active portées contre lui, les failles de sécurité sous sa direction et la guerre actuelle, il lui sera difficile, voire impossible, de rester au pouvoir. Mais la question plus vaste demeure : son départ conduirait-il à un changement fondamental dans l’orientation de la politique ou de la politique israélienne ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le virage à droite</h2>



<p>À maintes reprises, dans les moments de guerre ou de violence extrême, les Israéliens se sont tournés vers la droite. Lorsqu’Israël a élu pour la première fois le Likoud de droite en 1977, cela a mis un terme à la lente chute du gouvernement travailliste qui avait commencé après la guerre de 1973. La victoire était en fait principalement motivée par une rébellion de longue date contre les élites dirigeantes de l’Alignement travailliste, mais elle a légitimé des idéologies plus nationalistes et dures en tant que force significative en Israël. Cela a également marqué le début de la deuxième phase de l’histoire politique du pays, dominée principalement par des gouvernements de droite.</p>



<p>Au cours des années 1980, deux conflits majeurs ont contribué à pousser davantage d’Israéliens à s’identifier à droite : la guerre de 1982 et la première Intifada, qui a débuté en 1987. Ce changement se reflète dans les chiffres des sondages : en 1981, des enquêteurs ont découvert que parmi les juifs (presque aucune enquête publique n’incluait les Arabes à l’époque), 36% des personnes interrogées ont déclaré qu’elles envisageaient de soutenir un parti de droite. En 1991, la proportion de personnes s’identifiant comme étant de droite représentait environ la moitié de tous les Juifs israéliens.</p>



<p>Néanmoins, lors des élections de 1992, le leader travailliste Yitzhak Rabin a gagné grâce à une campagne visant à faire avancer un processus de paix avec les Palestiniens, allant apparemment à l’encontre des attentes selon lesquelles le conflit mènerait à des victoires électorales de la droite. Certains analystes ont conclu plus tard que le recours à la force par les Palestiniens lors de la première Intifada aurait pu contribuer au soutien d’Israël à la paix et aux gouvernements conciliants. Mais ce conflit était bien moins violent que les guerres ultérieures. Les Palestiniens ont largement eu recours à des tactiques de désobéissance civile, avec des affrontements légers limités principalement aux territoires occupés. Les élections de 1992 ont également été la dernière fois que les Israéliens ont voté pour la gauche à la suite d’un conflit avec les Palestiniens.</p>



<p>L’effet de la deuxième Intifada sur l’électorat fut presque immédiat.</p>



<p>Bien que le gouvernement de Rabin ait signé les accords d’Oslo avec l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) de Yasser Arafat, les extrémistes des deux côtés ont rapidement contrecarré le processus. Entre 1993 et ​​1995, des groupes militants palestiniens ont perpétré 14 attentats-suicides en Israël. En 1994, le colon fondamentaliste juif Baruch Goldstein a massacré 29 fidèles musulmans à Hébron. Puis, en novembre 1995, Rabin a été assassiné par un ultranationaliste religieux israélien lors d’un rassemblement pour la paix à Tel Aviv.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’assassinat de Rabin tue le processus de paix</h2>



<p>De nombreux analystes israéliens et même d’anciens négociateurs pensent que l’assassinat de Rabin a tué le processus de paix : Rabin en avait fait une pièce maîtresse de son leadership et avait la stature politique nécessaire pour entraîner une partie importante de l’opinion publique israélienne. Mais une autre interprétation est que, sans Rabin, les Israéliens sont simplement revenus à leurs préférences idéologiques naturelles. Au début de l’année 1995 – avant l’assassinat de Rabin – environ la moitié des Juifs israéliens se qualifiaient de droite, contre 28% qui se qualifiaient de gauche et 23% qui se décrivaient comme centristes, ce qui reflète largement le sondage de 1991. Et lors des élections de 1996, malgré les sondages montrant une sympathie après l’assassinat pour le successeur de Rabin, Shimon Peres, les électeurs ont finalement élu Netanyahou , qui s’est présenté sur un programme populiste de droite et s’est opposé au <em>«processus de paix»</em>.</p>



<p>Pourtant, si la violence a poussé les Israéliens encore plus à droite, les années d’Oslo ont également montré que des temps plus calmes pourraient provoquer un basculement proportionné, bien que modéré, vers la gauche. Par exemple, pendant le premier mandat de Netanyahou &nbsp;à la fin des années 1990, alors que les attentats-suicides diminuaient, la proportion de Juifs israéliens s’identifiant comme de gauche est passée à 35%, tandis que ceux se décrivant comme de droite sont tombés à 42%. Selon les données de sondages disponibles, cette différence de sept points constitue l’écart le plus étroit entre les deux camps au cours des 30 dernières années. Puis, en 1999, Barak, un dirigeant alors considéré par la plupart des Israéliens comme de gauche, a été élu au pouvoir sur la promesse de relancer le processus de paix et de mettre fin à l’occupation israélienne du sud du Liban, qui durait à l’époque depuis 17 ans.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="nO9gjJfeSN"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/30/10743548/">Il n’y aura de sécurité pour Israël que par la paix</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Il n’y aura de sécurité pour Israël que par la paix » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/30/10743548/embed/#?secret=8OI8RVZhcJ#?secret=nO9gjJfeSN" data-secret="nO9gjJfeSN" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Mais le soutien israélien à la gauche n’a pas duré. Lors du sommet de Camp David en juillet 2000, Barak a tenté de parvenir à un véritable accord à deux États avec Arafat. Au lieu de cela, les pourparlers ont échoué et la deuxième Intifada a éclaté, devenant rapidement bien plus violente que la première. L’effet sur l’électorat a été presque immédiat : dans mes enquêtes, le pourcentage de Juifs israéliens s’identifiant à des attitudes de gauche a chuté de dix points au cours de la première année de l’Intifada, et il a continué à baisser par la suite.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De plus en plus à droite</h2>



<p>Au cours de la première décennie de ce siècle, les Israéliens se sont orientés davantage vers la droite. La première moitié de la décennie a été caractérisée par quatre années d’attentats suicides et par la ré-invasion israélienne des villes palestiniennes dans le cadre de l’opération Bouclier défensif. La seconde moitié a été marquée par la guerre du Liban en 2006, ainsi que par le retrait d’Israël de Gaza, qui a contribué à la victoire du Hamas aux élections palestiniennes et à sa prise de contrôle violente de Gaza en 2007. Cela a conduit au blocus de la bande par Israël. Les tirs de roquettes depuis Gaza vers Israël sont devenus plus fréquents, culminant avec l’Opération Plomb Durci, l’invasion massive de Gaza par Israël en 2008-2009. Peu de temps après cette guerre, les Israéliens ont élu Netanyahou &nbsp;au pouvoir, son Likoud adoptant une orientation de plus en plus populiste et nationaliste. En 2011, plus de la moitié des Juifs israéliens se décrivaient comme étant de droite, et plus de trois fois plus se disaient de gauche, un chiffre qui était tombé à 15%.</p>



<p>Au cours des années 2010, la tendance s’est poursuivie. Alors qu’Israël menait de nombreux conflits avec le Hamas – y compris son opération plus étendue à Gaza en 2014 – l’identification des électeurs juifs israéliens à l’idéologie de droite n’a cessé de croître. Même si cet indicateur oscillait encore autour de 50% au milieu des années 2010, il a atteint 60% en 2019, selon mes enquêtes. À ce stade, les Arabes israéliens – environ 20% de la population israélienne (mais environ 17% de l’électorat citoyen adulte) – étaient également régulièrement interrogés, et leur faible niveau de soutien à l’idéologie de droite faisait baisser la moyenne globale. Néanmoins, même en incluant les Arabes israéliens, environ la moitié de l’ensemble de la population israélienne se considère comme de droite. (Les Arabes israéliens ont effectivement porté le total de gauche à environ 18% de la population totale dans la plupart des enquêtes de ces dernières années.)</p>



<p>Les années qui ont précédé la guerre actuelle ont encore renforcé cette trajectoire. En mai 2021, une nouvelle escalade avec le Hamas a conduit à des violences de rue sans précédent entre Juifs et citoyens arabes en Israël, suivies d’une vague de violence plus modeste en 2022 et d’un combat rapide avec le Jihad islamique palestinien en mai 2023. Malgré l’indignation généralisée envers le gouvernement Netanyahou &nbsp;pour son projet de réforme judiciaire, la majorité des électeurs juifs ont continué à s’identifier comme étant de droite dans les sondages.</p>



<p>Notamment, cinq jours seulement avant les attaques du Hamas, aChord, un centre de recherche en psychologie sociale affilié à l’Université hébraïque, a mené une enquête qui a révélé que les deux tiers des Juifs israéliens s’identifiaient comme étant de droite (soit <em>«droite ferme»</em>, soit <em>«droite modérée»</em>) tandis que 10% se sont identifiés comme étant de gauche. Cela signifiait que pour chaque électeur juif israélien de gauche, la tendance était à près de sept à droite. Sur la base de ces données sombres, il serait remarquable que les Israéliens ne s’orientent pas davantage vers la droite à la suite du pire épisode de violence contre les Israéliens depuis la fondation du pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De quoi sera fait l’après-Netanyahou&nbsp;?</h2>



<p>Malgré l’énorme désaffection populaire à l’égard du leadership de Netanyahou , les inquiétudes concernant l’instabilité politique lui permettront probablement de rester au pouvoir pendant la guerre actuelle. De plus, beaucoup de choses pourraient encore se produire dans la guerre elle-même, et les inclinations des électeurs pourraient également dépendre du temps qui s’écoulera avant les prochaines élections. Mais si Netanyahou &nbsp;est finalement forcé de quitter ses fonctions, il est loin d’être certain qu’Israël empruntera une voie idéologique différente.</p>



<p>Les sondages actuels montrent que les électeurs affluent vers le parti de centre-droit de l’Unité nationale de Gantz. Selon un sondage publié le 24 novembre, si les élections avaient lieu maintenant, le parti de Gantz obtiendrait 43 sièges, soit 11 de plus que ce que le Likoud a remporté lors des élections de 2022 et bien plus du double de ce que le Likoud s’attend à obtenir actuellement. Mais il est trop tôt pour savoir si ces chiffres se maintiendront, et encore moins s’ils reflètent un déplacement plus large vers le centre. L’un des problèmes est que, puisque tous les partis d’extrême droite israéliens font partie de la coalition au pouvoir, profondément impopulaire, les électeurs en colère contre le gouvernement initial de Netanyahou &nbsp;soutiennent par défaut l’unité nationale – désormais partenaire de guerre de ce gouvernement. Gantz, avec ses solides références militaires, semble également bénéficier du soutien du <em>«rassemblement autour du drapeau»</em> dans la guerre elle-même.</p>



<p>Il est peu probable que Gantz s’écarte de l’approche actuelle de la droite à l’égard du problème palestinien. Mais si les Israéliens en veulent à Netanyahou &nbsp;et semblent pourtant susceptibles de se tourner vers la droite, pourquoi ne s’attachent-ils pas aux partis d’extrême droite de la coalition ?</p>



<p>Jusqu’à présent, les sondages ne montrent aucune hausse pour les partis ultranationalistes juifs et sionistes religieux. Paradoxalement, le programme extrémiste du gouvernement Netanyahou , ses attaques contre les institutions démocratiques et la mauvaise gouvernance catastrophique qui a conduit à la guerre pourraient en réalité empêcher l’électorat de faire ce qui aurait pu être un glissement réflexif vers une droite plus théocratique, antidémocratique et irrémédiable.</p>



<p>Une issue plausible de la crise actuelle serait donc de voir Israël passer à un nouveau gouvernement dirigé par Gantz. Gantz éviterait probablement le courant constant de populisme diviseur de Netanyahou &nbsp;et probablement ses scandales de corruption, et il éviterait presque certainement la volonté messianique des gouvernements de ses prédécesseurs d’étendre les colonies ou d’officialiser l’annexion.</p>



<p>Pourtant, compte tenu du long passé militaire de Gantz et de la présence d’anciens membres du Likoud dans son parti, il jouit d’une légitimité à droite et voudra la conserver. De plus, il n’y a pas grand-chose dans la rhétorique de Gantz qui suggère qu’il s’écarterait de manière significative de l’approche actuelle de la droite à l’égard du problème palestinien. Ni en tant que candidat, ni depuis qu’il a rejoint le cabinet de guerre, Gantz n’a ouvertement pas soutenu une solution à deux États, ni d’ailleurs aucune résolution politique de la question palestinienne. Pas plus tard que l’année dernière, il a évoqué l’idée de <em>«deux États pour deux entités»</em> et a déclaré : <em>«Je suis contre cela»</em>.</p>



<p>L’une des pires erreurs de Netanyahou a été de considérer le problème palestinien uniquement en termes de sécurité, comme si les politiques derrière le conflit pouvaient être ignorées. Bien entendu, cela a conduit à l’angle mort qui a contribué à rendre les attaques du Hamas si meurtrières. Mais en tant qu’homme de Tsahal, Gantz semble probablement considérer le problème palestinien de la même manière : comme une menace à la sécurité qu’il faut contenir plutôt que comme une reconnaissance du droit des Palestiniens à l’autodétermination. Et si tel est le cas, malgré toute son horreur, le 7 octobre semble susceptible d’entraîner la même chose, y compris de futurs cycles de misère des deux côtés.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Traduit de l’anglais.</em></p>



<p><em>* Sondeuse, chercheuse politique à Century International et chroniqueuse à Haaretz. </em><em>Elle est l’auteure de ‘‘The Crooked Timber of Democracy in Israel’’.</em></p>



<p><strong><em>Source</em></strong> : <a href="https://www.foreignaffairs.com/israel/why-israel-wont-change" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Foreign Affairs</a>. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/08/pourquoi-israel-ne-changera-pas/">Pourquoi Israël ne changera pas</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>La présence accrue d’Israël en Afrique du Nord aggrave le différend entre l&#8217;Algérie et le Maroc</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/03/la-presence-accrue-disrael-en-afrique-du-nord-aggrave-le-differend-entre-lalgerie-et-le-maroc/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Jan 2023 08:28:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La présence israélienne accrue en Afrique du Nord empoisonne les relations déjà troublées entre Rabat et Alger. </p>
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<p><strong><em>La présence israélienne accrue en Afrique du Nord empoisonne les relations déjà troublées entre Rabat et Alger et hypothèque davantage les chances d’une relance de l’Union du Maghreb arabe, en panne depuis sa création en 1989.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Mustafa Fetouri</strong> *</p>



<span id="more-5916897"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Mostefa-Fetouri.jpg" alt="" class="wp-image-5916956" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Mostefa-Fetouri.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Mostefa-Fetouri-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Mostefa-Fetouri-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Les problèmes dans les relations algéro-marocaines se cachent toujours juste sous la surface, attendant qu’un déclencheur se transforme en une crise diplomatique et politique tentaculaire qui prend généralement plus de temps que prévu à se résoudre.</p>



<p>Les relations bilatérales des deux pays d’Afrique du Nord ont été tendues, une pomme de discorde majeure étant le soutien apporté par chaque pays aux mouvements séparatistes de l’autre pays. La bande désertique du Sahara occidental sur la côte atlantique est revendiquée par le Maroc mais le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, la revendique comme un pays indépendant pour le peuple sahraoui. En juillet 2021, l’ambassadeur du Maroc aux Nations Unies a ouvertement soutenu l’autodétermination de la région de Kabylie dans le nord de l’Algérie en réponse à son soutien au Front Polisario.</p>



<p>En raison de ces tensions (et d’autres), les frontières entre les deux pays sont fermées depuis 1994. Les agriculteurs marocains qui cultivaient des terres de l’autre côté de la frontière algérienne ont été expulsés, divisant davantage les familles déjà séparées par la fermeture des frontières. Les appels de Rabat pour résoudre la situation sont tombés dans l’oreille d’un sourd.</p>



<p>L’impact négatif de ces tensions affecte les problèmes régionaux, rendant la coopération d’autant plus difficile.</p>



<p>L’Union du Maghreb arabe a été créée en 1989 pour promouvoir le libre-échange, la libre circulation des capitaux et des personnes et davantage de coopération économique régionale entre cinq pays d’Afrique du Nord : l’Algérie, la Libye, la Mauritanie, le Maroc et la Tunisie. Mais à la suite des querelles politiques algéro-marocaines, l’union, qui avait représenté un énorme espoir pour des millions de personnes, n’a jamais vraiment réalisé grand-chose en 33 ans.</p>



<p>Même pendant la pandémie de Covid-19, alors que la coopération était indispensable, la politique a empêché les pays de la région de se rassembler.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une nouvelle pomme de discorde&nbsp;: Israël &nbsp;</h2>



<p>La dernière détérioration des relations s’est produite à l’été 2021 avec, cette fois, un déclencheur externe plutôt que bilatéral ou régional. Il y avait un nouveau joueur dans le mélange : Israël.</p>



<p>En juillet 2021, les médias ont rapporté que le Maroc avait utilisé le logiciel espion israélien Pegasus pour pirater les téléphones des responsables algériens. En février 2022, Rabat et Tel-Aviv ont signé un accord militaire de 500 millions de dollars : Israël fournirait au Maroc des systèmes de défense aérienne et antimissile Barak MX. Rabat avait déjà acquis le système anti-drone israélien Skylock en 2020.</p>



<p>En juillet 2022, le chef d’état-major des Forces de défense israéliennes, Aviv Kochavi, s’est rendu au Maroc pour rencontrer son homologue marocain après que son patron, le ministre de la Défense Benny Gantz, a signé un accord de sécurité avec le Maroc en novembre 2021. Israël fournit désormais au Maroc diverses technologies militaires, y compris les drones. Fin septembre 2022, Rabat recevait des systèmes aériens, y compris des systèmes montés sur drones pour les drones marocains fournis par la Turquie et les Israéliens. Le contrat de 30 mois coûterait environ 70 millions de dollars.</p>



<p>Les observateurs régionaux se demandent pourquoi le Maroc acquiert autant d’armes à un moment de fortes tensions avec l’Algérie. Alors que personne ne s’attend à une confrontation militaire entre les deux pays, le potentiel existe.</p>



<p>Le gouvernement algérien est furieux de voir le Maroc acheter autant d’armes israéliennes et accueillir les Israéliens à bras ouverts. Beaucoup pensent que l’Algérie est punie pour sa diplomatie anti-israélienne en Afrique et son soutien aux Palestiniens. En août 2021, Alger a mené la dernière campagne politique et diplomatique au sein de l’Union africaine pour maintenir Israël hors de l’organisation continentale. La position classique de l’Algérie consistant à soutenir les Palestiniens n’a pas changé depuis des décennies; elle rejette toute normalisation avec Israël, une position qui la met en porte-à-faux avec un quart des pays de la Ligue arabe, qui ont noué des relations avec Israël. En fait, en mai, les législateurs algériens ont soumis au parlement un projet de loi criminalisant la normalisation avec Israël, comprenant des articles interdisant les voyages ou tout contact direct ou indirect avec Tel-Aviv.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Diviser et normaliser</h2>



<p>Tout comme les Britanniques ont développé la doctrine politique du <em>«diviser pour régner»</em> en Inde, Israël développe ce que l’on pourrait appeler une politique du <em>«diviser pour normaliser»</em>. L’idée est de diviser ses voisins arabes autour de leur cause centrale, la Palestine, malgré le soutien public écrasant dont bénéficient les Palestiniens dans le monde arabe. Israël veut que la question palestinienne soit considérée comme une affaire intérieure réglée dans le cadre de sa politique intérieure, et non comme un cas de colonisation.</p>



<p>L’Algérie a tout à fait le droit de s’inquiéter de la présence israélienne accrue sur sa frontière poreuse longue de 1 400 km, compte tenu de l’histoire de l’État d’apartheid en matière de déstabilisation de ses ennemis. L’année dernière, l’Algérie a accusé Israël et le Maroc d’avoir des liens avec les groupes séparatistes de l’Algérie, en particulier dans ses régions du nord. Elle a même affirmé que de tels groupes avaient déclenché les incendies de forêt dévastateurs de 2021 qui ont coûté la vie à plus de 90 personnes et brûlé des centaines d’hectares. Elle n’a cependant produit aucune preuve à l’appui de ses affirmations.</p>



<p>La présence israélienne accrue en Afrique du Nord empoisonne les relations déjà troublées entre Rabat et Alger. Le 24 août 2021, l’Algérie a coupé tous les ponts avec le Maroc. Annonçant la décision, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a cité la normalisation entre Israël et le Maroc comme un facteur déterminant. Lors de sa visite à Rabat quelques jours plus tôt, le ministre israélien des Affaires étrangères de l’époque, Yair Lapid, avait admis avoir discuté de l’Algérie avec son hôte marocain. Il a ensuite reproché à l’Algérie de se rapprocher de l’Iran. Réponse de Lamamra : <em>«Depuis 1948</em> [la création d’Israël]<em>, nous n’avons entendu aucun membre d’un gouvernement israélien rendre des jugements ou envoyer des messages agressifs depuis le territoire d’un pays arabe contre un autre pays arabe.»</em></p>



<p>L’Algérie, qui se retrouve isolée, cherchera naturellement des alliés, dont l’Iran, l’ennemi juré d’Israël. Là encore, l’élargissement des échanges politiques et militaires entre Rabat et Tel-Aviv a entraîné la région dans les animosités établies entre l’Iran et Israël, rendant encore plus difficile toute réconciliation algéro-marocaine. Cela entraîne également Israël dans le problème du Sahara Occidental.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les accords d’Abraham</h2>



<p>Un autre facteur contribuant à la récente détérioration des relations entre l’Algérie et le Maroc est l’initiative de politique étrangère de l’administration Trump connue sous le nom d’Accords d’Abraham. Les accords ont permis à Rabat de normaliser ses relations avec Israël, comme l’ont fait d’autres pays arabes, dont Bahreïn et les Émirats arabes unis. En retour, Rabat a obtenu ce à quoi il ne s’attendait pas : une reconnaissance officielle par les États-Unis de sa souveraineté sur le Sahara occidental. Rabat a signé les accords en septembre 2020, et trois mois plus tard, Washington a reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental – un changement majeur dans la politique étrangère américaine. De toute évidence, cela ne plaît pas à l’Algérie et n’aide pas non plus l’Onu, qui s’efforce depuis des décennies de trouver une solution négociée au différend du Sahara occidental.</p>



<p>Trump était clairement déterminé à aider Tel-Aviv et ne se souciait pas des conséquences à long terme dans la région et ne se souciait sans doute pas des intérêts américains. Les Accords d’Abraham n’ont pas favorisé la paix entre Israël et les Palestiniens; il a aliéné la partie la plus faible, les Palestiniens, et rendu la solution à deux États, qui était théoriquement la politique officielle des États-Unis, encore moins probable.</p>



<p>Grâce aux accords d’Abraham, Tel-Aviv a réussi à normaliser ses relations avec quatre pays arabes, marginalisant les Palestiniens mais se moquant également des positions américaines de longue date dans la région. Les États-Unis, qui contreviennent désormais au droit international, reconnaissent l’annexion par Israël des hauteurs du Golan et de Jérusalem-Est comme faisant partie d’Israël. Les accords ont rendu encore plus difficile l’amélioration des relations entre Rabat et Alger.</p>



<p>(…)</p>



<p>Pendant que tout cela se passe, un autre élément déclencheur se profile pour compliquer davantage la situation entre l’Algérie et le Maroc. Le 1er octobre, le ministère marocain de la Culture a envoyé une lettre au fabricant allemand de vêtements de sport Adidas après que la société a dévoilé son nouveau design de maillot de football algérien, l’accusant de <em>«s’approprier»</em> la culture marocaine dans le nouveau design. Cet épisode n’a pas encore déclenché de nouveaux troubles entre l’Algérie et le Maroc, mais il a certainement le potentiel de le faire.</p>



<p>* <em>Universitaire libyen et journaliste indépendant. </em></p>



<p class="has-text-align-right"><em>Article traduit de l’américain.</em></p>



<p><strong><em>Source</em></strong>: <a href="https://www.wrmea.org/north-africa/israel-s-increased-presence-in-north-africa-is-widening-gap-between-algeria-and-morocco.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Washington Report on Middle East Affairs.</a></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/03/la-presence-accrue-disrael-en-afrique-du-nord-aggrave-le-differend-entre-lalgerie-et-le-maroc/">La présence accrue d’Israël en Afrique du Nord aggrave le différend entre l&rsquo;Algérie et le Maroc</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Israël-Palestine : Quel avenir pour le plan de paix de Trump ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 May 2020 11:01:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après des mois d’impasse politique et l’organisation répétée d’élections parlementaires, Israël a finalement formé un gouvernement d’unité. Il est organisé autour de deux personnalités : le Premier ministre Benyamin Netanyahou, chef du parti Likoud (aile droite), et Benny Gantz, chef du parti bleu et blanc (centre). Quelles sont les bases de cette formule de partage...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/05/Trump-Netanyahu.jpg" alt="" class="wp-image-154781"/></figure>



<p><strong><em>Après des mois d’impasse politique et l’organisation répétée d’élections parlementaires, Israël a finalement formé un gouvernement d’unité. Il est organisé autour de deux personnalités : le Premier ministre Benyamin Netanyahou, chef du parti Likoud (aile droite), et Benny Gantz, chef du parti bleu et blanc (centre). Quelles sont les bases de cette formule de partage du pouvoir? Quelles implications cette situation aura-t-elle sur la scène régionale? Peut-on parier sur une stabilité gouvernementale et sa viabilité durant la crise du coronavirus dans la région ?</em></strong></p>



<p>Par <strong>Roland Lombardi</strong> *</p>



<span id="more-300503"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/09/Roland-Lombardi.jpg" alt="" class="wp-image-112276" width="200"/></figure></div>



<p>Après seize mois d’une crise politique majeure et trois scrutins législatifs, puis face au drame sanitaire et économique, Benyamin Netanyahou, le chef de la droite israélienne, soutenu par les extrêmes, a conclu &#8211; à la surprise générale -, le lundi 20 avril, avec son principal adversaire politique Benny Gantz, le leader de l’opposition centriste et surtout son pire ennemi, un pacte pour la constitution d’un gouvernement d’<em>«urgence nationale»</em>.</p>



<p>Sans le coronavirus, le drame sanitaire et la tragédie socio-économique vers laquelle se dirige l’Etat hébreu, avec un million de chômeurs (le chômage partiel n’existe pas en Israël) et les prévisions inquiétantes de faillites d’entreprises, l’ancien chef d’état-major n’aurait sûrement jamais accepté ce pacte avec le diable.</p>



<p>Cet accord, qui devrait durer 3 ans, a été signé sous les auspices du président Reuven Rivlin, qui implorait depuis des mois les deux farouches adversaires de réconcilier les deux Israël que chacun incarne.<br>Il est vrai que dans le contexte dramatique actuel, une quatrième élection était clairement inenvisageable et surtout n’aurait jamais été supportée par la société israélienne.</p>



<p>En attendant, Benny Gantz sera donc Premier ministre suppléant et également ministre de la Défense. Un autre cadre du parti Bleu-Blanc, Gabi Ashkenazi, lui aussi ex-chef d’état-major, se voit attribuer le poste de ministre des Affaires étrangères. Le ministère de la Justice sera également dirigé par un centriste. Par ailleurs, Gantz a obtenu pour ses alliés travaillistes le portefeuille des Affaires sociales qui revient à Itzik Shmuli et celui de l’Economie à Amir Peretz. De fait donc, le centre et la gauche vont ainsi cohabiter avec la droite.</p>



<p>D’après l’accord entre les deux hommes, dans 18 mois, l’actuel Premier ministre devrait donc céder sa place à Benny Gantz, sans qu’il soit nécessaire de convoquer un nouveau scrutin. D’ailleurs, en nombre de sièges, Bleu-Blanc, le parti de centre-gauche de Gantz, est à présent minoritaire à la Knesset suite à la désertion d’une partie de ses troupes qui s’opposaient catégoriquement à des négociations avec Netanyahou. Une partie de ses électeurs n’ont d’ailleurs pas compris ni accepté son choix. C’est notamment le cas de ses alliés de poids comme Moshe Ya’alon et Yaïr Lapid. Ce dernier évoque depuis, avec véhémence, une trahison inacceptable de la part du désormais <em>«général félon</em>». Dans un rebondissement dont seuls les politiciens israéliens ont le secret, il s’est même déclaré prêt à voter avec Netanyahou pour empêcher Gantz d’être Premier ministre et ainsi renverser la loi sur la rotation !</p>



<p>Or, en définitive, l’opinion publique israélienne dans sa majorité a accueilli l’événement avec soulagement.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une formulation gouvernementale viable ?</h3>



<p>Par le passé, l’Etat hébreu avait déjà connu un gouvernement d’union nationale. En septembre 1984, devant une situation économique catastrophique et surtout les conséquences de l’<em>«embourbement</em>» de Tsahal au Liban (suite à l’Opération Paix en Galilée en 1982), le président de l’époque, Haïm Herzog, était parvenu à rapprocher deux hommes aussi opposés l’un de l’autre. Le travailliste, Shimon Peres et Itzhak Shamir, chef du Likoud et ancien chef de l’organisation terroriste d’extrême droite, le groupe Stern. Grâce au pragmatisme de ces deux leaders, ce <em>«compromis historique»,</em> basé sur un <em>«gouvernement par alternance</em>», avait plus ou moins bien fonctionné.</p>



<p>Aujourd’hui avec, comme je l’ai évoqué précédemment, l’arrivée de travaillistes au poste clé de l’économie, c’est la politique <em>«hyperlibéraliste»</em> de Netanyahou qui peut en pâtir. Or, il est vrai que la pandémie a fait bouger les lignes et a fait surtout resurgir, comme partout en Occident, les besoins vitaux d’une solidarité étatique. Des nationalisations partielles ou temporaires sont même évoquées.</p>



<p>Sur d’autres points qui tenaient pourtant à cœur au camp de Gantz, notamment la modification de la loi Etat-nation ou les transports publics le samedi, on peut noter qu’il n’y a pas d’engagement pris concrètement.</p>



<p>Par ailleurs, le cabinet, qui comptera 36 ministres et 16 vice-ministres (la parité absolue doit être respectée entre les soutiens de Gantz et de Netanyahou), est déjà critiqué et jugé comme pléthorique et ruineux. Et même si le mouvement d’extrême-droite Yamina ne fait plus partie du gouvernement, Gantz devra composer avec le religieux radical, Yaakov Litzman, maintenu au poste de la Santé et que l’ancien militaire n’est pas parvenu à faire limoger.</p>



<p>Bref, toute coalition gouvernementale est toujours fragile mais encore une fois, face à la situation sans précédent que traverse le pays, on peut faire confiance au réalisme de Benny Gantz et surtout à la ruse de l’animal politique qu’est Netanyahou, pour que cela ne soit pas trop sulfureux. Ce dernier a par ailleurs gardé un droit de veto sur la nomination des juges de la Cour Suprême. Cela le concerne directement vu que son procès débutera le 24 mai prochain et qu’il a déjà prévu l’impossibilité de sa destitution en cas de condamnation en première instance…</p>



<p>Pour l’instant donc, nous assistons à une véritable lune de miel. Son espérance de vie dépendra grandement de l’issue de la crise sanitaire et à présent économique.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La question palestinienne</h3>



<p>Il faut d’abord souligner que depuis la crise du Covid-19, même si les données et les informations demeurent certes encore très floues, les territoires de l’Autorité palestinienne mais également Gaza &#8211; sous la coupe du Hamas &#8211; ne s’en sortent pas si mal. Aussi étonnant que cela puisse paraître, cela est dû notamment à l’aide discrète mais bien réelle d’Israël (bien avant l’accord Gantz-Netanyahou), qui rappelons-le, est un pays rodé aux crises graves et qui serait, d’après certaines études en cours, un des Etats les plus efficaces contre l’épidémie.</p>



<p>Concernant les divergences de vue de Gantz, ses alliés et Netanyahou, sur la politique vis-à-vis des Palestiniens, notamment l’annexion de certaines parties de la Cisjordanie, nous avons assisté la semaine dernière à un premier consensus entre les deux anciens adversaires politiques. Il s’agissait de l’annexion de la vallée du Jourdain prévue dans le plan de Trump. </p>



<p>Quand la crise sanitaire mondiale sera passée, dans le cadre du <em>«Deal du siècle»</em>, il faudra revenir à la table des négociations avec les Palestiniens. Pour le Premier ministre israélien, tous les points de l’accord portant sur la Judée-Samarie/Cisjordanie (qui permet à Israël d’annexer 30% de la Cisjordanie, y compris toutes les implantations et toute la vallée du Jourdain) sont des sujets cruciaux vis-à-vis de ses alliés politiques et de son électorat les plus à droite. <em>«Bibi»</em> sait pertinemment qu’il faut aller très vite sur la question de la vallée du Jourdain, mettre la barre très haute et aller très loin, avant les grandes concessions qu’il devra inévitablement faire par la suite sur d’autres dossiers du plan. </p>



<p>Pour Netanyahou, l’aide israélienne évoquée plus haut est d’abord, si j’ose dire, un moyen grossier de faire passer la pilule à Mahmoud Abbas. Mais surtout, le Premier ministre israélien doit d’abord compter sur sa nouvelle <em>«lune de miel» </em>avec Benny Gantz pour aller très vite dans cette annexion.</p>



<p>Or, n’oublions pas que l’ancien chef d’état-major, comme les responsables de Tsahal, sont très frileux, voire carrément hostiles, au sujet de la vallée du Jourdain et de son annexion. Dans tous les cas, l’accord de coalition entre Bleu et Blanc et le Likoud stipule que celle-ci peut être soumise à un vote. Au plus tôt le 1er juillet prochain, soit au cabinet, soit à la Knesset, <em>«après discussion entre le Premier ministre et le Premier ministre suppléant</em>», avec l’accord américain. Les deux ex-chefs d’état-major, Gantz et Gabi Ashkenazi, l’actuel ministre des Affaires étrangères, parviendront-ils à convaincre Netanyahou de reculer ? Nous verrons.</p>



<p>Pour l’heure, Gantz a déjà obtenu que soit mentionnée la notion de consentement international (notamment de l’Egypte et de la Jordanie) sur ce sujet. Netanyahou sacrifiera-t-il alors à sa décision ses bonnes relations avec Sissi et le Roi Abdallah II (l’Egypte et la Jordanie étant les seuls pays arabes à avoir signé un traité de paix avec l’Etat hébreu et dont les opinions publiques sont très sensibles sur cette question) ? Pas sûr…</p>



<p>C’est pourquoi, je pense que d’ici là, l’annexion de la vallée du Jourdain, lourde de conséquences en terme de tensions sécuritaires comme politiques pour Netanyahou, pourrait très bien finalement être sacrifiée au bénéfice de celles de plusieurs autres implantations de Cisjordanie. Il faut espérer que le principe de rationalité prévaudra finalement.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le dossier iranien</h3>



<p>Le dossier iranien est un des rares sujets qui fait largement consensus dans le milieu politique israélien, à droite, au centre comme à gauche. Car, même si l’Iran, surtout dans le contexte actuel, ne représente pas une menace existentielle, il est par exemple hors de question pour l’Etat hébreu que des forces iraniennes s’installent durablement en Syrie. Comme il est hors de question qu’une nouvelle menace à la frontière du Golan, notamment balistique, vienne s’ajouter à celles du Hezbollah au Nord et du Hamas au Sud. C’est la raison pour laquelle, depuis le début de la crise syrienne et jusqu’à ces derniers jours encore, Israël a pu frapper, en toute impunité et avec l’accord tacite russe, plus de 200 fois les forces iraniennes et du Hezbollah présentes sur le territoire syrien.</p>



<p>En outre, ne nous leurrons pas, les Russes ne sont pas très enthousiastes quant à une présence iranienne forte et pérenne en Syrie… Comme Assad d’ailleurs. Présent en Syrie début mars, j’ai pu mesurer personnellement un rejet significatif de l’<em>«incrustation</em>» iranienne de la part de la grande majorité de la population syrienne, comme de la plupart des officiers du régime.</p>



<p>En dépit de nombreuses protestations auprès de leurs partenaires russes, les Iraniens n’ont jusqu’ici jamais répliqué de manière franche et sérieuse aux frappes de Tsahal. Ils n’en ont absolument pas les moyens. Et aujourd’hui plus que jamais, puisque la crise du Covid a terriblement aggravé la situation socio-économique de l’Iran, déjà très mise à mal par les sanctions américaines.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Conclusion</h3>



<p>La pandémie est en train de grandement affaiblir les Etats-Unis et surtout leur président. En effet, la crise sanitaire mondiale a terriblement impacté l’économie du pays. Même s’il ne faut pas l’enterrer trop vite, cela devient de plus en plus compliqué pour Donald Trump. Là aussi, les plus de 20 millions de chômeurs et la perspective des multiples faillites d’entreprises à venir, auront inévitablement une incidence sur l’élection présidentielle de novembre prochain. Enfin, quel sera d’ici quelques mois le paysage politique israélien ? Qui peut savoir ? Quoi qu’il en soit, Gantz devra impérativement rester sur ses gardes. L’inoxydable <em>«Bibi»</em> est un politicien madré, passé maître dans les coups tordus aussi surprenants que machiavéliques…</p>



<p><em>* Historien et géo-politologue. Membre du groupe d’analyse JFC Conseil.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/05/25/israel-palestine-quel-avenir-pour-le-plan-de-paix-de-trump/">Israël-Palestine : Quel avenir pour le plan de paix de Trump ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Israël : Deux têtes sous un même chapeau</title>
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		<pubDate>Tue, 19 May 2020 10:03:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après dix huit mois de rudes tractations et trois scrutins consécutifs, Israël s’est doté d’un gouvernement pléthorique à deux têtes, dont l’objectif principal reste la poursuite du grignotage méthodique de la terre palestinienne. Par Hassen Zenati La classe politique d’Israël en lambeaux a mis cinq cent jours pour constituer un nouveau gouvernement, à l’issue de...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/05/Benjamin-Netanyahu-et-Benny-Gantz.jpg" alt="" class="wp-image-299678"/><figcaption><em>Netanyahu &#8211; Gantz: ils se détestent cordialement, mais ils vont gouverner ensemble. </em></figcaption></figure>



<p><strong><em>Après dix huit mois de rudes tractations et trois scrutins consécutifs, Israël s’est doté d’un gouvernement pléthorique à deux têtes, dont l’objectif principal reste la poursuite du grignotage méthodique de la terre palestinienne.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Hassen Zenati</strong></p>



<span id="more-299677"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/11/Hassen-Zenati-2.jpg" alt="" class="wp-image-253792"/></figure></div>



<p>La classe politique d’Israël en lambeaux a mis cinq cent jours pour constituer un nouveau gouvernement, à l’issue de trois scrutins tumultueux, qui auraient pu être suivis d’un quatrième si l’un des principaux protagonistes, le général Benny Gantz, de guerre lasse, ne s’est pas finalement plié à la volonté de son rival retors Benyamin Netanyahu, alias Bibi, accroché au pouvoir comme une moule à son rocher.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une alliance improbable et fragile</h3>



<p>En raison d’un mode de scrutin unique au monde, à la proportionnelle intégrale et une seule circonscription couvrant la totalité du territoire, <em>«la seule démocratie du Proche-Orient»,</em> selon ses thuriféraires occidentaux, sans constitution ni frontières définies, reste l’otage de ses minorités parlementaires. La formation de toute majorité de gouvernement reste en effet tributaire de l’appoint des partis ultra-religieux, ultra-minoritaires. Ils marchandent âprement chacune de leur voix contre des maroquins stratégiques, de leur point de vue, avant de voter l’investiture.</p>



<p>L’alliance improbable et fragile de Benyamin Netanyahu, 71 ans, idole du Likoud et de l’extrême droite, et Benny Gantz, 61 ans, général à la retraite, ancien chef d’état-major, à la tête d’une coalition <em>«Bleu-Blanc»</em> se présentant comme une formation centriste, a mis beaucoup de temps à se dessiner. Elle bénéficie de l’appoint d’un Parti Travailliste laminé, qui n’a pu arracher que quelques sièges au dernier scrutin, après avoir dominé des décennies durant de la tête au pied la vie politique israélienne.</p>



<p>La plus longue crise politique que le pays ait jamais connue se solde par la formation d’un gouvernement pléthorique à deux têtes de 35 ministres et 16 vice-ministres. Il sera dirigé alternativement par Benyamin Netanyahu, qui doit remettre ensuite les rênes à Benny Gantz, dans dix huit mois, à partir du 17 novembre 2021. Ce dernier occupera dans l’intervalle le ministère de la Défense, ce qui en fera de fait le Premier ministre bis. <em>«La population veut un gouvernement d’unité, et c’est ce qu’elle obtient aujourd’hui»,</em> a affirmé Netanyahou dimanche, très sûr de lui, alors qu’une partie de la population est indignée de le voir rempiler malgré une réputation exécrable.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un gouvernement d’union obtenu grâce au Covid-19</h3>



<p>Ce gouvernement dit d’union, en trompe l’œil, reste placé sous la haute surveillance de l’extrême droite et des partis ultra-orthodoxes, qui guetteront le moindre faux pas pour tenter de le renverser, estiment les analystes. Le Likoud qui a obtenu le plus grand nombre de sièges aux dernières législatives, doit toujours compter avec le soutien d’élus de la droite extrême et des partis religieux ultra-orthodoxes. En outre, il ne manque pas de motifs de rupture entre les deux partenaires contraints à cohabiter par le président de l’Etat pour sortir le pays de l&rsquo;ornière. Benny Gantz avait centré ses trois campagnes électorales successives sur le rejet de Benyamin Netanyahu, qu’il jugeait «excessif et corrompu», proclamant qu’il ne gouvernerait jamais avec lui. Il s&rsquo;est ensuite ravisé en invoquant l’urgence de la lutte commune contre la pandémie du coronavirus.</p>



<p>Le premier obstacle que doit surmonter la nouvelle formation gouvernementale est la comparution de son chef devant ses juges à partir du 24 mai. Benyamin Netanyahu, qui a échappé de justesse à une procédure de destitution au Parlement grâce à l’accord de gouvernement scellé avec Benny Gantz, est toujours impliqué dans trois procédures judiciaires pour corruption, abus de confiance et fraude. Il encourt jusqu’à dix ans de prison, mais il ne cesse de clamer son innocence en se disant victime d’un complot médiatique et judiciaire. Son épouse Sara l’avait précédé devant les juges, qui l’ont condamnée à 2.500 euros d’amende et au remboursement de 11.000 euros pour mauvais usage de fonds publics.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le taux de chômage a bondi de 3,4 à 27%</h3>



<p>Dans les mois qui viennent, s’il échappe aux turbulences judiciaires qui accablent son chef, le gouvernement doit affronter d’urgence la pandémie du coronavirus, qui a fait, selon les chiffres officiels, 272 morts et contaminé 16.500 personnes. C’est l’unique sujet d’accord entre ses deux principales composantes. Le pays qui a entamé son dé-confinement a rouvert la majorité de ses écoles et de ses commerces, tout en maintenant l’obligation du port du masque, mais il doit remettre sur les rails une économie, dont le taux de chômage a bondi de 3,4 à 27% (1 million de sans emploi) après le confinement de la population. Il n&rsquo;est pas non plus à l&rsquo;abri d’une seconde vague de contamination.</p>



<p>Mais la principale pomme de discorde entre les deux têtes de l’exécutif, qui <em>«continuent à se détester et ne se font pas confiance»</em>, selon leurs proches, porte sur le projet de Benyamin Netanyahu, qu’il doit présenter en juillet au Conseil des ministres, d’annexer de nouveaux pans de la Cisjordanie, soit les colonies juives déjà implantées illégalement dans la région et une partie de la vallée du Jourdain. Le projet effacerait ainsi la ligne de démarcation de 1948 entre Palestiniens et Israéliens, et enterrerait définitivement le projet d’une solution à deux Etats en Palestine, espèrent ses promoteurs. Cette solution a du plomb dans l’aile depuis plusieurs années.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Gantz reste opposé à l&rsquo;annexion des territoires palestiniens</h3>



<p>Pendant la dernière décennie, la population des colonies juives en Cisjordanie a bondi de 50%. Elle dépasse désormais les 450.000 habitants, qui vivent sous tensions face à plus de 2,7 millions de Palestiniens. <em>«Ces territoires sont là où le peuple juif est né et a grandi. Il est temps d&rsquo;écrire un nouveau chapitre glorieux dans l&rsquo;histoire du sionisme»</em>, proclame Benyamin Netanyahu. En revanche, malgré son rapprochement de dernière minute de son rival, Benny Gantz, sur la même ligne qu’une bonne partie de l’establishment militaire, reste opposé à ce programme d’expansion territoriale.<em> «Ne pensez pas que nous avons oublié l’annexion à cause du coronavirus. Nous avons l’intention de continuer à nous battre contre l’occupation»</em>, a-t-il prévenu.</p>



<p>L’Autorité palestinienne et la Jordanie ont rejeté fermement le projet, y voyant les germes d’une nouvelle confrontation régionale. L’Union Européenne menace de <em>«sanctionner»</em> Israël si Benyamin Netanyahu devait passer aux actes. Les Etats-Unis, qui ont apporté jusque-là un soutien inconditionnel à Tel-Aviv, restent circonspects. De passage il y a quelques jours en Israël, le secrétaire d’Etat Mike Pompeo a botté en touche, se contentant de se féliciter <em>«chaleureusement»</em> de la formation d’un gouvernement d’union après dix huit mois d’impasse politique</p>
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