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	<title>Archives des France - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des France - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>La France accusée de «harcèlement judiciaire» contre Rima Hassan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Sep 2026 06:06:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Rima Hassan doit-elle renier son pays d'origine, la Palestine pour avoir droit à la liberté d'expression comme tout citoyen français ? </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/02/la-france-accusee-de-harcelement-judiciaire-contre-rima-hassan/">La France accusée de «harcèlement judiciaire» contre Rima Hassan</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La dénonciation du génocide perpétré par Israël à Gaza et la défense des droits du peuple palestinien sont presque devenues un crime en France. La députée française d’origine palestinienne Rima Hassan, figure emblématique de la défense de la cause palestinienne au pays de Voltaire et de Hugo, n’a cessé d’en faire l’expérience à ses dépens.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djamal Guettala</strong></p>



<span id="more-19553925"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dérive, qui déshonore la France et les Français, vaut au supposé pays des droits de l’homme de se retrouver une nouvelle fois interpellée sur le terrain des libertés publiques. Cinq rapporteurs spéciaux des Nations unies – excusez du peu&nbsp;! – demandent officiellement des comptes à Paris au sujet des mesures policières et des procédures judiciaires visant Rima Hassan en raison de ses prises de position politiques, notamment sur la Palestine. Pour ces experts, la multiplication des auditions, la garde à vue et les mesures de surveillance soulèvent de <em>«graves préoccupations»</em> et pourraient constituer des atteintes à plusieurs droits fondamentaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans leur communication adressée aux autorités françaises, les experts de l’Onu relèvent également que la quasi-totalité des procédures engagées contre la juriste franco-palestinienne auraient été classées sans suite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du seul cas de Rima Hassan, c’est la manière dont la France traite certaines expressions politiques liées à la Palestine qui inquiète les rapporteurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des procédures qui deviennent elles-mêmes une sanction</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le constat qu’ils dressent est particulièrement sévère. Même lorsqu’elles ne débouchent pas sur une condamnation, la répétition des procédures judiciaires peut, selon eux, produire un effet dissuasif considérable sur la liberté d’expression.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrement dit, le problème ne résiderait pas uniquement dans l’issue judiciaire d’une affaire, mais dans l’accumulation des convocations, interrogatoires, gardes à vue et mesures de surveillance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les rapporteurs évoquent ainsi des mesures susceptibles de relever du <em>«harcèlement judiciaire et politique»</em> et estiment qu’elles pourraient porter atteinte à plusieurs droits fondamentaux : liberté d’opinion et d’expression, droit à la vie privée, liberté de réunion et d’association, principe d’égalité et de non-discrimination, mais également droit de participer à la vie publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une mise en garde qui dépasse largement le cas individuel de Rima Hassan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les experts de l’Onu dénoncent ce qu’ils décrivent comme une <em>«tendance croissante à la répression des voix défendant les droits du peuple palestinien par les autorités françaises»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le recours à l’infraction d’<em>«apologie du terrorisme»</em> constitue l’un des principaux points d’inquiétude. Les rapporteurs demandent à Paris de démontrer que l’utilisation répétée de cette qualification respecte les engagements internationaux de la France en matière de liberté d’expression.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question est politiquement explosive : jusqu’où un État peut-il aller dans la lutte contre l’apologie du terrorisme sans transformer cet arsenal juridique en instrument de restriction de la parole politique ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les rapporteurs, le risque est précisément celui d’un glissement. L’ouverture répétée de procédures, y compris lorsqu’elles se terminent sans condamnation, peut suffire à intimider les militants, les élus, les associations, les universitaires ou les simples citoyens qui prennent publiquement position.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La justice ne sanctionnerait alors plus seulement par une condamnation. La procédure elle-même pourrait devenir une forme de pression.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Rima-Hassan-Palestine-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-19553970" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Rima-Hassan-Palestine-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Rima-Hassan-Palestine-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Rima-Hassan-Palestine-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Rima-Hassan-Palestine-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Rima-Hassan-Palestine-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Rima-Hassan-Palestine-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Rima-Hassan-Palestine.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Rima Hassan doit-elle renier son pays d&rsquo;origine, la Palestine, dont ses parents ont été chassés par l&rsquo;armée d&rsquo;occupation israélienne, pour avoir droit à la liberté d&rsquo;expression comme tout citoyen français ? </em> </figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Un avertissement qui dépasse Rima Hassan</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les cinq rapporteurs spéciaux demandent désormais au gouvernement français de fournir des explications sur les motifs et la proportionnalité de la garde à vue de Rima Hassan, mais aussi sur les informations communiquées aux médias, les interrogatoires répétés et les éventuelles mesures de surveillance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils interrogent également Paris sur la compatibilité du recours à l’<em>«apologie du terrorisme»</em> avec les obligations internationales de la France.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question est loin d’être secondaire. La France se présente régulièrement comme une démocratie attachée à la liberté d’expression, à l’État de droit et à la défense des droits humains. La communication des experts de l’Onu vient mettre cette posture à l’épreuve, en demandant aux autorités françaises de démontrer que leur pratique est conforme aux principes qu’elles défendent sur la scène internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’intérêt de cette intervention onusienne réside surtout dans sa portée générale. Les rapporteurs ne se limitent pas à dénoncer une situation individuelle. Ils alertent sur les conséquences politiques d’une multiplication des poursuites visant des voix favorables aux droits des Palestiniens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La liberté d’expression ne se mesure pas seulement à la possibilité théorique de parler. Elle se mesure aussi à la capacité de le faire sans craindre une succession de convocations, de procédures ou de mesures policières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est précisément ce phénomène que les experts redoutent lorsqu’ils évoquent un <em>«effet dissuasif»</em> sur la liberté d’expression, la société civile et le pluralisme démocratique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La France doit donc répondre. Et cette fois, la question ne vient pas seulement d’associations, de militants ou d’opposants politiques. Elle est posée par cinq experts mandatés par les Nations unies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dossier Rima Hassan devient ainsi le révélateur d’une interrogation plus vaste : la lutte contre l’apologie du terrorisme peut-elle servir de justification à la mise sous pression de la parole politique, notamment lorsqu’elle concerne la Palestine, une nation spoliée de sa terre et un peuple martyrisé par l’une des plus redoutables machines de guerre actuelle dans le monde, celle de l’Etat d’occupation israélien ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse du gouvernement français sera scrutée bien au-delà de l’Hexagone. Car la situation des défenseurs de la cause palestinienne en Allemagne, aux Etats-Unis et dans d’autres pays occidentaux n’est pas meilleure qu’en France.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Xxgu6E2EeH"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/17/la-france-dans-les-griffes-du-crif/">La France dans les «griffes du Crif»</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La France dans les «griffes du Crif» » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/17/la-france-dans-les-griffes-du-crif/embed/#?secret=c9WrFAnfYA#?secret=Xxgu6E2EeH" data-secret="Xxgu6E2EeH" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Ip0NGnboMn"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/02/proces-de-rima-hassan-peut-on-encore-defendre-la-palestine-en-france/">Procès de Rima Hassan | Peut-on encore défendre la Palestine en France ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Procès de Rima Hassan | Peut-on encore défendre la Palestine en France ? » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/02/proces-de-rima-hassan-peut-on-encore-defendre-la-palestine-en-france/embed/#?secret=ikrRsZDpiV#?secret=Ip0NGnboMn" data-secret="Ip0NGnboMn" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<item>
		<title>Un livre ravive la mémoire des Italiens de Tunisie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Sep 2026 12:48:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Benito Mussollini]]></category>
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		<category><![CDATA[Marie-Ange La Rosa]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Marie-Ange La Rosa vient de publier son premier livre ‘‘Les otages de Mussolini. Une histoire vraie des Italiens de Tunis’’. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>‘‘Les otages de Mussolini. Une histoire vraie des Italiens de Tunis’’, le premier livre de Marie-Ange La Rosa, disponible en français sur Amazon, aux formats papier et numérique, raconte l’histoire d’enfants italiens de Tunisie envoyés dans des colonies de vacances fascistes en Italie et séparés de leurs familles. Un voyage vers le pays d’origine qui aurait dû durer cinq semaines mais qui, bouleversé par l’entrée du pays dans la Seconde Guerre mondiale, s’est transformé pour certains enfants en une séparation d’avec leurs familles ayant duré des années.</em></strong></p>



<span id="more-19549659"></span>



<p class="wp-block-paragraph">L’ouvrage met en lumière un épisode méconnu de l’histoire de l’importante communauté italienne vivant dans la Tunisie du protectorat français, en le reconstituant à partir de documents, d’archives diplomatiques et de souvenirs familiaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le récit de La Rosa, le 8 juin 1940, des dizaines de familles accompagnèrent au port de Tunis leurs enfants, qui devaient passer quelques semaines en Italie. Parmi eux se trouvait Joseph, âgé de huit ans, l’oncle de l’auteure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une colonie de vacances ordinaire les attendait, dans le cadre des initiatives alors organisées pour les enfants d’Italiens résidant à l’étranger ; mais deux jours plus tard, le 10 juin, Benito Mussolini annonça l’entrée en guerre de l’Italie contre la France et la Grande-Bretagne. Les liaisons avec Tunis furent interrompues et ce qui devait être des vacances changea de nature.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La déclaration de guerre de l’Italie à la France est attestée par les sources historiques comme le moment de rupture qui bouleversa également les équilibres de la communauté italienne de Tunisie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les communautés émigrées et l’Italie fasciste</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son livre, La Rosa retrace le parcours de ces enfants à travers différentes localités italiennes jusqu’à Menton, évoquant la discipline en vigueur dans les structures de jeunesse fascistes puis l’irruption de la guerre dans leur vie, avec les bombardements, la faim et les déplacements incessants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le terme <em>«otages»</em>, choisi pour le titre, renvoie donc avant tout à des enfants prisonniers des conséquences de décisions politiques et militaires prises par les adultes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, le phénomène des colonies de vacances pour les Italiens de l’étranger était déjà d’une ampleur considérable avant la guerre ; il constituait l’un des outils utilisés par le régime pour renforcer les liens entre les jeunes issus des communautés émigrées et l’Italie fasciste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des études sur la présence italienne en Tunisie indiquent qu’environ 23 000 jeunes italo-tunisiens ont participé à ces colonies de vacances en Italie durant le Ventennio. Une source française de l’époque évaluait à environ 2 000 par an le nombre d’enfants envoyés depuis la Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, l’histoire relatée dans le livre s’inscrit dans un contexte plus complexe que celui d’une communauté faisant bloc derrière Mussolini. Parmi les Italiens de Tunisie, on comptait certes des partisans du régime, mais aussi des antifascistes, des communistes et une importante communauté juive italienne. Tunis était également un centre majeur de l’antifascisme italien à l’étranger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’entrée en guerre de l’Italie a également suscité une réaction sévère de la part des autorités françaises du protectorat. Les recherches historiques attestent l’existence d’un plan d’internement visant initialement plus de 16 000 citoyens italiens âgés de 18 à 50 ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces mesures ont fini par toucher, selon une étude publiée par les Presses universitaires de Rennes, près de 30 000 Italiens, sans distinction nette entre fascistes, antifascistes et autres composantes de la communauté. Nombre d’entre eux furent transférés dans les camps de Sbeitla, Kasserine, Aïn Sefra et Kreider.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans ce contexte qu’à Tunis, les familles des enfants partis pour l’Italie perdirent peu à peu la possibilité de suivre leur trace. Le livre relate notamment les démarches entreprises par Balthazar Rallo, tailleur italien établi à Tunis et grand-père de l’auteure, pour retrouver son fils Joseph.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Rosa explique avoir reconstitué cette histoire en visitant les localités italiennes traversées par le groupe, en consultant des sources historiques ainsi que les archives diplomatiques françaises de Nantes et de La Courneuve, et en recueillant les témoignages de son oncle, de membres de sa famille et d’autres acteurs de cette expérience.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une page sensible de la mémoire des Italiens de Tunisie  </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis la publication de l’ouvrage, confie l&rsquo;auteure à l’<a href="https://www.ansa.it/ansamed/it/notizie/rubriche/cultura/2026/08/31/gli-ostaggi-di-mussolini-un-libro-riapre-la-memoria-degli-italiani-di-tunisia_301101c9-bf46-435d-8fca-067e484b89d9.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">agence Ansa</a>, de nouveaux souvenirs sont parvenus de France, d’Italie et de Tunisie, émanant de descendants d’internés, d’enfants ayant vécu sous les bombardements et de familles ayant compté des proches dans ces colonies.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>‘‘Les otages de Mussolini’’</em> aborde ainsi une page particulièrement sensible de la mémoire italienne en Méditerranée : celle d’une communauté enracinée en Tunisie depuis des générations, traversée par les divisions politiques de l’époque et finalement broyée entre les ambitions du fascisme, l’entrée en guerre de l’Italie, la réaction des autorités coloniales françaises et le conflit qui, à partir de 1942, allait frapper directement la Tunisie. Une histoire où les responsabilités du régime fasciste et de sa politique de mobilisation des Italiens à l’étranger constituent un élément incontournable, mais où émergent également les destins individuels de familles et d’enfants ayant subi des décisions sur lesquelles ils n’avaient aucune prise. Une mémoire restée durant des décennies essentiellement privée et familiale, que le livre de Marie-Ange La Rosa tente désormais d’inscrire dans l’histoire collective des Italiens de Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon l’auteure, l’ouvrage <em>«remet en lumière un souvenir familial longtemps resté dans l&rsquo;ombre : celui des Italiens de Tunis, pris au piège d’une guerre qui n’était pas la leur.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Édouard Balladur s’éteint à 97 ans I Une figure de la France des années 1990</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Sep 2026 06:27:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[cohabitation]]></category>
		<category><![CDATA[Édouard Balladur]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
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		<category><![CDATA[Georges Pompidou]]></category>
		<category><![CDATA[Jacques Chirac]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec le décès d'Edouard Balladur à 97 ans, c'est une figure importante de la droite française qui disparaît.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/01/edouard-balladur-seteint-a-97-ans-i-une-figure-de-la-france-des-annees-1990/">Édouard Balladur s’éteint à 97 ans I Une figure de la France des années 1990</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Édouard Balladur, ancien Premier ministre français et figure importante de la droite, est mort lundi 31 août 2026 à Paris, à l’âge de 97 ans. Avec lui disparaît l’un des derniers grands témoins d’une génération politique qui a profondément marqué la France de la Ve République.</em></strong></p>



<span id="more-19547772"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Né le 2 mai 1929 à Smyrne, l’actuelle Izmir, en Turquie, Édouard Balladur était issu d’une famille de chrétiens d’Orient originaires du Nakhitchevan. Il arrive en France à l’âge de six ans et y construit l’essentiel de sa carrière, d’abord dans la haute administration, puis au sommet de l’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son parcours est indissociable de celui de Georges Pompidou. Collaborateur du futur président de la République, Balladur s’impose dans les coulisses du pouvoir et acquiert une solide expérience des rouages de l’État. Cette proximité avec Pompidou sera déterminante dans son ascension politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après une période passée dans le secteur privé, il revient au gouvernement en 1986, lorsque Jacques Chirac devient Premier ministre durant la première cohabitation avec François Mitterrand. Ministre de l’Économie, des Finances et de la Privatisation, il conduit notamment une importante politique de privatisations.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Premier ministre durant la cohabitation et rupture avec Chirac</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le véritable sommet de sa carrière intervient en 1993. Après la large victoire de la droite aux élections législatives, le président socialiste François Mitterrand le nomme Premier ministre. La France entre alors dans sa deuxième cohabitation, avec un président de gauche et un gouvernement de droite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant deux ans, Balladur dirige le gouvernement avec une réputation de sérieux et de modération. Son style, très éloigné de celui des hommes politiques plus démonstratifs, lui vaut alors une forte popularité dans l&rsquo;opinion française.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette popularité va rapidement transformer les relations entre les deux hommes qui dominent la droite française : Balladur et Chirac.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1995, Balladur décide de se présenter à l’élection présidentielle. Sa candidature l’oppose directement à Chirac, son ancien compagnon politique. La campagne présidentielle révèle alors une profonde fracture au sein de la droite française.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Balladur est finalement éliminé dès le premier tour, remporté par Lionel Jospin. Chirac accède au second tour puis devient président de la République.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après son départ de Matignon, Balladur poursuit sa carrière politique, notamment comme député. Il reste également présent dans les débats sur les institutions et l’avenir de la France.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un destin marqué par la Méditerranée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le parcours de Balladur présente une dimension particulière. Né à Smyrne, ville portuaire située au carrefour de plusieurs mondes, il appartient à cette histoire des communautés levantines et chrétiennes d’Orient dont les trajectoires ont longtemps été liées à la Méditerranée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son itinéraire illustre aussi une réalité historique plus large : celle de familles originaires de l’ancien espace ottoman qui, au cours du XX<sup>e</sup> siècle, se sont installées en France et ont progressivement intégré les élites administratives, économiques et politiques du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Balladur aura ainsi traversé près d’un siècle d’histoire française et européenne : de l’entre-deux-guerres à la construction européenne, des bouleversements de Mai 68 aux alternances politiques de la Ve République.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec sa disparition à 97 ans, la France perd un ancien chef de gouvernement, mais aussi un témoin privilégié des transformations politiques qui ont façonné le pays durant la seconde moitié du XXe siècle.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Djamal Guettala</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/01/edouard-balladur-seteint-a-97-ans-i-une-figure-de-la-france-des-annees-1990/">Édouard Balladur s’éteint à 97 ans I Une figure de la France des années 1990</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>L’Algérie, telle qu’elle doit s’assumer, légataire du fardeau colonial</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2026 11:08:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Boumediene]]></category>
		<category><![CDATA[Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[colonisation]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Abderrahmane Cherfouh]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il faut lire l'histoire de nos peuples du Maghreb loin des mystifications et de la langue de bois des pouvoirs politiques. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/31/lalgerie-telle-quelle-doit-sassumer-legataire-du-fardeau-colonial/">L’Algérie, telle qu’elle doit s’assumer, légataire du fardeau colonial</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’auteur réagit ici à la réponse du Dr Abderrahmane Cherfouh intitulée <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/27/lalgerie-face-a-lhistoire-de-la-souverainete-a-la-reconquete/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L’Algérie face à l’histoire : De la souveraineté à la reconquête</a> à un précédent article qu’il avait publié dans Kapitalis : <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/26/tunisie-du-souverainisme-a-la-question-numide-ou-lopposition-aveugle/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Tunisie : du souverainisme à la question numide</a>.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dr Mounir Hanablia *</strong></p>



<span id="more-19543224"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Suite à l’intervention de mon collègue algérien, qui semble avoir perdu&nbsp; le fil de l’essentiel de mon précédent écrit, à savoir le caractère inutile et nuisible d’une guerre du gaz entre nos deux pays, ou bien d’entreprises qui pourraient remettre en cause leur intégrité territoriale mutuelle, et qui finit&nbsp; par se lancer dans un récit apologétique dénué d’intérêt sur l’Histoire de l’Algérie contemporaine,&nbsp; je me dois de rappeler que beaucoup de nations ne furent que les conséquences du fait colonial. Leurs citoyens doivent-ils pour autant porter cela comme une marque d’infamie ? L’Inde est une création anglaise. Aucun Indien ne le niera aujourd’hui, pas plus qu’aucun Pakistanais. Pourtant lors de la bataille de Plassey en 1757, l’Inde possédait les attributs au moins nominaux de l’État unitaire,&nbsp;même si celui-ci&nbsp;miné par les sécessions n’était&nbsp;plus que l’ombre de lui-même.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un bébé né d’un viol</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Algérie aujourd’hui est un état libre et indépendant reconnu par la communauté internationale. Et nul ne prétend minimiser l’ampleur du combat héroïque de son peuple contre le colonialisme. Cela n’est nullement antinomique avec la réalité que ce pays, dépourvu à l’origine d’Etat unitaire, ait été réunifié bon gré mal gré par la puissance destructrice de l’armée française. C’est un fait, même si la France n’avait aucun droit légitime à occuper un sol qui ne lui appartenait pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si les gouvernements européens ont établi entre eux des protocoles et des droits de conquête fondés sur des traités inégaux ou illégaux signés avec des chefs indigènes pour légitimer leurs entreprises respectives, cela ne constitue pas un argument valable pour justifier une conquête, tant bien même la négation ou l’absence d’un État en servirait de couverture juridique. Mais quand le bébé est né d’un viol, il faut avoir le courage de le reconnaître, et non pas prétendre à la légitimité du mariage. Et que les colonialistes usent&nbsp;de cet argument&nbsp;pour nier tout droit algérien à l’indépendance ne signifie pas plus qu’ils aient raison de le faire, face à la reconnaissance internationale. Et celle-ci se rapporte à l’Onu, créée par le Président Roosevelt et consolidée par Truman, avec l’assentiment de l’URSS. Et lorsque la Tunisie, l’Algérie et le Maroc sont passés à l’indépendance, celle-ci n’est devenue effective que par la communauté internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1943 à Casablanca c’est un fait que le Président Roosevelt ait promis l’indépendance au Sultan Mohamed V et que à la suite de cela les agents américains aient diffusé la bonne nouvelle sur la fin proche du colonialisme français&nbsp;chez les leaders indépendantistes maghrébins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La protection conférée par Robert Murphy à Bourguiba contre les représailles françaises pour ses contacts avec les Italiens ne démentira certes pas cette réalité.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le rôle américain dans la décolonisation du Maghreb</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le statut de l’Algérie demeure particulier du fait de l’intégration du territoire algérien à la France. Et si Messali Hadj&nbsp;fut le véritable père de l’indépendance algérienne, il n&rsquo;en a pas moins été renié et combattu par le Front de libération national&nbsp;(FLN) algérien. Il est vrai que ses tendances socialisantes ne l’auraient pas fait considérer d’un bon œil de la part des Américains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or au moment du débarquement américain en Afrique&nbsp;du Nord, le FLN n’existait pas encore. Ferhat Abbès, fondateur de l’Union démocratique du Manifeste algérien et futur président du Gouvernement provisoire de la république algérienne (GPRA), lui, écrivait quelques années auparavant : <em>«J’ai erré parmi les cimetières, la nation algérienne n’existe pas, notre avenir est avec la France»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi on ne peut pas prétendre que l’indépendance du Maghreb ait été l’œuvre de Roosevelt et je ne l’ai pas fait. Par contre sans les pressions américaines il est fort probable que la France n’eût pas quitté au moins l’Algérie,&nbsp;tout comme l’Allemagne n’eût pas évacué la France.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Naturellement l’historiographie indépendantiste algérienne prétend que ce départ des Français s’est opéré sous la pression militaire des fellagas. Rien ne le prouve. Outre que cela est nié par de nombreux Français, en particulier les militaires, ce qui est naturel,&nbsp;il n’y a pas eu de Dien Bien Phu algérien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est admis ailleurs que dans&nbsp;le discours officiel algérien, c’est que les combattants algériens de l’intérieur aient été écrasés dans des opérations d’encerclement, par exemple celle dite Courroie, après avoir été enfermés grâce à ligne Morrice qui a coupé leurs approvisionnements et les lignes de communication avec la Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est d’ailleurs l’une des raisons qui a entraîné le putsch des généraux contre De Gaulle en avril 1961 qui ne comprenaient pas les raisons de quitter l’Algérie alors que les opérations militaires tournaient à leur avantage contre les résistants algériens. Ceux qui ont survécu ont été les combattants massés à la frontière et que les lignes de haute tension déployées depuis Tabarka jusqu’au Sahara ont empêchés de traverser. Cela a d’ailleurs provoqué des frictions entre les maquis de l’intérieur et l’armée des frontières commandée par le colonel Boumediene accusé d’être un planqué.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Donc sans prétendre que les Algériens n’aient pas lutté pour leur indépendance, il n’en demeure pas moins que l’élément décisif a été la volonté américaine de liquider les colonies anglaises et françaises, non dans un souci de liberté, mais pour ouvrir ces pays au commerce et à l&rsquo;influence américains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas d’Israël prouve bien à l’inverse que le soulèvement populaire et la lutte pour l’indépendance nationale seuls aussi légitimes soient ils ne suffisent pas à abattre une puissance coloniale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour en revenir à l’Etat algérien tel que nous le connaissons, qu’il ait été forgé par le fer et par le sang ainsi que je l’ai indiqué, ne signifie nullement que Bugeaud et le Duc d’Aumale eussent été de grands hommes. Evoquer cela ne laisse d’autre opportunité aux détracteurs de la fiction nationaliste algérienne que d’apparaître comme des colonialistes. Houcine Ait Ahmed, l’un des chefs historiques du FLN, tout comme Krim Belkacem, auraient-ils donc été des colonialistes pour s’être opposés au Clan de Oujda ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me refuse&nbsp;à entrer dans ce sujet qui m’apparaît témoigner d’une volonté de détournement du cœur du débat, à savoir si l’Etat algérien actuel est bien le successeur de celui dont l’armée de Massu et de Salan a constitué un des piliers fondamentaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Afin de répondre à cette question, et indépendamment de celle des frontières issues de la colonisation française, que Bourguiba, conscient des réalités, a choisi de régler définitivement avec une grande sagesse,&nbsp;il m’apparaît nécessaire de rappeler qu’en 1991 alors que le Front islamique du salut (Fis) gagnait les élections, éventualité dont je reconnais volontiers le caractère funeste pour l’Algérie et le Maghreb dans son ensemble, c’est bien l’armée algérienne appelée à la rescousse par des intellectuels se qualifiant de démocrates qui a mis fin au processus électoral et engagé le pays dans la décennie noire. Aurait-elle été en droit de le faire sans l’emprise exercée sur le régime qui n’en&nbsp;était&nbsp;que l’émanation ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le déroulement de la lutte contre-insurrectionnelle, ou si vous voulez antiterroriste, a apporté&nbsp;la&nbsp;preuve que les méthodes utilisées ne différaient&nbsp;en rien de celles utilisées par l’armée coloniale pour écraser la résistance algérienne, depuis la guerre psychologique, la bleuite et les faux maquis, jusqu’à la torture et aux liquidations extrajudiciaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La guerre d’Algérie a été loin du stéréotype Maghrébin contre Français</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je vous invite à ce sujet à lire le livre de Habib Souaïdia un ex officier du DRS, ‘<em>‘La sale guerre’’</em>, ainsi que les comptes-rendus du procès en diffamation après une plainte déposée auprès du parquet de Paris par le Général Khaled Nezzar. Un autre livre, <em>‘‘Françalgérie, crimes et mensonges d’Etat’’</em> de Louis Aggoun et Jean Baptiste Rivoire, éclairera sur tous les&nbsp;liens occultes entretenus&nbsp;par les élites de la métropole et celles du nouvel Etat algérien indépendant, loin des mystifications et de la langue de bois, dans le cadre des accords d’Evian, cela va sans dire, qui n’étaient que les obligations contractées par le nouvel Etat vis-à-vis de l’ancienne puissance occupante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si d’aucuns s’estiment offensés par le rappel de ces réalités, c’est plutôt à leurs dirigeants qu’ils doivent en faire reproche, plutôt que les nier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’empêche ! En tant que Tunisien, j’ai beaucoup d’admiration pour Mustapha Ben Boulaïd, Larbi Ben M’hidi, Abane Ramdane,&nbsp;Djamila Bouhired, ou Yassef Saadi. J’ai en ai aussi&nbsp;pour le Docteur Cholet et sa femme qui cachaient les deux résistants kabyles Krim Belkacem et le capitaine Ouamrane dans leur voiture et risquaient d’être arrêtés et exécutés par les Parachutistes. Tout comme j’ai de l’admiration pour l’aspirant Maillot ou bien l’instituteur Maurice Labbene, cet ancien internationaliste d’Espagne fondateur du maquis rouge dans l’Ouarsenis, et qui sont morts en patriotes algériens dans un accrochage avec les harkis du bachaga Boualem au service de l’armée coloniale française.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela démontre combien la guerre d’Algérie a été loin du stéréotype Maghrébin contre Français. L’Histoire de l’Algérie m’intéresse donc même si mon interprétation en est différente. Je n’ai à ce sujet pas de complexe. Les Hambli se trouvent de part et d’autre de la frontière algéro-tunisienne et Ali Hambli un résistant qui ne voulait pas tenir le rôle à lui assigné a été liquidé par le FLN avec la complicité des autorités tunisiennes qui le trouvaient trop proche de ses propres fellagas. Ma grand-mère paternelle était originaire d’au-delà la frontière, tout comme mon aïeule maternelle. Mon grand-père maternel a exercé la médecine pendant de nombreuses années en Algérie, à Souk Ahras, et après la guerre sa maison a été confisquée par le FLN qui en a fait une bibliothèque. Il n’a jamais pu se faire dédommager. Mais cela ne pèse d’aucun poids dans ma réflexion. Je n’en demeure pas moins convaincu que tout comme les peuples sont les seuls à même de choisir les dirigeants qui les gouvernent sans aucune interférence extérieure,  la Tunisie et l’Algérie, tout comme le Maroc, sont appelés à plus de coopération pour faire face à un environnement international de plus en plus hostile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Médecin de libre pratique.&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Drame de Ben Guerdane &#124; Rassemblement à Paris en solidarité avec les familles des victimes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Aug 2026 07:48:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ben Guerdane]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[immigration]]></category>
		<category><![CDATA[Paris]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des activistes tunisiens organisent un rassemblement à Paris, en solidarité avec les familles des victimes du drame de Ben Guerdane. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/29/drame-de-ben-guerdane-rassemblement-a-paris-en-solidarite-avec-les-familles-des-victimes/">Drame de Ben Guerdane | Rassemblement à Paris en solidarité avec les familles des victimes</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Après le drame de&nbsp;Ben Guerdane, des activistes tunisiens en France organisent un rassemblement de solidarité avec les familles des victimes sous le slogan «De Ben Guerdane à Paris&nbsp;: nos vies ont la même valeur», et ce, le dimanche 30 août à 14heures à la Fontaine des Innocents, Châtelet, Paris.</em></strong></p>



<span id="more-19529052"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Quinze jeunes ont pris la mer à la recherche d’un avenir. Douze corps ont été retrouvés, deux jeunes sont toujours portés disparus et un seul a survécu, après deux jours et deux nuits en Méditerranée.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière ces chiffres, il y a des vies, des familles, des rêves et une jeunesse qui demande simplement le droit de vivre dignement et d’espérer.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette mobilisation est une&nbsp;initiative citoyenne de Tunisiennes et Tunisiens résidant à l’étranger <em>«Tunisiennes et Tunisiens contre le Racisme»</em>. Elle n’appartient à aucun parti et ne se place sous aucune bannière politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Nous refusons de rester silencieux. Nous nous rassemblons pour défendre&nbsp;les droits humains, la dignité, l’égalité et le droit à la vie, et pour dire clairement notre refus de toutes les formes de&nbsp;racisme, de discrimination et de déshumanisation des personnes migrantes, quelles que soient leur origine, leur nationalité ou la couleur de leur peau»</em>, affirment les organisateurs dans un appel au rassemblement. Ils ajoutent&nbsp;: <em>«Nous refusons que la Méditerranée continue d’être un cimetière. Nous refusons que la migration soit traitée uniquement à travers les frontières, les contrôles, les bateaux et les accords sécuritaires.&nbsp;Nous demandons des politiques qui donnent aux jeunes des perspectives :&nbsp;emploi, développement, dignité et voies de mobilité sûres et légales.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«La responsabilité est partagée.&nbsp;La Tunisie comme l’Europe doivent assumer leurs responsabilités.&nbsp;La protection des frontières ne peut jamais avoir plus de valeur que la protection des vies humaines»</em>, affirment-ils encore, tout en appelant les&nbsp;Tunisiennes et Tunisiens de France, mais aussi&nbsp;toutes les citoyennes et tous les citoyens de Paris et de ses alentours qui partagent ces valeurs, les associations, les syndicats, les défenseurs des droits humains et toutes les personnes refusant le racisme et l’indifférence, à les rejoindre lors du rassemblement prévu dans la capitale française. <em>«Parce qu’une vie tunisienne, africaine, européenne ou d’ailleurs a exactement la même valeur.&nbsp;Nos jeunes rêvent d’avenir : Tunisie et Europe, ne les condamnez pas à mourir.&nbsp;De Ben Guerdane à l’Europe, que la Méditerranée relie nos vies, qu’elle ne les engloutisse plus»</em>, concluent-ils.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>L’Algérie face à l’Histoire &#124; De la souveraineté à la reconquête </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/27/lalgerie-face-a-lhistoire-de-la-souverainete-a-la-reconquete/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Aug 2026 06:10:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Dr Abderrahmane Cherfouh]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[Émir Abdelkader]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[GPRA]]></category>
		<category><![CDATA[libération nationale]]></category>
		<category><![CDATA[Sahara]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Réponse à l'article du Dr Mounir Hanablia dans lequel il affirme que l’État algérien est le successeur en droite ligne de l’État français.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/27/lalgerie-face-a-lhistoire-de-la-souverainete-a-la-reconquete/">L’Algérie face à l’Histoire | De la souveraineté à la reconquête </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En réponse à l&rsquo;article du Dr Mounir Hanablia intitulé<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/26/tunisie-du-souverainisme-a-la-question-numide-ou-lopposition-aveugle/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> «Tunisie / Du souverainisme à la question numide, ou l&rsquo;opposition aveugle»</a> — dans lequel il affirme notamment que «l’État algérien est le successeur en droite ligne de l’État français», réduisant ainsi l’Algérie contemporaine à un simple legs colonial —, cette tribune offre une mise au point historique et politique nécessaire.</em></strong> <em>(Photo : l&rsquo;Émir Abdelkader – 1808-1883 <em>–</em>, fondateur de l&rsquo;État algérien moderne). </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dr Abderrahmane Cherfouh</strong> *</p>



<span id="more-19515302"></span>



<p class="wp-block-paragraph">En s’appuyant sur les travaux de grands historiens et sociologues — de Charles-Robert Ageron à Pierre Bourdieu, de Mostefa Lacheraf à Benjamin Stora —, ce texte retrace le fil ininterrompu de la souveraineté algérienne. De la diplomatie active de la Régence d’Alger avant 1830 à la fermeté des négociateurs d’Évian sur l’indivisibilité du Sahara, en passant par le martyre des camps de regroupement et le rôle des pionniers du mouvement national, cette analyse dresse un réquisitoire rigoureux contre l’amnésie mémorielle et la falsification de l’Histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les nostalgiques de l’Algérie française qui n’ont jamais assimilé l’indépendance de 1962, l’Algérie ne serait qu’une création française. L’idée véhiculée par ce discours révisionniste est généralement que l’Algérie n’existait pas en tant que nation ou État avant la colonisation entreprise en 1830.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réapparition récente, dans les colonnes de&nbsp;<em>Kapitalis</em>, sous la plume du Dr Mounir Hanablia, de la prétention selon laquelle l’Algérie serait une création française — thèse soutenant que&nbsp;<em>«l’État algérien est le successeur en droite ligne de l’État français forgé par les troupes de Bugeaud et le duc d’Aumale »</em>&nbsp;— ne relève pas d’un simple débat historiographique anodin. Elle s’inscrit dans la résurgence d’un récit largement entretenu par les officines nostalgiques de la colonisation et relayé sur certains plateaux télévisés français, visant à dénier au peuple algérien la profondeur historique de sa souveraineté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En affirmant que l’Algérie contemporaine ne doit son existence qu’au tracé territorial de l’occupant et que le Sahara lui aurait été <em>«octroyé»</em> en 1962, ces postures procèdent d’une double confusion : l’assimilation abusive entre la délimitation administrative des frontières et l’existence pluricentenaire d’une nation, doublée d’une méconnaissance délibérée du droit international et de la mémoire des luttes populaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading">I. Avant 1830, la réalité oubliée de l’État d’Alger et de sa souveraineté</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour mesurer l’inanité de l’argument de la <em>«création coloniale»</em>, il convient de rappeler ce qu’était la Régence d’Alger (<em>Dawlat Al-Jaza’ir</em>) bien avant le débarquement de 1830. Loin d’être un territoire vacant, Alger fonctionnait comme une entité politique pleinement souveraine, dotée d’un gouvernement centralisé (<em>Diwan</em>), d’une administration fiscale, d’une puissance navale et d’une diplomatie active.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme le rappelle l’historien Charles-Robert Ageron :&nbsp;<em>«L’Algérie n&rsquo;était pas une tabula rasa sur laquelle la France a écrit son histoire. La société algérienne, malgré les déstructurations du Code de l’Indigénat et les spoliations foncières, a conservé sa cohésion culturelle et son identité face à la domination coloniale.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre le XVI<sup>e</sup> et le début du XIX<sup>e</sup> siècle, l’État d’Alger a signé des dizaines de traités bilatéraux de paix, de commerce et de navigation avec l’Angleterre, les Pays-Bas, les États-Unis et la France elle-même. En droit des gens, la conclusion de ces conventions emportait reconnaissance explicite de la souveraineté algérienne. C’est d&rsquo;ailleurs auprès d’Alger que la République française avait contracté des emprunts cruciaux pour approvisionner ses armées en blé sous la Révolution. La France n’a rien créé&nbsp;<em>ex nihilo</em>&nbsp;: elle a agressé et occupé un État souverain préexistant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">II. Derrière le mythe de la «pacification» : la résistance d’un peuple face aux crimes d’État</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’affirmation selon laquelle la France aurait <em>«forgé»</em> l’Algérie masque une réalité sanglante : loin de toute soumission, le pays fut le théâtre d’une résistance populaire ininterrompue face à une politique systématique de terre brûlée et de crimes de masse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Forgé par qui, prétendez-vous ? Par Bugeaud, précisément — cet homme que la rigueur de l’histoire a définitivement relégué au rang des bourreaux. Un personnage aujourd’hui rattrapé par sa mémoire sanguinaire : à mesure que tombent ses statues et que s’efface son nom des plaques de rues et de places, la mémoire universelle le condamne définitivement comme l’un des criminels de guerre les plus atroces de son époque.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Émir Abdelkader et les traités de souveraineté (1832-1847) :</strong>&nbsp;l’Émir n’a pas seulement combattu la politique de la terre brûlée de Bugeaud ; il a réorganisé un État moderne unifié (<em>Al-Dawla Al-Jaza’iriya</em>), doté d’une armée régulière, d’une monnaie et d’une administration. La France a dû reconnaître sa souveraineté par les traités internationaux de Desmichels (1834) et de Tafna (1837).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les enfumades et la terreur :</strong>&nbsp;Bugeaud et ses généraux (Pélissier dans le Dahra en 1845, Cavaignac chez les Sbéhas) ont inauguré des méthodes de guerre génocidaires, enfumant et murant des tribus entières dans des grottes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lalla Fatma N&rsquo;Soumer (1854-1857) :</strong>&nbsp;dans le Djurdjura, la résistance menée par cette figure héroïque a prouvé le rôle fondamental et précoce des femmes algériennes dans la défense de la patrie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les Ouled Sidi Cheikh, 1871 et les déportations en Nouvelle-Calédonie :</strong>&nbsp;du Sud aux Hauts-Plateaux, puis en Kabylie sous l’impulsion du Cheikh Mokrani et du Cheikh El-Haddad, le peuple s’est soulevé. La réponse coloniale fut d’une fureur féroce : séquestre de 500 000 hectares de terres, spoliations foncières (loi Warnier) et effondrement social qui provoqua la terrible famine de 1867-1869 où plus de 500 000 Algériens périrent. Pour parfaire cette entreprise de déstructuration, l’administration coloniale a systématiquement décapité la résistance de ses cadres dirigeants. Assimilés cyniquement à des criminels de droit commun par des juridictions d’exception, des centaines de chefs d’insurrection, d’érudits et de notables furent condamnés au bannissement et déportés vers le bagne de Nouvelle-Calédonie afin d’isoler le peuple de ses guides légitimes.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="EmMsWZWwLi"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/11/01/1er-novembre-1954-lalgerie-de-la-sedition-a-la-nation/">1er novembre 1954 : L’Algérie, de la sédition à la nation</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« 1er novembre 1954 : L’Algérie, de la sédition à la nation » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2017/11/01/1er-novembre-1954-lalgerie-de-la-sedition-a-la-nation/embed/#?secret=O2ddTGNwmM#?secret=EmMsWZWwLi" data-secret="EmMsWZWwLi" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">III. Du mouvement national à la Guerre de Libération : la reconquête de la souveraineté</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Algérie moderne s’est forgée dans le sang de ses martyrs et la maturation de son mouvement national — et non, comme le prétend l’auteur, sous l’effet d’une prétendue impulsion extérieure attribuée au débarquement américain de 1942 et à la défaite nazie en Tunisie. L’intellectuel et historien Mostefa Lacheraf rappelait justement que la résistance algérienne, au XIX<sup>e</sup> comme au XX<sup>e</sup> siècle, témoigne d’un refus permanent de l’état de fait colonial pour réaffirmer une personnalité historique que la violence coloniale n’a jamais pu dissoudre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>De l’Émir Khaled à l’Étoile Nord-Africaine, jusqu&rsquo;au 8 mai 1945 :</strong>&nbsp;dès les années 1920, l’Émir Khaled — petit-fils de l’émir Abdelkader — posait les premières pierres du nationalisme moderne en réclamant la fin du régime de l’indigénat et une représentation politique réelle pour les Algériens. Dans cette continuité, Messali Hadj et l’Étoile Nord-Africaine (ENA) franchirent un cap décisif dès 1926 en revendiquant l’indépendance totale. L’historien Mahfoud Kaddache a parfaitement démontré comment la conscience nationale s’est structurée à travers cette trajectoire du mouvement national. Malgré les péripéties politiques, la rupture définitive fut consommée le 8 mai 1945 : les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata démontrèrent tragiquement l’illusion et l’impossibilité de toute voie réformiste.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le CRUA et le 1<sup>er</sup> Novembre 1954 : l’aboutissement de l’unité nationale :</strong>&nbsp;face aux divisions politiques, la jeune garde révolutionnaire fonde le Comité Révolutionnaire d’Unité et d’Action (CRUA), jetant les bases de l’insurrection décisive. En juin 1954, la réunion historique du <em>«groupe des 22»</em> à Clos-Salembier scelle l’option des armes, portée par des figures issues de toute l’Algérie profonde — des Aurès à la Kabylie, du Nord au Sud, de l’Oranie au Titteri. Cette convergence totale des provinces et des trajectoires militantes apporte la preuve éclatante de l’unité fondamentale du pays et de sa résistance face au colonisateur. Comme le souligne fort justement l’historien Benjamin Stora :&nbsp;<em>« La guerre d’indépendance algérienne n’est pas née d’un coup de tonnerre dans un ciel serein le 1<sup>er</sup> novembre 1954. Elle est le produit d’un long processus de dépossession, de refus du statut colonial et d’une suite de résistances jamais éteintes depuis 1830.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La guerre contre-insurrectionnelle et les camps de regroupement :</strong>&nbsp;cette politique de répression a atteint son paroxysme avec l’instauration des <em>«zones interdites»</em> et la création des camps de regroupement. Comme l’ont établi les travaux d’historiens et de sociologues — notamment Michel Cornaton, Pierre Bourdieu, Abdelmalek Sayad et Régine Goutalier —, plus de 2,3 millions de paysans algériens ont été arrachés à leurs terres et déportés dans des camps d’enfermement. Ce déracinement forcé a provoqué la mort de près de 200 000 civils, principalement des enfants et des vieillards, emportés par la faim et la maladie. Ce drame humain à huis clos témoigne de la volonté de déstructurer fondamentalement la société rurale algérienne pour briser son soutien à la Révolution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant la Guerre de Libération nationale (1954-1962), la puissance coloniale a déployé un système répressif et contre-insurrectionnel global visant à briser la résistance populaire, à isoler le territoire et à étouffer l’Armée de Libération Nationale (ALN) :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;institutionnalisation de la torture :</strong>&nbsp;sous le couvert de la loi sur les <em>«pouvoirs spéciaux»</em> (1956) et durant la bataille d’Alger (1957), la torture est passée d’un excès individuel à une méthode d’État rationalisée et généralisée par l’armée coloniale (notamment les parachutistes) et les services de renseignement (DOP). Utilisation de la gégène, exécutions sommaires ciblées (les <em>«crevettes Bigeard»</em>), noyades, immersions et sévices atroces sont devenus des pratiques courantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le martyre des femmes algériennes :</strong>&nbsp;les femmes algériennes — moudjahidate, poseuses de bombes, agentes de liaison ou civiles — ont payé un tribut particulièrement lourd, subissant des violences sexuelles ciblées et la torture. L’arrestation de Djamila Boupacha en 1960 et sa défense par l’avocate Gisèle Halimi, soutenue par Simone de Beauvoir et le <em>«Comité Djamila Boupacha»</em> (rejoint par Jean-Paul Sartre, Louis Aragon et Pablo Picasso), dévoila au monde entier l’usage du viol et de la torture comme armes de guerre coloniales. Elles s’inscrivent dans la lignée des figures majeures comme Djamila Bouhired, Djamila Bouazza, Zohra Drif et Baya Hocine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le soutien des clercs et des intellectuels :</strong>&nbsp;face aux dérives, une minorité d’hommes d’Église et d’intellectuels français choisirent la conscience contre la raison d’État : Mgr Thomas Duval (archevêque d’Alger), le théologien Jacques de Bollardière démissionnant de son commandement, ou encore le réseau Jeanson organisant le soutien logistique et financier au FLN en métropole.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’enferment territorial :</strong>&nbsp;pour étouffer la Révolution, l’armée française entreprit l’isolement hermétique des frontières par les lignes électrifiées Morice et Challe (plus de 2 000 km de barrières sous haute tension) et l’enfouissement de millions de mines antipersonnel (<em>«bandes de la mort»</em>), tuant et mutilant des combattants et des civils pendant et longtemps après le conflit.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="5trYwl05dO"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/06/tunisie-algerie-aux-origines-dun-contentieux-territorial/">Tunisie &#8211; Algérie | Aux origines d’un contentieux territorial</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie – Algérie | Aux origines d’un contentieux territorial » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/06/tunisie-algerie-aux-origines-dun-contentieux-territorial/embed/#?secret=lY6AMAb9mt#?secret=5trYwl05dO" data-secret="5trYwl05dO" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">IV. Le Sahara : un territoire libéré, non une concession coloniale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Prétendre que le Sahara aurait été <em>«octroyé»</em> à l&rsquo;Algérie lors des Accords d’Évian relève d’une contrevérité flagrante. Consciente de la manne pétrolière de Hassi Messaoud et des enjeux nucléaires, la France a tenté d’amputer l’Algérie de son Sud en créant l’Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS) en 1957.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme l’a souligné l’historien Gilbert Meynier, le FLN a su incarner l’âme d’une nation en armes, imposant au GPRA une intransigeance absolue lors des négociations d’Évian quant à l’indivisibilité du territoire. De Gaulle a dû renoncer à ce projet de partition face à la fermeté des négociateurs algériens. Le Sahara algérien n’a pas été donné : il a été défendu par les armes depuis la résistance des Touaregs sous Moussa ag Amastan jusqu’à l’intransigeance politique des négociateurs de la Révolution.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion : la souveraineté ne se donne pas, elle s’arrache</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Algérie n’est pas née d’un décret du duc d’Aumale ni d’une concession de la France aux Accords d’Évian. Elle est le produit d’une continuité étatique séculaire et du prix exorbitant payé par plusieurs générations d’Algériens pour recouvrer leur liberté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire ne saurait être falsifiée au point de présenter la fin de la colonisation comme un legs ou un arrangement de circonstance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’indépendance de l’Algérie n’a été ni négociée par complaisance, ni <em>«octroyée»</em> par un décret français : elle a été arrachée dans le sang, au prix du sacrifice ultime d’un million et demi de martyrs. Présenter un tel peuple comme l’héritier passif d’une structure <em>«forgée par Bugeaud»</em> relève d’une profonde indignité mémorielle et d’un déni de la réalité historique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Répéter la rhétorique mémorielle des nostalgiques de la colonisation pour nourrir des ressentiments politiques au Maghreb est une démarche historiquement fausse et irresponsable. Face aux révisionnismes, la rigueur des faits, des traités, de la recherche historique et du sang versé demeure la seule vérité intemporelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Médecin.</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ZSKl9hYIeZ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/02/la-necessite-historique-dune-transition-democratique-consensuelle-en-algerie/">La nécessité historique d’une transition démocratique consensuelle en Algérie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La nécessité historique d’une transition démocratique consensuelle en Algérie » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/02/la-necessite-historique-dune-transition-democratique-consensuelle-en-algerie/embed/#?secret=9p4WfIFtLs#?secret=ZSKl9hYIeZ" data-secret="ZSKl9hYIeZ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/27/lalgerie-face-a-lhistoire-de-la-souverainete-a-la-reconquete/">L’Algérie face à l’Histoire | De la souveraineté à la reconquête </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie &#124; Du souverainisme à la question numide, ou l’opposition aveugle</title>
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		<pubDate>Wed, 26 Aug 2026 06:48:37 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’Etat algérien est bien le successeur en droite ligne de l’État colonial français, et  c’est sciemment que la frontière algéro-tunisienne a été délimitée par la puissance coloniale et dans son intérêt. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/26/tunisie-du-souverainisme-a-la-question-numide-ou-lopposition-aveugle/">Tunisie | Du souverainisme à la question numide, ou l’opposition aveugle</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les récents articles** publiés dans Kapitalis font table rase du passé d’une manière somme toute radicale. De surcroît, l’idéologie souverainiste à la base de sa réflexion&nbsp;est assez insolite dans un pays par nature tolérant dont les élites se vantent volontiers d’être cosmopolites.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-19505180"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Je dis bien souverainiste, le nationalisme au Maghreb étant d&rsquo;essence arabo- musulmane, comme si dans le contexte le sentiment de tunisianité était exclusif, opposable à toute autre appartenance. C’est déjà faire insulte à la double nationalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’auteur des articles ne laisse donc d’autre choix que de remonter le cours de l’Histoire afin de relativiser le bien-fondé de ses thèses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On veut bien admettre l’existence d&rsquo;un souverainisme tunisien dont il serait le fondateur, sans la référence à la bataille de Legnano. Mais dans ce cas pourquoi le limiter à la borne 233 ou aux redevances gazières ? Il n’est venu à l’esprit de quiconque de réclamer la souveraineté sur la&nbsp;Sicile qui pendant deux siècles a fait partie de l’émirat aghlabide de Kairouan, Fatimide de Mahdia ou Ziride, ou bien sur&nbsp;le Mezzogiorno quand Bari était le chef-lieu d’un émirat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais revenons&nbsp;à l’époque moderne et à l’indépendance de la Tunisie. Force est d’admettre dans la polémique engendrée par ses opinions que l’impulsion décisive en faveur de l’indépendance au Maghreb est bien constituée par le débarquement américain au Maroc qui aboutira à la défaite des Nazis en Tunisie en juin 1943, ainsi que la volonté clairement exprimée par le président Roosevelt et ses représentants, ou bien perçue comme telle par les leaders nationalistes, de liquider l’empire français. La suite est donc dans l’ordre normal des choses même si l’affrontement Est-Ouest la retarde inévitablement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Vietnam en 1954, le Maroc et la Tunisie en 1956, obtiennent l’indépendance. Seule l’Algérie du fait de son statut de territoire français pose problème, l’armée de Challe et de Salan qui émerge de l’humiliation de Dien Bien Phu avec une terrible soif de revanche refuse de l’abandonner et envisage la constitution d’une Algérie européenne sécessionniste, un Israël&nbsp;français.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Algérie est bien une création de la France</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant en 1962, elle accède à l’indépendance dans le cadre des accords d’Evian et le Sahara lui est attribué. Ainsi ce pays, contrairement à ses voisins, ne disposait d’aucun Etat unitaire en 1830. C’est bien une création de la France dont la colonne vertébrale est constituée non&nbsp;par la bourgeoisie citadine comme en Tunisie, ni par le Palais comme au Maroc, mais par les ultimes détenteurs de la force seule à même de maintenir la cohésion de cet immense espace, les prétoriens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A ce titre l’État algérien est bien le successeur en droite ligne de l’État colonial français forgé par les troupes de Bugeaud et du Duc d’Aumale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré un vernis de socialisme, la coopération entre la métropole et l’ex- colonie, pas plus qu’avec les Américains, ne se démentira jamais, en particulier au Sahara dans le domaine des essais nucléaires ainsi que les exploitations du gaz et des hydrocarbures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Contrairement à ce que d’aucuns affirment actuellement, c’est sciemment que la frontière algéro-tunisienne a été délimitée par la puissance coloniale et dans son intérêt. Et le Président Bourguiba l’a bien compris. Il n’était en effet pas question d’assurer au pays contrôlant Bizerte et le détroit de Sicile la part d’hydrocarbures et de gaz qui lui eût assuré la puissance.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="zLhSSxXjna"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/18/tunisie-algerie-le-grand-reniement-de-lete-1962/">Tunisie &#8211; Algérie | Le grand reniement de l’été 1962</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie – Algérie | Le grand reniement de l’été 1962 » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/18/tunisie-algerie-le-grand-reniement-de-lete-1962/embed/#?secret=1nwl4tM9AY#?secret=zLhSSxXjna" data-secret="zLhSSxXjna" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Bourguiba et la question des frontières</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Bourguiba toujours visionnaire admettra également en réglant la question de la frontière ne pas vouloir chez lui d’un problème numide, c’est-à-dire d’un irrédentisme des habitants des montagnes de l’Ouest qui acceptent mal le diktat de populations côtières se prévalant&nbsp;de l’unité nationale et qui brandissent le drapeau du pays voisin dans des manifestations de protestation contre une politique de développement inégalitaire. C’est d’ailleurs du bassin minier à l’Ouest que naîtra l’incendie qui jettera à bas le régime de Ben Ali.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant l’Algérie elle-même en butte à un irrédentisme kabyle soutenu par Israël peut difficilement tabler sur la partition de la Tunisie ; il lui en coûterait la sécession de toute sa partie orientale pour former une nouvelle Numidie forcément hostile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins des arguments souverainistes totalement étrangers à la nature de notre pays prennent pour cible le voisin de l’Ouest, jugé hégémoniste.&nbsp;L’Etat, le nôtre, est accusé de complaisance coupable dans ses rapports avec lui, notamment sur la question du gaz. L’Histoire est là pour rappeler que Carthage fut une colonie étrangère, que Massinissa le Roi des Numides a bien contribué à sa destruction, que l’Afrique du Nord a été dans son ensemble une province romaine, arabe, française, que l’armée française est arrivée en Tunisie en 1881 en provenance d’Algérie pour imposer le protectorat, et que les enfants de Hussein Ben Ali Turki n’ont dû qu’au Dey d’Alger d’être rétablis sur le trône de leur père.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A l’inverse, c’est bien sûr à nos frontières que l’ALN algérienne s’est constituée en vue de prendre le pouvoir, avec le total assentiment de la puissance coloniale sur le départ.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui et de nouveau on tient rigueur à Bourguiba de l’avoir accepté pour fustiger l’ingratitude. Mais que vaut la gratitude en politique ? C’est tout juste si on ne précise pas qu’on eût dû aider le colonel Tahar Zbiri en fuite chez nous à prendre le pouvoir à Alger, ou bien que de là-bas Ahmed Ben Salah ou Nabil Karoui, pour ne pas dire Mohamed Mzali, eussent dû trouver l’aide fraternelle nécessaire à la chute de la tyrannie. Qu’à cela ne tienne ; c’est désormais dans le Hirak, pour ne pas dire le MAK, que nous devons selon nos souverainistes&nbsp;placer nos espoirs d’entretenir des relations apaisées et équilibrées. Mais les acteurs politiques peuvent se suivre sans se ressembler, les réalités géostratégiques elles sont immuables,&nbsp;ainsi que le prouve du Chah aux mollahs la volonté iranienne de maîtriser le nucléaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Peut-on remettre en question l’intégrité territoriale de son pays ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avant donc de parler de jugulaire, de goulot de bouteille, ou d’étranglement, ou de terrorisme importé avec un parti Ennahdha au pouvoir, il convient de savoir s’il est dans l’intérêt de la Tunisie d’avoir à ses portes un nouvel Etat numide soutenu de l’étranger doté d’une idéologie expansionniste et revancharde qui rogne sur son territoire et pour qui Carthage ne soit qu’un ramassis d’envahisseurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si donc le pouvoir tunisien est déstabilisé par les grèves, les pannes, les pénuries, ou selon certains, l’incompétence, et que l’opposition&nbsp;pour parvenir à ses fins&nbsp;est capable de placer son destin entre les mains de ceux qui remettent en question l’intégrité territoriale de son propre pays, faut-il s’étonner que nos voisins envisagent des projets alternatifs&nbsp;exclusifs&nbsp;à l&rsquo;écoulement du gaz ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le contexte conflictuel que nous connaissons qui frappe la mer Rouge et le Golfe Persique, arguer des difficultés techniques de l’entreprise pour en faire un simple outil de propagande ne tient compte ni de la volonté européenne de garantir son approvisionnement énergétique, ni de le sécuriser, ni de l’évolution constante des moyens techniques disponibles vers plus&nbsp;d’efficacité. C’est dire combien minutieusement&nbsp;l’opposition doit choisir le panier où placer ses œufs.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Médecin de libre pratique.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>** L’auteur fait allusion aux articles de l’ambassadeur Elyes Kasri sur le Transmed et la nécessité pour la Tunisie de mieux défendre ses intérêts dans le passage par ses territoires de ce gazoduc transportant le gaz algérien vers l’Italie.    </em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="9OJvnPlBRC"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/22/la-tunisie-goulot-energetique-de-leurope-et-jugulaire-de-lalgerie/">La Tunisie, goulot énergétique de l’Europe et jugulaire de l’Algérie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie, goulot énergétique de l’Europe et jugulaire de l’Algérie » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/22/la-tunisie-goulot-energetique-de-leurope-et-jugulaire-de-lalgerie/embed/#?secret=xolNvmbvGp#?secret=9OJvnPlBRC" data-secret="9OJvnPlBRC" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>René De Maximy &#124; Rencontre autour d’une mémoire partagée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Aug 2026 09:43:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[René De Maximy]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Rencontre avec René De Maximy dans son Ehpad de Marseille autour de son expérience de la guerre d'Algérie.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/20/rene-de-maximy-rencontre-autour-dune-memoire-partagee/">René De Maximy | Rencontre autour d’une mémoire partagée</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Je n’avais pas prévu de rencontrer René De Maximy. Mais le hasard, parfois, emprunte les chemins du destin. Ce jour-là, à la librairie Île aux Mots, je pensais simplement découvrir un livre consacré à l’Algérie. Je ne savais pas encore que cette rencontre me conduirait jusqu’à l’Ehpad Résidence Rivoli, à Marseille, auprès d’un homme dont la mémoire, malgré les années et la maladie, porte encore les traces d’une histoire commune entre la France et l’Algérie.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djamal Guettala</strong>, <em>à Marseille.</em></p>



<span id="more-19466269"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Tout commence par un détail. Une femme tient un livre entre ses mains. Mon regard s’arrête sur la couverture : <em>‘‘Le cœur à contre-guerre. Grande Kabylie, mars 1960-mars 1962’’ (</em>Éditions La Fontaine de Siloé, 1<sup>er</sup> décembre 2011). Un livre sur l’Algérie. Un livre consacré à une période dont les blessures et les interrogations demeurent, plus de soixante ans après. Je lui demande : <em>«Qui a écrit ce livre ?»</em> Sa réponse me surprend : <em>«C’est mon mari.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette femme s’appelle Marie-Christine de Maximy. À cet instant, l’ouvrage change de dimension. Il n’est plus seulement un témoignage sur une période de l’histoire. Il devient le lien vers un homme, un parcours et une mémoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je veux en savoir davantage. Est-il encore vivant ? Est-il possible de le rencontrer ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">— Oui, il est vivant… mais il est à l’Ehpad Résidence Rivoli, à Marseille. Il a Alzheimer. Cette phrase aurait pu mettre fin à ma démarche. Elle produit l’effet inverse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière chaque livre, il y a une voix. Lorsque le temps commence à effacer les souvenirs, il devient peut-être encore plus urgent d’aller à la rencontre de celui qui les a confiés à l’écriture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je lui demande : <em>«Le jour où vous irez le voir, puis-je vous accompagner ?»</em> Elle accepte, en ajoutant avec prudence : <em>«Je ne sais pas s’il pourra parler avec vous.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je décide pourtant d’y aller. Avec son livre entre les mains.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un livre, une mémoire, une histoire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Publié en 2011 aux éditions La Fontaine de Siloé, <em>‘‘Le cœur à contre-guerre’’</em> est un témoignage singulier sur les dernières années de la guerre d’Algérie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès les premières lignes, René De Maximy donne le ton : <em>«J’ai 25 ans, en 1960, lorsque j’aborde en terre algérienne.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Son récit n’est ni celui d’un militaire racontant une campagne, ni celui d’un acteur politique défendant une position. Il témoigne comme un jeune citoyen français appelé sous les drapeaux et envoyé en Algérie au moment où le conflit entre la France et le FLN entre dans une phase décisive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son regard est celui d’un homme qui découvre une réalité plus complexe que les discours officiels. Derrière les mots de <em>«maintien de l’ordre»</em>, il perçoit une véritable guerre, avec ses violences, ses blessures et ses contradictions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À son arrivée en 1960, le jeune appelé connaît déjà, par les journaux et les récits, la violence des années précédentes. Il sait également que le plan Challe et l’opération Jumelles, menée en Grande Kabylie, ont profondément affaibli les maquis du FLN.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Algérie semble alors, en apparence, sous le contrôle de l’armée française. Les combattants indépendantistes sont repoussés vers les frontières tunisienne et marocaine. Mais cette impression de pacification reste fragile. Dans les montagnes, les tensions demeurent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est cette réalité que René De Maximy raconte avec sobriété. Son témoignage n’est pas une simple chronique militaire. Il constitue avant tout une réflexion sur la conscience individuelle face à la guerre. L’auteur évoque les violences commises de part et d’autre et affirme une exigence essentielle : le respect de la dignité humaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le titre résume cette position intérieure : <em>‘‘Le cœur à contre-guerre’’</em>. Comme si l’homme en lui résistait à la mécanique de la violence.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Rene-De-Maximy-Djamal-Guettala-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-19466296" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Rene-De-Maximy-Djamal-Guettala-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Rene-De-Maximy-Djamal-Guettala-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Rene-De-Maximy-Djamal-Guettala-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Rene-De-Maximy-Djamal-Guettala-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Rene-De-Maximy-Djamal-Guettala-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Rene-De-Maximy-Djamal-Guettala-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Rene-De-Maximy-Djamal-Guettala.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Djamal Guettala en visite à René De Maximy. </em></figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Quand le livre réveille la mémoire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le jour de la rencontre, Marie-Christine de Maximy m’accompagne jusqu’à la chambre de son mari, à la Résidence Rivoli.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne sais pas comment René De Maximy va réagir. Alzheimer est là, avec ses silences et ses absences. Mais certains objets ont parfois le pouvoir de faire ressurgir une part de soi que l’on croyait perdue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me présente. Puis je lui montre son livre. Son regard change. Il reconnaît l’ouvrage. Et soudain, la parole revient. Il évoque la Kabylie, ses paysages, ses villages, les femmes kabyles, les embuscades, mais aussi les scènes de la vie quotidienne. La guerre n’est pas le seul sujet. Il parle également d’une terre et de rencontres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La conversation avance naturellement, d’un souvenir précis à une anecdote plus légère. Derrière chaque phrase, une mémoire cherche à rester vivante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Marie-Christine est étonnée. Elle qui craignait qu’il ne puisse plus échanger découvre un homme encore capable de raconter et de transmettre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce jour-là, le livre devient un déclencheur. Un lien entre le passé et le présent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’homme derrière l’auteur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">René De Maximy est né en 1935 à Craponne-sur-Arzon, en Haute-Loire. Géographe, il a été directeur de recherches émérite à l’Institut de recherche pour le développement (IRD).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son parcours scientifique, consacré aux territoires et aux sociétés humaines, éclaire aussi son regard sur l’Algérie : une attention portée aux réalités humaines derrière les événements historiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">René De Maximy est également écrivain. Son premier roman, <em>‘‘La Ferme des Neuf Chemins’’</em>, révèle déjà un homme attentif au monde qui l’entoure, désireux d’observer et de comprendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa famille appartient elle aussi à plusieurs univers. Il est le frère de Jean De Maximy, artiste-peintre, et l’oncle d’Antoine de Maximy, connu notamment pour l’émission <em>‘‘J’irai dormir chez vous’’</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Recherche, art, écriture et voyage semblent ainsi se rejoindre autour d’une même volonté : aller vers l’autre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une rencontre qui dépasse le livre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis cette première visite, je suis retourné plusieurs fois à la Résidence Rivoli. Ce qui devait être une rencontre autour d’un ouvrage est devenu un rendez-vous humain. Lors de ma deuxième visite, c’est lui qui m’interroge : <em>«Comment va l’Algérie ?»</em> Puis : <em>«Comment êtes-vous venu ici ?»</em> <em>«Pourquoi habitez-vous Marseille ?»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ses questions montrent que, malgré la maladie, sa curiosité pour l’autre demeure intacte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors d’une visite plus récente, je le trouve plus triste. Son visage porte la fatigue. Mais dès que nous commençons à parler, quelque chose change. La conversation semble l’apaiser. Puis il me confie cette phrase : <em>«Au moins, il y a quelqu’un qui sait que j’existe encore.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques mots qui disent beaucoup de la solitude et de ce besoin universel d’être reconnu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À chaque fin de visite, il répète : <em>«Merci, merci, merci d’être passé me voir.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors je continuerai à venir aussi longtemps que cela sera possible. Avec du temps, des conversations, des souvenirs partagés. Et parfois quelques madeleines ou des gâteaux au chocolat.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une mémoire qui défie l&rsquo;oubli</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À travers le parcours de René De Maximy, une autre manière de regarder une période majeure de notre histoire commune apparaît. Plus de soixante ans après, la guerre d’Algérie demeure une mémoire sensible, traversée de blessures et d’interrogations qui continuent d’habiter les deux rives de la Méditerranée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’intérêt de son témoignage tient aussi à cette volonté de replacer l’humain au centre. Derrière les grandes dates, les opérations militaires et les affrontements politiques, il y a toujours des destins individuels : des jeunes hommes appelés sous les drapeaux, des populations confrontées à la violence, des femmes et des hommes pris dans une période qui les dépasse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son livre ne simplifie rien. Il propose le regard d’un témoin qui a choisi de raconter son expérience avec lucidité et exigence morale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">René De Maximy ne se présente pas en héros. Il est simplement un homme qui a vécu un moment particulier de l’Histoire et qui a voulu transmettre ce qu’il avait vu et ressenti.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mémoire ne prend véritablement sens que lorsqu’elle est transmise, lorsqu’elle circule entre les générations et permet de regarder le passé sans enfermer les peuples dans ses blessures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette rencontre m’amène aujourd’hui à lancer un appel aux autorités culturelles de Marseille ainsi qu’à M. le maire. René De Maximy mérite un geste de reconnaissance. Pas nécessairement une grande cérémonie. Une simple visite suffirait. Quelques instants d’échange avec un homme qui a consacré sa vie à la recherche, à l’écriture et à la compréhension des sociétés humaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Marseille est une ville de mémoire et de culture, ouverte sur la Méditerranée, un lieu où les histoires de France et d’Algérie se rencontrent quotidiennement. Venir saluer René De Maximy à la Résidence Rivoli, c’est reconnaître le parcours d’un géographe, d’un chercheur, d’un écrivain et d’un témoin. C’est aussi rappeler que les hommages les plus précieux sont souvent ceux que l’on rend aux personnes de leur vivant. Parce qu’une reconnaissance tardive ne remplace jamais une présence. Parce qu’un simple échange peut parfois avoir une valeur immense.</p>



<p class="wp-block-paragraph">René De Maximy a écrit <em>‘‘Le cœur à contre-guerre’’</em> pour que ses souvenirs ne disparaissent pas. Aujourd’hui, cette mémoire continue de vivre. Dans un livre. Dans une voix. Dans une rencontre. Et parfois, il suffit de pousser une porte, de s’asseoir quelques minutes et d’écouter.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Tunisie &#8211; Algérie &#124; Le grand reniement de l’été 1962</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Aug 2026 11:40:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[armée des frontières]]></category>
		<category><![CDATA[Borne 233]]></category>
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		<category><![CDATA[Elyes Kasri]]></category>
		<category><![CDATA[Ferhat Abbas]]></category>
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		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[frontières coloniales]]></category>
		<category><![CDATA[GPRA]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bouguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Houari Boumédiène]]></category>
		<category><![CDATA[Mohammed Harbi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment l’«armée algérienne des frontières», logée et nourrie par la Tunisie, s'est retournée contre son hôte dès l’indépendance algérienne, en 1962. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/18/tunisie-algerie-le-grand-reniement-de-lete-1962/">Tunisie &#8211; Algérie | Le grand reniement de l’été 1962</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Comment l’«armée algérienne des frontières», logée et nourrie par la Tunisie, a retourné ses armes contre son hôte dès l’indépendance algérienne, acquise en 1962. Ce rappel historique ne cherche pas à enfoncer un coin entre deux pays «frères, amis et voisins», comme on dit habituellement, et qui ont appris, au fil des décennies, à coopérer dans le respect de leurs intérêts mutuels, mais à maintenir présent à l’esprit des faits qui ne doivent jamais être oubliés ou passés sous silence au prétexte de ne pas remuer l’eau stagnante du conformisme. </em></strong><em>(Photo: Combattants de l&rsquo;ALN à Ghardimaou en Tunisie en mars 1962).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Elyes Kasri</strong> *</p>



<span id="more-19458401"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Elyes-Kasri.jpg" alt="" class="wp-image-352204"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">La mémoire des relations maghrébines contemporaines reste profondément marquée par la fracture de l’été 1962. Au cœur de cette rupture se trouve la trajectoire de l’Armée de libération nationale (ALN) algérienne basée à l’extérieur, surnommée <em>«l’Armée des frontières»</em>, dont le passage sur le sol tunisien et les choix politiques post-indépendance ont durablement redéfini la géopolitique régionale. (Lire à ce sujet <em><a href="https://www.jeuneafrique.com/1309681/politique/algerie-reportage-dans-les-rangs-de-larmee-de-liberation-nationale-en-1962/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« Algérie 1962 : reportage dans les rangs de l’Armée de libération nationale »</a></em>, par Béchir Ben Yahmed (<em>Jeune Afrique</em>, mars 1962). </p>



<h2 class="wp-block-heading">Le confort de la base arrière face au sacrifice des maquis :</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À partir de 1958, le conflit algérien subit un tournant stratégique. Le commandement militaire français érige les lignes Morice et Challe, des barrières électrifiées et minées qui coupent hermétiquement l’Algérie de ses voisins tunisien et marocain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette situation engendre une scission majeure au sein des forces nationalistes entre :</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; celles de l’ALN de l’intérieur confinées dans les wilayas historiques&nbsp;: les maquisards subissent de plein fouet les grandes offensives françaises. Privés d’approvisionnement en armes et en soins, ils paient un tribut humain considérable&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; et celles de l’ALN de l’extérieur&nbsp;: sous la direction du colonel Houari Boumédiène, près de 30 000 hommes se structurent en Tunisie, notamment autour du quartier général de Ghardimaou.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Préservée du gros des combats par le blocus de la frontière, cette force s’entraîne, s’arme lourdement auprès du bloc de l’Est et bénéficie d’une infrastructure logistique stable offerte par l’État tunisien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette asymétrie suscite rapidement de vives tensions critiques. Dans les maquis exsangues de l’intérieur, l’armée de l’extérieur commence à être désignée sous les qualificatifs sévères d’<em>«armée des planqués»</em> ou de <em>«touristes de Tunis»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le politologue et historien Mohammed Harbi, lui-même ancien cadre du FLN, a largement analysé cette réalité : <em>«L’Armée des frontières s&rsquo;est constituée en dehors des combats réels du territoire national. Elle représentait une force d’appareil, un instrument de pouvoir politique plutôt qu’une force de libération active sur le terrain»</em> (Mohammed Harbi, <em>‘‘Le FLN, mirage et réalité’’</em>, 1980).</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’été 1962, lors de la crise dite <em>«de l’été»</em>, cette armée intacte et disciplinée marche sur Alger, écartant le Gouvernement provisoire (GPRA) et prenant le contrôle des structures de l’État pour fonder l’Armée nationale populaire (ANP).</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’accueil tunisien et le compromis de la Borne 233 :</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’installation de l’appareil politique et militaire algérien en Tunisie s’est faite avec l’appui direct du président Habib Bourguiba. Ce soutien s’est traduit par des coûts matériels et humains significatifs pour la jeune République tunisienne, illustrés notamment par le bombardement par l’armée française du village frontalier de Sakiet Sidi Youssef, le 8 février 1958, qui fit des dizaines de victimes civiles tunisiennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement, un contentieux territorial existait concernant le tracé de la frontière saharienne. Durant la période coloniale, l’administration française avait unilatéralement modifié les délimitations au profit des Territoires du Sud de l’Algérie, englobant des zones potentiellement riches en hydrocarbures au détriment de la Tunisie (notamment autour de la Borne 233 / Garat El Hamel et du secteur d’El Borma).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour préserver la cohésion de la lutte de libération, Habib Bourguiba accepte de formaliser un compromis temporaire. Le 6 juillet 1961, un accord est signé à Tunis entre le gouvernement tunisien et Ferhat Abbas, président du GPRA.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet accord stipulait explicitement que les revendications territoriales tunisiennes étaient légitimes, mais que leur règlement définitif et la restitution des portions sahariennes contestées seraient traités de manière fraternelle au lendemain de l’indépendance de l’Algérie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’accord du 6 juillet 1961 ou le contrat de confiance bafoué :</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’argument souvent avancé par la suite selon lequel les frontières coloniales étaient intangibles occulte un document historique capital : cet accord officiel de 1961.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce texte prévoyait noir sur blanc la création d’une commission mixte tuniso-algérienne chargée de redéfinir le tracé frontalier saharien (autour de la borne 233) immédiatement après l’indépendance. Le GPRA y reconnaissait formellement le préjudice territorial subi par la Tunisie sous l’administration coloniale française.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En reniement complet de la signature du GPRA à l’été 1962, le clan militaire de Houari Boumédiène n’a pas seulement appliqué le droit international de l’époque ; il a orchestré un coup de force politique contre les engagements solennels de ses propres pères fondateurs civils.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La rupture de 1962 et l’établissement du rapport de force :</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dès l’accès à l’indépendance en juillet 1962 et l’évincement des cadres civils du GPRA par le commandement militaire de Boumédiène, les nouveaux dirigeants d’Alger opèrent un revirement complet sur la question des frontières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le principe de l’<em>uti possidetis juris</em> (l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation) est immédiatement opposé à Tunis, annulant de fait les engagements contractés en 1961.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec le recul historique et géopolitique, ce principe adopté par l’Organisation de l’unité africaine lors du sommet du Caire (1964) prend de plus en plus l’allure d’une supercherie et d’une tentative de blanchiment du partage colonial fait par les puissances européennes lors du Congrès de Berlin de 1878.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les diplomates et historiens soulignent le sentiment d’amertume engendré par cette volteface algérienne : <em>«Le revirement algérien de 1962 sur la Borne 233 fut un choc pour Tunis. L’Algérie nouvelle, forte de l’arsenal militaire accumulé sur le sol tunisien, a immédiatement adopté un rapport de force hégémonique, opposant une fin de recevoir absolue aux requêtes de Bourguiba et menaçant d’utiliser la force si la Tunisie n’actait pas l’abandon de son Sahara»</em>, notait à ce propos Chantal Chanson-Jabeur, dans <em>‘‘Le différend frontalier tuniso-algérien’’</em> (in<em> Cahiers de la Méditerranée</em>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face aux revendications persistantes de Tunis, l’État algérien déploie des unités militaires le long de la frontière saharienne. Confronté à une disproportion manifeste des forces militaires, le gouvernement tunisien choisit la voie de la désescalade diplomatique pour éviter un conflit ouvert.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président Habib Bourguiba exprimera publiquement, lors d’un discours officiel devant l&rsquo;Assemblée nationale, en 1962, cette frustration lors de plusieurs allocutions officielles : <em>«Nous avons partagé notre pain, nos terres et notre sécurité avec nos frères algériens. Nous avons essuyé les bombes de Sakiet Sidi Youssef pour leur cause. Voir aujourd’hui une armée que nous avons aidé à nourrir et à abriter se retourner contre nos frontières et nous menacer par les armes pour garder les terres que la France nous avait volées est une amère démonstration d’ingratitude.»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Du sanctuaire au chantage ou le crépuscule de la fraternité:</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’amertume tunisienne face à cet épisode ne relève pas seulement de la perte géopolitique, mais du cynisme de la méthode. Les troupes de l’ALN, incapables de briser le blocus français, avaient trouvé en Tunisie un sanctuaire inespéré où elles ont été nourries, soignées et protégées au prix de vies tunisiennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La tragédie de l’été 1962 réside dans ce basculement : cette même force militaire, devenue puissante grâce à l’hospitalité tunisienne, s’est retournée contre son bienfaiteur dès le lendemain de sa libération.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face aux demandes légitimes de restitution de la Borne 233, Alger n’a pas répondu par le dialogue, mais par le déploiement de blindés et des menaces d’invasion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce grand reniement a brutalement dissipé les illusions d’une fraternité maghrébine désintéressée — souvent résumée par le slogan populaire <em>«Khawa Khawa»</em> —, installant à sa place la dure réalité d’un rapport de force militaire dicté par la découverte des gisements de pétrole d’El Borma.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce différend frontalier a abouti le 16 avril 1970 à la signature d’un accord de délimitation de la frontière entre les deux États, entérinant le tracé colonial au profit de l’Algérie et taisant les revendications tunisiennes sur le secteur d’El Borma.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La conjoncture de cet accord et les modalités de sa signature rappellent de nombreux accords internationaux signés sous la pression et qui ont fini par s’estomper en raison de l’évolution de la conjoncture bilatérale ou internationale car bien mal acquis ne profite jamais.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">فلا عاش في تونس من خانها</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">و لا عاش من ليس من جندها</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">نموت و نحيا على عهدها</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">حياة الكرام و موت العظام</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ancien ambassadeur.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Éléments bibliographiques:</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; Harbi, Mohammed, Le FLN, mirage et réalité : des origines à l&rsquo;indépendance (1945-1962), Éditions Jeune Afrique, 1980.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; Meynier, Gilbert, Histoire intérieure du FLN (1954-1962), Fayard, 2002.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; Toumi, Mohsen, La Tunisie de Bourguiba à Ben Ali, PUF, 1989.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; Stora, Benjamin, Histoire de la guerre d&rsquo;Algérie (1954-1962), La Découverte, 2004.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="dzCsX2VwD3"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/09/tunisie-algerie-non-a-la-spoliation-a-lintimidation-et-a-la-vassalisation/">Tunisie &#8211; Algérie | Non à la spoliation, à l’intimidation et à la vassalisation !</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie – Algérie | Non à la spoliation, à l’intimidation et à la vassalisation ! » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/09/tunisie-algerie-non-a-la-spoliation-a-lintimidation-et-a-la-vassalisation/embed/#?secret=VkH9Gj1GAX#?secret=dzCsX2VwD3" data-secret="dzCsX2VwD3" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>La France dans les «griffes du Crif»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Aug 2026 09:51:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Crif]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[génocide à Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[lobby israélien]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Ridha Ben Slama]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A l'instar de Macron ou de Le Pen, la plupart des dirigeants politiques français croient devoir être adoubés par le lobby pro-israélien. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les autorités françaises ne se rendent pas compte qu’elles jouent avec le feu en tolérant l’influence disproportionnée du lobby pro-israélien qui fragilise sa politique étrangère et pèse lourdement sur le débat public, risquant de provoquer une fracture sociétale démesurée, porteuse de grands ressentiments et de graves troubles.</em></strong> <em>(Photo : Macron au dîner du Crif : la plupart des politiques français croient devoir être adoubés par le lobby sioniste pro-israélien). </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ridha Ben Slama *</strong></p>



<span id="more-19450687"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2.jpg" alt="" class="wp-image-16957652" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs observateurs s’accordent sur un fait&nbsp;: la France s’auto-sabote et s’affaiblit à cause de décisions et de politiques menées par ses propres dirigeants. Il y a un travail de sape des acquis qui est effectué pour diviser et mettre en pièce la cohésion sociétale. En effet, la société française fait face à un sentiment prononcé de polarisation et d’érosion du modèle républicain issu du Conseil national de la Résistance. Entre précarisation du travail, tensions institutionnelles et débats identitaires, de nombreux observateurs et citoyens pointent une dégradation du «vivre ensemble», alimentée par des choix économiques et politiques perçus comme des reculs de la solidarité nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Mêlez-vous de vos affaires»</em>, pourrait dire un énergumène d’extrême droite et désormais prosioniste. <em>«Ne vous en faites pas, nos affaires on s’en occupe»</em>, lui rétorquerait un Tunisien averti, <em>«ce qui se passe en France nous concerne autant que ceux qui vivent sur son sol et je vais vous le démontrer»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le sort de nos concitoyens en France nous concerne</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sachez que le nombre total de Tunisiens en France s&rsquo;élève entre 728 000 et 1&nbsp;380 000 personnes, selon l’Office des Tunisiens à l&rsquo;étranger (OTE). Environ 347 000 Tunisiens nés en Tunisie résident en France selon les données de l’INSEE. Si l’on élargit ce périmètre pour englober l’ensemble des expatriés, incluant les descendants de la deuxième et troisième génération ainsi que les binationaux, le nombre de Tunisiens et de personnes d’origine tunisienne en France dépasse donc largement le 1 million de personnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il convient de noter aussi qu’il y a environ 21 000 Tunisiens qui se sont installés légalement en France au cours de l&rsquo;année 2025, principalement pour des motifs professionnels (notamment via des programmes comme Thamm+ de l’Ofii) et étudiants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La communauté tunisienne représente ainsi la 4<sup>e</sup> plus grande communauté globale en France (derrière l’Algérienne, la Marocaine et la Portugaise). On compte environ 16 000 étudiants tunisiens et plus de 3 500 professionnels de santé tunisiens (médecins titulaires et en cours d’équivalence) inscrits ou en exercice dans le système de santé français. Ces deux catégories illustrent la forte mobilité hautement qualifiée de la communauté tunisienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le parcours des Tunisiens en France se démarque par une ultra-spécialisation. Les choix se concentrent massivement sur deux pôles : les Sciences/Ingénierie (34,9 %) et Médecine/Santé (28,7 %), un des taux d’orientation médicale les plus élevés parmi toutes les nationalités étrangères. Surtout que la France fait face à une pénurie médicale structurelle qu’elle compense en grande partie grâce aux praticiens à diplôme hors Union européenne (Padhue), où la Tunisie occupe une place majeure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom) comptabilise près de 1 600 médecins tunisiens pleinement titulaires en France. Ils forment le 2<sup>e</sup> plus grand contingent de médecins nés hors UE (10,4 % du total), juste derrière l’Algérie. Les statistiques du Cnom indiquent qu’environ 2 000 médecins tunisiens supplémentaires se trouvent actuellement en France sous des statuts transitoires (internes, praticiens attachés associés), dans l’attente de la validation de leurs procédures d’équivalence. Le phénomène s’est considérablement intensifié, entre 2021 et 2025, plus de 6 000 médecins ont quitté la Tunisie, la France demeurant de loin leur première destination en Europe. Sans parler des autres métiers et professions qui sont exercés dans divers secteurs de l’économie française.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De ce fait, le sort de nos concitoyens <em>«au pays des lumières»</em> nous importe au plus haut niveau. Le sujet revêt une importance capitale et une valeur absolue pour nous. Surtout dans cet environnement devenu délétère, marqué par des dérives surgis de l’inquisition, des dynamiques de <em>«procès d’intention»</em> ou de lynchages dans les médias détenues par quelques personnages fortunés et sur les réseaux sociaux, où la nuance est souvent absente.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une atmosphère générale étouffante </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une poignée de milliardaires contrôlent près de 90 % de la presse française ainsi qu’une grande partie de l’audiovisuel<sup>(1)</sup> diffusant des campagnes injustes, des <em>«débats»</em> calomnieux contre tous ceux qui s’opposent au génocide commis à Gaza (plus de 73 000 Palestiniens tués, dont au moins 21 500&nbsp;enfants et plus de 183 000&nbsp;blessés, dont plus de 46 500&nbsp;enfants) et aux crimes commis par l’entité sioniste ainsi qu’au racisme ambiant savamment alimenté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La haine de l’autre se propage en France, où tout ce qui vient du Maghreb est stigmatisé&#8230; Ces paisibles travailleurs sont la cible quotidienne depuis l’élection à la présidence de Sarkozy, le délinquant condamné&#8230; Dans presque tous ces médias, le relent d’ignorance, de haine et les insultes publiques sont réitérées sur les antennes à l’égard d’une certaine catégorie de personne, tous étant assimilés à tort et à travers à des terroristes en herbe, cela vient nourrir la stupidité ambiante jusque dans le cadre professionnel de ces personnes. Pour preuve les condamnations répétées de certaines chaines à des amendes pour incitation à la haine, ce qui n’existait pas ou très peu avant l’élection de Sarkozy.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La hantise de l’immigration leur pend au nez comme de la morve&nbsp;! Là où il y avait respect et reconnaissance, il n’y a plus que diatribes et invectives pour <em>«chauffer»</em> l’opinion en perspective des élections.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’une manière assez étrange, on retrouve aussi sur ces chaines incriminées, des profils surréalistes de supplétifs, quelques personnages répugnants issues de l’immigration qui sont plus zélées que leurs employeurs, sans réelle conviction ni principes&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour toutes ces raisons et d’autres encore, l’atmosphère générale répugnante en France nous interpelle face à la montée des extrémismes et des actes xénophobes qui se multiplient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les enjeux des prochains scrutins ne peuvent aucunement justifier ni absoudre la dégradation du débat public et ses retombées sur nos concitoyens. Aucune stratégie électorale ne légitime les attaques contre une catégorie de la population qui vit sur le sol français. Les manipulations ou les baisses de niveau dans les débats dans la vie politique, foulent au pied les règles démocratiques qui doivent primer dans la compétition vers les urnes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La France, un pays sous occupation israélienne</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Quels sont donc les principaux instigateurs de cette détérioration&nbsp;de l’environnement politique ? Et quels sont leurs chevaux de bataille&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Essentiellement le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) et d’autres organisations sionistes, qui sont devenus les aiguilleurs de la sphère politique. Ces organismes exercent une influence directe sur le gouvernement français (certains ministres) et à l’Assemblée Nationale (dont la présidente est Yaël Braun-Pivet, <em>«soutien inconditionnel»</em> à Israël selon ses dires) les médias et même la justice. Ce Crif non seulement exprime un soutien actif à l’entité sioniste et ses crimes abjects, mais il exerce une influence quasi totale sur l’État français. Tout cela sous le subterfuge de <em>«</em><em>lutte contre l’antisémitisme et l’apologie du terrorisme</em><em>»</em>! Ce lobby<sup>(2)</sup> exerce une pression marquée sur la classe politique et les médias pour imposer notamment des projets de loi, dont la proposition de loi Yadan, déposée en 2024 par la députée Caroline Yadan, et qui vise <em>«officiellement»</em> à renforcer la lutte soi-disant contre <em>«les nouvelles formes d’antisémitisme»</em> en vue de museler la liberté d’expression. Discutée à l’Assemblée nationale française en avril 2026 puis finalement retirée avant l’aboutissement de son examen. Le texte pénalise les slogans propalestiniens et restreint la critique de la politique israélienne, prévoyant des mesures contre tous ceux qui manifestent la moindre position contre le génocide à Gaza et les exactions contre les Palestiniens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce <em>«Conseil»</em> se retrouve au centre des critiques concernant sa stratégie de communication et son poids attesté sur les orientations de la politique intérieure et étrangère de la France.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fameux dîner du Crif est un évènement annuel qui est à l’instar d’un tribunal politique ou un passage obligé où une grande partie de la classe politique française vient se sustenter et par la même occasion prêter allégeance, sous peine d’être ostracisée ou accusée de <em>«complaisance avec les antisémites»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec des méthodes basées sur l’inquisition et l’intimidation de tous ceux qui soutiennent les Palestiniens et en première ligne les personnes issues de l’immigration, la France apparait désormais comme un pays sous occupation israélienne. Il y a même des relents de l’occupation nazi et du régime de Vichy (1940-1944) qui représentent incontestablement l’une des périodes les plus sombres, oppressantes et douloureuses de l’histoire moderne de la France.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette atmosphère si particulière et étouffante s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs majeurs : une répression policière et idéologique omniprésente, une extrême droite disséminée dans les partis de la droite et même au parti dit <em>«</em><em>socialiste</em><em>»</em> et un harcèlement pour tous ceux qui évoqueraient le génocide à Gaza ou exprimeraient leur soutien au peuple palestinien sous occupation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au temps de l’Occupation allemande et du régime de Vichy, la population subissait à la fois la traque de la Gestapo nazie et celle de la Milice française (créée par Vichy), instaurant un climat de délation et de suspicion généralisée. Le régime de Vichy était une dictature policière qui a activement collaboré avec l’occupant et procédé à la déportation de dizaines de milliers de personnes et persécuté ses propres citoyens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les tensions policières ou sociales (emploi, logement…) actuelles se déploient dans un État de droit prétendument protecteur, doté de contre-pouvoirs juridiques. Le sentiment d’étouffement actuel est réel pour beaucoup, mais il provient d’une crise de confiance dans les institutions et d’un système bureaucratique dévoyé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En entretien pour un emploi, les ressources humaines (plutôt devenues inhumaines) demandent systématiquement si la personne est OQTF (obligation de quitter le territoire français) suivant le diktat ambiant, symptomatique d’un grand retournement. Poser des questions directes sur une mesure d’éloignement ou sur l’origine d’une personne en dehors des critères stricts des compétences et du droit au travail s’apparente à une pratique discriminatoire prohibée par le Code du travail (article L1221-6).</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ZVyTkGI1Es"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/12/la-palestine-israel-et-la-mauvaise-foi-des-occidentaux/">La Palestine, Israël et la mauvaise foi des Occidentaux</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Palestine, Israël et la mauvaise foi des Occidentaux » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/12/la-palestine-israel-et-la-mauvaise-foi-des-occidentaux/embed/#?secret=Uo0D09o2St#?secret=ZVyTkGI1Es" data-secret="ZVyTkGI1Es" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le Crif, une <em>«deuxième ambassade d’Israël»</em></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut bien souligner que des voix critiques (chez les intellectuels avisés) reprochent au président du Crif, Yonathan Arfi, d’avoir institutionnalisé un <em>«brouillage sémantique»</em>. Le Crif est accusé de faire pression pour l’interdiction de manifestations pro-palestiniennes et d’assimiler systématiquement l’antisionisme et la critique des massacres à Gaza à de l’antisémitisme. Des analystes en géopolitique, à l’instar de Pascal Boniface (directeur de l’Iris), estiment que le Crif agit désormais comme une <em>«deuxième ambassade d’Israël»</em>. Ils dénoncent le fait que l’organisation soutienne de manière inconditionnelle la ligne dure de Benyamin Netanyahou, coupant les ponts avec les mouvements pacifistes israéliens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même Sciences Po Paris a été la cible de ce lobby. Les étudiants qui ont bloqué l’amphithéâtre Emile Boutmy pour protester contre le génocide à Gaza et les crimes en territoires occupés ont été poursuivis et vilipendés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour tous ceux qui observent ce qui se déroule sous nos yeux, ces milieux sionistes recourent à la stratégie du contre-feu. Ils désignent un faux danger comme diversion&nbsp;: antisémitisme, terrorisme… Ils créent une fausse urgence pour capter l’attention, faire regarder ailleurs, ce qui permet d’accomplir leurs forfaits et s’incruster davantage dans les rouages de l’État français<sup>(3)</sup> (les <em>sayanim </em>sont ceux qui collaborent avec le Mossad dans le domaine de l’espionnage ou de la désinformation).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les contre-feux décrivent cette stratégie de diversion classique où un coupable crée une fausse alerte pour détourner l’attention et accomplir son méfait en toute impunité. En psychologie et en communication, ce procédé s’apparente à de la manipulation. L’attention générale se focalise instantanément sur une supposée menace désignée. Mais le véritable coupable se positionne en victime ou en témoin civique. La confusion ambiante paralyse la vigilance des observateurs. C’est une stratégie militaire qui consiste à allumer un incendie pour en éteindre un autre et tenir l’opinion en haleine contre les adversaires des exactions et crimes commis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qu’il convient de préciser pour écarter tout confusion, c’est que le judaïsme est une religion millénaire, tandis que le sionisme est un mouvement politique ultra né à la fin du XIX<sup>e</sup> siècle visant la création et le soutien d’un État national juif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Évidemment, tous les juifs ne partagent pas cette cécité politique, dans tous les pays où ils sont citoyens ou en Israël même. Ceux-là s’opposent au sionisme pour des raisons politiques, éthiques ou en faveur des droits des Palestiniens, contre le génocide perpétré et tous les crimes commis contre ces derniers. On peut citer de nombreuses personnalités comme Sophie Bessis et Edgar Morin… Ils incarnent parfaitement cette tradition d’intellectuels juifs francophones qui, au nom de valeurs universalistes, anticoloniales et éthiques, ont développé une position critique vis-à-vis du sionisme et de la politique de l’État d’Israël.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans d’autres pays aussi, des intellectuels juifs ne cessent de dénoncer les crimes commis par cette entité, comme Noam Chomsky, Shlomo Sand, Judith Butler, Daniel Boyarin… Des structures historiques comme l’Union juive française pour la paix (UJFP) ou de nouveaux collectifs comme <em>Tsedek !</em> interviennent régulièrement dans les médias indépendants pour dissocier la judéité de la politique de l’État d&rsquo;Israël.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;idée d’une <em>«emprise»</em> sur la France reflète la tension autour de la recomposition des blocs politiques, où la question de la souveraineté, de l’identité et des alliances internationales est devenue un vecteur de clivage radical. De nombreux artistes ont vu leurs expositions, concerts ou lectures déprogrammés. Des ONG et des mouvements de solidarité dénoncent une judiciarisation excessive et des interdictions administratives visant à restreindre le militantisme propalestinien.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains artistes (techniciens, influenceurs, jeunes comédiens) font état d’une forme d&rsquo;autocensure par crainte de perdre des contrats ou d&rsquo;être perçus comme <em>«clivants»</em> par les marques ou les producteurs. Les tensions culturelles touchent tous les bords politiques. Par exemple, des artistes aux positions jugés neutres subissent également de virulents appels au boycott de la part de mouvements extrémistes. De nombreux artistes et personnalités de la culture ont subi des pressions, des exclusions, du harcèlement en ligne ou la perte de leurs contrats pour avoir pris position ou évoqué la situation à Gaza. Pour la plupart des célébrités établies, plusieurs professionnels ont vu leur carrière ou leurs fonctions lourdement impactées par la censure ou des mesures de rétorsion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le passé antisémite de l’extrême droite française était affirmé, aujourd’hui une convergence devient un sujet d’analyse pour les politologues et les observateurs. Les gouvernements successifs de Benjamin Netanyahou, alliés à des partis sionistes religieux et d’extrême droite, partagent avec les mouvements extrémistes européens une vision du monde axée sur le rejet du multiculturalisme et la brutalité sécuritaire. Le Rassemblement National de Le Pen a adopté un soutien inconditionnel aux opérations israéliennes, présenté comme <em>«un rempart contre l’islamisme radical»&nbsp;</em>! Des enquêtes médiatiques mettent en lumière l’action de réseaux douteux menés par des figures comme René Tayb agissant à la normalisation des relations entre les institutions sionistes et le Rassemblement National, un glissement que les intellectuels lucides décrivent comme un piège politique mortifère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ironie de l’histoire, cette organisation est plus sioniste que les sionistes purs et durs. Fait invraisemblable, les exactions de l’entité sioniste ont fini par faire réagir même l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, pourtant fervent défenseur de Natanyahu et de la colonisation en Cisjordanie, qui a dénoncé récemment le siège de maisons palestiniennes à Qusra <sup>(4)</sup> par des colons comme un <em>«acte de terreur»</em>. <em>«Les actions de ceux derrière cet acte de terreur horrible, visant à intimider et à harceler cette famille, sont répugnantes»</em>, écrit-il sur X, estimant qu&rsquo;<em>«aucun prétexte ne justifiait ce comportement de voyou»</em>&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Est-ce un signe annonciateur d’un renversement&nbsp;des postions à l’égard de la cause palestinienne et d’Israël qui devient une entité paria pour les opinions publiques d’une grande partie de pays ? L’utilisation ouverte de la notion d’<em>«État paria»</em> par des figures politiques au sein même d’Israël, comme Yaïr Golan, qui comparent explicitement la trajectoire du pays à celle de l’Afrique du Sud de l’apartheid le confirme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant aux autorités françaises, elles&nbsp;ne se rendent pas compte qu’elles jouent avec le feu en tolérant l’influence disproportionnée de cette organisation qui fragilise la politique étrangère de la France et pèse lourdement sur le débat public, risquant de provoquer une fracture sociétale démesurée, porteuse de grands ressentiments et de graves troubles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ecrivain.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Notes :</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>1- Vincent Bolloré (Canal+, CNews, C8, Europe 1 et le Journal du Dimanche (JDD), avec une ligne éditoriale marquée à droite)&nbsp;; Bernard Arnault (Les Échos et Le Parisien, ainsi que Paris Match et Radio Classique)&nbsp;; Rodolphe Saadé (groupe BFMTV et RMC, La Provence)&nbsp;; Patrick Drahi (Libération et la chaîne i24News)&nbsp;; Xavier Niel (Le Monde, L&rsquo;Obs, Nice-Matin)&nbsp;; Dassault (Le Figaro-Le Figaro Magazine)&nbsp;; Martin Bouygues (TF1, TMC, TFX et LCI)&nbsp;; Daniel Kretinsky et Mathieu Pigasse (Marianne ou Télérama).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>2- “Le lobby d’Israël et la politique française” publié initialement sur CounterPunch par Evan Jones et repris par Jean-François Goulon sur le site de Mediapart.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>3- Le printemps des Sayanim<strong>,</strong> Jacob Cohen, L’Harmattan, mars 2010.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>4- Sur une colline isolée du village de Qusra, deux familles palestiniennes sont terrées chez elles, terrorisées. Jour et nuit une dizaine de colons lancent des pierres et bloquent l’accès à leur maison. Impossible pour eux d’entrer ou de sortir (RFI).</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="64Sp6ASYno"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/06/france-comment-etre-prosioniste-et-maintenir-ses-interets-arabes/">France : comment être prosioniste et maintenir ses intérêts arabes</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« France : comment être prosioniste et maintenir ses intérêts arabes » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/06/france-comment-etre-prosioniste-et-maintenir-ses-interets-arabes/embed/#?secret=i687pCm0QO#?secret=64Sp6ASYno" data-secret="64Sp6ASYno" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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