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Lutte contre le chômage: La recette de Sophien Bennaceur

Pour l’expert Sohien Bennaceur, la Tunisie pourrait lutter efficacement contre le chômage en plaçant davantage de ses diplômés dans les pays demandeurs et en misant sur l’économie sociale et solidaire. 

 Interpellé par Kapitalis, en marge d’un séminaire sur les solutions urgentes à apporter à l’épineuse problématique du chômage en Tunisie (+15% de la population active), l’expert en gestion de crise, le Tuniso-américain a évoqué ces deux pistes à explorer.

La première consiste pour le gouvernement tunisien d’actionner avec détermination la diplomatie économique.

D’après lui, «la Tunisie peut effectivement placer à l’étranger quelque 250.000 travailleurs qualifiés sans emploi dans le cadre de l’émigration organisée ou contrôlée».

L’expert, qui est également, consultant d’une trentaine de multinationales (finances, banques, assurance, logistique, industrie, Tic…), estime que «des pays comme l’Australie, Le Canada, la Nouvelle Zélande, le Japon, l’Afrique, l’Allemagne, ainsi que les pays du Golfe… sont demandeurs de travailleurs qualifiés en règle».

Pour mener à terme une telle opération, «le gouvernement se doit de se préparer en amont et de mettre en place une base de données exhaustive des postulants à cette émigration organisée, de leur qualification, spécialité et savoir faire».

«Et s’il le faut, dit il, il importe de leur assurer des formations complémentaires adaptées aux demandes des entreprises et institutions des pays d’accueil».

La deuxième est d’ordre interne. Il s’agit d’«accélérer l’institutionnalisation de l’économie sociale et solidaire» (ESS), actuellement objet d’un projet de loi en cours d’élaboration.

C’est «une panacée peu coûteuse pour venir à bout de l’emploi précaire et de la non-inclusivité du modèle de développement actuel avec son cortège de marginalisés parmi les femmes, petits exploitants agricoles, artisans, jeunes diplômés sans emploi, catégories aux besoins spécifiques…», explique Sohien Bennaceur.

Pour lui, les avantages de l’ESS sont multiples. Pour n’en citer qu’un : «le coût d’emploi dans cette économie est dérisoire, il ne dépasserait pas les 5.000 dinars pour chaque emploi créé».

A méditer…

Khémaies Krimi

 

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