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Abir Moussi veut que la loi sur les conflits d’intérêts remonte à 2011 (vidéo)

La présidente du Parti destourien libre (PDL) et de son bloc parlementaire Abir Moussi était l’invitée de l’émission Point d’interrogation sur Tounesna TV, hier soir, mardi 30 juin 2020. Elle a fait un large tour d’horizon de l’actualité nationale, en réservant, bien sûr, toutes ses flèches à ses adversaires de toujours, les islamistes d’Ennahdha.

Par Imed Bahri

À propos de Fakhfakh Gate, sujet qui accapare toute l’attention de l’opinion publique, Abir Moussi a annoncé que son parti présentera un projet d’amendement de la loi sur les conflits d’intérêts pour que celle-ci remonte à 2011 et non plus aux trois dernières années.

Les conflits d’intérêts impliquant les dirigeants d’Ennahdha, parlons-en aussi ?

Sur ce sujet, elle a estimé qu’il faut remonter à l’année 2011 pour comparer la situation matérielle des responsables politiques actuels, à cette époque et maintenant. Elle veut par ce mécanisme lever le voile sur d’éventuels conflits d’intérêts et des cas d’enrichissent illicite impliquant des membres d’Ennahdha, ses principaux adversaires politiques, au pouvoir sans discontinuer depuis 2011.

Dans le même registre, madame Moussi s’est étonné que les affaires de conflits d’intérêts se multiplient et concernent beaucoup de formations politiques… sauf Ennahdha. Les seuls scandales politico-financier ayant éclaboussé le parti islamiste sont ceux dits du «Sheraton Gate» et du «don chinois» ayant atterri dans le compte personnel de Rafik Abdesselem Bouchlaka, le gendre de Rached Ghannouchi, à l’époque ministre des Affaires étrangères, et ces deux affaires politico-financières ont été enterrée par une justice décidément indépendante. On attend toujours leurs épilogues, si jamais ils en auront un jour.

Ennahdha est pressé de prostituer l’audiovisuel tunisien

Sur un autre plan, Abir Moussi a dénoncé la manière injuste du traitement des projets de loi soumis à l’Assemblée des représentants u peuple (ARP) présidée par le leader d’Ennahdha. Elle a rappelé qu’elle a présenté des projets de loi concernant les finances publiques afin d’établir la règle d’or (la règle d’or budgétaire désigne un ensemble de conditions susceptibles de conduire au respect de l’équilibre du budget annuel d’un État ou d’une collectivité publique et de limiter l’endettement) ainsi que l’établissement de Tunisie Trésor, une structure sous forme d’agence spécialisée dans la gestion de la dette extérieure. Tous ces projets somnolent dans le tiroir de M. Ghannouchi au Bardo.

Par contre, le projet de loi dangereux et scélérat de la Coalition Al-Karama qui vise à amender la législation sur l’audiovisuel et qui ouvrira la boîte de pandore aux trafiquants, aux contrebandiers, aux extrémistes religieux, aux renseignements étrangers et à tous les blanchisseurs d’argent afin d’investir notre paysage audiovisuel, ce projet d’amendement a reçu la motion «examen urgent». Être le satellite d’Ennahdha, celui qui mène ses guerres par procuration et qui présente à sa place les projets de loi gênants donne des privilèges que les autres blocs n’ont pas!

Imed Dghij : un agitateur extrémiste en guest star à l’Assemblée

Abir Moussi est revenu sur le cas de l’agitateur pseudo-révolutionnaire Imed Dghij. Elle a estimé qu’il entre illégalement à l’Assemblée et qu’il bénéficie d’un traitement de faveur. Les parties qui le protègent et celles qui ferment les yeux sur son accès illégal à l’Assemblée prétendent qu’il est «accompagnateur parlementaire», statut qui n’existe dans aucun texte ni légal ni réglementaire. Bref, un mensonge éhonté! Il existe des assistants parlementaires travaillant dans des conditions difficiles, a rappelé Abir Moussi mais «accompagnateur parlementaire», ça n’existe pas.

La présidente du PDL a rappelé, par la même occasion, que l’agitateur pseudo-révolutionnaire Dghij dispose d’une autorisation spéciale d’accéder à l’Assemblée sans aucune restriction ni dans l’espace (il circule où il veut dans l’Assemblée et pas seulement dans le grand hall) ni dans le temps (accès illimité, il peut entrer et sortir autant qu’il le souhaite).

En quoi l’interdiction des Frères Musulmans gêne-t-elle Ennahdha ?

Abir Moussi a insisté pour que sa motion pour classer les Frères Musulmans comme organisation terroriste soit examinée en plénière vu que les vacances parlementaires approchent et estime qu’Ennahdha qui veut faire croire à sa métamorphose et sa distanciation avec la confrérie islamiste fondée par Hassan Al-Banna en 1928 a une occasion pour démontrer la sincérité de cette «métamorphose» en acceptant l’examen de ce projet de loi puis en le votant.

En somme, Abir Moussi veut soumettre le parti de Ghannouchi à un examen de conscience, si tant est qu’il en a une conscience, dans le vrai sens du terme, car il n’a, lui, conscience que de ses intérêts bien gardés.

 

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