À l’heure où les documents relatifs à l’affaire Epstein sont instrumentalisés à des fins de règlements de compte personnels et politiques, des informations de grande importance concernant les conditions troubles de l’incarcération et de la mort du sulfureux financier américain sont révélées et discréditent encore plus la thèse du suicide. Jeffrey Epstein mort dans la nuit du 9 au 10 août 2019 lors du premier mandat de son ancien ami Donald Trump -qui est cité dans l’affaire- n’a pas été protégé en prison. Un criminel récidiviste ayant commis quatre meurtres a été transféré au Metropolitan Correctional Center et mis dans la cellule du prédateur sexuel. Sciemment !
Imed Bahri
D’après un document obtenu par le journal électronique américain The Daily Beast, le codétenu de Jeffrey Epstein affirme détenir des preuves que l’administration Trump souhaitait la mort du financier déchu et l’a laissé «délibérément» sans protection dans la prison.
Nicholas Tartaglione, quadruple meurtrier et ancien policier, qui a déposé une demande de grâce/commutation de peine l’été dernier, affirme qu’Epstein avait été délibérément exposé à la violence dans l’espoir qu’il ne survive pas assez longtemps pour être jugé.
La décision de la direction de la prison de placer Epstein, le détenu le plus médiatisé des États-Unis, dans une cellule avec un dangereux meurtrier récidiviste reste incomprise et toujours inexpliquée par les autorités. Normalement, les personnalités sont placées dans des quartiers hautement sécurisés et doivent être dans une cellule individuelle.
Trump souhaitait la mort d’Epstein
Tartaglione était connu pour son extrême violence et sa haine avouée des agresseurs sexuels d’enfants. Il affirme que «ce n’est pas un hasard s’il a été délibérément transféré dans la même prison qu’Epstein et placé dans la même cellule que le pédophile».
Dans une pétition de 21 pages obtenue par le Daily Beast, Tartaglione déclare être convaincu que l’administration Trump souhaitait la mort d’Epstein.
La porte-parole de la Maison Blanche a déclaré: «Toute personne peut déposer une demande de grâce. Comme pour tout ce qu’écrit le Daily Beast, il ne faut pas prendre leurs inepties au sérieux. Le président Trump est le seul à décider de toutes les demandes de clémence et de grâce».
Trump, âgé de 79 ans, a toujours nié avoir eu connaissance des activités criminelles d’Epstein ou y avoir été impliqué, mais il est depuis longtemps hanté par sa longue relation avec ce pédophile richissime. De plus, une plainte pour agression sexuelle sur mineure reçue par le FBI le concernant dans les années 1990 est restée sans suite.
Les circonstances de la mort d’Epstein restent controversées, et de nombreuses personnes de son entourage –notamment son frère Mark, sa compagne Ghislaine Maxwell, son ancien majordome et son équipe juridique– ne croient pas à la thèse du suicide.
Joe Rogan, animateur de podcast réputé pour ses prises de position tranchées et ancien partisan de Trump, a également fustigé le gouvernement pour avoir placé Epstein dans la même cellule que Tartaglione. «C’est aberrant qu’on ait mis en prison l’un des accusés les plus médiatisés de l’histoire avec un meurtrier récidiviste. C’est complètement dingue!», a-t-il déclaré.
Environ trois semaines avant sa mort, Epstein a été retrouvé semi-conscient dans sa cellule, présentant des blessures au cou. Il a déclaré aux gardiens que Tartaglione avait tenté de l’étrangler, avant de se rétracter, affirmant ne pas se souvenir de ce qui s’était passé.
«Le gouvernement voulait notre mort à tous les deux»
Tartaglione, qui a été transféré de la cellule d’Epstein après cet incident, a nié avoir agressé le financier et a même prétendu avoir tenté de lui sauver la vie, l’ayant découvert au sol avec un «bout de ficelle» autour du cou. «Je n’ai jamais touché le mec», a écrit Tartaglione dans une lettre au New York Daily News en septembre 2019 avant d’ajouter: «Je méprise quiconque fait du mal aux enfants, mais quoi qu’il lui arrive, je ne voulais pas y prendre part».
Malgré cela, Tartaglione a admis dans cette cettre au même journal qu’il avait été un choix surprenant comme codétenu d’Epstein. «Le personnel du Metropolitan Correctional Center avait des centaines de détenus parmi lesquels choisir et pourtant j’étais leur premier choix!», a-t-il écrit, non sans une mordante ironie. Il a ajouté: «Ce n’est pas un hasard si, avant mon procès, j’ai été transféré au Metropolitan Correctional Center de Manhattan et délibérément placé dans la même cellule que Jeffrey Epstein».
Tartaglione explique que la nature sanglante et violente de son crime était parfaitement connue de la procureure, Maureen Comey, qui était également la procureure principale dans l’affaire Epstein, autre information de taille.
Il affirme avoir été la cible de plusieurs tentatives d’assassinat après avoir été, malgré lui, entraîné dans cette détention trouble d’Epstein. «Je n’ai manifestement pas été protégé intentionnellement et Epstein non plus. Je suis convaincu que le gouvernement voulait notre mort à tous les deux», a-t-il écrit.
Des défaillances institutionnelles généralisées
Les rapports sur la mort d’Epstein ont pointé du doigt des défaillances institutionnelles généralisées mais ils sont truffés d’incohérences. Un psychologue de la prison qui avait vu Epstein -de confession juive- dans les semaines précédant son décès, a rapporté que le financier lui avait déclaré que le suicide était «contraire à sa religion» et insisté sur le fait qu’il était trop lâche pour se faire du mal car il ne supportait pas la douleur.
L’avocat d’Epstein, Reid Weingarten, a déclaré plus tard à un juge en charge de l’affaire : «Au moment de son décès, nous n’avons constaté aucun signe de désespoir ou d’abattement chez lui».
Jeudi 5 février 2026, CBS News a révélé l’existence d’un document du dossier Epstein montrant que les enquêteurs avaient repéré une silhouette orange sur les images de vidéosurveillance de la prison se dirigeant vers le quartier de la prison où était incarcéré Epstein, normalement fermé à clé, vers 22h39, le 9 août 2019, malgré les assurances officielles antérieures selon lesquelles personne n’était entré dans cette zone ce soir-là.
Une volonté officielle américaine de cacher la vérité
Autre élément troublant, 2 minutes et 53 secondes sont manquantes dans l’historique de la vidéo de la caméra de surveillance placée près de la cellule de prison durant la nuit fatidique du 9 au 10 août 2019.
Michael Baden, éminent médecin légiste qui a assisté à l’autopsie de Jeffrey Epstein réfute la thèse du suicide. Il a expliqué techniquement comment ça ne pouvait pas être un suicide et que son cas s’apparente à un homicide. De plus, il a montré une photo du cou mutilé de Jeffrey Epstein or cette mutilation ne peut pas être le résultat d’un drap qui est un tissu. Vidéo.
Autant d’éléments qui discréditent la thèse du suicide à laquelle plus personne n’y croit. Également, l’attitude des autorités américaines qui n’ouvrent pas une enquête sérieuse sur les conditions troubles de cette mort en dépit de tous ces éléments qui discréditent la thèse du suicide prouve une volonté de cacher la vérité surtout quand on sait que cette mort est intervenue lors du premier mandat de Donald Trump qui est cité dans l’affaire Epstein et qui est aujourd’hui encore président.



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