Lundi 9 février 2026, Riadh Ben Fadhel, militant politique et coordinateur général du parti Al-Qutb, a comparu devant le tribunal de première instance de Tunis pour sa première audience dans l’affaire des «biens confisqués», plus de deux ans après son arrestation. L’affaire a été ajournée au 26 février en raison d’un changement de juge décidé entretemps.
Riadh Ben Fadhel a été arrêté le 14 janvier 2023 à l’aéroport international de Tunis-Carthage à son retour de l’étranger. Conduit à la caserne d’El Aouina, il a été décidé de le maintenir en détention pendant cinq jours pour les besoins d’une enquête au centre de détention de Bouchoucha.
Le coordinateur du parti Al-Qutb avait comparu devant le tribunal de première instance de Tunis, qui l’avait condamné à 4 ans et 6 mois de prison et à une amende d’un montant estimé à deux millions de dinars. La chambre spécialisée pour les affaires de corruption financière de la cour d’appel de Tunis a décidé, le 2 avril 2025, de ne pas examiner l’affaire le concernant, conformément à l’accord conclu dans le cadre de la réconciliation pénale.
Commentant ce procès, l’Association Intersection pour les droits et les libertés considère que «la détention continue de Riadh Ben Fadhel pendant plus de deux ans sans aucune décision judiciaire définitive sur l’affaire (…) constitue une grave violation de son droit à un procès dans un délai raisonnable, car la détention préventive est passée d’une procédure exceptionnelle à une punition préalable qui sape l’essence de la présomption d’innocence et vide de leur substance les garanties légales».
L’association estime également que «l’arrestation de Riadh Ben Fadhel et les mesures arbitraires et punitives qui l’accompagnent s’inscrivent dans un cadre plus large visant à éliminer les opposants politiques et à utiliser le pouvoir judiciaire et la détention préventive comme mécanisme pour faire taire les voix dissidentes.»
Intersection affirme également que «cette affaire ne peut être dissociée du contexte général de la détérioration de la situation des droits et libertés en Tunisie, où les poursuites à motivation politique sont devenues un outil systématique pour restreindre l’espace public, saper le droit à la participation politique et instaurer un climat de peur et de dissuasion.»
Dans le même communiqué de presse, l’association a renouvelé son appel à «la libération immédiate et inconditionnelle de Riadh Ben Fadhel», ainsi qu’à «l’arrêt de toutes les poursuites judiciaires à motivation politique engagées contre lui et à la fin de l’utilisation du pouvoir judiciaire et de la détention préventive comme outils de répression et d’exclusion des opposants politiques en Tunisie».
I. B.



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