La Tunisie se prive de ses travailleurs qualifiés au profit de l’Europe  

La Tunisie vient au deuxième rang mondial parmi les pays d’origine non membres de l’Union européenne (UE) dont les citoyens ont obtenu un visa de séjour en Allemagne en 2025 en tant que travailleurs étrangers qualifiés titulaires de certificats de formation professionnelle reconnus. Doit-on s’en féliciter et y voir un intérêt des opérateurs économiques allemands pour les techniciens tunisiens, ou plutôt s’en inquiéter, comme un indicateur de l’intensification de la migration de nos jeunes médecins, ingénieurs et techniciens, médicaux et autres ?   

Latif Belhedi  

D’après un document contenant la réponse du gouvernement à une question écrite relative à l’octroi de permis de séjour aux travailleurs étrangers, posée par un parti représenté au Bundestag (Parlement fédéral), l’Allemagne a accordé 2 829 visas de séjour à des Tunisiens dans cette catégorie l’année dernière, contre 3 589 visas pour les ressortissants vietnamiens, qui arrivent en tête de liste, rapporte l’agence Tap.

Ces visas concernent notamment les travailleurs ayant suivi une formation professionnelle reconnue en Allemagne, recrutés pour occuper des emplois exigeant des compétences spécialisées, en particulier dans les secteurs technique, industriel, artisanal, logistique et des services.

Les données montrent une augmentation constante du nombre de Tunisiens bénéficiant de ces visas ces dernières années, atteignant 1 847 en 2024, contre 779 en 2023 et 367 en 2022.

Cette situation survient alors que la première économie de la zone euro est confrontée à des défis démographiques croissants liés au vieillissement de la population et au déclin de la population en âge de travailler, ce qui incite Berlin à renforcer sa politique de recrutement de travailleurs qualifiés hors UE.

Grâce à cette «immigration choisie» ou «immigration à la carte», l’Allemagne, l’Italie et d’autres pays européens règlent leurs problèmes de manque de main d’œuvre jeune et qualifiée pour assurer la relance économique et, surtout, rétablir, par la contribution de ces derniers, le déficit des caisses sociales, mais que gagne au change la Tunisie qui forme cette précieuse force productive pour l’offrir sur un plateau à ses partenaires européens et s’en priver elle-même ?

Il va falloir un jour poser cette problématique et non continuer à crier victoire parce que notre main d’œuvre est appréciée à l’étranger. Cette main d’œuvre, on aimerait plutôt la garder pour qu’elle contribue à la relance de l’économie nationale qui souffre d’une crise structurelle et peine à retrouver ses indicateurs de performances des années 1990-2010.

A bon entendeur…

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