Il est évident que les scores catastrophiques prévisibles de l’équipe de Tunisie lors de cette Coupe du monde 2026 ne sont que le chant du signe d’un football national qui enfantait jadis des joueurs talentueux et qui, aujourd’hui, est à l’agonie. (Illustration : image générée par IA).
Dr Mounir Hanablia *
Je viens de vivre une première expérience, celle de suivre un match de l’équipe nationale tunisienne de football, non pas devant le petit écran, un exercice que j’ai jugé évitable pour des raisons évidentes, mais à travers les commentaires en direct du correspondant de The Guardian au Mondial. Et encore ! Ce serait faire entorse à la vérité de faire croire que je me sois éveillé spécialement pour l’évènement. Simplement les hasards de mon cycle nycthéméral ont fait que je me sois trouvé disponible afin de suivre le déroulement de la rencontre à travers des réflexions britanniques.
Je n’ai pas été déçu et pour peu que mon état physiologique me le permette, je suivrai de la même manière la partie contre la Maison Orange.
Mais pour en revenir au déroulement de la rencontre, voilà qu’après 4 minutes, les gars se sont retrouvés menés au score, et selon les commentaires, à courir derrière un adversaire insaisissable. Avec près de 60% de possession, les Nippons ont fini par doubler la mise à la 31e minute; juste après l’apparition dans les commentaires d’une vidéo très drôle de l’acteur Alan Partridge ( Dan ! Dan ! Dan ! Daaaaaaaaan !) pour rappeler le calvaire de Hervé Renard, s’époumonant le long de sa ligne de touche à rameuter ses troupes.
La deuxième mi-temps a été moins intense, la Tunisie ayant parfois donné l’impression de colmater la brèche. Cela n’a pas empêché les diables nippons (un corbeau attitré va m’accuser de racisme) de scorer à deux reprises et de mettre à l’heure leur différence de buts face aux Suédois sévèrement étrillés par une équipe Orange pressée de se qualifier.
Les commentaires les plus significatifs de notre observateur ont concerné inévitablement Maître Renard, chemise blanche et voyageur selon le destin déchiffré par la mère d’une lectrice.
Le commentateur s’est interrogé si Bora Milutinovic, un autre globe-trotter du football, ne serait pas le nouvel entraîneur de l’équipe tunisienne pour son dernier match, celui du retour, Carlos Queiroz étant, lui, déjà occupé ailleurs.
Concernant le Japon, appelé probablement à rencontrer le Brésil ou le Maroc en cas de qualification, il paraît que la fédération a établi un plan de travail en mettant en place un championnat copié sur la Bundesliga allemande, avec pour objectif le titre mondial à l’orée des années 2050.
La Tunisie a formé des générations de footballeurs talentueux. Mais tout comme au Brésil, ce temps est terminé. Il n’y a plus de terrains vagues constituant des viviers de recrutement où les jeunes donnent libre court à leur talent, et ces derniers préfèrent désormais passer le plus clair de leur temps sur leurs i phones ou dans les publinets. Et les écoles de football qui éclosent à travers le pays sont soumises à la loi de la rentabilité financière, autrement dit elles ne sont accessibles qu’à une certaine catégorie de la population, celle pour qui le ballon rond ne constitue pas un avenir financier. Quant aux grands clubs, le népotisme qui y règne est de notoriété publique. Il est donc évident que les scores catastrophiques prévisibles de l’équipe nationale lors de cette Coupe du monde ne sont que le chant du signe d’un football à l’agonie, et que cette leçon ne vaudra pas à Maître Renard un fromage Hollandais, en dépit de tous les corbeaux du Monde.
* Médecin de libre pratique.



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