S’il fallait toucher le fond pour se décider enfin à mettre tout à plat et à prendre les décisions qui s’imposent pour tenter de rebondir, voilà, c’est fait ! En perdant son troisième match consécutif en deux semaines par des scores humiliants : 1-5 en amical contre la Belgique, et en Coupe du Monde, 0-5 contre la Suède et 0-4 contre le Japon, ce dimanche 21 juin 2026, à Monterrey, l’équipe de Tunisie de football a atteint, et très largement, son plus bas niveau historique.
Latif Belhedi
Les coéquipiers d’Hannibal Mejbri, menés par un coach appelé en catastrophe à son chevet il y a quatre jours, le Français Hervé Renard, étaient débordés par des Japonais très techniques et physiquement au point. A aucun moment du match, ils n’ont montré qu’ils étaient capables d’inquiéter leurs adversaires.
Avec zéro occasion de but en 100 minutes de jeu, un record négatif difficile à égaler, comme celui d’avoir encaissé 14 buts en 3 matches consécutifs, les Aigles de Carthage ont montré une fragilité mentale (encaissant le premier but dès la 3e minute de jeu), une indigence technique, une naïveté tactique et un manque d’engagement qui en disent long sur leurs limites sportives et leur préparation totalement défaillante.
Quand le cœur n’y est pas, que la tête est ailleurs et que le physique est défaillant, on ne peut s’attendre à une réaction d’orgueil et d’amour propre d’un groupe de joueurs très moyens et dont la plupart manquent de temps de jeu dans leurs propres équipes. La plupart sont également en fin de carrière (les Montassar Talbi, Dylan Bronn, Ali Abdi, Ellyes Skhiri, Yan Valery et autres Rani Khédira) et n’ont plus cette faim de loup qui fait les champions. Ils n’ont clairement plus rien à donner à une équipe de Tunisie qui se fait désormais ramasser dans toutes les compétitions où elle est engagée.
La déroute actuelle en Coupe du monde a été précédée, rappelons-le, par des sorties lamentables en Coupe arabe et en Coupe d’Afrique et on n’a rien fait pour tenter de serrer les vis et de redonner un semblant d’âme à un groupe qui n’en a plus, sauf de changer d’entraîneur après chaque humiliation.
Il reste encore un match à jouer dans cette compétition contre un irrésistible Pays-Bas, qui a infligé, hier, un score historique à la Suède (6-1). Avec quel mental allons-nous entamer cette rencontre ? On ose à peine imaginer le scénario. Ce sera, à coup sûr, une dure épreuve pour les joueurs et une nouvelle corvée pour le staff technique et administratif dont la responsabilité dans cette déroute n’est plus à prouver.



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