La protection et la restauration de l’écosystème forestier, qui a été endommagé par les incendies survenus ces derniers jours en Tunisie et qui ont ravagé quelque 4 400 hectares de forêts, nécessitent les efforts concertés de divers organismes publiques et acteurs de la société civile, a déclaré Mohamed Naoufel Ben Haha, directeur général des forêts au ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, dans une déclaration faite ce vendredi 24 juillet 2026 à Mosaïque. (Photo : Forêts de pins d’Alep au Kef).
Les incendies ont jusqu’à présent ravagé environ 4 400 hectares de forêt, sans compter les zones encore en feu, notamment dans le gouvernorat du Kef. Les différents organismes mobilisés poursuivent leurs efforts pour maîtriser les incendies et protéger les espaces forestiers.
Les plus importants ont touché la forêt de Jebel Chahda, dans le gouvernorat de Zaghouan, où environ 905 hectares ont été endommagés. Viennent ensuite la zone de Cap Negro, dans le gouvernorat de Béja (environ 300 hectares), et celle de Ghar El Melh, dans le gouvernorat de Bizerte (environ 300 hectares).
Les incendies de Béja et de Ghar El Melh sont entrés dans la phase de refroidissement, a précisé le responsable, démentant les informations circulant sur ls réseaux sociaux selon lesquelles le feu à Ghar El Melh serait encore actif. Les équipes des services forestiers et de la protection civile surveillent la zone en permanence pour prévenir toute reprise du feu, a-t-il assuré, ajoutant que l’incendie en cours dans le gouvernorat du Kef mobilise l’ensemble des services d’intervention. Le personnel forestier travaille en coordination avec la protection civile, avec le soutien d’unités de la Garde nationale, de l’armée et du ministère de l’Équipement, ainsi que le déploiement d’aéronefs militaires à chaque fois que la nécessité s’en fait ressentir. Toutes les ressources humaines et logistiques sont donc mobilisées pour maîtriser les incendies, a souligné M. Ben Haha, ajoutant que les dégâts causés par les incendies ne se limitent pas à la destruction des arbres mais affectent l’ensemble de l’écosystème, y compris la flore et la faune.
La perte du couvert végétal entraîne une érosion des sols en hiver, susceptible de provoquer une accumulation de sédiments, des obstructions de routes et des dommages aux zones résidentielles situées à proximité des forêts, outre l’impact des incendies sur la biodiversité et les activités liées à la forêt, telles que la chasse.
La protection et la restauration de l’écosystème forestier nécessitent les efforts concertés de divers organismes publics, ainsi que des acteurs de la société civile. D’ailleurs, le ministère de l’Agriculture a entamé les préparatifs pour la réhabilitation des forêts endommagées en procédant à un état des lieux des zones incendiées et en élaborant des cartes numériques précises identifiant les essences d’arbres adaptées à chaque région ; cette démarche ouvre la voie à la production de plants, à la planification logistique et au lancement des opérations de plantation dans les meilleurs délais, a expliqué M. Ben Haha ajoutant que chaque essence d’arbre présente des exigences climatiques et environnementales spécifiques, ce qui impose de sélectionner les variétés appropriées pour chaque site touché.
Le domaine forestier public s’étend sur un million d’hectares.
Le directeur général des forêts a souligné que son département met en œuvre un programme annuel et continu de reboisement, en accordant la priorité aux zones dévastées par les incendies.
Toutes les zones touchées sont intégrées aux plans de restauration, dans le cadre des efforts visant à préserver le patrimoine forestier public, qui s’étend sur environ un million d’hectares.
M. Ben Haha a souligné que la restauration de l’écosystème forestier après des incendies exige une période d’au moins deux ans, citant l’exemple de la forêt de Boukornine — ravagée par le feu en 2021 — qui commence à retrouver son équilibre naturel.
La régénération naturelle nécessite par la suite des interventions techniques pour soutenir la croissance des arbres — notamment par l’éclaircie des jeunes plants issus de semis spontanés — garantissant ainsi un développement sain tout en préservant l’équilibre de la forêt, la qualité du paysage et sa pérennité.
Concernant les initiatives de la société civile, le directeur général des forêts a expliqué qu’elles sont menées exclusivement en coordination avec le Département des forêts et dans le cadre d’accords de partenariat précisant les zones désignées ainsi que les essences d’arbres adaptées à chaque région.
C’est le ministère de l’Agriculture qui est chargé de fournir les plants, de suivre les différentes étapes de la plantation et de réaliser des évaluations avant chaque nouvelle campagne, a indiqué M. Ben Haha, précisant que la saison de plantation débute chaque année juste avant la Journée de l’arbre, qui a lieu le deuxième dimanche de novembre.
I. B.



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