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Les Tunisiens ne sont pas prêts à se passer de la friperie

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A Ksour Essef, commerçants et citoyens organisent des funérailles symboliques de vêtements de friperie.

Contrairement à ce qui a été relayé par des médias, il n’existe aucun projet de loi visant à interdire les activités de la friperie, mais des restrictions pourraient être imposées.

Plusieurs commerçants, grossistes et de détail, ainsi que des sociétés de vente de vêtements de friperie, soutenus par des citoyens, ont manifesté, aujourd’hui, à Kairouan et à Ksour Essef  (Mahdia), pour dénoncer un soi-disant projet de loi qui viserait à interdire cette activité faisant vivre de nombreuses personnes et permettant aux plus démunis de s’habiller à moindre frais.

«Les plus pauvres s’habillent uniquement grâce à la friperie. Nous soutenons les commerçants, car ils risquent de perdre leur travail et nous le moyen d’habiller nos enfants sans nous ruiner», a indiqué un père de famille, qui a pris part à la manifestation.

Plusieurs internautes, de différentes catégories sociales, ont aussi fait part de leur soutien aux commerçants et dénoncé toute mesure visant à mettre fin ou à restreindre cette activité, au profit des grandes enseignes de prêt-à-porter, notamment étrangères, installées en Tunisie.

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Réagissant à cette levée de bouclier, le ministère  de l’Industrie et du Commerce a publié un communiqué laconique où il affirme qu’aucun projet loi interdisant la friperie n’a été envisagé.

On notera, cependant, que des mesures de restriction du commerce de vêtements d’occasion, en Tunisie, est en cours de négociation.

Le président de la chambre nationale syndicale des commerçants grossistes de friperie, Sahbi Maâlaoui, a critiqué, de son côté, un projet de loi en préparation qui vise à imposer un quota sur l’importation des vêtements d’occasion semi-trié, ce qui aurait, selon lui, un impact négatif sur les prix et la qualité des vêtements importés.

«Près de 90% des Tunisiens achètent des vêtements d’occasion. Si l’on augmente les prix en baissant la qualité, il n’y aurait plus d’intérêt ni pour l’acheteur ni pour le commerçant. Ce secteur, qui assure 200.000 emplois et nourrit quelque 200.000 familles, risquerait alors de disparaître», a-t-il averti.

Y. N.

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