Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a exprimé son indignation suite au verdict rendu par la chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis, condamnant le journaliste et directeur de publication du site Inhiyez, Ghassen Ben Khelifa, à deux ans de prison ferme.
Dans un communiqué publié ce mardi 31 mars 2026, le SNJT indique que cette condamnation repose sur des accusations de diffusion de « fausses nouvelles » concernant une affaire remontant à plus de trois ans, estimant que les poursuites sont basées sur une allégation de gestion d’une page électronique avec laquelle le journaliste n’entretient aucun lien.
Le syndicat affirme par ailleurs que les expertises réalisées sur les appareils saisis par les autorités n’auraient apporté aucune preuve prouvant la responsabilité de Ghassen Ben Khelifa, considérant de ce fait, que « ce jugement n’est pas un acte judiciaire isolé, mais s’inscrit dans une tendance plus large : le recours aux lois répressives pour restreindre la liberté d’expression et cibler systématiquement les voix critiques ».
Le communiqué dénonce également le recours à des rapports techniques jugés « lacunaires » comme base de condamnation, ce qui constitue, toujours selon la même source, « une violation directe de la présomption d’innocence, du droit à la défense et des garanties d’un procès équitable ».
Face à cette situation, le syndicat réitère sa demande à un recours exclusif au Décret-loi 115 comme cadre juridique unique pour traiter les affaires liées à la presse et à la liberté d’expression et appelle à l’abandon des textes répressifs permettant l’emprisonnement des journalistes.
Enfin, dans son communiqué, la SNJT met en garde contre « les conséquences de ces pratiques sur la confiance des citoyens envers l’institution judiciaire et sur la fragilisation des fondements de l’État de droit».
Y. N.



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