Djerba | Le pèlerinage juif à la synagogue de la Ghriba aura lieu

Le pèlerinage annuel juif à la synagogue de la Ghriba, sur l’île de Djerba, aura lieu cette année du 30 avril au 6 mai 2026, a annoncé son comité d’organisation, présidé par Pérez Trabelsi, précisant que la visite sera ouverte aux participants tunisiens et étrangers, dans le cadre d’un retour progressif à la normale, même si la prudence demeure de mise suite au traumatisme de l’attaque de la synagogue en 2023.

L’édition 2026 marque une réouverture partielle après deux années de restrictions sévères. En 2024, les célébrations avaient été annulées et limitées aux rites religieux à l’intérieur de la synagogue, en raison du conflit à Gaza. En 2025, le pèlerinage s’était tenu à une échelle réduite, réservé aux Juifs résidant en Tunisie et limité aux rituels internes. Cette année encore, selon les organisateurs, les activités resteront confinées à l’intérieur du sanctuaire et n’incluront pas la procession traditionnelle à l’extérieur. La prudence demeure également de mise suite au traumatisme de l’attaque de la Ghriba en 2023, qui avait coûté la vie à deux pèlerins et trois policiers.

Considérée comme la plus ancienne synagogue d’Afrique, la Ghriba est l’un des principaux symboles de la présence juive en Tunisie. Par le passé, le pèlerinage a attiré des milliers de visiteurs d’Europe et d’ailleurs, générant des retombées religieuses, identitaires et touristiques importantes pour Djerba, qui abrite l’une des plus importantes communautés juives de la région.

Environ 1 500 Juifs vivent aujourd’hui en Tunisie, contre près de 100 000 dans les années 1950.

La décision de rouvrir les visites aux étrangers apparaît donc comme le signe d’une renaissance progressive d’un événement qui, au-delà de sa valeur spirituelle, demeure un test pour l’image de tolérance et de coexistence religieuses que Tunis s’efforce de préserver, malgré les ondes de choc en provenance du Proche-Orient où le pouvoir suprémaciste et génocidaire en place en Israël multiplie les agressions militaires contre ses voisins, et notamment les Palestiniens, une cause qui mobilise fortement les Tunisiens depuis l’implantation de l’Etat sioniste en Palestine en 1948.

I. B.

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